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Rentabilité d'Entreprise : Concepts et Mesures

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Leçon 4

La rentabilité de l’entreprise

Objectifs de la leçon :
- Comprendre le rôle et les fonctions de la rentabilité en
économie de marché capitaliste
- Distinguer les diverses formes de rentabilité
- Savoir mesurer les rentabilités
- Identifier les facteurs de rentabilité
- Proposer des actions d’amélioration de la rentabilité

Pré-requis de la leçon :
¾ Connaissance du compte de résultat
¾ Connaissance des SIG
¾ Bases de la comptabilité analytique
¾ Bases du contrôle de gestion

1
Plan de la leçon :

I.La notion et les types de rentabilités ...................................................................................... 3


1.1. Utilité et nécessité de la rentabilité. ............................................................................. 3
1.1.1. Rentabilité et économie de marché .......................................................................... 3
1.1.2. Rentabilité et économie capitaliste ........................................................................... 3
1.2. Les différents types de rentabilités. ............................................................................. 4
1.2.1. Rentabilité économique ou financière. ..................................................................... 4
1.2.2. Rentabilité globale, partielle ou marginale. ............................................................. 5
1.2. 3. Rentabilité brute ou nette ........................................................................................ 6
1.2.4. Rentabilité d’exercice et rentabilité de projet. ......................................................... 6
1.2.4. Rentabilité rétrospective ou prévisionnelle. ............................................................. 7
1.2.5. Rentabilité à court ou à long terme. ......................................................................... 7
II. La mesure de la rentabilité d’exercice. ................................................................................ 8
2.1. Rentabilité et SIG .......................................................................................................... 8
2.1.1. Production et marge commerciale ............................................................................ 8
2.1.2. La valeur ajoutée ...................................................................................................... 9
2.1.3. L’excédent brut d’exploitation (EBE) .................................................................... 10
2.1.4. Le résultat d’exploitation. ...................................................................................... 10
2.1.5. Le résultat financier. ............................................................................................... 11
2.1.6. Le résultat courant .................................................................................................. 11
2.1.7. Le résultat exceptionnel. ........................................................................................ 11
2.1.8. Le résultat net ......................................................................................................... 11
2.2. Rentabilité et capacité d’autofinancement. .............................................................. 12
2.2.1. Le calcul de la CAF ................................................................................................ 12
2.2.2.Signification financière de la CAF. ......................................................................... 13
2.2.3. Utilisation de la CAF.............................................................................................. 13
III.Les facteurs de la rentabilité. ............................................................................................ 15
3.1. Les facteurs internes de la rentabilité ....................................................................... 15
3.1.1. Le niveau des coûts . .............................................................................................. 15
3.1.2. La structure des coûts . ........................................................................................... 17
3.1.3.Le levier financier. .................................................................................................. 20
3.1.4. La rotation du capital.............................................................................................. 21
3.2.Les facteurs externes de la rentabilité ........................................................................ 23
QUESTIONS ET THEMES DE REFLEXION ..................................................................... 25
APPLICATIONS ..................................................................................................................... 26
4.1.La rentabilité d’exercice ............................................................................................. 26
4.2.L’autofinancement ......................................................................................................... 2
Corrigé des applications .......................................................................................................... 29
La rentabilité d'exercice .................................................................................................... 29
L’autofinancement ............................................................................................................. 32

2
L’entreprise doit rémunérer, grâce à la création de valeur résultant de son activité,
l’ensemble des facteurs utilisés : les consommations externes, le travail, les services publics et
les capitaux empruntés. En termes comptables elle doit être capable de payer ses charges
grâce à ses produits L’optique comptable traduit cette contrainte par le compte de résultat. Au
débit il décrit la répartition de la valeur créée entre les divers bénéficiaires y compris les
apporteurs de capitaux empruntés; alors qu’au crédit il recense les divers produits tirés de
l’activité. A tout le moins ce compte doit être équilibré. C’est une contrainte d’équilibre, mais
pas un objectif financier.

I. La notion et les types de rentabilités

En effet, cette conception néglige le fait que la firme utilise également un autre
facteur : ce sont les capitaux apportés par les associés ou accumulés par l’entreprise
constituant ses capitaux propres. L’équilibre du compte de résultat ne suffit donc pas pour
rémunérer tous les facteurs utilisés. L’entreprise doit dégager un résultat positif pour
rétribuer, outre les facteurs externes, ses capitaux propres. La rentabilité est précisément
l’aptitude d’une firme à sécréter un résultat suffisant pour rémunérer ses capitaux.
Plus généralement la rentabilité est une notion financière : c’est le rapport d’un
résultat aux capitaux engagés pour obtenir ce résultat. Ce rapport s’appelle taux de
rentabilité. Mais notons d’emblée qu’il n’est pas unique car il existe plusieurs mesures
possibles du résultat (ce sont notamment les SIG), et plusieurs types de capitaux (notamment
les capitaux empruntés et les capitaux propres).

1.1. Utilité et nécessité de la rentabilité.


1.1.1. Rentabilité et économie de marché
L’utilité et la nécessité de dégager et de calculer la rentabilité des capitaux sont
inhérentes à une économie de marché, ainsi qu’à la nature résiduelle et aléatoire de la
rémunération des capitaux propres dans une économie capitaliste.
Dans une économie de marché concurrentielle, tous les prix sont, en principe, des
données qui s’imposent à l’entreprise. Celle-ci se procure, aux prix du marché, les facteurs de
production (équipements, approvisionnements, services, travail….). Le rôle de l’entreprise
est, dans ces conditions, de faire en sorte que l’écart entre le prix des facteurs (coût de revient)
et le prix des produits (prix de vente) soit positif et le plus élevé possible. L’écart entre ces
deux catégories de prix, c’est à dire globalement entre les produits d’exploitation et les
charges d’exploitation, forme le profit brut (mesuré en comptabilité par l’EBE). Le profit est
en économie de marché le résultat financier de l’activité ; c’est d’abord un indicateur de
l’efficience avec laquelle l’entreprise combine les facteurs pour obtenir les produits.
Remarque :
Notons cependant que ceci n’est vrai que dans un cadre concurrentiel dans lequel le profit est
dû à l’efficience ; dans les autres types de marchés il existe également des profits de
monopole lorsque le prix n’est pas une donnée du marché mais est fixé librement par la firme.
Le profit ainsi calculé (mesuré par l’EBE) sert à rémunérer l’ensemble des capitaux
utilisés par la firme. Un même profit a donc une signification variable selon l’importance du
montant des capitaux employés ce qui conduit à calculer le taux de rentabilité .Ainsi apparaît
une première approche de la rentabilité et du taux de rentabilité qui sert à la mesurer: la
rentabilité économique est le rapport du profit brut à l’ensemble des capitaux engagés.
Dans cette perspective on ne s’intéresse qu’aux emplois que la firme a fait de ses capitaux,
quelle qu’en soit l’origine.
1.1.2. Rentabilité et économie capitaliste
Cependant dans une économie capitaliste, tous les capitaux ne jouent pas le même
rôle. Les capitaux empruntés à des tiers sont analogues aux autres facteurs de production. En

3
effet, tous les facteurs de production, à l’exception des capitaux propres, ont une rémunération
forfaitaire contractuellement fixée avant la réalisation de la production selon les prix du
marché et les contrats conclus avec les divers apporteurs de facteurs.
Seuls les capitaux apportés par les associés n’ont pas de rémunération prédéterminée
car ils assument seuls le risque de l’entreprise. Leur rétribution est résiduelle (après celle de
tous les autres facteurs) et aléatoire (en fonction de l’efficience de la combinaison
productive) ; elle correspond à l’écart entre le coût des facteurs réunis (y compris les capitaux
empruntés) et la valeur des biens produits. Le profit net ainsi dégagé (mesuré par le bénéfice
net en comptabilité) sert à rémunérer les capitaux propres. Ainsi apparaît une seconde
approche de la rentabilité et du taux de rentabilité qui sert à la mesurer : la rentabilité
financière est le rapport du résultat net aux seuls capitaux propres.

Une entreprise doit donc générer un résultat suffisant pour que son taux de rentabilité
soit non seulement positif, mais également égal ou supérieur au taux de rémunération des
capitaux de même classe de risque sur le marché financier. Dans le cas contraire en effet, ses
associés auraient intérêt à céder les titres de la société contre d’autres titres plus
rémunérateurs. De plus l’entreprise ne pourrait plus collecter de nouveaux capitaux. La
rentabilité est donc une condition de l’attractivité financière de l’entreprise. C’est également
un moyen de financement interne (par autofinancement).C’est enfin le déterminant de la
rémunération des associés, mais aussi pour partie des dirigeants (qui bénéficient de plans de
souscription d’actions de la société) et du personnel (par la participation aux bénéfices).
Les fonctions du profit
• Indicateur d’efficience économique et financière de la firme
• Source de financement (autofinancement)
• Déterminant de l’attractivité financière de la firme
• Rémunération des associés (dividendes et plus-values sur titres)
• Composante essentielle de la rémunération des dirigeants (salaire variable,
bonus, primes, stock options)
• Composante accessoire de la rémunération des salariés (participation)
• Fondement de la répartition interentreprises et intersectorielle du capital (point
de vue macro-économique).

