Séquence 2 : Approches et techniques du leader pour animer
une équipe
A la fin de cette séquence, tu seras capable :
§ de t’approprier les approches d’animation d’une équipe
§ d’appliquer les techniques pour animer ton équipe de travail
§ d’écouter efficacement ton entourage
§ de motiver tes collaborateurs
1. Comment inspirer tes collaborateurs ?
Veux-tu des collaborateurs assidus, heureux de venir travailler et engagés dans leur rôle ? Donne-
leur une bonne raison de se lever tous les matins pour s'engager pleinement dans leur mission.
Pour ce faire, tu dois mettre en œuvre les actions suivantes :
§ Implique les membres de ton équipe en les responsabilisant et en les associant à la
prise de décision de chaque étape du projet.
Pour cela tu dois :
- partager avec l’équipe ta vision du projet ;
- déterminer les rôles avec eux ;
- établir et choisir ensemble le plan d'actions.
§ Favorise un sentiment d'appartenance à l’équipe
Pour cela tu dois :
- amener tes collaborateurs à s’identifier à l’équipe (construction collective de la charte
d’éthique, responsabilisation des membres de l’équipe…) ;
- donner à tes collaborateurs la possibilité d'apprendre à se connaître (échange inter-
service, création de mutuelle, actions de solidarité, travail d’équipe…) ;
- susciter en eux le plaisir de travailler ensemble (team building ou co-construction...)
§ Valorise les membres de ton équipe
Les raisons pour lesquelles il est important de valoriser son équipe sont nombreuses :
- encourager la prise d'initiatives ;
- stimuler la motivation ;
- favoriser le développement personnel.
Pour valoriser ton équipe, tu devras :
• apprécier la qualité du travail fourni par ton équipe ;
• l’encourager à poursuivre sur la même voie ;
• reconnaître la contribution de chaque collaborateur au sein de l'équipe, et plus
globalement au sein de la structure (diplôme, distinction, prix, voyage, repas de corps…)
§ Mets en place de bonnes conditions de travail
Pour que ton équipe soit performante et travaille efficacement, tu dois mettre à sa disposition :
- les moyens matériels (fournitures techniques et fournitures de bureau) ;
- les ressources financières dont elle a besoin. Si tes ressources propres sont insuffisantes,
initie des partenariats et des activités génératrices de revenus.
§ Fixe des objectifs concrets et réalisables pour l’atteinte des résultats
Pour s'engager dans la mission et se mettre au travail, ton équipe a besoin de savoir exactement
ce qu'elle doit faire, quand et à quel coût.
Dès le départ, tu dois lui fixer des objectifs Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalisables
(Assignables) et Temporels (SMART).
Plus l'objectif est clairement défini et précis, plus ton équipe aura envie de s'impliquer.
§ Sois un bon manager
Un bon manager est toujours à l'écoute de ses collaborateurs afin d'anticiper au maximum sur leurs
besoins.
Pour cela :
• tu ne laisseras pas une question de ton collaborateur sans réponse ;
• tu célébreras chaque succès de ton équipe, aussi petit soit-il ;
• tu montreras l'exemple en étant positif, motivé et impliqué dans la réalisation de ta
mission.
§ Instaure un climat de confiance
Montre à ton équipe que tu lui fais confiance à travers les actions et attitudes suivantes :
• déléguer certaines de tes tâches à tes collaborateurs ;
• laisser à tes collaborateurs une autonomie d’actions ;
• écouter et prendre en compte leurs idées.
2. Comment développer ton influence sur ton entourage ?
L’exercice d’un leadership en milieu de travail ne peut être possible qu’avec une influence sur les
membres de l’équipe.
Pour développer ton influence, tu dois être une personne crédible et de référence au sein de ta
structure.
Pour y arriver :
§ Apprends à connaître tes collaborateurs (forces, faiblesses, besoins, compétences …) à
travers :
- les observations directes en situation de travail ;
- l’analyse des fiches de poste et de profils de poste ;
- les activités récréatives ;
- l’organisation des réunions ;
- les entretiens d’évaluation.
