Bien communiquer à l'oral
La communication est l'un des piliers des relations humaines, qu'elles soient professionnelles
ou personnelles. Il existe maintes façons de communiquer à l'oral : échanger verbalement, parler
avec les signes, rire, échanger des regards, mimer, crier, chuchoter, etc.
En effet, communiquer oralement ne se résume pas à prononcer des mots, cela va bien plus
loin : ton, posture, regards, etc. sont autant de composantes à prendre en considération afin de
communiquer efficacement. C'est majoritairement au travers de cette communication appelée "
non verbale " que tout message oral est avant tout transmis - et donc réceptionné par vos
interlocuteurs.
Même si certains ont des facilités, communiquer efficacement à l'oral n'est pas inné...
C'est un art qui se travaille ! Voici quelques pistes à explorer afin de parfaire votre posture
d'orateur hors pair.
Pourquoi bien communiquer ?
Que l'on soit face à une seule personne, un petit groupe ou bien tout un auditoire, ou bien encore
sur le point de passer un coup de téléphone important, on peut parfois perdre ses moyens et ne
plus savoir comment dire ce que l'on a à dire ou bien se trouver tellement mal à l'aise que notre
message sera bloqué avant même d'avoir été prononcé.
L'expression orale est une compétence qu'il est essentiel de maîtriser, notamment lorsque l'on
est amené à encadrer des collaborateurs.
En effet, la communication interpersonnelle est utile à bien des égards :
faire passer ses messages efficacement auprès de ses collègues/collaborateurs ou lors
d'une prise de parole en public, se faire entendre et comprendre : lors de l’annonce
d'un changement, par exemple. Ou bien encore dans le cadre de la gestion d'un projet
pour s'assurer que tout le monde avance efficacement, etc.
Désamorcer tensions et conflits : en communiquant avec tact et intelligence
émotionnelle.
Convaincre un auditoire : présentation d'un nouveau produit, d'une nouvelle stratégie,
etc.
Obtenir des financements pour un projet de création d'entreprise : convaincre
investisseurs, banquiers, partenaires financiers/techniques, etc.
Obtenir un nouveau poste, une augmentation de salaire, une promotion, etc.
Remporter une vente : avec une communication non verbale, une excellente écoute et
un message qui saura toucher votre client et déclencher l'acte de commande/achat.
Comment communiquer ?
Plusieurs éléments sont à prendre en compte et doivent être parfaitement maîtrisés pour espérer
communiquer efficacement.
Parfaire sa communication verbale
Si notre communication dite verbale - utilisation du verbe - est estimée représenter environ 7%
de notre communication avec autrui, il n'en demeure pas moins qu'elle mérite d'être travaillée
également. Diction, articulation, vocabulaire utilisé... sont autant d'éléments à choisir avec
attention et en toute intelligence pour transmettre efficacement votre message.
Parler chiffres et ratios financiers avec un interlocuteur purement technique rendrait votre
message totalement stérile. De la même manière, parler en langage hautement technique et
spécifique face à un financier aurait la même conséquence : perdre son attention.
Communiquer non verbalement : le corps au service des mots
Le langage corporel a une grande importance et une forte influence dans notre façon de
communiquer avec les autres. Vos gestes, votre posture, le timbre de votre voix, votre façon
d'articuler votre message, etc. tous ces éléments non verbaux transmettent à eux seuls 93% de
votre message. C'est dire s'il est important de vous y intéresser d'un peu plus près et de les
travailler !
Maîtriser votre communication non verbale tout autant que votre communication verbale vous
permettra d’activer les différentes zones du cerveau de votre interlocuteur et ainsi
maximiser son écoute en jouant, notamment, sur ses émotions, ses ressentis, etc. bref... en
captant son attention de manière optimale.
Prendre la parole en public avec aisance
Etre à l'aise devant un groupe - plus ou moins large - de personnes n'est pas une chose facile.
Tout cadre ou manager y est toutefois confronté dans sa mission. Vaincre ses peurs, faire preuve
d'une certaine aisance relationnelle, structurer son message efficacement, s'exprimer avec
assurance et naturel, utiliser le langage non verbal pour appuyer son discours, etc. autant de
compétences intrinsèquement liées à l'expression orale.
Maîtriser l'art oratoire vous permettra d'affirmer votre leadership au sein de votre équipe,
développer un certain charisme et devenir un leader inspirant.
Ecouter activement
Ecouter pleinement pour mieux comprendre, sans juger, sans penser tout d'abord à la réponse
que l'on va apporter... L'exercice est bien plus ardu qu'il n'y paraît. Peu de personnes savent
réellement écouter. Pourtant, c'est une qualité essentielle, qui plus est lorsque l'on est amené à
encadrer des collaborateurs.
