0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
104 vues24 pages

Concepts et Théorèmes des Espaces Vectoriels

Transféré par

Val Lauret
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
104 vues24 pages

Concepts et Théorèmes des Espaces Vectoriels

Transféré par

Val Lauret
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 1

ESPACE VECTORIEL

0- Présentation historique

Grassmann Hermann Günther (allemand, 1809-1877) est


professeur de mathématiques à Stettin (alors ville prussienne, en Po-
méranie, sur l'estuaire de l'Oder, aujourd'hui polonaise : Szczecin),
physicien et linguiste (il étudia le sanskrit). Etudiant le phénomène
des marées, il est amené à développer le calcul vectoriel. Ses travaux
portent essentiellement sur le concept nouveau d'espaces vectoriels
abstraits de dimension supérieure à 3. Il publia ses résultats en 1844
dans un traité intitulé « La science des grandeurs extensives ou la
théorie de l'espace » (complété en 1863). A la même époque l'irlan-
dais Hamilton introduisait le concept moderne de vecteur.

On lui doit les premières notions :

• d'indépendance linéaire ;
• de somme de sous-espaces ;
• de produit linéaire, correspondant au produit scalaire actuel ;
• de produit extérieur, qui deviendra, en dimension 3, avec Gibbs et Clifford,
notre produit vectoriel usuel ;
• l'important théorème des dimensions, qui porte son nom :

Dim(F+G)=Dim(F) + Dim(G) – Dim(F G)

Mais c'est à Peano que reviendra le mérite de définir de façon axiomatique et plus
claire le concept d'espace vectoriel sur un corps de scalaires.

1- Espace vectoriel

Définition : Soit  un corps commutatif égal à  ou .


Un espace vectoriel sur  (ou -espace vectoriel) est un ensemble E muni d’une loi interne
+ (c’est-à-dire une application de E  E dans E) et d’une loi externe  (c’est-à-dire une applica-
tion de   E dans E) vérifiant :
- (E,+) est un groupe commutatif c’est-à-dire :

Espace vectoriel 1
o + est une loi associative c’est-à-dire ∀(u,v,w)∈E3, (u+v)+w=u+(v+w)
o + est une loi admettant un élément neutre (noté en général 0E) c’est-à-dire
∀u∈E, u+0E=0E+u=u
o Tout élément de E a un opposé pour la loi + c’est-à-dire ∀u∈E, ∃(−u)∈E,
u+(−u)=(−u)+u=0E
o + est une loi commutative c’est-à-dire ∀(u,v)∈E2, u+v=v+u
- (k1 , k 2 ) ², u  E, (k1 + k 2 )  u = k1  u + k 2  u
- k  , (u1 , u 2 )  E², k  (u1 + u 2 ) = k  u1 + k  u 2
- (k1 , k 2 ) ², u  E, k1  (k 2  u) = (k1k 2 )  u
- u  E , 1  u=u

Les éléments de  sont appelés scalaires, et les éléments de E sont appelés vecteurs.

Il est facile de vérifier que n, l'ensemble des suites ou l'ensemble des fonctions cons-
tituent un espace vectoriel. En fait, la définition ne servira que pour ces ensembles de base.
D'autres critères sont ensuite utilisés pour montrer qu'un ensemble est un espace vectoriel.

En ce qui concerne la règle « 1  u=u », il faut bien prendre conscience qu'elle ne va


pas de soi. 1 est le neutre du produit de , il n'y a aucune raison pour qu'il adopte une attitude
comparable en ce qui concerne le produit externe. C'est le seul résultat d'un produit par un
scalaire qui est donné par les axiomes.

Il résulte des axiomes que :


a- u  E, 0  u=0E
où 0 est le neutre de (,+) et 0E le neutre de (E,+).
b- k  , k  0E = 0E
c- u  E, (-1)  u = -u où -1 est le symétrique de 1 dans (,+) et -u le symétrique de u
dans (E,+).
d- u  E, k  , k  u = 0E  k= 0 ou u = 0E

Démonstration :
a- Soit u  E, l  u = u =(1+0)  u = 1  u+0  u = u+0  u  u = u+0  u  0  u = 0E
b- Soit k  , k  0E = k  (0  u) = (k.0)  u = 0  u = 0E
c- Soit u  E, 0E = 0  u = [1 + (-1)]  u = u + (-1)  u  (-1)  u = -u
1 1
d- Soit u  E et k  . Si k  u = 0E et si k  0, alors  (k  u) =  0E  1  u = 0E 
k k
u = 0E.

2- Sous-espace vectoriel

Définition : Soit E un -espace vectoriel et F une partie non vide de E.


F est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F est un -espace vectoriel (muni des
lois induites par celles de E).

Théorème : Soit E un -espace vectoriel et F une partie de E.


F est un sous-espace vectoriel si et seulement si :
1- F est non vide
2- F est stable pour la loi interne de E
Espace vectoriel 2
3- F est stable pour la loi externe de E

Exemple :
Soit E=3 considéré comme un -espace vectoriel.
Alors P défini par son équation cartésienne : 3x+2y+z=0, c’est-à-dire :
P={(x,y,z)  3/3x+2y+z=0} est un sous-espace vectoriel de E.
 x + y + 2z = 0
De même, D défini par  , c’est-à-dire D={(x,y,z)  3/x+y+2z=0  x-y-z=0}
 x−y−z =0
est un sous-espace vectoriel de E.

Théorème : L’intersection de 2 sous-espaces vectoriels de E est un sous-espace vectoriel de


E.

Remarque : La réunion de 2 sous-espaces vectoriels de E n’est pas, en général, un sous-


espace vectoriel de E. (voir exercice).

3- Sous-espace vectoriel engendré


Définition : Soit E un -espace vectoriel et A une partie non vide de E. Le sous-espace vec-
toriel engendré par A est le plus petit sous-espace vectoriel de E contenant A.
On le note Vect(A) (ou A ).

Remarque : Vect(A)= F.
F sev
AF

Théorème : Soit E un -espace vectoriel et u1,…,un des éléments de E.


Vect({u1,…,un}) est l’ensemble des combinaisons linéaires de u1,…,un.
 n 
Vect({u1,…,un})=    i u i / i=1 à n,  i  
 i=1 

4- Somme de deux sous-espaces vectoriels


Définition : Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un espace vectoriel E.
On pose F+G={v1+v2/v1  F, v2  G}.

Théorème : Avec les notations ci-dessus, F+G est un sous-espace vectoriel de E.

Théorème : F+G est le plus petit sous-espace vectoriel de E contenant F et G :


F+G=Vect(F G)

Définition : Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un espace vectoriel E.


La somme F+G est dite directe si par définition F G={0E}. On la note alors F  G.

Théorème : La somme F+G est directe si et seulement si tout vecteur de F+G se décompose
de manière unique comme la somme d’un élément de F et d’un élément de G.

