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Édouard Véronique Marie-Anne Élise

DE BÉLIZAL FOURAULT-CAUËT GERMAINE TEMPLE-BOYER

GÉOGRAPHIE DE
L’ENVIRONNEMENT

cours

études de cas

entraînements

méthodes commentées

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Illustration de couverture : Parc américain de Yellowstone.
Photo © Marie-Anne Germaine
Graphisme : Yves Tremblay
Cartographie : Légendes cartographie

© Armand Colin, 2017


Armand Colin est une marque de Dunod Éditeur,
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN : 978-2-200-61630-4

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Table des matières

Penser en géographe 9

Portail Géographie : mode d’emploi 12

Introduction à la géographie de l’environnement 15

Les questions à se poser 15

Objectifs de connaissance 22

Lectures conseillées 23

Notions à maîtriser 24

Chapitre 1 L’environnement et ses ressources 27

I. Les ressources naturelles 28


1. Des provenances diverses 28
2. Des rythmes de renouvellement contrastés 32
II. L’exploitation des ressources 34
1. Les enjeux de l’exploitation 34
2. La dégradation des ressources renouvelables 35
3. L’épuisement des réserves de ressources non renouvelables 40
4. Des ressources qui suscitent des conflits 44
III. Concilier développement et gestion des ressources 45
1. L’inégale répartition des ressources 45
2. Vers un développement plus économe et respectueux ? 48
Conclusion 51

■ À retenir 52
■ Entraînement 53
Étude de cas L’Allemagne, un modèle de transition énergétique ? 54

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Chapitre 2 Les sociétés face aux risques 61

I. Les aléas, à la source du danger 62


1. Les aléas « naturels » 62
2. Les aléas anthropiques 63
3. Penser au-delà de la distinction physique/anthropique 64
II. La vulnérabilité comme facteur essentiel de risque 66
1. Éléments de définition d’une notion complexe 67
2. Les facteurs de vulnérabilité 69
3. Vulnérabilité et résilience 70
III. Gérer les risques et les crises : outils et acteurs 73
1. La catastrophe n’est pas inéluctable 74
2. Les actions et les outils 74
3. Les acteurs de la gestion 77
Conclusion 79

■ À retenir 80
■ Entraînement 81
Étude de cas Les inondations en France méditerranéenne en 2015 82

Chapitre 3 Le paysage des géographes 87

I. Le paysage des géographes 88


1. Des approches naturalistes
aux approches environnementalistes 88
2. Le paysage, une image 91
3. Les représentations du paysage :
la géographie sociale et culturelle 93
II. Le paysage, un hybride de nature et de culture 95
1. Le paysage comme construction :
les trajectoires des paysages 96
2. Une notion indissociable de la dimension esthétique
et d’une échelle de valeur 97
III. Le paysage comme ressource 99
1. La mise en valeur des paysages 99
2. La dégradation des paysages : banalisation et uniformisation 101
IV. Les politiques publiques en faveur des paysages 103
1. La protection des « beaux » paysages 103
2. La reconnaissance des paysages « ordinaires » 104
Conclusion 107

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■ À retenir 108
■ Entraînement 109
Étude de cas La fermeture des paysages : entre évolutions
des pratiques agricoles et perceptions de l’environnement 110

Chapitre 4 Protéger l’environnement, enjeux géographiques 115

I. Que signifie protéger l’environnement ? 116


1. Préservation versus conservation 116
2. Temps, lieux et paradigmes successifs : la protection
de la nature comme construction collective complexe 117
3. Diversité des démarches entreprises au cœur des espaces
protégés : exclure, restaurer, patrimonialiser 118
4. Peut-on encore parler de protection de la « nature » ? 119
II. La protection de l’environnement :
objectifs, territoires et acteurs 119
1. Les objectifs 119
2. Des zones protégées aux réseaux de protection,
des hauts lieux à l’environnement ordinaire 123
3. Les acteurs 124
III. La protection spatialisée de l’environnement,
objet de conflits 125
1. La délimitation difficile des périmètres de protection 125
2. Les conflits entre mise en valeur et protection 127
3. Concertation, participation : vers une nouvelle gouvernance
de l’environnement à l’échelle locale ? 128
IV. La biodiversité : l’apparition d’un indicateur
pour la protection des milieux sur le devant
de la scène mondiale 129
1. Définir la biodiversité 129
2. La biodiversité en questions 131
Conclusion 133

■ À retenir 134
■ Entraînement 135
Étude de cas Les enjeux d’aménagement et de gestion
du Parc national des Calanques 136

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Chapitre 5 Un défi environnemental planétaire :
le changement climatique 143

I. De la variabilité climatique passée


au changement climatique contemporain 144
1. Une machine climatique complexe 144
2. Des approches pluri-disciplinaires pour mesurer
les variabilités climatiques 146
3. Les causes des variations climatiques 148
II. Du changement climatique aux changements globaux 152
1. La petite histoire de l’anthropisation
dans la grande histoire climatique 152
2. Le réchauffement contemporain 154
3. Des conséquences déjà manifestes
sur les milieux et les sociétés 156
III. Le climat de demain 160
1. Les scénarios du futur : modèles et prospectives 160
2. Le changement global, entre certitude et incertitude 161
Conclusion 163

■ À retenir 164
■ Entraînement 165
Étude de cas L’Arctique face au changement climatique :
crise environnementale ou aubaine locale ? 166

Chapitre 6 Répondre aux changements environnementaux :


débats et enjeux 173

I. La prise de conscience de l’existence de menaces


globales et l’émergence d’un débat scientifique 174
1. Du monde fini à la crise globale 174
2. L’environnement global en débats : la notion d’Anthropocène 175
II. Vers une gouvernance mondiale de l’environnement ? 179
1. La scène onusienne du traitement des questions
environnementales 179
2. Un problème transnational :
l’asymétrie géopolitique Nord/Sud 183
3. L’émergence de nouveaux acteurs 185
4. Formes et limites d’une gouvernance internationale 186
III. Du global au local : territorialiser les politiques
environnementales 187
1. Des politiques « top-down » 187

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2. Territorialiser les politiques environnementales en redonnant
du pouvoir au local 188
3. Où est le local ? 189
Conclusion 191

■ À retenir 192
■ Entraînement 193
Étude de cas La réduction des émissions de CO2, un enjeu global 194

Chapitre 7 Le développement durable :


des discours à l’opérationnel 199

I. Le développement durable, une approche novatrice ? 200


1. Une double solidarité 200
2. Une notion systémique pour penser la complexité du monde 200
3. Vers une nouvelle gouvernance? 202
II. Le développement durable,
entre projet global et actions locales 202
1. La construction globale d’un horizon commun 202
2. Une injonction à « penser global mais agir local » 203
3. Le développement durable, au cœur de l’aménagement
opérationnel local ? 203
III. La durabilité en questions 205
1. Sous un vocable commun, des objectifs, des méthodes
et des mesures divergents 205
2. Le développement durable comme paravent ? 206
3. Les dysfonctionnements fréquents du jeu d’acteurs 208
4. Une absence de réponse géographique
aux enjeux du développement durable 208
Conclusion 213

■ À retenir 214
■ Entraînement 215
Étude de cas Les écoquartiers, l’exemple de Dunkerque 216

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MÉTHODES
La dissertation 223
Qu’est-ce qu’une dissertation ? 223
Objectifs et enjeux de la dissertation 223
Les étapes de la dissertation 224
L’organisation formelle de la dissertation 226
Application Les risques liés aux aléas naturels sur les littoraux français
(DROM-COM inclus) 228

Le commentaire de carte topographique 235


Qu’est-ce qu’une carte topographique ? 235
Lire une carte topographique 235
Les étapes du commentaire de carte topographique 236
Application Extrait de la carte IGN 3532 ET Les Arcs-La Plagne 238

Le croquis de synthèse 244


Qu’est-ce qu’un croquis de synthèse ? 244
Règles de base du croquis en géographie 244
Grands principes de sémiologie graphique 244
Les étapes de réalisation d’un croquis 245
Application Croquis d’interprétation de la carte IGN 3532 ET
Les Arcs-La Plagne 247

Le commentaire de paysage 250


Qu’est-ce qu’un commentaire de paysage ? 250
Les étapes du commentaire de paysage 250
Application Un paysage agricole d’Asie du Sud-Est 253

Le schéma fléché 257


Qu’est-ce qu’un schéma fléché ? 257
Les étapes de réalisation du schéma fléché 259
Application Le Sahel face à la sécheresse et à la désertification 261

Le commentaire de statistiques 267


Qu’est-ce qu’un commentaire de statistiques ? 267
Les étapes du commentaire de statistiques 267
Application Les usages de l’eau en Poitou-Charentes 270

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Penser
en géographe

La collection Portail s’adresse à tous ceux et celles qui souhaitent se


familiariser avec la géographie. Elle ne propose pas une vision exhaustive
de la discipline mais des clés pour l’acquisition d’un questionnement,
d’un vocabulaire, de connaissances et de méthodes spécifiques.

Penser en géographe
Le premier objectif de la collection est de permettre au lecteur de se saisir
de la démarche géographique.

