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Infections Cathéter en Réanimation

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UNIVERSITÉ DE TUNIS EL MANAR

FACULTÉ DE MÉDECINE DE TUNIS


ANNÉE UNIVERSITAIRE 2017 / 2018
_____________________________________________________________________________

MÉMOIRE
De fin d’études du

CERTIFICAT D’ÉTUDES COMPLÉMENTAIRES EN


URGENCES INFECTIEUSES ET HYGIÈNE
HOSPITALIÈRE

Présenté et soutenu publiquement le 23/06/2018 à 08h

par

Mohamed Amine KALLEL

Né le 02/05/1989 à Nabeul, Tunisie

PROFIL BACTÉRIOLOGIQUE DES


TITRE INFECTIONS LIÉES AUX CATHÉTERS
CENTRAUX EN RÉANIMATION MÉDICALE

Cathétérisme veineux central, infections sur cathéters, réanimation,


Mots-clés bactéries, antibactériens

Jury
Président : Pr Sami ABDELLATIF Directeur du mémoire :
Dr Foued DALY
Membres : Pr Ag Hatem EL GHORD
Pr Ag Samia AYED
Dédicaces

A mes très chers parents Radhi et Jalila


Aucune dédicace ne saurait exprimer l’amour et l’affection que j’éprouve pour vous.
Vous n’avez cessé de me soutenir et de m’encourager tout au long de mon parcours.
Soyez fiers et trouvez ici le résultat de longues années de sacrifices et de privations
Que Dieu le tout puissant vous procure bonne santé et longue vie

A mes chères sœurs Sana et Thouraya


Je vous remercie pour votre soutien durant toutes ces longues années d’études.
Votre amour et votre affection remplissent mes jours de joie
Je vous dédie ce travail avec tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite.
Que Dieu vous garde vos époux et vos aimables enfants

A ma chérie Dhouha
Je te remercie énormément pour ton amour inconditionnel, ton soutien moral, tes sacrifices,
tes précieux conseils, tes encouragements et ta présence dans ma vie
Ce travail, aussi modeste soit-il n’aurait pas vu le jour sans ton aide précieuse
Reçois à travers ce mémoire l’expression de mon amour et de mon éternelle gratitude
Que Dieu te protège et nous garde unis pour toujours

A ma grand-mère Saida
Je te souhaite un prompt rétablissement. Que Dieu te protège de tout mal

Et à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin pour que ce projet soit possible
je vous dis merci
Remerciements

À notre Maître et président de jury Monsieur le Professeur Sami Abdellatif


Service de réanimation médicale hôpital la Rabta de Tunis
Nous sommes profondément touchés par l'immense honneur que vous nous faites
d'accepter de présider le jury de ce travail.
Nous avons pour vous le respect et l’admiration qu’imposent votre compétence et
vos qualités humaines.
Veuillez croire à l’expression de notre grande admiration et notre profond respect.

À notre Maître Monsieur le Professeur agrégé Hatem El Ghord


Centre Mahmoud Yaacoub d’assistance médicale urgente
Nous vous sommes très reconnaissants de l’honneur que vous nous faites en
acceptant de juger ce travail.
Veuillez trouver dans ce travail l’expression de notre estime et de notre respect.

À notre Maître Madame le Professeur agrégé Samia Ayed


Service de réanimation médicale hôpital Abderrahmen Mami de Tunis
Vous nous faites l’insigne honneur de juger notre modeste travail et de siéger à
notre jury de mémoire et nous vous en sommes sincèrement reconnaissants.
Veuillez accepter nos remerciements les plus sincères.

À mon Maître et directeur du mémoire Docteur Foued Daly


Service de réanimation médicale hôpital la Rabta de Tunis
Vous m’avez fait l’honneur de diriger ce mémoire.
Malgré vos nombreuses responsabilités, vous avez su trouver le temps de m’encadrer, de
m’encourager tout au long de ce travail
Au terme de ce travail je tiens à vous exprimer ma sincère reconnaissance.
Table des matières
I. Introduction ............................................................................................................ 1

II. Patients et méthodes ............................................................................................ 2

3. Les patients ......................................................................................................... 2

3.1. Les critères d’inclusion .................................................................................... 2

3.1.1. La maladie .............................................................................................. 2

3.1.2. Les malades ............................................................................................ 3

3.2. Les critères de non inclusion ........................................................................... 3

3.3. Les critères d’exclusion ................................................................................... 3

4. Le recueil des données.......................................................................................... 3

4.1. Les données des patients................................................................................ 3

4.2. Les données concernant le CVC ....................................................................... 4

4.3. Les données concernant l’ILC .......................................................................... 4

4.4. Le traitement ................................................................................................. 4

5. Méthodes statistiques ........................................................................................... 5

6. Recherche bibliographique .................................................................................... 5

7. Ethiques et conflit d’intérêt .................................................................................... 5

III. Les résultats ........................................................................................................ 6

1.1. Age, genre et antécédents .............................................................................. 6

1.2. La provenance, le motif d’admission et les scores de gravités à l’admission ......... 6


1.3. La durée de séjour et l’évolution...................................................................... 6

2. Les données concernant les CVC ............................................................................ 7

3. Les données concernant l’ILC ................................................................................ 7

3.1. Les principaux microorganismes ...................................................................... 8

3.2. Les profils de résistances des germes isolés ................................................... 11

IV. Discussion.......................................................................................................... 15

V. Conclusions ........................................................................................................... 18
Liste des abréviations

APACHE II : Acute Physiology And Chronic Health Evaluation II

BGN : Bacilles à Gram positif

BMR : Bactéries multi-résistantes

CGP : Cocci à Gram positif

CVC : Cathéter veineux central

DS : Drug Sensible

IGS II : Indice de Gravité Simplifié II

ILC : Infection liée aux cathéters

MDR : Multi-Drug Resistant

PDR : Pandrug Resistant

SCN : Staphylocoque à coagulase négative

SOFA : Sequential Organ Failure Assessment

UFC : Unité formant colonie

XDR : extensively-Drug Resistant


Liste des tableaux
Tableau I : La répartition des patients selon le type d’antécédents ..................................... 6

Tableau II : Les données concernant les cathéters compliqués d’ILC .................................. 7

Tableau III : Les indications de la mise en place des CVC .................................................. 7

Tableau IV : Les micro-organismes isolés ......................................................................... 9

Tableau V : La répartition des germes selon les traitements au long cours, le motif
d’admission et la provenance......................................................................................... 10

Tableau VI : La résistance des germes isolés aux antibiotiques de référence ..................... 11

Tableau VII : Les profils de résistance des BGN et des CGP.............................................. 12

Tableau VIII : Les profils des différents germes isolés selon leurs classes de résistance...... 12

Tableau IX : Les profils de résistance des germes du groupe ESKAPE ............................... 13

Tableau X : Les antibiotiques reçus par les patients au moment de la suspicion de l’ILC ..... 13

Tableau XI : L’escalade antibiotique selon les profils de résistance des germes .................. 14
Liste des figures
Figure 1 : Les foyers infectieux présents au moment de la pose du cathéter ........................ 8

Figure 2 : La répartition des ILC selon la nature du germe ................................................. 9

Figure 3 : La répartition des germes selon le site d’insertion du cathéter ........................... 10

Figure 4 : La répartition du nombre des ILC selon la résistance des germes ...................... 11
1
Introduction

Tout patient séjournant en réanimation est équipé au minimum d'un accès vasculaire, une
voie veineuse centrale dans la moitié des cas [1], permettant non seulement l'administration
de nombreux médicaments, mais également le monitorage hémodynamique invasif, et divers
traitements tels que l'hémofiltration continue.