Espace vectoriel 3
Exemple 1 :
E=3. On pose i=(1,0,0), j=(0,1,0) et k=(0,0,1).Nous avons E=Vect({i,j,k}).
Soient F=Vect({i, j – i}) et G=Vect({k, j + k})
La somme n'est pas directe car :
-i+j+k= − j+k = −
i+  i+ j+ k
F G F G

Exemple 2 :
E=3. On pose i=(1,0,0), j=(0,1,0) et k=(0,0,1).Nous avons E=Vect({i,j,k}).
Soient F=Vect({i, j + k}) et G=Vect({j - k - i}).
La somme F+G est directe et F  G=3 car :
xi +yj+zk= 1 (2x+y-z)i+ 1 (y+z)(j+k)+ 1 (y-z)(j-k-i)
2 2 2
et il n'y a pas d'autre possibilité.

Remarque : Dans les 2 exemples précédents, il est plus facile de montrer que la somme est
directe en déterminant F G.

Définition : Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un espace vectoriel E. F et G sont


supplémentaires si par définition F  G=E.

5- Familles libres, familles liées


Définition : Soit E un -espace vectoriel. Soit {v1, v2,…,vp} une famille de p vecteurs de E.
La famille {v1, v2,…,vp} est libre si par définition toute combinaison linéaire de ses vecteurs
nulle a tous ses coefficients nuls.
p
 ( i )i =1 à p  p,  v
i =1
i i = 0E  i = 1 à p,  i = 0

On dit alors que les vecteurs de cette famille sont linéairement indépendants.

Une famille qui n’est pas libre est dite liée.


On dit alors que les vecteurs de cette famille sont linéairement dépendants.
p
 (  i )i =1 à p   , ( i )i =1 à p  (0, 0,..., 0) 
p
 v
i =1
i i = 0E

Remarque : Ne pas confondre non tous nuls et tous non nuls.

Propriétés : 1- Toute famille extraite d’une famille libre est une famille libre.
2- Toute famille contenant une famille liée est liée.
3- Toute famille contenant 0E est liée.
4- Dans une famille liée, il existe (au moins) un vecteur qui peut s’exprimer
comme combinaison linéaire des autres.

6- Familles génératrices
Définition : Soit E un -espace vectoriel. Soit {v1, v2,…,vp} une famille de p vecteurs de E.

Espace vectoriel 4
La famille {v1, v2,…,vp} est génératrice si par définition tout élément de E peut s’écrire
comme une combinaison linéaire des éléments de cette famille.
p
v  E,  ( 1 ,...,  p )  p/v=   i vi
i =1

Remarques : 1- La famille {v1, v2,…,vp} est génératrice de E si et seulement si


E=Vect({v1,v2,…,vp}).
2- Soient F et G deux sous-espaces vectoriels d’un espace vectoriel E avec
F=Vect({u1,u2,…,up}) et G=Vect({v1,v2,…,vq}).
Alors, F+G=Vect({u1,u2,…,up,v1,v2,…,vq}).
Autrement dit, la réunion d’une famille génératrice de F et d’une famille génératrice de G est
une famille génératrice de F+G.
3- Une famille contenant une famille génératrice de E est elle-même généra-
trice de E.

Théorème : Soit E un -espace vectoriel non réduit à {0E}.


Si E possède une famille génératrice finie, alors on peut extraire de cette famille une famille
génératrice et libre.

7- Bases

Définition : Soit E un -espace vectoriel. Une base de E est une famille libre et génératrice.

Applications : 1- Reprendre l’exemple du paragraphe 2 et déterminer une base de P et une


base de D.
2- Soit E = 3 considéré comme un -espace vectoriel.
 x + y − 2z = 0

Soit F défini par 2x − y + z = 0 . Montrer que F est un sous-espace vectoriel de
8x − y − z = 0

E. Déterminer une base de F.

8- Dimension

Définition : Un espace vectoriel E est dit de dimension finie s’il possède une famille généra-
trice finie.
Dans le cas contraire, E est dit de dimension infinie.

Exemples :
Les espaces vectoriels suivant sont de dimension finie : 3, 3[X]…
Les espaces vectoriels suivant sont de dimension infinie : [X], C  (), …

Théorème et définition : Soit E un -espace vectoriel, distinct de {0E}, de dimension finie.


Toutes les bases de E ont le même nombre d’éléments. Ce nombre est la dimension de E,
notée Dim(E).

Convention : Dim({0E})=0.

Espace vectoriel 5
Théorème : Soit E un -espace vectoriel de dimension finie et F un sous-espace vectoriel de
E.
- F est de dimension finie et Dim(F)  Dim(E).
- Dim(F)=Dim(E) si et seulement si E=F.

9- Caractérisation d’une base en dimension finie


Théorème et définition : Soit E un -espace vectoriel de dimension finie n non nulle et soit
B=(e1,…,en) une base de E.
n
u  E, !(x1 ,..., x n )  n /u=  x i ei
i =1
(x1,…,xn) sont les composantes ou coordonnées de u dans la base B.

Théorème : Soit E un -espace vectoriel de dimension finie n non nulle.


1- Toute famille libre de E possède au plus n éléments
2- Toute famille génératrice de E possède au moins n éléments
3- Toute famille libre de E à n éléments est une base de E
4- Toute famille génératrice de E à n éléments est une base de E.

En pratique, les points 3 et 4 du théorème s’utilisent ainsi :


Soit E un -espace vectoriel de dimension n non nulle et soit F une famille de vecteurs
de E.
Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1- F est une base de E
2- F est une famille libre de n vecteurs
3- F est une famille génératrice de n vecteurs

Théorème de la base incomplète :


Soit E un -espace vectoriel de dimension finie n non nulle, de base B=(e1,…,en).
Soit S={u1,…,up} une famille libre de E de p vecteurs (p  n).
S peut être complétée par (n-p) vecteurs de la base B pour former une base de E.
Exemple : Soit E=4 muni de la base canonique (e1, e2, e3, e4). On considère les vecteurs
w1(1, 2, 0, 0) et w2=(-1, 1, 0, 0). {w1,w2} est un système libre.
Complétons-le en une base de 4.
{w1,w2,e1} est lié.
{w1,w2,e2} est lié.
{w1,w2,e3} est libre.
{w1,w2,e3,e4} est libre, donc est une base de 4.

Théorème Formule de Grassmann : Soit E un -espace vectoriel.


Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E de dimension finie.
Alors, Dim(F+G)=Dim(F) + Dim(G) – Dim(F G).

