CHAPITRE I : Introduction au concept d'audit
Plan du chapitre
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Introduction 1
1- Définition & utilité 1
2. L'audit et l'ISO 2
3. Objectifs de l'audit qualité 4
4. Clarification terminologique de l'audit 6
4.1 Audit et évaluation 6
4.2 Audit et inspection 6
4.3 Audit et diagnostic qualité 7
4.3.1. Diagnostic qualité 7
4.3.2 Élaboration d'un plan d'action qualité détaillé 9
5. Analyse détaillée de la définition de l'audit qualité : 10
6. Différents types d’audit : 11
6.1 L’audit interne 11
6.2 Audit externe 14
Concepteurs du cours : Yassine CHAKROUN et Nizar MSELLMI
CHAPITRE I : Introduction aux concepts d'audit
Mots clefs: conformité, certification, audit interne, externe, inspection, contrôle diagnostic
qualité, plan d'actions,
Introduction
Dans le contexte de la mondialisation des marchés et du marché unique européen, il est actuellement
indispensable, pour les transactions, d’améliorer la confiance des utilisateurs (clients, consommateurs,
pouvoirs publics, etc.), dans la conformité des produits et dans la compétence des organismes qui
garantissent cette conformité.
L'audit fait l'objet d'une évaluation de l'état du système de management de la qualité (SMQ) et de ses
évolutions, de sa maturité. L'audit qualité s'applique essentiellement mais n'est pas restreint, à un
système qualité ou à des éléments de celui-ci, L'audit du système doit être complété, dans certains cas,
par un ou des audits plus spécifiques :à des procédés ou processus, à des produits ou services. De tels
audits sont couramment appelés : "audit qualité de système", "audit qualité de procédé ou processus",
"audit qualité de produit","audit qualité de service" "Audits de poste","Audits de pièces"….
L'audit d'un système participe activement au maintien et à l'amélioration continue des processus soit
en terme d'analyse des écarts (outil de mesure et/ou de surveillance), soit en terme de détermination
des objectifs au travers de plan de progrès.
1- Définition & utilité
Selon l'ISO 9000 : l'audit est un processus méthodique, indépendant et documenté permettant
d’obtenir des preuves d’audit et de les évaluer de manière objective pour déterminer dans quelle
mesure les critères d’audit sont satisfaits.
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L'objectif de l'audit est donc d'établir pour une entreprise, à un instant donné, un constat de
conformité du référentiel utilisé par l'entreprise.
« La conformité est le fait pour un produit, un processus ou un service de répondre aux
exigences spécifiées », d’après la norme EN 45020 / 98.
Le constat des écarts par rapport à ce référentiel fait l'objet de remarques sur :
) Des écarts de conformité du système audité par rapport au référentiel choisi
) L'insuffisance de formalisation de ce qui est effectivement réalisé
) Le manque d'efficacité de la mise en œuvre du système audité
La mise en évidence de ces écarts est suivie de la mise en place d'actions correctives ou préventives
lors d'identification de risques potentiels.
Faire des audits et se soumettre à l’audit, mais pourquoi ? Nous verrons (Chapitre 3) que d’une part,
c’est une obligation dans le cadre de la mise en œuvre de système de management d’organisation, basé
sur des normes ; mais si c’est obligatoire, c’est qu’il s’agit d’une contrainte indispensable pour
progresser sur des bases saines.
Nous verrons (chapitre 4) que cet examen peut être réalisé en interne comme en externe ; l’audit nous
apparaîtra comme un outil de management. Les audits internes appelés parfois première partie sont
réalisés par ou au nom de l'organisme lui-même pour des raisons internes, ils peuvent constituer la
base d'une auto déclaration de conformité.
Même si les audits les plus connus sont les audits externes (surtout, audit de certification). Il est à noter
que l'organisation de l’audit externe, qu’il soit de la part du client ou dans le cadre d’une certification,
est à préparer en interne par des audits internes qui permettent de vérifier soigneusement et
méthodiquement les pratiques professionnelles. Il est en effet rassurant de disposer d’éléments
probants pour soi-même avant de se soumettre à autrui. Ceci montre l'importance qu'a l'audit interne
pour la confiance qu'il donne à l'organisme lui-même et à ses clients.
