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Introduction à la Macro-économie I

Cours de macroéconomie

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Introduction à la Macro-économie I

Cours de macroéconomie

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Université de Douala

Faculté des Sciences


Département de Mathématiques et Informatique
Cours de Macro-économie I: MAT 273
Année académique 2022-2023

Contenu du Programme:

chapitre 1: Les agents, marchés et opérations économiques


chapitre 2: Le circuit économique et la comptabilité nationale
chapitre 3: La mesure de l’activité économique nationale
chapitre 4: La détermination du niveau de l’activité économique

Objectif principal: Doter les apprenants des concepts de base de la macro-économie.

1
Introduction générale
La macroéconomie est le domaine des sciences économiques qui traite des phénomènes économiques
globaux (chômage, inflation, croissance, etc...) et de leurs différentes interactions en prenant
pour objet d’étude le fonctionnement de l’économie considérée commme un tout. Le terme
macroéconomie a été utilisé pour la première fois par le norvégien R. Frisch en 1933 1 et
s’inscrit dans le cadre des disciplines relativement récentes. Il s’agit principalement d’expliquer
le fonctionnement de l’économie dans son ensemble en réunissant des données sur les revenus,
les prix, l’emploi et les autres variables économiques à des époques et à des lieux différents. A
cet effet, les macros économistes établissent des théories générales pour expliquer ces données,
améliorent les politiques économiques en aidant les décideurs politiques à évaluer les effets de
leurs politiques.
Cependant, les problèmes macroéconomiques (chômage, inflation, récession, etc..) sont d’ordre
macro mais résultent des décisions et comportements individuels: chefs d’entreprise, ouvriers,
consommateurs, ministre, représentant syndical, etc... C’est la raison pour laquelle de tels
problèmes nécessite la prise en compte de millions de décisions individuelles, ce qui parait
utopique ou pour le moins fastidieux. Une approche proposée par la macroéconomie pour
résoudre cette difficulté est l’élaboration d’une représentation simplifiée de l’économie par
agrégation c’est-à-dire le groupement des différents agents économiques en groupes homogènes
appelés secteurs institutionnels, et des opérations qu’ils réalisent. Plus précisement, il existe
cinq secteurs économiques: ménages, entreprises, administrations, institutions financières et
reste du monde. Ces cinq secteurs économiques réalisent trois types d’opérations: les opéra-
tions sur biens et services, les opérations de répartion de revenu et les opérations financières.
Par ailleurs, la macroéconomie étudie les déterminants des variables, les raisons de leurs vari-
ations dans le temps et les différentes relations entre elles. En effet, les économistes recourent
à plusieurs variables, parmi lesquelles trois sont d’une importance particulière (Produit In-
térieur Brut, taux de chômage, taux d’inflation), pour expliquer et mesurer le comportement
d’une économie. On peut noter en outre que:

• le PIB mesure le revenu global de tous les agents d’une économie compte tenu du niveau
des prix;
• le taux d’inflation mesure la vitesse à laquelle les prix augmentent;
• le taux de chômage mesure la part de la population active qui n’a pas d’emploi.
Toutefois, il convient de rappeler que la microéconomie quant à elle, étudie le comportement
des agents économiques individuels. Elle tend à comprendre comment les ménages et les
entreprises prennent leurs décisions et comment ces décisions s’influencent mutuellement sur le
marché. L’hypothèse de base dans ce cadre d’étude est la rationnalité qui consiste à maximiser
la satisfaction des agents tout en respectant la contrainte budgétaire: les ménages maximisent
l’utilité tandis que les entreprisent maximisent le profit.
En ce qui concerne les courants de pensée en macroéconomie, on peut distinguer deux grandes
approches:
• l’approche néo classique qui s’appuie essentiellement sur les mécanismes du marché
(flexibilité des prix) pour réaliser l’équilibre (simple confrontation de l’offre et la
demande: toute offre crée sa propre demande);
1
Frisch a obtenu le prix Nobel en 1969

2
• l’approche keynésienne (rigidité des prix): c’est la demande qui détermine l’offre.
L’intervention de l’Etat est nécessaire dans ce cas pour rétablir l’équilibre.

L’objectif de ce cours est de présenter les concepts fondamentaux de la macroéconomie qui


permettront de donner les bases pour comprendre les phénomènes économiques et pouvoir
faire un jugement afin d’évaluer les recommandations de politique économique. De façon
synthétique, le macro économiste poursuit quatre objectifs majeurs:

• la détermination des agrégats permettant d’expliquer le comportement des groupes


d’agents: c’est l’objet de la comptabilité macroéconomique;

• l’étude des relations entre ces variables afin de déterminer l’existence de rapports stables
dans le temps: cela fait l’objet des lois macroéconomiques;

• l’analyse des principaux déséquilibres qui peuvent apparaître entre les agrégats: augmen-
tation des prix, chômage, déficit des finances publiques, déficit de la balance commerciale
avec l’étranger: c’est l’objet de la modélisation macroéconomique;

• l’étude des moyens permettant de corriger ces déséquilibres et d’atteindre certains buts
fixés (stabilité des prix, plein emploi, équilibre extérieur, etc...): c’est l’objet de la poli-
tique économique.

3
Chapitre 1: Les agents, marchés et opérations économiques

Ce chapitre décrit les différents secteurs institutionnels, principaux acteurs de l’activité économique,
et les différentes opérations économiques entreprises entre ces secteurs. La macroéconomie
étudie principalement les comportements des agents économiques et des marchés pris individu-
ellement dans le cadre d’équilibre partiel: la détermination de prix sur un marché particulier,
le comportement de production de biens et services particuliers.

0.1 Les acteurs ou agents économiques


0.1.1 Définition des agents économiques
Un agent économique est un groupe homogène de décideurs réalisant des opérations économiques
identiques et ayant des caractéristiques communes.
Ce groupe peut être constitué d’une ou de plusieurs personnes physiques (individus) ou
morales (entreprises). En d’autres termes, il s’agit d’un centre de décision autonome.

0.1.2 Classification des agents économiques


La classification des agents économiques se fait sur la base de deux critères: la fonction
économique principale de l’agent et la nature, l’origine principale des ressources.
Un secteur institutionnel regroupe donc un ensemble d’agents économiques ayant un com-
portement analogue (même fonction économique et même type de ressources principales). On
distingue par ailleurs cinq catégories d’agents ou de secteurs institutionnels:

• les ménages;

• les sociétés et quasi-sociétés non financières;

• les administrations publiques et privées;

• les institutions financières;

• le reste du monde.

0.1.3 Description des agents économiques


Les ménages
Ils sont constitués des individus qui vivent ensemble sous le même toit, qu’ils aient ou non des
liens de parenté, et ayant une consommation commune: une famille, un célibataire, ensemble
des internes, etc...
La fonction principale des ménages est la consommation des biens et services.
L’origine des ressources principales des ménages est l’offre de travail. Plus précisement, les
ménages fournissent du travail et achètent des biens aux entreprises.
Il est d’usage courant de classer les ménages selon des catégories socioprofessionnelles présen-
tant chacune une homogénéité sociale:

• exploitants agricoles;

4
• ouvriers agricoles;
• cadres supérieurs / administration /...;
• cadres moyens administrations / techniciens;
• commerçants, employeurs non agricoles ou indépendants;
• employés de service / de bureau;
• ouvriers non agricoles;
• inactifs et autres cas.

