UE 1 Corrigé 45
COLLECTION DSCG
GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE
CRISE
Auteur :
Bertrand Beringer
Compétences attendues Savoirs associés
Assister l’entreprise dans ses relations avec L’entreprise et l’administration fiscale
l’administration fiscale Agrément, rescrit, contrôle et contentieux
Suivre la procédure de vérification fiscale fiscaux
Suivre et orienter le contentieux fiscal
PREMIER DOSSIER
1. Vérification de comptabilité
Mentions obligatoires de l’avis de vérification :
Ø années vérifiées (mais pas les impôts vérifiés)
Ø faculté pour le contribuable de se faire assister par un conseil
Ø information selon laquelle la charte des droits et obligations du contribuable vérifié peut être consultée sur le site
internet de l’administration fiscale ou être remise au contribuable sur simple demande de sa part.
NB : jusqu’en 2015, cette charte devait obligatoirement être remise au contribuable en version papier (à défaut, la vérification était
054
nulle).
8148
Impôts vérifiés :
Une vérification peut porter sur certains impôts seulement.
:171
Vérification de comptabilité et droit de communication, contrôle fiscal sur demande :
7.17
L’Administration fiscale dispose d’un droit de communication relativement étendu, qui lui permet de prendre connaissance,
auprès d’un contribuable « X », de documents (éventuellement comptables) sur place ou par correspondance, et d’en faire
des copies. Ce droit permet à l’Administration de fonder des rectifications sur les impôts dus par d’autres contribuables
60.7
que « X », mais aussi des rectifications sur les impôts dus par le contribuable « X ». Dans ce dernier cas, certains
contribuables ont obtenu l’annulation des impositions ainsi réclamées, au motif que la procédure s’assimilait à une
:91.1
vérification de comptabilité, et que les droits et garanties du contribuable n’avaient pas été respectés (notamment absence
d’envoi d’un avis de vérification avec les années vérifiées et la mention de la faculté de se faire assister par un conseil).
0154
En conséquence, l’administration et la jurisprudence ont été amenées à définir les contours de chaque procédure. La
vérification de comptabilité implique un examen critique, donc actif, de la comptabilité, suivi d’une confrontation des
mentions comptables avec les déclarations souscrites, alors que le droit de communication doit se limiter au relevé passif
8888
d’écritures comptables ou à la copie de documents, à l’occasion d’interventions ponctuelles (aucun examen critique des
documents comptables ne doit intervenir, et aucune mention ne doit être apposée sur ces documents).
326:
Lorsque le droit de communication est exercé dans ces conditions, il peut permettre à l’Administration de procéder à des
rectifications.
0935
La procédure de contrôle fiscal sur demande ne constitue pas une vérification de comptabilité. Réservée aux PME (CA
inférieur à un plafond), elle permet à l’entreprise de solliciter le contrôle de l’Administration fiscale, mais seulement sur un
ou plusieurs points précis. L’Administration n’est pas tenue d’engager le contrôle à la suite de cette demande. Lorsque le
:211
contrôle a lieu et que l’Administration relève des irrégularités, l’entreprise peut déposer une déclaration rectificative, et les
intérêts de retard sont alors minorés de 30% (si l’entreprise ne dépose pas de déclaration rectificative, les redressements
Lyon
font l’objet d’une procédure de rectification).
2. Calcul des pénalités
e de
N-3 N-2 N-1
oliqu
Rectifications Prix d’achat des produits à CRISEST 30 000 33 000 40 500
IS correspondant (rectification x 33,1/3% ou 28%) 10 000 9 240 11 340
Pénalités pour insuffisance de déclaration de 0,40% par mois
Cath
Point de départ : 1er jour du mois suivant celui au cours duquel 1/06/N-2 1/06/N-1 1/06/N
l’impôt aurait dû être payé. L’IS doit être payé pour
ersité
le 15/05 (exercice comptable = année civile)
Point d’arrêt : dernier jour du mois de la proposition de 31/10/N 31/10/N 31/10/N
rectification
:Univ
Nombre de mois d’intérêts 29 17 5
Taux des intérêts = 0,40% ou 0,20%* x nombre de mois 7,2% 3,4% 1%
Intérêts dus (IS x taux des intérêts) 720 € 314 € 113 €
x.com
* 0,40% jusqu’en 2017, 0,20% à compter de 2018.
larvo
ÉDITIONS CORROY – 4 rue de Villars – 42000 SAINT-ÉTIENNE – 04.77.79.92.46 – www.editions-corroy.fr
scho
46 Corrigé UE 1
COLLECTION DSCG
GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE
3. Contestation des avis d’imposition
Rappel des différentes étapes qui suivent la proposition de rectification
Réponse du contribuable à la proposition de rectification :
Le contribuable (la société CRISE ici) dispose d’un délai de 30 jours (délai éventuellement prorogeable, à sa demande,
de 30 jours) à compter de la réception de la proposition de rectification pour faire parvenir à l’Administration sa réponse à
proposition.
