Cours Arbitrage Et Médiation
Cours Arbitrage Et Médiation
Raphaël JAKOBA
Cours polycopié - Arbitrage et Médiation Année : 2013-2014
Master I - Droit du Commerce International
PARTIE I
Rappel des règles fondamentales de l’arbitrage commercial
PARTIE II
L’Arbitre
(Quel est le fondement de la mission de l’arbitre ?
Comment est-il désigné ?)
Partie III
L’arbitre : son statut, ses pouvoirs
Partie IV
L’Instance Arbitrale
Partie V
Rendre une sentence arbitrale
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C’est en présence de ces deux caractéristiques qu’on est en face d’un véritable arbitrage. C’est
dans la décision de l’arbitre de trancher une contestation que s’affirme le critère principal de
la nature juridictionnelle de la mission de l’arbitre.
En cas de survenance d’un litige, les opérateurs économiques disposent actuellement d’une
série de moyens extrajudiciaires ayant pour finalité le règlement de leurs différends. Bien que
les dénominateurs communs à ces institutions voisines soient leur caractère extrajudiciaire et
leur utilité dans la résolution d’un litige, il n’en reste pas moins vrai qu’ils présentent entre
eux finalement plus de différences que de similitudes. Dès lors, il est nécessaire de faire la
distinction entre l’Arbitrage et les notions voisines.
A- L’Arbitrage et la conciliation.
La conciliation peut être définie comme un processus par lequel les parties, avec
l’intervention d’un tiers dénommé « Conciliateur », tentent de rapprocher leur point de vue et
de rétablir une bonne entente aux fins de parvenir à trouver une solution à leur litige.
Dans la conciliation, le tiers conciliateur joue le rôle de facilitateur en aidant les parties dans
leurs réflexions et dans leur prise de décision, tout en proposant une solution au litige,
proposition que les parties sont libres de retenir ou de rejeter.
La différence avec l’arbitrage est que dans la conciliation, la solution finale ne s’imposera aux
parties que si elles décident donc éventuellement de l’accepter. Elle aura valeur d’accord
transactionnel et sera consignée dans un procès-verbal de conciliation signé par les parties et
le conciliateur.
Dans l’arbitrage, la solution vient de l’extérieur : les parties se verront imposer une solution
décidée par un tiers, et à l’élaboration de laquelle elles ne seront pas invitées à participer.
Le tiers conciliateur peut, soit par sa présence et ses conseils, amener les parties à se concilier,
soit prendre une part plus active dans la recherche d’une solution, et préparer un projet de
conciliation, faire des recommandations. Si la clause de conciliation ne fait que différer
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B- L’Arbitrage et la Médiation
La médiation est définie comme « un processus amiable de résolution de différends. Elle
consiste en l’intervention d’un tiers nommé « médiateur » qui a pour mission d’aider les
parties à parvenir à un accord qui met fin au litige ».
Dans la médiation – très proche en fait de la conciliation – le médiateur aide les parties à
résoudre le litige en facilitant les échanges et les dialogues, en faisant des recommandations,
en proposant des solutions, jusqu’ à ce qu’elles trouvent un compromis à leur litige. La
solution résultant d’une médiation provient d’une réflexion mutuellement convenue,
matérialisée sous forme d’une transaction.
Cependant, l’arbitrage s’oppose à la médiation, comme à la conciliation, en ce que la décision
prise par l’arbitre s’impose aux parties et a autorité de la chose jugée dès qu’elle est entérinée
par le juge, tandis que la recommandation du médiateur ou la solution proposée par le
conciliateur ne lie pas les parties en litige.
La fonction juridictionnelle de l’arbitre n’a donc rien de comparable à la fonction du
médiateur ou du conciliateur, dont la mission est d’apaiser, plutôt que de trancher les conflits.
A l’étranger – aux Etats-Unis et en France notamment – la pratique de la médiation est
variable : le recours à la médiation par les entreprises françaises est inférieur à celui des
entreprises américaines. La médiation est deux fois plus utilisée aux Etats-Unis qu’en France.
Presque toutes les entreprises, soit 86%, ont eu recours à la médiation aux Etats-Unis, contre
seulement 39% en France en 20101.
C- L’Arbitrage, l’Expertise et la Transaction
Les méthodes alternatives de résolution de conflit ont une finalité commune qui consiste à
régler un litige donné. Cependant, leur approche diffère profondément. Si certaines d’entre
elles (médiation, conciliation) sont qualifiées de « procédurales », d’autres impliquent une
intervention ponctuelle : l’Expertise et la Transaction.
1) L’arbitrage et l’expertise
L’expertise est définie comme « l’examen par une personne considérée comme qualifiée en
raison de ses connaissances ou aptitudes, d’une affaire sur laquelle il va donner son opinion
à celui qui a demandé ou ordonné l’expertise ».
Le rôle de l’expert se limite à donner un avis sur un point technique du litige, un problème de
fait. Il a pour mission d’éclaircir un aspect pratique du problème qui fait appel à des
compétences particulières.
L’arbitrage, pour sa part, a pour objet le traitement et le règlement du litige. L’arbitre, désigné
d’un commun accord par les parties, a toute latitude pour trancher : la sentence arbitrale
qu’il prononce a force obligatoire auprès des parties.
1
Enquête Fidal, Dispute Wise Business Management, 2010
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Si l’expertise peut être qualifiée d’une étape ayant pour objectif l’éclaircissement d’un point
du litige et d’aide à la prise de décision finale par les parties ou le juge, l’arbitrage est un
processus qui met fin au litige.
2) L’arbitrage et la transaction
La transaction est « un contrat par lequel les parties terminent une contestation née ou
préviennent une contestation à naître2 ».
La transaction est, comme la conciliation et la médiation, un mode conventionnel de
résolution de conflit. La transaction sous-entend l’intention commune et explicite des parties
de mettre fin à la contestation, au moyen de la signature d’un accord. En effet, les parties
doivent avoir, par l’accord en cause, entendu régler la contestation qui les divise.
En matière commerciale, la transaction s’apparente à une convention ayant pour but le retrait
d’une requête judiciaire par exemple, ou une convention conclue en vue de réparer un
dommage causé par une des parties à son cocontractant.
La transaction – éventuellement précédée d’une médiation – implique uniquement les
cocontractants, tandis que dans l’arbitrage, un intervenant extérieur – l’Arbitre, doté de
pouvoir juridictionnel – intervient tout au long du processus.
L’arbitrage, en ce qui le concerne, implique l’existence d’un tiers, dénommé « arbitre », qui
traite le litige du début jusqu’à la fin. Le prononcé d’une sentence prise par le seul arbitre met
fin au litige.
Dans la transaction, les parties mettent fin à une situation conflictuelle par un arrangement qui
se traduit par la renonciation partielle à leurs prétentions réciproques. Chaque contractant doit,
par la transaction, renoncer à une partie au moins de ses droits, actions ou prétentions.
Enfin, dans la transaction, il y aura renonciation à un droit d’action à l’utilisation des voies
juridictionnelles, tandis que dans le compromis d’arbitrage, il y a renonciation à recourir aux
juridictions étatiques3.
IV- Les intérêts de l’arbitrage
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- La recherche par les parties d'une justice autre que la justice rendue par les juridictions
étatiques : les parties souhaitent soumettre leur litige à un juge indépendant tout en
étant spécialisé dans le domaine litigieux.
B- Tempéraments
- Les procédures arbitrales peuvent être longues.
- Figurait autrefois parmi les avantages de l'arbitrage son faible coût. Il faut désormais
savoir que, excepté pour les procédures arbitrales se déroulant dans le cadre de
chambres professionnelles, l'arbitrage entraîne des frais très élevés. Cet élément
présente néanmoins l'avantage d'encourager les parties à recourir à des procédures de
règlement de leur litige moins onéreuses, notamment la conciliation.
V- Classification de l'arbitrage
Le terme "arbitrage" est un terme générique qui recouvre des réalités diverses selon les
adjectifs qui le qualifient.
A- Arbitrage volontaire et arbitrage forcé
1) Arbitrage volontaire
L'arbitrage est volontaire lorsque les parties y recourent librement.
2) Arbitrage forcé
L'arbitrage est forcé lorsque la loi, exceptionnellement, impose aux parties d'y recourir.
Illustration
En droit français, l'article L.761-5 du Code du travail prévoit la saisine obligatoire d'une
commission arbitrale pour la détermination de l'indemnité de congédiement due, dans certains
cas, aux journalistes professionnels.
B- Arbitrage interne et arbitrage international
La question est de savoir si on est face à un arbitrage international ou à un arbitrage
domestique car cette qualification emporte un certain nombre de conséquences sur la
procédure arbitrale, notamment sur le concept d’ordre public, le choix du droit applicable, sur
la motivation de la sentence arbitrale etc…
1) Arbitrage international
Critère de l'internationalité du litige
Si on se réfère au doit français, celui-ci retient le critère économique pour déterminer si oui ou
non il s’agit d’un contrat international.
Selon donc le droit français, l’article 1492 du Nouveau Code e Procédure Civile (NCPC) :
« est international l’arbitrage qui met en cause des intérêts du commerce international ».
