Université d’Ottawa
Faculté des Arts
Analyse de textes
ART 3518 : Art, monde et métissages culturels
Pr. CHINATSU KOBAYASHI
06 Février 2024
Travail remis par Diallo Mariama Dian
1.
Piotr Piotrowski est un célèbre historien de l’art polonais qui a vécu entre les années 1952
et 2015. Dans son texte il propose un modèle de l'histoire de l'art horizontal qu'il a voulu
expliquer au travers du prisme non occidental, la géographie comme moyen d'instaurer
des frontières puis développer cette idée dans le contexte de la mondialisation.
Dans les premières parties de son texte Piotr Piotrowski fait référence à un ouvrage
intitulé Art since 1900 auquel il fait référence de temps en temps. D'après lui, cet ouvrage
a établi la meilleure synthèse de l'histoire de l'art au XX s et le manuel est très utile si l'on
veut étudier l’histoire de l’art du XX siècle. Il revient quelques fois sur cet ouvrage pour
faire des liens et des suggestions car il suggère que dans le manuel les pratiques ou les
faits sont artistiquement séparés et le lien est fait à travers la période à laquelle un fait se
produit et les divers mouvements qui ont caractérisés cette période. C'est un ouvrage de
base dans le texte.
Piotr Piotrowski discute des pratiques artistiques utilisées au XX siècle, pour lui le
problème réside dans l'approche géographique utilisée. Il décrit comme vertical l'histoire
de l'art qui fragmente les récits sans leur accorder une réelle valeur comme le fait que l'art
créé dans les autres régions géographiques doit adopter la pratique artistique en vigueur
dans les régions de la grande métropole. L'Occident est le modèle de base, c’est sur lui
qu’il faut calquer, c'est la hiérarchie et même les travaux artistiques de très bons peintres
sont refusés parce que selon le code de l’époque ils doivent se baser et dépendre des
modèles en vigueur depuis le Centre, les ouvrages et travaux ne sont reconnus et seront
exposés que dans ces centres, c’est comme une norme. Katarzyna Kobro et Wladyslaw
Strzeminski, deux artistes polonais et tant d’autres artistes ont vécu cette injustice, que ce
soit en Tchécoslovaquie en Pologne et dans d’autres pays. Le fait est que la théorie de
l'histoire de l'art occidental est supposée une théorie de l’histoire de l’art universelle et, le
discours des hommes politiques dans les hautes sphères de la hiérarchie voulait donner
plein pouvoir aux perspectives verticales.
Une histoire rédigée par Stephen Foster, The Eastern Dada Orbit, permet de très bien
comprendre les analyses de ce qui s’est passé à l’extérieur du centre occidental. Il y a
donc l’Europe (le Centre) et l’est (Eastern, incluant l’Union Soviétique) dominés par
l’influence du dadaïsme. Ce qui sort du cadre est taxé d’Autre, de l’étranger ce que l’on
ne connaît pas.
En principe l’art sert d’instrument de résistance contre les idéaux politiques, religieux ou
culturels, sinon il perd son but.
Comme au temps des colons, une seule personne raconte l'histoire et une seule personne
décide de ce qui doit être écrit. L'art fragmenté, sans source véritable devient nul tant qu'il
privilégie les récits qui ont existé dans les centres politiques au détriment des récits dans
les régions de périphérie. Piotrowski défend l'idée que des artistes de son époque
talentueux et possédants des dons, ont à rencontrer des difficultés dans leur volonté de
partager leurs récits car la pluralité des récits n’est toujours pas acceptée à cette époque.
Pourtant on pourrait retrouver des récits sous une même identité, une identité
transnationale, les accepter et les divulguer mondialement dans le but de faire connaitre
les récits et les différences des récits a tous, il n'est pas important qu'elles aient ou n’aient
pas les mêmes contenus ou qu'elles appartiennent à de différents courants politiques et
religieux ou culturels, cela au contraire fait leur pluralité et la beauté des récits.
Ainsi il y a une séparation entre nord, sud, est et ouest. Est-ce important ? Ainsi on a le
choix entre rentrer dans les rangs ou être qualifié de perturbateur et être éjecté des
musées. Pourtant l’histoire de l’art non occidental, l’art des régions colonisées est bien
plus colossal que lesdits modèles et leur définition dépasse le cadre d’une vulgaire
imitation ou d’une photocopie.
John Clark écrit Modern Asian Art, qui reflète la pensée de l’auteur ainsi que celle de
plusieurs de ses contemporains. Le discours occidental n’est pas ou on ne devrait pas
prétendre qu’il est un discours universel. Nous ne pouvons-nous baser sur l’Europe pour
décrire les évolutions qui se produisent à l’échelle mondiale même si c’est à la même
époque, il n’y a pas nécessairement un lien ou une ressemblance perceptible, à chaque
artiste son mode d’expression, son style et sa touche finale.
Deux débats ne peuvent être identiques sur deux parties du globe, par exemple l’Inde,
l’Asie et les minorités ne peuvent se voir qu’avec et au travers du prisme de l’Autre,
l’acceptation. Chaque débat fait face à ce qui se passe chez lui, dans sa localité, dans sa
partie du monde. Qu’importe la puissance de la localité à cette époque, l’on devrait
uniquement se soucier du fait que les ouvrages ou les débats soient là dans le but d’élever
les idées, l’intellect et d’instaurer une démocratie et les modèles modernes doivent
contribuer à se reconnecter et faire retrouver une certaine identité locale.
