Rasoa
Rasoa
Juillet 2012
INSTITUT SUPERIEUR POLYTECHNIQUE DE MADAGASCAR
Juillet 2012
« Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des
méchants,
Psaumes 1.1
Liste des abréviations
A1 à A7 : Année 1 à année 7
BVPI SE/HP : Bassin Versant des Périmètres Irriguées Sud Est/Haut Plateau
H j : Homme jour
H : heure
Mn : minute
MS : matière sèche
i
Liste des tableaux
Tableau n°1: Pluviométrie durant la champagne 2011-2012 ............................................................... 11
Tableau n°2 : Caractéristiques des jachères en fonction des unités agronomiques............................. 16
Tableau n°3: Les principaux effets agro écologiques des SCV .............................................................. 28
Tableau n° 4 : Représentation géographique de toutes les parcelles d’études.................................... 33
Tableau n°5 : Systèmes de culture SCV suivis chez les agriculteurs en fonction de l'âge ..................... 50
Tableau n°6 : Temps de travaux sur la réalisation de travail de maîtrise de stylosanthes après jachère
............................................................................................................................................................... 54
Tableau n°7 : Systèmes sol labouré (culture de riz) .............................................................................. 56
Tableau n°8 : Systèmes à base de stylosanthes (culture de riz)............................................................ 59
Tableau n°9 : Systèmes sur labour ........................................................................................................ 62
Tableau n°10 : Systèmes avec stylosanthes .......................................................................................... 65
iii
Liste des annexes
Annexe 1 : Les valeurs de biomasse ......................................................................................................... I
Annexe 2 : Les valeurs sur le stock grainiers de striga réparti dans les différents systèmes de cultures
................................................................................................................................................................ III
Annexe 3 : Les valeurs sur les tiges souterraines sur le système avec stylosanthes ............................. IV
Annexe 4 : Les valeurs sur les tiges aériennes sur le système avec stylosanthes ................................... V
Annexe 5 : Les valeurs sur les tiges souterraines sur le système de diversification .............................. VI
Annexe 6 : Les valeurs sur les tiges aériennes sur le système de diversification .................................. VII
Annexe 7: Les différentes visites, animations de masses .................................................................... VIII
Annexe 7 : Striga asiatica, tige souterraine de striga et graines de striga .............................................. X
Annexe 8 : les autres pestes végétales dans le Moyen ouest ................................................................ XI
Annexe 9 : les caractéristiques des vers blancs rencontrés dans les parcelles paysannes : Triodontus
nididulus et Euryomia Argentea ........................................................................................................... XIII
iv
Remerciements
Mon grand remerciement s’adresse principalement à Dieu par sa grâce. Il m’a tous
donné : la vie, la foi, les forces, les courages et tous les idées car « par sa Grâce, je suis ce que
je suis ».
Misaotra betsaka !
v
Table des matières
viii
Introduction
Dans toutes les régions productives du Moyen ouest, l’activité principale des paysans
est la culture du riz et du maïs (alimentation de base). Or un des facteurs limitant du
développement de ces derniers est le striga. Depuis longtemps, le striga menace la majorité
des cultures céréalières de la région. Aucun lutte n’ont pas été efficace et l’agriculteur victime
pense à abandonner ses terres pour en chercher d’autres.
Grace à l’évolution des techniques culturales, une idée de lutte a été mise en valeur et
est exploitée sous forme d’un site de référence et se poursuivant jusqu’au réseau paysan. Et
sur cette idée que notre étude a commencée. D’où l’intitulé de cette recherche : « ».
Dans cette étude, nous allons élaborer 3 parties bien distinctes telles que :
- la première partie est la cadre de l’étude cernant le Moyen ouest, Striga asiatica et le
système SCV
- la deuxième partie est l’étude expérimentale où on élabore la méthodologie de
recherche développement et les matériels et méthodes
- et la troisième partie concerne les résultats et discussions.
1
Partie 1 CADRES D’ETUDES
Chapitre I Présentation de l’ISPM
I Historique
L’ISPM (Institut Supérieur Polytechnique de Madagascar) a été crée en Janvier 1993 par le
Professeur Julien Amédée RABOANARY sous le nom de ESSTIM (Ecole Supérieure des
Sciences et Technologie de L’informatique de Madagascar).
- le département informatique
- le département commerce ou ESCO (Ecole Supérieur de Commerce)
Il fut agrée par l’Etat selon l’arrêté n°3275 du 19 Août 1995 du Ministère de
l’Enseignement Supérieur. En 2004, l’ISPM fut homologué par l’Etat ainsi que d’autres
instituts privés de Madagascar.
Actuellement, l’ISPM dispose de quatre départements :
- le département informatique groupant trois filières
la filière Informatique de gestion, Génie Logiciel et Intelligence Artificielle
(IGGLIA)
la filière Electronique, Systèmes Informatiques et Intelligence Artificielle (ESSIA)
la filière Informatique Multimédia et Génie Logiciel (IMGL)
- le département tertiaire formé de
la filière Commerce et Administration des Affaires (CAA)
la filière Tourisme et Environnement (TE)
la filière Finances et Comptabilité (FIC)
- le département biotechnologie composé de
la filière Industrie Agro –alimentaire (IAA)
la filière Pharmacologie et Industrie Pharmaceutique (PIP)
la filière Agriculture et Elevage (AEE)
- le département Génie Industriel et Génie industriel formé de
la filière Electro Mécanique et Informatique Industrielle (EMII)
la filière Génie Civil et Architecture (GCA)
2
Figure n°1: Organigramme de l’ISPM
ISPM
Direction générale
FC IAA IMGL
3
II Cursus d’étude
En tant qu’ « Institut Supérieur » l’objectif de l’ISPM est de former en Premier cycle des
techniciens Supérieurs (Bac+2) et en Second cycle des Ingénieurs (Bac + 5). Les étudiants du
Premier cycle obtiennent un Diplôme de technicien Supérieur (DTS) après avoir effectué
deux ans de formation au sein de l’Institut, suivis d’un stage de trois mois dans une entreprise
avec présentation de mémoire.
Les étudiants du Second cycle, après trois années supplémentaires suivent un stage de six
mois et présentent une soutenance en vue de l’obtention du Diplôme d’Ingénieur.
CONCOURS
FORMATION
DE BASE
DIPLOME DE
TECHNICIEN
SUPERIEUR
DIPLOME DE
LICENCE
PHARMACOLOGIE ET INDUSTRIE
AGRICULTUR
INDUSTRIE AGRO
E ET
PHARMACCEUTIQUE ALIMENTAIRE
ELEVAGE
DIPLOME
D’INGENIEUR
RECHERCHE ACTIVITES
PROFESSIONNELLE
4
Chapitre II Présentation de l’URP Scrid et du Cirad
I Le Cirad
Le Cirad est un centre de recherche français qui répond, avec les pays du Sud, aux enjeux
internationaux de l’agriculture et du développement.
I.1 Statut
I.2 Mission
En partenariat avec les pays du Sud dans leur diversité, le Cirad produit et transmet de
nouvelles connaissances, pour accompagner leur développement agricole et contribuer au
débat sur les grands enjeux mondiaux de l’agronomie.
I.3 Activités
Ses activités relèvent des sciences du vivant, des sciences sociales et des sciences de
l’ingénieur appliquées à l’agriculture, à l’alimentation et aux territoires ruraux.
Le Cirad s’engage au plus près des hommes et de la Terre sur des défis complexes et évolutifs
: sécurité alimentaire, intensification écologique, maladies émergentes, devenir des
agricultures des pays du Sud.
Il est présent en priorité dans le cadre de dispositifs de recherche en partenariat (14 dans le
monde et 7 dans l’outre-mer français).
5
I.5 Partenariats
6
I.8 Principaux domaines de recherche
• Forêts et biodiversité
• Systèmes de culture rizicoles durables
• Interactions Agriculture-Elevage
• Agroécologie
• Qualité sanitaire et technologie des fruits, légumes et épices
• Observatoires du développement (filières, agricultures, santé, etc.)
• Développement territorial et politique foncière
• Santé animale et zoonoses
• Changements climatiques et risques associés
II Quelques repères
Prés de 25 de chercheurs permanents du CIRAD sont affectés dans la Grande île (agronomes,
forestiers, vétérinaires, agroéconomistes, géographes, etc.) appuyés par plus de 100 missions
depuis la métropole, la Réunion et les autres implantations du CIRAD (Afrique australe et de
l’est, etc.) En partenariat avec l’Université d’Antanarivo et avec le centre de recherche en
agronomie de Madagascar (FOFIFA), les chercheurs du CIRAD co-animent deux dispositifs
prioritaires structurant pour ses activités dans les pays du sud : l’URP SCRID sur les systèmes
de riziculture pluviale et l’URP Forêts et Biodiversité pour la gestion, la valorisation et la
conservation des écosystèmes forestiers malgaches. Le CIRAD à Madagascar, c’est aussi un
engagement fort dans la formation par la recherche avec 30 thèses encadrées ou co-encadrées,
250 heures de cours dispensés par an à l’Université d’Antananarivo, plus de 200 stagiaires
malgaches et français formés dans les 5 dernières années. C’est enfin, une grande diversité de
terrains d’observation, d’expérimentation et d’application dans des agro écosystèmes très
différentiés (Hautes terres, lac Alaotra, côte Est, etc.) dans un partenariat quotidien avec les
acteurs du développement (administration, secteur associatif et secteur privé, grands projets
AFD, FFEM, UE, etc.)
