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Guide sur la Détention Préventive en RDC

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VADE-MECUM DE L’AVOCAT

EN MATIERE DE DETENTION
PREVENTIVE

Avec le soutien de

ROYAUME DE BELGIQUE
Service public fédéral
Affaires étrangères,
Commerce extérieur et
Coopération au Développement

Il va de soi que le contenu de ce rapport n’engage qu’Avocats Sans Frontières, et qu’il


ne reflète pas nécessairement le point de vue des bailleurs de fonds.
VADE-MECUM DE L’AVOCAT
EN MATIERE DE DETENTION
PREVENTIVE

Le présent document constitue un guide destiné aux avocats, dans le


cadre du suivi des dossiers de leurs clients durant toute la période
de placement en détention préventive. Il reprend les références
légales nationales et internationales relatives à la procédure et aux
conditions du placement en détention préventive.

L’avocat, en tant que défenseur des droits de son client, a la lourde


responsabilité de veiller non seulement au respect de la procédure
judiciaire, mais également aux conditions de vie du détenu et au respect
de ses droits les plus élémentaires.

La détention préventive est régie par des dispositions légales rigoureuses


du Code de procédure pénale, qui doivent être observées par le parquet,
le juge et par les services pénitentiaires. Il sera question dans ce guide de
rappeler ces dispositions juridiques et d’insister sur la validité des actes de
procédure, les obligations des acteurs judiciaires et pénitentiaires, et également
sur les méthodes d’intervention de l’avocat pendant cette phase de la procédure.
SOMMAIRE
Des conditions requises pour un placement
en détention préventive en RDC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Dispositions pertinentes de la loi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7


Conditions du placement en détention .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Procédure légale .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Commentaires sur les conditions du placement en détention.. . . . . . . . . . . 8


Conditions matérielles ordinaires .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Existence d’indices sérieux de culpabilité .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Seuil minimum de la peine encourue : 6 mois de servitude pénale .. . . . . 9
Conditions matérielles exceptionnelles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Le risque de fuite ou une identité inconnue ou douteuse. . . . . . . . . . . 11
L’existence de circonstances graves et exceptionnelles par
lesquelles la détention est impérieusement réclamée par l’interêt
de sécurité publique .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Des conditions specifiques pour les mineurs


en conflit avec la loi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

Dispositions pertinentes de la loi.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13


Commentaires sur les conditions du placement en détention. . . . . . . . . 14

Le travail de l’avocat.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

Rencontrer son client dès sa désignation en tant que conseil . . . . . . . . 15


Consulter le dossier de son client à la prison et au parquet. . . . . . . . . . . 16
Demander l’autorisation de lever copies des pièces du dossier.. . . . . . . . 17
S’entretenir le plus régulièrement possible avec son client. . . . . . . . . . . . 17
Soumettre des requêtes : .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Durant la phase pré-juridictionnelle (avant que l’affaire ne soit fixée) ... 20
Une fois l’instruction terminée (affaire fixée).. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Vérifier que les conditions de détention du client respectent
les standards minima . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Vérifier que les conditions applicables aux mineurs
en conflit avec la loi ont été respectées.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Avocat sans Frontières
Novembre 2009 5
SOURCES LEGALES NATIONALES OU INTERNATIONALES.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Sources nationales.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Sources internationales .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

Références bibliographiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

Doctrine.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Jurisprudence en matière de détention préventive.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Autres outils juridiques .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

Avocat sans Frontières


6 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

DES CONDITIONS REQUISES POUR UN PLACEMENT


EN DÉTENTION PRÉVENTIVE EN RDC

DISPOSITIONS PERTINENTES DE LA LOI


Tant qu’un jugement de condamnation sur le fond n’a pas été rendu, toute personne
est présumée innocente.

Article 17 de la Constitution : « toute personne accusée d’une infraction est présumée


innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie par un jugement définitif. »

Le placement en détention doit donc être l’exception et la liberté la règle :


 Article 17.1 de la Constitution et article 28 alinéa 1 du Code de procédure
pénale (CPP).
 Elle doit être prononcée « à titre de précaution indispensable »1.

CONDITIONS DU PLACEMENT EN DÉTENTION (ART.27 CPP) :


 Conditions matérielles ordinaires (al.1) : Une personne peut être placée
en détention préventive seulement s’il existe à son encontre des indices
sérieux de culpabilité et que les faits reprochés, constitutifs d’une in-
fraction, sont sanctionnés d’une peine d’au moins 6 mois de servitude
pénale.
 Conditions matérielles extraordinaires (al.2) : Si le fait est constitutif
d’une infraction que la loi punit d’une peine inférieure à 6 mois de ser-
vitude pénale, mais supérieure à 7 jours, « lorsqu’il y a lieu de craindre
la fuite de l’inculpé, ou si son identité est inconnue ou douteuse ou si,
eu égard à des circonstances graves et exceptionnelles, la détention est
impérieusement réclamée par l’intérêt de la sécurité publique ».

PROCÉDURE LÉGALE :
 Le placement en détention provisoire est précédé d’un « mandat d’arrêt
provisoire » (MAP) délivré par le magistrat instructeur et qui a une validi-
té de 5 jours. Au plus tard le cinquième jour, l’officier du ministère public
a l’obligation de conduire la personne devant le juge, afin de solliciter son
placement en détention préventive (art. 28 al.2 CPP).
 Le magistrat instructeur doit saisir le tribunal pour statuer
sur un possible placement en détention préventive de la
personne placée sous MAP.

1 Revue zaïroise de droit, p.87.

Avocat sans Frontières


Novembre 2009 7
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

 Le prévenu a également le droit «à l’expiration de ces dé-


lais [de 5 jours de validité du MAP] de demander au juge
compétent sa mise en liberté ou sa mise en liberté provi-
soire. » (article 28 al.5 CPP)
 La détention préventive est autorisée par le juge de paix (art. 29 CPP) qui
siège en Chambre du conseil (huis-clos) sur base des critères de l’article
27 CPP2. Seul un magistrat du siège peut rendre des ordonnances visant
le placement ou le maintien en détention préventive.
 L’ordonnance autorisant la mise en détention préventive est valable 15
jours (y compris le jour où elle est rendue). Toutefois, elle peut être prolon-
gée (ordonnance de prorogation) pour une durée d’1 mois (art. 31 CPP) :
- Une seule fois : si la peine encourue est inférieure à 2 mois de prison
- 3 fois consécutives : si la peine encourue est égale ou supérieure à
6 mois de prison

AU-DELÀ DE CES DÉLAIS,


LA PROLONGATION DE LA DÉTENTION DOIT ÊTRE AUTORISÉE
PAR LE JUGE COMPÉTENT EN AUDIENCE PUBLIQUE.

S’il ne le fait pas, le maintien du prévenu en détention manque de base légale et


devient par conséquent illégal.
Voir infra les démarches à entreprendre pour mettre fin à cette situation.

COMMENTAIRES SUR LES CONDITIONS


DU PLACEMENT EN DÉTENTION

CONDITIONS MATÉRIELLES ORDINAIRES :


EXISTENCE D’INDICES SÉRIEUX DE CULPABILITÉ

Pour qu’une personne soit incarcérée, il faut qu’il existe des indices suffisants cor-
roborant les faits mis à sa charge. Il s’agit d’indices sérieux, puisqu’à ce stade de la
procédure pénale, en vertu du principe de présomption d’innocence, la personne est
soupçonnée mais non déclarée coupable. C’est pourquoi il importe que le magistrat in-
structeur entende préalablement l’inculpé, afin de mettre à jour les charges suffisantes
légitimant une privation de liberté. Le magistrat instructeur doit dresser un procès-
verbal d’audition du suspect et y mentionner les éléments justifiant sa décision.
2 Il s’agit d’audiences qui se tiennent à huis-clos (art.30 CPP), ce qui signifie que seuls le juge unique, le ministère public, le greffier, le
prévenu et son avocat y sont admis. Le huis-clos est requis, puisque la mise en détention préventive se situe durant la phase pré-juri-
dictionnelle et est donc, comme toute l’instruction préparatoire, secrète.

Avocat sans Frontières


8 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

La détention préventive ne peut en aucun cas être motivée par le fait que l’inculpé
nie les faits mis à sa charge, ni être utilisée comme moyen de contraindre le prévenu
à parler. Ceci constitue une violation manifeste de la loi et des droits garantis à tout
citoyen par la Constitution, les lois internes et les instruments internationaux ratifiés
par la RDC.
En examinant en Chambre du conseil les indices de culpabilité, le juge doit vérifier à
nouveau l’existence de charges suffisantes et rechercher s’il existe une cause justifi-
cative dans le chef de l’inculpé. Il examinera et évaluera si la détention préventive se
justifie toujours, au regard de la loi.
En tout état de cause, les indices suffisants ne peuvent pas être fondés sur des élé-
ments recueillis de manière irrégulière (par acte de torture ou de perquisition irrégu-
lière). Dans ces cas, l’avocat désigné doit soulever la nullité de la procédure et le juge
doit ordonner la mise en liberté de l’inculpé.

