DAVID FRAY
PIANO
1er JUIN 2024
Photo © Alexis Armanet
2 David Fray
Franz Schubert (1797-1828)
Allegretto en ut mineur D. 915 (environ 7 mn)
Quatre impromptus op. posth. 142 D. 935 (environ 35 mn)
Allegro moderato
Allegretto
Thème et variations Rosamunde
Allegro scherzando
Entracte
Franz Schubert
Moments musicaux n°s 2 et 4 op. 94 D. 780 (environ 11 mn)
Robert Schumann (1810-1856)
Kreisleriana op. 16 (environ 30 mn)
1. Äußerst bewegt (Extrêmement agité)
2. Sehr innig und nicht zu rasch (Très intime et pas trop rapide)
3. Sehr aufgeregt (Très agité)
4. Sehr langsam (Très lent)
5. Sehr lebhaft (Très vif)
6. Sehr langsam (Très lent)
7. Sehr rasch (Très rapide)
8. Schnell und spielend (Rapide et enjoué)
David Fray | piano
Production Théâtre des Champs-Elysées
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3
Paroles sur l’au-delà
Franck Mallet
Entrer à pas feutrés chez Schubert et l’écouter à son piano : « Le seul nom de
Lied suffit à faire surgir devant nous le romantisme ; nous évoquons les élans
du cœur, les aspirations indéfinies, mais aussi le trouble des passions, la révolte,
tout ce qui s’agite au fond de nous et que libèrent la poésie et le chant »,
affirme Marcel Schneider, son biographe 1. Rien de précipité, la nuance piano,
le geste élargi et le thème qui s’affirme… retombe avec douceur, puis reprend
son élan : l’Allegretto D. 915 parle d’éloignement et de douleur. « Les voix se
cherchent, s’appellent, le discours réapparaît comme une vision fugitive et
s’estompe, et c’est bien sur un double adieu repris en écho que s’achève la
partie médiane […] Le dialogue est indifférent à l’absence », poursuit Brigitte
Massin – qui rappelle les circonstances de cette brève page manuscrite offerte
« à mon cher ami [Ferdinand] Walcher, en souvenir ». Franz Schubert. Vienne,
le 26 avril 1827 », ce pianiste assidu des schubertiades quittant définitivement
Vienne pour rejoindre la marine autrichienne à Venise 2.
Des envolées spontanées dans le champ de la poésie
A la suite d’une première série de quatre pièces (op. 90, D. 899) terminée,
comme Le Voyage d’hiver, à l’automne 1827 – et proposée à l’éditeur Haslinger
qui n’acceptera de publier que les deux premières sous le titre d’Impromptus –,
Schubert (qui reprend ce titre à son compte) en compose quatre nouveaux en
prenant soin de les numéroter de 5 à 8 afin de clore sa série en décembre de
la même année. Selon le biographe Frieder Reininghaus, « dans les œuvres
tardives, à côté d’une grande richesse des relations thématiques, un haut
degré de spontanéité, et des idées qui brisent la forme et s’intègrent dans les
différents genres en y occupant une assez large place, les Impromptus, nés à
peu près à la même époque que les trios avec piano, sont comparables à des
improvisations, des inspirations du moment. Ils se concevaient comme des
envolées spontanées dans le champ de la poésie et marquent la transition de
1
Marcel Schneider, Schubert, Seuil, « Solfèges », 1956, rééd. 1994.
2
Brigitte Massin, Franz Schubert, Fayard, 1978, rééd. 1993.
4 David Fray
l’improvisation à l’œuvre. » 3. D’une concentration exceptionnelle et tellement
proche du Lied, cette nouvelle série fait se côtoyer dans un même creuset
esthétique Ländler autrichiens, thèmes hongrois, valses variées, marches et
airs latins. Du dégradé imperceptible à la rupture la plus complète, le style
éminemment schubertien du Premier Allegro moderato en fa mineur atteint
dans son amplitude une dimension beethovénienne. L’Allegretto en la bémol
majeur qui suit énonce par contraste son rythme de barcarolle, ondoyante et
exempte de tout pathétisme. Elaboré sur des variations d’un thème
particulièrement envoûtant, le Troisième impromptu, Andante, en si bémol
majeur dérive « dans un style épanoui et lumineux », comme le note Brigitte
Massin, d’un des entractes de la musique de scène de Rosamunde D. 797,
repris ensuite dans le mouvement lent du Quatuor en la mineur D. 804 (n° 13)
ainsi que dans la berceuse Wiegenlied D. 867, ou encore le rondo du Trio en si
bémol D. 898, de la même année 4. Retour à la « sauvagerie » beethovénienne
avec l’Allegro scherzando en fa mineur, final « le plus proche d’une certaine
furia de danse populaire, soulignée intentionnellement par l’abondance de
mordants, de trilles, d’accents irréguliers, de syncopes et de ruptures brusques
de rythmes » (Massin).
