Introduction à la Macro-économie I
Introduction à la Macro-économie I
Contenu du Programme:
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Introduction générale
La macroéconomie est le domaine des sciences économiques qui traite des phénomènes économiques
globaux (chômage, inflation, croissance, etc...) et de leurs différentes interactions en prenant
pour objet d’étude le fonctionnement de l’économie considérée commme un tout. Le terme
macroéconomie a été utilisé pour la première fois par le norvégien R. Frisch en 1933 1 et
s’inscrit dans le cadre des disciplines relativement récentes. Il s’agit principalement d’expliquer
le fonctionnement de l’économie dans son ensemble en réunissant des données sur les revenus,
les prix, l’emploi et les autres variables économiques à des époques et à des lieux différents. A
cet effet, les macros économistes établissent des théories générales pour expliquer ces données,
améliorent les politiques économiques en aidant les décideurs politiques à évaluer les effets de
leurs politiques.
Cependant, les problèmes macroéconomiques (chômage, inflation, récession, etc..) sont d’ordre
macro mais résultent des décisions et comportements individuels: chefs d’entreprise, ouvriers,
consommateurs, ministre, représentant syndical, etc... C’est la raison pour laquelle de tels
problèmes nécessite la prise en compte de millions de décisions individuelles, ce qui parait
utopique ou pour le moins fastidieux. Une approche proposée par la macroéconomie pour
résoudre cette difficulté est l’élaboration d’une représentation simplifiée de l’économie par
agrégation c’est-à-dire le groupement des différents agents économiques en groupes homogènes
appelés secteurs institutionnels, et des opérations qu’ils réalisent. Plus précisement, il existe
cinq secteurs économiques: ménages, entreprises, administrations, institutions financières et
reste du monde. Ces cinq secteurs économiques réalisent trois types d’opérations: les opéra-
tions sur biens et services, les opérations de répartion de revenu et les opérations financières.
Par ailleurs, la macroéconomie étudie les déterminants des variables, les raisons de leurs vari-
ations dans le temps et les différentes relations entre elles. En effet, les économistes recourent
à plusieurs variables, parmi lesquelles trois sont d’une importance particulière (Produit In-
térieur Brut, taux de chômage, taux d’inflation), pour expliquer et mesurer le comportement
d’une économie. On peut noter en outre que:
• le PIB mesure le revenu global de tous les agents d’une économie compte tenu du niveau
des prix;
• le taux d’inflation mesure la vitesse à laquelle les prix augmentent;
• le taux de chômage mesure la part de la population active qui n’a pas d’emploi.
Toutefois, il convient de rappeler que la microéconomie quant à elle, étudie le comportement
des agents économiques individuels. Elle tend à comprendre comment les ménages et les
entreprises prennent leurs décisions et comment ces décisions s’influencent mutuellement sur le
marché. L’hypothèse de base dans ce cadre d’étude est la rationnalité qui consiste à maximiser
la satisfaction des agents tout en respectant la contrainte budgétaire: les ménages maximisent
l’utilité tandis que les entreprisent maximisent le profit.
En ce qui concerne les courants de pensée en macroéconomie, on peut distinguer deux grandes
approches:
• l’approche néo classique qui s’appuie essentiellement sur les mécanismes du marché
(flexibilité des prix) pour réaliser l’équilibre (simple confrontation de l’offre et la
demande: toute offre crée sa propre demande);
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Frisch a obtenu le prix Nobel en 1969
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• l’approche keynésienne (rigidité des prix): c’est la demande qui détermine l’offre.
L’intervention de l’Etat est nécessaire dans ce cas pour rétablir l’équilibre.
• l’étude des relations entre ces variables afin de déterminer l’existence de rapports stables
dans le temps: cela fait l’objet des lois macroéconomiques;
• l’analyse des principaux déséquilibres qui peuvent apparaître entre les agrégats: augmen-
tation des prix, chômage, déficit des finances publiques, déficit de la balance commerciale
avec l’étranger: c’est l’objet de la modélisation macroéconomique;
• l’étude des moyens permettant de corriger ces déséquilibres et d’atteindre certains buts
fixés (stabilité des prix, plein emploi, équilibre extérieur, etc...): c’est l’objet de la poli-
tique économique.