« Mérite cassation totale pour absence de motivation mais sans renvoi, le


prévenu ayant déjà été condamné pour les faits qui avaient justifié sa détention
préventive, l’ordonnance en chambre du conseil rendue en appel qui a omis de
corriger l’illégalité commise par l’ordonnance appelée en ce que cette dernière
avait omis de relever l’existence des indices sérieux de culpabilité dans le chef
du prévenu, étant donné que cette existence d’indices sérieux de culpabilité
dans le chef du prévenu est la condition fondamentale pour la mise en détention
préventive». (C.S.J., R.P.278, 9/9/1980, RJZ, 1984, p. 566).

SEUIL MINIMUM DE LA PEINE ENCOURUE : 6 MOIS DE SERVITUDE PÉNALE

Seul un fait de nature à entraîner une peine de servitude pénale de 6 mois au mini-
mum peut fonder la délivrance d’un mandat d’arrêt provisoire par le magistrat in-
structeur. C’est la peine minimale prévue par la loi qui sert de seuil de référence et
non la peine que pourrait prononcer le juge du fond.
Il est communément admis par la doctrine que le magistrat instructeur ne peut donc pas
se fonder sur d’hypothétiques circonstances aggravantes que le juge du fond serait sus-
ceptible de retenir pour augmenter la peine, ni sur le fait que le prévenu a commis plu-
sieurs infractions et que le cumul des peines atteindrait les six mois de servitude pénale3.
Et lorsque le magistrat instructeur constate, au cours de l’audition du suspect, qu’il peut
bénéficier d’une cause d’excuse ayant pour effet la suppression de la peine ou sa ré
duction en-dessous du seuil de six mois, le mandat d’arrêt provisoire ne peut pas être
délivré.

3 Henri D. Bossy et Damien Vandermeersch, Droit de la Procédure pénale, Edition la Charte, 1999, p. 492-493.

Avocat sans Frontières


Novembre 2009 9
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

Types de
causes Définition Exemples Base légale
d’excuses
En cas d’infraction de
publication et distribution
d’écrits sans indication vraie du Art. 150 i CP
Dénonciation nom et du domicile de l’auteur
ou de l’imprimeur4
Elle a pour
conséquence En cas d’atteinte à la sûreté de
Excuse d’exempter Art. 218 CP
l’Etat5
absolutoire l’auteur d’une
infraction de la En cas de participation à des
peine bandes armées en vue de
Soumission6 Art. 205 CP
porter atteinte à la sureté de
l’Etat
En cas de réparation du préjudice en matière de
Art. 102 CP
grivèlerie7
Attentat contre la vie ou la personne du Chef de
Art. 193 CP
l’Etat lorsqu’il n’y a pas eu de suites graves
Excuse atténuante Lorsque le tireur d’un chèque sans provision en
Art. 3 de l’ordonnance-loi n°
aura désintéressé le porteur avant la saisine du
68-195 du 3 mai 1968
tribunal8
Elle rend licite,
légitime et
Le Code pénal ne consacre pas
conforme au
Tel est le cas de l’état de nécessité, de la les causes de non imputabilité.
Cause de droit un acte
légitime défense, de l’ordre de la loi ou du Elles sont reconnues comme
justification réunissant tous
commandement de l’autorité principes généraux du droit par
les éléments
la jurisprudence congolaise9.
constitutifs
d’une infraction.
Exception faite de la minorité
d’âge (Loi portant protection
Elle rend le de l’enfant), le Code pénal ne
Cause présumé auteur Tel est le cas de la démence, la contrainte consacre pas les causes de
de non- pénalement irrésistible ou l’erreur invincible et la minorité non imputabilité. Elles sont
imputabilité irresponsable de d’âge. reconnues comme principes
ses actes généraux du droit par la
jurisprudence congolaise10.

4 5 6 7 8 9 10

4 « Seront exemptés de la peine portée à l’article précédent, ceux qui auront fait connaître l’auteur ou l’imprimeur; les crieurs, afficheurs,
vendeurs ou distributeurs qui auront fait connaître la personne de laquelle ils tiennent l’écrit incriminé »
5 « Sera exempté de la peine encourue celui qui, avant toute exécution ou tentative d’une infraction contre la sûreté de l’Etat, en donnera
le premier connaissance aux autorités administratives ou judiciaires. –L’exemption de la peine sera seulement facultative si la dénon-
ciation intervient après la consommation ou la tentative de l’infraction, mais avant l’ouverture des poursuites. –L’exemption de la peine
sera également facultative à l’égard du coupable qui, après l’ouverture des poursuites, procurera l’arrestation des auteurs et complices
de la même infraction, ou d’autres infractions de même nature ou de même gravité »
6 « Il ne sera prononcé aucune peine pour le fait de sédition contre ceux qui, ayant fait partie d’une bande armée sans y exercer aucun
commandement et sans y remplir aucun emploi ni fonction, se seront retirés au premier avertissement des autorités civiles ou mili-
taires, ou même depuis, lorsqu’ils n’auront été saisis que hors des lieux de la réunion séditieuse, sans opposer de résistance et sans
armes »
7 « Les infractions prévues à l’alinéa précédent ne pourront être poursuivies que sur la plainte de la partie lésée. Le paiement du prix et
des frais de justice avancés par la partie plaignante ou le désistement de celle-ci éteindra l’action publique »
8 « La peine applicable ne dépassera pas le quart du maximum de la servitude pénale et de l’amende prévues… »
9 NYABIRUNGU mwene SONGA, « Traité de droit pénal général congolais », 2ème éd., Ed. Droit et société « DES », Kinshasa, 2007,
pp.167-200.
10 Ibid., pp.280-304.

Avocat sans Frontières


10 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

CONDITIONS MATÉRIELLES EXCEPTIONNELLES :

Lorsque la peine prévue est inférieure à 6 mois de servitude pénale mais supérieure
à 7 jours, l’auteur présumé peut être placé en détention préventive, s’il existe des
circonstances factuelles particulières la nécessitant.

Il s’agit des cas où, eu égard à des circonstances graves et exceptionnelles, la déten-
tion est impérieusement réclamée par l’intérêt de la sécurité publique, ou si l’on
peut craindre la fuite de l’inculpé, ou si son identité est inconnue ou douteuse.

LE RISQUE DE FUITE OU UNE IDENTITÉ INCONNUE OU DOUTEUSE

Le souci d’éviter que le suspect ne se soustraie à l’action judiciaire est lié au fait
que la répression des crimes et délits est d’intérêt public. Le Ministère public peut
uniquement se fonder sur cette cause, s’il existe des circonstances objectives, tirées
des faits de la cause et de la personnalité de l’inculpé11. Le fait que le prévenu ait une
adresse connue, un travail stable et une famille à charge sont autant d’éléments qui
laissent supposer, jusqu’à preuve du contraire, qu’il n’existe pas de risque de fuite.

Il arrive que le prévenu puisse être privé de sa liberté lorsqu’il n’a pas de domicile
connu en RDC et/ou lorsqu’il est de nationalité étrangère. Mais s’il a répondu spon-
tanément à l’invitation de comparaître et qu’il n’a jamais fait obstruction à la justice,
ces deux éléments ne peuvent plus justifier la mesure. Ainsi, l’avocat désigné doit
démontrer que la crainte de fuite ne peut pas reposer uniquement sur le fait que
l’inculpé n’a pas de résidence connue en RDC ou qu’il risque de rentrer dans son
pays d’origine pour se soustraire à la justice.

L’EXISTENCE DE CIRCONSTANCES GRAVES ET EXCEPTIONNELLES


PAR LESQUELLES LA DÉTENTION EST IMPÉRIEUSEMENT RÉCLAMÉE
PAR L’INTÉRÊT DE SÉCURITÉ PUBLIQUE

Le magistrat doit par exemple fonder sa décision sur le fait que l’infraction est de
nature à choquer l’opinion publique et risque donc de provoquer des désordres si
la personne est laissée en liberté. Il peut s’agir d’un cas où la personne suspectée
est poursuivie par la clameur publique ou s’il existe un risque de vengeance ou de
justice privée de la part de la famille de la victime des faits infractionnels. Dans ces
conditions, la privation de liberté peut se justifier, même si les conditions de seuil de
gravité de l’infraction ne sont pas remplies.

La détention préventive peut également être justifiée par l’impératif de con-


server les preuves et d’empêcher le prévenu remis en liberté d’entrer en
contact avec les témoins ou d’organiser d’autres crimes pour dissimuler
les faits. Il faut que le magistrat instructeur puisse, lors de son intervention
11 Henri-D Bossy et Damien Vandermeersch, Droit de la procédure pénale, pp 496-497.