Réponse aux observations du contribuable :
L’Administration doit à son tour répondre aux observations du contribuable. Lorsque le contribuable est une PME (CA
HT annuel inférieur à 1 526 000 € pour les ventes de marchandises ou 460 000 € pour les prestations de services), cette
réponse doit être faite dans un délai de 60 jours (l’absence de réponse de l’Administration dans ce délai équivaut, pour les
PME, à une acceptation des observations du contribuable). Pour les autres entreprises, aucun délai n’est imparti à
l’Administration, en dehors du délai de reprise de 3 ans (cf. ci-après) : en effet, il ne peut y avoir de mise en recouvrement
des impositions si l’Administration n’a pas préalablement adressé au contribuable sa réponse aux observations du
contribuable.
Mise en recouvrement des impositions supplémentaires :
Rappelons que le délai de reprise de l’Administration expire, en principe, à la fin de la troisième année suivant celle au
titre de laquelle l’imposition est due. L’impôt relatif à une année N ne peut donc être mis en recouvrement par
l’Administration fiscale qu’au plus tard le 31/12/N+3. Toutefois, certains événements sont dits « interruptifs de
prescription » : s’ils interviennent avant le délai de reprise ci-avant rappelé, alors l’Administration dispose d’un nouveau
délai pour mettre en recouvrement l’impôt. Tel est le cas d’une proposition de rectification.
Exemple : - l’IS dû au titre de N peut faire l’objet d’une proposition de rectification jusqu’au 31/12/N+3 ;
054
- cette proposition de rectification est interruptive de prescription : l’Administration dispose alors d’un nouveau délai de 3
ans (décompté à partir du 1er janvier suivant la date de la proposition) pour mettre en recouvrement les impôts
8148
correspondant aux rectifications, soit jusqu’au 31/12/N+6.
Réclamation contentieuse :
:171
Délai général de réclamation (art. R190 du LPF –Livre des Procédures Fiscales) :
Pour contester les avis d’imposition supplémentaire reçus, le contribuable doit adresser à l’Administration fiscale une
7.17
réclamation contentieuse, et ce avant la fin de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Ici, la société
CRISE doit adresser cette réclamation contentieuse avant le 31/12/N+4 puisque la mise en recouvrement a eu lieu en
60.7
février N+2.
Délai spécial de réclamation (art. R196-3 du LPF –Livre des Procédures Fiscales) :
:91.1
Lorsque le contribuable fait l’objet d’une procédure de rectification de la part de l’Administration, il dispose d’un délai égal
à celui de l’Administration pour présenter sa réclamation, soit ici un délai de 3 ans, décompté à partir du 1er janvier de
0154
l’année suivant celle de la proposition de rectification. Ici, le délai spécial expire le 31/12/N+3, puisque la proposition de
rectification est intervenue le 15/10/N.
Choix entre délai général ou délai spécial :
8888
Les deux délais étant applicables, le contribuable peut retenir le plus favorable des deux (au cas présent le 31/12/N+4).
326:
Remarque : Ce point a fait l’objet d’une question au DSCG 2010 (Dossier 4, question 4, SA Nerval). Le corrigé indicatif publié par le « ©
Réseau CRCF - Ministère de l’Éducation nationale » (http://crcf.ac-grenoble.fr) ne mentionne que le délai spécial (sans
mentionner le délai général) et nous semble de ce point de vue incomplet. De plus, il ne mentionne pas le fait que pour
0935
contester les rectifications, le contribuable doit attendre la mise en recouvrement des impositions complémentaires par
l’Administration fiscale.
