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Asm034 Spectographie

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Spectrographie : mesurer la température de

Olivier Thizy
Le présent article fait plus particulièrement suite à celui d'Eric Sarrazin sur le Star Analyser
paru dans le N° 30. A travers la mesure de températures d'étoiles, il couvre l'aspect
pratique du traitement des spectres basse résolution.

lécules d'air plus forte que pour l'air froid. Pour une étoile,
Historique on définit la température effective comme une caracté-
ristique de l'agitation des particules avec comme signe
Le philosophe français Auguste Comte (1798-1857) s'est rendu distinctif le rayonnement émis par l'astre. Le rayonne-
tristement célèbre pour son 19ème cours de philosophie po- ment qui nous vient des étoiles est produit par la couche
sitive exposé en 1835 où il écrivait: "...je n'en persiste pas moins externe appelée la photosphère. Elle est en fait très fine
à regarder toute notion sur les véritables températures par rapport à la taille de l'étoile. Les photons émis du
moyennes des différents astres comme devant nécessaire- coeur mettent des millions d'années pour parcourir les
ment nous être à jamais interdite.". différentes couches de l'étoile, non pas parce que l'étoile
Sans doute Auguste Comte n'avait pas eu connaissance des est grande mais parce que les températures internes sont
travaux de Joseph Fraunhofer (1787-1826) qui avait dès 1814 extrêmement élevées et que les photons sont rapidement
étudié dans le détail le spectre solaire et les multiples raies absorbés et réémis dans d'autres directions. La lumière
d'absorption qui lui étaient visibles. Nous allons montrer parcourt ainsi l'intérieur des étoiles par absorption/
dans cet article qu'avec de modestes moyens, l'astronome émission dans tous les sens, d'où un temps très long
amateur d'aujourd'hui peut mesurer les températures d'étoi- pour atteindre la photosphère et enfin sortir de l'étoile.
les en analysant la forme globale du spectre – ce avec une Après, la vie du photon est un long fleuve tranquille (et
précision moyenne mais correcte compte tenu des moyens rectiligne) et il a très peu de chance de toucher une par-
employés. ticule... jusqu'au miroir de votre télescope!
Au début du XXème siècle, le physicien Max Planck (1855-
1947) a donné la forme mathématique de la distribution de Loi de Planck
l'énergie émise par un corps noir. A partir de ces travaux, En première approximation, le rayonnement de la pho-
Albert Einstein (1879-1955) expliqua en 1905 l'effet photoé- tosphère d'une étoile est celui d'un corps noir. Il m'est
lectrique et en conclut que la lumière était constituée de par- toujours apparu bizarre de considérer une étoile qui
ticules discrètes – les photons. Depuis, la double personnalité brille de mille feux comme un corps noir. Mais la
de la lumière, à la fois onde et particule, a fait l'objet de nom- meilleure analogie est la plaque chauffante de votre cui-
breuses expériences. sinière : à froid, elle est noire et n’émet pas de lumière,
Un photon est une particule électriquement neutre et sans tandis qu’ à chaud, elle s'illumine. Les étoiles font de
masse qui voyage en ligne droite. Son énergie est inversement même. Une étoile de température nulle ne brillerait pas
proportionnelle à sa longueur d'onde λ : et ne réfléchirait aucune lumière. Les théoriciens imagi-
nent les étoiles comme des boîtes noires où rien de ren-
λ
E = hc/λ tre et dont le rayonnement n'est lié qu'à la température
avec : d'agitation des particules qui la composent. Mais com-
ment la voit-on? Il suffit d'imaginer un petit trou qui
h : la constante de Planck (6.62.10-34 J.s)
laisse quand même passer le rayonnement vers l'exté-
c : la vitesse de la lumière dans le vide (299792 km.s-1).
rieur...
Cette analyse du photon corpusculaire ouvrit la voie à Sir La propriété intéressante du rayonnement d'un corps
Arthur Schuster (1851-1934) & M. Schwarzschild (1873-1916) noir de température T [°K] est que son intensité à la lon-
sur les théories d'atmosphère des étoiles et permit les pre- gueur d'onde λ [m] est donnée par la loi de Planck :
mières estimations quantitatives de températures stellaires
par les astronomes allemands de Postdam J. Wilsing (1856- I(λ λ5 . e(h.c/λλ.k.T)-1)
λ) = 2.h.c2 / (λ
1943) & J. Scheiner (1858-1914).
avec :
Un peu de théorie k : la constante de Boltzmann (1.38.10-23 J.K-1),
h : la constante de Planck
La température est définie par l'agitation des particu-
c : la vitesse de la lumière dans le vide.
les. L'air chaud se caractérise par une agitation des mo-

