Climatologie et hydrologie appliquée à
l’agronomie et environnement
Partie « Hydrologie »
IV. Evapotranspiration
Alice Alonso, Ph.D.
Université catholique de Louvain – Agro Louvain
1
Avant - propos
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l’agronomie et environnement, Partim Hydrologie, Notes de cours,
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2
Plan du cours
LBIR1328A (2 ECTS)
1. Introduction et enjeux
2. Cycle de l’eau et approche Systémique pour
modéliser le bilan hydrologique
3. Precipitations (Prof. Bielders)
4. Evapotranspiration
5. Infiltration et ruissellement
6. Caractérisation physique du bassin versant
7. Caractérisation fonctionnelle du bassin versant
8. Modélisation hydrologique
Calendrier sur
9. Hydrométrie (Prof. Bielders) Moodle
10. Structures hydrauliques (Prof. Bielders)
3
1. Introduction
[Link]
[Link]
5
- Importance de l’évapotranspiration dans le cycle hydrologique
- Importance dans la régulation du climat
- Importance dans le développement végétal
6
Source: Velluet., 2014 7
2. Evaporation
Combien de joules sont
nécessaires pour évaporer 1kg
A. Processus physiques d’eau?
‣ Chaleur latente de vaporisation de l’eau λ
= quantité de chaleur nécessaire s’opposer aux forces
intermoléculaires et faire passer une unité de masse d’eau de l’état
liquide à l’état vapeur.
6 [J/kg]
λ = 2.501X10 − 2361 Ts
Avec Ts : temperature de surface en °C
➡ L’ évaporation dépend de la chaleur à disposition
9
A. Processus physiques
‣ Mouvement des molécules entre la surface de l’eau et l’air
L’évaporation = taux de vaporisation - taux de condensation
➡ L’ évaporation dépend de la chaleur à disposition ET de la
capacité de l’air à stocker de l’eau (déficit de saturation de l’air)
10
A. Processus physique
‣ Deficit de saturation de l’air
Taux d’évaporation d’un plan d’eau peut être approximé avec :
E = f(u) * (es − ea)
- E : taux d'évaporation (ou flux d'évaporation ou vitesse d'évaporation)
- ea : pression effective de vapeur d'eau dans l'air
- es : pression de vapeur d'eau à saturation à la température de la surface
évaporante
- f(u) : constante de proportionnalité (avec vitesse du vent u)
11
A. Processus physique
‣ Deficit de saturation de l’air
Notion d’humidité relative:
ea [%]
Hr = * 100
es
Pression de vapeur saturante = d(T)
17.27 T
es = 0.6108 exp( ) [kPa]
237.3 + T
12
B. Bilan radiatif à la surface
En l'absence de restrictions liées à la disponibilité en eau à la
surface évaporative, la quantité d'énergie radiante captée à la
surface de la Terre est le principal facteur de contrôle des taux
d’évaporation. Comprendre l'équilibre radiatif de surface et
comment le quantifier est donc essentiel pour comprendre et
quantifier l'évaporation.
13
B. Bilan radiatif à la surface
‣ Vue générale
14
C. Profile et vitesse du vent
Le vent est un facteur crucial dans le mécanisme d'évaporation, car
il favorise le renouvellement de l'air au-dessus d'une surface
évaporante, remplaçant l'air saturé d'humidité par de l'air plus sec,
ce qui permet de poursuivre l'évaporation
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D. Méthodes d’estimation de l’évaporation
‣ Vue générale (non exhaustif)
- Méthodes de mesure directes
‣ Bacs d’évaporation
‣ Lysimétrique (surtout pour évapotranspiration, cf. Plus loin dans ce
chapitre)
- Méthodes indirectes basées sur le bilan de transfert de masse
‣ Formule de Primault et Rohwer (d’après la formule de Dalton
donnée précédemment)
- Méthode indirecte combinant bilan énergie + bilan de transfert de
masse
‣ Formule de Penman
16
‣ Bac d’évaporation
17
Source: Wikipedia, 2018.
‣ Formules de Penman
Δ + 2λ λ 2−λ Ea CpP P
E= Ec − avec λ= 10 −3
= 0,00163
Δ+λ Δ + 2λ ϵλ λ
où
- E est l'évaporation physique d'un grand réservoir [mm];
- P la pression atmosphérique [k Pal;
des
- Δ= , la pente de la courbe de tension maximale de vapeur d'eau saturant l'air es en fonction
dT
de la température T;
- Ea le pouvoir évaporant de l'air approché par la formule de Rohwer (mm);Ec l'évaporation mesurée
sur bac Colorado [mm].
