Infections Cathéter en Réanimation
Infections Cathéter en Réanimation
MÉMOIRE
De fin d’études du
par
Jury
Président : Pr Sami ABDELLATIF Directeur du mémoire :
Dr Foued DALY
Membres : Pr Ag Hatem EL GHORD
Pr Ag Samia AYED
Dédicaces
A ma chérie Dhouha
Je te remercie énormément pour ton amour inconditionnel, ton soutien moral, tes sacrifices,
tes précieux conseils, tes encouragements et ta présence dans ma vie
Ce travail, aussi modeste soit-il n’aurait pas vu le jour sans ton aide précieuse
Reçois à travers ce mémoire l’expression de mon amour et de mon éternelle gratitude
Que Dieu te protège et nous garde unis pour toujours
A ma grand-mère Saida
Je te souhaite un prompt rétablissement. Que Dieu te protège de tout mal
Et à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin pour que ce projet soit possible
je vous dis merci
Remerciements
IV. Discussion.......................................................................................................... 15
V. Conclusions ........................................................................................................... 18
Liste des abréviations
DS : Drug Sensible
Tableau V : La répartition des germes selon les traitements au long cours, le motif
d’admission et la provenance......................................................................................... 10
Tableau VIII : Les profils des différents germes isolés selon leurs classes de résistance...... 12
Tableau X : Les antibiotiques reçus par les patients au moment de la suspicion de l’ILC ..... 13
Tableau XI : L’escalade antibiotique selon les profils de résistance des germes .................. 14
Liste des figures
Figure 1 : Les foyers infectieux présents au moment de la pose du cathéter ........................ 8
Figure 4 : La répartition du nombre des ILC selon la résistance des germes ...................... 11
1
Introduction
Tout patient séjournant en réanimation est équipé au minimum d'un accès vasculaire, une
voie veineuse centrale dans la moitié des cas [1], permettant non seulement l'administration
de nombreux médicaments, mais également le monitorage hémodynamique invasif, et divers
traitements tels que l'hémofiltration continue.
Cependant, ce n’est pas un geste anodin vu les complications qu’il peut engendrer et en
particulier l’infection. En effet, les infections liées aux cathéters veineux centraux (ILC)
représentent la 3ème cause d’infection nosocomiale en réanimation [2] avec des taux
d’incidence variant entre 0,5 et 10 par 1000 jours cathéter veineux central (CVC) [3] en
fonction des types de cathéter, des définitions [3] et des techniques diagnostiques utilisées
[4].
Malgré le nombre important d’études publiées sur les ILC, les données provenant des unités
de réanimation des pays en voie de développement sont peu nombreuses. Ceci pose un
problème dans le choix des anti-infectieux probabilistes qui doivent comporter
obligatoirement des molécules actives sur ces germes.
L’objectif de ce travail était de déterminer le profil bactériologique des ILC dans un service
de réanimation médicale tunisien.
1
2
Patients et méthodes
1. Présentation de l’étude
2. Présentation du service
L’étude a été réalisée dans le service de réanimation médicale du centre hospitalo-
universitaire La Rabta de Tunis (Tunisie). Notre service est composé de 8 lits au sein d’un
hôpital de 1000 lits à structure pavillonnaire. Il reçoit des patients, essentiellement
médicaux, des différents services de l’hôpital ainsi que ceux provenant du secteur libéral ou
des autres structures hospitalières de toute la Tunisie.
3. Les patients
3.1. Les critères d’inclusion
3.1.1. La maladie
Le diagnostic d’une ILC a été retenu selon les définitions de la réactualisation de la douzième
conférence de consensus en réanimation et médecine d’urgence de 2002 [7], qui définit l’ILC
comme suit :
2
Patients et méthodes
La culture du cathéter est positive, mais la souche est différente de celle isolée dans
le sang et/ou d’un autre foyer infectieux présent au moment de l’ablation du cathéter
et le syndrome infectieux ne régresse pas à l’ablation du cathéter.
La culture du cathéter est positive. La souche isolée est identique à celle trouvée
dans un foyer infectieux autre identifié au moins 48 heures avant l’ablation du
cathéter qu’il soit ou non responsable de bactériémie et le syndrome infectieux ne
régresse pas à l’ablation du cathéter, celui-ci a été colonisé à partir d’un foyer situé à
distance.
Les CVC insérées auparavant dans un autre service ont été également inclus.
Nous n’avons pas inclus dans notre étude, les cathéters artériels et les CVC utilisés pour
l’épuration extrarénale ou pour la mesure de la pression artérielle pulmonaire d’occlusion.
Nous avons exclu tous les cas où des données épidémiologiques ou bactériologiques
(identification du germe et de sa sensibilité) étaient manquantes.
