Avec le financement de
« ENSEMBLE AVEC LES ETUDIANTS POUR LUTTER CONTRE LE
HARCELEMENT SEXUEL EN MILIEU UNIVERSITAIRE »
MODULE D’INFORMATIONS
Sur :
- Les violences sexuelles et basées sur le genre
- Les masculinités positives
- Le harcèlement sexuel en droit congolais
- L’élaboration d’une charte éthique
Avec la participation des universités et instituts supérieurs : UPC, ISC et IFASIC
13/01/2017 MODULE D’ANIMATION
GENRE, VIOLENCES FAITES AUX
FEMMES ET AUX FILLES ET
HARCELEMENT SEXUEL.
Par
Jeanine Gabrielle NGUNGU et Faïda
MWANGILWA
Formatrices et Consultantes en Genre
Atelier SJS /AWDF
Plan du module
Introduction
Objectifs du module
Section 1 : Comprendre le genre
Section 2 : Comprendre la violence basée sur le genre
Section 3 : Changer les fondements du genre
Conclusion
INTRODUCTION
La situation du genre ne doit pas être perçue comme une revendication des organisations
féminines, mais bien plus comme une dimension plus profonde dans la recherche de la paix et
la stabilité du pays, dans la consolidation de la démocratie, la gouvernance participative, la
promotion de la santé et un support pour la croissance économique. De ce fait, il est
également une question hautement stratégique qui soutient les démarches sus évoquées. Et
lorsque l’on évoque le genre, c’est pour aider à mettre la lumière sur les situations des
individus, partant de leur sexe, de leur classe sociale, leur race, leur origine, leur âge. En
outre, le genre permet d’analyser les rapports entre les sexes et d’en dégager les pouvoirs des
uns et des autres. Il y a lieu donc d’avoir à l’esprit les trois pistes majeures en parlant du
genre. Il s’agit du pouvoir de la femme, son autonomisation et son accès à l’éducation.
La question de la violence devrait être comprise tout simplement comme une violation des
droits humains, un obstacle à l’épanouissement collectif et un défi dans le processus de
développement humain.
Objectifs pédagogiques
- Améliorer les connaissances de la cible sur le genre et la violence basée sur le genre
et éveiller la conscience sur les inégalités de genre et leurs conséquences sur les
rapports sociaux en milieu académique ;
- Partager les connaissances et les expériences sur le genre et les violences faites aux
femmes pour stimuler l’engagement individuel et collectif dans la lutte contre les
violences basées sur le genre;
- Accompagner de la cible dans l’analyse du vécu individuel et collectif relatif à la
gestion des rapports de genre en vue d’élaborer une démarche partagée de lutte contre
les violences de genre.
Section 1 : Comprendre le genre
Objectif d’apprentissage :
Permettre aux participants de réfléchir sur les concepts sexe et genre afin d’en saisir la
signification et la différenciation.
1.1 Clarifier les concepts
Demandez aux participants de donner leurs définitions des différences entre le sexe et le
genre. Résumez les réponses des participants pour inclure les différences significatives entre
le sexe et le genre.
SEXE GENRE
Est déterminé biologiquement Déterminé par la société
Universel pour tous les êtres humains Présente de nombreux aspects: est
Ne change pas Dynamique, change différent au sein et entre les cultures
au fil du temps et à travers la géographie, le climat
etc
Dynamique, change au fil du temps
1.2 Les stéréotypes et perceptions de genre
Distribuez des cartes avec les déclarations suivantes sur les hommes et les femmes en
s’adressant à quelques participants. Leur demander de les lire à haute voix une à une.
Les femmes donnent naissance à des bébés, les hommes ne le font pas.
Les femmes ont la charge de s’occuper des bébés parce qu’elles peuvent les allaiter
Les hommes ont des moustaches.
Les femmes ne peuvent porter de lourds chargements.
Les femmes ont peur de travailler dehors pendant la nuit.
Les voix des hommes deviennent rauques à l’âge de la puberté, celles des femmes, non
Les femmes sont émotionnelles et les hommes rationnels/l’émotion est féminine tandis
que la raison est masculine.
La plupart des femmes ont des cheveux longs mais les hommes ont des cheveux
Courts
La plupart des savants/scientifiques sont des hommes
De nature, faire la cuisine revient aux femmes.
Signifier que la société développe des clichés des hommes et des femmes qui ont comme
résultat des stéréotypes et préjugés. La compréhension de la différence entre le sexe et le
genre est très importante et aide saisir la cause de l’inégalité entre les hommes et les femmes
n’est nullement liée au sexe (sexe biologique) mais plutôt une question de genre (sexe social)
déterminé par la société. Toutefois, les différences biologiques entre les hommes et les
femmes et que
Etaient importantes et nécessitent toujours un traitement différent en vue de promouvoir la
justice sociale pour les femmes et pour les hommes.
1.3 Division de rôles selon le genre
Un terme utilisé pour souligner le fait que les inégalités entre les sexes ne sont pas
dues aux différences anatomiques et physiologiques qui caractérisent les hommes et
les femmes, mais plutôt au traitement inégal et inéquitable qui leur est socialement
accordé.
Le genre situe les problèmes des hommes, des femmes, des filles et des garçons dans
le cadre d’un ensemble de normes, de valeurs, d’attitudes et de perceptions à travers
lesquelles les sociétés affectent des rôles et des statuts sociaux à chacun des deux
sexes.
objets Activités Rôles
Balai Couture Chef de cuisine
Trousse mécanique Cuisine Tailleur
Pagne Laver les vêtements Fermier
Rouleau à pâtisserie Lire un journal Ménagère
Tournevis Allaiter les enfants Soutien de famille
Marteau Baigner l’enfant Infirmier
Cuisinière Labourer un champ Mère
Cravate Fixer une ampoule électrique Coiffeur
Rouge à lèvres Tricoter Politicien
Porte-documents Réparer un moteur Chef de famille
Houe Balayer Secrétaire
Ce qu’il faut retenir
Les rôles de genre
- sont appris et évoluent ;
- se définissent entre les différents groupes / catégories sociales ;
- toutefois, la relation homme/ femme est transversale et mérite une analyse aussi bien au sein
d’une catégorie sociale, qu’entre catégories ;
- sont différents selon la culture, l’ethnie, etc. ;
- imposent des contraintes aussi bien aux femmes qu’aux hommes ;
- ont une influence plus répressive sur les femmes.
Autrement dit, le pouvoir, le travail, les ressources, les responsabilités, le statut, les
conditions, les droits, etc. sont répartis dans la société selon le genre dans:
les familles; - les communautés;
les structures scolaires et académiques
- les structures de gouvernance politique , économique ;
- institutions religieuses, traditionnelles;
- etc.
La définition, la représentation du féminin ou du masculin, ainsi que les
valeurs qui sont attachées, constituent des constructions sociales, historiques,
culturelles, symboliques. N’étant ni naturelles ni innées, ces constructions
varient selon le lieu et l’époque.
Contrairement à la différence anatomique entre les sexes, qui est génétique
et fixe, les relations sociales entre femme et hommes évoluent et peuvent se
modifier. Les représentations du masculin et du féminin différent ainsi entre
les sociétés, entre groupes sociaux d’une même société, d’une personne à
une autre…….
1.4 Les instruments juridiques et des politiques pour l’égalité de genre en RDC
Art 14 de la constitution ;
Code de la famille révisée;
Existence de la politique nationale sur le genre ;
Existence de la stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelles et basées sur
le genre.
Section 2 : Comprendre les violences basées sur le genre
Objectif d’apprentissage
Amener les participants –es à reconnaître et à interpréter la violence basée sur le genre comme
étant une forme grave de la discrimination basée sur le genre et une violence des droits
humains.
Exercice
Violences faites aux femmes Violences faites aux hommes
2.1 Définitions
La violence faite aux femmes désigne tout acte de violence fondée sur l’appartenance au
sexe féminin causant ou susceptible de causer aux femmes des dommages ou souffrances
physiques, sexuelles ou psychologiques et comprenant la menace de tels actes, la
contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privée.
(Nations unies)
La violence contre les femmes a été définie comme étant « tout acte de violence basée
sur le genre qui a comme résultat ou qui est susceptible d’aboutir à l’abus physique, sexuel ou
psychologique ou de la souffrance aux femmes, y compris les menaces de tels actes , la
coercition ou une privation arbitraire de liberté, qu’il se passe dans la vie publique ou privée »
(Déclaration des Nations Unies sur l’Elimination de la Violence contre les Femmes).
En RDC, 7 femmes sur 10 souffrent des violences domestiques au quotidien (EDS 07, 13-
14)
2.2 Types de violences faites aux femmes
Sexuelles (Viols, abus sexuels, le harcèlement sexuel, interdiction à la femme de jouir
de ses droits sexuels et reproductifs)
Physiques (Coups et blessures, tortures physiques, mutilations diverses, assassinats,
surcharge de la femme);
Psychologiques (Propos injurieux, harcèlement moral, intimidation, menaces,
maltraitance, privation des libertés…)
Economiques (Privations des ressources, contrôle des ressources de la femme,
interdiction à la femme d’exercer un emploi salarié ou une activité lucrative, exclusion
de la femme de l’héritage)
Sociales (conjugales, stigmatisation des femmes dans les communautés, exclusion,
interdits alimentaires, rites dégradants lors du veuvage, divorce, maladie de l’homme,
célibat),
Politiques (non prise en compte des besoins des femmes dans les politiques publiques,
lois discriminatoires à l’égard de la femme).
Les filles sont discriminées et violentées dans les seins de leurs mères et à la naissance
(préférence faite au sexe masculin à la naissance) ; dans le système éducatif
(perpétration de la discrimination sexuée dans l’organisation des espaces scolaires,
aires de jeu, toilettes, gestions des menstrues); mariages forcées et/ou précoces;
restrictions pour les activités de loisirs, violées et souvent victimes de l’inceste ;
forcées d’abandonner la scolarité …
C’est quoi le harcèlement sexuel ?
C’est une invite amoureuse insistante et répétée, pratiquée par un supérieur
hiérarchique. (Dictionnaire universel)
Le harcèlement sexuel est un enchaînement d'agissements hostiles et à connotation
sexuelle, dont la répétition et l'intensité affaiblissent psychologiquement la victime. Il
peut viser à intimider la victime, à la dominer, ou à obtenir un acte sexuel. Il désigne
aussi les sollicitations de faveurs sexuelles au travail sous peine de...(Wikipédia)
Notons : Le harcèlement sexuel est un délit quel que soit le lien entre l'auteur et la victime
(Info service public)
2.2 Facteurs favorisants de la violence faite aux femmes
L’organisation patriarcale de la communauté (La masculinité dominante et le faible
statut de la femme dans la société);
Rapports sociaux inégaux entre les sexes;
Hiérarchisation des relations entre hommes;
Inégalités entre les hommes et les femmes ;
Faible implication des femmes et des jeunes femmes dans la vie sociopolitique;
Tabous autour du sexe et de la sexualité.
2.3 Ce qui s’observe
Silence social sur la violence faite aux femmes et aux filles ;
Banalisation de la violence vécue par les femmes ;
Acceptation sociale de la violence faite aux femmes ;
Justification du harcèlement par le comportement des victimes et des auteurs;
Ampleur du harcèlement sexuel et indifférence collective.
2.4 Lien entre le harcèlement sexuel et le Genre
Violences faites aux femmes et aux filles;
Dégradation de l’image des victimes et de la vie sexuelle et affective ;
Grossesses indésirables ;
Avortements provoqués;
Traumatismes psychologiques ;
Stigmatisation des victimes;
Propagation des IST/VIH-sida ;
Abandon des études par les victimes;
Désacralisation de l’autorité scientifique et/ou académique ;
Victimes collatérales (les collègues et les copines).