8 Astrosurf-Magazine N°34 Sept./Oct. 2008


re des étoiles
Figure 1 : courbes de Planck
pour diverses température T

La loi de Wien La loi de Stefan-Boltzmann


C'est en analysant les spectres émis par des corps noirs à Quand la température d'un corps noir augmente, la loi de
différentes températures que Wilhelm Wien découvrit, en Wien indique que la longueur d'onde du pic d'émissivité dé-
1893, que la lumière se distribue autour d'une longueur d'onde croît. Mais l'aire définie par le profil spectral, l'intensité totale
privilégiée: le pic d'émissivité, inversement proportionnel à de la lumière, augmente. En 1879, Josef Stefan découvrit que la
la température. La forme du profil du spectre d'un corps noir lumière émise par chaque mètre carré de la surface d'un objet
est très caractéristique, en forme de cloche asymétrique (voir chauffé est proportionnelle à la puissance quatre de la tempé-
fig.1). Le sommet de la courbe, qui correspond à la longueur rature en kelvins; cette loi fut démontrée en 1884 par Ludwig
d'onde du pic d'émissivité, est donnée par la loi de Wien : Boltzmann (1844-1906). La quantité de lumière émise par
chaque mètre carré d'un corps noir est appelée luminosité
λpic[m] = 2,90.10-3/ T [°K] surfacique (l) et est définie par la loi de Stefan-Boltzmann:

L'unité officielle de la température est le kelvin (K) qui corres- l = 5.67.10-8 . T4


pond à la température minimum d'un corps, le zéro absolu. A avec T en kelvin et 'l' en W/(m2K4). Bien entendu, la lumino-
cette température (théorique), les particules constituant ce sité globale (L) d'un corps dépend de sa surface (S) :
corps ne présentent plus aucun mouvement. Pour obtenir la
température en degrés Celsius, il faut enlever 273° à la tempé- L = S * l = S . 5,67.10-8 . T4
rature exprimée en Kelvin : A noter que grâce aux lois de Wien et de Stefan-Boltzmann,
on peut déterminer le diamètre des étoiles dont la distance
T [°C] = T [°K] – 273° est connue, par mesure de parallaxe par exemple.
Sur un spectre d'étoile, le profil du spectre est celui d'un corps
noir et le pic d'émissivité permet de calculer la température
de surface de l'astre. Ainsi, le Soleil qui a son pic d'émissivité
En pratique
vers 500nm, dans le vert, a une température de surface de
5800K. Une étoile plus chaude aura son pic d'émissivité dans Acquisition des spectres avec un Star Analyser
le bleu; une étoile plus froide que le Soleil aura son pic dans le Les spectres qui illustrent cet article ont été pris par Alexan-
rouge. Le tableau suivant donne la couleur apparente d'une dre Santerne avec le Schmidt-Cassegrain Criterion de 200mm
étoile en fonction de sa température de surface : de diamètre et 2.1m de focale du Centre d'Etude Spatiale des
Rayonnements. La monture est une EQ6 et la caméra CCD
une Audine avec un KAF401 simple sans obturateur.
Le spectroscope utilisé est un Star Analyser (voir figure 2); il
s'agit d'un réseau de 100 traits/mm monté dans un anneau,
comme un filtre astronomique au standard 31.75mm. Il se
fixe simplement devant la caméra CCD. C'est un moyen sim-
ple de débuter en spectroscopie et il est très bien adapté à ce
A noter qu'une étoile, quelque soit sa température de surface, type de mesures de forme globale du spectre de par sa basse
émet dans toutes les longueurs d'onde. Sa couleur vue d'une résolution.
planète environnante serait blanche. C'est quand l'étoile est Les spectres obtenus sont assez larges (dérive pendant l'ac-
trop éloignée, et assimilée à un point, que sa couleur est dé- quisition). Cela est nécessaire dans le cas de l'utilisation d'une
pendante du pic d'émissivité. La couleur peut toutefois être caméra couleur (ex : appareil photo numérique) avec des
modifiée par des fortes raies d'émission ou d'absorption pour pixels de couleurs différentes juxtaposés, comme dans une
des étoiles particulières. matrice de Bayer. Cela évite de concentrer la région bleue du

