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Durabilité des ouvrages d'art : approche performantielle

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Application de l’approche performantielle de la

durabilité des ouvrages d’art

Démarche générale, principes et limites

Bruno GODART

Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC)

Journée COTITA Ouest et Normandie-Centre, 21 octobre 2010


LES CONDITIONS ESSENTIELLES DE LA DURABILITE

- Une conception soignée :


aspects liés à l’évacuation des eaux
maîtrise de la fissuration
dispositions d’enrobage
- un choix approprié des matériaux
- une bonne qualité d’exécution
- des contrôles adaptés
- une utilisation conforme au projet
- une maintenance régulière
L’APPROCHE PERFORMANTIELLE
Une démarche innovante, globale et prédictive de la durabilité des
structures en béton armé, basée sur :
-- la notion d’indicateurs de durabilité
-- une démarche scientifique
-- des formules locales de béton pré-qualifiées (pour éviter
des dérives en matière d’économie et de délais)
qui nécessite que le maître d’ouvrage définisse :
-- la durée de vie de son ouvrage
-- les fonctions de son ouvrage (utilisation, enjeux,…)
-- l’environnement local
UTILITÉ DE L’APPROCHE PERFORMANTIELLE

- meilleure prise en compte du contexte local de l’ouvrage : utilisation


des matériaux locaux et meilleures adaptation des formules de béton aux conditions
environnementales
- meilleure maîtrise de la « durée de vie » qui est un élément du
contrat
- meilleure adaptation aux problématiques du développement
durable
- démarche favorisant l’innovation

et elle résout le problème des limites de l’Approche Prescriptive


qui multiplie les référentiels prescriptifs et peut aboutir à des
exigences de moyens difficiles à concilier (par exemple, le conflit
Gel – RSI)
Les documents de référence
Les documents de référence
Les 6 étapes de la démarche
1) Choix de la durée d’utilisation du projet
2) Prise en compte des conditions environnementales et de
des principaux risques de dégradation => Choix des
classes d’exposition et des niveaux de prévention
3) Sélection des indicateurs de durabilité et des
spécifications associées
4) Formulations des bétons - épreuves d’étude
5) Réalisation des épreuves de convenance et de contrôle =>
vérifications des performances des formules mises en
œuvre
6) Point zéro durabilité
1 Choix de la durée d’utilisation du projet
Eurocode 0 -NF EN 1990) : choix de la durée d’utilisation du projet (DUP) = 100 ans
pour les ponts (avec maintenance normale et adaptée)
Au delà de 100 ans, adaptation nécessaire des seuils des indicateurs de durabilité
Nota : Il s’agit de la période au cours de laquelle la structure est censée
rester normalement utilisable en étant entretenue, mais sans qu’il soit
nécessaire de procéder à de grosses réparations.

Catégorie de Durée indicative Durée indicative Exemples


durée d'utilisation de d'utilisation de projet
d'utilisation de projet Annexe nationale
projet (années) Tableau 2.1(NF)
EN 1990
1 10 10 Structure provisoires (1)
2 10-25 25 Eléments structuraux remplaçables, par exemple
appareils d’appui
3 15-30 25 Structures agricoles et similaires
4 50 50 Bâtiments et autres structures courantes
5 100 100 Bâtiments monumentaux, ponts et autres ouvrages
de génie civil
(1) Les structures ou parties de structures qui peuvent être démontées dans un but de réutilisation ne doivent normalement
pas être considérées comme provisoires
2 Prise en compte des conditions
environnementales et des principaux risques
de dégradation

=>choix des classes d’exposition


• Quels risques de corrosion ?
• Carbonatation (XC)
• Chlorures origine autre que marine (XD)
• Chlorure origine marine (XS)
• Quel niveau de gel et de salage ?
• Gel / Dégel (XF) et G ou G+S

=> Conditions environnementales décrites par un


ensemble de classes d’exposition
2 Prise en compte des conditions
environnementales et des principaux risques de
dégradation
Annexe sur l’aide au choix des classes d’exposition pour les OA
(groupe de travail EFB)
4 tableaux pour définir les classes relatives aux expositions liées
aux risques de :
Tableau 1 : Ouvrage à moins de 100m de la côte
• Carbonatation
Tableau 2 : Ouvrages à moins de 1 km de la côte
• Chlorures
Tableau 3 : Ouvrages en site terrestre en zone de gel
• Gel-dégel faible ou modéré
• Attaque chimique Tableau 4 : Ouvrages en site terrestre en zone de gel
sévère

Un cinquième tableau pour définir les classes d’exposition relatives


à la classe d’exposition XH et au niveau de prévention en fonction
de la catégorie d’ouvrage
Ouvrages situés au bord de la mer à moins de 100m de la côte
(tableau 1) ou jusqu’à 500m selon topographie particulière pour
les parties d’ouvrage soumises aux embruns