:211
Sursis de paiement :
Lyon
En principe, la société CRISE doit régler les impositions mises à sa charge (principal et pénalités). Toutefois, elle peut
demander, dans sa réclamation contentieuse, à surseoir au paiement de ces sommes ; pour obtenir ce sursis de
paiement, la société CRISE doit fournir des garanties au Trésor (caution bancaire, hypothèque…) lui assurant qu’il sera
e de
payé si la procédure menée par la société CRISE échoue (aucune garantie ne doit être constituée si le litige porte sur
moins de 4 500 €).
oliqu
NB : lorsque dans sa réponse aux observations du contribuable, l’Administration maintient ses rectifications, le contribuable peut pour
certaines rectifications, saisir la Commission Départementale des Impôts Directs et des Taxes sur le chiffre d’affaires (IR, TVA)
ou la Commission départementale de conciliation (droits d’enregistrement). Ces commissions émettent un avis (elles ne sont que
Cath
des organismes consultatifs) sur le litige. Ce recours est appelé « recours pré-contentieux » car il intervient avant la mise en
recouvrement des impositions (qui nécessite alors un recours contentieux pour être contestée).
ersité
:Univ
x.com
larvo
ÉDITIONS CORROY – 4 rue de Villars – 42000 Saint-Étienne – 04.77.79.92.46 - www.editions-corroy.fr
scho
UE 1 Corrigé 47
COLLECTION DSCG
GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE
4. Poursuite de la procédure suite au rejet de la réclamation : procédure devant le Tribunal Administratif
Si la société CRISE souhaite contester la décision de rejet de sa réclamation prise par l’Administration fiscale, elle doit
saisir le Tribunal Administratif dans les 2 mois de la notification de la décision de rejet.
Si l’Administration ne s’était toujours pas prononcée sur la réclamation dans un délai de 6 mois, la société CRISE aurait
pu considérer cette absence de réponse comme un rejet implicite et saisir directement le Tribunal Administratif du litige
qui l’oppose à l’Administration.
La saisine du Tribunal Administratif consiste en l’envoi par le contribuable d’un « mémoire introductif d’instance » au
Président du tribunal (aucune obligation de représentation par un avocat). Le greffe du tribunal adresse alors ce mémoire
à l’Administration fiscale qui doit adresser au tribunal un « mémoire en réponse », lui-même transmis par le tribunal au
contribuable. Ce dernier peut à nouveau fournir ses observations dans un « mémoire en réponse ». Cette procédure
écrite d’échange de mémoires est terminée lorsque le tribunal estime qu’il est en état de juger. Celui-ci rend alors son
jugement (le contribuable peut s’il le souhaite présenter le jour de l’audience, en personne ou par un avocat, ses
observations orales devant le tribunal).
L’effet suspensif du sursis de paiement prend fin immédiatement après le jugement du Tribunal Administratif. La société
CRISE peut donc attendre ce jugement du Tribunal Administratif et ne pas payer les impôts et pénalités pour le moment.
NB : si le litige avait concerné les droits d’enregistrement, le tribunal compétent aurait été le Tribunal de Grande Instance.
5. Contestation du jugement devant la Cour Administrative d’Appel
L’Administration peut contester le jugement du Tribunal Administratif en faisant appel de ce jugement devant la Cour
Administrative d’Appel (CAA), dans le délai de 2 mois à compter de la notification du jugement par le greffe du tribunal. La
requête doit obligatoirement être présentée par un avocat en exercice dans le ressort de la Cour.
NB1 : si le litige avait concerné les droits d’enregistrement, le jugement du Tribunal de Grande Instance aurait pu être contesté devant
054
la Cour d’Appel.
NB2 : si le Tribunal Administratif avait donné raison à l’Administration fiscale, la société CRISE disposerait du même délai pour faire
8148
appel de ce jugement devant la CAA.
:171
6. Contestation de l’arrêt de la Cour Administrative d’Appel devant le Conseil d’État
7.17
La société pourrait alors porter le litige devant le Conseil d’État (CE), qui rend un arrêt définitif, c’est-à-dire non susceptible
60.7
de recours.
NB : si le litige avait concerné les droits d’enregistrement, l’arrêt de la cour d’appel aurait pu être cassé par la cour de cassation (qui
:91.1
rend alors un arrêt définitif).
0154
7. Procédure de rescrit
8888
Pour éviter ce litige, la société CRISE aurait dû solliciter auprès de l’Administration fiscale un « rescrit fiscal ». En effet,
les entreprises françaises et étrangères qui réalisent des opérations transfrontalières avec des entreprises qui leur sont
326:
liées peuvent demander à l’administration la conclusion d’un accord préalable sur la méthode de détermination des prix
qui s’appliquera lors des futures transactions au sein du groupe. Avec un tel rescrit, l’Administration ne peut procéder à
aucune rectification du résultat sur les prix pratiqués conformément à l’accord.