Astrosurf-Magazine N°34 Sept./Oct. 2008 9


bleu à gauche (convention en astronomie). Nous utilisons
pour cela le logiciel IRIS disponible gratuitement et écrit par
Christian Buil. Voici comme exemple les commandes utili-
sées pour Antares; tous les spectres de la nuit sont ainsi trai-
tés:

>load antares
>sub dark 0
>visu 6000 0
>rot 718 194 3
>slant 194 3

La fonction ROT fait une rotation autour d'un point; la fonc-


tion SLANT corrige l'inclinaison des raies spectrales.
Figure 2 : équipement lors de la prise de vue des spectres L'opération suivante est de mettre le fond du ciel à zéro (fonc-
tion L_SKY3) puis d'extraire le profil spectral, c'est-à-dire l'in-
spectre sur un pixel rouge par exemple! Dans le cas d'une tensité du spectre pour chaque colonne de l'image. Une sim-
caméra CCD monochrome comme ici, ce n'était pas indispen- ple addition ou médiane des lignes ne suffit généralement
sable si ce n'est poue éviter de saturer le capteur vu la brillance pas; une extraction optimisée (fonction L_OPT) est préféra-
des cibles pointées. ble :
Les spectres obtenus (figures 3 et 4) montrent déjà des diffé-
rences entre les spectres de plusieurs étoiles... la magie de la >l_sky 29 72 329 372
spectroscopie opère déjà ! >mirrory
Extraction du profil spectral >l_opt
>save bin_antares
Les spectres obtenus sont inclinés et parfois mal orientés. La
première opération à faire est de corriger la géométrie afin A noter que la fonction L_OPT retourne une image de 20
d'avoir des spectres horizontaux, des raies bien verticales, le pixels de hauteur. C'est uniquement pour faciliter la lec-
ture, chaque ligne étant identique. Une image d'un
pixel de haut (ie: un profil) est équivalent.
Calibration des spectres
L'opération suivante consiste à calibrer le profil
spectral. Nous utiliserons pour cela le logiciel
VisualSpec également disponible gratuitement et
écrit par Valérie Desnoux. Pour charger le profil
Figure 3: spectre brut de Vega spectral non calibré obtenu avec IRIS, ouvrir
d'abord l'image (dans l'exemple précédent:
"bin_antares.fit") puis la convertir en graphe avec
l'opération de "binning".
La figure 5 montre le graphe du profil spectral de
l'étoile Altair. Il est recommandé de commencer
avec une étoile de type spectral A (Vega, Regulus,
Altair...) dont le spectre comporte essentiellement
les raies d'absorption de l'hydrogène (série de Bal-
mer: Hα/H-alpha, Hβ/H-beta, etc...). Le profil mon-
tre toutefois d'autres creux dans la courbe; ce sont
Figure 4 : spectre brut d'Antares des bandes d'absorption de l'atmosphère terres-
tre et des irrégularités dans la courbe de réponse
spectrale du système (notamment le capteur
CCD).
On note aussi le grand pic à gauche qui corres-
pond à l'ordre zéro, c'est-à-dire l'image de l'étoile.
Cet ordre zéro est très utile car il correspond
aussi à la longueur d'onde théorique de zéro. La
dispersion d'un réseau étant linéaire, une seule
raie suffit pour calibrer le spectre. La raie H? est
souvent la plus reconnaissable. Sa longueur
d'onde est de 4861 Angströms. La calibration à
deux raies de VisualSpec se fait alors très facile-
ment avec l'ordre zéro et H?. Noter la dispersion
Figure 5 : profil spectral d'Altair spectrale obtenue (ici: 16.67A/pixel).