- Y la constante psychrométrique [k Pa/C°];
- C, la chaleur spécifique à pression constante = 1,013 10-3 Mj/kg/°C;
- λ la chaleur latente de vaporisation (= 2,45 Mj/kg à 20°C);
- ϵ le rapport poids moléculaire vapeur/air sec =0,622;
18
3. Evapotranspiration
A. Définitions
Evapotranspiration:
Flux d’eau sous forme de vapeur à partir du système sol-plante vers
l’atmosphère.
Elle regroupe deux processus: l’évaporation directe de l’eau du sol et
la transpiration par les plantes.
Déclinaisons
– Évaporation
– Transpiration
– Évapotranspiration de référence (ET0)
– Évaporation potentielle ou évapotranspiration potentielle (EP ou ETP)
– Évapotranspiration réelle (ETR, ou AET en anglais)
20
B. Processus physique de la transpiration des
végétaux
[Link]
21
B. Processus physique de la transpiration des
végétaux
La quantité d’eau transpirée dépend de
- Conditions climatiques et météorologiques : radiation solaire,
température, humidité relative de l’air, vitesse du vent (idem à
l’évaporation)
- Taux d’humidité dans la zone racinaire et texture du sol, donc
la facilité pour la plante d’extraire l’eau
- Stade de développement et espèce de la plante
22
‣ Différence avec évaporation : résistance de surface et
résistance aérodynamique
Source: Allen et al., 1998
23
‣ Résistance aérodynamique
Résistance résultant de la modification de la structure de la turbulence du
vent causée par la présence de végétation.
24
‣ Résistance de surface et résistance du stomate
Flux de vapeur E pour stomate
foliaire (transpiration):
k(es − e)
E=
rs
contrôle par la plante
de la perte d’eau vers
l’atmosphère
Analogie: V= IR ; I = V/R
25
Source: Zhang et al., 2015 26
C. Méthodes d’estimation de l’ET
‣ Vue générale (non exhaustif)
- Méthodes basée sur les mesures
‣ Bilan hydrologique sur une placette, un bassin versant, ou d’un lysimètre
‣ Bac d’évaporation
‣ Micrométéorologiques : Eddy covariance, rapport de Bowen, scintillométrie,
etc.
‣ Basé sur la physiologie de la plante : méthode du flux de sève, etc.
- Méthodes basées sur les modèles et sur le coefficient cultural et ET0
‣ Approches empiriques
‣ Modèle combinant bilan énergie + bilan de transfert de masse tel que
l’équation de Penman-Montheit
- Télédétecion
27
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique : principe
ETR = P − D − ΔS
- P : précipitations
- D : Drainage
- DS : variation de stock
➡ Méthode lysimétrique
➡ Méthode de profil hydrique
➡ Méthode à l’échelle du bassin versant
28
‣ Méthode lysimétrique
29
30
31
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique : Méthode lysimétrique
• Avantages : Méthode de référence
• Désavantages
– Coûts élevés
– Mesure ponctuelle
32
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
Méthode du profil hydrique et plan de flux nul
Humidité gravimétrique = θm
z'
ΔS = ∫ (θm T =1 − θm T = 2 ).dz
0
T=2
T=1
Profondeur
Z
33
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
Méthode du profil hydrique et plan de flux nul
Potentiel hydrique
Mesure l’énergie
associée aux particules
d’eau au sein du sol
Plan flux nul
Profondeur
34
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
Méthode du profil hydrique et plan de flux nul
ETR = P − ΔS
D = 0 dans le volume
de sol en-dessous du
plan de flux nul
35
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
Méthode du profil hydrique et plan de flux nul pour
la détermination de ΔS
• Avantages
– In situ
– Facile à exécuter
• Désavantages
– Surtout appliquée à l’échelle locale
– Échelle de mesure n’est pas bien maîtrisé
– Détermination D soumise à une incertitude importante
36
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
ETR à l’échelle du bassin versant
Q
ETR = P − ΔS −
A
Hypothèses:
- ΔT = 1 année
- ΔS = 0
- P = Variable régionalisée
37
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
ETR à l’échelle du bassin versant
38
Source: ADALO. , 2004
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
ETR à l’échelle du bassin versant
WACONDAH
Source: AQUALIM. , 2018
39
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
ETR à l’échelle du bassin versant
Source: AQUALIM. , 2021
40
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
ETR à l’échelle du bassin versant
t
∫0 Qdt
ETR = P −
Q A
t
∫0
(m3/s) D + Ruissellement = Qdt
41
‣ Méthodes basées sur le bilan hydrique :
ETR à l’échelle de la parcelle agricole
ET [mm/season culturale]
270 280 305
290 315 305
80
290 295
335 300
295
330
325
60
310
320
300 295
320
40
300
310 305
310
315
290 305
295
20 275
300
310 315
305
280 285 300 300 295 290
0
0 10 20 30 40
Source: Hupet and Vanclooster, 2002 42
‣ Méthode du flux de sève
T
x
Source: Vandevelde et Vanclooster, 2006 Source: Soubie, 2014
43
(ii) Transpiration
Source: Vandevelde et Vanclooster, 2006 44
‣ Bac d’évaporation
ET0 = Kbac . Ebac
45
Source: Wikipedia, 2018.