8
Partie 2 CONSIDERATIONS
GENERALES
Chapitre I Le Moyen ouest
9
Avant le peuplement de cette région par les ethnies Merina, Betsileo et Bara, il
semblerait qu’elle était habitée par les Vazimba, peuple indigène originel indifférencié dans
tout Madagascar. Cette ethnie fut apparemment progressivement repoussée vers l’Ouest par
les populations des Hauts Terres.
Avant la création de la ville d’Ankazomiriotra, quelques cultivateurs avaient
commencé à peupler la région, ce qui constituait quelques îlots d’habitations diffus,
principalement à l’Est et au Sud de la ville. De même à Vinany, les habitats étaient regroupés
en hameaux diffus, mais aujourd’hui encore, il n’y a pas de regroupement de maisons
important comme à Ankazomiriotra. Les premiers témoignages d’installation de migrants sur
la commune de Vinany remontent aux années 1910.
Pour le cas de Fidirana, plus éloigné encore (23Km d’Ankazomiriotra), l’isolement est
plus complet car il reste inaccessible en saison des pluies (sauf en tracteur le jour du marché).
10
La densité de population est alors très faible et il subsiste encore des très vastes zones de
terres consacrées à l’élevage extensif.
III.1 La pluviométrie
Tableau n°1: Pluviométrie durant la champagne 2011-2012
11
Graphe n°2 : Courbe de la température maximale
III.2 Le relief
Le vaste ensemble s’étendant du Nord de Tsiroanomandidy au Sud de Mandoto est
constitué de plusieurs paliers décalés en altitude (entre 800 et 950 mètres), séparés par des
dénivellations en talus de 30 à 50 mètres ou bien par des lames granitiques de reliefs
résiduels. Les pénéplaines sont découpées en plateaux (à pentes de 2 à 5%) par un réseau
hydrographique très dense et ramifié. Les bas fonds, terminés en amont en amphithéâtres, sont
plus ou moins encaissés et plus ou moins larges suivant les endroits. Les versants de
raccordements aux bas fonds sont convexes et pentus (30 à40%). Ces versants de
raccordement constituent des sites d’érosion potentielle importante (10). Les lavakas sont
élargis au sommet (amphithéâtres), rétrécis en aval, et à parois verticales rouges mangeant
profondément (5 à 20 mètres) l’altérite ferralitique jusqu’à la nappe phréatique (9).
12
une bonne activité biologique. Le taux de matière organique de ces sols est plutôt bon (2 à 3
%). La bonne fertilité naturelle de ces sols réside dans la présence d’une assez bonne activité
biologique (vers de terre anéciques, larves, fourmis, termites, bactéries) du fait d’un climat
chaud. Les plateaux présentent des sols ferrallitiques moyennement à faiblement désaturés
(V= 30 à 60 %), à pH 5,5 à 6. Une autre différence tient à leurs propriétés physiques : sous
l’horizon de surface et sur une épaisseur de 0,5 à 1m, leur structure est généralement
poudreuse (« pseudosables » constitués de particules argilo-ferrugineuses très stables enrobant
des grains de quartz). A l’état sec, le matériau est pulvérulent, à l’état humide, il est très
friable. Travaillés ces sols sont donc sensibles à l’érosion qui se manifeste sous forme de
lavaka. Ils sont également extrêmement perméables (10). Les sols du Moyen-Ouest sont
potentiellement riches, mais s’appauvrissent rapidement s’ils sont mis en culture sans gestion
durable de la fertilité.
Les sols ont une fertilité naturelle correcte qu’il convient de conserver et de renforcer.
En particulier en les approfondissant par voie biologique (fort enracinement, activité
biologique) pour leur conférer :
- une meilleure réserve en eau (parallèlement à un bon mulch permanent),
- un bon réservoir minéral
Ces phénomènes d’érosion constituent une menace pour l’agriculture de la région. La perte de
terre arable sur les versants de tanety représente une diminution importante de la fertilité de
ces surfaces. Une autre conséquence de cette érosion est l’ensablement des bas fonds qui
diminue sa fertilité et rend plus difficile la maîtrise de l’eau donc augmente le travail sur les
rizières.
13
IV L’agriculture dans le milieu
14
par l’eau de pluie. En contre-saison, elles sont laissées en jachères, ou plus rarement, cultivées
en maraîchage.
Les sommets de tanety caractérisés par des sols rouges ferrallitiques sont cultivés avec
des céréales (riz pluvial et maïs), du manioc et des légumineuses. Le riz pluvial complète
celui produit en rizière. L’importance accordée au riz pluvial varie en fonction de la surface
de rizières de bas fond en possession d’une exploitation agricole. Les légumineuses cultivées
sont l’arachide, le pois de terre, le soja et le haricot.
Pour les pentes, le sol est peu profond et plus dur que sur les plateaux (à cause de
ruissellement). Ils sont seulement cultivés en pois de terre et en manioc. Les pentes ne sont
pas aménagées en terrasses comme c’est le cas dans les régions plus anciennement peuplées,
ce qui diminue leurs possibilités de mise en valeur de ces sols érodés.
Les bas de pente sont mis en valeur grâce à la culture de légumineuses (arachides,
haricots et pois de terre) et à la culture de manioc. Ses terres sont fertiles, généralement
argileuses, parfois qualifiées de baiboho. Ce terme de baiboho dans ces zones qualifie les
terres d’origine colluvionnaire (en sachant que dans d’autres zones, ce sont les sols d’origine
alluvionnaire autour des rivières et fleuves). Les céréales en cultures pluviales n’y sont pas
cultivées à cause des risques d’engorgement, sauf en cas d’aménagement spécifique pour les
transformer en rizières.
Lavaka
Tanety
Bas de pente
Bas fond
15
IV.3 La fréquence de jachère (2)
Dans le contexte du Moyen Ouest, les jachères sont principalement liées à deux facteurs
(Sorèze, 2010). Ce sont :
- L’unité agronomique
- La surface agricole totale de l’exploitation
Très grandes
Unités Petites exploitations Moyennes à grandes
exploitations
agronomiques agricoles exploitations agricoles
agricoles
Jachères pratiquées en Jachères en
fonction des capacités général
de la fumure, des fréquentes,
Sommets de Jachères souvent substituées
successions de régulières et
tanety par la fumure
cultures pratiquées et longues, dues à
de la pression du aucune pression
Striga asiatica foncière.
Souvent : 2 ans de
Pentes de Jachères réduites grâce à la Unité souvent non
cultures/2 ans de
tanety culture de manioc cultivée
jachères
Bas de pente Parcelles riches, ne nécessitant pas forcément de jachère
Bas-fonds Jamais de jachères
16
Chapitre II Le striga : un fléau pour la zone
Le striga a été inventorié à Madagascar il y a près d’un siècle sans causer pour autant des
problèmes aux cultures vivrières. Depuis une dizaine d’année, il a représenté une sérieuse
menace pour les cultures céréalières de base sur tanety, tels que le riz et le maïs. Jusqu’à nos
jours, aucune estimation économique des dégâts et de l’importance de l’infestation sur le plan
national n’a été effectuée. Pour la seule région du Moyen Ouest qui est considérée comme
étant la principale région infestée, un taux d’infestation de 8% a été évalué avec des
maximum allant jusqu’à 70 à 100% au niveau d’un grand nombre de petites et moyennes
exploitations paysannes (Geiger, 1977(1). Une quarantaine d’espèces sont répertoriées à
travers le monde. Trois d’entre elles seraient présentes à Madagascar. Parmi toutes les espèces
de Striga, seulement quelques-unes provoquent des dégâts économiques importants. Dans le
cas du Moyen-Ouest malgache, c’est le cas de Striga asiatica, localement appelé « arema »
qui est la cause d’importants dégâts (2). Ce ci fait l’objet de cet étude.
17
Photo n°3: Striga asiatica
b. Description et caractéristique
Le striga est une plante herbacée annuelle et parfois pérenne ou vivace selon la
longévité de son hôte. C'est une espèce parasite qui se développe à la base des graminées
sauvages ou cultivées, notamment le maïs, la canne à sucre, le riz et le sorgho.
Le striga se présentent sous la forme de petites plantes herbacéess à port grêle, dressées et
raides. Les genres est caractérisé par des feuilles vertes, simples, opposées vers le bas,
alternées vers le haut. Les fleurs du striga sont groupées en épis ou en glomérules et sont
formées de pétales irréguliers soudés entres eux dont le tube est courbé. Ces fleurs présentent
moins de cinq étamines et ont un gynécée contenant de nombreux ovules (1).