Les entreprises
Il s’agit de toutes les entreprises non financières.
La fonction principale des ménages est la production des biens et services non financiers
marchands. L’activité des entreprises peut être classée en trois secteurs:
• secteur primaire (agriculture, élévage et exploitation des minérais);
• secteur secondaire (industrie);
• secteur tertiaire (transport, commerce, tourisme, artisannat, services, etc ...).
L’origine des ressources principales des entreprises est la vente de biens et services pro-
duits.

Les administrations (communes, régions, etc...)


Elles regroupent toutes les organisations dont l’activité principale est de produire des ser-
vices non marchands ,c’est-à-dire qui accomplissent des tâches d’intérêt général. Dans cette
catégorie, on distingue deux types d’administration:
• les administrations publiques (Etat, Collectivités locales, Sécurités sociales, etc ...)
dont la fonction principale consiste d’une part à produire des services non
marchands destinés à l’ensemble des citoyens et d’autre part, à assurer une
certaine redistribution du revenu (allocations familiales, prestations de ser-
vices publiques).
• les administrations privées (partis politiques, syndicats, associations, etc ...) dont la fonc-
tion principale est la fourniture de services non marchands à leurs adhérents.
Etant donné que les administrations ne vendent pas leurs services, leur revenu est constitué
par les prélèvements fiscaux (impôts et cotisations sociales) pour l’Etat et par les
cotisations et les subventions pour les administrations privées.

Les banques
Ce sont les institutions financières: établissements dont la fonction principale est le finance-
ment de l’économie (collecter l’épargne et l’utiliser pour donner des crédits).
Il s’agit principalement des banques et des compagnies d’assurance. L’activité principale de
ces dernières est la transformation des risques individuels en risques collectifs.

5
Le reste du monde
Il s’agit de l’ensemble des acteurs étrangers ayant des relations avec les acteurs nationaux.

Figure 1: Les relations entre agents économiques.

0.2 Les marchés


0.2.1 Généralités
Le marché est un lieu réel ou fictif où s’effectuent les échanges entre les demandeurs et les
offreurs.
Il existe des marchés comptants (spots markets) et des marchés à terme (forward markets).
Sur un marché comptant, l’accord implique que l’échange de marchandises soit accompli dans
la période présente. Sur un marché à terme, la transaction concerne les marchandises qui
seront livrées dans une période future.
Une économie avec un système complet de marché est une économie où il existe tous les
marchés comptants et à terme pour assurer l’échange de toutes les marchandises qui seront
disponibles à tous les lieux et à toutes les dates. Dans une telle économie, les accords concer-
nant toutes les transactions présentes et futures sont conclus dans la même période et toutes
les activités de marché se terminent à la fin de cette période, tandis que le reste du temps est
consacré à la réalisation de tous les engagements de la première période.

0.2.2 Les types de marchés


On peut distinguer trois types de marchés:
• le marché des biens et services;

• le marché du travail;

• le marché des capitaux.

0.2.3 Le marché des biens et services


Dans ce type de marché, on distingue:
• l’offre globale: somme des offres individuelles des différents agents producteurs;

6
• la demande globale (demande composite): demande des ménages (Consommation),
demande des entreprises (Investissement), demande de l’Etat (Dépenses publiques)
et demande du reste du monde (Exportations). On obtient la formule suivante:

Dg=C+I+G+X.

0.2.4 Le marché du travail


Dans ce type de marché, le bien échangé est le travail et le salaire est le prix du bien force
de travail.
on distingue:
• l’offre du travail par les ménages qui ont pour principal objectif d’obtenir le salaire le
plus élévé possible;

• la demande du travail par l’Etat et les entreprises dont l’objectif est de recruter le
personnel à un prix satisfaisant.

0.2.5 Le marché des capitaux


Dans le marché monétaire ou le marché financier:
• le bien échangé est constitué essentiellement des capitaux;

• l’offre est offerte aux ménages, entreprises et institutions financières, qui ont pour prin-
cipal objectif d’obtenir la meilleure rémunération;

• la demande est effectuée par tous les agents économiques et dont l’objectif principal
est d’obtenir les capitaux au moindre coût;

• le prix du bien échangé est le taux d’intérêt.

0.3 Opérations macroéconomiques


La comptabilité nationale distingue trois grandes catégories d’opérations économiques:
• opérations sur biens et services;

• opérations financières;

• opération de répartition

0.3.1 Opérations sur biens et services


Les opérations sur biens et services retracent l’origine des biens ou services disponibles dans
l’économie nationale (ressources) et l’utilisation de ces biens ou services (emplois) pendant
l’année considérée.
Pour un produit donné, l’origine peut être une production nationale ou une importation et
on peut distinguer trois utilisations principales de ce produit: consommation, investissement
et exportation. On obtient donc les formules suivantes:

Ressources=Production + Importations

7
et
Emplois=Consommation + Investissement+ Exportations.
Les opérations sur biens et services concernent donc:

• la production;

• la consommation;

• l’investissement;

• le commerce extérieur.

La production
La production est l’activité de création de biens et services nécessaires à la satisfaction de
besoins humains (nutrition, habillement, déplacement, divertissement, etc ...).
Comme il a été mentionné plus haut, les activités de production concernent trois secteurs: pri-
maire (agriculture, pêche et extraction minière), secondaire (industrie), tertiaire (commerce,
services, transport, tourisme, etc...).
On distingue deux types de production: la production marchande et la production non
marchande. Les services individuels peuvent être acquis sur le marché dans le cas de la
production marchande tandis que les services collectifs sont fournis par les administrations
gratuitement ou à un prix inférieur ou égal à leur coût de production, ceci dans le cas de la pro-
duction non marchande (par exemple: l’éclairage des rues, la sécurité, la défense, l’éducation,
la santé, les services rendus par les associations, etc ...).

La consommation
On distingue deux types de consommation: la consommation intermédiaire et la con-
sommation finale.
La consommation intermédiaire est la transformation de biens ou services dans le but de pro-
duire d’autres biens ou services (par exemple, le boulanger utilise de la farine pour fabriquer
du pain).
La consommation finale est l’utilisation définitive d’un bien ou service sans que cela donne
lieu à une production quelconque. On a la formule suivante:

consommation totale finale= consommation finale des ménages


+ consommation finale des administrations.

L’investissement
L’investissement est l’acquisiton de biens durables pour en produire d’autres. En comptabilité
nationale, deux types d’investissement sont retenus: la Formation Brute du Capital Fixe
(FBCF) et la variation des stocks.

• La formation brute du capital fixe désigne en comptabilité nationale, l’investissement


matériel de l’ensemble des agents économiques c’est-à-dire l’ensemble des dépenses con-
sacrées à l’acquisition de biens de production durables (durée de vie supérieure à un
an).

8
• La variation des stocks se rapporte aux biens non durables conservés pour une utilisation
ou une vente ultérieure. Il s’agit de l’augmentation ou de la diminution de tous les biens
en stocks: matières premières, produits semi-finis ou produits finis.

