Family Law Traduction
Family Law Traduction
FAMILY LAW
TRADUCTION COMPLETE DU COURS
Pr . TAMASANG Christopher FUNWYE
L1 DF / 2nd Semestre
2020-2021
TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
INTRODUCTION
La compréhension du cours de « family law » pour les étudiants de droit, passe par la réponse aux questions celles de
savoir pourquoi cette branche du droit anglais est-elle étudiée dans les Universités au Cameroun ? Pourquoi est-
elle applicable au Cameroun ?
Pour répondre à ces interrogations, nous dirons simplement que le Cameroun est un pays doté de deux systèmes
juridiques ; le système de « Common Law » en vigueur dans la partie anglophone du Cameroun « english speaking
regions » (Nord-Ouest et Sud-Ouest) et le système de droit civil ou romano-germanique applicable dans les régions
francophones « french speaking regions ». On dira ainsi que c’est un système bijural c-a-d qui connait l’application
de ces deux systèmes juridiques. Le Cameroun est aussi composé d’environ 250 différents groupes ethniques avec
autant de langues propres à chaque groupe. Le droit camerounais est donc aussi composé de divers corps du droit
coutumier (incluant le droit islamique) sur toute l’étendue du territoire national.
Pour comprendre les origines du « family law » il est important de préciser que celui-ci tire ses principales sources du
droit anglais hérité « received english law » dans un premier point, du droit nigérian hérité « received nigerian law »
dans un second temps et dans une troisième dimension, du droit coutumier « customary law ».
L’application par les tribunaux dans le Cameroun anglophone des lois d’origine anglaise fait de celles-ci, une des
principales sources du « family law ». Selon l’article 11 de la Southern Cameroon High Court Law (SCHCL) de
1955 « les principes de la Common Law, les doctrines de l’Equity et les lois d’application générale qui étaient en
vigueur en Angleterre avant le 1e Janvier 1900 seront applicables au Cameroun ». Il est important de noter que ces
dispositions ont un caractère transitoire. Dans l’affaire Salomon Mukete et sept autres contre Joseph Tarh et deux
autres qui est une illustration parfaite de cette disposition, le tribunal fut saisi pour décider si un frère pouvait engager
des poursuites en réparation du préjudice qui lui a été causé du fait du décès de son frère.
Selon les dispositions de la « Fatal Accident Act de 1846-1864 » les frères et les sœurs ne pouvaient pas bénéficier
d’une quelconque réparation. Pourtant, selon les dispositions de la « Fatal Accident Act de 1976 », l’action était
recevable. Dans ce cas, quelles dispositions fallait-on appliquer à l’espèce ?
En vertu de l’article 11 du SCHCL, il a été décidé que les lois de 1846-1864 étaient toujours applicables dans l’ancien
Cameroun occidental. Ainsi sur cette base, un frère et une sœur ne pouvaient pas obtenir de dommage –intérêts.
Alors, quand est-ce que les tribunaux du Cameroun anglophone arrêteraient-ils de se référer aux lois anglaises ?
En « family law » les lois les plus récentes en Angleterre sont applicables dans l’ancien Cameroun occidental selon
l’article 15 de la SCHCL qui postule que ;
« Ainsi, de manière testamentaire ou successorale, de divorce, la loi en vigueur est celle actuellement en vigueur en
Angleterre ». La loi anglaise ne cesse de s’appliquer que lorsqu’il existe une réforme législative interne. L’illustration
est ici faite dans l’affaire Enongenekang contre Enongenekang. Dans cette affaire de divorce, le juge appliquera, non
la loi applicable avant le 1er Janvier 1900, mais celle en vigueur lors des faits.
De même, l’article 10 de la SCHCL de 1955 autorise les juridictions de l’ancien Cameroun occidental à utiliser les
pratiques et procédures en vigueur dans la « High Court of Justice ». L’application de cette règle est visible dans
l’affaire Bernard Fonlon contre Judith Fonlon and eigh others dans cette affaire il fut décidé que la loi relative à la
procédure d’adoption « English Adoption Act 1958 » était applicable dans l’ancien Cameroun occidental.
L’origine de ce droit peut être tracée dans l’article 9 de l’accord mandataire britannique sur le Cameroun « British
Mandate Agreement » qui donne la liberté inter alia à la Grande-Bretagne de ;
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« ... Constituer le territoire en une union douanière, fiscale et administrative ou une fédération avec les territoires
adjacents sous leur souveraineté ou leur contrôle, à condition que les mesures prises à cette fin n'enfreignent pas
les dispositions de ce mandat ».
Cette disposition permettait à la Grande-Bretagne de fusionner le Royaume-Uni au Cameroun avec son protectorat
administratif et judiciaire nigérian. Selon cet article, l’accord mandataire conclu entre la SDN et les puissances
coloniales, la France et la Grande-Bretagne devaient administrer leurs possessions du Cameroun comme partie
intégrante de leur territoire. Le Cameroun allemand étant divisé en deux parties, la GB va gérer le Sud-Ouest et le
Nord-Ouest en les fusant avec sa colonie voisine du Nigéria. Toutes les lois en vigueur au Nigéria étaient donc en
vigueur au Cameroun occidental. Ainsi, lorsque l’ancien Cameroun occidental accédait à l’indépendance en 1961, il
devait appliquer le droit anglais et les lois d’avant 1960 de la fédération du Nigéria.
Le droit camerounais est aussi composé de divers corps du droit coutumier à travers le territoire national. Le droit
coutumier constitue dès lors une des principales sources du « family law ». Le groupe de mots droit coutumier
désigne les usages généralement acceptés au sein de tout groupe ethnique. En effet, la reconnaissance judiciaire de
notre corps de droit coutumier se trouve dans l’article 27 de la SCHCL de 1955. L’article 27 alinéa 1 stipule que ;
« La Haute Cour doit observer et faire respecter les lois et coutumes autochtones qui ne sont pas contraires à
l'équité et à la bonne conscience de la justice naturelle, ni sont incompatibles avec une loi en vigueur être appliqué
et rien dans la présente loi ne privera une personne des avantages d'une loi ou coutume autochtone ».
L'expression " l'observation de toute loi et coutume autochtones qui ne soit pas contraire à la justice naturelle,
l'équité et la bonne conscience" a donné lieu à de nombreux débats en raison de la difficulté d'harmoniser le droit
coutumier avec les textes législatifs. Généralement, si le tribunal est convaincu que la coutume est d'usage courant au
sein d'un groupe ethnique particulier, elle ne devrait pas hésiter à la défendre. Ainsi, dans l’affaire Immaculate
Vefonge contre Samuel Lyonga Yukpe, la Cour d’appel de Buea a reconnu et appliqué une coutume du peuple
Bakweri qui interdisait à un mari de chasser une mère allaitante de son domicile de matrimonial.
Dans l'affaire Ngeh contre Ngome (1962-1964) WCLR 321 le juge GORDON « Chief Justice », a refusé de
maintenir la coutume selon laquelle un homme revendique la paternité d'un enfant qu'une femme en fuite a eu avec un
autre homme simplement il n'a pas remboursé le prix de la fiancée ou la dot. Dans l’affaire Buma contre Buma
MONEKOSSO 3, non seulement a dénoncé la coutume du peuple Baba II dans la région du Nord-Ouest, mais s'est
montré très surpris que le montant de la dot ait dû être remboursé en cas de divorce malgré la durée du mariage et les
services que la femme avait rendu au cours du mariage. Aujourd'hui, l'article 72 de l'ordonnance n°81-02 du 29 juin
1981 relative à l'enregistrement des actes d'état civil (désormais modifiée par la loi n° 2011/011 du 6 mai 2011)
condamne expressément cette coutume en édictant que:
« Le paiement total ou partiel d'une dot ne doit en aucun cas donner lieu à une paternité naturelle qui ne peut
résulter que des relations de sang qui subsistent entre l'enfant et son père ».
Une autre coutume que nos tribunaux non coutumiers (s’empresserait de condamner) est celle qui concerne
"l’héritage des veuves". La pratique prévaut dans de nombreuses tribus de la région du Nord-Ouest, même si l'article
72 (2) de l'ordonnance de 1981 (désormais modifié par la loi n ° 2011/011 du 6 mai 2011) dispose:
« En cas de décès du mari, son héritier n'a aucun droit sur la veuve, ni sur sa liberté, ni sur le partage des biens qui
lui appartiennent. Elle peut, à condition qu'elle respecte le délai de veuvage de 180 jours à compter de la date du
décès de son mari, qu'elle se remarie librement sans que personne ne puisse prétendre à quoi que ce soit, à toute
indemnité ou prestation matrimoniale ou dot ou autrement reçu au moment des fiançailles pendant le mariage ou
après le mariage »
L'importance du la coutume en tant que source du Family Law dans l'ancien Cameroun occidental est davantage
soulignée au l’article 27 (2) (3) de la SCHCL 1955.
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« Ces lois et peines sont réputées applicables aux causes et aux matières où les parties sont natives, ainsi qu'aux
causes et aux matières entre autochtones et non-indigènes où elles peuvent comparaître ; Les tribunaux estiment
que l'une ou l'autre des parties subira une injustice substantielle en se conformant strictement aux règles du droit
anglais ».
« Aucune des parties n’a le droit de profiter des lois ou coutumes autochtones, si celles-ci résultent soit de contrats
exprès, soit de lois de la nature de la transaction à la question de savoir si une action en justice ou une question a
pu surgir qui a amené cette partie à convenir que son obligation dans le cadre de cette transaction devrait être régie
exclusivement par le droit anglais ou que ces transactions sont des transactions inconnues des lois et des coutumes
autochtones ». Voir l’affaire Labinjoh contre Abake (1924) SNCR 33 discutée dans E.N NGWAFOR pp 12-13
Lorsque le Cameroun occidental acquit son indépendance en 1961 et rejoignit l'ancien Cameroun oriental pour former
la République fédérale du Cameroun, il en résulta automatiquement deux systèmes juridiques distincts dans un pays et
depuis cette date le Cameroun est un Etat avec un système juridique bijural. L'article 46 de la Constitution fédérale de
1961, repris à l'article 38 de la Constitution unitaire de 1972, tel que modifié par la loi n ° 75-1 de la Constitution du
18 janvier 1996. Le maintien des textes législatifs antérieurs à 1960 dans la mesure où ils ne sont pas contraires aux
dispositions de la Constitution.
ll s'agit des textes d'origine interne, ceux adoptés par les pouvoirs publics. Depuis 1961 deux lois ont été adoptées en
matière de « family law » la loi n° 68/LF/2 du 11 juin 1968 remplacée par l'ordonnance n° 81/2 du 29 juin 1981 qui a
non seulement abrogé certaines dispositions coutumières mais aussi harmonié les conditions de formation dru
mariage.
En dehors des sources primaires sus évoquées, d'autres sources secondaires du « family law » sont à évoquer. On
citera par exemple les conventions internationales « international agreements » signées et ratifiées par le Cameroun
et les traités.
Les traités sont des accords bilatéraux ou multilatéraux entre sujets de droit international créant des obligations
contraignantes en droit international. Un traité crée des obligations juridiques contraignantes pour les États
signataires. Par conséquent, les traités sont reconnus comme une source de droit, mais comme le Cameroun est lié par
les accords internationaux et ceux-ci ne prennent effet qu’après avoir été dûment ratifié par le Président de la
République en vertu de l’article 43 de la Constitution.
THEME II: LES TRIBUNAUX COMPETENTS EN FAMILY LAW (COURTS WICH HAVE JURISDICTION)
Les tribunaux ayant compétence en « family Law » sont de deux ordres ; les tribunaux de compétence originale
(courts with original juridiction) et les tribunaux avec compétence d'appel (courts with appelate jurisdiction)
Dans l'article 16 (1) (c) de l'ordonnance n°72/4 du 26 Août 1872 amendé par la loi n'89/019 du 29 Décembre 1989,
la juridiction originale pour les cas concernant la famille est exercée par le tribunal de Grande Instance (High Court)
et les tribunaux coutumiers (Customary courts). L'article 7 de la S.C.H.CL de 1955 donne compétence pour les cas
matrimoniaux aux tribunaux de Grande Instance. De la même manière les tribunaux coutumiers selon l'article 9 (1) de
la S.CH.CL. de 1955 donne la compétence exclusive des cas matrimoniaux provenant des mariages formés selon les
lois et coutumes indigènes (mariages polygamiques). C'est pour cette raison que le tribunal de Grande Instance rejette
souvent ou décline sa compétence sur le mariage à caractère coutumier. C'est le cas de l’affaire Tufon contre Tufon
(suit N°HCB/59/83) où le mariage a été célébré selon les lois indigènes et coutumières (Natives Laws and Custums)
des peuples Kom. Le tribunal a décliné sa compétence pour trancher sur une demande en divorce.
La compétence exclusive pour connaître des affaires matrimoniales est dévolue à la Haute Cour. Cet article dispose
que la Haute Cour est compétente pour:
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« ... En matière civile, connaître des actions en justice et des infractions relatives à la condition des personnes, état
civil, mariage, divorce et affiliations, sous réserve des dispositions relatives aux tribunaux traditionnels en ce qui
concerne la compétence rationae personae ».
Dans cet article, nous nous rendons compte que les problèmes découlant des mariages polygames doivent être réglés
devant le tribunal coutumier, tandis que ceux découlant des mariages monogames sont traités par la Cour suprême.
Ceci est à nouveau souligné à l’article 9 (I) (b) de la SCHCL de 1955, où il est stipulé:
« Sous réserve de toute disposition de l'ordonnance sur les droits des terres et des peuples autochtones et de toute
autre loi écrite, la Haute Cour n'exercera pas la compétence ou des affaires relevant de la juridiction d'un tribunal
autochtone concernant un mariage, la situation de famille, la tutelle des enfants, l'héritage ou la disposition de
biens à la mort ».
En vertu de la loi n°7- 4 du 29 juin 1979, les appels du tribunal coutumier sont directement portés devant la Cour
d’appel, puis devant la Cour suprême.
La source du conflit est facilement décelable. Tel que mentionné plus haut, le Cameroun est doté de plus de 250
tribus ayant chacune leurs propres lois, ainsi, lorsqu'un cas implique deux ou plusieurs personnes appartenant à des
tribus différentes, ce conflit est inévitable. Par exemple, si un garçon de Nkwen se marie (traditionnellement) avec
une fille de cette même tribu, il n’y a pas conflit puisque leurs lois et coutumes autochtones s’appliqueront.
Mais si un garçon d’Akum se marie avec une fille de Mamfé, à supposer qu’il s’agisse d’un mariage traditionnel,
quelle loi sera applicable?
Les tribunaux avaient depuis longtemps résolu ce problème en déclarant que les lois de la place des parents de la fille
seraient appliquées. Si les parents de la fille sont donc de Bayangi, les lois de cette tribu seront appliquées et les
parties devront se présenter devant le tribunal coutumier de ce village. Exceptionnellement cependant, s’ils résident à
Limbé par exemple et que les juges y sont familiarisés avec les lois et coutumes Bayangi, l’affaire peut être entendue à
Limbé.
Une autre façon par laquelle ce conflit peut se compliquer réside dans le cas où les parties se marient conformément
aux coutumes d’une tribu particulière, comme le garçon et la fille de Nkwen ci-dessus, mais décident d’aller dans une
autre région où les lois de leur tribu d’origine sont considérées comme étrangères. Dans ce cas, s'ils ont des problèmes
matrimoniaux, le tribunal de l'endroit où ils se trouvent peut-il juger l'affaire? Onana a répondu à cette question dans
l’affaire Onana contre. Onana, où les parties se sont mariées conformément aux lois et aux coutumes des Beti, mais
vivaient à Bamenda. La Cour d’appel de Bamenda a déclaré que les tribunaux de Bamenda n’étaient pas compétents,
car ils ne connaissaient pas les lois Beti. Les parties devront donc retourner dans leur lieu de mariage pour que l’affaire
soit jugée.
Tout comme la dernière question ci-dessus, un problème une fois que les parties se sont mariées dans l'un des
systèmes juridiques du pays et ont décidé d'aller vivre et travailler de l'autre côté de la fracture juridique (rappelez-
vous que le Cameroun est bi-jurial), en cas de problèmes, le système juridique sous lequel ils vivent peut-il gérer la
question? Dans l’affaire Lanthum contre Lanthum, la réponse était positive. Dans cette affaire, les parties avaient
quitté l'ancien Cameroun occidental (anglophone) et vivaient dans ce pays. Avant de saisir la Cour suprême, l’affaire
avait eu deux recours, mais une nouvelle règle avait été adoptée, connue sous le nom de ligne de moindre résistance, à
savoir que si les parties choisissaient de saisir une juridiction particulière, elles devaient alors choisir les lois de ce
tribunal (le choix du tribunal est le choix de la loi). La loi qui prévaudra dans de tels cas est donc la loi du lieu de
domicile (non de résidence) des parties.
Il convient de rappeler que le conflit entre le droit local et le droit statutaire (lois législatives) est un autre cas de
conflit de lois. En cas de conflit entre les deux, le droit statutaire prévaudra en principe sur le droit coutumier. Des
conflits peuvent également surgir entre le droit national et le droit international (d'autant plus que nous avons vu que
les traités internationaux peuvent être une source de droit). La solution à ce conflit est fournie par l’article 45 de la
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Constitution du 18 janvier 1996 (telle que modifiée en 2008), qui a été dûment ratifiée les traités et conventions
internationaux prévalent sur la législation nationale en vigueur à ce sujet dès leur entrée en vigueur.
A- RESIDENCE (RESIDENCE)
Dans le langage courant, le lieu de résidence est le domicile habituel. Bien que l’ordonnance de 1981, telle que
modifiée par la loi n° 2011/011 du 6 mai 2011, la résidence ne constitue pas une condition préalable à la célébration
du mariage, mais il a été démontré que l’officier de l'état civil s'efforce généralement de déterminer le lieu de
résidence des futurs époux. Bien que l'ordonnance de 1981 ne l'énonce pas expressément, comprendre l’importance
de la résidence en « family law », en particulier dans la mesure où l’ordonnance dispose que les personnes qui ont
l’intention de se marier notifient généralement leurs intentions au registraire de l’état civil du district
d’immatriculation dans lequel elles résident. Ceci est généralement observé dans l’affaire anglaise de Fox contre Stirk
et autres (1970) 3 All E. R. 7.
L'Article 46 de la loi de 1973 sur les affaires matrimoniales habilite la Cour à résoudre les problèmes de procès par
une épouse dont l'époux n'est pas domicilié en Angleterre et au Pays de Galles. Si la femme a été dissoute par le mari
ou si le mari a été expulsé du Royaume-Uni. Lorsque l'époux était immédiatement avant la sortie ou l'expulsion
domiciliée en Angleterre et au Pays de Galles et en cas de divorce ou de nullité du mariage, si l'épouse réside en
Angleterre et au Pays de Galles et y a ordinairement résidé immédiatement pendant trois ans avant le début de la
procédure et le mari n’est domicilié dans aucune partie du Royaume-Uni.
B- DOMICILE (DOMICILE)
La notion de domicile est importante en « family law » car certaines questions telles que la capacité de se marier et la
compétence pour ordonner le divorce sont régies par le domicile de la personne et donc peut être résolu que en
appliquant cette loi. Comme Kindersley le définit dans l’affaire Lord v. Colvin (1859) 4 Drew. 366, 376,
« Ce lieu est proprement le domicile d'une personne dans laquelle il a volontairement fixé l'habitation de lui-même
et de sa famille. Pas dans un but purement spatial et temporaire, mais avec l'intention actuelle d'en faire son
domicile permanent" et jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose (ce qui est inattendu ou dont l'événement est
incertain) pour l'inciter à adopter un autre domicile permanent ».
Des quatre principes, le troisième, à savoir que le domicile fixe une personne sur une unité territoriale particulière
ayant son propre système juridique, a posé de nombreux problèmes au Cameroun. Les termes résidence et domicile
ont souvent été confondus. C'est pourquoi on lit souvent des phrases telles que le répondant est domicilié à
Bafoussam, Tufon contre Tufon ou à Douala Enongenekang contre Enonenkang (ci-dessus). Ni Bafoussam, ni
Douala n’ont de système juridique propre. Ainsi, on est domicilié dans l'ancien Cameroun oriental ou dans le
Cameroun occidental.
Un domicile d'origine est le domicile que toute personne acquière à la naissance. Il est imposé par l'application de la
loi. A cet égard, à un enfant légitime, est imposé le domicile de son père, puis à un enfant illégitime, le domicile de la
mère et à un enfant trouvé, le lieu où il est retrouvé.