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2. L'audit et l'ISO
L'activité d'audit peut être sollicitée à chaque fois qu'on a besoin de démontrer la conformité par
rapport à un référentiel. Les audits vont être donc des outils d'évaluation du degré de conformité par
rapport à un référentiel. L'ISO 9001, v2000 est une norme référentiel, nous pouvons (et même nous
devons comme nous allons le voire) utiliser les audits pour démontrer la conformité.
En effet la norme ISO 9001-2000 "système de management de la qualité -exigences " comprend dans
sa section 8 « Mesures, analyses et améliorations » au titre des dispositions de « Mesures et surveillance
: 8-2 » (voir chapitre 3) :
"L’organisme doit mener des audits internes à des intervalles planifiés pour déterminer si le système de
management de la qualité. Un programme d’audit doit être planifié en tenant compte de l’état et de
l’importance des processus et des domaines à auditer, ainsi que des résultats des audits précédents. Les
critères, le champ, la fréquence et les méthodes d’audit doivent être définis. Le choix des auditeurs et la
réalisation des audits doivent assurer l’objectivité et l’impartialité du processus d’audit. Les auditeurs ne
doivent pas auditer leur propre travail L'organisme doit établir et tenir à jour des procédures
documentées pour la planification et la réalisation des audits qualité internes, afin de vérifier si les
activités relatives à la qualité et les résultats correspondants sont conformes aux dispositions prévues et
de déterminer l’efficacité du système qualité.
Les responsabilités et les exigences pour planifier, mener les audits, rendre compte des résultats et
conserver des enregistrements doivent être définis dans une procédure documentée.
L’encadrement responsable du domaine audité doit assurer que des actions sont entreprises sans délai
indu pour éliminer les non-conformités détectées et leurs causes. Les activités de suivi doivent inclure
la vérification des actions entreprises et le compte rendu des résultats de cette vérification."
L'ISO (organisation internationale de standardisation) a regroupé les normes encadrant le management
environnemental. Une nouvelle norme ISO 19011 intitulée « Lignes directrices pour l'audit des
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systèmes de management de la qualité et/ou de management environnemental » a été créée pour
remplacer six normes qui disparaissent.
Il s'agit de :
) ISO 10011 parties 1, 2 et 3 relatives à l'audit des systèmes qualité et aux critères de qualification
des auditeurs qualité
) ISO 14010 spécifique aux principes généraux d'audit environnemental
) ISO 14011 spécifique aux procédures d'audit environnemental
) ISO 14012 qui fixe les critères de qualification des auditeurs environnementaux
L'ISO est entrée ainsi de façon officielle dans « l'ère du Management intégré » : la nouvelle norme
permet en effet d'introduire les nouvelles notions d'audit conjoint et d'audit combiné. La norme ISO
19011 concerne aussi bien les responsables ou les consultants Qualité/Environnement/Sécurité que
les auditeurs et les audités.
Ces « lignes directrices » conseillent sur le management de programmes d'audit, la réalisation d'audits
internes ou externes de systèmes de management de la qualité et/ou de management environnemental,
ainsi que sur la compétence et l'évaluation des auditeurs (Chapitre 5).
3. Objectifs de l'audit qualité
Le but primordial de l'audit est la mise en œuvre de la démarche de progrès par l'amélioration des
processus internes et externes.
De plus l'audit aura joué son rôle si les audités (ceux qui sont sujets de l'audit) font "leurs" les
conclusions du rapport d'audit…. et qu'ils s'approprient la finalité de l'action car se sont eux qui
réaliseront les actions correctives et non les auditeurs. Donc il ne sert à rien d'avoir raison si l'on n'est
pas écouté et compris.
Même si la norme 10011-1 "lignes directrices pour les audits qualité" n'est plus d'application, il n'est
pas inopportun cependant d'en extraire certains objectifs convoités par la mise en place d'audits :
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Déterminer la conformité ou la non-conformité des éléments du système qualité aux
exigences prescrites.
Déterminer l'efficacité du système qualité ms en œuvre, à satisfaire aux objectifs qualité
prescrits.
Donner à l'audité l'occasion d'améliorer son système qualité.
Satisfaire aux exigences réglementaires.
Permettre l'enregistrement du système qualité de l'organisme audité.
