I.
Première Crise de Berlin (Blocus de Berlin, 1948-1949)
1. Contexte historique
▪ Division de l’Allemagne : Après la 2nde Guerre mondiale, l'Allemagne fut divisée en quatre
zones d'occupation par les puissances alliées : les États-Unis, l'Union soviétique, le
Royaume-Uni et la France.
Berlin, située en zone soviétique, fut également divisée en quatre secteurs.
▪ Différentes approches de la reconstruction : Les zones occidentales (États-Unis, Royaume-
Uni, France) mirent en place des politiques de reconstruction axées sur une économie de
marché, tandis que la zone soviétique opta pour une économie planifiée.
▪ Début de la guerre froide : Les tensions entre les anciens alliés se cristallisèrent autour de
leurs divergences idéologiques et économiques, marquant le début de la Guerre froide.
2. Déroulement du blocus
▪ Introduction du Deutsche Mark : En juin 1948, les Alliés occidentaux introduisirent une
nouvelle monnaie, le Deutsche Mark, dans leurs zones d'occupation pour stabiliser
l'économie allemande.
Cette décision fut perçue par l'URSS comme une menace directe à son influence.
▪ Blocus soviétique : En réponse, Joseph Staline ordonna le blocus de tous les accès terrestres
et fluviaux à Berlin-Ouest, espérant forcer les Alliés occidentaux à abandonner la ville.
Pont aérien de Berlin :
▪ Organisation : Les États-Unis, dirigés par le président Harry S. Truman, et leurs alliés mirent
en place un pont aérien massif pour ravitailler Berlin-Ouest.
▪ Opérations : Pendant près d'un an, des avions américains et britanniques transportèrent des
millions de tonnes de nourriture, de charbon et d'autres fournitures essentielles.
À son apogée, un avion atterrissait à Berlin toutes les quelques minutes.
▪ Solidarité : La population de Berlin-Ouest montra une grande résilience et solidarité,
soutenue par le gouverneur de Berlin-Ouest, qui exhorta le monde libre à soutenir la ville.
3. Conséquences
▪ Échec du blocus : En mai 1949, face à l'efficacité du pont aérien et à la détermination des
Berlinois de l'Ouest, Staline leva le blocus.
▪ Division durable : La crise accéléra la division de l'Allemagne, menant à la création de la
République fédérale d'Allemagne (RFA) à l'Ouest et de la République démocratique
allemande (RDA) à l'Est.
▪ Renforcement des alliances : Cette crise précipita la formation de l'Organisation du Traité
de l'Atlantique Nord (OTAN) en avril 1949, consolidant l'alliance militaire entre les États-
Unis et l'Europe de l'Ouest.
▪ Symbolique de la guerre froide : Le blocus et le pont aérien de Berlin devinrent des
symboles puissants de la lutte entre le monde libre et le communisme.
II. Deuxième Crise de Berlin (Construction du Mur de Berlin, 1961)
1. Contexte historique
▪ Exode de l'Est vers l'Ouest : Entre 1949 et 1961, environ 2,7 millions d'Allemands de l'Est
fuirent vers l'Ouest, via Berlin, menaçant la stabilité économique et politique de la
République démocratique allemande (RDA).
▪ Tensions internationales : La fuite massive de citoyens qualifiés embarrassait le régime de
Walter Ulbricht et les dirigeants soviétiques.
Le leader soviétique Nikita Khrouchtchev chercha une solution pour stopper cet exode.
▪ Échec des négociations : Les tentatives de Khrouchtchev pour neutraliser Berlin et obtenir
des concessions des États-Unis sous le président John F. Kennedy échouèrent, aggravant
les tensions.
2. Événements de la construction du mur
▪ Décision de construire : Le 12 août 1961, les autorités est-allemandes, soutenues par
Khrouchtchev, décidèrent de construire une barrière pour stopper l'exode vers l'Ouest.
▪ Barrière initiale : Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, des barrières de fil barbelé furent
dressées autour de Berlin-Ouest, rapidement remplacées par une structure en béton.
▪ Renforcement : Le mur fut progressivement renforcé, avec des segments en béton, des
miradors, des tranchées, et une "zone de la mort" surveillée par des gardes armés.
Réactions internationales :
▪ Stupeur et condamnation : Le monde occidental, choqué, condamna cette action.
John F. Kennedy réaffirma l'engagement des États-Unis envers Berlin-Ouest.
▪ Équilibre précaire : Bien que les tensions augmentent, ni les États-Unis ni l'URSS ne
souhaitaient une escalade militaire directe à ce stade.
3. Conséquences humaines et politiques
▪ Séparation brutale : Des milliers de familles et de communautés furent brutalement
séparées. La vie quotidienne à Berlin devint extrêmement difficile pour ceux qui avaient des
proches de l'autre côté du mur.
▪ Symbolisme de la division : Le Mur de Berlin devint le symbole le plus concret et visible
de la division de l'Europe entre l'Est communiste et l'Ouest capitaliste.
▪ Discours de Kennedy : En 1963, John F. Kennedy visita Berlin-Ouest et prononça un
discours exprimant la solidarité des États-Unis avec les Berlinois de l'Ouest et renforçant la
position américaine.