Preuve :
1- Si F G={0E} :

Espace vectoriel 6
Soit (fi)i=1 à n une base de F et (gj)j=1 à m une base de G.
Alors, F+G=Vect{f1,…,fn,g1,…,gm}.
Montrons que {f1,…,fn,g1,…,gm}est une famille libre.
n m n m n m

 f i i +   i g i =0E   f
i =1
i i = − i g i  F G . Donc,
i =1
 f i i = −  i g i = 0E.
i =1 i =1 i =1 i =1

On en déduit que pour i=1 à n, i=0 et pour i=1 à m, i=0. D’où le résultat.
2- Si F G  {0E} :
Soit (ei)i=1 à n une base de F G, complétée (cf. Théorème de la base incomplète) en une base
(e1,…,en,1,…,q) de F et (e1,…,en,1,…,p) de G.
Soit H le sous-espace vectoriel de E de base (1,…,p).
Montrons que F H={0E} (afin d’utiliser 1-).
Soit u élément de F H.
n q p
(i )i =1 à n  (i )i =1 à q   / u=   i e i +   i  i (1) et ( i ) i =1àp / u =   i  i (2).
n q
i =1 i =1 i =1
Donc, u est élément de G (comme combinaison linéaire d’élément de G par exemple) et de F.
n
Donc, (i )i =1àn   : u=   i e i (3).
n
i =1
n q
En égalisant (1) et (3), on en déduit :  ( i −  i )e i +   i  i =0E.
i =1 i =1

Comme (e1,…,en,1,…,q) est une base de F (donc libre), on a : pour tout i=1 à q, i=0.
n
(1) devient : u=   i e i (4).
i =1
p n
En égalisant (4) et (2), on en déduit :   i  i -   i e i =0E.
i =1 i =1

Comme (e1,…,en,1,…,p) est une base de G (donc libre), on a : pour tout i=1 à n, i=0 et
pour tout i=1 à p, i=0.
Donc, u=0E.

On obtient donc: Dim(F+H)=DimF + Dim H.


Or, F+H=F+G (famille génératrice égale).
Donc, Dim(F+G)=n+q+p=(n+q)+(p+n)-n=DimF + DimG – Dim(F G).
D’où le résultat.

Théorème : Soit E un -espace vectoriel de dimension finie.


Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E.
Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1- E=F  G
2- E=F+G et Dim(E)=Dim(F) + Dim(G)
3- F G={0E} et Dim(E) = Dim(F) + Dim(G)

Théorème : Soit E un -espace vectoriel de dimension finie.


Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E.
Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1- E=F  G
2- La réunion d’une base de F et d’une base de G est une base de E.

Espace vectoriel 7
10- Rang d’une famille de vecteurs

Définition : Soit E un -espace vectoriel.


Soit F={v1,…,vp} une famille de p vecteurs de E.
Le rang de F est la dimension de Vect({v1,…,vp}).

Notation : rg(F).

Remarque : rg(F)  p.

Propriété : rg(F)=p si et seulement si F est libre.

Conséquence : Soit E un -espace vectoriel de dimension finie n et soit F={v1,…,vn} une


famille de n vecteurs de E.
rg(F)=n si et seulement si F est une base de E

Méthode des zéros échelonnés


Propriétés :
1- rg({v1,…,vp})=rg({1v1,…,vp}) avec 1 élément de *
 p

2- rg({v1,…,vp})=rg   v1 +   i vi , v 2 , ..., v p   avec 2,…,p éléments de 
 i=2 
3- rg({v1,…,vp})=rg({v1,…,vp,0E})
4- Le rang d’une famille de vecteurs ne dépend pas de l’ordre des vecteurs.

Applications :
Soit E = 3 muni de sa base canonique (i,j,k).
1- Soient u=(0,1,1), v=(1,1,1), w=(-1,1,2) et n=(1,2,0).
Montrer que rg({u,v,w,n}) est 3. En déduire une base de E formée à l’aide des vecteurs u, v,
w, n.
2- Soient a=(1,1,0), b=(1,2,1), c=(5,8,3) et d=(-1,-4,-3).
Soit F = Vect({a,b,c,d}).
Déterminer une base de F formée à l’aide des vecteurs a, b, c, d.
3- Soit E=2[X] et soient B=(X2, X, 1) la base canonique de E et

(
B’= ( X − 1) , ( X − 2 ) , ( X − 3)
2 2 2
) une base de E.
On considère les polynômes P1= ( X − 1) , P2= ( X − 1) + ( X − 2 ) et P3= ( X − 1) + ( X − 3) .
2 2 2 2 2

Déterminer le rang de la famille {P1, P2, P3}.

Espace vectoriel 8
EXERCICES DE NIVEAU 1

Exercice 1. Dans 2, on définit les deux lois de composition suivantes :


 ((x,y) ,(x’,y’))  2  2, (x,y) + (x’,y’) = (x+x’ ,y+y’)
,  (x,y) 2, •(x,y) =(2x,2y)
(2, +, • ) est-il un espace vectoriel réel ?

Exercice 2. Dans 2, on définit les deux lois de composition suivantes :


 ((x,y), (x’,y’))  2  2, (x,y) + (x’,y’) = (x+x’,y+y’)
,  (x,y) 2, (x,y) =(x,0)
2
( , + ,  ) est-il un espace vectoriel réel ?

Exercice 3. Dans E =+*  , on définit les deux lois de composition suivantes :


 ((x,y), (x’,y’))  E2, (x,y)  (x’,y’) = (xx’,y+y’)
,  (x,y) 2, (x,y) =(x,y)
(E,  ,  ) est-il un espace vectoriel réel ?

Exercice 4. Les sous-ensembles suivants sont-ils des sous-espaces vectoriels de (3, + , . ) ?


1- F1 = { (x,y,z)  3/z = 0}
2- F2 = { (x,y,z)  3/x<0}
3- F3 = { (x,y,z)  3/x =1}
4- F4 = { (x,y,z)  3/x = y et y = 2z}.

Exercice 5. Les sous -ensembles suivants de [X] sont-ils des sous-espaces vectoriels ?
1- F1 = { P  [X] / P(0) = 0}
2- F2 = { P  [X] / P= 0 ou deg (P)  2}
3- F3 = { P  [X] / P(0) = P(1)}
4- F4 = { P  [X] / P+P’ = 1}.

Exercice 6. Dans 3, le vecteur V=(1,2,3) appartient-il au sous-espace vectoriel F1 engendré


par : V1=(0,1,0) et V2 = (1,1,1) ?
Même question avec F2 engendré par V3=(-1,-1,0) et V4 = (0,1,3) ?

Exercice 7. Dans 2, montrer que F1={(x,x) / x  } et F2={(x,-x) / x  }sont supplémen-


taires.

Exercice 8. Dans 3, les systèmes suivants sont-ils libres ? générateurs de 3 ? des bases de
3 ?
S1 = {(1,0,0) (0,1,0)}, S2 = {(0,0,0) ; (1,0,0) ; (0,1,0) ; (0,0,1)}, S3 = {(1,2,3)},
S4 = {(1,1,0) ; (0,1,1) ; (1,0,1)}.

Exercice 9. Dans  ensemble des fonctions de  dans , les systèmes suivants sont-ils libres
ou liés ?