Avocat sans Frontières


Novembre 2009 11
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

devant la Chambre du conseil, partir de certains éléments du dossier ou autres in-


dices pour démontrer l’impérieuse nécessité de garder le prévenu en détention et
il ne doit donc pas invoquer ce risque de disparition des preuves sans justification.

Dans le cas de circonstances graves et exceptionnelles, l’appréciation de ces con-


ditions relève de la souveraine conviction du magistrat instructeur et de l’intime
conviction du juge siégeant en Chambre du conseil. C’est pourquoi il est important
de motiver la décision privative de liberté. Car ici, c’est de manière exceptionnelle
que le prévenu est mis en détention. L’avocat du prévenu doit, par contre, démon-
trer que cette allégation du Ministère public n’a pas de fondement légal s’il détient
des éléments du dossier justifiant la demande de mise en liberté.

L’article 28 al.5 du CPP impose au magistrat instructeur qui prend un MAP sur base
de l’existence de circonstances matérielles exceptionnelles de
« spécifier les circonstances qui le justifient ».

L’article 21 de la Constitution congolaise impose que


« tout jugement est écrit et motivé ».

Lorsque les conditions de placement en détention ne sont plus réunies,


le magistrat instructeur doit rendre une ordonnance
de main levée de la détention.

Le magistrat instructeur qui maintient un inculpé en détention préventive, nonobstant


le constat que les conditions légales ne sont plus réunies, s’expose à des poursuites, tant
disciplinaires que répressives, pour détention illégale.

Voir infra sur les démarches que doit entreprendre l’avocat pour remédie
à cette situation.

Avocat sans Frontières


12 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

DES CONDITIONS SPECIFIQUES POUR LES MINEURS


EN CONFLIT AVEC LA LOI

DISPOSITIONS PERTINENTES DE LA LOI


Toute personne de moins de 18 ans au moment des faits reprochés est considérée
par la loi comme mineure (art. 41.1 de la Constitution de 2006 et articles 94 et 98 de
la loi du 10 janvier 2009).

L’Ordonnance de 1950 sur l’Enfance délinquante a été actualisée par la loi n°09/001
du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant. Selon celle-ci, un tribunal pour
enfant est créé dans chaque territoire et dans chaque ville de la RDC pour prendre
en charge tout mineur en conflit avec la loi (article 84 et 99 de ladite loi). Seul ce
tribunal est compétent pour juger ce contentieux.

Une distinction est opérée entre les mineurs de moins de 14 ans et ceux dont l’âge
est compris entre 14 et 18 ans.

L’enfant âgé de moins de 14 ans bénéficie, en matière pénale, d’une présomption


irréfragable d’irresponsabilité (article 95). Il ne peut pas être placé en détention. Le
juge doit donc le relaxer et prononcer des mesures d’accompagnement en le confi-
ant à un assistant social et/ou un psychologue (article 96 et 97).

Pour les mineurs âgés de 14 à 18 ans, en phase pré-juridictionnelle, le juge peut,


avant de statuer sur le fond, prendre des mesures provisoires par voie d’ordonnances
visant à (article 106) :
 Placer l’enfant sous l’autorité des personnes qui en ont la garde,
 Assigner l’enfant à résidence sous surveillance des personnes qui en ont
la garde,
 Confier l’enfant à un couple,
 En dernier ressort placer l’enfant dans une institution publique ou privée
agréée à caractère social.
Si l’enfant est présumé dangereux et qu’aucun couple ou institution ne peut
l’accueillir, l’enfant peut être préventivement placé dans un établissement de garde
et d’éducation de l’Etat pour une durée ne dépassant pas 2 mois (article 108)12.

12 Pour rappel, l’ancien corpus législatif relatif aux mineurs en conflit avec la loi était plus répressif.
Sous l’égide de l’ordonnance de 1950, le mineur devait être présenté à son juge naturel qui était le juge de paix. Celui-ci était le seul
compétent pour prendre les mesures de garde, d’éducation et de protection prévues par la législation. Selon l’article 17 de cette Ordon-
nance, il avait la possibilité entre autre de :
 réprimander l’enfant et le rendre aux personnes qui en avaient la garde
 le confier à une autre personne, à une société ou à une institution
 le mettre à la disposition du gouvernement
 le garder préventivement dans une prison parce que le mineur est vicieux ou parce que nul particulier ou nulle institution n’est en
mesure de l’accueillir. Cette garde préventive ne peut dépasser 2 mois et le mineur est soumis à un régime spécial.

Avocat sans Frontières


Novembre 2009 13
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

COMMENTAIRES SUR LES CONDITIONS DU PLACEMENT


EN DÉTENTION

La loi de 2009, comme la précédente législation, mise sur le maintien de


l’enfant dans un environnement familial avant d’envisager toute autre
mesure. En tout état de cause, la détention doit donc rester exceptionnelle,
uniquement lorsque certaines conditions sont réunies. La loi du 10 janvier
2009 restreint encore davantage les possibilités du juge pour placer l’enfant
en détention préventive, puisque le caractère dangereux de l’enfant et la
condition qu’aucune personne ou institution ne le recueille sont des condi-
tions cumulatives.

En outre, le placement en garde à vue par un OPJ est exclu et le placement


préventif ne peut excéder deux mois (article 108).

Avocat sans Frontières


14 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

LE TRAVAIL DE L’AVOCAT

L’article 19 de la Constitution garantit que « toute personne a le droit de se défen-


dre elle-même ou de se faire assister d’un défenseur de son choix et ce, à tous les
niveaux de la procédure pénale, y compris l’enquête policière et l’instruction pré-
juridictionnelle. »

L’assistance d’un avocat ne peut donc être refusée à une personne en détention
préventive.

La présence de l’avocat peut toutefois être interdite par le ministère public (et sans
justification) lors de la première ordonnance de mise en détention préventive13.

Dans tous les cas, l’avocat devra rappeler au magistrat instructeur que, selon sa
hiérarchie, « la décision de priver quelqu’un de sa liberté devra dans chaque cas être
mûrement réfléchie et ne pourra en aucun cas procéder d’un mouvement d’humeur
ou d’une solution de facilité. La détention préventive sera levée dès que la néces-
sité de l’instruction n’en justifie plus le maintien. 14 » Et que « la détention doit être
réservée aux cas graves et elle doit être aussi brève que possible [… ] La mise en
détention préventive doit être l’exception pour les faits punissables de six mois de
servitude pénale au maximum. Elle sera requise avec prudence pour les infractions
punissables de 5 années au maximum15».

L’avocat désigné dans un dossier d’assistance aux prévenus en détention


préventive doit entreprendre les démarches suivantes :

RENCONTRER SON CLIENT DÈS SA DÉSIGNATION


EN TANT QUE CONSEIL
Il demandera au personnel pénitentiaire de pouvoir s’entretenir avec son client de la
manière la plus confidentielle possible16.
La rencontre initiale poursuit plusieurs objectifs :

 Elle doit permettre à l’avocat de récolter les renseignements suivants sur son client :
son état civil, s’il dispose d’une adresse fixe, s’il a un emploi, s’il s’agit de sa première
arrestation, à quelle date il a été arrêté, présenté au magistrat instructeur, s’il con-
naît l’infraction qui lui est imputée et quelle est sa version des faits.

13 Mais selon l’article 38 CPP, le prévenu ou son conseil peut faire appel de cette ordonnance.
14 Circulaire n°5/008/I.M/P.G.R/1970 du 16 mai 1970, relative à l’arrestation et à la mise en détention préventive ainsi qu’à l’arrestation
immédiate à l’audience, in Circulaires et instructions générales, Cour Suprême de Justice et Parquet général de la République, Kinshasa,
1971, p.79.
15 Ibidem, p.80
16 Article 72 de l’Ordonnance-loi n°79-028 du 28 septembre 1979 portant organisation du barreau, du corps des défenseurs judiciaires et
du corps des mandataires de l’Etat (dit « Code du Barreau »).

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Novembre 2009 15
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

 La première rencontre est aussi l’occasion pour l’avocat de tisser les liens
« conseil-client ». Il s’agit d’une phase essentielle pour le bon déroulement
de la défense de l’inculpé. Il est important que l’avocat évalue l’état de com-
préhension de la personne sur l’ensemble de la procédure afin de pouvoir
prendre, le cas échéant, les bonnes décisions. Pour assurer une assistance
juridique de qualité, l’avocat doit prendre le temps d’expliquer au prévenu
son rôle dans la procédure, en se différenciant des autres acteurs judici-
aires. Il est bon de lui rappeler que l’avocat agit dans l’intérêt de son client
et qu’il est tenu au secret professionnel : l’avocat en toute matière ne doit
communiquer ni divulguer à quiconque, excepté à son client, des informa-
tions sur le dossier pénal. C’est tout autant un droit qu’un devoir de l’avocat
de taire tout ce qui concerne son client17.L’avocat doit par ailleurs avertir la
personne sur son droit le plus légitime de se taire et de ne pas témoigner
contre elle-même.