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Chapitre 1: Les agents, marchés et opérations économiques
Ce chapitre décrit les différents secteurs institutionnels, principaux acteurs de l’activité économique,
et les différentes opérations économiques entreprises entre ces secteurs. La macroéconomie
étudie principalement les comportements des agents économiques et des marchés pris individu-
ellement dans le cadre d’équilibre partiel: la détermination de prix sur un marché particulier,
le comportement de production de biens et services particuliers.
• les ménages;
• le reste du monde.
• exploitants agricoles;
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• ouvriers agricoles;
• cadres supérieurs / administration /...;
• cadres moyens administrations / techniciens;
• commerçants, employeurs non agricoles ou indépendants;
• employés de service / de bureau;
• ouvriers non agricoles;
• inactifs et autres cas.
Les entreprises
Il s’agit de toutes les entreprises non financières.
La fonction principale des ménages est la production des biens et services non financiers
marchands. L’activité des entreprises peut être classée en trois secteurs:
• secteur primaire (agriculture, élévage et exploitation des minérais);
• secteur secondaire (industrie);
• secteur tertiaire (transport, commerce, tourisme, artisannat, services, etc ...).
L’origine des ressources principales des entreprises est la vente de biens et services pro-
duits.
Les banques
Ce sont les institutions financières: établissements dont la fonction principale est le finance-
ment de l’économie (collecter l’épargne et l’utiliser pour donner des crédits).
Il s’agit principalement des banques et des compagnies d’assurance. L’activité principale de
ces dernières est la transformation des risques individuels en risques collectifs.
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Le reste du monde
Il s’agit de l’ensemble des acteurs étrangers ayant des relations avec les acteurs nationaux.
• le marché du travail;
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• la demande globale (demande composite): demande des ménages (Consommation),
demande des entreprises (Investissement), demande de l’Etat (Dépenses publiques)
et demande du reste du monde (Exportations). On obtient la formule suivante:
Dg=C+I+G+X.
• la demande du travail par l’Etat et les entreprises dont l’objectif est de recruter le
personnel à un prix satisfaisant.
• l’offre est offerte aux ménages, entreprises et institutions financières, qui ont pour prin-
cipal objectif d’obtenir la meilleure rémunération;
• la demande est effectuée par tous les agents économiques et dont l’objectif principal
est d’obtenir les capitaux au moindre coût;
• opérations financières;
• opération de répartition
Ressources=Production + Importations
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et
Emplois=Consommation + Investissement+ Exportations.
Les opérations sur biens et services concernent donc:
• la production;
• la consommation;
• l’investissement;
• le commerce extérieur.
La production
La production est l’activité de création de biens et services nécessaires à la satisfaction de
besoins humains (nutrition, habillement, déplacement, divertissement, etc ...).
Comme il a été mentionné plus haut, les activités de production concernent trois secteurs: pri-
maire (agriculture, pêche et extraction minière), secondaire (industrie), tertiaire (commerce,
services, transport, tourisme, etc...).
On distingue deux types de production: la production marchande et la production non
marchande. Les services individuels peuvent être acquis sur le marché dans le cas de la
production marchande tandis que les services collectifs sont fournis par les administrations
gratuitement ou à un prix inférieur ou égal à leur coût de production, ceci dans le cas de la pro-
duction non marchande (par exemple: l’éclairage des rues, la sécurité, la défense, l’éducation,
la santé, les services rendus par les associations, etc ...).
La consommation
On distingue deux types de consommation: la consommation intermédiaire et la con-
sommation finale.
La consommation intermédiaire est la transformation de biens ou services dans le but de pro-
duire d’autres biens ou services (par exemple, le boulanger utilise de la farine pour fabriquer
du pain).