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À l’âge adulte, toute personne peut acquérir un domicile de choix. Deux conditions sont nécessaires, à savoir la
résidence dans le pays et deuxièmement l’intention, indépendamment des pressions extérieures, de résider de
manière permanente dans le pays en question.
i- La résidence (residence)
Pour acquérir un domicile de choix, il faut résider dans le pays en question. Même si une longue résidence amène
rapidement à conclure à l’établissement d’un nouveau domicile, une résidence relativement courte ne priverait pas
nécessairement l’un de ces échanges. Dans l’affaire I.R.C contre Bullock (1976) 3 A E.R. 353, un Canadien domicilié
en Nouvelle-Écosse était réputé ne pas avoir son domicile en Angleterre alors qu'il avait servi dans l'armée de l'air
royale et était parti en Angleterre pendant plus de 40 ans. Il a retourné son domicile en Nouvelle-Écosse parce qu'il
avait l'intention d'y retourner si son épouse était décédée. Dans l’affaire Jopp contre Wood (1865) 4 De CJ 8SM. 616,
il a été jugé que la résidence de 25 ans en Inde n’était pas suffisante pour conférer à un certain John Smith un
domicile indien en raison d’une prétendue intention de revenir finalement à son domicile d’origine, à savoir l’Ecosse.
Mais aussi longtemps que l'intention nécessaire sera là, même une brève résidence suffira. Ainsi dans l’affaire White
contre Tenant (1888) 8 SE. 596, un homme a abandonné son domicile dans l’État X et a emmené sa famille dans
l’Etat Y à environ un demi-kilomètre de l’État X, dans l’intention de s'y rendre de manière permanente. Après avoir
déposé ses affaires, sa famille et lui-même sont revenus à X afin de passer la nuit avec un parent. Il est tombé malade
et y est décédé. Il a été jugé que son domicile à sa mort était Y.
ii- Intention
L'intention doit être de résider de manière permanente dans le pays en question sans envisager aucun événement
susceptible de le pousser à se déplacer ailleurs. Les tribunaux devraient examiner chaque aspect de la vie du cujus, ses
amours, ses caprices, ses préjugés, sa santé, sa religion, attentes financières et ses aspirations: l’affaire Drexons contre
Drevons (1868) 1 WLR. 103 en est l’illustration parfaite.
En « Common Law », le domicile de certaines personnes dépend de celui des autres. Ce sont des enfants, des femmes
mariées et des personnes atteintes de troubles mentaux. Conformément au principe selon lequel toute personne doit
avoir un domicile, il est donc établi en « Common Law » que le domicile d'un enfant légitime sera celui du père et que
celui d'un enfant illégitime sera celui de la mère. C'était le cas durant l’âge de la minorité de l'enfant. Donc, si le père
change de domicile, le domicile du nourrisson sera automatiquement affecté. Mais lorsque le père décède, l'enfant
prend immédiatement le domicile de la mère et tout changement de domicile de la mère par la suite doit être fait de
bonne foi et dans l'intérêt de l'enfant c’est le cas Potinger contre Wightman (1917) 3 All ER 67
En « Common Law » également, une femme mariée a acquis le domicile de son mari le jour du mariage. Ceci, elle le
conserve tout au long de l'ouverture. Elle a gardé ce domicile même après le décès du mari jusqu'à ce qu'elle obtienne
le domicile de son choix. Même si le mari abandonne sa femme et acquiert un nouveau domicile à l’étranger, son
domicile suit toujours automatiquement le sien. Cette règle de « Common Law » a toutefois été remplacée par la loi de
1973 sur le domicile et les procédures matrimoniales. L’article 3 (1) dispose que:
« Une personne est désormais capable d'acquérir un domicile sûr lorsqu'elle atteint l'âge de 16 ans »
La pratique du « Common Law » selon laquelle le domicile du père est nécessairement communiqué à l'enfant dans le
cas où les deux parents sont vivants mais vivent séparés. Dans ce cas, le domicile de l'enfant est celui de la mère, si le
l'enfant a sa maison chez elle et pas chez son père ou s'il a acquis le domicile de sa mère, de cette manière et n'a pas
depuis lors vécu chez son père: articles 4 (1) et (2) (a) (b).
La loi a également affecté le domicile à charge d'une femme mariée. En vertu de l'article (1), une femme mariée doit
désormais avoir un domicile indépendant, à l'instar de toute autre personne à pleine capacité. Toutefois, l'article 1 (2)
de cette même loi prévoit pour les personnes qui se sont mariées avant cette date qu'une femme qui avait le domicile
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de son mari en dépendance doit être considérée à compter de cette date comme l'ayant conservée comme domicile de
choix (si ce n'était pas son domicile d'origine) jusqu'à ce qu'elle en acquière un autre.
Le mariage est un contrat. Il s’agit généralement d’un accord dans lequel un homme et une femme établissent une
relation juridique en imposant des droits et des devoirs en conséquence. Dans le cas Vineal contre Veness (1865) 4
FIF. 344, il était défini comme ;
« Un contrat entre un homme et une femme par lequel ils se promettent mutuellement de se marier, la promesse de
l'un étant la contrepartie de la promesse de l'autre ».
Le mariage crée également un statut; une catégorie particulière de personnes, à savoir les personnes mariées, à qui la
loi attribue certaines capacités ou incapacités juridiques particulières. Ainsi, contrairement à d’autres contrats, les
droits et obligations réciproques des époux sont fixés par la loi et non par un accord.
La définition classique du mariage est celle de Lord Penzance dans l’affaire Hyde contre Hyde (886) LR et D.130:
« Je conçois que le mariage, tel qu’il est compris dans la loi, puisse être défini comme l’union volontaire à la vie
d’un homme et d’une femme, à l’exclusion de tous les autres ».
Il convient toutefois de noter que deux types de mariages sont reconnus au Cameroun: le mariage statutaire, connu
sous le nom de mariage monogamique et le mariage de droit coutumier, également appelé mariage polygamique.
La définition de Lord Penzance ne s'applique certainement qu'aux mariages monogamiques. Ainsi, le juge Nganjie a
défini le mariage dans l’affaire Motanga contre Motanga comme étant:
« A mon sens, un mariage au sens de la loi de ce pays est une union entre un homme et une femme ou davantage
de femmes à l'exclusion d’autres hommes »
Encore une fois, un mariage monogamique peut ne pas durer toute la vie. Il peut prendre fin par un jugement de
divorce (ou de nullité) prononcé par un tribunal compétent.
Tous les mariages au Cameroun, qu’ils soient monogamiques ou polygamiques, aux termes de l’article 4 de
l’ordonnance n ° 81/02 du 29 juin 1981 sur l’enregistrement de l’état civil, tels que modifiés par la loi n° 2011/011
du 11 mai 2011, sont enregistrés au registre d'état civil à défaut quelles accusations criminelles seront portées contre
les parties. L'article 81 de la même ordonnance prévoit également que les mariages coutumiers doivent être consignés
dans le registre de l'état civil du lieu de naissance ou de résidence des époux.
Il n'y a pas d'obligation avant la célébration effective du mariage. Cependant, aujourd'hui, le mariage est précédé d'un
accord de mariage, ce qui est un engagement. En « Common Law », il suffit que l’échange de promesses soit fait
oralement ou par écrit. Sous réserve de l’intention d’être lié, l’accord sera traité de la sorte par tout tribunal.
En « Common Law » les parties engagées sont généralement appelés à respecter leurs promesses. Comme il y a une
intention d'être légalement lié, toute violation d’une telle promesse pourrait donner lieu à une action, car un accord de
mariage en « Common Law » est un contrat, qui est régi par les principes généraux du droit des contrats. Ainsi, dans
l’affaire Samuel Esobe Epitime contre Rth Nange Mbong (1968) WCSR. 41 Le juge Endeley de la Cour d’appel de
Buea a confirmé la décision du magistrat Asonganyi dans lequel il avait de nouveau demandé à l’appelant de verser
une indemnité d’un montant total de 21000 francs et 30000 francs pour inexécution de sa promesse de mariage.
En Angleterre aujourd'hui, cette position de « Common Law » n'est plus une bonne loi: l'article 1 de la loi de 1970
portant réforme de la loi (dispositions diverses) prévoit que:
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
« Un accord conclu entre deux personnes de se marier... a effet en tant que contrat donnant naissance à des droits
légaux, aucune action n'est possible ... pour violation d'un tel accord »
Mais la loi de 1970 relative à la réforme du droit (dispositions diverses) est une loi postérieure à 1900 d'application
générale et est donc inapplicable dans l'ancien État occidental du Cameroun: cela signifie simplement que la position
du « Common Law » sur cette question n'a pas changé dans l'ancien Cameroun occidental. Il est toujours possible de
poursuivre en justice pour non-respect de la promesse de mariage. Par conséquent, dans l’affaire Ronate Tapong
contre Joshua Mobit, l'action a échoué Il n’y a pas manquement à la promesse de se marier, mais parce que, comme
l’a déclaré le juge Inglis:
« Lorsque la contrepartie est un exécutant, le contrat est exécutoire dès que les promesses sont échangées. Dans ce
cas, l'action en exécution du contrat aurait dû être intentée par la personne de qui la contrepartie avait été
transférée et il s'agit de Jerome Dr Mobi. Le demandeur répond que, même s’il a payé la dot et mené les
négociations menant au contrat, est un étranger et ne peut donc pas intenter de poursuites ».
Sur ce seul fondement, l'appel a été reçu et le tribunal a cité avec approbation le jugement du juge Endeley rendu dans
l’affaire Samuel Esobe Epitime contre Ruth Nanga Bosng.
Un autre problème à résoudre est celui de la détermination de la propriété des cadeaux échangés entre époux avant
l'infraction. En « Common Law », le recouvrement de tout cadeau fait par une partie à un engagement vis-à-vis de
l'autre dépendait de la question de savoir si le donateur avait ou non violé le contrat. Ce n’est pas la situation
aujourd’hui, comme on peut le voir dans les dispositions de l’article 3(1) de la loi de 1970 portant réforme de la
législation (dispositions diverses), qui prouvent que:
« La partie à un engagement de se marier qui fait un cadeau de propriété à l’autre partie à la condition (expresse
ou implicite) qu’il soit restitué en cas de résiliation de la convention, ne peut être empêché de recouvrer le bien du
seul fait qu’il a résilié l’accord ».
Le véritable critère sera donc de savoir si le don a été fait au donneur en tant qu'individu ou uniquement en tant que
futur conjoint du donneur. Le statut a déjà prévu la bague de fiançailles. Ordinairement, on présume que ces cadeaux
ont été fabriqués de manière absolue. Toutefois, conformément aux dispositions de l’article 3(2) de la loi de 1970,
cette présomption sera réfutée s’il est prouvé que la bague a été donnée à condition (expresse ou implicite): par
exemple, si on peut démontrer que c'était un héritage dans la famille de l'homme qu’elle soit retournée si le mariage
n'avait pas eu lieu, pour quelque raison que ce soit. L’article 71 de l’ordonnance sur l’enregistrement de l’état civil
stipule également ce qui suit à cet égard:
« (1) Quiconque reçoit quelque chose avant le mariage en tant que dot ou conformément aux accords
matrimoniaux est réputé en être le dépositaire jusqu'à la célébration du mariage.
Toute personne ayant l'intention de contracter un mariage civil doit remplir les conditions suivantes:
1- L’Age
L'article 18 de l'ordonnance sur le mariage nigérian stipule que le consentement du père, de la mère du tuteur est
nécessaire pour toute personne de moins de 21 ans qui souhaite se marier. Cette disposition a été modifiée par l'article
52 (1) de l'ordonnance de 1981 (telle que modifiée), qui stipule qu'aucun mariage ne peut être célébré:
« Si la fille est une mineure âgée de 15 ans ou un garçon âgé de 18 ans, sauf pour des motifs graves un pavillon a
été accordé par le Président de la République ».
Une interprétation acceptable de l'article 52 (1) de l'ordonnance de 1981 impliquerait que l'âge minimum requis est de
15 ans pour la fille et de 18 ans pour le garçon. En d'autres termes, un décret présidentiel sera pertinent seule l’une
des parties n’atteint pas l’âge minimum, par exemple si le garçon a 18 ans et la fille 13 ans.
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
2- Aucune des deux parties ne doit être déjà mariée. (neither party must be already married)
Le mariage légal « Statutory mariage » implique l’union d’un homme et d’une femme. Une personne déjà mariée à
une tierce partie ne peut pas conclure avec succès un mariage légal valide avec une autre personne sans avoir résolu la
première union, ce qui rendrait le mariage nul et bigamique « bigamous ». Voir dans l’affaire Jim Tangi , Frida Kay
Tangi (1971- 73) UY LR 48 (voir également l'article 85 de l'ordonnance sur le mariage nigérian « Nigerian Mariage
Ordinance », qui interdit à toute personne qui se marie en vertu de l'ordonnance ou dont le mariage est déclaré en
vertu de l'ordonnance, de contracter tout autre mariage pendant la durée dudit mariage.
3- Les parties ne doivent pas être lié au degré de consanguinité et d'affinité interdit (parties must not be
related within the Prohibited Degree of Consanguinity and affinity)
Lorsque les parties sont liées dans les limites du degré prohibé ou interdit, elles ne peuvent contracter un mariage légal
valide. La consanguinité se rapporte à la relation par le sang tandis que l’affinité se rapporte à une relation par le
mariage. L'article 33 de l'ordonnance sur le mariage nigérian prévoit qu'aucun mariage au Nigeria (ancien Cameroun
occidental) ne sera valable. Si un tel mariage était célébré en Angleterre, il serait nul et non avenu pour des raisons de
nature ou d'affinité, ou si l'une des parties à celle-ci au moment de la célébration. La loi ou les coutumes indigènes
célèbrent ce mariage à une personne autre que celle avec laquelle ce mariage a été contracté. Ainsi, un mariage célébré
entre des parties liées par le sang ou par le mariage est nul. Ceci explique pourquoi l'ordonnance de 1981, Au
Cameroun, il est expressément interdit à l’officier d'état civil de célébrer un mariage si des objections sont soulevées.
4- Le sexe (sex)
Une des caractéristiques d'un contrat de mariage est que l'union doit être hétérosexuelle. Ainsi, lorsque les parties
sont du même sexe, le mariage ne peut être valable. Le fait que le point de vue ait été avancé par le juge ORMROD
dans l’affaire Corbett contre Corbet (1970) 2 All ER 33 que le sexe biologique d’une personne est déclaré à la
naissance et ne peut subséquemment être changé par des moyens artificiels. L'article 52 (3) de l'ordonnance de
1981 prévoit que les parties doivent être de sexes différents pour que le mariage soit valide. On peut déduire de cette
disposition que les parties ne doivent pas seulement être de sexes différents, mais doivent être en vie au moment de la
cérémonie bien que, en vertu de l’article 67(1), le Président de la République peut, pour des motifs graves, autoriser le
mariage de deux personnes, l'un d'entre eux est décédé après l'accomplissement des formalités prévues à l'article 53
du paragraphe de la présente ordonnance.
5- Les futurs époux doivent être consentants (the spouses to be must consent)
L’article 52 (4) de l'ordonnance de 1981 (et son amendement de 2011) prévoit qu'aucun mariage ne peut être célébré
si les futurs époux ne consentent pas. La question est de savoir comment une partie affirme ne pas avoir consentement.
Généralement, le manque de consentement découle de la contrainte, d’une erreur de santé mentale.
Au Cameroun, l’officier d'état civil peut continuer et célébrer un mariage entre deux personnes dont l'une est en
danger de mort apparent ne peut plus donner son consentement personnellement: article 66 (1). En pareil
circonstances, le consentement doit être donné en son nom par l'une quelconque des personnes suivantes: père, mère,
frère, sœur, tuteur légal ou responsable coutumier: article 66 (2).
En vertu de l'article 65 (1) de l'ordonnance de 1981, tout mariage célébré où le consentement a été obtenu par la
force sera nul. Sir JOCELYN SIMON P, dans l’affaire SZECHTER contre SZECHTER (1970) 3, énonce le degré
de contrainte requis pour que le mariage soit annulé ; il fut décidé que pour être considéré comme contrainte il doit y
avoir la menace à la vie, la liberté, les membres.
Voir aussi Coper contre Craine (1891) P.369. Le juge COLLINS avait fait remarquer que ;
« Pour pouvoir affirmer qu’une cérémonie n’était pas contraignante, je pense que je devrais en déduire l’une des
deux choses suivantes: (la femme requérante) était tellement perturbée par la terreur que son esprit était resté
inchangé, ne comprenait pas ce qu’elle faisait ou bien qu’elle comprenne ce qu’elle faisait, ses pouvoirs de volition
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
étaient tellement paralysés que par ses paroles et ses actes, elle exprimait simplement la volonté de l’intimé et non
la sienne ».
L’ordonnance de 1981 fait allusion à la brutalité et aux menaces non pas à celle de la femme à être, mais aussi au père,
à la mère, tuteur logistique, chef coutumier ou enfant de la personne; article 65 (2).
Une erreur aura une incidence sur le mariage dans deux cas seulement.
1- Premièrement, une erreur quant à l'identité de l'autre partie contractante rendra le mariage annulable
« voidable » si l'une des parties s'abstient d'épouser l'individu avec lequel elle a l'intention de se marier. Dans
l’affaire C contre C (1942), NZLR 356 W épousa H, croyant à tort qu'il était un boxeur bien connu appelé
Miller. Il a été jugé que l'erreur n’invalidait pas le mariage, car elle avait épousé l'individu qu'elle voulait
épouser.
2- Deuxièmement, le mariage sera annulable si l'une des parties se trompe sur la nature de la cérémonie et
n’apprécie pas qu'il est entrain de contracter un mariage. Dans l'affaire Valier contre Valier (1925) 133 LT
830, l'épouse qui était italienne et dont la connaissance de la langue anglaise était faible, a été emmenée au
bureau du registraire par la femme et elle a respecté la forme habituelle du mariage. Il n'a pas compris ce qui
se passait à l'époque. Les parties n'ont jamais cohabité et le mariage n'a jamais été consommé. Il a été jugé
qu'il avait droit à un jugement de nullité. Mais si chaque partie comprend qu’elle contracte une forme de
mariage avec une autre, aucune autre erreur ne peut apparemment affecter le contrat.
Si une partie à une cérémonie de mariage est incapable de comprendre la nature de la cérémonie à laquelle elle
participe en raison de sa folie ou des effets de la drogue et de l'ivresse, le mariage sera alors déclaré nul. Le test à
appliquer a été formulé par le juge SINGLETON dans l’affaire the estate of sparke (1953) 2 All ER. 1411, 1430
« La question que je me pose est la suivante: la partie présumée était-elle aliénée à la date de la cérémonie, capable
de comprendre la nature du contrat auquel il signait ou son état mental était-il tel qu'il était incapable de la
comprendre? Selon la nature du contrat de mariage, un homme doit être capable de comprendre qu’il implique les
responsabilités qui incombent normalement au premier mariage. Sans ce degré de mentalité, on ne peut pas dire
qu’il comprend la nature du contrat. C’est le critère que je vais appliquer »
Aux termes de l'article 48 de l'ordonnance de 1981, au Cameroun, le mariage doit être célébré par l’officier d'état civil
du lieu de naissance ou de résidence de l'un des époux. Le juge Anyangwe, dans l’affaire Abili contre Abili (action n °
HCB / 3/82 (non communiquée), a souligné le fait que seul l’officier d’état civil avait qualité pour célébrer un
mariage. Ils ont décidé de se marier en 1976. Le requérant soutient que le 3 octobre 1978, l'intimée a obtenu à son insu
une déclaration de mariage rendue par le tribunal de première instance de Bamenda n ° BA\DI\9020\78. La copie
(marquée comme pièce à conviction A en preuve) qu'elle doit apporter au registre de l'état civil de Bali où elle
recevrait un certificat de mariage obéissant aux instructions de l'intimé, elle a présenté la pièce "A" au conseil rural de
Bali où son ami, l'ami de l'intimé Selon le pétitionnaire, lors de la préparation de l'acte de mariage, Ndoyong,
révérend pasteur et son épouse, toutes ces trois personnes représentaient le parent de l'intimé, le clergé qui préparait le
certificat et elle le signait. Le défendeur et l’officier du conseil rural de Bali « Bali Rural Council » n’avaient jamais
signé le certificat. Par la suite, le mariage était en proie à des problèmes. Le jugement rendu par le juge Anyangwe
soulignait notamment que:
« Je vais maintenant aborder la question de la validité du mariage qui, je pense, va au fond du problème dont je
suis saisi. L’article 38 de la loi susmentionnée (la pétition était fondée sur la loi n ° 68-LF-2 du 11-06-68) qui
stipule que: le mariage doit être célébré par un officier d’Etat civil qui, avec l'entrée en vigueur de la loi précitée, a
le pouvoir de célébrer un mariage ... les jugements déclaratoires ne sont pas, en vertu de la loi, une condition
préalable à la célébration d'un mariage devant l’officier d'état civil. Dans les circonstances, la pièce "A" est
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
invalide et sans effet. La question cruciale à laquelle je dois me confier à ce stade est la régularité de la cérémonie
présumée du Conseil rural de Bali. Il existe des preuves incontestées que la cérémonie n’était pas devant
l’administrateur municipal. Rien ne prouve non plus que, en tant qu'officier d'état civil du conseil rural de Bali, il
ait délégué son pouvoir de célébrer les mariages à qui que ce soit. La célébration présumée contrevenait donc à
l’article 38 de la loi susmentionnée. En outre, il est constant que l'intimé n'était pas présent à la cérémonie. Dans
les circonstances, la célébration inventée était contraire à l’article 42 de l’état civil susmentionné qui, par
implication nécessaire, interdit formellement une telle cérémonie de mariage. Dans les circonstances, le prétendu
mariage était une nullité ab initio. En l’espèce, la pièce ‘’B’’ qui n’a pas été signée par l’administrateur de la
municipalité et par l’intimé n’a aucun effet juridique, le registraire »
Mis à part le fait que le juge Anyangwe souligne que seul l’officier d'état civil peut célébrer un mariage, il attire
également notre attention sur le problème préoccupant du mariage par procuration. Il convient de souligner que les
futurs époux « the spouses to be » doivent être présents à la célébration du mariage. Lorsqu'une partie est représentée
lors d'une cérémonie, le mariage est annulé. En effet, l’article 69 (1) de l’ordonnance de 1981 exige expressément
que la présence des futurs époux. Cependant, lorsque l'un des époux est en danger de mort apparent et ne peut
comparaître devant l’officier, l'article 66 (1) dispose qu'il peut être représenté. Voir aussi l’affaire Albert Che Niba
contre Sussan Embelle suit No HCF/125MC/89.
