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Bioréacteurs 1 & 2

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Introduction :

La fermentation est une technologie très ancienne de transformation et de conservation des


aliments : pain, boissons alcoolisées et vinaigre.

C’est au cours des années 1862 à 1877 que Louis Pasteur s’intéresse aux fermentations. Il
étudie les ferments, la formation du vinaigre et la transformation de l’alcool en acide acétique
par Mycoderma acceti (bactérie).

C’est entre 1900 et 1940 que se développe la fermentation industrielle avec la production
d’acétone, de butanol, de glycérol, d’acide acétique et d’acide lactique.

Les fermentations industrielles concernent ainsi un grand nombre de secteurs : l’alimentation,


la pharmacie, l’agro-industrie et le cosmétique.

I.1. Rappels des connaissances de base de la microbiologie, la biochimie et la


biologie moléculaire nécessaires au calcul des bioréacteurs.

Les micro-organismes (du grec micro, petit et bios, vie) sont des êtres vivants invisibles à
l’œil nu, unicellulaires ou pluricellulaires. Sous ce terme sont regroupés virus, bactéries,
algues et champignons microscopiques. Ce sont des organismes ubiquitaires (très diversifiés)
qui représentent la biomasse la plus importante de la Terre. Leurs tailles sont généralement
inférieures à un millimètre : ils doivent être observés au microscope (photonique/optique ou
électronique) et cultivés dans des milieux permettant leur croissance et leur isolement.

Figure 1.Taille des microorganismes.

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Les micro-organismes sont ubiquitaires, et retrouvés sur tous les types de surfaces : air, sol,
eau, etc. Les microbes sont également présents dans divers phénomènes de notre quotidien :
production d’aliments, biofilms, croissance des végétaux, digestion des animaux, etc. Certains
d’entre eux sont bénéfiques et d’autres sont jugés néfastes (maladies).

 Nutrition et croissance des micro-organismes

Pour assurer sa croissance ou sa survie, un micro-organisme doit trouver de quoi satisfaire ses
besoins nutritifs dans son environnement : substances énergétiques permettant à la cellule de
réaliser la synthèse de ses constituants et substances élémentaires ou matériaux constitutifs de
la cellule. Tous les microorganismes ont besoin d’eau, d’une source d’énergie, d’une source
de carbone, d’une source d’azote et d’éléments minéraux. Ils absorbent les nutriments par
transport passif ou actif ou endocytose.

L’eau joue un rôle fondamental en solubilisant les nutriments, en assurant leur transport et en
permettant les réactions d’hydrolyse.

Selon le mécanisme de conversion de l’énergie en énergie chimique qu’ils mettent en œuvre,


les micro-organismes peuvent être séparés en deux types métaboliques principaux : – ceux qui
utilisent l’énergie électromagnétique (lumière) comme source d’énergie pour la croissance
sont dits phototrophes ; – ceux qui transforment l’énergie par réactions d’oxydoréduction de
substrats organiques ou inorganiques, quelle que soit la façon dont est obtenue l’énergie
chimique (respiration ou fermentation) sont dits chimiotrophes.

Au cours de la chaîne de réactions, la nature du donneur d’hydrogène permet de caractériser


les types métaboliques :

– les organismes qui utilisent les composés organiques comme donneurs d’hydrogène sont
appelés organotrophes ;

– par opposition, les lithotrophes utilisent des donneurs d’hydrogène inorganiques.

Au cours de la chaîne de réactions, la nature de l’accepteur final d’électrons permet de


distinguer les types respiratoires :

– lorsque l’accepteur final d’électrons est l’oxygène moléculaire, on parle de respiration et les
micro-organismes de ce type sont aérobies ;

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– lorsque l’accepteur est une substance inorganique, un sulfate ou un carbonate, on parle de
respiration anaérobie et les organismes de ce type sont anaérobies ;

– lorsque l’accepteur final d’électrons est un composé organique, on parle de fermentation et


les bactéries sont anaérobies ou aérobies. • Le carbone est un élément constitutif abondant
chez les microorganismes : les organismes capables de se développer en milieu inorganique
contenant le CO2 comme seule source de carbone sont appelés autotrophes ; les autres,
exigeant des composés organiques, sont nommés hétérotrophes.