Moment musical d’une simplicité déconcertante et d’une émotion infinie
Trépidant et mélancolique Schubert, dont le verbe ne cesse de surprendre tant
son écriture sursaute, biffe et rature en un instant, suspendue dans l’au-delà.
L’instant d’un Moment musical, d’une simplicité déconcertante et d’une émotion
infinie. Oui, Schubert fait « chanter » son piano, du rire aux larmes dans cette
série de six Moments musicaux D. 780, sans toutefois « se servir de la parole,
comme dans le Lied » (Reininghaus). Composés entre 1823 et 1827, les n°s 3 et
6 avaient paru séparément en 1823 et 1824 affublés de titres fantaisistes
(respectivement Air russe et Plaintes d’un troubadour !) par l’éditeur Sauer et
Leidesdorf, mais l’ensemble fut publié en recueil à Vienne en 1828. Le deuxième,
Andantino, en la bémol majeur oscille dans une apparente douceur. Le thème
hésite, comme retenu, il s’arrête et reprend sa mélodie limpide. Après deux arrêts
brusques, éclate un cri d’angoisse martelé à la basse. Une tendresse tragique
qui retombe avec résignation. Et c’est l’élan irrésistible du quatrième, Allegretto
moderato, sorte de mouvement perpétuel grave et mélancolique. Soleil et
pluie y alternent joyeusement car avec Schubert, c’est : chantons sous la pluie !
3
Frieder Reininghaus, Schubert (traduit de l’allemand par Hans Hildenbrand), Jean-Claude Lattès
« Musiques & Musiciens », 1982.
4
Brigitte Massin, Franz Schubert, Fayard, 1978, rééd. 1993.
5
Schumann parle plus qu’il ne chante dans ses Kreisleriana
En 1838, le cycle des Kreisleriana op. 16 de Schumann révèle un monde
nocturne et fantastique marqué par la figure de Johannes Kreisler, vieux
musicien excentrique, alter ego et double de l’écrivain E. T .A. Hoffmann
– présent dans ses chroniques musicales à partir des années 1818 5.
Un imaginaire romantique précédé par le sabbat de la Gorge-au-loup du
Freischütz de Weber et que prolongent les sortilèges de La Mare au diable de
George Sand – ouvrage dédié en 1846 « à mon ami Frédéric Chopin »… à qui
étaient dédiées les Kreiseleriana. Schumann y parle plus qu’il n’y chante…
comme il le formulait sans ambiguïté avec Der Dichter spricht (Le poète
parle), pièce conclusive du recueil Scènes d’enfants op. 15 qui précède
Kreisleriana. Un parlando de « longues histoires excentriques, mais d’un seul
tenant », précise Schumann cité par son biographe Marcel Beaufils, « d’un seul
mouvement d’âme, écrites avec beaucoup de plaisir, en général heureuses et
ascendantes, sauf quand çà et là j’ai touché le fond… » 6. Un cycle homogène
de huit pièces de caractère varié, entre frénésie (la courbe ascendante du
premier morceau), orage apocalyptique (III et VII si frénétiques !) et éclaircie
fulgurante (tendre et fébrile VI), hallucination (les délires du V) et appel vers
l’infini (gravité du IV), mais aussi songerie amoureuse et confession, d’où cette
félicité qui se dégage du deuxième morceau. Audacieux et fantasque Schumann,
porté vers l’au-delà.
5
Hoffmann, Le Chat Murr (traduit de l’allemand par Albert Béguin), Gallimard « L’imaginaire », 1983.
6
Marcel Beaufils, La musique pour piano de Schumann, Phébus, 1979.