L’ensemble des paramètres a été relevé sur des fiches préétablies (Annexe 1). Pour chaque
épisode d’ILC, ont été relevé :
L’âge, le genre
Les antécédents et le traitement habituel
Le motif d’admission en réanimation médicale (neurologique, respiratoire,
hémodynamique et métabolique)
La gravité évaluée par l’Indice de Gravité Simplifié II (IGS II) [9] (Annexe 2) et
l’Acute Physilogy And Chronic Health Evaluation II (APACHE II) [10] (Annexe 3) : les
3
Patients et méthodes
scores ont été calculé à partir des données clinico-biologiques des premières 24
heures d’hospitalisation dans notre service.
L’existence d’un antécédent de cathétérisme.
La durée de séjour : La durée de séjour a été calculée en jours selon l’équation :
(Date de sortie (ou de décès) – Date d’entrée) +1
Les complications survenant au cours de son hospitalisation en réanimation : Pour
définir les défaillances d’organe, l’item utilisé était le « Sequential Organ Failure
Assessment Score» [11] (SOFA score) (Annexe 4).
4.4. Le traitement
4
Patients et méthodes
5. Méthodes statistiques
Les variables qualitatives ont été décrites en fonction de leur répartition en pourcentage avec
les intervalles de confiance 95% (IC95%). Pour les variables quantitatives, l’analyse s’est faite
par présentation de moyennes et écart-types quand la distribution est normale et dans le cas
contraire par la médiane avec le 1er et le 3ème quartile (Q1-Q3). La normalité de la distribution
a été vérifiée par le test de Kolmogorov-Smirnov. Dans tous les tests, le seuil de p a été fixé
à 5% (p < 0,05) et l’analyse a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS 23.0 fr.
6. Recherche bibliographique
Cette étude a été élaborée en sélectionnant les articles après interrogation des bases de
données Medline, Pub Med, SciencesDirect, Cochrane et Google scholar en utilisant les
termes : « cathétérisme veineux central, infections liées aux cathéters, infections liées aux
soins, réanimation, bactéries, résistance aux antibiotiques, antibiotic stewardship, central-
line-associated bloodstream infection, central venous catheter, multidrug resistance,
intensive care unit».
5
6
Les résultats
6
Les résultats
Données n (%)
Nombre de lumière
Double lumières 5 (16%)
Triple lumières 27 (84%)
Site de ponction
Sous claviculaire 6 (19%)
Jugulaire 4 (12%)
Fémoral 22 (69%)
Le nombre médian d’indication de la mise en place des CVC était de 2 [1-2], avec un
maximum de trois indications par patient dont l’indication la plus fréquente était la mise en
route d’une alimentation parentérale (47%) (Tableau III).
Données n (%)
Monitorage de la pression veineuse centrale 10 (31%)
Alimentation parentérale 15 (47%)
Administration de drogues vasoactives 9 (28%)
Administration de médicaments irritants 12 (38%)
Faible capitale veineux 2 (6%)
L’ILC était survenue chez des patients infectés dans 25 cas (78%) dont 20 cas (63%) étaient
en rapport avec un sepsis évolutif et cinq en état de choc septique. La porte d’entrée la plus
fréquente était pulmonaire (60%) (Figure 1).
7
Les résultats
4; 16%
Pulmonaire
2; 8%
n;%
L’ILC était non bactériémique dans 26 cas (81%). Le diagnostic a été fait devant une culture
quantitative du cathéter ≥ 10³ UFC/ml et une régression totale ou partielle des signes
infectieux dans les 48 heures suivant l’ablation dans tous les cas.
L’ILC était bactériémique dans six cas (19%). Le diagnostic a été fait devant l’association
d’une bactériémie survenant dans les 48 heures encadrant le retrait du cathéter et d’une
culture de cathéter ≥ 10³ UFC/ml du même germe dans tous les cas.
Une co-infection fongique était notée dans 4 cas (13%). Au moment de l’ILC, les patients
étaient sous antibiotique dans 25 cas (78%), sous corticoïdes dans 15 cas (47%) et sous
alimentation parentérale dans 15 cas (47%).
Une thrombose veineuse sur CVC était survenue dans 3 cas. Par ailleurs, aucun
pneumothorax ni embolie gazeuse n’a été rapporté.
8
Les résultats
CGP BGN
n; %
Le germe le plus fréquent parmi les BGN était Klebsiella pneumoniae dans 7 cas et parmi les
CGP Staphylococcus aureus dans 8 cas (Tableau IV).
Les germes étaient des bactéries ESKAPE dans 25 cas (78%) (Staphylococcus aureus (n=8),
Klebsiella pneumoniae (n=7), Acinetobacter baumannii (n=6), Pseudomonas aeruginosa
(n=3) et Enterococcus feacium (n=1)).
9
Les résultats
Les BGN non fermentaires isolés (n=10 ; 31%) étaient du genre Acinetobacter dans 6 cas,
Pseudomonas dans 3 cas et Stenotrophomonas dans 1 cas soit 50% des BGN isolés et 31%
de tous les germes.
La répartition des germes selon les traitements au long cours, le motif d’admission et la
provenance n’était pas différente (Tableau V).
