Retour à la liste des cours disponibles
STABILITE D'UN NAVIRE
I. LA STABILITE: PRINCIPE et GENERALITES
II. MOUVEMENT DE POIDS
III. CARENES LIQUIDES
IV. VOIE D'EAU
V. LES DOCUMENTS HYDROSTATIQUES
I. LA STABILITE: PRINCIPE et GENERALITES
Navire stable : C'est un navire qui a la capacité de revenir à sa position initiale après avoir été
incliné momentanément par une force extérieure.
Principe d'Archimède : Tout corps plongé dans un liquide reçoit une poussée verticale de
bas en haut égale au poids du volume de liquide déplacé, et appliquée au centre de volume de
la partie immergée (centre de carène C0 ou B0 pour Buyoncy)
Couple de force : Le couple de force est un ensemble de 2 forces de même intensité, parallèle
et de sens contraire.
K : " Keel " Quille du navire
B0 = C0 : Centre de carène initiale (" Buyoncy ")
B1 : Centre de carène (où s'applique la poussée d'Archimède )
G : Centre de gravité du navire (où s'applique P)
M : Point métacentrique (confondu avec M,'métacentre initial, pour des inclinaisons <10° ; M
se trouve à l'intersection de avec l'axe du navire)
P : Déplacement du navire (poids)
F = : Poussée d'Archimède
Z : jonction entre la perpendiculaire à P passant par G avec la force
: Inclinaison du navire (gîte)
Quand le navire est droit, la résultante des forces P et est nulle et le navire reste droit.
Moment d'un couple : C'est le produit de la grandeur commune des 2 forces par leur distance
" d ". Cette distance " d " est appelée bras de levier du couple.
Si les 2 forces se rapprochent, la distance GZ diminue donc le moment du couple diminue.
Calcul du moment du couple de redressement :
M' : Métacentre initial
M : Point métacentrique
Moment du couple : Mt=[Link]
Cos = MZ / GM
Sin = GZ / GM
D'où -> GZ = sin . GM
Mt = P. sin . GM
Pour des inclinaisons inférieures à 10°, M et M' sont considérés comme confondus, on a
donc :
Mt = P(r-a) . sin
Quand le navire est incliné par le vent, le centre de carène se déplace. Les 2 forces poids et
poussée s'écartent l'une de l'autre. Ils forment un couple de redressement (P. ) dont le
moment est:
Mt = P(r-a) . sin
P = déplacement du navire
h = hauteur métacentrique transversale
a = distance du centre de gravité au centre de carène initial
= inclinaison transversale du navire
La formule d'Archimède :
Soient " V " le volume de la partie immergée et " d " la densité ou poids spécifique du liquide,
suivant le principe d'Archimède, la poussée F ( ) est égale au poids du liquide déplacée,
c'est-à-dire :
F= = V.d
d : densité de l'eau de mer = 1,026
Métacentre initial : C'est le point M'dont la position est fixe. Elle est déterminée par les
chantiers de construction et communiqué au capitaine du navire.
Point métacentrique : C'est le point M dont la position varie avec l'inclinaison du navire. Pour
les inclinaisons inférieures à 10°, M se confond pratiquement avec le point M'.
La hauteur métacentrique " h " se situe entre le centre de carène et le point métacentrique M.
Cette hauteur h peut être remplacée par la distance M'B0 qui est appelé rayon métacentrique
transversal et désigné par la lettre " r ".
Si < 10°
-> Mt = P(r-a).sin
-> Mt = P(r-h) sin
4 CAS SELON LES POSITIONS DE G ET B1
II. MOUVEMENT DE POIDS
Un mouvement de poids correspond à la modification de la position d'un poids à bord sans
changer le déplacement du navire ni le volume de carène. En conséquence, on s'intéressera
d'abord à la situation initiale et à la situation finale.
Il peut arriver qu'en situation intermédiaire, pendant le transfert de poids, la stabilité soit
réduite ou mise à défaut.
1. TRANSFERT VERTICAL DE POIDS
Déplacement sur la même verticale d'un poids vers le haut ou le bas. L'équilibre du navire
n'est pas modifié (mais la stabilité l'est), le navire reste droit s'il l'était avant le mouvement de
poids.
La stabilité diminue quand on déplace vers le haut le centre de gravité du navire.
On exprime la quantité de stabilité d'un navire par le produit :
P(r-a) : Module de Stabilité Transversale
Dans ce cas, le nouveau module de stabilité transversale est :
P(r-a)' = P(r-a) - pz (" - pz " pour un déplacement vers le haut)
P(r-a)' = P(r-a) + pz (" + pz " pour un déplacement vers le bas)
Lors d'un déplacement de poids, le centre de gravité se déplace parallèlement et dans le même
sens.
Lors d'un déplacement vertical, l'assiette ne change pas, la gîte reste constante.
Etude d'un déplacement selon les axes z, y, x:
C'est le déplacement verticale qui influence le plus la stabilité.
2. DEPLACEMENT TRANSVERSAL DE POIDS
Ce déplacement transversal sans ballastage provoque une gîte.