1.2. Les différents types de rentabilités.


Les analyses de rentabilité peuvent être conduites avec des objectifs différents et selon
plusieurs points de vue.
1.2.1. Rentabilité économique ou financière.
Nous avons déjà vu cette distinction fondamentale entre :
• La rentabilité économique d’un capital engagé dans une activité ou un projet ;
• La rentabilité financière des capitaux propres.
La rentabilité économique est une caractéristique intrinsèque d’une activité ou d’un
projet. Elle ne dépend pas de son mode de financement. Elle sert à apprécier si une
activité est rentable par elle-même, et à comparer les rentabilités de plusieurs activités
entre elles, soit à l’intérieur d’une firme, soit interentreprises. En utilisant les concepts
comptables (voir Leçon sur les flux de trésorerie), la rentabilité économique se calcule
exclusivement à partir des flux d’exploitation et d’investissement.
La rentabilité financière se calcule en tenant compte non seulement de l’aspect
économique, mais aussi de la structure du financement c’est à dire des parts respectives
des capitaux d’emprunt et des capitaux propres .Elle dépend de la rentabilité économique,
du coût des capitaux empruntés, et du rapport entre les emprunts et les capitaux propres.
Exemple :

4
Par exemple, un investissement de 100 000 € rapportant un résultat brut d’exploitation de
20 000 € a une rentabilité économique de 20%.Si cet investissement est financé pour partie
par un emprunt de 30 000 € au taux d’intérêt de 7%, sa rentabilité financière est de :
20 000 – 0,07 x 30 000 = 17 900 = 25,57%
100 000 – 30 000 70 000

1.2.2. Rentabilité globale, partielle ou marginale.


La rentabilité globale est relative à l’ensemble de l’entreprise Les résultats retenus
pour le calcul des rentabilités peuvent être les différents SIG, notamment l’EBE, le
résultat d’exploitation, le résultat courant, le résultat net ainsi que la CAF. Les taux
obtenus doivent toujours s’interpréter à la lumière de comparaisons temporelles (exercices
successifs) ou sectorielles.
La rentabilité globale de l’entreprise, particulièrement lorsque celle-ci est multi
productrice, est une synthèse de rentabilités partielles (des divers produits, activités,
métiers), chacune d’entre elles étant pondérée en fonction de sa part relative dans les
capitaux investis (ou dans les capitaux propres pour la rentabilité financière).
Les rentabilités partielles concernent notamment :
- les divers produits,
- les divers départements,
- les divers services,
- les diverses clientèles,
- les divers canaux de distribution.
Elles servent à expliquer le niveau et surtout les variations de la rentabilité globale, et à
réaffecter les capitaux des activités les moins rentables vers les plus rentables (ex :
abandon de certains produits, de certaines clientèles).
Exemple :
Considérons par exemple une entreprise ayant engagé des capitaux de un million d’euros,
répartis entre trois activités A, B, et C dont les caractéristiques sont les suivantes :

A B C Total
Capitaux investis 200 000 300 000 500 000 1 000 000
Résultat (EBE) 60 000 60 000 50 000 170 000
Rentabilité 30% 20% 10% 17%

La rentabilité globale est la somme pondérée des rentabilités partielles.


On peut agir de deux manières sur la rentabilité globale :
• soit en modifiant les rentabilités spécifiques de chaque activité (ex : élévation du
niveau d’activité, actions de réduction des coûts),
• soit en modifiant la répartition des ressources (notamment financières) entre les
diverses activités.

La rentabilité marginale est celle qui résulte d’une action nouvelle de l’entreprise se
traduisant par un résultat supplémentaire.
La rentabilité marginale est également le supplément (ou éventuellement la
diminution) de la rentabilité globale (ou partielle) obtenu lorsqu’on fait varier un ou plusieurs
des facteurs de la rentabilité et les capitaux engagés.
Elle s’exprime par un rapport de différences :

Différence de résultats obtenus


Re ntabilité m arg inale =
Différence de capitaux engagés

5
Les études de rentabilité marginale permettent de tester la sensibilité de la rentabilité
globale à des modifications des projets.
Exemple :
Ainsi, dans les choix d’investissement, l’effet de différentes variantes de capacités (diamètre
d’un gazoduc, taille d’une raffinerie) est testé par des calculs de la rentabilité marginale.

Les règles de décision suivantes sont applicables :


• rentabilité marginale > rentabilité globale : il faut réaliser le projet marginal
• rentabilité marginale < rentabilité globale : il faut rejeter le projet marginal.
Exemple :

Considérons par exemple deux projets différant par leurs capacités :


Capitaux engagés Résultat Taux de rentabilité
Projet A 2 000 000 200 000 10%
Projet marginal B-A 1 000 000 130 000 13%
Projet B 3 000 000 330 000 11%

Dans l’exemple ci-dessus, il faut sélectionner le projet B, car la rentabilité du projet marginal
(13%) est supérieure à celle du projet A (10%). Ce que confirme le calcul direct de la
rentabilité du projet B (12%) ; mais il n’est pas nécessaire de calculer cette dernière (c’est à
dire de refaire tous les calculs) pour parvenir à cette conclusion.

1.2. 3. Rentabilité brute ou nette


En matière financière une grandeur peut être brute ou nette selon deux critères :
- avant ou après amortissements,
- avant ou après impôt sur les sociétés.
Il est donc indispensable de ne comparer que des grandeurs similaires au regard des
amortissements et des impôts.
Les rentabilités brutes d’amortissements, fondées notamment sur l’EBE ou la CAF,
évitent le caractère conventionnel du calcul des dotations et ne sont pas affectées par les
politiques d’investissement, d’amortissement et de provisionnement. En contrepartie elles
surestiment la rentabilité réelle.
Les rentabilités doivent toujours être calculées après impôt car ce dernier est un flux
de charges et un flux de trésorerie qui ne peut être négligé.

1.2.4. Rentabilité d’exercice et rentabilité de projet.


La rentabilité de projet est celle qui tient compte de tous les flux associés au projet
pendant toute sa durée de vie .Son calcul est indispensable pour effectuer des choix
corrects entre projets de manière à tenir compte de tous les effets et résultats quelle que
soit leur date de réalisation. Elle concerne généralement l’avenir et se fonde sur des flux
de trésorerie prévisionnels. Pour les rendre homogènes il est nécessaire de procéder à leur
actualisation.
La rentabilité d’exercice n’envisage pas tous les effets d’une action, mais seulement
ceux apparaissant au cours de la période comptable. En outre elle isole rarement un projet,
mais fait masse de toutes les activités réalisées au cours de la période. Elle repose sur les
données comptables et a de ce fait un caractère partiellement conventionnel. A la
différence de la rentabilité de projet, elle se fonde sur des flux de charges et de produits, et
prend explicitement en compte les dotations pour tenir compte des dépréciations des actifs
et des risques. La rentabilité d’exercice a donc un caractère partiellement conventionnel
puisqu’elle découpe artificiellement la vie de l’entreprise en exercices « indépendants » et
que certaines dépenses sont réparties et étalées forfaitairement sur plusieurs années.
Exemple :

6
Ainsi, dans un chantier naval qui construit un pétrolier en trois ans, le calcul d’une
rentabilité annuelle n’a guère de sens ; seule la rentabilité globale associée à ce projet est
significative.
Le passage de la rentabilité d’exercice à la rentabilité de projet est délicat pour deux
raisons principales :
- d’une part en raison de la différence d’optique entre flux de trésorerie, et flux de
produits et de charges,
- d’autre part en raison de l’actualisation, spécifique de la rentabilité de projet qui, pour
cette raison, est également dénommée rentabilité actuarielle.

1.2.5. Rentabilité rétrospective ou prévisionnelle.


Les calculs de rentabilité rétrospective reposent sur des chiffres afférents au passé.
Ils sont donc caractérisés par leur (relative) certitude, mais sont affectés par l’incidence
des conventions comptables, relatives notamment aux charges et aux produits calculés, au
traitement dissymétrique des plus et des moins-values latentes, au principe du coût
historique et à l’immobilisation de certaines charges.
Ils servent principalement à :
- apprécier la gestion passée de l’entreprise,
- déterminer le bénéfice imposable,
- répartir les bénéfices entre associés
- orienter l’activité vers les secteurs de résultat les plus rentables.

Au contraire, la rentabilité prévisionnelle repose sur des hypothèses relatives à


l’avenir, et dont sont dégagées les conséquences financières. Elle est donc entachée
d’incertitude, et il convient de retenir plusieurs hypothèses, inégalement optimistes, pour
fixer une fourchette à l’intérieur de laquelle se situera la rentabilité future, et apprécier les
risques encourus.
Les études de rentabilité prévisionnelle servent à guider les choix économiques,
notamment en matière d’investissements ; et les choix financiers, notamment en matière
de financements.

1.2.6. Rentabilité à court ou à long terme.


A côté de la distinction financière (fondée sur l’échéance), il existe une distinction
économique entre le court terme et le long terme, fondée sur la variabilité des structures
de l’entreprise
Le court terme est l’horizon de temps au cours duquel les structures de la firme
(organisation, gamme de produits, technologie, capacité) restent stables. Au contraire,
dans le long terme, les structures ne sont plus des données mais deviennent des variables.
La rentabilité à court terme est celle qui apparaît dans le cadre des structures
actuelles.
La rentabilité à long terme est celle qui résulte des changements de structure
provoqués par les évolutions des stratégies de l’entreprise et de l’environnement.
De ce point de vue, il existe deux catégories de décisions :
- celles ayant pour but d’agir sur la rentabilité à court terme. Elles concernent
essentiellement l’exploitation : meilleur ordonnancement, réduction des stocks,
contrôle des coûts.
- celles dont l’objet est d’élever la rentabilité à long terme de la firme, qui n’apparaîtra
que dans quelques années. Elles concernent principalement les choix stratégiques :
changements techniques, nouveaux produits, augmentation des capacités,
réorganisations, acquisitions et fusions.
Une des difficultés du management de l’entreprise provient des liens entre ces
deux types de rentabilités.
La rentabilité à court terme, en permettant le financement des investissements
de capacité, de productivité et d’innovation, est une condition de la rentabilité de
longue période, étroitement dépendante des possibilités de financement.
7
Une action à long terme débouchant sur une amélioration de la rentabilité
future, se traduit par contre dans l’immédiat par des dépenses réduisant la rentabilité.
Il en est notamment ainsi de toutes les dépenses d’investissements incorporels qui ne
se traduisent pas par l’entrée d’un bien dans l’entreprise en contrepartie des coûts
supportés. . Ces dépenses ont le caractère de charges de l’exercice dont elles réduisent
la rentabilité (dépenses de recherche, de formation par exemple).
Même les investissements corporels entraînent d’abord une baisse de
rentabilité. En effet un investissement s’accompagne de dépenses de structure (coûts
fixes) importantes, alors même que la capacité de production supplémentaire n’est pas
intégralement disponible. Au début les coûts fixes ne sont pas intégralement couverts
par la marge sur coûts variables dégagée. Dans tous les cas ou la firme n’atteint pas
d’emblée le point mort de sa nouvelle activité, celle-ci réduit à court terme la
rentabilité globale.
En matière financière, l’effet de dilution traduit cette baisse de rentabilité à
court terme résultant d’un financement nouveau par augmentation de capital. Dans un
premier temps, le bénéfice global reste inchangé, tant que les investissements
nouveaux ne sont pas réalisés et mis en exploitation. Il en résulte une baisse du
bénéfice net par action (BNPA) : le bénéfice est dilué entre un nombre de titres plus
important et la rentabilité à court terme diminue.
Il existe donc de nombreuses situations ou il faut sacrifier la rentabilité
immédiate pour assurer la rentabilité future.