Tableau V : La répartition des germes selon les traitements au long cours, le motif
d’admission et la provenance
La répartition des BGN et les CGP n’était pas différente selon le site d’insertion du CVC (p =
0,811) (Figure 3).
14
12
10
Nombre d'ILC
8
BGN
6
CGP
4
0
Catheter veineux fémoral Catheter veineux jugulaire Catheter veineux sous
interne clavier
10
Les résultats
Germes PNG OXA CFX CFZ TIC PTZ IMI COL VAC TIG FQN GNT AMK
SA (n=8) 7/7 5/8 - - - - - - 0/8 0/1 1/4 0/4 -
KP (n=7) - - 7/7 - RN 6/7 0/5 0/6 - - 6/7 - 1/1
AB (n=6) - - 5/5 4/4 5/5 5/5 5/5 0/5 - 2/2 5/5 4/5 1/1
SCN (n=3) 3/3 1/2 - - - - - - 0/3 0/0 1/3 1/3 -
PA (n=3) - - - 1/2 2/3 2/3 2/3 0/2 - - 3/3 - 2/2
EF (n=1) 1/1 - - - - - 1/1 - 1/1 0/1 0/0 1/1 -
SMR (n=1) 1/1 1/1 1/1 1/1 1/1 0/1 RN - 0/1 - -
KO (n=1) 1/1 1/1 0/1 1/1 - 0/1 1/1 1/1 1/1
SMT (n=1) - - RN 1/1 RN - RN - - 1/1 0/0 - -
PM (n=1) 0/1 0/1 1/1 0/1 0/1 RN - - - 0/1 0/1
PNG : Pénicilline G ; OXA : Oxacilline ; CFX : Céfotaxime ; CFZ : Céftazidime ; TIC : Ticarcilline ; PTZ : Pipéracilline/tazobactam ; IMI : Imipenenme ;
COL : Colistine ; VAC : Vancomycine ; TIG : Tigécycline ; FQN : Fluoroquinolone ; GNT : Aminosides ; SA : Staphylococcus aureus; KP : Klebsiella
pneumoniae ; AB : Acinetobacter baumannii ; SCN : Staphylocoque à Coagulase Négative; PA : Pseudomonas aeruginosa; EF : Enterococcus faecium;
SMR : Serratia marcescens; KO : Klebsiella oxytoca ; SMT : Stenotrophomonas maltophilia; PM : Proteus mirabilis ; RN : Résistance Naturelle
Ces profils ont permis de classer les germes en BMR dans 26 cas (81%) (Figure 4).
n (%)
MDR;15
(58%)
DS; 6 BMR; 26
(19%) (81%)
XDR; 11
(42%)
11
Les résultats
Les BGN isolées étaient des BMR dans 90% des cas et les CGP dans 67% des cas (Tableau
VII).
BMR n (%)
Germes DS Total
MDR XDR PDR Total
BGN 8 (40%) 10 (50%) 0 18 (90%) 2 (10%) 20
CGP 7 (58%) 1 (9%) 0 8 (67%) 4 (33%) 12
Total n (%) 15 (47%) 11 (34%) 0 26 (81%) 6 (19%) 32
BMR : Bactéries multirésistantes ; DS : drug-sensible bacteria ; MDR : multi-drug resistant bacteria; XDR: extensively drug-resistant bacteria;
PDR: pan-drug resistant bacteria ; BGN: Bacilles à gram negatif ; CGP: Cocci à gram positif
Tous les BGN non fermentaires isolés (n=10) étaient des BMR dont neuf XDR et un MDR.
La répartition des germes isolés selon le type de résistance montre que Acinetobacter
baumannii, Pseudomonas aeruginosa, Klebsiella oxytoca, Serratia marsescens, Enterococcus
feacium et Stenotrophomonas maltophilia étaient tous des BMR (Tableau VIII).
Tableau VIII : Les profils des différents germes isolés selon leurs classes de
résistance
BMR
Germes DS Total
MDR XDR PDR Total
Staphylococcus aureus 5 0 0 5 3 8
Klebsiella pneumoniae 5 1 0 6 1 7
Acinetobacter baumannii 0 6 0 6 0 6
Staphylocoque à coagulase négative 2 0 0 2 1 3
Pseudomonas aeruginosa 1 2 0 3 0 3
Klebsiella oxytoca 1 0 0 1 0 1
Serratia marsescens 1 0 0 1 0 1
Enterococcus faecium 0 1 0 1 0 1
Proteus mirabilis 0 0 0 0 1 1
Stenotrophomonas maltophilia 0 1 0 1 0 1
BMR : Bactéries multirésistantes ; DS : drug-sensible bacteria ; MDR : multi-drug resistant bacteria; XDR: extensively drug-resistant
bacteria; PDR: pan-drug resistant bacteria ; BGN: Bacilles à gram negatif ; CGP: Cocci à gram positif
Les germes du groupe ESKAPE étaient des BMR dans 21 cas (84%) dont 11 des MDR et 10
des XDR (Tableau IX).