La Réalisation des audits internes se justifie donc, afin de vérifier si les activités relatives à la qualité
et les résultats correspondants sont conformes aux dispositions prévues, et de déterminer l’efficacité
du système qualité. L’audit interne n'est pas une embuscade interne. Il convient de ne pas confondre
l'audit avec des activités de surveillance de la qualité ou de contrôle conduites dans le seul but de
maîtrise d'un processus ou d'acceptation d'un produit, il permet de veiller et surveiller le système et ses
objectifs sont clairs :
1. Donner des éléments, indices, pistes pouvant contribuer à améliorer le SMQ
2. Déterminer l'efficacité, la vitalité du SMQ mis en œuvre à satisfaire aux objectifs qualité définis
3. Déterminer la conformité ou la non conformité des éléments du système de management de la
qualité aux exigences prescrites
Les objectifs de l'audit qualité étant en effet de veiller à ce que l'entité auditée respecte les 3 points
suivants:
) La conformité
) L'efficacité (un système qualité est efficace lorsqu'il permet de réaliser des produits conformes
d'une manière régulière et d'accroître la satisfaction des clients).
) l'aptitude à atteindre les objectifs
En effet l'audit met en évidence l'articulation entre les éléments suivants :
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Améliorations
Eléments stable et
instables
Dégradation
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4. Clarification terminologique de l'audit
A ce stade il est important de préciser et de clarifier certains synonymes de l’audit comme : évaluation,
inspection, audit et diagnostic.
Il est en effet important de ne pas confondre ces 4 mots :
4.1 L’évaluation
Elle vise à déterminer, d’une manière plus ou moins approximative, si la pratique est bonne ; ceci peut
se faire sous une forme plus ou moins formalisée, avec ou non l’utilisation de textes de références et
l’on enregistrera plus ou moins les résultats. Il n’est pas besoin d’être indépendant d’un service pour
l’évaluer : un chef de service peut évaluer chaque semaine si le travail se réalise correctement.
Ceci est très utile, mais guère objectif, excepté pour son besoin personnel. Dans certaines
circonstances, cette pratique, réalisée en externe, s’approche de l’audit.
4.2 L’inspection
Elle est une action de surveillance et de contrôle ; elle peut être réalisée par l’administration pour
vérifier l’application d’un code obligatoire, le respect d’une réglementation ou dans le cadre d’un
marché particulier comportant le recours à cette pratique, délégué ou non à un organisme de contrôle.
Son caractère en est contraignant.
L’audit de son côté, est une pratique rigoureuse et planifiée, utilisant une méthodologie définie et
réalisée en indépendance pour en assurer la meilleure objectivité, donc sa crédibilité et son efficacité
comme base de l’analyse. Etre connu c’est déjà bien se connaître, cela permet ensuite de mieux se
vendre et de s’améliorer.
Ces notions sont parfois croisées lorsqu’il s’agit par exemple d’audits comportant un volet
réglementaire, comme pour l’application du marquage CE sur un équipement de protection individuel
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dans le cadre de l’application d’une directive européenne via l’intervention d’un organisme certificateur
notifié (voir le cours sur La Certification) ou pour la fabrication d’un médicament avec des audits bien
spécifiques eux aussi.
4.3 Audit et diagnostic qualité
Dans l’objectif d’un audit qualité, on peut distinguer l’audit et le diagnostic qualité.
L’audit est un examen permettant d’évaluer :
ª l’existence
ª l’application d’un système qualité Æ d'un système qualité
ª l’adéquation
Par rapport à un référentiel fixé au départ.
Le but principal d’un audit est d’évaluer le besoin d’action, d’amélioration ou de correction.
L’audit est alors considéré comme un outil de progrès et il n’est :
ni une inspection,
ni un moyen de contrôle,
ni un mode de surveillance
Le diagnostic fait appel à l’expertise pour identifier les dysfonctionnements, leurs causes et les
plans d’actions correspondants. Le champ d’investigations peut aller de la politique et des objectifs
qualité aux résultats sur le terrain.
4.3.1. Diagnostic qualité
De type participatif (toute l'entreprise y est étroitement associée) et réalisé de façon organisée (planifiée
et essentiellement communiquée dans les intentions, l'esprit et les apports), le diagnostic porte sur le
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système qualité existant ou non, ou tout au moins ce qui est fait dans ce sens en mettant en évidence
les points forts et les points perfectibles de l'organisme par rapport aux exigences de la norme, mais
peut être élargi à l'organisation de l'entreprise, au style de management et à l'identification des activités
et fonctions de l'entreprise.