 L’avocat va également informer de manière générale le prévenu sur l’état


d’avancement de la procédure et sur les décisions qui peuvent être prises
à son encontre (fixation de l’affaire, ordonnance de liberté provisoire, de
mainlevée de la détention ou ordonnance de confirmation de la déten-
tion préventive), sur les requêtes et moyens que peut soulever l’avocat
(demande de mainlevée de la détention, liberté provisoire, fixation de
l’affaire). Si une demande de liberté provisoire est envisagée, l’avocat doit
se renseigner sur les moyens dont dispose son client en vue de payer une
éventuelle caution.

 En tant que conseil de la personne, l’avocat doit également aborder la ques-


tion des besoins du prévenu (médicaux et familiaux) afin de les transmettre
aux personnes concernées.

CONSULTER LE DOSSIER DE SON CLIENT A LA PRISON ET


AU PARQUET

Il s’agit pour l’avocat de confronter les déclarations de son client aux informations
contenues dans le dossier physique. Il est de son droit de pouvoir avoir accès au dos-
sier des personnes qu’il représente et défend18. Consulter le dossier lui permettra
de s’assurer de la légalité et de la régularité des actes privatifs de liberté (cf. infra).

17 Article 74 du Code du Barreau.


18 Article 72 du Code du barreau

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16 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

DEMANDER L’AUTORISATION DE LEVER COPIES DES PIÈCES


DU DOSSIER

Demander copie des pièces du dossier physique permet à l’avocat de mieux pré-
parer les requêtes qu’il sera amené à prendre et les notes de plaidoirie pour les
audiences en Chambre du conseil. Il s’agit uniquement des pièces justifiant la mise
en détention préventive de son client et non l’entièreté du dossier d’instruction du
magistrat du parquet. Le ministère public doit les communiquer à l’avocat en vertu
du principe de la contradiction des débats.

S’ENTRETENIR LE PLUS RÉGULIÈREMENT POSSIBLE


AVEC SON CLIENT

L’avocat doit voir son client de façon régulière en vue de le tenir informé de
l’évolution de son dossier, des voies de recours exercées et de prendre connaissance
des changements de situation de la personne. Après avoir consulté le dossier et
avoir vérifié les faits et actes de procédure, l’avocat l’informe sur les questions-clés
de la procédure et de la défense : déroulement de la procédure pré-juridictionnelle,
pronostics d’un calendrier…

S’ATTACHER À VÉRIFIER LA LÉGALITÉ DE LA PROCÉDURE

L’avocat, une fois qu’il a en main le dossier physique de son client et les déclara-
tions de celui-ci, doit vérifier si les conditions légales étaient réunies pour placer
son client en détention préventive et, si c’était le cas, il doit évaluer si la procédure
prescrite par l’article 28 CPP a été scrupuleusement respectée par le Parquet. Il s’agit
de s’attacher à contrôler:

S’il y a eu arrestation :

Quand a-t-elle eu lieu ?


= L’avocat doit faire le décompte du temps passé en garde à vue par son client
avant d’être présenté au magistrat instructeur : la durée de la garde à vue ne
doit pas dépasser 48 heures.

Qui a procédé à l’arrestation et a dressé le procès-verbal de saisie de prévenu?


= L’Officier de police judiciaire (OPJ) est la seule personne habilitée à dresser ce
procès-verbal.

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Novembre 2009 17
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

Selon l’article 2 du Code de procédure pénale, les OPJ « consignent dans leurs
procès-verbaux la nature et les circonstances de ces infractions, le temps et le lieu
où elles ont été commises, les preuves ou indices à la charge de ceux qui en sont les
auteurs présumés ainsi que les dépositions des personnes qui auraient été présentes
ou auraient des renseignements à fournir. Ils interrogent les auteurs présumés des
infractions et recueillent leurs explications. Les procès-verbaux se terminent par le
serment écrit: Je jure que le présent procès-verbal est sincère. Ils sont transmis di-
rectement à l’autorité compétente. »

Lorsque la personne a comparu devant le magistrat

Le magistrat instructeur a-t-il entendu le prévenu avant de décider de le placer


sous « mandat d’arrêt provisoire » ?
= Selon l’article 28 du Code de procédure pénale, « l’officier du Ministère pub-
lic peut, après avoir interrogé l’inculpé, le placer sous mandat d’arrêt provi-
soire ». L’inculpé ne peut être arrêté ou privé de sa liberté d’aller et venir que
s’il a été préalablement entendu sur PV d’audition. Le magistrat instructeur
a l’obligation d’informer l’inculpé de ses droits, de l’entendre préalablement
sur tous les faits mis à sa charge et de recueillir ses observations. Le prévenu
a ainsi la possibilité de faire valoir, au cours de son audition, ses observations
relatives aux faits et à sa situation personnelle et de fournir ses moyens de
défense. Ces informations sont nécessaires pour permettre de motiver une
décision de privation de liberté19.

Selon la doctrine congolaise, la formalité de l’interrogatoire est substantielle et à


défaut de respecter cette condition, un mandat d’arrêt provisoire serait illégal.

Le procès-verbal d’audition a-t-il été lu et signé par son client ?


= Le PV doit obligatoirement être signé par l’inculpé. Il faut aussi que celui-ci ait
paraphé toutes les autres pages du PV. Doit être inscrit sur le PV la mention
suivante : « Lecture faite, persiste et signe avec nous ».

Si la personne a été placée sous mandat d’arrêt provisoire (map)

Cette mise en détention est-elle justifiée ?


= L’avocat doit vérifier que le magistrat instructeur a indiqué dans le MAP
l’infraction mise à la charge de son client et qui est passible d’au moins 6
mois de servitude pénale et qu’il a démontré l’existence d’indices sérieux
de culpabilité (conditions matérielles ordinaires) ou d’autres circonstances
d’exception justifiant la détention (conditions matérielles extraordinaires).

19 Voir la Revue zaïroise de droit, p. 91, qui cite en appui de cette opinion, et divers ouvrages de droit de procédure pénale belge et français
(sur lesquelles la procédure pénale congolaise a été calquée) puisqu’il n’existe pas de jurisprudence sur le sujet.

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18 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

Combien de temps après la délivrance du mandat d’arrêt provisoire le juge a-t-il


statué sur la mise en détention de la personne ?
= Le mandat d’arrêt provisoire a une validité de 5 jours (article 28 al.2 CPP). A l’issue
de ce délai, l’Officier du Ministère Public a l’obligation de faire conduire le prévenu
devant le juge compétent, afin de solliciter une ordonnance de mise en détention
préventive20. Ce délai se calcule de minuit à minuit et les samedi/dimanche/jours
fériés ne font pas prolonger le délai.
Exemple : Si une personne est placée sous MAP le mardi, la Chambre du conseil
doit statuer sur son cas le vendredi ou organiser une audience durant le week-end.

Si le délai de 5 jours pour le MAP a été dépassé pour cause de force majeure
comme le prévoit l’article 28 al. 3 et 4, il incombe alors au magistrat de justifier
devant le juge les raisons de son retard.

Si une ordonnance de placement en détention préventive a été rendue

Est-ce que le prévenu a comparu en personne au cours de l’audience devant la


Chambre du conseil ?
A-t-il pu s’exprimer sur son cas ?
= La décision de placer la personne en détention est une ordonnance motivée
après audition du magistrat instructeur et du prévenu.

Est-ce que la détention a été autorisée par le juge sur base des critères définis par
le Code de procédure pénale? Y’a-t-il eu motivation de la décision ?
= L’avocat doit vérifier que le juge a évalué le placement en détention au regard
de la gravité des faits reprochés et en suivant la procédure. Il faut en outre que
l’ordonnance ait été rendue au plus tard le lendemain du jour de la comparu-
tion21.

Si le prévenu reste en détention après 15 jours

Est-ce que la détention a été confirmée par ordonnance ?


= Une ordonnance de confirmation de la détention doit être rendue au bout
des 15 jours réglementaires (article 31 CPP). Elle a une validité de 30 jours.
Elle est prise en Chambre du conseil dans le strict respect de l’article 31
CPP. La détention peut être prorogée de 1 à 3 fois. A l’expiration de ce délai,
le Procureur doit ordonner la mise en liberté du prévenu à la diligence de
l’intéressé ou du responsable de l’établissement pénitentiaire.

20 Un dépassement de délai est autorisé par la loi (article 28 al.3 et 4) pour le temps strictement nécessaire pour effectuer le voyage, en
cas de force majeure ou de retard nécessité par l’instruction. Il ne peut toutefois s’agir que d’une nécessité impérieuse et exception-
nelle et non pas d’un simple besoin du magistrat instructeur.
21 Article 30 du CPP.