Cependant, ce n’est pas un geste anodin vu les complications qu’il peut engendrer et en
particulier l’infection. En effet, les infections liées aux cathéters veineux centraux (ILC)
représentent la 3ème cause d’infection nosocomiale en réanimation [2] avec des taux
d’incidence variant entre 0,5 et 10 par 1000 jours cathéter veineux central (CVC) [3] en
fonction des types de cathéter, des définitions [3] et des techniques diagnostiques utilisées
[4].

En l’absence de signes cliniques sensibles et spécifiques, le diagnostic des ILC repose


obligatoirement sur des examens microbiologiques. Les micro-organismes les plus souvent
rencontrés appartiennent à la flore cutanée résidente : Staphylocoque à coagulase négative
(SCN), et Staphylococcus aureus ou de substitution (Enterococcus sp., Entérobactéries,
Pseudomonas sp., Acinetobacter sp., Candida sp.) du patient ou du personnel soignant.

Durant la dernière décennie, on a assisté à un changement du profil microbiologique de ces


infections avec une importance grandissante des bacilles à Gram négatif (BGN) et des
Candida d’une part, et à l’augmentation de l’incidence d’isolement de germe de plus en plus
résistants aux thérapeutiques utilisées d’autre part. Les données concernant ces éléments
sont très variables d’une étude à une autre [5, 6]. Ces différences microbiologiques sont
probablement multifactorielles : variations liées a l’écologie locale, forte pression de sélection
bactérienne par utilisation d’antibiotiques à large spectre et variations liées à l’utilisation de
certains antiseptiques [6] et la non-observance des recommandations pour la prévention des
ILC.

Malgré le nombre important d’études publiées sur les ILC, les données provenant des unités
de réanimation des pays en voie de développement sont peu nombreuses. Ceci pose un
problème dans le choix des anti-infectieux probabilistes qui doivent comporter
obligatoirement des molécules actives sur ces germes.

L’objectif de ce travail était de déterminer le profil bactériologique des ILC dans un service
de réanimation médicale tunisien.

1
2
Patients et méthodes

1. Présentation de l’étude

Il s’agissait d’une étude rétrospective, descriptive et mono-centrique, concernant les 32


premiers épisodes d’ILC chez les patients hospitalisés durant l’année 2014.

2. Présentation du service
L’étude a été réalisée dans le service de réanimation médicale du centre hospitalo-
universitaire La Rabta de Tunis (Tunisie). Notre service est composé de 8 lits au sein d’un
hôpital de 1000 lits à structure pavillonnaire. Il reçoit des patients, essentiellement
médicaux, des différents services de l’hôpital ainsi que ceux provenant du secteur libéral ou
des autres structures hospitalières de toute la Tunisie.

3. Les patients
3.1. Les critères d’inclusion
3.1.1. La maladie
Le diagnostic d’une ILC a été retenu selon les définitions de la réactualisation de la douzième
conférence de consensus en réanimation et médecine d’urgence de 2002 [7], qui définit l’ILC
comme suit :

En l’absence de bactériémie, le diagnostic d’ILC repose sur :

 Culture quantitative du cathéter ≥ 10³ UFC/ml (Diagnostic de l’infection, après


ablation du cathéter, repose sur la culture quantitative de Brun-Bouisson [8] dans
notre hôpital ET
 Une régression totale ou partielle des signes infectieux dans les 48 heures suivant
l’ablation du cathéter OU
 La purulence de l’orifice d’entrée du cathéter ou une tunnelite.
L’infection bactériémique liée au cathéter est définie par :
 L’association d’une bactériémie survenant dans les 48 heures encadrant le retrait du
cathéter ET
 D’une culture positive du site d’insertion au même germe OU
 D’une culture de cathéter ≥ 10³ UFC/ml du même germe.
L’infection n’est pas liée au cathéter si :

 Le cathéter est stérile.

2
Patients et méthodes

 La culture du cathéter est positive, mais la souche est différente de celle isolée dans
le sang et/ou d’un autre foyer infectieux présent au moment de l’ablation du cathéter
et le syndrome infectieux ne régresse pas à l’ablation du cathéter.
 La culture du cathéter est positive. La souche isolée est identique à celle trouvée
dans un foyer infectieux autre identifié au moins 48 heures avant l’ablation du
cathéter qu’il soit ou non responsable de bactériémie et le syndrome infectieux ne
régresse pas à l’ablation du cathéter, celui-ci a été colonisé à partir d’un foyer situé à
distance.
Les CVC insérées auparavant dans un autre service ont été également inclus.

3.1.2. Les malades


Nous avons inclus les patients âgés de plus de 18 ans dont la durée de séjour était
supérieure à 48 heures, qui ont fait l’objet d’un cathétérisme veineux central.

3.2. Les critères de non inclusion

Nous n’avons pas inclus dans notre étude, les cathéters artériels et les CVC utilisés pour
l’épuration extrarénale ou pour la mesure de la pression artérielle pulmonaire d’occlusion.

3.3. Les critères d’exclusion

Nous avons exclu tous les cas où des données épidémiologiques ou bactériologiques
(identification du germe et de sa sensibilité) étaient manquantes.