Le commerce extérieur (M et X)
Cette opération porte sur les exportations et les importations de biens et de services entre les
agents résidents et les agents non résidents.
Les importations sont la valeur des biens et services produits par des agents économiques
étrangers et achetés par des agents économiques nationaux.
Les exportations sont la valeur des biens et services produits par des agents économiques
nationaux et vendus aux agents économiques étrangers.
Pour mesurer les relations avec le reste du monde, la balance des paiements enregistre
toutes les opérations d’échange (biens, services, revenus, capitaux, etc ...) qui interviennent
entre les agents résidents d’une économie et les non résidents.
L’équilibre des opérations sur biens et services connu sous l’appelation première
identité macroéconomique est résumé par l’équilibre macroéconomique suivante:

P+M=CI+CF+FBCF+∆ S+X

qui s’écrit encore:


P=CI+CF+FBCF+∆ S+X-M,
où X − M représente le solde commercial de la nation. Si le solde est positif alors la balance
des paiements est excédentaire sinon elle est déficitaire.
Cette dernière égalité signifie que chaque produit possède forcément une origine (c’est un
produit de l’économie nationale ou une importation) et une destination (consommation,
investissement, stockage ou exportation). On peut schématiser cet équilibre dans le tableau
suivant:

Ressources Emplois
- Production marchande - Consommation finale
- Production non marchande - Consommation intermédiaire
- Importations - Exportations
- Formation brute du capital fixe
- Variation des stocks

0.3.2 Opérations de répartition


Les opérations de répartition décrivent la manière dont sont distribués et redistribués les
revenus entre les différents agents ayant participé à leur formation (entreprises, ménages et
Etat). En d’autres termes, elles permettent d’analyser la formation, la distribution et la re-
distribution des revenus. Deux grandes catégories de répartition peuvent être distinguées: la
répartition primaire et la répartition secondaire ou redistribution.

9
Répartition primaire
La répartition primaire est directement liée à la production. Elle porte sur les revenus versés
aux apporteurs des facteurs de production, essentiellement le travail et le capital, en con-
trepartie de leur participation à la production. Il s’agit:

• des revenus de travail ;

• des revenus de capital ou de propriété ;

• des impôts liés à la production.

(i) Revenus de travail: salaires et traitements


En contrepartie du travail fourni, les ménages reçoivent des salaires des entreprises et des
traitements des administrations. Cela est encore appelé revenu primaire des ménages ou
salaire brut.
Le revenu primaire n’est pas le revenu effectivement mis à la disposition des ménages. Pour
trouver le revenu disponible ou encore le salaire net , il faut tenir compte des prélève-
ments obligatoires et des prestations reçues. On a la formule suivante:

Revenu disponible=revenu primaire-prélèvements obligatoires + prestations sociales.

Les prélèvements obligatoires sont constitués d’une part par l’Impôt général sur le Revenu
(IR) prélevé par l’entrepreneur pour le compte de l’Etat et d’autre part, par les cotisations
sociales et l’assurance maladie. Ces deux caisses sont groupées dans la Caisse Nationale de
Prévoyance Sociale (CNPS).
Les prestations sociales regroupent tous les versements effectués par l’Etat vers les ménages
autres que la rémunération du travail et du capital (indemnités, allocations familiales, etc ...).
Ce revenu disponible brut des ménages est utilisé pour financer la consommation finale. La
partie non consommée du revenu constitue l’épargne et on a la formule suivante:

Epargne=revenu disponible-consommation.

(ii) Revenus de capital ou de priopriété


Ils sont constitués de:

• loyer : revenu perçu en contrepartie de la location d’un bien (maison, immeuble, etc
...);

• rente: revenu perçu en contrepartie de la location d’un terrain cultivable;

• intérêt: prix de location de l’argent;

• profit: revenu qui reste à l’entrepreneur capitaliste après avoir rémunéré les facteurs de
production.

(ii) Impôt lié à la production et à l’importation


Ces impôts portent sur tous les prélèvements effectués à l’occasion de la production (TVA)
ou de l’importation (Droit de douane).
La répartition primaire des revenus peut se résumer comme suit:

10
Figure 2: Répartition primaire des revenus.

Répartition secondaire ou redistribution


La repartition secondaire ou la redistribution des revenus est assurée par les administrations
publiques (Etat et organismes de sécurité sociale) qui prélèvent des impôts, des taxes et des
cotisations pour ensuite les répartir sous forme de transferts sociaux afin de corriger les iné-
galités des revenus résultant de la répartition primaire.
L’objectif principal de la répartition secondaire est de corriger les inégalités sociales en aug-
mentant les revenus des ménages et en mettant à la disposition de tous des services collectifs
(santé, éducation, sûreté, etc ...). Les subventions versées aux entreprises, les prestations
versées aux ménages et les impôts prélévés par l’Etat sont des exemples d’opérations de re-
distribution.

0.3.3 Opérations financières


Ces opérations nous montrent comment les agents qui n’ont pas dépensé la totalité de leurs
revenus ont utilisé l’excédent, et nous montrent également comment les agents qui ont dépensé
plus que le revenu ont financé le déficit. Les opérations financières portent donc sur les
créances et les dettes des différents agents économiques.

11
Chapitre 2: Le circuit économique et la comptabilité nationale

Dans ce chapitre, les concepts de la comptabilité nationale et du circuit économique sont


présentés.
Par ailleurs, les comptes emplois-ressources des différents secteurs institutionnels sont dévelop-
pés à partir du circuit économique dans le cas d’une économie fermée.

0.4 Comptabilité nationale


Ce cadre est né de la théorie keynésienne et ne repose sur aucune hypothèse économique par-
ticulière. La comptabilité nationale joue un rôle important dans la vie économique d’un pays,
notamment par l’intermédiaire de son agrégat le plus connu, le produit intérieur brut (PIB).
La situation de la comptabilité nationale à ce propos est d’ailleurs assez paradoxale, car si le
PIB est universellement connu, il n’est que le sous-produit d’un processus complexe dont le
principal mérite est de produire un cadre d’analyse macroéconomique global et cohérent.
La comptabilité nationale est la représentation synthétique et simplifiée de l’activité économique
d’une nation et des relations des différents acteurs à l’aide d’informations statistiques quan-
tifiées de façon comptable. Elle mesure l’activité économique des agents économiques sur le
territoire économique national. Les agents économiques sont regroupés en secteurs institution-
nels et les relations entre les agents économiques et avec le reste du monde forment le circuit
économique.

0.5 Circuit économique


0.5.1 Généralités
Le circuit économique est une représentation schématique de l’activité économique d’un
pays sous forme de flux de richesse entre les différents agents économiques.
L’activité économique des agents se déroule dans le cadre d’un espace géographique bien
délimité, qui est le territoire national d’un pays. Toutefois, au-délà des frontières de cet es-
pace, l’activité économique nationale s’effectue avec les agents économiques du reste du monde
dans le cadre des relations économiques extérieures.
Le circuit économique décrit donc les relations entre les différents agents économiques (mé-
nages, entreprises, administrations, institutions financières et reste du monde). Notons que
les échanges entre les agents sont matérialisés par des flux.

0.5.2 Les flux


Deux types de flux peuvent être distingués: le flux réel et le flux monétaire. De ce fait, la
dualité ou la reciprocité des flux stipule que: à chaque mouvement de biens ou services
(flux réel), correspond un mouvement de la monnaie (flux monétaire).

Exemple 0.5.1. Les ménages offrent du travail aux entreprises (flux réel) et en contrepartie,
les entreprises offrent des salaires aux entreprises (flux monétaire). On a le schéma suivant:

Ménages ⇒ Travail ⇒ Entreprises

12
et en contrepartie,
Ménages ⇐ Salaire ⇐ Entreprises .
Cependant, certains flux sont unilatéraux et n’ont pas de contrepartie: il s’agit
par exemple du service gratuit fourni par une administration (flux réel sans contrepartie
monétaire) ou encore du don effectué par un ménage à une association (flux monétaire sans
contrepartie réelle).