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Novembre 2009 19
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

S’il ne le fait pas, le maintien du prévenu en détention manque de base légale et devi-
ent en conséquence illégal. Il faudra toutefois faire constater cette irrégularité par un
juge, qui pourra ainsi en tirer toutes les conséquences de droit, étant donné que le
gardien de la prison ne peut pas, de son propre chef, ordonner la relaxe d’un prisonnier.

La Cour suprême de justice a jugé qu’aux termes de l’article 31 alinéa 1 du Code de


procédure pénale, lorsque le délai légal fixé n’a pas été respecté, le juge doit constater
que la détention préventive non couverte par une ordonnance régulière devient illégale
et partant, ne peut être prorogée (CSJ, RP 368, 28 avril 1981, inédit).22

La CSJ a accordé la liberté au prévenu en motivant sa décision comme suit : « il ressort du


dossier sous examen que le prévenu a été mis sous mandat d’arrêt provisoire en date du 26
février 1997 ; que depuis cette date, il s’est écoulé un délai de 5 jours sans que le titre qui
le maintenait en détention ne soit régularisé ; il s’ensuit que la détention du prévenu ne
se justifie pas ». (CSJ, RP. 36/C.R du 7 mars 1997).

22

Dans tout cas de placement en détention arbitraire ou illégal, il importe que


l’inculpé ou son conseil signale au plus vite la situation au supérieur hiérar-
chique du magistrat en charge de l’instruction aux fins d’y remédier.

SOUMETTRE DES REQUÊTES

DURANT LA PHASE PRÉ-JURIDICTIONNELLE (AVANT QUE L’AFFAIRE NE SOIT FIXÉE)


L’avocat doit rencontrer le magistrat instructeur afin de lui demander des renseigne-
ments complémentaires si le dossier physique est incomplet. Il est également de son de-
voir d’entreprendre les démarches nécessaires (par requêtes motivées) visant à obtenir :
 la mainlevée de la détention (art. 33 CPP) : L’avocat peut demander la
mainlevée de la détention au magistrat instructeur si les conditions pour le
placement en détention ne sont pas ou plus remplies, si des irrégularités
ont entaché la procédure au moment de la garde à vue ou du placement
sous mandat d’arrêt provisoire ou si la personne est mineure. La mainlevée
de la détention peut être octroyée à tout moment de la procédure, tant
que l’officier du ministère public n’a pas saisi la juridiction de jugement.
22 Une certaine doctrine a soutenu que « le juge n’a pas qualité pour apprécier la légalité de la détention antérieure à son intervention.
Sa mission consiste uniquement à vérifier si à la date de son audience en chambre du conseil, les conditions justifiant la mise en état
de détention préventive (art. 27, C. Pr. P.) sont réunies » (A. RUBBENS, Le droit judiciaire congolais, tome III. L’instruction criminelle et
la procédure pénale, p. 93). Cette doctrine à été confirmée par les tribunaux congolais dans les années 6O’ :« le juge appelé à autoriser
ou à confirmer la détention préventive n’a pas à statuer sur la légalité du titre primitif : sa mission consiste exclusivement à permettre la
continuation de la détention; si cette mesure lui paraît justifiée, sa décision n’a pas pour effet de régulariser le titre de la détention ni de
couvrir les irrégularités de la détention déjà subie, mais de rendre cette détention légale pour l’avenir » (Elis. 12 mai 1961, RJAC, 1961,
p.165 ; Boma, 29 février 1916, Doc. et Jur. Col. 1926, p. 321). Toutefois, selon certains commentateurs et éminents représentants de la
profession d’avocat, le titre primitif signifie tout acte ou titre de détention antérieurs au MAP.

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20 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

 la liberté provisoire (art. 32 CPP) : Elle peut être accordée uniquement


pendant l’instruction préparatoire par le Parquet. Il perd ce droit une fois
que le tribunal est saisi de l’affaire23. L’avocat doit formuler et introduire
une requête auprès du magistrat instructeur. Pour justifier cette demande,
il peut notamment s’appuyer sur le fait que le prévenu ne s’est pas sous-
trait à la justice, qu’il a un emploi stable, une adresse connue, une famille
à charge, des problèmes sérieux de santé. Il appartient aussi à l’avocat de
discuter avec le magistrat sur les capacités financières de son client à payer
une caution. En cas d’acquittement, l’avocat devra obtenir la restitution
de la caution payée et des biens consignés au moment de l’admission en
prison (art.35 CPP).

 la fixation rapide de l’affaire devant le tribunal compétent.

UNE FOIS L’INSTRUCTION TERMINÉE (AFFAIRE FIXÉE)

 Demander la libération au juge


Dès que l’affaire est fixée (une fois que le ministère public a fini l’instruction et s’est
dessaisi du dossier), il appartient au conseil, en application de l’article 45 du Code
de procédure pénale, de demander directement la libération au juge (et non plus au
magistrat instructeur). Selon la circulaire du PGR en date du 16 mai 1970, « il pourra
le faire immédiatement, puis chaque fois que quinze jours se seront écoulés après le
rejet d’une requête.24 ». Le prévenu et/ou son Conseil doivent être entendus par les
juges avant de demander l’avis du ministère public.

 Représenter son client en audience devant la Chambre du conseil


En audience devant la Chambre du conseil, seul juge du placement et du renouvel-
lement de la détention préventive, l’avocat doit soulever tous les arguments en fa-
veur de la mainlevée de la détention ou de la mise en liberté provisoire, si les pre-
scriptions légales n’ont pas été respectées. Le juge opère un contrôle de la légalité
de la détention à partir du placement sous mandat d’arrêt provisoire délivré par un
magistrat.

Les argumentaires ci-dessous peuvent également être développés en dehors de


toute audience et ce, par voie de requête motivée adressée au tribunal.

23 Suivant les auteurs, on parle de liberté provisoire (Katuala Kaba Kashala, Code judiciaire zaïrois annoté, Ed. Asyst, Kinshasa, 1995,
p.161) ou de levée du mandat d’arrêt (Lukoo Musumao R., La jurisprudence congolaise en droit pénal, vol.1, Ed. On s’en sortira, Kin-
shasa, 2006, p.112).
24 Circulaire n°5/008/I.M/P.G.R/1970 du 16 mai 1970, relative à l’arrestation et à la mise en détention préventive ainsi qu’à l’arrestation
immédiate à l’audience, in Circulaires et instructions générales, Cour Suprême de Justice et Parquet général de la République, Kinshasa,
1971, pp.79-82.

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Novembre 2009 21
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

 La mainlevée de la détention : L’avocat doit pour cela démontrer que les condi-
tions du placement en détention ne sont pas remplies (arrestation sur base de
faits civils, infraction bénigne…) ou que la procédure n’a pas été respectée.

Exemples jurisprudentiels qui ont fondé


une ordonnance de mainlevée de la détention :

Lorsque le délai légal fixé par la loi au terme de l’article 31 al.1 du CPP n’a pas été respecté,
le juge doit constater que la détention préventive non couverte par une ordonnance
régulière devient illégale et partant, ne peut être prorogée. (C.S.J, RP 368, affaire Mambo
Makilongo contre MP, 28.04.1981.)

La Cour suprême de Justice, statuant en Chambre du Conseil, a ordonné la mise en liberté


(sans condition) du prévenu condamné avec sursis après constat des irrégularités commises
dans le placement en détention préventive (non respect des délais). Ordonnance de mise
en liberté du 17 aout 1971 n°0023/G/71 25.

L’interrogatoire préalable de l’inculpé comme la consignation sur PV et la signature de


celui-ci constituent des formalités substantielles touchant directement aux droits de la
défense. Comme il s’agit d’obligations d’ordre public, la violation d’une quelconque de ces
règles ne peut être rectifiée ou corrigée par la Chambre du conseil, viciant ainsi toute la
procédure et entraînant la nullité du MAP. Le juge peut dès lors ordonner la mainlevée de
la détention ou la mise en liberté provisoire du prévenu. (CSJ, 4 mars 1997, RP 36 C/R.)

Les indices sérieux de culpabilité sont de nécessité absolue. Mérite cassation totale pour
absence de motivation, […] l’ordonnance appelée en ce que cette dernière avait omis de
relever l’existence des indices sérieux de culpabilité dans le chef du prévenu, étant donné
que cette existence d’indices sérieux de culpabilité est la condition fondamentale pour la
mise en détention préventive. (C.S.J, RP.278, affaire Muhima, 9 septembre 1980.)