4. Le recueil des données

L’ensemble des paramètres a été relevé sur des fiches préétablies (Annexe 1). Pour chaque
épisode d’ILC, ont été relevé :

4.1. Les données des patients


Pour chaque patient, les données recueillis étaient :

 L’âge, le genre
 Les antécédents et le traitement habituel
 Le motif d’admission en réanimation médicale (neurologique, respiratoire,
hémodynamique et métabolique)
 La gravité évaluée par l’Indice de Gravité Simplifié II (IGS II) [9] (Annexe 2) et
l’Acute Physilogy And Chronic Health Evaluation II (APACHE II) [10] (Annexe 3) : les

3
Patients et méthodes

scores ont été calculé à partir des données clinico-biologiques des premières 24
heures d’hospitalisation dans notre service.
 L’existence d’un antécédent de cathétérisme.
 La durée de séjour : La durée de séjour a été calculée en jours selon l’équation :
(Date de sortie (ou de décès) – Date d’entrée) +1
 Les complications survenant au cours de son hospitalisation en réanimation : Pour
définir les défaillances d’organe, l’item utilisé était le « Sequential Organ Failure
Assessment Score» [11] (SOFA score) (Annexe 4).

4.2. Les données concernant le CVC


Pour chaque CVC impliqué dans une ILC, ont été relevés :

 L’indication du cathétérisme : administration de drogues vasoactives et/ ou inotropes,


la mesure de la pression veineuse centrale, voie veineuse périphérique difficile,
alimentation parentérale.
 Le site de ponction : jugulaire, sous-clavier ou fémoral.
 Durée du cathétérisme en jours.

4.3. Les données concernant l’ILC


Concernant l’infection, certaines données ont été recherchées, telles que :

 L’existence d’un autre foyer infectieux au moment de la pose.


 Les données de l’examen clinique au moment de la suspicion d’ILC.
 La nature du germe isolé: les pathogènes ont été classés par la suite en
groupe ESKAPE : Enterococcus faecium, Staphylococcus aureus, Klebsiella
pneumoniae , Acinetobacter baumanii, Pseudomonas aeruginosa et Enterobacter
species [12].
 Le délai d’obtention des résultats microbiologiques.
 Le profil de résistance : après le recueil des données de résistance à la plupart des
antibiotiques de référence de chaque germe, ils ont été groupés en germes drug-
sensible (DS) et en bactéries multi-résistantes (BMR). Ces dernières ont été classées
en multi-drug resistant bacteria (MDR), extensively drug-resistant bacteria (XDR) et
pan drug-resistant bacteria (PDR) (Annexe 5) [13].

4.4. Le traitement

Les données concernant le traitement anti-infectieux étaient : le moment de son instauration


par rapport à la suspicion d’ILC et la nature des molécules. Par ailleurs, et après l’obtention

4
Patients et méthodes

des résultats des prélèvements microbiologiques, on a relevé l’adéquation du choix initial et


dans le cas contraire la nature de la nouvelle conduite. Enfin, la durée totale et les
complications survenues en rapport avec ces molécules ont été notées.

5. Méthodes statistiques

Les variables qualitatives ont été décrites en fonction de leur répartition en pourcentage avec
les intervalles de confiance 95% (IC95%). Pour les variables quantitatives, l’analyse s’est faite
par présentation de moyennes et écart-types quand la distribution est normale et dans le cas
contraire par la médiane avec le 1er et le 3ème quartile (Q1-Q3). La normalité de la distribution
a été vérifiée par le test de Kolmogorov-Smirnov. Dans tous les tests, le seuil de p a été fixé
à 5% (p < 0,05) et l’analyse a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS 23.0 fr.

6. Recherche bibliographique

Cette étude a été élaborée en sélectionnant les articles après interrogation des bases de
données Medline, Pub Med, SciencesDirect, Cochrane et Google scholar en utilisant les
termes : « cathétérisme veineux central, infections liées aux cathéters, infections liées aux
soins, réanimation, bactéries, résistance aux antibiotiques, antibiotic stewardship, central-
line-associated bloodstream infection, central venous catheter, multidrug resistance,
intensive care unit».

7. Ethiques et conflit d’intérêt

Nous n’avons aucun conflit d’intérêt à déclarer.

5
6
Les résultats

1. Les données des patients


Les 32 épisodes d’ILC inclus ont intéressé 22 patients soit un nombre médian de survenue
d’ILC par patient de 1 [1-2] avec des extrêmes de 1 et 5.

1.1. Age, genre et antécédents


L’âge moyen était de 53 ans (±15,7) avec des extrêmes de 23 et 77 ans. Quinze patients
étaient des hommes et 7 des femmes soit un genre ratio de 2,1. Au moins un antécédent
était présent chez 14 patients (64%) avec un maximum de 7 antécédents par patient et dont
les plus fréquents étaient le diabète (32%), la bronchopneumopathie chronique obstructive
(27%) et l’hypertension artérielle (27%) (Tableau I). Le score de Charlson médian était de 2
[1-4] avec des extrêmes de 0 et 8.

Tableau I : La répartition des patients selon le type d’antécédents

Type d’antécédents effectif


Diabète 7
Bronchopneumopathie chronique obstructive 6
Hypertension artérielle 6
Arythmie complète par fibrillation auriculaire 4
Dyslipidémie 3
Insuffisance cardiaque 3
Autres 6

1.2. La provenance, le motif d’admission et les scores


de gravité à l’admission
Onze patients (50%) provenaient du service des urgences. Les motifs d’admission étaient
respiratoire dans 10 cas (45%), neurologique dans 7 cas (32%), hémodynamique dans 4 cas
(18%) et métabolique dans un cas (5%). Le SOFA score médian, à l’admission, était de 6,5
[3-8] avec des extrêmes de 0 et 12.

A l’admission, le score IGS II moyen était de 39 (±15,2) avec des extrêmes de 14 et 70 et le


score APACHE II de 14,5 (±7,7) avec des extrêmes de 3 et 28.

1.3. La durée de séjour et l’évolution


La durée médiane de séjour était de 22,5 jours [10,5-32,25] avec des extrêmes de 7 et 44
jours. Dix-sept patients (77%) ont nécessité le recours à la ventilation mécanique et
l’évolution était défavorable pour 16 patients soit une mortalité observée de 73%.

6
Les résultats

2. Les données concernant les CVC


Le site veineux le plus utilisé était la veine fémorale (69%) (Tableau II) et la durée moyenne
de cathétérisme était de 6,1 jours (±1,9). Dix cathéters (31%) ont été mis en dehors du
service dont six dans la veine fémorale, trois dans la veine jugulaire interne et un cathéter en
sous-clavier. Trois patients (14%) avaient un antécédent récent de cathétérisme veineux.
Les CVC étaient dans 84% des cas à trois lumières (Tableau II).

Tableau II : Les données concernant les cathéters compliqués d’ILC

Données n (%)
Nombre de lumière
Double lumières 5 (16%)
Triple lumières 27 (84%)
Site de ponction
Sous claviculaire 6 (19%)
Jugulaire 4 (12%)
Fémoral 22 (69%)

Le nombre médian d’indication de la mise en place des CVC était de 2 [1-2], avec un
maximum de trois indications par patient dont l’indication la plus fréquente était la mise en
route d’une alimentation parentérale (47%) (Tableau III).