§ Interprète les signaux non verbaux (Expressions du visage, gestes, postures, ton de la
voix, habillement, coiffures, maquillages, silences, grimaces, regards…)
Lors d'une négociation ou d'un simple échange verbal, il est important de savoir lire entre les lignes. Au
travers des attitudes corporelles de ton interlocuteur, tu pourras récolter des informations sur son état
d'esprit et adapter ton discours en conséquence.
§ Écoute tes collaborateurs (Prendre en compte leurs critiques, opinions, suggestions et
attentes) à travers :
- la mise en place d’une boîte à suggestions ;
- les entretiens directs ;
- les enquêtes d’opinions.
§ Développe ton charisme
Une personne influente est une personne qui attire l'attention et possède un certain pouvoir de séduction.
Voici les principaux points à travailler pour devenir une personne charismatique :
- apprends à être maître de tes émotions (garder son calme en toutes circonstances) ;
- apprends à t’affirmer (avoir une image positive de soi) ;
- fais preuve d’empathie envers les autres ;
- apprends à motiver ceux qui t’entourent en croyant en eux ;
- apprends à t’appuyer sur des moments difficiles (être résilient).
§ Formule bien tes critiques
Quand tu as une critique à formuler, tu dois :
- la faire en temps et en heure et non pas quand la personne visée ne s'y attend plus ;
- peser tes mots ;
- faire toujours porter la critique sur des éléments concrets, sans porter de jugement de valeur
sur la personne.
§ Affûte ton sens de l'observation
Pour affûter ton sens de l’observation, sois attentif à ce qui se passe autour de toi. Pour cela, tu dois :
- faire preuve de curiosité ;
- prêter attention aux autres ;
- faire preuve de non-jugement ;
- demander l’avis des autres ;
- chercher les éléments positifs chez l’autre.
§ Fais preuve de patience
Ne te précipite pas et pense sur le long terme, sans escompter des résultats immédiats.
§ Surmonte l'échec
Fais de tes échecs des opportunités.
Pour y parvenir :
- accepte tes échecs ;
- analyse les causes de l’échec (réfléchir aux raisons) ;
- tire les leçons de l’échec ;
- prends la résolution de rebondir.
§ Apprends à te connaitre
Pour avoir une bonne connaissance de soi, il te faut :
- découvrir qui tu es ;
- savoir ce que tu veux ;
- apprendre de tes erreurs et échecs ;
- vérifier régulièrement que tu es sur la bonne voie (celle qui vous rend heureux) ;
- ajuster tes actions, si besoin.
§ Encourage l'initiative individuelle
Pour cela, tu dois :
- responsabiliser le collaborateur ;
- donner plus d’autonomie au collaborateur ;
- privilégier la créativité.
§ Aie confiance en toi
Pour développer la confiance en soi, tu devras :
- prendre les bonnes décisions en t’appuyant sur des arguments clairs et précis ;
- avoir le contrôle sur ta vie (avoir du caractère) ;
- renouer avec l’estime de soi ;
- apprendre d’un échec et mieux rebondir ;
- oser manifester ses émotions ;
- lire des livres sur le développement personnel ;
- se fixer des objectifs ;
- s’évaluer soi-même;
- passer en mode action.
3. Comment écouter ton entourage ?
L’écoute t’aidera à résoudre énormément de problématiques. Elle te permettra de donner de la
considération et de l’importance à l’autre et à motiver ton équipe.
Pour écouter efficacement un collaborateur, tu dois :
§ regarder bien en face le collaborateur qui parle pour démontrer ton intérêt ;
§ fixer la personne droit dans les yeux ;
§ éviter les sources de distraction (téléphone, ordinateur, radio…) ;
§ te concentrer sur les paroles de ton collaborateur ;
§ garder l’esprit ouvert et attendre que le collaborateur ait dit tout ce qu’il avait à dire avant de
partager ta vision des choses. Ne cherche pas à lire dans les pensées de l’autre. Cherche
plutôt à mieux comprendre ce qu’il dit ;
§ attendre qu’il ait fini de parler avant de chercher à clarifier les choses ;
§ poser des questions de clarification, mais seulement une fois que le collaborateur a fini de
parler ;
§ reformuler ses réponses pour t’assurer que tu as bien compris ses propos.