3 paradigmes disciplinaires
De façon très schématique, et donc forcément très caricaturale, on peut
distinguer trois moments de la discipline :
■ Un premier temps où la géographie se définit comme une étude des
relations homme/milieu. Cette géographie dite « classique » ou vida-
lienne se marque notamment par la séparation entre géographies
physique et humaine. Elle privilégie une démarche descriptive et
« idiographique », c’est-à‑dire fondée sur l’étude du particulier, sans
pour autant renoncer au général.
■ Un deuxième temps où une partie de la géographie se renouvelle
autour du « tournant spatial ». La géographie abandonne ses fonde-
ments naturalistes pour devenir une science sociale à part entière. Son
objet devient l’espace géographique, c’est-à‑dire l’espace en tant qu’il

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Géographie de l’environnement

est organisé par les sociétés. La démarche est hypothético-déductive


et nomothétique (recherche de lois générales).
■ Un dernier temps est celui du territoire, c’est-à‑dire l’espace en tant
qu’il est approprié par les sociétés, les groupes, les individus. Cette
appropriation pouvant être politique et/ou subjective. Avec le terri-
toire, la géographie devient politique et humaniste (elle prend en
compte le vécu, le perçu, les pratiques, l’identité, les individus).
Loin d’être étanches, ces trois « paradigmes » disciplinaires se
chevauchent, se complètent et empruntent l’un à l’autre. Ils partagent
en réalité un questionnement commun. La géographie étudie in fine la
spatialité, la dimension spatiale des sociétés et des faits sociaux.

Le questionnement de base en géographie


De façon là encore très schématique, on peut résumer en quatre grandes
questions le questionnement géographique.
1. Quoi ? Identifier l’objet en observant des cas concrets.
2. Où ? Localiser l’objet en le repérant dans le temps et l’espace.
3. Pourquoi ici et pas ailleurs ? Saisir la singularité de l’objet à partir de
la différenciation spatiale, comparer.
4. Pourquoi et comment ? Expliquer.

Les réflexes du géographe


Ce questionnement de base s’accompagne d’un certain nombre de
réflexes.
1. Combiner les échelles d’observation et d’analyse : c’est l’approche
multi-scalaire, qui implique de mobiliser plusieurs échelles spatiales
(locale, régionale, nationale, continentale, mondiale) et temporelles
(temps long, temps court, etc.).
2. Observer l’interaction entre les échelles : c’est l’approche trans-
scalaire, rendue indispensable par la globalisation de certains
processus (par exemple, comprendre comment le local est dans le
global et réciproquement).
3. Opérer un va-et-vient constant entre le général et le particulier. Tout
raisonnement géographique doit s’appuyer sur des exemples concrets

10

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Penser en géographe

spatialisés. Inversement, chaque cas particulier, aussi singulier soit-il,


doit être mis en regard d’autres cas et être analysé à partir de concepts
et de notions qui permettent une montée en généralité.
4. Apporter une attention particulière aux « acteurs », c’est-à‑dire aux
personnes, aux groupes, aux institutions qui agissent sur, et grâce, à
l’espace géographique.
Le changement d’échelle et le lien général particulier permettent de
nuancer les explications.

Comment utiliser chaque volume ?


Chaque volume de la collection peut se lire indépendamment et en regard
des autres. De même, au sein de chaque volume, les parties et chapitres
peuvent être utilisés séparément, tout en se répondant.
■ L’INTRODUCTION pose les notions fondamentales et les question-
nements de base. Le vocabulaire et les problématiques peuvent être
mis en regard des programmes du secondaire.
■ Les chapitres de COURS apportent les connaissances de base sur les
thématiques propres au domaine. Le cours insiste sur les définitions des
termes, les problématiques et les exemples localisés. Il se conclut par une
page d’entraînement pour vérifier la bonne acquisition des connais-
sances et par une étude de cas qui mobilise l’analyse de documents
géographiques. La bibliographie permet à chacun d’aller plus loin.
■ La partie MÉTHODES reprend les éléments du cours à travers des
exercices-types. Elle permet d’appliquer le cours à des cas concrets.
Elle fournit également des méthodologies pour chaque exercice. Les
méthodes sont identiques pour tous les volumes, leurs applications
commentées étant ensuite adaptées aux objets et exigences de chaque
branche disciplinaire.
■ Les corrigés des exercices d’entraînement et des ressources complé-
mentaires sont disponibles en ligne sur le site :
http://armand-colin.com/ean/9782200616304
Magali REGHEZZA-ZITT
Directrice de collection

11

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Portail Géographie :
INTRODUCTION

Présentation des grandes Objectifs de connaissances Définitions de toutes


problématiques du sujet à acquérir pour chaque chapitre les notions à maîtriser

Géographie de l’environnement Géographie de l’environnement

Introduction Objectifs de connaissances Notions à maîtriser


Aménité : ensemble des attributs (environnementaux, paysagers, infrastruc

à la géographie
Chapitre 1 o Définir et localiser les ressources naturelles renouvelables
turels, etc.) qui rendent un lieu agréable. Les aménités jouent une place
et non renouvelables.
croissante dans les décisions d’implantation des acteurs sur un espace donné.
o Identifier les enjeux soulevés par les modes d’exploitation
des ressources. Anthropisation : action de transformation des milieux physiques par les acti

de l’environnement Chapitre 2
o Comprendre le lien entre développement et gestion des ressources.

o Définir et bien individualiser aléas, enjeux, vulnérabilité, risques,


vités des sociétés.
Conflit d’usage : divergence de représentations et d’usages entre acteurs d’un
catastrophes et crises. même territoire pouvant provoquer des tensions.
o Comprendre le rôle essentiel de la vulnérabilité et identifier ses formes
Développement : amélioration des conditions de vie d’une société (éducation,
et ses origines.
o Identifier les temporalités, les acteurs et les outils employés
moyens économiques et financiers, santé, sécurité, services de base).
pour réduire les risques et gérer les crises. Durabilité : perspective de développement qui peut répondre aux besoins du
présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les
Chapitre 3 o Comprendre que le paysage est une notion culturelle. leurs. Elle invite à penser à parts égales les dimensions environnementale,
o Montrer la variabilité des formes d’un même paysage
économique et sociale du développement.
à partir de la notion de trajectoire.
Les questions à se poser o Expliquer en quoi le paysage est une ressource. Écosystème : terme développé par Tansley en 1935 qui définit le système
qui combine en une seule unité à la fois les organismes vivants (biocénose)
n Comment appréhender les relations entre l’homme et l’environnement entre risques Chapitre 4 o Définir les modes de protection de l’environnement. et leur environnement physique non vivant (abiotique comme l’eau ou le
et ressources ? o Montrer en quoi la protection de l’environnement est variable relief), que l’on appelle le biotope. Parler d’écosystème signifie que l’on
dans le temps et dans l’espace. insiste sur les interactions entre les composantes de cet ensemble.
n Quels dispositifs sont mis en place pour protéger l’environnement ?
o Expliquer en quoi la protection produit des conflits.
n Comment sont décidées les politiques environnementales globales ? Comment o Définir la biodiversité. Géosystème : le géosystème modélise les interactions sociétés-milieux à
articuler leur application, du global au local ? différentes échelles en s’intéressant à leurs aspects physiques et culturels
Chapitre 5 o Expliquer les causes de changements climatiques sur Terre (associé à la notion de paysage, notamment).
n En quoi l’environnement soulève-t-il des questions d’ordre géopolitique ? et en montrer les différentes échelles spatiales et temporelles.
o Définir adaptation et atténuation en montrant les stratégies
Gouvernance : ensemble des processus et des institutions qui participent de la
n Quels sont les mécanismes des changements environnementaux en cours à diffé-
développées par les sociétés. gestion politique d’une société, sans être restreints aux canaux décisionnels
rentes échelles ?
classiques (tel le gouvernement) : y sont donc associés la société civile, les
Chapitre 6 o Comprendre la prise de conscience de la crise globale. experts, les ONG, etc.
o Définir la notion d’Anthropocène et en exposer les limites.
Inégalité environnementale : fait que les individus et groupes sociaux ne sont
Nature et environnement en géographie : o Expliquer l’émergence de la gestion globale de l’environnement.
pas égaux vis-à vis de l’exposition aux nuisances et aux risques environne
o Montrer les atouts et les freins de cette gouvernance mondiale.
une distinction nécessaire mentaux et ne disposent pas du même accès aux ressources et aux aménités
Chapitre 7 o Définir le développement durable et en expliquer l’importance
environnementales.
Une place longtemps importante dans les politiques environnementales mondiales. Patrimoine : désigne un héritage matériel ou immatériel dont la valeur est
o Montrer les problèmes d’échelles et de gouvernance que pose reconnue par une société. Un patrimoine a vocation à être transmis, et
On appelle « environnement » en géographie l’ensemble des relations la durabilité.
nécessite ainsi d’être préservé. Le patrimoine dit « naturel » concerne essen
entre l’homme et les milieux physiques (parfois appelés milieux « natu- tiellement des paysages remarquables et/ou des écosystèmes fragiles souvent
rels ») à différentes échelles d’espace et de temps. L’environnement ne se menacés de disparition.
limite donc pas à la seule « nature », même si celle-ci a longtemps tenu Paysage : désigne l’espace vu par un observateur. Le paysage s’appréhende
une place prédominante en géographie. donc dans sa matérialité (nommer ce que l’on voit) et dans sa subjectivité

15 22 24

COURS

Document commenté Introduction du chapitre Cours structuré


en ouverture de chapitre et annonce du plan du cours avec des conseils,
des renvois
L’environnement et des définitions
Géographie de l’environnement
CHAPITRE

1 et ses ressources I. Les ressources naturelles


Il existe plusieurs manières de classifier les ressources naturelles. Deux
sont privilégiées ici : par le milieu de provenance et par le rythme de
régénération des ressources.
en marge
1. Des provenances diverses
Les ressources sont situées dans différentes sphères de la Terre.