0.5.3 Equilibre du circuit économique


Chaque agent économique est à l’origine du flux entrant et du flux sortant d’un montant
équivalent. Le circuit économique dans son ensemble est donc caractérisé par l’égalité suivante:

Emplois= Ressources

qui donne lieu à d’autres égalités:

P+M= C+I+G+X en termes réels ,

R= C+ S en termes monétaires .

0.5.4 Circuit économique en économie fermée


Le circuit économique simplifié à deux catégories d’agents économiques: les mé-
nages et les entreprises

Figure 3: Circuit économique simplifié à deux agents.

Dans ce cas, le marché est approvisionné par la production des entreprises. Celle-ci est
constituée des biens de production (biens destinés à produire d’autres biens: matière première,
énergie, machines) et des biens et services de consommation finale (biens destinés à satisfaire
les besoins des ménages). En contrepartie, les entreprises reçoivent le montant de la vente de
cette production.
Néanmoins, les entreprises doivent acheter sur le marché certains biens de production pour
produire: ceci correspond aux opérations de consommations intermédiaires et d’investissement.

13
Introduction des administrations: la redistribution
En plus de la présence des ménages et des entreprises, l’on peut noter dans ce cas la présence
des administrations dans le circuit économique et les différents échanges se font entre ces trois
types d’agents économiques. Le circuit économique se schématise comme suit:

Figure 4: Circuit économique simplifié à trois agents.

Introduction des institutions financières: collecte de l’épargne et financement de


l’économie
C’est le dernier cas de figure que l’on peut observée dans un circuit économique à économie
fermée. Dans ce cas, les différents échanges entre tous les agents résidant sur le territoire:
ménages, entreprises, administrations et institutions financières. Les institutions financières
(établissements de crédit) ont pour fonction de financer les autres agents (crédits versés aux
ménages, aux entreprises et aux administrations) et de collecter l’épargne des agents (princi-
palement les ménages). Le circuit économique peut s’illustrer suivant la Figure 5.

0.5.5 Circuit économique en économie ouverte


Dans le cas d’une économie ouverte, l’on peut noter la présence des agents nationaux et des
agents étrangers dans le circuit économique et les différents échanges se font entre ces deux
catégories d’agents dans le circuit économique (Voir Figure 6).

0.6 Du circuit économique aux comptes emplois-ressources


Ressources Emplois
- Production marchande - Consommation finale
- Production non marchande - Consommation intermédiaire
- Importations - Exportations
- Formation brute du capital fixe
- Variation des stocks

14
Figure 5: Circuit économique simplifié à quatre agents.

Figure 6: Circuit économique simplifié en économie ouverte.

15
0.6.1 Cas des ménages
Emplois Ressources
- Consommation finale - Traitements
- Impôts - Prestations sociales
- Dépôts- épargnes - Salaires et revenus non salariaux
crédits-retraits

0.6.2 Cas des sociétés non financières


Emplois Ressources
- Dépenses d’investissement - Production
- Dépenses de consommation intermédiaire - Subventions
- Salaires et revenus non salariaux - Crédits-retraits
- Impôts
- Cotisations sociales
- Epargne

0.6.3 Cas des administrations publiques


Emplois Ressources
- Dépenses d’investissement - Impôts
- Dépenses de consommation intermédiaire - Cotisations sociales
- Production de services non marchands et dépenses de consommation finale - Crédits-retraits
- Traitements
- Prestations sociales
- Subventions
- Dépôts-épargne

16
Chapitre 3: La mesure de l’activité économique

Dans ce chapitre, les principaux agrégats de la macroéconomie sont présentés. L’usage de ces
différents indicateurs dans l’analyse macroéconomique et les interprétations y afférentes feront
partie des objectifs majeurs de ce chapitre.

0.7 Les agrégats de la comptabilité nationale


La mesure de la production d’un pays peut se faire de plusieurs façons:

• au niveau d’une entreprise, on utilise la Valeur Ajoutée (VA) pour obtenir la richesse
créée par celle-ci;

• A l’échelle nationale, on utilise les agrégats de la comptabilité nationale (PIB, PNB,


RNB, etc ...).

0.7.1 Agrégat
Un agrégat est une grandeur globale synthétique qui mesure le résultat de l’activité économique
d’un pays au cours d’une période donnée, généralement une année.

Valeur ajoutée
La valeur ajoutée est la richesse créée par une entreprise ou une administration. Elle est
obtenue par la formule suivante:

VA=Production (vendues ou stockées)-Consommations intermédiaires.

En d’autres termes, la valeur ajoutée décrit la différence entre ce qu’une entreprise gagne en
vendant ses produits et ce qu’elle achète à d’autres entreprises en biens intermédiaires.

Produit intérieur brut


(a) Généralités
Le Produit Intérieur Brut (PIB) est une mesure de la richesse créée sur le territoire national
pendant une période donnée (généralement une année2 ) par tous les agents économiques
résidents (entreprises camerounaises et étrangères, administrations).
Les caractéristiques du PIB sont les suivantes:

• la production est évaluée aux prix du marché;

• le PIB inclut tous les biens et services qui sont produits pendant la période courante;

• le PIB prend pour critère le territoire car il mesure la valeur de toute la production dans
un pays donné.
2
Dans certains cas, la période considérée est le trimestre.

17
On a la formule suivante:

PIB=Production marchande + Production non marcahande.

Remarque 0.7.1. (a) Le PIB ne prend pas en compte:

• les biens et services produits dans le passé et échangés aujourd’hui (par exemple une
voiture d’occasion);

• les biens et services autoconsommés sans passer par le marché (il s’agit dans ce cas des
biens et services qui sont produits “à la maison” et ne sont pas vendus sur le marché);

• les biens et services produits et vendus d’une manière illicite ou sur les marchés noirs
(par exemple la drogue) car le PIB mesure les biens et services qui sont vendus légale-
ment.

(b) Le PIB permet de calculer le taux de croissance économique d’un pays tout en incluant
les biens (nourriture, vêtements, automobiles, etc ...) et services (coiffeur, banque, services
médicaux, etc ...). Il donne une idée sur la richesse d’un pays mais présente quelques limites:

• il sous-estime la production: en effet , le PIB mesure seulement la valeur de la produc-


tion servant à la consommation finale, il ne prend pas en compte la valeur des biens
intermédiaires (la valeur de la production est comptabilisée seulement une seule fois);

• il ne tient pas compte des inégalités sociales.

Le PIB peut être calculé suivant trois grandes approches: la production, les revenus, les
dépenses.
(i) Optique production

PIB= Somme des valeurs ajoutées +TVA


+ Droits de douane - Subventions aux importations .

(ii) Optique dépense

PIB= Consommation finale des ménages +


Consommation finale des administrations
+ Formation brute de capital fixe + Variation des stocks +
Exportations - Importations .

D’après la méthode des dépenses, le PIB est décomposé en diverses composantes:

PIB=C + I + G + X-M

• “C” représente les dépenses de consommation: les dépenses des ménages en biens et
services, à l’exception de l’achat de biens immobiliers neufs;

• “I” représente les dépenses d’investissement: les dépenses d’équipement, d’inventaire et


d’infrastructures, y compris en biens immobiliers neufs;

18
• “G” représente les achats du gouvernement: les dépenses en biens et en services effec-
tuées par les différentes composantes du gouvernement, ces dépenses n’incluent pas les
paiements des transferts car ces derniers ne proviennent pas d’échanges de biens et de
services;

• “X-M” représente les exportations nettes c’est-à-dire les exportations moins les impor-
tations.