Ecouter activement induit une totale disponibilité à l'autre et une attention sur ce qu'il/elle
dit, non seulement avec ses mots, mais surtout à travers ce que ces gestes, sa posture, son
langage corporel exprime.
Poser les bonnes questions
Questionner pertinemment et au moment opportun permet d' obtenir de précieuses
informations comme, par exemple, le sens profond d'un besoin exprimé par votre/vos
interlocuteurs ou bien d'amorcer un dialogue constructif, lever un éventuel malentendu,
répondre à une objection ou bien encore réaliser qu'une reformulation est nécessaire.
Différents types de questions : fermées, ouvertes, partielles, relais, miroirs à utiliser selon
l'objectif souhaité.
Gérer son stress
Le stress dégage une énergie hautement négative qui influe sur nos comportements, notamment
lors de nos échanges avec les autres. Par ailleurs, lorsque l'on doit intervenir devant un public,
que ce soit quelques collègues ou un auditoire beaucoup plus large, il est courant d'avoir le trac.
Pour communiquer efficacement, il est essentiel de savoir transformer cette énergie négative
en stress positif et d'en faire un moteur plutôt qu'un frein.
Plusieurs techniques de gestion du stress existent (respiration, méditation, sport, etc.). Il est
avant tout nécessaire d'apprendre à connaître son fonctionnement afin de repérer les vecteurs
de stress ainsi que les premiers signes de sur pression afin d'agir au plus vite pour retrouver le
calme intérieur, essentiel à une bonne communication avec autrui.
Se préparer
Préparer votre intervention en amont est le gage d'un message clairement transmis et
entendu.
Vous entraînez, répéter, encore et encore, jusqu'à atteindre vos objectifs en matière de
communication orale : meilleure aisance interpersonnelle, maîtrise de l'art oratoire, savoir
négocier efficacement, convaincre rapidement, etc.
Quelques conseils pour bien communiquer à l'oral
Comme toujours, ici encore, lorsque l'on est en passe de communiquer une information majeure
ou bien transmettre un message crucial, il est important de préparer son intervention afin d'en
optimiser l'efficacité.
Aussi, avant une communication orale :
préparez votre message : il s'agit de répondre aux questions "Quel est mon objectif
final ?", "Qu'est-ce que j'attends de cette intervention ?", "Qui est mon public ?". Cela
vous permettra de structurer votre discours et de l'adapter à vos interlocuteurs.
Préparez-vous en tant qu'émetteur : répétez votre intervention, prenez de l'assurance
et créez un climat propice à l'échange.
Captez l'attention de votre auditoire : contact visuel, trait d'humour, accroche
percutante, etc. les premières secondes d'un échange interpersonnel sont cruciales.
Préparez le récepteur : assurez-vous que votre interlocuteur est prêt à recevoir le
message.
Emettez votre message : allez à l'essentiel, gardez en tête l'objectif et parlez
suffisamment clairement et suffisamment fort pour être entendu.
Recevez le feedback : échangez avec votre/vos interlocuteurs en pratiquant l'écoute
active.
Mettez fin à la communication : concluez par quelque chose de concret (planification
d'une nouvelle rencontre, mise en place d'une solution...).
Quelques techniques de communication orale
Mieux communiquer passe par la pratique et la maîtrise de certaines techniques, plus ou moins
subtiles. Toutes ont un intérêt particulier et méritent leur place dans la palette d'outils du
manager, notamment.
Le pitch : quelques minutes pour convaincre
Savoir présenter une idée, un projet, un nouveau produit/service en seulement quelques minutes
n'est pas si aisé qu'il n'y parait. Il faut savoir être concis tout en étant clair et précis et surtout
être capable de capter l'attention de ses interlocuteurs dès les premières secondes afin de
suffisamment piquer leur curiosité pour qu'ils adhèrent au discours et le retiennent...
Il s'agit donc d'un exercice délicat auquel il est indispensable de se préparer avant d'en maîtriser
tous les aspects et en tirer pleinement tous les bénéfices.
Storytelling : l'art de faire passer un message en racontant une histoire
Et si, pour mieux faire passer votre message, vous racontiez une histoire, une anecdote ?
Attention : il ne s'agit pas de raconter des balivernes, mais bien de livrer votre message de façon
plus vivante. Cela permet de faire appel à différentes zones du cerveau de votre interlocuteur
en utilisant, notamment la palette des émotions.
Du rythme, de l'action, de l'émotion, une présentation fluide et naturelle... En jouant la carte
de l'intelligence multiple, vous décuplez vos chances d'être entendus !