La consommation finale est l’utilisation définitive d’un bien ou service sans que cela donne
lieu à une production quelconque. On a la formule suivante:
L’investissement
L’investissement est l’acquisiton de biens durables pour en produire d’autres. En comptabilité
nationale, deux types d’investissement sont retenus: la Formation Brute du Capital Fixe
(FBCF) et la variation des stocks.
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• La variation des stocks se rapporte aux biens non durables conservés pour une utilisation
ou une vente ultérieure. Il s’agit de l’augmentation ou de la diminution de tous les biens
en stocks: matières premières, produits semi-finis ou produits finis.
Le commerce extérieur (M et X)
Cette opération porte sur les exportations et les importations de biens et de services entre les
agents résidents et les agents non résidents.
Les importations sont la valeur des biens et services produits par des agents économiques
étrangers et achetés par des agents économiques nationaux.
Les exportations sont la valeur des biens et services produits par des agents économiques
nationaux et vendus aux agents économiques étrangers.
Pour mesurer les relations avec le reste du monde, la balance des paiements enregistre
toutes les opérations d’échange (biens, services, revenus, capitaux, etc ...) qui interviennent
entre les agents résidents d’une économie et les non résidents.
L’équilibre des opérations sur biens et services connu sous l’appelation première
identité macroéconomique est résumé par l’équilibre macroéconomique suivante:
P+M=CI+CF+FBCF+∆ S+X
Ressources Emplois
- Production marchande - Consommation finale
- Production non marchande - Consommation intermédiaire
- Importations - Exportations
- Formation brute du capital fixe
- Variation des stocks
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Répartition primaire
La répartition primaire est directement liée à la production. Elle porte sur les revenus versés
aux apporteurs des facteurs de production, essentiellement le travail et le capital, en con-
trepartie de leur participation à la production. Il s’agit:
Les prélèvements obligatoires sont constitués d’une part par l’Impôt général sur le Revenu
(IR) prélevé par l’entrepreneur pour le compte de l’Etat et d’autre part, par les cotisations
sociales et l’assurance maladie. Ces deux caisses sont groupées dans la Caisse Nationale de
Prévoyance Sociale (CNPS).
Les prestations sociales regroupent tous les versements effectués par l’Etat vers les ménages
autres que la rémunération du travail et du capital (indemnités, allocations familiales, etc ...).
Ce revenu disponible brut des ménages est utilisé pour financer la consommation finale. La
partie non consommée du revenu constitue l’épargne et on a la formule suivante:
Epargne=revenu disponible-consommation.
• loyer : revenu perçu en contrepartie de la location d’un bien (maison, immeuble, etc
...);
• profit: revenu qui reste à l’entrepreneur capitaliste après avoir rémunéré les facteurs de
production.
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Figure 2: Répartition primaire des revenus.
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Chapitre 2: Le circuit économique et la comptabilité nationale
Exemple 0.5.1. Les ménages offrent du travail aux entreprises (flux réel) et en contrepartie,
les entreprises offrent des salaires aux entreprises (flux monétaire). On a le schéma suivant:
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et en contrepartie,
Ménages ⇐ Salaire ⇐ Entreprises .
Cependant, certains flux sont unilatéraux et n’ont pas de contrepartie: il s’agit
par exemple du service gratuit fourni par une administration (flux réel sans contrepartie
monétaire) ou encore du don effectué par un ménage à une association (flux monétaire sans
contrepartie réelle).
Emplois= Ressources
R= C+ S en termes monétaires .
Dans ce cas, le marché est approvisionné par la production des entreprises. Celle-ci est
constituée des biens de production (biens destinés à produire d’autres biens: matière première,
énergie, machines) et des biens et services de consommation finale (biens destinés à satisfaire
les besoins des ménages). En contrepartie, les entreprises reçoivent le montant de la vente de
cette production.
Néanmoins, les entreprises doivent acheter sur le marché certains biens de production pour
produire: ceci correspond aux opérations de consommations intermédiaires et d’investissement.
