équipe d'externalisateurs ne sera pas au complet, utilisez
une boîte postale mais omettez le « BP » et indiquez
l'adresse du bureau de poste.
Allez et incarnez le professionnalisme avec une image bien
conçue. La taille perçue compte.
LE DÉFI CONFORT
Se reposer dans des lieux publics (2 jours)
C'est le dernier « défi confort », juste avant le chapitre consacré au tournant le
plus inconfortable pour la plupart des souris et des rats de bureau : négocier
un accord de télétravail. Comme d'habitude, il se veut amusant et instructif.
En l'occurrence, il va nous permettre de démontrer, preuves à l'appui, que les
règles suivies par la plupart des individus ne sont rien d'autre que des
conventions sociales.
Or donc, se reposer dans un lieu public. Ça a l'air facile, pas vrai ? J'ai
acquis auprès de mes amis, je dois l'avouer, une certaine réputation en la
matière. Voici donc le marché et peu importe que vous soyez un homme ou
une femme, jeune ou vieux, français ou martien. J'appelle la chose suivante
une « sortie ».
Une fois par jour pendant 2 jours, allongez-vous par terre dans un lieu
public. L'heure du déjeuner est idéale. Trottoir, café, bar… vous avez le
choix, pourvu qu'il y ait du monde. Aucune technique particulière n'est
nécessaire. Contentez-vous de vous allonger et de rester sur le sol sans parler
pendant environ 10 secondes, puis relevez-vous et poursuivez ce que vous
étiez en train de faire. J'ai longtemps pratiqué la chose dans les boîtes de nuit
pour pouvoir danser le hip-hop. Tomber raide par terre produisait toujours
beaucoup plus d'effet que de demander poliment la permission.
Ne donnez aucune explication. Si quelqu'un vous pose la question,
contentez-vous de répondre : « J'ai juste eu envie de m'allonger. » Moins
vous en direz, plus l'expérience sera drôle et plaisante. Partez en missions
solo les deux premiers jours et par la suite, si le cœur vous en dit, entraînez
des amis avec vous. Cela devient une émeute.
Il ne suffit pas de penser autrement. Habituez-vous à agir hors des sentiers
battus.
ART DE VIVRE MODE D'EMPLOI
Après avoir lu les passages du livre consacrés à l'externalisation, je me suis
dit que l'idée était bonne mais que ça ne marcherait jamais pour moi. J'ai
tout de même décidé de me jeter à l'eau, le reste du livre « tapant en plein
dans le mille ». Au lieu d'envoyer mon argent à l'étranger, j'ai décidé de le
faire circuler aux États-Unis et j'ai donc demandé à ma nièce, une geek de
génie, d'expérimenter la théorie. Travailler avec elle est une expérience
formidable, j'y ai gagné énormément de temps et elle, un revenu non
négligeable. Au total, il semblerait donc que j'aie tous les avantages de
l'externalisation, sans les tracas. Sans compter qu'inculquer de sains
principes à un jeune esprit est bien dans la philosophie de ton livre... Ken
D.
***
Salut Tim. Il y a quelque temps, tu as mentionné www.weebly.com
(création de blogs et de sites Internet). Merci ! J'ai créé tous mes sites
muses avec weebly ! Un autre tuyau : les groupes Facebook couvrent
toutes les niches imaginables ou presque. Voici donc ce que j'ai fait. (1)
Trouver un groupe susceptible d'acheter ma muse. (2) Envoyer un courriel
à chaque admin en leur expliquant en quoi ma muse pourrait être utile à
leur groupe. Puis leur demander poliment d'en dire deux mots dans la
section « Actualités » du groupe. L'indice de confiance est meilleur que
pour une inscription sur un mur, et l'information y reste jusqu'à ce que
l'admin la supprime (publicité gratuite). Cent fois mieux qu'un billet sur un
mur ! Un des administrateurs a acheté ma muse, publié mon message dans
la section « Actualités » du groupe et envoyé un courriel à tous les
membres en leur disant d'aller voir mon site. Gavin
Notes
a. Richard Tedlow, Giants of Enterprise : Seven Business Innovators and the
Empires They Built, HarperBusiness, 2003.
b. Ce passage est adapté de l'article « The Remote Control CEO », Inc.,
octobre 2005.
c. Ou, pour mieux dire, je suis le fantôme dans de nouvelles machines, ayant
vendu BrainQUICKEN à une société d'investissement en 2009.
d. Joseph Sugarman, Advertising Secrets of the Written Word, DelStar Books,
1998.
e. Selon la méthode de calcul (nombre de véhicules ou chiffre d'affaires),
certains prétendent que c'est la Coccinelle originale de Volkswagen qui
l'emporte.
É T A P E IV
Briser les chaînes
Mieux vaut se tromper librement que d'avoir raison enchaîné.