Avant la célébration de la cérémonie de mariage, les bans doivent être publiés. En vertu de l'article 53 de
l'ordonnance de 1981, une déclaration doit mentionner les noms complets, l'occupation, la résidence, l'âge et le lieu
de naissance des époux, ainsi que leur intention de contracter mariage. L'officier d'état civil auprès duquel la
déclaration a été déposée doit l'indiquer sur le tableau d'affichage de l'état civil, mais il doit en transmettre une copie
aux autorités du lieu de naissance des époux responsables de la naissance d'un enfant registres, à publier ensuite dans
les mêmes conditions; article 54 (1) (2). L'essence de la procédure est de permettre aux autorités concernées de mener
une enquête pour déterminer s'il existe ou non des obstacles qui pourraient entraver la célébration du mariage.
L’officier ne célébrera le mariage qu'après s'être assuré qu'il n'y a pas d'empêchement.
La question de la publication des bans a été longuement débattue devant la Cour d'appel de Buea dans l'affaire
Lawrence Francis Biaka contre Bendicta Ngu Biaka,suit n° SWCA 37/90. À la suite d'un jugement déclaratoire
rendu par le tribunal de première instance de Buea, il fut expressément mentionné que le mariage entre les parents
était célébré conformément aux dispositions de la loi n° 68 / LF / 2 du 11 juin 1968. En fait, un acte de mariage a été
délivré aux parties le 3 décembre 1979, quatre jours à peine après que le requérant eut obtenu un jugement absolu sur
le mariage contracté avec une Josephine D. au registre des mariages du comté de Kensington, à Londres. Il était donc
évident qu'aucune publicité n'avait été publiée à propos de son deuxième mariage avec le défendeur, conformément
aux dispositions de la loi de 1968. Bien que leur prétendu mariage soit le même depuis 10 ans, BAWAK à la lecture
du jugement unanime du tribunal, le mariage était nul et non avenu.
La période pendant laquelle un homme vit avec la femme en tant que mari et femme est appelée la période de
convoitise. En vertu de la loi statutaire, les parties ont l'obligation mutuelle de cohabiter. En « Common Law », leurs
personnalités étaient fusionnées pour ne pouvoir que poursuivre en justice et être poursuivies conjointement. Ce n'est
plus le cas en raison des réformes législatives qui ont débuté avec la loi sur les biens des femmes mariées de
1970. « Married Women’s Property Act ». Ces lois ont placé la femme mariée dans une situation presque identique à
celle d'une femme célibataire. Ainsi, dans l’affaire Midland Bank Trustee Co. Ltd. contre Green (No. 3) (1981) 3,
ER 744, le « Master of the Rolls » LORD DENNING, a fait remarquer que:
« De nos jours, en droit et en fait, le mari et la femme sont deux personnes, pas une… la vitesse à tous égards est si
complet que je dirai que la doctrine de l’unité et ses ramifications devraient être totalement écartées, sauf dans la
mesure où elle est retenue par décision judiciaire ou par une loi du Parlement »
A- LE CONSORTIUM
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Chaque époux doit à son partenaire certaines obligations qui, mises ensemble sont communément appelés
consortium. Comme indiqué dans l’affaire Bromley's Family Law, 7th ed. à la page 105. « Un consortium c’est
vivre ensemble comme mari et femme avec tous les incidents qui découlent de cette relation ».
Autrefois, le mari pouvait faire valoir son droit à un consortium en confinant physiquement sa femme. Ce droit a
toutefois été abandonné avant la fin du XIXème siècle. Ainsi, dans l’affaire R contre Jackson (1891) 1 Q.B 671,
l'épouse devait vivre avec des parents alors que son mari était absent en Nouvelle-Zélande. Après son retour, elle a
refusé de repartir avec lui et n'a pas respecté un décret de restitution des droits conjugaux. Par conséquent, il s’est
arrangé avec deux hommes pour la saisir à leur sortie de l’église un dimanche après-midi et elle a ensuite été mise
dans une voiture et emmenée à la résidence de son mari, où elle a eu toute liberté, mais n'a pas été autorisée à quitter le
bâtiment. Un membre de sa famille a demandé en son nom un bref « Writ » d'habeas corpus et la Cour d'appel a
décidé à l'unanimité que rien ne permettait de défendre l'époux qui se bornait à confiner l’épouse afin de faire valoir
ses droits sur son consortium. Ainsi finit le droit du mari de traiter sa femme comme un animal récalcitrant selon les
mots du juge McCardie:
« À partir de la date de leur décision, les chaînes de la servitude tombèrent des membres des femmes mariées et
elles furent libres de venir et d’aller de leur propre gré »
Dans l’affaire Nanda v. Nanda (1967) 3 All E.R 101, Mme Nanda avait été abandonné par Mr. Nanda qui avait
commencé à vivre avec sa maîtresse avec qui il avait eu deux enfants. Mme Nanda s'est installée dans ce nouvel
appartement dans lequel vivaient Mr. Nanda et les trois autres. Mr. Nanda a demandé une injonction interdisant à la
femme de le faire à l'avenir. Il a été décidé qu'il réussirait, car elle n'avait pas le droit d'empiéter sur les biens de son
mari, qui n'avaient jamais été leur foyer conjugal.
Le Consortium dans la mesure du possible, le partage d'un foyer commun et d'une épouse domestique commune. Les
incidents de consonance varient considérablement et il serait difficile de répertorier les différents droits des époux.
Comme le dit Lord Reid dans l’affaire Best contre Samuel Fox (1952) 2 All E. R. 394 à la page. 401, "le consortium
comprend un ensemble de droits dont certains sont difficilement définissable". Néanmoins, il peut être utile
d’examiner un peu plus en détail un ou deux de ces droits qui ont fait l’objet d’une décision judiciaire, directement ou
indirectement.
Il ne suffit pas de dire que les époux ont le devoir de vivre ensemble aussi longtemps que les circonstances le
permettront. Ils doivent choisir le site pour leur foyer conjugal. En vertu de la loi écrite, il était une fois a estimé que
le mari avait eu le droit de déterminer sans poser de questions le lieu du foyer conjugal dans l’affaire Mansey contre
Mansey (1940) 2 All E.R 424. Aujourd'hui, les deux parties ont le droit d'être entendues pour déterminer le lieu où le
foyer matrimonial doit (une opinion très clairement exprimée par le juge Denning) dans l’affaire Dunn contre Dunn
(948) 2 All E.R. 822, 833. Ils pourraient régler d'un commun accord avant ou après la célébration du mariage.
Lorsque les époux ne parviennent pas à un accord, toutes les circonstances doivent être prises en compte; par
exemple, qui est le gagne-pain, à proximité du lieu de travail, etc.
L’importance pratique de la question du droit de choisir le foyer conjugal réside dans le fait que, si les époux se
séparent en raison de leur incapacité à s’entendre sur le lieu de résidence, c’est le conjoint qui agit déraisonnablement
qui sera en désertion. Lorsque les deux agissent de manière déraisonnable, aucun des deux ne peut prétendre que
l'autre est en désertion.
2- Droit de l'épouse d'utiliser le nom du mari (right of the wife to use the husband’s name)
La femme a le droit d'utiliser le nom de famille du mari, même si celui-ci s'y oppose. Il n'y a pas de législation au
Cameroun à cet effet (et cela implique qu'une femme puisse décider de conserver son nom de jeune fille. Mais les
femmes préfèrent être appelées par le nom de leur mari en raison des avantages que présente une telle application par
rapport à une personne seule.) En fait, une femme peut continuer à utiliser le nom du mari même après la rupture du
mariage par divorce ou décès. À cet égard, le mari ne dispose d'aucun recours, sauf si elle tente de le frauder ou se
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
comporte en public de manière à laisser croire à une personne raisonnable que le mariage est toujours en cours. Dans
un tel cas, une injonction peut être émise, ordonnant à la femme de cesser d'utiliser son nom. Une injonction sera
également ordonnée si elle utilise ce nom pour escroquer le mari ou des tiers.
Dans le cadre d'un mariage heureux, les époux peuvent se divulguer des informations concernant leur vie privée. Mais
si le mariage est rompu, l’amertume et la vengeance peuvent amener l’un des époux à chercher à briser ces
confidences. Si cela se produit, une injonction peut être accordée pour empêcher un tel conjoint de divulguer les
secrets. Comme le juge Thomas l’a déclaré dans l’affaire Argyll contre Argyll (1965) 1 All. R. 611 à la page. 619.
« Il ne peut y avoir rien de plus intime ou de plus confidentiel que ce qui est impliqué dans cette relation, ou dans
la confiance mutuelle et les confidences qui sont partagées entre mari et femme. La nature confidentielle de la
relation est de par son essence même si évidemment et nécessairement implicites car il n’y a aucun besoin pour
cela d’être exprimé »
Dans l’affaire Argyll contre Argyll, deux ans après avoir divorcé de la demanderesse en raison de son adultère, la
défenderesse a écrit une série d'articles pour un journal contenant notamment des informations relatives à des affaires
personnelles et conduite privée du demandeur, communiquées au défendeur à titre confidentiel pendant la durée du
mariage. Le juge Thomas a conclu que la compétence générale de l’ « Equity » en matière de limitation de la violation
de la confidentialité était suffisamment étendue pour lui permettre d'accorder une injonction afin d'empêcher le
défendeur de divulguer les secrets et le journal de les publier. La protection ne concerne apparemment que les
communications confidentielles et il est clair que le tribunal devra décider dans chaque cas si la publication du
matériel en question fonctionnera comme prévu.
Le droit à des rapports sexuels continu après que le mariage a été consommé. Tant que les demandes ne sont pas trop
régulières, l'autre conjoint acceptera. Mais l’un des époux n’est pas tenu de se soumettre aux exigences de l’autre si les
demandes sont excessives, perverties ou insupportables, ou en tout cas si elles sont susceptibles de conduire à une
dégradation de la santé. Dans ce cas, le conjoint raisonnable pourrait se retirer de la cohabitation sans être en désertion
et pourrait accuser l'autre (conjoint coupable) de désertion implicite.
Le droit de former un consortium peut être perdu de l'une des manières suivantes:
Un mariage nul « void marriage » est à proprement parler une contradiction dans les termes. Parler d'un mariage nul
est simplement une façon de dire que même si les parties ont procédé à une cérémonie de mariage, elles n'ont
jamais acquis le statut de mari et femme en raison de la présence de quelques empêchements. En fait, une
distinction doit être faite entre un mariage nul « void » et annulable « voidable », selon les termes de Ngwogugu,dans
Family Law in Nigeria:
« Un mariage nul est un mariage qui n’a jamais existé. Un tel mariage est nul ‘’ab initio’’. En revanche, un
mariage annulable est un qui est bon tant qu’il existe mais peut être annulé à la demande de l’une des deux
parties en raison de certains défauts existants. Contrairement à la règle des contrats commerciaux, une partie à un
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
mariage annulable ne peut simplement pas y mettre fin. Le mariage ne pouvant être annulé que par un tribunal
compétent. Il n'est pas nécessaire d'obtenir un jugement du tribunal parce que les parties n'ont jamais été mari et
femme dans le cas d’un mariage annulable. Cependant, un jugement peut être obtenu en ce qui concerne un
mariage nul simplement de dissiper les doutes. Un tel décret déclare simplement le fait qu’il n’ya jamais eu de
mariage ».
Cela implique que les enfants nés d’un mariage nul sont illégitimes, tandis que ceux nés d’un mariage annulable sont
légitimes. La distinction entre un mariage nul et un mariage annulable a été décrite par le « Master of the Rolls »
LORD GREENE dans l’affaire De Reneville contre De Reneville (1948) 1 All E.R 56, 60 en ces termes:
« Un mariage nul est un mariage qui sera considéré par tout tribunal dans toute affaire dans laquelle l'existence
du mariage est en cause: n'ayant jamais eu lieu et pouvant être ainsi traité par les deux parties sans la nécessité
d'un décret l'annulant: un mariage annulable est un mariage qui sera considéré par tout tribunal qui subsiste
jusqu'à ce qu'un jugement déclaratoire ait été prononcé par un tribunal compétent »
I- MOTIFS POUR LESQUELS UN MARIAGE SERA NUL (GROUNDS ON WHICH MARRIAGE WILL
BE VOID)
Les étudiants doivent lire leurs notes sur la capacité de se marier. Cependant, il est important de faire la distinction
entre la position au Cameroun et celle en Angleterre sur la question du consentement. Avant 1971 en Angleterre,
l’absence de consentement rendait le mariage nul. Aujourd'hui, l'article 12 (c) de la « Matrimonial Causes Act » de
1973 rendra le mariage annulable. Cet article dispose que:
« Le mariage célébré après le 31 juillet 1971 est annulable au motif que l'une ou l'autre des parties au mariage n'a
pas valablement consenti au mariage que ce soit par suite de contrainte, d’erreur, de mauvaise foi ou autrement ».
La situation au Cameroun est claire. Conscient de l’article 52 (4) de l’ordonnance de 1981, l’absence de
consentement « lack of conscent » annulera le mariage. Cependant, l’article 64 (2) exige le consentement du père et
de la mère lorsque l'époux est mineur.
II- MOTIFS POUR LESQUELS UN MARIAGE SERA ANNULABLE (GROUNDS ON WHICH A MARRIAGE
WILL BE VOIDABLE)
Un mariage en vertu de la loi statutaire sera annulable de l’une des façons suivantes: (1) Lorsque le mariage n’a pas
été consommé en raison de l’incapacité de l’un de ses époux de le consommer, ou (2) Lorsque le défendeur a
délibérément refusé de consommer le mariage, ou (3) Si le mariage a été consommé mais est annulable pour d'autres
motifs prévus par la loi
1- Incapacité de l'un des époux de consommer le mariage (incapacity of either spouse to consummate the
marriage)
L’article (12) de la ‘’MCA’’ de 1973 est très spécifique pour ce motif, il stipule qu'un mariage est annulable s'il
n'est pas consommé du fait de l'incapacité de l'un des conjoints à le faire. L'incapacité désigne ici un empêchement
physique empêchant les rapports sexuels ordinaires. La non-consommation en soi ne rend pas le mariage annulable.
C'est le fait que cela résulte de l'incapacité physique de l'intimé. L’incapacité de consommer un mariage n’a rien à voir
avec la procréation des enfants. La consommation d'un mariage implique simplement des relations sexuelles après la
célébration d'un mariage. L'accent est mis ici sur le fait que l'acte doit avoir lieu après la célébration du mariage. Les
rapports sexuels conjugaux ne répondront donc pas à cette définition. À cet égard, il importe peu qu'un enfant naisse à
la suite d'un rapport sexuel avant le mariage, comme ce fut le cas dans l’affaire Dredge contre Dredge (1947) 1 All
E.R 29
La naissance d'un enfant ipso facto ne constitue pas une preuve de la consommation mariage. Un mariage sera
considéré comme consommé même si l'une des parties ou les deux sont stériles. Ainsi, lorsqu'un enfant naît par un
moyen artificiel, l'acte sexuel étant absent, on ne dira pas que le mariage a été consommé. C'était le cas dans l’affaire
Clarke contre Clarke (1943) 2 All E.R. 1 où il était souligné que le simple fait qu'un enfant soit né du fait d'un
14
TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
fecundatio ab extra ou insémination artificiel, l'acte d'absence de rapports sexuels ne signifiait pas que le mariage
avait été consommé.
La description de la nature des rapports sexuels nécessaire pour atteindre la consommation du mariage avait été
donnée par le frère LUSHINGTON dans l’affaire D.E. contre A.G (1845), Rob Eccl279 en ces termes:
« Les relations sexuelles au sens propre du terme sont des relations ordinaires et complètes, cela ne signifie pas des
relations partielles et imparfaites ... nous sommes d'avis que les relations sexuelles ne peuvent pas être complètes
quand un mari met fin délibérément à l'acte sexuel avant qu'il ait atteint sa fin naturelle, à savoir le passage de la
graine mâle dans le corps de la femme »
Cette définition a soulevé des difficultés. La première est l'utilisation de contraceptifs et la pratique du ‘’coït
interrompu’’ « coitus interruptus » qui empêchent ‘’le passage de la graine mâle dans le corps de la femme ". La
Cour d'appel en 1945 jugea dans l’affaire Cowen contre Cowen (1945) 2 All E.R 197 qu'il n'y avait pas eu de
consommation puisque le mari avait invariablement utilisé des contraceptifs ou pratiquait des coït interrompus. Deux
ans plus tard, la Chambre des Lords « House of Lords » dans l’affaire Baxter contre Baxter (1947) 5 All E.R 886 a
annulé la première partie de la décision dans l'affaire Cowen contre Cowen en concluant que le mariage avait été
consommé malgré l'utilisation d'une gaine par le mari. Malheureusement, la Chambre des Lords n'a pas abordé le
problème du coït interrompu « coitus interruptus ». Plus tard, dans l’affaire Grimes contre Grimes, (1948) 2 All E.R.
147, le tribunal a conclu que la pratique du coït interrompu ne constituerait pas une consommation de mariage. Dans
l’affaire White contre White (1948) 25 All E.R 151, et l’affaire Cackett contre Cackett (1950) 1 All E.R 677, Il a été
décidé qu'une telle pratique équivaudrait à la consommation du mariage. Dans un tel cas, il serait souhaitable que la
pétitionnaire cherche une solution de rechange, par exemple lors d’une procédure de divorce, si la pratique du coït
interrompu a une incidence sur sa santé. Telle était la décision prise dans l'affaire Cackett contre Cacket où la
conduite du mari était persistante malgré les protestations répétées de l'épouse et qui, à sa connaissance, avait une
incidence néfaste sur sa santé, constitue la cruauté. En conséquence, elle obtint un jugement de divorce.
Un mariage est consommé, même si le mari est physiquement incapable d’éjaculer après la pénétration ; R contre R
(1952) 1 All E.R. 1194, mais pas s'il est incapable de maintenir une érection plus d'une très courte période après la
pénétration. Cependant, dans l'affaire W contre W (1967) 3 All E.R 178,le juge Brandon affirme:
« Dans la présente affaire, il est prouvé que, dans les cas où le mari a pu pénétrer dans la femme pendant une
courte période mais que peu après, il est entré en elle, son érection s'est effondrée et il se retira. À mon avis, une
pénétration maintenue pendant si peu de temps, entraînant une émission à l'intérieur ou à l'extérieur de la femme,
ne peut être qualifiée de rapport sexuel ordinaire et complet sans violation de la langue. Je ne pense pas qu'il existe
une autorité qui me contraigne d’admettre que toute pénétration, même transitoire, équivaut à la consommation du
mariage et qu'en l'absence de tout pouvoir m'obligeant à le dire, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas tirer une
conclusion de fait conforme à ce qui me semble être. Selon moi, ce mariage n’a pas été consommé et je suis
convaincu que la cause de la non-consommation est l’impuissance du mari existant à la date du mariage et
persistant du tout ».