Espace vectoriel 9
 1   1 
F1 ={cos, sin}, F2 = exp,  , F3 = exp, , ch 
 exp   exp 

Exercice 10. 1- Déterminer dim(4[X]).


2- Déterminer dim(E) avec E ={acos+bsin / (a,b)2}

Exercice 11. Dans 3, déterminer une base de F = {(x,y,z)  3 / x = y = 2z}.

Espace vectoriel 10
EXERCICES

Exercice 1. L’ensemble 2 muni des opérations  et  définies ci-dessous est-il un -


espace vectoriel ?
1. (x ; y)  (x’ ; y’) = (y + y’ ; x + x’) et  (x ; y) = (y ; x).
2. (x ; y)  (x’ ; y’) = (x + x’ ; y + y’) et  (x ; y) = (x ; y).
3. (x ; y)  (x’ ; y’) = (x + x’ ; y + y’) et  (x ; y) = (x ; 0).

Exercice 2. Les sous-ensembles suivants de 2 sont-ils des sous espaces vectoriels ?



A = ( x, y )  2 / 3x − 2y = 0  
B = ( x, y )  2 / 3x − 2y = 1  
C = ( x, y )  2 / xy  0 
D = ( x, y )  2
/ x = 0 E = ( x, y )  2
/ x  y F = ( x, y )  2
/ x  0

Exercice 3. Parmi les sous-ensembles de [X] suivants, préciser ceux qui en sont des sous-
espaces vectoriels :
G1 = P   X  / deg ( P ) = 3 G 2 = P   X  / deg(P)  3 0 [X] 

G 3 = P   X / P ( 0 ) = P (1) = 0 G 4 = P   X / P ( 2 ) = 2P (1)

Exercice 4. Soit F(,) l’ensemble des applications de  dans . On admet que F(,) est
un -espace vectoriel. Indiquer les sous-ensembles de F(,) ci-dessous qui sont des sous-
espaces vectoriels.
F1 = f : → / x  ,f ( −x ) = f ( x ) F2 = f : → / x  ,f ( −x ) = −f ( x )
F3 = f : → / x  ,f ( x )  0 F4 = f : → / x  ,f ( x ) = 0

Exercice 5. Les sous-ensembles suivants de l’ensemble  des applications de  dans  sont-


ils des sous-espaces vectoriels de  ?
F1 = { f  / f (1) + f (-1) = 0 }
F2 = { f  / f (1) + f (-1) = 1 }
F3 = { f  / x, f (2x) = f (x) }
F4 = { f  / x, f (x - 1) = f (x) - f (1) }

Exercice 6. Les ensembles suivants sont-ils des -espaces vectoriels ?


E = { f :  →  / f(1) = 1}
F = { f :  →  / f(1) = 0}
G = {f : *+ →  / (, )  ², x  *+, f(x) = ex+ln(x)}

Exercice 7. Soient F1 et F2 deux sous-espaces vectoriels d'un espace vectoriel E donné.

Espace vectoriel 11
a- Déterminer une condition nécessaire et suffisante pour que F = F1  F2 soit un sous-
espace vectoriel de E.
b- Dans le cas général, montrer que F1 + F2 est le plus petit sous-espace vectoriel de E
contenant F.

Exercice 8. E1 , E 2 , E 3 sont trois sous-espaces vectoriels d'un espace vectoriel E. Démontrer


que : (E1  E 3 )  [E1 + (E 2  E 3 ) = (E1 + E 2 )  E 3 ].

Exercice 9. E1 , E 2 , E 3 sont trois sous-espaces vectoriels d'un espace vectoriel E vérifiant :


E1 + E 3 = E 2 + E 3 ; E1  E 3 = E 2  E 3 ; E1  E 2
Montrer que E 1 = E 2 .

Eléments de réponse :
Il suffit de montrer que E2 est inclus dans E1.
Soit x un élément de E2.
Donc, x est élément de E2+E3.
Donc, x est élément de E1+E3.
Il existe alors x1 élément de E1 et x3 élément de E3 tels que x=x1+x3.
Comme x1 est élément de E1, il est élément de E2.
Donc, x3=x-x1 est élément de E2.
De plus, x3 est élément de E 2  E 3 , donc de E 1  E 3 .
Donc, x3 est élément de E1.
Comme x=x1+x3, x est élément de E1.
D'où le résultat.

Exercice 10. Parmi les familles suivantes d’éléments de E, préciser celles qui sont libres, gé-
nératrices, bases :
1- E = 2 A = (1, 2) , ( 2,3) , ( 3, 4 )
2- E = 3[X] 
B = 1, ( X - 2 ) , ( X - 3) , ( X - 4 )
2 3


3- E = C () C = f1 : x cos ( x ) ,f 2 : x cos ( 2x ) ,f3 : x cos ( 3x )

Exercice 11. Soit un -espace vectoriel E.


1- Démontrer que si les vecteurs v1 et v2 de E sont linéairement indépendants, il en est
de même des vecteurs v1 + v2 et v1 – v2.
2- Démontrer que si les vecteurs v1, v2 et v3 sont linéairement indépendants, il en est
de même de v1 + v2 + v3, v1 – v2 + v3 et v1 + v2 – v3.
3- Soit E=3[X]. Montrer que {1, X – 1, X3 +X2 – 1, (X2 – 1)(X – 1)} est une base de
E.

Exercice 12.  étant considéré comme -espace vectoriel et z étant un élément de , à quelle
condition (z, z ) est-elle une base de  ?
Ecrire u = x + iy (avec x et y réels) dans une telle base (avec z =  + i).

Exercice 13. Soit E=3.


On considère les vecteurs u=(2,3,-1), v=(1,-1,-2), w=(3,7,0) et t=(5,0,-7).
1- Déterminer une base de F=Vect({u,v}).
2- Soit G= Vect({w,t}). Démontrer que G=F.

Espace vectoriel 12
Exercice 14. On considère les trois vecteurs de 3 :
v1 = (1,1,1) ; v2 = (-1,2,3) ; v3 = (7,-8,-13)
1- Soit F le sous-espace vectoriel engendré par {v1,v2,v3}. Déterminer une base de F.
2- Soit G = {(x,y,z)  3/x – 4y + 3z = 0}. Montrer que G est un sous-espace vectoriel
de 3. Donner une base de G.
3- Montrer que F et G sont égaux.

Exercice 15. Dans le -espace vectoriel des applications de  vers , montrer que si
λ1 , λ 2 , λ 3 , sont trois réels distincts 2 à 2, la famille des applications x e λ1x , x e λ 2 x ,
x e λ3x est libre.

Exercice 16. Dans 4, on donne les vecteurs :


a=(1,2,0,1), b=(2,1,3,1), c=(2,4,0,2), t=(1,2,1,0), u=(-1,1,1,1), v=(2,-1,0,1), w=(2,2,2,2)
F est le sous-espace vectoriel engendré par a, b et c.
G est le sous-espace engendré vectoriel par t, u, v et w.
Trouver une base de F, une base de G, une base de F+G et une base de F G .