18
c. Cycle et biologie du striga
Le schéma suivant montre le cycle et biologie du striga.
Les graines présentent une période de dormance qui dure 4 à 6 mois. Après ce délai, il y a la
phase de pré-conditionnement (réhydratation) qui se déroule lors des premières pluies (b).
Cette phase de pré-conditionnement dure de 10 à 15 jours(4). Les graines doivent encore
percevoir un signal chimique spécifique émanant des racines de la plante hôte afin de pouvoir
germer. L’absence de cette stimulation dans les quatre à six semaines qui suivent le pré-
conditionnement fait entrer les semences en dormance dite “secondaire” ou “humide” (qui
correspond à une nouvelle déshydratation). La germination aboutit à l'émission d'une radicule
très ténue qui doit se fixer sur une racine-hôte.
Après germination, la radicule est guidée vers les jeunes racines de la plante hôte, attirée par
les substances (chimiotropisme positif), probablement par un gradient de concentration de ces
substances qui déclenchent la germination. Jusqu’à ce qu’elle se soit fixée sur la racine hôte,
19
la plantule de striga est minuscule. Elle doit alors rapidement établir le contact avec une
racine hôte dans les 3 à 4 jours sous peine de dégénérescence. Elle croît vers la racine de la
plante hôte et peu avant sa fixation. La radicule de striga se renfle légèrement et émet des
papilles qui facilitent son adhérence à la surface de l’hôte.
Un suçoir (appelé haustorium) se forme dans les cinq jours et pénètre dans la racine de la
plante hôte. A partir de ce stade le striga prélève de l’hôte toutes les substances nécessaires à
son métabolisme (eau, hydrates de carbone et autres éléments nutritifs) et présente sa plus
grande nuisibilité car il dépend entièrement de son hôte pour pouvoir se développer
(holoparasite).
L’émergence a lieu environ 8 semaines après le semis de la plante hôte, 6 à 7 semaines après
la germination de la plante parasite. Après émergence, il développe des feuilles
chlorophylliennes et devient ainsi moins tributaire de l'hôte (hémiparasite). Cinq à six
semaines plus tard commence le développement d'une hampe florale.
Seule une faible proportion émerge au-dessus du sol, la plus grosse partie des parasites restant
en attente dans le sol en exerçant toutefois leurs effets néfastes sur la plante-hôte.
20
de l’hôte, mais il existe probablement d’autres raisons au faible développement de l’hôte
(modification de l’équilibre hormonal, toxines, perturbation de la photosynthèse).
De plus, le striga maintient ses stomates ouverts en permanence, ce qui entretient une
forte évaporation, là encore à l’avantage du parasite (il active le transit de la sève et permet
une alimentation du parasite en substances solubles diverses) mais au détriment de la plante
hôte qui est maintenue constamment en état de stress hydrique. Cette forte évaporation
maintenue en permanence explique que les dégâts du striga sur la plante hôte sont
particulièrement sévères durant les périodes sèches.
La dormance de ses graines peut durer plus de 15 ans. De ce fait, pour s’assurer son
élimination dans une parcelle, il faudrait la laisser plus d’une décennie au repos, sans
graminées dans la jachère. Malgré les vastes étendues du Moyen Ouest, de telles jachères ne
sont pas envisageables pour les agriculteurs.
Tous les agriculteurs du Moyen Ouest cherchent les moyens pour lutter contre le
striga. Les méthodes courantes de lutte proposées sont en général coûteuses (herbicides
chimiques, …), et ne sont pas à la portée des paysans. Ces derniers se trouvent désemparés.
Ainsi, certains d’entre eux pensent à abandonner leur terre pour chercher d’autres. Mais,
actuellement, des solutions agro écologiques telles que les SCV émergent en tant que moyen
de lutte alternative et viable contre le striga.
21
III Le contrôle de striga
Des études sont réalisées par le CIRAD (Centre Internationale de Recherche
Agronomique pour le Développement), l’ONG TAFA (Tany sy Fampandrosona) et quelques
équipes dans le FOFIFA ou CENRADERU (Centre de Recherche Appliquée au
Développement Rural) depuis une décennie sur les terrains infestés de la station d’Ivory
(Moyen Ouest de Madagascar) montrant que :
Les légumineuses, utilisés en SCV, sont susceptibles de secréter une substance dite
« strigolacotone anciennement dénommé strigol ». Ces substances sont entrainées par la
germination du striga. Et tous les striga germés meurent, d’où la « germination suicide »
provoquée par les légumineuses.
Les variétés résistantes au striga se distinguent des variétés sensibles par leur faible
production de stimulant de la germination (Vasudeva, 1985) et la morphologie de leurs
racines (faible développement des radicelles, résistance à la pénétration et antibiose) (Riches,
1986). Ces propriétés agissent directement sur les dates et taux d’émergence du striga qui se
trouvent ainsi respectivement retardées et diminuées. Ainsi, l’utilisation de ces variétés
permet de diminuer l’impact du parasitisme sur la production de graines des céréales et en
même temps de limiter la production de nouvelles semences de striga. En ne stimulant qu’une
faible proportion de graines, les variétés résistantes présentent par contre le désavantage de
préserver le stock de graines dans le sol (1).
Sur la station d’Ivory abandonnés par les paysans du fait de la trop forte pression du striga, les
résultats obtenus dès la première année sur maïs sont spectaculaires. Un simple paillage et une
association avec une légumineuse vivrière (niébé, dolique, soja, etc.) ou avec une
légumineuse pérenne (Arachis pintoï ou Stylosanthes guianensis), permettent d’obtenir une
forte réduction de l’infestation par le striga et une amélioration notable des rendements (11).
22
Chapitre III : Le Semis direct sur Couverture Végétale permanente (SCV)
I.1 Définition
Le SCV est un des systèmes culturaux à Semis direct sur Couverture Végétale
permanente. Il nécessite la présence de la biomasse qui ne doit jamais être perturbée (absence
de travail du sol) et assurée par la diversité des plantes (par association et succession
culturale). Le sol bénéficie une forte activité biologique (faune et flore, développement des
microorganismes, racines des couvertures, humidité permanente, …). Le semis doit être fait
dans la couverture (12).
L’objectif principal de cette diffusion est, d’une part, de développer une démarche
d’apprentissage et d’autre part, d’optimiser les efforts de vulgarisation.
Ce type de diffusion est mis en œuvre par les projets de développement des régions du Lac
Alaotra (projet BV-lac, Bassins versants du lac Alaotra), dans 4 régions à savoir
Vakinankaratra (Moyen Ouest), Amoron’i Mania, Vativavy Fitovinany et Atsimo Atsinanana
(projet BVPI/SEHP, Bassins versants des périmètres irrigués du Sud-Est et des hauts
plateaux).
23
sol est favorable au développement de l’activité biologique, ralentit la minéralisation et
permet de maintenir la couverture végétale.
Couverture permanente et totale du sol.
Le sol est maintenu en permanence protégé sous une épaisse couverture végétale qui peut être
morte (les résidus de récolte, les adventices et/ou les plantes de couverture sont totalement
contrôlés avant la mise en place de la culture) ou maintenue vivante (une couverture végétale
pérenne est simplement contrôlée le temps de la culture, sans être tuée, ce qui lui permet de
poursuivre sa croissance après la récolte de la culture). Cette couverture végétale protège le
sol en permanence contre l’érosion, entretient des conditions favorables au développement
d’une activité biologique intense et contribue à réduire la pression des adventices. .
Production et restitution au sol d’une forte biomasse.
Cette biomasse est renouvelée annuellement (ce qui permet de maintenir la couverture du sol
malgré la minéralisation) par diverses plantes (cultures et plantes de couverture)
multifonctionnelles, conduites en association et/ou en succession et qui remplissent des
fonctions éco systémiques diverses.
Les associations et successions de culture jouent un rôle clef dans le fonctionnement des SCV.
Les différentes plantes utilisées dans les systèmes permettent d’optimiser la production de
biomasse et de remplir un certain nombre de fonctions éco systémiques: structuration et
protection du sol, séquestration de carbone, recyclage et stockage des éléments nutritifs,
contrôle des adventices et des bios agresseurs, etc. Elles favorisent également le
développement d’une forte activité biologique qui contribue à assurer ces fonctions. Les
systèmes sont construits pour remplir au mieux les fonctions prioritaires dans un contexte
donné, en choisissant les plantes les plus aptes à lever les contraintes agronomiques les plus
limitantes.
L’insertion dans les systèmes de plantes aux systèmes racinaires puissants et profonds permet
en particulier d’optimiser les fonctions fondamentales de restructuration des sols et de
recyclage des éléments nutritifs et de l’eau (rôle de “pompes biologiques”).
