BOUTOUTE Alexandre-2
BOUTOUTE Alexandre-2
Titre :
Modélisation d'un réacteur de méthanisation en voie sèche et étude du
traitement in-situ de l'ammoniac
Ecole doctorale :
Mécanique, Energétique, Génie civil, Procédés (MEGeP)
Unité de recherche :
Laboratoire de Génie Chimique ( LGC)
Directeur(s) de Thèse :
M. MICHEL CABASSUD
M. RICHARD GUILET
Rapporteurs :
M. ERIC OLMOS, UNIVERSITÉ LORRAINE
M. RENAUD ESCUDIÉ, INRAE NARBONNE
Membre(s) du jury :
M. ANDRÉ PAUSS, UNIVERSITE DE TECHNOLOGIE DE COMPIEGNE, Président
MME FANNY INGLES, ARKOLIA Energies, Membre
MME NATHALIE RAIMONDI DI MICELI, UNIVERSITE TOULOUSE 3, Membre
M. MICHEL CABASSUD, UNIVERSITE TOULOUSE 3, Membre
M. PIERRE BUFFIÈRE, INSA LYON, Membre
M. RICHARD GUILET, UNIVERSITE TOULOUSE 3, Membre
M. STÉPHANE HATTOU, ARKOLIA Energies, Invité(e)
Remerciements
La réalisation de ces travaux de thèse n’eut été possible sans les différentes
collaborations et interactions que j’ai eu l’occasion d’avoir avec différents acteurs de la
recherche publique et privée. Des chercheurs du LGC jusqu’aux chercheurs du laboratoire
DEEP de l’INSA de Lyon en passant évidemment par la société Arkolia Énergies, toutes ces
rencontres m’ont à la fois enrichies humainement et scientifiquement. C’est donc
naturellement que je souhaite ici exprimer toute ma gratitude à l’ensemble des personnes
qui, de près ou de loin, m’ont aidé, encouragé, soutenu et plus largement accompagné au
cours de ces trois années de thèse.
Dans un second temps je tiens à remercier les membres de mon jury de thèse avec qui
j’ai apprécié échanger. Je remercie André Pauss d’avoir accepté de présider ce jury et pour
l’intérêt que vous avez porté à mes travaux. Je remercie également Renaud Escudié ainsi que
Eric Olmos pour le temps que vous avez consacré à lire, à rapporter mon travail et pour nos
discussions intéressantes sur le fonctionnement biologique de la biomasse méthanogène et
sur la modélisation de l’hydrodynamique des méthaniseurs. Merci à Fanny Ingles pour son
apport et son expertise industrielle sur les problématiques générales de la méthanisation. Un
remerciement particulier à Stéphane Hattou dont les qualités scientifiques et humaines dont
il a fait preuve tout au long de cette thèse m’avaient déjà été rapportées lors de mon stage
ingénieur à Sanofi Montpellier. Merci notamment d’avoir partagé avec moi votre expertise en
mathématique statistique. Je remercie également Pierre Buffière pour sa sympathie et les
discussions pertinentes que nous avons eu concernant l’importance et la difficulté de
modéliser les transferts de matières dans les procédés de méthanisation. A travers vous c’est
également Hassen Benbelkacem et Corrado Amodeo que je remercie pour leurs accueils au
sein de votre laboratoire et pour m’avoir aidé à appréhender et à comprendre le domaine
passionnant de la méthanisation.
- iii -
Je tiens aussi à remercier Ruben Teixeira Franco pour toute l’aide et les informations
indispensables qu’il m’a fournies sur le fonctionnement du procédé de digestion
ARKOMETHA®.
Par ailleurs, que serait le LGC sans ses doctorants avec qui le partage et la convivialité
font régner une très bonne ambiance au sein du laboratoire. Je remercie donc mon cher
collègue de bureaux, Émilien, pour ses innombrables gâteaux et pâtisseries et pour son
soutien indéfectible. Merci à Astrid, marraine hors-pair dont j’ai scrupuleusement suivi les
traces. Merci à Marco, Hélène et Claire M. pour leur aide et leur bonne humeur permanente.
Merci à la team de sportifs comprenant Thomas E. et Sid Ahmed pour ces très beaux moments
de tennis qu’ils ont pu nous offrir. Merci également à la team STPI avec laquelle j’ai pu
continuer ma thèse durant ces deux dernières années à savoir Dihia, Sara et Samba. Je ne
manquerais pas d’être présent durant la fin de vos travaux. En résumé, merci à tous pour ces
bons moments passés ensembles, je suis sûr que beaucoup d’autres restent à venir ! Enfin,
merci à tous les doctorants, post-doctorants et stagiaires que j’ai eu la chance de rencontrer
et de côtoyer pendant ces 3 années de thèse : Garima, Benoit, Thomas D., Hanbin, Claire S.,
Konstantina, Mohamad, Yosra, Robbie, Hassan, Ross.
Je tiens bien évidement à remercier le groupe des 7 nains : Chloé, Sonia, Valérie,
Samvel, Guillaume et Maxence pour tout leur soutien et les aventures, plus surprenantes les
unes que les autres, que nous avons eu l’occasion de vivre ensemble. Nous en sommes
pourtant qu’au début, cette amitié nous promet encore de beaux voyages (beaux c’est sûr,
biens organisés un peu moins…). Une mention spéciale, tout de même, pour « Grincheux »
aka Samvel dont les talents artistiques et de mise en forme m’ont plus qu’aidés dans la
rédaction de mon manuscrit et dans la réalisation de ma présentation de soutenance.
Enfin, j’aimerai remercier ma mère qui m’a toujours accompagné et soutenu tout au
long de mon cursus ainsi que mon père qui a su être là quand j’avais des questions de cours.
Je remercie aussi mon oncle, ma tante, mes cousins ainsi que ma grand-mère, qui m’a fait
l’honneur d’être présente à ma soutenance, pour tous leurs encouragements.
- iv -
Productions scientifiques
Article scientifique
A. Boutoute, N. Di Miceli Raimondi, R. Guilet, M. Cabassud, C. Amodeo, H. Benbelkacem, P.
Buffiere, R. Teixeira Franco, S. Hattou, 2021. Development of a Sensitivity Analysis method to
highlight key parameters of a dry Anaerobic Digestion reactor model. Biochemical Engineering
Journal 173, 108085. https://doi.org/10.1016/j.bej.2021.108085
-v-
Résumé
La méthanisation, ou digestion anaérobie, est reconnue comme une voie alternative
de production d’énergie renouvelable permettant à la fois de traiter des déchets organiques
et de produire un vecteur énergétique, le biogaz. Cependant, malgré des objectifs ambitieux
affichés par la France, le développement de la filière de méthanisation se heurte encore à un
certain nombre de verrous. Parmi ces verrous, l’inhibition de l’activité de la biomasse par de
fortes concentrations en ammoniac peut s’avérer très limitante lors de l’utilisation de certains
substrats agricoles.
- vii -
Il apparait que ces paramètres influencent grandement l’estimation du débit de biogaz
nécessaire au traitement de l’ammoniac et que de ce fait leur calibration est cruciale. Aussi,
les effets des différents paramètres d’injection que sont le débit de biogaz, sa composition
(CH4, CO2, NH3) et les zones du méthaniseur traitées sont évalués sur les caractéristiques du
milieu de digestion (alcalinité, pH) ainsi que sur l’efficacité du traitement de l’ammoniac.
L’ensemble de ces études permet de montrer qu’il est possible d’empêcher l’inhibition à
l’ammoniac et l’arrêt des processus de digestion par l’extraction in situ d’ammoniac.
Cependant, bien que les conditions optimales du traitement de l’ammoniac dépendent des
paramètres cinétiques du modèle, il apparait que cette méthode nécessite de forts débits
d’injection ce qui peut remettre en question sa faisabilité industrielle.
- viii -
Table des matières
Nomenclature........................................................................................................................... xiii
Introduction générale............................................................................................................... 19
Chapitre I État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse ..................................................... 7
I.1. Introduction ...................................................................................................................... 8
I.2. La méthanisation .............................................................................................................. 8
I.3. Contexte et état des lieux de la méthanisation en France ............................................ 10
I.3.1. Enjeux climatiques ................................................................................................... 10
I.3.2. Contexte législatif français ...................................................................................... 11
I.3.3. État des lieux de la méthanisation agricole en France ............................................ 13
I.3.4. Les verrous au développement de la méthanisation .............................................. 15
I.4. Processus et facteurs d’influence de la méthanisation ................................................. 16
I.4.1. Les processus de la méthanisation .......................................................................... 16
I.4.2. Potentiel méthanogène des matières organiques .................................................. 19
I.4.3. Facteurs influençant la méthanisation .................................................................... 20
I.5. Technologie et fonctionnement des méthaniseurs ....................................................... 25
I.5.1. Mode de fonctionnement général des méthaniseurs ............................................ 26
I.5.2. Régime de température .......................................................................................... 27
I.5.3. Fonctionnement en voie sèche et voie humide ...................................................... 28
I.5.4. Digestion en une ou deux étapes ............................................................................ 29
I.5.5. Procédés de traitement de l’ammoniac .................................................................. 30
I.5.6. Présentation du procédé ARKOMETHA®................................................................. 33
I.6. Conclusions et objectifs scientifiques de la thèse .......................................................... 35
Chapitre II Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion................................ 37
II.1. Introduction ................................................................................................................... 38
II.2. Présentation du modèle biochimique initial ................................................................. 39
II.2.1. Modèle ADM1 ........................................................................................................ 39
II.2.2. Description du modèle biochimique ...................................................................... 41
II.2.3. Unités du modèle ................................................................................................... 42
II.2.4. Stoechiométrie du modèle ..................................................................................... 43
II.2.5. Cinétiques du modèle............................................................................................. 45
- ix -
II.2.6. Équilibres des espèces acido-basiques................................................................... 49
II.3. Intégration du modèle biochimique dans une configuration de réacteur continu ...... 50
II.3.1. Simulation d’un cas d’étude ................................................................................... 53
II.4. Étude de sensibilité du modèle ..................................................................................... 57
II.4.1. Détermination des niveaux des paramètres pour le plan DSD .............................. 58
II.4.2. Construction de la matrice DSD ............................................................................. 60
II.4.3. Méthode d’interprétation des résultats ................................................................ 61
II.4.4. Résultats de l’analyse de sensibilité ....................................................................... 63
II.4.5. Conclusion de l’étude de sensibilité ....................................................................... 68
II.5. Modélisation de l’évolution du taux de matière sèche ................................................ 69
II.5.1. Modifications des équations du modèle ................................................................ 69
II.5.2. Simulation d’un cas type ........................................................................................ 72
II.6. Conclusion ..................................................................................................................... 74
Chapitre III Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac ............................. 77
III.1. Introduction .................................................................................................................. 78
III.2. Évolution du modèle de réacteur ................................................................................. 78
III.2.1. Modèle d’écoulement de l’ARKOMETHA® ............................................................ 78
III.2.2. Étude de la modélisation de la phase gaz du méthaniseur................................... 85
III.2.3. Conclusion ............................................................................................................. 94
III.3. Modélisation de l’inhibition à l’ammoniac ................................................................... 95
III.3.1. Évolution de la fonction d’inhibition NH3.............................................................. 95
III.3.2. Intégration de l’inhibition à l’ammonium NH4+................................................... 109
III.4. Étude de sensibilité du modèle modifié ..................................................................... 114
III.5. Conclusion .................................................................................................................. 116
Chapitre IV Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement de
l’ARKOMETHA®....................................................................................................................... 119
IV.1. Introduction................................................................................................................ 120
IV.2. Simulation du régime de fonctionnement nominal de l’ARKOMETHA®.................... 121
IV.2.1. Conditions de simulation .................................................................................... 121
IV.2.2. Résultats et interprétations ................................................................................ 126
IV.3. Principe de l’étude du traitement in-situ de l’ammoniac .......................................... 128
IV.3.1. Méthodologie de l’étude du traitement in-situ de l’ammoniac ......................... 129
-x-
IV.3.2. Extrapolation du coefficient volumétrique de transfert global .......................... 132
IV.4. Influence du coefficient de transfert global et de la constante d’inhibition seuil de
l’ammonium sur l’estimation de QI,min ............................................................................... 132
IV.4.1. Effets du kLa ......................................................................................................... 132
IV.4.2. Effet de la valeur de Kimax,NH+ ................................................................................ 135
4
IV.5. Étude de la désorption de l’ammoniac dans la configuration de RAC en série n°1 .. 137
IV.5.1. Observation des inhibitions responsables de l’arrêt du méthaniseur ................ 137
IV.5.2. Influence de TR et de la zone du méthaniseur traitée sur l’évaluation de QI,min 141
IV.5.3. Influence de la composition du biogaz injecté sur l’évaluation de QI,min............ 147
IV.6. Étude de la désorption de l’ammoniac dans la configuration de RAC en série n°2 .. 151
IV.6.1. Influence de TR et de la zone du méthaniseur traitée sur l’évaluation de QI,min 151
IV.6.2. Influence de la composition du biogaz injecté sur l’évaluation de QI,min............ 155
IV.7. Conclusion .................................................................................................................. 157
Conclusion générale ............................................................................................................... 161
ANNEXES................................................................................................................................. 169
Bibliographie .......................................................................................................................... 211
- xi -
Nomenclature
%Biodégradation Pourcentage de biodégradation de la matière en sortie de digesteur
%CH4 Pourcentage de méthane contenu dans le biogaz
%CO2 Pourcentage de dioxyde de carbone contenu dans le biogaz
%NH3 Pourcentage d’ammoniac contenu dans le biogaz
BMP Potentiel méthanogène d’un substrat (NL.kgMV-1)
GCH4 Concentration gazeuse en méthane (mol.L-1)
GCO2 Concentration gazeuse en dioxyde de carbone (mol.L-1)
Gmoy Concentration gazeuse moyenne (mol.L-1)
GNH3 Concentration gazeuse ammoniac (mol.L-1)
H Constante de Henry (mol.atm-1.L-1)
Iglobal Coefficient d’inhibition globale de la méthanogenèse
Inh3 Coefficient d’inhibition à l’ammoniac libre
Inh4+ Coefficient d’inhibition à l’ammonium
IpH Coefficient d’inhibition au pH
k1 Constante cinétique du premier ordre de l’hydrolyse de la matière
facilement dégradable (j-1)
k2 Constante cinétique du premier ordre de l’hydrolyse de la matière
difficilement dégradable (j-1)
k4 Constante cinétique du premier ordre de décès de la biomasse
hydrolytique (j-1)
k5 Constante cinétique du premier ordre de décès de la biomasse
méthanogène (j-1)
Ka Constante d’équilibre acido-basique
Ki Constante de demi-saturation en ammoniac libre (mol.L-1)
Kimax Concentration en ammoniac libre responsable d’une inhibition totale des
méthanogènes (gN.L-1)
Ki Concentration en ion ammonium responsable d’une inhibition totale des
max,NH+4
méthanogènes (gN.L-1)
Kimin Concentration en ammoniac libre à partir de laquelle l’inhibition des
méthanogènes commence (gN.L-1)
Ki Concentration en ion ammonium à partir de laquelle l’inhibition des
min,NH+4
méthanogènes commence (gN.L-1)
kLa Coefficient de transfert volumétrique global (j-1)
Ks Constante de demi-vitesse de la vitesse de consommation de l’acétate par
les méthanogènes (mol.L-1)
Md Masse de matière en digestion (kg)
Mliq Masse de matière liquide (kg)
Msec Masse de matière sèche (kg)
Mvolatiles Masse de matières volatiles (kg)
N Nombre total de réacteurs agités continus
NTK Teneur en azote total (molN.kg-1)
- xiii -
Patm Pression totale (atm)
P Pression partielle (atm)
pHLL Valeur basse de pH pour lesquelles les groupes de microorganismes sont
inhibés à 50 %
pHUL Valeur haute de pH pour lesquelles les groupes de microorganismes sont
inhibés à 50 %
Pv,eau Pression de vapeur saturante de l’eau (atm)
qCH4 Débit de production de méthane (Nm3.j-1)
qCH4,max Débit de production maximal de méthane atteignable sans aucune
inhibition à l’ammoniac et à l’ammonium (Nm3.j-1)
qG Débit de production de biogaz sec (Nm3.j-1)
qG_humide Débit de production de biogaz humide (Nm3.j-1)
QI Débit de biogaz injecté (Nm3.j-1)
QI,min Débit minimal d’injection de biogaz (Nm3.j-1)
R Constante des gaz parfaits (8,2058.10-2 L.atm.K-1.mol-1)
r Vitesse de cinétique microbienne (gDCO.kg-1.j-1 ou mol.kg-1.j-1)
rliq-gaz Vitesse de transfert liquide-gaz (gDCO.kg-1.j-1 ou mol.kg-1.j-1)
SA Concentration totale en acétate (gDCO.kg-1)
SA- Concentration en ion acétate (gDCO.kg-1)
SCH4 Concentration en méthane dissout (gDCO.kg-1)
SCI Concentration en carbone inorganique (mol.kg-1)
SCO2 Concentration en dioxyde de carbone dissout (mol.kg-1)
SH+ Concentration en ion hydronium (mol.kg-1)
SHCO3- Concentration en ion hydrogénocarbonate (mol.kg-1)
SI Concentration en matière soluble inerte (gDCO.kg-1)
Sions Concentration totale en cations et anions autres que les espèces ioniques
de l’acétate, de l’ammoniaque, du carbone inorganique et de l’eau (mol.kg-1)
SN Concentration en ammoniaque total (mol.kg-1)
SNH3 Concentration en ammoniac libre (mol.kg-1)
SNH4+ Concentration en ion ammonium (mol.kg-1)
SOH- Concentration en ion hydroxyde (mol.kg-1)
T Température (K)
TH Taux d’humidité (geau.g-1)
TR Taux de recyclage
TS Taux de matière sèche (gMS.g-1)
Vd Volume de matière en digestion (m3)
VGaz Volume de gaz (m3)
Vtotal Volume total d’un méthaniseur (m3)
Wbiogaz Débit massique de biogaz sec (kg.j-1)
Win Débit massique d’intrant (kg.j-1)
Win,liq Débit massique liquide entrant (kg.j-1)
Win, sec Débit massique de matière sèche entrant (kg.j-1)
- xiv -
Wout Débit massique de digestat brut (kg.j-1)
Wout,liq Débit massique de digestat liquide (kg.j-1)
Wout, sec Débit massique de digestat sec (kg.j-1)
Wrecy Débit massique de recyclage (kg.j-1)
Wsubstrat Débit massique de substrat (kg.j-1)
Wvapeur Débit massique de vapeur d’eau (kg.j-1)
x Niveau d’un paramètre cinétique (-1 ; 0 ou 1)
X Matrice de simulations
XT Transposée de la matrice de simulations
X-1 Inverse de la matrice de simulations
Xbha Concentration en biomasse hydrolytique (gDCO.kg-1)
Xbm Concentration en biomasse méthanogène (gDCO.kg-1)
XI Concentration en matière particulaire inerte (gDCO.kg-1)
Xd Concentration en matière particulaire difficilement dégradable (gDCO.kg-1)
Xf Concentration en matière particulaire facilement dégradable (gDCO.kg-1)
Y Réponse du modèle de réacteur
̂
𝐘 Réponse d’une régression linéaire
YXbha Rendement en biomasse hydrolytique (gDCOXbha .gDCOGlucose -1 )
YXbm Rendement en biomasse méthanogène (gDCOXbm .gDCOA -1 )
Lettres grecs
µmax Taux de croissance maximal de la biomasse méthanogène (j-1)
Coefficient stœchiométrique de formation d’une espèce au cours de
α1
l’hydrolyse de la matière facilement dégradable
Coefficient stœchiométrique de formation d’une espèce au cours de
α2
l’hydrolyse de la matière difficilement dégradable
Coefficient stœchiométrique de formation d’une espèce au cours de
α3
l’étape de méthanogenèse
Coefficient stœchiométrique de formation d’une espèce au cours de de la
α4
mort de la biomasse hydrolytique
Coefficient stœchiométrique de formation d’une espèce au cours de de la
α5
mort de la biomasse méthanogène
β Effet principal d’un paramètre
̂
𝛃 Estimation de l’effet principal d’un paramètre
β0 Constante de régression linéaire
̂𝟎
𝛃 Estimation de la constante de régression linéaire
𝛆̂ Estimation des résidus d’une régression linéaire
ηCH4 brut Rendement brut en méthane (Nm3 CH4 . kg VS −1 )
ν Coefficient stoechiométrique
ρ Masse volumique (kg.m-3)
𝛔̂𝟐 Estimation d’une variance
- xv -
τ Temps de séjour (j)
Indices
A Relatif à l’acétate
CH4 Relatif au méthane
CI Relatif au carbone inorganique
DHA Étape d’hydrolyse/acidogenèse
i Constituant ou numéro de la simulation (Chapitre II)
j Vitesse microbienne
k Paramètre cinétique du modèle
m Nombre total de constantes d’une régression linéaire
Meth Méthanogenèse
MS Matière sèche
N Relatif à l’azote inorganique
n Numéro d’un réacteur agité continu ou nombre total de simulation
(Chapitre II)
nom Régime nominal
β Effet principal d’un paramètre
VS Matière volatile
Abréviations
- xvi -
Plan EMAA Plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote
PPE Programmation Pluriannuelle de l'Énergie
RAC Réacteur Agité Continu
SRB Schéma Régional Biomasse
TAN Azote Inorganique Total
TPAD Temperature Phased Anaerobic Digester
- xvii -
Introduction générale
Introduction générale
-2-
Introduction générale
Or, parmi les résidus agricoles disponibles à partir de ces diverses exploitations, une majorité
présente une teneur en azote importante. Malgré cela, la région Occitanie a pour ambition de
devenir la première région à énergie positive de France et souhaite activement déployer la
méthanisation agricole sur son territoire. Pour cela, il est impératif d’identifier des moyens
techniques et technologiques durables permettant de réguler la concentration en ammoniac
au sein des méthaniseurs. C’est dans ce contexte que les travaux de recherche présentés dans
ce manuscrit ont été effectués.
Ce travail, soutenu par la région Occitanie et l’Union Européenne dans le cadre des
investissements d’avenir, a été financé par des Fonds Européen du Développement Régional
(FEDER). Il fait partie intégrante d’un projet régional, nommé OCCIMETHA, dont l’objectif est
de préposer des solutions industrielles à la gestion de l’ammoniac pour les procédés de
méthanisation afin d’ouvrir la filière à de nouveaux gisements. Ce projet associe le Laboratoire
de Génie Chimique (LGC) de Toulouse et la société Arkolia Énergies, qui développe et
commercialise deux procédés de méthanisation, le procédé en voie épaisse (ARKOMETHA®
avec un taux de matière sèche > 15%), et un procédé plus classique en voie liquide. Il se divise
en trois parties:
-3-
Introduction générale
Cette partie du projet aborde la question de l’extraction de l’ammoniac, contenu dans les jus
de recirculation du procédé en voie humide d’Arkolia Énergies, par un procédé de bullage.
Réalisée par le bureau d’étude SOLAGRO, cette dernière partie a pour objet d’identifier le
potentiel des ressources ovines, caprines, avicoles et en déchets verts en Occitanie à moyen
et long terme. A partir de l’estimation de ces ressources, différents cas types de substrats
méthanisables dans la région sont évalués.
Les travaux de cette thèse portent spécifiquement sur la partie n°1 du projet
OCCIMETHA et ont pour objectif d’évaluer la faisabilité de la solution du traitement in-situ de
l’ammoniac proposée par ARKOLIA Énergies. Pour se faire un outil de modélisation est
développé permettant de prévoir l’apparition de phénomènes d’inhibition à l’ammoniac et de
simuler le couplage entre le fonctionnement du méthaniseur ARKOMETHA® et la méthode de
traitement in-situ de l’ammoniac.
Le chapitre n°2 présente le modèle biologique utilisé dans ces travaux de thèse qui
prend en compte les phénomènes majeurs qui régissent les processus de
méthanisation. Une première modélisation du fonctionnement d’un méthaniseur
industriel est réalisée. Des simulations sont mises en œuvre pour permettre
d’apprécier la cohérence des réponses du modèle. Enfin une méthode d’analyse de
sensibilité globale est appliquée aux paramètres du modèle afin d’estimer ceux qui ont
le plus d’influence sur les réponses du modèle et qui de ce fait nécessiteraient un effort
de calibration particulier.
-4-
Introduction générale
-5-
Chapitre I
État de l’art et objectifs scientifiques de la
thèse
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
I.1. Introduction
Ce chapitre dresse dans un premier temps l’état des lieux de la méthanisation agricole
en France et en région Occitanie. Puis, une seconde partie précise les processus ainsi que les
facteurs d’influence de la méthanisation. Parmi ces facteurs d’influence, sont notamment
abordés les phénomènes d’inhibition à l’ammoniac pouvant survenir lors de la digestion de
substrats azotés. La troisième partie permet ensuite d’introduire les procédés de
méthanisation ainsi que les moyens de prévention technique et technologique permettant de
limiter les effets néfastes de ces inhibitions sur leur fonctionnement. Enfin, après avoir
explicité les problèmes scientifiques majeurs auquel le développement de la filière de
méthanisation agricole est confronté, la dernière partie de ce chapitre présente les objectifs
scientifiques de cette thèse.
I.2. La méthanisation
La méthanisation, autrement appelée digestion anaérobie, est un phénomène naturel
au cours duquel des micro-organismes dégradent de la matière organique en l’absence
d’oxygène. Ce phénomène a été découvert en 1778 par le chercheur Alessandro VOLTA qui
constata les émanations d’un gaz inflammable, le méthane, à la surface du lac Maggiore en
Italie. Après quelques études il comprit que ce gaz provenait de la décomposition des plantes
et de la vase contenues dans les sédiments du lac. La méthanisation a ensuite été étudiée par
Louis PASTEUR puis par Antoine LAVOISIER avant d’être finalement appliquée aux traitements
d’eaux usées à la fin du 19ème siècle. Elle est aujourd’hui mise en œuvre dans des procédés de
traitement de déchets organiques issues d’eaux usées, de déchets alimentaires, de déchets
de collectivités ou d’industries agro-alimentaires et des résidus d’exploitations agricoles
(élevages et cultures). La dégradation de ces matières organiques s’opère dans des digesteurs
et génère :
Un mélange gazeux, appelé biogaz, saturé en eau et composé d’environ 50% à 70% de
méthane (CH4), de 30% à 50% de gaz carbonique (CO2) et de quelques traces de
différents gaz (NH3, N2, H2S).
Ce biogaz constitue une source d’énergie et peut être valorisé de différentes manières comme
illustré sur la Figure I-1.
-8-
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
*
Arrêté du 13 juin 2017 approuvant un cahier des charges pour la mise sur le marché et l'utilisation de digestats
de méthanisation agricoles en tant que matières fertilisantes. NOR : AGRG1617680A
†
Arrêté du 8 août 2019 approuvant deux cahiers des charges pour la mise sur le marché et l'utilisation de
digestats de méthanisation agricole en tant que matières fertilisantes. NOR : AGRG1926797A
-9-
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
En France, depuis l’année 2018, l’agriculture est le deuxième secteur le plus émetteur
de GES atteignant 85 Mt éqCO2 soit 19% des émissions totales en 2019 (Haut Conseil pour le
CLIMAT, 2020). Ces émissions proviennent de l’élevage, des cultures et des tracteurs, engins
et chaudières agricoles. L’une des spécificités des émissions agricoles est qu'elles sont en
partie d'origines biologiques. Le CH4 (45% des GES de l’agriculture en CO2éq) provient
principalement de la fermentation entérique des ruminants mais également des déjections et
de leur gestion. Les émissions de protoxyde d'azote (N2O) (43%), résultent de transformation
de l’azote après la fertilisation des sols par des réactions biologiques de
dénitrification/nitrification. Ces dernières tendent à être réduites avec l’application de bonnes
pratiques de culture comme l’implantation de cultures intermédiaires. Ces cultures sont des
couverts de plantes destinées à piéger les nitrates et à conserver une partie du carbone du sol
entre deux cultures de ventes.
De manière générale, les émissions de GES du secteur agricole peuvent être réduites
grâce à une meilleure gestion des déchets organiques et leur valorisation à travers un
processus de méthanisation. Cette opération de digestion anaérobie en réacteur fermé
permet de produire un biogaz et de limiter les rejets dans l’atmosphère de GES issus des
dégradations biologiques incontrôlées des effluents d’élevage lors de leur stockage.
- 10 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
De plus, les recours aux engrais minéraux de synthèse peuvent être réduits en valorisant par
épandage la fraction liquide des digestats riches en azote ammoniacal. Enfin, dans le cas d’une
valorisation du biogaz en cogénération, la chaleur produite peut être recyclée pour chauffer
des bâtiments et ainsi réduire leur consommation en énergies fossiles.
- 11 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Figure I-2 : Principaux plans d’action et textes de lois mis en place pour soutenir le
développement de la filière de méthanisation en France
‡
LOI N° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. NOR
DEVX1413992L
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Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
D’après la base de données SINOE®, au 1er janvier 2021, 1018 unités de méthanisation
étaient installées sur le territoire français (ADEME and Observ’ER, 2021). Parmi ces unités,
deux tiers valorisent le biogaz produit dans des moteurs à cogénération assurant une
production d’électricité en 2020 de 1,3 TWh. Le tiers restant est majoritairement partagé
entre des unités de valorisation par injection de biométhane dans le réseau de gaz et des
unités de valorisation en chaleur seule (ADEME and Observ’ER, 2021). Comme illustré par la
Figure I-3, au 1er janvier 2021 la France comptabilisait 660 unités de méthanisation à la ferme
ou dites centralisées (traitement dans une même installation de déjections d’élevages et de
déchets provenant notamment des industries agro-alimentaires).
110
16 Unités centralisées
84
Unités de déchets ménagers
Figure I-3 : Répartition par secteur des unités de méthanisation installées en France au 1er
janvier 2021 [6]
L’évolution du parc de méthaniseurs à la ferme croît d’année en année avec le passage d’une
centaine d’unités installées en 2012 à 281 installations à la fin de l’année 2016 (Thual, 2017)
puis 532 au 1er janvier 2020. Malgré cela, l’objectif du plan EMMA d’avoir sur le territoire un
total de 1 000 méthaniseurs en fonctionnement à la ferme en 2020 n’a pas été atteint (Figure
I-4). Néanmoins, basés sur l’évolution des régimes alimentaires de la population, de
l’agroécologie ou encore de l’usage des terres, des travaux prospectifs tels que le scénario
Afterre2050 ou le scénario énergie-climat réalisé par l’ADEME, soulignent l’important
potentiel de gisement et de développement de la filière.
§
Décret N° 2020-456 du 21 avril 2020 relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie. NOR : TRER2006667D
- 13 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
900
800
700
Nombre d'unité 600
500
400
300
200
100
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
En 2013, dans une étude réalisée par les bureaux d’étude SOLAGRO et INDIGO pour le
compte de l’ADEME, le gisement global mobilisable pour la méthanisation à l’horizon de 2030
a été évalué à 130 millions de tonnes de matière brute soit 4,8 MTep d’énergie primaire en
production de biogaz (SOLAGRO and INDDIGO, 2013). Ce gisement serait issu à 90% de
ressources agricoles. L’actualisation du scénario énergie-climat produit par l’ADEME en 2017
a confirmé ces tendances avec une évolution du gisement mobilisable équivalent à 6 MTep en
2035 jusqu’à 8 MTep en 2050. Pour exploiter un tel gisement, il est supposé l’installation de
400 méthaniseurs par an d’ici à 2035 ce qui correspondrait à un total d’environ 6 600
méthaniseurs. Enfin, à travers l’actualisation du plan pluriannuel de l’énergie de 2020, l’état
continue d’apporter son soutien à la filière de production et d’injection de biométhane dans
le réseau de gaz (dispositifs de financement, tarifs de rachat). La capacité des installations
(méthanisation, gazéification, power-to-gas) injectant du biométhane dans le réseau de gaz
naturel s’élevait à 4 TWh à la fin de 2020, le PPE souhaitant porter cette capacité à 6 TWh en
2023.
- 14 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Le SRB envisage que deux tiers des unités pourraient injecter du biométhane dans le réseau
de gaz et que le tiers restant produirait de l’énergie par cogénération.