L’internationalité de l’arbitrage ne résulte donc que de l’objet du litige, c’est-à-dire, de
l’opération économique en cause. Les éléments d’extranéité qui entourent le contrat litigieux
sont sans influence (nationalité des parties ou des arbitres, lieu de conclusion du contrat, lieu
du siège de l’arbitrage, etc.). Le juge doit se livrer à une analyse purement économique de la
situation litigieuse.
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Est donc international un arbitrage mettant en cause deux parties de même nationalité et
résidant dans le même pays dès lors que leur contrat met en jeu les intérêts du commerce
international comme par exemple un contrat de sous-traitance.
Toutefois, il y a des législations nationales qui ont une approche différente. Par exemple, la
Loi malgache sur l’arbitrage (Loi 98.019 du 15 décembre 1998) retient le critère économique
ou le critère juridique. Selon ce critère, un arbitrage est international si les parties à un
arbitrage ont leur établissement dans des Etats différents (article 452).
2) Arbitrage interne
A contrario, est interne l'arbitrage qui ne met pas en jeu des intérêts du commerce
international.
Pourquoi donner une définition propre à l’arbitrage international par rapport à
l’interne ? D’abord parce qu’il doit être régi par des règles spécifiques, plus souples, plus
libérales que l’arbitrage interne, pour favoriser le règlement des litiges du commerce
international. Ensuite, parce que l’arbitrage international est devenu le juge naturel des litiges
du commerce international, en l’absence d’une juridiction internationale.
3) Spécificités de l’arbitrage international.
A la différence du droit interne, l’arbitrage est considéré comme le mode normal de règlement
de litige commercial international. On constate l’institutionnalisation croissante de l’arbitrage
commercial international. Les procédures d’arbitrage international, dans de très nombreux
cas, sont administrées par des centres d’arbitrage ou des institutions permanentes d’arbitrage,
comme par exemple la Chambre de Commerce Internationale (CCI) et le Centre International
pour le Règlement des différends relatifs aux Investissements (CIRDI), ce qui affaiblit le rôle
de la volonté des parties et donc le caractère conventionnel de l’arbitrage commercial
international.
C- Arbitrage ad hoc et arbitrage institutionnel
1) Arbitrage ad hoc
L'arbitrage ad hoc est défini comme l'arbitrage qui se déroule en dehors de toute institution
permanente d'arbitrage et qui est organisé par les parties elles-mêmes. Il n’y a donc aucune
entité qui interfère entre les arbitres et les parties. Le principal avantage de ce type d'arbitrage
est que la liberté des parties est totale. Il permet à ces dernières d'adopter des procédures
adaptées aux spécificités de leur litige. Il est gage de souplesse. Cependant, si l’arbitrage ad
hoc est considéré comme la forme la plus « pure » de l’arbitrage, en ce que les arbitres
assurent leur fonction juridictionnelle en dehors de tout encadrement institutionnel, le
principal inconvénient de l'arbitrage ad hoc réside dans les risques de blocage qu'entraîne tout
désaccord entre les parties, par exemple, à propos de la désignation du troisième arbitre.
2) Arbitrage institutionnel
L'arbitrage institutionnel est l'arbitrage dont les parties ont confié l'organisation de la
procédure à une institution permanente d'arbitrage, et qui se déroule conformément au
règlement d'arbitrage élaboré par cette institution. Dans ce type d’arbitrage, les parties ont
confié à une institution d’arbitrage, par la désignation de celle-ci dans la clause d’arbitrage, le
soin de gérer la procédure arbitrale conformément au règlement d’arbitrage de l’institution.
L’arbitrage international a souvent la préférence des acteurs économiques sur le plan
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international. L’arbitrage de la CCI est l’un des exemples les plus achevés de l’arbitrage
institutionnel. L’arbitrage du CAMM en ce qu’il confie la gestion et la supervision de
l’arbitrage à un comité est un arbitrage institutionnel.
Parmi les nombreux avantages que présente l'arbitrage institutionnel, l'on retiendra ici les
deux plus fréquemment cités :
il évite les risques de paralysie de la procédure arbitrale lorsque celle-ci connaît des
difficultés,
il assure aux sentences arbitrales qualité, efficacité et autorité.
Mais les inconvénients sont aussi nombreux : l'institutionnalisation de l'arbitrage entraîne une
moindre personnalisation et une moindre souplesse de la procédure ; d’autre part,
l’intervention de l’institution entre les arbitres et les parties risque de « bureaucratiser » la
procédure arbitrale.
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A- Sources nationales
Les sources sont d’abord d’origine publique, élaborées par le législateur national de chaque
Etat.
En droit comparé, il existe une sorte de « concurrence » législative entre les différents pays
qui s’efforcent de favoriser les arbitrages notamment internationaux sur leur sol national en
attirant les investissements étrangers. Dans ce contexte, les lois les plus modernes ont servi de
modèle à d’autres pays. La loi française a servi de modèle notamment à la Côte d’Ivoire
(1993), la loi-type de la CNUDCI notamment à l’Egypte (1994) et à la Tunisie (1993). La loi
malgache sur l’arbitrage n° 98-019 du 15 décembre 1998 s’inspire sur le plan du droit interne
au droit Français et sur le plan international à la loi type CNUDCI.
B- Sources internationales
Les sources internationales encadrent également l’arbitrage notamment international. On
retiendra :
la Convention de New York de 1958 du 10 juin 1958, élaborée sous l’égide des
Nations Unies, qui a pour objet de faciliter la reconnaissance et l’exécution des
sentences arbitrales étrangères. La convention de New York a également affirmé la
primauté de la convention d’arbitrage. En 2011, 145 États l’ont ratifiée ou signée. Ne
l’ont pas signée entre autres l’Irak, l’Iran, le Pakistan, le Brésil et les Comores.
la Convention de Washington (18 mars 1965). Il s’agit d’une convention pour le
règlement des différends relatifs aux investissements entre États et ressortissants
d’autres Etats. Elle est applicable seulement aux contrats d’État. La notion
d’investissement est comprise au sens large. Elle a été ratifiée par 144 États. Elle
prévoit un recours en annulation devant un comité ad hoc et non pas devant les
juridictions nationales.
les conventions à vocation régionale, dont par exemple la Convention européenne de
Genève (21 avril 1961). Cette convention pose des règles matérielles propres à
l’arbitrage commercial international. Essentiellement conçue pour les relations
d’affaires Est/Ouest, elle a perdu un peu de son intérêt depuis la chute du mur de
Berlin en 1989. Elle liait presque tous les États membres de l’Union Européenne,
excepté le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Portugal, la Suède et la Grèce, mais Cuba et
le Burkina Faso y ont adhéré.
le Traité OHADA (Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires) signé à
Port Louis le 13 octobre 1993 et modifié le 17 octobre 2008 à Québec par les Etats de
l’Afrique au Sud du Sahara. Les normes édictées par l’OHADA s’appellent actes
uniformes en ce sens qu’elles sont directement appliquées dans les Etats Parties et sont
appliquées et interprétées sous le contrôle et l’autorité de la CCJA (Cour Commune de
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Justice et d’Arbitrage). Au rang des actes uniformes, il y a l’Acte uniforme sur le droit
de l’Arbitrage, véritable règlement d’arbitrage à vocation régionale.
Pour ce qui est des conventions bilatérales, on peut citer notamment les traités de commerce
et de navigation, les traités sur l’encouragement et la protection des investissements et les
conventions d’entraide judiciaire.
Enfin, parmi les instruments facultatifs on notera :
1) Le Règlement d’arbitrage CNUDCI (1976). Ce règlement est facultatif. Il est applicable
uniquement si les parties en sont convenues dans la clause d’arbitrage. Il est souvent
choisi par les parties dans des arbitrages ad hoc. Le problème qui se pose est celui du
choix de l’autorité de désignation en cas de refus de l’une des parties de désigner « son »
arbitre. En l’absence de choix dans la clause compromissoire, l’autorité de désignation est
le Secrétariat Général de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. L’une des
caractéristiques de ce règlement est la souplesse de ses règles de procédure. Il est
appliqué par certains centres d’arbitrage, comme le Centre régional du Caire et de Kuala
Lumpur et est appliqué également par le Tribunal irano-américain institué par les
Accords d’Alger de 1981.
2) La Loi-type CNUDCI. La loi-type est un modèle pour les législateurs nationaux. Elle
permet une harmonisation des législations en matière d’arbitrage international. Son trait
caractéristique est une grande liberté laissée aux parties dans l’organisation de l’arbitrage.
La loi-type CNUDCI de 1985 a été introduite dans la législation de plusieurs pays,
notamment le Canada, Chypre, Hong Kong, Australie, Egypte, Tunisie, Brésil, etc.
II- Autres sources non étatiques
Il existe trois types de sources non étatiques : les conventions d’arbitrage type, les règlements
d’arbitrage et les sentences arbitrales.
Les clauses d’arbitrage type sont proposées par des institutions permanentes
d’arbitrage, comme par exemple la CCI ainsi que par le Règlement CNUDCI (arbitrage
ad hoc). Il convient de mentionner également les clauses d’arbitrage proposées par des
organismes professionnels, comme la FIDIC (Fédération Internationale des Ingénieurs
Conseils).