A retenir
Les violences dont souffrent les femmes ont un ancrage dans les normes et usages sociaux de
nos communautés. D’où l’acceptation sociale de la violence faite à la femme. Elles ont pour
facteurs majeurs le statut inférieur de la femme, les coutumes et traditions défavorables,
l’organisation patriarcale de la société accès sur la masculinité hégémonique.
Section 3 : Agir sur les fondements du genre: changer les stéréotypes et rôles du genre
Objectif d’apprentissage
Renforcer la conscience individuelle et collective sur le fait que le genre est une construction
sociale qui peut être changée par l’engagement individuel et le soutien mutuel ; et le
harcèlement sexuel est une violation des droits de la personne.
3.1 L’action
Se mobiliser autour de la question du harcèlement sexuel est un engagement citoyen et une
obligation morale
Notre rôle de citoyen doit s’activer pour dénoncer, agir et accompagner : Brisons le
silence.
Mobilisation sociale et stratégie institutionnelles;
Engagement collectif;
Travailler pour un cadre universitaire de responsabilisation pour mettre fin au
harcèlement ;
Demeurer actifs dans la lutte contre toutes les formes des violences à l’égard des
femmes et de la jeune fille;
Etre soi-même un agent de changement dans la chaîne de la lutte
3.2 Approche de travail
.
La réflexion/Découverte (Activités de réflexion-action (Analyses des faits, Echanges)
d’expériences
L’information (Ateliers d’info- sensibilisation);
La mobilisation (Dialogue sectoriel et communautaire, dénonciation, persuasion et
Plaidoyer.
Le réseautage (synergies, alliances de solidarité et appuis aux victimes)
L’animation (Dissémination de l’info sur la problématique par du harcèlement,
éducation des pairs –es, conférences et campagnes par les médias et les réseaux
sociaux)
En conclusion
Nous rêvons des universités sans violences faites aux femmes, avec une tolérance zéro
au harcèlement sexuel. L’engagement individuel et collectif est impératif.
L’université sans harcèlement sexuel est possible et chaque personne dans ces milieux
est une actrice. Ensemble, nous devons agir
MASCULINITE POSITIVE UNE APPROCHE DE LUTTE
CONTRE LE HARCELEMENT SEXUEL
Les hommes et les Femmes comme partenaires
Pour réaliser l’égalité de genre.
Rédigé Par Hendrew Lusey en collaboration avec Carlin
PLAN D’INTERVENTION/FACILITATION
0. INTRODUCTION
1. OBJECTIFS DE LA FORMATION :
2. DEFINITIONS DES CONCEPTS :
3. CADRE CONCEPTUEL : Approches utilisées
4. QUELQUES ACTIVITES
5. CONCLUSION
0. INTRODUCTION
Travailler sur la masculinité positive dans la lutte contre le harcèlement sexuel implique de
- Concevoir que les hommes peuvent être des alliés stratégiques dans le travail de
transformation des rapports hommes-femmes.
- Identifier et de démontrer les avantages qu’ont les hommes à modifier leurs comportements
en adoptant des modèles de masculinité alternatifs.
1. Objectifs de la formation sur des formes positives de masculinités en rapport avec
les harcèlements sexuels
Comprendre que la masculinité positive est une nouvelle vie dans nos attitudes,
comportement de tous les jours et que ce n’est pas de l’imposition ;
Familiariser les étudiants et le corps enseignants des universités ciblées par le projet :
« Ensemble avec les étudiants pour lutter contre le Harcèlement des femmes en milieu
universitaire » ; sur les concepts clefs en l’occurrence : le genre, les masculinités, les
féminités, les sexualités, les harcèlements sexuels, le dividende patriarcal et le
dividende démographique ;
Susciter une réflexion critique auprès des étudiantes et des étudiants sur les enjeux et
les défis d’une masculinité rédemptrice, égalitaire, respectueuse et non-violente ;
Renforcer les capacités des étudiants d’apprendre, de comprendre et d’entreprendre le
travail des hommes et des garçons à promouvoir l’égalité du genre ;
Discuter avec les étudiantes et les étudiantes sur les critères que devraient les « Gender
Equitable Men » dans nos universités et nos communautés ;
Discuter et dégager des stratégies synchronisées en vue de s’attaquer aux défis liés à la
fois aux masculinités hégémoniques et aux féminités exagérées dans les universités
Congolaises inscrites au projet SJS.
2. Définition des concepts :
Le genre :
Le Genre renvoie aux rapports socialement construits à partir de la différence sexuelle. Il
définit les valeurs et les attitudes qu’une communauté ou une société juge comme
approprié à un sexe ou à l’autre. Le genre signifie divers rayons de rôles et relations, de
traits de personnalité, d’attitudes, de comportements, de valeurs et d’inégalité en terme de
pouvoir et de capacité d’influencer que la société attribue aux femmes et aux hommes. Le
genre est culturel (On apprend, Il change avec le temps, Il change d’une culture à une
autre et au sein même d’une culture. C’est les relations entre hommes et femmes dans une
culture donnée et les rapports de pouvoir inhérents à ces relations.
La masculinité :
« La masculinité ou la virilité, c’est le fait de se comporter de manière supposée propres
aux hommes. La façon dont les hommes perçoivent être un homme comme produit de
leur socialisation. Il se réfère À l'ensemble des normes, des valeurs et comportements
standards qui expriment explicitement ou implicitement les attentes Sur la façon dont les
hommes devraient agir et se présenter devant les autres ". La masculinité n’est pas la
même chose que « hommes ». Parler de masculinité signifie parler des relations entre les
sexes et la position des hommes dans le domaine du genre.
Ainsi, la masculinité positive serait par contre celle qui est dépourvue des violences, des
injustices, des viols, d’harcèlement et autres méfaits »,
Les féminités : est l'ensemble des caractères morphologiques, psychologiques et
comportementaux spécifiques, ou considérés comme spécifiques aux femmes. Ils sont
liés au sexe ou au genre, et fortement influencés, voire conditionnés par
l'environnement socioculturel.
Féminités exagérées : sont celles fortement influencées par l’environnement.
Par exemple : à l’université, les pressions liées à l’habillement, coiffures, etc…
Les sexualités :
La sexualité est l'une des principales forces de la nature que les humains expérimentent.
Les organes sexuels nous procurent du plaisir et la capacité de nous reproduire. le sens de
la sexualité varie entre les personnes et entre les hommes et les femmes, ainsi que selon
l'âge de la personne. Par exemple, la sexualité peut avoir des significations très
différentes pour une personne mariée ou une personne âgée. L’on apprend souvent aux
hommes et aux femmes à être « sexuels » de différentes façons et que la société a des
attentes différentes pour eux en fonction de leurs organes sexuels. Par exemple, on
enseigne souvent aux garçons que la performance sexuelle est essentielle pour devenir un
vrai homme, tandis que les filles apprennent souvent à cacher et à protéger leur sexualité
jusqu'à leur mariage,
Les harcèlements sexuels :
Est un enchaînement d'agissements hostiles et à connotation sexuelle, dont la répétition et
l'intensité affaiblissent psychologiquement la victime. Il peut viser à intimider la victime,
à la dominer, ou à obtenir un acte sexuel. Il désigne aussi les sollicitations de faveurs
sexuelles au travail sous peine de...(Wikipédia)
Le harcèlement sexuel est un délit quel que soit le lien entre l'auteur et la victime
Le dividende patriarcal : constitue des avantages que le groupe des hommes tire de la
subordination des femmes »
Le dividende démographique : On appelle dividende démographique les avantages
que les économies seraient susceptibles de tirer d'une phase particulière de la transition
... active cesse, puisqu'arrivent à l'âge de travailler des générations par définition
moins nombreuses puisque nées au cours de la phase de baisse de la fécondité. Un
pays dans lequel la part des jeunes dans la population augmente et le taux de fécondité
diminue peut récolter les fruits d'un « dividende démographique », un phénomène de
hausse de la productivité économique qui se produit lorsque le ratio de la population
active par rapport au nombre de personnes à charge ...
3. Cadre conceptuel
Pour lutter contre les harcèlements sexuels en milieux universitaires Congolais, nous
utiliserons les approches théoriques ci-après :
La construction sociale du genre :
Nous partirons du postulat selon lequel, le genre est un concept relationnel qui se
réfère à ce que signifie être une femme et/ou être un homme dans un contexte donné.
Construction sociale des rôles, des responsabilités et des comportements (masculin ou
féminin).
Les masculinités hégémoniques :
Constituent un idéal auquel beaucoup d’hommes aspirent. Cependant, cet idéal est
confronté à une intersection des paramètres qui peuvent le rendre inatteignable à
savoir le statut social, l’orientation sexuelle, la religion, la classe sociale et
économique. Cependant, les masculinités hégémoniques sont fluides, dynamiques et
peuvent changer lors des interventions prévues à cet effet.
Modèle écologique :
Nous nous attèlerons à ce que les étudiantes et/ou étudiantes ne soient abordés tout
seuls en tant qu’individu qui vit en isolement. Au contraire, leurs comportements en
matière d’harcèlements sexuels pourraient être influencés par leurs pairs, leurs
familles, leurs communautés et leurs sociétés. L’’établissement de programmes visant
à transformer les Rapports de genre (gender-transformative) signifie reconnaître et
traiter la dynamique institutionnelle et culturelle individuelle qui influence les
comportements et les vulnérabilités des hommes et des femmes.
Le “modèle écologique” s’avère un outil utile pour cartographier ces interrelations
multiples et toujours changeantes, et pour définir les points d’entrée pour les
programmes visant à transformer les rapports de genre. Ce modèle illustre
l’importance de travailler non seulement avec les individus, mais également avec
des groupes, des systèmes et des structures diversifiés et interconnectés pouvant
influencer les normes de genre et le comportement des hommes et des femmes.
Comme il n’est pas raisonnable de s’attendre à ce qu’une seule organisation,
mouvement ou programme puisse couvrir toutes ces influences – le modèle écologique
peut aider à contextualiser les possibles impacts d’un programme. Il pourra également
identifier les facteurs qui pourraient promouvoir (ou limiter) son potentiel de succès,
en favorisant en même temps les liens et la collaboration avec d’autres programmes.
Cette boîte à outil examine les stratégies de programme qui travaillent à ces différents
niveaux et à travers ceux- ci: éducation en groupe avec des personnes, des pairs et des
familles; renforcement des services sociaux et de santé; atteindre et mobiliser la
communauté; et campagnes de plaidoyer conçues pour changer les normes et pratiques
générales, sociales et politiques. Ceci inclut la transformation des structures légales,
politiques et économiques mais ne s’y limite pas. Chacun de ces types de stratégies de
programmes devra, de son côté, être vu comme une seule pièce d’une approche plus
générale et plus englobante. Par exemple, les réflexions et messages favorisant les
efforts d’éducation en groupe devront être complémentés et renforcés par des
stratégies à d’autres niveaux – depuis l’état de préparation des services locaux jusqu’à
l’implication des hommes et des garçons dans les initiatives d’éducation de la
communauté et de plaidoyer national.
3. QUELQUES ACTIVITES POUR PROMOUVOIR LES MASCULINITES
POSITIVES
Hommes et femmes engagés dans la lutte contre les violences
Promouvoir « l’égalité » de genre. Ce, pour reconnaître que les femmes et les hommes sont
des citoyens et des citoyennes pleinement libres et égaux (sur le plan légal et pratique) avec
les mêmes droits, capables et opportunités de choisir et conduire leur vie et d’y contribuer.
Rechercher l’égalité signifie se défaire progressivement des rapports de domination, de
discrimination.
Voilà l’importance d’engager les hommes et les garçons pour le changement des
comportements. Les coutumes et les manières de percevoir les choses dans les sociétés sont
créées par l’homme et le même homme est disponible pour le changement.
En d’autres termes, « l’homme étant la moitié du problème est aussi la moitié de la solution ».