10 Astrosurf-Magazine N°34 Sept./Oct. 2008


Figure 6 : lissage de la courbe de
réponse instrumentale

Le spectre obtenu est calibré en longueur


d'onde. Il est conseillé alors de fenêtrer et de
conserver le domaine spectral entre 4000A et
8000A. En dessous, le signal est trop bruité; au
dessus, le deuxième ordre du spectre perturbe
trop le signal. Il reste maintenant à corriger le
spectre de ces irrégularités liées à la courbe de
réponse spectrale de l'instrumentation.
Pour cela, on utilise la bibliothèque de spec-
tres standard de VisualSpec. Dans le cas
d'Altair, on choisit le standard A7V (un coup
d'oeil avec l'outil SIMBAD du CDS / Centre de
Données astronomiques de Strasbourg permet de connaî- 30000K par paliers de 100K). Les températures mesu-
tre le type spectral à utiliser). Diviser alors le profil spec- rées par profil de Planck sont les suivantes :
tral d'Altair par le profil standard d'une étoile de type A7V; • Spica (B1III) : 18800K [catalogue: 22400K; erreur:
le résultat est la courbe de réponse spectrale de l'instru- 18%]
mentation qu'il convient toutefois de lisser pour éliminer • Regulus (B7V) : 17700K [catalogue: 15400K; erreur:
les artéfacts locaux (figure 6). La température du profil de 15%]
la biliothèque étant de 10000K, nous divisons également la • Albireo B (B8Ve) : 11800K [catalogue: 12000K; er-
courbe de réponse par la division entre la courbe de Planck reur: 2%]
de 10000K par celle de température 7750K, la température • Deneb (A2Iae) : 9900K [catalogue: 8400K; erreur:
catalogue d'Altair. 18%]
Pour tous les autres spectres pris dans les même condi- • Altair (A7V) : 7700K [Kaler: 7750K; erreur: 1%]
tions instrumentales, la calibration est plus simple et se • Saturne (Soleil: G2V) : 5300 [catalogue: 5700K; er-
fait sur une seule raie: l'ordre zéro; il suffit d'indiquer à reur: 7%]
VisualSpec la dispersion trouvée sur le premier spectre • Albireo A (K3II+...) : 4200K [catalogue: système bi-
(16.67A/pixel dans notre exemple). Ensuite, diviser le pro- naire 4400K/11000K; erreur: ~15%]
fil spectral par la courbe de réponse instrumentale afin • Antares (M1.5Iab-b) : 2800K [catalogue: 3500K; er-
d'obtenir le spectre final. reur: 20%]

Résultats Erreurs de la méthode


VisualSpec possède, entre autres, une fonction très sym- Nous avons pris comme référence une étoile de 7750K;
pathique qui permet à partir d'un profil spectral de re- les erreurs obtenues croissent logiquement quand on
chercher automatiquement la température correspon- s'éloigne de cette température étalon.
dant au profil de Planck le plus proche du spectre. La Pour les étoiles chaudes, nous n'observons qu'un bout
figure 7 montre le résultat sur plusieurs spectres avec de la courbe de Planck. L'astronome anglais Norman
cette fonction "auto-planck" (recherche entre 2000 & Walker utilise la comparaison avec l'explorateur qui
découvre la queue d'un
animal et doit trouver
à quel type de
dinausore elle appar-
tenait – l'incertitude
est grande (voir fi-
gure 8) ! La figure 9
montre plusieurs pro-
fils de Planck norma-
lisés à 6900A et illus-
tre cette difficulté. Il
faudrait pouvoir ob-
server dans l'UV et
l'Infra-Rouge pour