Une ordonnance en matière de détention préventive est annulable pour vice de


procédure de forme, lorsqu’elle a été rendue en audience publique au lieu de la chambre
de conseil. (Appel R.U.05.12.1961, R.Jud.C.1962, p.272 cité par A. Rubbens, op.cit.n°73,
réf.n°17, p.99)
25

 La liberté provisoire : C’est une mesure qui n’est pas accordée d’office : il faut
donc que le prévenu demande à son avocat d’entreprendre les démarches
nécessaires. Les mêmes raisons que celles invoquées au niveau du Parquet sont
ici valables. Les juges ont déjà accordé le bénéfice de la liberté provisoire dans
les hypothèses suivantes :

25 Voir la Revue Zaïroise de droit, 1972 n°1, ONRD, Kinshasa.

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22 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

 Précarité de la santé du prévenu qui nécessitait au vu du certificat médical produit un


suivi dans un centre médical approprié (CSJ, RP 2433, janvier 2003 ; CSJ, RP 2953, 20
août 2007, inédit ; CSJ, RP 3112,27 juin 2008, CSJ RPA 363)
 Une charge familiale importante (CSJ, RP 2277, 30 novembre 2001 ; RP 3085, 18 avril
2008 ; RP 2837, 26 mai 2008)
 L’âge avancé et un état de santé précaire (CSJ, RP 3112, 27 juin 2008), lorsqu’en plus
le domicile était connu (CSJ RP 2089, 12 avril 2001)
 Un défaut de crainte de la fuite des prévenus dont l’adresse est connue (CSJ, RP 3230,
6 février 2009, inédit)
 Jeune âge du prévenu, désintéressement de la victime et moindre risque de fuite,
ledit prévenu ayant un emploi permanent (CSJ, RP 3015, 05 octobre 2002, inédit)
 Manque d’antécédents judiciaires, adresse résidentielle connue (CSJ, RP 3144, 02
septembre 2008, inédit) et qualité d’étudiant préparant en plus ses examens de fin
d’études (CSJ, RP 2970, 27 août 2007, inédit)
 Responsabilités coutumières et familiales du prévenu : chef de groupement et père
de famille nombreuse ce qui excluait tout risque de fuite (CSJ, RP 9013)
 Exercice d’une profession stable (CSJ, RP 764, 25/11/1982, inédit)
 Identité clairement identifiée et résidence difficilement inconnue à Mbuji-Mayi
qui rendait une possibilité de fuite non à craindre puisque les prévenus étaient des
cadres vedettes d’un parti politique (CSJ, RPA 361)
 La mise en liberté provisoire sous caution et conditions strictes de résidence et
de contrôle prévenant toute possibilité de fuite peut être accordée nonobstant la
gravité des faits et le scandale que pourrait causer la mise en liberté du prévenu.
(Lubumbashi, VE Louis contre MP, 27 septembre 1971, RJC n°2 et 3, 1972, p. 154.)

IMPORTANT :

L’AVOCAT QUI ASSISTE LE PRÉVENU EN CHAMBRE DU CONSEIL NE DOIT PAS


COMMETTRE LA FAUTE DE PLAIDER L’AFFAIRE AU FOND.

SA PRÉSENCE NE PEUT EN AUCUN CAS LUI ÊTRE REFUSÉE.

IL DOIT AVOIR EU ACCÈS AU DOSSIER AVANT L’AUDIENCE.

 Faire appel des décisions rendues en Chambre du conseil

L’article 37 du Code de procédure pénale prévoit la possibilité, pour le prévenu com-


me pour le magistrat, de faire appel des décisions rendues par le juge du tribunal de
paix. Le juge d’appel est donc celui du Tribunal de grande instance26. Le délai d’appel
est de 48 heures et la déclaration d’appel est faite, soit au greffe du tribunal qui a

26 Sauf pour les personnes bénéficiant de privilèges d’immunités.

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Novembre 2009 23
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

rendu l’ordonnance, soit en cas d’absence du greffier, à l’OMP, ou en cas d’absence de


ce dernier, au juge. Le magistrat ou le greffier qui acte l’appel doit délivrer un récépissé.

Le délai court du jour où a été rendue l’ordonnance pour l’appel formé par le
ministère public et pour l’appel formé par le prévenu à partir de la journée où
l’ordonnance lui a été notifiée (art.39 CPP).

L’avocat peut faire appel :


- Des ordonnances autorisant ou prorogeant la mise en détention de son client
- Des ordonnances autorisant la libération provisoire de son client (pour de-
mander à modifier les conditions de mise en liberté sous caution)27.

L’avocat fonde sa requête en appel sur :


- Le manque de motivation de la décision rendue en Chambre du conseil
- Le non respect des dispositions légales du Code de procédure pénale

Dans tous les cas, l’avocat qui dépose une requête pour mise en liberté provisoire ou
mainlevée de la détention doit produire les pièces justificatives correspondantes à sa
demande, sinon la requête sera rejetée.

 Deux demandes de mise en liberté provisoire sur base de la précarité de la santé


des prévenus et de la scolarisation d’un autre ont ainsi été rejetées par la Cour
suprême de Justice au motif que les avocats n’avaient produit aucune pièce justifi-
cative en appui à leurs demandes (CSJ RP 2996, 25.06.2008 et RPA 357).

 Les autres recours mis à la disposition de l’avocat:

 Le pourvoi en cassation : les arrêts relatifs à la détention préventive ou à


son maintien, au refus ou à la suppression de mise en liberté provisoire,
sont susceptibles de pourvoi en cassation.

 La mise en cause de la responsabilité pénale, disciplinaire ou civile du


magistrat instructeur :
- « Les négligences et les excès feront l’objet de remarques écrites qui
seront versées au dossier personnel de l’OPJ ou du magistrat en cause.
Copies de ces remarques seront adressées au Procureur général ». 28
- En cas de défaut manifeste d’indices sérieux de culpabilité pouvant jus-
tifier le placement en détention préventive, la responsabilité pénale
ou disciplinaire ou civile du magistrat instructeur peut être engagée29.
27 A. Rubbens, op.cit., n°73.
28 Circulaire, op.cit., p.79.
29 Revue zaïroise de droit, op.cit., p.88.

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24 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

- Le magistrat instructeur est responsable en cas de dépassement de


la durée légale d’un mandat d’arrêt provisoire et également en cas
de dépassement de la durée légale d’une ordonnance de détention
préventive30.
- L’article 67 du Code pénal Livre Second prévoit qu’« est puni d’une
servitude pénale d’un à cinq ans celui qui, par violences, ruses ou
menaces, a enlevé ou fait enlever, arrêté ou fait arrêter arbitraire-
ment, détenu ou fait détenir une personne quelconque. » s’il est
établi le dol spécial d’abus de pouvoir. Il faut donc que le magistrat
ait su que son acte était arbitraire et ai voulu néanmoins le com-
mettre31.
- Sans prouver le dol spécial, l’article 180 du Code pénal Livre Sec-
ond dispose que « tout acte arbitraire et attentatoire aux libertés
et aux droits garantis aux particuliers par les lois, décrets, ordon-
nances et arrêtés, ordonné ou exécuté par un fonctionnaire ou of-
ficier public, par un dépositaire ou agent de l’autorité ou de la force
publique, sera puni d’une servitude pénale de quinze jours à un an
et d’une amende de deux cents à mille francs ou d’une de ces peines
seulement. »
- Les articles 258 et 259 du Code civil, livre III prévoient qu’en cas de
détention préventive non justifiée au regard de la loi (détention il-
légale ou injustifiée), la victime a droit à des dommages et intérêts.

En conclusion :
 Si la procédure est régulière, l’avocat doit demander :
- La fixation de l’affaire ;
- Le bénéfice d’une libération provisoire en attendant que l’affaire soit
jugée au fond.

 Si la procédure est irrégulière (dépassement des délais légaux, défaut


d’auditions du prévenu,…) ou injustifiée (défaut d’indices sérieux de
culpabilité, faits bénins…), l’avocat doit demander en priorité la main-
levée de la détention.

30 Le magistrat instructeur doit veiller au renouvellement des pièces de détention. Code d’organisation judiciaire.
31 Voir Revue zaïroise de droit, op.cit., p.108.