Le centre de gravité se déplace parallèlement au mouvement de poids et dans le même sens.
Il n'y a pas de changement d'assiette.
IL N'Y A PAS PERTE DE STABILITE PAR ELEVATION DE G PUISQUE CE
DEPLACEMENT EST HORIZENTAL.
L'angle de gîte provoqué par le déplacement transversal est obtenu par la formule :
= 57.3 p.y / (P(r-a))
La gîte est proportionelle au poids déplacé et à la distance de déplacement.
3. POIDS SUSPENDU
Dès que le poids est décollé du sol par un appareil de levage du navire (grue, mât de
charge…), il s'applique alors au niveau de g1 (au niveau de l'axe de la chappe).
Le Module de Stabilité Initiale Transversale est :
MSIT0 = P(r-a)
Le nouveau MSIT' après déplacement est :
MSIT' = MSIT0 - ph
MSIT' = MSIT0 - pz
MSIT' = P(r-a) - pz
Tant que le poids n'est pas débarqué, le déplacement du navire reste constant.
Pour la manutention de colis lourd, un calcul prévisionnel de stabilité est impératif.
Si le produit " pz " est important et que le MSIT0 est faible au moment où le colis décolle,
MSIT' peut devenir négatif. Le navire recherche alors une nouvelle position d'équilibre stable.
Il s'incline alors, entraînant le colis du côté de la gîte. Celui-ci peut provoquer des dégâts
importants en prenant de la vitesse et en accumulant de l'énergie cinétique dans le mouvement
de balan créé. Cette situation est dangereuse pour le navire et pour l'équipage à proximité du
colis.
Même si le MSIT' reste positif, une petite gîte insensible au départ peut-être beaucoup
amplifiée par la diminution du MSIT et provoquer le même effet de balan.
III. CARENES LIQUIDES
Lorsqu'une capacité à liquide n'est pas complètement vide ou remplie, le liquide qu'elle
contient se déplace lorsque le navire s'incline. La surface du liquide est libre de s'incliner à la
gîte ou au tangage d'où l'appellation de surface libre.
Il y a mouvement de poids.
En général, le mouvement longitudinal de liquide n'a pas d'effet sensible sur la stabilité
longitudinale du navire (réservoir dans la longueur du navire).
Il existe différentes conceptions de cuves, cales, réservoirs, …, pour limiter les carènes
liquides :
On assimile une carène liquide à un poids suspendu.
IV. VOIE D'EAU
Définition : Une voie d'eau est une ouverture accidentelle dans la coque mettant 1 ou
plusieurs compartiments en libre communication avec la mer.
On peut étudier l'effet d'une voie d'eau sur la position d'équilibre du navire et sa réserve de
stabilité transversale résiduelle à l'aide de 2 méthodes :
1) Méthode dite à " carène perdue "
On définit une nouvelle carène en retirant le volume du ou des compartiments envahis à la
carène initiale.
Cette méthode nécessite un calculateur programmé à cet effet. Elle est utilisée
systématiquement par les bureaux d'études de chantier et les sociétés de classification pour
effectuer les calculs prévisionnels de stabilité après avarie.
2) Méthode dite " par embarquement de poids "
C'est une méthode approchée utilisable facilement si le poids d'eau embarqué " p " dans le
compartiment, du fait de la voie d'eau, est relativement faible devant le déplacement initial P 0
du navire.
Cette méthode est analogue à celle utilisée pour les embarquements de poids compte tenu des
effets de carènes liquides et de libre communication.
V. LES DOCUMENTS HYDROSTATIQUES
Les documents hydrostatiques sont obligatoires à bord des navires. Ils donnent sous forme de
tables les caractéristiques de la carène en fonction du tirant d'eau, la variation du T.E en
fonction du poids, l'impact du déplacement du centre de gravité sur le T.E, l'impact du
déplacement du centre de carène…
On y trouve des données indispensables au calcul de stabilité du navire. Ces tables sont
établies par les chantiers de constructions pour les navires modernes. On peut cependant les
recalculer en disposant de 2 des 3 éléments suivants :
-Le tracé des lignes d'eau (ou section horizentale)
En principe, il y en a 11. La ligne d'eau zéro passe par le fond de la carène à la
perpendiculaire milieu.
-Les couples de tracé (ou section transversale)
Il y en a en principe 21, de 0 à 20. Le couple zéro contient la [Link]., le couple 10, la PP.
milieu, le couple 20 la [Link].
-Les sections longitudinales Il y en a 6 en principe, de 0 à 5, la section 0 correspondant au
plan longitudinal.
Avec 2 de ces tracés, on peut définir le navire et déterminer les éléments de la table
hydrostatique qui nous intéressent pour le calcul de stabilité pour les différentes lignes d'eau
comme : les volumes de carènes, la position du centre de carène, du centre de gravité, le rayon
métacentrique…
Outre les tables et courbes hydrostatiques, le capitaine devra posséder les plans du navire, les
courbes de stabilité et de bras de levier, le compte rendu de l'expérience de stabilité…