PLAN DU CHAPITRE Les « ressources naturelles » désignent l’ensemble des ■ Les ressources de la lithosphère (sous-sol)
I. Les ressources naturelles matières minérales et biologiques qui présentent une utilité pour Le sous-sol renferme de nombreuses matières premières. La répartition
II. L’exploitation les sociétés humaines. Leur usage évolue en fonction des innova- des ressources dans la lithosphère renvoie à l’histoire géologique de la
des ressources tions techniques qui entraînent le développement de nouveaux Terre. Le sous-sol est constitué de roches qui sont exploitées dans des
II. Concilier développement besoins et ouvrent des possibilités d’exploitation. La notion de carrières, pour la construction notamment. Le granite, certains calcaires
et gestion des ressources ressource est donc relative à une société et à un moment. (meulière, tuffeau), le marbre fournissent des pierres de taille renom
Conclusion mées. L’argile est plutôt utilisée pour fabriquer des briques. Les matériaux
Étudier les ressources naturelles en géographie consiste à s’in-
de l’habitat expriment ainsi visuellement les liens unissant une société à
ÉTUDE DE CAS terroger sur les relations que les sociétés, dans un territoire et à une son environnement physique.
L’Allemagne, un modèle époque donnés, nouent avec leur environnement. Une répartition
de transition énergétique ? par milieux de provenance permet de les classifier et de présenter Les ressources minières (minéraux, métaux) sont exploitées depuis
Ne pas confondre !
leur origine et leur rythme de renouvellement. l’apparition de la métallurgie (fer, cuivre, étain…). Elles recouvrent
– Un minéral est un des
composants des roches.
une grande diversité de métaux – inoxydables (chrome), précieux (or,
L’exploitation des ressources par les sociétés humaines peut argent), non ferreux (cuivre, aluminium) – et de minéraux qui sont
– Un minerai est une
aussi conduire à une dégradation quantitative et/ou qualitative roche dans laquelle utilisés dans le cadre d’applications diverses (électroniques notamment).
de celles-ci, voire à leur épuisement. Ces dégradations amènent l’homme peut extraire
Le sous-sol renferme aussi des combustibles fossiles : le charbon, le
à dresser un état des lieux des stratégies d’adaptation mises en des minéraux utiles.
gaz naturel et le pétrole se sont constitués il y a plusieurs centaines de
œuvre par les sociétés pour concilier la poursuite de leur dévelop- millions d’années. Ils sont issus de la décomposition de la matière orga
p Photo © Jean Bourguignon. pement économique et la préservation des ressources ou rejeter le nique (animale ou végétale) enfouie dans le sous-sol dans lequel elle a été
Face à l’épuisement des réserves de pétrole, une alternative a été trouvée dans la développement comme le proposent les modèles de décroissance. piégée et s’est amassée, se retrouvant sous l’accumulation des sédiments
production d’agro-carburants. Ils sont censés être neutres en termes de bilan carbone pour former des gisements.
puisque l’émission de CO2 est compensée par l’absorption au cours de la croissance
des plantes utilisées (canne à sucre, betterave, colza…). En réalité, la production des Les gisements de pétrole et de gaz naturel (que l’on appelle des hydro
agro-carburants consomme beaucoup d’énergie et tend à causer le défrichement de carbures) proviennent de l’accumulation du plancton dans l’océan, les
vastes zones boisées pour les transformer en terres cultivées, ce qui diminue au final lagunes et les deltas. Le charbon résulte de la décomposition de végétaux
la capacité de stockage du carbone. Les agro-carburants ne permettent donc pas de terrestres ou d’eau douce. La pression, la température et les micro-or
lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Ils sont par ailleurs respon- ganismes participent à la transformation de cette matière organique en
sables d’un renforcement de l’insécurité alimentaire dans les pays en développement. hydrocarbures (composés d’hydrogène et de carbone). L’extraction des
combustibles fossiles est localisée : mine souterraine ou à ciel ouvert
(charbon) et forages (pétrole, gaz).

26 28
27

Géographie de l’environnement
ENTRAÎNEMENT

Éléments essentiels À RETENIR Tester ses connaissances


Corrigés en ligne

Exercice de validation
du cours à retenir n On distingue deux grandes catégories de ressources naturelles selon le rythme de
régénération de celles-ci : les ressources fossiles (hydrocarbures notamment) ne
peuvent être renouvelées à l’échelle humaine tandis que les ressources renou-
1. Complétez le tableau ci-dessous en indiquant pour chaque type de ressource
énergétique dans quelle famille elle se situe et quels sont ses avantages
et ses inconvénients.
des connaissances
velables se reconstituent à condition que leur consommation soit raisonnable. 2. Définissez ensuite à quelle échelle (locale ou globale) les avantages
n L’accès aux ressources est très inégal du fait de la répartition géographique de et inconvénients de ces différentes ressources se positionnent.
celles-ci. Énergie
Énergie
n L’exploitation des ressources naturelles constitue un enjeu stratégique car celles-ci Ressources renouvelable Avantages Inconvénients
non renouvelable
(voire inépuisable)
sont vitales pour le développement des activités des sociétés. Elle génère donc

Questions
fréquemment des conflits (entre amont et aval par exemple pour la maîtrise de l’eau Pétrole
d’un cours d’eau). L’importance des hydrocarbures est même à l’origine de guerres. Éolien

n Face au constat d’épuisement des réserves, deux stratégies s’opposent. D’un Solaire

sur document
côté, la technologie doit permettre d’identifier de nouveaux stocks et de développer Biomasse
des techniques innovantes d’extraction. D’un autre côté, la transition écologique Charbon
prône l’adoption de pratiques plus respectueuses de l’environnement et économes
Nucléaire
pour préserver les ressources.

Questions sur document


NOTIONS CLÉS
n Conflit d’usage POUR ALLER PLUS LOIN Disponibilité en eau et production de neige
n Déforestation Sur les énergies :

Notions à mobiliser
Remplissage des retenues
n Épuisement Barré B., Mérenne-Schoumaker B., 2011, Atlas des énergies mondiales.
des réserves Un développement équitable et propre est-il possible ? Paris, Autrement. Débits
n Inégalités Sur l’exploitation des ressources de l’océan Arctique : « L’océan Arctique : l’ul
environnementales Régime des eaux de surface

Renvoi à la méthode
time frontière ? » (http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/typespace/frontier/
n Pollutions, FrontDoc5.htm). Régime des sources
nuisances, risques
Sens de lecture

Sur l’exploitation des gaz de schiste : la bande dessinée Énergies extrêmes de


n Ressources Lapoix S. et Blancou D., chez Futuropolis (2014) et le documentaire Gasland

commentée
S O N D J F M A M J J A S
fossiles de Fox J. (2002).
n Ressources
renouvelables/ Sur l’eau :
Vacances Vacances de
épuisables Blanchon D., 2013, L’Atlas de l’eau, Paris, Autrement. d’hiver février/printemps Vacances
d’été
n Transition Hellier E. et al., 2009, La France. La ressource en eau, Paris, Armand Colin, Besoins en eau potable (en relation avec la période touristique) 1. Quels sont les enjeux qui pèsent
écologique coll. « U ».
Production de neige de culture sur la ressource en eau en montagne
Sur les forêts, les sols et la biodiversité : Arnoult P., Simon L., 2007, 57 % 40 % au fil de l’année ?
3%
Géographie de l’environnement, Paris, Belin.
S O N D J F M A M J J A S 2. Quels conflits d’usages potentiels
caractéristiques de cette ressource
Période de besoins en neige de culture
pouvez-vous identifier ?

Lectures complémentaires
Source : d’après Marnézy A., 2008, « Les barrages alpins »,
Revue de géographie alpine, n° 96 (1).

 Voir Méthode p. XX.

52

pour aller plus loin 53

12

N5209_Geographie-environnementale_5e.indd 12 05/05/2017 16:12


mode d’emploi
Géographie de l’environnement
Présentation,
localisation
1 L’environnement et ses ressources

et commentaire de l’ensemble
Présentation des documents
L’Allemagne, un modèle de transition énergétique ?
■ Doc. 1 Histogramme produit à partir de données officielles sur la produc

ÉTUDE DE CAS

ÉTUDE DE CAS
Doc. 1 Production d’électricité en Allemagne tion d’électricité en Allemagne. Présente l’évolution relative (en %) des

documentaire
par source entre 1990 et 2014 différentes sources d’énergie, fossiles et renouvelables entre 1990 et 2014.
■ Doc. 2 La carte et la photographie permettent de situer le site d’extraction
100 %
de lignite de Garzweiller. Le lignite est exploité à ciel ouvert à l’aide d’exca
vatrices à proximité immédiate des zones habitées.

Étude de cas constituée 75 %


■ Doc. 3 Récit d’un militant écologiste ayant participé à une action de protes

tation contre l’extraction de charbon à ciel ouvert sur la mine de Garzweiler.

de plusieurs documents 50 % Localisation


L’Allemagne dispose de nombreux bassins de charbon principalement situés
à l’est, dans le centre et surtout à l’ouest dans la Ruhr (baie de Cologne)
25 % où se situe la mine de Garzweiler. Ces bassins coïncident avec des régions
industrielles fortement peuplées. Le doc. 3 montre bien la proximité de la
mine avec les surfaces habitées. L’autoroute matérialise la limite entre la
0 ville à droite et le site minier à gauche.
1990 1995 2000 2005 2010

Autres énergies Nucléaire Objectifs de l’étude de cas


renouvelables Gaz
Solaire L’analyse des documents proposés dans le corpus vise à appréhender :
Charbon, lignite
Biomasse – les stratégies politiques de la France et de l’Allemagne en termes d’appro
Hydraulique
visionnement en énergie ;
Éolienne
– les conséquences écologiques et socio-économiques immédiates et locales
de l’abandon du nucléaire ;
– les difficultés à mener une véritable transition énergétique pour lutter
Allemagne en 2013 France en 2013
contre le réchauffement climatique.
Biomasse 8 %
Hydraulique 14 %
Autres 12 % Autres 4 % Commentaire
Biomasse 1 %
Hydraulique 3 %
Charbon Charbon 4 % Ce corpus témoigne de la diversité des choix énergétiques de deux pays
46 % Gaz 3 %
Nucléaire 15 %
Nucléaire
Pétrole 1 %
développés voisins et illustre les difficultés à assumer une sortie du nucléaire
73 %
et à engager une véritable transition énergétique.
Pétrole 1 %
Gaz 15 % I. Les choix énergétiques de l’Allemagne
¡ Le document 1 permet d’analyser le bouquet énergétique de la France
Source : AG Energiebilanzen et de l’Allemagne. En 2013, les deux pays ont principalement recours aux
(Groupe de travail officiel des principales entreprises allemandes de l’énergie énergies fossiles pour produire leur électricité : 77 % en Allemagne et 82 %
et des principaux instituts de recherche sur l’énergie depuis 1971).
en France. En Allemagne, la production d’électricité repose avant tout sur

57
54

MÉTHODES

Présentation de chaque
grand exercice Conseils et erreurs à éviter
La dissertation Méthodes La dissertation La dissertation

La dissertation Conseils et erreurs à éviter !