Ses objectifs sont de :
Ö Dresser un état des lieux de l'organisation de l'entreprise au regard de son aptitude à satisfaire les
exigences client et à s'améliorer en continue : a titre d'exemple, il s'agit lors de cette phase de poser les
questions suivantes : l'entreprise, connaît-elle ses clients ? Ses concurrents, leur position ? Quelles sont
les préoccupations qualité en interne ? Quels dispositifs (processus) dispose-t-elle pour s'assurer que le
client est pris en compte dans son activité, et ce de bout en bout, avec quels moyens et quels
objectifs ? Quelles sont les valeurs déployées au regard de ses produits, des clients notamment dans les
façons de faire ou de penser ? Quels en sont les freins, les atouts ? Quelles sont les caractéristiques du
produit, service au regard des exigences clients, est-il adapté aux exigences, au marché actuel ? Ces
interrogations permettent d'identifier des centres d'intérêt et de réflexions déjà avancées sur les aspects
qualité en place dans l'entreprise (et donc de s'appuyer dessus au lieu d'en faire table rase comme
parfois ensuite). Ne pas hésiter donc à rester quand même ouvert et à relever les fameux "y a qu'à",
"faut qu'on", exprimés en interne qui peuvent contribuer à nourrir de nombreuses réflexions par la
suite (après analyse de leur pertinence et réalisme).
Ö Identifier les écarts par rapport aux objectifs de la direction (sont-ils d'abord énoncés ?) et aux
exigences de la norme : une échelle d'évaluation peut être utilisée (ceci est un exemple) qui en estime
l'état actuel par rapport aux exigences de la norme. (1. Exigence tout à fait remplie, 2. application de
niveau acceptable, amélioration possible, 3. Application satisfaisante, amélioration conseillée, 4.
Application incomplète et peu élaborée, 5. Exigence non remplie).
En général, la restitution de ce diagnostic suit une structure pré-déterminée. Il permet aussi de :
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) de fixer les priorités d'amélioration de la qualité, et de s'assurer des capacités et des motivations
qui se manifestent dans l'entreprise pour y parvenir
) évaluer les coûts directs et indirects engendrés par la non qualité
Et surtout évaluer la faisabilité et l'opportunité du projet qualité en terme de moyens et d'augurer
ainsi le plan d'action qui s'y rapporte (priorités, moyens, volume de travail, ressources à mobiliser,
compétences nécessaires, délais).
Les acteurs de ce diagnostic concernent un expert compétent (responsable qualité ou intervenant
extérieur) et les membres du personnel.
La durée du diagnostic qualité varie selon la taille de l'entreprise, (un à deux jours pour une PME), et
se prépare : ( définition du cadre, de son étendue, communication en interne quant aux objectifs de ce
diagnostic de façon à mobiliser positivement l'ensemble du personnel (ce n'est pas un contrôle !) et à
ouvrir le dialogue et l'expression (favorable à l'identification d'axes d'amélioration : il faut avoir l'écoute
du client...interne.).
La réalisation de ce diagnostic peut adopter ces étapes :
Réunion d'ouverture
Examen sur le terrain
la réunion de clôture : réunissant les différents responsables du diagnostic pour synthèse et
donner. Elle permet d'établir un premier bilan à chaud et d'exprimer les principales constations.
Elle permet aussi de lever d'éventuelles ambiguïtés sur les écarts constatés (au regard des exigences
du référentiel "norme").
Le rapport de diagnostic avec les préconisations et recommandations.
4.3.2 Élaboration d'un plan d'action qualité détaillé
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Le diagnostic qualité comme nous l'avons vu est une analyse de la situation au moment du lancement
de la démarche. Une démarche qualité affronte les incertitudes présentes au sein de l'entreprise, elle ne
convainc pas forcement d'emblée tous les membres du personnel : elle peut avoir pour effet de
déstabiliser certaines habitudes de travail. Il est donc indispensable d'intégrer les réalités, quelles soient
humaines, techniques et matérielles de l'entreprise.