A contrario de l’Allemagne, la France a fait le choix de ne pas se tourner vers les cultures
principales à vocation énergétiques (en remplacement des cultures alimentaires) en limitant
leur approvisionnement à 15% du tonnage brut entrant par méthaniseur. D’un point de vue
économique, la rentabilité de la méthanisation est la motivation première des porteurs de
projets à la ferme. La méconnaissance de l’impact économique et le manque de gestion du
risque associé pour un exploitant qui investit dans une solution de méthanisation est un frein
à l’investissement. Il se rajoute à cela une réticence des banques à financer les projets par
méconnaissance du secteur. Ces verrous sont en réalité à mettre en lien avec les obstacles
scientifiques et techniques que sont entre autres, le manque de compréhension fine des
phénomènes régissant la méthanisation et le manque d’outils de gestion et de contrôle des
procédés de digestion. Ces problématiques sont souvent la cause de dysfonctionnement et
parfois de l’arrêt de digesteurs et sont notamment dues à :
Enfin, l’acceptation sociétale est également une condition nécessaire au bon déroulement des
projets. Les possibles nuisances sonores et olfactives que peuvent causer le fonctionnement
ou l’approvisionnement des unités de méthanisation ainsi que le manque de communication
entre les porteurs de projet et les citoyens peuvent effectivement conduire à l’arrêt
prématuré des projets de méthanisation.
- 15 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
I.4.1.1. L’hydrolyse
L’hydrolyse est la première étape du processus de méthanisation. Elle consiste en une
étape extracellulaire de dépolymérisation enzymatique de la matière organique complexe
solide (carbohydrates, lipides et protéines) en monomères et dimères solubles (Batstone et
al., 2002; Lohani and Havukainen, 2018; Moletta, 2015). Dans la majorité des effluents
d’élevage tels que les fumiers, la matière organique complexe, majoritairement composée de
matière lignocellulosique non digérée, se trouve à l’état solide.
- 16 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Elle ne peut pas être assimilée de la sorte et doit être hydrolysée afin que les
monomères constitutifs du substrat puissent franchir les membranes cellulaires bactériennes
des micro-organismes fermentaires.
Il est admis, dans la littérature, que l’étape d’hydrolyse est l’étape cinétiquement limitante
des processus de digestion des substrats complexes (Batstone et al., 2002; Ma et al., 2013;
Mao et al., 2015; Vavilin et al., 2008). C’est notamment le cas pour les composés
lignocellulosiques au sein desquels l’emprisonnement de la cellulose et de l’hémicellulose
dans la matrice de la lignine rend ces substrats difficiles d’accès aux bactéries hydrolytiques
et leurs enzymes (Chandra et al., 2012; Li et al., 2018; Schroyen et al., 2018). La faible bio-
accessibilité de la biomasse à ces métabolites limite à la fois la dégradabilité du substrat et la
vitesse à laquelle la matière solide est hydrolysée (Bareha et al., 2018). Ainsi, bien que la
matière lignocellulosique soit l’une des ressources les plus abondantes pouvant être utilisées
en méthanisation, sa résistance à l’hydrolyse peut nécessiter des prétraitements
enzymatiques (Parawira, 2012), thermiques (Liu et al., 2020) ou encore chimiques (Li et al.,
2014).
I.4.1.2. L’acidogenèse
L’acidogenèse est définie comme étant l’étape au cours de laquelle les produits de
l’hydrolyse sont convertis principalement en une variété d’acides gras volatils (AGV). Cela
inclut la dégradation des sucres simples et des acides aminés solubles principalement en acide
acétique et acide propionique mais également en acide butyrique et acide valérique (Batstone
et al., 2002). L’acidogenèse du glycérol résulte par ailleurs en une production d’acétate et de
dihydrogène. Le Tableau I-1 illustre l’exemple de réaction d’acidogenèse de sucre simple.
Enfin, c’est au cours de l’acidogenèse des acides aminés qu’est majoritairement produit
l’ammoniac.
- 17 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Acides acétique et
3 𝐶6 𝐻12 𝑂6 → 4 𝐶𝐻3 𝐶𝐻2 𝐶𝑂𝑂𝐻 + 2 𝐶𝐻3 𝐶𝑂𝑂𝐻 + 2 𝐶𝑂2 + 2 𝐻2 𝑂
propionique
Acide butyrique 𝐶6 𝐻12 𝑂6 → 𝐶𝐻3 𝐶𝐻2 𝐶𝐻2 𝐶𝑂𝑂𝐻 + 2 𝐶𝐻3 𝐶𝑂𝑂𝐻 + 2 𝐶𝑂2 + 2 𝐻2
Substrats Réactions
I.4.1.4. La méthanogenèse
La méthanogenèse est la dernière étape du processus de digestion anaérobie. Elle est
assurée par les micro-organismes méthanogènes de type anaérobie stricte appartenant à une
classe de bactéries particulières nommée les Archées (Patel et al., 2017). La méthanogenèse
acétoclastique est responsable de la transformation de l’acétate en méthane comme illustrée
par la première réaction du Tableau I-3. En digesteur anaérobie, cette étape est à l’origine de
60 à 70% du méthane produit (Moletta, 2015; Patel et al., 2017).
- 18 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Comme illustré sur la Figure I-6, un substrat est composé d’une fraction aqueuse, d’une
fraction organique et d’une fraction minérale. L’ensemble de ces éléments représente la
matière brute (MB) du substrat tandis que la matière organique et la matière minérale
constituent la matière sèche (MS). La matière organique peut être décomposée en une
fraction biodégradable, aussi appelée matière volatile (MV), et en une fraction non
dégradable.
1ADEME 2017
Figure I-6 : Schéma global du bilan de la méthanisation inspiré de Moletta, 2015 (MO :
Matière Organique ; MV : Matière Volatile)
I.4.3.1. La température
L’un des facteurs influençant l’efficacité et la robustesse de la méthanisation est la
température. D’un point de vue industriel, trois plages de température sont utilisées en
digestion anaérobie : psychrophile (4-15°C), mésophile (20-40°C) et thermophile (45-70°C)
(Batstone et al., 2002). En fonction de la température opératoire du procédé, l’inoculum choisi
ne sera pas le même car les flores microbiennes qui s’y développent sont différentes. Les
groupes méthanogènes mésophiles ont une température optimale de croissance qui se situe
aux alentours de 35°C (Batstone et al., 2002) tandis que les micro-organismes thermophiles
ont une température optimale de croissance proche de 55°C (Batstone et al., 2002;
Suryawanshi et al., 2010). La Figure I-7 ci-dessous illustre la croissance relative des différents
groupes de méthanogènes (psychrophile, mésophile et thermophile).
Figure I-7: Variations du taux de croissance relatif des bactéries méthanogènes en fonction
de la température (Batstone et al., 2002)
Les vitesses de croissance des méthanogènes illustrées ci-dessus suivent une loi d’Arrhenius
jusqu’à atteindre un optimum (40°C pour les mésophiles et 65°C pour les thermophiles) avant
de chuter drastiquement. Une augmentation de température peut également engendrer une
modification des voies métaboliques et une augmentation du taux de mortalité des micro-
organismes (Batstone et al., 2002).
La température influe également sur les équilibres thermodynamiques tels que les équilibres
acidobasiques et les équilibres de solubilisation des gaz ainsi que sur les phénomènes de
transfert de matière.
I.4.3.2. L’ammoniac
L’azote ammoniacal est issu de la dégradation des protéines, des acides nucléiques et
des urées, contenus dans la matière organique complexe, au cours des étapes d’hydrolyse et
d’acidogenèse (Figure I-5) (Bareha et al., 2019; Batstone et al., 2002; Moletta, 2015).
L’ammoniac est une base faible qui, en milieu aqueux, se trouve sous forme ionisée notée
NH4+ et sous forme dite libre notée NH3.
- 20 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
𝑁𝐻4+ ↔ 𝑁𝐻3 +𝐻 +
Aux température de 25°C et 55°C, les pKa du couple NH4+/NH3 sont respectivement de 9,25 et
de 8,41 (Emerson et al., 1975). Une élévation de pH ou de température déplacera donc
l’équilibre vers la formation de la forme libre de l’ammoniac. Par ailleurs, l’ammoniac NH3 est
un composé volatil, dont la concentration en phase liquide dépend de l’équilibre
thermodynamique liquide-vapeur entre cette dernière et la pression partielle en NH3 dans
l’atmosphère gazeuse du digesteur.
L’ammoniac participe au pouvoir tampon du milieu de digestion au même titre que les
ions bicarbonates (HCO3-) et permet de compenser une variation de pH engendrée par la
surproduction d’acides tels que les AGV. L’azote est par ailleurs un élément constitutif des
cellules des micro-organismes. C’est pourquoi l’ammoniac est un nutriment nécessaire à la
croissance bactérienne. Une concentration en ammoniac total comprise entre 50 et 200
mgN.L-1 est bénéfique à la croissance cellulaire (Rajagopal et al., 2013). Cependant, lorsque
l’ammoniac est présent en trop forte concentration, il devient alors un inhibiteur de l’activité
des archées méthanogènes, micro-organismes les plus sensibles aux composés toxiques (Borja
et al., 1996; Chen et al., 2016; Gallert et al., 1998; Sung and Liu, 2003a). Une inhibition de la
méthanogenèse par l’ammoniac peut ainsi causer une accumulation d’AGV et engendrer une
chute du pH. La chute de pH associée à cette accumulation d’acides peut également causer
l’inhibition des processus de méthanisation (Chen et al., 2008). La synergie qui existe entre
ces divers effets inhibiteurs peut engendrer la faillite globale du procédé de digestion (Tian et
al., 2018). Ces interactions entre espèces reflètent toute la complexité du phénomène de
méthanisation.
La forme ionisée de l’ammoniac (NH4+) tout comme sa forme libre (NH3) présentent
des effets inhibiteurs de l’activité des méthanogènes (Capson-Tojo et al., 2020). Néanmoins,
il est largement admis dans la littérature que la forme la plus inhibitrice de l’ammoniac est sa
forme libre NH3 (Capson-Tojo et al., 2020; Chen et al., 2014, 2008; Gallert et al., 1998; Jiang et
al., 2019; Sprott and Patel, 1986; Wittmann, 1995; Zhang et al., 2014). Cependant, il n’existe
pas un seuil unique de concentration critique en NH3 ou NH4+ à partir duquel la production de
méthane serait fortement inhibée. En effet, la sensibilité des méthanogènes dépend à la fois
de la nature du substrat, du consortium de méthanogènes évoluant dans le méthaniseur, des
conditions opératoires telles que le pH ou la température, du temps de séjour dans le
digesteur et surtout du niveau d’acclimatation des micro-organismes (Capson-Tojo et al.,
2020; Yao et al., 2017a). L’acclimatation consiste à exposer la biomasse à des concentrations
croissantes d’un composé inhibiteur sur une longue période afin qu’ils s’adaptent et se
renforcent vis-à-vis de ce dernier.
- 21 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
De nombreuses études ont ainsi été menées pour tenter d’estimer des seuils de concentration
inhibitrice en NH3 ou en ammoniaque total (TAN) lors de la digestion de différents substrats
(Jiang et al., 2019; Rajagopal et al., 2013; Yenigün and Demirel, 2013; Yuan and Zhu, 2016).
L’importante disparité des résultats conduit à l’estimation de plages de concentrations
inhibitrices en TAN (Tableau I-4).
Par ailleurs, Capson-Tojo et al. (2020) ont récemment mené une large étude
bibliographique et proposent des valeurs types de concentrations en NH3 responsables d’une
diminution de l’activité méthanogène de 50% (constante de demi-saturation). A partir de plus
de 50 études expérimentales d’inhibition à l’ammoniac, ils ont identifié 6 clusters de données
caractérisés par des conditions opératoires (température et pH) et des communautés
microbiennes communes. Chaque cluster rend compte d’un niveau de sensibilité différent de
la flore méthanogène à l’ammoniac libre et se caractérise par une valeur de constante de
demi-saturation en NH3 (Tableau I-5). Il peut être noté que les méthanogènes thermophiles
sont plus résistants que les méthanogènes mésophiles.
Tableau I-5 : Caractérisation des clusters d’inhibition à NH3 tirée de Capson-Tojo et al. 2020
: valeurs de constante de demi-saturation en NH3, concentration médiane en TAN,
température médiane, pH médian, et source de substrat principale
SNH3 STAN T
Cluster pH Substrat principal
(mgN.L-1) (gN.L-1) (°C)
- 22 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
L’ion ammonium (NH4+) a un pouvoir inhibiteur plus faible que l’ammoniac NH3 et cela
se traduit par des seuils de concentration inhibitrice plus hauts. En effet, Benabdallah El Hadj
et al. (2009) relèvent une valeur de constante de demi-saturation en NH4+ de méthanogènes
de 5,6 gN.L-1 lors de la digestion thermophile de la fraction organique de déchets ménagers
solides (Benabdallah El Hadj et al., 2009a). Deux autres études, mentionnent des valeurs de
constante de demi-saturation de 5 gN.L-1 et de 3,7 gN.L-1 obtenues respectivement au cours
de la digestion mésophile de boues de station d’épuration (Lay et al., 1998) et de la digestion
mésophile de la fraction liquide de fumier porcin (Astals et al., 2018).
I.4.3.3. Le pH et l’alcalinité
Le pH est un paramètre essentiel au bon fonctionnement biochimique et physico-
chimique du milieu de digestion anaérobie. Les milieux trop acides ou trop basiques altèrent
les équilibres chimiques des réactions enzymatiques (Clark and Speece, 1971) et peuvent
causer la destruction des enzymes ou la mort de la biomasse. Le pH a également un effet
indirect sur le fonctionnement du système par la modification des équilibres chimiques des
acides et bases faibles comme l’azote ammoniacal. En dernier lieu, le pH oriente les voies
métaboliques des communautés microbiennes dès la première étape vers la formation de
certains acides (Kumanowska et al., 2017).
- 23 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
La répartition entre eau libre et eau liée est fonction de la nature et du taux de matière sèche
du substrat ou du milieu de digestion (TS). Des études ont mis en avant l’impact négatif d’une
augmentation de TS sur les effets de mélanges de la matière (Bollon et al., 2013; Zhang et al.,
2016). En effet, une augmentation de TS induit, du fait de la perte d’eau libre, une diminution
des effets de convection. Pommier et al., 2007 ont d’ailleurs observé au cours de la digestion
de matières lignocellulosiques qu’une valeur de TS de 60% engendrait une chute drastique de
la production de biogaz. D’autres articles relatent des taux de matière sèche limites de l’ordre
de 30 à 35% (Abbassi-Guendouz et al., 2012; Benbelkacem et al., 2015; Le Hyaric et al., 2012;
Zhang et al., 2016). En plus de freiner le transport des métabolites vers les micro-organismes,
ce phénomène peut engendrer l’apparition d’effets de surconcentrations locales d’espèces
dissoutes telles que l’H2 ou le CO2 pouvant causer l’acidification des milieux et l’inhibition des
processus de digestion. Ainsi, le taux de matière sèche optimal permettant d’obtenir la
production la plus importante de biogaz varie entre 10% et 20% mais dépend de la nature du
substrat et de l’efficacité de mélange du digesteur (Abbassi-Guendouz et al., 2012;
Benbelkacem et al., 2015; Budiyono, 2010; Chiumenti et al., 2018; Le Hyaric et al., 2012). De
manière générale, une augmentation du taux de matière sèche induit dans le milieu de
digestion :
- 24 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Digestat
solide
Substrat
1 2 3
Digestat
liquide
Recyclage
1 Prétraitement
2 Digestion
3 Séparation solide-liquide
Figure I-8 : Schéma de principe général d'une installation de méthanisation
- 25 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Une unité de séparation liquide-solide peut être placée en aval du digesteur afin de
recueillir les fractions liquide et solide des digestats bruts. Ces résidus peuvent également
subir une phase de post traitement (compostage ou séchage pour les digestats solides ;
traitement de l’azote ammoniacal pour les digestats liquides) afin d’être valorisés en tant
qu’amendements organiques ou engrais. Au cours de la phase de démarrage de l’installation,
le méthaniseur est ensemencé par l’introduction d’un inoculum contenant les micro-
organismes responsables des processus de digestion.
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Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Réinjection de Recirculation
1 digestat liquide 2 Biogaz de biogaz
Intrant
Biogaz
Digestat
Intrant
Purge liquide
3 Biogaz
Intrant Digestat
Figure I-9 : Modes de mélange des procédés de digestion. Mélange par recirculation de digestat
liquide (1), mélange par recirculation de biogaz (2), mélange mécanique (3)
Enfin, dans chaque mode de fonctionnement une partie des digestats liquides peut
être recyclée en tête de digesteur afin d’assurer l’approvisionnement de micro-organismes
dans le milieu et d’éviter, dans le cas du fonctionnement en continu, un phénomène de
lessivage de la biomasse. Ce phénomène apparait lorsque la vitesse de passage des micro-
organismes au sein du digesteur est trop importante devant leur vitesse de croissance.
- 27 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Afin que le régime thermophile soit viable, il ne faut pas que la dépense énergétique
supplémentaire engendrée soit supérieure à la production de biogaz gagnée entre le régime
mésophile et thermophile. Le chauffage des réacteurs s’effectue grâce à une circulation d’eau
chaude par l’intermédiaire d’enveloppes périphériques chauffantes ou de serpentins
immergés. La mise à température de l’eau est assurée par l’utilisation d’une fraction du biogaz
produit sur le site. Le tableau n°9 ci-après illustre les différences entre les régimes mésophile
et thermophile (Membere and Sallis, 2018; Moletta, 2015; Sun et al., 2019; Suryawanshi et al.,
2010). Par ailleurs, il est important de souligner qu’une température de fonctionnement
élevée favorise la formation de composés inhibiteurs tels que l’ammoniac sous sa forme libre.
Un digesteur fonctionnant en régime thermophile présentera donc un risque de
dysfonctionnement plus élevé (Angelidaki and Ahring, 1994; Borja et al., 1996; Garcia and
Angenent, 2009).
Avantages Inconvénients
Il existe deux voies de digestion que sont les procédés en voie humide (TS < 15%) et les
procédés en voie sèche (TS > 15%) (André et al., 2018; Benbelkacem et al., 2013; Kothari et
al., 2014; Moletta, 2015; Momayez et al., 2019). L’avantage majeur des procédés en voie
sèche est la réduction de la taille des installations induite par la diminution de la
consommation en eau fraiche. Cela permet également d’appliquer au méthaniseur une charge
organique plus importante. Néanmoins comme il a été vu précédemment, l’augmentation du
taux de matière sèche, notamment au-delà de 20% (Benbelkacem et al., 2015), peut avoir des
conséquences négatives sur les équilibres et cinétiques microbiennes. Il devient alors
intéressant et pertinent de coupler la digestion en voie sèche avec un régime de
fonctionnement thermophile.
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Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Tableau I-7 : Comparaison entre digestion en voie humide et digestion en voie sèche
Intérêts Obstacles
Mesures en ligne difficile ou non
adaptée
Manque d'outils de prédiction et
Chargement plus important
de contrôle
Procédé plus compact
Digestion en voie Plus faible stabilité
Diminution de la
sèche Milieu hétérogène
consommation énergétique
Forte viscosité, difficulté
et d'eau fraîche
d'agitation
Diminution des cinétiques
microbiennes
Quantité de digestat à traiter plus
Dilution des composés importante
Digestion en voie inhibiteurs Forte consommation d'eau
humide Procédé robuste Besoin énergétique important
Milieu homogène Investissement, digesteur de
grand volume
Il a, pour cette raison, été étudié et proposé de séparer partiellement les étapes microbiennes
dans deux digesteurs physiquement séparés nommés « Temperature Phased Anaerobic
Digestion » (TPAD). Le premier réacteur réalise principalement l’hydrolyse et l’acidogenèse
tandis que l’acétogenèse et la méthanogenèse sont réalisées dans un second digesteur.
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Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Avantages Inconvénient
Difficulté
Digestion en une Procédé simple
d'optimisation des
étape Investissement moins important
conditions opératoires
Optimisation des conditions
opératoires selon les phases de
digestion
Digestion en deux Procédé plus onéreux
Réduction du temps de séjour
étapes
Meilleure stabilité
Augmentation de la production de
biogaz
- 30 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Cependant, l’utilisation de cette technique induit des coûts et une fréquence élevée de
maintenance en raison du colmatage des membranes. De plus, afin d’obtenir une efficacité
satisfaisante, le milieu doit être liquide ce qui n’est pas le cas des milieux de digestion en voie
sèche.
Cette opération peut être effectuée en anaérobie stricte mais le frein à l’introduction de telles
bactéries dans un réacteur est leur taux de croissance très bas. Des essais ont montré la faible
compétitivité de ces bactéries en traitement in-situ avec des pourcentages d’ammoniac total
oxydé de l’ordre de 13 à 22% (Dong and Tollner, 2003) alors que 90 % de l’ammoniac peut
être traité par cette méthode en fonctionnement ex-situ (Staunton and Aitken, 2015). Enfin,
cette méthode implique une dégradation de l’azote ammoniacal qui n’est donc plus possible
de valoriser.
- 31 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
L’un des avantages de cette méthode est la possibilité de coupler l’extraction avec un lavage
acide des gaz afin de recueillir l’azote sous une forme valorisable. La Figure I-10 permet de
visualiser le fonctionnement d’un stripping de l’ammoniac in-situ assuré par la réinjection
d’une fraction de biogaz épuré. Il est aussi envisageable de placer une phase de traitement
entre un digesteur d’hydrolyse et un digesteur de méthanogenèse (Huang et al., 2019; Pedizzi
et al., 2017). Cette technique est appelée « side-stream stripping ». Cette technique de
traitement peut également être mise en œuvre pour le traitement ex-situ de digestat liquide.
Cette dernière méthode présente l’avantage de pouvoir optimiser l’extraction de l’ammoniac
en fonction du pH et de la température (pH > 9 et T > 60°C) du milieu, chose qu’il n’est pas
possible de faire sans perturber l’activité de la biomasse dans le cas du traitement in-situ de
l’ammoniac (Yao et al., 2017b).
Biogaz épuré
H2SO4 aq
Biogaz chargé en
ammoniac
UNITÉ
𝑁𝐻3𝑔𝑎𝑧 D’ÉLIMINATION
DE NH3
𝑁𝐻3𝑙𝑖𝑞 𝑁𝐻+
4
(NH4)2SO4 aq
Digesteur
Cette technique a également été mise en place lors de la digestion de fumier bovin et a permis
d’accroitre la production de méthane d’un facteur 2,5 (Yao et al., 2017) en comparaison d’un
système classique sans traitement de l’ammoniac.
- 32 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Néanmoins, l’efficacité des extractions constatée en laboratoire est à nuancer car les temps
de traitement ou les débits de gaz utilisés sont souvent importants devant la quantité de
substrat à traiter. Les problématiques d’extrapolation et de consommation énergétique sont
peu appréhendées dans la littérature. Une étude de stripping de digestat dans un volume de
réacteur de 75L souligne la problématique de l’extrapolation des débits d’injection de gaz
nécessaires à une extraction suffisante de l’ammoniac (Serna-Maza et al., 2017). Elle montre
notamment que la diminution de la concentration en ammoniac au sein du digesteur en
dessous d’un seuil d’inhibition peut requérir un débit d’injection élevé à tel point qu’il
détériorerait l’activité de la biomasse.
ARKOMETHA®
Type de substrat Fumiers, herbes, pailles, lisier
Géométrie du réacteur Horizontal
Type de mélange Ré-injection de biogaz
Capacité 5 à 10 kgMO.m-3.j-1
Nombre d'étape 2
Temps de séjour 20-25 jours
- 33 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Le procédé est conçu sur une base de digesteur à deux étapes permettant d’opérer la
phase d’hydrolyse en régime thermophile voire hyper-thermophile (65°C) et la phase de
méthanogenèse en régime mésophile ou thermophile. Ces deux étapes sont réalisées dans
deux compartiments séparés physiquement par une cloison (Figure I-11). L’intrant est chargé
quotidiennement dans une trémie mélangeuse qui assure le malaxage et la mise en
température du substrat. Une vis convoyeuse permet l’approvisionnement de la section du
réacteur dédiée à l’hydrolyse (Figure I-11). La poussée induite par le chargement du digesteur
assure un écoulement horizontal de la matière au sein de ce dernier. Les temps de séjour de
la matière dans le premier et le second compartiment représentent respectivement 20% et
80% du temps de séjour total. L’agitation du milieu de digestion est effectuée par des
injections intermittentes de biogaz grâce à des cannes d’injection réparties dans le digesteur.
En sortie de digesteur, une fraction du digestat brut peut être recyclée et mélangée à l’intrant.
La seconde fraction est envoyée dans un séparateur de phase (vis sans fin). Le digestat solide
est ensuite stocké avant épandage et le digestat liquide est stocké dans un réservoir étanche.
Le biogaz produit au cours du temps est envoyé dans cette même zone de stockage (Figure
I-11).
- 34 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
En modulant le débit d’injection, les deux cellules peuvent également se recouvrir facilitant le
transport d’une cellule à l’autre en métabolites et en biomasse.
Le digesteur se comporte alors comme une succession de réacteurs en série dont les courants
d’entrée correspondent aux courants de sortie des réacteurs qui les précèdent. L’écoulement
horizontal de la matière en digestion couplé à la compartimentation du digesteur permet de
se rapprocher des caractéristiques et des performances d’un réacteur dit « piston ». Ainsi, la
technologie de l’ARKOMETHA® permet d’atteindre des performances de digestion similaires
à des digesteurs classiques pour des temps de séjour et des tailles de digesteurs réduits.
- 35 -
Chapitre I – État de l’art et objectifs scientifiques de la thèse
Le risque que représente la chute de production de biogaz causée par une inhibition à
l’ammoniac est le principal frein au développement des traitements de substrats fortement
azotés tels que les fumiers ovins, porcins ou avicoles, largement présents en Occitanie. Cette
problématique est accentuée dans le cadre de digestion en voie sèche où la charge organique
est plus importante, représentant a fortiori une quantité potentielle d’azote minéralisable
plus conséquente. Elle est également primordiale en fonctionnement thermophile où la
température élevée des digesteurs favorise la forme la plus nocive de cet inhibiteur à savoir
l’ammoniac libre, NH3. Il apparait donc nécessaire de proposer des solutions techniques ou
technologiques pour réguler la concentration en ammoniac au sein des digesteurs afin de
développer durablement la filière de méthanisation en France.
Cette thèse fait partie du projet OCCIMETHA dont l’objectif est de présenter des
solutions industrielles à la gestion de l’ammoniac sur les procédés de méthanisation afin
d’ouvrir la filière à de nouveaux gisements en région Occitanie. Elle s’est effectuée en
collaboration avec la société ARKOLIA Énergies qui propose une solution de traitement in-situ
de l’ammoniac applicable à son procédé ARKOMETHA®. Parmi les propositions de traitement
explicitées dans les parties précédentes, la solution proposée reprend le principe de stripping
de l’ammoniac. Ainsi, il s’agit d’extraire de l’ammoniac du milieu de digestion par modification
de l’équilibre liquide/gaz de l’ammoniac dissout en injectant dans le digesteur un gaz épuré
en ammoniac.
Une fois ce cahier des charges rempli, le modèle sera utilisé pour évaluer la pertinence du
traitement in-situ de l’ammoniac comme solution de prévention contre les phénomènes
d’inhibition. L’ensemble des simulations réalisées se basent sur les caractéristiques (débit et
composition de l’intrant) des cas types identifiés par le bureau d’étude Solagro lors de la phase
n°3 du projet OCCIMETHA. Le chapitre suivant présente les premières études réalisées sur le
modèle biologique mis en place pour ces travaux de thèse et les premiers résultats de son
intégration dans un modèle de réacteur simple.
- 36 -
Chapitre II
Présentation et étude de sensibilité du
modèle de digestion
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
II.1. Introduction
Le principe de la modélisation est de représenter de manière la plus juste possible le
fonctionnement d’un système réel dans le but d’en analyser le comportement. En génie des
procédés, les systèmes à modéliser (opérations unitaires ou autres) sont caractérisés par des
grandeurs qui définissent leur état interne (température, pression, compositions, propriétés
physiques, …), leur fonctionnement (chauffage, reflux, recyclage, ...), leur dimensionnement
(volume, aire d’échange, ...) et les flux internes ou échangés avec le milieu extérieur (matière
ou énergie) (TRUONG-MEYER, 2009). L’idée est d’établir un ensemble d’équations capables
de traduire l’évolution des grandeurs d’intérêt, sorties (s) du modèle, à partir d’informations
connues, entrées (e) du modèle, au cours du temps (t) pour la description des systèmes en
régime transitoire, et selon l’espace (x, y, z) pour les systèmes non homogènes :
𝑓(𝑒, 𝑠, 𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧) = 0
Les travaux de cette thèse se retrouvent dans les trois derniers objectifs. Ils visent en
effet à développer un modèle permettant de simuler le fonctionnement du méthaniseur
ARKOMETHA®, de prédire l’apparition de phénomènes d’inhibition à l’ammoniac au cours de
la digestion en voie sèche de substrats agricoles et, le cas échéant, de simuler et d’évaluer la
solution de traitement in-situ proposée par la société ARKOLIA Énergie.
La première étape du développement d’un tel modèle est la formulation d’un modèle
biochimique décrivant les principaux phénomènes régissant la méthanisation (cinétiques
chimiques et microbiennes, cinétiques de transfert de matière, équilibres
thermodynamiques). Le modèle biochimique utilisé dans cette thèse, et présenté dans ce
chapitre, est issu d’un travail collaboratif entre le laboratoire Déchets Eaux Environnement
Pollutions (DEEP) de l’INSA de Lyon et la société ARKOLIA Énergies. L’écriture de ce modèle
dans un environnement informatique (MATLAB) a été effectuée par nos soins dans le cadre
de cette thèse.
- 38 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Ce modèle est caractérisé par un certain nombre de paramètres dont les valeurs ont
été estimées par les chercheurs du laboratoire DEEP à partir de leurs bases de données et de
leur connaissance du système (digestion en voie sèche de substrats agricoles). Ces paramètres
requièrent néanmoins une phase d’identification expérimentale afin que le modèle puisse
fournir des réponses fiables. Une étude d’analyse de sensibilité globale a donc été menée sur
ces paramètres afin d’estimer ceux qui ont le plus d’impact sur les sorties du modèle et qui,
de ce fait requièrent un effort d’identification particulier.
Le modèle de digestion mis en place pour ces travaux de thèse est basé sur le modèle
Anaerobic Digestion Model No.1 (ADM1). L’ADM1 est un modèle phénoménologique qui
considère les mécanismes majeurs de la digestion de composés organiques complexes en
biogaz et sous-produit de dégradation (Batstone et al., 2002). Dans ce modèle, la fraction
biodégradable de la matière particulaire composite est convertie en glucides, protéines et
lipides lors d’une première étape de solubilisation extracellulaire appelée désintégration. La
partie non biodégradable de cette matière est représentée par des fractions d’inertes solubles
et particulaires. Les produits de l’étape de désintégration sont respectivement transformés en
monosaccharides, acides aminés et acides gras à longue chaîne (AGLC) pendant la phase
d'hydrolyse. L’acidogenèse de ces espèces conduit à la formation d’une variété d’AGV dont
de l’acide propionique, valérique (HVa) et butyrique (HBu), de l’acide acétique et du
dihydrogène. Les AGV sont convertis en acétate, hydrogène et dioxyde de carbone par les
groupes de micro-organismes acétogènes. Une partie de l'hydrogène et du dioxyde de
carbone produits au cours des étapes précédentes est consommée lors d’une étape de
méthanogenèse hydrogénotrophe pour former du méthane et de l’eau. L'acétate résultant
de l’acidogenèse et de l’acétogenèse est converti en méthane et en dioxyde de carbone par
les méthanogènes acétoclastes. Le schéma présenté sur la Figure II-1 synthétise l’ensemble
des flux métaboliques considérés dans l’ADM1.
- 39 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Figure II-1 : Flux métaboliques décrits dans l'ADM1 (Batstone et al., 2002) : (1) acidogenèse
des sucres; (2) acidogenèse des acides aminés; (3) acétogenèse des AGLC; (4) acétogenèse
de l'acide propionique; (5) acétogenèse des acides butyrique et valérique; (6)
méthanogenèse acétoclastique ; (7) méthanogenèse hydrogénotrophe
- 40 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Des versions simplifiées de l’ADM1 ont également été développées afin de réduire l’effort
expérimental de calibration des paramètres du modèle et d’en assurer l’identifiabilité face à
la difficulté de caractériser précisément les milieux de digestion (Donoso-Bravo et al., 2011).