Thomas H. HUXLEY, biologiste anglais, surnommé le « bouledogue de
Darwin »
12
Chapitre
La disparition
Prendre la clé des champs
En travaillant loyalement 8 heures par jour, vous finirez peut-être par
devenir patron et par travailler 12 heures par jour
– Robert FROST
Sur ce chemin, c'est seulement le premier pas qui compte
– SAINT JEAN-BAPTISTE-MARIE VIANNEY
Palo Alto, Californie
« Il est hors de question que nous prenions en charge les factures de
téléphone. »
« Je ne vous le demande pas. »
Silence. Puis un hochement de tête, un éclat de rire et un sourire en coin,
résigné.
« D'accord, en ce cas, c'est parfait. »
Et voilà, l'affaire était réglée. Daniel Camarillo, 44 ans et 20 ans de
salariat derrière lui, avait trouvé le Sésame et commençait sa deuxième vie.
Il n'avait pas été mis à la porte. On ne l'avait pas non plus agoni d'injures.
Son chef donnait l'impression de plutôt bien s'accommoder de la situation.
Certes, Daniel faisait son travail et tenait dignement sa place dans les
réunions avec les clients, mais tout de même, il venait de passer un mois en
Chine sans le dire à personne.
« Ça a été beaucoup moins difficile que je ne l'aurais pensé. »
Daniel est l'un des quelque 10 000 salariés qui travaillent chez Hewlett-
Packard et – allez comprendre – il en est très heureux. Il n'a aucune envie de
créer sa propre entreprise et son poste de conseiller technique international lui
convient parfaitement. Il y a 6 mois, toutefois, il est tombé sur un os.
Elle mesurait 1 mètre 63 et pesait 55 kilos.
Rien à voir avec la peur de s'engager, ou de ne plus pouvoir déambuler
tranquillement chez lui en caleçon Spider Man. Non. Daniel était au-delà de
tout ça, fou amoureux et prêt à faire sa demande. Le hic, c'est que Daniel
n'avait plus de jours de vacances et que sa promise ne vivait pas tout près… à
plus de 8 000 kilomètres de là, en fait.
Il avait fait sa connaissance lors d'une visite à un client en Chine, à
Shenzhen, et l'heure était venue de rencontrer ses parents, problèmes
logistiques ou pas.
Il n'y avait que quelques semaines que Daniel avait obtenu son accord de
télétravail et, ma foi, son chez soi n'est-il pas là où est le cœur ? Un billet
d'avion et un téléphone GSM tribande plus tard, il était quelque part au-
dessus du Pacifique, en route pour sa première expérience d'une semaine. À
douze créneaux horaires de là, il demanda en mariage l'élue de son cœur et
elle accepta, sans que personne n'en sache rien aux États-Unis.
Sa deuxième exploration fut un voyage découverte d'un mois de la famille
et de la cuisine chinoises, qui s'acheva en apothéose : Shumei Wu devint
Shumei Camarillo. À Palo Alto, HP poursuivait sa quête de la domination du
marché mondial et personne ne savait ni ne se préoccupait de savoir où se
trouvait Daniel. Ses appels téléphoniques étaient transférés sur le téléphone
mobile de sa femme et tout allait bien.
Après avoir espéré le meilleur et craint le pire, voilà donc Daniel de retour
aux États-Unis, ses premiers galons de nomade en poche. L'avenir s'annonce
passionnant. Il va commencer par passer deux mois en Chine tous les étés
avant de se rendre en Australie et en Europe, histoire de rattraper le temps
perdu, le tout, avec le soutien inconditionnel de son chef.
Comment a-t-il réussi à briser ses chaînes ? En demandant pardon, pas la
permission.
« Pendant 30 ans, je n'ai pas fait un seul voyage – alors, pourquoi pas ? »
C'est très exactement la question que chacun devrait se poser : pourquoi
pas ?
Le plaisir du naufragé
La classe aisée du temps jadis avec châteaux, foulards en soie et petits
toutous exaspérants se caractérise par son ancrage dans des lieux donnés. Pff.
L'été à Saint-Trop', c'est tellement années 1980.
La relève est en marche. À la classe moyenne, la sédentarité ; aux
Nouveaux Bienheureux, un pouvoir qui ne se mesure pas en nombre de
pièces d'or : la mobilité absolue. La chose n'est pas réservée aux propriétaires
de start-up et autres électrons libres. Les salariés eux aussi peuvent la
conquérira.
Qui plus est : un nombre croissant d'entreprises souhaitent qu'il en soit
ainsi. BestBuy, le géant de l'électronique grand public, propose des
expériences de télétravail à des milliers d'employés de son quartier général et
affirme que non seulement ses coûts ont diminué, mais que les résultats ont
progressé de 10 à 20 %. Le nouveau mantra : travaillez où vous voulez et
quand vous voulez, mais faites votre boulot.