I.2. Fermentation industrielle :

En microbiologie industrielle, le terme de fermentation désigne l’opération unitaire qui


permet de produire de la biomasse ou des produits de bioconversion par la culture de micro-
organismes. Ce terme s’applique en industrie pour des métabolismes aérobies et anaérobies.
C’est aussi l’utilisation d’un substrat organique comme donneur ou accepteur d’électron.
On distingue cinq étapes importantes dans tous les procédés de fermentation :

 La fabrication du milieu de culture ;

 La stérilisation du bioréacteur et de ces équipements ;

 La préparation de l’inoculum (Échantillon qui contient des germes vivants que l'on
introduit dans un milieu favorable en vue de sa multiplication). ;

 La production en bioréacteur ;

 L’extraction du produit et sa purification.

Exemples :

1. fermentation alcoolique : sucre + (levure saccharomyces cerevisiae) = Ethanol + CO2


2. fermentation lactique : Lactose + (straptococcus + bacillus) = acide lactique + CO2
3. fermentation acides mixtes : sucre + (E.coli + salmonella + proteus) = Ethanol +
acétate + lactate + succinate + formiate + CO2

Quel que soit le type de produit recherché, pour en optimiser la production, il est impératif de
fournir à la biomasse un substrat parfaitement adapté. En outre ce milieu de culture doit, le
plus souvent, être stérilisé afin d'éviter tout développement anarchique d'une biomasse non
désirée. Il doit en outre être le plus accessible possible et présente une interface maximale
avec les microorganismes utilisés.

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I.2.1. La biomasse :

Le terme biomasse désigne la partie biologique du processus de bioproduction. Il s'agit donc


des cellules cultivées dans le réacteur. Plus particulièrement, on qualifie d'inoculum
(Échantillon qui contient des germes vivants) la biomasse injectée dans le réacteur au début
de la production.

De même on parle souvent de souche pour désigner le type de biomasse utilisé. La biomasse
elle-même doit, en général, être sélectionnée en vue d'obtenir des souches hautement
performantes garantissant une productivité élevée.

I.2.2. Le substrat :

En microbiologie industrielle, le substrat désigne la matière sur ou dans laquelle se développe


la biomasse. C'est du substrat que celle-ci tire tous les éléments nécessaires à sa croissance
et/ou à ses productions. Le substrat doit apporter :

• les éléments majeurs (vitaux) que sont C, H, O, N, P et S ; • des éléments mineurs


(nécessaires pour un métabolisme dynamique, mais non vitaux) tels que Ca, Mg, K, ... ;

• des oligoéléments (nécessaires mais en quantité très faible vu leur rapide toxicité en cas
d'excès) tels que Fe, Cu, Zn, ...

• des substances de croissance (molécules organiques que la biomasse est incapable de


synthétiser elle-même) telles que vitamines, enzymes, ...

II. Les Bioréacteurs :


Un bioréacteur, appelé également fermenteur est un appareil dans lequel on multiplie des
microorganismes (levures, bactéries, champignons, microscopique, algues) pour la production
de biomasse (l’ensemble de la matière organique, qu’elle soit d’origine végétale ou animale
utilisée comme source d’énergie, ou la bioconversion d'une molécule d'intérêt.
II.1. Concept de base:
Un bioréacteur comporte :
 Une cuve ou enceinte en verre (pour les modèles de laboratoire) ou en acier
inoxydable ;
 Un bouchon si nécessaire pour ne pas laisser passer l'air du milieu extérieur au milieu
intérieur ;
 Une seringue avec cathéter pour injecter une solution ;
 Un système d'agitation comportant une ou plusieurs turbines selon les besoins ;

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 Des capteurs pour la mesure de la température (thermomètre), du pH (pH-mètre), de la
concentration en oxygène dissous (sonde oxymétrique) ;
 Un système de contrôle-commande géré par ordinateur permettant d'enregistrer et
piloter tous les paramètres de fonctionnement

Figure 2 : Schéma d’un bioréacteur.

Au sein du bioréacteur se réalise la transformation du substrat en biomasse et produits


(métabolites), selon l’équation :

Substrat + Biomasse = (Biomasse)n + Métabolites + Résidus de substrat.

L'utilisation des nutriments du substrat par la biomasse lui permet de se maintenir en vie et de
se multiplier. Cette activité métabolique, comme beaucoup de réactions chimiques, génère
cependant, outre les produits normalement attendus (les éléments constitutifs de la cellule) des
sous-produits inutiles que la cellule accumule dans son cytoplasme (endotoxine,
endoenzymes,...) ou rejette (exotoxines, exoenzymes, CO2, ...).