Tableau III : Les indications de la mise en place des CVC

Données n (%)
Monitorage de la pression veineuse centrale 10 (31%)
Alimentation parentérale 15 (47%)
Administration de drogues vasoactives 9 (28%)
Administration de médicaments irritants 12 (38%)
Faible capitale veineux 2 (6%)

3. Les données concernant l’ILC


Le délai moyen d’apparition de l’ILC, par rapport à la pose, était de 6 jours (±2) avec des
extrêmes de 3 et 10 jours.

L’ILC était survenue chez des patients infectés dans 25 cas (78%) dont 20 cas (63%) étaient
en rapport avec un sepsis évolutif et cinq en état de choc septique. La porte d’entrée la plus
fréquente était pulmonaire (60%) (Figure 1).

7
Les résultats

4; 16%

Pulmonaire

2; 8% Système nerveux central


15; 60%
Urinaire
Abdominal
2; 8%
autres

2; 8%

n;%

Figure 1 : Les foyers infectieux présents au moment de la pose du cathéter

L’ILC était non bactériémique dans 26 cas (81%). Le diagnostic a été fait devant une culture
quantitative du cathéter ≥ 10³ UFC/ml et une régression totale ou partielle des signes
infectieux dans les 48 heures suivant l’ablation dans tous les cas.

L’ILC était bactériémique dans six cas (19%). Le diagnostic a été fait devant l’association
d’une bactériémie survenant dans les 48 heures encadrant le retrait du cathéter et d’une
culture de cathéter ≥ 10³ UFC/ml du même germe dans tous les cas.

Une co-infection fongique était notée dans 4 cas (13%). Au moment de l’ILC, les patients
étaient sous antibiotique dans 25 cas (78%), sous corticoïdes dans 15 cas (47%) et sous
alimentation parentérale dans 15 cas (47%).

Une thrombose veineuse sur CVC était survenue dans 3 cas. Par ailleurs, aucun
pneumothorax ni embolie gazeuse n’a été rapporté.

3.1. Les principaux microorganismes


Toutes les ILC étaient monobactériennes. Les germes isolés responsables étaient
essentiellement des BGN (62%) (Figure 2).

8
Les résultats

CGP BGN

12; 38% 20; 62%

n; %

Figure 2 : La répartition des ILC selon la nature du germe

Le germe le plus fréquent parmi les BGN était Klebsiella pneumoniae dans 7 cas et parmi les
CGP Staphylococcus aureus dans 8 cas (Tableau IV).

Tableau IV : Les micro-organismes isolés

Micro-organismes isolés n (%)


Cocci à Gram positif 12 (38%)
Staphylococcus aureus 8
Staphylocoque à coagulase négative 3
Enterococcus faecium 1
Bacilles à Gram négatif 20 (62%)
Klebsiella pneumoniae 7
Acinetobacter baumannii 6
Pseudomonas aeruginosa 3
Serratia marcescens 1
Klebsiella oxytoca 1
Stenotrophomonas maltophilia 1
Proteus mirabilis 1

Les germes étaient des bactéries ESKAPE dans 25 cas (78%) (Staphylococcus aureus (n=8),
Klebsiella pneumoniae (n=7), Acinetobacter baumannii (n=6), Pseudomonas aeruginosa
(n=3) et Enterococcus feacium (n=1)).

9
Les résultats

Les BGN non fermentaires isolés (n=10 ; 31%) étaient du genre Acinetobacter dans 6 cas,
Pseudomonas dans 3 cas et Stenotrophomonas dans 1 cas soit 50% des BGN isolés et 31%
de tous les germes.

La répartition des germes selon les traitements au long cours, le motif d’admission et la
provenance n’était pas différente (Tableau V).

Tableau V : La répartition des germes selon les traitements au long cours, le motif
d’admission et la provenance

Variables n (%) CGP (n=12) BGN (n=20) Total p


Corticoïdes ou immunosuppresseurs 2 (33%) 4 (67%) 6 1
Motif admission : 0,734
Respiratoire 6 (40%) 9 (60%) 15
Neurologique 3 (30%) 7 (70%) 10
Hémodynamique 3 (50%) 3 (50%) 6
Métabolique 0 1 (100%) 1
Service d’origine : 0,314
Urgences 7 (47%) 8 (53%) 15
Autres 5 (29%) 12 (71%) 17
CVC mis en dehors du service 2 (20%) 8 (80%) 10 0,507

La répartition des BGN et les CGP n’était pas différente selon le site d’insertion du CVC (p =
0,811) (Figure 3).

14

12

10
Nombre d'ILC

8
BGN
6
CGP
4

0
Catheter veineux fémoral Catheter veineux jugulaire Catheter veineux sous
interne clavier

BGN : Bacille à gram négatif ; CGP : Cocci à gram positif

Figure 3 : La répartition des germes selon le site d’insertion du cathéter

10
Les résultats

Les hémocultures réalisées au moment de la suspicion de l’ILC étaient positives au même


germe que celui de l’ILC dans 6 cas (19%) : Staphylococcus aureus (n=4) et Klebsiella
pneumoniae (n=2).

3.2. Les profils de résistances des germes isolés


Selon les antibiotiques testés, le profil de résistance des différents germes isolés montre que
sur 8 prélèvements, Staphylococcus aureus était résistant à l’oxacilline dans cinq cas et
Klebsiella pneumoniae à la céfotaxime dans tous les cas. Sur cinq prélèvements
Acinetobacter baumannii était résistant à l’imipenème dans tous les cas (Tableau VI).