Le Règlement d’arbitrage est défini comme un ensemble de dispositions destinées à
organiser et régir la procédure arbitrale. Il est édicté par un organisme privé. Il existe une
très grande variété de Règlements d’arbitrage.
Selon une jurisprudence abondante et constante, les Règlements d’arbitrage ont une
valeur contractuelle. Ils sont incorporés dans le contrat par le biais de la clause
compromissoire ou un compromis. On peut citer notamment un Arrêt du 7 juillet 1987 de
la Cour d’appel de Paris qui a jugé qu’ « en convenant d’avoir recours à l’arbitrage de la
Cour d’arbitrage de la CCI, les parties se sont par là même, en l’absence de toutes
dispositions contraires, soumises au Règlement de ladite Cour».
La force obligatoire des Règlements d’arbitrage est admise par les conventions
internationales et par les législations nationales.
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La reconnaissance repose sur le fait qu’une partie dans un arbitrage international, demande
l’introduction d’une sentence dans l’ordre juridique interne d’un Etat donné, sans pour autant
souhaiter l’exécution forcée de cette sentence.
Pour le droit français par exemple, la reconnaissance de la sentence est soumise à deux
conditions de fond : la preuve de l’existence de la sentence et l’absence de contrariété à
l’ordre public international. Les conditions de reconnaissance de la sentence en droit
malgache sont gouvernées par l’article 464.1 de la loi malgache. Constituent des motifs de
refus de reconnaissance l’incapacité, l’absence d’information quant à la nomination d’un
arbitre ou de la procédure arbitrale, le fait que la sentence ne soit pas visée par le compromis
d’arbitrage, l’irrégularité de la constitution du tribunal arbitral et enfin la contrariété à l’ordre
public international.
II- Le régime de « l’exécution » de la sentence arbitrale
Une décision juridictionnelle n’a de sens que si elle peut tout au moins être exécutée. Le droit
doit être dit et une solution, dégagée, si l’on veut régler correctement un litige. Mais encore
faut-il que cette solution soit effectivement appliquée.
S’agissant du juge étatique, il lui est reconnu un pouvoir de commandement : « l’imperium »
qui va se traduire dans la formule exécutoire. En vertu des attributs des décisions des
Tribunaux (impérium, force publique), celles-ci ont un caractère obligatoire.
Quant à l’arbitrage, il est un système privé de règlement des litiges par lequel les parties
choisissent librement leurs «juges » qui ne disposent pas de l’imperium. Normalement, la
résolution du litige consignée dans la sentence, c’est à dire la décision du tribunal arbitral (un
ou plusieurs arbitres), sera spontanément exécutée par la partie qui a perdu le procès. Mais,
l’expérience montre que l’exécution spontanée est rare, d’où le recours à la procédure
d’exécution forcée de la sentence arbitrale.
On entend donc par exequatur ou exécution forcée d’une sentence, une demande faite par une
partie auprès d’un juge étatique qui bénéficie d’une compétence d’attribution pour donner la
force exécutoire à une sentence arbitrale. L’exequatur est donc la décision par laquelle
l’autorité judiciaire compétente donne force exécutoire à une sentence arbitrale.
- Le contrôle du juge de l’exequatur Ce contrôle est assez restreint. Il permet
seulement au juge de l’exequatur de contrôler que la sentence n’est pas
entachée d’un vice grave. Celui-ci ne peut pas réviser la sentence au fond ; il
vérifie la régularité formelle de la sentence, sa validité, et notamment sa
conformité à l’ordre public, ainsi que la validité de la convention d’arbitrage.
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A) Le recours en annulation
Les parties qui recourent à l’arbitrage ont a priori exclu dans leur litige toute intervention
autre que celle des arbitres. C’est dire que les voies de recours contre les sentences arbitrales
ne constituent pas l’un des principes-clés de la mise en œuvre de l’arbitrage. Toutefois, les
voies de recours restent ouvertes dans les législations sur l’arbitrage.
On entend par recours en annulation, une action portée devant le juge judiciaire dont l’objectif
est de demander l’annulation de la sentence arbitrale rendue par le Tribunal Arbitral. Pour
protéger l’autonomie de l’arbitrage, et donc l’intégrité de la sentence, les cas « d’attaque »
contre la sentence arbitrale sont limitatifs. Ainsi le recours en annulation n’est ouvert que dans
les cas d’ouverture ci-après :
si l’arbitre a statué sans convention d’arbitrage ou sur convention nulle ou expirée,
si le tribunal arbitral a été irrégulièrement composé ou l’arbitre unique irrégulièrement
désigné,
si l’arbitre a statué sans se conformer à sa mission,
si le principe de la contradiction n’a pas été respecté,
si la sentence est nulle en application de l’article 1480 (NCPC) qui édicte les règles
relatives à la validité de la sentence arbitrale,
si l’arbitre a violé une règle d’ordre public.
Lorsque le recours est accepté, il entraîne l’annulation, en tout ou partie, de la sentence. Dans
ce cas, certaines législations donnent aux juges étatiques le pouvoir de statuer sur le fond,
dans les limites de la mission de l’arbitre, sauf si les parties s’y opposent. Tout comme
l’appel, le recours en annulation a un effet suspensif.
Dans la loi type CNUDCI, les hypothèses d’annulation sont :
si l’arbitre a statué sans convention d’arbitrage ou sur convention nulle ou expirée (cf.
définition : Loi-type CNUDCI art. 7),
si le tribunal arbitral a été irrégulièrement composé ou l’arbitre unique irrégulièrement
désigné,
si l’arbitre a statué sans se conformer à la mission qui lui avait été confiée,
lorsque le principe du contradictoire n’a pas été respecté,
dans tous les cas de nullité suivants :
o si la sentence arbitrale n’a pas exposé succinctement les prétentions respectives
des parties et leurs moyens ;
o si la sentence arbitrale ne contient pas l’indication du nom des arbitres qui
l’ont rendue, de sa date, du lieu où elle a été rendue, des noms, prénoms ou
dénomination des parties, ainsi que de leur domicile ou siège social, le cas
échéant, du nom des avocats ou de toute personne ayant représenté ou assisté
les parties ;
o si la sentence arbitrale n’est signée par aucun des arbitres.
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Cette règle, telle qu’énoncée par la Cour de cassation, constitue incontestablement une règle
matérielle du droit français de l’arbitrage international. Elle a, depuis, été reprise par une
jurisprudence constante et abondante qui a même abandonné la réserve des « circonstances
exceptionnelles ».
Cette expression du principe d’autonomie se traduit par le recours aux règles matérielles
consacrées en droit français, par l’Arrêt DALICO (Cour de cassation, 20 décembre 1993) dont
la Cour d’appel de Paris en est un des principaux artisans. Dans l’Arrêt Dalico rendu le 26
mars 1991, la Cour de Paris énonce :
« En matière internationale, le principe de validité et d’autonomie de la clause
compromissoire destiné à en assurer la pleine efficacité selon la volonté des
contractants - consacre l’indépendance de la convention d’arbitrage à l’égard tant
des dispositions substantielles du contrat auxquelles elle se rapporte que de la loi
interne applicable à cette convention, sous la seule réserve de l’ordre public
international, notamment quant à l’arbitrabilité du litige. »
D’autres Règlements consacrent également ce principe, comme le Règlement d’arbitrage du
CAMM qui prévoit dans son article 4.3 que la nullité ou l’inexistence du contrat principal
n’entraine pas l’incompétence du tribunal arbitral, à moins que les parties en aient
expressément décidé autrement. Le tribunal arbitral reste compétent pour déterminer les
droits respectifs des parties et statuer sur leurs demandes et conclusions.
Cette consécration emprunte la voix législative ou jurisprudentielle selon le cas.
On peut citer, par exemple l’article 178 alinéa 3 de la loi fédérale suisse de droit international
privé de 1987 (LDIP) qui dispose que « la validité d’une convention d’arbitrage ne peut pas
être contestée pour le motif que le contrat principal ne serait pas valable ».
La nouvelle loi égyptienne, la Loi n°27 de 1994 sur l’arbitrage civil et commercial, adopte
cette solution en son article 23.
II- La formation de la convention d’arbitrage
A- La capacité de compromettre
1) La capacité de compromettre des personnes privées
Peut compromettre toute personne qui n'en est pas déclarée incapable par la loi. Les personnes
incapables de compromettre sont :
- les mineurs, sauf cas de mineurs émancipés dès lors que ne sont pas en cause des actes
de commerce;
- les majeurs sous tutelle; les majeurs sous curatelle, quant à eux, peuvent compromettre
avec l'autorisation du conseil de famille.
2) La capacité de compromettre de l'Etat et des personnes publiques
En ce qui concerne l'arbitrage interne, le principe est celui de l'interdiction pour les personnes
publiques de compromettre. Ce principe connaît toutefois quelques exceptions. Par exemple,
en droit français certaines catégories d'établissements publics à caractère industriel et
commercial (E.P.I.C.) peuvent être autorisés à compromettre par autorisation spéciale.