L’activité biologique intense, permise par la création d’un environnement favorable et la mise
à disposition d’un substrat énergétique en abondance (matière organique fraîche et exsudats
racinaires), permet d’assurer un certain nombre de fonctions indispensables :
- stabilisation de la structure du sol ;
- processus d’humification et de minéralisation ;
- solubilisation des éléments nutritifs (par oxydation ou chélation) ;
24
- renforcement des défenses naturelles des plantes, etc.
Les couvertures sont produites en association ou en rotation avec les cultures vivrières (7).
25
adventices, en particulier le Striga. Elles ont aussi l’avantage de produire des grains
comestibles qui sont commercialisés à part le Mucuna sp (non comestible mais valorisé en
alimentation des porcs).
Son système racinaire est composé de nombreuses racines, avec un pivot principal et
des racines secondaires sur lesquelles se développent des nodosités en abondance. Il peut
descendre jusqu’à plus de 1,5m pour les pivots principaux. Il ne présente ni rhizomes, ni
stolons. Il peut s’enraciner à partir de tiges couchée sur le sol qui émettent des racines.
C’est une plante capable de produire une forte biomasse sans engrais même sur de sols
dégradés, de dominer les adventices (tous les adventices annuels dont striga asiatica,
Imperata cylindrica, …), de fixer de fortes quantités d’azote, de recycler les bases et oligo-
éléments, et d’extraire le phosphore de milieux qui en sont pauvres, les rendant accessibles à
la culture suivante.
Des systèmes fourragers avec minimum d’intrants peuvent être construits grâce au
stylosanthes qui se distingue dans les expérimentations mises en place depuis 2002. Cette
espèce a été sélectionnée et diffusée il y a environ 40 ans pour l’amélioration des pâturages
naturels. Elle présente un bon comportement en saison sèche (réserve fourragère), s’adapte
même sur les sols pauvres, mais atteinte par l’anthracnose. Cette maladie a limité son intérêt
jusqu’à l’apparition de variétés résistantes (en particulier CIAT 184, actuellement diffusée)
(13).
Dans les systèmes en SCV, le stylosanthes présente de multiples intérêts :
- Une installation aisée (associée avec du maïs, riz,…) et se pérennise ensuite par son
ressemis naturel,
- Une maîtrise sans intrants, par simple coupe de la souche (à l’angady) après avoir
soulevé la couverture,
- Un rendement très intéressant du riz sur ses résidus : 2,9t/ha de paddy en moyenne, soit
le double de celle avec labour (2,0t/ha)
26
- Une association avec le maïs qui permet de réinstaller la couverture (qui repousse par
ressemis en intercalaire
27
Tableau n°3: Les principaux effets agro écologiques des SCV
Fixation de l’azote
Bilan minéral Déblocages des éléments rétrogradés
Recyclage des éléments minéraux
Forte macroporosité et aération
Structure stable
Propriété physique
Sol arable plus épais
Augmentation de l’infiltration
Risques climatiques régulés (amplitudes
Microclimat thermiques et hygrométriques)
Conservation de l’eau
Augmentation et diversification de la méso
Activité biologique faune et de la microflore
Actions chimiques et physiques
Accroissement du taux de matière organique
Bilan organique Incorporation en profondeur
Action des matières organiques hydrosolubles
Diminution significative (allélopathie et
Flore adventice
obscurité)
Ravageurs
Lutte intégrée Maladies
Economie d’intrants
Diminution de temps de travail et flexibilité
Moindre pénibilité
Economie d’intrants
Gestion de l’exploitation
Diversification
Stabilité de la production
Augmentation des marges nettes
Source: Julie Sorez
Le principe des SCV repose sur la présence d’une couverture végétale permanente. Si
la vaine pâture est pratiquée par la population locale, ce tapis végétal peut être mis en danger
par le bétail. Lorsque des bêtes mangent une partie de la couverture, les parties du sol laissées
à nu peuvent rapidement perdre une grande partie des avantages dont leur faisait bénéficier la
couverture.
28
Le feu
Le feu est un outil très utilisé pour défricher dans les pays tropicaux. Il permet un
défrichement rapide et économique. C’est pourquoi il est souvent délicat ou difficile de
pratiquer le semis direct dans une communauté où le défrichement par le feu est pratiqué.
Les SCV sont des systèmes qui sont dits non économiques en intrants car ils nécessitent
parfois l’utilisation d’herbicides autour de la période de semis. Mais si l’agriculture dans
laquelle ils sont introduits n’utilise aucun intrant ou très peu, l’adoption des SCV est
synonyme d’augmentation de leur quantité. Lorsque c’est le cas, ces intrants sont souvent
difficiles d’accès aux exploitations dont les moyens financiers sont limités.
Les contraintes techniques sont relativement rares, mais elles existent. Les plus importantes
relèvent des intrants et des matériels utilisés. La technicité nécessaire pour les utiliser et sont
parfois élevée. Elle rend ainsi les techniques difficiles d’accès. Par exemple, l’utilisation des
matériels spécifiques au semis direct, l’application d’herbicides de contact sont des techniques
bien particulière et parfois peu aisées à mettre en œuvre.
Les principes de base pour optimiser la production de biomasse sont les suivantes :
Les associations de plantes sont utilisées autant que possible car elles permettent
d’assurer une production de biomasse globalement plus importante et plus stable. Et cette
diversité des espèces permet également d’apporter une biodiversité fonctionnelle qui assure
des fonctions et rend des services éco systémiques variés (séquestration de carbone, recyclage
des éléments nutritifs, contrôle des adventices et des bios agresseurs, etc.).
30
Partie 3 ETUDE
EXPERIMENTALE
Chapitre I Contexte général de l’étude
I Problématique
En phase de démarrage du projet BVPI SE/HP, les agriculteurs encadrés ont été sollicités pour
produire de semences de stylosanthes lorsqu’ils avaient implanté cette couverture. Les besoins
du projet étaient importants dans les différentes zones, le prix fixé de semences de
stylosanthes s’est avéré très intéressant (20 000Ar/kg pour une production moyenne de
semences de 200kg/ha).
Les agriculteurs ont choisi essentiellement des propositions parmi l’ensemble de celles
proposées par FAFIALA qui comportaient des SCV avec cultures vivrières.
Les agriculteurs qui possèdent des exploitations de tailles moyennes souhaitent conserver le
système à base de stylosanthes. Or la maîtrise de stylosanthes constitue une contrainte et
demande beaucoup de main d’œuvre avec le système de décapage. Ce ci pousse les
agriculteurs de taille moyenne à chercher des moyens pour améliorer la maîtrise. Les petits
exploitants jugent ce système trop extensif à cause de leur surface agricole très petite. Cette
dernière ne leur permet pas d’attendre la jachère de stylosanthes (une année de jachère sur
deux ans).
II Objectif
L’objectif est de mettre en place un réseau de test et de suivi en milieu paysan. Les tests
consistent à répondre les problématiques de maîtrise du Stylosanthes pour les moyennes
exploitations et de la diversification de système pour les petites exploitations. Ce travail a
également pour objectifs de diagnostiquer leur réelle adaptation dans le milieu.
III Hypothèse
Parmi les contraintes agronomiques, le Striga serait la contrainte majeure comme les enquêtes
chez les agriculteurs le montrent. (Julie Sorèze, 2010). Le SCV à base de stylosanthes permet
de contrôler les problèmes agronomiques (les adventices, les vers blancs, la pyriculariose, les
rats, …). Les techniques de gestion du stylosanthes (roulage, piétinage) sont efficaces. Par
31
contre, pour les exploitations de petites tailles, la diversification en SCV proposée est une
solution alternative.
32
Tableau n° 4 : Représentation géographique de toutes les parcelles d’études
Commune Zone de concentration Noms Agriculteurs Altitude Longitu Latitu Toposéquenc Caractéristiques du sol
(m) de de es
Vinany Mazoto 1. Raveloarison Ernest 1021 46,46 -19,60 Plateau Sol moyennement riche
Vinany Ankamory 2. Raharilalarisoa Berthine 1028 46,49 -19,63 Plateau Sol moyennement riche
(Mandaniresaka)
Ankazomiriotra Belanitra 3. Ramamonjy Vokatsoa 1110 46,50 -19,64 Plateau Sol très pauvre
Ankazomiriotra Andratsaimahamasina 5. Rakotondrafara Jean 1151 46,55 -19,65 Pente Sol pauvre
Sylvain
Ankazomiriotra Beronono 6. Rakotojaona René 1153 46,57 -19,66 Plat Sol moyennement riche
Inanantonana Antanety Sud 7. Ralivao Noeline 1162 46,62 -19,67 Plat Sol moyennement riche
Inanantonana Maromanana 8. Rasolofo 1261 46,63 -19,67 Plat Sol sablonneux pauvre
Inanantonana Amparihinjavatra 9. Henriette 1268 46,64 -19,70 Bas de pente Sol moyennement riche
Inanantonana Marotsipoy 10. Razafinindrina Marie 1289 46,66 -19,71 Plateau Sol riche
Rose
Source : Auteur
33
Chapitre II Itinéraire technique de l’étude
I Le dispositif expérimental
Initialement, le choix des parcelles pour la gestion du stylosanthes a été fait par les
techniciens de FAFIALA (lieu central par rapport aux différents groupes d’agriculteurs
intéressés) et validé par TAFA et CIRAD. Le nombre de sites suivis par la recherche est à
terme limité, correspondant aux zones agro écologiques différenciées, en fonction de
l’altitude, du type de sol ou de l’emplacement sur le topo séquence. L’agriculteur fournit le
terrain, la main d’œuvre, les semences, le fumier et la recherche participe activement à faire le
suivi, le test et supervise les sites.