Tableau VI : La résistance des germes isolés aux antibiotiques de référence

Germes PNG OXA CFX CFZ TIC PTZ IMI COL VAC TIG FQN GNT AMK
SA (n=8) 7/7 5/8 - - - - - - 0/8 0/1 1/4 0/4 -
KP (n=7) - - 7/7 - RN 6/7 0/5 0/6 - - 6/7 - 1/1
AB (n=6) - - 5/5 4/4 5/5 5/5 5/5 0/5 - 2/2 5/5 4/5 1/1
SCN (n=3) 3/3 1/2 - - - - - - 0/3 0/0 1/3 1/3 -
PA (n=3) - - - 1/2 2/3 2/3 2/3 0/2 - - 3/3 - 2/2
EF (n=1) 1/1 - - - - - 1/1 - 1/1 0/1 0/0 1/1 -
SMR (n=1) 1/1 1/1 1/1 1/1 1/1 0/1 RN - 0/1 - -
KO (n=1) 1/1 1/1 0/1 1/1 - 0/1 1/1 1/1 1/1
SMT (n=1) - - RN 1/1 RN - RN - - 1/1 0/0 - -
PM (n=1) 0/1 0/1 1/1 0/1 0/1 RN - - - 0/1 0/1
PNG : Pénicilline G ; OXA : Oxacilline ; CFX : Céfotaxime ; CFZ : Céftazidime ; TIC : Ticarcilline ; PTZ : Pipéracilline/tazobactam ; IMI : Imipenenme ;
COL : Colistine ; VAC : Vancomycine ; TIG : Tigécycline ; FQN : Fluoroquinolone ; GNT : Aminosides ; SA : Staphylococcus aureus; KP : Klebsiella
pneumoniae ; AB : Acinetobacter baumannii ; SCN : Staphylocoque à Coagulase Négative; PA : Pseudomonas aeruginosa; EF : Enterococcus faecium;
SMR : Serratia marcescens; KO : Klebsiella oxytoca ; SMT : Stenotrophomonas maltophilia; PM : Proteus mirabilis ; RN : Résistance Naturelle

Ces profils ont permis de classer les germes en BMR dans 26 cas (81%) (Figure 4).

n (%)

MDR;15
(58%)

DS; 6 BMR; 26
(19%) (81%)

XDR; 11
(42%)

MDR: multidrug resistant bacteria; XDR: extensively drug-resistant bacteria

Figure 4 : La répartition du nombre des ILC selon la résistance des germes

11
Les résultats

Les BGN isolées étaient des BMR dans 90% des cas et les CGP dans 67% des cas (Tableau
VII).

Tableau VII : Les profils de résistance des BGN et des CGP

BMR n (%)
Germes DS Total
MDR XDR PDR Total
BGN 8 (40%) 10 (50%) 0 18 (90%) 2 (10%) 20
CGP 7 (58%) 1 (9%) 0 8 (67%) 4 (33%) 12
Total n (%) 15 (47%) 11 (34%) 0 26 (81%) 6 (19%) 32
BMR : Bactéries multirésistantes ; DS : drug-sensible bacteria ; MDR : multi-drug resistant bacteria; XDR: extensively drug-resistant bacteria;
PDR: pan-drug resistant bacteria ; BGN: Bacilles à gram negatif ; CGP: Cocci à gram positif

Tous les BGN non fermentaires isolés (n=10) étaient des BMR dont neuf XDR et un MDR.

La répartition des germes isolés selon le type de résistance montre que Acinetobacter
baumannii, Pseudomonas aeruginosa, Klebsiella oxytoca, Serratia marsescens, Enterococcus
feacium et Stenotrophomonas maltophilia étaient tous des BMR (Tableau VIII).

Tableau VIII : Les profils des différents germes isolés selon leurs classes de
résistance

BMR
Germes DS Total
MDR XDR PDR Total
Staphylococcus aureus 5 0 0 5 3 8
Klebsiella pneumoniae 5 1 0 6 1 7
Acinetobacter baumannii 0 6 0 6 0 6
Staphylocoque à coagulase négative 2 0 0 2 1 3
Pseudomonas aeruginosa 1 2 0 3 0 3
Klebsiella oxytoca 1 0 0 1 0 1
Serratia marsescens 1 0 0 1 0 1
Enterococcus faecium 0 1 0 1 0 1
Proteus mirabilis 0 0 0 0 1 1
Stenotrophomonas maltophilia 0 1 0 1 0 1
BMR : Bactéries multirésistantes ; DS : drug-sensible bacteria ; MDR : multi-drug resistant bacteria; XDR: extensively drug-resistant
bacteria; PDR: pan-drug resistant bacteria ; BGN: Bacilles à gram negatif ; CGP: Cocci à gram positif

Les germes du groupe ESKAPE étaient des BMR dans 21 cas (84%) dont 11 des MDR et 10
des XDR (Tableau IX).

12
Les résultats

Tableau IX : Les profils de résistance des germes du groupe ESKAPE

BMR
Germes n ; (%) DS Total
MDR XDR PDR Total
Groupe ESKAPE 11 10 0 21 (84%) 4 25
Autres 4 1 0 5 (71%) 2 7
BMR : Bactéries multirésistantes ; DS : drug-sensible bacteria ; MDR : multi-drug resistant bacteria; XDR: extensively drug-resistant bacteria;
PDR: pan-drug resistant bacteria ; BGN: Bacilles à gram negatif ; CGP: Cocci à gram positif

Le délai moyen de survenu de l’ILC (par rapport à la pose du CVC) n’était pas différent selon
que le germe soit une BMR (6 jours ±2,1) ou DS (6,4 jours ±2,1) ; (p=0,665).

Les patients étaient déjà sous antibiotiques au moment de la suspicion de l’ILC dans 25 cas
(78%) dont l’association Imipenème-Colistine était la plus fréquente (Tableau X).

Tableau X : Les antibiotiques reçus par les patients au moment de la suspicion de


l’ILC

Antibiotique(s) n (%)
Amoxicilline/Clavulanate 5 (20%)
Céfotaxime 4 (16%)
Imipenème-Colistine 3 (12%)
Céfotaxime-Métronidazole 3 (12%)
Piperacilline/Tazobactam 2 (8%)
Piperacilline/Tazobactam-Amikacine 1 (4%)
Imipenème-Colistine-Teicoplanine 1 (4%)
Imipenème-Colistine-Erythromycine 1 (4%)
Imipenème 1 (4%)
Céfotaxime-Vancomycine-Fosfomycine 1 (4%)
Céfotaxime-Vancomycine-Colistine-Fosfomycine 1 (4%)
Céfotaxime-Erythromycine-Métronidazole 1 (4%)
Céfotaxime-Erythromycine 1 (4%)

L’antibiothérapie a été mise en route dès la suspicion diagnostique de l’ILC uniquement dans
5 cas (16%).

Après la récupération de l’antibiogramme, une escalade était nécessaire dans 13 cas (41%)
dont 12 en rapport avec un germe BMR et un cas en rapport avec un germe DS (Tableau
XI).

13
Les résultats

Tableau XI : L’escalade antibiotique selon les profils de résistance des germes

Escalade
Germes Total p
Non Oui
BMR 14 (54%) 12 (46%) 26 0,359
DS 5 (83%) 1 (17%) 6
BMR : Bactéries multi-résistantes ; DS : drug-sensible bacteria

Le délai de l’escalade par rapport au début de l’antibiothérapie était de 5,8 jours (±2,4) avec
des extrêmes de 3 et 11 jours. La durée moyenne de l’antibiothérapie était de 14,2 jours
(±4,9).