Le modèle biochimique utilisé dans ces travaux est un modèle dynamique développé
pour simuler la digestion de déchets agricoles et d’élevage à siccité élevée (taux de matière
sèche TS > 15%) et être capable de représenter les phénomènes d’inhibition (ammoniac et
pH) lors de la méthanisation de tels substrats. Il s'agit d’une version simplifiée de l’ADM1 dans
laquelle, les processus biologiques anaérobies sont décrits à travers deux étapes comme
présenté dans la Figure II-2.
Figure II-2 : Flux métaboliques du modèle de digestion utilisé dans ces travaux de thèse
- 41 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Xf → α1,A SA + (1 − α1,A − α1,CH4 )Xbha + α1,CI SCI + α1,N SN + α1,CH4 SCH4 (1)
Xd → α2,A SA + (1 − α2,A − α2,CH4 )Xbha + α2,CI SCI + α2,N SN + α2,CH4 SCH4 (2)
Les coefficients αj,i sont les coefficients stœchiométriques de la formation du composé i lors
de la réaction j.
L’acétate produit au cours de l’étape DHA est par la suite converti en méthane et en carbone
inorganique par la biomasse méthanogène (Xbm). Il est nécessaire d’inclure l’étape de
méthanogenèse dans le modèle de digestion car ce sont les méthanogènes qui sont impactés
par de fortes concentrations en ammoniac. Il a d’ailleurs été démontré qu’en présence de
phénomènes d’inhibition cette étape peut devenir l’étape cinétiquement limitante des
processus de digestion (Rubio et al., 2020). Cette voie métabolique est représentée par
l’équation suivante :
Comme dans l'ADM1, l'unité de base des composants organiques dans ce modèle est la
Demande Chimique en Oxygène (DCO). Cette unité facilite l’expression des bilans matière car
la DCO se conserve le long des processus anaérobies. La base molaire est utilisée pour les
composants ne possédant pas de DCO tels que le carbone inorganique (CO 2 et HCO3-) ou
l'azote inorganique (NH3 et NH4+).
- 42 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Cette partie présente les hypothèses appliquées aux calculs des coefficients
stoechiométriques αj,i.
Dans l'étape DHA, la dégradation des hydrates de carbone et des graisses contenus dans
la matière particulaire conduit principalement à des monomères tels que les monosaccharides
(Batstone et al., 2002). Le glucose est alors utilisé comme monomère modèle pour calculer les
coefficients stœchiométriques des réactions de l’étape DHA des matières particulaires
facilement et difficilement dégradables. Selon l'équation d'acidogenèse du glucose, la
dégradation de cette molécule conduit à la formation de dihydrogène (étape 1, Tableau II-1).
Or, le dihydrogène n’est pas considéré dans ce modèle. Afin de prendre en compte la part de
DCO du glucose convertie en H2, l'hypothèse d'une méthanogenèse hydrogénotrophe
implicite (étape 2, Tableau II-1) est introduite et permet de dresser l'équation bilan de l'étape
DHA (étape 3, Tableau II-1).
Tableau II-1 : Équations de réaction des processus de bioconversion décrit par le modèle de
digestion
Les coefficients stœchiométriques des équations (1) et (2) sont estimés à partir de l’étape
globale de DAH du glucose décrite dans le Tableau II-1. Comme dans l'ADM1, il est supposé
que 10% de la DCO convertie par la biomasse sont utilisés pour de la croissance microbienne
(Batstone et al., 2002). Les coefficients stœchiométriques de l'étape DHA sont ainsi calculés à
partir des équations suivantes :
DCOCH4
α1,CH4 = α2,CH4 = (1 − YXbha ) νDHA,CH4 DCO = 0.3 g DCOCH4 . g DCOGlucose −1 (6)
Glucose
DCO
α1,A = α2,A = (1 − YXbha ) νDHA,A DCO Acetate = 0.6 g DCOA . g DCOGlucose −1 (7)
Glucose
molCO2
α1,CI = α2,CI = (1 − YXbha ) νDHA,CI DCO = 0.00468 molCI . g DCOGlucose −1 (8)
Glucose
- 43 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
molCO2
α3,CI = (1 − YXbm ) νMeth,CI = 0.0148 molCI . g DCOA −1 (11)
DCOAcetate
YXbm est le pourcentage de DCO consommé pour la croissance de la biomasse méthanogène
(0,05 gDCOXbm .gDCOA -1 ), et Meth,i est le coefficient stœchiométrique du composant i de l'étape
de méthanogenèse décrite dans le Tableau II-1.
- 44 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
L’étape DHA a été établie sur la base de l’hypothèse d’une réaction d’hydrolyse
cinétiquement limitante devant les cinétiques des réactions d’acidogenèse et d’acétogenèse.
1
INH3 = (13)
SNH3
1+
TH Ki
IpH,i est le facteur d'inhibition du pH affectant la biomasse i, pHLL,i et pHUL,i sont respectivement
les limites inférieure et supérieure de pH pour lesquelles l’activité de la biomasse i est réduite
de 50 %, INH3 est le facteur d'inhibition à l'ammoniac libre affectant l'activité des
méthanogènes, SNH3 est la concentration molaire d'ammoniac libre dans le milieu (mol.kg-1),
Ki est la concentration en NH3 à partir de laquelle la biomasse méthanogène est inhibée de
50% et TH est la teneur en humidité du milieu (Lliquide.kg-1). Dans le cas où la masse volumique
du milieu liquide est considérée égale à la masse volumique de l’eau, TH est égale à 1-TS.
- 45 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
L’allure des évolutions des facteurs d’inhibition au pH des différentes biomasses ainsi que celle
du facteur d’inhibition à l’ammoniac libre sont respectivement représentées sur les Figure II-3
et Figure II-4 . Comme il apparait dans la matrice de Gujer (Tableau II-2), ces facteurs
d’inhibition sont des coefficients multiplicatifs affectant directement les vitesses de croissance
des biomasses. Un facteur d’inhibition proche de 0 reflète une forte inhibition.
1
0,9
0,8
0,7
0,6
IpH,i
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
pH
IpH,X
IpH_hydro
bha
IpH,X
IpH_meth
bm
Figure II-3 : Profils des évolutions des facteurs d’inhibition au pH affectant les biomasses Xbha
et Xbm pour les valeurs limites suivantes : pHLL,Xbha = 5,5 ; pHUL,Xbha = 8 ; pHLL,Xbm = 6 ;
pHUL,Xbm = 8,5
1,0
0,9
0,8
0,7
0,6
INH3
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
-1
Concentration en NH3 (mgN.L )
Figure II-4 : Profil d'évolution du facteur d'inhibition à l'ammoniac libre pour une valeur de
Ki = 1 387 mg.L-1 (0,099 mol.L-1)
- 46 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
La loi de Henry peut donc être utilisée pour représenter les équilibres liquide-gaz des
espèces dissoutes. Ces flux de matière des composés gazeux sont décrits selon la théorie du
double film de Lewis et Whitman (Whitman, 1923). Il est premièrement admis que la
résistance au transfert se situe principalement dans la phase liquide. Du même ordre de
grandeur, il est également supposé que les diffusivités du CH4, du CO2 et du NH3 sont
similaires. Ainsi, les coefficients de transfert globaux, kL,ia, ont la même valeur notée kLa par
la suite. Il peut être précisé que cette hypothèse est importante car elle influe sur les
concentrations des espèces dissoutes dans la phase liquide du méthaniseur et, de fait, sur les
sorties du modèle. Les équations de flux des transferts de matière liquide-gaz du CH4, CO2 et
NH3 peuvent alors s’écrire de la manière suivante :
rliq-gaz,i est la vitesse de transfert de matière entre la phase liquide et la phase gaz du composé
gazeux i (gDCO.kg-1.j-1 pour CH4 et mol.kg-1.j-1 pour CO2 et NH3), Hi est la constante de Henry du
composé i (mol.L-1.atm-1), Pi est la pression partielle du composé i dans la phase gaz du
digesteur (atm). Pour le méthane, il est nécessaire d’introduire un facteur multiplicatif de 64
gDCO.molCH4-1 à la constante de Henri, HCH4, (passage de mol.L-1.atm-1 à gDCO.L-1.atm-1) afin
d’obtenir une équation homogène.
- 47 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Tableau II-2 : Matrice de Gujer pour les composés présents dans le modèle biochimique
Vitesses rj (gDCO.kg-1.j-1 ou
Composants i
mol.kg-1.j-1 pour SCI and SN)
Processus
XI Xf Xd Xbha Xbm SA SCH4 SCI SN SI
1 Hydrolyse rapide -1 1-α1,A- α1,CH4 α1,A α1,CH4 α1,CI α1,N k1 Xf IpH,Xbha
2 Hydrolyse lente -1 1- α2,A- α2,CH4 α2,A α2,CH4 α2,CI α2,N k2 Xd IpH,Xbha
3 μmax SA
Méthanogenèse 1- α3,CH4 -1 α3,CH4 α3,CI Xbm I I
1-α3,CH4 Ks TH+SA pH,Xbm NH3
4
Mort Xbha α4,Xi 1- α4,Xi - α4,Si -1 α4,Si k4 Xbha
5
Mort Xbm α5,Xi 1- α5,Xi - α5,Si -1 α5,Si k5 Xbm
Particulaire difficilement
Biomasse méthanogène
Biomasse hydrolytique
Particulaire facilement
dégradable (gDCO.kg-1)
dégradable (gDCO.kg-1)
Carbone inorganique
Méthane dissout
Soluble inerte
Acétate total
(gDCO.kg-1)
(gDCO.kg-1)
(gDCO.kg-1)
(gDCO.kg-1)
(gDCO.kg-1)
(mol.kg-1)
- 48 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
De même que dans l’ADM1, les équilibres acido-basiques des couples H+/OH-,
CO2/HCO3-, NH4+/NH3, CH3COOH/CH3COO- sont pris en compte sous forme d’équations
algébriques. Le couple HCO3-/CO32- n’est pas considéré dans le modèle car il présente un pKa
bien plus élevé (pKa25°C = 10,3) que le pH des milieux de digestion qui se situe en général
autour de la neutralité. Un ensemble de 4 équations algébriques correspondant aux équilibres
acido-basiques est utilisé pour calculer les concentrations des espèces dissociées. La mise en
place des équations des équilibres acido-basiques est décrite à travers l’exemple du calcul de
l’équilibre de l’ammoniac présenté ci-après.
Ce couple est caractérisé par une constante de dissociation notée Ka,NH+4 qui s’exprime de la
manière suivante :
SNH3 SH+
Ka,NH+4 = (15)
S + TH
NH4
SNH+4 et SNH3 sont respectivement les concentrations des formes acide et basique de
l’ammoniac (mol.kg-1) et SH+ est la concentration en ion H+ (mol.kg-1). Les concentrations de
ces espèces étant exprimées par unité de masse brute du milieu de digestion, il est nécessaire
de faire intervenir la teneur en eau (TH) dans l’équation d’équilibre du couple. En effet, les
constantes de dissociation sont, dans la littérature, établies sur la base de concentrations
volumiques et les espèces dissoutes sont présentes dans la partie aqueuse des milieux de
digestion.
Sachant que SN = SNH+4 + S l’équation (15) peut s’écrire de la manière suivante :
NH3
(SN − S ) SH+
NH+
4 (16)
Ka,NH+4 = S TH
NH+
4
SN SH+
SNH+4 = K (17)
a,NH+
TH + SH+
4
En appliquant la même démarche aux autres bases et acides faibles du modèle les équations
suivantes sont écrites:
Carbone inorganique :
TH Ka,CO2 SCI
SHCO−3 = TH K (18)
a,CO2 +SH+
- 49 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Acétate :
S
TH Ka,SA A
64
SA− = (TH K (19)
a,SA +SH+ )
Ions hydroxydes :
Ka,H2 O TH²
SOH− = (20)
SH+
- 50 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Wbiogaz est le débit massique de biogaz produit (kg.j-1) et Mi est la masse molaire du composé
gazeux i (g.mol-1). Les pressions partielles en CH4, en CO2 et en NH3 dans le volume VGaz sont
exprimées comme suit :
Pi = Gi R T (23)
Dans le volume de digestion Vd, les bilans de matière posés conduisent à un ensemble
de 10 équations différentielles :
dXf
= (Win Xf_in − Wout X f )/Md − r1 (25)
dt
dXd
= (Win Xd_in − Wout Xd )/Md − r2 + (1 − α4,XI − α4,SI )r4 + (1 − α5,XI − α5,SI )r5 (26)
dt
dXI
= (Win XI_in − Wout X I )/Md + α4,XI r4 + α5,XI r5 (27)
dt
dXbha
dt
= (Win Xbha_in − Wout Xbha )/Md + (1 − α1,A − α1,CH4 )r1 + (1 − α2,A − α2,CH4 )r2 − r4 (28)
dXbm
= (Win Xbm_in − Wout Xbm )/Md + (1 − α3,CH4 )r3 − r5 (29)
dt
dSA
= (Win SA_in − Wout SA )/Md + α1,A r1 + α2,A r2 − r3 (30)
dt
dSCH4
= (Win SCH4 _in − Wout SCH4 )/Md + α1,CH4 r1 + α2,CH4 r2 + α3,CH4 r3 − rliq−gaz,CH4 (31)
dt
dSCI
= (Win SCI_in − Wout SCI )/Md + α1,CI r1 + α2,CI r2 + α3,CI r3 − rliq−gaz,CO2 (32)
dt
- 51 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
dSN
= (Win SN_in − Wout SN )/Md + α1,N r1 + α2,N r2 − rliq−gaz,NH3 (33)
dt
dSI
= (Win SI_in − Wout SI )/Md + α4,SI r4 + α5,SI r5 (34)
dt
Les bilans de matière établis sur la phase gaz du réacteur conduisent aux 3 équations
différentielles suivantes :
dGCH4 Md qG
= rliq−gaz,CH4 V 3
−GCH4 V (35)
dt Gaz 10 Gaz
dGCO2 Md qG
= rliq−gaz,CO2 V −GCO2 V (36)
dt Gaz 103 Gaz
dGNH3 Md qG
= rliq−gaz,NH3 V 3
−GNH3 V (37)
dt Gaz 10 Gaz
Les équations algébriques introduites dans la partie II.2.6. sont appliquées au calcul
des concentrations des différents acides et bases présents dans le milieu de digestion. Ces
équations se retrouvent rassemblées dans l’équation de calcul de d’électroneutralité, utilisée
afin de calculer la concentration en ions H+ du milieu de digestion :
S
S N S H+ TH Ka,CO2 SCI TH Ka,SA A Ka,H2O TH²
+ SH+ + Scations − − 64
− − Sanions = 0 (38)
(TH Ka,NH+ +SH+ ) (TH Ka,CO2 +SH+ ) (TH Ka,SA +SH+ ) S H+
4
Scations et Sanions sont respectivement les concentrations en cations et anions présents dans le
milieux participant à l’électroneutralité du système.
Le pH du milieu de digestion peut donc être déterminé à partir de l’expression suivante :
H
S +
𝑝𝐻 = −log ( TH ) (39)
Enfin, la concentration Sions est définie comme étant la différence entre les
concentrations en cations et anions (Scations - Sanions) qui ne sont pas calculés individuellement
dans ce modèle mais qui sont nécessaires à la détermination du pH. Cela implique donc que
Sions peut être positif ou négatif. L’aspect dynamique de la modélisation conduit à l’expression
différentielle suivante :
dSions
= (Win Sions_in − Wout Sions )/Md (40)
dt
- 52 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Le cas d’étude considéré ici est la digestion de l’intrant correspondant au scénario n°1
proposé par les bureaux SOLAGRO. Ce dernier est composé d’ensilage d’herbe, de menue de
paille, de fumier bovin, de fiente de volaille et de lisiers porcin et bovin (ANNEXE B). La
méthodologie de transformation des caractéristiques de cet intrant (composition, débit) en
variables d’entrée du modèle est présentée en ANNEXE B. Les variables d’entrée du modèle
résultant de l’application de cette méthode sont rassemblées dans le Tableau II-3. La masse
volumique de cet intrant est supposée égale à 1 000 kg.m-3.
- 53 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Tableau II-4 : Définitions des valeurs des paramètres cinétiques du modèle pour la simulation
de la méthanisation thermophile d'un substrat agricole
Paramètres Valeurs de la
Valeurs Sources
cinétiques littérature
(Andriamanohiarisoamanana et al., 2017; Giuliano et al., 2013;
k1 (j-1) 0,43 0,16-0,7 Golkowska et al., 2012; Voelklein et al., 2016)
(Feng et al., 2019; Giuliano et al., 2013; Li et al., 2014; Liu et al.,
k2 (j-1) 0,07 0,02-0,12 2020; Moset et al., 2015; Nguyen et al., 2019; Vavilin et al., 2008)
μmax (j-1) 0,6 0,4-0,8 (Ge et al., 2011; Liotta et al., 2015)
Ks (gDCO.L-1) 0,3 0,2-0,4 (Ge et al., 2011; Liotta et al., 2015)
k4 (j-1) 0,02 0,01-0,03 (Batstone et al., 2002)
k5 (j-1) 0,02 0,01-0,03 (Batstone et al., 2002)
kLa (j-1) 1,75 0,5-5 (Abbassi-Guendouz et al., 2012; Bollon, 2012)
pHLL.Xbha 5 4,5-5,8 (Batstone et al., 2002)
pHUL.Xbha 7,5 7-8,5 (Batstone et al., 2002)
pHLL_Xbm 6 5,5-6,7 (Batstone et al., 2002)
pHUL.Xbm 8,5 8-8,5 (Batstone et al., 2002)
Ki (mgN.L-1) 1387 208-2565 (Capson-Tojo et al., 2020)
Les conditions initiales dans le digesteur (composition, pH) sont fixées égales à celles
de l’intrant à l’exception des concentrations en biomasse (Xbha et Xbm). En effet, afin de
modéliser un digesteur ensemencé et afin d’éviter le lessivage de la biomasse méthanogène
et son inhibition par le faible pH de l’intrant (Tableau II-3), les concentrations initiales Xbha et
Xbm sont fixées à des valeurs relativement élevées, respectivement 30 gDCO.kg-1 et 100 gDCO.kg-1.
- 54 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Les concentrations des composés gazeux dans le ciel du digesteur et le débit de biogaz sont
nuls au temps initial. Enfin, le débit de sortie de digestat brut est initialisé à la valeur du débit
d’intrant (Win).
25 000 7
20 000 6,5
15 000 6
10 000 5,5
5 000 5
0 4,5
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Les résultats de la simulation obtenus en régime permanent sont présentés dans le Tableau
II-5.
qCH4 est le débit de CH4 (Nm3.j-1), TS est le taux de matière solide contenue dans l’intrant
(gTS.gintrant-1), VS est le taux de matière volatile contenue dans l’intrant (gVS.gTS-1).
- 55 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Caractéristiques digestats
XI (gDCO.kg-1) 128,66
Xf (gDCO.kg-1) 4,20
Xd (gDCO.kg-1) 80,23
Xbha (gDCO.kg-1) 9,54
Xbm (gDCO.kg-1) 3,63
SA (gDCO.kg-1) 0,03
SN (mol.kg-1) 0,32
SH+ (mol.kg-1) 7,70.10-8
SCI (mol.kg-1) 0,31
Sions (mol.kg-1) -0,05
SCH4 (gDCO.kg-1) 3,64
SI (gDCO.kg-1) 15,51
pH 6,96
𝜂
𝐶𝐻4 𝑏𝑟𝑢𝑡 0,17
%𝐵𝑖𝑜𝑑é𝑔𝑟𝑎𝑑𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 = 𝐵𝑀𝑃.10 −3 ∗ 100 = 0,27 ∗ 100 = 63%
(42)
- 56 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Cette valeur est du même ordre de grandeur que les pourcentages rencontrés dans la
littérature où les valeurs entre 60% et 80% correspondent à des pourcentages de dégradation
observés sur des installations traitant des déchets agricoles sans second digesteur (Ruile et al.,
2015). Enfin, le pourcentage de méthane dans le biogaz observé lors de la simulation est de
53,14% (Tableau II-5). Ce résultat est cohérent avec les valeurs de la littérature, qui se situent
entre 50% et 70% pour la méthanisation de déchets agricoles (André et al., 2018; Cavinato et
al., 2010).
Les simulations montrent que le modèle de réacteur permet d’obtenir des résultats
qui sont en accord avec les tendances observées dans la littérature. Ces résultats ont été
obtenus pour un jeu de paramètres donné, sélectionné dans une gamme réaliste vis-à-vis du
mode de fonctionnement du procédé que l’on a souhaité décrire. Cependant, les valeurs des
paramètres cinétiques et de transfert de matière dépendent d'un grand nombre de conditions
telles que l'inoculum (Moset et al., 2015), la nature du substrat (Bollon, 2012), la température
(Ge et al., 2011), la teneur en eau du milieu (Pommier et al., 2007) ou encore l'efficacité du
mélange (Van Hulle et al., 2014). Cette variabilité des paramètres se retrouve dans les larges
gammes de valeurs présentes dans la littérature avec par exemple des valeurs de k 2 allant de
0,015 à 0,12 j-1 (Tableau II-4). Il serait alors intéressant de déterminer, parmi les 12 paramètres
qui composent le modèle biochimique, ceux qui impactent le plus les sorties du modèle.
Cette étude fait appel à une méthode d’analyse de sensibilité globale basée sur une
technique de plan d’expériences nommée Definitive Screening Design (DSD), pour la
génération des simulations à réaliser, ainsi que sur une méthode de régression linéaire
multiple pour l’analyse statistique des résultats (Boutoute et al., 2021). La technique de
construction de DSD est à l’origine utilisée dans le domaine expérimental pour l'optimisation
de conditions opératoires. Néanmoins les caractéristiques de ces plans d’expériences
permettent leur application au domaine de la modélisation numérique. Le DSD est un plan
d’expériences à trois niveaux qui permet d'estimer les effets principaux de variations de
paramètres sur une variable donnée. En comparaison des plans factoriels fractionnaires
classiques, le DSD a l'avantage de permettre les estimations des effets principaux sans alias
avec les autres effets principaux et qui ne sont pas biaisés par des effets de second ordre
(Jones and Nachtsheim, 2011). De plus, ce plan requiert un nombre relativement faible de
simulations, seulement une de plus que le double du nombre de paramètres pris en compte.
- 57 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Enfin, pour réaliser l’analyse de sensibilité du modèle, il est crucial de définir un domaine
d’étude dans lequel les paramètres seront modifiés. Pour assurer la cohérence des résultats
de l’analyse de sensibilité il est essentiel de faire varier les paramètres dans une gamme de
valeur réaliste.
Tableau II-6 : Niveaux des paramètres utilisés pour la construction de la matrice DSD
- 58 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Constantes d’hydrolyse :
Les constantes d'hydrolyse (k1 et k2) doivent correspondre à la solubilisation des deux
fractions de matière particulaire considérées dans ce travail, Xd et Xf. La matière difficilement
dégradable Xd peut être assimilée à des déchets lignocellulosiques en raison de la faible
bioaccessibilité des hydrates de carbone piégés dans la lignine (Ruile et al., 2015). Par
conséquent, la valeur de k2 est associée aux vitesses d'hydrolyse de fumiers en raison de leur
forte concentration en matière lignocellulosique non digérée. La matière facilement
dégradable Xf est quant à elle assimilée à des polymères simples. La constante k1 est alors
associée aux constantes d'hydrolyse de la cellulose ou plus généralement aux constantes
d'hydrolyse des substrats ayant des concentrations élevées en glucides accessibles comme
l'ensilage de maïs ou d'herbe (Buffière et al., 2018b; López et al., 2020).
Le coefficient de transfert global kLa a été moins étudié dans la littérature car le
transfert de matière liquide-gaz est souvent considéré comme non limitant notamment dans
les procédés en voie liquide. Cela donne lieu à une importante disparité de valeurs dans la
littérature. La valeur de kLa est directement liée à la teneur en humidité, à la technologie du
digesteur, aux propriétés physiques du milieu et aux conditions de mélange du système. Un
coefficient de transfert matière global du CO2 d'environ 3 j-1 a été mesuré dans un RAC
pendant la digestion anaérobie liquide de boues activées (Pauss et al., 1990). Une valeur
similaire a été trouvée lors de la digestion de déchets solides municipaux (TS de 20%) dont
l’agitation était assurée par des injections de biogaz (Bollon, 2012). Puisqu'une diminution de
la teneur en humidité a un impact fortement négatif sur les phénomènes de transfert de
matière (Bollon et al., 2013), la valeur de 3 j-1 est ici fixée comme niveau supérieur de kLa. La
valeur minimale de 0,5 j-1 correspond à la valeur de kLa déterminée dans le cas d'une digestion
anaérobie sèche de déchets solides municipaux sans système de mélange (Bollon, 2012).
- 59 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Le plan d’expérience DSD a été construit selon l'approche développée par Phoa et Lin,
2015 basée sur l'optimisation du critère de D-optimalité (Phoa and Lin, 2015). Le nombre de
paramètres étudiés est de 12. Cela conduit à une matrice DSD qui comporte 25 simulations à
réaliser (Tableau II-7). Cette matrice, notée X, définit les valeurs prisent par les paramètres du
modèle pour chaque simulation. Parmi les sorties du modèle, les réponses discutées dans
cette étude sont la production de biogaz (qG), le pH et le pourcentage de CH4 dans le biogaz
(%CH4) car ce sont des variables qui sont généralement suivies en temps qu’indicateurs de
productivité et de stabilité sur les digesteurs industriels. L’exécution de la matrice DSD conduit
donc à une série de 25 valeurs pour chacune des trois sorties du modèle comme illustré dans
le Tableau II-7. La suite du travail consiste à évaluer les paramètres clés qui influencent de
manière significative ces sorties du modèle.
- 60 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Tableau II-7 : Matrice des simulations obtenue pour 12 paramètres variables résultant de
l’application de la méthode de construction de plan DSD de Phoa et Lin, 2015 et les valeurs
des réponses du modèle associés à la matrice pour le débit de biogaz, le pourcentage de
méthane dans le biogaz et le pH du digestat
xpHLL,Xbha
xpHUL,Xbha
xpHUL,Xbm
xpHLL,Xbm
qG
xμmax
xkLa
xk1
xKi
xk7
xk8
n° %CH4 pH
xk2
xKs
(Nm3.j-1)
Pour chaque sortie d'intérêt, une analyse statistique basée sur une régression linéaire
multiple est utilisée pour évaluer les effets principaux de chaque paramètre. Sur chaque série
de valeurs obtenue à partir des simulations il est possible d’effectuer une régression linéaire
en fonction des niveaux des paramètres définis dans la matrice X. Le modèle de régression
linéaire multiple correspondant, pour chaque sortie de modèle, peut être écrit comme suit :
- 61 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
̂ = β0 + ∑12
Y k=1 βk xk (43)
où ̂Y est la réponse donnée par la régression linéaire multiple pour une sortie du modèle Y
(qG, pH ou %CH4), β0 est une constante, βk est une constante donnant l'effet principal du
paramètre k sur Y et xk est le niveau du paramètre k. Le coefficient βk peut être interprété
comme le taux de croissance moyen de la sortie du modèle de réacteur Y en fonction du
niveau du xk lorsque tous les autres niveaux restent fixes. Les coefficients βk seraient obtenus
à partir d’une infinité de simulations en faisant varier continuellement les niveaux xk dans les
intervalles définis dans le Tableau II-6. Étant donné que la présente matrice DSD (Tableau II-7)
comprend 25 simulations, il n'est possible de calculer que des estimations des coefficients βk
à savoir β̂k qui sont obtenues par régression linéaire multiple sur chaque série de valeurs des
sorties du modèle. La réponse donnée par la régression multiple peut donc être écrite comme
suit :
̂ ̂0 + ∑12
Y = β ̂
k=1 βk xk (44)
Pour chaque simulation, chaque valeur de sortie du modèle de réacteur Yi peut être exprimée
à partir de l’équation de la régression linéaire et d'un terme résiduel reflétant la différence
entre la valeur de la réponse donnée par le modèle de réacteur et la valeur résultant de la
régression linéaire multiple :
̂i + ε̂i
Yi = Y (45)
-1 -1
̂2β,k est l'estimation de la variance de β̂k , (XT X)k,k est le terme diagonal de la matrice (XT X)
où σ
̂2 est l'estimation de la variance des termes résiduels.
correspondant au paramètre k et σ
̂k ) et des
Une fois la régression multiple effectuée, les estimations des effets principaux (β
termes résiduels ε̂i sont connues. L’estimation de la variance résiduelle peut alors être
calculée de la manière suivante :
- 62 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
1
σ2 = (𝑛−𝑚) ∑𝑛𝑖=1 ε̂i ²
̂ (47)
où n est le nombre de total de valeurs issues des simulations pour chaque sortie du modèle
de réacteur (ici, n = 25) et m est le nombre de constantes de la régression linéaire à calibrer
̂2β,k . Comme σ
(ici, m = 13). Il est désormais possible d’estimer σ ̂2β,k est une estimation de la
variance réelle de β ̂k , la fonction de densité de probabilité standardisée de β ̂k suit une
distribution t de Student. Le degré de liberté de la distribution t de Student est de 12 puisque
le plan d’expériences comprend 25 simulations pour 13 constantes à calibrer (de β̂0 à β̂ 12 ). La
fonction de densité de probabilité standardisée peut être écrite comme suit :
̂k − βk
β
L( ) = t12 (48)
̂2β,k
σ
où t12 est la distribution t de la loi de Student pour un degré de liberté égal à 12.
Toutes les régressions linéaires multiples ont été réalisées à l'aide du logiciel MATLAB R2019a
avec la fonction « stepwiselm » qui permet d’évaluer directement les paramètres ayant un
effet significatif (p-value < 0,05) et de définir l'équation de régression correspondante pour
chaque sortie de modèle. Pour chaque régression, le test de Durbin-Watson et le test de
Shapiro (p-value > 0,05) sont effectués sur les termes résiduels pour respectivement détecter
la présence d'autocorrélation et confirmer que les résidus sont normalement distribués.
La matrice DSD ainsi que les valeurs des sorties du modèle pour l’ensemble des
simulations sont présentées dans le Tableau II-7. Afin de s’assurer que les résultats de
l’analyse de sensibilité ne dépendent pas du jeu de simulations décrit par le Tableau II-7, la
même étude a été réalisée diverses fois en faisant varier l'ordre des paramètres dans la
matrice DSD.
- 63 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Malgré de légères différences dans les valeurs des coefficients des régressions linéaires
multiples, les conclusions de l'analyse de sensibilité étaient identiques, révélant les mêmes
paramètres significatifs.
Tableau II-8 : Paramètres ayant un effet significatif sur la production de biogaz : valeurs des
coefficients (effets principaux) et valeurs-p correspondantes
Le test de Durbin-Watson et le test de Shapiro effectués sur les résidus révèlent que
les résidus sont indépendants et suivent une distribution normale (ANNEXE C).
- 64 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Les résultats de l'analyse de sensibilité globale réalisée sur la production de biogaz ont
été comparés aux données de la littérature. Schroyen et al. 2018 ont effectué une analyse de
sensibilité globale sur les paramètres cinétiques de leur modèle simplifié de l’ADM1 à partir
de la méthode de criblage de Monte-Carlo et d’une analyse par régression linéaire. Ils ont alors
rapporté que la constante d'hydrolyse était le paramètre le plus déterminant pour simuler la
production de méthane issue de la digestion anaérobie de substrats lignocellulosiques. Dans
d’autres travaux, des chercheurs ont comparé la justesse de la représentation d’un jeu de
données expérimentales de la digestion de déchets agricoles par le modèle complexe ADM1
à celle par des modèles simplifiés (Weinrich and Nelles, 2015). Ils ont démontré que
l'hydrolyse était l'étape cinétiquement limitante de la digestion anaérobie non inhibée de
substrats particulaires complexes puisque les simplifications des cinétiques de
méthanogenèse, d'acidogenèse et d'acétogenèse n'avaient eu qu'un faible effet sur la
production de biogaz modélisée. Concernant l'influence du pHUL,Xbha aucun résultat similaire
relatant l’effet de ce paramètre sur la production de biogaz n'a été trouvé dans la littérature.
Tout cela confirme que les résultats issus de la méthode d’analyse de sensibilité
appliquée sont corrects et cohérents. Il apparaît que c’est principalement la calibration de la
constante d’hydrolyse cinétique k2, et en moindre mesure celle de pHUL,Xbha, qui sont
déterminantes pour décrire et prédire correctement la production de biogaz à partir de la
digestion anaérobie du substrat considéré dans cette étude. La constante k 2 est dépendante
du substrat mais la grande influence de sa valeur sur q G suggère qu'elle peut être calibrée à
partir d'expériences menées en flux continu pour différents substrats en suivant la production
de biogaz.