12
Les résultats
BMR
Germes n ; (%) DS Total
MDR XDR PDR Total
Groupe ESKAPE 11 10 0 21 (84%) 4 25
Autres 4 1 0 5 (71%) 2 7
BMR : Bactéries multirésistantes ; DS : drug-sensible bacteria ; MDR : multi-drug resistant bacteria; XDR: extensively drug-resistant bacteria;
PDR: pan-drug resistant bacteria ; BGN: Bacilles à gram negatif ; CGP: Cocci à gram positif
Le délai moyen de survenu de l’ILC (par rapport à la pose du CVC) n’était pas différent selon
que le germe soit une BMR (6 jours ±2,1) ou DS (6,4 jours ±2,1) ; (p=0,665).
Les patients étaient déjà sous antibiotiques au moment de la suspicion de l’ILC dans 25 cas
(78%) dont l’association Imipenème-Colistine était la plus fréquente (Tableau X).
Antibiotique(s) n (%)
Amoxicilline/Clavulanate 5 (20%)
Céfotaxime 4 (16%)
Imipenème-Colistine 3 (12%)
Céfotaxime-Métronidazole 3 (12%)
Piperacilline/Tazobactam 2 (8%)
Piperacilline/Tazobactam-Amikacine 1 (4%)
Imipenème-Colistine-Teicoplanine 1 (4%)
Imipenème-Colistine-Erythromycine 1 (4%)
Imipenème 1 (4%)
Céfotaxime-Vancomycine-Fosfomycine 1 (4%)
Céfotaxime-Vancomycine-Colistine-Fosfomycine 1 (4%)
Céfotaxime-Erythromycine-Métronidazole 1 (4%)
Céfotaxime-Erythromycine 1 (4%)
L’antibiothérapie a été mise en route dès la suspicion diagnostique de l’ILC uniquement dans
5 cas (16%).
Après la récupération de l’antibiogramme, une escalade était nécessaire dans 13 cas (41%)
dont 12 en rapport avec un germe BMR et un cas en rapport avec un germe DS (Tableau
XI).
13
Les résultats
Escalade
Germes Total p
Non Oui
BMR 14 (54%) 12 (46%) 26 0,359
DS 5 (83%) 1 (17%) 6
BMR : Bactéries multi-résistantes ; DS : drug-sensible bacteria
Le délai de l’escalade par rapport au début de l’antibiothérapie était de 5,8 jours (±2,4) avec
des extrêmes de 3 et 11 jours. La durée moyenne de l’antibiothérapie était de 14,2 jours
(±4,9).
14
15
Discussion
Durant la période d’étude, 32 ILC ont été incluses avec un délai moyen de survenue de 6
jours (±2) avec des extrêmes de 3 et 10 jours. Toutes les ILC étaient monobactériennes et
L’ILC était bactériémique dans 6 cas. Les BGN étaient les germes les plus fréquents (62%)
avec en tête de liste on retrouve Klebsiella pneumoniae. Pour les CGP, Staphylococcus
aureus était le germe le plus isolé. Les bactéries appartenaient au groupe ESKAPE dans 78%
des cas et aux BGN non fermentaires dans 31% des cas. Le taux de BMR était de 81% dont
58% des MDR et 42 % des XDR. L’antibiothérapie initiale était adéquate dans 59% des cas.
Si dans certaines études, en concordance avec nos résultats, les BGN représentent les
germes les plus fréquemment isolés, la plupart des résultats publiés montrent une
prédominance plutôt des CGP [5, 8-10, 15]. Parmi ces germes, Staphylococcus aureus
représente dans la plupart des études la bactérie la plus isolée [15-19] et à moindre degré
SCN [20], ce qui va dans le même sens que les résultats retrouvés dans notre étude.
Pour les études où les BGN étaient prépondérants [6, 21, 22], les germes les plus fréquents
étaient Acinetobacter baumannii, Pseudomonas aeruginosa et Klebsiella pneumoniae dans la
majorité des cas [6, 17, 23, 24]. Si dans notre étude, Klebsiella était le genre le plus
fréquent, en concordance avec certains résultats [14, 23], dans d’autres études c’est plutôt
le genre Pseudomonas [17, 24, 26] ou le genre Acinetobacter [18, 25] qui viennent en
premier lieu. Contrairement à ces diversités, le point en commun pour la majorité des
études, dont la nôtre, est la faible proportion des entérobactéries [26].
Le fait marquant de nos résultats était la fréquence élevée des BGN non fermentaires (31%)
et surtout des germes du groupe ESKAPE (78%). Contrairement à ces données, ils ne
représentent que 22% [27] et 21 % [14] respectivement des germes isolés dans les études
publiées.
Mais un fait certain est que durant la dernière décennie, les BGN ont pris une importance
grandissante avec une prédominance qui oriente probablement vers un mécanisme de
15
Discussion
colonisation des CVC par transmission croisée par les mains du personnel soignant lors des
manipulations des lignes veineuses [6]. Ceci explique, en partie, cette prédominance dans
les pays respectant le moins les règles d’hygiènes et où les moyens de prévention de ce type
d’infections associées aux soins sont peu respectés [30].