De cette égalité, il ressort que le terme de gauche représente la valeur de la production tandis
que le terme de droite (somme de quatre composantes) représente la valeur des dépenses.
(iii) Optique revenu

PIB= Rémunération des salariés + Impôts liés à la production et l’importation


+ Excédents bruts d’exploitation -
Subventions d’exploitations reçues des administrations .

Le PIB représente la valeur du marché de tous les biens et services servant à la consommation
finale, produits dans un pays pendant une période donnée. L’égalité entre la production, le
revenu national et les dépenses totales peut être illustrée par le diagramme suivant:

Figure 7: Diagramme illustrant le PIB.

(b) PIB nominal et PIB réel


Le PIB augmente en général d’une année à une autre, et ces augmentations peuvent être
causées par:

• des augmentations dans les quantités produites;

• des augmentations dans les prix.

L’on distingue de ce fait:

19
• le PIB nominal qui est la valeur en prix courants de la production;

• le PIB réel qui est la valeur en prix constants de la production, il ne varie que si les
quantités produites changent;

• le Déflateur (indice implicite des prix du PIB) qui est la mesure du niveau général des
prix de toute la production.
On a la formule suivante:
PIB nominal
Délateur = × 100.
PIB réel
Exemple 0.7.1. : Calcul des PIB nominaux et réels.
Dans le tableau suivant, l’unité de prix est de 1 million de francs CFA et l’unité de quantité
est de 1 tonne.

Année Prix A Qté A Prix B Qté B PIB nominal PIB réel IIP PIB
2003 1 100 2 50 200 200 100
2004 2 150 3 100 600 350 171
2005 3 200 4 150 1200 500 240

Les trois dernières colonnes de ce tableau s’obtiennent de la manière suivante, en prenant


l’année 2003 comme année de référence ou année de base:
- pour le calcul du PIB nominal, on doit multiplier les prix de l’année courante par les quantités
de l’année courante;
- pour le calcul du PIB réel, on doit multiplier les prix de l’année de référence par les quantités
de l’année courante;
- pour le calcul de l’indice implicite des prix de PIB (déflateur), on doit se servir de la formule
indiquée.
Plus précisement:
• P IB nominal-2003 = 1 × 100 + 2 × 50 = 200;

• P IB nominal-2004 = 2 × 150 + 3 × 100 = 600;

• P IB nominal-2005 = 3 × 200 + 4 × 150 = 1200;

• P IB réel-2003 = 1 × 100 + 2 × 50 = 200;

• P IB réel-2004 = 1 × 150 + 2 × 100 = 350;

• P IB réel-2005 = 1 × 200 + 2 × 150 = 500;


P IB nominal-2003 200
• Def lateur2003 = × 100 = × 100 = 100;
P IB réel-2003 200
P IB nominal-2004 600
• Def lateur2004 = × 100 = × 100 = 171;
P IB réel-2004 350
P IB nominal-2005 1200
• Def lateur2005 = × 100 = × 100 = 240.
P IB réel-2005 500

20
La figure suivante donne une illustration de l’évolution des PIB nominaux et réels dans
une économie sur un horizon de 10 années.

Figure 8: Illustration de l’évolution des deux types de PIB.

On peut en outre donner quelques particularités du PIB:


• le PIB est une bonne mesure agrégée du niveau de vie dans une économie;
• le PIB par habitant indique le revenu et les dépenses moyennes d’une personne dans
une économie;
• un PIB par habitant plus élévé indique un niveau de vie plus élévé;
• le PIB est une mesure imparfaite de la qualité de vie.
En effet, le niveau de vie ̸= la qualité de vie ou le niveau de bonheur des
individus et un PIB par habitant permet d’avoir une bonne qualité de vie.
• Les éléments suivants contribuent au bien-être de l’individu mais ne sont pas inclus dans
le PIB:
- la valeur des loisirs;
- la valeur d’un environnement propre;
- la valeur des activités qui prennent place en dehors des marchés (travail volontaire,
éducation parentale, etc ...).
Le tableau suivant compare le PIB par habitant avec trois autres critères de la qualité de vie
dans 14 grands pays. Les données sont celles de l’année 2001.

Taux de croissance économique


Le taux de croissance économique (TC) mesure l’évolution de la production dans le temps.
Il permet de mesurer le pourcentage d’augmentation du PIB entre deux dates différentes. On
a la formule suivante:
P IB réel(t) − P IB réel(t-1)
TC = × 100.
P IB réel(t-1)

21
Figure 9: Comparaison du PIB avec les critères de qualité de vie.

Le taux de croissance économique est calculé normalement sur une période d’une année.
Exemple 0.7.2. Calcul du taux de croissance
On donne P IB2005 = 1280000 et P IB2004 = 1150000.
Le taux de croissance pour l’année 2005 s’obtient de la manière suivante:
1280000 − 1150000
TC = × 100 = 11.30
1150000
soit un taux de croissance de 11.30%.

Produit national brut


Le Produit National Brut (PNB) est la valeur totale de la production finale de biens et de
services des acteurs économiques d’un pays au cours d’une année donnée. C’est aussi le revenu
total gagné par les résidents permanents d’un pays, le critère étant celui de résidence: le PNB
est national.
A la différence du PIB, le PNB inclut les revenus nets provenant de l’étranger, c’est-à-dire le
rendement sur les investissements faits à l’étranger moins le rendement sur les investissements
étrangers faits dans le pays.
On a la formule suivante qui donne la balance des revenus des facteurs de production:
PNB=PIB + Revenus des capitaux placés à l’étranger par les résidents
- Revenus des capitaux placés à l’intérieur par les non-résidents
+ Revenus du travail obtenus à l’étranger par les résidents
- Revenus du travail obtenus à l’intérieur par les non-résidents .
ou encore

22
PNB=PIB + Revenus de travail et de propriété reçus du reste du monde
- Revenus de travail et de propriété versés au reste du monde .

Revenu National Brut (RNB)


Pour juger le fonctionnement d’une économie dans son ensemble, le revenu total gagné par
l’ensemble de ses habitants est également utile. Au niveau d’une économie, le revenu national
doit être égal aux dépenses pour la simple raison que chaque transaction exige la présence d’un
vendeur et d’un acheteur c’est-à-dire chaque unité de franc CFA dépensé par les acheteurs
correspond à un revenu gagné par les vendeurs.
En matière sociale, le revenu par habitant s’est amélioré au fil des ans. Le renforcement
de la croissance et de l’emploi ont eu des rétombées positives sur les conditions de vie des
populations.
On a la formule suivante:

RNB= Revenus et transferts reçus du reste du monde


- Revenus et transferts versés au reste du monde .

On peut donc déduire que:


PNB= PIB + RNB.

Figure 10: Illustration de l’évolution du revenu national brut.

Inflation
L’inflation est un processus par lequel le niveau moyen des prix augmente ou la valeur de la
monnaie diminue.
L’inflation est un des indicateurs importants en macroéconomie. Elle est entrevue comme une
hausse soutenue du niveau moyen des prix des biens et des services. A l’opposé, la déflation
représente une baisse soutenue du niveau des prix.

Remarque 0.7.2. • Plusieurs variables (variables nominales) sont affectées par l’inflation.