14
15
Discussion

Durant la période d’étude, 32 ILC ont été incluses avec un délai moyen de survenue de 6
jours (±2) avec des extrêmes de 3 et 10 jours. Toutes les ILC étaient monobactériennes et
L’ILC était bactériémique dans 6 cas. Les BGN étaient les germes les plus fréquents (62%)
avec en tête de liste on retrouve Klebsiella pneumoniae. Pour les CGP, Staphylococcus
aureus était le germe le plus isolé. Les bactéries appartenaient au groupe ESKAPE dans 78%
des cas et aux BGN non fermentaires dans 31% des cas. Le taux de BMR était de 81% dont
58% des MDR et 42 % des XDR. L’antibiothérapie initiale était adéquate dans 59% des cas.

Contrairement à notre étude, où aucune ILC n’était polymicrobienne, le taux de ces


dernières varient d’une étude à une autre pouvant atteindre jusqu’à 9% des cas [14].

Si dans certaines études, en concordance avec nos résultats, les BGN représentent les
germes les plus fréquemment isolés, la plupart des résultats publiés montrent une
prédominance plutôt des CGP [5, 8-10, 15]. Parmi ces germes, Staphylococcus aureus
représente dans la plupart des études la bactérie la plus isolée [15-19] et à moindre degré
SCN [20], ce qui va dans le même sens que les résultats retrouvés dans notre étude.

Pour les études où les BGN étaient prépondérants [6, 21, 22], les germes les plus fréquents
étaient Acinetobacter baumannii, Pseudomonas aeruginosa et Klebsiella pneumoniae dans la
majorité des cas [6, 17, 23, 24]. Si dans notre étude, Klebsiella était le genre le plus
fréquent, en concordance avec certains résultats [14, 23], dans d’autres études c’est plutôt
le genre Pseudomonas [17, 24, 26] ou le genre Acinetobacter [18, 25] qui viennent en
premier lieu. Contrairement à ces diversités, le point en commun pour la majorité des
études, dont la nôtre, est la faible proportion des entérobactéries [26].

Le fait marquant de nos résultats était la fréquence élevée des BGN non fermentaires (31%)
et surtout des germes du groupe ESKAPE (78%). Contrairement à ces données, ils ne
représentent que 22% [27] et 21 % [14] respectivement des germes isolés dans les études
publiées.

Ces différences microbiologiques restent difficilement explicables et sont probablement


multifactorielles : variations liées a l’écologie locale, forte pression de sélection bactérienne
par utilisation d’antibiotiques à large spectre [6] et l’utilisation de définitions différentes des
ILC dans la littérature. En effet, on retrouve certaines études qui utilisent celle des Centers
for Disease Control [28] et d’autres qui utilisent plutôt celle de l’Infectious Disease Society
of America [29] voire même dans certains cas des définitions locales [16].

Mais un fait certain est que durant la dernière décennie, les BGN ont pris une importance
grandissante avec une prédominance qui oriente probablement vers un mécanisme de

15
Discussion

colonisation des CVC par transmission croisée par les mains du personnel soignant lors des
manipulations des lignes veineuses [6]. Ceci explique, en partie, cette prédominance dans
les pays respectant le moins les règles d’hygiènes et où les moyens de prévention de ce type
d’infections associées aux soins sont peu respectés [30].

La fréquence élevée des souches de Staphylococcus aureus résistantes à l’oxacilline


retrouvée dans notre étude concorde avec les résultats des études publiées où elle varie de
54,6% à 76 % des souches isolés [18, 31-34]. Par contre, leurs résistances à la gentamycine
et aux quinolones, faible dans notre étude, peuvent atteindre jusqu’à 85% dans certaines
études [18].

De façon similaire à ceux retrouvées dans la littérature, Acinetobacter baumannii est dans la
plupart du temps résistant à la majorité des antibiotiques [17] mise à part la colistine. En
effet, la résistance à l’imipenème varie de 56,6% à 100% des souches isolées [18, 24, 31-
34]. Par contre, la résistance à la tigécycline, si elle est fréquente dans notre étude, elle
reste faible dans les études où cet antibiotique a été testé [24].

Concernant Pseudomonas aeruginosa, les souches isolées sont résistantes à la majorité des
antibiotiques comme la pipéracilline/tazobactam, céftazidime, les quinolones et à l’amikacine.
Ces résistances dans la littérature sont très variables d’une étude à une autre allant de
30,5% à 71,4% pour la ciprofloxacine, de 17,4% à 100% pour la piperacilline/tazobactam,
de 10% à 71,4% pour l’amikacine et de 26,1% à 71,4% pour l’imipenème [31-34]. Par
contre la résistance à la colistine est très faiblement rapportée dans la majorité des études
publiées [24]. Les séries rapportant l’absence de souches de Pseudomonas aeruginosa XDR
ou résistantes à la céftazidime sont très peu nombreuses [18].

La situation est la même pour Klebsiella pneumoniae où la résistance est élevée arrivant
jusqu’à 95% pour les céphalosporines de 3ème et 4ème génération [3], 100% pour l’ampicilline
[24] et jusqu’à 60% pour l’imipenème [31-34]. Par contre, la résistance à la colistine est
faiblement rapportée dans la littérature [24].

Les résistances des entérobactéries à la majorité des antibiotiques dans les ILC sont
fréquentes avec des souches productrices de bétalactamase à spectre étendu arrivant
jusqu’à 100% des souches isolés dans certaines études [25].

Stenotrophomonas maltophilia et Enterococcus feacium, s’ils sont rarement isolés, sont


caractérisés par leurs résistances à la majorité des antibiotiques [15, 24].

Cette haute proportion de BMR dans notre service (81%) est de plus en plus rapportée dans
les études publiées où elle varie de 60% à 80% [6, 26, 35].

16
Discussion

L’adéquation de l’antibiothérapie initiale dans notre étude (59%) reste dans la fourchette des
valeurs retrouvées dans la littérature malgré la fréquence élevée des germes BMR et surtout
des XDR [14].

Le caractère rétrospectif, le faible effectif et l’absence du calcul de la densité d’incidence


constituent les principales limites de notre étude.

Cette infection très fréquente en réanimation impliquant des germes hautement résistants,
est en grande partie évitable [36]. Ceci nous poussent à mettre au point le plutôt possible
des politiques de contrôle avec des mesures préventives en bouquet (« bundles » des anglo-
saxons) [37], comme l’emploi de matériaux moins thrombogènes (polyuréthane ou les
polymères fluorés) [1, 2], l’asepsie de type chirurgical [2], la ponction veineuse écho-guidée
[38] et l’utilisation des pansements transparents [2, 3].