Exercice 17. Dans l'espace vectoriel 4, on considère :


V1 = (1,2,0,1) ; V2 = (1,0,2,1) ; V3 = (2,0,4,2) ; W1 = (1,2,1,0) ; W2 = (-1,1,1,1)
W3 = (2,-1,0,1) ; W4 = (2,2,2,2).
1- Démontrer que les familles suivantes sont libres: { V1 ,V2 } ; { W1 ,W2 ,W3 } ;
{ V1 ,V2 ,W1 ,W2 }.
2- Soit E le sous-espace vectoriel de 4 engendré par { V1 ,V2 ,V3 }.
a- Déterminer une base de E.
b- Déterminer un supplémentaire de E.
3- Soit F le sous-espace vectoriel de 4 engendré par { W1 ,W2 ,W3 ,W4 }. Déterminer
une base de F.
4- Déterminer E + F.
5- a- Montrer que V1 + V2  E  F .
b- Déterminer une base de E  F.

Exercice 18. Soient F={(x,y,z)  3/x+y+z=0} et G={(x,y,z)  3/x-y=0  x+z=0}.


1- F et G sont-ils des sous-espaces vectoriels de 3 ?
2- Sont-ils des sous-espaces vectoriels supplémentaires ?

Exercice 19.
1- Déterminer une base du sous-espace vectoriel de 4 défini par :
E1= {(a,b,c,d)  4/ a = 2b-c et d = a+b+c}
2- On note E2 = Vect{(3,1,0,3),(-1,1,1,0)}.
Montrer que E1 et E2 sont supplémentaires dans 4.

Exercice 20. Soit E le sous-ensemble de 4 déterminé par :


 3x + 2 y − 4 z + t = 0

x + y + z − t = 0
2 x + y + 2 z + 2 t = 0

Montrer que E est un sous-espace vectoriel. Quelle est la dimension de E ? Déterminer une
base de E.

Espace vectoriel 13
Exercice 21. Soit (Pn ) n une suite de polynômes de [X] telle que pour tout entier n, le degré
de Pn est n. Montrer que pour tout entier n, {Pi }i =0 à n est une partie génératrice de n[X].
En déduire que c'est une base de n[X].

Exercice 22.
1- Démontrer que la famille  = {(0,1,2),(-1,0,1),(3,2,0)} est une base de 3.
2- Quelles sont les coordonnées du vecteur u = (0,2,1) dans la base canonique de 3 ?
Quelles sont les coordonnées du vecteur u = (0,2,1) dans la base  ?

Exercice 23. Soient  0 ,  1 ,...,  n (n+1) réels deux à deux distincts (n  *).
On pose pour k entier compris entre 0 et n : Pk=  (X −  ) .
i =0 à n
i

ik

a- Montrer que ( P0 , P1 ,..., Pn ) est une base de l'espace vectoriel n[X].


b- Soit P un élément de n[X]. Déterminer les composantes de P dans la base
( P0 , P1 ,..., Pn ).

Exercice 24. E est l'ensemble des applications de  dans  muni de sa structure d'espace
vectoriel sur .
a- Soit G = { f  E/ (a, b, c)  3,  x∈, f(x) = a.cos(x) + b.sin(x) + c.sin(x).cos(x)}.
Montrer que G est un sous-espace vectoriel de E dont on précisera la dimension.
b- Soit H={f  E / (a, b, c)  3,  x∈, f(x) = a.cos(2x) + b.sin(2x) + c.sin(2x).cos(2x)}.
Montrer que H est un sous-espace vectoriel de E dont on précisera la dimension.
c- Déterminer (GH) puis (G + H).

Exercice 25. E est le -espace vectoriel formé des suites de nombres complexes.
Soient p et q deux nombres complexes non simultanément nuls. On appelle S l'ensemble des
suites (u n ) n telles que :
n  , u n + 2 + p.u n +1 + q.u n = 0
a- Montrer que S est un sous-espace vectoriel de E dont on déterminera la dimension.
b- Si p²- 4q  0, trouver deux suites de S linéairement indépendantes dont le terme
général est de la forme s n . Pour (u n ) n élément de S, exprimer u n en fonction de u 0 , u1 ,p,q,n.
c- Si p²-4q = 0, il existe une seule suite non nulle de S de terme général de la forme s n .
Déterminer s. Montrer que les suites v et w de terme général s n et n s n sont éléments de S.
Déterminer une base de S et donnez la forme générale d'un élément de S.

Exercice 26. Déterminer le rang de la famille { a1 ,a 2 ,a 3 ,a 4 } de vecteurs de 5 rapporté à sa


base canonique ( e1 ,e2 ,e3 ,e4 ,e5 ) avec :
 a1 = 2e1 + 3e2 -3e3 +4e4 +2e5
a = 3e1 +6e2 -2e3 +5e4 +9e5
 2

a 3 = 7e1 +18e2 -2e3 +7e4 +7e5
a 4 = 2e1 + 4e2 -2e3 +3e4 + e5

Exercice 27. Dans l'espace vectoriel 4 rapporté à sa base canonique, vérifier que les vec-
teurs :

Espace vectoriel 14
a = (1,2,-1,-2) ; b = (2,3,0,-1) ; c = (1,3,-1,0) ; d = (1,2,1,4)
forment une famille libre.
En déduire que cette famille forme une base de 4.
Calculer les coordonnées du vecteur u, de coordonnées (7,14,-1,2) dans la base canonique,
dans la base (a,b,c,d).

Exercice 28. Dans l'espace vectoriel 4 rapporté à sa base canonique, on considère les vec-
teurs suivants :
V 1 = (0,1,0,1) ; V 2 = (1,0,1,0) ; V 3 = (2,0,-1,1) ; V 4 = (-3,3,3,1) ; V 5 = (7,-4,-2,-1) .
a- Déterminer le rang de la famille { V1 ,V2 ,V3 ,V4 ,V5 }.
b- Soit le système d’équations :
 x 2 + 2x 3 − 3x 4 + 7x 5 = a
 x + 3x 4 − 4x 5 = 3

1

 x 2 − x 3 + 3x 4 − 2x 5 = 2
 x 1 + x 3 + x 4 − x5 = 1
Pour quelles valeurs du paramètre réel a, ce système a-t-il des solutions ?

Espace vectoriel 15
Quelques exercices corrigés

Exercice 29.
Dans 2, on définit une loi d’addition et une loi de multiplication par un réel de la façon sui-
vante :
(a ; b) + ( c ; d ) = (a + c ; b + d) et . (a ; b) = (² a ; ² b)
A-t-on une structure de –espace vectoriel ?