▪ Chute du mur : La chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, résulta de la pression des
mouvements populaires et des réformes en Europe de l'Est.
Cet événement marqua le début de la fin de la Guerre froide et ouvrit la voie à la réunification
allemande en 1990.
III. Crise des missiles de Cuba (1962)
1. Contexte historique
▪ Révolution cubaine (1959) : Fidel Castro renversa le régime de Batista, instaurant un
gouvernement communiste à Cuba.
En raison des tensions croissantes avec les États-Unis, Castro se rapprocha de l'Union
soviétique.
▪ Tensions américano-cubaines : L'échec de l'invasion de la Baie des Cochons en 1961, où des
exilés cubains soutenus par la CIA tentèrent de renverser Castro, renforça la détermination
de Cuba à se défendre contre toute agression américaine.
2. Déroulement de la crise
▪ Découverte des missiles : En octobre 1962, des avions espions U-2 américains découvrirent
des bases de missiles soviétiques en construction à Cuba.
Ces missiles nucléaires représentaient une menace directe pour la sécurité des États-Unis.
Réponse américaine :
▪ Blocus naval : Le président John F. Kennedy annonça un blocus naval autour de Cuba pour
empêcher l'arrivée de nouveaux missiles et exigea le démantèlement des sites existants.
▪ Négociations tendues : Les tensions culminèrent pendant 13 jours, avec un risque élevé de
conflit nucléaire. Les communications directes entre Kennedy et le leader soviétique Nikita
Khrouchtchev furent cruciales pour désamorcer la crise.
Résolution :
▪ Accord secret : L'URSS accepta de retirer les missiles en échange de la promesse américaine
de ne pas envahir Cuba et du retrait secret des missiles américains en Turquie.
3. Conséquences
▪ Détente temporaire : La crise marqua un tournant dans la Guerre froide, soulignant la
nécessité de communications directes entre superpuissances pour éviter une escalade
nucléaire. La mise en place du téléphone rouge en 1963 facilitera les futures
communications directes.
▪ Course aux armements : Bien que la crise ait été désamorcée, elle accéléra la course aux
armements et renforça les alliances militaires, exacerbant la bipolarisation mondiale.
▪ Impact politique : Kennedy sortit renforcé de cette crise, tandis que Khrouchtchev fut perçu
comme ayant capitulé sous la pression américaine, ce qui affaiblit sa position en URSS.
IV. Seconde Guerre du Vietnam (1955-1975)
1. Contexte historique
▪ Division du Vietnam : Après les Accords de Genève, le Vietnam fut divisé en deux entités
distinctes, le Nord communiste dirigé par Ho Chi Minh et le Sud soutenu par les États-
Unis.
▪ Guerre froide : Le Vietnam devint un champ de bataille idéologique dans le cadre de la
politique américaine de containment visant à empêcher la propagation du communisme en
Asie du Sud-Est.
2. Déroulement du conflit
Escalade militaire :
▪ Conseillers militaires : Les États-Unis commencèrent par envoyer des conseillers militaires
pour soutenir le gouvernement sud-vietnamien.
Stratégies et batailles clés :
▪ Guerre de guérilla : Les forces nord-vietnamiennes et les Viet Cong utilisèrent des tactiques
de guérilla, exploitant le terrain et les tunnels pour surprendre et harceler les troupes
américaines.
▪ Offensive du Têt (1968) : Cette offensive massive menée par le Nord-Vietnam et les Viet
Cong attaqua de nombreuses villes sud-vietnamiennes.
Bien que militairement un échec pour le Nord, elle marqua un tournant psychologique en
montrant que la victoire américaine n'était pas imminente.
Opinion publique et retrait :
▪ Mouvements anti-guerres : Les images horrifiques de la guerre, comme le massacre de My
Lai et l'utilisation du Napalm, alimentèrent un mouvement anti-guerre massif aux États-
Unis.
▪ Vietnamisation : Sous le président Richard Nixon, les États-Unis adoptèrent une politique
de "Vietnamisation", transférant la responsabilité des combats aux forces sud-vietnamiennes
tout en retirant progressivement les troupes américaines.
▪ Accords de paix de Paris (1973) : Ces accords mirent officiellement fin à la participation
américaine directe. Cependant, les combats continuèrent jusqu'à la chute de Saïgon en 1975.
3. Conséquences
▪ Impact sur la société américaine : La guerre laissa des cicatrices profondes aux États-Unis,
tant sur le plan psychologique que social, ébranlant la confiance dans les institutions et le
gouvernement.
▪ Réunification du Vietnam : La chute de Saïgon en 1975 mena à la réunification du Vietnam
sous un régime communiste.
▪ Conséquences régionales : Le conflit entraîna des bouleversements dans toute la région,
notamment au Cambodge et au Laos, avec des répercussions humanitaires et politiques
durables.
▪ Leçons de la guerre : La guerre du Vietnam devint un symbole de l'intervention américaine
et de ses limites, influençant profondément la politique étrangère américaine dans les
décennies suivantes