*salage voie franchie sauf pour superstructure


Prévention de la RSI (tableau 5)
2 Prise en compte des conditions
environnementales et des principaux risques de
dégradation
Prise en compte de la corrosion des armatures
Prise en compte de l’attaque par le gel
Prise en compte de l’alcali réaction et de la RSI

Mais non prise en compte de l’attaque chimique d’origine


externe dans l’approche performantielle
=> il convient de se référer aux prescriptions de la norme NF
EN 206-1, du fascicule 65 et du fascicule de documentation
FD P 18 011 (notamment pour le milieu marin ou les ciments
PM restent imposés)
3 Sélection des indicateurs et des
spécifications associées
Vis à vis du risque de corrosion des armatures
3 Indicateurs principaux :
Porosité accessible à l’eau : Peau en %

Perméabilité aux gaz : Kgaz en 10-18 m2

Coef. de diffusion des chlorures : Dapp en 10-12 m2s-1

+ mesure de résistivité (pour les épreuves d’études, de


convenance et de contrôle)
3 Sélection des indicateurs et des
spécifications associées
Vis à vis du risque de gel /dégel
5 Indicateurs principaux :
Facteur d’espacement du réseau de bulles d’air
Teneur en air occlus sur béton frais
Ecaillage
Essai de performance sur béton (allongement et
fréquence de résonance)
Résistance à la compression à 28 jours
3 Sélection des indicateurs et des
spécifications associées
Vis à vis du risque d’alcali-réaction
2 Indicateurs principaux :
Bilan en alcalins équivalents (Voir Recom LCPC)

Gonflement d’éprouvettes selon essai de performance NF P18-454


(et seuils donnés apar FD P 18-456)
Vis à vis du risque de réaction sulfatique interne
2 Indicateurs principaux :
Température maximale au cœur de la partie d’OA (Recom LCPC)

Gonflement d’éprouvettes selon essai de performance LPC n°66


Les essais

Coefficient de Perméabilité aux


diffusion des gaz : Kgaz
chlorures : Dapp
XC (enrobage = 30 mm) XD et XS (enrobage = 50mm)

Classe d’
d’exposition DUP de 100 ans Seuils des Exemples de partie d’
d’ouvrage
indicateurs
à 90 jours

XC1 sec ou humide en permanence Peau < 15 Fondations (immergé


(immergées ou non)
XC2 humide rarement sec Parties enterré
enterrées des appuis

XC3 humidité
humidité modé
modérée Peau < 13 ET Bétons proté
protégés par une étanché
tanchéité
ité
XC4 alternance d’
d’humidité
humidité et de sé
séchage Kgaz < 150 Bétons exposé
exposés à l’air

XS1 Exposé
Exposé à l'air véhiculant du sel marin Ouvrage à proximité
proximité d’une côte
XS2 Immergé
Immergé en permanence dans l'eau de mer
XD1 exposé
exposé à des chlorures non marins transporté
transportés par voie Peau < 13 Partie d’ouvrage immergé
immergée en
aérienne permanence dans l’eau de mer
XD2 Humide rarement sec, béton exposé
exposé à des eaux ET
industrielles contenant des chlorures Zones d’
d’un ouvrage faiblement
Dapp < 7 exposé
exposées aux sels de déverglaç
verglaçage (
semelles ou radiers non profonds à
proximité
proximité de ou sous voies
fré
fréquemment salé
salées)
es)
XD3 Alternance d'humidité
d'humidité et de séchage,
chage, béton exposé
exposé à des Peau < 11 Piles d’
d’un ouvrage trè
très exposé
exposées aux
projections contenant des chlorures ET sels de déverglaç
verglaçage
XS3 Zones de marnage,
marnage, zones soumises à des projections ou à Kgaz < 150
des embruns ET Ouvrage soumis aux embruns (à
Dapp < 3 moins de 100 m de la côte dans le cas
général)
ral)
Zones de marnages
2 Prise en compte des conditions
environnementales et des principaux risques de
dégradation
En application de la note 1 du tableau 4.3 NF de la
norme NF EN 1992-1-1/NA clause 4.4.1.2 (5),
l’application de l’approche performantielle permet
de moduler les valeurs d’enrobage (en substitution de
la modulation liée à la classe de résistance)
 minoration possible de la classe structurale allant
jusqu’à 2 (soit une minoration possible du C min,dur
pouvant aller jusqu’à 1cm)
=> si enrobages différents de 30 mm (resp 50 mm) il est
possible d’adapter les seuils sur les indicateurs de durabilité
en se basant sur le guide AFGC…
Gel et sels de déverglaçage (épreuves d’études et de convenance)

Zone de gel modéré Zone de gel sévère

XF3 (G)
XF 1
Lbar ≤ 250 µm
Pas de spécifications propres au gel
Salage peu fréquent ∆ε ≤ 400 µm/m
(se reporter au tableau corrosion –
f2/ f02 ≥ 75%
classe XC4)
fc28 ≥ 30 MPa