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groupe (en pratique, il s’agit le plus souvent de la société mère)? La réponse à cette
question ne peut être donnée qu’au cas par cas. Ainsi, les arbitres analysent le
comportement de la société à qui la clause est susceptible d’être étendue. Elle le sera, par
exemple, en cas de confusion, immixtion ou intervention déterminante. En particulier, la
jurisprudence arbitrale admet l’extension de la clause à une société apparentée à celle
partie à la convention d’arbitrage lorsque l’on peut déduire de son intervention dans la
conclusion ou l’exécution du contrat qu’elle a adhéré tacitement à la convention
d’arbitrage.
Cas de cession de contrat, suivant le principe selon lequel
l’accessoire suit le principal, la cession d’un contrat principal prévoyant une clause
d’arbitrage emporte également la cession de ladite clause. Ainsi, le nouveau cessionnaire
du contrat qui n’a pas consenti formellement à la clause d’arbitrage dans le contrat
principal peut se voir opposer l’existence d’une clause d’arbitrage.
C- L’arbitrabilité
Est arbitrable toute matière susceptible d’être soumise à l’arbitrage. On distingue
l’arbitrabilité subjective (1) de l’arbitrabilité objective (2).
1) Arbitrabilité subjective
C’est essentiellement à propos de l’aptitude de l’État à compromettre - plus généralement des
personnes morales de droit public - que s’est posée la question de l’arbitrabilité subjective.
L’incapacité de l’Etat de compromettre dans le droit interne est un principe consacré par un
certain nombre de législation (droit français, droit malgache) – de même, il existe une règle
maternelle dans l’arbitrage commerciale international qui reconnaît la capacité de l’Etat et ses
démembrements à compromettre dans les rédactions commerciales internationales
2) Arbitrabilité objective
L’arbitrabilité objective concerne la question de savoir si tel ou tel domaine est arbitrable ou
non. Par exemple en droit français, l’article 2060 du NCPC énonce qu’« on ne peut
compromettre sur les questions d’état et de capacité des personnes, sur celles relatives au
divorce et à la séparation de corps et plus généralement dans les matières qui intéressent
l’ordre public ».
De même qu’en droit français existent deux types de situation à distinguer :
La première catégorie est celle dans laquelle la seule considération de
la matière suffit à faire conclure à la non-arbitrabilité du litige (divorce, filiation, matière
pénale...).
La deuxième série de situations est celle dans laquelle le contrôle du
respect des exigences fondamentales du droit français ne sera assuré - a posteriori - qu’à
travers la notion d’ordre public au sens de l’article 1502, 5° du NCPC (fraude,
concurrence...).
Ainsi, seules les matières de la première catégorie sont réellement non arbitrables. Celles de la
deuxième catégorie sont en effet arbitrables, l’éventuelle annulation de la sentence statuant
sur ces matières, se fondant, a posteriori, sur le non-respect de l’ordre public international.
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Cette évolution qu’a connu le droit français correspond à une évolution largement partagée en
droit comparé.
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2) Compétence des arbitres pour connaître des litiges visés par la convention
d’arbitrage.
Dans la relation entre les parties, la convention d’arbitrage fonde la compétence des arbitres.
Par le même acte, les parties confèrent à la juridiction arbitrale son existence et l’étendue de
sa compétence. Le principe de compétence-compétence ne trouve pas sa source dans la
convention d’arbitrage. En effet, il permet aux arbitres de statuer sur la validité intrinsèque de
la convention d’arbitrage. C’est donc dans le droit de l’arbitrage international de l’État du
siège de l’arbitrage - si tant est qu’il l’admette - que se trouve la source de ce principe.
Le principe de la « compétence-compétence »
L’expression « Kompetenz-Kompetenz » (en langue allemande) signifie que les arbitres
statuent sur sa propre compétence, en cas de contestation de celle-ci.
- La loi-type de la CNUDCI reconnaît le principe de « compétence-compétence. En ce qui
concerne les législations nationales, en droit français, l’article 1466 du NCPC le consacre
en droit interne. Le renvoi fait par l’article 1495 à l’article 1466 rend ce principe
applicable à l’arbitrage international. Les Règlements d’arbitrage affirment également ce
principe (Règlement CCI, Règlement CNUDCI).
- La portée du principe « compétence-compétence » n’est pas absolu car il est acquis que
les juridictions étatiques, saisies d’un recours en annulation ou d’une action en exécution
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Toutefois, pour le compromis (litige déjà né), certaines législations prévoient la désignation
directe du tribunal arbitral dans la clause. Pour satisfaire cette exigence de détermination des
modalités de désignation des arbitres, les parties peuvent ainsi décider que sera choisi un
arbitre unique, dont le nom sera retenu d'un commun accord entre elles, ou que chacune
désignera un arbitre, le troisième étant désigné par les deux premiers ou encore que cette
désignation sera confiée aux soins d'un tiers, agissant en qualité de tiers préconstitué qui
pourra être une personne physique (par exemple un Président de juridiction) ou une personne
morale (un centre d'arbitrage).
Dans le cas d’un compromis, il est également fait obligation aux parties de désigner les
arbitres ou de prévoir les modalités de leur désignation dans le compromis.
Désignation des arbitres par une institution permanente d'arbitrage
Les parties ont également la possibilité de confier la constitution du tribunal arbitral à un
centre d'arbitrage, ce qui sera le cas lorsqu'elles auront décidé de recourir à un arbitrage
institutionnel. A cet effet, l'institution désignée ne peut être chargée que de l'organisation de
l'arbitrage et ne peut donc pas elle-même trancher le litige.
Dans ce cas, c'est-à-dire de désignation par l’institution d’arbitrage, les arbitres doivent être
"acceptés par toutes les parties". En l'absence d'une telle acceptation, chaque partie est invitée
à désigner un arbitre, le centre d'arbitrage procédant à la désignation directe des arbitres non
désignés par les parties, et, éventuellement, à celle du troisième arbitre.
Aussi bien en matière d'arbitrage interne qu’international, la désignation des arbitres par
l'institution d'arbitrage se fait conformément aux stipulations de son règlement d'arbitrage.
L’une des forces de l’arbitrage institutionnel réside dans le pouvoir reconnu au centre
d’arbitrage de nommer le ou les arbitres aux lieu et place des parties en cas de défaillance des
parties. Cette possibilité de choisir un arbitre à la place d’une partie défaillante permet de faire
avancer la procédure arbitrale et a pour objectif d’éviter toute paralysie de la procédure
arbitrale en raison des manœuvres dilatoires des parties.
Désignation des arbitres par le juge étatique
Généralement, la législation nationale sur l’arbitrage désigne le juge compétent pour statuer
sur des difficultés tenant à la constitution du tribunal arbitral. En France, par exemple, l’article
1457 du Nouveau Code de procédure civile prévoit que le Président du TGI statue « comme
en matière de référé ». Il est saisi par voie d’assignation ou par requête conjointe et le débat
est contradictoire.
L’intervention du juge judiciaire se fonde sur l’idée que la clause d’arbitrage doit être
exécutée en nature. Dès lors, en cas de difficulté d’exécution ou de constitution du tribunal
arbitral, le juge étatique intervient si une partie le lui demande. Cette intervention est conçue
comme une assistance du juge, comme une « coopération ou un appui » de sa part. Il s’agit
d’une assistance destinée à mettre en œuvre la procédure d’arbitrage. En droit comparé, les
législations modernes organisent également une coopération du juge à l’arbitrage.
Pour qu’il y ait intervention du juge, il faut qu’il existe une difficulté dans la constitution du
tribunal arbitral. La notion de « constitution » a été étendue aux difficultés pouvant survenir
postérieurement à la constitution proprement dite.
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Le juge n’accepte d’intervenir que dans le cas où les difficultés portent bien sur la constitution
du tribunal arbitral. Il peut intervenir notamment dans l’arbitrage ad hoc, quand aucun tiers
n’a été pré-constitué et s’il existe une situation de blocage en raison du refus du défendeur de
désigner un arbitre ou d’un désaccord des parties sur le nom du troisième arbitre. En pratique,
le juge (des référés) invite la partie récalcitrante à faire le nécessaire dans un délai donné. A
défaut, il peut procéder lui même à la désignation.
Dans la pratique, la coopération du juge doit être aussi souple que possible. Il doit s’efforcer
de suggérer des remèdes pour sortir d’une situation de blocage et d’obtenir la coopération des
parties.
Dans les différentes lois nationales, le juge apporte son assistance en cas de nécessité, afin de
renforcer l’efficacité de la convention d’arbitrage notamment lors de la mise en place du
tribunal arbitral. Toutes les législations récentes consacrent l’autonomie de la volonté des
parties, elles peuvent convenir librement de régler les difficultés de constitution du tribunal
arbitral.
La loi-type de la CNUDCI et toutes les législations qui l’ont adoptée suivent cette tendance.
Le droit comparé révèle cette même tendance en faveur de la coopération judiciaire : Par
exemple, le Code judiciaire belge (art. 1684 à 1687), le Code de procédure civile néerlandais
(art. 1026 à 1035), et la loi suisse sur le DIP (1987).
c. Nombre des arbitres
Les parties sont libres de désigner le nombre d’arbitres qu’elles veulent. Cependant, en
pratique le nombre est souvent impair, soit un arbitre unique, soit un collège arbitral avec 3
arbitres.