Pour garantir des conditions de fonctionnement soigneusement surveillées et contrôlées d'un


bioréacteur, les fabricants industriels conçoivent des modes de fonctionnement (flux continu
ou discontinu...), et des systèmes de contrôle (débitmètres, vannes, capteurs...), d’échangeurs

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de chaleur (réchauffement/refroidissement ou isolement), d’aération (apport d’O2, CO2...),
d’agitation (homogénéisation et oxygénation) ...

II.1.1. Homogénéisation

Utilisant des moyens mécaniques, l'agitation force le fluide à acquérir un mouvement


circulatoire à l'intérieur du réservoir pour (i) mélanger deux liquides miscibles, (ii) dissoudre
des solides dans le liquide, (iii) améliorer le transfert de chaleur (sous-chauffage ou
refroidissement), (iv) disperser un gaz dans un liquide, (v) disperser de fines particules dans
un liquide, ou (vi) disperser également deux phases non miscibles.

Le bioréacteur doit favoriser au maximum les bio-productions. Pour ce faire, il s'agit d'assurer
un contact parfait entre les différentes phases en présence afin de maximiser les possibilités
d'échanges entre elles :
• transfert gaz → liquide : solubilisation de l'oxygène de l'air dans le substrat ;

• transfert liquide → gaz : désorption du substrat (CO2 et autres gaz dissous) ;

• transfert liquide → solide : assimilation des nutriments et de l'O2 en solution dans le substrat
(liquide) par les cellules (solides) ;

• transfert solide → liquide : dissimilation des exo-métabolites des cellules vers le substrat.

Donc, il existe trois modes d’homogénéisation :

 Agitation mécanique à l’aide de pales (hélices) ;


 Agitation pneumatique par injection d’air ou de gaz de fermentation (Air lift) ;
 Agitation hydraulique par pompage ou recirculation.

II.1.2. Régulation

L'activité métabolique au sein du réacteur induit une modification permanente des


caractéristiques de son contenu. Afin de satisfaire en permanence les exigences de la
biomasse, des systèmes de régulation doivent nécessairement intervenir dans la conception
d'un réacteur efficace. De tels systèmes sont toujours constitués de trois éléments, formant ce
qu'on appelle couramment une "boucle de régulation". On y trouve ainsi : un capteur (=
sonde), un comparateur, un actionneur.

Ces trois actions, qui visent donc à minimiser l'écart entre une valeur mesurée (ce qui est
réellement) et une valeur imposée (ce qui devrait être), constituent un système dit servo-
commandé ou asservi.

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Idéalement tous les facteurs de production de la biomasse devraient être régulés.

On régule la plupart du temps la température, le pH, la teneur en O2, et le phénomène de


moussage.

a) Régulation de la température

La température est le principal facteur de développement d'une population microbienne. La


nature des sondes thermométriques est très diverse. Cela va du simple thermomètre, à des
thermocouples plus ou moins sophistiqués selon la sensibilité de la biomasse, ... et les
budgets.

Le principe de base est toujours de faire circuler à l'intérieur de ceux-ci, et donc à proximité
du substrat, une quantité d'eau froide ou chaude, voire de vapeur, destinée respectivement à
prélever ou à fournir des calories.

La régulation thermique doit donc pouvoir s'opérer positivement et négativement.

b) Régulation du pH

Pour rappel, les bactéries sont en général neutrophiles à légèrement acidophiles, avec, pour
certaines espèces, une adaptation génétique à des niveaux d'acidité relativement élevé.
Concernant les sondes à pH, il n'y a rien de spécial à signaler si ce n'est que le choix de
l'électrode doit bien sûr tenir compte de la nature du substrat, afin d’éviter tout risque
d'altération. Le maintien d'une acidité constante aux cours du processus peut s'obtenir soit en
utilisant un substrat préalablement tamponné, soit en apportant des correctifs (acide ou base)
tout au long de l’opération.

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c) Régulation de l'oxygène.

L'aération du substrat, qui conditionne la disponibilité en oxygène pour les micro-organismes


aérobies, exige aussi un système régulateur. Le transfert d'O2 jusqu'aux sites d'utilisation au
sein de la cellule est loin d'être aisé. L'enregistrement de la concentration en oxygène dissous
dans le milieu est réalisé par une sonde à oxygène qui mesure la concentration en O2 via une
électrode ad hoc. Il est bien sûr évident que tout ce raisonnement ne présente aucun intérêt
pour les digesteurs anaérobies, puisque dans ce cas l'oxygène doit absolument être banni du
processus.

d) Régulation de la mousse

Un grand nombre de fermentations génèrent des gaz dont la solubilité dans la phase aqueuse
est limitée. La respiration aérobie fournit également du CO2. Ces gaz forment des bulles et,
selon la tension superficielle de la phase liquide, celles-ci peuvent provoquer la formation
d'une mousse plus ou moins abondante.

