Conclusion
L’étude de la culture sérère de Sénégambie nous offre un panorama riche et complexe de
traditions et de pratiques qui ont su résister au temps et aux influences extérieures. Pour
appréhender pleinement cette culture, il est indispensable de combiner les sources écrites,
orales et matérielles.
Les sources écrites fournissent une base documentaire essentielle. Elles comprennent des
manuscrits, des correspondances, des documents officiels, ainsi que des autobiographies,
mémoires de recherche et exposés scientifiques. Ces documents nous permettent de retracer
l’histoire des Sérères, leurs migrations, et l’évolution de leur société. Des auteurs comme
Pinet Laprade, Louis Aujas, Maurice Delafosse, et Mame Birame Diouf ont contribué à
éclairer divers aspects de la vie sérère, de leur origine à leur structure sociale en passant par
leurs dynasties royales.
Les sources orales jouent un rôle tout aussi crucial. La transmission orale, véhiculée par les
griots et les anciens, est le cœur vivant de la culture sérère. Ces récits et traditions orales nous
offrent des perspectives dynamiques et vivantes, souvent absentes des documents écrits. Les
griots, en tant que gardiens de l’histoire et de la mémoire collective, transmettent les légendes,
les épopées, les chants et les proverbes qui constituent le patrimoine immatériel des Sérères.
Ces récits permettent de comprendre les valeurs, les croyances et les pratiques qui structurent
la vie communautaire.
Les sources matérielles complètent ce tableau en fournissant des preuves tangibles des modes
de vie, des techniques et des savoir-faire sérères. Les objets archéologiques, les outils, les
bijoux, les textiles et les architectures traditionnelles illustrent les compétences artisanales et
les pratiques économiques de la société sérère. Les éléments matériels tels que les pagnes
tissés, les instruments de musique, les ustensiles domestiques et les structures des villages
témoignent de la richesse culturelle et de l’ingéniosité des Sérères. L’initiation, les rituels
funéraires, les cérémonies religieuses et les pratiques agricoles sont autant d’aspects de la vie
quotidienne qui trouvent leur expression dans la culture matérielle.
La culture sérère est donc une mosaïque complexe où se mêlent traditions orales, documents
écrits et artefacts matériels. Leur histoire est celle d’un peuple qui a su intégrer et transcender
les influences extérieures tout en préservant une identité distincte. La société sérère,
caractérisée par une hiérarchie sociale matrilinéaire, une riche tradition religieuse animiste, et
des rites initiatiques et funéraires élaborés, nous offre un exemple fascinant de résilience
culturelle.
En somme, pour comprendre la culture sérère dans toute sa profondeur, il est impératif de
considérer l’ensemble de ces sources. Les écrits historiques fournissent un cadre analytique,
les traditions orales animent ce cadre avec des récits vivants, et les artefacts matériels en
attestent la réalité concrète. Cette approche holistique permet de rendre justice à la richesse et
à la diversité de la culture sérère, révélant une société qui, bien que confrontée aux défis de la
modernité, reste profondément enracinée dans ses traditions ancestrales.