- 65 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Ceci conduit à des valeurs de %CH4 proches de 50%. Les variations des paramètres de la
constante d'hydrolyse de premier ordre k2 et de la limite supérieure d'inhibition au pH de la
biomasse hydrolytique pHUL,Xbha sont significativement responsables des variations de %CH4
(Tableau II-9).
Tableau II-9 : Paramètres ayant un effet significatif sur le pourcentage de méthane dans le
biogaz : valeurs des coefficients (effets principaux) et valeurs-p correspondantes
II.4.4.3. pH
Les valeurs de pH observées lors des simulations varient de 6,46 à 7,24 autour d'une
valeur moyenne de 6,86. D’après l’analyse statistique ce sont les variations des niveaux des
paramètres k2 et kLa qui ont des effets significatifs sur la valeur du pH du milieu de digestion
(Tableau II-10).
- 66 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Tableau II-10 : Paramètres ayant un effet significatif sur pH : valeurs des coefficients (effets
principaux) et valeurs-p correspondantes
Le test de Durbin-Watson effectué sur les termes résiduels de la régression révèle que
les résidus sont indépendants (ANNEXE C). Cependant, le test de Shapiro montre que les
résidus ne suivent pas une distribution gaussienne. En ajoutant le terme carré d'un seul des
deux paramètres sélectionnés (xkLa²) dans l’équation de régression (51) et en effectuant un
nouveau test de Shapiro, il apparait que les nouvelles valeurs de résidu suivent une
distribution normale. Ceci confirme qu’il est possible d’interpréter les résultats de l’analyse de
sensibilité du pH à partir de l’équation de régression linéaire (équation (51)) qui comporte les
effets principaux de xk2 et xkL a .
L’équation (51) montre que l'effet principal de k2 est 8 fois plus faible que l'effet
principal de kLa. L'effet principal de k2 est une combinaison des influences des productions
d'azote inorganique, d'acétate et de carbone inorganique sur le pH. Comme aucune inhibition
de la méthanogenèse ne se produit, l'acétate est principalement consommé par les
méthanogènes. Ainsi, les concentrations de carbone et d’azote inorganiques assurent
l'alcalinité du milieu. Une augmentation de k2 conduit à une légère augmentation de la
proportion de carbone inorganique par rapport à l'azote inorganique et donc à une diminution
du pH. Dans la gamme de pH observée (entre 6,49 et 7,25), la fraction d'ammoniac libre (NH3)
est extrêmement faible. Cela signifie que l'effet principal positif du kLa est lié à une désorption
du CO2 plus importante lorsque le kLa augmente.
La valeur du coefficient de transfert de matière global liquide/gaz suggérée dans l'ADM1 est
de 200 j-1 (Batstone et al., 2002). Cela reflète la faible limitation au transfert de matière
intervenant dans la digestion anaérobie humide. Cependant, il a été démontré dans plusieurs
articles qu'une limitation du transfert des espèces gazeuses due à un TS élevé ou à des
problématiques de mélange peut se produire dans le cas de la digestion anaérobie sèche
(Abbassi-Guendouz et al., 2012; Bollon, 2012). L'analyse de sensibilité met en évidence que
pour les faibles gammes de valeurs de kLa, la sursaturation en CO2 a le plus grand impact sur
l'alcalinité du milieu et donc sur le pH. Ce résultat est cohérent avec les travaux de Pauss et al.
1990 qui montrent que de faibles valeurs de kLa impliquent des surconcentrations de gaz
insolubles tels que le CH4 et le H2 mais aussi le CO2 responsable de l'acidification du milieu.
- 67 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Afin de simuler les effets inhibiteurs du pH, causés par l'accumulation de CO 2 et de H2,
survenant lors de la digestion anaérobie sèche des cartons, Abbassi-Guendouz et al. 2012 ont
dû réduire drastiquement la valeur du kLa de l'ADM1. Ces données bibliographiques
confirment que la valeur de kLa est déterminante pour modéliser l'évolution du pH des milieux
de digestion de substrats à forte teneur en matières solides.
Dans le cadre de cette étude, cette méthode d'analyse de sensibilité révèle que la
constante d'hydrolyse k2 ainsi que pHUL,Xbha doivent être précisément identifiés en raison de
leurs influences significatives sur la production de biogaz donnée par le modèle. Le coefficient
de transfert de matière global kLa s'avère avoir un impact significatif sur le pH du milieu alors
que le pourcentage de méthane donné par le modèle présente une faible variabilité quelles
que soient les valeurs des paramètres (dans la gamme de valeurs étudiée). Les résultats
soulignent également, sur la base du modèle biochimique appliqué, qu’il n'y a pas d'inhibition
significative par de l’ammoniac de la méthanogenèse au cours de la digestion de l’intrant n°1
dans un digesteur assimilé à un RAC.
Enfin, le modèle de réacteur développé dans ces travaux est un outil évolutif qui doit
répondre à un certain nombre d’objectifs et qui va se complexifier et s’affiner au fur et à
mesure des observations et des divergences qu’il peut y avoir entre les réponses du modèle
et la connaissance que l’on a du système. La fiabilité de la méthode d’analyse de sensibilité
développée dans cette partie fait qu’elle va pouvoir être appliquée aux nouvelles versions du
modèle qui sont détaillées dans les chapitres suivants.
- 68 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Biogaz humide
Wbiogaz
Wvapeur
VGaz
Msec
Intrant brut Md Digestat brut
Win,sec Mliq Wout,sec
Win Wout
Win,liq Wout,liq
- 69 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
La masse de matières volatiles comprend les composés dissouts tels que l’acétate, le CH 4
dissout, l’ammoniac et le carbone inorganique dissouts. Il est nécessaire de retirer la masse
de volatiles à la masse de matière sèche pour calculer le TS car ces composés volatiles vont
être dissouts dans l’eau. De plus, lors d’une analyse thermogravimétrique ces composés sont
évaporés à 105°C et ne sont pas comptabilisés dans la masse de matière sèche (Angelidaki et
al., 2009; EPA, 2001). La masse de matières volatiles se calcule de la manière suivante :
Afin de calculer les masses de matière sèche (Msec) et en digestion (Md), il est nécessaire de
dresser les bilans de matière partiels et global sur la phase en digestion :
𝑑𝑀𝑑
= 𝑊𝑖𝑛 − 𝑊𝑜𝑢𝑡 − (𝑊𝐵𝑖𝑜𝑔𝑎𝑧 − 𝑊𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟 ) (54)
𝑑𝑡
𝑑𝑀𝑠𝑒𝑐 (55)
= 𝑊𝑖𝑛,𝑠𝑒𝑐 − 𝑊𝑜𝑢𝑡,𝑠𝑒𝑐 − 𝑊𝐵𝑖𝑜𝑔𝑎𝑧
𝑑𝑡
𝑑𝑀𝑙𝑖𝑞 (56)
= 𝑊𝑖𝑛,𝑙𝑖𝑞 − 𝑊𝑜𝑢𝑡,𝑙𝑖𝑞 − 𝑊𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟
𝑑𝑡
où Wvapeur est le débit de vapeur d’eau qui sort du digesteur (kg.j-1).
- 70 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
Les débits de matière sèche et liquide en sortie de méthaniseur peuvent s’écrire en fonction
de Wout à partir des expressions suivantes :
Lorsque les densités des phases sèche et liquide de la matière en digestion sont différentes,
une variation de TS induit une variation de la densité du milieu de digestion. Cette variation
de densité influence le volume de matière en digestion dans le méthaniseur selon l’équation
suivante :
𝑑𝑉𝑑 1 𝑑𝑀𝑆𝑒𝑐 1 𝑑𝑀𝑙𝑖𝑞
= ∗ + ∗ (60)
𝑑𝑡 𝜌𝑠𝑒𝑐 𝑑𝑡 𝜌𝑙𝑖𝑞 𝑑𝑡
où ρsec est la masse volumique de la phase sèche (kg.m-3) et ρliq est la masse volumique de
l’eau à la température de fonctionnement du digesteur (kg.m-3). Afin de calculer Wout il est
supposé que le débit de digestat brut en sortie de digesteur s’adapte de sorte à ce que le
dVd
volume de matière en digestion soit toujours constant, soit = 0. En intégrant les équations
dt
(55), (56), (58) et (59) dans l’équation 60 il est possible d’écrire l’égalité suivante :
1
𝟎= ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑠𝑒𝑐 − 𝑊𝑜𝑢𝑡 ∗ (𝑇𝑆 + ∑ 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ) − 𝑊𝐵𝑖𝑜𝑔𝑎𝑧 )
𝜌𝑠𝑒𝑐
𝑖
1
+ ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑙𝑖𝑞 − 𝑊𝑜𝑢𝑡 ∗ (1 − 𝑇𝑆 − ∑ 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ) − 𝑊𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟 )
𝜌𝑙𝑖𝑞
𝑖
Soit :
1 1
𝟎= ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑠𝑒𝑐 − 𝑊𝐵𝑖𝑜𝑔𝑎𝑧 ) + ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑙𝑖𝑞 − 𝑊𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟 )
𝜌𝑠𝑒𝑐 𝜌𝑙𝑖𝑞
1 1
−𝑊𝑜𝑢𝑡 ∗ ( ∗ (𝑇𝑆 + ∑ 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ) + ∗ (1 − 𝑇𝑆 − ∑ 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ))
𝜌𝑠𝑒𝑐 𝜌𝑙𝑖𝑞
𝑖 𝑖
1 1
𝑊𝑜𝑢𝑡 ∗ ( ∗ (𝑇𝑆 + ∑ 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ) + ∗ (1 − 𝑇𝑆 − ∑ 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ))
𝜌𝑠𝑒𝑐 𝜌𝑙𝑖𝑞
𝑖 𝑖
1 1
= ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑠𝑒𝑐 − 𝑊𝐵𝑖𝑜𝑔𝑎𝑧 ) + ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑙𝑖𝑞 − 𝑊𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟 )
𝜌𝑠𝑒𝑐 𝜌𝑙𝑖𝑞
- 71 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
1 1
𝜌𝑠𝑒𝑐 ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑠 − 𝑊𝐵𝑖𝑜𝑔𝑎𝑧 ) + 𝜌𝑙𝑖𝑞 ∗ (𝑊𝑖𝑛,𝑙𝑖𝑞 − 𝑊𝑣𝑎𝑝𝑒𝑢𝑟 )
𝑊𝑜𝑢𝑡 =
1 1 (61)
(𝜌 ∗ (𝑇𝑆 + ∑𝑖 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ) + 𝜌 ∗ (1 − 𝑇𝑆 − ∑𝑖 𝑆𝑖 ∗ 𝑀𝑖 ∗ 10−3 ))
𝑠𝑒𝑐 𝑙𝑖𝑞
Les équations (52) à (61) ont été intégrées au modèle de réacteur dans le programme
de résolution MATLAB. Enfin, dans le cas où le changement de densité du milieu en digestion
induit un changement de la masse Md, l’ensemble des équations bilans des espèces (Xf, Xd, Xi,
SA, Xbha, Xbm, SCH4, SCI, SN, Si, Scat-an) peuvent être modifiées par l’ajout d’un terme de variation
de concentration dû à ce changement de masse :
𝑑[𝑖] 1 [𝒊] 𝒅𝑴𝒅
= 𝑀 ∗ (𝑊𝑖𝑛 ∗ [𝑖]𝑖𝑛 − 𝑊𝑜𝑢𝑡 ∗ [𝑖]) + ∑ 𝑟𝑗 − 𝑴 ∗ (62)
𝑑𝑡 𝑑 𝒅 𝒅𝒕
où [i] est la concentration de l’espèce i dans le digesteur (gDCO.kg-1 ou mol.kg-1), [i]in est la
concentration de l’espèce i dans le courant entrant dans le digesteur (gDCO.kg-1 ou mol.kg-1).
Une simulation du cas type dont les caractéristiques d’intrant, les conditions
opératoires du digesteur et le choix des valeurs des paramètres du modèle sont décrits dans
la partie II.3.1. a été réalisée. Ce cas type correspond à la digestion de l’intrant n°1 dans un
digesteur assimilé à un RAC fonctionnant à 55°C, en voie sèche. Les milieux en digestion et
gazeux sont considérés homogènes en concentration et en température. Les conditions
initiales de simulations sont également les mêmes que dans la partie II.3.1. . Dans cette
simulation il est supposé que les masses volumiques des phases liquide et sèche sont égales à
celle de l’eau à la température du digesteur.
Le Tableau II-11 recense les résultats obtenus en régime permanent issus des modèles
de réacteur sans la prise en compte de l’évolution du TS dans la première colonne puis avec
la prise en compte de cette évolution dans la seconde colonne. Il est à noter que lorsque que
l’évolution temporelle du TS est prise en compte, sa valeur passe de 30% en entrée à 22% en
sortie de digesteur. Cette diminution de TS conduit une légère baisse du débit W out qui passe
de 55 903 kg.j-1 dans le cas d’un TS est constant à 55 129 kg.j-1 dans le second cas. Cette
variation n’a qu’un léger effet d’augmentation des concentrations et des cinétiques de
dégradation. Cela se traduit par une légère augmentation du débit de biogaz qui passe de
5007 Nm3.j-1 à 5027 Nm3.j-1 lorsque l’évolution de TS est considérée (Tableau II-11). Aucune
cinétique dépendante du TS n’a été introduite dans le modèle biochimique. Cela explique
pourquoi l’évolution de TS a peu d’impact sur les concentrations des espèces dans le milieu.
- 72 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
En revanche, il est à noter que lorsque l’on intègre le bilan de la phase liquide du
système, il en ressort que le débit de biogaz humide total généré au cours de la dégradation
de l’intrant est de 7 279 kg.j-1. Le débit d’eau qui sort du digesteur représente environ 10%.
Tableau II-11 : Tableau comparatif : Résultats des simulation du cas d'étude (digestion du
substrat du scénario 1 dans un RAC); Sans TS: l'évolution de TS n’a pas été considéré; Avec
TS: l'évolution de TS a été considéré
pH 6,96 6,97
TS (%) 30 22
Phase gaz
qG (Nm3.j-1) 5 007 5 027
GCH4 (mol.L-1) 0,02 0,02
GCO2 (mol.L-1) 0,02 0,02
GNH3 (mol.L-1) 3,27.10-5 3,05.10-5
%CH4 53,14% 53,11%
%CO2 46,78% 46,79%
%NH3 0,08% 0,10%
- 73 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
II.6. Conclusion
Le modèle biochimique utilisé dans ces travaux de thèse est une version simplifiée du
modèle ADM1. En effet, sur la base de connaissance des systèmes de digestion en voie sèche,
des hypothèses simplificatrices ont été formulées permettant ainsi de réduire le nombre de
composés et le nombre de cinétiques biologiques à représenter. Il en résulte un modèle à
deux étapes comportant une étape de solubilisation suivie d’une étape de méthanogenèse.
Comme il a été abordé dans ce chapitre, le modèle de réacteur ainsi que le modèle
biochimique sont des outils amenés à évoluer en fonction de leur capacité à répondre aux
objectifs de modélisation et à produire des réponses cohérentes vis-à-vis de la connaissance
des comportements des systèmes de digestion. Un premier affinage du modèle de réacteur a
concerné la modélisation de l’évolution du taux de matière sèche du milieu de digestion ce
qui permet de quantifier la quantité d’eau qui compose le biogaz en sortie de digesteur. Cela
permet également de connaitre l’évolution du taux de matière sèche (TS) du milieu de
digestion.
- 74 -
Chapitre II – Présentation et étude de sensibilité du modèle de digestion
- 75 -
Chapitre III
Modélisation du méthaniseur et de
l’inhibition à l’ammoniac
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
III.1. Introduction
Le chapitre précédent présente le modèle biologique initial dans une configuration
simple d’un méthaniseur assimilé à un réacteur parfaitement agité. Il est maintenant question
d’affiner ce modèle afin qu’il puisse répondre aux objectifs de modélisation définis dans la
première partie de ce manuscrit. Ce chapitre se focalise principalement sur l’étude de la
modélisation de l’inhibition à l’ammoniac et sur l’évaluation de la capacité du modèle à décrire
phénomène.
Il est, pour cela, défini un modèle d’écoulement de la matière au sein du digesteur plus
proche du procédé ARKOMETHA® que la configuration en milieu parfaitement agité utilisée
dans le chapitre 2 pour l’analyse des paramètres sensibles du modèle. La modélisation de ce
mode d’écoulement est un aspect primordial de la représentation du fonctionnement du
méthaniseur en cela qu’elle permet de représenter la circulation de la matière le long du
digesteur et son influence sur les avancements des réactions de dégradation. Par ailleurs, il a
d’ores et déjà été démontré dans la littérature que la représentation du mode d’écoulement
de la matière au sein d’un méthaniseur a une influence significative sur les réponses du
modèle décrivant son fonctionnement (i.e. production de biogaz, pH du milieu liquide, etc.)
(Bensmann et al., 2013). En complément de ce modèle d’écoulement, la représentation et la
modélisation de la phase gaz du méthaniseur sont également discutées. Pour un modèle
d’écoulement fixé, le modèle mis en place doit permettre de décrire au plus près et de simuler
l’apparition de l’inhibition à l’ammoniac. Une étude a donc été menée en ce sens, explorant
ainsi les différentes manières et possibilités de décrire l’impact de l’inhibiteur NH3 sur l’activité
microbienne des méthanogènes. En outre, la question de l’implémentation d’une fonction
d’inhibition à l’ion ammonium est également abordée et critiquée. Ce chapitre se conclut par
l’application de la méthodologie d’analyse de sensibilité globale, développée dans le chapitre
précédent, sur le nouveau modèle de réacteur.
- 78 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
modélisées par une succession de N RAC en série dont les milieux sont considérés homogènes.
En conséquence, le débit de matière en sortie d’un RAC n (n allant de 1 à (N-1)) constitue le
débit d’entrée du RAC n+1 et le milieu réactionnel de chaque RAC tend à se mettre à l’équilibre
avec un ciel gazeux qui lui est propre. Il est supposé que chaque ciel gazeux est homogène et
qu’aucun échange de matière n’a lieu entre les différents volumes de gaz. Cela revient donc à
supposer que les compositions des volumes de gaz de chaque RAC n’ont aucune influence sur
les compositions de ceux des autres RAC. Dans cette représentation, la somme de ces volumes
correspond au volume de gaz total du méthaniseur et la production totale de biogaz sortant
du méthaniseur correspond à la somme des débits de biogaz entrant dans chaque ciel gazeux.
Ce modèle qui tend à se rapprocher de la description de l’écoulement de la matière au sein
de l’ARKOMETHA® est schématisé par la Figure III-1.
Wbiogaz Weau
Win Wout
1 2 N
Figure III-1 : Représentation du modèle d'écoulement de type piston de la matière dans
l'ARKOMETHA
où [i](n+1) est la concentration en espèce « i » dans le RAC n+1, Md,(n+1) la masse de matière en
digestion dans le RAC n+1, Wout,n est le courant de matière brute en sortie du RAC n, [i]n est
la concentration en espèce « i » dans le RAC n, Wout,(n+1) est le courant de matière brute en
sortie du RAC n +1 et ∑ rj,(n+1) est la somme des vitesse de réaction faisant intervenir l’espèce
i dans le RAC n+1 (gDCO.kg-1.j-1 ou mol.kg-1.j-1). Il peut être précisé que le débit d’entrée du RAC
n°1 est égal au débit de matière brute entrant dans le méthaniseur et le débit de sortie du
RAC N équivaut au débit de digestat brut. Par ailleurs, l’ensemble des équations du modèle
biochimique introduit dans le chapitre précédent sont résolues pour chaque RAC. Cela inclut
les équations algébriques des équilibres acido-basiques et de neutralité électronique, les
équations de transfert de matière liquide-gaz ainsi que les équations décrivant les
concentrations et les pressions partielles des composés gazeux.
- 79 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
- 80 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
La fraction gazeuse du méthaniseur est quant à elle représentée par une succession de N
zones gazeuses homogènes, de volumes égaux et échangeant de la matière seulement avec
le RAC au-dessus duquel elle se situe. L’intrant choisi pour la simulation du fonctionnement
du méthaniseur décrit ci-dessus est l’intrant du scénario n°1 identifié par les bureaux
SOLAGRO (ANNEXE B). La composition de cet intrant, sous la forme de valeurs données aux
variables d’entrée du modèle, est rappelée dans le Tableau III-2 et les conditions initiales
utilisées pour l’ensemble des simulations figurent dans le Tableau III-3.Il est également précisé
que les masses volumiques des phases solide et liquide sont fixées à 1000 kg.m -3.
- 81 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Enfin, les valeurs des constantes cinétiques et coefficients de transfert utilisées pour cette
étude sont celles proposées par le laboratoire DEEP de l’INSA de Lyon pour le modèle
biologique présenté dans le chapitre précédent. Ces constantes cinétiques et coefficients de
transfert sont rassemblés dans le Tableau III-4.
- 82 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Il apparait tout d’abord que le passage d’un unique RAC à 5 RAC en série engendre une
augmentation de la production totale de biogaz de 6 477 à 7 561 Nm3.j-1. Malgré des
compositions différentes dans les volumes gazeux des 5 RAC en série (Tableau III-5), il apparait
que la composition du débit total de biogaz reste identique d’une configuration à l’autre.
- 83 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
La composition du biogaz total dans le cas de 5 RAC en série est la suivante : %CH4 = 52,2% ;
%CO2 = 47,7% et %NH3 = 0,2%. Un mode d’écoulement qui s’éloigne d’un réacteur agité
continu et qui se rapproche d’un réacteur piston semble donc avoir un effet bénéfique sur la
productivité et le rendement de l’unité. Dans le cas où le milieu de digestion du méthaniseur
est modélisé par un unique RAC, le débit d’intrant se trouve être dilué dans un important
volume. Les concentrations en réactif dans le milieu de ce RAC sont homogènes et faibles.
Cela a pour conséquence de réduire les vitesses de dégradation dont les cinétiques sont
proportionnelles aux concentrations en réactifs comme celle de l’hydrolyse, apparue comme
étant l’étape cinétiquement limitante dans le chapitre précédent. Diviser le milieu de
digestion en un plus grand nombre de RAC permet l’existence de zones de concentrations
différentes et permet ainsi de réduire l’effet négatif de la dilution des réactifs par le mélange.
Lorsque le nombre de RAC augmente, leur volume diminue et la composition des premiers
RAC se rapproche de la composition de l’intrant. Cela induit une amélioration des cinétiques
de dégradation du substrat et a fortiori une augmentation de la production totale de biogaz.
Par ailleurs, une simulation dans laquelle le milieu de digestion du méthaniseur est
représenté par 6 RAC en série de volumes égaux a été réalisée (résultats non présenté ici).
Cette dernière permet d’attester de la cohérence des réponses du modèle dans la description
du fonctionnement d’un méthaniseur dont l’écoulement se rapproche davantage d’un
écoulement piston. Il s’avère qu’à l’issue de cette simulation, la production totale de biogaz
du méthaniseur obtenue en régime permanent est quasiment nulle en raison de l’arrêt des
processus de digestion. De fait, la réduction du temps de séjour par RAC conduit à
l’acidification du RAC n°1. Cette acidification provient du fait que les méthanogènes ont de
moins en moins le temps de se développer et de consommer l’acétate produit au cours de
l’hydrolyse et initialement présent dans l’intrant. Or, dans le cas où le pH devient trop bas,
l’activité méthanogène est fortement inhibée. Le couplage entre la diminution du temps de
séjour et l’acidification du milieu conduit alors à l’acidose du RAC n°1, caractérisée par une
accumulation d’acétate et une chute du pH aux alentours de 4,5. Ce phénomène se propage
ensuite aux RAC suivants causant le lessivage progressif de la biomasse méthanogène hors du
méthaniseur.
- 84 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Ces résultats rendent compte en réalité du risque déjà abordé et souligné dans la littérature
(Donoso-Bravo et al., 2018), d’acidification et de lessivage progressif de la biomasse pouvant
advenir dans un méthaniseur à écoulement piston fonctionnant sans recyclage de digestat.
- Quelles seraient les conséquences sur les sorties du modèle de considérer un ciel
gazeux commun à tous les RAC ?
- Les volumes des ciels gazeux au-dessus des RAC ont-ils une influence significative sur
la dynamique des réponses du modèle ?
Les études ci-après visent à répondre à ces deux problématiques et permettent, in fine, de
choisir la représentation la plus juste du volume de gaz produit par le procédé ARKOMETHA®.
- 85 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Wbiogaz Weau
Win Wout
1 2 N
Figure III-2 : Représentation du modèle d'écoulement de la matière dans l'ARKOMETHA® sous
l’hypothèse d’un volume de gaz commun à tous les RAC
dGi 1 q Gn
=V (10−3 ∑n=N n=N
n=1 rliq−gaz,in Mdn − Gi ∑n=1 Pv,eau ) (64)
dt Gaz 1−
Patm
Avec Gi la concentration gazeuse de l’espèce « i » à savoir CH4, CO2 ou NH3 (mol.L-1), VGaz le
volume total de gaz dans le méthaniseur (m3), N le nombre total de RAC représentant la
circulation de la matière au sein du méthaniseur, rliq-gaz,in la vitesse de transfert de matière
liquide-gaz du composé « i » entre le RAC n et le volume de gaz (mol.kg-1.j-1), Mdn la masse de
matière contenue dans le RAC n, qGn le débit de biogaz issu du RAC n. Il peut être précisé que
pour l’une et l’autre des simulations les volumes de gaz sont considérés homogènes.
- 86 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Les deux simulations réalisées portent sur le traitement thermophile en voie sèche de
l’intrant n°1 selon les conditions de simulation énoncées en partie III.2.1.1. . Une succession
de 5 RAC en série de volumes égaux a été considérée en premier lieu pour décrire le milieu de
digestion du méthaniseur. Cependant, il s’avère que dans cette configuration, considérer un
ciel gazeux commun à tous les RAC conduit à l’inhibition totale des processus de digestion et
à l’arrêt du digesteur. Ces résultats de simulation ne sont pas détaillés dans ce manuscrit mais
ils attestent de manière évidente de l’impact conséquent de la modélisation de la fraction
gazeuse du méthaniseur sur les réponses du modèle. Afin de comprendre et d’étudier
l’influence de la représentation de la fraction gazeuse du méthaniseur sur les résultats du
modèle, le nombre de RAC a alors été réduit à 3.
Tableau III-6 : Composition des milieux de digestion des différents RAC dans le cas d’une
modélisation du ciel gazeux du méthaniseur par une succession de volumes homogènes.
Tableau III-7 : Débits de biogaz et composition des volumes de gaz surmontant les différents
réacteurs dans le cas d’une modélisation du ciel gazeux du méthaniseur par une succession
de volumes homogènes.
- 87 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Tableau III-8 : Composition des milieux de digestion des différents RAC dans le cas d’une
modélisation du ciel gazeux du méthaniseur par un volume unique.
Tableau III-9 : Débits de biogaz et composition du volume de gaz surmontant les différents
réacteurs dans le cas d’une modélisation du ciel gazeux du méthaniseur par un volume
unique.
Le passage de ciels segmentés à un ciel gazeux commun n’a pas d’effet sur la
production de biogaz totale mais influe fortement sur les productions de biogaz de chacun des
différents RAC. Une diminution de la production de biogaz du RAC n°1 et une augmentation
de celle-ci dans les RAC n°2 et 3 sont effectivement constatées entre la première et la seconde
simulation. Il apparait également qu’une accumulation d’acétate se produit dans les RAC n°1
et 2 lors de la seconde simulation (Tableau III-8) alors qu’elle est moindre, voire inexistante,
au cours de la première (Tableau III-6). Cette accumulation est le résultat d’une inhibition à
l’ammoniac de la méthanogenèse. Le fait d’avoir considéré un volume de gaz commun à tous
les RAC conduit à une pression partielle en ammoniac dans le méthaniseur (Tableau III-9) qui
est environ deux fois plus importante que celle calculée au-dessus du RAC n°1 lorsque le ciel
du méthaniseur est représenté par une succession de volumes séparés (Tableau III-7). Or,
d’après les équilibres liquide-gaz décrits par la loi de Henry, cela induit un transfert de matière
d’ammoniac depuis le volume de gaz commun vers le milieu du RAC n°1. Ceci explique par
ailleurs que les concentrations en ammoniaque dans ce réacteur et dans le RAC n°2 sont
respectivement 2,8 et 2,1 fois plus importantes dans la seconde simulation que dans la
première. La conséquence de ce phénomène de solubilisation d’ammoniac dans le RAC n°1
est l’inhibition de la méthanogenèse qui est caractérisée par une réduction de la production
de biogaz et une accumulation d’acétate. Les débits de biogaz totaux évalués pour l’une et
l’autre configuration restent pour autant similaires car l’acétate accumulé dans ce premier
réacteur est en partie consommée dans le deuxième RAC puis est totalement transformé dans
le dernier (Tableau III-8).
- 88 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
- 89 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
La Figure III-3 permet de visualiser cette variation qui s’opère à partir du 450 ème jour
de fonctionnement.
Pour apprécier l’influence des volumes de gaz (0,8 et 80 m3) sur les régimes transitoires
des phases liquide et gazeuse du méthaniseur, l’évolution du pH, la production de biogaz ainsi
et que le pourcentage en CH4 des phases gazeuses de chaque RAC sont suivis. Cependant, afin
de pouvoir analyser plus précisément l’impact de la taille des volumes de gaz sur la
modélisation du régime transitoire du méthaniseur, les résultats traités correspondent au RAC
n°1. La Figure III-4 illustre ainsi les évolutions du pH du RAC n°1 (Figure III-4 (a)), de la
production de biogaz issu de ce RAC (Figure III-4 (b)) et de la composition en CH4 du volume
de gaz situé au-dessus du RAC n°1 (Figure III-4 (c)) en fonction de la taille des volumes de gaz.
- 90 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
(a)
(b)
(c)
RAC n°1 – VGaz=80 m3 RAC n°1 – VGaz=0,8 m3
Figure III-4 : Évolutions du pH du RAC n°1 (a), de qG,1 (b) et de %CH4 (c) dans le volume gazeux
associé au RAC n°1 en fonction de la taille des volumes de gaz, après une variation d’intrant
- 91 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Au regard des courbes obtenues, il peut être affirmé que la taille du volume de gaz situé au-
dessus du RAC n°1 n’a pas d’influence sur la simulation du régime dynamique de la phase
liquide de ce dernier. Les dynamiques des variations induites par le changement de débit
d’intrant sont identiques quelle que soit la taille du volume de gaz considéré. Les mêmes
observations sont faites sur les autres RAC de la configuration. En réalité, les débits de biogaz
issus de chaque RAC sont importants par rapport aux dimensions des volumes de gaz. En
conséquence, quel que soit ce volume (0,8 ou 80 m3), le temps de mise en régime de la phase
gaz sera court et non limitant.
Tableau III-10 : Débits de gaz inerte introduit dans chaque RAC lors de l’étude de l’impact
des volumes de gaz sur la dynamique des réponses du modèle
- 92 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
dGi𝑛 1 q Gn
=V (10−3 rliq−gaz,in Md𝑛 − Gi ( Pv,eau + 𝑞𝐼𝑛 )) (65)
dt Gaz 1−
Patm
Avec Gin la concentration de l’espèce « i » (CH4, CO2 ou NH3) dans le volume de gaz du RAC
n (mol.L-1), 𝑞𝐼𝑛 le débit de gaz inerte introduit dans le RAC n (Nm3.j-1). L’introduction des
courants « 𝑞𝐼𝑛 » est effectuée à partir du 450ème jour de fonctionnement du méthaniseur. La
Figure III-5 illustre les évolutions du pH, de la production de biogaz ainsi que du pourcentage
en CH4 dans le volume de gaz du RAC n°5. Il apparait que lorsque le volume de gaz est de 0,8
m3, les variations de la production de biogaz qG,5 et du %CH4 (Figure III-5 (b) et (c)) sont
légèrement plus rapides que lorsque ce volume est de 80 m3. Néanmoins, ces différences
restent minimes et les temps de mise en régime des phases liquide et gazeuse restent
identiques d’une simulation à une autre.