Dans ce cadre qu’il faut, selon cette approche, transformer les relations inégalitaires, redéfinir
le sens des masculinités pour promouvoir l’égalité du genre, la santé de la reproductive et
l’empowerment économique des ménages dans une société moderne.
Le concept « masculinité positive » se veut un ABC pour faciliter un nouveau processus de
socialisation en République Démocratique du Congo en prenant en compte et faisant
participer les hommes et les garçons dans la lutte contre toutes les formes de discriminations
et violences faites aux femmes et à la jeune fille. Cette approche « masculinité positive »
place les hommes au centre de tous les programmes en vue d'une égalité entre les sexes
effectifs. Ce nouveau concept définit et recadre de façon lapidaire le contexte sociologique
congolais marqué par un patriarcat hégémonique définissant et limitant le rôle de la femme
qu'à la simple ménagère ou encore de lui éviter même de prendre parole devant les grandes
assemblées. Ce nouveau concept ouvre aux hommes des portes pour une longue vie et une vie
totalement épanouie à condition de revoir leurs attitudes et comportements. Il définit le rôle de
l'homme dans : la santé sexuelle et reproductive, l'engagement des hommes dans les
travaux domestiques, l'engagement des hommes dans la lutte contre les violences basées
sur le genre et l'engagement des hommes dans l'autonomisation et la participation
politique de la femme. Enfin, la masculinité positive vient en rescousse à l'approche genre.
Il est important de souligner que l’approche masculinité positive est un processus
d’accompagnement et en tant que tel, nécessite une certaine méthodologie et un outil de
travail qui va permettre aux intervenant de bien capacités les bénéficiaires dudit projet, les
atouts important afin du changement de comportement et attitudes.
Activité 1 : Comprendre le pouvoir et le Harcèlements sexuel
Objectif : Permettre la prise de conscience de l'existence du pouvoir dans les relations et
réfléchir sur la façon dont nous communiquons et démontrons le pouvoir dans les
relations.
Message clé : le pouvoir a de nombreux facettes et significations. En soi, le pouvoir est
neutre. Le pouvoir existe dans les relations avec les autres et ce n'est pas quelque
chose que nous avons toujours. Nous sommes constamment en mouvement à
l’intérieur et en dehors des situations et des relations où nous avons plus ou moins
de pouvoir. Chacun de nous a la capacité d'utiliser le pouvoir de façon positive.
Note au facilitateur :
Les informations ci-dessous peuvent aider à expliquer les sentiments d’avoir du pouvoir ou
sans pouvoir. Se sentir puissant peut se sentir comme être en contrôle, reconnu, courageux,
grand, fort, heureux. Se sentir impuissant peut signifier: Petit, sans aucun contrôle,
indésirable, timide et avec peur, sans confiance, triste.
Exercice 1. La personne et la chose
Consignes
1. Demandez aux participants de se lever et de se grouper en paire. Chaque paire devrait alors
décider lequel d'entre eux sera la « personne » et qui sera le « miroir ». Expliquez que, dans
chaque paire, le « miroir » doit imiter chaque mouvement fait par la « personne ». Donnez-
leur 2-3 minutes pour le faire.
2. Demandez à chaque paire d'échanger des rôles et de répéter le processus.
3. Utilisez les questions ci-dessous pour faciliter la discussion :
• Comment vous êtes-vous senti lorsque vous étiez la « personne »?
• Comment vous êtes-vous senti quand vous étiez le « miroir »?
• Avez-vous découvert le rôle du pouvoir à travers cet exercice ? Si oui comment?
• Dans votre vie en tant qu’étudiant (e), y va-t-il des moments où vous vous sentez
comme vous avez agi comme « personne »? Quand?
• Dans votre vie, y va-t-il des moments où vous vous sentez comme vous avez agi comme
un « miroir »? Quand?
4. Après que les étudiants ou corps académique aient partagé différents exemples, expliquez
que le pouvoir peut être positif ou négatif. Tout dépend des expériences personnelles.
Nous nous sentons souvent positifs et en contrôle lorsque nous nous sentons avoir du
pouvoir. Au contraire nous avons des sentiments négatifs quand nous nous sentons sans
pouvoir. Parfois nous avons le pouvoir en tant qu'individus, mais d'autres fois nous avons
le pouvoir (économique, politique, académique, social) qui vient avec l'appartenance à un
groupe plus puissant dans la société. Par exemple, certains hommes peuvent se sentir
puissants dans leur propre vie, mais en tant que groupe ethnique, ils peuvent souvent
manquer de pouvoir économique, social et politique.
5. Ensuite, lancez une discussion en groupe en utilisant les questions ci-dessous:
• Quels sont les différents types de pouvoir que nous pouvons avoir?
• Pouvez-vous penser à des formes positives de pouvoir? Ici vous pouvez fournir des
exemples comme avoir le pouvoir interne pour réaliser quelque chose, le pouvoir
collectif en tant que groupe pour faire le changement, etc.)
• Qui a généralement le pouvoir dans la société? A l’université ? Qui généralement n'a
pas le pouvoir A l’université ?
• De quelle manière les hommes sont-ils puissants?
• De quelle manière les femmes sont-elles puissantes?
• Y va-t-il une différence dans la façon dont les hommes utilisent le pouvoir et comment
les femmes l’utilisent?
• Comment le pouvoir est-il utilisé pour contrôler des choses comme, les cotes, les
l’argent, la terre et d'autres ressources?
• Comment le pouvoir est-il réparti entre les hommes dans les familles, à l’université ? Y-
a-t-il abus de pouvoir? Pouvez-vous donner un exemple (c.-à-d. Que faire si vous n'êtes
pas d'accord avec les professeurs, collègues étudiants)? Y a- t-il possibilité
d’amélioration?
• Quels seraient les avantages à un partage plus équitable du pouvoir?
Message de clôture :
Le pouvoir a de nombreux facettes et significations. En soi, le pouvoir est neutre. Le pouvoir
existe dans les relations avec les autres et ce n'est pas quelque chose que nous avons toujours.
Nous sommes constamment en mouvement à l’intérieur et en dehors des situations et des
relations où nous avons plus ou moins de pouvoir. Chacun de nous à la capacité d'utiliser le
pouvoir de façon positive.
Domaine Types de pouvoir Gens puissants
Sexuel Force, position sociale, usage d’armes, des Agresseurs sexuels, ceux ou celles qui
somnifères harcèlent, chefs d’entreprises
Social Pression du pair, brutalité Chefs, Maître/enseignant, parents,
Economique Contrôles accès aux marchandises/les Mari, père, chef de ménage
services/ l'argent/faveurs Chefs d’entreprises
Politique Les lois discriminatoires Les élus, les autorités politiques,
Physique La force, taille, usage d'armes, accès des Soldats, police, voleurs, bandits,
contrôles ou sécurité agresseur sexuel
Basée sur le Normes culturelles, structures de la famille Les hommes occupent habituellement
Genre traditionnelle une place plus puissante que les
femmes
Age relatif Normes culturelles, structure traditionnelles Les plus âgées
de la famille
Le pouvoir est directement lié au choix. Plus on a le pouvoir, plus on a le choix. Moins on a le
pouvoir, moins on a le choix. Les gens sans pouvoir ont moins de choix et par conséquence
sont plus vulnérables.
La VBG implique :
- Abus de pouvoir
- Rapport de pouvoirs inégal
Activité 1. Que feriez-vous face au harcèlement sexuel ?
Objectif : Examiner les choix que l'on a lorsqu’on est confronté à une situation difficile,
déterminer les conséquences possibles de chaque choix afin de sélectionner le choix
qui semble avoir le plus grand bénéfice et le moindre dommage pour l’individuel et
son environnement.
Message clé : Chaque jour, les gens sont appelés à opérer des choix. Cette activité souligne
que les étudiants sont responsables des choix qu'ils font et des choix qu'ils ne font
pas. De plus, cette activité cherche à faire comprendre qu'il y a des conséquences
qui accompagnent chaque choix opéré. Les étudiants vont apprendre comment se
comporter eux-mêmes et comment aider les autres à faire des choix avec les
conséquences les plus favorables. « Dans la vie réelle, la plupart de ce que nous
vivons a des implication affectant la vie des autres personnes. Lorsque nous prenons
des décisions pour nous-mêmes, nous devons réfléchir à la façon dont ces décisions
affectent les autres ».
Consignes
1. Le facilitateur introduit l'activité en disant: Nous avons partagé de nombreux exemples qui
vous sont arrivés lorsque vous vous été senti être traités comme une « chose », lorsque
vous vous êtes senti abusé et vu les autres utiliser la violence. Cette activité portera
davantage sur les relations avec des garçons /hommes et d’autres personnes. Cela implique
de définir ensemble des stratégies pour arrêter les abus / harcèlement sexuel et d’en
prévenir qu’autres. Au cours de cette activité, nous parlerons de qui vous vous confier pour
le soutien social. Nous allons aussi réfléchir aux idées que vous avez pour faire de bons
choix et sur comment vous pouvez non seulement faire de bons choix pour vous-même,
mais aussi avoir une influence positive sur les autres.
2. Dites aux membres du groupe qu'ils vont se diviser en petits groupes pour faire face aux
situations où les inégalités et les abus sont impliqués. Ils auront 5 minutes pour préparer un
jeu de rôle qui démontre leur choix.
3. Demandez aux étudiants de suivre la lecture du casus :
CAS
Matondo est professeur de Sociologie en deuxième graduat et est le doyen de cette
faculté. Dans cet auditoire, le CP du nom de Lufungula Eddy qui est en relations amoureuses
avec une étudiante (Marie NSOLO) du même auditoire. Il se fait que Matondo a toujours fait
des avances de façon exagérée à son étudiante Marie pour avoir également des relations
amoureuses. Mais la fille n’a jamais accepté à la demande de Matondo. Ce dernier en
apprenant que la fille avait des relations amoureuses avec Lufungula Eddy, il a commencé à
nouer des relations d’amitiés avec Lufungula. Il l’invitait à mainte reprise pour lui expliquer
la matière tout en partageant la boisson. Un jour dans leur conversation, ils ont touché ses
relations avec Marie. Matondo a demandé à Lufungula s’il n’a jamais eu des rapports sexuels
avec elle. Lufungulu lui a dit que Marie est une fille sage qui attend son mariage pour faire
des rapports sexuels. Matondo lui a ainsi révélé son plan. L’aider à faire des relations
sexuelles avec Marie s’il veut sortir le premier dans son auditoire la session suivante. Il lui
propose 400 dollars pour sortir avec Marie dans un hôtel, mettre des somnifères dans le verre
de marie et faire tout pour qu’il la laisse dans la chambre ou Matondo pourrait la rencontre.
Les parents de Lufungula ne sont pas satisfaits de ses performances académiques et lui ont
promis un séjour en Europe une fois sorti parmi les 5 premier de la classe. Lufungula aime
Marie et Marie a une pleine confiance en lui.
Personnage : Lufungula Eddy, Matonto, Marie Nsolo
Comment est-ce que Lufungula Eddy pourrait se comporter?
Devant Matondo
Devant Marie Nsolo
Devant ses parents
4. Discuter de ICED et dire aux participants « Nous allons utiliser ICED pour réfléchir à ce
que les gens devraient faire quand ils font face à un choix difficile. ICED est utile pour
réfléchir sur les alternatives possibles et comment choisir le meilleur.
1. Identifier le problème: préciser le problème et expliquer pourquoi il s'agit d'un problème.
2. Créez une liste des alternatives possibles qu'une personne pourrait traiter le problème.
3. Évaluez à quel point chaque alternative est constructive (de quelle manière l’alternative
aidera ou nuira-t-elle à la personne, de quelle manière l'alternative aidera où nuire-t-elle à
d'autres gens dans la vie de la personne?