II. La mesure de la rentabilité d’exercice.


Nous ne traiterons que de la rentabilité d’exercice, réservant la mesure de la rentabilité
actuarielle des projets au chapitre consacré aux investissements.
La mesure de la rentabilité d’exercice s’effectue à partir du compte de résultat
fournissant les soldes intermédiaires de gestion. Mais pour des études précises, le seul
compte de résultat est insuffisant. Il doit être complété par des comptes d’exploitation par
produits en cas de multi activités et des comptes d’exploitation structurels fondés sur un
reclassement des charges en fonction de leur caractère fixe ou variable.
D’une manière générale trois outils permettent de mesurer la rentabilité d’une firme :
• les marges ; Les marges.ppsx (document à télécharger à la fin de la leçon interactive)
• les taux de rentabilité. Les taux de rentabilité.ppsx (document à télécharger à la fin de la
leçon interactive)
• les soldes de gestion ;

2.1. Rentabilité et soldes de gestion (SIG)


2.1.1. Production et marge commerciale
Dans une entreprise industrielle, la production totale n’est pas un indicateur de
rentabilité, mais d’activité dont elle permet d’étudier l’évolution. Mais c’est aussi un
facteur explicatif de la rentabilité. Il est particulièrement important de suivre la
composition de la production totale, en particulier l’évolution de la production stockée
par rapport à la production vendue (qui est aussi le chiffre d’affaires dans une firme
industrielle). Seule la progression de cette dernière a une signification commerciale.
L’augmentation de la production stockée traduit souvent, au contraire, des difficultés
commerciales ; elle pèse sur la rentabilité par les pertes de marge, les coûts de stockage et
les capitaux investis dans les stocks supplémentaires.
Dans les entreprises commerciales, le chiffre d’affaires est une mesure de l’activité et
de son évolution. Il permet le calcul direct de la marge commerciale, qui est la différence
entre les ventes et le coût d’achat des marchandises vendues (CAMV).Le CAMV est égal
aux achats moins la variation des stocks de marchandises. Le taux de marge brute, rapport
de la marge commerciale au chiffre d’affaires, est un indicateur important. Lorsqu’il
8
augmente, c’est le signe que l’entreprise soit améliore ses prix d’achat vis à vis de ses
fournisseurs, soit qu’elle parvient à faire progresser ses prix de vente davantage que ses
prix d’achat. La progression de la marge commerciale permet ainsi de mieux couvrir les
frais généraux et, si ces derniers sont contenus, d’améliorer le résultat et la rentabilité.
2.1.2. La valeur ajoutée
La production comptable n’est qu’une production apparente ; elle ne représente pas la
production réelle de l’entreprise qu’elle surestime en raison des consommations externes.
La valeur ajoutée constitue la seule mesure correcte de la production réelle.
Elle est obtenue en retranchant de la production les consommations externes c’est à
dire :
- les achats d’approvisionnements, d’études et de travaux,
- corrigés de la variation de stocks d’approvisionnements
- les autres charges externes.

Dans les entreprises mixtes, ayant une activité de fabrication et une activité de négoce,
la valeur ajoutée s’obtient en ajoutant à la production de l’exercice la marge commerciale,
dont on retranche ensuite les consommations externes (à l’exclusion du coût d’achat des
marchandises vendues, déjà déduit pour calculer la marge commerciale).
La VA est donc un meilleur indicateur de l’activité interne que le CA. Mais surtout
elle constitue un facteur explicatif de la rentabilité car cette dernière dépend de la répartition
de la VA entre les différents facteurs. C’est pourquoi il est essentiel de calculer les ratios de
répartition de la VA :
- la part du travail (personnel) est mesurée par le ratio Charges de personnel / VA,
- la part du capital est mesurée par le ratio EBE / VA.
En raison du poids des prélèvements obligatoires il est souvent utile d’analyser
autrement la répartition de la VA en distinguant trois parties prenantes :
- le personnel dont la part est mesurée par le ratio Salaires nets / VA
- les administrations dont la part est mesurée par le ratio Impôts et charges sociales / VA
- les apporteurs de capitaux et l’entreprise elle-même (qui conserve en son sein
l’autofinancement) dont la part est mesurée par le ratio EBE / VA.

9
2.1.3. L’excédent brut d’exploitation (EBE)

Ceci nécessite le calcul de l’EBE. Il s’obtient en retranchant de la VA les charges de


personnel, les impôts et taxes nets des éventuelles subventions d’exploitation reçues (une
subvention s’analysant comme un impôt négatif).
L’EBE est un indicateur majeur, essentiel pour l’étude de la rentabilité par ses
multiples aspects économiques et financiers.
Comme nous l’avons vu, l’EBE est la part de la VA revenant au capital, quelle
qu’en soit l’origine.
Il en résulte que l’EBE est partagé entre les prêteurs (charges financières), les associés
(dividende) et l’entreprise (autofinancement).

Du point de vue comptable, l’EBE est la différence entre l’ensemble des produits
d’exploitation encaissables et l’ensemble des charges décaissables. C’est pour cette raison
qu’il est qualifié de brut, c’est à dire avant déduction des dotations aux amortissements et
provisions et des reprises (qui sont des charges et produits calculés). De ce fait c’est un
indicateur qui est indépendant des règles et des politiques d’amortissement, de
provisionnement et d’investissement, ainsi que de la fiscalité .Il est donc pertinent pour des
comparaisons dans le temps et interentreprises (à l’intérieur d’un même secteur).Son
évolution ne reflète que les structures, les politiques et l’efficacité de l’exploitation.

Sur le plan financier, l’EBE a le caractère d’un surplus de trésorerie potentiel puisqu’il
est la différence entre des charges décaissables et des produits encaissables. L’EBE est le
surplus de trésorerie d’exploitation potentiel. Il est potentiel (et non pas effectif) en raison
du fait qu’il y a des décalages entre charges décaissables et charges décaissées, ainsi qu’entre
produits encaissables et encaissés tenant aux délais de règlement des charges et des produits.

Dans la plupart des entreprises, hormis celles détenant d’importantes immobilisations


financières, l’EBE constitue la majeure partie de la capacité d’autofinancement, dont il
est donc un facteur explicatif.

Enfin l’EBE sert directement à mesurer la rentabilité économique brute (ou


rentabilité brute d’exploitation). Le taux de rentabilité économique brute se calcule en
rapportant l’EBE au capital économique mis en œuvre. Le capital économique est constitué
de l’ensemble des capitaux affectés à l’exploitation et comprend donc :
- les immobilisations brutes d’exploitation (IBE), c’est à dire les immobilisations du
bilan à l’exclusion des immobilisations financières,
- le besoin en fonds de roulement d’exploitation.
Le taux de rentabilité économique brute est donc donné par la formule :

R = =

Nature et significations de l’EBE

• Solde intermédiaire de gestion (calcul comptable)


• Excédent des produits encaissables sur les charges décaissables
• Part de la valeur ajoutée revenant au capital
• Surplus de trésorerie d’exploitation potentiel
• Base du calcul de la rentabilité économique brute.
2.1.4. Le résultat d’exploitation.
Les résultats.ppsx
10
Cependant ce ratio surestime la rentabilité réelle car il néglige une consommation
intermédiaire particulière: celle de capital fixe correspondant aux dépréciations des
immobilisations. Il doit donc être complété par le calcul de la rentabilité d’exploitation nette,
fondée sur le résultat d’exploitation
Le résultat d’exploitation est obtenu en :
- ajoutant à l’EBE les autres produits de gestion courante, les reprises sur provisions
d’exploitation et les transferts de charges d’exploitation,
- retranchant à l’EBE les autres charges de gestion courante, les dotations aux
amortissements et aux provisions d’exploitation
C’est donc un résultat net d’amortissements et provisions.
Il permet de calculer la rentabilité opérationnelle, ou rentabilité économique nette :

é
Ren =

Cette rentabilité dépend du taux de marge opérationnelle (ou d’exploitation), qui est le
rapport du résultat d’exploitation au chiffre d’affaires. C’est une grandeur très utile pour les
comparaisons intra-sectorielles.
2.1.5. Le résultat financier.
Le résultat financier permet de préciser l’incidence sur la rentabilité des
caractéristiques du financement de l’entreprise. Il est négatif dans une firme fortement
endettée ; positif en cas de trésorerie excédentaire ou d’un portefeuille de titres de
participations important. Sa prise en compte permet de passer de la rentabilité économique à
la rentabilité financière.

2.1.6. Le résultat courant


Plus précisément, le résultat courant, somme du résultat d’exploitation et du résultat
financier, a un caractère régulier, récurrent puisqu’en sont exclus les éléments exceptionnels.
Il sert donc à apprécier le niveau et l’évolution de la rentabilité financière courante et à
effectuer des prévisions. Le taux de rentabilité financière courante est le quotient du résultat
courant sur les capitaux propres. Son évolution reflète celle des conditions d’exploitation
d’une part et de la structure du financement d’autre part. Il faut noter qu’il est calculé avant IS
à la différence de la rentabilité financière nette que l’on verra ci-après.

