Concepts et Théorèmes des Espaces Vectoriels
Concepts et Théorèmes des Espaces Vectoriels
ESPACE VECTORIEL
0- Présentation historique
• d'indépendance linéaire ;
• de somme de sous-espaces ;
• de produit linéaire, correspondant au produit scalaire actuel ;
• de produit extérieur, qui deviendra, en dimension 3, avec Gibbs et Clifford,
notre produit vectoriel usuel ;
• l'important théorème des dimensions, qui porte son nom :
Mais c'est à Peano que reviendra le mérite de définir de façon axiomatique et plus
claire le concept d'espace vectoriel sur un corps de scalaires.
1- Espace vectoriel
Espace vectoriel 1
o + est une loi associative c’est-à-dire ∀(u,v,w)∈E3, (u+v)+w=u+(v+w)
o + est une loi admettant un élément neutre (noté en général 0E) c’est-à-dire
∀u∈E, u+0E=0E+u=u
o Tout élément de E a un opposé pour la loi + c’est-à-dire ∀u∈E, ∃(−u)∈E,
u+(−u)=(−u)+u=0E
o + est une loi commutative c’est-à-dire ∀(u,v)∈E2, u+v=v+u
- (k1 , k 2 ) ², u E, (k1 + k 2 ) u = k1 u + k 2 u
- k , (u1 , u 2 ) E², k (u1 + u 2 ) = k u1 + k u 2
- (k1 , k 2 ) ², u E, k1 (k 2 u) = (k1k 2 ) u
- u E , 1 u=u
Les éléments de sont appelés scalaires, et les éléments de E sont appelés vecteurs.
Il est facile de vérifier que n, l'ensemble des suites ou l'ensemble des fonctions cons-
tituent un espace vectoriel. En fait, la définition ne servira que pour ces ensembles de base.
D'autres critères sont ensuite utilisés pour montrer qu'un ensemble est un espace vectoriel.
Démonstration :
a- Soit u E, l u = u =(1+0) u = 1 u+0 u = u+0 u u = u+0 u 0 u = 0E
b- Soit k , k 0E = k (0 u) = (k.0) u = 0 u = 0E
c- Soit u E, 0E = 0 u = [1 + (-1)] u = u + (-1) u (-1) u = -u
1 1
d- Soit u E et k . Si k u = 0E et si k 0, alors (k u) = 0E 1 u = 0E
k k
u = 0E.
2- Sous-espace vectoriel
Exemple :
Soit E=3 considéré comme un -espace vectoriel.
Alors P défini par son équation cartésienne : 3x+2y+z=0, c’est-à-dire :
P={(x,y,z) 3/3x+2y+z=0} est un sous-espace vectoriel de E.
x + y + 2z = 0
De même, D défini par , c’est-à-dire D={(x,y,z) 3/x+y+2z=0 x-y-z=0}
x−y−z =0
est un sous-espace vectoriel de E.
Remarque : Vect(A)= F.
F sev
AF
Théorème : La somme F+G est directe si et seulement si tout vecteur de F+G se décompose
de manière unique comme la somme d’un élément de F et d’un élément de G.
Espace vectoriel 3
Exemple 1 :
E=3. On pose i=(1,0,0), j=(0,1,0) et k=(0,0,1).Nous avons E=Vect({i,j,k}).
Soient F=Vect({i, j – i}) et G=Vect({k, j + k})
La somme n'est pas directe car :
-i+j+k= − j+k = −
i+ i+ j+ k
F G F G
Exemple 2 :
E=3. On pose i=(1,0,0), j=(0,1,0) et k=(0,0,1).Nous avons E=Vect({i,j,k}).
Soient F=Vect({i, j + k}) et G=Vect({j - k - i}).
La somme F+G est directe et F G=3 car :
xi +yj+zk= 1 (2x+y-z)i+ 1 (y+z)(j+k)+ 1 (y-z)(j-k-i)
2 2 2
et il n'y a pas d'autre possibilité.
Remarque : Dans les 2 exemples précédents, il est plus facile de montrer que la somme est
directe en déterminant F G.
On dit alors que les vecteurs de cette famille sont linéairement indépendants.
Propriétés : 1- Toute famille extraite d’une famille libre est une famille libre.