De façon similaire à ceux retrouvées dans la littérature, Acinetobacter baumannii est dans la
plupart du temps résistant à la majorité des antibiotiques [17] mise à part la colistine. En
effet, la résistance à l’imipenème varie de 56,6% à 100% des souches isolées [18, 24, 31-
34]. Par contre, la résistance à la tigécycline, si elle est fréquente dans notre étude, elle
reste faible dans les études où cet antibiotique a été testé [24].
Concernant Pseudomonas aeruginosa, les souches isolées sont résistantes à la majorité des
antibiotiques comme la pipéracilline/tazobactam, céftazidime, les quinolones et à l’amikacine.
Ces résistances dans la littérature sont très variables d’une étude à une autre allant de
30,5% à 71,4% pour la ciprofloxacine, de 17,4% à 100% pour la piperacilline/tazobactam,
de 10% à 71,4% pour l’amikacine et de 26,1% à 71,4% pour l’imipenème [31-34]. Par
contre la résistance à la colistine est très faiblement rapportée dans la majorité des études
publiées [24]. Les séries rapportant l’absence de souches de Pseudomonas aeruginosa XDR
ou résistantes à la céftazidime sont très peu nombreuses [18].
La situation est la même pour Klebsiella pneumoniae où la résistance est élevée arrivant
jusqu’à 95% pour les céphalosporines de 3ème et 4ème génération [3], 100% pour l’ampicilline
[24] et jusqu’à 60% pour l’imipenème [31-34]. Par contre, la résistance à la colistine est
faiblement rapportée dans la littérature [24].
Les résistances des entérobactéries à la majorité des antibiotiques dans les ILC sont
fréquentes avec des souches productrices de bétalactamase à spectre étendu arrivant
jusqu’à 100% des souches isolés dans certaines études [25].
Cette haute proportion de BMR dans notre service (81%) est de plus en plus rapportée dans
les études publiées où elle varie de 60% à 80% [6, 26, 35].
16
Discussion
L’adéquation de l’antibiothérapie initiale dans notre étude (59%) reste dans la fourchette des
valeurs retrouvées dans la littérature malgré la fréquence élevée des germes BMR et surtout
des XDR [14].
Cette infection très fréquente en réanimation impliquant des germes hautement résistants,
est en grande partie évitable [36]. Ceci nous poussent à mettre au point le plutôt possible
des politiques de contrôle avec des mesures préventives en bouquet (« bundles » des anglo-
saxons) [37], comme l’emploi de matériaux moins thrombogènes (polyuréthane ou les
polymères fluorés) [1, 2], l’asepsie de type chirurgical [2], la ponction veineuse écho-guidée
[38] et l’utilisation des pansements transparents [2, 3].
17
18
Conclusions
Tout patient séjournant en réanimation est équipé dans la majorité des cas d’une voie
veineuse centrale. Cependant, ce n’est pas un geste anodin vu les complications qu’il peut
engendrer et en particulier l’infection qui représente la 3ème cause d’infection associée aux
soins en réanimation. Durant la dernière décennie, on a assisté à un changement du profil
microbiologique de ces infections et à l’isolement de germes de plus en plus résistants aux
thérapeutiques utilisées.
L’objectif de ce travail était de déterminer le profil bactériologique des ILC dans un service
de réanimation médicale tunisien.
Nous avons mené une étude descriptive, rétrospective et mono-centrique dans le service de
réanimation médicale de La Rabta de Tunis. Ont été inclus les 32 premiers épisodes d’ILC
chez les patients âgés de plus de 18 ans et hospitalisés durant l’année 2014. Toutes les
données microbiologiques concernant le type et la résistance ont été recueillies et les germes
ont été classés en bactéries multi-résistantes et en germe appartenant ou non au groupe
ESKAPE.
Durant la période de l’étude, les 32 épisodes d’ILC ont intéressé 22 patients soit un nombre
médian de survenue d’ILC par patient de 1 [1-2] avec des extrêmes de 1 et 5. L’âge moyen
était de 53 ans (±15,7) et le genre ratio de 2,1. Au moins un antécédent était présent chez
14 patients (64%) et le motif d’admission le plus fréquent était respiratoire dans 10 cas
(45%). A l’admission, les sores IGS II et APACHE II moyens étaient, respectivement, de 39
(±15,2) et de 14,5 (±7,7) et le SOFA score médian de 6,5 [3-8]. La mortalité observée était
de 73%.
Le CVC était mis en dehors du service dans 10 cas et le délai de survenue moyen de l’ILC,
par rapport au début du cathétérisme veineux, était de 6 jours (±2). Le site du CVC infecté
était fémoral dans 22 cas, sous clavier dans 6 cas et jugulaire interne dans 4 cas.