‣ Bac d’évaporation
Source: Doorenbos and Pruitt, 1977.
46
‣ Methode d’eddy covariance
Source: Soubie, 2014 47
‣ Methode d’eddy covariance
- Principe: détection des "tourbillons" (“eddies”) de l’air = petits
mouvements tourbillonnaires dans l’atmosphère transportant de
l'énergie et des masses, comme la vapeur d'eau, entre la surface
terrestre et l'atmosphère.
- Mesure des fluctuations verticales de la vitesse du vent et
l'humidité de l'air plusieurs fois par seconde avec des
instruments de haute précision, tels que des anémomètres à son
et des hygromètres à réponse rapide
- En calculant la covariance entre la vitesse verticale du vent et la
concentration de vapeur d'eau dans l'air, on peut déterminer le
flux de vapeur d'eau s'élevant de la surface.
- La covariance positive indique un flux ascendant
(évapotranspiration), tandis qu'une covariance négative indique
48
un flux descendant (condensation).
‣ Methode d’eddy covariance
Source: Soubie, 2014
49
‣ Methode d’eddy covariance
Source:Wikipedia, 2018 50
‣ Relation entre ETR, ETP et ET0 et notion de
coefficient cultural kc
ETP
= . 0 kc =
ET 0
= .
51
𝐸
𝐸
𝑇
𝑇
𝑃
𝑅
𝐾
𝐾
𝑐
𝑠
𝐸
𝐸
𝑇
𝑇
𝑃
‣ Relation entre ETR, ETP et ET0 et notion de
coefficient cultural kc
ETP
kc = = f (Rn, T, eTa, ra, rc, raRef , rsRef
ET0
ETP
kc = = f (Rn, T, eTa, u, L AI, h, . . . )
ET0
52
‣ Relation entre ETR, ETP et ET0 et notion de
coefficient cultural kc
Kc mid
Kc ini Kc end
initial crop mid-season late season 53
develoment
‣ Méthodes empiriques pour déterminer ET0
‣ Methode de Hargreaves (Hargreaves and Samani, 1985)
0 = 0.023(0.408)( + 17.8)( − )0.5 S0
‣ Méthode de Turc (1961)
T
Pas de temps mensuel SG0 + 50)
ET 0 = 0.4(R
T + 15
T
Pas de temps décadaire SG0 + 50)
ET 0 = 0.13(R
T + 15
54
𝐸
𝑇
𝑇
𝑚
𝑜
𝑦
𝑇
𝑚
𝑎
𝑥
𝑇
𝑚
𝑖
𝑛
𝑅
𝑎
‣ Méthode d’estimation de l’ET0 via une formulation à base
physique: Equation de Penman-Monteith
ra ra
rc
55
‣ Méthode d’estimation de l’ET0 via une formulation à base
physique: Equation de Penman-Monteith
[mm/jour]
D
1 ΔA + ρacp raRef
ETref = ET 0 = ( rsRef ) A, D, T: Stations
λ Δ + γ(1 + ) raRef météorologiques au-
dessus de la canopée
Deficit de pression de vapeur ra, rc:
D = (es − e) [kPa] - Littérature
- Modèles conceptuels
Constante psychométrique - Modèles empiriques
(FAO)
cpP P [kPa/°C]
−3
γ= 10 = 0.0016286 - Cf. Aussi équations
ϵλ λ au début du cours.
56
[Link]
57
Source:PAMESEB, 2018 58
(iv) Apport de la télédétection dans
l’estimation de l’ET à l’échelle régionale
• Mesures spatialisées des termes du bilan radiatif (permettant de
spatialiser A)
• Mesures spatialisées de la température de surface, nécessaire pour
estimer le flux de chaleur sensible.
• Mesures spatialisées de la hauteur des plantes et de la LAI,
permettant de calculer la couverture végétale de la surface
vaporisante (nécessaire pour fractionner l’énergie et calculer la
résistance de surface)
• Mesures spatialisées de la pluie
59
Apport de la télédétection dans l’estimation de
l’ET à l’échelle régionale
GLDAS [Link]
datasets?
keywords=GLDAS&page=1&measure
ment=Evapotranspiration
ALEXI [Link]
Products/land/getd/[Link]
MODIS-AQUANET [Link]
dataset_discovery/modis/
modis_products_table/
myd16a2_v006
GLEAM [Link]
60
Apport de la télédétection dans l’estimation de
l’ET à l’échelle régionale
Source: Crombez, M ., 2019 61
Apport de la télédétection dans l’estimation de
l’ET à l’échelle régionale
Source: Crombez, B., 2019 62