2- Toute famille contenant une famille liée est liée.
3- Toute famille contenant 0E est liée.
4- Dans une famille liée, il existe (au moins) un vecteur qui peut s’exprimer
comme combinaison linéaire des autres.
6- Familles génératrices
Définition : Soit E un -espace vectoriel. Soit {v1, v2,…,vp} une famille de p vecteurs de E.
Espace vectoriel 4
La famille {v1, v2,…,vp} est génératrice si par définition tout élément de E peut s’écrire
comme une combinaison linéaire des éléments de cette famille.
p
v E, ( 1 ,..., p ) p/v= i vi
i =1
7- Bases
Définition : Soit E un -espace vectoriel. Une base de E est une famille libre et génératrice.
8- Dimension
Définition : Un espace vectoriel E est dit de dimension finie s’il possède une famille généra-
trice finie.
Dans le cas contraire, E est dit de dimension infinie.
Exemples :
Les espaces vectoriels suivant sont de dimension finie : 3, 3[X]…
Les espaces vectoriels suivant sont de dimension infinie : [X], C (), …
Convention : Dim({0E})=0.
Espace vectoriel 5
Théorème : Soit E un -espace vectoriel de dimension finie et F un sous-espace vectoriel de
E.
- F est de dimension finie et Dim(F) Dim(E).
- Dim(F)=Dim(E) si et seulement si E=F.
Preuve :
1- Si F G={0E} :
Espace vectoriel 6
Soit (fi)i=1 à n une base de F et (gj)j=1 à m une base de G.
Alors, F+G=Vect{f1,…,fn,g1,…,gm}.
Montrons que {f1,…,fn,g1,…,gm}est une famille libre.
n m n m n m
f i i + i g i =0E f
i =1
i i = − i g i F G . Donc,
i =1
f i i = − i g i = 0E.
i =1 i =1 i =1 i =1
On en déduit que pour i=1 à n, i=0 et pour i=1 à m, i=0. D’où le résultat.
2- Si F G {0E} :
Soit (ei)i=1 à n une base de F G, complétée (cf. Théorème de la base incomplète) en une base
(e1,…,en,1,…,q) de F et (e1,…,en,1,…,p) de G.
Soit H le sous-espace vectoriel de E de base (1,…,p).
Montrons que F H={0E} (afin d’utiliser 1-).
Soit u élément de F H.
n q p
(i )i =1 à n (i )i =1 à q / u= i e i + i i (1) et ( i ) i =1àp / u = i i (2).
n q
i =1 i =1 i =1
Donc, u est élément de G (comme combinaison linéaire d’élément de G par exemple) et de F.
n
Donc, (i )i =1àn : u= i e i (3).
n
i =1
n q
En égalisant (1) et (3), on en déduit : ( i − i )e i + i i =0E.
i =1 i =1
Comme (e1,…,en,1,…,q) est une base de F (donc libre), on a : pour tout i=1 à q, i=0.
n
(1) devient : u= i e i (4).
i =1
p n
En égalisant (4) et (2), on en déduit : i i - i e i =0E.
i =1 i =1
Comme (e1,…,en,1,…,p) est une base de G (donc libre), on a : pour tout i=1 à n, i=0 et
pour tout i=1 à p, i=0.
Donc, u=0E.
Espace vectoriel 7
10- Rang d’une famille de vecteurs
Notation : rg(F).
Remarque : rg(F) p.
Applications :
Soit E = 3 muni de sa base canonique (i,j,k).
1- Soient u=(0,1,1), v=(1,1,1), w=(-1,1,2) et n=(1,2,0).
Montrer que rg({u,v,w,n}) est 3. En déduire une base de E formée à l’aide des vecteurs u, v,
w, n.
2- Soient a=(1,1,0), b=(1,2,1), c=(5,8,3) et d=(-1,-4,-3).
Soit F = Vect({a,b,c,d}).
Déterminer une base de F formée à l’aide des vecteurs a, b, c, d.
3- Soit E=2[X] et soient B=(X2, X, 1) la base canonique de E et
(
B’= ( X − 1) , ( X − 2 ) , ( X − 3)
2 2 2
) une base de E.
On considère les polynômes P1= ( X − 1) , P2= ( X − 1) + ( X − 2 ) et P3= ( X − 1) + ( X − 3) .