2.1.7. Le résultat exceptionnel.


Le résultat exceptionnel isole les opérations non récurrentes qui ne se reproduiront pas
et doivent donc être exclues des prévisions d’évolution. Il est intéressant à étudier pour mettre
en évidence notamment l’incidence des cessions d’actifs (plus et moins value), ainsi que les
politiques de provisionnement exceptionnel (dépréciations de titres, plans de
restructuration…).

2.1.8. Le résultat net


Le résultat net, somme du résultat courant et du résultat exceptionnel, dont on déduit
l’impôt sur les bénéfices et la participation des salariés constitue la mesure usuelle de la
rentabilité financière nette par le ratio Bénéfice net/ Capitaux propres. Cependant ce ratio
est peu significatif en raison des éléments exceptionnels qui le rendent très volatil. Son étude
doit toujours être complétée par une analyse détaillée, distinguant soigneusement ce qui, dans
la rentabilité globale, relève de l’exploitation, du financement et d’éléments exceptionnels.
Exemple :
Pendant de nombreuses années la société Eurotunnel a eu un résultat net fortement négatif.
Pourtant son résultat d’exploitation était positif, mais son résultat financier fortement négatif
absorbait plus que le bénéfice d’exploitation. Donc, en analysant les divers niveaux de
résultat on pouvait conclure :
1. Que le modèle économique de l’entreprise était rentable.

11
2. Que son déficit provenait d’une mauvaise structure financière (manque de capitaux
propres).
3. Que la solution résidait dans une restructuration du financement. C’est ce qui a été fait.

Le résultat net sert aussi à calculer le taux de marge nette, rapport du résultat net au
chiffre d’affaires, utile pour les comparaisons sectorielles en raison de sa similitude à
l’intérieur ‘un secteur d’activité.
Enfin c’est sur la base du résultat net que, pour les sociétés cotées en Bourse, on
calcule le PER (price-earning ratio) ou multiple de capitalisation du bénéfice qui mesure la
« cherté » d’une action et est très employé par les analystes financiers.

2.2. Rentabilité et capacité d’autofinancement.


2.2.1. Le calcul de la CAF
L’activité de la firme se traduit par :
- des produits encaissables, générateurs immédiatement ou à terme proche, de recettes ;
- des charges décaissables, génératrices immédiatement ou à terme proche, de dépenses.
La différence entre ces deux éléments reste dans l’entreprise et constitue un financement
interne librement affectable : c’est la capacité d’autofinancement (CAF)
D’un point de vue comptable, la capacité d’autofinancement (CAF) est la différence
entre l’ensemble des produits encaissables et l’ensemble des charges décaissables.

CAF = Σ Produits encaissables - Σ Charges décaissables

Mais nous savons que le résultat net est la différence entre l’ensemble des produits et
l’ensemble des charges.
Résultat net = Σ Produits – Σ Charges
D’où un premier mode simple de calcul de la CAF à partir du résultat net, auquel on réintègre
les charges calculées (dotations) et dont on déduit les produits calculés (reprises).
Cependant nous avons vu que la CAF est un financement interne résultant de
l’activité. Or, parmi les produits et les charges exceptionnels figurent les plus et moins values
de cession d’éléments d’actifs qui n’on aucun rapport avec l’activité. Il faut donc également
exclure du résultat les comptes correspondant aux cessions d’actifs c’est à dire retrancher les
3produits des cessions d’éléments d’actif (PCEA) et ajouter la Valeur nette comptable des
éléments d’actifs cédés (VCEAC). D’où la formule de calcul de la CAF :
CAF = Résultat net
+Dotations aux amortissements et aux provisions (DAP)
-Reprises sur amortissements et provisions (RAP)
+ Valeur comptable des éléments d’actif cédés (VCEAC)
-Produits des cessions d’actifs (PCEA)
-Quote-part des subventions d’investissement virées au compte de résultat
(qui est un flux purement comptable).
En négligeant les subventions (rares en pratique) on obtient :

CAF = RN + DAP – RAP+VCEAC – PCEA

Cette façon d’obtenir la CAF est purement descriptive de ses composantes.

Il faut adopter un autre mode de calcul de la CAF pour en avoir une approche explicative de
sa formation.

En reprenant la formule générale qui était :


CAF = Σ Produits encaissables - Σ Charges décaissables
On peut écrire :
CAF = Produits d’exploitation, financiers et exceptionnels encaissables
12
-Charges d’exploitation, financières et exceptionnelles décaissables
Soit :
CAF = Produits d’exploitation encaissables – Charges d’exploitation décaissables
+Produits financiers et exceptionnels encaissables
– Charges financières et exceptionnelles décaissables
Mais la première ligne de la formule ci-dessus correspond à l’EBE. La CAF peut ainsi être
calculée à partir de l’EBE. Toutefois, les particularités d Plan comptable nécessitent de
retrancher des éléments que le PCG ne considère pas comme des charges mais comme des
répartitions du résultat bien qu’ils amputent la CAF : c’est le cas de l’Impôt sur les sociétés et
de la Participation des salariés.

D’où la formule de calcul de la CAF :


CAF = EBE
+Autres produits d’exploitation
-Autres charges d’exploitation
+Produits financiers encaissables
-Charges financières décaissables
+Produits exceptionnels encaissables
-Charges exceptionnelles décaissables
-Impôt sur les bénéfices
-Participation des salariés

De manière simplifiée :

CAF = EBE + Autres produits encaissables – Autres charges décaissables –IS – Participation

2.2.2. Signification financière de la CAF.


La CAF est le financement interne sécrété par l’activité de l’entreprise. C’est en
fait le surplus de trésorerie potentiel de l’activité. Ce surplus n’est que potentiel e raison des
décalages entre l’enregistrement comptable des charges décaissables et des produits
encaissables et les décaissements et encaissements effectifs liés aux délais de paiement et de
règlement. Ces décalages correspondent à la variation du BFR. Ainsi la CAF permet
d’obtenir le surplus de trésorerie réellement fourni par l’activité grâce à la formule :

Surplus de trésorerie de l’activité (STA) = CAF - Δ BFR

Dans la majorité des firmes, l’essentiel de la CAF provient de l’EBE qui, nous
l’avons vu, est le surplus de trésorerie potentiel de l’exploitation.
L’importance de la CAF peut être mesurée à l’aide de ratios.
Le ratio CAF / CA exprime le nombre de centimes d’euros obtenu par euro de
vente c’est à dire le financement supplémentaire restant dans l’entreprise par euro de ventes
Le ratio CAF / Capitaux propres mesure la rentabilité financière brute de
l’entreprise.
2.2.3. Utilisation de la CAF
La CAF est un surplus de financement librement affectable.
Elle est amputée par les dividendes distribués aux associés.
L’autofinancement se déduit aisément de la CAF en retranchant le dividende
versé :
Autofinancement = CAF – Dividende distribué au cours de l’exercice
Ce qui permet le calcul du taux d’autofinancement : Autofinancement/ Investissements de
l’exercice.
L’autofinancement restant dans l’entreprise se décompose en deux paries : l’autofinancement
de maintien et l’autofinancement net.
13
Autofinancement global (brut) = Autofinancement de maintien +Autofinancement net
– L’autofinancement de maintien est destiné à financer les investissements de
renouvellement. En principe, il devrait correspondre aux dotations. Mais, en
pratique, il en va différemment en raison d’abord du caractère conventionnel des
règles comptables d’amortissement, ensuite parce que les amortissements sont
souvent en avance sur les besoins de remplacement (ainsi une machine d’une
durée de vie de 5 ans fournit des amortissements sans besoin de remplacement au
cours de ses cinq ans d’existence). Financièrement il ne faut jamais confondre les
amortissements (ressources de financement) avec les investissements de
remplacement (emploi de capitaux).
– L’autofinancement net est l’excédent de l’autofinancement global par rapport aux
besoins de renouvellement des immobilisations. En principe il devrait
correspondre aux bénéfices mis en réserve ; cependant en pratique il en va
différemment en raison du caractère conventionnel des règles comptables
d’amortissement et de provisionnement (les provisions réglementées par exemple
sont en fait de véritables réserves). Il est utilisable à diverses fins :
o investissements nouveaux (de capacité, d’innovation, de productivité) ,
o remboursement d’emprunts (amortissement financier),
o financement de l’accroissement du besoin en fonds de roulement,
o reconstitution du fonds de roulement (lorsqu’il est insuffisant),
o amélioration de la trésorerie.
En outre la CAF permet d’améliorer la structure financière de l’entreprise en
renforçant ses fonds propres (par les bénéfices mis en réserve) et accroît sa capacité
d’emprunt. Rappelons que les banques ne prêtent généralement que lorsque les dettes
financières n’excèdent pas 3 fois la CAF annuelle, et qu’il est prudent, dans les plans de
financement notamment, de ne pas affecter plus de la moitié de la CAF annuelle à
l’amortissement financier des emprunts (ces à dire à leur remboursement).

2.3. Les marges


Les marges, que dégagent notamment les calculs du contrôle de gestion et de la comptabilité
analytique constituent des moyens d’analyser et de comprendre la rentabilité et ses variations .
Les marges.ppsx (document à télécharger à la fin de la leçon interactive)

2.4. Les taux de rentabilité


Mais, comme nous l’avons vu, la rentabilité est un rapport entre un résultat et des capitaux.
D’où l’intérêt particulier de calculer les taux de rentabilité.
Les taux de rentabilité.ppsx (document à télécharger à la fin de la leçon interactive)

14
III. Les facteurs de la rentabilité.
L’étude des facteurs de la rentabilité est indispensable d’une part pour expliquer son
niveau et son évolution ; d’autre part pour conduire des actions de maintien ou d’amélioration
de la rentabilité. Les facteurs de rentabilité se répartissent en deux groupes : ceux imputables
à l’environnement et ceux qui relèvent de la gestion interne de l’entreprise

3.1. Les facteurs internes de la rentabilité


La rentabilité étant un rapport entre un flux de résultat et un stock de capitaux, elle
dépend de ces deux éléments. Pour un niveau de prix donné, le résultat est influencé par le
niveau et la structure des coûts.