Dans l’étude, le dispositif expérimental se base sur deux critères à faire sur les
parcelles :
- S’il s’agit d’une exploitation de taille moyenne, il faut faire les propositions techniques
de gestion ou maîtrise de Stylosanthes (le roulage et le piétinage). Sur cela, chaque
parcelle comporte un témoin décapé de 1 are et si possible les deux autres traitements.
Pour cela, les parcelles doivent présenter une surface suffisante pour pouvoir évaluer
les temps de travaux de roulage et de piétinage. Sur la commune d’Ankazomiriotra, les
troupeaux ne sont pas suffisants pour faire le piétinage. Les parcelles et agriculteurs
suivis dans le réseau ont été choisies pour leur accessibilité et pour pouvoir évaluer et
comparer les différents stades des systèmes étudiés.
- S’il s’agit d’une exploitation de petite taille, il faut faire les propositions de
diversification (association et succession des légumineuses avec le riz).
34
Les unités à étudier sont :
Dans certaines zones où l’introduction du stylosanthes est récente (Inanantonana) les stades
de développement sont représentés chez des agriculteurs voisins.
II Systèmes étudiés
35
Pour évaluer l’âge du SCV, le cycle de culture est noté « année 0 » ou « A0 » pour la
première année où l’implantation est réalisée sur labour. L’agriculteur met en place la culture
qu’il a choisi, le plus souvent le riz pluvial, selon l’itinéraire qu’il pratique habituellement. Il
sème ensuite la plante de couverture en association (on parle d’ « habillage » de la culture).
Dans le cas du stylosanthes, l’agriculteur le sème en dérobé dans le riz (25 jours après semis.
Après la récolte du riz, le stylosanthes colonise peu à peu le terrain. C’est l’année de jachère
(A1 ou A2). La jachère durera ainsi 1 an (A1) ou 2 ans (A2).
La troisième année (A3) (ou en 2ème année A2 : dépend de l’âge de la jachère), le stylosanthes
est bien installée et développé. Pendant l’hiver, l’agriculteur maîtrise la couverture en coupant
la souche à l’ « angady » après avoir soulevé la couverture. Il confectionne un rouleau
(comme pour rouler un tapis) ou s’il ne dispose pas de suffisamment de mains d’œuvre, il
regroupe la biomasse en tas. Cette opération appelée décapage manuel se pratique en octobre,
un mois avant le semis du riz pour obtenir une biomasse permettant de pratiquer un semis
direct.
La même année, le riz est semé à une densité de 30 à 40kg/ha avec petite « angady » avec 5 à
6 graines par poquet espacé de 0,2m x 0,3m. La fumure est réduite à 5 à 7 t/ha car
l’agriculteur considère que la fertilité du sol a été améliorée par le stylosanthes.
a. Objectif du système
La diversification, nouvelle technique de SCV (diffusée dès l’origine du projet par FAFIALA
mais négligé à cause du prix de semences du stylosanthes très attrayant) est un système
36
destiné, en priorité aux agriculteurs possédant une exploitation de petite taille, autrement dit,
qui ne disposent pas assez de terre pouvant la laisser en jachère.
La diversification repose sur une rotation d’une association culturale entre le maïs et des
légumineuses annuelles volubiles avec le riz pluvial. Les systèmes diversifiés proposés
devraient être facilement praticable, ne nécessitant pas d’outils pertinents et productifs tous
les ans (obtention des graines de légumineuses consommables) au lieu d’une jachère.
Dans le Moyen Ouest, les systèmes de diversification sur les parcelles étudiés se présentent
sous trois formes :
Le niébé variété David présente un cycle court et produit peu de biomasse. Celle-ci est
complétée par le mucuna dont les grains ne sont pas consommés (sauf par les porcs).
Une ligne intercalaire de mucuna a été semé en dérobé en intercalaire des rangs
jumelés de niébé avec 2graines/poquets tous les 40cm (avec un mois de décalage du semis).
Les agriculteurs n’ont pas procédé d’autres traitements que le traitement de semences
et les désherbages manuels. Ils utilisent uniquement de 5t/ha de fumure pour son exploitation.
37
III Les contraintes agronomiques
a. Le décapage
Le décapage se fait en général à la main. Ce type de maîtrise engage plusieurs personnes.
D’abord on coupe la tige de stylosanthes au ras du sol, puis le roule à la main. C’est une
technique proposée initialement et que les agriculteurs jugent trop contraignantes car il nous
faut 60 à 80Hj/ha d’après les résultats obtenus avec plusieurs paysans encadrés par le projet
BVPI SE/HP.
b. Le roulage
Le stylosanthes est sensible à une exploitation tardive par les animaux ou une coupe de
ses tiges lignifiées. Le roulage consiste à une utilisation d’un rouleau à cornière pour couper
les tiges lignifiées. Le rouleau est fabriqué avec un tronc d’arbre sur lequel des cornières
métalliques ont été fixés. Il est caractérisé par :
Il faut prévoir, pendant le roulage 2 zébus pour tirer le rouleau et 3 hommes pour conduire les
zébus et faire un chemin devant leur passage.
38
Photos n°6 : Roulage de stylosanthes
c. Le piétinage
Les principes sont les mêmes que sur le roulage. Seulement, ce sont les zébus qui cassent les
tiges en piétinant. Il faut prévoir un troupeau pour le piétinage et 2 à 3 passages de 2 h environ
espacés de 2 jours, pour éviter toute météorisation (si les zébus mangent le Stylosanthes, il y a
risque de météorisation si c’est trop longtemps), est nécessaire (14).
39
La solution saline utilisée est constituée du KCl (Chlorure de potassium) avec du
vinaigre et du sel telle que pour un ha, il faut 25kg de KCl + 30 ml de vinaigre + 30g de sel et
200l d’eau. Cette solution permet « d’endormir » la couverture encore vive. Autrement dit, le
KCl et le vinaigre rendent le stylosanthes verts en jaune.
En cas d’échecs, des solutions de rattrapage ont été prévus par la recherche pour
maîtriser le stylosanthes (herbicides : 2,4D, gramoxone, …).
- Echantillonnages de la biomasse
o Objectif et principe
40
Le séchage à 60°c dure 48h.
Pour calculer le pourcentage de matière sèche (MS) et la quantité de biomasse, les formules
suivantes sont utilisées :
- Echantillonnages de sol
Le sol est prélevé au même endroit que la biomasse sur les parcelles en SCV ou dans
les mêmes conditions que sur la parcelle labourée. Il permet une étude au laboratoire sur le
dénombrement de graines de striga.
1m
Point de prélèvement
1m
Point de prélèvement
41
o Les matériels utilisés
Tous les échantillons de biomasse ou de sol doivent être conservés dans un endroit sec, bien
aéré et à l’ombre.
a. Le dénombrement de striga
a.1. Objectif
L’objectif du dénombrement est de déterminer la densité initiale des graines avant la
mise en place des différents modes de gestion du sol et des cultures ou couvertures végétales.
Cela permet ainsi de mesurer l’efficacité de chaque système proposé dans la lutte contre le
Striga.
a.2. Principe
Le dénombrement du striga consiste à séparer les grains de striga contenues dans 100g
de sol en les faisant flotter dans une solution aqueuse de saccharose à une densité de 1,2.
Puis, le comptage des graines recueillies sur papier filtre est effectué sous une loupe
binoculaire.
42
- Une pissette ;
- Des séries de tamis de 650, 250, 200, 150, 125 et 106 microns : pour tamiser le sol ;
- Un agitateur magnétique et des barreaux magnétiques: pour agiter le soluté (sol issus
de tamisage) avec le solvant (solution de saccharose) ;
- Une éprouvette graduée : pour mettre la solution de saccharose avec le sol tamisé ;
- Des béchers : pour mettre les restes tamisés ;
- Des papiers filtres : pour filtrer les débris flottants de la solution après la décantation ;
- Un crayon : pour marquer les noms des échantillons sur le papier filtre ;
- Des entonnoirs utilisés pendant la filtration ;
- Des boites de pétri : pour mettre papier filtre après la filtration
- Une loupe binoculaire : pour voir les graines
- De l’eau : pour la préparation de toutes les solutions des échantillons (par exemple
pour la solution de saccharose, …) et de graines de saccharoses ;
43
- Entrainer les débris, à l’aide d’une pissette remplie d’eau courante, sur un papier filtre
obstruant un entonnoir.