2 2 2 2 2
Espace vectoriel 8
EXERCICES DE NIVEAU 1
Exercice 5. Les sous -ensembles suivants de [X] sont-ils des sous-espaces vectoriels ?
1- F1 = { P [X] / P(0) = 0}
2- F2 = { P [X] / P= 0 ou deg (P) 2}
3- F3 = { P [X] / P(0) = P(1)}
4- F4 = { P [X] / P+P’ = 1}.
Exercice 8. Dans 3, les systèmes suivants sont-ils libres ? générateurs de 3 ? des bases de
3 ?
S1 = {(1,0,0) (0,1,0)}, S2 = {(0,0,0) ; (1,0,0) ; (0,1,0) ; (0,0,1)}, S3 = {(1,2,3)},
S4 = {(1,1,0) ; (0,1,1) ; (1,0,1)}.
Exercice 9. Dans ensemble des fonctions de dans , les systèmes suivants sont-ils libres
ou liés ?
Espace vectoriel 9
1 1
F1 ={cos, sin}, F2 = exp, , F3 = exp, , ch
exp exp
Espace vectoriel 10
EXERCICES
Exercice 3. Parmi les sous-ensembles de [X] suivants, préciser ceux qui en sont des sous-
espaces vectoriels :
G1 = P X / deg ( P ) = 3 G 2 = P X / deg(P) 3 0 [X]
G 3 = P X / P ( 0 ) = P (1) = 0 G 4 = P X / P ( 2 ) = 2P (1)
Exercice 4. Soit F(,) l’ensemble des applications de dans . On admet que F(,) est
un -espace vectoriel. Indiquer les sous-ensembles de F(,) ci-dessous qui sont des sous-
espaces vectoriels.
F1 = f : → / x ,f ( −x ) = f ( x ) F2 = f : → / x ,f ( −x ) = −f ( x )
F3 = f : → / x ,f ( x ) 0 F4 = f : → / x ,f ( x ) = 0
Espace vectoriel 11
a- Déterminer une condition nécessaire et suffisante pour que F = F1 F2 soit un sous-
espace vectoriel de E.
b- Dans le cas général, montrer que F1 + F2 est le plus petit sous-espace vectoriel de E
contenant F.
Eléments de réponse :
Il suffit de montrer que E2 est inclus dans E1.
Soit x un élément de E2.
Donc, x est élément de E2+E3.
Donc, x est élément de E1+E3.
Il existe alors x1 élément de E1 et x3 élément de E3 tels que x=x1+x3.
Comme x1 est élément de E1, il est élément de E2.
Donc, x3=x-x1 est élément de E2.
De plus, x3 est élément de E 2 E 3 , donc de E 1 E 3 .
Donc, x3 est élément de E1.
Comme x=x1+x3, x est élément de E1.
D'où le résultat.
Exercice 10. Parmi les familles suivantes d’éléments de E, préciser celles qui sont libres, gé-
nératrices, bases :
1- E = 2 A = (1, 2) , ( 2,3) , ( 3, 4 )
2- E = 3[X]
B = 1, ( X - 2 ) , ( X - 3) , ( X - 4 )
2 3
3- E = C () C = f1 : x cos ( x ) ,f 2 : x cos ( 2x ) ,f3 : x cos ( 3x )
Exercice 12. étant considéré comme -espace vectoriel et z étant un élément de , à quelle
condition (z, z ) est-elle une base de ?
Ecrire u = x + iy (avec x et y réels) dans une telle base (avec z = + i).
Espace vectoriel 12
Exercice 14. On considère les trois vecteurs de 3 :
v1 = (1,1,1) ; v2 = (-1,2,3) ; v3 = (7,-8,-13)
1- Soit F le sous-espace vectoriel engendré par {v1,v2,v3}. Déterminer une base de F.
2- Soit G = {(x,y,z) 3/x – 4y + 3z = 0}. Montrer que G est un sous-espace vectoriel
de 3. Donner une base de G.
3- Montrer que F et G sont égaux.
Exercice 15. Dans le -espace vectoriel des applications de vers , montrer que si
λ1 , λ 2 , λ 3 , sont trois réels distincts 2 à 2, la famille des applications x e λ1x , x e λ 2 x ,
x e λ3x est libre.