XF4 (G+S)
Lbar ≤ 200 µm
XD3 (se reporter au tableau corrosion)
Ec ≤ 600 g/m2
Salage fréquent + XF2 pour les éléments très exposés
∆ε ≤ 400 µm/m
teneur en air ≥ 4%
f2/ f02≥ 75%
fc28 ≥ 35 MPa

XF4 (G+S) XF4 (G+S)


Salage très fréquent
Idem… Idem…
RSI
Classes d’
d’exposition Niveau de pré
prévention/Critè
vention/Critère Exemple

XH2 Bs
Tmax < 75°
75°C Piles et
Alternance d'humidité
d'humidité et de ou tabliers
séchage, humidité
humidité élevé
levée Tmax < 85°
85°C et critè
critère de performance en
expansion
ou
Tmax < 85°
85°C et une des 3 conditions sur
choix du ciment
XH3 Cs
Tmax < 70°
70°C
En contact durable avec l'eau ou Pieux et
immersion permanente, Tmax < 80°
80°C et critè
critère de performance en semelles de
stagnation d'eau à la surface, expansion fondation
zone de marnage ou
Tmax < 80°
80°C et une des 3 conditions sur
choix du ciment
RSI

Classes d’
d’exposition Niveau de pré
prévention/Critè
vention/Critère Exemple

XH3 Ds
Tmax < 65°
65°C Partie
En contact durable avec l'eau ou immergé
immergée
immersion permanente, stagnation Tmax < 75°
75°C et ciment ES et d’un ouvrage
d'eau à la surface, zone de marnage validation de la formule par un exceptionnel
laboratoire indé
indépendant expert en
RSI
Sélection des spécifications relatives
aux indicateurs
alcali réaction :
-- niveau de prévention B
granulats non réactifs
bilan des alcalins
ou essais de performance :
∆ε < 0,020% Essais de performance vis-
vis-à-vis de l'alcali-
l'alcali-réaction
suivant la norme NF P18-
P18-454 et FD P18-
P18-456

-- niveau de pré
prévention C :
Voir Recommandations LCPC…
LCPC…


Formulation des bétons
Prise en compte par le prescripteur (entrepreneur) des
exigences du cahier des charges (CCTP + fascicule 65
chapitre 8) et des exigences d’exécution (ouvrabilité, temps
de transport, cycle de rotation des coffrages, délais
d’application de la précontrainte…)
Pour chaque partie d’ouvrage le béton proposé est soumis
aux :
Étape 4 => Épreuves d’études
Étape 5 => Épreuves de convenance + Épreuves de contrôle
4 Formulation des bétons
=> épreuve d’étude
Attention particulière => durée de mûrissement de 90 j de
certains essais
Prise en compte de la démarche dans le PAQ de l’opération
(compétences, moyens, modes opératoires d’essai…)
=> Le fournisseur de béton doit disposer de capacités
techniques et de compétences
Intérêt de disposer de formules locales préqualifiées
=>concept de références probantes d’emploi disposant de
mesures des indicateurs
4 Formulation des bétons
épreuve d’étude
 Vis à vis de la corrosion des armatures :
mesures des indicateurs retenus à 90j + mesures de porosité à l’eau et de
résistivité électrique à 28 et 90j (intérêt de référence pour validation des
convenances à 28j)

 RSI : vérification des valeurs de Tmax avec essai QAB éventuel

 Gel et Sel : vérifications des indicateurs spécifiés au marché

 Alcali réaction : vérification des indicateurs spécifiés au marché

 Validation de la formule si les seuils spécifiés dans le marché sont


respectés
5 Réalisation des épreuves de convenance
et de contrôle


6 Point zéro durabilité

Réception de l’ouvrage par le MO


Initiation du suivi dans le temps
Établissement par parties d’ouvrage d’une synthèse «
durabilité » :
- spécifications attendues
- indicateurs retenus et seuils
- mesures des indicateurs
- mesures des enrobages
6 Point zéro durabilité

 En complément, mesures sur l’ouvrage :


- résistivité
- perméabilité de surface du béton
• Définition des parties d’ouvrage qui feront l’objet d’un suivi
durabilité : nature et périodicité en fonction des conditions
d’exposition
• Bilan durabilité avant la fin de la période de garantie
décennale
• Inspections ciblées avec mesure des témoins de durée de
vie
6 Point zéro Exemples de témoins de vie
Carbonatation :
profondeur de carbonatation
évolution du profil de teneur en CaCO3
En présence de chlorures
Profondeur de pénétration des chlorures
Évolution du profil de chlorures
Risque de gonflement interne
Déformation globale
Indice de fissuration
Gel et sels
Déformation globale
Perte d’enrobage due à l’écaillage

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