Présenter un dossier efficacement
Finies les présentations soporifiques ! Adoptez une mode de présentation dynamique,
original et réellement efficace : étudiez votre auditoire (qui sont-ils, que connaissent-ils du
sujet, etc.), définissez clairement votre objectif (qu'attendez-vous concrètement de cette
intervention ?), structurez votre discours en suivant un fil conducteur judicieusement défini,
animez avec style, choisissez un support adapté pour illustrer vos propos, etc.
Convaincre rapidement
Que ce soit pour remporter une vente, faire adhérer votre équipe à un nouveau projet, faire
accepter un changement prochain, etc. vous devez posséder un certain pouvoir de conviction.
Si vous n'êtes pas à l'aise avec cet exercice, il existe néanmoins quelques techniques simples
sur lesquelles vous pourrez vous appuyer. Il est notamment essentiel de structurer
judicieusement votre discours afin de faire mouche.
Négocier efficacement
Une négociation, quelle qu'elle soit, se prépare : qui sont les personnes en face (identité,
poste, points forts, points faibles, etc.) ? Quel est votre objectif ? Quels sont les arguments que
vous pensez avancer, la stratégie que vous allez choisir (approche "agressive" ou bien plutôt
"coopérative") ?
Par ailleurs, comme dans toute communication orale, la connaissance du langage non verbal
ainsi que l'éloquence sont de véritables atouts.
Maitriser son trac
Qui n'a jamais senti le sol se dérober sous ses pieds en montant les quelques marches qui le/la
menaient sur une scène face à un public de plusieurs dizaines de personnes ou bien simplement
avant d'entrer dans une salle de réunion remplie de collègues pour y présenter un nouveau
projet, annoncer un changement, etc ?
La gorge nouée, les mains moites, les jambes flageolantes, etc. sont autant d’éléments
caractéristiques avant un événement que l'on appréhende et que l'on désigne couramment
par le mot générique "trac".
Qu'est-ce que le trac ?
A la fois ennemi redouté et meilleur allié des comédiens et autres orateurs, le trac est
l’expression d’une appréhension, d’une peur de décevoir. Cela dénote donc un certain
respect des personnes à qui l’on doit s’adresser. En d’autres termes : appréhender une apparition
en public est plutôt bon signe !
L’expression « avoir le trac » est apparue il y a un peu plus d’un siècle et demi. L’origine
étymologique du nom viendrait du vocabulaire lié au théâtre, de la contraction du mot « tracas »
– angoisses – et selon certains, du bruit que ferait le claquement des dents de celui qui a peur…
Les symptômes du trac
Les manifestations physiques du trac sont légion :
jambes chancelantes,
mains moites,
gorge sèche,
estomac noué,
transpiration excessive,
emballement du rythme cardiaque,
rougissement du visage,
trous de mémoire,
etc.
La liste n’est pas exhaustive ! Toutefois, si certains de ces phénomènes sont perceptibles, la
plupart passent bien souvent totalement inaperçus pour l’auditoire.
Comment vaincre son trac ?
Accepter son image
Tout d'abord, il vous faut être à l'aise avec votre image et réaliser que ces phénomènes
physiques liés à l'angoisse ne sautent pas aux yeux de l’assistance. Vous focaliser dessus ne
fait qu’empirer les choses. Ce qui va finalement rendre votre auditoire aussi mal à l’aise que
vous-même. Il est donc très important de vous accepter comme vous êtes. Chacun a ses petits
(parfois grands..) défauts. Ce qui ne fait pas de nous des monstres. Après tout, c’est bien connu:
nul n’est parfait !
Pour vous familiariser avec votre image, deux solutions :
la vidéo : se filmer - et se voir en vidéo - est parfois un exercice-choc pour les plus mal
à l’aise. C'est toutefois la solution la plus efficace, car elle permet de se voir en différé,
permettant ainsi un certain recul que le miroir ne peut donner.
le miroir : il a l’avantage d’être à la portée de tous (toutes les salles de bain en sont
équipées…) et ultra simple à utiliser.
Entraînez-vous à discourir devant l’un ou l’autre. Soyez bienveillant avec vous-même. Petit à
petit, vous vous sentirez plus confortable avec votre image.
S’entraîner
La deuxième étape consiste à minimiser les effets du trac. Outre le fait de vous accepter tel
que vous êtes, il est ainsi primordial de préparer soigneusement votre intervention. Cela
passe notamment par la rédaction d’un discours en cohérence avec vous-même. A moins
d’entrer dans la peau d’un personnage bien particulier - ce qui demande quelques aptitudes
théâtrales, vous serez bien plus à l’aise en utilisant des mots, des gestes et des attitudes qui vous
sont familières.
Plus vous aurez confiance en vous et en votre discours, moins vous serez paralysé par le trac.