Le diagnostic réalisé situe le profil de l'entreprise vis à vis des exigences normatives et son aptitude à
satisfaire le client et à s'améliorer. Il constitue, en plus des objectifs généraux de la direction, une
référence intéressante pour élaborer un plan d'action et les échéances. L'élaboration de ce type de plan
requiert les aspects suivants :
Ö Rappeler les axes stratégiques préalablement définis lors des phases antérieures ou conjointes:
Ö Définir le plan d'action à gérer par la structure de pilotage d'après le QQCOQP (Qui ? Quoi ?
Comment ? Où ? Quand ? et Pourquoi ?) afin de décomposer le projet en tâches, affecter les
ressources et les outils utilisés. Une démarche projet s'impose à ce niveau.
ÖFaire une véritable planification stratégique formalisée au travers d'un planning spécifiant chaque
action, les services concernés, les groupes de travail impliqués et comportant des délais jusqu'à
maturité du système (avec organisation de réunions bilan pour garantir la cohérence des choix
effectués et gérer les modifications). Procéder à la validation de cette planification par la direction et le
groupe de pilotage. Une charte qualité peut être rédigée pour porter à la connaissance de tous, la trame
de la démarche, son fonctionnement et son suivi.
ÖFixer des objectifs quantifiés et datés avec affichage du calendrier de travail établi afin de préparer
l'exploitation du système qualité.
ÖÉvaluer à partir du diagnostic qualité, les moyens humains, techniques, financiers, temporels...:
administration des données et suivi des interfaces.
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ÖÉvaluer périodiquement les travaux entrepris pour déterminer leur état d'avancement et procéder le
cas échéant à des ajustements.
5. Analyse détaillée de la définition de l'audit qualité :
Revenons à nouveau à la définition de l’audit qualité.
L'audit consiste en un examen méthodique et indépendant en vue de déterminer si les activités et
résultats relatifs à la qualité satisfont aux dispositions préétablies, et si ces dispositions sont mises en
œuvre de façon efficace et aptes à atteindre les objectifs.
Méthodique : examen objectif nécessitant une préparation et basé sur des documents.
Indépendant : nécessité de disposer du recul nécessaire pour garantir l'objectivité.
L'audit qualité est donc conduit par une équipe n’ayant pas de responsabilité directe dans les secteurs à
auditer et de préférence en coopération avec le personnel de ces secteurs.
Dispositions préétablies : renvoie à la définition de l'assurance qualité. Il s'agit de l'ensemble de la
structure qualité.
Dispositions mises en œuvre de façon efficace : qui permettent de vérifier l'application des
documents d'une part et d'éviter les dispositions obsolètes (dépassées) ou non utilisées d'autre part.
ces mêmes dispositions doivent être aptes à atteindre les objectifs liés à sa politique qualité (validation
de cette atteinte des objectifs).
Les audits qualité peuvent être regroupés avec l’examen d’autres techniques : environnement, sécurité,
maintenance, etc.
L’audit est donc fondé sur un certain nombre de principes qui en font un outil efficace et fiable sur
lequel la direction peut s’appuyer pour définir ses politiques et les mettre en œuvre. L’audit fournit
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aussi des informations à partir desquelles l’organisme peut agir pour améliorer ses performances. Le
respect de ces principes est indispensable pour que les conclusions d’audit soient pertinentes et
suffisantes et pour que des auditeurs travaillant indépendamment les uns des autres parviennent à des
conclusions similaires dans des circonstances similaires.
6. Différents types d’audit :
Nous pouvons avoir trois types différents d’audits qualité ; il s’agit de :
) L’audit produits,
) L’audit processus,
) L’audit de système qualité, qui nous intéresse tout particulièrement.
L’audit système qualité se décompose en fait en 3 audits : l’audit interne ou première partie, et l’audit
externe qui peut être dit seconde partie ou de tierce partie. Ces audits sont fréquemment présentés
avec trois approches distinctes et complémentaires, nous allons voir plus après leur différence et
définition.
6.1 L’audit interne
Comme son nom l’indique, est réalisé au sein d’une organisation ; en principe par du personnel de
l’organisation elle-même, pour elle-même. Parfois ces audits sont sous-traités, mais la perspective
d’exploitation interne subsiste. Les audits internes peuvent être partiels, sur une partie de
l’organisation, par exemple "auditer le service achat". Ces audits sont qualifiés d’"audits première
partie". Dans de nombreux cas et en particulier pour les petits organismes, l’indépendance (propriété
indispensable de l'auditeur) peut être démontrée par l’absence de responsabilité vis-à-vis de l’activité à
auditer.