Figure 7 : spectres de
plusieurs étoiles avec la
courbe de Planck la plus
proche

Astrosurf-Magazine N°34 Sept./Oct. 2008 11


Références
Acker Agnès, "Astronomie Astrophysique"; Dunod, 2005.
CDS / Centre de Données astronomique de Strasbourg; l'outil
SIMBAD : http://simbad.u-strasbg.fr/simbad/sim-fid
Cooper W.A., Walker E.N., "Getting the measure of the Stars";
édition Adam Hilger, 1980.
Gallica: la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de
France (chercher entre autres les ouvrages de Auguste Comte ou du
père Secchi...) : http://gallica.bnf.fr
Gouguenheim L., "méthode de l'astrophysique"; Hachette, 1981.
Hearnshaw J.B., "the analysis of starlight"; Cambridge Univer-
Figure 8 : les étoiles chaudes émettent surtout dans l'UV et peu sity Press, 1986.
dans le visible
IRIS : http://astrosurf.com/buil/iris/iris.htm
améliorer la précision de cette méthode. Kaler James B., "Stars"; Scientific American Library, 1998.
La méthode a également ses limites car le spectre ob- Kaler James B., "Stars and their spectra"; Cambridge University
servé d'une étoile n'est pas exactement un profil de Press, 1997.
Planck, en effet :
Star Analyser : http://www.shelyak.com/fr/star-analyser.html
• la diffusion de la lumière par la matière interstel- VisualSpec : http://astrosurf.com/vdesnoux
laire et par notre atmosphère (si les étoiles et l'étoile
de référence pour la courbe de réponse instrumen- plus précises, notamment avec un spectrographe de
tale ne sont pas observées à la même masse d'air) beaucoup plus haute résolution comme le Lhires III. La
rougit les étoiles et déforme le profil global du spec- première repose sur les propriétés d'ionisation des ato-
tre mes en fonction de la température (équation de Saha); la
• les raies d'absorption photosphériques abaissent le mesure de rapports d'intensité de raies d'absorption est
profil global; c'est le cas des étoiles de type M par d'ailleurs à la base de la classification spectrale et de
exemple - nous ne voyons pas le continuum mais l'ordre étrange de l'alphabet spectral: OBAFGKM. Une
que les absorptions qui se mélangent! autre méthode plus utilisée de nos jours par les astrono-
• une émission continue dans le domaine visible peut mes professionnels consiste à modéliser le spectre à par-
accroître le profil global; c'est le cas des étoiles Be tir de modèles théoriques dont la température effective
par exemple (comme Albireo B) avec une émission est un des paramètres clefs.
"free-free" qui s'ajoute au continuum et peut même La mesure avec un star Analyser a l'avantage de donner
représenter 70% du continuum... des résultats rapidement avec de faibles moyens. Je vous
• enfin, une étoile n'est pas exactement un corps noir encourage à tenter l'expérience vous-même: vous "sen-
de température unique; c'est une approximation que tirez" la chaleur des étoiles vous envahir !
nous faisons dans le cadre de cette méthode.

Conclusion
Il est amusant de me-
surer la température
des étoiles depuis son
jardin avec une incer-
titude acceptable au
vu des moyens em-
ployés. Auguste
Comte avait tort: la
mesure des tempéra-
tures à distance nous
est accessible – c'est la
magie de la spectros-
copie et des lois astro-
physiques dévelop-
pées depuis mainte-
nant deux siècles.
Des méthodes plus
modernes existent
toutefois pour mesu-
rer des températures Figure 9 : profils de Planck dans le domaine visible

12 Astrosurf-Magazine N°34 Sept./Oct. 2008

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