En droit comparé certaines lois n’imposent pas un nombre particulier d’arbitres, comme la loi
suisse et la loi-type CNUDCI. Cependant, d’autres lois, plus nombreuses, exigent l’imparité
du tribunal arbitral, par exemple en droit belge, néerlandais et italien.
L’Acte uniforme ne prévoit pas l’imparité mais édicte l’hypothèse de trois arbitres et un
arbitre unique (art 5.).
2) La durée de la mission arbitrale
Cette durée est en principe fixée d'un commun accord par les parties dans la convention
d'arbitrage. Celles-ci peuvent soit prévoir expressément ce délai, soit se référer au règlement
d'une institution permanente d'arbitrage contenant une telle indication. Dans tous les cas, le
délai court à compter de la date de l'acceptation de sa mission par le dernier des arbitres.
La prorogation du délai d'arbitrage peut résulter de l'accord des parties. Cet accord peut être
exprès ou tacite. Mais elle peut être aussi du fait du juge.
Divers événements peuvent mettre fin à la mission de l'arbitre de manière anticipée.
a. La récusation de l'arbitre
En droit français, les causes de récusation de l'arbitre sont les mêmes que celles prévues pour
le juge étatique à l'article 341 du N.C.P.C. : existence pour lui-même ou son conjoint d'un
intérêt personnel à la contestation, existence d'un procès antérieur entre lui ou son conjoint et
l'une des parties ou son conjoint, connaissance préalable de l'affaire en qualité de juge ou de
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conseil etc.. Il faut en outre, pour que l'arbitre puisse être récusé, que cette cause se soit
révélée ou soit survenue depuis sa désignation.
En outre, il existe une obligation pour l’arbitre qui suppose ou a connaissance d'une cause de
récusation en sa personne à en informer les parties. Celles-ci pourront alors l'accepter malgré
tout comme arbitre, si elles en sont d'accord.
Si la récusation demandée par l'une des parties est acceptée aussi bien par l'autre partie que
par l'arbitre lui-même, il n'y a aucune difficulté. Sinon, la contestation est soumise, par une
partie au président du tribunal compétent qui statue alors comme en matière de référé, soit
devant l’institution d’arbitrage, qui décide sur la recevabilité de la récusation.
b. L'abstention de l'arbitre
Il y a abstention de l'arbitre lorsque, alors qu'il a accepté sa mission, soit il s'abstient
passivement de toute initiative, soit il renonce à l'exercice de ses fonctions. Il engage alors sa
responsabilité à l'égard des parties, sauf existence d'une raison légitime. Tel sera notamment
le cas lorsque l'arbitre suppose exister en sa personne une cause de récusation postérieure à sa
désignation.
c. La révocation de l'arbitre
En révoquant un arbitre, ou l'ensemble du tribunal arbitral, les parties lui ôtent le litige.
Toutefois, la révocation ne peut se faire, que du consentement unanime des parties.
d. Le décès de l'arbitre
Celui-ci met fin à la mission arbitrale lorsqu'il survient après l'acceptation par l'arbitre de sa
mission.
B- Le mode de désignation de l’arbitre en droit malgache
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est ouvert à toute personne physique. La loi fait tout simplement référence à la plénitude des
droits civils.
Mais « n’est pas arbitre qui veut ». Tout d’abord, il faut qu’il soit choisi par les parties.
Ensuite sa mission de dire le droit requiert un certain nombre de conditions.
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La mise en œuvre de cette obligation d’indépendance est selon l’article 441, sous la forme
d’une obligation d’information préalable qui est un devoir de transparence de la part de
l’arbitre. Le défaut d’indépendance est sanctionné par la récusation de l’arbitre, mesure
prévue aussi bien dans l’article 444 de la loi que dans l’article 8.3 du règlement CAMM.
Pour se conformer à l’esprit de la loi, le CAMM, à l’instar du règlement CCI , a prévu dans
l’article 8.1 de son règlement, le système de déclaration préalable d’indépendance.
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Partie III :
L’arbitre : son statut, ses pouvoirs
L’arbitre est juge, mais le fait qu’il soit une personne dotée d’une mission juridictionnelle
implique qu’un certain nombre d’exigences lui soient imposées :
I. Exigences requises de l’arbitre
Les exigences requises de l’arbitre sont l’indépendance et l’impartialité : l’indépendance est
un fait / l’impartialité est un état d’esprit.
- Selon la Jurisprudence française (Cour de Cassation, 13 Avril 1972 ; Consorts Ury
c/ Galeries Lafayette) : “l’indépendance d’esprit est indispensable à l’exercice du
pouvoir juridictionnel »
- En droit suisse : article 180 (1) LDIP “un arbitre peut être récusé lorsque les
circonstances permettent de douter légitimement de son indépendance”.
- L’exigence d’indépendance et d’impartialité sont conjointement mentionnées dans la
Loi-type CNUDCI en son article 12(2): “Lorsqu’une personne est pressentie en vue
de sa nomination éventuelle en qualité d’arbitre, elle signale toutes circonstances de
nature à soulever des doutes légitimes sur son impartialité ou son indépendance”.
- En droit malgache : l’article 441 de la Loi sur l’arbitrage précise que la mission
d’arbitre ne peut être confiée qu’à une personne physique. L’arbitre doit avoir le
plein exercice de ses droits civils et s’engager par écrit sur l’honneur à être et
demeurer indépendant et impartial vis à vis des parties.
A- Définition de l’indépendance
L’indépendance de l’arbitre est l’essence de sa fonction juridictionnelle, en ce sens, que d’une
part, il accède dès sa désignation au statut de juge, exclusif par nature de tout lien de
dépendance notamment avec les parties, et que, d’autre part, les circonstances invoquées pour
contester cette indépendance doivent caractériser par l’existence de liens matériels ou
intellectuels, une situation de nature à affecter le jugement de l’arbitre en constituant un risque
certain de prévention à l’égard de l’une des parties à l’arbitrage.
Exemples:
• lien avec le centre d’arbitrage: manque de neutralité et partialité pour faire annuler la
convention d’arbitrage (arbitres désignés étaient président et vice-présidents du centre
d’arbitrage).
• lien avec les conseils.
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En réalité, c’est un contrat innommé dans lequel chaque partie donne son consentement :
le centre nomme ou confirme l’arbitre en lui faisant connaître le Règlement.
III. Les obligations de l’arbitre
A- Les obligations de l’arbitre à l’égard des parties
L’arbitre est tenu de se comporter de manière équitable et impartiale et de traiter les
parties sur un pied d’égalité tout au long de la procédure
Définition: l’égalité des parties constitue une condition de la relation loyale des parties avec
l’arbitre. Elle est la condition de la transparence nécessaire pour fonder la confiance des
parties, sans laquelle les arbitres n’auraient pas de pouvoir. Le principe d’égalité peut être
considéré comme un principe général de la procédure relevant de l’ordre public international.
- Droit comparé : Article 182 du LDIP suisse : «Quel que soit la procédure choisie, l’arbitre
doit garantir l’égalité entre les parties et le droit d’être entendu en procédure contradictoire ».
- Droit malgache : l’article 457 prévoit que les parties doivent être traitées sur un pied
d’égalité et chaque partie doit avoir toute possibilité de faire valoir ce droit.
L’arbitre doit accomplir sa mission dans les délais légaux ou contractuels qui lui sont
fixés.
En acceptant sa mission, il s’engage à l’accomplir avec diligence. La règle est généralement
certaine, même si elle n’est que rarement exprimée sous cette forme. Elle fait écho au «délai
raisonnable » imposé par les Conventions et déclarations internationales relatives aux droits
de l’homme en matière de justice.
L’arbitre membre d’un collège arbitral manque également à son devoir de diligence s’il
s’abstient de participer aux audiences ou au délibéré. Sa faute serait intentionnelle s’il
cherchait par là à paralyser la procédure, notamment dans l’intérêt de la partie qui l’a désigné.
L’arbitre doit mener sa mission jusqu’à son terme, c’est-à-dire jusqu’au prononcé de la
sentence finale.
En conséquence, dès l’instant où il a accepté ses fonctions, il ne peut plus, du moins en
principe, s’en déporter, c’est-à-dire démissionner, du moins sans justes motifs.
Un grand nombre de systèmes juridiques se prononcent clairement en ce sens, notamment les
droits français, italien, belge, hollandais. Est donc condamnable la légèreté ou le caprice d’un
arbitre que la lourdeur et la longueur de ses fonctions viendraient à lasser.
Mais la règle a surtout pour but de lutter contre une attitude dilatoire qui n’est pas
exceptionnelle : un arbitre sentant qu’il est minoritaire au sein du tribunal démissionne dans le
but d’empêcher celui-ci de prononcer une sentence défavorable à la partie qui l’a désigné.
C’est pour cette raison que le code néerlandais et la loi-type de la CNUDCI (art.14) précisent
que la démission doit être acceptée, soit par les deux parties, soit par le tiers préconstitué, soit
par le juge d’appui.