Surtout qu’à un moment de la période de l’histoire les frontières géographiques
n’existaient pas, alors un Polonais était un étranger aux yeux même d’un français (siècle
des Lumières), c’était un autre temps mais cela démontre de l’importance de
l’acceptation de l’autre.
En somme, la transnationalité devrait être perçue pour ce qu’elle est : un moyen unique
d’expression de l’art et ce sans frontières et sans hiérarchie. Cela prépare à une écriture
unique de l’histoire de l’art, une écriture embellie par sa justesse et la pluralité des vécus
des vivants ce qui permet une plus grande dimension critique, une plus grande poussée
mondiale. L’histoire de l’art devrait être horizontale.
2.
Arjun Appadurai est un sociologue et anthropologue indien né en 1949. Ce texte est une analyse
de son ouvrage intitule Le monde après le colonialisme. Ce texte traite principalement du monde
après le capitalisme, un monde non économique et culturel, le monde des interactions entres les
personnes et de la circulation des personnes. Il soulève des théories sur les conséquences
culturelles de la mondialisation dans le monde d'aujourd’hui. Dans ce court texte l’auteur
s'intéresse à la complexité des rapports humains après-mondialisation, aux termes connus de la
diaspora ou peu connus de la déterritorialisation et de l'homogénéisation et se plonge dans la
nature des liens qui unissent les personnes, les idées et les systèmes.
Il dit que le monde de nos jours est façonné par les médias, le flux d'images, la communication et
aussi l'imagination. Apparait alors le concept de scape (paysage) qui signifie une mesure du flux
mondial entre les individus, met en avant les relations entre les personnes; et c'est ce concept de
scape qui menace le monde actuel.
L'auteur se donne comme objectif de repenser le monde colonial en le représentant avec de
nouvelles frontières immatérielles. Il essaie de comprendre le colonialisme dans son siècle, avec
son lot de périodes de dialogues et de périodes de guerre. La civilisation est un nouveau mot il
fait son apparition avant d'être propulsé dans le monde de l'après colonialisme. Il essaie
d'analyser ce monde en proie à la disjonction des flux culturels qu'il contient et qui le secouent.
L'auteur met en avant les termes de liberté et justice que selon lui sont essentiels dans la
communauté et a la nation car utiles pour revendiquer des territoires de droit, de justice ou
légitimes. Il explique que les guerres étaient un moyen politique d'expression qui permettait des
alliances entre les États-nation et l'extérieur et les liens qui unissaient les chefs politiques
pouvaient être uniquement fondés sur les intérêts.
Les problèmes de distance et de temps et le fait que les technologies auparavant étaient limitées,
est la cause pour laquelle il n’y avait pas de vrai moyen de communication et les échanges
humains entre des groupes géographiquement éloignés étaient limités; cela fait qu’au siècle
dernier les liens entre les États-nation étaient maintenus presque à grand peine. Pour les pays
intimes, c'est le phénomène contraire qui se produit, les États se séparaient sous prétexte de se
protéger les uns des autres.
Il nous dit que l'apparition de nouvelles industries et les découvertes (bateaux à vapeur, avions,
photos, presse à imprimer) ont érigé de nouvelles barrières et de nouvelles frontières. Le mot
voisinage a une nouvelle interprétation même pour des pays limitrophes.
Avec le capitalisme un nouveau monde s'est produit, une technique de production en masse ; c'est
une production de projets par affinité. En même temps, la révolution du capitalisme et de
l'imprimerie change les conditions de jeu. Le monde est marqué par les folies du capitalisme et le
consumérisme outrageux et de nouvelles exigences entrent en jeu et modifient profondément les
conditions.
Une multitude de mondes imaginés - tendance que les médias ont favorisé - prend les rênes et les
mondes imaginés et les interprétations que nous en faisons ont carte libre. Le monde de
l'imaginaire prend le dessus et l'imaginaire devient une pratique sociale à part entière.
Le texte nous explique également l'importance de limites géographiques dans le temps et dans
l'espace mais aussi dans nos échanges culturels. Un fait appartient à une période et nous devons
le situer dans la période dans laquelle il se passe avec les mouvements qui lui appartiennent pour
mieux le comprendre.
Selon l'auteur, les migrations, le déplacement des personnes, des villages vers les grandes villes
et la dépopulation a causé des faits tels que le partage de nouvelles idées et de nouvelles cultures
ou de nouvelles technologies. Dans l'espace et à travers le temps, nous avons eu de nouvelles
configurations dans le monde.
Dans une partie de son texte, Appadurai nous fait part d'un fait inédit sur la construction de l'Inde
et la pratique d'un sport favori : le cricket. Ou explique l’amour des asiatiques pour la reprise
musicale de la musique américaine.
En définitive, Arjun Appadurai essaie de proposer une certaine posture méthodologique aux faits
survenus pendant et surtout après la colonisation. L’auteur propose de réduire la force ou
l’emprise de l’imaginaire, du constructivisme sur le soi et de trancher entre les mondes.