Exercice 19.
1- Déterminer une base du sous-espace vectoriel de 4 défini par :
E1= {(a,b,c,d) 4/ a = 2b-c et d = a+b+c}
2- On note E2 = Vect{(3,1,0,3),(-1,1,1,0)}.
Montrer que E1 et E2 sont supplémentaires dans 4.
Espace vectoriel 13
Exercice 21. Soit (Pn ) n une suite de polynômes de [X] telle que pour tout entier n, le degré
de Pn est n. Montrer que pour tout entier n, {Pi }i =0 à n est une partie génératrice de n[X].
En déduire que c'est une base de n[X].
Exercice 22.
1- Démontrer que la famille = {(0,1,2),(-1,0,1),(3,2,0)} est une base de 3.
2- Quelles sont les coordonnées du vecteur u = (0,2,1) dans la base canonique de 3 ?
Quelles sont les coordonnées du vecteur u = (0,2,1) dans la base ?
Exercice 23. Soient 0 , 1 ,..., n (n+1) réels deux à deux distincts (n *).
On pose pour k entier compris entre 0 et n : Pk= (X − ) .
i =0 à n
i
ik
Exercice 24. E est l'ensemble des applications de dans muni de sa structure d'espace
vectoriel sur .
a- Soit G = { f E/ (a, b, c) 3, x∈, f(x) = a.cos(x) + b.sin(x) + c.sin(x).cos(x)}.
Montrer que G est un sous-espace vectoriel de E dont on précisera la dimension.
b- Soit H={f E / (a, b, c) 3, x∈, f(x) = a.cos(2x) + b.sin(2x) + c.sin(2x).cos(2x)}.
Montrer que H est un sous-espace vectoriel de E dont on précisera la dimension.
c- Déterminer (GH) puis (G + H).
Exercice 25. E est le -espace vectoriel formé des suites de nombres complexes.
Soient p et q deux nombres complexes non simultanément nuls. On appelle S l'ensemble des
suites (u n ) n telles que :
n , u n + 2 + p.u n +1 + q.u n = 0
a- Montrer que S est un sous-espace vectoriel de E dont on déterminera la dimension.
b- Si p²- 4q 0, trouver deux suites de S linéairement indépendantes dont le terme
général est de la forme s n . Pour (u n ) n élément de S, exprimer u n en fonction de u 0 , u1 ,p,q,n.
c- Si p²-4q = 0, il existe une seule suite non nulle de S de terme général de la forme s n .
Déterminer s. Montrer que les suites v et w de terme général s n et n s n sont éléments de S.
Déterminer une base de S et donnez la forme générale d'un élément de S.
Exercice 27. Dans l'espace vectoriel 4 rapporté à sa base canonique, vérifier que les vec-
teurs :
Espace vectoriel 14
a = (1,2,-1,-2) ; b = (2,3,0,-1) ; c = (1,3,-1,0) ; d = (1,2,1,4)
forment une famille libre.
En déduire que cette famille forme une base de 4.
Calculer les coordonnées du vecteur u, de coordonnées (7,14,-1,2) dans la base canonique,
dans la base (a,b,c,d).
Exercice 28. Dans l'espace vectoriel 4 rapporté à sa base canonique, on considère les vec-
teurs suivants :
V 1 = (0,1,0,1) ; V 2 = (1,0,1,0) ; V 3 = (2,0,-1,1) ; V 4 = (-3,3,3,1) ; V 5 = (7,-4,-2,-1) .
a- Déterminer le rang de la famille { V1 ,V2 ,V3 ,V4 ,V5 }.
b- Soit le système d’équations :
x 2 + 2x 3 − 3x 4 + 7x 5 = a
x + 3x 4 − 4x 5 = 3
1
x 2 − x 3 + 3x 4 − 2x 5 = 2
x 1 + x 3 + x 4 − x5 = 1
Pour quelles valeurs du paramètre réel a, ce système a-t-il des solutions ?
Espace vectoriel 15
Quelques exercices corrigés
Exercice 29.
Dans 2, on définit une loi d’addition et une loi de multiplication par un réel de la façon sui-
vante :
(a ; b) + ( c ; d ) = (a + c ; b + d) et . (a ; b) = (² a ; ² b)
A-t-on une structure de –espace vectoriel ?