- Laisser sécher et compter les graines de striga sous la binoculaire.
Remarque : * Pour le maïs les tamis utilisés pour séparer les graines de striga ont été limités à
celui de 125µ.
Photo n°8 : Mises en sachet Photo n°9 : Tamisages Photo n°10 : Observation
des échantillons de sol sous la loupe binoculaire
b.1. Objectif
L’objectif est de déterminer la quantité de graines de striga germés dans le sol et le
comparer avec la quantité de graines observées lors de dénombrement de graines. Les
prélèvements sont effectués avec un cylindre métallique de 10cm de hauteur et de 12cm de
diamètre.
b.2. Principe
Les prélèvements diffèrent selon la culture en place qui varie selon le système étudié :
44
Dans les parcelles de riz sur résidus de stylosanthes (A3), il faut mesurer une surface
de 1.2m x 1.2m, à l’endroit du prélèvement. Elle correspond d’une part à 6 poquets de riz
avec un écartement de 20cm entre poquet et d’autre part, 4 interlignes de riz de 30 cm
environ. Placer ensuite le cylindre entre quatre poquets de riz. Le prélèvement est répété 6
fois.
20cm
Schéma n°4: Prélèvement des échantillons de sol sur la parcelle de riz sur stylosanthes
(A 3) ou sur labour
Dans les parcelles de diversification, les principes sont les mêmes. La différence est
observée l’emplacement du cylindre. Il faut d’abord la localiser au pied du maïs pour le
premier prélèvement. Puis le cylindre est décalé de 12cm pour le second prélèvement. Cette
opération est répétée trois fois pour obtenir 6 prélèvements dans la même parcelle.
45
Schéma n°5 : Prélèvement sur le maïs dans la parcelle de diversification
: Point de prélèvement
: Poquet de maïs
: Poquet de légumineuses
: Ligne de légumineuse
: Ligne de maïs
46
le rendement et si la diffusion de la nouvelle technique de culture préconisée apporte vraiment
un intérêt.
Les agriculteurs décident de la date de récolte de ses cultures. Avant la récolte, des
carrées de rendements sont installés en délimitant avec des piquets. Pour les localiser :
− Mesurer la diagonale
− La diviser en trois pour placer 3 carrés
− Chaque carrée correspond à une surface de 2m x 2m
Les rendements obtenus sur chaque carré sont comparés entre les parcelles témoins et
les parcelles des tests.
III.4 La pyriculariose
La pyriculariose est une maladie observée chez les plantes de riz provoquée par des
champignons Magnatorthe oryzae. Elle se manifeste soit par une pourriture au niveau de la
panicule et provoque un avortement, on parle d’une pyriculariose paniculaire, soit par une
pourriture des tiges des feuilles provoquant la mort de la plante, on parle d’une pyriculariose
foliaire.
La notation est effectuée sur 10 poquets pris le long de la diagonale de la parcelle, sens
de la diagonale changé chaque semaine.
Il existe deux types de notations selon les stades de la culture et les symptômes :
47
- notation sur feuilles (pyriculariose foliaire) : estimation du pourcentage de surface
foliaire attaqué (environ 4 à 5 notations)
Noter 5feuilles sur trois talles infectées (5 feuilles par talle), les talles infectées étant pris au
hasard sur le poquet
a. Objectif
Les vers blancs sont des ravageurs des plantes céréalières. Ils appartiennent aux
embranchements d’Arthropodes, de classe des insectes, de l’ordre de Coléoptère et de sous
famille des scarabeoidea. On compte plusieurs espèces de vers blancs mais ce sont les vers
blancs existants dans le Moyen Ouest nous intéresse.
L’objectif est donc, de suivre les parcelles du réseau sur les caractérisations de la
biodiversité et des ravageurs du sol pour mieux mettre en exergue la relation sur la pression
de vers blancs et le système SCV.
b. Matériels et méthodes
Pendant les prélèvements sur le champ, les matériels utilisés sont :
Les sols sont prélevés sans forme de monolithes qui servent de dimensionnement sur 3
horizons : litière ; 0-10 ; 10-20 et 20-30 cm de profondeur.
Ces différents prélèvements sont classés chacun à des cuvettes. Et le triage par horizon
commence.
Toutes les espèces triées sont classées dans des flacons différents avec de l’alcool et
étiquetés (date et origine). Ce ci dépend de l’espèce. Lorsqu’il s’agit de vers blanc, ils sont
prélevés dans un grand flacon, avec un peu de terre pour permettre leur description au
laboratoire.
49
Partie 4 RÉSULTATS,
DISCUSSIONS ET
RECOMMANDATION
Chapitre I : RESULTATS ET DISCUSSIONS
Tableau n°5 : Systèmes de culture SCV suivis chez les agriculteurs en fonction de l'âge
50
*1 après jachère deux ans
Discussion
- L’itinéraire conseillé n’est pas appliqué de manière continue (tableau n°) car dès que
l’agriculteur rencontre un problème il relaboure son terrain et recommence.
- L’âge des parcelles en SCV dépasse parfois la durée du suivi par FAFIALA comme chez
Raharilalarisoa Berthine (n°2) conseillée à l’origine par TAFA.
• Rakotojaona René (n°6) a semée maïs + légumineuse pour réinstaller du riz en SCV
après 2 ans d’arachide sur labour suivant un riz sur résidus de stylosanthes (A2).
• Raharilalarisoa Berthine (n°2) relaboure régulièrement ses parcelles en SCV car elle
surmonte difficilement les problèmes de ver blanc sur sa ‘petite’ parcelle embocagée
en neem ou Melia azadiracta. Elle cultive en association avec du stylosanthes qu’elle
décape avant le labour pour l’utiliser comme paillage (parcelle en maïs+ légumineuses
+ maille stylosanthes) ou dans sa compost.
- Les surfaces installées en stylosanthes sont assez importante et les agricultuers ne peuvent
plus les maîtriser pour décapage :
51
La totalité de maîtrise est réussi que ce soit décapage, roulage ou piétinage sauf deux
parcelles (Ralalaharisoa Berthine (n°2) et Razafinindrina M. Rose (n°10)). Après la
maîtrise par roulage et piétinage de ces deux parcelles, il y a tombée de la pluie en août
entrainant l’échec. Après, une reprise de la maîtrise en fin novembre a été refaite avec
roulage + solution saline (KCl 25kg/ha) :
- Pour la parcelle n°2 : la solution saline appliqué est à dose faible (3kg/ha) donc encore
un échec ;
A la fin, pour tuer le stylosanthes dans ces parcelles, l’application d’herbicide (2,4D) est
nécessaire.
Une parcelle cultivée par Rakotojaona René (n°6) sur stylosanthes décapé a été brûlé. Le
sol est devenu très fertile avec les cendres issues des résidus brûlés et lés éléments
minéraux provenant de la forte minéralisation, par contre une forte repousse de toutes les
graines de stylosanthes tombées est observée.
- Pour la parcelle n°2 : la solution saline appliqué est à dose faible (3kg/ha) donc encore
un échec ;
A la fin, pour tuer le stylosanthes dans ces parcelles, l’application d’herbicide (2,4D) est
nécessaire.
52
Une parcelle cultivée par Rakotojaona René (n°6) sur stylosanthes décapé a été brûlé. Le
sol est devenu très fertile avec les cendres issues des résidus brûlés et lés éléments
minéraux provenant de la forte minéralisation, par contre une forte repousse de toutes les
graines de stylosanthes tombées est observée.
Sur ces tests, on peut en tirer que toutes les maîtrises effectuées en mois de juin
sont efficaces. Et il faut éviter les maîtrises en mois de juillet pour éloigner de la tombé de
la première pluie en août. Si un échec est parvenu, il faut refaire la maîtrise ou bien laisser
totalement la parcelle en jachère pour éviter des échecs successifs de maîtrise, donc du
gaspillage de temps et d’argents (sur le coût des herbicides, mains d’œuvres).
Après les avoir faits tous les expériences, les maîtrises des jeunes pousses de Stylosanthes
avec du roulage et de la solution saline n’ont pas beaucoup d’effets. Pour cela, il est
53
préférable de laisser en jachère les jeunes Stylosanthes ou bien faire une autre association
avec du manioc pour une amélioration de la structure du sol.
Journée de Journée de
Types de Surfaces 4h/ha de 4h/ha de
Agriculteurs Maîtrises Temps de travaux (ha) roulage piétinage
1. Raveloarison
Ernest (au Nord) Roulage 155mn (8h10 à 10h05) 0,17 15 -
Ernest (Sud) Roulage 75mn (10h25 à 11h30) 0,12 -
2. Ralalaharisoa Décapage - - - -
Berthine
Roulage 108mn (9h03 à 10h00) 0,166 11 -
Piétinage 56mn (10h04 à 11h) 0,102 - 9
3. Ramamonjy
Vokatsoa Roulage 88mn (8h35 à 10h03) 0,041 35 -
4. Rakotojaona Roulage 115mn (8h45 à 10h00) 0,099 19 -
René
Décapage - - - -
9. Henriette Roulage 70mn (9h10 à 10h20) 0,056 20 -
Décapage - - - -
Piétinage 85mn (10h40 à 11h25) 0,056 17
10. Razafindrina Roulage 115mn (10h45 à 12h) 0,144 13 -
Marie Rose
Décapage - - - -
Piétinage 40mn (11h05 à 11h45) 0,129 - 5
Source : Auteur
Discussion
En général, les zébus ne travaillent que le matin (du 7h du matin à 11h environ), donc une
demi-journée de 4h.