Pour réussir à écouter attentivement un collaborateur, tu as aussi besoin de /d’:
§ écouter ses mots et expressions, sans interpréter ;
§ écouter sa voix, ses silences, son rythme et ses intonations ;
§ voir ses attitudes et mimiques ;
§ ressentir ce qu’il dégage comme état d’esprit (tranquillité, envie de convaincre,
agressivité…).
§ Les règles de l’écoute active
Il s’agit pour toi, d’appliquer les règles ci-dessous :
- disponibilité : sois capable d’accorder du temps de qualité en éliminant tous les parasites à
la relation (mails…) ;
- réceptivité : être attentif aux propos de son interlocuteur ;
- environnement de qualité : choisis un lieu/un terrain d’échange propice (calme et peu
bruyant, sans parasite) ;
- bienveillance : encourage la parole, montre de l’intérêt et de l’empathie à ton interlocuteur
(par ta posture, ton regard, ton sourire et ton attention);
- cadre relationnel : rappelle les conditions de l’échange (liberté de parole, confidentialité...)
pour obtenir la confiance de ton interlocuteur ;
- décentrage : mets tes propres pensées et opinions « en veilleuse » pour accueillir la parole
de l’autre, être attentif à ses propres réactions spontanées ;
- ouverture : privilégie les questions ouvertes et ne pas orienter ni anticiper les réponses.
Accorde du temps aux silences ;
- Concentration : reste au maximum concentré sur la parole de ton interlocuteur, prends au
besoin des notes, reformule à la fin ses réponses.
§ Les freins à l’écoute active
On distingue plusieurs types de freins à l’écoute active :
- notre focalisation sur ce que nous allons dire ;
- notre tendance à interpréter et à juger;
- notre impatience et notre impression d’avoir déjà compris dès les premières paroles de
notre interlocuteur.
4. Comment motiver tes collaborateurs ?
La motivation et le leadership sont étroitement liés. La motivation est un élément essentiel dans le
fonctionnement de l’administration. Si le personnel n'est pas motivé, les performances ne seront
pas atteintes. Le leader doit se motiver et motiver les membres de son équipe.
Pour motiver ton entourage, tu dois avoir des messages qui témoignent de ta satisfaction, ton
admiration, ta gratitude et plus généralement tous les signaux positifs que tu peux adresser pour la
qualité du travail accompli par un collaborateur :
§ excellent travail ! ;
§ c’est bon de pouvoir compter sur toi ;
§ je suis admiratif devant le travail que tu as réalisé ;
§ bravo pour ta performance ;
§ je te présente toutes mes félicitations pour ce que tu as fait.
Exemple de mise en situation
Message 1 : « Félicitations, chers collaborateurs, pour avoir élaboré la matrice d’actions de notre
organisation dans les délais »
Message 2 :« Félicitations, chers collaborateurs, pour avoir élaboré la matrice d’action de notre
organisation dans les délais. Vous avez bossé dur et je suis conscient des sacrifices consentis pour
y parvenir ! »
Message 3 : « Je tiens à vous féliciter pour avoir élaboré la matrice d’action de notre organisation
dans les délais. Vous êtes une équipe formidable ! Vous avez fait preuve d’une compétence et d’un
sens de l’engagement remarquables, et je suis fier de vous. Avec une équipe comme la nôtre, toutes
les ambitions nous sont permises ! »
Pour motiver ton collaborateur, les compliments doivent porter sur les trois (3) dimensions suivantes
:
§ le travail fourni ;
§ les efforts déployés ;
§ et l’individu lui-même.
Exemple de phrases destructrices de motivation
Tu dois éviter les phrases comme celles-ci :
§ « On ne va jamais y arriver ! »
Le leader est celui qui entraîne et montre la voie. S’il n’est pas convaincu d’atteindre l’objectif,
comment peut-il espérer motiver ses collaborateurs / son équipe ?