( . ) .x = . ( .x )( 5 )
1.x = x 6
( )
Pour démontrer qu’un ensemble est un K-espace vectoriel, il faut évidemment vérifier toutes
les propriétés. Par contre, pour démontrer que l’on n’a pas un K-espace vectoriel, il suffit de
démontrer que l’une des propriétés n’est pas vérifiée. En particulier, il suffit même de donner
un contre-exemple.
D’autre part, pour montrer que l’on a un sous K-espace vectoriel, il suffit de vérifier que
l’espace est stable par combinaison linéaire, c'est-à-dire :
( F, +,.) sous Kev de ( E, +,.) ( , x, y ) K F2 .x + y F
Dans la suite, si on ne le précise pas, et seront des éléments de K.
Dans l’exercice :
Prenons = 2 et = 1 .
Alors on a ( + )( a, b ) = 3 ( a, b ) = ( 9a,9b ) et
( a, b ) + ( a, b ) = 2 ( a, b ) + 1( a, b ) = ( 4a, 4b ) + ( a, b ) = (5a,5b ) .
Il est donc clair que ( 3) n’est pas vérifiée, et ainsi que l’on n’a pas une structure de -espace
vectoriel.
Exercice 30.
Soit E = *+ .
On définit une addition dans E et une loi de multiplication par un réel de la façon suivante :
(a ; b) + (c ; d) = (ac ; b + d) et (a ; b) = (a ; b)
A-t-on une structure de –espace vectoriel ?
Espace vectoriel 16
1
Soit alors = ( a, b ) E , il est clair que = , −b E est l’inverse de = ( a, b ) E pour
a
la loi +.
1 a
En effet, on a + = ( a, b ) + , −b = , b − b = e .
a a
La commutativité découle de la commutativité du produit et de l’addition dans .
L’associativité se vérifie aisément.
(1) est donc vérifiée.
(2) est elle aussi clairement vérifiée.
Les propriétés restantes ne sont pas immédiates mais de rapides calculs nous montre qu’elles
sont aussi vraies et qu’ainsi on a bien une structure de -espace vectoriel :
( + ) .x = ( + ) . ( x1 , x 2 ) = ( x1+ , ( + ) x 2 ) = ( x1 x1 , x 2 + x 2 ) = ( x1 , x 2 ) + ( x1 , x 2 ) = x + x
. ( x + y ) = . ( x1y1 , x 2 + y 2 ) = (( x y ) , ( x
1 1
2 )
+ y 2 ) = ( x1 y1 , x 2 + y 2 ) = ( x1 , x 2 ) + ( y1 , y 2 ) = x + y
Exercice 31.
Parmi les sous-ensembles de [X] suivants, préciser ceux qui en sont des sous-espaces vecto-
riels :
A = {P [X], P (0) = 1} B = {P [X], deg (P) 8 }
C = {P [X], P + P’ + P’’ = 0} D = {P [X], P (1) = P (2)}
Exercice 32.
1- Parmi les sous-ensembles suivants de 3, déterminer ceux qui en sont des sous-espaces
vectoriels :
P 1 = {(x ; y ; z) 3, z = 0)} P 2 = {(x ; y ; z) 3, z = 1)}
P 3 = {(x ; y ; z) 3, x – y 0)} P 4 = {(x ; y ; z) 3, x = 0)}
Espace vectoriel 17
2- Déterminer P 1 P 4 , P 1 P 4 , P 1 + P 4 , un supplémentaire de P 1 dans 3, un supplémen-
taire de P 1 P 4 dans P 1 , puis dans 3.
Corrigé : 1-
- Soient = ( 1 , 2 , 3 ) P1 , = (1 , 2 , 3 ) P1 et alors on a :
+ = ( 1 , 2 ,0) + (1 , 2 ,0 ) = ( 1, 2 ,0 ) + (1, 2 ,0 ) = ( 1 + 1, 2 + 2 ,0 ) P1 .
Donc P1 est un sous-espace vectoriel.
2- On a
P4 P1 = {(x,y,z) 3/x=0 z=0}
P4 P1 = {(x,y,z) 3/x=0 y=0}={(0,y,0)/y }.