Il existe divers moyens pour rendre inefficaces de tels comportements. Il suffit de relever pour
l’instant que plusieurs règlements d’arbitrage interdisent à l’arbitre une démission
intempestive. Le plus contraignant est certainement le Règlement du tribunal des différends
irano-américains, dont l’article 135 limite considérablement le droit de démission de l’arbitre :
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il restera membre du Tribunal dans toutes les affaires où il a déjà participé à une audience sur
le fond.
Bien entendu, l’arbitre pourra se déporter, avec ou sans contrôle du centre d’arbitrage ou de
ses collègues, s’il a de justes motifs pour démissionner, par exemple, s’il se trouve dans
l’impossibilité de poursuivre sa mission, ou s’il survient, sans faute de sa part, une
circonstance de nature à affecter son indépendance vis-à-vis des parties.
L’arbitre a le devoir de respecter la confidentialité de l’arbitrage.
Elle est rarement affirmée de manière générale et expresse. A cet effet, l’article 35 du
Règlement d’arbitrage international de l’AAA dispose: «Aucune information confidentielle
communiquée au cours de la procédure par les parties ou les témoins ne peut être divulguée
par un arbitre ou par l’administrateur. Sauf stipulation contraire des parties, ou disposition
légale contraire, les membres du tribunal arbitral et l’administrateur sont tenus de garder
confidentiels tous les éléments relatifs à l’arbitrage ou à la sentence. »
Comme l’AAA, la CCI mentionne également le caractère confidentiel de l’arbitrage, mais,
dans son règlement intérieur, la confidentialité couvre notamment les travaux de la Cour
international d’arbitrage, c’est-à-dire de son organe permanent d’administration (Règlement
intérieur de la Cour, art.2).
B- Les obligations des parties à l’égard de l’arbitre
1) Obligations d’ordre pécuniaire
Pour accomplir les prestations de service qu’il a promises, l’arbitre, en effet, supporte des
frais de toute sorte dont il peut évidemment, et en tous cas, demander le remboursement.
Et surtout, comme il est rare qu’il exerce son activité à titre gratuit, il est en droit de
demander une rémunération aux parties qui lui demandent de trancher leur litige. Ce sont
les honoraires.
Quelques lois nationales règlent ces questions. comme le Code de procédure civile
italien (art.814). Il rappelle d’abord que les arbitres ont droit au remboursement de
leurs frais et à des honoraires pour le travail effectué, sauf s’ils y ont renoncé. Il
précise ensuite que les parties sont tenues solidairement à leur paiement, sans
préjudice de leurs droits de recours entre elles. Il ajoute enfin que, si les parties
n’acceptent pas la liquidation des frais et honoraires à laquelle ont procédé
directement les arbitres, le montant de ceux-ci sera fixé par le tribunal judiciaire. Ce
sont là des principes susceptibles de s’appliquer hors du cadre juridique italien et
que les règlements d’arbitrage qui édictent à cet égard les dispositions les plus
pertinentes, prennent généralement en considération.
La plupart des règlements d’arbitrage institutionnels établissent un barème pour le
montant des honoraires, qui tient compte de l’importance économique du litige, et,
éventuellement, de la difficulté de l’affaire et du temps passé par les arbitres à la
régler. Ces barèmes, comme les décisions prises pour leur application par les
organes administratifs des Centres, ont évidemment valeur contractuelle. De manière
implicite, ces règlements posent un principe fondamental, indispensable à la
sauvegarde de l’indépendance de tous les arbitres ils interdisent tout arrangement
financier unilatéral entre un arbitre et la partie qui l’a désigné.
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La charge définitive des honoraires est décidée par l’arbitre dans sa sentence. La
plupart des règlements d’arbitrage en disposent ainsi, la condamnation à tout ou
partie des frais et honoraires de l’arbitrage est un des chefs habituels du dispositif de
la sentence, que les arbitres motivent par le succès et le comportement respectifs des
parties dans l’arbitrage.
L’arbitre ne peut se contenter de répartir la charge de ses honoraires, il en fixe
également le montant dans le dispositif de sa sentence.
2) Obligations d’ordre moral
Ce prestataire de service est en effet chargé de rendre la justice s’il doit respecter la
convention d’arbitrage et les règles applicables à la procédure, il n’est pas
subordonné aux parties dans la conduite de l’instance arbitrale. En raison de la
nature juridictionnelle de sa mission, il détient des prérogatives propres pour
conduire la procédure. Corrélativement, l’arbitre a le droit d’obtenir des parties un
comportement loyal et coopératif tout autour de l’instance arbitral. Ce principe va de
soi, même s’il ne figure généralement pas dans les règlements de procédure arbitrale.
On peut regretter, surtout à une époque où apparaissent certains débordements.
De même, l’arbitre a le droit de poursuivre sa mission jusqu’à son terme. Il ne peut
être révoqué que sur consentement unanime des parties. Certes, si elles sont d’accord
pour mettre fin à l’arbitrage, l’arbitre ne peut s’y opposer. En revanche, il ne peut
être le jouet des caprices d’une seule partie, et notamment ne peut être révoqué
unilatéralement par la partie qui l’a désigné. Cette règle est essentielle pour la
sauvegarde de l’autorité et l’indépendance de l’arbitre à l’égard de cette partie.
IV- Les pouvoirs de l’arbitre
A- Pouvoir des arbitres de vérifier leur compétence
La compétence est le pouvoir que possède l’arbitre, comme toute autre juridiction, de
connaître d’un litige. Si devant l’arbitre, l’une des parties conteste, dans son principe ou son
étendue, le pouvoir juridictionnel, il appartient à celui ci de statuer sur la validité ou les
limites de son investiture. C’est dans la convention d’arbitrage qu’il trouve le droit propre à se
prononcer sur sa compétence par application du principe de l’autonomie de la convention
d’arbitrage. Il le fera par voie de sentence sur la compétence.
Cas d’incidents de procédure dans lesquels l’arbitre se prononce sur sa compétence :
Contestation de l’existence de la convention d’arbitrage
contestation de la validité de la convention d’arbitrage
contestation du contrat principal
En droit malgache, l’article 447.3 du Code de procédure civile précise que « si devant le
tribunal arbitral, l’une des parties conteste dans son principe ou son étendue la compétence ou
le pouvoir juridictionnel du tribunal arbitral, il appartient à celui-ci de statuer sur la validité ou
les limites de son investiture par une sentence seulement susceptible de recours en annulation
avec la sentence au fond. »
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L’exception d’incompétence peut être soulevée au plus tard lors du dépôt des conclusions en
défense. Le fait pour une partie d’avoir désigné un arbitre ou d’avoir participé à sa
désignation ne le prive pas du droit de soulever cette exception. L’exception prise de ce que la
question litigieuse excéderait les pouvoirs du tribunal arbitral est soulevée pendant la
procédure arbitrale.
B- Détermination du droit applicable au fond par les arbitres en l’absence de choix
par les parties
A défaut de droit applicable convenu par les parties, il appartiendra au tribunal arbitral de
déterminer le droit applicable ; pour lui, il n’y a pas de for arbitral car la plupart des droits
modernes de l’arbitrage ont abandonné cette référence au for arbitral.
Dans l’exercice de sa liberté, l’arbitre peut décider de recourir ou non à une règle de conflit de
lois. Selon la loi type CNUDCI, l’article 29 paragraphe 2 « à défaut d’une désignation par les
parties des règles de droit applicable, le tribunal arbitral applique la loi désignée par la règle
de conflit qu’il juge applicable. Au cas où l’arbitre n’a pas recours à la règle de conflit de lois,
il est également permis à un arbitre de déterminer la loi applicable sans passer par le jeu des
règles de conflit suivant une méthode qualifiée de voie directe. Ainsi, selon son appréciation,
l’arbitre peut décider que telle législation convient mieux à la cause ou est mieux d’adapter au
contrat litigieux.
Les arbitres pourront se contenter d’appliquer une loi étatique déterminée ayant des liens
objectifs avec la cause, choisir au contraire une loi « neutre », appliquer plusieurs lois à
plusieurs aspects du litige suivant la méthode du dépeçage, ou encore figer la loi applicable à
un instant donné, généralement celui de la conclusion du contrat. Les arbitres pourront
également retenir des règles autres que celles d’une loi étatique déterminée qu’il s’agisse de
principes généraux au droit ou de principes communs aux lois en présence notamment.
Les possibilités techniques offertes à l’arbitre
- la règle de conflit : dans la loi type CNDUCI : «à défaut d’une décision par les
parties concernant les règles de droit applicables, le tribunal arbitral applique la
règle de conflit qu’il juge applicable en l’espèce.
- la voie directe : L’arbitre va désigner le droit applicable en se basant sur une
règle de rattachement (c’est-à-dire un élément de la règle de conflit): lieu
d’exécution du contrat, loi ayant les liens les plus étroits avec le litige. Le
choix de la voie directe est admise dans les Règlements d’arbitrage récents
(Règlement 1998 CCI, art. 17(1) : “à défaut de choix par les parties des règles
de droit applicables, l’arbitre appliquera les règles de droit qu’il juge
appropriées”; (Règlement AAA international): “à défaut de désignation du
droit applicable par les parties, le tribunal arbitral appliquera le droit ou les
droits qu’il jugera appropriés”.