L'impossibilité de consommer peut être due à des causes psychologiques ou physiologiques et peut être générale ou
simplement vis-à-vis d'un conjoint particulier. Le pétitionnaire peut démontrer que le mariage n'a pas été consommé
en raison de l'incapacité de l'un des époux et peut donc s'appuyer sur sa propre puissance, affaire Harthan contre
Harthan (1948) 2 All E.R 639. Cela découle de la prémisse que donner du secours lorsque le mariage ne peut être
consommé est d'empêcher la formation d'une union adultère et la reconnaissance du fait qu'un conjoint peut être
impuissant vis-à-vis de l'autre mais parfaitement capable d'avoir des rapports sexuels normaux avec d'autres.
Avant qu'un tribunal n'accorde un jugement de nullité au motif que le défendeur est incapable de consommer le
mariage, il doit être convaincu que l'état de santé du défendeur ne peut pas être médicalement corrigé. En d'autres
termes, l'impuissance est incurable. Et cela a été interprété comme signifiant que toute opération nécessiterait un
risque de mort très élevé ou que l'opération ne réussirait pas. C'est également le cas lorsque le défendeur refuse de se
soumettre à l'opération. Dans L contre L (1882) 7 P D 16, il fut constaté que le mariage n'avait pas été consommé en
raison de l'incapacité de la femme. Entre autres choses, Sir James Hannen a déclaré:
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
« La difficulté pourrait être surmontée si la femme devait subir une opération, ce qui serait probablement un échec
Mais le tribunal ne peut la contraindre à se soumettre, et l'homme ne peut que s'attendre à ce qu'il prenne tous les
moyens raisonnables pour la convaincre. Ce qu'il a fait et elle a clairement refusé. Je fais donc un décret pour
nullité du mariage »
Mais si l'opération est simple avec une grande certitude de succès, un décret ne sera pas accordé; affaire S contre S
(1962) 2 All E.R 816.
L'article 12 (b) de la MCA de 1973 prévoit qu'un mariage pourrait être annulable au motif que le mariage n'a pas été
consommé en raison du refus délibéré de l'intimé de le consommer. Il n'est pas exclu que l'intimé ait refusé de
consommer le mariage, car le pétitionnaire se plaint d'une faute conjugale; il ne peut pas se prévaloir de son propre
refus. Le pétitionnaire doit prouver que le contrat de l'intimé équivaut à une décision définitive prise sans excuse
valable et l'historique complet du mariage a été observé par le Lord Chancelor Lord Jowitt dans l’affaire Horton
contre Horton (1947) 2 AIl E.R. 871. Dans l’affaire Jodla contre Jodla (1960) 1, All E.R 625 les partis qui étaient
tous deux catholiques romains se sont marié au bureau du registraire. Il a été décidé que leur consommation serait
différée après leur "mariage" à l'église. Bien que la femme ait demandé de manière persistante au mari d’organiser une
telle cérémonie, il a refusé de le faire. Elle demanda la nullité et le juge Hewson, après avoir examiné les faits,
déclara:
« Par son propre refus de célébrer les offices religieux, le mari a écarté le pouvoir de la femme de demander un
rapport sexuel. Il n’exprime aucune intention de le rendre possible. Elle lui a, comme je l'ai constaté, demandé à
plusieurs reprises de faire quelque chose à propos du service religieux après son témoignage, ce qui, je l'avoue,
aurait été disposé à avoir des relations sexuelles et qu'ils auraient vécu ensemble comme un homme et une femme
dans le sens le plus complet Cette demande, dans les circonstances de l'espèce, comporte à mon avis un
consentement implicite aux rapports sexuels et à ce que tout le monde soit laissé pour compte, cette demande a été
refusée sans motif raisonnable ni justification de sa part »
Le tribunal a ensuite déclaré un jugement de nullité motivé par le refus volontaire du mari de consommer le mariage.
Voir également dans l’affaire Kauz contre Singh (1972) 1 All ER 292.
Quant à la question de savoir si un époux a volontairement refusé de consommer un mariage s'il refuse de voir un
médecin pour un examen médical afin de déterminer si son impuissance et ou non impuissante curable, il a été avancé
que le fait de ne pas voir un médecin ou de se soumettre à un traitement est plus compatible avec un état d'indécision
qu'avec une décision définitive ou arrêtée. Comme l'a souligné le juge Karminski dans l’affaire S contre S (1954) 3
ALI ER 736
« Le simple fait de donner suite à une demande n'est pas nécessairement la même chose qu'un refus. Un refus
implique un acte conscient de volition; la négligence n'est peut-être plus qu’un manquement ou une omission de
faire ce qui a été suggéré »
Quoi qu’il en soit, il convient de noter que le pétitionnaire ne doit pas prouver à l’intimé que seul le refus délibéré de
consommer chaque jour, mais également que le refus persiste jusqu’à la date de présentation de la requête en
annulation pour nullité.
Une fois que le mariage a été consommé, il serait nul si l'un des époux refusait par la suite de continuer à avoir des
rapports sexuels. Dans ce cas, comme dans le cas de l'utilisation de contraceptifs ou de la pratique du coït interrompu
contre la volonté de l'autre époux, le seul recours de ce dernier est le divorce.
3- Mariages annulables pour d’autres motifs légaux (marriages that are voidable on other statutory grounds)
Ces mariages sont notamment couverts par l’article 12 (a), (e) et (f) des MCA de 1973 tel que modifié. L’article 12
(a) a pour effet que le mariage soit annulable lorsque le requérant prouve qu’à l’époque du mariage, le défendeur
était atteint d’une maladie mentale au sens de la loi sur la santé mentale de 1959 « the Mental Health Act ».
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Aux termes de l’article 12 (c), un mariage est annulable lorsque le requérant est en mesure de prouver qu’au moment
du mariage, l’intimé était souillé par une maladie sexuellement transmissible.
Finalement, l’article 12 (1) stipule qu’un mariage est annulable si le dénonciateur prouve qu’au moment du mariage,
l’intimé était enceinte d’un autre homme que lui.
THEME XI__DIVORCE
L'ordonnance n° 81-2 du 29 juin 1981 (telle que modifiée par la loi n ° 2011/011 du 6 mai 2011) prescrit à l’article
77 (1) le mariage peut être résilié soit par le décès de l'un des époux, soit par un jugement de divorce prononcé
légalement. Au Cameroun anglophone, le divorce est régi par la loi de 1973 sur les affaires matrimoniales
(Matrimonial Causes Act, 1973). L’article 1 (1) de cette loi stipule qu’une pétition pour le divorce peut être
présentée au tribunal par une partie au mariage si son mariage a été rompu de manière irrémédiable. Il doit donc y
avoir un mariage valide avant de pouvoir présenter une pétition. Donc, une fois qu'il est prouvé qu'il existe un mariage
valide qui a été rompu, le tribunal n'hésitera pas à prononcer un jugement de divorce. Une preuve de rupture
irréparable a été établie dans l’article 1 (2) (a-e) MCA 1973.
Déterminer si un mariage a été rompu de manière irréversible n'est pas une tâche aisée, car l'expression "rupture
irrémédiable" n'est pas clairement définie. Comme le juge Mbuagbaw l'a souligné dans les affaires Elad contre Elad.
Néanmoins, adoptant la phrase de Lord Asquith dans l’affaire Buchler contre Buchler (1947) All ER 319, dans
l’affaire Elad contre Elad (précité), le juge Mbuagbaw a déclaré que la divulgation des faits qui vont bien au-delà de
l'usure ordinaire de la vie conjugale.
Même en cas de rupture irréversible, l’article 3 (1) MCA 1973 s'oppose à la présentation d'une requête au cours des
trois premières années du mariage, prévoit qu'un juge peut, sur une demande qui lui est faite, autoriser la présentation
d'une requête en divorce, avant l'expiration d'un délai de trois ans, au motif qu'il s'agit d'un cas de peine
exceptionnelle pour le requérant ou de dépravation exceptionnelle de la part de l’intimé ; article 3 (2).
Aujourd'hui, toutefois, aux termes de l'article 1 de la loi de 1984 sur les procédures matrimoniales et familiales « the
Matrimonial and Family Proceedings Act », aucune demande en divorce ne doit être présentée au tribunal avant
l'expiration du délai d'un an du mariage. Cela implique implicitement qu’aucun des époux ne doit faire face à aucune
difficulté jusqu’à l’expiration d’un an avant la demande de divorce. Ainsi, le premier devoir du tribunal, même
lorsqu’une demande de divorce appropriée est déposée, est d’essayer de réconcilier entre les parties, le tribunal peut, à
cette fin, ajourner la procédure et faire appel à des fonctionnaires du bien-être social ou, en vertu de l’article 6 (2) de
la MCA de 1973, ajourner l’affaire à tout moment de la procédure, à condition qu’il y ait une possibilité raisonnable
de réconciliation.
Une fois que la rupture irrémédiable est prouvée et que la réconciliation échoue, le tribunal est tenu de prononcer un
décret et le tribunal le prononce toujours le premier, avant un degré absolu. Voir l’affaire Teh contre Teh (F.A.C.
E.N Ngwafor, PP-112-113)
Aux termes de l’article 1 (2) a) de la MCA 1973, l’échec du mariage est irréversible s’il est prouvé que le défendeur a
commis un adultère et que le pétitionnaire estime qu’il est intolérable de vivre avec lui. L'adultère pourrait être défini
comme "un rapport sexuel consensuel entre une personne mariée et une personne du sexe opposé, et non l'autre
conjoint, pendant la durée du mariage". Il est important de prendre note du fait qu'il doit exister des rapports sexuels
proprement dits, bien que les rapports requis pour la consommation du mariage ne soient pas nécessairement atteints.
Ainsi, dans les affaires Sapsford contre Sapsford et Dru Fortado (1954) 2 All E.R 373, il s'agit de la satisfaction
manuelle qui ne suffisait pas pour plaider une demande en divorce. Comme le soulignait le Lord Justice Singleton
dans l’affaire Denis contre Denis (1955) 2 All E.R 51 (p.118. Manuel),
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
« Je ne pense pas que l'on puisse dire que l'adultère est prouvé à moins d'une pénétration. Il n'est pas nécessaire
que l'acte sexuel complet ait lieu. S’il y’a eu pénétration par l’homme de la femme, l’adultère peut être fondé, mais
s’il n’y que des tentatives, je ne pense pas qu’il serait juste de conclure à l’adultère »
L’acte sexuel requis pour constituer un adultère doit être, comme le déclarait le juge Bucknill dans l’affaire Redpath
contre Redpath (1950) All E.R 600, Le rapport sexuel est normalement un acte consensuel ; il exige l’esprit
consentant des deux parties. À mon avis, une fois que le rapport est établi, il incombe à la femme de démontrer, que
dans ce rapport, elle a été forcée contre sa volonté. Ainsi comme dans l’affaire S contre S (1961) 3 All E.R 133 une
femme est folle pour ne pas être en mesure de connaître la nature de l'acte ou elle était piégée, elle ne devait pas être
coupable d'adultère. Mais dans le cas où elle serait piégée, elle ne serait pas coupable d'adultère. Si elle devait le faire,
elle sera tenue pour adultère.
La preuve de l'adultère pourrait être faite par la preuve directe des témoins, mais comme l'acte est généralement
commis en dissimulant, une plus grande emphase est mise sur les inférences. La question est cependant de savoir si la
preuve d'adultère devrait être fondée sur la prépondérance des probabilités, comme dans toutes les affaires civiles, ou
une preuve au-delà de tous les doutes raisonnables appliqués en matière pénale. Dans l’affaire Mboudou contre
Mboudou,et Theressa et Menjongho 1971 1973 Le juge Niger Thomas applique le critère de tout doute raisonnable à
la suite de la décision du tribunal anglais dans les affaires Galler contre Galler, Preston-Jones contre Preston-Jones
and Genesi contre Genesi. Il a estimé que "l'adultère n'a pas été prouvé au-delà de tout soupçon raisonnable et
que la partie citée dans la pétition en tant que correspondant n'est que simple suspicion". Cependant, les tribunaux
appliquent aujourd'hui le critère de la prépondérance des probabilités. Voir les affaires Cleary contre Cleary (1974)
All E.R. 2 498, Blyth contre Blyth 66) All ER 524 (HC).
Le codéfendeur devrait-il être joint à la poursuite en cas d'adultère présumé? Dans l’affaire Njuaka contre Njuaka et
Agnès Agbor, le juge Njamsi a déclaré que lorsqu'une demande en divorce est déposée par le mari en raison de
l'adultère de la femme; le présumé adultère doit être Co-intimé à moins que le tribunal n'excuse le mari de le faire.
Par contre, la femme n’est pas tenue de faire de l’auteur d’adultère une partie à la cause.
i- Confessions
Il est possible que le conjoint admette avoir commis un adultère. Le tribunal tarde toutefois à admettre les déclarations
confessionnelles. Mais là où, comme dans l'affaire Teh contre Teh, les aveux sont fortement corroborés par des
preuves documentaires et par le témoignage du dénonciateur, l'allégation d'adultère est considérée comme étant
prouvée de manière satisfaisante.
La preuve directe des témoins est difficile à obtenir, le fait que l’intimé et son co-intimé soient familiers l'un avec
l'autre est souvent remplacé. Voir l’affaire Ojong contre Ojong et Jessie Divine.
En vertu de l'article 48 (1) de la MCA 1973, "la preuve d'un mari ou d'une femme est recevable lors de toute
procédure visant à prouver que des rapports conjugaux ont eu lieu ou non entre eux durant une certaine période."
Un mari qui cherche à prouver qu'il n'est pas le père de l'enfant que porte sa femme peut utiliser cet article. Il peut le
faire en prouvant des faits allant dans ce sens, même si, dans le cas où un enfant est né après une séparation volontaire,
il est présumé que l'enfant est légitime. Dans l’affaire Entthenfied contre Etthenfied (1940) All E.R. 293 CA. Mais il
pourrait demander au tribunal de prendre connaissance d'office du fait que la période de gestation normale est
comprise entre 270 et 280 jours. Il est également possible de demander un test sanguin; Bien que les tests sanguins ne
puissent pas prouver de manière concluante que l'homme doit être le père de l'enfant, ils peuvent prouver qu'il ne le
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
peut pas. "Une femme peut également utiliser la naissance d'un enfant pour contrarier son mari comme preuve de
son adultère; Teh contre Teh (supra).
La preuve générique que l'intimé a été commis par l'allégation du pétitionnaire selon laquelle il aurait été contaminé
par une maladie vénérienne par l'intimé pourrait être très difficile, comme dans l'affaire Sandjo contre Sandjo lorsque
l'intimé lui-même traité avant de comparaître à l'hôpital pour un examen médical.
Ce sont des condamnations pour des infractions comme la bigamie et le viol. Lorsqu'un conjoint a établi que l'autre
conjoint avait été condamné pour l'une de ces infractions, il est évident que l'autre est coupable d'adultère.
C- INTOLÉRABILITÉ (INTOLERABILITY)
L'article 1 (2) (a) de la MCA 1973 exige que le requérant prouve que l'intimé a commis un adultère et qu’il trouve
intolérable de vivre avec l’intimé. La question est alors de savoir si cela signifie vraiment que le requérant doit non
seulement prouver l'adultère de l'intimé, mais également convaincre le tribunal qu'il lui semble intolérable de vivre
avec l'intimé? La réponse résultera de l'interprétation donnée à la conjonction "et" que le pétitionnaire prouve ou non
qu'il soit intolérable de vivre avec l'intimé est clairement une question de fait et que le test est subjectif: ce
pétitionnaire a-t-il jugé intolérable de vivre avec l'intimé? Goodrich contre Goodrich (1971) 2 All ER 1840. Si le
tribunal en est convaincu, le fait que l'attitude du requérant soit totalement déraisonnable n'a pas d'importance, mais il
peut être obligé de donner une explication ou une justification à son attitude pour en vérifier l'authenticité.
La loi n'exige aucun lien de causalité entre les deux membres. Après quelques doutes initiaux, il a été suggéré au
requérant de pouvoir prétendre qu’il était intolérable de ne vivre avec l’intimé que si cela résultait de l’adolescence,
comme dans l’affaire Roper contre Roper (1972) 3 All ER 668, Dans l'affaire Cleary contre Cleary (1998) 3 All E.R
498, la Cour d'appel a déclaré que la loi devait être interprétée à la lettre et que le requérant pouvait donc se fonder
non seulement sur l'adultère, mais aussi sur toute autre question pour démontrer qu'il serait intolérable de poursuivre
la cohabitation.
Au Cameroun, les juges ne semblent pas apprécier cette approche et ils n'ont pas non plus indiqué dans leurs
jugements qu'ils préféraient la décision rendue dans l'affaire Roper contre Roper selon laquelle l’article 1 (2) (a)
signifie simplement que ‘’et en conséquence de l'adultère, le pétitionnaire trouve intolérable à vivre avec l’intimé’’.
Aucune mention du problème de l’interprétation de la conjonction "et" n’a jamais été faite dans des jugements relatifs
à des requêtes émanant à la fois de requêtes où l’adultère est plaidé et dans lesquelles un adultère et plusieurs autres
faits sont évoqués. Voir par exemple l’affaire Mbaiffie contre Mbaiffie (Ngwafor page 127) et Mahop v. Mahop (p.
128)
Défenses (defences)
Par l’article 1 de la loi de 1984 sur les procédures matrimoniales et familiales « the Matrimonial and Family
Proceedings Act », aucune demande en divorce ne peut être présentée à la justice avant l'expiration d'un délai d'un an
à partir de la date du mariage. Aujourd'hui, l'article 2 (1) de la MCA de 1973 dispose qu'un requérant ne peut pas se
fonder sur l'adultère du défendeur pour prouver sa défaillance si, après l'avoir appris, le défendeur avait commis
l'adultère, ils vivaient ensemble dans le même foyer pour une durée totale supérieure à six mois. Une requête peut être
présentée ultérieurement si, après la période de cohabitation de six mois, l'intimé commet un autre acte d'adultère;
Carr contre Carr (1974) 1 AIl ER 1193
2- LE COMPORTEMENT (BEHAVIOUR)
L’article 1(2) (b) de la MCA 1973 prévoit qu'une rupture irrémédiable du mariage peut être prouvée en montrant que
l'intimé s'est comporté de telle manière que "le requérant ne peut raisonnablement s'attendre à vivre le défendeur ".
Cette disposition est appelée "comportement". En vertu de la loi de 1965, l’alinéa 1 (2) (b) était qualifié de "cruel"
et, pour prouver la cruauté, le requérant devait démontrer que le préjudice causé à la santé était un signe de la gravité
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
du comportement de l’intimé. Dans l’affaire Fowler contre Fowler, il a été jugé que le pétitionnaire devait également
établir l'existence d'une lésion ou d'un danger pour la vie, les membres ou la santé. Aujourd’hui, par conséquent, la
tendance est d’utiliser le terme « cruauté » au lieu de comportement que nous utiliserons de manière interchangeable
(dans ce cours).
Dans l’affaire Shu contre Shu, le juge Monekosso a défini la cruauté de la part d’un défendeur, entre autres causé une
blessure réelle ou une crainte raisonnable de blessure à la santé mentale de la victime. Il a en outre déclaré que cela
devait être grave et pesant ou inexcusable dans toutes les circonstances du mariage en question et devait être cruel
selon le sens ordinaire du mot. Quelques fois comme dans l’affaire Pleasant contre Pleasant (1972) 1 All E.R 587 le
pétitionnaire sur plainte est que le défendeur ne lui a pas donné des affections démonstratives et spontanées pour
lesquelles sa nature est demandée, une pétition de cruauté sera rejetée.
Pour déterminer la cruauté, le tribunal examine également le comportement et le bon comportement des pétitionnaires.
Pour ce faire, il examine l'historique complet du mariage. Voir les faits de l'affaire Ndumu contre Ndumu (n°1), dans
lesquels le fait que l'intimé savait que le requérant était un patient hypertendu qui avait besoin de beaucoup de repos
et ne devait pas être soumis à un stress; a amené la cour à conclure qu'elle était cruelle à cause de l'atmosphère
orageuse qu'elle avait créée dans la maison. Mais là où, dans l'affaire Engo v. Engo (1971-1973) UY LR 22, la
conduite reproché était une réaction à un acte de provocation du requérant, le tribunal refusera de conclure que la
cruauté a été prouvée.