Un exercice de dissertation conduit souvent aux erreurs suivantes :
Structure schématique d’une dissertation
• Les étoiles indiquent un saut de ligne qui permet de délimiter visuellement les trois temps de la dissertation.
Les traits en biais indiquent un retour à la ligne (sans saut de ligne donc) qui peut être accompagné d’un alinéa.
• Faire une leçon. Dans une dissertation, il est demandé à l’étudiant d’avoir un • Une bonne dissertation doit être bien équilibrée : les parties du développement doivent être de longueur identique.
avis (une thèse) sur le sujet proposé : il doit donc trancher entre plusieurs inter- Idéalement, l’introduction et la conclusion sont également de même longueur (il ne faut donc pas négliger la conclusion
Qu’est-ce qu’une dissertation ? prétations et défendre cette opinion grâce à des exemples argumentés. La simple
qui permet de répondre à la problématique présentée en introduction).

La dissertation est un exercice de raisonnement très codifié par lequel récitation de connaissances ou une présentation descriptive sans argumentation Entrée en matière / Accroche
l’enseignant mesure la capacité d’un étudiant à identifier un objet de sont donc à éviter.
Introduction

Définition des termes du sujet /


réflexion, à sélectionner les informations les plus pertinentes et à les • Le hors-sujet. Le hors-sujet consiste en un glissement vers un thème qui n’est
Problématisation /
Phrase de problématique
articuler dans une démonstration convaincante.

Méthodologie
pas au centre de l’intitulé proposé. Cela ne veut pas dire que ce thème n’est
Annonce du plan
pas intéressant, mais ce n’est pas celui qu’on attend étant donné le sujet proposé
à la réflexion. Le hors-sujet découle souvent d’une volonté de vouloir écrire tout ***
Objectifs et enjeux de la dissertation [Option 1] [Option 2]
ce que l’on sait sur un sujet, sans hiérarchiser ses connaissances en fonction de

pas à pas
§ Tout commence avec un intitulé de dissertation, dont la formulation leur pertinence pour le sujet donné. Phrase d’introduction de partie Phrase d’introduction de partie
Première partie

est plus ou moins détaillée, qui invite à réfléchir sur une région, un Première sous-partie Première sous-partie
type de territoire, un processus ou encore une notion géographique. Deuxième sous-partie Deuxième sous-partie
§ De cet intitulé, l’étudiant doit dégager un questionnement à partir duquel Troisième sous-partie Troisième sous-partie
Les étapes de la dissertation
il va établir une démonstration argumentée, appuyée par des exemples Phrase de conclusion de partie *
précis. Le premier enjeu d’une dissertation est ainsi de transformer l’in Suivre avec rigueur les étapes suivantes devrait permettre d’éviter les * Phrases de transition
titulé en problème, une question qui va constituer le fil directeur de l’ar erreurs récurrentes.
gumentation : c’est la problématique. Il est ensuite attendu de l’étudiant Phrase d’introduction de partie *
Deuxième partie
Développement

qu’il réponde au problème posé par une série d’arguments qui découlent 1. Lire le sujet et l’analyser précisément Première sous-partie Première sous-partie

§ Se poser les questions suivantes : quels sont les mots utilisés dans l’inti Deuxième sous-partie Deuxième sous-partie
les uns des autres. Le raisonnement doit ainsi conduire à la formulation
tulé ? S’agit-il de notions de géographie ? Dans ce cas, commencer par Troisième sous-partie Troisième sous-partie
d’une thèse en réponse à la problématique de départ.
Phrase de conclusion de partie
§ Une bonne dissertation doit par conséquent convaincre le lecteur que chercher la ou les définitions. S’agit-il de mots du langage courant (ex. : *

la thèse défendue est logique. La force de l’argumentation dépend de crise, permanences, mutations…) ? Dans ce cas, chercher les défini * Phrases de transition

la capacité à structurer les étapes de la démonstration. Pour cela, il faut tions, voir si elles permettent de mobiliser des notions géographiques.
Phrase d’introduction de partie *
réfléchir plus particulièrement à l’enchaînement des arguments, via
Troisième partie

§ S’interroger sur les espaces géographiques et les périodes temporelles Première sous-partie Première sous-partie
les transitions. Elles sont essentielles car elles explicitent les liens de concernés par l’intitulé du sujet. Il faut bien cerner les bornes spatiales Deuxième sous-partie Deuxième sous-partie
cause, de conséquence, d’opposition, les paradoxes. et chronologiques : parfois, il ne faut pas hésiter à dire qu’elles posent Troisième sous-partie Troisième sous-partie
Exemples d’intitulés de dissertation problème et qu’elles vont varier en fonction du sens qu’on donne à Phrase de conclusion de partie Phrase de conclusion de partie
– • Villes et campagnes en France telle ou telle notion.
***
Problématique

• L’organisation spatiale de la métropole parisienne § Porter une attention particulière à l’emploi du singulier ou du pluriel,
explicite

Conclusion

Reformulation/synthèse de ce qui a été dit dans le développement


• Rôle et place des villes frontalières dans le système urbain nord-américain qui modifie la portée des notions. Le pluriel invite à questionner la
• Les quartiers informels dans les villes du Sud : territoires de la pauvreté diversité d’un fait ou d’un objet géographique alors que le singulier Ouverture/mise en perspective
ou moteurs de l’urbanisation ? oriente la réflexion vers le général.
+ • La mondialisation entraîne-t elle une recomposition spatiale des villes ? Schéma © Pascale Nédélec, 2016.

223 224 227

La dissertation
Méthodes La dissertation

Application APPLICATION Les risques liés aux aléas naturels


sur les littoraux français (DROM-COM inclus)
[1. L’importance des aléas hydroclimatiques]
La diversité des littoraux du territoire français démultiplie les possibilités
de processus physiques pouvant représenter des menaces.
Chaque paragraphe
commence par
une phrase qui

de la méthode
expose clairement
On distingue d’abord des aléas hydroclimatiques menaçant les litto l’argument défendu.
 Les titres [Introduction]
entre crochets raux exposés aux flux océaniques. Il s’agit dans ce cas essentiellement des
ne doivent pas figurer Avec plus de 7 000 km de linéaire côtier, la France métropolitaine et
courants perturbés d’ouest sur le littoral atlantique de France métropoli
dans la copie. les principaux DROM-COM possèdent un domaine littoral particuliè
taine, ou les tempêtes sur les côtes orientales « au vent » des îles tropicales
rement étendu dans la totalité des zones bioclimatiques du globe. On
des DROM-COM. Les événements plus intenses comme les cyclones
Définition des termes entend par « littoral » l’interface entre domaine maritime et terrestre, dont
balayent les littoraux des Caraïbes et de la Réunion à la fin de l’été.
du sujet l’extension est fixée juridiquement, notamment dans le cadre des PLU
Pour les en France (la loi Littoral interdit la construction sur une bande de 100 m Les aléas hydroclimatiques se manifestent par des vents violents
dissertations de longueur depuis le trait de côte). La variété des influences marines et (> 150 km/h) et des pluies soutenues (jusqu’à plus d’une centaine de mm Le développement
de concours, météorologiques et des contextes géodynamiques représente des sources de l’argument
une accroche
de précipitations en 1 heure). La dépression atmosphérique à l’origine des
se fonde sur des
faisant référence de dangers divers. Ces aléas naturels peuvent frapper des espaces qui sont, tempêtes provoque en plus une remontée locale de la mer de quelques termes précis.
à un événement dans l’ensemble, parmi les plus densément occupés du territoire national. mètres voire plus d’un mètre, que l’on appelle une surcote. Combinée à
d’actualité, La question des risques liés aux aléas naturels sur les littoraux français une marée haute, elle peut provoquer des dégâts importants.
une référence
scientifique
(DROM-COM inclus) invite ainsi à analyser et à discuter la place de ces L’exemple en
aléas naturels dans la production des risques.
Dans le cas de la tempête Xynthia survenue à la fin du mois de géographie est
ou culturelle
février 2010 sur le littoral du sud de la Vendée et des Charentes, ce ne sont systématiquement
Dans quelle mesure les aléas naturels ne sont-ils qu’un élément de pas ses caractères météorologiques qui ont été dangereux, mais plutôt les localisé, situé dans
Problématique compréhension des risques sur les littoraux français, lesquels sont le temps. Il est
surcotes que la tempête a provoquées (jusqu’à + 1,5 m à La Rochelle). Elles également quantifié
affectés par des dynamiques territoriales inégalement adaptées aux aléas ? ont été responsables de submersions marines qui ont inondé plusieurs le plus précisément
La première partie présentera les littoraux comme des espaces menacés communes et tué 47 personnes. possible.