3.1.1. Le niveau des coûts.


Le niveau des coûts de l’entreprise est déterminé par son efficacité, son efficience, ses
rendements et sa productivité.

3.1.1.1. L’efficacité et l’efficience.

D’une manière générale, une action est efficace si elle permet d’attendre l’effet désiré.
Définition :
L’efficacité s’apprécie ainsi en comparant le résultat à l’objectif.
Ce concept est indispensable pour le pilotage d’une firme ; par exemple les objectifs fixés en
matière de caractéristiques des produits par rapport à ceux des concurrents, de satisfaction
des besoins des clients doivent être atteints et respectés faute de quoi l’activité diminue et la
rentabilité chute. Mais cette conception est insuffisante et peut aboutir à de graves surcoûts.
Un procédé de fabrication permettant d’obtenir un taux de rebut de 1% sera considéré comme
plus efficace qu’un autre entraînant un taux de rebut de 3%.Cependant il est possible que ce
gain d’efficacité soit obtenu en engageant un supplément de dépenses excédant le gain réalisé.
Il est donc nécessaire de se référer à une notion plus complète, ne se limitant pas à la
comparaison du résultat obtenu à l’objectif poursuivi. Par la considération des moyens
employés les notions d’efficience répondent à cette préoccupation.
Définition :
L’efficience est le rapport entre un résultat et les moyens mis en œuvre.

3.1.1.2. Les rendements

La notion d’efficience est trop générale pour être opératoire et mesurable. Elle se
traduit concrètement par des rendements et des productivités.
Définition :
Le rendement est une notion technique. C’est le rapport entre deux quantités : la quantité
produite (output) est rapportée à la quantité d’un facteur utilisé pour l’obtenir.
Selon l’organisation, les méthodes, les procédés employés le rendement peut être faible ou
élevé, s’améliorer ou se dégrader.
Mais une entreprise produit toujours en associant plusieurs facteurs de production. Il
est donc possible de calculer un grand nombre de rendements. Chacun d’eux est
nécessairement partiel puisqu’il ne rapporte la production qu’à un seul facteur. On calcule
ainsi des rendements matières, des rendements machine, des rendements énergétiques, des
rendements de la main d’œuvre…
Les rendements, dont le suivi est indispensable au niveau technique, sont entachés,
pour le pilotage global de l’entreprise, de deux faiblesses provenant du fait qu’il s’agit de
notions partielles et techniques.

15
Le rendement nous l’avons vu est une notion partielle car il ne prend en compte que
l’un des facteurs employés. Or il est évident que le rendement par rapport à ce facteur dépend
fondamentalement des quantités des autres facteurs utilisés. La variation d’un rendement n’a
donc qu’une signification restreinte.
Le rendement est une notion technique, fondée sur un rapport de quantités, qui ignore
les prix et les coûts. Il en résulte qu’il peut augmenter fortement tout en aboutissant à un
gaspillage de ressources et à des surcoûts si les moyens mis en œuvre sont plus coûteux que
d’autres pour lesquels le rendement est plus faible mais dont les coûts sont moindres. Pour
l’illustrer penons le cas d’une fabrication qui peut être réalisée sur deux machines A et B. La
machine A permet d’obtenir 2000 pièces-heure, contre 1000 seulement pour B dont le
rendement est donc plus faible. Cependant si les frais de fonctionnement de A sont par heure
de 20 000 €, alors qu’ils ne sont que de 5 000 € pour B, il est en fait plus économique
d’utiliser la machine B qui aboutit à un coût de revient de 5 € par pièce conte 10 € pour la
machine A. Cet exemple simple montre le décalage existant entre la logique technique et la
logique économique (et financière) qui est prioritaire. D’où la nécessité de se défier des
performances techniques qui s’obtiennent au détriment de la rentabilité économique.
Le calcul de nombreux rendements reste cependant nécessaire pour surveiller le
fonctionnement et la performance au niveau des différents services. Ainsi les rendements
doivent être interprétés et synthétisés à la lumière de la notion plus large de productivité.

3.1.1.3. La productivité.

Définition :
La productivité est une mesure de l’efficience qui intègre les prix et les coûts.
La productivité globale des facteurs (PGF) est le rapport entre le volume de la
production et le volume des facteurs. Comme la production et les facteurs sont hétérogènes
(produits différents, capital et travail…) il est nécessaire de passer par les prix.

PGF = Volume de la production


Volume des facteurs
Au numérateur figurent les quantités produites, multipliées par leurs prix respectifs ; au
dénominateur ce sont les quantités de facteurs employées multipliées par leurs prix respectifs.
L’utilisation des prix est, comme nous l’avons vu, techniquement nécessaire pour
additionner des éléments différents. Mais elle est aussi économiquement indispensable ; en
effet les prix traduisent les raretés et les coûts relatifs des divers facteurs, et toute entreprise
doit économiser les facteurs rares et coûteux.
Au cours du temps, dans une entreprise performante, la productivité doit s’améliorer.
Elle réalise alors un gain de productivité. D’ou une distinction importante :
- la productivité est une notion statique, constituée à une date donnée par le rapport
entre le volume produit et le volume des facteurs utilisés.
- le gain de productivité est une notion dynamique : c’est l’élévation au cours du
temps, du rapport entre le volume de la production et le volume des facteurs. Réaliser
un gain de productivité c’est obtenir la même production avec moins de facteurs.
Il y a un lien étroit entre la productivité et les coûts :
- à un niveau de productivité donnée correspond un niveau de coûts, et les écarts de
compétitivité et de rentabilité des firmes résultent largement des différentiels de
productivité ;
- un gain de productivité se traduit, à prix constants, par une diminution des coûts,
donc à une amélioration de la compétitivité et de la rentabilité.

Dans la pratique le calcul de la productivité globale des facteurs est délicat. C’est
pourquoi on calcule plus facilement des productivités partielles ou apparentes .Deux d’entre
elles sont particulièrement importantes : la productivité du travail et celle du capital.
Définition :

16
La productivité du travail se calcule en rapportant la valeur ajoutée produite au volume du
travail.
Trois mesures de ce dernier sont utilisables : les effectifs, le nombre d’heures de travail et les
salaires (charges de personnel).Les deux premières mesures sont simples et concrètes mais
négligent le fait que les qualifications sont hétérogènes ; l’hétérogénéité des qualifications est
traduite dans la hiérarchie des salaires ce qui justifie la troisième mesure proposée.
Productivité du travail = Valeur ajoutée
Charges de personnel
Remarquons que ce ratio de productivité du travail est l’inverse du ratio de répartition de la
valeur ajoutée. Ceci est normal puisque précisément le personnel est rémunéré en fonction de
sa productivité.
En général, la productivité du travail croît plus vite que la productivité globale des facteurs ;
ceci résulte du fait qu’on rapporte la production au seul facteur travail ; on néglige de ce fait
l’accumulation du capital et son effet sur la productivité. D’où la nécessité de calculer la
productivité du capital.
Définition :
La productivité du capital est égale au quotient de la valeur ajoutée sur le capital
économique mis en œuvre (immobilisations + BFRE).

Productivité du capital = Valeur ajoutée .


Immobilisations + BFRE

Les investissements de productivité ont précisément pour rôle d’accroître la productivité soit
du capital lui-même, soit du travail (accumulation du capital par tête, mécanisation,
automatisation, substitution du capital au travail).
Les programmes de réduction des coûts consistent souvent à dégager des gains de
productivité en réduisant les effectifs ou le capital employé, ou en améliorant leur utilisation.
Mais ils portent également sur les coûts d’achat (négociation avec les fournisseurs,
standardisation des achats, centrale d’achats, regroupement des acheteurs et mises en
concurrence des fournisseurs sur des « places de marché »informatiques) ; les coûts de
distribution (réorganisation des réseaux de vente, nouvelles formes de distribution, modes de
rémunération des réseaux et des vendeurs…) ; et les frais généraux (délocalisations, réduction
des effectifs, compression des budgets).

3.1.2. La structure des coûts.


L’analyse de la structure des coûts permet de déterminer le seuil de rentabilité et le
levier opérationnel.