La justification de l'examen approfondi de l’histoire du mariage, telle qu’expliquée par le juge Bagnal, dans l’affaire
Ash contre Ash (1972), est qu’on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’un requérant violent vive avec un intimé
violent; un requérant qui a une dépendance à l'alcool peut raisonnablement s'attendre à vivre avec un défendeur ayant
une dépendance similaire, etc.
Alors qu'en vertu de l'article 1 (2) (a) de la MCA 1973, le test est subjectif, alors que c'est au requérant qu'il appartient
de déterminer s'il le juge intolérable ou non. Pour vivre avec le défendeur, en vertu de l’article 1 (2) (b), le test est
objectif. C'est au tribunal qu'il appartient de déterminer s'il est raisonnable de s'attendre que le requérant résiste au
comportement de l'intimé. Voir la décision du juge Dunn dans l’affaire Livingstone-Stallard contre Livingstone-
Stallard (1974) 2 All ER 766,
« Une personne bien-pensante parviendrait-elle à comprendre que son mari s'est comporté de telle manière que
cette femme ne peut raisonnablement pas espérer vivre avec lui, en tenant compte de l'ensemble des circonstances,
des personnages et des personnalités des parties »
Dans l’affaire Njuaka contre Njuanka et Agnes Agbor, le requérant alléguait notamment que l’intimé lui avait
administré un passage à tabac. Elle l'a accusée d'avoir méprisé sa maîtresse au marché de Mamfé et a brûlé ses
vêtements parce qu'elle refusait de dormir dans le même lit que l'intimé et sa maîtresse: le juge Englis prononçait un
jugement de divorce. Voir aussi Sandjo contre Sandjo. La cour ne sera pas sympathique avec un défendeur qui cause
la violence physique en raison de sa mauvaise santé. Dans l'affaire Agbortabi contre Agbortabi, le tribunal refusa de
faire preuve de clémence à l'égard d'un défendeur qui profitait de son état de grossesse pour infliger de graves
blessures au requérant, nécessitant des soins médicaux urgents et lui donnant une autre occasion de mordre
humainement le bras droit et blessé ses organes génitaux.
Il n'est pas certain qu'un seul acte de violence suffise à prouver le comportement. Dans l’affaire Teh contre Teh À
une occasion, l’intimé « the respondent » a battu le requérant « the petitioner » et brisa ses lunettes, elle saignait du
nez et de la bouche. Le juge Njamnsi accordé le divorce. Mais le pétitionnaire a également allégué et en fait, prouvé
que le défendeur avait commis l’adultère. Et même si l’adultère n’avait pas été prouvé, elle a témoigné que l’intimé
avait pris l’habitude de rentrer tard au domicile à quatre heures du matin. Toutefois, dans l’affaire Engo contre Engo,
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
le juge en chef « Chief Justice » Endeley a refusé de prononcer un jugement sur ce seul acte mais a justifié sa décision
en déclarant que l'acte avait été toléré par la pétitionnaire.
En plus de la violence physique, le tribunal accordera également le divorce si le demandeur développe un stress
mental résultant du comportement irresponsable de l'intimée ou de pratiques abusives ou de prélèvements injustifiés.
Voir l’affaire Olaf contre Olaf où l'intimée pendant sa grossesse, pétitionnaire lui a dit qu'elle pourrait donner
naissance non à un enfant mais à un chat avec sept jambes. Voir également l'affaire Ndumu contre Ndumu (N°I) dans
laquelle l'intimé est devenu sans aucune cause un chahut et a insulté le pétitionnaire devant les visiteurs en lui disant
que vous mourriez et que vous seriez mangé par un chien et à une autre occasion, a traité l’ancienne femme du
pétitionnaire qui était venue de Londres avec leur fils de prostituée en présence de jeunes enfants.
Une détresse mentale pourrait également résulter d'accusations non fondées. Dans l’affaire Doh contre Doh, la femme
a accusé le mari d'avoir commis l'adultère avec persistance et a introduit Juju au domicile conjugal dans le but infondé
de se protéger des prétendues maîtresses de son mari. Le tribunal a notamment conclu qu'elle avait été cruelle. Dans
l’affaire Elad contre Elad, l'accusation était que le mari était impuissant. Le tribunal a prononcé un jugement de
divorce.
La désertion a été définie comme le retrait injustifié de la cohabitation sans le consentement de l'autre conjoint et
avec l’intention de rester séparés de façon permanente. Quatre éléments essentiels se détachent clairement de cette
définition. Le fait de la séparation, l’intention de déserter, l’absence de consentement et l’absence de bonne cause
Selon les dispositions de l’article (2)(c) de la MCA 1973, la rupture irréversible du mariage est prouvée lorsqu’il est
démontré que le défendeur a abandonné le pétitionnaire pendant une période ininterrompue d'au moins deux ans
précédant immédiatement la présentation de la décision. Lorsqu'un conjoint sort du logement conjugal, il est plus
facile de prouver la désertion. Dans l’affaire Njuaka contre Njuaka et Agnes Agbor le défendeur a quitté le domicile
conjugal pendant cinq ans et amena la co-intimé avec lui. La désertion était affirmée. L'accent est mis sur le fait que
toutes les obligations du mariage ont été abandonnées. Voir l’affaire Weatherly contre Weatherly ou il a été jugé que
l'intimé n'était pas en désertion, car il avait refusé d'accomplir seulement un certain nombre d'obligations
matrimoniales, mais pas toutes.
Le pétitionnaire peut également provoquer la désertion même s’ils vivent sous le même toit. C’est là où il peut
démontrer que l’intimé a abandonné toutes ses obligations matrimoniales. L'absence de relation sexuelle en soi ne
suffit pas. Ainsi, dans l’affaire Mendi contre Mendi, il a été démontré que malgré l'absence de relations sexuelles, il
existait une vie commune entre les parties. Une demande de divorce basée sur la désertion a été divertie. Ainsi,
comme l'a dit Lord Merrivale dans l’affaire Pulford contre Pulford, "la désertion n'est pas le retrait d’un lieu mais
d’un état de choses.
Le requérant doit également prouver que l'intimé avait l'intention de déserter. Ainsi, lorsque la séparation résulte du
transfert de l'un des époux; Nyancho contre Nyancho ou que sa femme se déplace pour affaires à l'étranger ou après
avoir reçu un avis médical, on ne peut pas dire qu'elle soit en désertion. La preuve de l'intention de déserter peut être
vue dans l’affaire Nseke contre Nseke; l'intimé a disparu au Nigéria et a ensuite écrit à l'auteur. Le pétitionnaire sans
indiquer son adresse déclarant que Dieu devrait aider le pétitionnaire. Voir aussi Enie contre Enie (p.157)
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Une fois que l'intention de déserter est prouvée, elle est réputée se poursuivre même lorsque la partie en désertion
devient folle avant l'expiration d'un délai de deux ans. L’article 2 (4) de la MCA de 1973 prévoit que:
« Aux termes de l’article ( 2) (c) ci-dessus, le tribunal peut traiter une période de désertion comme ayant duré Si la
partie abandonnée était incapable de poursuivre l’intention nécessaire si la preuve soumise au tribunal était
satisfaisante, si la partie n’avait pas été aussi incapable, elle aurait déduit que la désertion se poursuivait à ce
moment-là ».
Un conjoint qui consent au départ de l'autre ne peut pas compter sur la désertion. Il en est ainsi lorsque le conjoint
présumé en désertion se rend chez un parent malade ou mourant ou l'un des époux est transféré. Voir l’affaire Enie
contre Enie suscité. Le consentement est rapidement prouvé si le consentement à vivre séparément est écrit. Mais une
fois que le consentement est retiré, l’autre époux doit reprendre la cohabitation ou être considéré en désertion.
Lorsque le comportement d'un époux est répréhensible, par exemple lorsqu'il a été violent ou a commis un adultère, il
ne peut pas se plaindre si l'autre époux se retire du domicile conjugal; Tona contre Tona. Mais un auteur ne peut pas
invoquer une raison qui est née après avoir déserté le domicile conjugal, Mboudou contre Mboudou (1971-1973)
UVLR 65.
Le conjoint qui a de bonnes raisons de quitter le domicile conjugal ne pas être dit être en désertion. Dans ce cas, le
conjoint qui reste dans le foyer conjugal est en désertion constructive. Jocelyn Simon a déclaré dans l’affaire
Sounders contre Sounders (1965) P. 409 à 504, la plainte doit résulter d’ "Une conduite si grave et si lourde qu'il
(l'intimé) savait que la plaignante se retirerait de manière permanente de sa cohabitation avec lui si elle agissait
comme une personne raisonnable à sa position. Voir notamment Tona contre Tona (PP 159 160). Le mari a insisté
pour avoir des relations sexuelles avec sa femme, même contre l'avis d'un médecin, et l'a ensuite insultée, lui a jeté ses
affaires à l'extérieur et l'a accusée de sortir avec d'autres hommes. Il a été tenu pour désertion constructive. Voir aussi
l’affaire Nku contre Nku lorsque le juge Englis a déclaré obiter qu'un époux peut être en désertion constructive même
si les parties vivent sous le même toit, mais il sera plus facile de le prouver lorsqu'une partie se retire du domicile
conjugal à la suite du comportement inacceptable de l'autre conjoint: Mendi contre Mendi
iii- par une ordonnance matrimoniale d'un tribunal d'instance contenant une disposition: le requérant ne doit
plus cohabiter avec le défendeur
vi- par une intention décidée de retour couplé avec une vue de reprendre la cohabitation.
Cependant, toute offre d'une partie en désertion de reprendre la cohabitation doit être faite sans conditions. Si la partie
adverse n'accepte pas une offre authentique de retour, le tribunal conclura que la désertion avait pris fin ; afaire
Njumbe contre Njumbe.
4- 2 ANS DE SEPARATION ARTICLE (1) (2) (d) MCA 1973 (TWO YEARS SEPARATION S(1) (2) (d)MCA
1973 )
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
L’article (1) (2) (d) des MCA 1973 prévoit qu'une rupture irrémédiable peut être prouvée si le pétitionnaire démontre
qu'il a vécu séparément pendant au moins deux ans immédiatement avant la présentation de la requête et que l'intimé
consent à ce qu'un décret lui soit accordé. Deux éléments doivent être prouvés ici; que les parties vivent séparément
"depuis deux ans et que l’intimé est d’accord pour qu'un décret soit accordé
i- Living apart
Le même critère que celui utilisé pour déterminer la désertion est utilisé ici. Il sera donc plus facile de prouver cet
ingrédient lorsque les époux vivent dans deux domiciles différents. Mais la vie séparément peut être prouvée même si
les parties vivent sous le même toit mais que deux foyers sont sépar és, voir affaire Mendi contre Mendi (supra)
.Dans l'affaire anglaise Fuller contre Fuller (1973) 2 All ER 650, H et W ont été séparés en 1964, après 22 ans de
mariage, sont allés vivre avec P et ont pris le nom de Mme P. En 1968, à la suite d'une maladie grave, H a été avisé
qu'il ne devait pas vivre seul. Il est ainsi allé vivre avec M. P et W. Il a payé 7£ à W par semaine pour l'hébergement et
les repas. W cuit son repas et fait sa lessive. Dans la demande de divorce de W, le « Master of the Rolls » Lord
Denning a fait observer qu'en considérant la relation physique des parties de 1964 à 1968, ils vivaient sans aucun
doute à part, c'est-à-dire dans deux ménages distincts. Lorsque le mari est venu vivre dans la même maison avec eux
en 1968, il était à toutes fins pratiques hébergé dans la maison. Les parties ne vivaient pas les unes avec les autres en
tant que mari et femme. Mais dans l’affaire Mouncer contre Mouncer (1972) 1 All E.R., H et W se sont mariés en
1966, mais le mariage s'est rapidement détérioré. De 1969 au 12 mai 1971, ils occupaient des chambres séparées, mais
prenaient généralement leurs repas ensemble et participaient au nettoyage de la maison. Outre le couchage séparé, ils
ont fait d'autres choses en commun. H a affirmé qu'il ne restait que parce qu'il souhaitait participer à l'éducation des
enfants. En mai 1971, H quitta le domicile conjugal et présenta une requête fondée sur l'article 1 (2) (d) en novembre
1971. Il a été jugé qu'il subsistait et qu'on ne pouvait pas dire qu'ils vivaient séparément. Le consortium doit donc
avoir pris fin et les parties doivent avoir été séparé pour au moins deux ans immédiatement avant la présentation de la
requête.
L'intimé doit également donner son consentement à un divorce étant accordée et ce consentement doit être positif. Il
ne suffit pas qu'il n'ait pas répondu à la pétition. Le défendeur qui donne son consentement doit cependant avoir été
informé de tous les faits de la cause. Lorsqu'il est induit en erreur, il peut retirer son consentement avant qu'un décret
ne soit prononcé en vertu de l'article 10 (1) MCA 1973. Il convient de noter que, en l'absence de collusion entre les
parties et que les deux parties souhaitent un divorce, l'article 1(2) (d) MCA 1973 serait préférable Tambe Agbor
contre Theba Breget.
SÉPARATIONS DE 5 ANS ARTICLE 1 (2) (e) DES MCA DE 1973 (FIVE YEARS SEPARATIONS S 1 (2) (e)
MCA 1973)
L'article 1 (2) (e) des MCA de 1973 stipule que la rupture irrémédiable du mariage peut être prouvée en prouvant que
les parties, à une période continue d'au moins cinq ans, ont vécu séparément, immédiatement précédant la présentation
de la requête. Lelpou contre Lelpou (168). Dans l’affaire Yufani contre Yufani, les parties ont vécu séparément
pendant sept ans et le mari a formé une demande en divorce en vertu de l’article 1 (2) (e), le juge Englis a prononcé
un jugement en divorce.
Toutefois, en vertu de l’article 5 de la même loi, le défendeur pouvait s’opposer à ce qu’un jugement soit prononcé au
motif que la dissolution du mariage entraînerait de graves difficultés financières pour et devrait en toutes
circonstances être difficile de dissoudre le mariage. Cette défense est disponible à la fois aux maris et aux épouses;
Talbot c. Talbot (1971) Sol JO 870.
I- GENERAL BARS
Les dispositions de l'article 1 de la loi de 1984 sur les procédures matrimoniales et familiales stipulent qu'aucune
demande en divorce ne peut être présentée devant le tribunal avant l’expiration d'un an de mariage. L’article ne laisse
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
place à aucune exception. Les conjoints doivent vivre ensemble pendant au moins un an avant qu'une requête en
divorce puisse être introduite. Toutefois, au cours de cette période d’un an, l’une ou l’autre des parties pourrait
demander une quelconque relique suivante: entretien, garde des enfants et exclusion de l’autre conjoint du foyer
conjugal.
Une rupture irrémédiable du mariage peut être prouvée si le requérant démontre que le défendeur a commis un
adultère et que le pétitionnaire juge qu'il est intolérable de vivre avec lui aux termes de l'article 1 (2) (a). Mais s’il est
prouvé que, dès lors que l’autre partie s’est rendue compte que l’autre partie avait commis un l’adultère, les parties ont
continué à vivre avec d’autres pendant une période supérieure ou égale à six mois, la requête échouera, car elle
entraînerait la conclusion que le requérant a pardonné ou toléré l'adultère.
La disposition de l'article 2 (3) de la MCA 1973 stipule "que toute procédure de divorce alléguée par le requérant
allègue que le défendeur s'est comporté de telle manière que le requérant ne peut pas raisonnablement vivre avec lui,
mais les parties au mariage ont vécu avec quelqu'un d'autre pendant une période ou des périodes après la date à
laquelle s'est produit le dernier incident éloigné par le requérant et tenu par le tribunal à l'appui de son allégation, ce
fait ne sera pas pris en compte pour déterminer l’acte. Aux fins de l’article 1 (2) (b) ci-dessus, si la requérant ne peut
raisonnablement pas vivre avec le défendeur si la durée de La période vise à encourager la réconciliation. Ainsi, la
période pendant laquelle les parties cohabiteront après ce dernier incident ne nuira pas à la cause du requérant.
3- Désertion (desertion)
Si un conjoint abandonné pardonne ou tolère l'acte de désertion du conjoint dissident, comme par exemple s’il a un
rapport sexuel avec l’autre conjoint ou commet un adultère, la période de désertion s’écoule et il ne peut pas obtenir
un jugement de divorce. En effet, par cet acte, la maison déserte est justifiée pour rester à l’écart; voir l’article 2 (5)
MCA.
4- Séparation
L’article 5 (1) de la MCA de 1973 dispose que "le défendeur dans une requête en divorce alléguant que le requérant
peut s'opposer à l'octroi d'un décret au motif que la dissolution du mariage aura des conséquences graves - en matière
financière ou autre - serait en toutes circonstances Il a eu tort de dissoudre le mariage. Après cinq ans de séparation, il
a toujours été confronté à la perte de ses droits à pension.
Il se peut qu’un conjoint ne souhaite pas le divorce pour une raison ou une autre. Le meilleur avis serait donc de
demander une séparation judiciaire. Ce soulagement a pour avantage de ne pas soulager le requérant de la difficulté de
prouver sa rupture du mariage, mais il pouvait aussi présenter une requête avant l’expiration de la première année du
mariage. Il lui suffit de prouver une ou plusieurs indications de rupture irrémédiable fournies en vertu de l’article 1
(2) (a-e) de la MCA de 1973.
Concernant l’annulation d’un décret de séparation judiciaire il sert à donner aux parties une autre chance de reprendre
une vie conjugale normale. Ce recours est principalement préféré par les parties qui viennent de demander un permis
de refroidissement après une crise violente et conjugale.
Fin du cours
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Seule, la compréhension du cours n’étant suffisante pour une validation assurée, il vous est proposé ici, une
méthodologie simple à utiliser lors des différentes épreuves en Family Law. En effet, il a été remarqué que la
principale source de l’échec aux différentes matières ou Unités d’Enseignements par les étudiants du niveau 1 est la
non maitrise ou le manque de connaissances des principes de la méthodologie, bien que le cours ait été assimilé.
Le cours de Family Law éveille l’esprit du jeune étudiant dans le domaine juridique camerounais en général et plus
particulièrement dans les affaires matrimoniales des régions sous le système de « Common Law » au Cameroun. Il est
à préciser que le système juridique camerounais est bijural c’est-à-dire qu’il applique les règles du droit civil français
et de « Common Law » anglais.
Pour maitriser la méthodologie des sujets en Family Law de la forme jusqu’au fond, il est nécessaire de s’attarder
d’abord sur les types de sujets (1) que l’étudiant trouvera devant lui le jour de l’épreuve ; ensuite de présenter de façon
segmentée et expliquée les principaux cas ou affaires qui ont participé à l’évolution du family Law au Cameroun (2)
et enfin la résolution des certains sujets en guise d’exemple concrets.
Généralement, les sujets en Family Law viennent sous forme de commentaire d’article (1), commentaire de décision
(2), discussion (3), cas pratique (4) et parfois de la dissertation. Il est à préciser que tous ces exercices se traitent d’une
manière précise et différente de ceux de droit de la famille du système de droit civil.
Le Famity Law est une matière spécifique du droit anglais. Sa méthodologie est ainsi différente du droit de la famille
en droit français. Pour cette raison, le Family Law a sa méthodologie propre que tout étudiant doit impérativement
suivre.