Corrigé : Rappelons tout d’abord la définition d’un espace vectoriel :


(E ;+ ;.) est un K-espace vectoriel si et seulement si, on a :
( E, + ) groupe commutatif (1)
 : K  E → E ( 2)
(  +  ) .x = .x + .x ( 3)

2 
. ( x + y ) = .x + .y ( 4 )
 ( , , x, y )  K  E 
2

( . ) .x = . ( .x )( 5 )
1.x = x 6
 ( )
Pour démontrer qu’un ensemble est un K-espace vectoriel, il faut évidemment vérifier toutes
les propriétés. Par contre, pour démontrer que l’on n’a pas un K-espace vectoriel, il suffit de
démontrer que l’une des propriétés n’est pas vérifiée. En particulier, il suffit même de donner
un contre-exemple.
D’autre part, pour montrer que l’on a un sous K-espace vectoriel, il suffit de vérifier que
l’espace est stable par combinaison linéaire, c'est-à-dire :
( F, +,.) sous Kev de ( E, +,.)   ( , x, y )  K  F2 .x + y  F
Dans la suite, si on ne le précise pas,  et  seront des éléments de K.
Dans l’exercice :
Prenons  = 2 et  = 1 .
Alors on a (  +  )( a, b ) = 3 ( a, b ) = ( 9a,9b ) et
 ( a, b ) +  ( a, b ) = 2 ( a, b ) + 1( a, b ) = ( 4a, 4b ) + ( a, b ) = (5a,5b ) .
Il est donc clair que ( 3) n’est pas vérifiée, et ainsi que l’on n’a pas une structure de -espace
vectoriel.

Exercice 30.
Soit E = *+  .
On définit une addition dans E et une loi de multiplication par un réel de la façon suivante :
(a ; b) + (c ; d) = (ac ; b + d) et  (a ; b) = (a  ;  b)
A-t-on une structure de –espace vectoriel ?

Corrigé : Vérifions tout d’abord que ( E, + ) est un groupe commutatif.


Il est clair que (, )  E²,  +   E .
Commençons par chercher l’élément neutre noté e :
Par définition de l’élément neutre, on a :  = ( a, b )  E, e +  =  .
Donc cela nous donne ( e1 ,e2 ) + ( a, b ) = ( a, b )  ( e1a,e2 + b ) = ( a, b )  e = (1,0 ) .

Espace vectoriel 16
1 
Soit alors  = ( a, b )  E , il est clair que  =  , −b   E est l’inverse de  = ( a, b )  E pour
 a 
la loi +.
1  a 
En effet, on a  +  = ( a, b ) +  , −b  =  , b − b  = e .
a  a 
La commutativité découle de la commutativité du produit et de l’addition dans .
L’associativité se vérifie aisément.
(1) est donc vérifiée.
(2) est elle aussi clairement vérifiée.
Les propriétés restantes ne sont pas immédiates mais de rapides calculs nous montre qu’elles
sont aussi vraies et qu’ainsi on a bien une structure de -espace vectoriel :
(  +  ) .x = (  +  ) . ( x1 , x 2 ) = ( x1+ , (  +  ) x 2 ) = ( x1 x1 , x 2 + x 2 ) = ( x1 , x 2 ) + ( x1 , x 2 ) = x + x
. ( x + y ) = . ( x1y1 , x 2 + y 2 ) = (( x y ) ,  ( x
1 1

2 )
+ y 2 ) = ( x1 y1 , x 2 + y 2 ) = ( x1 , x 2 ) + ( y1 , y 2 ) = x + y

( . ) .x = ( x1. , ( . ) x 2 ) = (( x 1 )


 
)
,  ( x 2 ) = . ( x1 , x 2 ) = . ( x )

1.x = ( x11 ,1x 2 ) = x

Exercice 31.
Parmi les sous-ensembles de [X] suivants, préciser ceux qui en sont des sous-espaces vecto-
riels :
A = {P  [X], P (0) = 1} B = {P  [X], deg (P)  8 }
C = {P  [X], P + P’ + P’’ = 0} D = {P  [X], P (1) = P (2)}

Corrigé : Tout d’abord remarquons que  ( , P,Q )   ([X])², P + Q  [X].

- Soit ( , P,Q )    A². Alors ( P + Q )( 0) = P ( 0 ) + Q ( 0 ) =  + 1


Or pour  = 2 , ( P + Q )( 0) = 3  1 donc A n’est pas un sous-espace vectoriel de [X].

- Soit (  = 1, P = X8 , Q = −X8 )    B². Alors P+Q est le polynôme nul donc ( P + Q )  B ,


donc B n’est pas un sous-espace vectoriel de [X].

- Soit ( , P,Q )    C². Alors

( P + Q ) + ( P + Q ) + ( P + Q ) = P + P + P + Q + Q + Q =  ( P + P + P ) = 0 .


Donc C est un sous-espace vectoriel de [X].

- Soit ( , P,Q )    D². Alors ( P + Q)(1) = P (1) + Q (1) = P ( 2 ) + Q ( 2 ) = ( P + Q )( 2 ) .


Donc D est un sous-espace vectoriel de [X].

Exercice 32.
1- Parmi les sous-ensembles suivants de 3, déterminer ceux qui en sont des sous-espaces
vectoriels :
P 1 = {(x ; y ; z)   3, z = 0)} P 2 = {(x ; y ; z)   3, z = 1)}
P 3 = {(x ; y ; z)   3, x – y  0)} P 4 = {(x ; y ; z)   3, x = 0)}

Espace vectoriel 17
2- Déterminer P 1  P 4 , P 1  P 4 , P 1 + P 4 , un supplémentaire de P 1 dans 3, un supplémen-
taire de P 1  P 4 dans P 1 , puis dans 3.

Corrigé : 1-
- Soient  = ( 1 , 2 , 3 )  P1 ,  = (1 , 2 , 3 )  P1 et   alors on a :
 +  =  ( 1 , 2 ,0) + (1 , 2 ,0 ) = ( 1, 2 ,0 ) + (1, 2 ,0 ) = ( 1 + 1,  2 + 2 ,0 )  P1 .
Donc P1 est un sous-espace vectoriel.

- Soient  = ( 1 , 2 , 3 )  P2 ,  = (1 , 2 , 3 )  P2 et   , alors on a :


 +  =  ( 1 , 2 ,1) + (1 , 2 ,1) = ( 1, 2 ,  ) + (1, 2 ,1) = ( 1 + 1,  2 + 2 ,  + 1) .
Or pour  = −1, ( 1 + 1 , 2 + 2 ,  + 1)  P2 et P2 n’est pas un sous-espace vectoriel.

- Soient  = ( 1 , 2 , 3 )  P3 ,  = (1 , 2 , 3 )  P3 et   , alors on a :


 +  = ( 1 + 1 , 2 + 2 , 3 + 3 ) .
Or, 1 + 1 − ( 2 + 2 ) =  ( 1 − 2 ) + (1 −2 ) .
Prenons alors :  = ( 2,1,0)  P3 ,  = (1,1,0 )  P3 et  = −1 .
On obtiens 1 + 1 − ( 2 + 2 ) = −1  0 et ainsi  +  P3 .
Donc P3 n’est pas un sous-espace vectoriel.