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Introduction des administrations: la redistribution
En plus de la présence des ménages et des entreprises, l’on peut noter dans ce cas la présence
des administrations dans le circuit économique et les différents échanges se font entre ces trois
types d’agents économiques. Le circuit économique se schématise comme suit:
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Figure 5: Circuit économique simplifié à quatre agents.
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0.6.1 Cas des ménages
Emplois Ressources
- Consommation finale - Traitements
- Impôts - Prestations sociales
- Dépôts- épargnes - Salaires et revenus non salariaux
crédits-retraits
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Chapitre 3: La mesure de l’activité économique
Dans ce chapitre, les principaux agrégats de la macroéconomie sont présentés. L’usage de ces
différents indicateurs dans l’analyse macroéconomique et les interprétations y afférentes feront
partie des objectifs majeurs de ce chapitre.
• au niveau d’une entreprise, on utilise la Valeur Ajoutée (VA) pour obtenir la richesse
créée par celle-ci;
0.7.1 Agrégat
Un agrégat est une grandeur globale synthétique qui mesure le résultat de l’activité économique
d’un pays au cours d’une période donnée, généralement une année.
Valeur ajoutée
La valeur ajoutée est la richesse créée par une entreprise ou une administration. Elle est
obtenue par la formule suivante:
En d’autres termes, la valeur ajoutée décrit la différence entre ce qu’une entreprise gagne en
vendant ses produits et ce qu’elle achète à d’autres entreprises en biens intermédiaires.
• le PIB inclut tous les biens et services qui sont produits pendant la période courante;
• le PIB prend pour critère le territoire car il mesure la valeur de toute la production dans
un pays donné.
2
Dans certains cas, la période considérée est le trimestre.
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On a la formule suivante:
• les biens et services produits dans le passé et échangés aujourd’hui (par exemple une
voiture d’occasion);
• les biens et services autoconsommés sans passer par le marché (il s’agit dans ce cas des
biens et services qui sont produits “à la maison” et ne sont pas vendus sur le marché);
• les biens et services produits et vendus d’une manière illicite ou sur les marchés noirs
(par exemple la drogue) car le PIB mesure les biens et services qui sont vendus légale-
ment.
(b) Le PIB permet de calculer le taux de croissance économique d’un pays tout en incluant
les biens (nourriture, vêtements, automobiles, etc ...) et services (coiffeur, banque, services
médicaux, etc ...). Il donne une idée sur la richesse d’un pays mais présente quelques limites:
Le PIB peut être calculé suivant trois grandes approches: la production, les revenus, les
dépenses.
(i) Optique production
PIB=C + I + G + X-M
où
• “C” représente les dépenses de consommation: les dépenses des ménages en biens et
services, à l’exception de l’achat de biens immobiliers neufs;
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• “G” représente les achats du gouvernement: les dépenses en biens et en services effec-
tuées par les différentes composantes du gouvernement, ces dépenses n’incluent pas les
paiements des transferts car ces derniers ne proviennent pas d’échanges de biens et de
services;
• “X-M” représente les exportations nettes c’est-à-dire les exportations moins les impor-
tations.
De cette égalité, il ressort que le terme de gauche représente la valeur de la production tandis
que le terme de droite (somme de quatre composantes) représente la valeur des dépenses.
(iii) Optique revenu
Le PIB représente la valeur du marché de tous les biens et services servant à la consommation
finale, produits dans un pays pendant une période donnée. L’égalité entre la production, le
revenu national et les dépenses totales peut être illustrée par le diagramme suivant:
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• le PIB nominal qui est la valeur en prix courants de la production;
• le PIB réel qui est la valeur en prix constants de la production, il ne varie que si les
quantités produites changent;
• le Déflateur (indice implicite des prix du PIB) qui est la mesure du niveau général des
prix de toute la production.
On a la formule suivante:
PIB nominal
Délateur = × 100.