4. Décidez et choisissez l’alternatives qui apporteront plus d'aide et moindre mal.
Message de clôture :
Nous partageons des expériences douloureuses, des blessures qui ont façonné nos mémoires
esprit et pensées, lorsque nous avons été victimes d’abus / harcèlement sexuel ou de violence
commise par les membres de nos professeurs, nos familles, des amis ou des étrangers.
Partager la douleur ou les doutes liés à de telles expériences nous aide à faire face à ces
expériences négatives d'une manière qui peut nous rendre plus forte. Il est important que nous
puissions nous protéger autant que possible contre la répétition. Par conséquent nous avons
besoin des autres. C'est quelque chose que nous ne pouvons pas faire seuls. Ensemble, nous
pouvons devenir plus fort et aider d'autres étudiants dans les universités, instituts
supérieurs et la communauté.
Activité 2. : Relations amoureuses exemptes de violence et d’abus/ harcèlement sexuel
Objectif : Identifier et discuter certains faits, mythes et défis que les garçons ont dans la
compréhension du consensus, de l'égalité, de la protection et de la responsabilité
dans leurs relations avec les filles.
Message clé : Les relations sexuelles et amoureuses saines se résument en CREP
(Consentement, Responsabilité, Égalité et Protection)
Consignes
1. Le facilitateur expliquez la notion de CREP :
Les Relations sexuelles saines se résument en: CREP
- Consensus = Les deux partenaires ont convenu en toute liberté la façon dont ils
Jouissent de la relation
- Responsabilité = Les deux partenaires prennent la responsabilité de la façon dont ils
Jouissent leurs relations
- Egalité = Les deux partenaires sont égaux dans la décision, dans la façon dont
Ils se jouissent Leur relation
- Protection = Les deux partenaires s’assurent d'avoir des relations sexuelles protégées:
Protection contre les grossesses non planifiées et non désirées et
d'éventuelles MST et le SIDA.
2. Le facilitateur explique aux participants qu’il va maintenant lire les scénarios et les
garçons se déplacent dans l’un au l’autre coté (d'accord ou désaccord) selon leurs
perceptions.
3. Après la lecture de chaque scénario, les facilitateurs encouragent chaque groupe de
défendre pourquoi il est d’accord ou non. Les participants doivent changer d'avis et de
côté une fois qu'ils sont convaincus par l'autre côté.
Scénarios
a. Garçon/homme donne des cadeaux ou des dons et en échange la jeune fille accepte la
relation sexuelle. Cette relation est-elle CREP ou Violence sexuelle?
b. Un copain arrive à toucher les seins et les organes génitaux d'une fille, alors qu'elle dit
non et montre une certaine résistance. Cette relation est-elle CREP ou Violence sexuelle?
c. Une fille et un garçon ont négocié l'utilisation d'un préservatif et les deux ont convenu
d'avoir des relations sexuelles. Cette relation est-elle CREP ou Violence sexuelle?
d. Une fille a besoin d'avoir des fonds pour payer ses études. Pour en avoir, elle accepte
d’avoir des rapports sexuels avec un homme/garçon en utilisant des contraceptifs. Cette
relation est-elle CREP ou Violence sexuelle?
4. Après avoir discuté le scenario, ouvrez la discussion en l’aide de questions suivantes :
Quelles formes de pression peuvent être utilisées pour avoir des rapports
sexuels et Qui fait cela?
Quelles sont les conséquences du harcèlement sexuel ?
Si vous avez une copine, qu’aimeriez-vous changer dans votre relation et
pourquoi?
Quels défis ou un obstacle pouvez-vous rencontre pour réaliser le
changement?
Q
uelles stratégies pourriez-vous utiliser pour impliquer les autres étudiants et
étudiantes dans le processus de changement?
Q
u’avez-vous appris aujourd’hui pouvant vous être utile dans votre vie ?
Activité 3. Engagement à arrêter la violence : le harcèlement sexuel
Objectif: Apprendre à rester ferme dans ses engagements pour stopper la
Violence /Harcèlement sexuel
Message clé: être ferme signifie : enraciné, sûr de soi, convaincu et flexible dans les relations
interpersonnelles. Lorsque vous êtes rigide, craintif et non flexible dans vos
relations, vous êtes plus vulnérable.
Activité 3.1 Réseaux de sécurité communautaire
Objectif
- Réfléchir sur comment les jeunes peuvent jouer un rôle actif dans la protection
des membres de la communauté contre la violence et développer des plans pour des réseaux
de sécurité communautaire.
- Réfléchir comment ils peuvent développer différentes activités à l'école ou au
centre de rééducation pour partager leurs nouvelles connaissances avec les autres élèves afin
de les engager dans le processus de changement et dans la prévention de nouvelles violences
et promouvoir les valeurs et normes de respect mutuel.
Message clé : Tout le monde dans la communauté a un rôle à jouer dans la promotion de la sécurité.
Les réseaux de sécurité communautaire sont un moyen très important de s’assurer que
les femmes, les enfants et les hommes victimes de violence aient accès aux soins, au
soutien et à la protection qu’ils ont besoin.
Exercice : Le nœud humain
Consignes
1. Expliquez que durant cette activité les étudiants discuteront de la promotion de la
sécurité dans la communauté estudiantine et de comment les étudiants
hommes/garçons peuvent travailler avec les étudiantes ensemble et participer
activement à la protection des membres de la communauté contre la violence et
spécialement contre le harcèlement sexuel.
2. Demander à tous 10 étudiants de se tenir par les mains pour former une longue ligne
en forme d’une corde.
3. Une personne, faisant partie de la corde, se tient devant les autres et devient comme le
centre de gravité.
4. Sans se lâcher les mains, les autres tournent autour de lui jusqu'à ce que la logue ligne
prenne la forme d’un nœud.
5. Ensuite, tout le monde ferme les yeux et lève les mains en l'air.
6. Toujours les yeux fermés, chaque main cherche une autre main de part et d’autre.
7. Le facilitateur fait en sorte que chaque main trouve une autre afin que le groupe
parvienne à faire un nœud
8. Après que le nœud soit formé, leur demander d’ouvrir les yeux et commencer à délier
le nœud sans se lâcher les mains.
9. Après l’exercice, faciliter les échanges avec les questions suivantes :
Comment avez-vous trouvé ce jeu?
Avez-vous réussi à dénouer la corde ?
Si oui, qu’est-ce qui vous a aidé à réussir ?
Si non, pourquoi et qu’est-ce qui aurait dû être fait pour que vous réussissiez ?
Quels obstacles avez-vous rencontrés?
Comment avez-vous identifié le rôle de la communication et collaboration dans cet
exercice ?
Pouvez-vous donner des exemples tirés de la vie réelle où chacun a besoin ou
dépend de l’autre pour réaliser sa tâche?
10. Dire aux participants que les personnes victimes de violence à l’instar du harcèlement
sexuel ont un certain nombre de besoins fondamentaux qui peuvent être satisfaits par
les amis ou la famille, par les membres de la communauté et l’administration. Ces
trois besoins fondamentaux sont : 1) Soins ; 2) Soutien ; et 3) protection.
Répondre aux besoins fondamentaux des victimes de la violence1
Besoins Les amis et la famille Les membres de la communauté L’administration peut
Fondamentaux peuvent apporter… peuvent apporter… apporter…
Les Soins De la reconnaissance, De l’intérêt et du souci, des soins faciliter l’accès à un
d’un environnement pour la personne dans le besoin traitement médical,
propice à la guérison service de santé mentale,
des blessures et à la services sociaux,
réduction de la douleur éducation ….
et de la peur
Le Soutien Aide, des conseils et -Le sentiment d’être connecté aux Soutien à travers les
soutien moral autres et intégré au sein de la services sociaux, les
communauté écoles et les églises
-Du soutien à travers des traditions
socioculturelles positives
La Protection Un abri et une Des réseaux de sécurité dans le faciliter l’accès à la
protection contre toute voisinage pour protéger les victimes police et au système
forme de violence et et prévenir les la violence judiciaire
abus
- Qui ont besoin de l’aide dans votre milieu estudiantin ? Pourquoi ont-ils besoins de
l’aide et quel type d’aide ont-ils besoin ?
- Comment pouvons-nous apporter soins : en tant que personnes? Membres de la
communauté UPC/ISC/IFASIC ?
- Comment pouvons-nous apporter du soutien : en tant que personnes ? Membres de la
communauté UPC/ISC/IFASIC ?
- Comment pouvons-nous apporter de la protection : en tant que personnes ? Membres
de la communauté UPC/ISC/IFASIC ?
- Connaissez-vous des services en place dans votre communauté qui offrent une aide
spécialisée aux personnes victimes de violences ?
1
Adopté et développé par Henny Slegh and CAPAZ-Maputo
- Comment pouvez-vous jouer un rôle actif et prépondérant dans la protection des
hommes, des femmes, des enfants et des familles de votre communauté contre les
violences ?
- Comment pouvez-vous aider à encourager la solidarité et la sécurité au sein de votre
communauté UPC/ISC/IFASIC ?
13. Après avoir parlé des trois besoins fondamentaux, présentez l’idée de créer des réseaux de
sécurité communautaire au sein de l’institution supérieure. Expliquez que les réseaux de
sécurité communautaire sont conçus pour créer des liens entre les individus afin d’aider à
protéger une personne en danger et d’encourager la solidarité au sein de la communauté.
Partager les exemples de quelques-unes des différentes solutions qu’un réseau de sécurité
communautaire peut offrir :
Quelques-unes des différentes solutions qu’un réseau de sécurité communautaire peut
offrir
Un membre de la communauté sait qu’il peut demander de l’aide à autrui s’il est harcelé par un
professeur, un étudiant.
Les étudiants et étudiantes savent qu’ils peuvent dénoncer, intervenir, quand une fille de
l’université est en train d’être harcelée par un professeur, corps académique.
Les membres de la communauté acceptent d’assister la victime s’ils la voient menacé ou violé.
Les membres de la communauté apportent soutien et protection aux personnes et étudiants en
danger. Ils ne résolvent pas les problèmes, mais ils apportent soutien, protection et un endroit sûr
pour les femmes, les hommes et les enfants menacés ou isolés.
Les voisins et les membres de la communauté appellent à l’aide pour les autres personnes dans le
besoin, ou dirigent la personne vers un service public en place.
Les garçons /hommes sont conscients qu’ils peuvent conseiller d’autres étudiants (es)qui sont à
risque.
Les CP des différentes promotions /Dans les universités :
- Veillez sur les situations générales de tous les étudiants (es). A travers eux, ils peuvent utiliser
leur pouvoir comme relais entre étudiantes et professeurs, étudiants entre eux. (Par exemple :
pour n’avoir pas acheté un syllabus, pour n’avoir pas fait son TP, etc., ….
- Organiser les séances d’éducations avec les nouveaux venus, en leur donnant les gardes fous
fin de les aider à ne pas tomber aux f=différentes formes des violences sexuelles.
14. Après avoir discuté de l’idée d’un réseau de sécurité communautaire, demandez au
groupe : Ce modèle de réseau de sécurité communautaire peut-il fonctionner dans votre
communauté ?
16. Laissez aux participants 15 minutes pour discuter et créer un plan pour un réseau de
sécurité communautaire dans leur milieu universitaire.
17. Expliquez qu’ils doivent trouver des solutions à ces questions:
Quelles mesures à prendre pour assurer la sécurité aux filles, femmes face aux
harcèlements sexuels ?
Qu’avons-nous besoin pour créer un réseau de sécurité solide?
Comment pouvons-nous encourager les membres des réseaux à se soutenir pour
répondre aux besoins de ceux ou celles qui sont en danger ?
CONCLUSION :
L’union fait la force et main dans la main luttons contre le harcèlement sexuel dans nos
milieux universitaires.