3.1.2.1. Le seuil de rentabilité


Le compte de résultat classe les charges de manière à dégager des SIG dont nous
avons vu l’intérêt ; mais de ce fait il n’analyse pas la structure des coûts en fonction de leur
variabilité .Pour analyser la sensibilité de la rentabilité aux variations d’activité cette analyse
est pourtant indispensable. Elle consiste à établir des comptes de résultat structurels, global
ou par activité, fondés sur la décomposition des coûts en coûts variables et coûts fixes. Les
coûts variables sont généralement proportionnels à l’activité ; les coûts fixes sont constants à
l’intérieur d’une plage d’activité et varient ensuite par paliers, lors des changements de la
capacité de production, des investissements, et plus généralement des changements de
structure de l’entreprise.
Les coûts sont variables ou fixes selon leur nature (ex : les coûts des
approvisionnements matières, énergie, marchandises sont variables ; les loyers, assurances,
les salaires du personnel d’encadrement sont fixes). Lorsque le classement des coûts par
nature est impossible, il faut faire une régression linéaire (droite des moindres carrés) ,sur un

17
historique de données mensuelles par exemple, pour décomposer les coûts en une partie fixe
(ordonnées à l’origine de la droite de régression) et variable (pente de la droite de régression).
Cette décomposition permet de calculer :
- la marge sur coût variable (MCV), différence entre le chiffre d’affaires ( CA ) et les
coûts variables (CV) ;
-
MCV = CA – CV

- le taux de marge sur coût variable, rapport entre la marge sur coût variable et le
chiffre d’affaires, qui exprime le nombre de centimes d’euro sécrété par un euro de
ventes pour couvrir les coûts fixes et, au-delà, pour réaliser le résultat.
m = CA – CV
CA

On en déduit le seuil de rentabilité de l’entreprise qui est le niveau d’activité pour


lequel le bénéfice est nul. A ce niveau la marge sur coût variable couvre tout juste les coûts
fixes. En notant m le taux de marge sur coût variable, SR le seuil de rentabilité en euros de
ventes, on obtient le seuil de rentabilité par la formule suivante.
B = CA – (CV + CF) = 0
CA – CV = CF
m .SR= CF

SR = CF : m

Par différence entre le seuil de rentabilité et le chiffre d‘affaires réalisé, on obtient la


marge de sécurité de l’entreprise :

Marge de sécurité = CA – SR
Elle indique de quel montant, en valeur absolue peuvent diminuer les ventes avant de rentrer
dans la zone des pertes.
Mais il est plus intéressant de la rapporter au chiffre d’affaires pour obtenir l’indice
de sécurité :
Indice de sécurité = (CA – SR) : CA

L’indice de sécurité indique de quel pourcentage le chiffre d’affaires peut baisser avant que
l’entreprise ne rentre dans la zone des pertes, en raison d’une activité insuffisante pour couvrir
les coûts fixes.

Cet indice de sécurité dépend naturellement du niveau d’activité actuel (plus il est élevé, plus
on est loin du seuil de rentabilité) mais aussi de la structure des coûts. Pour un taux de marge
sur coûts variables donné, plus les coûts fixes sont importants, plus le SR est élevé ce qui
réduit l’indice de sécurité.

3.1.2.2. Le levier opérationnel

Si tous les coûts étaient variables, le résultat d’exploitation varierait proportionnellement à


l’activité puisque :
B = CA –CV = CA –m.CA = (1-m) CA.
L’existence de coûts fixes entraîne une variation du résultat d’exploitation amplifiée par
rapport à la variation d’activité. Cette amplification des variations du résultat par rapport à
l’activité, due à la structure des coûts constitue le levier opérationnel (ou levier
d’exploitation).
Il se mesure aisément par l’élasticité du résultat d’exploitation par rapport au chiffre
d’affaires :

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ΔR
e= R
ΔCA
CA
L’élasticité exprime la variation en pourcentage du résultat pour une variation du chiffre
d’affaires de 1%. Par exemple une élasticité de 4 signifie que si le CA baisse de 1%, le
résultat d’exploitation diminuera de 4%.
En décomposant le CA en trois composantes le résultat, les coûts fixes et les coûts
variables on démontre que l’élasticité e est obtenue par la formule :

e= CA = CA
CA−SR CA− CF
m
Ainsi la sensibilité du résultat d’exploitation aux variations d’activité :
- croit avec les coûts fixes,
- croît lorsque le seuil de rentabilité s’élève,
- diminue lorsque le taux de marge sur coûts variables augmente, c’est à dire lorsque
les coûts variables diminuent.
L’élasticité du résultat dépend donc de la structure des coûts (part des coûts fixes dans les
coûts totaux, rapport entre les coûts fixes et les coûts variables).
Observons que l’élasticité est l’inverse de l’indice de sécurité.

Il en résulte que pour diminuer son risque d’exploitation, l’entreprise doit diminuer ses
coûts fixes, modifier la structure de ses coûts et abaisser son seuil de rentabilité. Il existe de
nombreux procédés pour y parvenir tels que les systèmes de rémunération variable,
l’externalisation (sous-traitance notamment) d’une partie des activités, la réduction de la
capacité de production pour abaisser le point mort, la gestion en flux tendus et d’une manière
générale tous les procédés qui accroissent la flexibilité et la réactivité de la firme.

19
3.1.3. Le levier financier.
Alors que le levier opérationnel est imputable à la structure des coûts, le levier
financier provient de la structure du financement, c’est à dire au financement des actifs pour
partie par des emprunts.
Dans le cas d’une firme utilisant exclusivement ses capitaux propres, la rentabilité
financière de ces derniers est égale à la rentabilité économique des actifs qu’ils financent.

Capitaux propres

rémunère

Investissements (actifs financés)


Résultat d’exploitation
procure

Re = EBE(ou RE)/Actifs financés Rf = CAF(ou RC)/Capitaux propres

En revanche, le financement par endettement introduit une divergence entre les deux
rentabilités économique et financière toutes les fois que le taux d’intérêt des emprunts est
différent du taux de rentabilité économique des actifs.

Capitaux propres (CP) e

Emprunt (E)
coûte Intérêts Résultat net
(avant IS)
Actifs financés
Résultat d’exploitation
procure

Les capitaux propres rapportent :


-le taux de rentabilité économique sur les actifs qu’ils financent soit, en euros : Re .CP,
-l’écart entre la rentabilité économique des actifs (Re) et le taux d’intérêt (i) des dettes (D)
pour ceux qui sont financés par endettement soit, en euros : (Re – i).D

Au total la rentabilité financière des capitaux propres est la somme de ces deux
éléments soit, en taux de rentabilité :

Dans cette formule, l’effet de levier apparaît dans le second terme du second membre.
L’expression (Re – i) désigne le différentiel de taux ;
20
Le quotient Dettes / capitaux propres (D/CP) constitue le bras de levier.

L’effet de levier est l’augmentation de la rentabilité financière, due au


financement d’une partie des actifs par des dettes dont le taux d’intérêt est inférieur à la
rentabilité économique des actifs financés. Il est d’autant plus élevé que l’écart de taux est
important et que le taux d’endettement est élevé. Des montages financiers privilégiant
l’endettement permettent donc d’élever la rentabilité financière au-delà de la rentabilité
économique.

Cependant l’effet de levier a des contreparties défavorables :


- la volatilité de la rentabilité financière, qui fluctue beaucoup plus amplement que la
rentabilité économique
- l’inversion de l’effet de levier qui devient négatif si la rentabilité économique est
inférieure au taux d’intérêt des emprunts,
- l’élévation du niveau de risque financier de l’entreprise, qui résulte des deux
phénomènes précédents, auxquels s’ajoutent l’élévation du taux d’endettement et le
poids des remboursements
- l’élévation du coût du capital qui en résulte (coûts de nouveaux financements plus
élevés, hausse du taux de rentabilité exigé par les actionnaires pour compenser
l’élévation du risque).

3.1.4. La rotation du capital.


La rentabilité financière se mesure par le rapport du résultat net aux capitaux propres.
Il est possible d’enrichir le contenu de cette formule en décomposant le taux de rentabilité.
En appelant CA le chiffre d’affaires, P le total du passif et CP les capitaux propres on peut
écrire :

Le premier terme (B/CA) est le taux de marge nette dont nous avons analysé la
formation en étudiant les SIG ; le troisième terme (P/CP) est une mesure du taux
d’endettement qui correspond au levier financier étudié ci-avant. Il nous reste à analyser la
signification du second terme (CA/P).
Ce ratio exprime le nombre d’euros de ventes réalisées avec un euro de capital engagé
dans l’activité. Il mesure donc la rotation du capital. Plus elle est élevée, pour un taux de
marge et un taux d’endettement donnés, plus la rentabilité est importante.
L’entreprise a donc intérêt à veiller à la rotation de son capital pour la maintenir ou
l’accroître, afin d’améliorer sa rentabilité. Elle doit en permanence essayer de minimiser le
capital nécessaire à la réalisation de la production et des ventes.
En pratique, l’examen de la rotation du capital comporte l’étude spécifique des divers
actifs de l’entreprise. En effet la rotation du capital de la firme est une moyenne des rotations
particulières des divers actifs, pondérées par leurs parts respectives dans le bilan.

3.1.4.1. La rotation des immobilisations.

La rotation des immobilisations (CA/Immobilisations d’exploitation) peut être


accélérée de plusieurs manières.
1. En élevant le niveau d’activité en cas de sous emploi de la capacité productive. Seul
le plein emploi permet de « faire tourner » les matériels et installations le plus
rapidement possible.
Exemple :
Si par exemple pour un produit vendu 1000 €, la capacité de la firme est de 1 000 unités et
que les machines d’une valeur de 500 000 € ne tournent qu’à 80%, la rotation du capital est

21
en fait de (1 000 x 800) : 500 000 = 1,6 € de CA par euro de capital investi alors qu’elle
pourrait atteindre 2 €. Si la marge bénéficiaire est de 10% ceci correspond à une rentabilité
du capital investi de :
(10% x 800 000) :500 000 = 16%, alors qu’au plein emploi elle serait de :
(10% x 1 000 000) : 500 000 =20%.
2. La rotation des immobilisations peut également s’accroître par la réduction du capital
employé : cession de matériels inutilisés ou sous employés ; renouvellement
d’équipements par des matériels au rendement plus élevé. Ainsi il est parfois
intéressant de déclasser un matériel en état de fonctionnement ; recours à la sous-
traitance (c’est le sous traitant qui apporte le capital technique) ; financement par
crédit-bail.
3. Le travail en continu, ou par équipes successives se justifie parfois par des impératifs
techniques (problèmes de sécurité, fonctionnement continu d’une centrale
énergétique..). Il peut aussi répondre au souci financier de rentabiliser les équipements
puisque, avec le même capital, on réalise un niveau de production plus élevé.