L’accumulation de mousse au sein d'un digesteur peut provoquer divers problèmes : défauts
de stérilité, imprégnation des filtres de sortie des gaz, perturbations dans les régulations, ....
Pour pallier à ce risque, on dispose une sonde destinée à détecter la présence de mousse dans
le réacteur. Celui-ci peut consister en une action mécanique ou physico-chimique "anti-
mousse". Ce dernier s'agit d'une substance tensio-active qui modifie la tension superficielle du
liquide et diminue la cohésion entre les molécules de substrat à l'interface liquide-gaz.

II.2. Types de réacteurs :

On distingue trois modes d’alimentation classiques des bioréacteurs (Fig. 2.) :

 Le mode “Batch” : à l’instant initial, la cuve est remplie par le milieu de culture stérilisé
(contenant substrats et activateurs), et les espèces sont introduites.

La croissance des micro- organismes se déroule ensuite sans addition supplémentaire de


milieu. Le volume reste constant. On parle alors de fermenteur. En général, la productivité est
faible. En fin de processus, le fermenteur est vidé et son contenu est remplacé.

 Le mode “semi-continu” (ou “Fedbatch”) : à l’instant initial, la cuve est remplie d’un
volume initial V0 puis alimentée en continu par le milieu de culture selon un débit réglé de
façon à ce que la concentration en substrat soit constante et ce jusqu’à son volume final.
L’alimentation est alors coupée.

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Le fedbatch permet en pratique un meilleur contrôle des conditions de croissance, un gain de
temps et la possibilité de modifier le milieu en cours de culture. Il y a par contre un risque
important de contamination externe.

 Le mode “continu” (ou chémostat) : c’est le mode le plus largement employé dans le
domaine de la dépollution biologique de l’eau. Caractérisé par un volume constant, un
chémostat est soumis à un soutirage du milieu de culture égal au taux d’alimentation de la
cuve. Son fonctionnement a été décrit dès 1950 par Novick et Szilard.

Figure 3 : Les différents modes de fonctionnement d’un bioréacteur.

II.2.1. Bioréacteur discontinue, batch ou non renouvelé


 Les cellules sont initialement inoculées dans un milieu frais et aucun autre élément
nutritif n’est ajouté jusqu’à ce que le produit désiré soit produit.
 Le bioréacteur ne possède donc ni entré et ni sortie.
 En fin de fermentation, le fermenteur est nettoyé pour une prochaine culture.
 L’oxygène injecté est assuré par une agitation continue du milieu de culture sous
forme d’air comprimé pour l’homogénéité de la culture et la dissolution.
 Ce mode de fermentation est le seul utilisé pour la production de métabolites
secondaires surtout pour les antibiotiques.
 la population de micro-organismes passe par plusieurs phases de croissance distinctes.

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Figure 4 : Cinétique de croissance bactérienne en milieu non renouvelé (batch).
a. Phase de latence :
C'est le temps nécessaire à la bactérie pour synthétiser les enzymes adaptées au nouveau
substrat. Le taux de croissance est nul (μ = 0). La durée de cette phase dépend de l'âge des
bactéries et de la composition du milieu.
b. Phase d'accélération :
Il se produit une augmentation de la vitesse de croissance. Les divisions cellulaires
commencent : N augmente, (μ) augmente, et G (temps de génération) diminue.
c. Phase exponentielle ou logarithmique :
Durant cette phase, les bactéries se multiplient d’une façon exponentielle où la vitesse
spécifique de croissance (μmax, en h -1) est maximale et constante.
μ max: Elle est égale à la vitesse de croissance en biomasse (QX ) rapportée à l’unité de
biomasse (X = biomasse en g.L -1 ; t = temps en h).

Temps de génération (G) est constant et minimal. Il est défini comme le temps de
doublement de la biomasse X pendant la phase exponentielle.
d. Phase de ralentissement :
La vitesse de croissance régresse. Il y a un épuisement du milieu de culture et une
accumulation des déchets. Il existe un début d'autolyse des bactéries (autodestruction).
e. Phase maximale stationnaire :
Le taux de croissance devient nul (μ = 0).
Le taux de mortalité annule le taux de croissance.