Annonce du plan
par de nombreux aléas naturels, et, ce, à plusieurs échelles. Une deuxième
partie insistera sur l’importance des enjeux et de la vulnérabilité. La troisième
partie proposera plusieurs types de littoraux à risque, en fonction des aléas
[2. Le danger lié aux aléas géomorphologiques
et géodynamiques]
Saisonniers et réguliers, les aléas hydroclimatiques ne doivent pas faire
Conseils et commentaires
en marge
qui les menacent, du degré d’exposition des enjeux et de leur vulnérabilité.
oublier l’existence d’autres sources de danger sur les littoraux français. Les
[I. Des phénomènes dangereux à différentes échelles] menaces géomorphologiques liées à l’instabilité des falaises vives (Pays
de Caux en Normandie) fragilisées par le sapement de leur base par les
Chaque partie Les littoraux, exposés à des aléas naturels saisonniers ou non selon leurs
débute par vagues, mais aussi par le gel et par l’infiltration des eaux précipitées, se
caractéristiques physiques, sont des espaces à risques à plusieurs échelles
une phrase de traduisent par une érosion très rapide de la côte (20 cm par an dans le
présentation. d’espace et de temps. La variabilité spatiale et temporelle est essentielle
car elle montre que le risque dépend avant tout de l’occupation et de la Pays de Caux). Les aléas géodynamiques tels que les tsunamis ne sont pas
fréquentation des littoraux, bien plus que des seuls aléas. à ignorer en Méditerranée, dans les Caraïbes mais aussi à la Réunion et
à Mayotte où des surcotes de 2 à 4 m ont été relevées lors des tsunamis
survenus en Indonésie en 2004 et 2009.
Les littoraux sont aussi concernés par les aléas provenant de l’intérieur
des terres : en 1902, la ville de Saint-Pierre a été dévastée par les coulées

228 229

13

N5209_Geographie-environnementale_5e.indd 13 05/05/2017 16:12


INTRODUCTION

LES QUESTIONS À SE POSER 15

OBJECTIFS DE CONNAISSANCE 22

LECTURES CONSEILLÉES 23

NOTIONS À MAÎTRISER 24

N5209_Geographie-environnementale_5e.indd 14 05/05/2017 16:12


Introduction
à la géographie
de l’environnement

Les questions à se poser

n Comment appréhender les relations entre l’homme et l’environnement entre


risques et ressources ?
n Quels dispositifs sont mis en place pour protéger l’environnement ?

n Comment sont décidées les politiques environnementales globales ? Comment


articuler leur application, du global au local ?
n En quoi l’environnement soulève-t-il des questions d’ordre géopolitique ?

n Quels sont les mécanismes des changements environnementaux en cours


à différentes échelles ?

Nature et environnement en géographie :


une distinction nécessaire
Une place longtemps importante
On appelle « environnement » en géographie l’ensemble des relations
entre l’homme et les milieux physiques (parfois appelés milieux « natu-
rels ») à différentes échelles d’espace et de temps. L’environnement ne se
limite donc pas à la seule « nature », même si celle-ci a longtemps tenu
une place prédominante en géographie.

15

N5209_Geographie-environnementale_5e.indd 15 05/05/2017 16:12


Géographie de l’environnement

Les premiers géographes étaient ceux qui observaient, dénommaient


et classifiaient les reliefs, les cours d’eau, la végétation, avant de s’inté-
resser au peuplement et à la mise en valeur de territoires pensés d’abord
comme des espaces « naturels ». La place de la nature en géographie a
ainsi été fondamentale : support incontournable des tableaux régio-
naux instaurés par Paul Vidal de la Blache (1845-1918) au début du
xxe siècle, elle est d’abord prétexte à des monographies savantes où le
géographe se révèle naturaliste, géologue et botaniste. S’est constitué
ainsi un ensemble de savoirs propres à décrire et à expliquer le climat,
l’histoire des formes du relief et la répartition des êtres vivants : il s’agit de
la géographie physique. La nature est devenue, dans la première moitié
du xxe siècle, un objet d’étude à part entière en géographie, aussi bien
dans les recherches que dans l’enseignement scolaire.
Toutefois, l’ambition naturaliste de la géographie est remise
en question au tournant des années 1960 et 1970, et la géographie
physique perd la suprématie qu’elle occupait jusqu’alors. Son approche
méthodologique, souvent perçue comme déterministe au sens où elle
subordonnait une étude « humaine » (peuplement, habitat, activités) à
la description du milieu « naturel », est contestée. Le recentrage de la
discipline sur les sociétés a ainsi obligé à repenser la place de la nature
au sein d’une géographie qui s’est affirmée comme science sociale. On
passe donc d’une nature perçue comme préexistante aux hommes à
un environnement qui est en fait produit par l’interaction entre milieu
physique et sociétés.
La géographie de l’environnement dépasse donc la seule idée de
nature, et s’est constituée comme une science sociale hybride, au croi-
sement des données physiques dites « naturelles » et des données sociales,
économiques et politiques, au-delà du clivage entre géographie physique
et géographie humaine. La nature n’y existe plus pour elle-même, mais,
au contraire, en tant qu’espace produit, représenté par les sociétés et
interagissant avec ces dernières. Depuis les années 1980, les recherches
 Les termes surlignés sur les paysages ou les risques ont valorisé l’hybridation entre approche
sont définis dans
les « Notions maîtriser »
humaine et approche naturaliste en géographie pour comprendre les
p. 24-25. rapports entre l’homme et les milieux.
L’environnement ne peut donc se penser en dehors des sociétés. La
notion d’Anthropocène, qui a émergé dans les débats scientifiques et
les discours médiatiques depuis les années 2000, pose l’idée que leur

16

N5209_Geographie-environnementale_5e.indd 16 05/05/2017 16:12


Introduction à la géographie de l’environnement

développement a des conséquences sur le fonctionnement physique de


la Terre à l’échelle globale. Cette notion, encore très discutée, traduit
néanmoins l’idée que les relations unissant les hommes à l’environne-
ment sont au cœur des débats actuels.

Des milieux « naturels » ?


La pertinence du milieu naturel en géographie mérite alors d’être posée :
existe-t‑il sur Terre des «espaces naturels» en dehors des sociétés? Dans la
pensée occidentale, par exemple, cette idée s’est manifestée autour de l’op-
position «nature-culture» d’inspiration biblique: le jardin d’Éden, monde
parfait dans lequel l’homme et la femme uniques reçoivent ce que la nature
produit sans intervention de leur part. Cette opposition a été réactivée
à l’époque moderne par les multiples découvertes de cultures lointaines,
jugées moins avancées. Les Européens ont cru y voir des preuves qu’il
existait des sociétés à l’état naturel, non corrompues par la culture.
Mais cet « état de nature » pose problème. D’abord, parce que l’ori-
gine du peuplement des différentes régions est loin d’être établi avec
certitude partout ; ensuite, parce que la variabilité climatique de la Terre,
associée au changement de formes des continents et des océans au cours
des périodes géologiques, a modifié considérablement le fonctionne-
ment de la planète. Quel état initial faudrait-il, dès lors, retenir ? La
Terre « chaude » de l’ère mésozoïque (– 250 millions d’années jusqu’à
– 65 millions d’années), ou la Terre « froide » du début du Quaternaire
(commencé il y a environ 2,6 millions d’années) ? La « nature » suppose
ainsi une normalité qui n’a pas de sens en soi, tant sont variables les
conditions bioclimatiques et géologiques terrestres.

L’environnement :
un objet géographique
La géographie de l’environnement n’est donc pas une géographie physique.
Elle envisage les territoires à partir des interactions entre les hommes et les
milieux qui les entourent, à toutes les échelles, depuis le niveau local et de
l’individu jusqu’aux défis planétaires et à leur gouvernance mondialisée.
Elle se nourrit de toutes les tendances de la géographie.

17

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Géographie de l’environnement

Les dimensions spatiales de l’environnement :


échelles, limites, discontinuités
L’environnement s’inscrit dans l’espace et dans le temps : il n’est pas le
même partout et n’a pas été identique au cours du temps. Cette varia-
bilité, c’est-à‑dire cette capacité à changer en fonction de l’endroit et de
l’époque, nécessite donc de l’étudier à différentes échelles spatiales et
temporelles.
Spatialement, cela pose avant tout la question de la dimension de
l’environnement, que l’on peut considérer à l’échelle locale (cadre de
vie immédiat des sociétés, dans des contextes bien particuliers : espaces
urbains, espaces ruraux, régions industrielles, versants de montagne,
littoraux), à l’échelle régionale (grandes régions bioclimatiques, par
exemple), mais aussi à l’échelle globale (réchauffement climatique actuel).
Les limites entre grandes régions et entre environnements locaux
doivent être prises en compte. La rupture nette entre un boisement et
une clairière (la lisière), ou au contraire la transition plus floue entre
des ensembles plus grands comme une grande agglomération et l’espace
rural, montrent que l’environnement est marqué par des discontinuités.
L’approche géographique leur donne justement toute leur place en cher-
chant à les expliquer en termes physiques et sociaux.
La géographie s’intéresse aussi aux différentes échelles tempo-
relles de l’environnement. Sur un pas de temps court, les géographes
peuvent caractériser la répartition actuelle d’une ressource, ou mesurer
les risques existant sur un territoire. Sur un temps plus long, la géo-
archéologie cherche à reconstituer l’évolution des environnements depuis
plusieurs milliers d’années. On peut ainsi retracer en parallèle l’histoire
d’un peuplement et les évolutions associées de son milieu, comme, par
exemple, l’importance des feux et de l’élevage dans la constitution des
formes végétales actuelles du bassin méditerranéen.