1- Premièrement vous devez savoir que le Family law est ce qu’on appelle en anglais « Case Law » (le Droit
selon les cas). Pour chaque sujet qui vous est proposé, vous devez au moins citer trois cas qui correspondent
au principe dégagé par le sujet et vous démontez comment correspond au principe. Non seulement les cas
doivent être cités, vous devez aussi donner les faits de ces cas (facts of the case) qui sont liés au principe que
vous voulez expliquer. Pour faire un travail propre il faut souvent souligner, les noms pour chaque cas
2- Deuxièmement, en Family Law il y a ce qu’on appelle « tracing the law » (tracer l’évolution de la loi). En
répondant au sujet proposé, il faut expliquer l’évolution de la loi sur le sujet. C’est-à-dire à partir des positions
du « Common Law » les jugements antérieurs des tribunaux et enfin les jugements les plus récents qui sont
applicables. En expliquant l’évolution de la loi, il fout citer tous les cas et leurs faits qui correspondent à
chaque position prise. Un bon exemple se trouve sur les sujets proposés de l’article 1 (2) (a) des MCA de
1973, ici, la controverse est sur les positions juridiques pour déterminer si l’intolérabilité selon cet article est
la cause de l'adultère ou (PUB fai: indépendant de l’adultère Les jugements sont passés par les cas de Roper
contre Roper Goodrich contre Goodrich ; Cleary contre Cleary et Carr contre Carr,. Mais ici, il faut noter la
position différente prise par les tribunaux de l’ancien Cameroun occidental dans le cas de Mbiaffe contre
Mbiaffe. Il faut aussi noter qu'en utilisant les techniques de l'évolution des lois, il faut citer les cas
correspondants aux principes en question, avec tous les jugements contradictoires et enfin vous concluez avec
la position juridique la plus récente et e d
3- Troisièmement, noter toutes les définitions juridiques correspondant au sujet en question. Les définitions en
Family Law sont soit celles données par les juges en rendant leur jugement, par les lois ou les auteurs
juridiques, Par exemple, la définition du mariage basée sur le christianisme donnée par Lord PENZANCE
dans le l’affaire Hyde contre Hyde pour le mariage monogamique et la définition du juge NGANJE dans le
cas concernant Motanga contre Motanga pour le contexte du mariage polygamique au Cameroun.
Ce type d’exercice nécessite une bonne connaissance des différents textes qui régissent le Family Law dans le
Cameroun occidental. En général, l’étudiant devra citer les principales lois adoptées et qui sont en vigueur. Ainsi un
bon devoir de Family Law comportera globalement les articles issus des
- MCA « Matrimonial Causes Act » de 1973. Il devra également évoquer les articles issus de la
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Lorsqu’un sujet vient sous forme de commentaire d’article, l’étudiant devra tout d’abord, au niveau de son
introduction, situer la question posée par rapport à l’élément qui cause le divorce contenu dans ledit article. Dans le
cas ou deux articles sont proposés dans une même question, l’étudiant devra procéder de la même façon.
La plupart du temps il s’agira des articles 1(2)(a) ; 1(2)(b) ; 1(2)(c) ; 1(2)(d) ; 1(2)(e) de la Matriminial Causes Act
de 1973
Le plus important dans le commentaire de ces articles c’est de comprendre qu’à chaque disposition contenu dans ces
articles, correspond également une une cause de divorce précise qu’il convient de développer avec précision dans le
but de cerner les contours de chaque cause. Notons qu’en Family Law il existe 5 causes de divorce qui sont contenu
dans chacun des articles sus évoqués.
Les sujets proposés à l’examen sont généralement focalisés sur les sources du family law dans l'ancien Cameroun
occidental. Pour traiter ces types de sujets, à l'introduction, l’étudiant ingénieux invoquera les dispositions données
par les différentes constitutions camerounaises jusqu'à la présente constitution du 18 janvier 1996 qui détermine les
lois applicables dans l’ancien Cameroun occidental et qui sont toujours en vigueur. L’étape suivante est de préciser et
d'expliquer les principales sources du family Law entre autres:
- le droit coutumier
- la législation locale et
Pour être plus explicite, préciser en quoi le droit anglais hérité est la source principale du family law dans l'ancien
Cameroun occidental. Un étudiant malin pourrait citer l’article 11 de la SCHCL de 1955 selon lequel « les principes
de la Common Law, les doctrines de l’Equity et les lois d’application générale qui étaient en vigueur en Angleterre
avant le 1e Janvier 1900 seront applicables au Cameroun ». Celui-ci s’attarderais ensuite à expliquerez ce qu'est le
Common Law, le principe d' « Equity » et les statuts d'applications générales (Ruth Mukete et sept autres contre
Jcseph TARIL ; Samuel Esobe Epitime contre Ruth Nangue Mbong et le cas de Joshua Mobit contre Renate
Tapong cf cours). Il faut aussi dire que les lois anglaises héritées aux termes de l’article 11 de la SCHCL sont
transitoires en d’autres termes, si le parlement camerounais vote une loi contradictoire à loi applicable en Angleterre,
c'est la loi camerounaise qui serait applicable.
Il serait important, pour bien cerner les contours du droit anglais hérité, de citer également l’article 15 de la SCHCL
en expliquant tous ses contours en précisant aussi que cette loi est aussi transitoire. L’étudiant ne saurait finir cette
étape sans citez l’affaire Enongenekang contre Enongenekang, ainsi expliquez pourquoi la NICA de 1973 est
applicable dans l'ancien Cameroun occidental sans oublier de choisir deux ou trois cas pour illustrer.
Pour mieux illustrer le droit anglais hérité, un autre cas à citer ici est celui de Bernard Fonlon contre Judith Fonlon
et huit autres ; recadré par l’article 10 que l’étudiant doit expliquer et dire pourquoi c'est transitoire.
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Concernant le droit Nigérian hérité, il serait bien pensé de commencer en citant l'article 9 de l'accord mandataire
britannique (British Mandate Agreement) qui donne la liberté inter alia à la Grande-Bretagne de ;
« ... Constituer le territoire en une union douanière, fiscale et administrative ou une fédération avec les territoires
adjacents sous leur souveraineté ou leur contrôle, à condition que les mesures prises à cette fin n'enfreignent pas
les dispositions de ce mandat ».
Cette disposition permettait à la Grande-Bretagne de fusionner le Royaume-Uni au Cameroun avec son protectorat
administratif et judiciaire nigérian. Selon cet article, l’accord mandataire conclu entre la SDN et les puissances
coloniales, la France et la Grande-Bretagne devaient administrer leurs possessions du Cameroun comme partie
intégrante de leur territoire. Le Cameroun allemand étant divisé en deux parties, la GB va gérer le Sud-Ouest et le
Nord-Ouest en les fusant avec sa colonie voisine du Nigéria. Toutes les lois en vigueur au Nigéria étaient donc en
vigueur au Cameroun occidental.
Parlant du droit coutumier, la reconnaissance judiciaire de notre corps de droit coutumier se trouve dans l’article 27 de
la SCHCL de 1955. L’article 27 alinéa 1 stipule que ;
« La Haute Cour doit observer et faire respecter les lois et coutumes autochtones qui ne sont pas contraires à
l'équité et à la bonne conscience de la justice naturelle, ni sont incompatibles avec une loi en vigueur être appliqué
et rien dans la présente loi ne privera une personne des avantages d'une loi ou coutume autochtone »
Les principaux cas à citer ici sont (cf cours); l’affaire Immaculate Vefonge contre Samuel Lyonga Yukpe, l'affaire
Ngeh contre Ngome (1962-1964) WCLR 321 ; l’affaire Buma contre Buma MONEKOSSO
Une autre coutume que nos tribunaux non coutumiers (s’empresserait de condamner) est celle qui concerne
"l’héritage des veuves". Ici, l’étudiant doit citer l'article 72 (2) de l'ordonnance de 1981 (désormais modifié par la
loi n ° 2011/011 du 6 mai 2011). L’étudiant précisera l'importance du la coutume en tant que source du Family Law
dans l'ancien Cameroun occidental, davantage soulignée à l’article 27 (2) (3) de la SCHCL 1955
Pour la législation locale, il faut tout d’abord dire que dès l’acquisition de l’indépendance en 1961 par l’ancien
Cameroun occidental, le Cameroun a un système juridique bijural c’est-à-dire que les règles du droit civil français et
de la Common Law anglaise sont applicables au Cameroun. L'article 46 de la Constitution fédérale de 1961, repris à
l'article 38 de la Constitution unitaire de 1972, tel que modifié par la loi n ° 75-1 de la Constitution du 18 janvier
1996. Le maintien des textes législatifs antérieurs à 1960 dans la mesure où ils ne sont pas contraires aux dispositions
de la Constitution.
ll s'agit des textes d'origine interne, ceux adoptés par les pouvoirs publics. Depuis 1961 deux lois ont été adoptées en
matière de « family law » la loi n° 68/LF/2 du 11 juin 1968 remplacée par l'ordonnance n° 81/2 du 29 juin 1981 qui a
non seulement abrogé certaines dispositions coutumières mais aussi harmonié les conditions de formation dru mariage
La mise en application des lois émanant du parlement camerounais annule toutes les autres lois relatives héritées. Pour
exemple, citer la loi uniformisant les capacités et formalités du mariage.
Pour finir, parlant des autres sources du Family Law, l’on parlera principalement des traités et des accords
internationaux.
LES TRIBUNAUX COMPETENTS EN FAMILY LAW (courts wich have jurisdiction at family law)
Ce qu'il faut noter ici, c’est que les tribunaux ayant compétence en « family Law » sont de deux ordres ;
- les tribunaux de compétence originale (courts with original juridiction) Dans l'article 16 (1) (c) de
l'ordonnance n°72/4 du 26 Août 1872 amendé par la loi n'89/019 du 29 Décembre 1989, la juridiction
originale pour les cas concernant la famille est exercée par le tribunal de Grande Instance (High Court) et les
tribunaux coutumiers (Customary courts). L'article 7 de la S.C.H.CL de 1955 donne compétence pour les cas
matrimoniaux aux tribunaux de Grande Instance. De la même manière les tribunaux coutumiers selon l'article
9 (1) de la S.CH.CL. de 1955 donne la compétence exclusive des cas matrimoniaux provenant des mariages
formés selon les lois et coutumes indigènes (mariages polygamiques).
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
- Les tribunaux avec compétence d'appel (courts with appelate jurisdiction) En vertu de la loi n°7- 4 du 29 juin
1979, les appels du tribunal coutumier sont directement portés devant la Cour d’appel, puis devant la Cour
suprême.
Ces dispositions indiquent que dans l'ancien Cameroun occidental, les tribunaux de grande instance ont compétence
exclusive pour les mariages monogamiques et compétence exclusive aux tribunaux coutumiers pour les mariages
polygamiques. Raison pour laquelle les tribunaux de grande instance rejettent souvent ou déclinent leur compétence
sur les mariages à caractère coutumier. Citer comme exemple les affaires Tufon contre Tufon, Ngwa contre Ngwa
Etc.
La source du conflit est facilement décelable. Tel que mentionné dans le cours, le Cameroun est doté de plus de 250
tribus ayant chacune leurs propres lois, ainsi, lorsqu'un cas implique deux ou plusieurs personnes appartenant à des
tribus différentes, ce conflit est inévitable. Par exemple, si un garçon de Nkwen se marie (traditionnellement) avec
une fille de cette même tribu, il n’y a pas conflit puisque leurs lois et coutumes autochtones s’appliqueront.
Mais si un garçon d’Akum se marie avec une fille de Mamfé, à supposer qu’il s’agisse d’un mariage traditionnel,
quelle loi sera applicable?
Dans l’affaire Onana V. Onana, où les parties se sont mariées conformément aux lois et aux coutumes des Beti, mais
vivaient à Bamenda. La Cour d’appel de Bamenda a déclaré que les tribunaux de Bamenda n’étaient pas compétents,
car ils ne connaissaient pas les lois Beti. Les parties devront donc retourner dans leur lieu de mariage pour que l’affaire
soit jugée.
Tout comme la dernière question ci-dessus, un problème une fois que les parties se sont mariées dans l'un des
systèmes juridiques du pays et ont décidé d'aller vivre et travailler de l'autre côté de la fracture juridique (rappelez-
vous que le Cameroun est bi-jurial), en cas de problèmes, le système juridique sous lequel ils vivent peut-il gérer la
question? Dans l’affaire Lanthum V. Lanthum, la réponse était positive. Dans cette affaire, les parties avaient quitté
l'ancien Cameroun occidental (anglophone) et vivaient dans ce pays. Avant de saisir la Cour suprême, l’affaire avait
eu deux recours, mais une nouvelle règle avait été adoptée, connue sous le nom de ligne de moindre résistance, à
savoir que si les parties choisissaient de saisir une juridiction particulière, elles devaient alors choisir les lois de ce
tribunal (le choix du tribunal est le choix de la loi). La loi qui prévaudra dans de tels cas est donc la loi du lieu de
domicile (non de résidence) des parties
Ici, on retrouve l'élément de l'évolution de la loi où il y a d'abord eu la position de la Common Law sous laquelle le
domicile des femmes mariées et des enfants. Ensuite, la loi a évolué avec l’avènement de la Domicile and
matrimonial proceeding act de 1973. Il faut citer ici l’article 1 (1) et l’article 1(2) qui indiquent que les femmes
mariés avant la mise en application de ces statuts en 1973 avaient acquis le domicile de leur mari selon la Common
Law, sont considéré maintenant comme ayant leur domicile élu, Celui acquis par le mariage. C'est-à-dire qu'elles
peuvent maintenant changer de domicile si elles le veulent. Noter la différence de la situation des femmes mariées en
Angleterre avant la mise en application de ces statuts qui ont pour domicile élu le domicile de leur mari. Et les femmes
mariées après cette date, qui ont pour domicile leur domicile d'origine ou le domicile élu de leur choix. Cette
différence est souvent cachée dans les cas pratiques. Par exemple le cas de RIC contre Dushess of Portland.
Pour les enfants légitimes, leur domicile dépend d'abord de celui du père, à la mort du père la mère ne peut changer de
domicile sauf en cas de en bonne foi. Selon les articles 3 et 1 les enfants peuvent acquérir le domicile de leur mère
pendant que le père est vivant si leur foyer est celui de leur mère. Selon l’article 3, l'enfant de 16 ans peut acquérir un
domicile différent de celui de ses parents s'il ou elle se marie avant 16 ans. Dans les cas pratiques sur le domicile, tous
ces aspects cités y sont cachés il faudra faire appel à l’ingéniosité de l’étudiant pour les déceler.
LE MARIAGE
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Le mariage est un contrat. Il s’agit généralement d’un accord dans lequel un homme et une femme établissent une
relation juridique en imposant des droits et des devoirs en conséquence. Dans le cas Vineal contre Veness (1865) 4
FIF. 344, il était défini comme ;
« Un contrat entre un homme et une femme par lequel ils se promettent mutuellement de se marier, la promesse de
l'un étant la contrepartie de la promesse de l'autre ».
Tous les mariages au Cameroun, qu’ils soient monogamiques ou polygamiques, aux termes de l’article 4 de
l’ordonnance n ° 81/02 du 29 juin 1981 sur l’enregistrement de l’état civil, tels que modifiés par la loi n° 2011/011
du 11 mai 2011, sont enregistrés au registre d'état civil à défaut quelles accusations criminelles seront portées contre
les parties. L'article 81 de la même ordonnance prévoit également que les mariages coutumiers doivent être consignés
dans le registre de l'état civil du lieu de naissance ou de résidence des époux.
Il est important de citer la définition du mariage selon Lord PENZENCE et celle du juge NGANJE. Noter la position
de la Common Law toujours applicable dans l'ancien Cameroun occidental qui diffère avec la position en Angleterre
sur le non-respect des fiançailles. Préciser ici la mauvaise loi dans la position camerounaise et l'aspect des cadeaux
échangés entre fiancés. Noter aussi l'évolution des statuts uniformisant le mariage au Cameroun jusqu' à l'ordonnance
d'enregistrement d'état civil de 1981. Noter aussi les principes posés par le cas de Kumbongsi contre Kumbongsi,
Aussi, selon l'article 48 de cette ordonnance, le régisseur d'état civil ne peut célébrer que les mariages monogamiques
Cette ordonnance impose l'enregistrement obligatoire des mariages à peine de sanctions criminelles selon l'article 370
du code pénal. Noter aussi que pour qu'un mariage soit valable, il doit accomplir les capacités et les formalités du
mariage.
Ici, on trouve l'aspect de l'évolution de la loi. Par exemple le cas de Samuel Esobe Epitime contre Ruth NANGUE
Mbong qui indique la position de la Common Law toujours applicable dans l'ancien Cameroun occidental malgré la
LAW REFORM ACT en Angleterre, interdisant des poursuites en justice pour défaut d'engagement pour le mariage.
Il faut noter ici que pour que le mariage soit valable, toutes les conditions doivent être réunies. On aura dans ce cas les
conditions de fond et de forme. A défaut, le mariage est nul (article 52 de l'ordonnance de 1981 sont complétées par
The Nigerian Mariages Ordinance).
1- With the help of Cameroonian's cases explain what you understand by a void marriage. (avec l’aide
d’exemples de cas camerounais, expliquez ce que vous entendez par mariage nul)
Réponse : En Family Law pour q'un mariage soit valide, les parties doivent respecter scrupuleusement les conditions
de formation de celui-ci (conditions de fond et de forme) dénommées respectivement en anglais Capacity and
Formality. Le non-respect de ces conditions entraine ab initio la nullité du mariage. Dans le cas relatif à la violation
des conditions de validités du mariage, on parle de mariage nul (void marriage).
Le mariage ne peut être nul en Family Law que si l'une des conditions liée à sa validité n'a pas été respectée. II peut
s'agir du non-respect de l'âge des parties, de l'absence de consentement comme dans l'affaire Buckland V. Buckland ;
Les mariages nuls effacent tous les effets liés à celui-ci à savoir qu'un enfant qui est né légitime devient naturel. Pour
les cas de mariages nuls, nous constatons qu'ils sont frappés par la nullité absolue qui est une nullité d'ordre public ou
encore qui découle de la violation d'une loi. Cette démonstration nous permet de voir que toute personne justifiant
d’un intérêt légitime peut demander la nullité, Ce fut donc le cas dans l'affaire Albert Che Neba V Suzanna Embelle
Réponse: Généralement, le consortium signifie vivre ensemble dans le mariage; jouir des droits et subir des
obligations qui en découlent. Lord Reid a à juste titre affirmé dans l'affaire Best V. Samuel Fox, qu'il s'agissait d'une
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
notion difficile à définir avec précision. Toutefois, il faut relever quelques éléments essentiels du consortium qui sont
entre autres: le devoir à la vie conjugale, le droit pour la femme d'user du nom et du titre de son mari, le droit aux
rapports sexuels et le droit aux secrets des mariés.
- Le devoir à la vie conjugale est le premier devoir du mariage dans lequel s'exercent tous les autres droits et
devoirs. En droit anglais, le droit (de choisir le foyer matrimonial était réservé au mari). Voir affaire Mansey
v. Mansey et King v King, Mais comme indiqué par Lord Denning dans l'affaire Dunne v. Dunne, la position
du droit moderne est que ce choix appartient à I ‘homme et à la femme celui qui ne fait pas un choix
raisonnable est considéré comme ayant déserté.
- Le droit pour la femme d'user du nom et du titre de son mari. Elle a ce droit et ce même après dissolution du
mariage sauf si elle en fait un abus d'usage. Le mari pourra ainsi lui interdire l'usage à travers l'octroi d'une
injonction ou à travers la Justification proceeding Act qui a pour but d'interdire à I ’ex-épouse l’usage du nom
et du titre de son mari
- Le droit aux rapports sexuels L'homme et la femme doivent entreprendre des rapports sexuels c’est-à-dire
consommer le mariage. Chaque conjoint doit faire des demandes régulières à son partenaire. En droit anglais,
l’homme ne pouvait être coupable de viol sur sa femme suivant I’article 296 du code pénal camerounais,
quiconque commet le viol sera puni. Ainsi au Cameroun, l'homme ne peut être coupable de viol sur sa femme
lorsque ses demandes sont anormales si bien qu’elles peuvent causer des problèmes de santé sur celle-ci
- Le droit aux secrets des mariés ; Pendant le mariage, il existe des secrets entre époux que l'un ou l'autre
conjoint doit conserver. Ainsi l’un ou l’autre conjoint ne peut pas être tenu pour témoin contre son partenaire;
ceci dit, en effet dans l'affaire Argyl v. Argyl, après le divorce, la femme voulait s'engager à dévoiler les cas de
fraude commis par son mari pendant le mariage. Ce qui fut rejeté par la Cour. Toutefois, il existe une
exception dans la Evidence Act selon laquelle la femme peut témoigner contre son mari.
En définitive et nonobstant les différents éléments qui nous ont permis d'expliquer le terme Consortium, il n'en
demeure pas moins qu'il reste un terme difficile à définir selon les propos de Lord Keith dans l 'affaire Best v. Samuel
Fox
3- Section 1(2) (a) of the Matrimonial Causes Act 1973. Discuss the meaning of adultery and how it can be
prooved and intolerable, illustrating your answer by reference to decided cases. (selon l’article 1(2) (a) de la
MCA de 1973, dites-nous ce que vous entendez par adultère et comment peut-il être prouvé et intolérable ?
tout en illustrant par des exemples de cas précis que vous connaissez)
Réponse: Suivant l'article 1(2) (a)de la MCA 1973, pour que le divorce soit prononcé sur la base de l'adultère, il
faudrait qu'en plus de l'adultère qu'il y ait un élément qui rende la continuité du mariage impossible. On parle donc de
l'élément intolérable. Ici, la plaignante ne doit pas seulement prouver qu'il y a eu adultère mais démontrer l'existence
d'un élément rendant intolérable le maintien de la vie conjugale. Il s'agit là de la position anglaise dont la
jurisprudence n'a pas été d'accord sur le fait intolérable. Pour certains juges, le fait intolérable doit être indépendant de
l'acte qualifié d'adultère comme dans l'affaire Godrich v. Godrich où le juge Faulk a adopté cette position. Pour
d'autres juges, le fait intolérable devrait être considéré comme une conséquence de l'adultère. Voir l'affaire Roper v.