Au Japon, un zombie en costume trois pièces qui rejoint le train-train du
9 h-19 h tous les matins s'appelle un « sarariman » (salarié) et, au cours des
dernières années, un nouveau verbe est né : datsu-sara suru, échapper (datsu)
au mode de vie « sarariman » (sara).
À votre tour d'apprendre la danse du datsu-sarab.
Échangerais patron contre bière : Oktoberfest, une étude de cas
Pour créer les conditions de notre libération, il nous faut deux choses :
démontrer les avantages du travail à distance pour l'entreprise et faire en sorte
qu'il soit plus facile et/ou plus profitable pour celle-ci d'accéder à notre
requête que de nous opposer une fin de non-recevoir.
Vous vous souvenez de Tom ?
Ses tee-shirts rayés marins commencent à bien se vendre et il est impatient
de quitter les États-Unis pour une promenade à travers le monde. Sa
trésorerie se porte comme un charme, donc, pas de problème de ce côté-là. En
revanche, il lui faut absolument échapper à la supervision permanente de son
employeur avant de pouvoir mettre en place les outils qui lui permettront de
réaliser son premier chronorêve.
Tom est ingénieur mécanicien et il produit deux fois plus de dessins en
deux fois moins de temps depuis qu'il a supprimé 90 % des interruptions et
autres tâches chronophages. Ce bond quantique n'a pas échappé à ses
superviseurs et sa valeur pour l'entreprise a augmenté – en d'autres termes, se
passer de sa collaboration coûterait plus cher. Tom dispose donc désormais
d'une marge de négociation supplémentaire. Et il a veillé à garder sous le
coude une réserve de productivité de façon à pouvoir afficher une nouvelle
progression durant une période d'essai de télétravail.
Dans la mesure où il a éliminé rendez-vous et réunions, 80 % de sa
communication avec son chef et ses collègues se passent par courriel, le reste
par téléphone. Il a aussi utilisé les astuces du chapitre 7 pour diviser par deux
le volume des courriels répétitifs et sans importance. De la sorte, d'un point
de vue managérial, le passage au travail à distance se remarquera moins, s'il
se remarque tout court.
Tom orchestre son évasion en cinq étapes, entre juillet et octobre, avec un
séjour de 15 jours à Munich à l'occasion de la fête de la Bière en guise de test
final… en attendant, naturellement, de nouvelles aventures.
Étape 1 : augmenter l'investissement
Il a un premier rendez-vous avec son chef le 12 juillet au cours duquel il
exprime le souhait de suivre un cours de formation (dessin industriel) de
4 semaines. Il veille, naturellement, à mettre en avant les bénéfices pour son
chef et pour l'entreprise (il réduira le nombre d'allers-retours entre services et
augmentera à la fois les résultats pour le client et le temps à facturer). Tom
veut que l'entreprise investisse le plus possible sur lui pour que la perte soit
plus grande s'il démissionne.
Étape 2 : montrer qu'il est plus performant en dehors du bureau
Deuxièmement, Tom se fait porter pâle le mardi et le mercredi suivants, les
18 et 19 juillet, afin d'apporter la preuve de sa productivité lorsqu'il travaille
depuis son domicilec. Il choisit le mardi et le mercredi pour deux raisons : on
ne peut pas le soupçonner de vouloir s'offrir un week-end prolongé et il
montre qu'il est capable de travailler seul dans son coin pendant la semaine. Il
veille à multiplier son rendement par deux, se débrouille pour que son chef le
remarque et consigne ses résultats par écrit afin de pouvoir s'en servir lors de
futures négociations. Dans la mesure où il travaille avec un logiciel de
conception assistée par ordinateur coûteux qui n'est disponible que sur son
ordinateur au bureau, Tom installe une version d'essai gratuite du logiciel
d'accès à distance GoToMyPC de façon à pouvoir piloter son ordinateur
depuis son domicile.
Étape 3 : établir un argumentaire des bénéfices quantifiables
pour l'entreprise
Troisièmement, Tom prépare un bilan chiffré et argumenté de ces 2 jours de
travail à domicile. Il doit présenter le télétravail comme une décision
économiquement pertinente pour l'entreprise et non comme un avantage
personnel. En l'occurrence, il a exécuté trois dessins de plus par jour que sa
moyenne habituelle et augmenté de 3 heures le temps à facturer au client. Il
explique qu'il a été moins dérangé dans son travail qu'au bureau, et qu'il a mis
à profit le temps économisé en transport.
Étape 4 : proposer une période d'essai révocable
Quatrièmement, fort d'avoir accompli les défis confort des chapitres