Enjeux politiques et géopolitiques de l’environnement


La mise en valeur de l’environnement nécessite des prises de décision et
des arbitrages entre les acteurs d’un territoire. États, collectivités locales,
associations, médias, entreprises privées, populations peuvent avoir des
visions différentes de la manière dont l’environnement peut être valorisé.
Des concertations sont organisées lors de certains grands travaux d’amé-
nagement, comme dans le projet de parc éolien en Baie de Saint-Brieuc

18

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Introduction à la géographie de l’environnement

(Côtes-d’Armor) à la fin de l’été 2016. Dans certains cas, les divergences


d’opinion donnent lieu à des affrontements plus ou moins violents et
médiatisés que l’on appelle des conflits d’usage (protection de la faune
sauvage à Yellowstone aux États-Unis).
La gestion politique de l’environnement s’exerce aussi à l’échelle
mondiale, à travers les décisions prises au niveau international par les
institutions de l’ONU lors de grandes conférences comme la COP21
à Paris (2015). Ces dernières, sous l’apparent consensus qu’elles font
émerger, expriment les grands rapports de force de la géopolitique
mondiale. La réduction de l’émission du CO2 est souvent critiquée par
les « pays du Sud » qui la ressentent comme une limite imposée par les
pays du Nord à leur développement.

Une nécessaire approche culturelle de l’environnement


Si l’environnement est source de conflits, c’est qu’il est au cœur de repré-
sentations individuelles et collectives qui lui donnent une valeur, qui
n’est pas la même partout. L’approche culturelle permet d’intégrer ces
représentations à partir d’images (artistiques ou non) et de discours.
Les géographes se sont emparés de la notion de paysage, qui joue sur la
relation entre l’environnement tel qu’il est vu et perçu, et la signification,
la valeur, que peuvent lui donner les individus et les sociétés. La notion
de paysage, notamment, insiste sur ce double aspect matériel et senso-
riel de l’environnement : le paysage n’existe que par la signification que
lui donne la société ou l’individu qui le regarde. Le géographe doit donc
s’intéresser aux représentations qu’ont les sociétés pour comprendre
comment elles construisent leur rapport à l’environnement.
Les discours sur l’environnement sont eux aussi à appréhender, prin-
cipalement parce qu’ils se sont imposés dans la sphère publique depuis
quelques décennies autour du thème de la protection. Il ne s’agit plus
d’un sujet réservé aux scientifiques et aux partis politiques, au moins
dans les pays développés. Les populations se sont très largement saisies
des problèmes environnementaux actuels, et contribuent à les relayer
très largement sur les réseaux sociaux. L’environnement est entré dans
la sphère privée : les individus sont appelés à agir quotidiennement à leur
échelle. Les entreprises reprennent ce discours général de protection et
cherchent à montrer qu’elles y contribuent.

19

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Géographie de l’environnement

La géographie de l’environnement
fonctionne comme un système
L’environnement est défini comme un objet complexe au cœur de rela-
tions et d’interactions multiples entre milieux et sociétés. On parle donc,
en géographie, de système : l’ensemble des éléments forme un tout. De fait,
à l’analyse descriptive se substitue une démarche qui envisage ensemble
les interactions entre les éléments constitutifs des territoires étudiés. On
appelle cela l’approche systémique : elle permet de comprendre les inter­
actions entre les éléments hétérogènes qui constituent l’environnement.

Environnement, déterminisme et adaptation


La conception systémique de l’environnement permet d’éviter l’écueil
du déterminisme. Placer les sociétés en lien avec les milieux empêche
de supposer un lien hiérarchique entre eux, qui voudrait que les milieux
influencent nécessairement le développement. Au contraire, chaque
société a développé ses propres mises en valeur, créant des environne-
ments pouvant être très différents sur des milieux pourtant physiquement
proches. Les sociétés s’adaptent à leur environnement. Cela montre bien
qu’il n’y a pas de déterminant naturel.
Malgré tout, la capacité d’adaptation n’est pas uniforme. Certaines
sociétés occupent des espaces géologiquement instables ou exposés à
des phénomènes hydrologiques ou climatiques intenses, sans forcément
avoir les moyens de s’en protéger. L’environnement peut donc repré-
senter un risque, dont la réponse demeure fortement liée au contexte
social, économique et politique.

Les sociétés dans leur environnement :


assurer la durabilité d’un système fragile
L’environnement est exploité en fonction des potentialités qu’il offre
aux sociétés : on parle notamment des ressources naturelles comme le
bois, la faune sauvage ou les minerais. Depuis la fin du xxe siècle s’est
imposée l’idée que les modes de consommation intenses des ressources
depuis l’industrialisation menacent leur renouvellement. La nécessité de
préserver les ressources fait donc partie intégrante des grands objectifs
environnementaux fixés par la communauté internationale. Cela a même
été l’un des éléments fondateurs de la notion de développement durable,

20

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Introduction à la géographie de l’environnement

qui évoque la nécessité de «répondre aux besoins du présent sans compro-


mettre la possibilité pour les générations à venir de satisfaire les leurs »
(rapport Brundtland, 1987). Proposer un mode de gestion des ressources
qui n’empêche pas leur renouvellement participe d’une conception de
l’environnement comme un monde fini, comme une planète dont la
surface ne peut s’étendre, alors que la population y augmente. Il paraît
nécessaire de préserver les ressources naturelles dans un contexte de crise
pour limiter le déséquilibre du système entre les sociétés et les milieux.

Les défis environnementaux


La géographie de l’environnement doit, enfin, tenir compte des défis
actuels. L’impact des sociétés semble effectivement avoir pris une
dimension mondiale et irréversible. Le contexte actuel, marqué par le
réchauffement climatique, est caractérisé par l’idée d’un dysfonction-
nement global de la Terre. La hausse des températures et les scénarios
d’évolution associés, la disparition des glaciers continentaux, la réduction
de la biodiversité sont autant d’indices de la crise globale en cours. Les
images des catastrophes sont diffusées mondialement par les médias et
les réseaux sociaux depuis quelques années, ce qui accentue considéra-
blement l’impression de menace.
Les sociétés sont inégalement exposées à ces menaces: l’environnement
est un puissant révélateur des disparités entre individus. La justice envi-
ronnementale permet d’envisager les inégalités sociales et économiques
à partir du rapport des sociétés à leur environnement, comme l’accès
aux ressources, l’exposition aux nuisances, ou la qualité du cadre de vie.
Transversales à l’ensemble des savoirs géographiques, les questions
environnementales révèlent des enjeux sociétaux très actuels qui touchent
à la question des ressources, des risques, du développement, de la protec-
tion, dans un contexte de changement global qui invite à considérer de
concert l’échelle locale et l’échelle mondiale.
Le présent ouvrage cherche à rendre compte de cette richesse de
la géographie de l’environnement et invite les étudiants à penser la
complexité des relations hommes-milieux. La démarche associe plusieurs
échelles de réflexion : de la dimension locale et régionale de l’exploitation
des ressources et des risques, aux grands enjeux globaux du dévelop-
pement durable et du système planétaire anthropisé, devenu source de
préoccupation politique et scientifique.

21

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Géographie de l’environnement

Objectifs de connaissances

Chapitre 1 o Définir et localiser les ressources naturelles renouvelables


et non renouvelables.
o Identifier les enjeux soulevés par les modes d’exploitation
des ressources.
o Comprendre le lien entre développement et gestion des ressources.

Chapitre 2 o Définir et bien individualiser aléas, enjeux, vulnérabilité, risques,


catastrophes et crises.
o Comprendre le rôle essentiel de la vulnérabilité et identifier ses formes
et ses origines.
o Identifier les temporalités, les acteurs et les outils employés
pour réduire les risques et gérer les crises.

Chapitre 3 o Comprendre que le paysage est une notion culturelle.


o Montrer la variabilité des formes d’un même paysage
à partir de la notion de trajectoire.
o Expliquer en quoi le paysage est une ressource.

Chapitre 4 o Définir les modes de protection de l’environnement.


o Montrer en quoi la protection de l’environnement est variable
dans le temps et dans l’espace.
o Expliquer en quoi la protection produit des conflits.
o Définir la biodiversité.

Chapitre 5 o Expliquer les causes de changements climatiques sur Terre


et en montrer les différentes échelles spatiales et temporelles.
o Définir adaptation et atténuation en montrant les stratégies
développées par les sociétés.

Chapitre 6 o Comprendre la prise de conscience de la crise globale.


o Définir la notion d’Anthropocène et en exposer les limites.
o Expliquer l’émergence de la gestion globale de l’environnement.
o Montrer les atouts et les freins de cette gouvernance mondiale.

Chapitre 7 o Définir le développement durable et en expliquer l’importance


dans les politiques environnementales mondiales.
o Montrer les problèmes d’échelles et de gouvernance que pose
la durabilité.

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Introduction à la géographie de l’environnement

Lectures conseillées
Arnould P., Simon L., 2007, Géographie de l’environnement, Paris, Belin,
coll. « Atouts géographie ».
Aykut S., Dahan A., 2015, Gouverner le climat ? 20 ans de négociations
internationales, Paris, Presses de Sciences Po.
Beltrando G., 2011, Les climats. Processus, variabilité et risques, Paris, Armand
Colin, coll. « U ».
Blanchon D., 2010, « L’eau, une ressource menacée », La Documentation
photographique, n° 8078.
Blanchon D., 2012, Atlas mondial de l’eau, Paris, Autrement.
Chauveau L., 2004, Petit atlas des risques écologiques, Paris, Larousse.
Dauphiné A., Provitolo D., 2013, Risques et catastrophes. Observer, spatia-
liser, comprendre, gérer, Paris, Armand Colin, coll. « U ».
Demangeot J., 2010, Les milieux « naturels » du globe, Paris, Armand Colin,
coll. « U ».
Denhez F., 2009, Atlas du changement climatique : du global au local, changer
les comportements, Paris, Autrement.
Depraz S., 2008, Géographie des espaces naturels protégés, Paris, Armand Colin,
coll. « U ».
Desailly F., Vergnolle-Mainar C., 2005, Environnement et sociétés – Territoires,
risques, développement, éducation, Toulouse, Canopé CRDP Toulouse.
Gunnell Y., 2009, Écologie et société, Paris, Armand Colin, coll. « U ».
Laslaz L., 2013, Atlas mondial des espaces protégés, Paris, Autrement.
Leone F., Meschinet de Richemond, Vinet F., 2010, Aléas naturels et gestion
des risques, Paris, PUF, coll. « Licence ».
Mélières M.-A., Maréchal C., 2010, Climat et société : climats passés, passage
de l’homme, climat futur : repères essentiels, Paris, SCEREN.
Merenne-Schoumaker B., 2013, Atlas mondial des matières premières, Paris,
Autrement.
Périgord M., Donadieu P., Barraud R., 2012, Le paysage, entre natures et
cultures, Paris, Amand Colin.
Tsayem-Demaze M., 2011, Géopolitique du développement durable : les
États face aux problèmes environnementaux internationaux, Rennes, PUR,
coll. « Didact Géographie ».
Veyret Y., 2005, Le développement durable : approches plurielles, Paris, Hatier,
coll. « Initial ».
Veyret Y., 2011, Dictionnaire de l’environnement, Paris, Armand Colin.
Veyret Y., Ciattoni A., 2011, Géo-environnement, Paris, Armand Colin.