Les prélèvements bactériologiques ont permis d’identifier un CGP dans 12 cas et un BGN
dans 20 cas. Les germes isolés étaient Staphylococcus aureus dans 8 cas, Klebsiella
pneumoniae dans 7 cas, Acinetobacter baumannii dans 6 cas, Pseudomonas aeruginosa dans
3 cas, staphylocoque à coagulase négative dans 3 cas, et Stenotrophomonas maltophilia,
Enterococcus faecium, Klebsiella oxytoca, Proteus mirabilis et Serratia marcescens dans un
cas chacun. L’ILC était bactériémique dans 6 cas (19%) et associée à une levure dans 4 cas.
Parmi les 32 germes isolés, 26 étaient des BMR (15 MDR et 11 XDR) et 25 ont été classés
dans le groupe ESKAPE. Les germes MDR étaient Staphylococcus aureus (n=5), Klebsiella
18
Conclusions
Les germes XDR étaient Acinetobacter baumannii (n=6), Pseudomonas aeruginosa (n=2),
Enterococcus faecium (n=1), Klebsiella pneumoniae (n=1) et Stenotrophomonas maltophilia
(n=1).
Une escalade antibiotique a été réalisée dans 13 cas après un délai moyen de 5,8 jours
(±2,5). La durée moyenne de l’antibiothérapie était de 14,2 jours (±4,9).
Une étude prospective incluant plus de patients est recommandée afin de mieux identifier le
profil bactériologique des germes responsables des ILC et des facteurs de risque de la
survenue de cette complication au cours de l’hospitalisation en réanimation. La mise en place
d’une politique de prévention étant une de nos priorités afin de freiner l’augmentation
remarquable du taux de BMR de plus en plus résistant aux thérapeutiques usuelles.
19
1. Frasca D, Dahyot-Fizelier C, Mimoz O. Prevention of central venous catheter-related
infection in the intensive care unit. Crit care. 2010;14(2):212-3.
2. O’Grady NP, Alexander M, Burns LA, Dellinger EP, Garland J, Heard SO, et al. Guidelines
for the prevention of intravascular catheter-related infections. Clin infect Dis.
2011;52(9):162-93.
5. Timsit JF. Infections liées aux cathéters : aspects microbiologiques. Ann Fr Anesth
Reanim. 2005;24(3):282-4.
7. Timsit JF, Wolff M, Mourvillier B, Schortgen F, Régnier B. Diagnostic et prise en charge des
infections sur cathéter en réanimation. Med Mal Infect. 2003;33(12):619-27.
9. Le Gall JR, Lemeshow S, Saulnier F. A new simplified acute physiology score based on a
European and North American multicenter study. JAMA. 1993;270(24):2957-63.
10. Knaus WA, Draper EA, Wagner DP, Zimmerman JE. APACHE II : a severity of disease
classification system. Crit Care Med. 1985;13(10):818-29.
11. Vincent JL, Moreno R, Takala J, Willatts S, De Mendonca A, Bruining H, et al. The SOFA
(Sepsis-related Organ Failure Assessment) score to describe organ dysfunction and failure.
On behalf of the working group on sepsis-related problems of the European society of
intensive care medicine. Intensive Care Med. 1996;22(7):707-10.
12. Boucher HW, Talbot GH, Bradley JS, Edwards JE, Gilbert D, Rice LB, et al. Bad bugs, no
drugs : no ESKAPE ! An update from the infectious diseases society of America. Clin Infect
Dis. 2009;48(1):1-12.
13. Magiorakos AP, Srinivasan A, Carey R, Carmeli Y, Falagas M, Giske C, et al. Multidrug-
resistant, extensively drug-resistant and pandrug-resistant bacteria : an international expert
proposal for interim standard definitions for acquired resistance. Clin Microbiol Infect.
2012;18(3):268-81.
14. Yokota PK, Marra AR, Belucci TR, Victor ED, Santos OF, Edmond MB. Outcomes and
predictive factors associated with adequacy of antimicrobial therapy in patients with central
line-associated bloodstream infection. Front Public Health. 2016;(4):284-5.
16. Ziegler MJ, Pellegrini DC, Safdar N. Attributable mortality of central line associated
bloodstream infection: systematic review and meta-analysis. Infection. 2015;43(1):29-36.
18. Deb M, Mittal G, Gaind R, Verma P. Central venous catheter related blood stream
infections in an intensive care unit from a tertiary care teaching hospital. Int J Infect Control.
2016;12(1):23-9.
19. Latif S, Anwar MS, Ahmad I. Bacterial pathogens responsible for blood stream infection
and pattern of drug resistance in a tertiary care hospital of Lahore. Biomedica.
2009;25(2):101-5.
20. Seifert H, Cornely O, Seggewiss K, Decker M, Stefanik D, Wisplinghoff H, et al.
Bloodstream infection in neutropenic cancer patients related to short-term nontunnelled
catheters determined by quantitative blood cultures, differential time to positivity, and
molecular epidemiological typing with pulsed-field gel electrophoresis. J Clin Microbiol.
2003;41(1):118-23.