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Les audits qualité internes doivent être programmés en fonction de la nature et de l’importance de
l’activité soumise à l’audit. Ils doivent être conduits par des personnes indépendantes de celles qui ont
la responsabilité directe de l’activité auditée.
L’audit interne est une véritable expertise des précautions prises dans la réalisation de son activité et de
son contexte. Un programme d’audit ne s’improvise pas (nous le verrons Chapitre 4), il se raisonne à
partir des enjeux définis ; plus les activités sont conséquentes et plus elles nécessitent une planification
soignée, tenant compte des audits précédents et les domaines à auditer sont à définir précisément. Les
résultats des audits qualité internes font partie intégrante des activités de revue de direction.
Pour assurer l’indépendance lors de la définition des équipes d’auditeurs le choix des auditeurs peut
s'effectuer dans un autre service. Un auditeur d’un service étude peut ainsi aller en fabrication ou un
auditeur d’un service technique aux achats ou au service commercial. Il est ainsi logiquement
nécessaire d’avoir plusieurs auditeurs internes formés si aucune activité d’audit n’est sous-traitée (voir
chapitre 5). Par exemple, si le service qualité est responsable de la gestion des actions correctives et
préventives et du programme d’audit, ce sont des dispositions que le responsable qualité ne pourra pas
auditer lui-même.
De plus, une procédure est obligatoire sur les responsabilités, les exigences, l’indépendance, les
enregistrements à réaliser, la diffusion des résultats à la direction, son action motrice dans le domaine
des actions correctives et le bouclage effectué ; l’application doit être suivie et les résultats faire l’objet
de compte rendus examinés (tout au moins une synthèse) en revue de direction.
En résumé les points essentiels pour les audits internes sont :
) La procédure,
) La planification des audits qualité internes,
) La vérification de toutes les activités du système qualité,
) La fréquence dans la planification.
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De plus,
) L’auditeur est une personne indépendante du secteur soumis à l’audit.
) Les résultats d’audits doivent être enregistrés.
) Le service audité doit engager des actions correctives.
) Les actions correctives mises en œuvre et leur efficacité doivent être enregistrées.
Et pour la démarche d’audit interne ou externe, la marche à suivre est la suivante :
Tout d’abord il convient :
1. D’identifier les références : modèles, référentiel, …. ;
2. De vérifier la validité des références,
3. De constater la réalité,
4. De comparer la réalité aux références.
Alors il est nécessaire :
5. D’établir les conformités et les non conformités,
6. D’évaluer les non conformités,
7. De suggérer des axes de travail.
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6.2 Audit externe
Sont souvent réalisés par un client, un organisme ou consultant mandaté par le client à cet effet. Un
œil extérieur, par définition, vient examiner l’ensemble de ce qui l’intéresse. Cet examen est bien sûr
très crédible, de part les précautions prises en matière d’indépendance et de cohérence de son contexte
de programmation et de réalisation.
Le client voit alors essentiellement ce qui l’intéresse en orientant son examen à cet effet : il auditera
son fournisseur sur les aspects prioritaires au bon fonctionnement de sa relation avec lui. C’est son
intérêt propre, il tient à être rassuré sur l’aptitude de son fournisseur à le servir valablement et
durablement par exemple. On parle alors d’"audit seconde partie".
Les audits externes, réalisés pour le compte de l’ensemble des clients s’il s’agit de qualité ou de la
communauté s’il s’agit d’environnement, sont quant à eux des "audits dits de tierce partie" car
réalisés par des "tiers" indépendants des intérêts économiques directement mis en jeu ; c’est le cas des
audits de certification ou d’accréditation.
L’organisme de certification quant à lui auditera son client suivant la norme ou le référentiel choisi par
celui-ci, qui peut être une norme de management de la qualité, de l’environnement, de la sécurité ou un
référentiel orienté vers la satisfaction des besoins plus spécifiques, tels que les référentiels automobiles
(ISO/TS 16949), aéronautique, télécoms…
Le certificat délivré sur la base des conclusions de l’audit est pleinement digne de foi pour une
reconnaissance optimisée. Cette reconnaissance dépend, pour partie, d’une accréditation de
l’organisme de certification résultant d’un audit spécifique (voir Chapitre 1).
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