23
• On ne peut comparer des variables nominales de différentes années sans faire une con-
version:
Variable nominale
Variable réelle = × IP Ccomparaison .
IP C
Le niveau des prix est mesuré par un indice des prix, comme l’Indice des Prix à la Con-
sommation (IPC) ou l’Indice implicite des Prix du PIB (IPPIB).
De ce fait, le taux d’inflation représente le taux de variation en pourcentage de l’indice de
prix choisi. C’est aussi le taux de croissance du niveau général des prix, mesuré normalement
sur une période d’un an.
On a la formule suivante:
Indice des prix réel(t) − Indice des prix réel(t-1)
Taux d’inflation = × 100.
Indice des prix réel(t-1)

Exemple 0.7.3. Calcul du taux d’inflation


On donne IP Cjuin−2006 = 109.5 et IP Cjuin−2007 = 111.9.
Le taux d’inflation de juin 2006 à juin 2007 s’obtient de la manière suivante:
111.9 − 109.5
Taux d’inflation = × 100 = 2.2
109.5
soit un taux d’inflation de 2.2%.

Figure 11: Illustration de l’évolution du taux d’inflation.

Pour calculer un IPC, on doit:

• choisir un panier de biens et services représentatifs;

• trouver les prix;

• calculer le coût du panier;

• choisir une année de base et calculer l’indice de prix.

24
Exemple 0.7.4. Calcul d’un IPC
On donne le tableau suivant où l’unité de prix est de 1 million de francs CFA:

Année Prix A Prix B Coût du panier IPC Taux dinflation


2003 1 2 8 100
2004 2 3 14 175 75%
2005 3 4 20 250 43%

On précise que:
- le panier est défini comme 4 unités de A et 2 unités de B;
- l’année de base est l’année 2003;
- pour calculer l’IPC, on doit premièrement calculer le coût du panier à l’année courante, qui
sera divisé par le prix du panier à l’année de base, puis multiplier par 100.
Plus précisement:

• Coût du panier2003 =1 × 4 + 2 × 2 = 8;

• Coût du panier2004 =2 × 4 + 3 × 2 = 14;

• Coût du panier2005 =3 × 4 + 4 × 2 = 20;


Coût du panier2003 8
• IP C2003 = × 100 = × 100 = 100;
Coût du panier2003 8
Coût du panier2004 14
• IP C2004 = × 100 = × 100 = 175;
Coût du panier2003 8
Coût du panier2005 20
• IP C2005 = × 100 = × 100 = 250.
Coût du panier2003 8
Pour calculer le taux d’inflation à partir de l’IPC, il faut simplement calculer le taux de
croissance annuel de l’IPC entre deux périodes séparées de 12 mois:
IP C2004 − IP C2003 175 − 100
• π2004 = × 100 = × 100 = 75%;
IP C2003 100
IP C2005 − IP C2004 250 − 175
• π2005 = × 100 = × 100 = 43%.
IP C2004 175

Coût de la vie
L’indice des prix à la consommation mesure l’évolution du coût de la vie dans le temps.
Lorsque l’IPC augmente, les consommateurs sont contraints de dépenser beaucoup plus pour
maintenir le même niveau de consommation. Dans ce cas, le niveau moyen des prix augmente
et il y’a inflation.
Les problèmes relévés avec la mesure du coût de la vie sont les suivants:

• biais de substitution;

25
Figure 12: Exemple de composition d’un IPC.

Figure 13: Deux mesures de l’inflation.

• introduction de nouveaux biens;


• changements de qualité;
• biais de substitution des lieux de vente.

Taux d’intérêt réel


Le taux d’intérêt doit être corrigé de façon à tenir compte de l’inflation. On distingue cepen-
dant:
• le taux d’intérêt nominal (i) qui mesure la rémunération en pourcentage d’un prêt;
• le taux d’intérêt réel (r) qui mesure l’augmentation du pouvoir d’achat du prêteur.
Si le taux d’inflation est faible, alors on a la formule:
r ≈ i − π.
Les autres principaux ratios utilisés dans l’analyse économique sont:

26
F BCF
• Taux d’investissement = × 100;
P IB
Epargne brute
• Taux d’autofinancement = × 100;
F BCF
Epargne brute
• Taux d’épargne ou Propension moyenne à épargner = × 100.
Revenu disponible brut

27
Chapitre 4: La détermination du niveau de l’activité économique

Dans ce chapitre, une étude comparative du modèle keynésien par rapport au modèle classique
est envisagée. Par ailleurs, certains indicateurs tels que: la demande effective, la fonction de
consommation, la fonction d’épargne, le multiplicateur keynésien, la fonction d’investissement,
les accélérateurs simple et flexible, sont succintement analysés.

0.8 Logique du modèle keynésien par rapport au modèle clas-


sique
L’économiste Keynes remet en cause l’idée classique, selon laquelle les marchés privés sont
supposés être capables de réaliser seuls les réajustements entre l’offre et la demande pour
arriver à l’équilibre: “il existe, dans les économies de marché, des équilibres de sous-
emplois durables, même si ces économies ne connaissent aucune entrave aux forces
qui animent le marché. En effet, Keynes affirme que certains marchés ne s’ajustent pas
spontanément et restent en “ déséquilibre”. Ce déséquilibre est dû essentiellement au manque
de flexibilité des prix sur ces marchés. L’existence de tels marchés empêche l’ajustement
général de l’économie, provoquant de la sorte le sous-emploi.
La théorie keynésienne est donc une analyse économique cherchant à déterminer le niveau
de l’activité économique par la connaissance des niveaux de production, de revenu
et d’emploi.

0.8.1 Le modèle simple


La simplification de ce modèle réside dans le fait que l’investissement est considérée comme
une variable exogène, on pose donc:
I = I0 .
Dans ce cas, les deux pilliers du modèle sont: la fonction de consommation et le principe
de demande effective. La connaissance et l’application de ces deux concepts génère la
notion du multiplicateur et laisse apparaître les premiers jalons de l’analyse de la politique
budgétaire.

Le principe de la demande effective


La demande effective utilisée par Keynes se réfère à une demande d’équilibre, celle cor-
respondant à l’intersection de l’offre et de la demande globales. En d’autres termes,
c’est la demande effective qui détermine l’offre des producteurs.
Le niveau de l’activité économique est déterminé par la demande finale (Y d ). Celle-ci a deux
composantes, la consommation et l’investissement étant supposés fixes, on a la formule:

Y d = C + I avec I = I0 .

La fonction de consommation
Keynes est le premier économiste à étudier la notion de consommation globale. La consomma-
tion devient la composante essentielle de la demande, elle est stable et prévisible. La fonction

28
de consommation est basée sur la loi “psychologique” fondamentale, d’ordre microéconomique,
qui stipule que l’homme a tendance à accroître sa consommation (C) quand son revenu (Y)
augmente, mais il ne l’augmente pas dans les mêmes proportions que le revenu lui-même.
La fonction de consommation keynésienne (C) s’écrit:
dC
C = C(Y ) avec 0 < < 1.
dY
On note que:
dC
• c= est la propension marginale à consommer;
dY
C
• est la propension moyenne à consommer;
Y
dC C
• < : la propension marginale à consommer est toujours inférieure à la propension
dY Y
moyenne;
Dans le cas linéaire, la fonction de consommation s’écrit:
dC C b
C = b + cY et on obtient: = c, = c + .
dY Y Y
Cela est basé le fait qu’en moyenne et la plupart du temps, les hommes sont déterminés à
accroître leur consommation lorsque leur revenu s’élève, mais pas d’une quantité aussi grande
que l’accroîssement du revenu.

La fonction d’épargne
La fonction d’épargne (S) est déterminée à partir de l’affectation du revenu c’est-à-dire
l’épargne est une fonction du revenu, on a la relation:

Y =C +S .