(a)
(b)
- 93 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
(c)
RAC n°1 – VGaz=80 m3 RAC n°1 – VGaz=0,8 m3
Figure III-5 : Évolutions du pH du RAC n°5 (a), de qG,5 (b) et du %CH4 (c) dans le volume gazeux
associé au RAC n°5 en fonction de la taille des volumes de gaz, suite à l’arrivée d’un courant
de gaz inerte dans les phases gazeuses des RAC
III.2.3. Conclusion
- 94 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Par ailleurs, il apparait que le volume de ces zones gazeuses n’a pas d’influence sur la
simulation du régime dynamique de l’ARKOMETHA® et qu’en conséquence il n’est pas
nécessaire de les calibrer précisément.
Cette fonction, continue entre 0 et 1, est présente dans le modèle de digestion développé par
le laboratoire DEEP de l’INSA de Lyon et permet de calculer un facteur d’inhibition, I NH3.
L’inhibition à l’ammoniac libre est ainsi traduite par le calcul de ce coefficient multiplicateur
qui modifie directement la vitesse de croissance des méthanogènes comme le montre le
Tableau II-2. Lorsque ce facteur d’inhibition est égal à 1, cela signifie que l’activité des
méthanogènes n’est pas inhibée. A contrario, un facteur INH3 égal à 0 signifie que l’activité des
méthanogènes est totalement inhibée.
Toutefois, de récentes études (Astals et al., 2018; Capson-Tojo et al., 2020) ont
démontré que l’effet de concentrations croissantes en NH3 sur l’activité des groupes
méthanogènes suit un motif d’inhibition sigmoïdal qui ne correspond pas à l’allure de la
fonction d’inhibition proposée dans l’ADM1.
5
Les sites de fixation du substrat et de l’inhibiteur sont distincts.
- 95 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
1 , 𝑆𝑁𝐻3 ≤ 𝐾𝑖𝑚𝑖𝑛
2
INH3 = { −2,77259 (
𝑆𝑁𝐻3 −𝐾𝑖
𝑚𝑖𝑛 ) (67)
𝐾𝑖𝑚𝑎𝑥 −𝐾𝑖𝑚𝑖𝑛
𝑒 , 𝑆𝑁𝐻3 > 𝐾𝑖𝑚𝑖𝑛
Par ailleurs, il existe, dans la littérature, une importante disparité dans les niveaux de
concentration seuil en NH3 (i.e. Ki) observés sur des activités de méthanogènes ou sur la
production de biogaz de systèmes de digestion. En effet, les travaux de Capson-Tojo el al.
(2020) ont démontré qu’il n’existait pas une concentration seuil universelle applicable à tous
les cas d’étude. La résistance d’un consortium microbien face à un inhibiteur dépend en réalité
de différents facteurs. Les principaux facteurs sont l’inoculum, le niveau d’acclimatation des
méthanogènes à de fortes concentrations en ammoniac, la température, le pH et le substrat
traité (Capson-Tojo et al., 2020; Jiang et al., 2019). Au cours de ces mêmes travaux, un
traitement de données de plus de 50 études expérimentales de digestion anaérobie conduites
sous de fortes concentrations en ammoniac a été réalisé. Cela a permis de lier la résistance
des méthanogènes à l’ammoniac libre aux conditions opératoires (température, pH, type de
gisement) et à la communauté microbienne utilisée lors de ces études. Ainsi, une procédure
d’identification de concentrations seuils en NH3 a été mise en place conjointement à la
définition de différents clusters. Ces clusters, aux nombres de 6, sont des regroupements de
données expérimentales qui sont caractérisés par des conditions opératoires et des
consortiums de méthanogènes communs. La Figure III-6 retranscrit la sensibilité des
méthanogènes de ces divers clusters, à des concentrations croissantes en NH3.
- 96 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Cluster
Réduction de l’activité
méthanogène (%)
Non attribués
1
2
3
4
5
6
Figure III-6 : Effets de l'augmentation de la concentration en ammoniac libre sur l'activité des
méthanogènes de 6 clusters de données expérimentales, extraite de Capson-Tojo et al. (2020)
Pour chaque cluster, il a ainsi été identifié une valeur de constante de demi-saturation Ki et
des valeurs seuils Kimin et Kimax . Ces valeurs sont données dans le Tableau III-11 au même titre
que les conditions opératoires correspondant aux 6 clusters.
Tableau III-11 : Caractéristiques des clusters tirées de Capson-Tojo et al. (2020) : valeurs des
seuils d'inhibition (Ki, Kimin et Kimax ), concentrations médianes en ammoniaque total (SN),
températures médianes et pH médians
Les conditions des clusters n°4 et 5 sont similaires aux conditions qu’il serait possible
de retrouver lors du fonctionnement d’une unité ARKOMETHA®. En effet, le cluster n°4
correspond principalement à la digestion thermophile de substrats riches en azote tels que la
fraction organique d'ordures ménagères, de bio-déchets, de fumiers ou d’effluents
d'abattoirs. Des valeurs correspondant au cluster n°5 ont été trouvées lors de la digestion
thermophile de fumiers porcins (Capson-Tojo et al., 2020). Enfin, le cluster n°6 peut
correspondre à des systèmes de digestion thermophile d'effluents d'élevage ayant une
communauté microbienne acclimatée à de très fortes concentrations en ammoniaque total
(8,0-10 gN.L-1) et/ou en NH3 (1 000-1 500 mgN.L-1) (Capson-Tojo et al., 2020).
- 97 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Pour ce dernier cluster en revanche, Capson-Tojo et al. (2020) précisent qu’aucune autre
étude n’a jusqu’à présent donnée une valeur de Ki aussi élevée que 2565 mgN.L-1 (Capson-
Tojo et al., 2020). La Figure III-7 permet de visualiser les évolutions du facteur INH3, en fonction
de la concentration en NH3, calculé à partir de l’équation (67) et ce pour chaque constante de
demi-saturation Ki exposée dans le Tableau III-11.
1,0
0,9
0,8
0,7
0,6
INH3
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000
Concentration en NH3 (mgN.L-1)
Ki=39 mgN.L-1
Ki = 39mg/L Ki = 84 mgN.L-1
Ki=84mg/L Ki=208
K mgN.L-1
i = 208mg/L
mgN.L-1
Ki = 458mg/L
Ki=458 mgN.L-1
Ki = 1 082mg/L
Ki=1082 K i = 2 565
Ki=2565 mgN.L-1
mg/L
Figure III-7 : Coefficients d'inhibition calculés à partir de l'équation proposée par Astal et al.
(2018) en fonction de la concentration en ammoniac libre et de la constante de demi-
saturation
- 98 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
1,0
0,9
0,8
0,7
0,6
INH3
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800 2000
-1
Concentration en NH3 (mgN.L )
Non-compétitive A seuil
Figure III-8 : Comparaison des valeurs de INH3 en fonction de la concentration en ammoniac
libre calculées à partir des équations non-compétitive et à seuils pour une valeur de Ki = 458
mgN.L-1
D’autre part, d’après l’équation d’inhibition non-compétitive, une inhibition totale voire
quasi-totale est atteinte pour de très grandes concentrations en ammoniac libre. Pour une
valeur de Ki égale à 458 mgN.L-1 (cluster n°4), le coefficient d’inhibition sera inférieur à 0,1
seulement à partir d’une concentration en ammoniac NH3 de 4000 mgN.L-1 (Figure III-8). Or,
cette concentration est deux à quatre fois plus élevée que les limites hautes de concentrations
inhibitrices retrouvées dans la littérature (Capson-Tojo et al., 2020; Jiang et al., 2019;
Rajagopal et al., 2013).
D’autre part, afin d’assurer la cohérence et le réalisme des résultats du modèle, il est
nécessaire de correctement définir les valeurs de Ki, Kimin et Kimax .
- 99 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Tableau III-12 : Valeurs des paramètres cinétiques et de transfert utilisés dans les
simulations de l’étude des fonctions d’inhibition à l’ammoniac libre
La même étude a été ainsi réalisée pour chaque constante de demi-saturation des
clusters n°3, 4 et 5. Les résultats présentés ci-après sont ceux obtenus avec les constantes
d’inhibition relatives au cluster n°3 car ce sont les résultats les plus significatifs. Les
conclusions pouvant être émises quant à l’influence du choix de la fonction d’inhibition (non-
compétitive ou à seuils) sur les sorties du modèle sont identiques quelles que soient les limites
d’inhibition considérées. Les résultats obtenus pour les constantes d’inhibition des deux
autres clusters sont présentés en ANNEXE D.
- 100 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Résultats et interprétations
Le Tableau III-13 présente les résultats issus de la simulation sans la prise en compte
de l’inhibition à l’ammoniac. Le Tableau III-14 et le Tableau III-15 contiennent respectivement
les résultats relatifs à l’utilisation de la fonction d’inhibition non-compétitive et de la fonction
à seuils (cluster n°3).
SN SA qG
pH INH3 TS %CH4 %Dégradation
(gN.kg-1) (gDCO.kg-1) (Nm3.j-1)
1 3,86 6,87 0,30 1,00 0,25 3 660 53,6 45
2 4,71 7,20 0,05 1,00 0,22 1 845 51,5 67
RAC 3 5,21 7,42 0,03 1,00 0,20 1 040 50,7 79
4 5,51 7,57 0,02 1,00 0,18 623 50,0 86
5 5,70 7,67 0,01 1,00 0,17 396 49,4 91
Total 7 564 52,2
SN SA qG
pH INH3 TS %CH4 %Dégradation
(gN.kg-1) (gDCO.kg-1) (Nm3.j-1)
1 3,87 6,80 2,52 0,63 0,25 3 623 53,1 44
2 4,71 7,20 0,23 0,38 0,22 1 880 52,4 67
RAC 3 5,21 7,42 0,14 0,26 0,20 1 041 50,8 79
4 5,52 7,56 0,11 0,20 0,18 623 50,0 86
5 5,71 7,67 0,09 0,17 0,17 396 49,4 91
Total 7 563 52,2
SN SA qG
pH INH3 TS %CH4 %Dégradation
(gN.kg-1) (gDCO.kg-1) (Nm3.j-1)
1 3,87 6,87 0,47 0,84 0,25 3 657 53,6 45
2 4,72 7,11 3,36 0,18 0,21 1 807 50,1 66
RAC 3 5,25 7,14 9,31 0,08 0,19 969 46,1 76
4 5,58 7,15 13,25 0,05 0,18 574 45,5 82
5 5,79 7,15 15,63 0,04 0,17 356 45,8 86
Total 7 363 50,8
- 101 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
- 102 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
III.3.1.2. Conclusion
Dans la gamme de valeurs des constantes d’inhibition étudiée et pour le substrat
considéré, l’intégration de la fonction d’inhibition à seuils dans le modèle biologique permet
de mettre en exergue l’existence d’inhibition à l’ammoniac libre. Cette inhibition est
caractérisée par une accumulation croissante d’acétate le long du méthaniseur et par une
diminution de la production globale de biogaz, du pourcentage de dégradation de l’intrant et
d’une diminution du pourcentage de méthane dans le biogaz. A contrario, la forme de la
fonction d’inhibition non-compétitive ne permet pas d’observer d’effet manifeste d’inhibition
à l’ammoniac libre quelle que soit la valeur de la constante Ki fixée. Pour simuler une inhibition
à l’ammoniac libre et une accumulation d’acétate dans le digestat en utilisant la fonction
d’inhibition non compétitive, il faudrait alors diminuer d’avantage la valeur de Ki au risque que
cette valeur n’ait plus de sens physique d’une part et au risque de modéliser une biomasse
trop sensible à de faibles concentrations en NH3 (lorsque SNH3<Ki) d’autre part (Figure III-9).
Par ailleurs, ces résultats semblent coïncider avec les informations relevées dans la
bibliographie. En effet, lors d’une étape de calibration et de validation de modèle de digestion
(type ADM1) à partir de données expérimentales, Pastor-Poquet et al. (2019a) ont également
souligné l’incapacité de la fonction d’inhibition non-compétitive à reproduire l’effet inhibiteur
de fortes concentrations en ammoniac libre sur l’activité de méthanogènes au cours de la
digestion thermophile en voie sèche de la fraction organique d’ordures ménagères (Pastor-
Poquet et al., 2019a).
- 103 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
15
14
13
12
11
10
9
8
7
6
5
200 300 400 500 600 700 800
(a)
4
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
200 300 400 500 600 700 800
(b)
- 104 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
8
7,8
7,6
7,4
7,2
6,8
6,6
200 300 400 500 600 700 800
(c)
35
30
25
20
15
10
0
200 300 400 500 600 700 800
(d)
1
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
200 300 400 500 600 700 800
(e)
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5
Figure III-9 : Évolutions de SN (a), de SNH3 (b), du pH (c), de SA (d) et de INH3 (e) dans chaque
RAC à la suite d'augmentations de la concentration en ammoniaque de l'intrant de 2, 4 et
6 gN.L-1 (fonction d'inhibition non-compétitive)
- 105 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
La Figure III-9 (d) illustre les accumulations d’acétate qui apparaissent dans le RAC n°1
puis dans le RAC n°2 dès la deuxième augmentation de SN et dans les RAC n°3 et 4 après le
troisième saut de concentration. L’inhibition de la méthanogenèse est donc visible dans ces
réacteurs. Cependant, l’acétate accumulé est progressivement consommé le long des
réacteurs. L’inhibition à l’ammoniac dans les réacteurs 4 et 5 notamment, milieux où la
concentration en ammoniac libre est la plus élevée (Figure III-9 (b)), ne limite pas l’activité des
méthanogènes. Cela signifie que les faibles pertes de production de méthane constatées après
les sauts de concentration en ammoniac dans l’intrant sont dues à l’inhibition de l’hydrolyse
par les pH de plus en plus basiques des RAC n°2 à 5. Enfin, ces résultats confirment la forme
de la fonction d’inhibition non-compétitive ne permet pas de simuler une forte inhibition à
l’ammoniac à partir d’une valeur de Ki expérimentale réaliste. Il faudrait pour cela être en
présence de concentrations en NH3 très élevées ou diminuer fortement la valeur de Ki qui
n’aurait alors plus de sens réel.
15
14
13
12
11
10
9
8
7
6
5
200 300 400 500 600 700 800
(a)
- 106 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
200 300 400 500 600 700 800
(b)
7,6
7,5
7,4
7,3
7,2
7,1
7
6,9
6,8
200 300 400 500 600 700 800
(c)
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
200 300 400 500 600 700 800
(d)
- 107 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
1
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
200 300 400 500 600 700 800
(e)
RAC N°1 RAC N°2 RAC N°3 RAC N°4 RAC N°5
Figure III-10 : Évolutions de SN (a), de SNH3 (b), du pH (c), de SA (d) et de INH3 (e) dans chaque
RAC à la suite d'augmentations de la concentration en ammoniaque de l'intrant de 2, 4 et 6
gN.L-1 (fonction d'inhibition à seuils)
- 108 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
III.3.1.4. Conclusion
L’étude des résultats des simulations en régime dynamique permet de confirmer la
nécessité de considérer la fonction d’inhibition à seuils proposée par Astal et al. (2018) pour
décrire le phénomène d’inhibition à l’ammoniac libre pouvant apparaitre lors de la digestion
de substrats fortement azotés. La fonction d’inhibition non-compétitive initialement présente
dans le modèle biologique est donc remplacée en conséquence. Cependant, la seule
considération de cette fonction d’inhibition ne permet pas de simuler un cas d’inhibition
totale ou d’arrêt de production de biogaz d’un méthaniseur. En effet, du fait des équilibres
acido-basiques qui régissent le système, la chute de pH résultant de l’inhibition de la
méthanogenèse limite le niveau d’inhibition atteignable par la seule fonction d’inhibition à
l’ammoniac libre et ce même pour des concentrations en ammoniac total équivalentes à 13
et 15 gN.L-1.
et Ki , en condition mésophile pour trois inocula différents. Par exemple, les valeurs seuils
max,NH+4
pour une biomasse contenue dans le digestat d’une unité traitant du fumier porcin ont été
évaluées à 2,7 gN.L-1 pour Ki -1
+ et 4,7 gN.L pour Ki + . Il est cependant à noter que ces
min,NH4 max,NH4
- 109 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
1 , 𝑆𝑁𝐻4 + ≤ 𝐾𝑖
𝑚𝑖𝑛,𝑁𝐻+
4
2
𝑆𝑁𝐻4 −𝐾𝑖 (68)
I𝑁𝐻4 + = −2,77259 (
𝑚𝑖𝑛,𝑁𝐻4+
)
𝐾𝑖 −𝐾𝑖
𝑚𝑎𝑥,𝑁𝐻+ 𝑚𝑖𝑛,𝑁𝐻 +
𝑒 4 4 , 𝑆𝑁𝐻4 + > 𝐾𝑖
{ 𝑚𝑖𝑛,𝑁𝐻+
4
Suite à l’intégration de cette fonction dans le modèle biologique, une étude est réalisée
afin d’analyser l’influence de l’inhibition à l’ammonium sur les réponses des simulations de la
méthanisation d’un substrat azoté.
III.3.2.1. Étude de l’influence des seuils d’inhibition à l’ion ammonium sur les
sorties du modèle
Au cours de cette étude, la digestion de l’intrant n°1 est simulée selon les conditions
décrites dans la partie III.2.1.1. . Les paramètres cinétiques utilisés sont présents dans le
Tableau III-12 et les seuils d’inhibition à l’ammoniac libre appliqués sont ceux qui sont associés
à la valeur de Ki égale à 0,458 gN.L-1. Pour chaque simulation, la valeur limite basse
d’inhibition, Ki -1
+ est fixée à 3 gN.L , ce qui correspond au seuil identifié pour un inoculum
min,NH4
issu de la digestion de fumier porcin (Astals et al., 2018), tandis que l’influence de la valeur de
Ki -1
+ est étudiée (6, 7, 8, 9 et 10 gN.L ) afin de représenter des méthanogènes de plus en
max,NH4
plus résistants aux ions ammonium. Par ailleurs, la Figure III-11 permet de visualiser
l’évolution du coefficient d’inhibition INH4+ en fonction de la concentration en ion ammonium
et en fonction de la valeur de Ki + fixée. Il apparait clairement sur cette figure que les seuils
max,NH4
d’inhibition à l’ammonium sont bien plus élevés que les seuils d’inhibition à l’ammoniac libre.
L’inhibition à l’ion ammonium intervient donc dans le cas de fortes concentrations en
ammoniaque total et/ou dans le cas de pH de milieu de digestion acide.
- 110 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
1,0
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
INH4+
0,4
0,3
0,2
0,1
0,0
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Concentration en NH4 + (gN.L-1)
KKimax
i +=
max,NH4
g/L -1
=66gN.L KKimax
i +=
max,NH4
g/L -1
=77gN.L KKimax
i +=
max,NH4
g/L -1
=88gN.L KKimax
i g/L -1
=99gN.L
+=
max,NH4
KKimax
i + =10
max,NH4
g/L-1
= 10gN.L
Figure III-11 : Courbes de la fonction du coefficient d’inhibition aux ions NH4+ en fonction de
la concentration en ammonium et des limites haute d'inhibition (Ki + ) calculée à partir max,NH4
de l’équation d’inhibition à seuils.
4000
3500
3000
qG (Nm3.j-1)
2500
2000
1500
1000
500
0
6 6,5 7 7,5 8 8,5 9 9,5 10 10,5
Kimax,NH4+ (gN.L-1)
Figure III-12 : Débits de biogaz obtenus en régime permanent pour chaque RAC en fonction
de la limite haute d'inhibition NH4+ (Ki +) max,NH4
- 111 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
d’inhibition total n’est observé et la production de biogaz de chaque RAC est sensiblement la
même quelle que soit la valeur de Ki + . En revanche, pour des valeurs de Ki + égales à
min,NH4 max,NH4
6 et 7 gN.L-1, les productions de l’ensemble des réacteurs sont quasiment nulles. Cela rend
compte de l’apparition d’une inhibition totale de la méthanogenèse dès le premier RAC
conduisant à l’acidification du milieu et à l’inhibition consécutive de l’hydrolyse. Dans une
configuration de réacteurs en série de volumes égaux, ce phénomène se propage dans les
réacteurs suivants. En réalité l’inhibition totale intervient dès le premier réacteur car l’absense
de biomasse dans le courant de substrat brut accroit la sensibilité du milieu. Pour comprendre
cela il suffit de se référer à l’équation de variation de la biomasse méthanogène dans un
réacteur n quelconque :
Où Iglobal est le coefficient d’inhibition global qui affecte la vitesse de croissance des
méthanogènes, produit des coefficients IpH,Xbm, INH3 et INH+4 .
Il apparait alors clairement que l’apparition des inhibitions, et donc la diminution de Iglobal, ne
peut plus être compensée par un apport de biomasse dans l’intrant. Autrement dit, la
biomasse contenue dans le RAC n°1 ne peut supporter autant d’inhibition que si ce réacteur
est alimenté en méthanogène. Enfin, une fois que les processus de la méthanisation sont
totalement inhibés dans ce réacteur, le courant entrant dans le RAC n°2 sera un courant acide
exempt de biomasse. Le volume et la masse Md de tous les réacteur étant identiques, le même
phénomène d’inhibition se produit alors dans le RAC n°2 puis progressivement dans les
réacteurs suivants.
- 112 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Le Tableau III-16 présente les valeurs de réponses du modèle obtenus en appliquant une
valeur de Ki -1
+ de 6 gN.L . Ces résultats rendent compte du dysfonctionnement du
max,NH4
SN qG SA
RAC pH INH3 INH4+ IpH,Xbm %CH4 %Dégradation
(gN.kg ) (Nm3.j-1)
-1 (gDCO.kg-1)
1 2,66 160 4,48 27,83 1,00 0,85 0,03 52,1 2
2 2,80 137 4,39 34,21 1,00 0,79 0,03 50,2 4
3 2,92 116 4,33 39,61 1,00 0,73 0,02 50,0 5
4 3,02 101 4,30 44,34 1,00 0,68 0,02 50,0 6
5 3,12 90 4,27 48,58 1,00 0,63 0,02 50,0 7
Total 604 50,6
- 113 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
SN qG SA
RAC pH INH3 INH4+ IpH,Xbm %CH4 %Dégradation
(gN.kg ) (Nm3.j-1)
-1 (gDCO.kg-1)
1 3,87 3 629 6,81 2,21 1,00 0,64 0,95 53,2 44
2 4,71 1 874 7,20 0,25 0,78 0,46 1,00 52,3 67
3 5,22 1 027 7,39 1,27 0,28 0,39 0,99 50,0 79
4 5,53 573 7,44 4,86 0,14 0,34 0,99 45,5 85
5 5,74 351 7,46 7,86 0,10 0,31 0,99 43,6 88
Total 7 455 51,5
D’autre part, les différences entre les résultats (%Dégradation, accumulation d’acétate en
sortie de réacteur) obtenus au cours des simulations avec et sans l’intégration de l’inhibition
à l’ion ammonium sont minimes pour des valeurs de Ki -1
+ de 8, 9 et 10 gN.L .
max,NH4
III.3.2.2. Conclusion
Dans la littérature, de nombreux travaux traitent de la modélisation de l’inhibition à
l’ammoniac libre mais peu d’études cherchent à définir et à représenter le caractère inhibiteur
de l’ion ammonium (Astals et al., 2018; Benabdallah El Hadj et al., 2009b; Lay et al., 1998; Sung
and Liu, 2003b). L’introduction de la fonction d’inhibition NH4+ à seuils d’Astal et al. (2018)
dans le modèle biologique permet de prendre en compte l’effet négatif de l’ion NH 4+ sur la
biomasse méthanogène, notamment à de faibles pH et/ou à de fortes concentrations en
ammoniac total. Selon les caractéristiques de l’intrant n°1 traité dans cette étude et pour les
paramètres cinétiques choisis il est possible de simuler une inhibition totale de la
méthanogenèse. Les zones du méthaniseur qui sont touchées par ce phénomène voient leur
production de biogaz chuter drastiquement du fait de l’arrêt successif de l’étape de
méthanogenèse puis de l’étape d’hydrolyse.
Par ailleurs l’étude réalisée révèle que les résultats du modèle dépendent fortement
des constantes d’inhibition utilisées dans la fonction d’inhibition à seuils. Plus spécifiquement
pour une valeur de constante seuil d’inhibition basse Ki -1 et pour des valeur
+ fixée à 3 gN.L
min,NH4
produit dans le RAC n°1 conduit à l’inhibition des processus de méthanisation dans le réacteur.
- 114 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
L’objectif de cette étude est d’identifier les paramètres ayant un impact significatif sur les
réponses du modèle lorsque celui-ci intègre le mode d’écoulement de la matière au sein du
méthaniseur (configuration de 5 RAC en série de volume égaux) et les inhibitions à
l’ammoniac. Les sorties du modèle étudiées sont les suivantes : la production de biogaz, le pH
et le pourcentage de méthane contenus dans les débits de biogaz de chaque RAC. L’intrant
n°1 est considéré pour cette étude. Les détails de l’application de la méthode ainsi que des
analyses statistiques des résultats obtenus sont présentés en ANNEXE E.
En premier lieu les bornes des paramètres cinétiques du modèle sont fixées et la
matrice d’expériences DSD construite en suivant la méthode développée par Phoa et Lin,
(2015). Les résultats des simulations correspondant aux conditions données par la matrice
DSD sont ensuite analysés par la méthode statistique de régression linéaire multiple. Les
niveaux des paramètres étudiés sont précisés dans le Tableau III-18. Il peut être noté qu’un
seul paramètre d’inhibition à l’ammoniac libre semble être modifié durant l’étude de
sensibilité. En réalité les valeurs minimale et maximale du paramètre K i (Tableau III-18)
correspondent au cluster n°3 et n°6 identifiés par Capson-Tojo et al., (2020). Ces valeurs de Ki
sont donc directement associées à une valeur de Kimin et de Kimax. Par exemple, la valeur de Ki
de 0,208 gN.L-1 est associée à une valeur de Kimin de 78 et de Kimax de 337 gN.L-1. Faire varier
indépendamment Kimin et Kimax n’aurait pas de sens car cela ne correspondrait plus à une
réalité expérimentale. En revanche une plus grande incertitude plane sur les valeurs des
constantes d’inhibition à l’ion ammonium. C’est pour cela que pour cette inhibition Ki + et
min,NH4
- 115 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Tableau III-18 : Niveaux des 14 paramètres utilisés pour la construction de la matrice DSD
lors de l'étude de sensibilité du modèle modifié
Paramètres
Min (-1) Medium (0) Max (1)
cinétiques
k1 (j-1) 0,16 0,43 0,7
k2 (j-1) 0,02 0,07 0,12
μmax (j-1) 0,4 0,6 0,8
Ks (gDCO.L-1) 0,2 0,3 0,4
k4 (j-1) 0,01 0,02 0,03
k5 (j-1) 0,01 0,02 0,03
kLa (j-1) 0,5 1,75 3
pHLL.Xbha 4,5 5 5,5
pHUL.Xbha 7 7,5 8
pHLL_Xbm 5,5 6 6,5
pHUL.Xbm 8 8,5 9
Ki (gN.L-1) 0,208 1,386 2,565
Ki -1
min,NH4+ (gN.L ) 6 7 8
Ki (gN.L-1) 2 3 4
max,NH+4
Ces résultats viennent appuyer les observations faites dans la partie III.3.2. . En effet
ils soulignent l’importance de la calibration des constantes d’inhibition Kimin,NH+ et Kimax,NH+ pour
4 4
la simulation de la digestion de substrats azotés.
III.5. Conclusion
Au cours de l’ensemble de ce chapitre les modifications nécessaires au modèle de
réacteur ont été apportées afin qu’il puisse correctement décrire un fonctionnement proche
du fonctionnement réel de l’ARKOMETHA® d’une part et qu’il puisse être un outil prédictif en
capacité de simuler l’apparition de phénomènes d’inhibition à l’ammoniac d’autre part.
- 116 -
Chapitre III – Modélisation du méthaniseur et de l’inhibition à l’ammoniac
Une fois le modèle d’écoulement du méthaniseur défini, il est montré que la fonction
d’inhibition non-compétitive n’est pas adéquate pour représenter l’effet néfaste de
concentrations croissantes en NH3 sur l’activité de la biomasse méthanogène. Sur la base de
recherches bibliographiques, cette fonction a été remplacée par une fonction d’inhibition dite
à seuils développée par Astal et al. (2018). L’utilisation de cette équation a permis d’obtenir
des résultats de simulation d’inhibition à l’ammoniac modérée. Néanmoins la seule
considération de la fonction d’inhibition à l’ammoniac libre apparait insuffisante pour
atteindre un niveau d’inhibition quasi-total pour des concentrations en ammoniaque total
pourtant supérieures aux limites rencontrées dans la littérature. Une fonction d’inhibition à
seuils de l’ion ammonium (Astals et al., 2018) a donc été intégrée au modèle et permet de
simuler l’apparition de fortes inhibitions causant successivement l’arrêt de la méthanogenèse
puis celui de l’hydrolyse. Cette inhibition n’a, à notre connaissance, jamais été intégré à des
modèles type ADM1.
Elle n’a d’ailleurs été que très peu étudiée dans la littérature ce qui donne lieu à un faible
nombre de données de concentrations seuil en ammonium affectant les méthanogènes.
- 117 -
Chapitre IV
Étude du traitement in-situ de l’ammoniac
lors du fonctionnement de l’ARKOMETHA®
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
IV.1. Introduction
Ce dernier chapitre est consacré à l’étude de la désorption in-situ de l’ammoniac au
cours de la digestion de l’intrant n°1, défini par le bureau d’étude SOLAGRO, dans un
méthaniseur type ARKOMETHA®. La désorption in-situ de l’ammoniac consiste à injecter, au
sein du méthaniseur, un débit de biogaz dans lequel l’ammoniac aurait été éliminé pour
désorber une partie de l’ammoniac contenu dans le milieu de digestion.
L’étude du traitement in-situ de l’ammoniac de ces cas d’inhibition est réalisée et consiste à
évaluer le débit minimal de biogaz, exempt d’ammoniac, à injecter dans le milieu de digestion
afin d’éviter l’arrêt global des processus biologiques. Au regard du manque de données
bibliographiques sur la calibration du coefficient de transfert global (kLa) et de la constante
d’inhibition seuil (Ki + ), une première étude visant à apprécier l’influence de ces
max,NH4
paramètres sur l’évaluation de ce débit est effectuée. Une seconde étude permet d’observer
l’influence des paramètres opératoires que sont la composition du biogaz injecté (CO2 et CH4)
et la zone du méthaniseur traitée sur la désorption de l’ammoniac. L’objectif premier de ce
chapitre est donc de discuter la faisabilité de la solution de désorption in-situ de l’ammoniac
proposée.
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
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de l’ARKOMETHA®
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de l’ARKOMETHA®
La répartition du temps de séjour de la matière entre ces divers réacteurs est déterminée à
partir des travaux de thèse de Maxime DOOMS (2017) durant lesquels il a étudié la
compartimentation du méthaniseur ARKOMETHA®. A partir du débit d’entrée de substrat brut
(Tableau IV-1) et de la répartition des temps de séjour choisie, les volumes de ces RAC sont
ensuite calculés.
Biogas
Vgaz,n
Wrecy = TR.Wsubstrat
(a)
Biogas
Vgaz,n
Wrecy = TR.Wsubstrat
(b)
Figure IV-1 : Représentations schématiques des configurations de RAC en série n°1 (a) et n°2
(b)
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La composition du débit de biogaz réinjecté dans un RAC n (QI,n) correspond, dans le cadre du
fonctionnement nominal de l’ARKOMETHA®, à la composition du biogaz total sortant du
méthaniseur (Figure IV-1). Les concentrations en espèces gazeuses de ce courant sont donc
calculées de la manière suivante :
∑𝑁
𝑛=1(𝑞𝐺_ℎ𝑢𝑚𝑖𝑑𝑒,𝑛 + 𝑄𝐼,𝑛 ) ∗ 𝐺𝑖,𝑛 (73)
𝐺𝑖,𝑚𝑜𝑦 =
∑𝑁𝑛=1(𝑞𝐺_ℎ𝑢𝑚𝑖𝑑𝑒,𝑛 + 𝑄𝐼,𝑛 )
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Avec Gi,moy la concentration de l’espèce i (CH4, CO2 ou NH3) dans le courant de gaz réinjecté
(mol.L-1), qG_humide,n le débit de biogaz humide sortant du RAC n (m3.j-1), QI,n le débit de biogaz
injecté dans le RAC n (m3.j-1) et Gi,n la concentration en i dans le courant de gaz sortant du RAC
n (mol.L-1). Le débit d’injection QI,n apparait ici en m3.j-1 et non en Nm3.j-1 car il est supposé
que le fonctionnement du méthaniseur est isotherme et que le gaz injecté entre à la
température de fonctionnement du méthaniseur, soit 55°C.