Merci
MODULE D’INFORMATION
RELATIVE A LA LUTTE
CONTRE LE HARCELEMENT
SEXUEL
Par Maître Marcel WETSH’OKONDA
KOSO et Priscille NGOIE
MODULE D’INFORMATION
RELATIVE A LA LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT SEXUEL
Par Maîtres Marcel WETSH’OKONDA KOSO et Priscille NGOIE K.
Décembre 2017
PLAN SOMMAIRE
Introduction
Chapitre préliminaire : Considérations générales sur le harcèlement sexuel
Section 1 : La définition du harcèlement sexuel
Section 2 : Le fondement juridique du harcèlement sexuel
Section 3 : Les causes et conséquences du harcèlement sexuel
Chapitre premier : La prévention du harcèlement sexuel
Section 1 : Les obligations de l’étudiant
Section 2 : Les obligations de l’enseignant
Section 3 : Les obligations de l’administration
Chapitre second : La répression du harcèlement sexuel
Section 1 : La responsabilité disciplinaire de l’auteur du harcèlement sexuel
Section 2 : La responsabilité civile de l’auteur du harcèlement sexuel
Section 3 : La responsabilité pénale de l’auteur du harcèlement sexuel
Conclusion
Bibliographie
Annexes
Introduction
Au lieu d’être des sanctuaires de l’excellence, les universités et instituts supérieurs congolais,
singulièrement l’Université de Kinshasa (UNIKIN), l’Université protestante au Congo (UPC)
et l’Institut supérieur du Commerce (ISC) sont plutôt devenus des terreaux favorables à la
prolifération de toutes sortes d’antivaleurs.
La fraude sous toutes ses formes, le tribalisme, le régionalisme, la prostitution et la corruption
ou le monnayage des cotes n’en constituent –hélas ! - que quelques exemples.
A cela s’ajoute une autre pratique à laquelle les étudiantes2 paient un lourd tribut et qui les
marquent négativement tout au long de leur vie, à savoir le harcèlement sexuel.
A notre connaissance et aussi paradoxal que cela puisse paraître, depuis son intégration, en
2006, dans le Code pénal congolais, en dépit de la multitude des cas vantés, le harcèlement
sexuel n’a fait l’objet d’aucune décision judiciaire3. Cet état de choses s’explique, dans une
large mesure par l’ignorance, par les victimes, de leurs droits et des voies et moyens les plus
appropriés de les défendre.
Les présentes notes de cours destinées principalement aux étudiants des universités et instituts
supérieurs et, à titre secondaire, aux enseignants, aux administrations et aux parents des
étudiants s’inscrivent dans le cadre des initiatives multiples et variées prises pour lutter contre
ce fléau qui trouve son terrain de prédilection dans nos universités et instituts supérieurs.
L’objectif qu’elles poursuivent est de mettre à la disposition de leurs destinataires le plus
d’informations possible afin de leur permettre de faire face à cette infraction.
Elles s’articulent autour de deux parties principales. La première est consacrée à la prévention
du harcèlement sexuel. Elle part de la conviction selon laquelle, comme dans beaucoup
d’autres matières, dans le domaine de la lutte contre le harcèlement sexuel qui nous occupe, il
vaut mieux prévenir que guérir. A cet effet, les efforts gagnent à être concentrés et orientés
dans trois directions au moins. Outre les étudiantes elles-mêmes, ils devraient viser les
enseignants et les administrations des universités et des instituts supérieurs.
La seconde, quant à elle, porte sur la répression du harcèlement sexuel. Sans lutte sans merci
contre l’impunité des auteurs de celui-ci, il n’y a pas de doute que l’ampleur de celui-ci ne
pourra sinon être annihiler purement et simplement, du moins, être réduite dans les limites du
tolérable.
A cet égard, trois pistes méritent d’être explorées. Elles portent successivement sur la
responsabilité disciplinaire, la responsabilité civile et la responsabilité pénale des auteurs du
harcèlement sexuel. Au lieu de rester indifférente face aux enseignants qui ternissent leurs
images de marquent, les universités et les institutions supérieurs devraient être les premiers à
leur demander des comptes et, en cas de besoin, à les rendre comptables de leurs actes.
2 Les étudiantes ne sont pas les seules victimes du harcèlement sexuel. Elles semblent,
cependant, les plus nombreuses. En revanche, seul un nombre limité d’étudiants et
d’enseignants sont victimes de harcèlement sexuel.
3 Lire notamment Avocats Sans Frontières, La justice face à la banalisation du viol en
République démocratique du Congo Etude de jurisprudence en matière des violences
sexuelles de droit commun, Bruxelles, Avocats sans frontières, 2012.
Les Cours et tribunaux ne devraient pas être du reste. Ils devraient, au contraire, être mis
utilement à contribution en condamnant les harceleurs sexuels à l’indemnisation des victimes.
Ce qui aurait pour effet de servir de leçons à leurs collègues tentés par les mêmes pratiques
peu recommandables.
Les mêmes Cours et tribunaux ne devraient pas hésiter, le cas échéant, à infliger aux auteurs
du harcèlement sexuel qui le méritent, les sanctions les plus sévères prévues par l’arsenal
législatif congolais, en l’occurrence la peine de prison et/ou celle d’amende, assorties ou non
du paiement des dommages-intérêts.
Mais avant d’en arriver là, il y a lieu de dissiper des éventuels malentendus sur les notions de
base liées au harcèlement sexuel. Tel est l’objet du chapitre préliminaire consacré aux
considérations générales sur cette infraction.
De là le plan sommaire des notes qui se décline de la manière suivante :
Chapitre préliminaire : Considérations générales sur le harcèlement sexuel
Chapitre premier : La prévention du harcèlement sexuel
Chapitre second : La répression du harcèlement sexuel.
Chapitre préliminaire : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LE
HARCELEMENT SEXUEL
Il arrive que les expressions soient utilisées sans rigueur et à tort et à travers avec toutes les
conséquences négatives que cela comporte. C’est pour éviter de tomber dans ce piège que,
dans ce chapitre préliminaire, nous avons jugé bon de circonscrire la notion de harcèlement
sexuel (Section 1).
Un tel objectif ne peut être atteint qu’à la condition que soient examinés, au même moment,
tant le fondement juridique (Section 2) que les causes et les conséquences attachées à cette
infraction (Section 3).
Section 1 : LA DEFINITION DU HARCELEMENT SEXUEL
Le harcèlement sexuel fait l’objet de deux définitions. La première, ordinaire, est proposée
par le dictionnaire ordinaire. La seconde, beaucoup plus technique, est celle du Code pénal. Il
convient d’évoquer l’une et l’autre avant de dégager une synthèse.
Le Larousse 2016 définit le harcèlement sexuel comme le fait d’abuser de l’autorité que
confère une fonction pour obtenir une faveur sexuelle4.
Dans toute société humaine, il y a toujours ceux qui dirigent et ceux qui sont dirigés ; ceux qui
commandent et ceux qui sont commandés. Les relations entre les uns et les autres sont
verticales. Autrement dit, ceux qui sont commandés doivent obéissance à ceux qui
commandent.
Cette obéissance doit, cependant, connaître des limites. On ne saurait ainsi accepter que, sous
prétexte d’autorité, on contraigne quelqu’un à accorder des faveurs sexuelles. Une telle
atteinte aux droits de l’homme, plus précisément à l’intégrité physique et morale et à la
dignité de la personne humaine est érigée en une infraction. C’est le harcèlement sexuel.
A titre illustratif, les enseignants d’université qui contraignent les étudiants à leur accorder
des faveurs sexuelles en échange des points se rendent coupables de cette infraction.
Aux termes de l’article 174 d du Code pénal congolais
« Quiconque aura adopté un comportement persistant envers autrui, se traduisant par des
paroles, des gestes soit en lui donnant des ordres ou en proférant des menaces ou en
imposant des contraintes, soit en exerçant des pressions graves, soit en abusant de l’autorité
que lui confère ses fonctions en vue d’obtenir de lui des faveurs de nature sexuelle sera puni
de servitude pénale de un à douze ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille franc
congolais constants ou d’une de ces peines seulement 5».
On trouvera le commentaire de cet article introduit dans le Code pénal congolais à la faveur
de sa révision du 20 juillet 2006 dans le chapitre second des présentes notes.
4Larousse 2016, p.663.
5Code pénal congolais. Décret du 30 janvier 1940 tel que modifié et complété à ce jour.
Mise à jour au 5 octobre 2006, Kinshasa, Journal officiel de la République démocratique du
Congo, 47ème année, numéro spécial, 5 octobre 2006, p.54.
En attendant, il importe de souligner que le harcèlement sexuel consiste dans un abus
d’autorité consistant, pour la personne qui en dispose, d’exiger des faveurs aux personnes
soumises sous leur autorité.
Section 2 : LE FONDEMENT JURIDIQUE DU HARCELEMENT SEXUEL
Section 3 : LES CAUSES ET LES CONSEQUENCES DU HARCELEMENT SEXUEL
Chapitre premier : LA PREVENTION DU HARCELEMENT SEXUEL
Le harcèlement sexuel n’est pas une fatalité. Au contraire, il peut être évité. Il suffit, pour
cela, que chacun assume sa part de responsabilité. Il n’en demeure pas moins que la
responsabilité principale, en la matière, incombe aux étudiants eux-mêmes (Section 1). Celle
des enseignants (Section 2) et de l’administration des instituts d’enseignement supérieur et
des universités (Section 3) ne doit pas, pour autant, être négligée.
Section 1 : LA RESPONSABILITE DES ETUDIANTS
Section 2 : LA RESPONSABILITE DES ENSEIGNANTS
Section 3 : LA RESPONSABILITES DE L’ADMINISTRATION
L’administration des instituts supérieurs et des universités peut contribuer efficacement à la
prévention du harcèlement sexuel en faisant preuve de rigueur dans le recrutement,
l’encadrement et la surveillance des enseignants, sans oublier la mise en cause de la
responsabilité disciplinaire de ceux-ci. La responsabilité disciplinaire relevant de la répression
des auteurs du harcèlement sexuel, elle sera abordée dans le chapitre second des présentes
notes. Il s’ensuit que seuls le recrutement (§ 1), l’encadrement (§2) et la surveillance (§3) des
enseignants retiendront notre attention sous cette section.
§ 1. Le recrutement des enseignants
Selon l’article premier du Décret-loi n°017/002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite
de l’agent public de l’Etat, l’agent public est « toute personne qui exerce une activité publique
de l’Etat et/ou est rémunérée par ce dernier6 ».
L’enseignement supérieur étant un service public et les enseignants qui le dispensent étant
rémunérés par l’Etat, ces enseignants sont donc soumis à ce texte juridique qui dispose, en son
article 7, que :
« L’agent public ayant des responsabilités en matière de recrutement, de nomination ou de
promotion doit veiller à ce que les vérifications appropriées de l’intégrité morale du candidat
soient effectuées conformément à la loi.
En cas de doute sur une situation donnée, il doit requérir l’avis de son supérieur
hiérarchique7 ».
De la lecture de cet article, il se dégage que les qualités intellectuelles aussi élevées soient-
elles ne constituent pas une condition suffisante pour être nommé comme enseignant. Encore
faut-il qu’elles soient accompagnées des qualités morales.
Il va sans dire que l’application rigoureuse de cette règle juridique, par l’administration des
instituts supérieurs et des universités, contribuerait de manière significative à la prévention de
6 Article premier du Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de
l’agent public de l’Etat, Statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat et
Règlements d’administration. Recueil des textes coordonnés et mis à jour au 15 octobre
2004, Journal officiel de la République démocratique du Congo, 45ème année, numéro spécial,
15 août 2004, p.43.
7 Op.cit., p.45.
beaucoup de maux qui rongent ces hauts lieux de savoir, notamment le harcèlement sexuel. Il
y va de leur crédibilité et de leur honneur.