17
18
Conclusions

Tout patient séjournant en réanimation est équipé dans la majorité des cas d’une voie
veineuse centrale. Cependant, ce n’est pas un geste anodin vu les complications qu’il peut
engendrer et en particulier l’infection qui représente la 3ème cause d’infection associée aux
soins en réanimation. Durant la dernière décennie, on a assisté à un changement du profil
microbiologique de ces infections et à l’isolement de germes de plus en plus résistants aux
thérapeutiques utilisées.

L’objectif de ce travail était de déterminer le profil bactériologique des ILC dans un service
de réanimation médicale tunisien.

Nous avons mené une étude descriptive, rétrospective et mono-centrique dans le service de
réanimation médicale de La Rabta de Tunis. Ont été inclus les 32 premiers épisodes d’ILC
chez les patients âgés de plus de 18 ans et hospitalisés durant l’année 2014. Toutes les
données microbiologiques concernant le type et la résistance ont été recueillies et les germes
ont été classés en bactéries multi-résistantes et en germe appartenant ou non au groupe
ESKAPE.

Durant la période de l’étude, les 32 épisodes d’ILC ont intéressé 22 patients soit un nombre
médian de survenue d’ILC par patient de 1 [1-2] avec des extrêmes de 1 et 5. L’âge moyen
était de 53 ans (±15,7) et le genre ratio de 2,1. Au moins un antécédent était présent chez
14 patients (64%) et le motif d’admission le plus fréquent était respiratoire dans 10 cas
(45%). A l’admission, les sores IGS II et APACHE II moyens étaient, respectivement, de 39
(±15,2) et de 14,5 (±7,7) et le SOFA score médian de 6,5 [3-8]. La mortalité observée était
de 73%.

Le CVC était mis en dehors du service dans 10 cas et le délai de survenue moyen de l’ILC,
par rapport au début du cathétérisme veineux, était de 6 jours (±2). Le site du CVC infecté
était fémoral dans 22 cas, sous clavier dans 6 cas et jugulaire interne dans 4 cas.

Les prélèvements bactériologiques ont permis d’identifier un CGP dans 12 cas et un BGN
dans 20 cas. Les germes isolés étaient Staphylococcus aureus dans 8 cas, Klebsiella
pneumoniae dans 7 cas, Acinetobacter baumannii dans 6 cas, Pseudomonas aeruginosa dans
3 cas, staphylocoque à coagulase négative dans 3 cas, et Stenotrophomonas maltophilia,
Enterococcus faecium, Klebsiella oxytoca, Proteus mirabilis et Serratia marcescens dans un
cas chacun. L’ILC était bactériémique dans 6 cas (19%) et associée à une levure dans 4 cas.

Parmi les 32 germes isolés, 26 étaient des BMR (15 MDR et 11 XDR) et 25 ont été classés
dans le groupe ESKAPE. Les germes MDR étaient Staphylococcus aureus (n=5), Klebsiella

18
Conclusions

pneumoniae (n=5), Staphylocoque à Coagulase Négative (n=2), Pseudomonas aeruginosa


(n=1), Serratia marcescens (n=1) et Klebsiella oxytoca (n=1).

Les germes XDR étaient Acinetobacter baumannii (n=6), Pseudomonas aeruginosa (n=2),
Enterococcus faecium (n=1), Klebsiella pneumoniae (n=1) et Stenotrophomonas maltophilia
(n=1).

Une escalade antibiotique a été réalisée dans 13 cas après un délai moyen de 5,8 jours
(±2,5). La durée moyenne de l’antibiothérapie était de 14,2 jours (±4,9).

Une étude prospective incluant plus de patients est recommandée afin de mieux identifier le
profil bactériologique des germes responsables des ILC et des facteurs de risque de la
survenue de cette complication au cours de l’hospitalisation en réanimation. La mise en place
d’une politique de prévention étant une de nos priorités afin de freiner l’augmentation
remarquable du taux de BMR de plus en plus résistant aux thérapeutiques usuelles.

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Annexe 1 : Fiche de recueil des données
Travail ILC
Fiche Dossier Année Mois NP
IGS II APACHE II SOFAa Charlson Ag e
Sexe

Diabète HTA Dyslipidémie AVC BPCO ACFA


SCA Maladies syst Mdie rénale c

Molécules Dose journalière Durée


Corticoïdes
Immunosuppresseurs

1-Hémodynamique 2-Respiratoire 3-Neurologique 4-Métabolique

Service 1-Médecine 2-Urgences 3-Chirurgie 4-USI


Structures 1-CHU 2-HR 3-Cliniques 4-Domicile
Durée de séjour
CVC 1-Jug interne 2-Sous-clav 3-Fémoral durée
Motif Type Dose journalière Durée
ATB
Corticoïdes

CVC :
1er 2ème 3ème
Site
Coté
Jours % admission
Indication(s)
Infection évolutive
Sepsis
EDC septique
ATB
(mol/dose/durée)

Corticoïdes
Molécule
Dose
Durée
Anticoagulation
Curative /prév
HNF/HBPM
Durée
Alim. parentérale
Amines vasoactifs
Ablation :
Jours
Motif
GB/PNN/Lc
Nbre de méd IV
Nbre perf IV

1er 2ème 3ème


Colonisation/ Infection
Jours cathéter
Jours adm
ATBpie en cours

Corticoïdes en cours
Alim. Paren/entérale
Sédation/curarisation
Sepsis
EDC (amines vasoact)
Autres inf. évolutive
Traitement ILC
Motif
Date de ttt
Date ablat KT
Date isolement germe
Date ATBamme
ATB (Emp/prob/ciblée)
Mono/Bi/Tri -ATB

Germe
Adaptation ATB
Jours ATB
Type
Durée ATB
Complications CVC
Mécaniques
TE
Evolution

Acinétobacter Pseudomonas Stenotropho


Baumannii/autre Aeruginosa/autre maltophilia
Ticarcilline
Ticar/clavulanate
Pipér/piper-tazob
Céfot/céftriaxone
Ceftazidime
Céfépime
Imip/merop
Tobra/amikacine
Cipro
Aztreonam
Gentamicine
Colistine
Fosfomycine
Tigécycline
Cotrimoxazole
Lévofloxacine

Entérobactérie Staphylococcus Enterococcus Streptococcus


Aureus/Autre Feacim/Feacalis pneumoniae
Péni-G
Ampi/amox
Amox/clavulanate
Ticar
Pipéracilline
Céfoxitine
Cafotax/ceftriaxone
Ceftaz
Céfépime
Imip/méro/dorip
Ertapeneme
Amikacine
Gentamicine
Oflo/norflo
Cipro
Trimétho-cotrim
Fosfom /Tigéc
Colistine
Erythromycine
Clindamycine
Ac fusidique
Oxacilline
Vanc/ Teico/Rifa
Kana/tobramycine
Linézolide
Daptomycine
Chloramphénicol
Annexe 2 : L’indice de gravité simplifié
II (IGS II)
C’est un score coté de 0 à 163 qui inclut 15 dont l’âge et le type d’admission (chirurgical
programmé ou urgent, et médical) et qui retient 3 facteurs de gravité préexistants à l’entrée
(une maladie hématologique, le SIDA, un cancer ou la présence de métastases). Leur
cotation se faisant à partir des données les plus péjoratives survenant au cours des
premières 24 heures passées dans le service de réanimation.