Par la suite, vous entraîner devant des proches peut être un bon exercice… Imprégnez-vous de
votre image et familiarisez-vous avec ce que le miroir ou la vidéo vous renvoie. L’exercice peut
paraître périlleux, mais il en vaut la chandelle. Bien des introvertis finissent par sortir de leur
coquille et véritablement se métamorphoser après quelques visionnages d’eux-mêmes… parfois
même prendre un goût certain pour l'exercice en public !
La vidéo présente l’avantage de mettre en exergue quelques tics de langage (les « euh »,
« donc », « voilà » et autres ponctuations qui parasitent une allocution publique et qu'il est
important de corriger). Il est essentiel de prendre conscience de ces tics pour les éliminer. Le
plus efficace – une fois que l’on est conscient de ses manies orales – étant de les remplacer par
des silences. Oui ! C’est aussi « simple » que cela ! Et ça marche ! Ces silences seront autant
de secondes d’attention de la part de votre public, suspendu à vos lèvres…
Gérer son trac avant une intervention orale
Préparation en amont J-1
Préparer son discours passe également par la visualisation. Une étape importante pour être à
l'aise le jour venu.
La veille de votre intervention, juste avant de vous endormir, visualisez-vous face à votre
auditoire. Représentez-vous la salle (si vous la connaissez), votre public, votre gestuelle, les
mots que vous allez employer… Ce formidable outil qu’est le cerveau fera le reste sans même
que vous ne vous en rendiez compte !
Conditionnement le jour J
Prenez votre temps ! Levez-vous plus tôt que d’habitude pour éviter le stress du retard
potentiel. Préparez-vous, organisez votre journée de façon à être le plus détendu possible.
H-15min
Accueillez votre auditoire. Cela peut paraître anodin, mais cela permet de vous familiariser avec
les visages si vous ne les connaissez pas et de "sentir" celles et ceux sur qui vous pourrez vous
appuyer pendant votre intervention (avec qui le courant semble passer, par exemple).
Respirez ! Quelques exercices de respiration abdominale suffisent. Inutile de trop oxygéner
votre cerveau et de faire une syncope !
Intervention imminente
Moment intense. Une dernière respiration complète et vous voilà sous les projecteurs - ou tout
du moins avec les yeux de vos interlocuteurs braqués sur vous !
Astuces pour réussir son intervention orale
Il n'existe pas de recette miracle et instantanée. Comme bien souvent, anticipation,
préparation et entraînement sont vos meilleurs alliés. Voici toutefois quelques astuces pour
une intervention orale réussie :
parlez fort : Il n’y a rien de plus rageant que de devoir prêter l’oreille et cela peut
induire bien des mauvaises compréhensions, malentendus et j’en passe ! La voix se porte
là où se pose le regard. Regardez régulièrement le fond de l'assistance afin d'adapter
l'intensité de votre voix.
parlez lentement (sans exagération) et distinctement : vous n’avez - en principe - pas
de train à prendre et votre public appréciera de ne pas avoir à courir derrière vos mots.
Le stress induit une parole rapide. Respirez et prenez votre temps. Votre angoisse
diminuera.
mettez de la musique dans votre discours : ponctuez vos phrases de contrastes dans
votre voix pour mieux captiver votre public. Si possible, utilisez la technique du
storytelling pour mieux capter l'attention de vos interlocuteurs, les impliquer et ainsi
mieux les convaincre.
déroulez votre discours selon un fil conducteur défini : votre intervention doit être
cohérente. Prenez le temps de structurer convenablement votre discours. Appuyez-vous
si besoin sur un petit carton sur lequel vous aurez pris soin de noter les points essentiels
de votre intervention (2 ou 3 mots par idée, écrits très lisiblement ; plus sera
indéchiffrable une fois sur scène). Utilisez un papier cartonné plutôt qu'une simple
feuille : si vous tremblez, cela se verra moins.
ne perdez pas l’équilibre : adoptez la posture « bien campé sur ses jambes ». Cela
renverra à l’assistance un signal signifiant que vous maîtrisez la situation. Vous serez
crédible. Évitez de vous appuyer sur le pupitre ou vous cramponner au pied du micro :
cela enverra une image de manque d'assurance.
échangez avec votre public par le regard : rien de plus agaçant qu’un orateur qui
regarde le plafond, son anti-sèche, pire : ses pieds ! N’oubliez pas que la voix se porte
là où le regard se pose… Il faut donc accrocher le regard de plusieurs personnes dans
l’assistance, dont une dans le fond de la salle. Cela vous aidera et à vous sentir en
confiance, et à parler suffisamment fort et distinctement.
remerciez : une fois votre allocution terminée, remerciez toujours l’assistance pour son
attention. Ce sont ces petits détails qui font la différence !
Avec le temps, parler en public deviendra un plaisir, même si le trac sera (normalement)
toujours au rendez-vous. Vous aurez simplement appris à le maîtriser !
Bonne chance !