A notre humble avis la mise en place, par les instituts supérieurs et les universités, d’une boite
aux lettres à la disposition des étudiants qui n’ont pas toujours le courage de les tenir informés
des antivaleurs dont ils ont connaissance les aiderait à mieux comprendre le profil des
candidats enseignants.
§2. L’encadrement des enseignants
L’article 8 du Décret-loi n° 017/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de l’agent
public de l’Etat dispose que :
« A son entrée en fonction, l’agent public de l’Etat doit prendre connaissance du présent
Code et le responsable du service de recrutement doit s’assurer que celui-ci l’a lu et compris
et s’est engagé par écrit à s’y conformer8 ».
Cette disposition légale présente un intérêt capital en matière de prévention du harcèlement
sexuel. Elle donne de très bonnes indications sur l’encadrement dont les enseignants doivent
bénéficier de la part de l’administration de leur institut supérieur ou de leur université.
Cet encadrement doit passer, entre autres, par la lecture et la compréhension, par l’enseignant,
du Code de conduite de l’agent public de l’Etat. A cela s’ajoute l’engagement par écrit, par le
même enseignant, de respecter le même Code, notamment dans ses dispositions relatives au
harcèlement sexuel.
La lecture du Code suppose que le texte du Code est disponible et qu’il est mis à la
disposition des enseignants. Il pourrait également faire l’objet d’un affichage aux valves.
La compréhension du même document exige que l’administration de l’institut supérieur ou de
l’université insiste pour que l’enseignant concerné la lise effectivement. Elle peut également
en profiter pour attirer son attention particulièrement sur les dispositions en rapport avec le
harcèlement sexuel.
L’engagement par écrit de respecter le Code de conduite de l’agent public de l’Etat est une
obligation juridique qui incombe aux agents publics de l’Etat, en général, singulièrement aux
enseignants. L’administration des instituts supérieurs et des universités devrait veiller à ce
qu’ils ne s’y dérobent sous aucun prétexte.
§3. La surveillance des enseignants
De la lecture de l’article 8 du Code de conduite de l’agent public précité, il s’avère qu’au
nombre des obligations qui incombe aux responsables de recrutement des agents publics de
l’Etat, y compris ceux des instituts supérieurs et des universités, il convient de mentionner
celle de s’assurer que les agents publics de l’Etat concernés, notamment les enseignants se
conforment audit Code.
8 Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de l’agent public de
l’Etat, Statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat et Règlements
d’administration, op.cit., p.45.
Cela implique que l’administration devrait surveiller rigoureusement le comportement ou la
conduite des enseignants pour s’assurer que ceux-ci ne violent pas ledit Code, entre autres, en
se livrant au harcèlement sexuel.
Dans cette perspective, elle devrait être attentive aux doléances des étudiants et, en cas de
besoin, ne pas hésiter à effectuer les vérifications nécessaires.
Chapitre second : LA REPRESSION DU HARCELEMENT SEXUEL
Quels que soient les efforts qu’on puisse fournir pour prévenir le harcèlement sexuel, il y a
aura toujours des personnes pour le commettre. Il ne faut ménager aucun effort pour les punir
les. Ce qui aidera non seulement à prévenir la récidive mais aussi à va servir de leçon aux
autres harceleurs sexuels potentiels.
Trois pistes méritent d’être explorer pour punir les auteurs de harcèlement sexuel. Il s’agit de
la mise en cause de leur responsabilité disciplinaire (Section I), civile (Section II) et pénale
(Section III).
La gravité des sanctions varie d’une piste à une autre, les sanctions les plus sévères étant celle
relative à la responsabilité pénale tandis que les plus douces renvoient à la responsabilité
disciplinaire.
Section 1 : LA RESPONSABILITE DISCIPLINAIRE DES AUTEURS DE
HARCELEMENT SEXUEL
Tous les agents publics de l’Etat sont régis par le Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002
portant Code de conduite de l’agent public de l’Etat. Ce texte juridique définit l’agent public
de l’Etat comme « toute personne qui exerce une activité publique de l’Etat et/ou rémunérée
par ce dernier9 ».
L’enseignement étant un service public et les enseignants étant rémunérés par l’Etat, ils sont
donc des agents publics de l’Etat. A ce titre, ce décret-loi leur est opposable. De ce fait, ils
peuvent se rendre coupables des fautes disciplinaires qu’il prévoit (§1) et peuvent en
répondre, au moyen d’une sanction ou d’une peine disciplinaire (§2), infligée, au terme de la
procédure applicable (§3), par l’autorité administrative compétente (§4).
§1. La faute disciplinaire
Au nombre des devoirs qui incombent aux agents publics de l’Etat, y compris les enseignants,
le Décret-loi n°17/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de l’agent public de
l’Etat cite le vagabondage sexuel10 et le harcèlement sexuel11.
La violation de ces devoirs constitue une faute disciplinaire. C’est ce qui se dégage de l’article
29 du même décret aux termes duquel : « L’agent public de l’Etat qui, intentionnellement,
enfreint ses devoirs professionnels ou se place dans un cas d’incompatibilité est passible
d’une sanction disciplinaire conformément aux dispositions du Code, du statut, du Règlement
9 Article premier du Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de
l’agent public de l’Etat, Statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat et
Règlements d’administration. Recueil des textes coordonnés et mis à jour au 15 octobre
2004, Journal officiel de la République démocratique du Congo, 45ème année, numéro spécial,
15 août 2004, p.43.
10 Article 9, point 2 : « L’agent public doit : (…) s’abstenir de tout acte d’improbité et immoral
susceptible de compromettre l’honneur et la dignité de ses fonctions, notamment
l’ivrognerie, le vagabondage sexuel, l’escroquerie, le vol, le mensonge (…) »
11 Article 19 : « L’agent public de l’Etat est tenu à la courtoisie dans son langage, ses écrits et
tous ses actes. Il doit faire preuve de sincérité, d’honorabilité, de civilité et de bonne tenue.
Il doit s’abstenir des menaces, injures, intimidations, harcèlement sexuel ou moral et
d’autres formes de violence ».
d’administration ou de la Convention auxquelles il est soumis, indépendamment, des peines
prévues par le Code pénal congolais ».
Il s’ensuit que s’il peut engager la responsabilité pénale ou civile des enseignants, le
harcèlement sexuel peut aussi engager leur responsabilité disciplinaire12. Ce qui peut se
traduire par leur condamnation à une peine disciplinaire.
§2. La peine disciplinaire
L’enseignant d’un institut supérieur ou d’une université qui se rend coupable de harcèlement
sexuel est passible de l’une des peines ou sanctions disciplinaires suivantes :
1. Le blâme ;
2. La mise à pieds ;
3. Le licenciement ;
4. La révocation.
§3. La procédure disciplinaire
La procédure disciplinaire doit être clôturée dans le deux mois à dater de son ouverte, faute de
quoi elle est caduque. Elle est ponctuée de sept étapes au moins, à savoir :
1) l’ouverture de l’action disciplinaire au moyen d’un procès-verbal en deux exemplaires
dont l’un et remis à l’agent concerné qui doit y apposer sa signature ou dont le refus de
le faire doit être mentionné en présence de deux témoins (l’autorité compétente peut
ouvrir l’action disciplinaire de sa propre initiative ou sur réquisition de l’autorité
supérieure ou de l’Observatoire du Code d’éthique professionnelle13) ;
2) Justifications de l’agent dans les cinq jours suivant l’ouverture de l’action
disciplinaire ;
3) Audition sur procès-verbal de l’agent ;
4) Confrontation entre l’agent et le plaignant s’il y en a ;
5) Constat et saisie éventuelle moyennant procès-verbal des pièces à conviction ;
6) Décision de l’autorité compétente (elle peut consister en un classement sans suite, une
condamnation ou la transmission du dossier à l’autorité compétente pour prendre la
sanction disciplinaire) ;
7) Recours éventuel de l’agent concerné contre la décision de l’autorité compétente (dans
un délai de huit jours).
§4. L’autorité compétente
12 Le fait, pour les autorités académiques de rester indifférentes à l’égard du harcèlement
sexuel commis par les enseignants constitue aussi une faute disciplinaire conformément à
l’article 30 du Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de l’agent
public de l’Etat aux termes duquel : « Sous peine des sanctions disciplinaires et/ou pénales
prévues par la loi, tout agent public de l’Etat investi, à un degré quelconque, du pouvoir
disciplinaire a qualité pour ouvrir d’office ou sur réquisition de ses supérieurs hiérarchiques
ou de l’Observatoire du Code d’éthique professionnelle, l’action disciplinaire à charge d’un
agent public de l’Etat placé sous son autorité ou ses ordres ».
13 Article 30 du Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de
l’agent public de l’Etat, Statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat et
Règlements d’administration. Recueil des textes coordonnés et mis à jour au 15 octobre
2004, Journal officiel de la République démocratique du Congo, 45ème année, numéro spécial,
15 août 2004, p.50.
L’autorité compétente dépend de la sanction concernée et du grade de l’enseignant en cause.
Le tableau suivant détermine l’autorité compétente pour infliger les sanctions de blâme ou de
mise à pieds selon les grades des enseignants concernés :
Grades Autorités compétentes
Blâme Mise à pieds
Recteur Ministre de l’enseignement Ministre de l’enseignement
Directeur général supérieur supérieur
Secrétaire général
académique Ministre de l’enseignement Ministre de l’enseignement
Secrétaire général supérieur supérieur
administratif
Administrateur du budget
Professeur ordinaire
Professeur Comité de gestion Conseil d’administration
Professeur associé
Chef de travaux
Assistants
La révocation et le licenciement ne peuvent être décidés que par l’autorité de nomination des
enseignants.
Section 2 : LA RESPONSABILITE CIVILE DES AUTEURS DE HARCELEMENT
SEXUEL
Comme précédemment indiqué, le harcèlement sexuel entraine beaucoup de conséquences
négatives. C’est pourquoi les victimes sont fondées à mettre en cause la responsabilité civile
des auteurs de cette infraction.
La finalité de la mise en cause de la responsabilité civile de l’auteur du harcèlement sexuel est
de l’amener réparer le dommage subi par la victime.
A cet effet, il importe qu’elles connaissent les conditions requises pour engager la
responsabilité civile (§1), les juridictions compétentes (§2) et la procédure applicable en la
matière (§3).
§ 1. Les conditions requises pour la responsabilité civile
Les conditions requises pour engager la responsabilité civile sont définies par le Code civil et
ses articles 258 et suivants. Il s’agit d’une faute ou d’fait dommageable (A), d’un préjudice
(B) et du lien de cause à effet entre le fait dommageable et le préjudice (C).
A. Le fait dommage
Le fait dommageable est un acte, une action ou une omission qui cause préjudice ou un dégât
à autrui. Le harcèlement sexuel en est un dans la mesure où il entraine des conséquences
négatives dans la vie de la victime.
Il faut noter que les enseignants agissent sous la responsabilité des instituts d’enseignement
supérieur ou universitaire. Ceux-ci peuvent engager leur responsabilité civile en même temps
que leurs enseignants. Il n’est pas exigé, pour cela, qu’ils aient commis une faute quelconque.
Le fait qu’ils n’aient pas fait preuve de rigueur dans le recrutement et/ou l’encadrement de
leurs enseignants suffit. Sur le plan stratégique, la mise en cause de la responsabilité des
instituts supérieurs ou des universités du fait du harcèlement sexuel commis par leurs
enseignants s’avère nécessaire pour lutter efficacement contre ce fléau.
B. Le préjudice
Le préjudice peut être défini comme un dommage, un dégât. Le fait, pour une victime, de
quitter un institut supérieur ou une université du fait du harcèlement sexuel en est un. Il en va
de même du fait, pour la même victime, d’échouer à cause de la rétention de ses côtes par le
professeur harceleur sexuel.