- le recours aux principes généraux du droit international privé, la lex
mercatoria, les usages du commerce international.
- le recours aux règles matérielles prévues par les conventions internationales,
par exemple la Convention de Rome sur le droit applicable aux relations
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Comme pour toute mesure d’instruction, il n’y a pas de droit inconditionnel d’une partie à
obtenir la nomination d’un expert. La demande doit être faite en temps utile et pertinent au
regard des faits à prouver.
G- Le calendrier de procédure
Il appartient au tribunal arbitral de fixer de sa propre autorité ou en accord avec les parties le
calendrier de la procédure arbitrale. Dans le souci de conserver toute flexibilité en matière de
délais, les arbitres préfèrent souvent régler ces questions par la voie d’ordonnances de
procédure. Mais le tribunal arbitral en cas de besoin, a le pouvoir de proroger ces délais. Dans
le cadre de l’organisation de la procédure, le tribunal arbitral peut fixer un délai aux parties
pour la communication des écritures de celles-ci.
H- Détermination des frais
Les frais de l’arbitrage comprennent les frais honoraires des arbitres, ainsi que les frais de
toute nature engendrés par la tenue des audiences (location de salle, sténotypie…), les frais et
honoraires des experts s’il en est fait usage et, le cas échéant, ceux de l’institution d’arbitrage
(frais d’administration).
Dans l’arbitrage institutionnel, c’est l’institution d’arbitrage qui s’assure du paiement d’une
avance sur frais et honoraires par les parties. Dans l’arbitrage ad hoc, une consignation des
frais de l’arbitrage peut être envisagée au début de l’instance et s’avère généralement une
précaution utile.
Les frais de l’arbitrage seront généralement avancés par parts égales par les parties mais il
arrive que la partie qui a intérêt au déroulement de l’arbitrage doive en faire l’avance pour
pallier la défaillance de son cocontractant.
Même lorsque les parties ont initialement consenti à faire l’avance par parts égales des frais
de l’arbitrage, l’arbitre peut être appelé à statuer sur leur allocation définitive ainsi que sur
celle des frais et honoraires exposés par les parties pour leur défense. A défaut de convention
des parties, le droit français de l’arbitrage laisse au tribunal arbitral toute liberté pour opérer
une telle répartition. De plus en plus souvent, les tribunaux arbitraux condamnent la partie qui
succombe au fond à supporter l’intégralité ou une partie importante des frais de l’arbitrage.
I- Le pouvoir des arbitres d’ordonner des mesures conservatoires et provisoires
En droit comparé, le pouvoir des arbitres d’ordonner des mesures conservatoires ou
provisoires est reconnu par les Règlements d’arbitrage: article 23 du Règlement CCI, article
26(1) du Règlement CNUDCI, article 17 de la loi-type CNUDCI. Les mesures provisoires
et/ou conservatoires peuvent être ordonnées dès la saisine du tribunal arbitral.
Le problème réside au niveau de l’exécution desdites mesures. En effet, l’arbitre ne peut pas
ordonner l’exécution des mesures qu’il prend. Contrairement à la sentence qui doit être
rendue de manière contradictoire, la mesure provisoire peut être prise sans la participation
d’une partie. Souvent, ladite mesure fait l’objet d’une exécution spontanée par les parties
surtout quand elle est prise en début de procédure.
V- Les principes directeurs du tribunal arbitral
Une fois le Tribunal arbitral constitué, les arbitres ayant accepté leur mission, commence la
phase de l’instance arbitrale qui s’achève par l’élaboration d’une décision arbitrale, appelée
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sentence arbitrale. Cette phase est essentielle dans l’arbitrage commercial car c’est dans celle-
ci que l’arbitre va être assimilé à un vrai « juge » qui va instruire la cause qui lui est soumise.
Pour ce faire, le tribunal arbitral doit respecter deux principes directeurs qui font partie des
principes de bonne administration de la justice. Il s’agit du principe de l’égalité des parties et
du principe du contradictoire.
A- Le principe de l’égalité des parties
Le principe de l’égalité de traitement constitue une règle incontestable dans de nombreux
domaines. En matière d’Arbitrage commercial particulièrement, ce principe en constitue la
clé de voûte en raison du caractère conventionnel de l’Arbitrage. Le principe est consacré par
l’article 18 de la Loi-type CNUDCI qui dispose : « les parties doivent être traitées sur un pied
d’égalité et chaque partie doit avoir toute possibilité de faire valoir ses droits ».
Quelle est la portée du principe ?
Le concept d’égalité des parties implique:
- que chaque partie doit avoir toute possibilité de faire valoir ses droits et proposer ses
moyens ;
- que tout déséquilibre du Tribunal arbitral, en faveur d’une partie peut être sanctionné soit au
niveau de l’arbitre par la voie de la récusation, soit au niveau de la sentence par l’annulation
de celle-ci ;
- que ni le tribunal arbitral pris dans son ensemble, ni aucun de ses membres pris
individuellement ne doivent, par exemple, discuter de l’affaire avec une partie en l’absence
de l’autre, à l’exception des questions de pure procédure, et à condition d’en informer
immédiatement l’autre partie.
- qu’enfin, pratiquement, le principe de l’égalité des parties qui s’impose tout autant aux
arbitres qu’aux parties et doit être garantie par les arbitres sans toutefois permettre les moyens
dilatoires.
Cette obligation n’est pas seulement morale car elle peut se voir imposée dans certaines
mesures, du moins par les lois nationales et les règlements institutionnels ou par le droit
applicable. Ce devoir s’étend à tous les domaines de la procédure.
Ainsi, cette obligation est imposée aux arbitres par l’article 457 de la loi malgache sur
l’arbitrage qui édicte que « les parties doivent être traitées sur un pied d’égalité et chaque
partie doit avoir la possibilité de faire valoir ses droits ».
B- Le respect du principe du contradictoire
La notion de procès équitable implique, corollairement au 1er principe, que chaque partie
doive avoir la même possibilité d’assurer sa défense conformément au principe du
contradictoire. Il y a violation du principe de contradictoire dès lors qu’une partie se plaint
d’une atteinte à ses droits de la défense en ce qu’elle n’a pu accéder à son dossier ni obtenir
copie des pièces y figurant et se révèle ainsi incapable de préparer une défense adéquate.
La loi Malgache, par exemple, pour ce qui concerne l’Arbitrage interne, dispose que « les
principes généraux de la procédure judiciaire concernant le respect des droits de la défense et
de la contradiction sont toujours applicables à l’instance arbitrale » (art 447,al.1, loi n° 98-019
relative à l’arbitrage).
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Pour ce qui est de l’arbitrage international, la même loi est explicite : « les parties doivent être
traitées sur un pied d’égalité et chaque partie doit avoir toute possibilité de faire valoir ses
droits » (art. 457, loi n° 98-019 relative à l’arbitrage).
En effet, le principe de l’égalité des armes sous-entend « le respect des droits de la défense »
ou encore « la nécessité d’un débat contradictoire ». Pour les parties, il se traduit
notamment par la notification des griefs, l’accès aux pièces et au dossier, la discussion des
pièces ou le droit d’être entendu.
Pour le tribunal arbitral, il se traduit par l’obligation de conduire la procédure avec diligence
et équité : les arbitres sont tenus d’organiser l’audience et d’assurer l’administration de la
preuve et des témoins dans le respect et du principe d’égalité et du principe de contradictoire.
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C- Le développement de l’instance
La phase ultérieure de la procédure arbitrale se caractérise :
- en premier lieu, par l’échange de productions écrites (mémoires, conclusions, etc.)
destinées à développer ou à préciser les demandes et les moyens, et surtout à en
souligner la pertinence.
- En deuxième lieu, les parties procèdent, à des communications de pièces, en direction
de l’adversaire de manière à respecter le principe du contradictoire et en direction des
arbitres pour leur permettre de prendre connaissance de l’affaire.
- En troisième lieu, la procédure comporte des débats oraux qui en marquent le terme.
Les débats oraux ont donc pour but d’approfondir l’argumentation développée de part
et d’autre et déjà connue du tribunal arbitral. Pour mieux cerner les efforts des parties,
les arbitres peuvent communiquer, dès avant l’audience, la liste des questions qu’ils
souhaitent voir développer. Il est fréquent qu’ils interrogent les parties ou leurs
conseils sur les points qui leur paraissent flous ou imprécis.