- Soient  = ( 1 , 2 , 3 )  P4 ,  = (1 , 2 , 3 )  P4 et   , alors on a :


 +  =  ( 0, 2 , 3 ) + ( 0, 2 , 3 ) = ( 0, 2 , 3 ) + ( 0, 2 , 3 ) = ( 0,  2 + 2 , 3 + 3 )  P4 .
Donc P4 est un sous-espace vectoriel.

2- On a
P4 P1 = {(x,y,z)  3/x=0  z=0}
P4 P1 = {(x,y,z)  3/x=0  y=0}={(0,y,0)/y  }.
Et de plus,
P4+P1={X=(x,y,z)  3/ A  P1 , B  P4 , X=A+B}
={ ( a1 ,a 2 + b2 , b3 )  3/ ( a1 ,a 2 ,0 )  P1, ( 0, b2 , b3 )  P4 }
= { ( a1 ,a 2 + b2 , b3 )  3/ ( a1 ,a 2 , b2 , b3 ) 4}=3.

Soit K={ ( x, y, z ) 3/x=0  y=0} = ( 0,0, z ) .


Alors K P1 = ( 0,0,0 ) et
K+P1={ X = ( x, y, z ) 3/ A  P1 , B  X ,
X=A+B}={ ( a1 ,a 2 , b3 )  3/ ( a1 ,a 2 ,0 )  P1 , ( 0,0, b3 )  X }=3.

On en déduit que K est un supplémentaire de P1 dans 3.

On a vu que P4 P1 = { ( 0, y,0 )  3}.

Espace vectoriel 18
Soit E={ ( x, y, z ) 3/ y = 0  z = 0 }= ( x,0,0 ) .
Alors E P4 P1 = ( 0,0,0 ) et
E + P4 P1 ={ X = ( x, y, z ) 3/ A  P4 P1 , B  E , X=A+B}
={ ( b1 ,a 2 ,0 )  3/ ( 0,a 2 ,0 )  P4 P, ( b1 ,0,0 )  E }={ ( x, y,0 ) 3}=P1.

On en déduit donc que E est un supplémentaire de P4 P1 dans P1 .

Enfin, soit F={ ( x, y, z ) 3/y=0}.


On vérifie facilement que F est un supplémentaire de P4 P1 dans 3.

Exercice 33.
Soit E = 3. On considère : E1 = {(a ; b ; c)  3 / a = b = c} et E2 = {( a ; b ; c)  3 / a = 0}.
Montrer que : E = E1  E2.

Corrigé : On commence par vérifier que E1 et E 2 sont bien des sous-espaces vectoriels de E.
Soient A = ( a,a,a )  E1 , B = ( b, b, b )  E1 et   , alors on a :
A + B =  ( a,a,a ) + ( b, b, b ) = ( a + b, a + b, a + b )  E1 , donc E1 est un sous-espace vecto-
riel.
De même, soient A = ( 0,a1 ,a 2 )  E2 , B = ( 0, b1, b2 )  E 2 et   , alors on a :
A + B =  ( 0,a1 ,a 2 ) + ( 0, b1, b2 ) = ( 0, a1 + b1, a 2 + b2 )  E 2 , donc E 2 est un sous-espace
vectoriel.

Maintenant, on démontre que ces deux sous-espaces vectoriels sont supplémentaires.


Tout d’abord, on a :
E1 E2 = ( a, b,c ) / a = b = c et a = 0 = ( a, b,c ) / a = b = c = 0 = ( 0,0,0 ) .
D’autre part,
E1 + E2 = X = ( x, y, z ) / X = A + B avec A  E1, B  E 2 
={ ( a,a + b2 ,a + b3 ) 3/ ( a,a,a )  E1 , ( 0, b2 , b3 )  E 2 }
={ ( a,a + b2 ,a + b3 ) 3/ ( a, b2 , b3 ) 3}.
Il y a essentiellement deux méthodes pour montrer que E1 + E 2 = 3.
La première solution consiste à vérifier que le changement de variable suivant est bijectif,
c'est-à-dire à vérifier que l’on peut exprimer les anciennes coordonnées en fonction des nou-
velles de manière unique et réciproquement :
x = a a = x
 
 y = a + b 2  b 2 = y − x
z = a + b b = z − x
 3  3
Cela revient à montrer directement que   E1 + E 2 .
3

La seconde solution consiste à écrire cette somme sous la forme d’un espace vectoriel engen-
dré par trois vecteurs libres : E1 + E2 = Vect ( (1,1,1) , ( 0,1,0 ) , ( 0,0,1) ) .
Finalement, on en conclut que E = E1  E 2 .

Espace vectoriel 19
Exercice 34.
Parmi les familles suivantes d’éléments de E, préciser celles qui sont libres, génératrices,
bases :
1- E =3
A = {(1 ; 0 ; 1) ; ( -1 ; 1 ; 2 ) ; (-2 ; 1 ; 2 )}
B = {(1 ; 0 ; 1) ; ( 2 ; 0 ; 3 ) ; ( -1 ; 1 ; 1 ) ; ( 0 ; 0 ; 1 )}
2- E = 2[X]
C = {1 ; X –  ; (X –  )²} avec   
D = {X² + 3X – 1 ; X² – X + 5 ; -7X² + 9X – 17}
3- E = C0(,)
F = {f1 : x x² ; f2 : x ex ; f3 : x sin x}

Corrigé : 1- Soient , ,  tels que :


 −  − 2  = 0  −  = 0  = 0
  
 (1,0,1) +  ( −1,1, 2 ) +  ( −2,1, 2 ) = 0   +  = 0   = −   = 0
 + 2 + 2 = 0  = 0  = 0
  
Donc la famille est libre.
3 étant un espace vectoriel de dimension 3, on en déduit que cette famille est une base de 3
et donc en particulier, elle est génératrice.

3 étant un espace vectoriel de dimension 3, il ne peut pas exister quatre vecteurs de 3


libres. Donc la famille B est liée.
Il est facile de vérifier que la famille B = ( (1,0,1) , ( 2,0,3) , ( 0,0,1) ) est libre donc c’est une
famille génératrice de 3. Mais on a Vect ( B)  Vect ( B)  3 donc B est une famille géné-
ratrice.

2- Soient a,b,c tels :


a + b ( X −  ) + c ( X −  ) = 0  a − b +  2c + ( b − 2c ) X + cX 2 = 0 .
2

Par identification, cela implique que a = b = c = 0 donc la famille est libre.


Comme 2[X] est de dimension 3, on en déduit que C est une base de E et donc que cette fa-
mille est génératrice.

Soient a, b, c tels que a ( X 2 + 3X − 1) + b ( X 2 − X + 5) + c ( −7X 2 + 9X − 17 ) = 0 .