Et de plus,
P4+P1={X=(x,y,z) 3/ A P1 , B P4 , X=A+B}
={ ( a1 ,a 2 + b2 , b3 ) 3/ ( a1 ,a 2 ,0 ) P1, ( 0, b2 , b3 ) P4 }
= { ( a1 ,a 2 + b2 , b3 ) 3/ ( a1 ,a 2 , b2 , b3 ) 4}=3.
Espace vectoriel 18
Soit E={ ( x, y, z ) 3/ y = 0 z = 0 }= ( x,0,0 ) .
Alors E P4 P1 = ( 0,0,0 ) et
E + P4 P1 ={ X = ( x, y, z ) 3/ A P4 P1 , B E , X=A+B}
={ ( b1 ,a 2 ,0 ) 3/ ( 0,a 2 ,0 ) P4 P, ( b1 ,0,0 ) E }={ ( x, y,0 ) 3}=P1.
Exercice 33.
Soit E = 3. On considère : E1 = {(a ; b ; c) 3 / a = b = c} et E2 = {( a ; b ; c) 3 / a = 0}.
Montrer que : E = E1 E2.
Corrigé : On commence par vérifier que E1 et E 2 sont bien des sous-espaces vectoriels de E.
Soient A = ( a,a,a ) E1 , B = ( b, b, b ) E1 et , alors on a :
A + B = ( a,a,a ) + ( b, b, b ) = ( a + b, a + b, a + b ) E1 , donc E1 est un sous-espace vecto-
riel.
De même, soient A = ( 0,a1 ,a 2 ) E2 , B = ( 0, b1, b2 ) E 2 et , alors on a :
A + B = ( 0,a1 ,a 2 ) + ( 0, b1, b2 ) = ( 0, a1 + b1, a 2 + b2 ) E 2 , donc E 2 est un sous-espace
vectoriel.
La seconde solution consiste à écrire cette somme sous la forme d’un espace vectoriel engen-
dré par trois vecteurs libres : E1 + E2 = Vect ( (1,1,1) , ( 0,1,0 ) , ( 0,0,1) ) .
Finalement, on en conclut que E = E1 E 2 .
Espace vectoriel 19
Exercice 34.
Parmi les familles suivantes d’éléments de E, préciser celles qui sont libres, génératrices,
bases :
1- E =3
A = {(1 ; 0 ; 1) ; ( -1 ; 1 ; 2 ) ; (-2 ; 1 ; 2 )}
B = {(1 ; 0 ; 1) ; ( 2 ; 0 ; 3 ) ; ( -1 ; 1 ; 1 ) ; ( 0 ; 0 ; 1 )}
2- E = 2[X]
C = {1 ; X – ; (X – )²} avec
D = {X² + 3X – 1 ; X² – X + 5 ; -7X² + 9X – 17}
3- E = C0(,)
F = {f1 : x x² ; f2 : x ex ; f3 : x sin x}
Espace vectoriel 20
Pour déterminer les valeurs de a, b et c, on doit obtenir au moins trois équations non liées (si
cela est possible !) à partir de la relation ax 2 + be x + c sin x = 0 . Pour cela la méthode la plus
simple consiste à choisir des valeurs particulières pour x mais on peut aussi dans certains cas
« dériver » la relation afin d’obtenir des équations plus simples.
Par exemple ici, dérivons une première fois la relation, on obtient : 2ax + bex + ccos x = 0 (1) .
Si on dérive une nouvelle fois, on récupère : 2a + bex − csin x = 0 ( 2 ) .
Si on dérive une troisième fois cela nous donne : bex − ccos x = 0 ( 3) .
Prenons alors x=0 dans les trois équations précédentes, on obtient le système :
b + c = 0 (1) a = 0
2a + b = 0 ( 2 ) b = 0
b − c = 0 ( 3) c = 0
On en déduit donc que cette famille est libre.
Ici, ce n’est pas la méthode la plus simple mais il faut la retenir car elle peut s’avérer utile
dans certains cas.
On repart de la relation initiale : ax 2 + be x + c sin x = 0 .
En prenant x = 0 , on récupère b = 0 , puis x = , nous donne c = 0 , et enfin x = , nous
2
donne a = 0 .