Réference:

Le Gall J-R, Lemeshow S, Saulnier F. A new simplified acute physiology score (SAPS II)
based on a European/North American multicenter study. Jama. 1993;270(24):2957-63.
Annexe 3: Acute Physiology And
Chronic Health Evaluation II
(APACHE II)
C’est un score qui comprend 12 variables physiologiques associées à l’âge et à un certain
nombre de maladies préexistantes qui sont évalués à partir des valeurs les plus anormales
considérées pendant les premières 24 heures d’évolution en réanimation.

Référence : Knaus WA, Draper EA, Wagner DP, Zimmerman JE. APACHE II: a severity of
disease classification system. Critical care medicine. 1985;13(10):818-29.
Annexe 4 : Sequential Organ Failure
Assessment Score (SOFA score)
Reference:

Vincent J-L, Moreno R, Takala J, Willatts S, De Mendonça A, Bruining H, et al. The SOFA
(Sepsis-related Organ Failure Assessment) score to describe organ dysfunction/failure.
Intensive care medicine. 1996;22(7):707-10.
Annexe 5 : Multidrug-resistant, extensively drug-resistant
and pandrug-resistant bacteria: an international expert proposal for
interim standard definitions for acquired resistance
Magiorakos AP, Srinivasan A, Carey RB, Carmeli Y, Falagas ME, Giske CG, et al. Multidrug-
resistant, extensively drug-resistant and pandrug-resistant bacteria: an international expert
proposal for interim standard definitions for acquired resistance. Clin Microbiol Infect
2012;18:268e81.
BACTERIOLOGICAL PROFILE OF CENTRAL CATHETER-RELATED INFECTIONS IN
MEDICAL INTENSIVE CARE
Abstract

Background :
During the last decade in intensive care, there was a change in microbiological profile of central
venous catheter-related infections with the isolation of germs increasingly resistant to the
therapeutics used. The aim of this study was to identify the bacteriological profile of the catheter-
related infections (CRI) in a medical intensive care unit.

Methods :
We conducted a retrospective and mono-centric study in the medical critical care unit of the Rabta
teaching hospital. We included the first 32 cases of CRI occurring in patients over 18 years old and
hospitalized during the year 2014.

Results :
During the study period, the 32 episodes of CRI have interested 22 patients. The mean age was 53
years (±15.7). The sex-ratio was 2.1. The mean delay of occurrence of CRI was 6 days (±2),
compared to the beginning of venous catheterization. The venous site of the infected catheter was
femoral in 22 cases (69%), subclavicular in 6 cases (19%) and internal jugular in 4 cases. The CRI
was associated with bacteremia in 6 cases (19%).
Bacteriological samples have identified Gram-positive cocci in 12 cases (38%) and Gram-negative
bacilli in 20 cases (62%). Isolated organism were Staphylococcus aureus in 8 cases, Klebsiella
pneumoniae in 7 cases, Acinetobacter baumannii in 6 cases, Pseudomonas aeruginosa in 3 cases,
coagulase-negative staphylococcus in 3 cases, and Stenotrophomonas maltophilia, Enterococcus
faecium, Klebsiella oxytoca, Proteus mirabilis and Serratia marcescens in one case each one.
Among the isolated pathogens, 26 (81%) were multi-drug resistant and 25 (78%) were classed in
group ESKAPE.

Conclusion :
Staphylococcus aureus, Klebsiella pneumoniae and Acinetobacter baumannii were the most common
pathogens causing CRI. Rates of multi-resistant isolates impose the implementation of a more
rigorous prevention policy.

Key-words : Central venous catheterization, catheter-related infections, resuscitation, bacteria, anti-


bacterial agents
PROFIL BACTÉRIOLOGIQUE DES INFECTIONS LIÉES AUX CATHÉTERS CENTRAUX
EN RÉANIMATION MÉDICALE
Résumé

Introduction:
Durant la dernière décennie en réanimation, on a assisté à un changement du profil microbiologique
des infections liées aux cathéters veineux centraux et à l’isolement des germes de plus en plus
résistants. L’objectif de ce travail était de déterminer le profil bactériologique des infections liées aux
cathéters (ILC) dans un service de réanimation médicale.
Méthodes :
Nous avons mené une étude descriptive, rétrospective et mono-centrique dans le service de
réanimation médicale de La Rabta de Tunis. Ont été inclus les 32 premiers épisodes d’ILC survenant
chez les patients âgés de plus de 18 ans et hospitalisés durant l’année 2014.

Résultats :

Durant la période de l’étude, les 32 épisodes d’ILC ont intéressé 22 patients. L’âge moyen était de
53 ans (±15,7) et le genre ratio de 2,1.

Le délai de survenue moyen de l’ILC, par rapport au début du cathétérisme veineux, était de 6 jours
(±2). Le site veineux du cathéter infecté était fémoral dans 22 cas (69%), sous clavier dans 6 cas
(19%) et jugulaire interne dans 4 cas. L’ILC était bactériémique dans 6 cas (19%).

Les prélèvements bactériologiques ont permis d’identifier un Cocci à Gram Positif dans 12 cas (38%)
et un Bacille à Gram Négatif dans 20 cas (62%). Les germes isolés étaient Staphylococcus aureus
dans 8 cas, Klebsiella pneumoniae dans 7 cas, Acinetobacter baumannii dans 6 cas, Pseudomonas
aeruginosa dans 3 cas, staphylocoque à coagulase négative dans 3 cas, et Stenotrophomonas
maltophilia, Enterococcus faecium, Klebsiella oxytoca, Proteus mirabilis et Serratia marcescens dans
un cas chacun.

Parmi les 32 germes isolés, 26 (81%) étaient des bactéries multi-résistantes et 25 (78%) ont été
classés dans le groupe ESKAPE.

Conclusion :
Les germes responsables des ILC les plus fréquents étaient Staphylococcus aureus, Klebsiella
pneumoniae et Acinetobacter baumannii. Les taux des germes multi-résistants imposent la mise en
place d’une politique de prévention plus rigoureuse.

Mots-clés : Cathétérisme veineux central, infections sur cathéters, réanimation, bactéries,


antibactériens

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