23. Almuneef MA, Memish ZA, Balkhy HH, Hijazi O, Cunningham G, Francis C. Rate, risk
factors and outcomes of catheter-related bloodstream infection in a paediatric intensive care
unit in Saudi Arabia. J Hosp Infect. 2006;62(2):207-13.
24. Hajjej Z, Nasri M, Sellami W, Gharsallah H, Labben I, Ferjani M. Incidence, risk factors
and microbiology of central vascular catheter-related bloodstream infection in an intensive
care unit. J Infect Chemother. 2014;20(3):163-8.
25. Bashir MH, Olson LK, Walters SA. Suppression of regrowth of normal skin flora under
chlorhexidine gluconate dressings applied to chlorhexidine gluconate-prepped skin. Am J
Infect Control. 2012;40(4):344-8.
26. Mansur F, Barai L, Karim M, Haq J, Fatema K, Faruq M. Intravascular catheter related
infections and antimicrobial susceptibility pattern of isolated bacteria in a tertiary care
hospital of Bangladesh. Indian J Med Microbiol. 2014;32(1):68-9.
27. Gahlot R, Nigam C, Kumar V, Gupta M. Catheter related blood stream infections in ICU: A
study from North India. Int J Infect Control. 2013;9(2):12-3.
28. Garner JS, Jarvis WR, Emori TG, Horan TC, Hughes JM. CDC definitions for nosocomial
infections. Am J Infect control. 1988;16(3):128-40.
29. Mermel LA, Allon M, Bouza E, Craven DE, Flynn P, O'grady NP, et al. Clinical practice
guidelines for the diagnosis and management of intravascular catheter-related infection:
2009 update by the infectious diseases society of America. Clin Infect Dis. 2009;49(1):1-45.
30. Blot SI, Depuydt P, Annemans L, Benoit D, Hoste E, De Waele JJ, et al. Clinical and
economic outcomes in critically ill patients with nosocomial catheter-related bloodstream
infections. Clin Infect Dis. 2005;41(11):1591-8.
31. Sievert DM, Ricks P, Edwards JR, Schneider A, Patel J, Srinivasan A, et al. Antimicrobial-
resistant pathogens associated with healthcare-associated infections : summary of data
reported to the national healthcare safety network at the centers for disease control and
prevention. Infect Control Hosp Epidemiol. 2013;34(1):1-14.
32. Rosenthal VD, Maki DG, Mehta Y, Leblebicioglu H, Memish ZA, Al-Mousa HH, et al.
International nosocomial infection control consortium report, data summary of 43 countries
for 2007-2012. Am J Infect Control. 2014;42(9):942-56.
33. Dudeck MA, Edwards JR, Allen-Bridson K, Gross C, Malpiedi PJ, Peterson KD, et al.
National healthcare safety network report, data summary for 2013. Am J Infect Control.
2015;43(3):206-21.
34. Yepez ES, Bovera MM, Rosenthal VD, Flores HAG, Pazmiño L, Valencia F, et al. Device-
associated infection rates, mortality, length of stay and bacterial resistance in intensive care
units in Ecuador : international nosocomial infection control consortium’s findings. World J
Biol Chem. 2017;8(1):95-7.
35. Kaur M, Gupta V, Gombar S, Chander J, Sahoo T. Incidence, risk factors, microbiology of
venous catheter associated bloodstream infections : a prospective study from a tertiary care
hospital. Indian J Med Microbiol. 2015;33(2):248-9.
CVC :
1er 2ème 3ème
Site
Coté
Jours % admission
Indication(s)
Infection évolutive
Sepsis
EDC septique
ATB
(mol/dose/durée)
Corticoïdes
Molécule
Dose
Durée
Anticoagulation
Curative /prév
HNF/HBPM
Durée
Alim. parentérale
Amines vasoactifs
Ablation :
Jours
Motif
GB/PNN/Lc
Nbre de méd IV
Nbre perf IV
Corticoïdes en cours
Alim. Paren/entérale
Sédation/curarisation
Sepsis
EDC (amines vasoact)
Autres inf. évolutive
Traitement ILC
Motif
Date de ttt
Date ablat KT
Date isolement germe
Date ATBamme
ATB (Emp/prob/ciblée)
Mono/Bi/Tri -ATB
Germe
Adaptation ATB
Jours ATB
Type
Durée ATB
Complications CVC
Mécaniques
TE
Evolution
Réference:
Le Gall J-R, Lemeshow S, Saulnier F. A new simplified acute physiology score (SAPS II)
based on a European/North American multicenter study. Jama. 1993;270(24):2957-63.
Annexe 3: Acute Physiology And
Chronic Health Evaluation II
(APACHE II)
C’est un score qui comprend 12 variables physiologiques associées à l’âge et à un certain
nombre de maladies préexistantes qui sont évalués à partir des valeurs les plus anormales
considérées pendant les premières 24 heures d’évolution en réanimation.
Référence : Knaus WA, Draper EA, Wagner DP, Zimmerman JE. APACHE II: a severity of
disease classification system. Critical care medicine. 1985;13(10):818-29.