PIB réel
Exemple 0.7.1. : Calcul des PIB nominaux et réels.
Dans le tableau suivant, l’unité de prix est de 1 million de francs CFA et l’unité de quantité
est de 1 tonne.
Année Prix A Qté A Prix B Qté B PIB nominal PIB réel IIP PIB
2003 1 100 2 50 200 200 100
2004 2 150 3 100 600 350 171
2005 3 200 4 150 1200 500 240
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La figure suivante donne une illustration de l’évolution des PIB nominaux et réels dans
une économie sur un horizon de 10 années.
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Figure 9: Comparaison du PIB avec les critères de qualité de vie.
Le taux de croissance économique est calculé normalement sur une période d’une année.
Exemple 0.7.2. Calcul du taux de croissance
On donne P IB2005 = 1280000 et P IB2004 = 1150000.
Le taux de croissance pour l’année 2005 s’obtient de la manière suivante:
1280000 − 1150000
TC = × 100 = 11.30
1150000
soit un taux de croissance de 11.30%.
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PNB=PIB + Revenus de travail et de propriété reçus du reste du monde
- Revenus de travail et de propriété versés au reste du monde .
Inflation
L’inflation est un processus par lequel le niveau moyen des prix augmente ou la valeur de la
monnaie diminue.
L’inflation est un des indicateurs importants en macroéconomie. Elle est entrevue comme une
hausse soutenue du niveau moyen des prix des biens et des services. A l’opposé, la déflation
représente une baisse soutenue du niveau des prix.
Remarque 0.7.2. • Plusieurs variables (variables nominales) sont affectées par l’inflation.
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• On ne peut comparer des variables nominales de différentes années sans faire une con-
version:
Variable nominale
Variable réelle = × IP Ccomparaison .
IP C
Le niveau des prix est mesuré par un indice des prix, comme l’Indice des Prix à la Con-
sommation (IPC) ou l’Indice implicite des Prix du PIB (IPPIB).
De ce fait, le taux d’inflation représente le taux de variation en pourcentage de l’indice de
prix choisi. C’est aussi le taux de croissance du niveau général des prix, mesuré normalement
sur une période d’un an.
On a la formule suivante:
Indice des prix réel(t) − Indice des prix réel(t-1)
Taux d’inflation = × 100.
Indice des prix réel(t-1)
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Exemple 0.7.4. Calcul d’un IPC
On donne le tableau suivant où l’unité de prix est de 1 million de francs CFA:
On précise que:
- le panier est défini comme 4 unités de A et 2 unités de B;
- l’année de base est l’année 2003;
- pour calculer l’IPC, on doit premièrement calculer le coût du panier à l’année courante, qui
sera divisé par le prix du panier à l’année de base, puis multiplier par 100.
Plus précisement:
• Coût du panier2003 =1 × 4 + 2 × 2 = 8;
Coût de la vie
L’indice des prix à la consommation mesure l’évolution du coût de la vie dans le temps.
Lorsque l’IPC augmente, les consommateurs sont contraints de dépenser beaucoup plus pour
maintenir le même niveau de consommation. Dans ce cas, le niveau moyen des prix augmente
et il y’a inflation.
Les problèmes relévés avec la mesure du coût de la vie sont les suivants:
• biais de substitution;
25
Figure 12: Exemple de composition d’un IPC.
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F BCF
• Taux d’investissement = × 100;
P IB
Epargne brute
• Taux d’autofinancement = × 100;
F BCF
Epargne brute
• Taux d’épargne ou Propension moyenne à épargner = × 100.
Revenu disponible brut
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Chapitre 4: La détermination du niveau de l’activité économique
Dans ce chapitre, une étude comparative du modèle keynésien par rapport au modèle classique
est envisagée. Par ailleurs, certains indicateurs tels que: la demande effective, la fonction de
consommation, la fonction d’épargne, le multiplicateur keynésien, la fonction d’investissement,
les accélérateurs simple et flexible, sont succintement analysés.
Y d = C + I avec I = I0 .