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f. Phase de déclin :
Le taux de croissance est négatif (μ < 0). Toutes les ressources nutritives sont épuisées et
l’accumulation de métabolites toxiques, ce qui entraine une diminution d'organismes
viables et une lyse (destruction) cellulaire sous l'action des enzymes.
II.2.2. Bioréacteur discontinu alimenté (Fed batch)
C’est une culture discontinue alimentée en continu par un milieu nutritif. La croissance
démarre plus vite dans un volume de culture réduit.
Quand la croissance est en phase stationnaire, du milieu de culture stérile est ajouté et
contrôlé.
Le volume dans la cuve augmente au cours du temps. Le débit est réglé de façon que la
concentration en substrat soit constante dans la cuve et que l’effet de dilution ne soit pas
inhibiteur de la production de biomasse. Lorsque la cuve est remplie, l’alimentation est
coupée (la conduite est alors en mode discontinu). Le fed batch permet en pratique un gain de
temps, une augmentation de productivité et une possibilité de modification du milieu en cours
de culture. Mais le risque de contamination est élevé.
Exemple : Dans la production de la pénicilline, la concentration en glucose est maintenue à
des valeurs précises au cours du temps.

II.2.3. Bioréacteur continu

Le mode continu ou “chémostat” prévoit une entrée (substrat et/ou biomasse) et une sortie
(produit, substrat, biomasse, résidus) au niveau du bioréacteur, de sorte qu’elles fonctionnent
sans arrêt et tout en gardant un volume de culture constant.
Le principe du chémostat repose sur les travaux de Monod (1942) qui ont pointé la relation
entre le taux de croissance (µ) d’une population microbienne et la concentration en substrat
(S). Les différentes phases qui définissent le cycle de croissance de la population (latence,
croissance et phase stationnaire) résultent de l’interaction du microorganisme avec son
environnement physico-chimique.
Dans une culture continue en chémostat, le bioréacteur est alimenté en continu en milieu neuf
et le milieu usagé, y compris la biomasse, est soutiré au même débit. Le procédé de culture en
chémostat a pour objectif de maintenir tous les paramètres à un niveau constant, y compris le
taux de croissance et d’épuisement de la culture, par l’apport contrôlé de milieu de culture. Si
cet état stationnaire (steady state) est atteint, il est par exemple possible d’analyser le
métabolisme de l’organisme pour déterminer les modifications des paramètres.

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Pour garder un effectif cellulaire constant, il convient de gérer le digesteur de façon à
conserver en permanence l'égalité entre le taux de croissance (µ = nombre de division par
unité de temps) et le taux de dilution (D = rapport du débit d'entrée de substrat frais au volume
total du digesteur).

Dans le cas ou µ < D on assistera à un lessivage (= perte de biomasse) du digesteur car, vu


qu'il s'agit d'un réacteur infiniment mélangé, la dispersion des cellules est idéale et par
conséquent une partie de celles-ci est entraînée lors du soutirage. Or si la croissance
microbienne ne permet pas de compenser la disparition de biomasse par soutirage, le
digesteur s'appauvrit et son rendement s'en trouve affecté.

D'autre part, lorsque µ > D, ce qui signifie que le renouvellement de substrat ne suffit pas à
satisfaire les besoins de la biomasse, des symptômes de carence apparaissent, entraînant un
ralentissement du métabolisme, c'est à dire une diminution du µ.
Il y a donc dans ce dernier cas une autorégulation du digesteur puisque la biomasse s’adapte
automatiquement aux conditions de fonctionnement. Un digesteur ainsi autorégulé est appelé
chémostat.

Figure 5 : Illustration du Chémostat sans recyclage.

Il est évident que D doit correspondre au taux de soutirage sous peine de voir la cuve se
remplir ou se vider. Il est possible aussi de faire fonctionner un réacteur à particules libres en
continu sans trop se soucier de l'équilibre µ/D. C'est ce qui se passe dans une station
d'épuration à boues activées.
Dans ce cas, à la sortie du bassin biologique (réacteur), un décanteur permet de récupérer les
cellules.