6 David Fray
David Fray
piano
Né en 1981, David Fray débute le piano à Alsop à la Philharmonie de Paris, ainsi
quatre ans et poursuit ses études avec qu’un concert exceptionnel avec
Jacques Rouvier au CNSM de Paris. Il a l’Orchestre National de France dirigé par
reçu plusieurs prix, notamment le prix Cristian Măcelaru à Timisoara. Ici-même,
allemand Echo Klassik de il a présenté une Carte Blanche Schubert
l’instrumentiste de l’année et le prix du déclinée en trois soirées : Le voyage d’hiver
Jeune talent décerné par le Festival de avec le baryton Peter Mattei, un récital
piano de la Ruhr. En 2008, il est nommé solo et un concert en duo avec Renaud
Révélation de l’année par le BBC Music Capuçon. Il a donné trois représentations
Magazine. Au Concours international de à l’Opéra Garnier du ballet Vaslaw de John
musique de Montréal 2004, il obtient le Neumeier, dans lequel il joue Le Clavier
deuxième Grand Prix et le Prix de la bien tempéré de Bach. Il a effectué une
meilleure interprétation d’une œuvre tournée en Espagne avec l’Orchestre de
canadienne. Chambre de Paris, ainsi qu’une tournée
en Chine. Il s’est aussi produit avec
Artiste majeur de sa génération dans un l’Orchestre Philharmonique de Monte-
répertoire qui va de Bach à Boulez, David Carlo dirigé par Jaap van Zweden au
Fray se produit dans les plus prestigieuses Palais Princier de Monaco et au Festival
salles du monde en récital, avec orchestre de Salzbourg avec les membres du
ou en formation de chambre. Il collabore Philharmonique de Vienne.
avec les plus grands chefs d’orchestre,
parmi lesquels Marin Alsop, Semyon Parmi les temps fort de cette saison,
Bychkov, Christoph Eschenbach, Paavo David Fray se produit avec le Pacific
Järvi, Kurt Masur, Riccardo Muti, Yannick Symphony dirigé par Alexander Shelley,
Nézet-Seguin, Esa-Pekka Salonen ou Jaap le Vienna Radio Symphony dirigé par
van Zweden, en compagnie des plus Marin Alsop, La Scala de Milan avec
formations orchestrales les plus Lorenzo Viotti, l’Orchestre de Chambre
prestigieuses. Ses partenaires chambristes de Paris dans un programme joué-dirigé,
ont pour nom Cecilia Bartoli, Peter Mattei, ainsi qu’en récital dans des salles
Benjamin Appl, Renaud Capuçon, Gérard prestigieuses salles comme l’Auditorium
Caussé, Daniel Lozakovich, Victor Julien- de Bordeaux, le KKL de Lucerne, le
Laferrière, Paul Meyer... Serate Musicali de Milan, le Teatro San
Carlo à Naples, la Beethoven-Haus de
La saison passée, David Fray a joué The Bonn... Cet été, David Fray est invité par
age of Anxiety de Leonard Bernstein avec le Festival de Verbier en récital avec les
l’Orchestre de Paris dirigé par Marin Variations Goldberg de Bach, en duo avec
7
David Fray
© james bort
le violoniste Daniel Lozakovich, ainsi et son récital Schubert. Paraissent
qu’avec l’Orchestre du Festival de ensuite les Concertos de Mozart avec le
Verbier dirigé par Klaus Mäkelä dans le Philharmonia et Jaap van Zweden, des
Concerto de Bach. récitals Bach et Schubert, un album
Chopin, puis les Concertos pour 2, 3 et 4
David Fray a récemment joué et dirigé le pianos de Bach avec l’Orchestre National
Kammerorchester Wien-Berlin à du Capitole de Toulouse et Jacques
l’Elbphilharmonie de Hambourg. Invité Rouvier, Emmanuel Christien et Audrey
par John Neumeier et sa compagnie, il a Vigoureux, les sonates pour violon et
interprété la musique de Schubert dans piano de Bach avec Renaud Capuçon, et
son dernier ballet Ghost Light, pour les Variations Goldberg. Le réalisateur
lequel il a remporté le prix Opus Klassik Bruno Monsaingeon lui a consacré deux
du « Concert innovant de l’année ». films, diffusés sur Arte et Mezzo.
David Fray est artiste exclusif Erato/ David Fray est fondateur et directeur
Warner. Son premier enregistrement, artistique du Festival « L’Offrande
consacré à Bach et Boulez, lui vaut les Musicale », dédié aux personnes en
plus prestigieuses distinctions, de même situation de handicap, qui se tient en été
que celui consacré aux concertos de Bach dans les Hautes-Pyrénées.
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