Annexe 4 : Sequential Organ Failure
Assessment Score (SOFA score)
Reference:
Vincent J-L, Moreno R, Takala J, Willatts S, De Mendonça A, Bruining H, et al. The SOFA
(Sepsis-related Organ Failure Assessment) score to describe organ dysfunction/failure.
Intensive care medicine. 1996;22(7):707-10.
Annexe 5 : Multidrug-resistant, extensively drug-resistant
and pandrug-resistant bacteria: an international expert proposal for
interim standard definitions for acquired resistance
Magiorakos AP, Srinivasan A, Carey RB, Carmeli Y, Falagas ME, Giske CG, et al. Multidrug-
resistant, extensively drug-resistant and pandrug-resistant bacteria: an international expert
proposal for interim standard definitions for acquired resistance. Clin Microbiol Infect
2012;18:268e81.
BACTERIOLOGICAL PROFILE OF CENTRAL CATHETER-RELATED INFECTIONS IN
MEDICAL INTENSIVE CARE
Abstract
Background :
During the last decade in intensive care, there was a change in microbiological profile of central
venous catheter-related infections with the isolation of germs increasingly resistant to the
therapeutics used. The aim of this study was to identify the bacteriological profile of the catheter-
related infections (CRI) in a medical intensive care unit.
Methods :
We conducted a retrospective and mono-centric study in the medical critical care unit of the Rabta
teaching hospital. We included the first 32 cases of CRI occurring in patients over 18 years old and
hospitalized during the year 2014.
Results :
During the study period, the 32 episodes of CRI have interested 22 patients. The mean age was 53
years (±15.7). The sex-ratio was 2.1. The mean delay of occurrence of CRI was 6 days (±2),
compared to the beginning of venous catheterization. The venous site of the infected catheter was
femoral in 22 cases (69%), subclavicular in 6 cases (19%) and internal jugular in 4 cases. The CRI
was associated with bacteremia in 6 cases (19%).
Bacteriological samples have identified Gram-positive cocci in 12 cases (38%) and Gram-negative
bacilli in 20 cases (62%). Isolated organism were Staphylococcus aureus in 8 cases, Klebsiella
pneumoniae in 7 cases, Acinetobacter baumannii in 6 cases, Pseudomonas aeruginosa in 3 cases,
coagulase-negative staphylococcus in 3 cases, and Stenotrophomonas maltophilia, Enterococcus
faecium, Klebsiella oxytoca, Proteus mirabilis and Serratia marcescens in one case each one.
Among the isolated pathogens, 26 (81%) were multi-drug resistant and 25 (78%) were classed in
group ESKAPE.
Conclusion :
Staphylococcus aureus, Klebsiella pneumoniae and Acinetobacter baumannii were the most common
pathogens causing CRI. Rates of multi-resistant isolates impose the implementation of a more
rigorous prevention policy.
Introduction:
Durant la dernière décennie en réanimation, on a assisté à un changement du profil microbiologique
des infections liées aux cathéters veineux centraux et à l’isolement des germes de plus en plus
résistants. L’objectif de ce travail était de déterminer le profil bactériologique des infections liées aux
cathéters (ILC) dans un service de réanimation médicale.
Méthodes :
Nous avons mené une étude descriptive, rétrospective et mono-centrique dans le service de
réanimation médicale de La Rabta de Tunis. Ont été inclus les 32 premiers épisodes d’ILC survenant
chez les patients âgés de plus de 18 ans et hospitalisés durant l’année 2014.
Résultats :
Durant la période de l’étude, les 32 épisodes d’ILC ont intéressé 22 patients. L’âge moyen était de
53 ans (±15,7) et le genre ratio de 2,1.
Le délai de survenue moyen de l’ILC, par rapport au début du cathétérisme veineux, était de 6 jours
(±2). Le site veineux du cathéter infecté était fémoral dans 22 cas (69%), sous clavier dans 6 cas
(19%) et jugulaire interne dans 4 cas. L’ILC était bactériémique dans 6 cas (19%).
Les prélèvements bactériologiques ont permis d’identifier un Cocci à Gram Positif dans 12 cas (38%)
et un Bacille à Gram Négatif dans 20 cas (62%). Les germes isolés étaient Staphylococcus aureus
dans 8 cas, Klebsiella pneumoniae dans 7 cas, Acinetobacter baumannii dans 6 cas, Pseudomonas
aeruginosa dans 3 cas, staphylocoque à coagulase négative dans 3 cas, et Stenotrophomonas
maltophilia, Enterococcus faecium, Klebsiella oxytoca, Proteus mirabilis et Serratia marcescens dans
un cas chacun.
Parmi les 32 germes isolés, 26 (81%) étaient des bactéries multi-résistantes et 25 (78%) ont été
classés dans le groupe ESKAPE.
Conclusion :
Les germes responsables des ILC les plus fréquents étaient Staphylococcus aureus, Klebsiella
pneumoniae et Acinetobacter baumannii. Les taux des germes multi-résistants imposent la mise en
place d’une politique de prévention plus rigoureuse.