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Novembre 2009 25
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

VÉRIFIER QUE LES CONDITIONS DE DÉTENTION DU CLIENT


RESPECTENT LES STANDARDS MINIMA

 L’article 18 de la Constitution de 2006 garantit que « tout détenu doit bénéficier d’un
traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité. »

 L’ordonnance 344 du 17 septembre 1965 portant règlement du régime pénitenti-


aire demeure le guide de tout agent travaillant dans une prison. Il définit les obliga-
tions et devoirs du personnel pénitentiaire. Il appartient à l’avocat de s’assurer que
le personnel pénitentiaire a accompli les tâches suivantes vis-à-vis de son client :
- Suivre la régularisation de la détention préventive : l’agent doit notam-
ment avoir procédé au contrôle de la validité de l’acte privatif de liberté dès
l’admission de la personne en détention préventive : lorsqu’une personne
est amenée à la prison, l’on doit s’assurer de l’acte en vertu duquel il devra
résider dans le milieu carcéral (art.30 et 34).
- Tenir à jour les registres d’écrou, de sorties et de régularisation de détention
préventive, notamment en remplissant la fiche individuelle du détenu qui
servira de moyen d’identification tout au long de la détention (art.16 et 31).
- Faciliter la communication et l’entretien entre l’avocat et son client, tout en
respectant la confidentialité de leurs entrevues.
- Faire examiner le détenu par le service médical de la prison dès son admis-
sion, afin de faire constater son état physique, sanitaire ou mental (art.33).
- Observer la séparation des catégories de prisonniers : mineurs et adultes,
femmes et hommes, condamnés et prévenus (art.39, 40, 41 et 44).
- Tenir le prévenu informé de tout acte qui influe sur sa situation en détention.
Ainsi, il est tenu de l’informer de l’état d’avancement de son dossier judiciaire
et de toutes démarches entreprises pour son compte.

Selon la circulaire du 16 mai 1970, les directeurs de prison doivent veiller « à ce que le
droit des détenus soit respecté et leurs requêtes transmises sans délai » au tribunal.

 Le détenu préventif a des droits personnels que le magistrat instructeur, comme


les responsables pénitentiaires, sont tenus de faire respecter, en vertu des instru-
ments internationaux que la RDC a ratifiés et qui sont directement applicables32.

32 Règles minima en matière de détention préventive et sur le traitement des détenus préventifs adoptées par le premier Congrès des
Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, tenu à Genève en 1955 et approuvé par le Conseil éco-
nomique et social dans ses résolutions 663 c ( XXIV) du 31 juillet 1957 et 2076 (LXII) du 13 mai 1977 ; Convention relative aux droits
de l’enfant, New York, 20 novembre 1989 (ratifiée par la RDC le 27 septembre 1990) ; Déclaration universelle des droits de l’Homme
date (publiée au J.O du 5 décembre 2002) ; Charte africaine des droits et du bien être de l’Enfant, adoptée en juillet 1990 et entrée en
vigueur le 29 novembre 1999 ; Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, Nairobi, 27 juin 1981 (ratifiée par la RDC le 10
juillet 1987) ; Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l’Assemblée générale dans sa résolution 2200 A (XXI)
du 16 décembre 1966 (ratifié par la RDC le 1er novembre 1976).

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26 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

Il appartient également à l’avocat de s’assurer que ces droits ne sont pas ba-
foués et que le prévenu a bénéficié de son :

- Droit d’être informé de ses droits et des lois et règlements qui lui sont appli-
cables pendant sa détention
- Droit de connaître la cause de son arrestation et les faits mis à sa charge
- Droit d’être entendu sur PV et de lire et signer le PV
- Droit d’être présenté en Chambre du conseil dans le délai de 15 jours (qui
suivent le mandat arrêt provisoire) devant le juge du Tribunal compétent, qui
peut ordonner la détention préventive ou la refuser et ordonner la remise
en liberté
- Droit d’être présenté à nouveau devant le juge dans les 30 jours pour la con-
firmation de la détention et chaque mois pour sa prolongation
- Droit de bénéficier de l’assistance d’un avocat et de communiquer avec lui
durant toute la phase d’instruction préparatoire
- Droit à l’alimentation et aux soins de santé
- Droit de communiquer avec les membres de sa famille et de recevoir leurs visites
- Droit de demander la liberté provisoire par requête adressée au juge com-
pétent
- Droit de demander la mainlevée de sa détention lorsque les raisons qui l’ont
justifiée n’existent plus
- Droit de former appel contre la décision du juge ayant ordonné la détention
préventive devant la juridiction immédiatement supérieure
- Droit de réclamer la caution éventuellement payée lors de la libération pro-
visoire s’il est réincarcéré ou si à la fin de l’instruction du dossier ou sur ac-
quittement, les faits se révèlent non établis dans son chef
- Droit de ne pas faire l’objet d’un nouveau MAP du chef de la même infraction
en cas d’ordonnance de mise en liberté provisoire
- Droit d’être séparé des condamnés et d’être soumis à un régime distinct, ap-
proprié à la condition d’une personne non condamnée
- Droit de ne pas être utilisé à des travaux réservés aux condamnés (sauf s’il
le désire)
- Droit de ne pas être soumis aux travaux forcés
- Droit de suivre une formation
- Droit de ne pas être soumis aux actes de torture ou autre mauvais traitement

En cas de violation de ces droits fondamentaux ou en vue d’obtenir leur respect,


le détenu ou son conseil doit saisir, par requête motivée, le Procureur dans l’office
duquel le dossier du détenu est instruit en phase pré-juridictionnelle pour dénoncer
lesdites violations (après en avoir parlé avec le magistrat instructeur et le respon-
sable du lieu de détention).

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Novembre 2009 27
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

VÉRIFIER QUE LES CONDITIONS APPLICABLES AUX MINEURS


EN CONFLIT AVEC LA LOI ONT ÉTÉ RESPECTÉES

Rappel : Les personnes mineures âgées de mois de 14 ans ne peuvent jamais être placées
en détention. L’avocat doit donc demander leur libération immédiate.

Lorsqu’un avocat est désigné dans un dossier d’assistance judiciaire à un mineur (de
plus de 14 ans) en conflit avec la loi, il doit constamment veiller à préserver l’intérêt
supérieur de l’enfant, qui est de vivre dans son milieu naturel (sa famille).

Les premières démarches de l’avocat sont identiques à celles qu’il entreprend


lorsque son client est adulte. Il doit donc entrer en contact le plus rapidement pos-
sible avec l’enfant pour un entretien dans le respect de la confidentialité sur les
causes de son incarcération et le voir ensuite de façon régulière en vue de le tenir in-
formé de l’évolution du dossier. Il doit prendre rapidement contact avec le magistrat
instructeur et consulter le dossier du mineur pour connaître les faits mis à sa charge.

Représenter le mineur en audience devant les autorités judiciaires :

En réalité, dans l’assistance judiciaire en faveur d’un mineur, ce qui diffère sont les
requêtes et objectifs de l’avocat. Celui-ci, devant le magistrat instructeur comme
devant le juge, doit viser à obtenir des autorités judiciaires une décision de :
 Remise du mineur à ses parents ou à toute personne qui en la garde
 Le confier à un couple ou en dernier recours à une institution appropriée

Car si la détention préventive est l’exception et la liberté est la règle, cela est d’autant
plus vrai lorsqu’il s’agit d’un mineur. La loi prévoit la détention préventive de celui-
ci uniquement lorsque le mineur est dangereux et lorsqu’il n’existe aucun parent,
tuteur ou institution qui pourrait le prendre en charge. Et alors même, la détention
ne pourra se faire que dans un établissement de garde et d’éducation et non dans
un centre pénitentiaire classique.

Les plaidoiries et entretiens qu’il pourrait mener doivent avoir pour objectif de :
 Veiller à vérifier qu’il existe des éléments objectifs visant à établir que le mi-
neur est dangereux. A défaut il doit soulever ce moyen devant le magistrat
instructeur et auprès du Tribunal.
 Veiller à ce que la détention préventive du mineur ne dépasse pas les 2 mois
(article 108).

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28 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

 Le prévenu mineur doit bénéficier de tous les droits accordés aux prévenus
adultes mais il a également le droit :
- D’exiger que ses parents, son tuteur ou toute personne qui exerce sur lui l’autorité
parentale soit immédiatement informée de son arrestation (article 103)
- D’être entendu en présence des parents, du tuteur, de la personne qui en a la
garde ou de l’assistant social (article 104)

Selon l’article 40 de la Convention relative aux droits de l’enfant33, le mineur d’âge a :


- Droit à l’information sur les faits qui lui sont reprochés
- Droit à un procès équitable
- Droit d’être détenu ou gardé dans une cellule ou quartier séparé des adultes34
- Droit de ne pas être soumis aux travaux réservés aux détenus adultes 35
- Droit à une formation scolaire pendant sa détention
- Droit d’avoir rapidement accès à l’assistance juridique ou à toute autre assis-
tance appropriée (médicale, psychosociale, rééducation etc.)
- Droit de demander que sa famille soit avisée de son arrestation ou de sa dé-
tention dans les heures qui suivent son arrestation
- Droit de recevoir de la visite de sa famille, de l’assistant social ou de son mé-
decin et d’être assisté par eux sauf circonstances exceptionnelles
- Droit de ne pas être soumis aux actes de torture ou autre mauvais traitement
- Droit à une décision rapide sur sa détention
- Droit au respect de sa vie privée
- Droit à la promotion des solutions extra judiciaires dans le respect de la loi
Malheureusement dans la pratique, la RDC dispose de peu d’institutions publiques ou
privées pour accueillir les enfants en conflit avec la loi. De fait, nombre de mineurs ne
bénéficient pas d’un traitement spécial : ils sont jugés comme les adultes, sont placés
de façon systématique en détention et partagent les mêmes cellules que les adultes,
alors même que le Pacte international relatif aux droits civils et politique interdit ces
pratiques et ainsi que le fait d’être soumis aux travaux réservés aux détenus adultes36.