Cela est équivalent à :
( a + b − 7c) X2 + (3a − b + 9c ) X − a + 5b −17c = 0
( a + b − 7c ) = 0 a = −b + 7c a = −b + 7c a = −b + 7c a = 0
    
 ( 3a − b + 9c ) = 0  −3b + 21c − b + 9c = 0  −4b + 30c = 0  −4b + 30c = 0  b = 0
−a + 5b − 17c = 0 b − 7c + 5b − 17c = 0 6b − 24c = 0 b = 4c c = 0
    
On en déduit que la famille D est libre.
Comme 2[X] est de dimension 3, on en déduit que D est une base de E et donc que cette
famille est génératrice.

3- Soient a, b, c tels que af1 + bf 2 + cf3 = 0 .


Cela signifie que pour tout x réel, on a ax 2 + be x + c sin x = 0 .

Espace vectoriel 20
Pour déterminer les valeurs de a, b et c, on doit obtenir au moins trois équations non liées (si
cela est possible !) à partir de la relation ax 2 + be x + c sin x = 0 . Pour cela la méthode la plus
simple consiste à choisir des valeurs particulières pour x mais on peut aussi dans certains cas
« dériver » la relation afin d’obtenir des équations plus simples.
Par exemple ici, dérivons une première fois la relation, on obtient : 2ax + bex + ccos x = 0 (1) .
Si on dérive une nouvelle fois, on récupère : 2a + bex − csin x = 0 ( 2 ) .
Si on dérive une troisième fois cela nous donne : bex − ccos x = 0 ( 3) .
Prenons alors x=0 dans les trois équations précédentes, on obtient le système :
b + c = 0 (1) a = 0
 
2a + b = 0 ( 2 )  b = 0
 
b − c = 0 ( 3) c = 0
On en déduit donc que cette famille est libre.
Ici, ce n’est pas la méthode la plus simple mais il faut la retenir car elle peut s’avérer utile
dans certains cas.
On repart de la relation initiale : ax 2 + be x + c sin x = 0 .

En prenant x = 0 , on récupère b = 0 , puis x =  , nous donne c = 0 , et enfin x = , nous
2
donne a = 0 .
Par contre, il faut encore étudier le caractère générateur de cette famille. Ici, on voit facile-
ment que cette dernière n’est pas génératrice. En effet, si cela était le cas notre espace serait
de dimension 3 mais on sait que E = C0(,) est un espace vectoriel de E de dimension infi-
nie et donc la famille ne peut pas être génératrice.

Exercice 35.
Calculer le rang des familles suivantes de 4 :
1- u1 = (1 ; 2 ; -4 ; 3) ; u2 = (2 ; 5 ; -3 ; 4) ; u 3 = (6 ; 17 ; -7 ; 10 ) ; u 4 = (1 ; 3 ; -3 ; 2)
2- u1 = (1 ; 2 ; 6 ; -1) ; u 2 = (3 ; 6 ; 5 ; -6) ; u3 = (2 ; 4 ; -1 ; -2 )
3- u1 = (a ; 1 ; 1 ; 0 ) ; u2 = (1 ; a ; 1 ; 0) ; u3 = (1 ; 1 ; a ; 0) avec a  .

Corrigé : 1-
1 2 6 1 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0
 2 5 17 3  2 1 5 1 2 1 0 0 2 1 0 0 
      
rg   = rg   = rg   = rg  
−4 −3 −7 −3 −4 5 17 1  −4 5 −8 −4  −4 5 −8 0
 3 4 10 2   3 −2 −8 −1  3 −2 2 1   3 −2 2 0 
Donc la famille est de rang 3.

1 3 2 1 0 0  1 0 0
2 6 4 2   0 
   0 0  2 0
2- rg   = rg   = rg  
 6 5 −1  6 −13 −13  6 −13 0
−1 −6 −2  −1 −3 0  −1 −3 3 
Donc la famille est de rang 3.

Espace vectoriel 21
a 1 1 0 0 0 0 0 0 
1  a   0 
 a 1  1 1 a 0
3 − rg   = rg   = rg  
1 1 a 1 a 1  Ci aCi −C1 1 a 2 − 1 a − 1 
0 0 0  1 1 a  1 a − 1 a 2 − 1
0 0 0 
a 0 0 
 
= rg  
C3 ( a +1)Ci − C2 1 a 2 −1 0
 
( a 2 − 1) ( a + 1) − ( a − 1)
1 a − 1

0 0 0 
a 
 0 0 
= rg  
1 a − 1
2
0 
1 a − 1 a ( a − 1)( a + 2 ) 
Remarquons que le calcul précédent est valable uniquement si d’une part
a  0 ( Ci  aCi − C1 ) , et d’autre part si a  −1( C3  ( a + 1) C3 − C2 ) .
On doit donc distinguer différents cas en fonction de la valeur de a :
- a=0 :
0 0 0  0 0 0  0 0 0  0 0 0  0 0 0
a 1 1  0 1 1  1 1 0  1 0 0  1 0 0 
        
rg   = rg   = rg   C =C −C rg   C = rg  
1 0 1  2 2 1 1 −1 1  3 3 2 1 −1
C +C
1 a 1  1 0 1  0
1 1 a  1 1 0  0 1 1  0 1 1  0 1 2 
On en déduit que la famille est de rang 3.
- a=-1 :
a 1 1  0 0 0  0 0 0 0 0 0
1 a 1  a     −1 0 0 
   0 0  −1 0 0   
rg   = rg   = rg   = rg  
1 a − 1 a − 1   1 0 −2   1 −2 0 
2
1 1 a 
0 0 0  1 a − 1 a 2 − 1  1 −2 0   1 0 −2 
On en déduit que la famille est aussi de rang 3.
- a  {0, −1} :
Dans ce cas, on a :
a 1 1  0 0 0 
1 a 1   
  a 0 0 
rg   = rg  
1 a − 1
2
 1 1 a  0 
0 0 0  1 a − 1 a ( a − 1)( a + 2 ) 
On doit donc résoudre : a ( a − 1)( a + 2 ) = 0 , et a 2 − 1 = 0.
a ( a − 1)( a + 2) = 0  a 0,1, −2 , et a 2 − 1 = 0  a −1,1 .
Il nous reste donc à traiter les cas a = 1 et a = −2 .
- Si a = 1 , on a :

Espace vectoriel 22
a 1 1  0 0 0 
1 a 1  1 0 0 
   
rg   = rg  
1 1 a  1 0 0 
0 0 0  1 0 0 
Donc la famille est de rang 1.

- Si a = −2 , on a :
a 1 1   0 0 0
1 a 1  −2 0 0 
   
rg   = rg  
1 1 a   1 3 0
0 0 0   1 −3 0 
Donc la famille est de rang 2.

Dans tous les autre cas, la famille est de rang 3.

Espace vectoriel 23
Espace vectoriel 24

Vous aimerez peut-être aussi