Les débits de recyclage de digestat brut (Wrecy) considérés pour les simulations du
régime nominal sont calculés à partir du débit de substrat (Wsubstrat) et du taux de recyclage
noté TR comme illustré sur la Figure IV-1. Ce taux de recyclage peut être égal à 0,5, 1, 2 ou 5.
Aussi, l’intégration d’un débit de recyclage dans le modèle induit une modification des
équations de variation des concentrations des espèces présentes dans le RAC n°1 :
Enfin, le Tableau IV-6 reprend l’ensemble des valeurs des paramètres cinétiques
utilisées dans la simulation du régime de fonctionnement nominal de l’ARKOMETHA®.
Ki 6, 7 et 8 gN.L-1
max,NH+4
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Les constantes d’inhibitions Kimin et Kimax relatives à l’inhibition à l’ammoniac libre sont
égales aux valeurs du cluster n°4 identifié par Capson-Tojo et al., 2020. Ce cluster correspond
à des données d’inhibition obtenues au cours de la digestion de substrats agricoles en régime
thermophile, conditions similaires au régime de fonctionnement de l’ARKOMETHA® considéré
dans ces travaux.
Les conditions de simulation présentées dans cette section constituent la base des conditions
appliquées à toutes les simulations de ce chapitre. Elles sont en premier lieu appliquées aux
simulations du régime nominal de l’ARKOMETHA® dans le but d’identifier des cas de
fonctionnement conduisant à de fortes inhibitions des processus de digestion.
sont modifiés. Les débits de méthane totaux correspondant à chacune des simulations sont
répertoriés dans le Tableau IV-7. Les débits de méthane contenus dans la colonne « Sans » de
ce tableau correspondent à des simulations réalisées sans l’intégration des inhibitions à
l’ammoniac.
Tableau IV-7 : Débits de méthane totaux issus des simulations du fonctionnement nominal
de l'ARKOMETHA® en fonction de la configuration de RAC en série, de TR et de Ki + max,NH4
qCH4 (Nm3.j-1)
0 62,41 25,6 4 040 306 306 3 848 3 937 299 299 3 529
0,5 93,61 17,1 3 907 286 286 286 3 810 280 280 3 174
1 124,82 12,8 3 824 277 277 3 677 3 743 273 273 3 243
2 187,22 8,6 3 727 269 269 3 600 3 667 266 266 3 546
5 374,45 4,3 3 614 261 261 3 499 3 580 260 260 3 469
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Il apparait tout d’abord que pour une valeur de Ki égale à 6 ou 7 gN.L-1 la digestion
max,NH+4
de l’intrant n°1 conduit à l’inhibition totale des processus de digestion quels que soient la
configuration et le débit de recyclage de digestat brut. D’autre part, au regard des valeurs de
production résultant des simulations sans les inhibitions à l’ammoniac, il s’avère que plus TR
augmente, plus la productivité du méthaniseur diminue. En effet, le recyclage de digestat brut
induit une dilution de la matière particulaire et par conséquent une diminution des vitesses
d’hydrolyse. L’augmentation de TR induit également un effet d’homogénéisation des
concentrations le long des réacteurs atténuant ainsi l’effet positif de l’écoulement piston sur
les cinétiques de dégradation.
d’un courant de recyclage, équivalant à 50% du débit de substrat brut, engendre l’inhibition
de la digestion dans l’ensemble des réacteurs. Le recyclage permet un apport de biomasse
dans l’intrant mais également un apport d’ammoniaque. Le résultat précédent souligne que
si le débit de recyclage est trop faible (en l’occurrence TR = 0,5), il y a un risque que l’apport
de biomasse ne soit pas suffisant pour compenser l’augmentation de la concentration en
ammoniaque induite par le recyclage. Cet effet n’est plus visible dès lors que le taux de
recyclage est supérieur ou égal à 1.
Pour une valeur de Ki égale à 8 gN.L-1, il apparait par ailleurs que les productions
max,NH+4
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Par la suite, l’étude de la désorption in-situ de l’ammoniac sera réalisée sur l’ensemble
des scénarios du Tableau IV-7 qui ont révélé un phénomène d’inhibition à l’ammoniac
engendrant un déficit significatif de production ou un arrêt du fonctionnement du
méthaniseur.
Comme il est illustré sur la Figure IV-2, ce débit minimal, noté QI,min, est évalué selon la zone
(RAC) du méthaniseur traitée. En effet, il est apparu au cours des diverses simulations du
fonctionnement de l’ARKOMETHA® que les milieux de digestion des RAC représentant le
méthaniseur diffèrent en pH et en composition. Il a, par exemple, été observé que la teneur
en ammoniac et le pH croissent tous deux le long du méthaniseur favorisant ainsi la formation
de la forme libre de l’ammoniac et modifiant le potentiel d’extraction de l’espèce.
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D’autre part, il est montré dans la littérature que la pression partielle en CO 2 dans le ciel du
méthaniseur peut avoir une influence sur le pH du milieu de digestion et de ce fait sur
l’équilibre acido-basique NH4+/NH3 (Vavilin and Vasiliev, 1995). Par conséquent, l’influence de
la concentration en CO2 dans le gaz d’extraction sur la valeur de QI,min sera également étudiée.
In fine, l’ensemble de ces études doit permettre de vérifier la faisabilité du traitement in-situ
de l’ammoniac et, s’il y a lieu, de mettre en valeur des pistes d’optimisation de cette voie
d’extraction en fonction des paramètres opératoires.
Biogaz
Vgaz,n
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1- Initialisation de la méthode
Afin de pouvoir évaluer QI,min il est nécessaire de se baser sur la simulation d’un régime
permanent correspondant à un fonctionnement stable, sans fortes inhibitions à l’ammoniac.
En effet, l’inhibition totale de la méthanogenèse engendre la mort de tous les méthanogènes
ce qui conduit à son irréversibilité. Il devient alors impossible d’évaluer QI,min. La méthode
proposée est basée sur des simulations de 1000 jours de fonctionnement du méthaniseur.
Durant les 400 premiers jours de chaque simulation, la valeur de QI,n du RAC traité est fixée à
400 000 Nm3.j-1. Cet important débit de biogaz, dont la concentration en ammoniac est nulle,
permet d’atteindre le régime permanent d’un fonctionnement stable, sans de fortes
inhibitions à l’ammoniac. Ce débit est ensuite réduit selon la méthode de dichotomie à partir
du 401ème jour de fonctionnement (Figure IV-3). Les bornes inférieures (QI,inf) et supérieures
(QI,sup) initiales de la méthode étant respectivement égales à 0 Nm3.j-1 et 400 000 Nm3.j-1, QI,n
prend alors initialement la valeur de 200 000 Nm3.j-1 entre les jours 401 et 1000.
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Ce débit est utilisé pour la première simulation de la méthode de dichotomie dont l’algorithme
est représenté schématiquement par la Figure IV-3. La concentration dans le biogaz injecté
pour la désorption de l’ammoniac est toujours nulle (GNH3 ,I,n = 0 mol.L-1).
Néanmoins, pour chaque cas d’inhibition identifié lors des simulations du régime de
fonctionnement nominal de l’ARKOMETHA®, des études sont réalisées en considérant le
biogaz injecté soit comme :
2- Réalisation de la méthode
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Au sein de l’ARKOMETHA®, le biogaz introduit dans le milieu de digestion via les cannes
d’injection conduit à la formation de bulles dont la taille et le nombre dépendent des
propriétés physico-chimiques du milieu et du débit de biogaz injecté (Hojeij et al., 2019). La
modification de ce débit, que ce soit pour du mélange ou pour traiter l’ammoniac, entraine
une modification de la rétention gazeuse et de la qualité de l’agitation du milieu et par
conséquent des phénomènes de transfert liquide-gaz. De manière à prendre en compte
l’influence du débit d’injection de biogaz sur les cinétiques du transfert liquide-gaz dans le
modèle, il est supposé que le nombre de bulles dans le milieu à un temps donné, soit la
rétention gazeuse, est proportionnelle au débit de gaz injecté. Il est ainsi admis que la surface
spécifique d’échange entre les phases liquide et gaz, et donc que le coefficient de transfert
global, associée au RAC n est proportionnelle au débit de biogaz injecté QI,n par unité de
volume de matière contenue dans ce réacteur (Vd,n). Cette hypothèse est retranscrite par
l’équation d’extrapolation suivante :
𝑄𝐼,𝑛 𝑉𝑛,𝑛𝑜𝑚
𝑘𝐿 𝑎𝑛 = ∗ 𝑘𝐿 𝑎𝑛,𝑛𝑜𝑚 ∗ (75)
𝑉𝑑,𝑛 𝑄𝐼,𝑛,𝑛𝑜𝑚
Avec kLan le coefficient de transfert global associé au RAC n, QI,n le débit de gaz injecté dans le
RAC « n », Vn le volume de matière contenu dans le RAC n, kLanom le coefficient de transfert
global associé au régime nominal du méthaniseur, soit 5 j-1, Vn,nom le volume de matière
contenu dans le RAC n en régime nominal et QI,n,nom le débit de biogaz normalement injecté
dans le RAC n en régime nominal (voir Tableau IV-4 et Tableau IV-5 en fonction de la
configuration de RAC en série étudiée).
Avant d’étudier la désorption de l’ammoniac pour les cas d’inhibition identifiés dans la
partie IV.2.2. , une discussion est menée sur l’influence des paramètres cinétiques kLa et
Ki + sur l’estimation du débit QI,min. La littérature présente peu de données sur l’estimation
max,NH4
En premier lieu, l’impact de la valeur de kLan (associée au RAC traité) sur l’estimation
du débit QI,min est étudié. Pour ce faire, la méthode de dichotomie introduite précédemment
est modifiée en fixant le coefficient kLan a une valeur constante.
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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Elle est appliquée à un cas d’étude d’inhibition particulier pour différentes valeurs de kLan. Les
caractéristiques du traitement du cas d’inhibition adopté pour cette étude sont les suivantes :
- Taux de recyclage = 1;
- Traitement du RAC n°1;
- Composition (en CO2 et en CH4) du biogaz injecté pour le traitement égale à la
composition du biogaz total sortant du méthaniseur.
Le débit de biogaz QI,min à injecter dans le RAC n°1 est estimé pour différentes valeurs de kLa1.
Ce coefficient ne dépend donc pas du débit de biogaz injecté et prend successivement la
valeur de 4,56 ; 5 ; 7,5 ; 10 ; 12,5 ; 15 ; 20 ; 25 ; 30 ; 35 ; 40 ; 50 et 60 j-1 lors de l’application de
la méthode de dichotomie. La Figure IV-4 représente l’évolution de la valeur de QI,min en
fonction de kLa1.
90000
80000
70000
QI,min (Nm3.j-1)
60000
50000
40000
30000
20000
10000
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65
kLa1 (j-1)
Il apparait que pour des valeurs de kLa1 de 4,56 et 5 j-1, les débits QI,min calculés par la
méthode de dichotomie sont respectivement de 86 000 Nm3.j-1 et de 74 000 Nm3.j-1. Ce débit
décroit ensuite lorsque kLa1 augmente et il se stabilise autour de 18 000 Nm3.j-1 pour des
valeurs de coefficient de transfert global de 40, 50 et 60 j-1. Cette valeur de débit reste
néanmoins 45 fois supérieures au débit de biogaz qui est normalement injecté dans le RAC
n°1 pour l’agitation du milieu, soit 400 Nm3.j-1. La Figure IV-4 traduit de fait l’importance de la
calibration du coefficient de transfert global dans la détermination de QI,min.
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8
7
Sursaturation liquide
6
5
4
3
2
1
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65
-1
kLa1 (j )
Sursaturation NH
NH33 Sursaturation CO2
CO2
La Figure IV-5 indique que pour une valeur de kLa1 de 5 j-1 la limitation au transfert de
matière liquide-gaz est telle que la concentration en CO2 dissout dans le RAC n°1 est 7 fois
supérieure à l’équilibre thermodynamique. Cette sursaturation tend vers 1 lorsque le
coefficient de transfert global augmente. En revanche, dans la gamme de valeurs étudiées,
kLa1 n’a quasiment pas d’influence sur la concentration en NH3 dissout. Cette concentration
est en permanence à l’équilibre avec la pression partielle en ammoniac dans le volume gazeux
du RAC. Cela signifie que le transfert de matière de cette espèce est uniquement limité par
l’équilibre acido-basique du couple NH4+/NH3.
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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Or, la diminution de la sursaturation du CO2 causée par l’augmentation de kLa1 engendre une
augmentation de pH du RAC n°1 (Figure IV-6). Cette hausse de pH provoque alors une
augmentation de la concentration en NH3 dans le milieu de digestion. Extraire une quantité
donnée d’ammoniac pour éviter un phénomène d’inhibition rédhibitoire à la méthanogenèse
nécessitera donc un plus faible débit de gaz QI,min.
7,20
7,15
7,10
pH
7,05
7,00
6,95
6,90
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65
-1
kLa1 (j )
Figure IV-6 : Évolution du pH du RAC n°1 dans lequel est traité l'ammoniac en fonction de
kLa1
La seconde partie de cette étude s’intéresse à l’impact que peut avoir la constante
Ki + sur l’estimation du débit QI,min à travers l’étude du traitement du cas d’inhibition
max,NH4
suivant :
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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1000000
100000
QI,min ( Nm3.j-1)
10000
1000
100
6 6,2 6,4 6,6 6,8 7 7,2 7,4 7,6 7,8 8
-1
Ki + (gN.L
Kimax,NH4+ (gN.L) )
-1
NH 4
-1 -1 -1
233500
kL a 1 = 5 j 233500
kLa1 = 15 j 233500
kLa1 = 40 j 233500
kLa1 = f(QI,1)
Figure IV-7 : Évolutions du débit QI,min d’un cas d’inhibition type en fonction de la valeur Ki
NH+4
et de kLa1 associé au RAC n°1 dans lequel est traité l’ammoniac
En premier lieu, la méthode de dichotomie est modifiée en fixant le coefficient k La1 à une
valeur de 5, 15 puis 40 j-1. Elle est également appliquée en intégrant cette fois-ci la relation
d’extrapolation du coefficient de transfert global en fonction du débit de biogaz injecté Q I,1,
variant ainsi de 575 j-1, correspondant au débit d’injection minimum le plus élevé, à 5 j -1. La
Figure IV-7 rassemble les résultats obtenus au cours de cette étude.
Tout d’abord, les différentes courbes de la figure 7 illustrent bien l’impact de k La1 sur
la valeur de QI,min. Pour chaque valeur de Ki + , le débit QI,min estimé est maximal lorsque
max,NH4
gN.L-1, les débits QI,min évalués lorsque kLa1 est fixé à 40 j-1 sont
quasiment identiques à ceux
estimés quand ce coefficient est considéré proportionnel au débit d’injection QI,1 (courbe
violette de la Figure IV-7). Par ailleurs, lorsque kLa1 est fixé à 15 ou 40 j-1 le débit QI,min évalué
pour une valeur de Ki -1 3 -1
+ de 7,6 gN.L est égale à 400 Nm .j , ce qui correspond au débit
max,NH4
normalement injecté dans le RAC n°1 pour mélanger la matière en digestion. Une étude plus
poussée (non détaillées ici) a montré que, lorsque Ki -1 il
+ prend la valeur de 7,8 gN.L max,NH4
apparait que le simple fait d’augmenter la valeur de kLa1 (de 5 j-1 à 15 ou 40 j-1) permet d’éviter
l’inhibition de la digestion sans traiter l’ammoniac.
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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En d’autres termes, pour des valeurs de kLa1 de 15 et 40 j-1 et une valeur de Ki de 7,8
max,NH+4
gN.L-1, il n’est plus nécessaire d’injecter un courant de biogaz dépourvu d’ammoniac dans le
milieu de digestion pour que le méthaniseur fonctionne. Dans ce cas, la désorption de
l’ammoniac résultant du pH plus élevé et du déplacement de l’équilibre NH 4+/NH3 entrainés
par la valeur de kLa1 (15 ou 40 j-1) sont suffisants. En revanche, il s’avère que les débits QI,min
obtenus lors de l’application de la méthode de dichotomie intégrant l’extrapolation de k La1
aux valeurs de Ki -1 3 -1
+ de 7,6 et 7,8 gN.L sont respectivement de 2 000 et 1 000 Nm .j . De
max,NH4
fait, dans cette méthode, il est impératif d’augmenter le débit d’injection QI,1 afin d’élever la
valeur du coefficient kLa1 et ainsi éviter l’inhibition du procédé.
La Figure IV-7 montre que le débit QI,min dépend grandement de la valeur de Ki . Plus
max,NH+4
la valeur de Ki est faible, plus le débit QI,min est élevé. En effet, plus la biomasse est
max,NH+4
sensible à l’ammonium, plus la quantité d’ammoniac qu’il est nécessaire d’extraire du milieu
de digestion pour empêcher l’inhibition des processus biologiques est importante. Au regard
de l’étendue des débits obtenus selon la valeur de Ki + , la Figure IV-7 reflète l’importance
max,NH4
traitée et de la composition en CO2 et en CH4 du courant de biogaz injecté. Les débits totaux
de méthane (qCH4 ) résultant du fonctionnement du méthaniseur associé à chaque valeur de
QI,min sont présentés en ANNEXE F.
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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- Taux de recyclage = 1;
- Traitement du RAC n°1;
- Composition (en CO2 et en CH4) du biogaz injecté pour le traitement égale à la
composition du biogaz total sortant du méthaniseur.
Le débit QI,min permettant au méthaniseur de fonctionner dans les conditions énoncées ci-
dessus a été déterminé et est égal à 16 000 Nm3.j-1. La simulation de 1000 jours du
fonctionnement de ce méthaniseur dans lequel est traité l’ammoniac est effectuée. Durant
les 600 premiers jours de fonctionnement le débit de biogaz injecté pour la désorption de
l’ammoniac dans le RAC n°1 est de 16 000 Nm3.j-1. A partir du 601ème jour, afin de faire
apparaitre l’inhibition, ce débit est réduit à 15 000 Nm3.j-1. La Figure IV-8 et la Figure IV-9
représentent respectivement les évolutions de la production de biogaz et du pH de chaque
RAC en fonction du temps. Les évolutions de l’ensemble des variables du modèle (XI, Xf, Xd,
Xbha, Xbm, SA, SNH3, SNH4+, SCI, SCH4, SI, TS, qCH4, PCH4, PCO2, PNH3, %CH4, %CO2, %NH3) sont
également disponibles en ANNEXE G.
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5
Figure IV-8 : Évolutions des débits de biogaz issus des différents RAC en fonction du temps
lors de l’apparition de phénomènes d’inhibition résultant d’une diminution du débit QI,min
au cours du traitement d’un cas d’inhibition donné
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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7,5
6,5
5,5
4,5
4
500 550 600 650 700 750 800 850 900
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5
Figure IV-9 : Évolutions du pH des différents RAC en fonction du temps lors de l’apparition de
phénomènes d’inhibition résultant d’une diminution du débit QI,min au cours du traitement
d’un cas d’inhibition donné
Il apparait que les productions de biogaz ainsi que les pH des deux premiers RAC
diminuent sensiblement et progressivement pendant les 100 premiers jours suivant la
diminution du débit de biogaz injecté dans le RAC n°1. La production de biogaz et le pH du
RAC n°1 chutent ensuite drastiquement entre le 710ème et le 720ème jour de fonctionnement.
L’inhibition totale des processus de digestion intervient en premier lieu dans le RAC n°1 et se
propage alors rapidement aux RAC suivants.
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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5,5
4,5
3,5
2,5
500 550 600 650 700 750 800 850 900
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5
Figure IV-11 : Évolutions de la concentration en ammoniaque total dans les différents RAC
en fonction du temps lors de l’apparition de phénomènes d’inhibition résultant d’une
diminution du débit QI,min au cours du traitement d’un cas d’inhibition donné
Figure IV-10 : Évolutions des coefficients d’inhibitions des méthanogène évoluant dans le
RAC n°1 RAC en fonction du temps lors de l’apparition de phénomènes d’inhibition résultant
d’une diminution du débit QI,min au cours du traitement d’un cas d’inhibition donné
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Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
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Cette étude a également été réalisée en modifiant le RAC dans lequel est traité
l’ammoniac (successivement le RAC 2 puis 3, 4 et 5) et le taux de recyclage de digestat brut.
Les résultats des simulations non détaillés ici montrent que l’inhibition totale des processus
de digestion est amorcée par l’inhibition à l’ion ammonium depuis le premier RAC avant de se
propager aux réacteurs suivants.
Cette étude présente l’impact sur la valeur de QI,min du choix de la zone (RAC) du
méthaniseur dans laquelle est désorbé l’ammoniac. La méthode d’évaluation de QI,min est
appliquée à chaque cas d’inhibition correspondant à la configuration n°1 (voir partie IV.2.2. )
en faisant varier le RAC traité.
Pour cette étude, la composition en CO2 et en CH4 du biogaz utilisé pour la désorption de
l’ammoniac est égale à celle du débit de biogaz total sortant du méthaniseur. L’influence de
la composition du gaz injecté sera ultérieurement présentée et discutée.
La Figure IV-12 illustre l’évolution des débits QI,min obtenus en fonction du taux de
recyclage de digestat brut (TR) et du RAC traité. Bien qu’il apparait possible d’éviter l’arrêt du
fonctionnement du méthaniseur par la désorption in-situ de l’ammoniac, pour une valeur de
Ki -1
+ de 6 gN.L , les débits QI,min restent bien supérieurs au débit total de biogaz
max,NH4
- 141 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
120 000
110 000
100 000
90 000
QI,min (Nm3.j-1)
80 000
70 000
60 000
50 000
40 000
30 000
20 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de disgestat brut
1RAC n°1 2RAC n°2 3RAC n°3 4RAC n°4 5RAC n°5
Figure IV-12 : Évolutions du débit QI,min nécessaire au traitement de l’ammoniac des cas
d’inhibition de la configuration n°1 pour Ki -1
+ = 6 gN.L en fonction de TR et du RAC traité
max,NH4
Pour chaque taux de recyclage, il peut être défini une zone optimale pour la désorption
de l’ammoniac. Cette zone correspond au RAC dans lequel la désorption de l’ammoniac,
permettant d’assurer le bon fonctionnement du méthaniseur, requiert le débit Q I,min le plus
faible. Il est ainsi relevé que la zone optimale pour la désorption de l’ammoniac correspond
au RAC n°1 lorsque TR est égale à 0,5 ou 1 mais devient le RAC n°5 lorsque TR est égale à 2 ou
5. D’autre part, la Figure IV-12 révèle que le choix du RAC dans lequel est désorbé l’ammoniac
a un impact élevé sur QI,min lorsque le taux de recyclage de digestat TR est de 0,5 avec des
valeurs de débit allant de 46 000 Nm3.j-1 à 119 000 Nm3.j-1.
En revanche, lorsque TR augmente, l’influence du choix du RAC traité sur QI,min diminue du fait
de l’homogénéisation des concentrations et des pH des milieux des différents RAC. Enfin, il
s’avère que l’ordre de grandeur des débits QI,min nécessaires à la désorption de l’ammoniac
diminue à mesure que TR augmente (Figure IV-12). De fait, comme il a été abordé dans la
partie IV.2.2. , une augmentation du taux de recyclage induit une augmentation de la quantité
de biomasse recyclée et une diminution de la vitesse d’hydrolyse qui limite l’accumulation
d’ammoniac au sein du méthaniseur. Ces premières observations indiquent que les effets sur
le débit QI,min du taux de recyclage et de la zone de désorption de l’ammoniac sont liés.
- 142 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Cela permet de faciliter ensuite l’analyse des résultats obtenus pour les autres valeurs de T R
et de mieux appréhender les influences sur le débit QI,min du taux de recyclage et de la zone
de désorption de l’ammoniac.
Comme il a été abordé dans la partie IV.4.1. , l’injection de biogaz pour la désorption
d’ammoniac dans un RAC donné engendre une augmentation du pH du milieu de digestion et
modifie donc les inhibitions à l’ammoniac libre et à l’ammonium de la biomasse méthanogène
qu’il contient. Cet effet est bénéfique dans le cas du traitement du RAC n°1 car cela permet
d’y atténuer l’inhibition à l’ion ammonium (Tableau IV-8). Lorsque le RAC n°1 n’est pas traité,
le pH du milieu reste légèrement acide ce qui empêche la substitution d’une partie de
l’inhibition à l’ammonium par de l’inhibition à l’ammoniac libre (Tableau IV-10, Tableau IV-11,
Tableau IV-12). De ce fait, la quantité d’ammoniac à extraire du méthaniseur est plus
importante que si le RAC n°1 est traité directement.
Lorsque le RAC n°2 est traité (Figure IV-12) le débit de biogaz à injecter, soit 60 000
Nm3.j-1 ne permet pas d’extraire une quantité suffisante d’ammoniac pour que, grâce au
recyclage, le RAC n°1 fonctionne correctement. Le fonctionnement global du méthaniseur est
néanmoins possible grâce à la désorption de l’ammoniac depuis le RAC n°2. Cela met en
évidence que, malgré la perte ou la baisse de fonctionnement d’un des RAC, la production de
méthane totale du méthaniseur peut être supérieure à 90% de la production maximale
atteignable sans l’intégration des inhibitions à l’ammoniac (qCH4,max ). Dans le cas présenté par
le Tableau IV-9, la production de méthane perdue dans le RAC n°1 est globalement compensée
par les productions issues des autres RAC.
- 143 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
- 144 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Malgré un potentiel d’extraction d’ammoniac maximal dans les RAC n°4 et 5, il devient alors
nécessaire de désorber une quantité plus importante d’ammoniac en augmentant le débit
d’injection de biogaz de manière à compenser cet effet néfaste de la hausse du pH sur
l’inhibition à l’ammoniac libre.
En revanche cela signifie également que plus le RAC traité est proche de la sortie du
méthaniseur, plus l’effet négatif de l’injection de biogaz sur l’inhibition à l’ammoniac NH3 sera
important (diminution du coefficient INH3). Pour TR = 1, de par l’effet positif de l’augmentation
du pH sur l’inhibition à l’ammonium du RAC n°1 et l’impact négatif de l’injection sur l’inhibition
à l’ammoniac libre des derniers RAC, la zone optimale pour la désorption de l’ammoniac se
trouve être le RAC n°1 (Figure IV-12).
- 145 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Lorsque le taux de recyclage est de 0,5, le RAC n°1 est d’autant plus sensible à la
concentration en méthanogène du RAC n°5 que le débit de recyclage est faible. Traiter
l’inhibition du procédé en désorbant l’ammoniac contenu dans les derniers RAC demande
alors des débits d’injection très élevés, supérieurs au débit nécessaire à la désorption
d’ammoniac du RAC n°2 (Figure IV-12). A mesure que le taux de recyclage augmente, les
compositions et pH des milieux de digestion des différents RAC s’homogénéisent et le débit
de biomasse recyclée en entrée de méthaniseur augmente. Lorsque le taux de recyclage passe
à 2 ou à 5, les débits QI,min associés aux RAC n°4 et 5 deviennent inférieurs au débit QI,min
associé au RAC n°1 (Figure IV-12) car l’important débit de recyclage de digestat permet de
compenser l’effet négatif de la désorption de l’ammoniac sur la concentration en
méthanogène du RAC n°5. Les tableaux de résultats relatifs aux taux de recyclage de 0,5, 2 et
5 sont donnés en ANNEXE H.
Les débits QI,min obtenus en fonction du taux de recyclage et du RAC traité sont
présentés sur la Figure IV-13. Il apparait que contrairement aux cas où Ki + est égale à 6 max,NH4
gN.L-1, la zone optimale pour la désorption de l’ammoniac correspond au RAC n°1 et ce, quelle
que soit la valeur de TR. De plus, les débits QI,min minimaux obtenus à l’issue de l’étude des cas
d’inhibition identifiés pour une valeur de Ki -1
+ de 7 gN.L (Figure IV-12) sont en moyenne
max,NH4
trois fois inférieurs aux débits minimaux estimés lorsque Ki est fixée à 6 gN.L-1 (Figure
max,NH+4
IV-12).
45 000
40 000
35 000
QI,min (Nm3.j-1)
30 000
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de disgestat brut
Figure IV-13 : Évolutions du débit QI,min nécessaire au traitement de l’ammoniac des cas
d’inhibition de la configuration n°1 pour Ki -1
+ = 7 gN.L en fonction de TR et du RAC traité
max,NH4
- 146 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
détaillés car les influences sur les valeurs de QI,min du taux de recyclage et de la zone de
désorption de l’ammoniac sont les mêmes quelle que soit la valeur de Ki + . Par exemple, à
max,NH4
mesure que le taux de recyclage augmente, les compositions et pH des RAC s’homogénéisent
et les effets de l’injection de biogaz pour la désorption d’ammoniac tendent à être les mêmes
quel que soit le RAC traité. C’est pour cela que les débits QI,min obtenus lorsque TR = 5 sont
proches (Figure IV-13).
La zone optimale pour la désorption de l’ammoniac correspond au RAC n°1 et ce, quelle
que soit la valeur de TR (Figure IV-13) car la quantité d’ammoniac à retirer du méthaniseur
pour que celui fonctionne n’est pas assez grande pour qu’il soit plus intéressant de traiter le
RAC n°5 malgré l’accentuation de l’inhibition à l’ammoniac libre et la baisse de la
concentration en méthanogène dans le courant de recyclage que cela induit.
La valeur du débit QI,min évaluée pour le traitement de ce cas d’inhibition est la plus
faible que la méthode de dichotomie puisse donner à savoir 1 000 Nm3.j-1. Une étude plus
poussée a révélé qu’il est en réalité possible d’éviter l’inhibition totale des processus de
digestion du cas présent sans avoir à traiter l’ammoniac. Pour ce faire il est simplement
nécessaire d’augmenter le débit de biogaz normalement injecté pour le mélange de la matière
dans le RAC n°1, en le passant de 400 Nm3.j-1 à 600 Nm3.j-1. La hausse de pH résultant de
l’augmentation de ce débit et de la valeur du coefficient de transfert global k La1 permettrait
de diminuer la concentration en ammoniaque total dans le RAC n°1 du simple fait de
l’équilibre liquide-gaz qui s’opérerait entre une concentration en ammoniac libre dissout plus
importante et le ciel gazeux du réacteur.
D’un point de vue procédé, ce résultat souligne que, de par son influence sur les
limitations au transfert de matière, l’agitation du milieu de digestion peut potentiellement
permettre d’éviter l’inhibition total des processus de digestion. Ce résultat réaffirme
également la nécessité de calibrer le paramètre Ki + qui a un impact considérable sur
max,NH4
- 147 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Les mêmes effets de la composition du biogaz sur la valeur de QI,min ont été constatés pour
toutes les valeurs de Ki + étudiées précédemment. Ces effets sont davantage visibles sur
max,NH4
les résultats correspondant à l’étude des cas d’inhibition intégrant une constante Ki de
max,NH+4
7 gN.L-1. Ces résultats sont donc présentés et discutés. La Figure IV-14 illustre les évolutions
de QI,min en fonction de TR et du RAC traité lorsque le gaz d’extraction est du CH4 pur tandis
que la Figure IV-15 représente ces évolutions lorsque le gaz d’extraction est du CO2 pur.
La courbe en pointillé apparaissant sur ces figures se rapporte aux débits Q I,min
minimaux obtenus pour un traitement au niveau du RAC n°1 lorsque les concentrations en
CO2 et en CH4 du biogaz utilisé pour la désorption de l’ammoniac sont égales à celles du débit
de biogaz total sortant du méthaniseur. La courbe en pointillé permet donc de montrer si, en
fonction du taux de recyclage, la variation de la composition du biogaz injecté a un impact sur
les zones optimales de la désorption de l’ammoniac.
35 000
30 000
25 000
QI,min (Nm3.j-1)
20 000
15 000
10 000
5 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de digestat brut
1 n°1
RAC 2RAC n°2 3RAC n°3 4 n°4
RAC 5 n°5
RAC RACn°1-G
RAC 1 CO2 ,Biogaz
- 148 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
D’après la Figure IV-14, l’utilisation de biogaz sans CO2 permet une réduction des QI,min
minimaux de 10% à 36% suivant le taux de recyclage de digestat. Outre la diminution de la
sursaturation en CO2 du milieu de digestion déjà causée par l’injection d’un fort débit de
biogaz pour la désorption de l’ammoniac, l’utilisation d’un courant gazeux exempt de CO 2 a
pour conséquence, d’après la loi de Henry, la désorption d’une fraction supplémentaire de
CO2. Cette désorption engendre alors une forte hausse du pH du milieu de digestion du RAC
traité. L’augmentation du potentiel d’extraction de l’ammoniac résultant de cette élévation
de pH est telle qu’à partir d’une valeur de TR de 1, il est plus intéressant de traiter le RAC n°5
malgré l’inhibition complète de l’activité des méthanogènes que cela induit dans ce réacteur.