La fonction de consommation
Keynes est le premier économiste à étudier la notion de consommation globale. La consomma-
tion devient la composante essentielle de la demande, elle est stable et prévisible. La fonction
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de consommation est basée sur la loi “psychologique” fondamentale, d’ordre microéconomique,
qui stipule que l’homme a tendance à accroître sa consommation (C) quand son revenu (Y)
augmente, mais il ne l’augmente pas dans les mêmes proportions que le revenu lui-même.
La fonction de consommation keynésienne (C) s’écrit:
dC
C = C(Y ) avec 0 < < 1.
dY
On note que:
dC
• c= est la propension marginale à consommer;
dY
C
• est la propension moyenne à consommer;
Y
dC C
• < : la propension marginale à consommer est toujours inférieure à la propension
dY Y
moyenne;
Dans le cas linéaire, la fonction de consommation s’écrit:
dC C b
C = b + cY et on obtient: = c, = c + .
dY Y Y
Cela est basé le fait qu’en moyenne et la plupart du temps, les hommes sont déterminés à
accroître leur consommation lorsque leur revenu s’élève, mais pas d’une quantité aussi grande
que l’accroîssement du revenu.
La fonction d’épargne
La fonction d’épargne (S) est déterminée à partir de l’affectation du revenu c’est-à-dire
l’épargne est une fonction du revenu, on a la relation:
Y =C +S .
On obtient:
• dS = dY − dC;
dS dC
• s= =1− = 1 − c est la propension marginale à épargner ;
dY dY
• 0 < s < 1 et c + s = 1.
Exemple 0.8.1. • Si une famille gagne 5.000.000 F et épargne 50.000 F tous les ans,
alors sa propension moyenne à épargner est:
S 50.000
= = 0.01 ou 1%.
Y 5.000.000
• Si une famille bénéficie d’une hausse de revenus de 80.000 F, et décide d’épargner 20.000
F sur cette augmentation, alors sa propension marginale à épargner est:
dS 20.000
s= = = 0.25 ou 25%.
dY 80.000
• Peut-on dire que l’épargne de cette famille est rationnelle suivant les critères de Keynes?
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Effet multiplicateur
Le multiplicateur indique qu’une variation exogène de l’investissement entraîne une
variation du revenu.
Cette variation du revenu dépend de la valeur de propension marginale à consom-
mer. Plus celle-ci est élévée, plus grand sera l’effet sur le produit.
Sur le marché des biens et services, on a:
Y d = C + I0 avec C = b + cY .
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0.8.3 La fonction investissement
L’investissement est la deuxième composante de la demande globale.
L’investissement macroéconomique se définit exclusivement comme acquisition de biens de
capital intervenant dans tout processus productif. Intuitivement, l’investissement semble fort
lié au taux d’intérêt (on peut en citer trois cas: l’autofinancement, le prêt en banque et l’appel
au marché financier).
On considère une entreprise qui vient d’acquérir un bien de capital qu’on peut caractériser
comme suit:
• prix d’achat: K;
K < Σj Bj + R = V.
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• l’investissement est rentable lorsque EM I > r ;
L’investissement est aussi influencé par le niveau de revenu comme l’indique la figure suivante
où Y < Y ′ < Y ′′ :
I = Ia + Ii
où:
• Ia est une fonction des considérations indépendantes du revenu (anticipations, progrès
techniques, structure de la production, etc...) ;
• Ii est une fonction des modifications du revenu c’est-à-dire par le niveau de l’activité
économique.
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En tenant compte des deux composantes de l’investissement, le multiplicateur se modifie et
on obtient:
• I = Ia + jY ;
• Y = C + I = b + cY + Ia + jY ⇒ Y (1 − c − j) = b + Ia ;
b + Ia
• Y = .
1−c−j
1
Posons: k ′ = , k ′ est appelé le multiplicateur composé et on a: k ′ > k.