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Une partie de celles-ci est alors réinjectée dans le bassin biologique afin de maintenir la
concentration constante.
Donc :
 Si D > µ → lessivage du réacteur : la biomasse enlevée n'est pas remplacée par de
nouvelles cellules
 Si D < µ → autorégulation : pas assez de substrat → µ ↓ → µ = D → car µ < µmax
Dans une fermentation en mode continu, le taux de dilution de la culture est limité par le taux
de croissance spécifique maximal (µmax) du microorganisme.
De plus la concentration en biomasse ne peut pas être augmentée puisque les cellules sont
soutirées du réacteur au même rythme qu’elles sont formées. Pour contourner ces limites et
optimiser le procédé, diverses techniques de recyclage de la biomasse sont appliquées pour
récupérer la biomasse dans la culture soutirée, pour la retourner dans le réacteur. Ainsi, il n’y
a pas de perte de microorganismes et la concentration en biomasse augmente dans le temps.
Le moyen le plus efficace pour recycler la biomasse est la microfiltration membranaire.
La culture soutirée du réacteur est filtrée sous pression sur une membrane de porosité absolue
ne laissant pas passer les microorganismes. Le débit doit être égal au débit d’alimentation en
milieu frais pour maintenir constant le volume de culture.

Figure 6 : Illustration du Chémostat avec recyclage de la biomasse.

II.3. Bioréacteurs à flux piston


Dans un réacteur à flux piston idéal, tout élément de fluide avec ses matières en suspension
subit une translation tout du long du bassin sans mélange important avec les éléments de
fluide. Il est assimilé à un ouvrage présentant un rapport longueur/largeur élevé et, dans ce
cas, des gradients de concentrations axiaux apparaissent.

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Les considérations théoriques montrent que, dès qu’une réaction est d’ordre supérieur à zéro,
un flux piston doit permettre, pour un volume d’ouvrage donné, d’obtenir un état
d’avancement des réactions supérieur au mélange intégral ou, pour un même état
d’avancement d’une réaction, un volume d’ouvrage plus réduit.
En fait, il n’existe pas à l’échelle industrielle de bioréacteurs fonctionnant en mélange intégral
ou en flux piston parfaits. En revanche, certains réacteurs seront proches surtout d’un mélange
intégral (agitation forte) et plus rarement d’un flux piston. Afin de quantifier cette tendance, il
est préférable d’utiliser un coefficient de dispersion longitudinale. Une valeur zéro correspond
à un flux piston parfait, tandis qu’une valeur infinie correspond à un mélange intégral parfait.

II.4. Comparaison bioréacteurs batch et bioréacteurs continus


Bioréacteurs batch Bioréacteurs continus
La fermentation batchs est un type de La fermentation en continu est un autre type
fermentation industrielle dans laquelle les de processus de fermentation industrielle
produits sont récoltés par lots tout en arrêtant dans lequel la fermentation est effectuée
le processus à la fin de chaque lot. pendant une période de temps plus longue
tout en ajoutant des nutriments au début et
entre le processus et la récolte à intervalles
réguliers.

Dans la fermentation discontinue, au début, En fermentation continue, des milieux frais


on ajoute du milieu frais. sont ajoutés à intervalles réguliers.

En fermentation discontinue, une fois la En fermentation continue, les produits et la


fermentation terminée, le produit est récolté. biomasse sont récoltés à intervalles réguliers
plusieurs fois pendant le processus.

En fermentation en batch, lorsqu'un lot est En fermentation continue, le processus dure


prêt, le processus est terminé. longtemps jusqu'à ce que la récolte soit
effectuée plusieurs fois..

La configuration de la fermentation batch La configuration de la fermentation en


n'est pas modifiée de l'extérieur une fois continu peut être modifiée pendant le
qu'elle est lancée. processus de fermentation.

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En fermentation discontinue, les conditions En fermentation continue, les conditions sont
ne resteront pas constantes. maintenues constantes.
Dans la fermentation discontinue, les En fermentation continue, les nutriments sont
nutriments sont utilisés par les utilisés rapidement par les microorganismes.
microorganismes à un rythme plus lent.
Dans la fermentation en discontinu, la En fermentation continue, la croissance
croissance microbienne se manifeste dans les microbienne existe en phase exponentielle
phases de latence, de log et de stationnaire. tout le temps.
Des fermenteurs de plus grande taille sont Des fermenteurs de plus petite taille sont
utilisés pour la fermentation discontinue. utilisés pour la fermentation continue.
La fermentation batch convient à la La fermentation en continu convient à la
production de métabolites secondaires. production de métabolites primaires.
La chance de contamination est moins dans Risque de contamination élevé en
la fermentation discontinue. fermentation continue.
Le coût initial sera inférieur pour la Le coût initial sera élevé pour l'installation de
configuration de la fermentation batch. la fermentation continue.

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