Bien que les observations et les conclusions tirées précédemment sont spécifiques au
substrat et aux paramètres cinétiques considérés dans le modèle, les débits Q I,min restent
élevés même lorsqu’une injection de méthane pur est considérée. Or, l’utilisation d’un gaz
sans CO2 génèrerait des coûts supplémentaires à cause, par exemple, d’une étape de
traitement du biogaz en amont de son injection dans le méthaniseur.
- 149 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
65 000
55 000
45 000
QI,min (Nm3.j-1)
35 000
25 000
15 000
5 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de digestat brut
Figure IV-15 : Évolutions du débit de CO2 pur QI,min nécessaire au traitement de l’ammoniac
des cas d’inhibition de la configuration n°1 pour Ki -1
+ = 7 gN.L en fonction de TR et du
max,NH4
RAC traité
Par rapport à l’utilisation d’un courant de biogaz dont la composition est égale à la
composition du débit de biogaz total sortant du méthaniseur (GCO2,I,n = GCO2,Biogaz et GCH4 ,I,n =
GCH4,Biogaz ), l’utilisation de CO2 pur n’a, en revanche, aucune influence sur la zone optimale de
la désorption de l’ammoniac (Figure IV-15). Le RAC n°1 reste la zone du méthaniseur dans
laquelle la désorption de l’ammoniac requiert le débit QI,min le plus faible quelque soit la valeur
de TR. L’utilisation de CO2 pur permet de limiter la désorption de CO2 et la montée de pH
résultant de l’injection de biogaz dans un RAC donné. Or, comme il a déjà été expliqué, ce
phénomène permet d’atténuer les inhibitions à l’ammonium survenant dans le RAC n°1. C’est
pour cela que les débit QI,min correspondant au traitement du RAC n°1 avec du CO2 pur sont
tous supérieurs aux débits QI,min trouvés lorsque le biogaz injecté est à la composition du débit
de biogaz total sortant du méthaniseur (Figure IV-15).
- 150 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
traitée et de la composition en CO2 et en CH4 du courant de biogaz injecté. Les débits totaux
de méthane (qCH4 ) associés à chaque valeur de QI,min sont présentés en ANNEXE I.
Quel que soit le RAC traité et le taux de recyclage considéré, l’inhibition qui déclenche
l’inhibition totale des processus biologiques dans l’ensemble du méthaniseur est l’inhibition à
l’ammonium causant en premier lieu l’acidification du RAC n°1. En effet, lors des simulations
de la diminution du débit de biogaz (QI,min) l’augmentation progressive de la concentration en
ammoniaque total au sein du digesteur impacte en premier lieu les deux premiers RAC qui
contiennent les milieux les plus acides du méthaniseur favorisant la formation de l’ion
ammonium. L’inhibition du RAC n°1 engendre ensuite une inhibition en cascade des RAC
suivants et ce malgré les plus grands volumes des RAC n°3 et 4. Enfin, ce résultat peut être lié
à l’importante concentration en ammoniaque déjà présent dans l’intrant qui est de 2,5 gN.kg-1.
Les premières discussions portent sur les influences du choix du RAC dans lequel est
désorbé l’ammoniac et du taux de recyclage de digestat brut sur l’estimation de la valeur de
QI,min. Dans cette étude, les concentrations en CO2 et en CH4 du biogaz injecté pour la
désorption de l’ammoniac sont égales à celles du biogaz total sortant du méthaniseur.
- 151 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
La Figure IV-16 illustre les évolutions des différents débits QI,min obtenus en fonction
de TR et du RAC traité. Elle met en lumière la possibilité de traiter l’ammoniac et d’éviter l’arrêt
des processus de digestion dans la configuration n°2 mais montre également que cela requiert
des débits de biogaz supérieurs aux débits trouvés lors de l’étude de la configuration n°1
(Figure IV-12).
120 000
110 000
100 000
90 000
QI,min (Nm3.j-1)
80 000
70 000
60 000
50 000
40 000
30 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de digestat brut
Figure IV-16 : Évolutions du débit QI,min nécessaire au traitement de l’ammoniac des cas
d’inhibition de la configuration n°2 pour Ki -1
+ = 6 gN.L en fonction de TR et du RAC traité
max,NH4
- 152 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Tout d’abord, malgré l’effet bénéfique que peut avoir l’augmentation du pH résultant
de l’injection d’un fort débit de biogaz dans les RAC n°1 et 2, les débits Q I,min associés
respectivement au traitement de l’un et l’autre des RAC sont supérieurs à ceux trouvés dans
la configuration n°1. Les résultats associés au traitement de ces deux RAC sont présentés dans
le Tableau IV-14 et le Tableau IV-15. Le temps de séjour de la biomasse méthanogène dans les
RAC n°1 et 2 de la seconde configuration sont plus faibles que dans la configuration n°1. Les
méthanogènes contenus dans les RAC n°1 et 2 de la configuration n°2 sont donc plus sensibles
aux phénomènes d’inhibition réduisant leur vitesse de croissance au regard du temps de
passage réduit de la matière dans ces RAC. Il est donc nécessaire de désorber plus d’ammoniac
hors des milieux des RAC n°1 et 2 dans la configuration n°2 que dans la configuration n°1.
Lorsque TR est égale à 0,5 ou 1 et que la désorption de l’ammoniac a lieu dans le RAC
n°3, grâce à la répartition des volumes des RAC de la configuration n°2, une production de
méthane correcte est atteinte malgré les fortes inhibitions globales de l’activité des
méthanogènes dans les RAC n°1 et 2 (Tableau IV-16). Lorsque TR passe à 2, le RAC n°3 ne
fonctionne plus si les RAC 1 et 2 sont inhibés. Du fait de l’accentuation de l’inhibition à
l’ammoniac libre dans le RAC n°3 quand ce dernier est traité, il devient alors plus intéressant
de procéder à la désorption de l’ammoniac depuis les RAC n°1 et 2. Les tableaux de résultats
relatifs aux taux de recyclage de 0,5, 2 et 5 sont également fournis en ANNEXE J.
- 153 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Par ailleurs, il peut être noté que dans cette configuration, la majorité de la production
de méthane provient des RAC dédiés à la phase de méthanogenèse, les RAC n°3 et 4, ce qui
est cohérent vis-à-vis de la littérature (Dooms et al., 2018).
La Figure IV-17 regroupe l’ensemble des débits QI,min obtenus lors de l’étude du
traitement des cas d’inhibition intégrant une valeur Ki -1
+ égale à 7 gN.L . Les débits QI,min
max,NH4
minimaux associés au traitement du RAC n°3 (TR = 0,5 et 1) et du RAC n°1 (TR = 2 et 5) sont
respectivement deux et trois fois plus faibles que ceux obtenus lorsque Ki + était égale à 6 max,NH4
gN.L-1 (Figure
IV-16). Cette observation reflète une fois de plus l’importance de la calibration
de ce paramètre pour l’évaluation des conditions optimales de la désoprtion de l’ammoniac.
De même que lorsque Ki est égale à 6 gN.L-1, il apparait que la zone optimale
max,NH+4
- 154 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
75 000
65 000
55 000
QI,min (Nm3.j-1)
45 000
35 000
25 000
15 000
5 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de digestat brut
1 n°1
RAC 2RAC n°2 3RAC n°3 4RAC n°4
Figure IV-17 : Évolutions du débit QI,min nécessaire au traitement de l’ammoniac des cas
d’inhibition de la configuration n°2 pour Ki -1
+ = 7 gN.L en fonction de TR et du RAC traité
max,NH4
Que cela soit pour l’une ou l’autre valeur de constante d’inhibition, les débits
d’injection QI,min sont plus élevés dans le cas de la configuration n°2 que dans le cas de la
configuration n°1.
Les résultats présentés ci-après se rapportent à l’étude des cas d’inhibition intégrant une
constante Ki -1
+ de 7 gN.L . La Figure IV-19 et la Figure IV-18 représentent les évolutions de
max,NH4
QI,min en fonction de TR et du RAC traité lorsque le gaz d’extraction est du CH4 pur et du CO2
pur. La courbe en pointillé apparaissant sur ces figures se rapporte aux débits QI,min minimaux
obtenus pour un traitement au niveau du RAC n°3 (pour TR = 0,5 et 1) et du RAC n°1 (pour TR
= 2 et 5) lorsque les concentrations en CO2 et en CH4 du biogaz utilisé pour la désorption de
l’ammoniac sont égales à celles du débit de biogaz total sortant du méthaniseur.
- 155 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
75 000
65 000
55 000
45 000
QI,min
35 000
25 000
15 000
5 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de digestat brut
1 n°1
RAC 2 n°2
RAC 3 n°3
RAC 4RAC n°4 RACn°3
RAC 1 et 1-GCO2 ,Biogaz
108 000
98 000
88 000
78 000
68 000
QI,min
58 000
48 000
38 000
28 000
18 000
8 000
0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Taux de recyclage de digestat brut
1 2 3 4 RAC 1
Figure IV-18 : Évolutions du débit de CO2 pur QI,min nécessaire à la désorption de l’ammoniac
des cas d’inhibition de la configuration n°2 pour Ki -1
+ = 7 gN.L en fonction de TR et du
max,NH4
RAC traité
- 156 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
IV.7. Conclusion
L’objectif de ce chapitre est d’étudier la faisabilité de la méthode de désorption in-situ
de l’ammoniac envisagée par la société ARKOLIA Énergies et dont l’objectif est de pallier au
risque de dysfonctionnement du procédé suite à l’apparition de fortes inhibitions à
l’ammoniac.
Pour cela, la digestion d’un substrat agricole azoté dans des conditions de
fonctionnement représentatives de celles mise en œuvre au sein du méthaniseur
ARKOMETHA® a été simulé pour différentes valeurs de constante d’inhibition Ki + (6, 7 et
max,NH4
8 gN.L-1) et différents taux de recyclage de digestat brut (0,5, 1, 2 et 5). Deux configurations
de RAC en série ont été considérées pour représenter l’écoulement et la compartimentation
de la matière au sein du digesteur : cinq RAC de volumes identiques décrivant un écoulement
piston ; deux RAC dédiés à la phase d’hydrolyse suivis de deux RAC de plus grands volumes
dédiés à la phase de méthanogenèse. Ces simulations ont permis d’apprécier les différences
de performance et de comportement des deux configurations de réacteurs. Il est en effet
apparu que le mode d’écoulement piston de la première configuration améliore la
productivité du méthaniseur. Dans la seconde configuration, la répartition des temps de
séjour permet au méthanogène de supporter une plus forte concentration en ammoniac.
Cette dernière observation se retrouve dans la littérature où divers auteurs rapportent que le
recours aux méthaniseurs multi-étapes permet effectivement d’accroitre la stabilité de la
phase de méthanogenèse (Dooms et al., 2018; Janesch et al., 2021; Srisowmeya et al., 2020).
- 157 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Sur la base de l’étude du traitement d’un scénario donné (TR, configuration de RAC en série et
Ki + fixés), une première discussion a porté sur l’influence du coefficient de transfert (kLa)
max,NH4
partie de ce travail a été d’observer les influences sur la valeur de QI,min des paramètres
opératoires que sont le taux de recyclage de digestat brut, la composition en CH4 et CO2 du
débit du biogaz injecté pour la désorption de l’ammoniac et la zone du méthaniseur traitée.
Il est important de préciser que les résultats de l’ensemble de ces études dépendent à
la fois des paramètres du modèle et de la composition de l’intrant considéré. Ces résultats
montrent néanmoins qu’il est théoriquement possible de procéder à la désorption in-situ de
l’ammoniac au sein de l’ARKOMETHA® et ainsi éviter une inhibition totale des processus de
digestion et un dysfonctionnement du méthaniseur.
Néanmoins, il apparait que les valeurs des paramètres cinétiques du modèle que sont
le coefficient de transfert global kLa et la constante d’inhibition Ki + ont une influence
max,NH4
particulièrement élevée sur l’estimation du débit de biogaz QI,min. Ces paramètres cinétiques
ne sont probablement pas les seuls paramètres ayant un impact sur l’estimation de ce débit
de biogaz. Toutefois, ce sont ceux dont la calibration reste la plus incertaine du fait d’un
manque de données bibliographiques relatant l’identification de ces paramètres dans des
conditions de digestion en voie sèche de substrats agricoles (conditions simulées dans ces
travaux). Par ailleurs, il a été montré que la modification des limitations au transfert de
matière liquide-gaz, induites par l’augmentation du débit de biogaz injecté pour la désorption
d’ammoniac, entraine une désorption de CO2. Ce phénomène provoque, dans le milieu du RAC
traité, une augmentation du pH qui, du fait d’un déplacement de l’équilibre acido-basique du
couple NH4+/NH3 vers la formation de NH3, conduirait à une modification des effets
d’inhibition à l’ammoniac et à l’ammonium et pourrait perturber l’activité de la biomasse
méthanogène. D’un point de vue procédé, ces résultats signifient que le niveau d’agitation de
la matière dans le méthaniseur, conditionné par le débit de biogaz injecté dans le milieu de
digestion et traduit par la valeur de kLa, peut avoir une influence sur les inhibitions à
l’ammoniac.
- 158 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
De plus, au regard du faible impact de la composition en CH4 et CO2 du gaz injecté pour la
désorption de l’ammoniac sur l’évaluation du débit QI,min, le biogaz épuré en ammoniac peut
être directement injecté dans le milieu de digestion sans séparer le méthane du CO 2.
Malgré des incertitudes sur les valeurs des paramètres kLa et Ki et bien que les
max,NH+4
Tableau IV-18 : Débit QI,min minimaux correspondant aux traitements des cas d’inhibition de
la configuration de RAC en série n°1 en fonction de Ki + et du taux de recyclage considérés
max,NH4
Configuration n°1
Ki =6 gN.L-1 Ki + = 7 gN.L
-1 Ki = 8 gN.L-1
max,NH+4 max,NH4 max,NH+4
TR RAC QI,min QI,min/Vd,n RAC QI,min QI,min/Vd,n RAC QI,min QI,min/Vd,n
traité 3 -1
(Nm .j ) (Nm .m .j ) traité
3 -3 -1 3 -1
(Nm .j ) 3 -3 -1
(Nm .m .j ) traité 3 -1
(Nm .j ) (Nm3.m-3.j-1)
0,5 1 46 000 144 1 20 000 63 1 600 2
1 1 46 000 144 1 16 000 50 - - -
2 5 36 000 122 1 11 000 34 - - -
5 5 26 000 97 1 8 000 25 - - -
Tableau IV-19 : Débit QI,min minimaux correspondant aux traitements des cas d’inhibition de
la configuration de RAC en série n°2 en fonction de Ki + et du taux de recyclage considérés
max,NH4
Configuration n°2
Ki -1 = 7 gN.L-1
+ = 6 gN.L
max,NH4
Ki
max,NH+4
RAC
TR QI,min QI,min/Vd,n QI,min QI,min/Vd,n
traité
(Nm3.j-1) (Nm3.m-3.j-1) (Nm3.j-1) (Nm3.m-3.j-1)
0,5 3 50 000 119 25 000 59
1 3 55 000 131 28 000 67
2 1 42 000 249 14 000 83
5 1 30 000 178 8 000 48
- 159 -
Chapitre IV – Étude du traitement in-situ de l’ammoniac lors du fonctionnement
de l’ARKOMETHA®
Toutefois, il doit être souligné que pour chaque cas d’inhibition, le rapport du débit
QI,min le plus faible obtenu par unité de volume de milieu traité (Vd,n) (Tableau IV-18 et
Tableau IV-19) est compris dans la gamme des rapports présents dans la littérature qui varie
entre 12 Nm3.m-3.j-1 (Bi et al., 2020) ; 20 Nm3.m-3.j-1 (Yao et al., 2017b) ; 50 Nm3.m-3.j-1 (Serna-
Maza et al., 2017) et 1 440 Nm3.m-3.j-1 (Abouelenien et al., 2010). Ces gammes de valeurs sont
évidemment relatives aux conditions opératoires des systèmes expérimentaux étudiés durant
les différents travaux de recherche (substrat, taux de matière sèche, inoculum, température,
pH et concentration en ammoniaque total). Elles correspondent également à des expériences
menées à l’échelle du laboratoire.
Enfin, des études complémentaires seraient nécessaires à une évaluation plus réaliste
de la faisabilité de la technique de désorption de l’ammoniac envisagée par ARKOLIA Énergies.
A partir de la caractérisation d’un intrant réel et à la suite d’une étape de calibration et de
validation des paramètres clefs du modèle, ce dernier permettrait pour l’intrant considéré, de
pleinement estimer le potentiel de la technique de désorption de l’ammoniac.
- 160 -
Conclusion générale
Conclusion générale
Les principaux résultats et perspectives de ces travaux de thèse, en lien avec les
différentes parties abordées dans ce manuscrit, sont détaillés ci-après.
- 162 -
Conclusion générale
La construction d’un modèle simplifié de l’ADM1 a notamment été motivé par la complexité
analytique de caractérisation fine des milieux de digestion en voie sèche et la difficulté
d’identifier les paramètres cinétiques du modèle indépendamment les uns des autres. Les
hypothèses simplificatrices formulées sur la base de connaissance des systèmes de digestion
en voie sèche du laboratoire DEEP conduisent alors à modèle biologique à deux étapes : une
étape d’hydrolyse/acidogenèse, nommée DHA, au cours de laquelle les fractions facilement
et difficilement dégradables de la matière particulaire de l’intrant sont converties en acétate,
carbone inorganique, méthane et ammoniaque ; puis une étape de méthanogenèse durant
laquelle l’acétate est converti en méthane et carbone inorganique.
Dans ce modèle, l’effet d’inhibition de l’ammoniac libre sur la biomasse méthanogène est
décrit par la fonction d’inhibition non-compétitive proposée dans l’ADM1. Cette fonction
permet de calculer un facteur multiplicateur, variant entre 0 (inhibition totale) et 1 (aucune
inhibition), qui impacte directement la vitesse de croissance des méthanogènes. Grâce à la
définition de cas d’intrants agricoles types qu’il serait possible de retrouver en région
Occitanie, réalisée par les bureaux d’études SOLAGRO (ANNEXE n°2), une étude d’analyse de
sensibilité globale a été menée sur les paramètres cinétiques et de transfert du modèle afin
d’estimer ceux qui ont le plus d’impact sur les sorties du modèle et qui, de ce fait requièrent
un effort d’identification particulier. Cette étude a pour cela été basée sur des simulations de
la digestion d’un intrant agricole type de la région Occitanie, composé majoritairement
d’ensilage d’herbe, de menue de paille, de fumier bovin, de fiente de volaille et de lisiers
porcin et bovin dans un méthaniseur assimilé à un réacteur parfaitement agité. L’analyse de
sensibilité des paramètres du modèle est alors révélée que dans le cas où aucun phénomène
d’inhibition à l’ammoniac est avéré, les paramètres cinétiques déterminant dans la description
de la production de biogaz du méthaniseur sont les constantes de la cinétique d’hydrolyse.
Cette étude de sensibilité souligne également l’importance de la calibration du coefficient de
transfert global kLa dans la description du pH du milieu de digestion. Ce paramètre caractérise
les cinétiques et les limitations aux transferts de matière liquide-gaz des composés solubles
considérés dans ce modèle à savoir CH4, CO2 et NH3. Les résultats de l’étude de sensibilité ont,
en outre, permis de mettre en évidence la cohérence des réponses du modèle par rapport aux
données bibliographiques décrivant l’hydrolyse comme étant l’étape cinétiquement limitante
des procédés de digestion en voie sèche. Ils ont également montré l’importance de la
calibration du paramètre de transfert kLa tant les limitations au transfert de matière peuvent
advenir dans les milieux à forte teneur en matière sèche engendrant des sursaturations
importantes d’acide (CO2) ou de composés inhibiteurs comme l’ammoniac.
- 163 -
Conclusion générale
La phase gaz du méthaniseur est quant à elle représentée par une succession de 5 zones
homogènes chacune située au-dessus d’un RAC et échangeant de la matière seulement avec
le RAC auquel elle est associée. La vérification de la capacité du modèle à décrire de fortes
inhibitions à l’ammoniac est basée sur des simulations de la digestion de l’intrant n°1 en
considérant la fonction d’inhibition proposée dans l’ADM1 et une fonction dite à seuils plus
récemment développée par Astal et al. (2018). Cette dernière est caractérisée par deux
concentrations seuils en ammoniac (Kimin et Kimax ) décrivant d’une part la concentration en NH3
à partir de laquelle l’activité méthanogène commence à être inhibée et d’autre part la
concentration en NH3 au-delà de laquelle elle l’est totalement. Au regard de la multitude de
données bibliographiques disponibles sur les valeurs de la constante de demi-saturation Ki
(utile à la fonction d’inhibition non-compétitive) et des valeurs seuils Kimin et Kimax , différentes
valeurs des constantes d’inhibition sont considérées dans cette étude. Ces dernières sont
tirées des travaux de recherche de Capson-Tojo et al. (2020) et correspondent à des
constantes identifiées sur des systèmes de digestion de substrats agricoles. Cette étude a
finalement permis de dresser les conclusions suivantes :
A partir des travaux d’Astal et al. (2018), une fonction d’inhibition à seuils a également été
intégrée au modèle biologique afin de décrire l’effet inhibiteur de l’ion NH4+ sur la biomasse
méthanogène et ce notamment à de faibles pH et/ou à de fortes concentrations en
ammoniaque total. Néanmoins, les seuils d’inhibition à l’ammonium sont peu décrits dans la
littérature. L’étude de l’influence sur les sorties du modèle des constantes d’inhibitions seuils
de cette fonction est donc menée. Au cours de cette étude, la simulation de la digestion de
l’intrant n°1 est réalisée pour une valeur Kimin,NH+ fixée à 3 gN.L-1 et une valeur Kimax,NH+ modifiée
4 4
entre 6, 7, 8, 9 et 10 gN.L-1.
- 164 -
Conclusion générale
La dernière partie de ces travaux de thèse se penche sur l’étude de la désorption in-
situ de l’ammoniac mise en place au cours de la digestion de l’intrant n°1 dans un méthaniseur
ARKOMETHA®. Afin de simuler le fonctionnement réel du méthaniseur, le recyclage de
digestat brut normalement effectué dans le procédé réel ainsi que le mélange de la matière
par la réinjection d’une fraction du biogaz produit sont pris en compte dans le modèle de
réacteur. De plus, deux configurations de RAC en série sont considérées pour représenter le
milieu de digestion de l’ARKOMETHA® : cinq RAC de volumes identiques décrivant un
écoulement piston ; deux RAC de faibles volumes dédiés à une phase d’hydrolyse/acidogenèse
(représentant chacun 11% du volume total du méthaniseur) suivis de deux RAC de plus grands
volumes consacrés à la phase de méthanogenèse (représentant respectivement 25% et 53%
du volume total). Par ailleurs, en raison de l’incertitude qui pèse sur la calibration du
paramètre Kimax,NH+ , trois valeurs de constante d’inhibition sont considérés à savoir 6, 7 et 8
4
gN.L-1.
Cela conduit à l’identification de scénarios (configuration de RAC en série, valeurs de
taux de recyclage et de Ki + ) où l’inhibition à l’ammoniac induit l’inhibition totale des
max,NH4
- Le modèle développé montre qu’il est possible de désorber l’ammoniac in-situ dans le
digesteur et d’éviter l’inhibition totale des processus de digestion ;
- Néanmoins, le débit de biogaz nécessaire à la désorption de l’ammoniac (QI,min)
dépend grandement de la calibration des paramètres kLa et Ki +.
max,NH4
- 165 -
Conclusion générale
- Bien que les résultats présentés dans ce chapitre sont propres à l’intrant et aux
paramètres cinétique considérés dans le modèle, si la quantité d’ammoniac à retirer
est importante (si la valeur de Ki -1
+ est faible (6 et 7 gN.L )), alors la solution
max,NH4
- 166 -
Conclusion générale
Pour aller plus loin, il serait primordial de procéder à une phase d’identification paramétrique
et de validation du modèle sur des données expérimentales. La méthode d’analyse de
sensibilité global appliquée au modèle de réacteur a permis d’indiquer les paramètres donc la
calibration précise est nécessaire afin que le modèle fournisse des réponses fiables.
- 167 -
ANNEXES
ANNEXES
ANNEXE A :
Équations des équilibres thermodynamiques acido-basiques et liquide-gaz
Cette annexe regroupe l’ensemble des équations de calcul des équilibres thermodynamiques
utilisées dans le modèle de digestion.
- 170 -
ANNEXES
ANNEXE B :
Méthodologie du passage des caractéristiques d’un substrat aux variables d’entrée
du modèle
Le lot n°3 du projet OCCIMETHA porte sur l’évaluation du potentiel de ressources
méthanisables d’origines agricoles en région Occitanie à moyen et long termes. Cette étude,
effectuée par les bureaux Solagro, a permis de mettre en lumière l’existence de trois scénarii
types de méthanisation qu’il serait possible de retrouver dans différents départements de la
région. Un scénario se présente sous la forme d'un mélange de ressources (fumier bovin, lisier
bovin, etc…) estimées en tonnes par an. Ce tonnage est converti en tonnes par jour afin de
correspondre à un débit d’alimentation journalier. Par exemple pour le scénario n°1, le
gisement estimé est de 18 330 t.an-1 ce qui représente un débit journalier à méthaniser de
50,2 t.j-1 (Tableau B-1). Le détail de la répartition des différentes ressources qui composent le
substrat n°1 est visible sur la première colonne du Tableau B-1. Les colonnes restantes de ce
tableau correspondent à des mesures effectuées par le laboratoire DEEP de l’INSA de Lyon sur
des substrats analogues. Ces données servent à estimer les caractéristiques du substrat global.
II en est de même pour les scénarii 2 et 3 qui sont respectivement décrits par le Tableau B-2
et le Tableau B-3. Il peut être noté que dans le cas des scénarii n°1 et 2, de l’eau fraiche est
rajoutée au substrat initial afin que l’intrant (substrat + eau) atteigne un TS de 30% en entrée
du méthaniseur (TS maximum admissible dans un méthaniseur ARKOMETHA®). Enfin, les
valeurs des constantes k1 et k2 présentées dans le Tableau B-4 sont fournies par le laboratoire
DEEP et proviennent également d’une base de données de mesures expérimentales.
Tableau B-1: Compositions et caractéristiques du substrat n°1 définit par les bureaux
SOLAGRO
- 171 -
ANNEXES
4CIVEs
Tableau B-2 : Compositions et caractéristiques du substrat n°2 définit par les bureaux
SOLAGRO
4CIVEs
Tableau B-3 : Compositions et caractéristiques du substrat n°3 définit par les bureaux
SOLAGRO
- 172 -
ANNEXES
k1 k2 αj,N
(j-1) (j-1) (mol.gDCO-1)
Fumier bovin 0,09 0,3 0,0012
Lisier bovin 0,09 0,3 0,0019
Fumier ovin 0,09 0,3 0,0020
Lisier porcin 0,09 0,3 0,0029
Fiente volaille 0,13 0,3 0,0019
Fumier caprin 0,09 0,3 0,0018
Menue paille 0,09 0,3 0,0006
Ensilage
0,16 0,3 0,0009
herbe
Substrat 1 0,12 0,3 0,0009
Substrat 2 0,11 0,3 0,0008
Substrat 3 0,09 0,3 0,0017
- 173 -
ANNEXES
- 174 -
ANNEXES
ANNEXE C :
Résultats des tests d’autocorrélation et de normalité des résidus effectués lors de
l’étude de sensibilité du modèle biochimique intégré à un modèle d’un unique
réacteur parfaitement mélangé
Tableau C-1 : Valeurs des coefficients et des p-value des tests de Durbin-Watson et de
Shapiro-Wilk effectués sur les résidus des régressions linéaires appliquées aux sorties du
modèle suivantes : production de biogaz, pH et pourcentage de méthane dans le biogaz
qG pH %CH4 qG pH %CH4
DW = 2,133 DW = 1,888 DW = 1,978 W = 0,967 W = 0,736 W = 0,960
1
(p = 0,92) (p = 0,65) (p = 0,92) (p = 0,57) (p = 0,00) (p = 0,41)
Le test de Shapiro effectué sur l’équation du pH montre que les résidus ne suivent pas
une distribution gaussienne. En ajoutant le terme carré d'un seul des deux paramètres
sélectionnés (xkLa²) dans l’équation de régression du pH (équation (51)) et en effectuant un
nouveau test de Shapiro, il apparait que les nouvelles valeurs de résidu suivent une
distribution normale. Ceci confirme qu’il est possible d’interpréter les résultats de l’analyse de
sensibilité du pH à partir de l’équation de régression linéaire (équation (51)) qui comporte les
effets principaux de xk2 et xkL a . A titre d’information, l’équation de régression intégrant xkLa²
est la suivante :
Le résultat du Test de Shapiro effectué sur les résidus de la régression ci-dessus est le suivant :
W = 0,934 et p = 0,11.
- 175 -
ANNEXES
ANNEXE D :
Influence de la fonction d’inhibition NH3 utilisée sur les sorties du modèle : résultats
de simulations impliquant les valeurs de constantes d’inhibition (Kimin , Ki et Kimax )
associés aux cluster n°4 et n°5 identifiés par Capson-Tojo et al., (2020).
Tableau D-1 : Résultats de la simulation de la digestion du substrat 1 en intégrant la formule
d'inhibition non-compétitive pour un Ki = 0,458 gN.L-1 (cluster n°4)
SN SA qG
pH INH3 TS %CH4 %Dégradation
(gN.kg-1) (gDCO.kg-1) (Nm3.j-1)
1 3,87 6,86 0,66 0,77 0,25 3 654 53,6 45
2 4,71 7,20 0,10 0,57 0,22 1 850 51,6 67
RAC 3 5,21 7,42 0,07 0,44 0,20 1 040 50,7 79
4 5,51 7,56 0,05 0,35 0,18 623 50,0 86
5 5,70 7,67 0,04 0,30 0,17 396 49,4 91
Total 7 564 52,2
SN SA qG
pH INH3 TS %CH4 %Dégradation
(gN.kg-1) (gDCO.kg-1) (Nm3.j-1)
1 3,86 6,87 0,30 1,00 0,25 3 660 53,6 45
2 4,71 7,20 0,07 0,77 0,22 1 844 51,5 67
RAC 3 5,21 7,41 0,17 0,23 0,20 1 038 50,6 79
4 5,52 7,51 2,25 0,06 0,18 594 47,5 86
5 5,72 7,53 5,10 0,03 0,17 353 43,9 89
Total 7 490 51,7
SN SA qG
pH INH3 TS %CH4 %Dégradation
(gN.kg-1) (gDCO.kg-1) (Nm3.j-1)
1 3,87 6,87 0,41 0,88 0,25 3 658 53,6 45
2 4,71 7,20 0,07 0,76 0,22 1 846 51,5 67
RAC 3 5,21 7,42 0,04 0,64 0,20 1 040 50,7 79
4 5,51 7,57 0,03 0,56 0,18 623 50,0 86
5 5,70 7,67 0,02 0,50 0,17 396 49,4 91
Total 7 563 52,2
- 176 -
ANNEXES
SN SA qG
pH INH3 TS %CH4 %Dégradation
(gN.kg-1) (gDCO.kg-1) (Nm3.j-1)
1 3,86 6,87 0,30 1,00 0,25 3 660 53,6 45
2 4,71 7,20 0,05 1,00 0,22 1 845 51,5 67
RAC 3 5,21 7,42 0,03 0,90 0,20 1 040 50,7 79
4 5,51 7,57 0,02 0,71 0,18 623 50,0 86
5 5,70 7,67 0,02 0,52 0,17 396 49,4 91
Total 7 564 52,2
Dans le cas d’une valeur de Ki égale à 0,458 gN.L-1, lors de la simulation avec la fonction
d’inhibition non compétitive, la concentration en acétate diminue le long des réacteurs
(Tableau D-1) tandis que dans la simulation faisant appel à la fonction à seuil, il y a une légère
accumulation d’acétate le long des réacteurs jusqu’à atteindre les 2,25 gDCO.kg-1 et 5,10
gDCO.kg-1 dans les RAC 4 et 5 (Tableau D-2). Il peut être noté que dans le cas de la fonction
d’inhibition non-compétitive, malgré un coefficient d’inhibition qui atteint la valeur de 0,3
dans le RAC 5 il n’y a pas d’accumulation d’acétate (Tableau D-1). En réalité pour qu’il y ait une
accumulation d’acétate au sein d’un réacteur il faut que les vitesses d’entrée et de production
de l’acétate dans ce réacteur soient supérieures aux vitesses de consommations et de sortie.