Roper position adoptée par le Juge Lyord. La décision de Faulk a été adoptée par la cour d'appel dans l'affaire Carr v
Carr.
Au Cameroun par contre, l'adultère est considéré comme une cause péremptoire du divorce parce que, une fois
constatée, le divorce est prononcé sans autres formes de procès. Ce fut le cas dans les affaires Mbiaffe v. Mbiaffe,
Noumessi v. Noumessi. Notons que sur la question de l'adultère comme cause du divorce, les positions anglaises et
camerounaises sont différentes.
En somme, malgré la controverse des juges anglais et au regard de la position du droit camerounais, il convient
d'attester que l'adultère constitue plus ou moins une cause pouvant entraîner le divorce
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
4- Cas Pratique portant sur la jeune togolaise (cf, examiating guide de Ngwafor dans le chapitre portant sur le
domicile)
Réponse: Kindersley v. C défini le domicile comme un endroit choisi par une personne pour habiter lui-même et sa
famille sans intention d'y quitter à moins qu'une raison indépendante de sa volonté l'amène à le faire. En effet, ce
cas pratique a trait au domicile, précisément celui des personnes dépendantes.
En l'espèce il s'agit du cas d'une jeune femme mariée ; En droit anglais, nul ne peut être sans domicile car, pour un
enfant légitime, le domicile est acquit par le domicile de son père. nicile élu à contrario s'acquiert par l'atteinte de
l'age de la majorité et par le fait elui de son père. Pour l'enfant trouvé, il est domicilié où il a été trouvé.
Le domicile d’élection au contraire s’acquière à l’Age de la majorité et par le fait que celui-ci soit indépendant.
La jeune femme togolaise avait automatiquement acquis pour domicile élu, celui e son mari A la mort de son mari,
elle aurait pu choisir soit de rester en Afrique du Sud ou de changer de domicile or elle n'a pas manifesté l'intention de
choisir un autre domicile et d'y rester, pour avoir un domicile d’élection, il faut la réunion de l’intention et de la
résidence. Dans l'affaire Joop v. Wood, le fait qu'un anglais le nommé Jonhson soit resté 25 ans en Inde sans intention
d'y rester n'amena pas à conclure qu'il était domicilié en Inde. Cependant dans l'affaire américaine de White v. Tenant
où un homme avait quitté l'Etat X pour l'Etat Y avec l'intention d'y rester définitivement, il était revenu faire escale à
l'Etat X afin de retrouver l'Etat Y mais, trouva la mort à l'Etat Y au moment de sa mort. Dans le cadre de notre cas
pratique, le fait que la femme ait fait escale à Douala n'entraînerait pas à dire qu'elle y était domiciliée car, elle n'avait
pas manifesté l'intention d'y rester comme l'illustre bien l’affaire Harrisson v Harrisson. Suivant le principe régissant
le domicile et aussi que, le domicile d'origine se retrouve dès lors qu'on perd son domicile de choix, il convient en
définitive de dire que suivant le raisonnement sus évoqué, la jeune fille était domiciliée au Togo au moment de sa mort
et la décision n'aurait pas changé si elle trépassait en haute mer.
Depuis la mise sur pied de la Constitution fédérale de 1961 et les révisions subséquentes de celle-ci, il y a toujours eu
des dispositions permettant à chaque ancien Etat fédéré de maintenir les lois applicables dans son territoire, si elles ne
sont pas contraires à la constitution. En effet, l’article 46 de la constitution de 1961 fut remplacé par l'article 38 de la
constitution de 1972 qui à son tour fut remplacé par l'article 68 de la constitution de 1996 qui cependant, a laissé
intact la plus part des lois applicables l'ancien Cameroun occidental avant 1961.
Dans cette logique, les principales sources du family Law dans cette partie du Cameroun sont: le droit anglais hérité,
le droit nigérian hérité, le droit coutumier et Ia législation locale
- Le droit anglais hérité étendue du droit anglais applicable dans l'ancien Cameroun occidental est régi par
l’article 11 de la Southen Cameroon High Court Law (SCHCL) de 1955. Elle stipule que la Common Law,
les doctrines de l'Equity et les lois d'application générales qui étaient en vigueur en Angleterre avant le 1er
Janvier 1900 sont applicables dans l'ancien Cameroun occidentale sous réserve des dispositions du droit écrit
et en particulier des articles 10 et 15 de cette loi. Il est important de préciser que la Common Law et les
doctrines de l'Equity applicable à l'ancien Cameroun occidental sont celles qui existent en Angleterre
actuellement.
D'après cet article, le problème de la date du 1er janvier 1900 ne s'applique qu'aux lois d'application générale. Les lois
d'application générales après 1900 ne s'appliquent pas dans l'ancien Cameroun occidental; ceci s'illustre à travers
l'affaire Salomon Mukete and 7 others v. Joseph Tarh and 2 others dans laquelle, la cour a appliqué les décisions de
la Fatal Accident Acts de 1846-1864, nonobstant l'existence de la Fatal Accident de 1976 modifiée par
l'Administration of Justice de1982. Par ailleurs, en family law et en vertu de l’article 15 de la SCHCL de 1955 qui
dispose qu'en l'absence d'une loi locale en matière de succession, de divorce, et des problèmes matrimoniaux, la loi
applicable est celle qui existe actuellement en Angleterre particulièrement à la Majesty High Court of Justice.
Confère affaire Enongenekang v. Enongenekang. Dans la même logique, l’article 10 de la SCHCL 1955 autorise les
tribunaux à utiliser en l'absence de toute législation locale, les pratiques et procédures en vigueur en Angleterre
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
actuellement. Sa consécration eu lieu cependant à la cour d'Appel de Bamenda à travers l'affaire Bernard Fonlon v.
judith Fonlon and 8 others.
- Le droit nigérian hérité Il s'agit de la 2ème source du family law dans l'ancien Cameroun occidental. Celle- ci
fut consacrée par deux principaux textes: L'article 9 de la British Mandate agreement (accord mandataire
britannique) et la constitution nigériane 1954. L'article 9 de la British Mandate Agreement a donné à
l'Angleterre la liberté de fusionner le Cameroun britannique et son protectorat nigérian pour des objectifs
administratifs et judiciaires. Quant à la constitution nigériane de 1954 elle a donné naissance à la High court
dans l'ancien Cameroun occidental et la compétence de cette cour était gouvernée par la SCHCL de 1955. La
conséquence de cette fusion est le fait que les lois de la législation nigériane s'appliquent dans l'ancien
Cameroun occidental. C'est ainsi que la Nigerian Evidence Ordinance, la company evidence(OHADA) et la
criminal procédure ordinance constituent aujourd'hui le nouveau code de procédure pénale
- Le droit coutumier ; étant l'une des sources fondamentales du family law, le droit coutumier camerounais voit
également son importance à travers les mariages polygamiques qui de nos jours sont devenus les mariages de
droits coutumiers. En ce sens, la SCHCL consacre l’application du droit coutumier aux termes de l’article 27
dans son alinéa 1: « le tribunal observera toutes et les lois qui ne sont ni contraires à la justice naturelle, à
l'équité, aux bonnes moeurs, ni incompatibles avec les lois écrites actuellement en vigueur. Dans cette
logique, la coutume est définie comme un usage généralement accepté dans un les coutumes groupe
ethnique donné. Par ailleurs le problème auquel sont confrontés les tribunaux est celui de la coutume ou de la
loi à appliquer et à faire respecter. En effet dans l'affaire Immaculate Vefonge v. Samuel Yonga Yukpe, la
cour d'appel a accepté d'appliquer la coutume des peuples bakweri qui interdisait à un mari de répudier une
femme qui vient d'accoucher ou engager une procédure de divorce contre elle. Mais les tribunaux ont refusé
d'appliquer la coutume selon laquelle un homme peut réclamer la paternité d'un enfant ou simplement parce
qu'il a payé la dote sur la mère de cet enfant comme ce fut le cas dans les affaires Ngeh v. Ngome et Buma v.
Buma. Dans ces cas, il fut soutenu que la paternité ne peut dériver que des liens de sang entre le père et son
fils. Les juridictions non coutumières s'inscrivent en faux contre les coutumes qui prônent le déshéritement de
la veuve tel que cela se pratique dans la partie septentrionale du Cameroun (confère article 77(2) de
l'ordonnance de 1981)
- La législation locale ; Depuis 1961, deux lois ont été légiférées et sont applicables dans l'ensemble du
territoire camerounais: la loi no 68/LF/2 du 1er juin 1968 qui a été modifiée et remplacée par l'ordonnance
de 81/2 du 29 Juin 1981 qui harmonise les matières de family law au Cameroun y compris le nouveau code
de procédure pénale
6- How do you proove adultery? (comment peut-on prouver une situation d’adultère ?) Réponse: L'adultère
peut se définir comme étant un rapport sexuel consensuel entre deux personnes de sexes opposés dont l'une
est mariée à une autre personne ou le deux sont mariés à des tiers. Dans cette situation, le mariage doit
exister au préalable.
En effet pour qu'il y ait adultère, il doit y avoir une relation sexuelle au sens strict du terme; le juge Singleton en ce
sens affirme qu'on ne peut parler d'adultère qu'en cas de pénétration. Une fois qu'il y a pénétration, même si elle est
incomplète, il y a adultère. C'est la raison pour laquelle dans l'affaire Sapsford v. Sapsford, le fait d'embrasser ou de
donner des bises, la masturbation ne peuvent constituer l'adultère Cependant, la preuve directe de l'adultère est souvent
difficile, car on ne peut qu'avoir des éléments circonstanciels tels que ;
- L'aveu de la commission d'adultère au cour duquel un mari avoue avoir commis l'adultère comme ce fut le cas
dans l'affaire Teh v. Teh
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
- Les condamnations antérieures comme le viol (article 296 du code pénal), la bigamie (article 359 du code
pénal) et enfin l'inceste (article 360 du code pénal)
7- H a husband, refuses to consummate his marriage with W, unless, allows him to use a contraceptive devise.
W will not permite H to use contraceptives, but is otherwise willing to cosummate the marriage; comment
on the legal position
Réponse. (cf: la consommation du mariage dans le cours) ce sujet sera traité lors des séances de révision générale
qui seront programmés.
Cas pratique
Question 1- a rich English man was married to Suzane a young Carneroonian girl in the Buea registry in
December 1970: in 1973, they were blessed with a son named Michael. Shortly after Michael's birth Smith took his
family to London were their matrimonial home. This was in September 1984. A second child Mary was born to the
Smith at Saint Thomas hospital in London in May 1976, Smith died in a motor accident two years latter feeling
that, she could not longer life in London. Suzanne who was eight months pregnant decides to travel back to
Cameroon. She took the children. Suzane first stop was in Paris were she had to cash a cheque indeed this caused
and the children a very long delay. Suzane eventuality gives birth to Peter in June in 1979 in Paris. In July their
hold, When suzane heard the news, she held the one month only on her chest and jumped through the window.
They died In the light of both, common law principals and recent statutory exactement, state the domicil of suzane,
Michael, Mary and Peter at the time at the deaths
Réponse. (confère NGWAFOR'S EXAMINATION GUIDE (champ d'application du sujet chap. portant sur Résidence
et Domicile) ce sujet sera traité lors des séances de révision générale qui seront programmés bientôt.
Question 2 A young nigerian girl was married to a wealthy ghanian Cocoa dealer. The marriage was performate
in the Lagos Registry and shortly after the ceremony. Five years after the ceremony, the couple flew to Accra where
they had their matrimonial home. Fives years after the marriage, the husband was afflicted by an incorrect desease
from which he died. The felt she could not longer live in Accra and make the necessary arrangements to return
home. Boarded a boat in takoradi, which was going to Lagos the boat called at Douala where she fell hill and was
taken ashore. She died after getting ashore At the time of died, where was she domiciled? Would your answer
different if she died on the hight seas? Discuss the common law position
Réponse. Ce sujet sera traité intégralement lors de nos séances de révision générales bientôt programmés.
En général, le concept de domicile est la plus part de temps confondu à celui de la résidence. En effet le domicile peut
être appréhendé comme le lieu d'habitation permanent voire définitif d’une personne comme l'a dit Lord Cranworth
dans l’affaire Whicker v Hume
Par contre, la notion de résidence dans son sens large désigne l’habitation plus ou mention n'a pas été faite en ce qui
concerne la définition du concept de résidence par l'ordonnance du 29 juin 1981 moins habituelle d'une personne…
ce sujet sera traité intégralement dans nos séances de révision générale qui seront très bientôt programmés.
La définition du concept de domicile a suscité l'attention de plusieurs juges tel Lord Cranworth dans l'affaire Whicker
v. Hume selon lui, le domicile c'est le foyer définitif d'un individu. Lord Cranworth a en effet déclaré que
« l’intention actuelle de faire d’un endroit le foyer définitif d’une personne ne peut exister que si cette personne
n’a d’autres choix que de continuer d’y rester sans s’attendre à un évènement certain ou éventuel qui pourrait le
pousser à changer de résidence. »
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
En droit anglais il y’a deux catégorie principale de domicile, le domicile d’origine et le domicile d’élection ; le
domicile d’origine s’acquière par l’effet d’une loi. Pour l’enfant légitime c’est le domicile de son père et pour l’enfant
naturel c’est celui de sa mère. Pour un enfant trouvé c’est à l’endroit où on l’a trouvé. Le domicile d’élection qui
remplace le domicile d’origine est acquis par une personne majeure.
Question 1 the decision in Samuel Esobe v. Ruth Nangue Mbong (1968) WCLR 41 is no longer a good law ;
Discuss (la décision rendue dans l’affaire Samuel Esobe contre Ruth Nangue Mbong (1968) WCLR 41 n’est plus
valable. Discutez !
Réponse: sujet à traiter intégralement lors des séances de révision générale qui seront programmés
La décision rendue dans l’affaire Samuel Esobe contre Ruth Nangue Mbong (1968) WCLR 41 constituait une
acceptation de la règle de la ‘’Common Law’’ selon laquelle la rupture de la promesse pouvait donner lieu à une
action en dommage-intérêt. En l’espèce l’appel interjeté par Mr Samuel Epitime contre le jugement du Magistrat
Asonganyi qui l’avait condamné à payer des dommage-intérêts à Mlle Ruth Mbong , a été rejeté par la Cour d’Appel.
Devant le tribunal de première instance, elle avait allégué que l’appelant avait rompu la promesse de mariage. En
effet, son conseil a soutenu qu’en ‘’Common Law’’, de telles promesses avait fore de contrats pourvu qu’il y ait eu
(comme dans leur cas), l’intention de conclure un contrat.
Question 1: Distiguish between void and voidable marriages (distinction entre mariages nuls et mariages
annulables)
Réponse: En droit anglais pour qu'un mariage soit valablement formé, les différentes parties doivent remplir les
conditions de sa formation (il s'agit des conditions de fonds et des conditions de formes encore appclées capacities
and formalities). Le non-respect de ces conditions entraînerait la nullité ab initio dudit mariage.
En effet un mariage peut être nul et de nul effet, s'il s'avère que l'une des parties au mariage ne donne pas son
consentement soit-il tacite ou express, dans ce cas il pourra s'opposer et demander la nullité dudit mariage. En ce qui
concerne les cas relatifs au non-respect des conditions de validité du mariage, on parle de mariage nul. Quant aux 2ème
cas on parle de mariage annulable ainsi, distinction doit être faite de façon précise.
En ce sens le mariage ne peut être nul en droit anglais que si l'une des conditions liées à sa validité n'a pas été
respectée. Il peut s'agir entre autre du non-respect de l'âge des parties, de l'absence de consentement des parties
comme ce fut le cas dans l’affaire Buckland v. Buckland, il peut également s'agir de la célébration du mariage par une
autorité incompétente en non-conformité avec l'ordonnance de 1981.
Cependant il sied de préciser que tandis que les mariages nuls effacent tous les effets du mariage à savoir qu'un enfant
qui est issu de cette union perd son statut d'enfant légitime et devient enfant naturel, le mariage annulable quant à lui
conserve ses effets en ce sens que, l'enfant qui y est issu, garde son statut d'enfant légitime. II s'agit pour le cas du
mariage annulable d'une nullité relative, mieux dit, d'une nullité qui dépend de la volonté du plaignant qui peut
accepter ce mariage en dépit de cette situation préjudiciable pour lui ou encore qui peut intenter une action en nullité
dudit mariage.
Pour les cas des mariages nuls, il s'agit de nullités absolues mieux dit, d'une nullité ab initio qui est une nullité d'ordre
public et de bonnes mœurs résultant de la violation d'une loi en vigueur voir en ce sens l'affaire Albert Che Niba v
Suzann Embelle
Question 2: Discuss lack of consent as a ground rendeiring a void marriage (discutez du vice de consentement
comme motif du mariage nul)
Réponse En family law le vice de consentement rend le mariage nul suivant les dispositions de l'article 54 de
l'ordonnance de 1981. Par contre en Angleterre avant la Nullity of marriage act de 1971 plus précisément avant le
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
1er Juillet 1971, tous les mariages célébrés avec l'absence de consentement étaient nuls et de nuls effets voir les
articles 11 et 12 de la MCA de 1973. Il convient d'examiner minutieusement ce qui constitue le manque de
consentement.
L'article 65 de l'ordonnance de 1981 dispose que le manque de consentement peut provenir de l'usage de la force sur
la volonté de l'autre partie. L'alinéa 2 de cet article entend par la force, la brutalité et les autres menaces exercées par
une personne: cette dernière peut être le père, la mère ou un conjoint ; Dans I' affaire Buckland v. Buckland un soldat
anglais avait été amené par force pour manque de consentement. La menace n'est pas forcement physique; il peut
s'agir des persécutions politiques exercées sur un individu voir les affaires Paracjcic v. Paracjcic et Ezechter v.
Ezechter etc.
Le manque de consentement peut également provenir de l'erreur; l'erreur peut être sur la cérémonie ou sur l 'identité de
la personne. Dans l'affaire australienne de C v C une femme s'était mariée à un certain Miller qu'elle croyait être un
fameux boxeur, il fut décidé par la cour qu'il y a erreur sur les qualités substantielles de la personne par qu'elle avait
accepté épouser l'homme présent devant elle et non un boxeur. C'est par la suite qu'elle s'est rendu compte qu'il ne
s'agissait pas d'un boxeur. L'erreur peut provenir également de la cérémonie par exemple dans l'affaire Valier v. Valier
un italien immigré qui ne comprenait pas l'anglais, avait été amené à une cérémonie de mariage ou il était l’une des
parties et il a été décidé que le mariage était nul. Ainsi, l'absence de consentement qui est une condition de formation
du mariage rend le mariage nul ab- initio au Cameroun suivant I 'ordonnance de 1981 et la position en Angleterre
avant 1971 était que le manque de consentement rendait le mariage annulable.
Réponse selon les faits dans l'affaire Abili v. Abili, les parties vivaient ensemble depuis 1976, ils ont décidé de se
marier et ont reçu un jugement déclaratoire du Tribunal de Grande Instance de Bamenda que le plaignant a emmené à
la commune Rurale de Bali. En présence des témoins et en l’absence du défendeur, l'acte de mariage a été établi par
un clerc. Le Juge Anyangwe a prononcé la nullité du mariage pour absence de l'une des parties au lieu de célébration
du mariage ; et la célébration de celui-ci par une autorité incompétente. Il est question de savoir par rapport à la
matière s 'il s'agit d 'une bonne décision.
En vertu de l'article 48 de l'ordonnance 1981, pour qu'un mariage soit valide, il doit être célébré par l'officier d'état
Civil. Or, dans le cas d’espèce, le mariage a été célébré par un clerc. Ce qui constitue une violation de l’ordonnance et
par conséquent le premier fondement sur lequel le juge a prononcé la nullité.