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N5209_Geographie-environnementale_5e.indd 23 05/05/2017 16:12


Géographie de l’environnement

Notions à maîtriser
Aménité: ensemble des attributs (environnementaux, paysagers, infrastructu-
rels, etc.) qui rendent un lieu agréable. Les aménités ont une place croissante
dans les décisions d’implantation des acteurs sur un espace donné.
Anthropisation : action de transformation des milieux physiques par les acti-
vités des sociétés.
Conflit d’usage : divergence de représentations et d’usages entre acteurs d’un
même territoire pouvant provoquer des tensions.
Développement : amélioration des conditions de vie d’une société (éducation,
moyens économiques et financiers, santé, sécurité, services de base).
Durabilité : perspective de développement qui peut répondre aux besoins du
présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les
leurs. Elle invite à penser à parts égales les dimensions environnementale,
économique et sociale du développement.
Écosystème : terme développé par Tansley en 1935 qui définit le système
qui combine en une seule unité à la fois les organismes vivants (biocénose)
et leur environnement physique non vivant (abiotique comme l’eau ou le
relief), que l’on appelle le biotope. Parler d’écosystème signifie que l’on
insiste sur les interactions entre les composantes de cet ensemble.
Géosystème : le géosystème modélise les interactions sociétés-milieux
à différentes échelles en s’intéressant à leurs aspects physiques et culturels
(il est associé à la notion de paysage, notamment).
Gouvernance : ensemble des processus et des institutions qui participent de la
gestion politique d’une société, sans être restreints aux canaux décisionnels
classiques (tel le gouvernement) : y sont donc associés la société civile, les
experts, les ONG, etc.
Inégalité environnementale : fait que les individus et groupes sociaux ne sont
pas égaux vis-à‑vis de l’exposition aux nuisances et aux risques environne-
mentaux et ne disposent pas du même accès aux ressources et aux aménités
environnementales.
Patrimoine : désigne un héritage matériel ou immatériel dont la valeur est
reconnue par une société. Un patrimoine a vocation à être transmis, et
nécessite ainsi d’être préservé. Le patrimoine dit « naturel » concerne essen-
tiellement des paysages remarquables et/ou des écosystèmes fragiles souvent
menacés de disparition.
Paysage : désigne l’espace vu par un observateur. Le paysage s’appréhende
donc dans sa matérialité (nommer ce que l’on voit) et dans sa subjectivité

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Introduction à la géographie de l’environnement

(exprimer ce qu’il évoque pour chaque individu). La notion de paysage


montre que l’environnement est très lié aux représentations.
Pollution : altération physique et/ou chimique subi par un milieu physique
à la suite de rejets industriels et de l’accumulation des déchets. La pollution
peut se diffuser loin de sa source d’émission : nuage radioactif, pluies acides,
particules toxiques dans les cours d’eau, continent de plastique formé par
accumulation des déchets transportés par les courants marins.
Préservation et conservation de l’environnement : préserver l’environnement
nécessite d’exclure les sociétés des milieux, vus comme des espaces naturels
à protéger en empêchant leur exploitation. Conserver l’environnement, en
revanche, n’interdit pas les sociétés d’accéder et d’exploiter les milieux, alors
gérés de manière rationnelle pour éviter leur dégradation.
Réchauffement climatique : augmentation de la température moyenne à la
surface de la Terre. Le climat terrestre a connu une perpétuelle alternance
entre phases chaudes et phases froides. Toutefois, la très rapide hausse des
températures depuis la fin du xixe siècle, associée à une augmentation de la
concentration du CO2 dans l’atmosphère, est un phénomène qui inquiète la
communauté internationale. L’augmentation de l’anthropisation du monde
en serait une cause majeure.
Représentation : image de la réalité qu’un individu ou un groupe produit.
Une représentation possède une dimension matérielle (le support de cette
image) et une dimension immatérielle, idéelle, qui traduit le message que
l’image véhicule. Appréhender les représentations en géographie, c’est
chercher à comprendre la valeur qu’un individu ou une société accorde
à un territoire.
Résilience : capacité d’un système à absorber les perturbations pour pouvoir
se relever et reprendre son fonctionnement. En géographie des risques, la
résilience cherche à comprendre comment les sociétés se remettent des crises
et des catastrophes à différentes échelles d’espace et de temps.
Ressource : ensemble des matières minérales et biologiques qui présentent
une utilité pour les sociétés humaines.
Risque : un territoire en situation de risque est caractérisé par des enjeux
vulnérables exposés à une menace naturelle ou technologique plus ou moins
probable. Un risque élevé laisse craindre une catastrophe.
Système : fonctionnement interactif des différents éléments constitutifs
d’un territoire, des milieux physiques aux sociétés. La réflexion systémique
permet de caractériser la complexité des rapports milieux-sociétés et d’en
comprendre les éventuels déséquilibres.

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p Dessin © Jean Bourguignon.

Face à l’épuisement des réserves de pétrole, une alternative a été trouvée dans la
production d’agro-carburants. Ils sont censés être neutres en termes de bilan carbone
puisque l’émission de CO2 est compensée par l’absorption au cours de la croissance
des plantes utilisées (canne à sucre, betterave, colza…). En réalité, la production des
agro-carburants consomme beaucoup d’énergie et tend à causer le défrichement de
vastes zones boisées pour les transformer en terres cultivées, ce qui diminue au final
la capacité de stockage du carbone. Les agro-carburants ne permettent donc pas de
lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Ils sont par ailleurs respon-
sables d’un renforcement de l’insécurité alimentaire dans les pays en développement.

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CHAPITRE
L’environnement
1 et ses ressources

PLAN DU CHAPITRE Les « ressources naturelles » désignent l’ensemble des


I. Les ressources naturelles matières minérales et biologiques qui présentent une utilité pour
II. L’exploitation les sociétés humaines. Leur usage évolue en fonction des innova-
des ressources tions techniques qui entraînent le développement de nouveaux
III. Concilier développement besoins et ouvrent des possibilités d’exploitation. La notion de
et gestion des ressources ressource est donc relative à une société et à un moment.
Conclusion
Étudier les ressources naturelles en géographie consiste à s’in-
ÉTUDE DE CAS terroger sur les relations que les sociétés, dans un territoire et à une
L’Allemagne, un modèle époque donnés, nouent avec leur environnement. Une répartition
de transition énergétique ? par milieux de provenance permet de les classifier et de présenter
leur origine et leur rythme de renouvellement.
L’exploitation des ressources par les sociétés humaines peut
aussi conduire à une dégradation quantitative et/ou qualitative
de celles-ci, voire à leur épuisement. Ces dégradations amènent
à dresser un état des lieux des stratégies d’adaptation mises en
œuvre par les sociétés pour concilier la poursuite de leur dévelop-
pement économique et la préservation des ressources ou rejeter le
développement comme le proposent les modèles de décroissance.

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Géographie de l’environnement

I. Les ressources naturelles


Il existe plusieurs manières de classifier les ressources naturelles. Deux
sont privilégiées ici : par le milieu de provenance et par le rythme de
régénération des ressources.

1. Des provenances diverses


Les ressources sont situées dans différentes sphères de la Terre.

■ Les ressources de la lithosphère (sous-sol)


Le sous-sol renferme de nombreuses matières premières. La répartition
des ressources dans la lithosphère renvoie à l’histoire géologique de la
Terre. Le sous-sol est constitué de roches qui sont exploitées dans des
carrières, pour la construction notamment. Le granite, certains calcaires
(meulière, tuffeau), le marbre fournissent des pierres de taille renom-
mées. L’argile est plutôt utilisée pour fabriquer des briques. Les matériaux
de l’habitat expriment ainsi visuellement les liens unissant une société à
son environnement physique.
Les ressources minières (minéraux, métaux) sont exploitées depuis
l’apparition de la métallurgie (fer, cuivre, étain…). Elles recouvrent
une grande diversité de métaux – inoxydables (chrome), précieux (or,
Ne pas confondre ! argent), non ferreux (cuivre, aluminium) – et de minéraux qui sont
– Un minéral est un des utilisés dans le cadre d’applications diverses (électroniques notamment).
composants des roches.
– Un minerai est une Le sous-sol renferme aussi des combustibles fossiles : le charbon, le
roche dans laquelle gaz naturel et le pétrole se sont constitués il y a plusieurs centaines de
l’homme peut extraire millions d’années. Ils sont issus de la décomposition de la matière orga-
des minéraux utiles.
nique (animale ou végétale) enfouie dans le sous-sol dans lequel elle a été
piégée et s’est amassée, se retrouvant sous l’accumulation des sédiments
pour former des gisements.
Les gisements de pétrole et de gaz naturel (que l’on appelle des hydro-
carbures) proviennent de l’accumulation du plancton dans l’océan, les
lagunes et les deltas. Le charbon résulte de la décomposition de végétaux
terrestres ou d’eau douce. La pression, la température et les micro-
organismes participent à la transformation de cette matière organique
en hydrocarbures (composés d’hydrogène et de carbone). L’extraction
des combustibles fossiles est localisée : mine souterraine ou à ciel
ouvert (charbon) et forages (pétrole, gaz).