On obtient:
• dS = dY − dC;
dS dC
• s= =1− = 1 − c est la propension marginale à épargner ;
dY dY
• 0 < s < 1 et c + s = 1.
Exemple 0.8.1. • Si une famille gagne 5.000.000 F et épargne 50.000 F tous les ans,
alors sa propension moyenne à épargner est:
S 50.000
= = 0.01 ou 1%.
Y 5.000.000
• Si une famille bénéficie d’une hausse de revenus de 80.000 F, et décide d’épargner 20.000
F sur cette augmentation, alors sa propension marginale à épargner est:
dS 20.000
s= = = 0.25 ou 25%.
dY 80.000
• Peut-on dire que l’épargne de cette famille est rationnelle suivant les critères de Keynes?

29
Effet multiplicateur
Le multiplicateur indique qu’une variation exogène de l’investissement entraîne une
variation du revenu.
Cette variation du revenu dépend de la valeur de propension marginale à consom-
mer. Plus celle-ci est élévée, plus grand sera l’effet sur le produit.
Sur le marché des biens et services, on a:

Y d = C + I0 avec C = b + cY .

A l’équilibre, on a Y = Y d , ce qui permet d’écrire:


b + I0
Y = C + I0 = b + cY + I0 ⇒ Y = .
1−c
1 1
Posons: k = = , alors on obtient la relation: ∆Y = k∆I0 avec ∆I0 > 0. Comme
1−c s
0 < s < 1, alors on obtient: k > 1.
On en déduit que toute variation du niveau d’investissement induit une variation du revenu
d’équilibre qui lui est supérieur (k > 1), ce qui illustre “l’effet multiplicateur”. Cet effet est le
résultat des fusions des pilliers de la théorie keynésienne.

0.8.2 Le multiplicateur keynésien


Généralités sur le multiplicateur keynésien
Selon Keynes, les conséquences de l’investissement sur la croissance sont importantes. Cela
s’explique par le fait que l’investissement initial génère des phases successives de dépenses qui
se réduisent sous l’effet de l’épargne.
L’investissement donne le coup d’envoi du processus économique: c’est lui condi-
tionne le niveau général d’activité. Dans cette perspective, l’épargne est donc perçue
comme une fuite hors du circuit.

Exemple 0.8.2. Calcul du multiplicateur


Une entreprise investit 100 millions de francs CFA pour l’achat des machines. Ces 100 mil-
lionss investis ont favorisé la croissance de la production ou du revenu du pays de 500 millions
de francs CFA.
Dans ce cas, le multiplicateur est obtenu comme suit:
Y 500.000.000
k= = = 5.
I 100.000.000
Dans ce cas, on déduit que la propension moyenne à épargner est:
1 1
s= = = 0.2 ou 20%.
k 5
Le multiplicateur est fort utilisé dans l’analyse de la politique budgétaire. Cette poli-
tique est faite par les pouvoirs publics qu’il s’agit d’intégrer dans le modèle. Cela se fait par
l’introduction d’un agent supplémentaire: l’Etat. Celui-ci a une dépense (G) financée par
l’impôt (T). Le financement peut être total ou partiel de sorte que G − T représente le déficit
budgétaire d’une année déterminée.

30
0.8.3 La fonction investissement
L’investissement est la deuxième composante de la demande globale.
L’investissement macroéconomique se définit exclusivement comme acquisition de biens de
capital intervenant dans tout processus productif. Intuitivement, l’investissement semble fort
lié au taux d’intérêt (on peut en citer trois cas: l’autofinancement, le prêt en banque et l’appel
au marché financier).
On considère une entreprise qui vient d’acquérir un bien de capital qu’on peut caractériser
comme suit:

• prix d’achat: K;

• durée de vie attendue: n années;

• valeur de revente après les n années: R;

• bénéfice annuel attendu pour l’année j: Bj .

La décision d’investir repose sur la confrontation de la somme des gains projetés Σj Bj + R et


la valeur d’achat K.
Cette confrontation devrait déterminer la rentabilité de l’investissement:

K < Σj Bj + R = V.

En tenant compte de la dépréciation monétaire, on actualise, avec i le taux d’escompte, tous


les flux futurs par la formule suivante:
B1 B2 B3 Bj Bn R
V′ = + + + ... + + ... + + .
1 + i (1 + i)2 (1 + i)3 (1 + i)j (1 + i)n (1 + i)n
La confrontation devient:

• l’investissement est rentable lorsque: V ′ > K c’est-à-dire V ′ − K > 0;

• l’investissement est non rentable lorsque: V ′ < K c’est-à-dire V ′ − K < 0.

A ce stade, on va chercher le taux d’actualisation qui égalise K et V . Ce taux, pour lequel V ′ −


K = 0, est défini comme étant l’efficacité marginale de l’investissement, EMI, ou rendement
interne. On peut dès lors déterminer la rentabilité de l’investissement par confrontation de
l’EMI et du taux d’actualisation. Comme le taux d’actualisation est directement établi à partir
du taux d’intérêt, alors la confrontation significative se fait entre l’EMI et le taux d’intérêt.
Lorsque V ′ − K > 0, on peut faire les observations suivantes:

• si le taux d’intérêt r augmente, alors le dénominateur des Bj va croître, diminuant


systématiquement la valeur de V ′ , par conséquent V ′ − K risque de devenir négatif et
le projet peut perdre sa bonne rentabilité;

• si le taux d’intérêt r diminue, alors le dénominateur des Bj va décroître, augmentant


systématiquement la valeur de V ′ , par conséquent V ′ − K reste positif et le projet
améliore sa rentabilité.

De ce fait, la réalisation de l’investissement apparaît être clairement influencée par le niveau


du taux d’intérêt. L’investissement est donc une fonction décroissante du taux d’intérêt. La
décision d’investir repose donc sur la comparaison entre le taux d’intérêt r et l’EMI:

31
• l’investissement est rentable lorsque EM I > r ;

• l’investissement est non rentable lorsque EM I < r.


Cette règle de décision mène à la demande d’investissement illustrée comme suit.

Figure 14: La demande d’investissement.

L’investissement est aussi influencé par le niveau de revenu comme l’indique la figure suivante
où Y < Y ′ < Y ′′ :

Figure 15: Investissement et revenu.

On a par conséquent plusieurs droites d’investissement, chacune étant associée à un niveau de


revenu. Ainsi, pour un niveau déterminé du taux d’intérêt r∗ , on a plusieurs seuils d’investissement
(I, I ′ , I ′′ ) correspondant aux différents niveaux de revenus. L’investissement n’est plus une
grandeur totalement autonome et doit être décomposé en une partie autonome notée Ia , et
une partie induite notée Ii qui dépend du revenu. On a donc la formule:

I = Ia + Ii

où:
• Ia est une fonction des considérations indépendantes du revenu (anticipations, progrès
techniques, structure de la production, etc...) ;

• Ii est une fonction des modifications du revenu c’est-à-dire par le niveau de l’activité
économique.

32
En tenant compte des deux composantes de l’investissement, le multiplicateur se modifie et
on obtient:

• I = Ia + jY ;

• Y = C + I = b + cY + Ia + jY ⇒ Y (1 − c − j) = b + Ia ;
b + Ia
• Y = .
1−c−j
1
Posons: k ′ = , k ′ est appelé le multiplicateur composé et on a: k ′ > k.
1−c−j
1
On peut aussi écrire: k ′ = car s = 1 − c, et il convient que pour obtenir k ′ > 0, on doit
s−j
nécessairement avoir s > j.