54
En moyenne, le roulage occupe 16 demi-journée /ha. Il varie de 10 à 20 demi-journée/ha selon
la taille de la parcelle (avec une estimation à 35jours/ha, la parcelle en pointe de Ramamonjy
Vokatsoa n°3).
- Efficace de 15 à 35 demi-journée/ha
- Efficace de 17 demi-journée/ha
A Fidirana, les agriculteurs ont pu disposer de 60 zébus et sur cette commune ils préfèrent le
piétinage.
55
IV.1 Les systèmes avec stylosanthes et sur labour pour la culture du
riz
Raveloarison
- 4,3 8 2,28 (SBT403)
Ernest*1
Sol
Ralalaharisoa
moyenneme 3 7 4 1,56(N4)
Berthine*2
nt riche
Rakotojaona
- 0,7 4 1,54 (N9)
René*3
Ramamonjy 0,26
Sol pauvre 12 40,3 81
Vokatsoa (Chhomrhondhan)
Source : Auteur
56
Graphe n°3 : Moyennes de graines, de tiges souterraines et de tiges aériennes de striga
en fonction de types de sol des les agriculteurs sur un système labouré
cultivé en riz
Discussion :
- Sur sol pauvre, le taux de graines de striga ainsi que les taux de tiges souterraines et le
taux de tiges aériennes sont élevés. Cela explique que le sol pauvre est un facteur
provoquant la prolifération du striga. De plus la culture pratiquée est le riz, ce qui
entraine le taux élevé des tiges souterraines. On peut dire donc que plus le sol pauvre,
plus la culture pratiquée est une graminée, plus le striga joue son rôle sur l’infestation.
- Sur sol moyennement riche et sur sol riche, la différence est significative au niveau de
nombre de tiges souterraines et tiges aériennes. Ce qui leur différencie c’est au niveau
de l’âge de la parcelle et au niveau de la variété de riz cultivée (il existe des variétés
résistantes au striga comme les Nérica). Par exemple la parcelle de Berthine est une
parcelle âgée de 6 ans et elle a relabouré en 7ème année.
57
Graphe n°4 : Rendement en t/ha du riz sur un système sur labour en fonction du type de
sol des agriculteurs
Discussion :
- Sur sol pauvre, le rendement est très faible. Il est influencé par l’infestation du striga
(graphe n°3).
- Par contre, sur sol moyennement riche le rendement est élevé mais varie en fonction
du type d’exploitation de l’agriculteur. Certains agriculteurs comme Ernest a utilisé
d’engrais NPK sur sa parcelle et René de l’urée. Ces facteurs engrais chimiques
donnent beaucoup d’influence sur le rendement obtenu.
- Sur sol riche, l’agriculteur n’a pas apporté d’engrais. Seulement, sa parcelle a été
ravagée par de la grêle, d’où le rendement inférieur par à celui obtenu sur sol
moyennement riche.
58
b. Système avec Stylosanthes
Les résultats obtenus avec ce système doit être comparés avec celui sur labour (témoin).
Source : Auteur
59
Graphe n°5 : Moyennes de graines, de tiges souterraines et de tiges aériennes de striga
en fonction de types de sol des les agriculteurs sur un système avec
stylosanthes cultivé en riz
Discussion :
L’utilisation de Stylosanthes est un moyen efficace pour éliminer les tiges souterraines et tiges
aériennes de striga sur la parcelle (graphe n°5) quelque soit le type de sol sous couverture.
Cela veut dire que tous les graines qui germent sont directement suiccidées par une secrétion
issue des légumineuses. Chez Ernest, on a constaté un nombre de tiges souterraines (0,7), cela
veut dire que même si la parcelle est sous couverture de Stylosanthes, l’apparition du striga
dépend aussi de la variété du riz cultivée. La variété SéBoTa est une variété très sensible au
striga. Par contre, les graines de striga restent élever dans tous types de sol. cela est expliqué
par la présence de couverture qui ne laisse pas germer les graines par l’humidité qu’il apporte
et aussi l’insuffisance de la température qui entre au contact du sol (conditions de
développement du striga non atteint).
60
Graphe n°6 : Biomasse en t/ha sur un système avec Stylosanthes en fonction de type de
sol des agriculteurs
Graphe n°7 : Rendements en t/ha du riz sur un système avec Stylosanthes en fonction du
type de sol des agriculteurs
61
Discussion :
Sur le sol pauvre, le rendement est faible. La couverture de Stylosanthes sur la parcelle
n’entraine donc pas encore une fertilité à la parcelle (graphe n°6). De plus, la biomasse est
encore faible (8t/ha) (graphe n°7). Sur cette parcelle, on a constaté aussi des mauvaise herbe
Imperata cylindrica, c’est une peste végétale qui influx le rendement faible du riz.
Par rapport au sol riche (sur la parcelle d’Heriette), le rendement est élevée sur le sol
moyennement riche (graphe n°7). Ce ci est demontré sur les résultats de biomasse (graphe
n°6) de la parcelle d’Ernest et de René.
Le rendement est nul sur la parcelle de Marie Rose et Berthine. La cause de cela est la
mauvaise maîtrise de couverture de Stylosanthes. Lors de cette dernière, des échecs ont été
parvenus et entrainent toujours la repousse de Stylosanthes. Et cette repousse a éttouffée les
jeunes plantes de riz.
On peut dire donc que le rendement dépend aussi du taux de la biomasse sur la parcelle. Plus
la biomasse est forte, plus le taux de germination est faible. Et plus la biomasse est très faible,
plus des mauvaises herbes apparaissent.
Source : Auteur
62
Graphe n°8: Moyennes de graines, de tiges souterraines et de tiges aériennes de striga en
fonction de types de sol des les agriculteurs sur un système de
diversification sur labour
Discussion :
Sur labour et en culture diversifiée, le taux de graines de striga et les nombres de tiges
souterraines et aériennes restent élevés. D’abord, ceci dépend
de son âge, chez Berthine et chez René, leurs parcelles ont été déjà cultivé
respectivement en stylosanthes (mais relabouré) et en deux années d’arachides.
et du type de sol, chez la parcelle de Rasolofo, son sol est très pauvre et sablonneux.
Le stock de graines est très élevé, par contre le nombre des tiges aériennes est nul.
Cela veut dire que avec un sol sableux, aucun culture ne peut pas pousser.
63
Graphe n°9 : Rendements en t/ha du maïs et du niébé sur un système de diversification
sur labour en fonction du type de sol des agriculteurs
Discussion :
Sur labour, le rendement en maïs est nul quelque soit le type de sol. ce rendement est
influencé, d’abord chez la parcelle d’Ernest par le passage de grêle. Toutes les tiges de maïs
ont été détruite. En plus, il y a aussi une action de striga qui a détruit les plants restants du
maïs. Et chez la parcelle de Berthine et de René, des épis ont été obtenus mais c’est difficile
d’estimer le rendement car l’agricultrice a receuilli encore verte les épis. Puis, chez la parcelle
de Rasolofo, à cause de sa pauvreté de son sol, le rendement en maïs est nul alors que le maïs
est une plante exisante.
64
b. Systèmes avec stylosanthes
Tableau n°10 : Systèmes avec stylosanthes
Source : Auteur
65
Discussion :
Avec la couverture de Stylosanthes, on a constaté que sur le sol moyennement riche, les
nombres de tiges souterraines et tiges aériennes sont nuls (graphe n°10). C’est surtout grace
au mécanisme de germination suiccide provoqué par les légumineuses et la biomasse de la
parcelle (graphe n°10) qui entraine cette valeur nulle. Par contre, sur sol pauvre, chez
Vokatsoa, le nombre de tiges souterraines et aériennes reste élevé. Ce ci est du à l’âge de la
couverture de stylosanthes sur la parcelle. Cette parcelle est constituée de l’association de
jeunes pousses de stylosanthes (A1) paillé avec des pailles de riz.
66
Graphe n°12 : Rendements en t/ha du maïs et du niébé sur un système de diversification
sur Stylosanthes en fonction du type de sol des agriculteurs
Discussion :
Sur sol moyennement riche : les plantes de maïs et du niébé qui ont poussé ont été envahies
par les plantes de stylosanthes. Ces dernières ont poussé et ont éttouffé les cultures. Aucune
luminosité n’a pas été apparut et l’apport d’engrais (organiques comme fumier ou compost ou
chimiques comme NPK sur le maïs) permet au stylosanthes de pousser. Par contre, sur le sol
pauvre, les plants de maïs sont détruits par le striga (graphe n°12).