1−c−j
1
On peut aussi écrire: k ′ = car s = 1 − c, et il convient que pour obtenir k ′ > 0, on doit
s−j
nécessairement avoir s > j.
• Kt−1 = αYt−1 ;
• It = Kt − Kt−1 = α∆Y .
Dans le cas où on relève des piètres performances économiques (grands écarts entre estimations
et observations), on peut abandonner l’accélérateur simple au profit de l’accélérateur flexible.
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Accélérateur flexible
L’économiste Koyck émet l’hypothèse que le stock de capital a le profil suivant:
• Kt = α(1 − λ)(Yt + λYt−1 + λ2 Yt−2 + ... + λn Yt−n ) avec α > 1 et λ < 1 ;
• Kt−1 = α(1 − λ)(Yt−1 + λYt−2 + λ2 Yt−3 + ... + λn Yt−n−1 );
• Kt − λKt−1 = α(1 − λ)Yt ;
• It = Kt − Kt−1 = α(1 − λ)Yt − (1 − λ)Kt−1 .
α(1 − λ)Yt est appelé accélérateur flexible et (1 − λ)Kt−1 est l’effet négatif dû au stock de
capital existant.
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0.9.2 Niveau de l’emploi
Demande effective
D’après Keynes, le montant de l’investissement courant dépend lui-même de l’incitation à
investir, qui elle-même dépend de la relation entre la courbe de l’efficacité marginale du capital
et la gamme des taux d’intérêts afférents aux prêts d’échéances et de garanties diverses. Ainsi,
la propension à consommer et le montant de l’investissement nouveau étant donnés, il n’y
aura qu’un seul volume de l’emploi compatible avec l’équilibre; tout autre volume conduirait
à une inégalité entre le prix de l’offre globale et le prix de la demande globale de la production
considérée dans son ensemble.
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0.9.3 L’équilibre de sous-emploi
Le chomage est involontaire
Outre le chômage de “frottement”, le Postulat admet encore le chômage “volontaire”, dû au
refus d’une unité de main-d’oeuvre d’accepter une rémunération équivalente au produit at-
tribuable à son production marginale, refus qui peut être libre ou forcé et qui peut résulter
soit de la législation, soit des usages sociaux, soit d’une coaliton au cours d’une négociation
collective de salaires, soit de la lenteur des adaptations aux changements, soit enfin de la
simple obstination de la nature humaine. Toutefois, en dehors du chômage de “frottement”
et du chômage “volontaire”, il n’existe pas d’autre sorte de chômage. Les Postulats classiques
n’admettent pas la possibilité d’une troisième catégorie qui définie par la suite comme le
chômage “involontaire”.
Le chômage keynésien
D’après Keynes: “Il existe des des chômeurs involontaires si, en cas d’une légère hausse du
prix des biens de consommation ouvrière par rapport aux salaires nominaux, l’offre globale
de main-d’oeuvre disponible à travailler aux conditions courantes de salaire, et la demande
globale de main-d’oeuvre aux mêmes conditions s’établissent toutes deux au-dessus du niveau
antérieur de l’emploi.
Il est tout de même important de noter que le chômage classique correspond à des personnes
qui souhaiteraient disposer d’un emploi au salaire minimum en vigueur mais n’y parviennent
pas, du fait d’une productivité potentielle jugée insuffisante par les employeurs éventuels.
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Figure 21: Illustration d’un chômage keynésien.
une grande instabilité des prix, instabilité qui pourrait être assez violente, dans une société
économique actuelle, pour enlever toute portée aux calculs des hommes d’affaires. C’est une
contre-vérité qu’une politique souple de salaires soit un attribut normal et propre d’un système
fondé dans son ensemble sur le principe “au laissez faire”. Une telle politique ne pourrait réussir
que dans une société soumise à une forte autorité, capable d’imposer des réductions de salaires
soudaines, profondes et générales.
37
semble appeler à subir des fluctuations d’une ampleur trop considérable pour qu’on puisse la
compenser par les variations pratiquement possibles du taux d’intérêt.
38
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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