0.8.4 Le principe de l’accélérateur


Cas simple
Il existe une relation directe entre le stock de l’économie (K) et le niveau du produit (Y).
Cela se traduit par les relations suivantes:

• Kt = αYt avec α > 1 ;

• Kt−1 = αYt−1 ;

• It = Kt − Kt−1 = α∆Y .

Il en ressort que l’investissement est proportionnel au changement du niveau du produit et α


est appelé l’accélérateur. Les caractéristiques de l’accélerateur sont les suivantes:

• il ne fonctionne pas si la capacité de production est excédentaire;

• il entrevoit un décalage: It = α∆Y ;

Dans le cas où on relève des piètres performances économiques (grands écarts entre estimations
et observations), on peut abandonner l’accélérateur simple au profit de l’accélérateur flexible.

Figure 16: Illustration de l’accélérateur simple.

33
Accélérateur flexible
L’économiste Koyck émet l’hypothèse que le stock de capital a le profil suivant:
• Kt = α(1 − λ)(Yt + λYt−1 + λ2 Yt−2 + ... + λn Yt−n ) avec α > 1 et λ < 1 ;
• Kt−1 = α(1 − λ)(Yt−1 + λYt−2 + λ2 Yt−3 + ... + λn Yt−n−1 );
• Kt − λKt−1 = α(1 − λ)Yt ;
• It = Kt − Kt−1 = α(1 − λ)Yt − (1 − λ)Kt−1 .
α(1 − λ)Yt est appelé accélérateur flexible et (1 − λ)Kt−1 est l’effet négatif dû au stock de
capital existant.

Figure 17: Illustration de l’ accélérateur flexible.

Dans ce cas, on note donc I = I(r, Y, K) et on obtient:


∂I
• < 0;
∂r
∂I
• = α(1 − λ) > 0;
∂Y
∂I
• = λ − 1 < 0.
∂K

0.9 Sous-emploi et chômage (John Maynard Keynes, 21 avril


1946)
0.9.1 La rupture épistémologique: la révolution keynésienne
Dès 1932, Keynes expose deux grands principes qui vont marquer une rupture essentielle avec
le monde classique:
• l’investissement entraîne toujours l’épargne après lui et au même rythme que lui;
• le principe de la demande effective: la demande globale détermine l’offre globale.
Avec la théorie générale, Keynes va poser une question essentielle qu’il cherchera à résoudre:
“pourquoi y’a-t-il du chômage?” Sa réponse consistera à démontrer l’existence d’un chômage
durable dans une économie monétaire (autre rupture avec les classiques).

34
0.9.2 Niveau de l’emploi
Demande effective
D’après Keynes, le montant de l’investissement courant dépend lui-même de l’incitation à
investir, qui elle-même dépend de la relation entre la courbe de l’efficacité marginale du capital
et la gamme des taux d’intérêts afférents aux prêts d’échéances et de garanties diverses. Ainsi,
la propension à consommer et le montant de l’investissement nouveau étant donnés, il n’y
aura qu’un seul volume de l’emploi compatible avec l’équilibre; tout autre volume conduirait
à une inégalité entre le prix de l’offre globale et le prix de la demande globale de la production
considérée dans son ensemble.

Figure 18: Effet de la demande sur l’emploi.

Détermination du niveau de l’emploi


Elle peut s’illustrer par l’organigramme suivant:

Figure 19: Schéma keynésien sur le niveau de l’emploi.

35
0.9.3 L’équilibre de sous-emploi
Le chomage est involontaire
Outre le chômage de “frottement”, le Postulat admet encore le chômage “volontaire”, dû au
refus d’une unité de main-d’oeuvre d’accepter une rémunération équivalente au produit at-
tribuable à son production marginale, refus qui peut être libre ou forcé et qui peut résulter
soit de la législation, soit des usages sociaux, soit d’une coaliton au cours d’une négociation
collective de salaires, soit de la lenteur des adaptations aux changements, soit enfin de la
simple obstination de la nature humaine. Toutefois, en dehors du chômage de “frottement”
et du chômage “volontaire”, il n’existe pas d’autre sorte de chômage. Les Postulats classiques
n’admettent pas la possibilité d’une troisième catégorie qui définie par la suite comme le
chômage “involontaire”.

Figure 20: Illustration d’un chômage classique.

Le chômage keynésien
D’après Keynes: “Il existe des des chômeurs involontaires si, en cas d’une légère hausse du
prix des biens de consommation ouvrière par rapport aux salaires nominaux, l’offre globale
de main-d’oeuvre disponible à travailler aux conditions courantes de salaire, et la demande
globale de main-d’oeuvre aux mêmes conditions s’établissent toutes deux au-dessus du niveau
antérieur de l’emploi.
Il est tout de même important de noter que le chômage classique correspond à des personnes
qui souhaiteraient disposer d’un emploi au salaire minimum en vigueur mais n’y parviennent
pas, du fait d’une productivité potentielle jugée insuffisante par les employeurs éventuels.

Comment agir contre le chômage?


La baisse des salaires: un effet contre-productif.
Si la main-d’oeuvre en cas d’une baisse progressive de l’emploi, devait offrir ses services à un
salaire nominal de plus en plus bas, il n’en résulterait en règle générale aucune diminution
des salaires réels; peut-être même ces salaires réels augmenteraient-ils, puisque le volume
de la production tendrait à décroître. L’effet principal d’une telle politique serait de causer

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Figure 21: Illustration d’un chômage keynésien.

Figure 22: Typologie de chômage.

une grande instabilité des prix, instabilité qui pourrait être assez violente, dans une société
économique actuelle, pour enlever toute portée aux calculs des hommes d’affaires. C’est une
contre-vérité qu’une politique souple de salaires soit un attribut normal et propre d’un système
fondé dans son ensemble sur le principe “au laissez faire”. Une telle politique ne pourrait réussir
que dans une société soumise à une forte autorité, capable d’imposer des réductions de salaires
soudaines, profondes et générales.

La politique de relance de la demande effective


Il est d’une importance vitale d’attribuer à ces organes centraux de direction aujourd’hui
confiés pour la plupart à l’initiative privée, qui n’en respecte pas moins un large domaine de
l’activité économique. En ce qui concerne la propension à consommer, l’Etat sera conduit à
exercer sur elle une action directrice par sa politique fiscale, par la détermination du taux
d’intérêt, et peut-être aussi par d’autres moyens. Quant au flux d’investissement, il est peu
probable que l’influence de la politique bancaire sur le taux d’intérêt suffise à l’amener à sa
valeur optimum. Aussi, il est rationnel de penser qu’une large socialisation de l’investissement
s’avèrera le seul moyen approximativement le plein emploi, ce qui ne veut pas dire qu’il faille
exclure les compromis et les formules de toutes sortes qui permettent à l’Etat de coopérer
avec l’initiative privée.
L’on demeure sceptique sur les chances de succès d’une politique purement monétaire con-
sistant à agir sur le taux d’intérêt. L’Etat étant en mesure de calculer l’efficacité marginale
des capitaux avec des vues lointaines et sur la base des intérêts sociaux de la communauté,
on s’attend à le voir prendre une responsabilité sans cesse croissante dans l’organisation di-
recte de l’investissement. En effet, l’estimation de l’efficacité marginale des divers types de
capitaux, telle qu’elle est faite sur le marché d’après les principes précédemment indiqués,

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semble appeler à subir des fluctuations d’une ampleur trop considérable pour qu’on puisse la
compenser par les variations pratiquement possibles du taux d’intérêt.

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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