3.1.4.2. La rotation des stocks.

Les stocks d’approvisionnement peuvent être optimisés par la définition d’une


politique d’approvisionnement, par le recours au calcul économique (prise en compte des
coûts des stocks et de capitaux investis) pour la gestion des stocks.
Les techniques d’optimisation de la production permettent de minimiser les en- cours
de fabrication.
Les stocks de produits finis dépendent de la coordination production-ventes, de la
qualité des prévisions commerciales et du mode de gestion adopté (flux tendus ou flux
poussés).La gestion en flux tendu consiste à produire sur commande (et non en fonction de
prévisions de ventes). Elle supprime les stocks de produits finis. Mais elle n’est praticable que
lorsque le « délai client » est égal ou supérieur au « délai produit ».
La gestion en flux tendus ne concerne pas seulement les produits finis ; elle peut
s’étendre à la production ainsi qu’aux approvisionnements. Beaucoup de firmes combinent
flux tendus et flux poussés.

3.1.4.3. La rotation des créances

Il n’y a pas que les biens utilisés qui « coûtent » du capital. Les créances accordées
aux clients pèsent aussi sur la rentabilité. L’entreprise peut :
- réduire les délais de règlement des clients,
- sélectionner sa clientèle,
- instaurer des plafonds de crédit,
- accorder des escomptes de règlement pour paiement comptant,
- proposer aux clients des prélèvements automatiques à date fixe,
- mettre en place des systèmes d’abonnement (paiement d’avance des abonnés)
- ou systématiser les avances et acomptes sur commandes

Il existe ainsi de nombreux moyens d’améliorer la rentabilité par la réduction des coûts et par
l’amélioration de la rotation du capital.

3.1.5. Les marges


La rentabilité est le produit d’un taux de marge par la rotation du capital.
Ainsi, la rentabilité dépend-elle des marges procurées par les divers produits dans son niveau

22
et dans ses variations au cours du temps. Il faut donc étudier les diverses marges car elles
apportent des éclairages complémentaires sur la rentabilité : marge brute, marge
d’exploitation, marge sur coût variable et marge nette en particulier.

3.1.6. Le cycle de vie du produit


La rentabilité des produits varie au cours des phases successives de leur cycle de vie : études,
lancement, expansion, maturité et déclin.
Il en va de même des autres paramètres financiers tels que la trésorerie dégagée ou absorbée,
les capitaux nécessaires ou procurés par le produit, notamment sous forme
d’autofinancement absorbé ou sécrété par le produit, enfin sous forme de d’investissements
nécessaires (d’études et recherche, puis de lancement, puis de capacité, enfin de productivité ,
jusqu’au désinvestissement en phase de déclin).
Pour stabiliser sa rentabilité, comme pour assurer sa survie et son développement, la firme
doit donc avoir un portefeuille de produits équilibré c'est-à-dire un ensemble de produits
situés à diverses phases de leur cycle de vie.

3.2. Les facteurs externes de la rentabilité


Les facteurs externes de la rentabilité sont liés aux caractéristiques
de l’environnement et, surtout, aux évolutions de l’environnement. Ces facteurs sont en
général des contraintes affectant la rentabilité ; mais parfois au contraire ils offrent des
opportunités de développement et de rentabilité. Pour maintenir ou améliorer sa rentabilité, la
firme doit avoir une attitude active vis à vis de son environnement : l’identifier, le connaître,
le modifier (par exemple par ses actions commerciales, son action auprès des pouvoirs publics
pour modifier une réglementation), tirer parti des opportunités nouvelles.

Les principaux facteurs d’environnement à considérer sont :

- La conjoncture générale et sectorielle qui affecte la demande (succession de phases


d’expansion, de stagnation, de récession).

- Le coût des approvisionnements notamment pour les firmes dépendant de matières


dont les prix fluctuent amplement sur les marchés mondiaux.

- L’élasticité de la demande par rapport aux prix et par rapport aux revenus a une
grande importance quant aux possibilités de répercuter les variations des prix d’achat,
et plus généralement des coûts, dans les prix de vente, ainsi que sur la stabilité de la
demande.

- Le cycle d’activité propre au secteur (automobile, construction par exemple) entraîne


des fluctuations de la rentabilité d’autant plus importantes que les coûts fixes sont
élevés.

- La concurrence actuelle et potentielle affecte le niveau des ventes et des prix ; elle est
double : celle des produits similaires et celle des produits de substitution.

- La fiscalité et les charges sociales, par les variations d’assiette et de taux, amputent
les résultats.

- La réglementation impose des contraintes réduisant les capacités d’adaptation rapide


des entreprises ainsi que des charges et des investissements obligatoires; en sens
inverse des réglementations nouvelles créent, pour certaines firmes, des marchés

23
nouveaux ou confèrent des éléments de monopole (par exemple des normes, des
labels).

- Les taux d’intérêt et leurs variations affectent inégalement les entreprises selon leur
niveau d’endettement et la composition de cet endettement à taux fixe ou variable.

- Il en va de même du marché financier qui affecte, par les variations de cours des
titres, la rentabilité des firmes ayant un important portefeuille de titres (sociétés
d’assurance par exemple).

- Les taux de change ont une grande importance pour les entreprises importatrices et
exportatrices dans des pays hors zone euro ; ainsi que pour les groupes ayant des
filiales à l’étranger dont le résultat converti en euros varie grandement selon les
fluctuations des taux de change.

- Les évolutions technologiques (techniques, matériaux, méthodes) et culturelles


(changement des goûts, des besoins, des attitudes, des comportements) constituent
également, selon les entreprises, des opportunités ou des menaces affectant leur
rentabilité à long terme.

Pour faire face aux caractéristiques et aux changements de leur environnement, les entreprises
doivent adapter leur stratégie et leur organisation. C’est par cette congruence entre
environnement, stratégie et organisation qu’elles peuvent atteindre leurs objectifs de
rentabilité à long terme.

24
QUESTIONS DE VERIFICATION DES CONNAISSANCES
1. Pour les notions suivantes : efficacité, efficience, rendement, productivité :
-donner une définition,
-proposer une mesure
-indiquer les cas et objectifs de leur utilisation,
-analyser les limites du concept.

2. Comment calculer les productivités partielles du travail et du capital ?

3. Comment mesurer les gains de productivité dans l’entreprise ? Rechercher leur origine,
notamment dans les aspects techniques et organisationnels du fonctionnement de la firme.

4. Analyser la répartition des gains de productivité : comment s’effectue-t-elle ? Quels


peuvent en être les bénéficiaires ?

7. Donner une définition générale de la rentabilité. S’agit-il d’un concept d’économie


fondamentale, ou propre à l’économie de marché, ou propre à l’économie capitaliste ? Revêt-
elle le caractère d’une contrainte ou d’un objectif ?

8. Quels éléments interviennent au numérateur et au dénominateur du taux de rentabilité ?

9. Analyser les taux de rentabilité significatifs que l’on peut calculer à partir des SIG. Pour ce
faire :
-distinguer rentabilité économique et rentabilité financière ;
-rentabilité brute et rentabilité nette.

10. Quels autres ratios (différents des ratios tirés de la comptabilité) les opérateurs sur les
marchés financiers utilisent-ils pour appréhender la rentabilité financière d’une entreprise ?
Pourquoi les évaluations des marchés financiers diffèrent-elles des évaluations comptables ?

11. A quoi sert le calcul des résultats et des rentabilités comptables d’exercice ? Quelles en
sont les limites ?

12. Analyser le mécanisme du levier financier. Montrer qu’il est dû à un effet de structure.

13. Proposer une formule de calcul de l’effet de levier financier (dans le cas d’une rentabilité
d’exercice)

14. Quelle est la contrepartie de l’effet de levier ? (introduire la notion de volatilité)

15. De quels facteurs l’effet de levier dépend-il?

16. Expliquer le mécanisme du levier opérationnel (d'exploitation).

17. Montrer qu’il est également dû à un effet de structure et qu’il engendre également une
volatilité de la rentabilité. En quoi est-il lié aux choix d’organisation de l’entreprise ?

18. Comparer les leviers financier et opérationnel pour analyser les similitudes et les
différences.

19. Rechercher les facteurs explicatifs de la rentabilité et de ses variations dans le temps
pour une entreprise et classer ces facteurs en catégories.

20. Proposer des formules de décomposition du ratio de rentabilité financière en plusieurs


éléments explicatifs et financièrement significatifs.
25
APPLICATIONS

4.1. Rentabilité d’exercice.

Une entreprise envisage la réalisation d’un investissement de 1 200 000 €, amortissable


linéairement sur 6 ans, et procurant annuellement un excédent brut d’exploitation de 320 000
€. Elle peut financer cet investissement de plusieurs manières :
ƒ Par une augmentation de capital du montant de l’investissement (F1)
ƒ Par capitaux propres, complétés pour 50% de l’investissement par un emprunt à
moyen terme au taux de 8%, à annuités constantes payables en fin de période (F2)
ƒ Par capitaux propres complétés pour 50% comme précédemment par un emprunt à
8%, et pour 20% complémentaires par un emprunt bancaire au taux de 15%, à
amortissement constant sur 6 ans (F3)
ƒ Par un crédit bail finançant 90% de l’investissement, d’une durée de 6 ans, de valeur
résiduelle (option d’achat) négligeable dont la redevance annuelle, payable d’avance,
s’élève à 300 000 €. (F4).