C. Le lien de cause à effet entre le dommage et le préjudice
Il ne suffit pas, pour la responsabilité civile de l’auteur du harcèlement sexuel soit engagée,
que la victime démontre qu’elle a subi un préjudice. Il faut, en plus, qu’elle démontrer le lien
de cause à effet entre le fait dommageable de l’harceleur et le préjudice qu’elle a subi.
Autrement dit, il faut qu’elle démontre que le préjudice qu’elle a subi trouve sa cause dans le
comportement de l’harceleur sexuel ou qu’elle en est la conséquence directe.
§2. Les juridictions compétentes
La mise en cause de la responsabilité civile des auteurs de harcèlement sexuel peut se faire de
deux manières différentes :
-en même temps que la mise en cause de la responsabilité pénale : dans ce cas, les règles à
suivre sont précisées ci-dessous ;
-ou alors uniquement pour être indemnisé pour le préjudice subi du fait du harcèlement
sexuel : dans ce cas, c’est le tribunal de grande instance qui est compétent, peu importe la
qualité de l’auteur de l’infraction, qu’il soit civil ou militaire, ministre, député ou un citoyen
ordinaire.
Il ne s’agit pas, cependant, de n’importe quel tribunal de grande instance mais de celui de son
domicile.
§3. La procédure applicable
Le tribunal ne peut pas, de lui-même, convoquer l’auteur du harcèlement sexuel pour lui
demander d’indemniser de la victime. En termes plus technique, on dit que le tribunal ne
s’autosaisit pas. Pour qu’il puisse agir, il faut qu’il soit saisi par la personne ayant qualité,
c’est-à-dire la victime.
Pour se faire, celle-ci doit déposer une assignation au tribunal. L’assignation doit préciser les
adresses de la victime et de l’auteur du harcèlement sexuel ; les circonstances qui ont entouré
le harcèlement sexuel ; les attentes de la victime.
La victime peut s’adresser au Bâtonnier pour obtenir le concours d’un avocat pour l’aider à
rédiger l’assignation et à la défendre au tribunal ou auprès de la Cour.
Section 3 : RESPONSABILITE PENALE DES AUTEURS DE HARCELEMENT
SEXUEL
Le législateur congolais ayant érigé le harcèlement sexuel en infraction, la responsabilité
pénale des auteurs de celle-ci peut être engagée. Autrement dit, les auteurs du harcèlement
sexuel peuvent être déférés devant la justice pour répondre de leurs actes. Pour aider les
victimes à y parvenir, la première section se propose de les éclairer tour à tour sur les
éléments constitutifs de l’infraction (§1), son régime répressif (§2), les juridictions
compétentes en la matière (§ 3) et la procédure applicable devant lesdites juridictions (§4).
§1. Les éléments constitutifs du harcèlement sexuel
Comme toutes les autres, l’infraction de harcèlement sexuel comprend trois éléments
principaux. Il s’agit de l’élément légal (A), des éléments matériels (B) et de l’élément moral
(C). Il y a lieu de les passer en revue les uns après les autres en les étayant, dans la mesure du
possible, par quelques exemples tirés de la vie estudiantine telle que rapportés par les
étudiantes.
A. L’élément légal
En République démocratique du Congo, il n’y a pas d’infraction sans loi. C’est ce qui se
dégage de l’article 17, alinéa 3 de la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et
complétée à ce jour aux termes duquel :
« Nul ne peut être poursuivi pour une action ou une omission qui ne constitue pas une
infraction au moment où elle est commise et au moment des poursuites ».
Dans le cas qui nous occupe, l’infraction de harcèlement sexuel trouve son fondement
juridique à l’article 174 d du Code pénal, introduit par la Loi n°06/018 du 20 juillet 2006
modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais.
Cet article est libellé de la manière suivante :
« Quiconque aura adopté un comportement persistant envers autrui, se traduisant par des
paroles, des gestes soit en lui donnant des ordres ou en proférant des menaces, ou en
imposant des contraintes, soit en exerçant des pressions graves, soit en abusant de l’autorité
que lui confère ses fonctions en vue d’obtenir de lui des faveurs sexuelles sera puni de
servitude pénale d’un à douze ans et d’une amende de cinquante mille à cent franc congolais
constants ou d’une de ces peines seulement.
Les poursuites seront subordonnées à la plainte de la victime 14».
Ce sont ces dispositions juridiques qu’il faut décortiquer pour en dégager tant les éléments
matériels que moral ainsi que le régime répressif de l’infraction.
14Code pénal congolais. Décret du 30 janvier 1940 tel que modifié et complété à ce jour.
Mise à jour au 5 octobre 2006, Journal officiel de la République démocratique du Congo,
47ème année, numéro spécial, 5 octobre 2006, p.54.
B. Les éléments matériels
Personne ne peut faire l’objet des poursuites judiciaires ni, à fortiori, être condamné pour ses
pensées, aussi mauvaises soient-elles, encore qu’il n’est pas possible, à moins de verser dans
un procès d’intention, de les connaître tant qu’il ne les a pas exprimées.
La raison en est qu’il n’y a infraction et, par conséquent, poursuites judiciaires,
éventuellement suivies de condamnation, que lorsque les pensées se traduisent en actes
concrets ou matériels. Ces actes peuvent consister dans une action ou une omission. Dans le
cas qui nous concerne, il ressort de l’article 174 d du Code pénal que, pour qu’elle soit établie,
l’infraction de harcèlement exige, dans le chef de l’agent, des paroles et/ou des gestes. Ces
paroles ou gestes doivent remplir les conditions suivantes :
-ils doivent être persistants ;
-ils doivent être porteurs des ordres, des menaces, des contraintes, des pressions ou d’abus de
fonction.
Ces conditions sont cumulatives, c’est-à-dire que si une d’entre elles fait défaut, l’infraction
ne sera pas retenue.
Selon le Larousse de poche 2013, l’adjectif persistant renvoie à ce qui persiste, qui dure, qui
subsiste pendant toutes les saisons15. Dès lors, par comportement persistant, il y a lieu
d’entendre un comportement qui dure, un comportement répété. Autrement dit, pour que le
harcèlement sexuel soit établi, il faut que les paroles et/ou gestes qui en constituent les
éléments matériels soient répétés, qu’ils s’étendent dans le temps ou qu’ils durent. Une seule
parole ou un seul geste, une parole ou un geste isolé ne saurait suffire.
Les paroles et les gestes ont beau être répétés, ils ne peuvent constituer l’infraction
d’harcèlement sexuel que dans la mesure où ils expriment notamment une menace. Pour le
Larousse de Poche 2013, par menace, il faut entendre une parole ou un geste marquant une
intention de nuire ou qui fait craindre quelque chose16. Tel est le cas, par exemple, d’un
enseignant qui dit à une étudiante qu’elle ne va pas réussir dans son cours ou elle ne va pas
satisfaire si elle ne couche pas avec lui.
Il y a, également, violence sexuelle, lorsque les paroles ou les gestes répétés sont porteurs
d’un ordre. Il en est ainsi, notamment, de l’ordre donné par un professeur à une étudiante et, à
plusieurs reprises, de le rejoindre à un hôtel pour avoir des relations intimes.
Des pressions graves peuvent aussi constituer des éléments constitutifs du harcèlement sexuel.
Par pression, le Larousse de Poche 2013 entend une influence qui contraint17. Le fait, pour un
professeur, de poser à une étudiante des questions qui n’ont rien à voir avec les enseignements
dispensés après avoir retenu irrégulièrement ses cotes en fournit une illustration. On peut
considérer, dans cette hypothèse, que les pressions exercées sur une étudiante sont
suffisamment graves.
15 Larousse de poche 2013, Paris, Larousse, 2012.
16 Op.cit.
17 Idem, p.644.
Le harcèlement sexuel peut aussi se commettre au moyen des contraintes. Celles-ci
s’entendent, selon le Larousse de Poche 2013, des pressions physiques ou morales.
Il ne suffit pas, pour que l’infraction de harcèlement sexuel soit établie, que l’un ou plusieurs
des éléments matériels ainsi énumérés soit établi. Il faut, en plus, que l’élément moral soit
aussi rempli.
C. L’élément moral
Ne peut être puni pour une infraction qu’un homme ou une femme jouissant de son libre
arbitre. Seul un tel homme peut prévoir les conséquences de son acte et s’obstiner, malgré
tout, à le commettre. L’élément moral de l’infraction consiste, justement, dans la volonté de
l’agent de poser l’acte infractionnel et d’en accepter les conséquences.
Dans le cas du harcèlement moral, l’élément moral requis consiste dans la volonté de l’agent
d’obtenir, de la part de la victime, des services de nature sexuelle. Il s’ensuit qu’il n’y a pas
harcèlement sexuel lorsque le professeur ordonne à une étudiante de passer à sa maison, non
pour coucher avec elle mais pour nettoyer ses habits.
§ 2. Le régime répressif du harcèlement sexuel
En République démocratique du Congo, il n’y a pas d’infraction sans peine ou sanction. Il n’y
a pas non plus de peine ou de sanction qui n’ait pas été prévue par la loi.
Ainsi se comprend l’article 17 de la Constitution du 18 février 2006 aux termes duquel :
« Nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné qu’en vertu de la loi et dans les
formes qu’elle prescrit.
Il ne peut être infligé de peine plus forte que celle applicable au moment où l’infraction est
commise.
La peine cesse d’être exécutée lorsqu’en vertu d’une loi postérieure au jugement :
1. Elle est supprimée ;
2. Le fait pour lequel elle était prononcées n’a plus de caractère infractionnel (…)18 ».
L’article 5 du Code pénal détermine les peines applicables en République démocratique du
Congo. Elles se déclinent de la manière suivante :
1. La mort ;
2. La servitude pénale (ou emprisonnement) ;
3. L’amende ;
4. La confiscation spéciale ;
5. L’obligation de s’éloigner de certains lieux ou d’une certaine région ;
6. La résidence imposée dans un lieu déterminé et
7. La mise à la disposition de la surveillance du gouvernement.
Seules deux de ces peines sont prévues en cas de harcèlement sexuel. Il s’agit de la servitude
pénale et de l’amende.
La personne coupable de harcèlement sexuel est punie d’un à douze ans de servitude pénale
ou d’emprisonnement.
18Marcel Wetsh’okonda Koso, Les textes constitutionnels congolais annotés, op.cit., pp.441-
442.
Elle peut aussi être condamnée à une amende de cinquante mille à cent mille francs
congolais, le tout en tenant compte de la valeur du franc congolais du jour de la promulgation
de la loi, le 20 juillet 2006.
Le juge peut aussi condamner l’auteur du harcèlement sexuel soit à l’emprisonnement
seulement, soit alors au paiement de l’amende.
Tout dépend des circonstances ayant entouré l’infraction mise à la charge de l’agent.
§ 3. Juridictions compétentes en matière de harcèlement sexuel
Il existe beaucoup de juridictions, c’est-à-dire de cours et tribunaux en République
démocratique du Congo. Toutes ne sont pas compétentes pour connaître du harcèlement
sexuel.
Pour identifier, parmi les juridictions congolaises, celles qui le sont, il faut tenir compte de la
qualité de l’agent (A) et du lieu où l’infraction a été commise ou l’agent a été appréhendé ou
arrêté (B).
A. Selon la qualité de l’agent
L’auteur du harcèlement sexuel peut être civil ou militaire.
S’il est civil, ce sont les tribunaux de droit commun, c’est-à-dire les cours et tribunaux civils
qui peuvent le juger. Il s’agit, précisément :
-du tribunal de grande instance ou
-de la Cour d’appel : s’il est un membre de l’Assemblée provinciale, un maire, un maire
adjoint, un président d’un conseil urbain, un fonctionnaire d’un service public ou un dirigeant
d’une entreprise publique ou d’un établissement public revêtu du grade de directeur au moins
ou s’il est magistrat19
-de la Cour de cassation : s’il est un député, sénateur, ministre, vice-ministre, juge à la Cour
constitutionnelle, au Conseil d’Etat ou à la Cour des comptes, magistrats au parquet près la
Cour constitutionnelle, le Conseil d’Etat ou la Cour de cassation, Premier président d’une
Cour d’appel ou d’une Cour administrative d’appel ou procureur général près la Cour d’appel
ou la Cour administrative d’appel, gouverneur de province, vice-gouverneur de province,
ministre provincial ou président d’une Assemblée provinciale20.