0935
Plus généralement :
:211
La procédure de rescrit (art. L80B du LPF) constitue une prise de position sur l’appréciation de situations de fait. Seule
une réponse expresse de l’Administration engage cette dernière, et aucun délai ne lui est imparti pour se prononcer (cas
Lyon
du rescrit « prix de transfert »).
Pour des régimes particuliers, le rescrit est plus engageant pour l’Administration car une absence de réponse dans un
e de
délai déterminé vaut approbation implicite : c’est « l’accord tacite ».
Exemples : - éligibilité de dépenses au crédit d’impôt recherche : accord tacite si pas de réponse dans un délai de 3 mois à compter
oliqu
de la demande du contribuable
- régime des jeunes entreprises innovantes : accord tacite si pas de réponse dans un délai de 3 mois à compter de la
demande du contribuable.
Cath
ersité
:Univ
x.com
larvo
ÉDITIONS CORROY – 4 rue de Villars – 42000 SAINT-ÉTIENNE – 04.77.79.92.46 – www.editions-corroy.fr
scho
48 Corrigé UE 1
COLLECTION DSCG
GESTION JURIDIQUE, FISCALE ET SOCIALE
DEUXIÈME DOSSIER
1. Partie ayant soumis le litige devant l’instance
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : puisque « la société Vitalia Santé MCO venant
aux droits et obligations … de Gentilly, demande par les requêtes … la décharge des cotisations …" (cf. 1er
paragraphe), c’est le contribuable qui a porté ce litige devant le tribunal administratif de Paris pour demander la
décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés émises par l’Administration.
• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : puisque « la société Ferrari et Cie se pourvoit en cassation… » (cf. 2ème
paragraphe), c’est le contribuable qui a porté ce litige devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de l’arrêt
de la cour administrative d’appel de Paris.
Précision : Si dans ces deux affaires, c’est le contribuable qui a soumis le litige devant le juge, il arrive aussi que ce
soit l’Administration fiscale qui porte un litige devant le juge (pour contester une décision d’un tribunal
administratif ou d’une cour administrative d’appel).
2. Motif de rectification ou litige
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : l’Administration a rejeté l’application du régime
des sociétés mère-fille à des acomptes sur dividendes, considérés comme fictifs.
•
054
Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : le litige opposant la société Ferrari et Cie et l’Administration fiscale
concerne une question d’acte normal ou anormal de gestion : la société Ferrari et Cie a consenti des avances à sa
8148
filiale, puis a déduit des provisions pour faire face au caractère irrécouvrable de ces avances. L’administration fiscale
a estimé que le fait de consentir ces avances ne procédait pas d’une gestion commerciale normale, et a rejeté en
conséquence la déduction des provisions relatives à ces avances.
:171
7.17
3. Issue du litige
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : le Tribunal donne raison au contribuable, en
60.7
jugeant que même si des dividendes sont irréguliers, la société mère les a obtenus à raison de sa qualité d’associé,
et qu’ils ouvrent donc droit au régime des sociétés mère-fille.
:91.1
• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : le Conseil d’État donne raison à l’Administration : les faits ont été
0154
correctement qualifiés par la cour administrative d’appel, qui a retenu la qualification d’acte anormal de gestion retenue
par l’Administration fiscale pour les avances consenties par la société Ferrari et Cie à sa filiale. Les provisions n’étaient
donc pas déductibles.
8888
326:
4. Possibilité de recours
• Jugement du Tribunal Administratif de Paris 31 octobre 2014 : si l’Administration fiscale le souhaite, elle peut
0935
contester cette décision devant la Cour Administrative d’Appel (c’est la CAA de Paris qui est compétente pour
contester les jugements du TA de Paris).
:211
• Arrêt du Conseil d’État du 23 janvier 2015 : l’arrêt du Conseil d’État est définitif : le contribuable doit se plier à sa
Lyon
décision : il n’obtient pas la décharge des impositions supplémentaires mises à sa charge.
e de
oliqu
Cath
ersité
:Univ
x.com
larvo
ÉDITIONS CORROY – 4 rue de Villars – 42000 Saint-Étienne – 04.77.79.92.46 - www.editions-corroy.fr
scho