Exemple :
Un Lieutenant qui a reçu l’ordre de partir au front, s’adresse ainsi à ses soldats : « on ne reviendra
pas vivant…mais il faut quand même y aller ! ».
§ « C’est nul. Tu es nul(le) »
Une seconde suffit pour prononcer cette phrase et il faut parfois un an (sinon plus) à celui à qui on
s’adresse pour qu’il s’en remette.
Porter un jugement définitif et négatif est le meilleur moyen de tuer la motivation de ton
collaborateur.
§ Ne dis pas : « Tu es nul », dis plutôt : « J’ai besoin que tu progresses sur telle compétence
car … »
Ne dis pas : « Tu n’es pas à la hauteur », dis plutôt : « Je te conseille de suivre une formation en
ligne pour te permettre d’atteindre tes objectifs. »
§ « On a toujours fait comme ça »
Cette phrase annonce que l’organisation est fossilisée et son personnel prisonnier de l’habitude et
de la routine.
Ton collaborateur arrive avec des idées de progrès et d’amélioration et tu lui demandes de ne pas
toucher au système en place et d’oublier ses idées nouvelles. Tu crées ainsi, un collaborateur
démotivé, car se sentant écrasé par le poids de la tradition et des habitudes de l’organisation.
5. Comment communiquer efficacement ?
Pour communiquer efficacement avec ton collaborateur, tu dois :
- afficher du respect pour ton interlocuteur ;
- t’exprimer avec aisance et assurance ;
- être totalement disponible pour ton collaborateur ;
- prendre du plaisir dans l’échange avec ton collaborateur ;
- écouter et être écouté ;
- montrer ta volonté de comprendre ;
- t’assurer de la bonne compréhension mutuelle ;
- réaliser la synthèse de vos échanges.
Exemple de méthode de communication d’un Chef d’Etablissement scolaire
Pour communiquer efficacement, en tant que Chef d’Etablissement, tu dois :
- organiser des réunions d’échanges pour partager des informations et solliciter des
contributions des autres membres de la communauté éducative ;
- mettre à la disposition de tes collaborateurs des informations ;
- analyser les problèmes que rencontre l’établissement de façon collective en impliquant tous
tes collaborateurs ;
- mettre en place des moyens qui facilitent la contribution de la communauté éducative à la
bonne marche de l’établissement (plateforme en ligne, boite à suggestions, journées portes
ouvertes, réunion avec le bureau du COGES...) ;
- tenir les parents d’élèves informés de ce qui se passe à l’école, pour obtenir leur adhésion
au projet d’établissement.
Attention : en communication la forme compte
Tu dois bien choisir ton vocabulaire, et pour cela tu peux :
- parler de « points d’amélioration », et non de « points négatifs » ;
- dire « et » et non « mais ». Par exemple : « Ton travail est soigné et en même temps j’aimerais
qu’il soit rendu à l’heure » est plus positif que « ton travail est soigné mais.. ».
Évite l’utilisation des mots comme « mais », « par contre », qui donne la sensation d’annuler ta
remarque positive.
6. Comment réussir un feedback ?
Pour faire un feedback constructif, il te faut :
- annoncer les faits dans un premier temps ;
- décrire l'impact qu’a eu l’action sur ton collaborateur ou sur l’équipe ;
- formuler une demande claire.
Il est important pour toi de connaître les critères d’un mauvais feedback :
- en posture haute : je domine l’autre, je me sens supérieur à lui, je ne prends pas en compte
son vécu, je lui coupe la parole ;
- dans le jugement de valeur : « les personnes timides comme toi… » ;
- avec des remarques floues : « ton comportement doit être amélioré », «il faut changer » ;
- avec des mots exagérés et accusateurs : « tu es toujours », « tu ne fais jamais » ;
- en public : remarques données devant tout le monde, prenant à témoin les autres ;
- sous la mauvaise forme : un e-mail envoyé un samedi à 2h du matin avec des chefs en
copie.