Dans tous les dossiers concernant des mineurs en conflit avec la loi, l’avocat doit
plaider en faveur d’une mise en liberté sur base du traitement spécifique que leur
accordent les textes de loi.

IMPORTANT :
SELON L’ARTICLE 104 DE LA LOI DE JANVIER 2009,
L’ENFANT MINEUR DOIT BÉNÉFICIER DE TOUS LES DROITS QUI LUI SONT ACCORDÉS
PAR CET ARTICLE
SOUS PEINE DE NULLITÉ DE LA PROCÉDURE

33 La RDC a signé la Convention le 20 mars 1990 et l’a ratifié le 27 septembre 1990.


34 Article10. Al. 2 (b) et al 3 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
35 Article 10 al.4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
36 Article10.al.2 (b) et al.3 et article 10 ?al.4 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

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Novembre 2009 29
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

SOURCES LEGALES NATIONALES OU INTERNATIONALES

SOURCES NATIONALES

Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006


Code pénal congolais (Décret du 30 janvier 1940)
Code de procédure pénale (Décret du 6 aout 1959)
Ordonnance-loi n°79-028 du 28 septembre 1979 portant organisation du barreau, du
corps des défenseurs judiciaires et du corps des mandataires de l’Etat
Code de l’organisation et de la compétence judiciaires (ordonnance-loi n° 82-020 du
31 mars 1982)
Ordonnance n°344 du 17 septembre 1965 portant organisation du régime pénitentiaire
Décret du 06 décembre 1950 sur l’enfance délinquante
Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant

SOURCES INTERNATIONALES 37

Règles minima en matière de détention préventive et sur le traitement des détenus


préventifs adoptées par le premier Congrès des Nations Unies pour la prévention du
crime et le traitement des délinquants, tenu à Genève en 1955 et approuvé par le
Conseil économique et social dans ses résolutions 663 c ( XXIV) du 31 juillet 1957 et
2076 (LXII) du 13 mai 1977
Convention relative aux droits de l’enfant, New York, 20 novembre 1989 (ratifiée par
la RDC le 27 septembre 1990)
Déclaration universelle des droits de l’Homme date (publiée au J.O du 5 décembre 2002)
Charte africaine des droits et du bien être de l’Enfant, adoptée en juillet 1990 et
entrée en vigueur le 29 novembre 1999
Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, Nairobi, 27 juin 1981 (ratifiée
par la RDC le 10 juillet 1987)
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l’Assemblée gé-
nérale dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966 (ratifié par la RDC le 1er
novembre 1976)

37 Instruments internatonaux ratifiés par la République Démocratique du Congo.

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30 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

DOCTRINE

Nyabirungu Mwene Songa, Traité de droit pénal général congolais, 2ème ed., Ed.
Droit et société « DES », Kinshasa, 2007
Katuala Kaba Kashala, Code judiciaire zaïrois annoté, Ed. Asyst, Kinshasa, 1995
RCN et Ministère de la justice et garde des sceaux, La pratique de la détention
préventive, Séminaire des magistrats des tribunaux de paix de Kinshasa, Kinshasa,
le 20 et 23 février 2002
Mushagalusa Ntayondeza’Ndi J., L’organisation de la détention préventive en droit
congolais, module de formation RCN à l’intention des magistrats civils et militaires
Lukoo Musumao R., La jurisprudence congolaise en droit pénal, vol.1, Ed. On s’en
sortira, Kinshasa, 2006
Dibunda Kabuinji Mpumbuambuji, Répertoire général de jurisprudence de la Cour
Suprême de Justice 1969-1985, Ed. Connaissance et pratique du Droit Zaïrois, Kin-
shasa, 1990
Justice et Paix, Bulletin interne n°8, Service de Documentation et d’Etudes du
Ministère de la Justice, juillet 1993
Rubbens A., Le droit judiciaire congolais, tome III. L’instruction criminelle et la procé-
dure pénale, Ed.Larcier, Bruxelles, 1965

JURISPRUDENCE EN MATIÈRE DE DÉTENTION PRÉVENTIVE

Cour suprême de justice, RP.278, affaire Muhima contre Ministère public, 9 septem-
bre 1980
Cour suprême de justice, RP 368, affaire Mambo Makilongo contre Ministère public,
28 avril1981
Cour suprême de justice, R.P.2996, 25 juin 2008
Cour suprême de justice, R.P.3112, affaire David Ngiza contre Ministère public et
Léon Diakanua Tekasala, 27 juin 2008
Cour suprême de justice, R.P.A.357, affaire Kayiba Mukendi, Nzau, Kinkela, Libate
Bonyali et Fatai Sifayao contre Ministère public, 5 aout 2008

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Novembre 2009 31
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

Cour suprême de justice, R.P.A.361, affaire Dikoma Kitengie, Kambanga, Mudingila


Kadi, Mbaya, Mukendi Ngandu contre Ministère public et Parties civiles, 2008

Cour suprême de justice, R.P.A.363, affaire Déo Gafundu Ndjanja contre Ministère
public, 17 décembre 2008

AUTRES OUTILS JURIDIQUES

Circulaire n°5/008/I.M/P.G.R/1970 du 16 mai 1970, relative à l’arrestation et à la


mise en détention préventive ainsi qu’à l’arrestation immédiate à l’audience, in Cir-
culaires et instructions générales, Cour Suprême de Justice et Parquet général de la
République, Kinshasa, 1971, pp.79-82

Mercuriale prononcée par le Procureur général de la République Cour Suprême de


Justice, audience solennelle de rentrée du 16 octobre 1971, in Revue zaïroise de
Droit, 3ème année, n°1, ONRD, Kinshasa-Gombe, 1972

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32 Novembre 2009
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

Remerciements

Avocats Sans Frontières tient à remercier chaleureusement le Bâtonnier National


Mbuy-Mbiye Tanayi, ainsi que le Bâtonnier Mwanza de Kinshasa/Gombe, le Bâton-
nier Khonde de Kinshasa/Matete, le Bâtonnier Bagaya Mukwe de Bukavu, le Bâton-
nier Mulumba de Mbandaka et le Bâtonnier Kayumba de Kindu qui, grâce à leur
relecture attentive du document, ont formulé des commentaires et avis essentiels à
la réalisation d’un outil qui se veut des plus utiles aux avocats.

Avocats Sans Frontières remercie chaleureusement le Conseiller à la Cour suprême


de Justice Prince Funga pour son engagement via la communication de jurispru-
dences et autres supports juridiques qui ont été utilisés pour enrichir le document.

Un grand merci pour leur précieuse collaboration et la pertinence des renseigne-


ments fournis au personnel des bureaux d’ASF à Kinshasa, Bukavu, Kindu et Mban-
daka, à Chantal Van Cutsem, Aurore Decarnières, Cléa Kahn-Sriber et Sylviane Puer-
tas pour la relecture, et à RCN Justice & Démocratie.

Nos remerciements vont également à tous les acteurs judiciaires qui participent aux
projets « assistance judiciaire des personnes en détention préventive » d’Avocats
sans Frontières, pour leur implication à voir la justice accessible à tous.

Rédigé par Myriam Khaldi.

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Novembre 2009 33
Vade-mecum de l’Avocat en matière de Détention Préventive

Mandat d’Avocats Sans Frontières

Avocats Sans Frontières est une organisation non-gouvernementale internationale


composée principalement d’avocats et de juristes mais aussi de toute autre per-
sonne intéressée, qui se donne pour mission de contribuer en toute indépendance
à la réalisation d’une société juste et équitable, dans laquelle le droit est au service
des groupes les plus vulnérables.

Au niveau local et international, Avocats Sans Frontières a pour objectifs :

• D’assurer une aide juridique efficace et effective pour les groupes les plus
vulnérables au sein de la société et contribuer à la réalisation d’un sys-
tème de droit qui est capable de protéger réellement ces groupeDe pro-
mouvoir le respect des droits fondamentaux, universels de l’homme et, en
particulier, du droit à la défense et à un procès équitable;

• De promouvoir la responsabilité et « accountability » des acteurs publics


notamment, mais aussi des acteurs privés, dans la sphère économique et
sociale;

• De travailler à la réduction de la pauvreté par l’accès des populations à


une justice sociale dans l’esprit d’une redistribution internationale des
ressources et des compétences.

Pour plus d’information, veuillez consulter le site internet d’Avocats Sans Frontières
www.asf.be

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34 Novembre 2009
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Rue de Namur, 72
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tél : +32 2 223 36 54
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