Or, la vitesse de l’étape de production d’acétate qu’est l’hydrolyse diminue le long des
réacteurs. De plus, les RAC 2, 3, 4 et 5 sont alimentés en biomasse méthanogène ce qui
améliore la vitesse de consommation de l’acétate. Il faut alors une forte inhibition pour
constater une accumulation d’acétate dans les derniers réacteurs comme c’est le cas à l’issue
de l’application de la fonction à seuil (Tableau D-2).
D’après le Tableau D-3 et le Tableau D-4s, lorsque Ki est égale à 0,077 mol.L-1, la
digestion du substrat n°1 ne présente aucune problématique d’inhibition à l’ammoniac quelle
que soit la formule d’inhibition utilisée.
- 177 -
ANNEXES
ANNEXE E :
Analyse de sensibilité globale des paramètres du modèle de réacteur dans une
configuration de 5 RAC en série de volumes égaux et intégrant les fonctions
d’inhibitions à seuils de l’ammoniac libre et de l’ammonium.
Le modèle de réacteur compte au total 14 paramètres à étudier. Les niveaux
correspondant aux valeurs prises par ces paramètres lors de l’étude de sensibilité sont
présentés dans le Tableau III-8. Ainsi, l’application de la méthode de construction de la matrice
d’expériences développée par Phoa et Lin (2015) conduit à une matrice X comportant 29
simulations à réaliser (Tableau E-1). Ces simulations sont basées sur la digestion du l’intrant
n°1 dans un méthaniseur de 2000 m3 (taux de remplissage de 80%) dont le mode
d’écoulement est représenté par une succession de 5 RAC de volumes identiques. A l’issue de
ces simulations les valeurs de production de biogaz (qG), de pH et de pourcentage de méthane
dans le biogaz (%CH4) pour chacun des réacteurs sont discutées. Enfin, l’analyse statistique
des résultats par régression linaire multiple permet d’évaluer les paramètres dont les
variations influent significativement les sorties du modèle précédemment citées.
- 178 -
ANNEXES
Tableau E-1 : Matrice des simulations obtenue pour 14 paramètres variables résultant de
l’application de la méthode de construction de plan DSD de Phoa et Lin, 2015
xK i max,NH4+
xK i min,NH4+
xpHLL,Xbha
xpHUL,Xbha
xpHUL,Xbm
xpHLL,Xbm
Simulation
xμmax
xkL a
xk1
xK i
xk7
xk8
xk2
xKs
1 0 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
2 1 0 1 1 1 1 1 1 -1 -1 -1 -1 -1 -1
3 1 1 0 1 -1 -1 -1 1 1 1 -1 1 -1 -1
4 1 1 1 0 1 -1 -1 -1 1 -1 1 -1 -1 1
5 1 1 -1 1 0 1 -1 -1 -1 1 -1 -1 1 1
6 1 1 -1 -1 1 0 1 -1 1 -1 -1 1 1 -1
7 1 1 -1 -1 -1 1 0 1 -1 -1 1 1 -1 1
8 1 1 1 -1 -1 -1 1 0 -1 1 1 -1 1 -1
9 1 -1 1 1 -1 1 -1 -1 0 -1 1 1 1 -1
10 1 -1 1 -1 1 -1 -1 1 -1 0 -1 1 1 1
11 1 -1 -1 1 -1 -1 1 1 1 -1 0 -1 1 1
12 1 -1 1 -1 -1 1 1 -1 1 1 -1 0 -1 1
13 1 -1 -1 -1 1 1 -1 1 1 1 1 -1 0 -1
14 1 -1 -1 1 1 -1 1 -1 -1 1 1 1 -1 0
15 0 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1
16 -1 0 -1 -1 -1 -1 -1 -1 1 1 1 1 1 1
17 -1 -1 0 -1 1 1 1 -1 -1 -1 1 -1 1 1
18 -1 -1 -1 0 -1 1 1 1 -1 1 -1 1 1 -1
19 -1 -1 1 -1 0 -1 1 1 1 -1 1 1 -1 -1
20 -1 -1 1 1 -1 0 -1 1 -1 1 1 -1 -1 1
21 -1 -1 1 1 1 -1 0 -1 1 1 -1 -1 1 -1
22 -1 -1 -1 1 1 1 -1 0 1 -1 -1 1 -1 1
23 -1 1 -1 -1 1 -1 1 1 0 1 -1 -1 -1 1
24 -1 1 -1 1 -1 1 1 -1 1 0 1 -1 -1 -1
25 -1 1 1 -1 1 1 -1 -1 -1 1 0 1 -1 -1
26 -1 1 -1 1 1 -1 -1 1 -1 -1 1 0 1 -1
27 -1 1 1 1 -1 -1 1 -1 -1 -1 -1 1 0 1
28 -1 1 1 -1 -1 1 -1 1 1 -1 -1 -1 1 0
29 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
- 179 -
ANNEXES
Tableau E-2 : Valeurs des réponses du modèle associées à la matrice d’expérience X : débits
de biogaz, pourcentage de méthane dans le biogaz et le pH de chaque RAC
1 3682 1866 1025 602 377 6,71 7,06 7,30 7,47 7,60 53,7 51,7 50,9 50,1 49,3
2 187 148 115 94 79 4,45 4,37 4,32 4,28 4,26 51,8 50,2 50,0 50,0 50,0
3 151 157 135 115 98 4,44 4,36 4,30 4,27 4,24 51,8 50,5 50,2 50,0 50,0
4 2903 1990 1044 483 224 6,06 6,19 5,86 5,32 5,09 53,7 51,1 43,8 41,7 44,3
5 484 429 324 244 190 4,25 4,16 4,12 4,09 4,07 50,6 50,2 50,1 50,0 50,0
6 608 409 286 216 172 4,25 4,16 4,12 4,10 4,08 50,6 50,1 50,0 50,0 50,0
7 218 181 144 119 102 4,43 4,33 4,28 4,25 4,22 51,5 50,2 50,0 50,0 50,0
8 3371 1386 769 542 407 6,73 7,11 7,17 7,17 7,16 53,8 51,5 46,2 45,2 45,6
9 1570 960 625 470 391 6,23 6,47 6,67 6,80 6,89 55,4 53,5 52,3 51,7 51,5
10 1577 960 611 440 350 6,23 6,47 6,68 6,83 6,93 55,5 53,4 52,3 51,7 51,4
11 2053 800 494 401 362 6,84 7,19 7,27 7,27 7,26 55,1 51,7 48,3 47,1 47,4
12 2033 778 496 404 357 6,85 7,20 7,35 7,42 7,47 55,3 51,6 50,8 50,8 50,8
13 95 96 79 63 51 4,50 4,43 4,39 4,36 4,34 52,7 50,9 50,3 50,1 50,0
14 342 193 121 90 75 4,36 4,29 4,25 4,23 4,21 51,0 50,1 50,0 50,0 50,0
15 229 201 150 113 90 4,38 4,30 4,26 4,23 4,21 51,2 50,4 50,1 50,0 50,0
16 280 290 250 209 177 4,35 4,24 4,19 4,15 4,13 51,0 50,3 50,1 50,0 50,0
17 1297 498 346 286 256 6,97 7,26 7,34 7,35 7,34 57,2 51,7 49,8 48,1 47,6
18 1433 581 384 300 249 6,91 7,24 7,36 7,43 7,48 56,3 52,7 50,9 50,7 50,6
19 1666 871 639 511 427 6,90 7,15 7,27 7,36 7,43 56,0 51,9 51,1 50,9 50,8
20 1270 952 705 534 418 6,28 6,46 6,61 6,75 6,86 56,1 53,6 52,4 51,8 51,5
21 1581 890 649 516 423 6,71 6,96 7,10 7,20 7,25 56,1 52,4 51,4 51,0 49,7
22 1268 966 743 593 493 6,29 6,45 6,59 6,71 6,81 56,2 53,6 52,3 51,8 51,5
23 147 131 112 98 88 4,48 4,40 4,34 4,30 4,27 52,3 50,3 50,0 50,0 50,0
24 489 381 292 233 189 4,29 4,19 4,14 4,11 4,09 50,7 50,1 50,0 50,0 50,0
25 392 390 323 260 210 4,29 4,18 4,13 4,10 4,08 50,7 50,2 50,1 50,0 50,0
26 123 136 124 110 98 4,47 4,38 4,33 4,29 4,26 52,1 50,6 50,2 50,1 50,0
27 2794 1372 817 547 398 6,77 7,09 7,30 7,43 7,52 54,3 51,7 50,9 50,5 50,2
28 2439 2009 1384 875 532 6,11 6,29 6,51 6,73 6,94 54,2 52,5 52,0 51,6 51,1
29 2809 1551 950 636 453 6,56 6,87 7,09 7,25 7,37 54,2 52,1 51,3 50,8 50,4
- 180 -
ANNEXES
1- Production de biogaz
Sur l’ensemble des résultats un phénomène d’inhibition totale, se produisant dès le RAC
1, apparait lors de 13 simulations sur 29 (Tableau E-2). Cela donne lieu à d’importantes
étendues de résultats puisque les valeurs minimales et maximales des débits de biogaz des
réacteurs 1 à 5 sont respectivement de 95 et 3682 Nm3.j-1, 96 et 2009 Nm3.j-1, 79 et 1384
Nm3.j-1, 63 et 875 Nm3.j-1, 51 et 532 Nm3.j-1. Les débits de biogaz obtenus lors des simulations
peuvent globalement être divisés entre une plage de valeur correspondant à un système
fonctionnant sans inhibition totale et une plage de valeur qui rend compte de l’inhibition total
du fonctionnement du méthaniseur.
Tableau E-3 : Paramètres ayant un effet significatif sur les productions de biogaz des
différents RAC : valeurs des coefficients (effets principaux) et valeurs-p correspondantes
Il est rappelé que la sensibilité du modèle aux paramètres est significative pour p < 0,05. Aussi,
les tests de Durbin-Watson et de Shapiro-Wilk révèlent que pour l’ensemble des régressions
linéaires multiples, les résidus ne sont pas autocorrélés et suivent une loi normale (Tableau E-6).
Le Tableau E-3 montre que les paramètres ayant le plus d’influence sur les prédictions des
productions de biogaz des différents réacteurs sont µmax, Kimin,NH+ ainsi que Kimax,NH+ . Ces
4 4
paramètres servent à définir la cinétique de méthanogenèse et l’effet d’inhibition à
l’ammonium qui apparait alors comme étant l’inhibition responsable du déclenchement de
l’inhibition total des processus de méthanisation de l’intrant n°1. Il semble également que la
valeur du kLa ait une influence sur la production de biogaz du premier réacteur de par son
influence sur le pH qui peut limiter la vitesse de méthanogenèse. Le paramètre pH UL,Xbha
semble également avoir un effet sur les débits de biogaz émanant des RAC 2, 3 et 4 (Tableau
E-3). Ce paramètre a en réalité une influence sur les productions de biogaz quand il n’y a pas
d’inhibition totale, soit lorsque les pH des milieux tendent vers des pH de plus en plus
basiques.
- 181 -
ANNEXES
2- pH
Le Tableau E-4 présente l’ensemble des paramètres dont les variations ont un effet
significatif sur les valeurs du pH des milieux des différents réacteurs. Les valeurs de pH
observées sur les 29 simulations varient entre 4,25 et 6,97 pour le RAC 1, 4,16 et 7,26 pour le
RAC 2, 4,12 et 7,36 pour le RAC 3, 4,09 et 7,47 le RAC 4 et entre 4,07 et 7,60 pour le RAC 5. Les
tests de Durbin-Watson et de Shapiro-Wilk ont été réalisés sur l’ensemble des régressions et
indique que les résidus sont normalement distribués et qu’ils ne sont pas auto corrélés
(Tableau E-4).
Tableau E-4 : Paramètres ayant un effet significatif sur les valeurs de pH des différents RAC
: valeurs des coefficients (effets principaux) et valeurs-p correspondantes
Les paramètres significatifs pour la prédiction du pH des différents milieux de digestion sont
la constante d’hydrolyse k2, le coefficient de transfert global kLa ainsi que les constantes liées
à la cinétique de méthanogenèse µmax, Kimin,NH+ et Kimax,NH+ . En effet, une augmentation de la
4 4
constante d’hydrolyse k2 engendre une plus grande concentration en ammoniac dans le
premier réacteur, lieu où l’inhibition totale apparait. D’autre part, une diminution des valeurs
de µmax, Kimin,NH+ et Kimax,NH+ augmentent la sensibilité de la biomasse méthanogène à des
4 4
phénomènes d’inhibition à l’ion ammonium. Enfin, la dépendance du pH à la valeur du k La
réside dans le niveau de sursaturation en CO2 des milieux de digestion défini par la valeur du
coefficient de transfert global.
Il peut être noté que l’impact de k2 sur l’apparition du phénomène d’inhibition totale est
présent lors de l’analyse des valeurs de pH alors qu’il n’était pas visible lors de l’étude des
productions de biogaz. En réalité, une augmentation du niveau de k2 pourrait soit engendrer
une augmentation de qG soit elle pourrait participer à la genèse de l’inhibition à l’ammonium
et donc avoir pour conséquence une chute de la production. Ces deux effets sur qG pourraient
se compenser et n’apparaitraient donc pas dans la première étude.
- 182 -
ANNEXES
Tableau E-5: Paramètres ayant un effet significatif sur les pourcentages de méthane dans
les courants de biogaz issus des RAC : valeurs des coefficients (effets principaux) et valeurs-
p correspondantes
Il apparait que les paramètres ayant un impact significatif sur la prédiction du %CH 4
correspondant aux RAC 1 et 2 sont les coefficients k1, k2, µmax, Kimin,NH+ et Kimax,NH+ . Les effets
4 4
négatifs de k1 et k2 sont dus au fait qu’une augmentation des cinétiques d’hydrolyse engendre
une plus forte production de biogaz mais également un plus faible pH résultant en une
désorption plus importante de CO2. Aussi, l’impact supérieur de k2 est dû à l’inhibition à
l’ammonium qui peut advenir suite à une augmentation du niveau du coefficient et ainsi
causer une diminution du %CH4. Les effets des paramètres relatifs à la méthanogenèse se
justifient également par la possible apparition de cette inhibition à l’issue d’une modification
des niveaux de µmax, Kimin,NH+ et Kimax,NH+ .
4 4
Ensuite, les effets de µmax, Kimin,NH+ et Kimax,NH+ sur les %CH4 des RAC 3 et 5 n’apparaissent
4 4
plus comme étant significatifs car le %CH4 le long du méthaniseur se rapproche de 50% même
lorsqu’il n’y a pas d’inhibition de la méthanogenèse. En revanche, il apparait que le niveau du
paramètre Ki a un impact significatif sur le %CH4 des RAC 3 et 5.
- 183 -
ANNEXES
Résultats des tests d’autocorrélation et de normalité des résidus effectués lors de l’étude
de sensibilité du modèle amélioré
Tableau E-6 : Valeurs des coefficients et des p-value des tests de Durbin-Watson et de
Shapiro-Wilk effectués sur les résidus des régressions linéaires appliquées aux sorties du
modèle suivantes : production de biogaz, pH et pourcentage de méthane dans le biogaz de
chacun des RAC
Le test de normalité des résidus effectué sur les pourcentages de méthane (%CH4)
correspondant au RAC 4 révèle que les résidus entre régression linéaire et les données des
simulations ne suivent pas une loi normale. Or cette condition est nécessaire à l’application
de la méthode d’analyse statistique de régression linaire multiple.
L’équation de régression linéaire correspondant à cette sortie est la suivante :
%CH4 = 49,86 − 0,69 xk1 − 0,64 xk2 + 0,64 x𝑘8 − 0,70 xpHUL,Xbm + 0,8 x𝐾𝑖
De plus il est apparu qu’aucun ajout d’effet quadratique des paramètres apparaissant dans
l’équation de régression ne permet de satisfaire la condition de normalité des résidus.
L’analyse statistique des %CH4 correspondant au RAC 4 n’est donc pas faisable.
- 184 -
ANNEXES
ANNEXE F :
Étude de la désorption de l’ammoniac des scénarios d’inhibition identifiés dans le
cadre de la configuration de RAC en série n°1 : Débits minimaux d’injection,
coefficients de transferts et débits de méthane associés
Tableau F-1 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR = 0,5 et Kimax,NH+ = 6 gN.L-1
4
TR = 0,5
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
46 000 56 000 119 000 103 000 93 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 575 700 1 488 1 288 1163
GCO2,Biogaz
qCH4
3 782 3 677 3 845 3 837 3 838
(Nm3.j-1)
QI,min
43 000 53 000 69 000 61 000 57 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 538 663 863 763 713 3 907
0 mol.L-1
qCH4
3 758 3 666 3 810 3 792 3 707
(Nm3.j-1)
QI,min
53 000 65 000 239 000 205 000 184 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 663 813 2 988 2 563 2 300
0,037 mol.L-1
qCH4
3 810 3 693 3 871 3 865 3 865
(Nm3.j-1)
- 185 -
ANNEXES
Tableau F-2 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR =1 et Kimax,NH+ = 6 gN.L-1
4
TR = 1
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
46 000 60 000 56 000 52 000 52 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 575 750 700 650 650
GCO2,Biogaz
qCH4
3 722 3 647 3 743 3 739 3 730
(Nm3.j-1)
QI,min
41 000 54 000 41 000 27 000 24 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 513 675 513 338 300 3 824
0 mol.L-1
qCH4
3 705 3 730 3 714 3 663 3 627
(Nm3.j-1)
QI,min
55 000 72 000 99 000 90 000 84 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 688 900 1 238 1 125 1 050
0,037 mol.L-1
qCH4
3 741 3 661 3 771 3 770 3 778
(Nm3.j-1)
Tableau F-3 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR = 2 et Ki -1
+ = 6 gN.L
max,NH4
TR = 2
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
39 000 44 000 39 000 36 000 36 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 488 550 488 450 450
GCO2,Biogaz
qCH4
3 630 3 646 3 640 3 623 3 610
(Nm3.j-1)
QI,min
34 000 33 000 20 000 18 000 16 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 425 413 250 225 200 3 727
0 mol.L-1
qCH4
3 626 3 617 3 582 3 522 3 551
(Nm3.j-1)
QI,min
51 000 57 000 52 000 48 000 47 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 638 713 650 600 588
0,037 mol.L-1
qCH4
3 650 3 663 3 666 3 667 3 676
(Nm3.j-1)
- 186 -
ANNEXES
Tableau F-4 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR = 5 et Kimax,NH+ = 6 gN.L-1
4
TR = 5
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
31 000 31 000 29 000 28 000 26 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 388 388 363 350 325
GCO2,Biogaz
qCH4
3 514 3 517 3 502 3 489 3 501
(Nm3.j-1)
QI,min
20 000 18 000 17 000 16 000 14 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 250 225 213 200 175 3 614
0 mol.L-1
qCH4
3 490 3 463 3 425 3 402 3 462
(Nm3.j-1)
QI,min
42 000 42 000 41 000 40 000 39 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 525 525 513 500 488
0,037 mol.L-1
qCH4
3 534 3 541 3 542 3 545 3 555
(Nm3.j-1)
Tableau F-5 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR = 0,5 et Ki -1
+ = 7 gN.L
max,NH4
TR = 0,5
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
20 000 32 000 40 000 37 000 39 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 250 400 500 462,5 487,5
GCO2,Biogaz
qCH4
3 741 3 655 3 814 3 804 3 767
(Nm3.j-1)
QI,min
18 000 30 000 31 000 21 000 20 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 225 375 388 263 250 3 907
0 mol.L-1
qCH4
3 717 3 638 3 791 3 715 3 668
(Nm3.j-1)
QI,min
240 00 37 000 59 000 54 000 50 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 300 463 738 675 625
0,037 mol.L-1
qCH4
3 778 3 683 3 840 3 839 3 846
(Nm3.j-1)
- 187 -
ANNEXES
Tableau F-6 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR = 1 et Kimax,NH+ = 7 gN.L-1
4
TR = 1
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
16 000 29 000 24 000 24 000 26 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 200 363 300 300 325
GCO2,Biogaz
qCH4
3 663 3 725 3 712 3 682 3 665
(Nm3.j-1)
QI,min
14 000 25 000 15 000 13 000 12 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 175 313 188 163 150 3 824
0 mol.L-1
qCH4
3 643 3 708 3 667 3 594 3 610
(Nm3.j-1)
QI,min
21 000 33 000 28 000 27 000 27 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 263 413 350 338 338
0,037 mol.L-1
qCH4
3 700 3 743 3 742 3 741 3 744
(Nm3.j-1)
Tableau F-7 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR = 2 et Ki -1
+ = 7 gN.L
max,NH4
TR = 2
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
11 000 16 000 15 000 15 000 14 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 138 200 188 188 175
GCO2,Biogaz
qCH4
3 556 3 588 3 574 3 558 3 564
(Nm3.j-1)
QI,min
12 000 14 000 10 000 9 000 7 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 150 175 125 113 88 3 727
0 mol.L-1
qCH4
3 559 3 593 3 540 3 489 3 531
(Nm3.j-1)
QI,min
13 000 17 000 17 000 16 000 15 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 163 213 213 200 188
0,037 mol.L-1
qCH4
3 576 3 595 3 613 3 604 3 606
(Nm3.j-1)
- 188 -
ANNEXES
Tableau F-8 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits
de méthane associés au cas d’inhibition TR = 5 et Kimax,NH+ = 7 gN.L-1
4
TR = 5
RAC
qCH4,max
1 2 3 4 5
QI,min
8 000 10 000 11 000 11 000 9 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 100 125 138 138 113
GCO2,Biogaz
qCH4
3 410 3 429 3 431 3 432 3 445
(Nm3.j-1)
QI,min
9 000 9 000 9 000 8 000 6 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 113 113 113 100 75 3 614
0 mol.L-1
qCH4
3 430 3 422 3 401 3 410 3 428
(Nm3.j-1)
QI,min
9 000 10 000 11 000 11 000 10 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 113 125 138 138 125
0,037 mol.L-1
qCH4
3 437 3 438 3 454 3 460 3 470
(Nm3.j-1)
- 189 -
ANNEXES
ANNEXE G :
Évolutions dynamiques des sorties du modèle en fonction du temps lors de la
simulation de l’apparition de phénomènes d’inhibition résultants d’une diminution
du débit QI,min d’un cas d’inhibition donné (XI, Xf, Xd, Xbha, Xbm, SA, SNH3, SNH4+, SCI, SCH4,
SI, PCH4, PCO2, PNH3, %CH4, %CO2, %NH3, TS, qCH4)
145
140
135
130
125
120
115
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(a)
160
140
120
100
80
60
40
20
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(b)
- 190 -
ANNEXES
3,5
2,5
1,5
0,5
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(c)
30
25
20
15
10
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(d)
11
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(e)
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5
Figure G-1 : Évolutions des concentrations en matières particulaires : (a) Inerte; (b)
Difficilement dégradable; (c) Facilement dégradable; (d) Biomasse méthanogène; (e)
Biomasse hydrolytique
- 191 -
ANNEXES
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(a)
(b)
5,5
4,5
3,5
2,5
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(c)
- 192 -
ANNEXES
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(d)
1,8
1,6
1,4
1,2
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(e)
18
17,5
17
16,5
16
15,5
15
14,5
14
13,5
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(f)
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5
Figure G-2 : Évolutions des concentrations en matières solubles : (a) Acétate; (b) Ammoniac
libre; (c) Ammonium; (d) Carbone inorganique; (e) Méthane ; (f) Inerte
- 193 -
ANNEXES
0,48
0,46
0,44
0,42
0,4
0,38
0,36
0,34
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(a)
0,5
0,48
0,46
0,44
0,42
0,4
0,38
0,36
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(b)
2,5
1,5
0,5
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(c)
- 194 -
ANNEXES
58
56
54
52
50
48
46
44
42
40
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(d)
60
58
56
54
52
50
48
46
44
42
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(e)
0,3
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
(d)
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5 Production totale
Figure G-3 : Évolutions des compositions gazeuses : (a) Pression partielle de CH4; (b) Pression
partielle de CO2; (c) Pression partielle de NH3; (d) Pourcentage en CH4; (e) Pourcentage en
CO2 ; (f) Pourcentage NH3
- 195 -
ANNEXES
28
27
26
25
24
23
22
21
20
19
18 900
500 550 600 650 700 750 800 850
RAC n°1 RAC n°2 RAC n°3 RAC n°4 RAC n°5
Figure G-4 : Évolution du taux de matière sèche
4000 7000
3500 6000
3000
5000
2500
4000
2000
3000
1500
2000
1000
500 1000
0 0
500 550 600 650 700 750 800 850 900
- 196 -
ANNEXES
ANNEXE H :
Étude du traitement des cas d’inhibition associés à la configuration de RAC en série
-1
n°1, une valeur de Ki + = 6 gN.L avec un biogaz de composition (en CO2 et en CH4)
max,NH4
- 197 -
ANNEXES
- 198 -
ANNEXES
- 199 -
ANNEXES
- 200 -
ANNEXES
- 201 -
ANNEXES
ANNEXE I :
Étude de la désorption de l’ammoniac des scénarios d’inhibition identifiés dans le
cadre de la configuration de RAC en série n°2 : Débits minimaux d’injection,
coefficients de transferts et débits de méthane associés
Tableau I-1 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 0,5 et Kimax,NH+ = 6 gN.L-1
4
TR = 0,5
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
74 000 92 000 50 000 118 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 758 2 185 475 561
GCO2,Biogaz
qCH4
3740 3 664 3 518 3 521
(Nm3.j-1)
QI,min
63 000 79 000 48 000 323 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 496 1 876 456 1 534 3 810
0 mol.L-1
qCH4
3 718 3 653 3 498 3 430
(Nm3.j-1)
QI,min
107 000 138 000 56 000 232 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 2541 3278 532 1 102
0,037 mol.L-1
qCH4
3 760 3 680 3 540 3 586
(Nm3.j-1)
- 202 -
ANNEXES
Tableau I-2 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 1 et Kimax,NH+ = 6 gN.L-1
4
TR = 1
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
59 000 81 000 55 000 61 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 401 1 924 523 290
GCO2,Biogaz
qCH4
3 669 3 637 3 535 3 499
(Nm3.j-1)
QI,min
47 000 65 000 51 000 79 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 116 1 544 485 375 3 743
0 mol.L-1
qCH4
3 649 3 624 3 512 3 536
(Nm3.j-1)
QI,min
87 000 116 000 64 000 106 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 2 066 2 755 608 504
0,037 mol.L-1
qCH4
3 691 3 652 3 557 3 583
(Nm3.j-1)
Tableau I-3 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 2 et Ki -1
+ = 6 gN.L
max,NH4
TR = 2
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
42 000 48 000 45 000 44 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 998 1 140 428 209
GCO2,Biogaz
qCH4
3 583 3 561 3 583 3 535
(Nm3.j-1)
QI,min
33 000 35 000 38 000 52 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 784 831 361 247 3 667
0 mol.L-1
qCH4
3 583 3 583 3 551 3 430
(Nm3.j-1)
QI,min
62 000 71 000 54 000 48 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1473 1686 513 228
0,037 mol.L-1
qCH4
3 604 3 615 3 607 3 618
(Nm3.j-1)
- 203 -
ANNEXES
Tableau I-4 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 5 et Kimax,NH+ = 6 gN.L-1
4
TR = 5
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
30 000 30 000 34 000 36 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 713 713 323 171
GCO2,Biogaz
qCH4
3 491 3 492 3 476 3 434
(Nm3.j-1)
QI,min
17 000 17 000 21 000 64 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 404 404 200 304 3 580
0 mol.L-1
qCH4
3 461 3 462 3 417 3 369
(Nm3.j-1)
QI,min
45 000 45 000 43 000 41 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 069 1 069 409 195
0,037 mol.L-1
qCH4
3 511 3 513 3 509 3 415
(Nm3.j-1)
Tableau I-5 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 0,5 et Ki -1
+ = 7 gN.L
max,NH4
TR = 0,5
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
53 000 73 000 25 000 42 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 259 1 734 238 200
GCO2,Biogaz
qCH4
3 725 3 660 3 479 3 452
(Nm3.j-1)
QI,min
44 000 61 000 24 000 43 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 045 1 449 228 204 3 810
0 mol.L-1
qCH4
3 695 3 647 3 457 3 430
(Nm3.j-1)
QI,min
74 000 102 000 28 000 54 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 758 2 423 266 257
0,037 mol.L-1
qCH4
3 752 3 676 3 520 3 564
(Nm3.j-1)
- 204 -
ANNEXES
Tableau I-6 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 1 et Kimax,NH+ = 7 gN.L-1
4
TR = 1
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
29 000 48 000 28 000 35 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 689 1 140 266 166
GCO2,Biogaz
qCH4
3 635 3 635 3 484 3 429
(Nm3.j-1)
QI,min
23 000 37 000 26 000 69 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 546 879 247 328 3 743
0 mol.L-1
qCH4
3 603 3 603 3 456 3 526
(Nm3.j-1)
QI,min
44 000 69 000 33 000 34 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 1 045 1 639 314 162
0,037 mol.L-1
qCH4
3 669 3 656 3 550 3 575
(Nm3.j-1)
Tableau I-7 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 2 et Ki -1
+ = 7 gN.L
max,NH4
TR = 2
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
14 000 17 000 20 000 24 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 333 404 190 114
GCO2,Biogaz
qCH4
3 517 3 530 3 513 3 477
(Nm3.j-1)
QI,min
13 000 14 000 19 000 34 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 309 333 181 162 3 667
0 mol.L-1
qCH4
3 511 3 506 3 472 3 303
(Nm3.j-1)
QI,min
19 000 22 000 20 000 19 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 451 523 190 90
0,037 mol.L-1
qCH4
3 548 3 560 3 540 3 544
(Nm3.j-1)
- 205 -
ANNEXES
Tableau I-8 : Débits minimaux d’injection (QI,min), coefficients de transferts (kLan) et débits de
méthane associés au cas d’inhibition TR = 5 et Kimax,NH+ = 7 gN.L-1
4
TR = 5
RAC qCH4,max
1 2 3 4
QI,min
8 000 9 000 11 000 17 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 190 214 105 81
GCO2,Biogaz
qCH4
3 396 3 404 3 366 3 380
(Nm3.j-1)
QI,min
7 000 8 000 12 000 16 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 166 190 114 76 3 580
0 mol.L-1
qCH4
3 393 3 415 3 358 3 324
(Nm3.j-1)
QI,min
10 000 11 000 12 000 13 000
(Nm3.j-1)
GCO2,I,n =
kLan (j-1) 238 261 114 62
0,037 mol.L-1
qCH4
3 416 3 424 3 414 3 417
(Nm3.j-1)
- 206 -
ANNEXES
ANNEXE J :
Étude du traitement des cas d’inhibition associés à la configuration de RAC en série
-1
n°2, une valeur de Ki + = 6 gN.L avec un biogaz de composition (en CO2 et en CH4)
max,NH4
- 207 -
ANNEXES
- 208 -
ANNEXES
- 209 -
ANNEXES
- 210 -
Bibliographie
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Modélisation d’un réacteur de méthanisation en voie
sèche et étude du traitement in-situ de l’ammoniac
La méthanisation est un processus permettant de produire du biogaz à partir de la dégradation
biologique de déchets organiques. Les micro-organismes responsables de ce processus
peuvent être inhibés par de fortes concentrations en ammoniac produit lors de la dégradation
de résidus riches en azote. La faisabilité d’une solution de traitement de l’ammoniac au sein
des méthaniseurs visant à éviter ce phénomène a été étudiée. Elle consiste en l’injection d’un
gaz pauvre en ammoniac directement dans le milieu de digestion afin de désorber une fraction
de l'ammoniac qu’il contient. Un modèle mathématique a été développé afin de simuler le
procédé et la digestion de substrats agricoles, d’observer l’apparition des phénomènes
d’inhibitions et de simuler le traitement de l’ammoniac. Il est montré qu’il est possible d’éviter
l’inhibition à l’ammoniac grâce à l’extraction in situ, cependant cette solution nécessiterait de
forts débits d’injection pouvant restreindre sa faisabilité industrielle.