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1 L’environnement et ses ressources

Définitions

❯ Lithosphère : partie superficielle de la Terre composée de deux couches terrestres


superposées : la croûte (océanique ou continentale) et le manteau supérieur rigide.
❯ Gisement : portion de l’écorce terrestre où se trouvent accumulées des
substances minérales utiles (charbons, minerais, hydrocarbures…).
❯ Fission : division d’un noyau atomique instable en deux noyaux. Elle libère des
neutrons et dégage une énergie très importante : 1 g d’uranium 235 libère autant
d’énergie que plusieurs tonnes de charbon.

L’uranium, utilisé dans l’industrie nucléaire, constitue, lui, une


matière première fissile. Il est enfoui dans le sous-sol, dans les terrains
granitiques et sédimentaires surtout. C’est un métal lourd radioactif.
Abondant, ses principaux gisements sont situés en Australie, au
Kazakhstan, en Russie et au Canada.

Tableau 1.1 Comparaison des différentes ressources énergétiques


Émission de CO2
Équipement
en kg équivalent
pour produire Réserves estimées
carbone par tonne
1 000 MW d’énergie  Mégawatt.
équivalent pétrole (Tep)

2 à 5 centrales
Charbon 1 123 Environ 100 ans
thermiques

40/50 ans,
Pétrole 840
plus avec pétrole profond

2 à 5 centrales 60/80 ans, double


Gaz naturel 700
thermiques avec gaz de schiste

Non mesurable
Bois 7 (replantée)
(forte dispersion)

Environ 100 ans


(avec uranium enrichi),
1 réacteur REP  Réacteur à eau
Nucléaire 19 plus longtemps
1 000 MW pressurisée
avec surgénérateur,
illimité avec fusion (type le plus répandu).

Illimité (mais variations


Hydraulique 3 à 5 gros barrages 13
saisonnières)

3 000 éoliennes
Illimité
Éolien terrestres, 32
(mais intermittent)
1 500 en mer

5 à 6 millions de
Illimité
Photovoltaïque m² de panneaux 316
(mais intermittent)
photovoltaïques

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Géographie de l’environnement

■ Les ressources de l’hydrosphère


La surface de la Terre est recouverte à plus de 70 % d’eau. Cela représente
un volume d’environ 1,2 milliard de km3. L’eau douce ne représente
toutefois que 2,5 % de toute l’eau de la planète. Une grande partie de
 Voir Chapitre 6. cette eau est par ailleurs stockée dans la cryosphère (l’eau solidifiée sous
forme de glace : glaciers, inlandsis, couverture neigeuse permanente) pour
 On parle aussi de nappe environ 70 % et dans le sol pour environ 22 % (nappes souterraines).
aquifère pour désigner l’eau Seule une infime partie est donc disponible pour les activités humaines :
souterraine contenue
dans les interstices il s’agit des eaux de surface (lacs, cours d’eau).
ou les fissures d’une roche
du sous-sol.
Fig. 1.1 Le cycle de l’eau
Transfert de la vapeur d’eau

Précipitations Précipitations Ruissellement de surface Précipitations


9 000 km3 110 000 km3 Évapo- 42 6000 km3 458 000 km3
transpiration
Évaporation 65 200 km3
9 000 km3
a t ion
ltr Évaporation
Infi
502 800 km3
Zones
endoréiques

Circulation souterraine
12 0000 km3
Mers et océans

Précipitations Évaporation
* L’épaisseur des flèches est proportionnelle au volume
d’eau qu’elles représentent.

Source : ONU, 2006 ; Académie des sciences, 2006.

La quantité d’eau disponible varie dans le temps, au fil des saisons,


mais aussi dans l’espace selon la latitude et la continentalité. La combi-
naison des précipitations et des températures détermine le régime des cours
d’eau, c’est-à‑dire les variations du volume d’eau écoulé en une seconde
à un endroit donné de la rivière (débit). On distingue les périodes d’aug-
mentation du débit (les crues, pouvant mener à des inondations si les
cours d’eau sortent de leur lit) des périodes de réduction du débit (l’étiage).
En climats océanique et méditerranéen, c’est pendant l’été que se produit
l’étiage car les températures augmentent, et donc l’évaporation également.

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1 L’environnement et ses ressources

Dans les milieux tropicaux où les pluies varient considérablement pendant


l’année, les cours d’eau ont des régimes contrastés, correspondant à l’alter-
nance entre saison sèche et saison humide. Les rivières montagnardes ou  Voir Entraînement p. 53.
des hautes latitudes connaissent un débit réduit en hiver du fait du stockage
de l’eau sous forme de neige ou de glace, puis des écoulements importants
lors de la fonte au printemps. L’eau n’est donc pas forcément disponible
au moment où les besoins (eau potable, irrigation…) sont les plus forts.
Définitions

❯ Latitude : distance angulaire qui sépare un point sur la Terre de l’équateur


(exprimée en degrés de – 90 ° vers le sud à + 90 ° vers le nord).
❯ Continentalité : ensemble des caractères climatiques déterminés par
l’affaiblissement des influences maritimes vers l’intérieur d’un continent.

■ Les ressources de l’atmosphère


Le Soleil émet un rayonnement qui atteint la surface de la Terre après avoir
traversé son atmosphère. Le bilan radiatif du système Terre/atmosphère  Voir Chapitre 5.
montre régionalement des zones excédentaires (entre 30° de latitude N et
30° de latitude S) et déficitaires (les zones au-delà). Ce déséquilibre produit
des transferts d’énergie via les mouvements de l’atmosphère (vents) et des
océans (courants). Le rayonnement solaire est donc à l’origine du cycle Le saviez-vous ?
de l’eau (évaporation des surfaces terrestres et des océans, précipitations) Il existe plusieurs
grandes zones
et de la circulation atmosphérique.
climatiques à la surface
Le rayonnement solaire fournit par ailleurs l’énergie nécessaire à la de la Terre : deux zones
froides (pôles),
photosynthèse, c’est-à‑dire au processus de formation de matière par les une zone chaude
végétaux par absorption de l’énergie solaire récupérée par les feuilles. autour de l’équateur
Il s’agit donc d’un élément essentiel dans la production des ressources et deux zones
tempérées entre deux.
naturelles. Le vent et le soleil constituent également des ressources pour
produire de l’énergie.

■ Les ressources de la biosphère


D’autres produits, issus du vivant, sont tirés directement du sol, de l’air,
des eaux douces et de la mer. Il s’agit de la biomasse. Cette dernière La biomasse désigne
englobe la végétation et les animaux. L’intégration de l’ensemble des la masse totale de matière
vivante animale ou végétale
matières végétales aux « ressources naturelles » fait cependant débat car (par unité de surface)
les produits issus de l’agriculture ou de la sylviculture ne sont pas des présente dans l’écosystème.
produits bruts : ils sont en effet cultivés par les hommes. Par ailleurs,

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Géographie de l’environnement

depuis les années 1980, face à la disparition concomitante d’habitats


comme les forêts primaires (non transformées par l’homme) et de
nombreuses espèces de faune et de flore, la communauté internationale
 Voir Chapitre 4. s’inquiète de la perte de biodiversité. Celle-ci englobe trois échelles :
les espèces, les gènes et les écosystèmes. Il s’agit donc d’une approche
 Voir Chapitre 4. débordant la seule question des ressources naturelles.
Si les ressources sont tirées du sol, les sols eux-mêmes constituent
une ressource naturelle. Les sols sont la partie superficielle de la croûte
terrestre résultant de la transformation de la lithosphère sous l’action
de l’atmosphère, de la biosphère et de l’hydrosphère : ce sont donc des
espaces d’échanges (on parle alors d’interfaces). Ils fournissent à la
biomasse un support et des substances nutritives indispensables. Les
sols présentent des potentialités distinctes selon la nature du substrat
sur lequel ils se développent, le climat, la topographie (altération des
L’humus est l’horizon sols le long d’une pente) et les apports organiques (humus) fournis par
superficiel (la couche les plantes et animaux. Les sols sont le plus souvent classifiés selon les
supérieure) du sol, résultant
de la décomposition zones climatiques. Dans les terres arides, ils sont pauvres en humus en
de la matière organique. raison de l’insuffisance de la végétation. Dans la toundra, ils sont gorgés
d’eau ou gelés : ce sont des tourbes. Les sols bruns des forêts tempérées,
ou les sols noirs des prairies d’Europe centrale (appelés tchernozioms),
très riches en humus, constituent d’excellentes terres agricoles.
Parmi les ressources naturelles, certaines sont qualifiées de secon-
daires car leur utilisation nécessite une transformation par l’homme :
l’eau qui n’est parfois potable qu’après un processus de purification ou
encore l’ensemble des produits issus de l’agriculture.

2. Des rythmes de renouvellement contrastés


Les ressources naturelles ne disposent pas de la même capacité de régé-
nération : elles ne se reconstituent pas à la même vitesse.

■ Les ressources renouvelables,


épuisables et non épuisables
Sont considérées comme renouvelables les ressources dont le stock se
régénère à l’échelle d’une vie humaine. Leur production se réalise sur
un temps court (croissance de la végétation par exemple) ou bien elles
se renouvellent en permanence comme l’énergie solaire et ses dérivées.

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