D- Incidents de procédure
On entend par incident de procédure la survenance d’un évènement en cours de procédure
arbitrale qui perturbe le déroulement normal de celle-ci. Ces incidents de procédure ne sont
pas des évènements anormaux mais peuvent survenir notamment en raison des parties mais
aussi des arbitres. Il arrive également que les incidents de procédure proviennent des
faiblesses ou d’un certain nombre de pathologies affectant la convention d’arbitrage, la
personne de l’arbitre. Constituent des exemples d’incidents de procédure :
- Les difficultés de constitution de tribunal arbitral
Il s’agit ici du cas où les parties sont en désaccord au moment de se donner leur juge,
spécialement après la naissance du litige. L’efficacité de cette justice privée suppose donc
l’existence d’un relais, l’intervention d’une autorité de nomination pour pallier les blocages
apparaissant alors dans la constitution du tribunal arbitral, pour désigner le ou les arbitres en
cas de refus ou de désaccord entre les parties (ou des arbitres déjà nommés), ou pour trancher
les incidents ultérieurs de récusation et de remplacement des arbitres.
Ce tiers préconstitué est naturellement, dans l’arbitrage institutionnel, le centre d’arbitrage lui-
même ; dans l’arbitrage ad hoc, il peut être prévu par la clause compromissoire elle-même, ou
le règlement auquel elle se réfère, et il dispose des pouvoirs que les parties lui confèrent ainsi,
directement ou indirectement, pour faire face à ces difficultés. Toutefois, les législations
nationales, soucieuses de donner une pleine efficacité à la convention d’arbitrage, prévoient
l’intervention du juge lequel apporte son concours à la constitution ou à la reconstitution du
tribunal arbitral. Le principe essentiel est : il appartient au juge étatique, si on le lui demande,
d’assurer la bonne exécution de la convention d’arbitrage. Cela conduit donc le juge à
accorder son concours (on l’appelle dans ce cas juge d’appui) dans la phase initiale de la mise
en place du tribunal arbitral et en cas de besoin de désigner lui-même le ou les arbitres.
- Les mesures provisoires et conservatoires en cours d’arbitrage
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L’intérêt de l’établissement d’un acte de mission est de préciser les questions sur
lesquelles les arbitres auront à se prononcer.
Le deuxième avantage est que l’acte de mission permet d’encadrer le déroulement de
la procédure, tant en permettant aux parties et aux arbitres de se prononcer d’emblée
sur certaines questions essentielles liées au fonctionnement de l’arbitre.
Quelque soit sa nature, l’acte de mission constitue une étape capitale de la procédure puisqu’il
fixe (sauf accord ultérieur contraire) l’objet du contentieux et les caractéristiques de la
procédure.
2) La preuve documentaire constitue, dans l’arbitrage, un mode de preuve privilégié.
Le recours aux témoins et l’expertise sont des éléments de procédure entre les mains de
l’arbitre et prévus dans le règlement du CAMM (articles 21 et 23).
- Pour ce qui concerne le témoignage, l’article 21 donne aux parties qui souhaitent faire
entendre des témoins, la possibilité de proposer au tribunal arbitral et à l’autre partie les
noms et adresses des témoins qu’elle se propose de produire à l’audience en précisant
l’objet des témoignages et la langue dans laquelle ils seront présentés. Le tribunal
arbitral est libre de fixer la manière dont les témoins sont interrogés. Enfin, la preuve
par témoins peut également être administrée sous la forme de déclarations écrites
signées par les témoins.
- Sur l’expertise, le règlement de CAMM dans l’article 23 dispose : « qu’à l’initiative du
Tribunal arbitral, ou à la demande des parties, le Tribunal arbitral peut nommer un ou
plusieurs experts, définir leur mission et recevoir leurs rapports. L’expert et,
éventuellement, le contre-expert, après la remise de son rapport, peut être entendu à
une audience à laquelle les parties ont la possibilité d’assister et de les interroger. »
C- Le délibéré arbitral
L’instance arbitrale est clôturée par la mise en délibéré. A cet effet, le règlement du CAMM
prévoit dans son article 24 que le tribunal arbitral prononce la clôture des débats et la mise en
délibéré lorsqu’il estime que les parties ont suffisamment été mises en mesure de présenter
leurs moyens, et qu’il a suffisamment d’éléments pour se prononcer sur le litige. Cependant,
l’article 24.2 souligne la possibilité pour le tribunal arbitral de décider le rabattement des
délibérés et la réouverture des débats à tout moment avant le prononcé de la sentence.
D- Frais de l’arbitrage
Les dispositions sur les frais d’arbitrage sont prévues par l’article 33 du règlement du
CAMM. Les traits distinctifs sont :
- Le principe de la provision : avant la constitution du tribunal arbitral, la Cour fixe le
montant de la provision de nature à faire face aux frais d’arbitrage entraînés par les
demandes dont elle est saisie. Cette provision peut faire l’objet de réajustements en
cours de procédure dans la mesure où des éléments nouveaux rendent nécessaires de
tels ajustements.
- A moins que les parties n’en aient convenu autrement, la sentence finale décide à
laquelle des parties incombe la charge des frais d’arbitrage tel qu’arrêté définitivement
(article 34.3 du règlement du CAMM).
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I- La sentence arbitrale
La procédure arbitrale trouve normalement son aboutissement dans une décision, dénommée
sentence (award en anglais) qui est destinée à fixer de manière intangible, à la manière d’un
jugement, les droits des parties.
La sentence est la décision par laquelle les arbitres, conformément aux pouvoirs que leur
confère la convention arbitrale, tranchent les questions litigieuses qui leur ont été soumises
par les parties.
C’est donc l’acte par lequel les arbitres qui tranchent de manière définitive, en tout ou partie,
le litige qui leur a été soumis. La sentence est l’œuvre des arbitres. Les décisions d’un
organisme d’arbitrage, et non des arbitres statuant sous son égide, ne sont pas des sentences
arbitrales. Les mesures prises par les arbitres qui n’ont pas pour effet de trancher tout ou
partie du litige ne constituent pas davantage les sentences.
II- Les conditions de la sentence
A- Les conditions de forme
En règle générale, la sentence prend la forme écrite, elle doit exposer les prétentions
respectives des parties. Elle est normalement, motivée, même si cette exigence n’existe pas en
matière Internationale.
Les arbitres doivent tous la signer. Toutefois, si une minorité des arbitres refuse de le faire, les
autres peuvent la rendre en en faisant mention.
La loi malgache sur l’arbitrage précise en son article 449.3 les indications que doit contenir la
sentence arbitrale, à savoir :
- le nom des arbitres qui l’ont rendue ;
- la date à la quelle elle a été rendue ;
- le lieu où elle a été rendue ;
- les noms, prénoms, dénominations des parties, ainsi que de leur domicile ou siège
social ;
- le cas échéant, le nom des avocats ou de toute personne ayant représenté ou assisté les
parties.
Concernant le délai de la sentence, il est généralement fixé par les parties ou en référence à un
règlement d’arbitrage contenant des dispositions en la matière. Les règlements d’arbitrage
connaissent des dispositions très diverses.
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- par exemple, le règlement CCI prévoit que le délai dans lequel l’arbitre doit rendre sa
sentence est fixé à six mois à compter de la signature de l’acte de mission. Cependant,
la CCI peut sur demande motivée de l’arbitre et au besoin d’office prolonger ce délai
si elle l’estime nécessaire.
- Le règlement du CAMM reprend des dispositions analogues : délai maximum de six
mois à compter de la signature par toutes les parties de l’acte de mission et possibilité
de prorogation sur demande conjointe des parties et du tribunal arbitral. (articles 25.1
et 25.2)
B- Les conditions de fond
Il existe 2 conditions qui doivent être remplies pour que l’acte de l’arbitre ait l’effet d’une
sentence arbitrale.
- Une décision est une sentence quand il existe une question litigieuse à trancher, c’est-
à-dire que la décision tranche entre des prétentions contraires. Ainsi, une ordonnance
de procédure délivrée par un arbitre n’a pas le caractère d’une sentence car
l’ordonnance a pour objet d’organiser la procédure arbitrale. De même une mesure
provisoire prise par l’arbitre n’est pas une sentence.
- Une sentence doit être rendue d’après une procédure contradictoire : sont donc exclues
les mesures provisoires ou conservatoires qui sont prononcées sans la participation
d’une partie.
Il existe ainsi une variété de décisions prises par l’arbitre qui ne sont pas des sentences. Il
s’agit de :
- ordonnances de procédure ;
- décision, courriers ;
- procès verbaux ;
- calendrier de procédure.
Il est essentiel d’identifier avec précision les décisions des arbitres susceptibles d’être
qualifiées de sentences et en particulier, de les distinguer des ordonnances de procédure ou
des ordonnances statuant sur des mesures provisoires ou encore des accords pouvant
intervenir entre les parties. D’importantes conséquences juridiques s’attachent en effet à la
qualification.
La principale tient au fait que seule une véritable sentence peut faire l’objet de recours en
annulation. Seul le prononcé de la sentence est susceptible de faire courir les délais. De
même, seule une sentence peut bénéficier du jeu des conventions internationales.
Un critère de distinction mérite d’être souligné : c’est l’objet de la décision. Fait-il grief ou
non aux parties ? S’il y a un contentieux réel, c’est une sentence.
C- Elaboration de la sentence
Lorsque le tribunal arbitral est constitué de plusieurs arbitres, il est nécessaire de déterminer,
et en l’absence d’unanimité, selon quelles modalités leurs décisions doivent être arrêtées.
- Décision prise à la majorité (CNUDCI article 31), AAA (art. 27)
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