En vertu de l'article 69 de l'ordonnance 1981, les deux parties doivent être présentes au lieu de la cérémonie avant
que le mariage ne soit célébré. Mais dans le cas d’espèce, le défendeur était absent au lieu de cérémonie et avait
envoyé un représentant. Les seules exceptions tolérables de l’article 69 sont prévus aux articles 66 de la même
ordonnance qui autorisent à une partie d'être absente au lieu de la cérémonie en cas de danger imminent de mort; ici le
consentement peut être donné par le père, la mère, la sœur, le frère, le responsable coutumier et I'article 67 qui est une
autre exception où le président de la république peut autoriser la célébration d 'un mariage sans la présence une des
parties. Le cas Abili v. Abili n'étant pas conforme ni au principe ci-dessus ni à ses exceptions, il y a violation de la loi.
Il s'agit là du deuxième élément sur lequel le juge s'est fondé pour décréter la nullité. Au-delà de tout ce qui vient
d'être développé, on peut affirmer que la décision du juge Anyangwe est conforme au droit dans la mesure où il s'est
appuyé sur la violation des textes de l'ordonnance de 1981 relatifs à l'Etat civil pour prononcer la nullité. Voir dans le
même sens l’affaire Albert Che Neba v. Suzane Embelle
Question 4: Distinguish between the incapacity to consummate a marriage and the wilful refusal (distinction entre
l’incapacité de consommer le mariage et le refus volontaire de consommer le mariage)
Réponse Un mariage annulable est un mariage qui existe jusqu'à ce qu'un jugement l'annulant soit prononcé par une
juridiction compétente. Certaines raisons peuvent être évoquées pour rendre un mariage annulable à savoir:
l'incapacité de l'une des parties à consommer le mariage (article 12 (b) de la Matrimonial Causes Act (M.C.A) de
1973 et le refus volontaire à le faire (article 1 (2) (b) MCA).
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
L'incapacité ici renvoie à un obstacle physique qui empêche la relation sexuelle ordinaire. L'incapacité n'a rien à voir
avec la procréation. La consommation du mariage n'implique pas le fait d'avoir les rapports sexuels après la
célébration du mariage. Dans cette optique, peu importe qu'un enfant soit né suite aux rapports sexuels avant le
mariage comme ce fut le cas dans l'affaire Dredge v Dredge parce que la consommation peut avoir eu lieu même en
cas de stérilité des parties. De même, qu'un enfant peut naître sans relation sexuelle. C'est le cas de l’insémination
artificielle comme dans I 'affaire Clark v Clark. La nature des relations sexuelles requises a été donnée par le juge
Lunshington dans l'affaire DE v. AG où il déclare qu'elles doivent être ordinaires et complètes, c'est à dire l'acte
sexuel doit atteindre délibérément sa fin naturelle qui est le siège de la semence mâle dans le corps de la femme.
Le refus volontaire d'une partie à consommer le mariage peut annuler ce dernier sous le fondement de l’article 12 (b)
MCA. Ainsi la partie demanderesse doit prouver que le comportement de la défenderesse équivaut à une décision
ferme de le faire sans excuse légale. Dans l'affaire Jodla v. Jodla, les époux, tous deux des catholiques romains, sont
convenus qu'après le mariage à l'état civil la consommation ne pourra avoir lieu qu'après la bénédiction à l'église. Bien
que la femme demandait sans cesse au mari de préparer les cérémonies religieuses, celui-ci refusa et le mariage fut
annulé pour refus volontaire de consommer le mariage. Pour qu'il y ait refus volontaire par l'une des parties, ces
dernières doivent d'abord avoir été capables de consommer le mariage.
Question 5: Discuss the condition of marriage in family Law (discutez des conditions du mariage en Family Law)
1- Premièrement sous la forme monogamique, le mariage est perçu par Lord Penzance dans l'affaire Hyde v.
Hyde comme l'union entre un homme et une femme à l'exclusion de toute autre femme. Cette définition parait
limitée parce qu'elle ne tient pas compte du fait qu'un homme peut avoir plusieurs femmes.
2- Deuxièmement donc par conséquent, le juge Nganjé dans l’affaire Motanga v Motanga définit le mariage
comme l’union entre un homme et une femme ou plusieurs autres femmes à l'exclusion de tout autre homme.
Cette définition parait plus acceptée en ce sens qu'elle est adaptée au contexte camerounais. Ainsi, les
dispositions relatives à la validité du mariage dans le cadre du family Law, sont contenues pour l'essentiel
dans l'ordonnance du 29 juin 1981 et dans la Nigerian Marriage Ordinance. Pour qu'un mariage soit
valable donc plusieurs conditions de formes (formalities to marriage) doivent être respectées le non-respect
d'une seule entraîne la nullité
Pour qu'un mariage soit valable en family law, les conditions visées à l'article 52 de l'ordonnance de 1981 complétés
par la Nigerian Marriage Ordonnance, doivent être respectées. Il s'agit de l'âge des parties par rapport auquel
l'officier d'état civil ne peut célébrer un mariage que si la fille a au moins 15 ans et le garçon au moins 18 ans. Si les
futurs époux sont encore mineurs le consentement des parents est exigé pour la validité du mariage.
Il doit avoir absence de degré de consanguinité prohibée c'est-à-dire que les parties ne doivent pas avoir une certaine
relation familiale. Voir l'article 33 de la Nigerian Marriage ordinance. Suivant l’article 53 alinéa 3 de la Marriage
Ordinance, les parties doivent être de sexes opposés même si l'une des parties change de sexe pour faire croire qu’elle
est du sexe contraire, on considère que son sexe est celui naturellement acquis à la naissance.
Les parties ne doivent pas déjà avoir contracté d'autres mariages tout court pour la femme et monogamique pour
l'homme. Si non on parlera de bigamie et le second mariage sera nul. Suivant l'article 52 de l'ordonnance de 1981, les
parties doivent donner pleinement leur consentement sans pression extérieur si non le mariage sera nul: les parties
doivent avoir un esprit sain. Ainsi, celui qui se marie doit être capable de comprendre qu'il s'engage dans une
cérémonie du mariage. Sinon on conclura qu'il ne comporte pas la nature du contrat. Voir la décision du juge
Singleton dans Estate of Park 1953 tel est le cas lorsque l'homme est saoul pendant une cérémonie de mariage.
Suivant les dispositions de l’article 48 de l'ordonnance de 1981, le mariage doit être célébré par un officier d'état
civil. Tout mariage célébré par une autorité incompétente sera nul. Voir l'affaire Abili v Abili où le mariage a été
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
célébré par un clerc mais l'une des parties n'était pas présente au lieu des cérémonies. Le juge Anyangwe a prononcé
la nullité du mariage voir aussi l’affaire Albert Che Neba v Suzan Embelle où le mariage avait été célébré par un
préfet. Conformément à l'article 11 de la Nigerian Mariage Ordonnance en méconnaissance de l'ordonnance du 11
Juin 1968 (le mariage avait été célébré le 15 Juin 1971). Aux termes de l'article 69 de l'ordonnance de 1981, les
deux parties doivent être présentes au lieu de cérémonies. Ce qui n'était pas le cas dans Abili v Abili où le défendeur
était absent pendant la cérémonie du mariage. Il doit également avoir la publication des bancs c'est à dire la
publication de l'intention des époux de se marier. Voir l’affaire Biaka v Biaka. L'ordonnance de 1981 exige
également que tout mariage coutumier doit être enregistré dans le registre d'Etat civil. Et pendant la cérémonie du
mariage les parties doivent préciser le régime de leurs biens (biens séparés ou biens communs). En l'absence de
précision, la présomption est la communauté des biens. Voir l'affaire Motanga v Motanga.
Le non-respect d'une seule condition de fond ou de forme rend le mariage nul et de nul effet (ab-initio). C'est-à-dire
que dans le cas d'espèce, tous les effets découlant d'un tel mariage sont considérés comme n'avoir jamais existés. Les
enfants qui y sont nés ont le statut d'enfants naturels; la nullité est d'ordre public c'est-à-dire ne dépend pas de la
volonté des parties.
SUJETS RELATIFS AU CONSORTIUM (ces sujets seront traités aux séances de révision générale)
Question 1: Consortium entails a bundle of rights hardly capable of precise definition per Lord Reid in best v. Samuel
Fox and Co. Ltd. Discuss
Question 1: In section 1(2) (a), proof of adultery alone is not sufficient to establish divorce. Do you agree? Selon
l’article 1(2) (a) de la MCA la seule preuve d’adultère n’est pas suffisante à établir le divorce. Etes-vous de cet avis ?
Réponse Aux termes de l’article 1(2) (a) de la MCA 1973, la partie plaignante doit prouver que la partie défenderesse
a commis l'adultère et qu'elle (plaignante) trouve intolérable de continuer à vivre avec elle. Ceci signifie que la
plaignante doit non seulement prouver l'adultère commis par la défenderesse, mais aussi satisfaire la condition qu'elle
trouve intolérable de continuer de vivre avec elle. Si la loi exige que le demandeur prouve l'intolérabilité après avoir
prouvé l'adultère, c'est parce que certaines personnes sont susceptibles de tolérer l'adultère de leur conjoint.
Question 2: Discuss behaviour as a ground for divorce. (discutez du comportement comme motif du divorce)
Réponse Un recours en divorce dans l'ancien Cameroun occidental ne peut être fait que si le mariage est valable, c'est-
à-dire si les parties remplissent les conditions de fond et de forme du mariage. La loi qui régis les contentieux de
divorce dans l’ancien Cameroun occidental est la Matrimonial Causes Act de 1973. Ainsi selon l’article 1 (1) de cette
loi, le tribunal rend le divorce pour un seul motif à savoir la rupture irréparable du mariage. Mais pour prouver cette
rupture, le demandeur doit établir l'un des cinq (5) indicateurs contenus dans l’article 1(2), alinéa (a) à (e) de la MCA
de 1973. Seul l’article 1(2) (b) concernant le comportement fait l'objet de notre étude.
En effet, cette section dispose que la partie défenderesse s'est comportée de façon qu'elle ne puisse raisonnablement
plus attendre de continuer à vivre avec elle. Dans l’ancien Cameroun occidental, les tribunaux semblent avoir préféré
le terme cruauté utilisé par l'ancienne loi, au lieu de mauvais comportement. Le juge UMROD dans l'affaire
PHESANT V.PHESANT pensait que pour intenter avec une action suivante l’article 1(2)(b) de la MCA 1973, la
partie demanderesse doit prouver que le comportement de l'autre (défenderesse) était grave et sérieux. Il peut y avoir
ainsi ;
La violence physique. Elle est facile à prouver. Par exemple dans les affaires Njuaka v Njuaka et
Sandjo v. Sandio où la partie défenderesse battait impitoyablement sa femme le tribunal n'éprouvera
pas de peine à accepter un recours en divorce. Mais si le comportement résulte d'une provocation, il
n'y a pas violence physique comme dans l'affaire Engo v. Engo
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Les injures abominables. Si l'un des conjoints fait usage d'un langage injurieux ou méprisable devant
l'autre, ceci sera considéré comme mauvais comportement. Ainsi dans l'affaire NDUMU v NDUMU
le mari savait que sa femme souffrait d'une hypertension, ce qui l'amenait à lui dire que lorsqu'elle va
mourir, elle ne sera pas enterrée, mais dégustée par les chiens. De même, dans l'affaire OLAF v.
OLAF Monsieur OLAF avait dit à sa femme qui était enceinte qu'elle ne donnera pas naissance à un
bébé, mais à un chat ayant quatre pattes.
Les fausses accusations. C'est lorsque l'un de deux époux accuse l'autre à tort. Par exemple dans
l'affaire ELAD v ELAD, la femme avait accusé le mari et cela a été considéré comme un mauvais
comportement et a été par conséquent constitutif du divorce.
COMMENTAIRE D’ARTICLES
Dans cet exercice, nous nous focaliserons principalement sur les articles 1(2)(a); 1(2)(b); 1(2)(c); 1(2)(d) et 1(2)(e)
de la Matrimonial Cause Act de 1973
En family law il existe cinq causes de divorce et celles-ci sont contenues dans les articles sus évoqué. Généralement
les épreuves de family law contiennent toujours l'une ou l'autre de ces parties, un étudiant intelligent pourrait
commencer par situer la question posée par rapport à I élément causant le divorce contenu dans ledit article même si
deux articles sont posés dans la même question, procéder ainsi pour les deux articles (à l’introduction) par la suite, il
pourra développer les circonstances qui caractérisent cette cause illustrée dans I' article appuyé par des cas, et si
possible, dites dans quelle circonstance le défendeur peut avoir raison.
Le plus important dans les commentaires de ces articles plus précisément, est de comprendre qu'à chaque disposition
contenue aux articles 1(2)(a) à 1(2)(e), correspond une cause de divorce précise qu'il convient de développer avec
précision dans le but de cerner les contours de chaque cause.
Aux termes de l'article 1(2)(a), pour que le divorce soit prononcé sur la base de l' adultère, il faudrait qu'en
plus de I' adultère qu'il y est un élément qui rende le continuité du mariage impossible: on parle de l'élément
intolérable.
Selon l'article 1(2)(b) de la Mairimonial Causes Act de 1973, le divorce peut également être prononcé sur la
base du mauvais comportement comme c'était le cas dans l'affaire NDUMU v NDUMU où le mari avait
perpétrer à l' endroit de sa femme des injures abominables selon lesquelles sachant que sa femme souffrait
d'une hypertension cela ne le dispensa pas de dire à celle-ci que lorsqu'elle va mourir elle ne sera pas enterrée
mais dégustée par des chiens
Selon les dispositions de l'article 1(2) (c) le divorce peut être établi sur la constatation de la désertion de l'un
des conjoints du foyer conjugal
Suivant l'article 1(2) (d) de la MCA le divorce peut être prononcé après que les parties ont vécu séparément
pendant deux ans et le défendeur a consenti au divorce –
Aux termes de l'article 1(2)(e) le divorce peut enfin être prononcé corps de cinq ans en l'absence du
consentement du défendeur au divorce après une séparation de
Question 3: Commentez l'article 1(2) (a) et l'article 1(2) (b) de la MCA de 1973 (discuss S1 (2) (a) and S1 (2) (b)
MCA 1973)
Selon les dispositions de l'article 1 alinéa 1 de la MCA de 1973 le divorce peut être prononcé sur la base de l'article
1(2) (a) de la MCA de 1973 qui parle de l'adultère et mauvais comportement chacune de ces causes de divorce en
family law qu'il convient de développer pour examiner leurs contours aussi bien suivant la position anglaise que
l'intolérabilité et l'article 1(2)(b) qui parle du mauvais comportement. Chacun de ces articles constitue pour sa part
une cause du divorce en Family Law qu’il convient de développer pour examiner leurs contours aussi bien selon la
position anglaise que celle camerounaise.
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Aux termes de l'article 1 (2) (a) le plaignant ne doit pas seulement prouver qu'il y a eu adultère mais il doit démontrer
l'existence d'un élément intolérable qui rende a du mariage impossible. Il s'agit ainsi de la position du droit anglais
dont Ia jurisprudence na pas été d’accord sur le fait intolérable pour certains juges, le fait intolérable doit être
indépendant de l’acte d’adultère comme dans l’affaire Goodrich v Goodrich où le juge Faulks a adopté cette position.
Pour d'autres juges, le fait intolérable devait être considéré comme une conséquence de l'adultère ; voir l'affaire Roper
v Roper position adoptée par le juge Lyord. La décision du Juge Faluks a été adoptée par la cours d'appel dans
l'affaire Carr v. Carr et Cleary v. Cleary
Au Cameroun par contre, l'adultère est considéré comme une cause péremptoire du divorce une fois qu'il est constaté,
le divorce est prononcé sans toutes autres forme de procès voir les affaires MBiaffe v. MBiaffe, Mahop v. Mahop,
Noumessi v Noumessi etc. Sur la question de l'adultère comme cause de divorce, les positions anglaises et
camerounaises sont différentes.
Suivant l'article 1(2) (b) de la MCA, de1973 le divorce peut être prononcé sur la base du mauvais comportement de
l'une des parties ayant eu des effets sur l'autre partie, qui ne veut plus que le mariage continue. Cette définition a été
éclairée par le juge Baker dans l'affaire Katz v. Katz où les tribunaux camerounais ont préféré le mot cruauté à la place
de comportement. Le mauvais comportement d'un conjoint peut s'apprécier au niveau de la violence physique ; voir
les affaires Niuaka v. Njuaka et Sanio v. Sanjo il peut aussi s'agir des propos injurieux et abominables. Voir affaire
Ndumu v, Ndumu; il peut également s’agir des fausses accusations voir les affaires Ndoh v. Ndoh et Ela v. Ela, et il
peut s’agir enfin de l'influence des tiers voir les affaires Enie v.Enie et Mendi v. Mendi
INDICATION DU PLAN
Ici, situé l'article à l'introduction comme renvoyant à la désertion comme cause du divorce, ensuite définir le divorce
comme le retrait injustifié de I' une des parties du foyer matrimonial sans le consentement de l'autre partie, avec I'
intention de vivre séparément.
Dans les développements montrer surtout que la désertion en dehors de l'absence physique de l'une des parties peut
également être l'absence de subvention aux obligations matrimoniales même vivant ensemble.
INDICATION DU PLAN
Ici, il faut situer les deux articles à l'introduction comme cause de divorce sur la base de la séparation de corps pendant
deux ans avec consentement du défendeur article 1(2) (d) ou séparé de corps sur l'étendu de cinq ans en l'absence de
consentement du défendeur (article 1(2) (e). Le développement de ces causes aura trait à la partie du cours qui
contient ces articles
Question 6 Describe the concept of consortium in family law (décrire le concept de consortium en Family Law)
Réponse le juge BROMLEY déclarait que le consortium signifiait vivre ensemble comme mari et femme avec toutes
les conséquences qui découlaient de cette relation c'est en cela que les droits et les obligations des époux sont résumés
sous la notion de consortium.
En général, ces obligations réciproques sont supposées être remplit lorsque les parties vivent ensemble. Et cette
réciprocité est renforcée en droit codifié. Il peut donc en écouler plusieurs conséquences relatives au consortium
Dans l’affaire, BEST v. SAMUEL FOX, Lord REID définie cette vie commune de droit et d'obligation. En cela nous
pouvons présenter quelques-uns:
- Le droit d'utiliser le nom du marié confère affaire ACHU RACHEL v. EDWIN AKUM TETANG Les
compétences maritales (lire le cas ARGYLL v. ARGYLL)
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TRADUCTION DE FAMILY LAW 2021_____________________________________________Proposée par Saïd
Question 7 Describe consommation of mariage Under english Law (confère cour sur le mariage)
Définir la notion de consommation du mariage établie par le docteur LUSHINGTON dans l'affaire D.E. v.
ATTORNEY GENERAL « comme le rapport sexuel ici dans le vrai sens du mot est celui complet quand le marie
arrête l'acte du rapport avant que cela n'atteigne sa fin naturelle qui est le passage de la semence male dans le
corps de la femme »
- Montrer que cette définition pose des difficultés comme dans les affaires Baxter v Baxter ; CACKET
V.CACKET ; R.V.R
- Mentionner aussi les hypothèses d'incapacité de consommer le mariage comme dans l'affaire HARTHAN v
HARTHAN et l'hypothèse du refus volontaire de consommer le mariage comme dans l'affaire LVL v SVS
Question 8 With the help of decided cases in England and Cameroon state and explain 1(2) (a) of the matrimonial
causes act 1973
Réponse: Aux termes de l'article 1(2) (a) de la MCA 1973, pour que le divorce soit prononcé sur la base de l'adultère,
il faudrait qu'en plus de l'adultère qu'il y ait un élément qui rende la continuité du mariage impossible : on parle donc
de l'intolérabilité. Ici le plaignant ne doit pas seulement prouver qu'il y'a eu adultère mais aussi démontrer l'existence
d'un élément rendant intolérable la continuité de la vie conjugale. Il s'agit là de la position anglaise que la
jurisprudence n'a pas partagée. Pour certains juges, le fait intolérable doit être indépendant de l'acte qualifié d'adultère
comme dans l'affaire GOODRICH v GOODRICH où le juge FAULKS a adopté cette position. Pour d'autres, le fait
intolérable devrait être considéré comme une conséquence de l'adultère comme ce fut le cas dans l'affaire ROPER v.
ROPER ; Par ailleurs au Cameroun l'adultère est considère comme une cause péremptoire te une fois constaté, le
divorce est prononcé sans autre forme de procès. Voir ainsi les affaires MBIAFFE v. MBIAFFE, NOUMESSI v
NOUMESSI, Sur la question de l'adultère comme cause du divorce, il est donc clair que les positions anglaises et
camerounaises sont contradictoires
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