Par contre, il faut encore étudier le caractère générateur de cette famille. Ici, on voit facile-
ment que cette dernière n’est pas génératrice. En effet, si cela était le cas notre espace serait
de dimension 3 mais on sait que E = C0(,) est un espace vectoriel de E de dimension infi-
nie et donc la famille ne peut pas être génératrice.
Exercice 35.
Calculer le rang des familles suivantes de 4 :
1- u1 = (1 ; 2 ; -4 ; 3) ; u2 = (2 ; 5 ; -3 ; 4) ; u 3 = (6 ; 17 ; -7 ; 10 ) ; u 4 = (1 ; 3 ; -3 ; 2)
2- u1 = (1 ; 2 ; 6 ; -1) ; u 2 = (3 ; 6 ; 5 ; -6) ; u3 = (2 ; 4 ; -1 ; -2 )
3- u1 = (a ; 1 ; 1 ; 0 ) ; u2 = (1 ; a ; 1 ; 0) ; u3 = (1 ; 1 ; a ; 0) avec a .
Corrigé : 1-
1 2 6 1 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0
2 5 17 3 2 1 5 1 2 1 0 0 2 1 0 0
rg = rg = rg = rg
−4 −3 −7 −3 −4 5 17 1 −4 5 −8 −4 −4 5 −8 0
3 4 10 2 3 −2 −8 −1 3 −2 2 1 3 −2 2 0
Donc la famille est de rang 3.
1 3 2 1 0 0 1 0 0
2 6 4 2 0
0 0 2 0
2- rg = rg = rg
6 5 −1 6 −13 −13 6 −13 0
−1 −6 −2 −1 −3 0 −1 −3 3
Donc la famille est de rang 3.
Espace vectoriel 21
a 1 1 0 0 0 0 0 0
1 a 0
a 1 1 1 a 0
3 − rg = rg = rg
1 1 a 1 a 1 Ci aCi −C1 1 a 2 − 1 a − 1
0 0 0 1 1 a 1 a − 1 a 2 − 1
0 0 0
a 0 0
= rg
C3 ( a +1)Ci − C2 1 a 2 −1 0
( a 2 − 1) ( a + 1) − ( a − 1)
1 a − 1
0 0 0
a
0 0
= rg
1 a − 1
2
0
1 a − 1 a ( a − 1)( a + 2 )
Remarquons que le calcul précédent est valable uniquement si d’une part
a 0 ( Ci aCi − C1 ) , et d’autre part si a −1( C3 ( a + 1) C3 − C2 ) .
On doit donc distinguer différents cas en fonction de la valeur de a :
- a=0 :
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
a 1 1 0 1 1 1 1 0 1 0 0 1 0 0
rg = rg = rg C =C −C rg C = rg
1 0 1 2 2 1 1 −1 1 3 3 2 1 −1
C +C
1 a 1 1 0 1 0
1 1 a 1 1 0 0 1 1 0 1 1 0 1 2
On en déduit que la famille est de rang 3.
- a=-1 :
a 1 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
1 a 1 a −1 0 0
0 0 −1 0 0
rg = rg = rg = rg
1 a − 1 a − 1 1 0 −2 1 −2 0
2
1 1 a
0 0 0 1 a − 1 a 2 − 1 1 −2 0 1 0 −2
On en déduit que la famille est aussi de rang 3.
- a {0, −1} :
Dans ce cas, on a :
a 1 1 0 0 0
1 a 1
a 0 0
rg = rg
1 a − 1
2
1 1 a 0
0 0 0 1 a − 1 a ( a − 1)( a + 2 )
On doit donc résoudre : a ( a − 1)( a + 2 ) = 0 , et a 2 − 1 = 0.
a ( a − 1)( a + 2) = 0 a 0,1, −2 , et a 2 − 1 = 0 a −1,1 .
Il nous reste donc à traiter les cas a = 1 et a = −2 .
- Si a = 1 , on a :
Espace vectoriel 22
a 1 1 0 0 0
1 a 1 1 0 0
rg = rg
1 1 a 1 0 0
0 0 0 1 0 0
Donc la famille est de rang 1.
- Si a = −2 , on a :
a 1 1 0 0 0
1 a 1 −2 0 0
rg = rg
1 1 a 1 3 0
0 0 0 1 −3 0
Donc la famille est de rang 2.
Espace vectoriel 23
Espace vectoriel 24