S’il est un militaire, ce sont les juridictions militaires qui peuvent le juger. Il s’agit,
précisément :
-du tribunal militaire de garnison ;
-de la Cour militaire ou
-de la Haute cour militaire.
B. Selon le lieu où l’agent a été appréhendé ou arrêté
19 Article 91 de la Loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation,
fonctionnement et compétence des juridictions de l’ordre judiciaire.
20 Article 93 de la Loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation,
fonctionnement et compétence des juridictions de l’ordre judiciaire.
Pour connaitre le tribunal ou la Cour qui doit juger la personne accusée de harcèlement sexuel
il faut savoir où elle habite, où elle a été arrêtée ou encore où elle a été appréhendée.
§ 4. Procédure applicable en matière de violence sexuelle
En général, lorsqu’une infraction a été commise, la police judiciaire ou le parquet peuvent
mener des enquêtes, mener l’instruction avant de porter l’affaire devant le tribunal ou la Cour
compétente pour qu’elle y soit jugée.
Toutefois, à titre exceptionnel, pour certaines infractions, les officiers de police judiciaire
comme le parquet ne peuvent rien faire tant qu’ils n’ont pas été saisis d’une plainte de la
victime.
Tel est le cas en matière de harcèlement sexuel. La victime de cette infraction qui veut que
l’auteur soit poursuivi et condamné doit porter plainte soit auprès d’un OPJ soit auprès d’un
officier du ministère public. Il peut également saisir le tribunal ou la Cour compétente,
directement, au moyen d’une citation directe.
Une bonne plainte ou une citation directe doit être le plus détaillée possible.
Pour être sûr que ces conditions sont remplies, la victime peut recourir au service d’un avocat
ou d’un défenseur judiciaire. S’il n’a pas assez de moyen pour rémunérer celui-ci, il peut
solliciter l’assistance judiciaire auprès du Bureau de consultation gratuite en écrivant au
Bâtonnier.
BIBLIOGRAPHIE
1. Textes juridiques
Cour pénale internationale, Statut de la Cour pénale internationale, La Haye, Cour pénale
internationale, 2005.
Loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de
l’Etat, Journal officiel de la République démocratique du Congo, 57ème année, numéro
spécial, 3 août 2016.
Code pénal congolais. Décret du 30 janvier 1940 tel que modifié et complété à ce jour. Mise à
jour au 5 octobre 2006, Journal officiel de la République démocratique du Congo, 47ème
année, numéro spécial, 5 octobre 2006.
Décret-loi n°017/2002 du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de l’agent public de l’Etat,
Statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat et Règlements d’administration.
Recueil des textes coordonnés et mis à jour au 15 octobre 2004, Journal officiel de la
République démocratique du Congo, 45ème année, numéro spécial, 15 août 2004, pp.42-50.
2. Ouvrages
Global Rights, Connaître les nouvelles lois relatives à la répression des violences sexuelles :
mettons fin à l’impunité !, Kinshasa, Global Rights, 2007.
Marcel Wetsh’okonda Koso, Les textes constitutionnels congolais annotés, Kinshasa, Editions
de la Campagne pour les droits de l’homme au Congo, 2010.
Ministère de l’enseignement supérieur et universitaire, Vade-Mecum du gestionnaire d’une
institution d’enseignement supérieur et universitaire, Kinshasa, Editions de la CPE, 2008.
3. Articles
4. Rapports
Table des matières
PAR
Mr HENRI CHRISTIN LONGENDJA
ET
Me MARIE MADELEINE KALALA
MODULE SUR LE PROCESSUS
D'ELABORATION DE
LA CHARTE D’ENGAGEMENT DE LA
LUTTE CONTRE LE HARCELEMENT
SEXUEL EN MILIEU UNIVERSITAIRE EN
RDC
Module sur le processus d'élaboration de
La Charte d’Engagement Lutte Contre le harcèlement sexuel en milieu universitaire en
RDC
Par Mr Henri Christin LONGENDJA et Me Marie Madeleine KALALA
1. Objectif de la formation :
Amener les participants à analyser la situation et harcèlement sexuel et rédiger la
Charte d’Engagement Lutte Contre le harcèlement sexuel en milieu universitaire en
RDC.
2. Résultats attendus:
A la fin de cette formation :
Les Universités sont capables d’identifier les risques spécifiques auxquels les
étudiantes et les femmes employées sont confrontées ;
Les questions spécifiques liées au harcèlement sexuel dans les milieux
universitaires sont abordées / analysées;
Une Charte d’Engagement Lutte Contre le harcèlement sexuel en milieu
universitaire en RDC est rédigée ;
Plusieurs Universités et Instituts Supérieurs adhèrent à la charte ;
Les mécanismes de suivi évaluation de la mise en œuvre de la Charte sont pris.
3. Définition d'une charte
De manière générale, une charte éthique contient un certain nombre de règles
comportementales face à des problématiques éthiques que le personnel ou membre de
l'Institution pourrait être amené à rencontrer au cours de ses missions professionnelles, voire
extraprofessionnelles.
Une charte permet, d’une part, de rappeler les règles légales applicables à l’organisme et à son
personnel et, d’autre part, d’intégrer d’autres règles originales spécifiques. C’est pourquoi, la
charte doit être élaborée avec la participation de la direction de l’organisme.
Ses caractéristiques sont généralement les suivantes :
De portée générale et poursuivant l’objectif de recherche de légitimité sociale, elle
énonce des valeurs fondamentales, souligne les responsabilités des différents acteurs
de l’organisme et celle de l’organisme lui-même envers ses partenaires, clients,
fournisseurs. (« L’éthique du Groupe se reconnaît dans des principes fondamentaux
qui guident nos comportements : la conformité aux lois et réglementations, l’intégrité,
la loyauté, l’honnêteté et le respect d’autrui », chez Collectif 24) ;
Elle édicte des principes d’action et de comportement autour de ces valeurs ;
Elle est pragmatique, afin d’éviter des situations concrètes violant ces valeurs et de
protéger la réputation de l’organisme ;
Elle est publique, publiée et communiquée.
Une charte s’articule généralement autour des thématiques suivantes : non-discrimination et
égalité des chances, respect de la vie privée, neutralité politique et confessionnelle, gestion du
secret et de la confidentialité, intérêt supérieur de l’organisme, conduite envers la population
et les partenaires, promotion et respect de l’image de marque, lutte contre la fraude et la
corruption, gestion des conflits d’intérêts, droit d’alerte, etc.
En tout état de cause, l’employeur ne peut porter atteinte dans la charte aux droits des salariés
en application du Code du travail, au principe de non-discrimination, aux droits et libertés
individuelles des salariés, notamment à la liberté d’expression, au droit d’expression directe et
collective des salariés
4. Opposabilité de la charte éthique
La mise en place d’une charte éthique n’est pas obligatoire et ne résulte d’aucune obligation
légale en RDC. Il s’agit d’une démarche volontaire. La charte n'est pas un document juridique
contraignant. Elle a l'obligation morale où les adhérant respectent pour des raisons d'honneur
et d'éthique.
5. Comment élaborer une charte ?
Rédiger une charte dans son coin c’est déconseillé ! Par définition, la charte est un document
associatif, communautaire. N’hésitez pas à intégrer les membres actifs à la réflexion ainsi
qu’à sa rédaction. Organisez par exemple un comité, un groupe de travail pour élaborer le
plan et les principaux articles de la charte.
L'équipe de ce tandem devra écrire une première ébauche et devra la soumettre à d’autres
membres actifs et fidèles. Testez différents modèles de charte sur d’autres personnes de
l’Institution et, d’après les différentes remarques, notamment de membres appartenant à
d’autres Institutions, complétez ce qui peut éventuellement manquer avant de rédiger le
modèle définitif.
6. Comment et quand s’en servir ?
Ne vivez pas votre charte comme une contrainte que vous aurez tôt fait d’oublier dans un
tiroir. C’est au contraire un document de référence, vivant, fondateur et utile en permanence à
la bonne marche de votre Institution. A l'arrivé de chaque membre, il est important de
connaître son opinion. Il peut apporter des idées pour faire évoluer le document.
Votre charte peut par exemple servir à trancher des débats houleux lors des conventions où les
dérives sont fréquentes.
7. Conseils pratiques pour rédiger votre charte
Faites court, allez à l’essentiel. Si vous constatez que votre document risque d’être
trop long, fractionnez-le en plusieurs dossiers. Et sachez résumer sur une seule page
les principes-clés de votre charte.
Optez pour une présentation simple, claire, aérée. Evitez les phrases à rallonge.
Abstenez-vous d’utiliser un jargon trop juridique qui est parfois difficile à
comprendre. Votre vocabulaire doit être simple, mais efficace.
Soyez concrets et pratiques : évitez les déclarations d’intention, les effets de manche,
les bons sentiments généraux.
8. A quoi sert-elle et à qui ?
La charte est avant tout un outil de cohésion interne. Elle permet de se mettre d’accord
à tout moment sur les objectifs, les droits et les devoirs de chacun au sein d'une
Institution.
Mais c’est également un outil qui peut être exploité vers l’externe : il véhicule les
valeurs et les messages professionnels qui crédibilisent l'Institution et rassurent
9. Pourquoi avoir une Charte ?
C’est pour :
• Promouvoir les bonnes pratiques
• Pour protéger les étudiantes et les femmes employées
10. Avantages d'avoir une charte
• Les étudiantes et femmes employées sont protégées
• Le personnel de l'université et les associés sont protégés
• L'université et sa réputation sont protégées
11. Élaboration des règles éthiques et déontologiques
CONTEXTE
D’où vient le besoin de créer la charte ou le Code ? A quelles attentes répond ce texte
? Est-ce que la charte a fait suite à une affaire particulière ou est-ce qu’elle répondait à
un besoin plus général ? Rapport de la charte à la législation : La charte vise-t-elle à
compléter ou clarifier la législation existante ou a-t-elle été créée pour combler un vide
législatif ?
ACTEURS
Quelles sont les personnes qui ont pris l’initiative de la création et quelles sont celles
qui ont élaboré le texte (statut, fonctions, position vis-à-vis de l’institution). Quel a été
le processus de désignation de ces personnes : choisies par qui ? Élues par qui ?
Volontaires ou non ? Auto-désignées ?
SOURCES D’INSPIRATION DU TEXTE
Rapport avec la législation : la charte est-elle une reprise ou un rappel de la législation
existante ? Rapport avec d’autres chartes : la charte est-elle inspirée d’un autre texte
éthique ou déontologique, national, international ou étranger ? Rapport de la charte
avec la pratique : la charte s’inspire-t-elle de l’observation de la pratique
(questionnaires, témoignages, expériences personnelles) ?
METHODE D’ELABORATION DU TEXTE
Construction individuelle ou collective du texte ? Difficulté(s) rencontrées lors de
l’élaboration ? Le texte a-t-il été révisé ou est-il en cours de révision. Un mécanisme
de révision était-il prévu à l’origine du texte ? Le texte a-t-il été soumis à la
communauté scientifique concernée ?
CONTENU
Exposé rapide des grandes lignes de la charte. La charte doit avoir un préambule,
définir clairement la question portant son élaboration, les valeurs à protéger et les
principes directeurs.
PORTEE DU TEXTE
Public visé par la charte Méthode de diffusion
VALEUR OU FORCE NORMATIVE
La charte est-elle contraignante ou a-t-elle simplement une valeur pédagogique ?