1. Etablir un tableau comparatif des diverses solutions de financement possibles (en


négligeant les aspects fiscaux) et faisant apparaître dans chaque cas, pour la première
année :

F1 F2 F3 F4
charges financières
résultat d’exploitation
résultat courant
résultat net
CAF

2. En limitant l’étude au premier exercice, calculez:


- la rentabilité économique brute comptable (d’exercice) :Reb :
- la rentabilité économique nette comptable :Ren
-la rentabilité économique nette d’amortissement et d’IS : Renn
- la rentabilité financière brute comptable :Rfb
- la rentabilité financière nette comptable. :Rfn
F1 F2 F3 F4
Reb
Ren
Renn
Rfb
Rfn

3. Expliquez les raisons des différences constatées

4. Que est le taux d’intérêt critique (tic) à partir duquel l’effet de levier devient négatif

Tic=

5. Indiquer la formule de financement à adopter (Formule 1, 2, 3, ou 4)

26
6. Y a-t-il un lien entre risque et rentabilité. Justifiez votre réponse par référence au cas
traité, et comparez ensuite à l’explication proposée

Votre réponse :

7. Pour conseiller le choix d’une formule de financement quelles autres


informations est-il nécessaire de recueillir et dans quels documents ? Justifiez votre réponse,
et comparez ensuite à l’explication proposée

8. Quelles sont les limites de la rentabilité d’exercice ?

Votre réponse :

4.2. L’autofinancement

1. Reconstituez les règles de passage de l’EBE à la CAF


CAF =

2. Y a-t-il un autre mode de calcul de la CAF ?lequel ?

CAF =

3. La CAF est-elle un flux de trésorerie ? (oui ou non)

4. Quelles utilisations peut-on faire de la CAF ?


27
5. Pourquoi, dans la majorité des entreprises, la CAF est-elle voisine de l’EBE ?

6. Quels ratios permettent de mesurer le taux d’autofinancement d‘une entreprise ?

7. Dans une firme, au cours de l’année n l’autofinancement a été de 1 200 000€ alors que
la CAF était de 2 400 000€.
D’où provient la différence ?

8. Sachant que le bilan de cette firme avait la structure suivante, que pensez-vous de cette
politique ?

Actif Passif
Actif immobilisé 5 000 000 Capital social 2 000 000
Actif circulant 3 400 000 Réserves 500 000
Résultat 1 500 000
Dettes 4 400 000
Total 8 400 000 8 400 000

Votre réponse :

28
Corrigé des applications

41. Rentabilité d’exercice.


Une entreprise envisage la réalisation d’un investissement de 1 200 000 €, amortissable
linéairement sur 6 ans, et procurant annuellement un excédent brut d’exploitation de
320 000 €.Elle peut financer cet investissement de plusieurs manières :
ƒ Par une augmentation de capital du montant de l’investissement ;
ƒ Par capitaux propres, complétés pour 50% de l’investissement par un emprunt à
moyen terme au taux de 8%, à annuités constantes payables en fin de période ;
ƒ Par capitaux propres complétés pour 50% comme précédemment par un emprunt à
8%, et pour 20% complémentaires par un emprunt bancaire au taux de 15%, à
amortissement constant sur6 ans ;
ƒ Par un crédit bail, sur 6 ans de valeur résiduelle (option d’achat) négligeable, dont la
redevance annuelle, payable d’avance, est de 300 000€.

I. 1. Etablir un tableau comparatif des diverses solutions de financement possibles


(en négligeant les aspects fiscaux) et faisant apparaître dans chaque cas :
- les charges financières
- le résultat d’exploitation
- le résultat courant,
- le résultat net

Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4


EBE 320000 320000 320000 320000
DAP 200000 200000 200000 0
Redevance de crédit-bail 300000
Résultat d’exploitation 120 000 120 000 120 000 20000
Charges Financières 0 48000 48000
36000

Résultat avant impôts 120000 72000 36000 20000


RN (taux de l'IS à 33,33%) 80004 48002,4 24001,2 13333,3
CAF = RN + DAP 280004 248002 224001 13333,3

29
2. En limitant l’étude au premier exercice, calculer :
- la rentabilité économique brute comptable (d’exercice)
- la rentabilité économique nette comptable
- la rentabilité financière brute comptable

- l
F1 F2 F3 F4
Reb 26,66% 26,66% 26,66% 26,66%
Ren 10% 10% 10% 10%
Renn 6,66% 6,66% 6,66% 6,66%
Rfb 23,33% 41,33% 62,22% 29,62%
Rfn 6,66% 8% 7% 29,62%
a

Détail des calculs


r
e
Capitaux investis 1 200 000 1 200 000 1 200 000 1 200 000
n
Capitaux propres 1200000 600000 360000 300 000
Dettes t 0 600000 840000 1080000
a
Rentabilitébéconomique brute
EBE / Capitaux
i investis 26,66% 26,66% 26,66% 26,66%
Rentabilité économique nette
l
Résultat d’exploitation /Capitaux investis 10% 10% 10% 10%
Rentabilitéi économique nette
t
d’amortissements et nette d’IS
é
2/3*Résultat d’exploitation / Capitaux investis 6,66% 6,66% 6,66% 6,66%
Rentabilité. Financière nette
Résultat net / Capitaux propres (RN/CP) 6,66% 8% 7% 29,62%
Rentabilité financière brute
CAF / Capitaux propres 23,33 41,33% 62,22% 29,62%

Levier financier (D/CP) 0% 100% 233% 360%


Taux d'int. des dettes 0% 8% 10%

3. Raisons des différences constatées


Les différences de rentabilité s’expliquent par la prise en compte différente :
- des amortissements,
- de l’IS,
- des niveaux de résultat intervenant dans le calcul,
- et enfin de la structure du financement c’est à dire du rapport entre les dettes et les
capitaux propres. Il génère un effet de levier expliquant les écarts entre rentabilité
économique et rentabilité financière.
4. Que est le taux d’intérêt critique (tic) à partir duquel l’effet de levier devient négatif

Tic=10%
L’investissement, indépendamment de son financement rapporte une rentabilité avant impôt
de 10%. Tout financement dont le coût avant impôt est supérieur à ce taux réduit la
rentabilité des capitaux propres au dessous de la rentabilité économique de 10%.

4. Indiquer la formule de financement à adopter (Formule 1, 2, 3, ou4)


Formule :4
Le crédit bail procure la plus forte rentabilité financière nette. Dans cette formule de
financement, l’effet de levier est très important (bras de levier de 360%) ce qui fait qu’il
améliore fortement la rentabilité des capitaux propres, malgré son coût élevé qui ampute de
façon substantielle l’EBE et le résultat d’exploitation.

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6. Y a-t’il un lien entre risque et rentabilité. Justifiez votre réponse par référence au cas
traité,

Notre réponse : Plus le financement fait appel à des capitaux empruntés, plus les rentabilités
financières sont importantes ; mais ceci correspond à un taux d’endettement, donc à un niveau
de risque croissant.
Il y a cependant une exception dans le cas étudié : c’est la formule 3 dans laquelle le taux
d’endettement est plus élevé que dans F2 alors que la rentabilité financière s’abaisse. C’est
que l’effet de levier s’inverse pour l’emprunt bancaire dont le taux d’intérêt (15%) est
supérieur à la rentabilité économique de l’investissement (10%).

7. Pour conseiller le choix d’une formule de financement quelles autres informations


est-il nécessaire de recueillir et dans quels documents ? Justifiez votre réponse, et comparez
ensuite à l’explication proposée

Il faut tenir compte de la structure financière globale de l’entreprise, notamment de son taux
d’endettement antérieur.
Et comparer les rentabilités obtenues au taux de rentabilité requis ou habituel des capitaux de
l’entreprise.
En outre il faut intégrer les considérations stratégiques, commerciales, techniques et sociales
aux choix financiers.
Enfin il faut prendre en compte les interdépendance et complémentarités avec les autres
activités de la firme
8. Les limites de la rentabilité d’exercice ?

Notre réponse : La rentabilité d’exercice ne tient pas compte de l’étalement dans le temps des flux
financiers.
Elle repose sur des concepts comptables de résultat, fondés sur l’analyse en charges et produits, et non
sur de véritables flux de trésorerie.
Certaines conventions comptables, relatives notamment aux amortissements sont contestables ainsi que
le découpage de l’activité en tranches annuelles pour analyser un projet s’étendant sur plusieurs années.

42. L’autofinancement
1. Règles de passage de l’EBE à la CAF
CAF =
EBE
+Autres produits d’exploitation
-Autres charges d‘exploitation
+Produits financiers encaissables
-Charges financières décaissables
+Produits exceptionnels encaissables
-Charges exceptionnelles décaissables
-Participation des salariés
-Impôt sur les bénéfices
+Transfert de charges

2. Autre mode de calcul de la CAF ? Lequel ?


CAF = résultat net +DAP – RAP –PCEA +VCEAC

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3. La CAF est-elle un flux de trésorerie ?
La CAF est un flux de trésorerie potentiel, puisqu’une partie de la CAF est gelée dans la
variation du BFR, qui constitue donc l’un des emplois de la CAF.
C’est un flux de financement
4. Quelles utilisations peut-on faire de la CAF ?
Les emplois possibles de la CAF sont :
0. distribution de dividendes
1. investissements de renouvellement (autofinancement de maintien)
2. investissements nouveaux (autofinancement net)
3. variation du BFR (augmentation du FR)
4. remboursement d’emprunt
5. amélioration de la trésorerie.

5. Pourquoi, dans la majorité des entreprises, la CAF est-elle voisine de l’EBE ?


La CAF est l’excédent des produits encaissables sur les charges décaissables.
L’EBE est l’excédent des produits d’exploitation encaissables sur les charges
d’exploitation décaissables.
Comme l’exploitation génère l’essentiel des flux de produits et de charges, l’EBE
constitue l’essentiel de la CAF.

6. Quels ratios permettent de mesurer le taux d’autofinancement d‘une entreprise ?


Autofinancement / Investissements de l’exercice
Autofinancement /Capitaux propres
Autofinancement/Immobilisations
Autofinancement/VA.

7. Dans une firme, au cours de l’année n l’autofinancement a été de 1 200 000€ alors que
la CAF était de 2 400 000€.
D’où provient la différence ?
Des dividendes distribués au cours de l’exercice, calculés sur le résultat de l’année
précédente.
8. Sachant que le bilan de cette firme avait la structure suivante, que pensez-vous de
cette politique ?

L’entreprise a distribué l’essentiel de son résultat. Or son endettement financier est


supérieur à ses capitaux propres après cette répartition des bénéfices. Son taux
d’endettement est excessif ; elle aurait dû conserver une plus grande partie de son résultat
en réserve pour renforcer sa structure et son autonomie financière.

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