67
Conclusion
Dans le Moyen Ouest, le problème du striga existe toujours jusqu’à nos jours. Le fait
de cultiver des céréales l’aggrave et le multiplie. Ce qui entraine la diminution des rendements
des cultures des paysans.
En bref, les suivis des parcelles complètent le travail de recherche. Ce sont les suivis
de la maîtrise de couvertures, les observations des vers blancs et les pyricularioses.
Plus les paysans de la région adoptent les techniques SCV, plus touts les problèmes
disparaissent petit à petit, plus l’agriculture devient durable.
68
Bibliographie
1. Andrianaivo A.P., Kachelriess S., et al. 1993 : Biologie et gestion du Striga à
Madagascar
2. Julie Sorèze, octobre 2010 : Évaluation de l’impact des systèmes de semis direct sous
couvert végétal (SCV) à l’échelle de l’exploitation agricole dans le Moyen-Ouest du
Vakinankaratra, Madagascar. 82P. Page 7
3. Lucien SEGUY, et al. ; Octobre 2009 : La gestion des écosystèmes cultivés en semis
direct sur couverture végétale permanente. Manuel pratique du semis direct à
Madagascar. Volume I. Chapitre 2. 32P.
4. Olivier Husson et al. ; Novembre 2008 : Le contrôle du striga par les systèmes SCV.
Principes et intérêts des SCV : Contrôle des pestes végétales. Manuel pratique du semis
direct à Madagascar. Volume I. Chapitre 3. § 3.1. 20P.
5. Olivier HUSSON et al. ; novembre 2009 : Comment proposer des systèmes de culture en
semis direct sur couverture végétale permanente adaptés aux besoins et contraintes des
agriculteurs. Manuel pratique du semis direct à Madagascar. Volume II. Chapitre 3. 20P,
page 4
6. Olivier HUSSON et al. ; juin 2008 : Stylosanthes guianensis, Manuel pratique du semis
direct à Madagascar. Volume III. Chapitre 3. § 2.1. 13P. page 2
7. Rasamizafimanantsoa A. et al. (FIFAMANOR) ; Andrianasolo H. (TAFA) et al. ;
Husson Olivier (CIRAD) et al. ; Thomas Patrick (ARP) et al. : Conduite des systèmes de
culture sur couverts végétaux et affouragement des vaches laitiers. Guide pour les hautes
terres de Madagascar. page17
8. Roger M. (CIRAD), Narcisse M. (TAFA) et al. Février 2007 : Projet d’appui à la
diffusion des techniques agro écologiques à Madagascar volet dispositif d’appui
technique et formation rapport général d’exécution Hautes Terres et Moyen Ouest.
Rapport de campagne 2005-2006. 177P. Page 67
Webbographie
a) [Link]
0
b) http//:[Link]/pp/Phytopat/partie2/Plante_parasite/Cycles_striga.htm
ANNEXES
Annexe 1 : Les valeurs de biomasse
Discussion
- Les pailles de riz en A0 constituent une biomasse très faible chez Ralivao Noeline n°7.
- Si le sol est pauvre, chez Ramamonjy Vokatsoa n°3, même le stylosanthes est âgée de
2 ans, la biomasse est encore faible (8t/ha). Par contre pour le sol moyennement riche,
chez Henriette, même âge de stylosanthes, la biomasse est très forte (17 à 29t/ha).
I
- L’inclinaison de la même parcelle aboutit à une différence de valeur de biomasse, chez
Razafinindrina Marie Rose n°10, allant de 10t/ha au nord à 16t/ha au sud.
- Les 2 ans de jachère permettent d’obtenir une biomasse très forte comme chez
Rakotojaona René n°6 avec 19t/ha.
II
Annexe 2 : Les valeurs sur le stock grainiers de striga réparti dans les différents systèmes de cultures
III
Annexe 3 : Les valeurs sur les tiges souterraines sur le système avec stylosanthes
IV
Annexe 4 : Les valeurs sur les tiges aériennes sur le système avec stylosanthes
Témoin A0 A1 A2 A3 A4 A5 A6 A7
2. Raharilalarisoa Berthine 0
9. Henriette 0
V
Annexe 5 : Les valeurs sur les tiges souterraines sur le système de diversification
0: avec paillage
2. Ralalaharisoa Berthine
5: relabouré
4. Rakotondrafara J. Sylvain 0
7. Rasolofo 2,5 0
VI
Annexe 6 : Les valeurs sur les tiges aériennes sur le système de diversification
0: avec paillage
2. Ralalaharisoa Berthine
2: relabouré
3. Ramamonjy Vokatsoa 2
4. Rakotondrafara J. Sylvain 0
7. Rasolofo 0 0
VII
Annexe 7: Les différentes visites, animations de masses
1. Objectif et principe
2. Types de visites
En générale, on peut distinguer 3 types de visites :
- Visite intercommunale
- Visite intra-zone de concentration
- Animation de masse
- En plus de ces trois types de visites, on rencontre aussi la démonstration des
techniques culturales.
a. La visite intercommunale
Ce sont les paysans adoptant le système SCV d’une commune iront visiter les parcelles des
autres. Le paysan propriétaire de la parcelle visité élabore, durant la visite :
Les visiteurs par contre exposent des questions pour enrichir leurs connaissances.
Les principes sont les mêmes que celles de visites intercommunales. Seulement, la visite a eu
lieu entre la zone de concentration de chaque commune.
Exemple : les visites intra-zone de concentration qui ont eu lieu le mois d’Avril sont :
- Beronono – Ankamory
- Mazoto – Ankamory, …
VIII
c. L’animation de masse
L’animation de masse est une technique auto – visuelle faisant montrer aux paysans d’un
village ou d’une zone de concentration (adoptant ou pas le SCV) des vidéos ou cinéma sur
différentes techniques culturales comme le SCV, le SRI, le SRA, l’arboriculture.
FAFIALA organise la démonstration sous forme d’un champ école. Les paysans voulant
adopter les techniques font partie du membre de cette école. Ils suivent tous les
démonstrations.
Les grandes organisations comme GSDM, FAFIALA, CIRAD, FOFIFA, … organisent aussi
des visites pour montrer aux collocateurs, prestataires, … les techniques d’une région à une
autre et vis versa.
IX
Annexe 7 : Striga asiatica, tige souterraine de striga et graines de striga
Graines de striga
X
Annexe 8 : les autres pestes végétales dans le Moyen ouest
1. Commelina benghalensis
Famille : Commelinaceae
Fréquence et importance agronomique : très fréquente dans les milieux humides. Véritable
peste végétale dans le monde entier, pouvant entrainer des dégâts très importants. Pas appétés
par les animaux.
2. Imperata cylindrica
Famille : Peaceae
Fréquence et importance agronomique : fréquente (surtout sur sols acides, mais capable de se
développer sur tous types de sols, y compris hydro morphes), c’est une peste végétale des
cultures dans le monde entier, envahissante et très agressive. Peu appétée.
XI
3. Cyperus spp
Famille : Cyperaceae
XII
Annexe 9 : les caractéristiques des vers blancs rencontrés dans les parcelles paysannes :
Triodontus nididulus et Euryomia Argentea
1. Triodontus nididulus
Embranchement : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Coléoptère
Super-famille : Scarabeoidea
Famille : Orphinidae
Genre : Triodontus
Espèce : nitidulus
2. Euryomia Argentea
Embranchement : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Coléoptère
Super-famille : Scarabeoidea
Famille : Cetoniidae
Genre : Euryomia
Espèce : argentea
XIII
Lu et approuvé
2006-2007 : Obtention d’un Diplôme de fin d’Etudes secondaires second cycle au Lycée Saint
Joseph Antsirabe.
STAGE
Novembre 2011 – Avril 2012 : stage pratique sur le « Suivi parcellaire paysanne sur le
maîtrise de striga et de vers blanc par l’adoption de technique de SCV (Système de Semis
Direct sous Couverture Végétale Permanente) dans le Moyen Ouest d’Antsirabe » au CIRAD
pour l’obtention du Diplôme d’Ingénieur en Agriculture et Elevage.
Janvier 2010 – Juin 2010 : recherche sur le « Culture en Sac des légumes feuilles en vue de
les produire dans les zones arides de Madagascar » à l’ISPM pour l’obtention du Diplôme de
Licence.
Septembre 2008 – Janvier 2009 : stage pratique sur la « Fertilisation des plantes fourrages et
affourragement des vaches laitières » au FIFAMANOR pour l’obtention du Diplôme de
Technicien Supérieur.
CONNAISSANCES ET RECHERCHES PROFESSIONNELLES
2010 : « Culture en sac des légumes feuilles en vue de les produire dans les zones arides de
Madagascar », classé premier lors du projet 2010 à l’ISPM.
COMMAISSANCES LINGUSTIQUES
ACTIVITES EXTRAPROFESSIONNELLES