Titre du projet: Projet d’Appui aux Infrastructures Agricoles dans la Vallée de l’Ouémé
(PAIA-VO)
Numéro de projet: P-BJ-AAO-005
Pays: Bénin
Département: OSAN Division: OSAN2
Le projet est structuré autour des trois composantes principales: (i) Développement des
infrastructures agricoles; (ii) Appui à la mise valeur et renforcement des capacités; et (iii)
Gestion du projet. Les questions du genre et la protection de l’environnement seront intégrées
de manière transversale à toutes ces composantes. Composante A : Développement des
infrastructures agricoles, Il s’agit de réaliser des investissements structurants prioritaires au
regard du PIA, et devant assurer la modernisation des moyens de production, de
transformation et de commercialisation. Composante B : Appui à la mise en valeur et
renforcement des capacités, Cette composante prend en compte les activités d’appui à la
production et à la productivité agricole, de renforcement des capacités des OPA et des acteurs,
de promotion des filières agricoles et de développement de l’entreprenariat agricole.
Composante C : Gestion du projet, Cette composante assurera la gestion technique et
financière du projet. Elle couvre la planification et la coordination de la mise en œuvre des
interventions, la gestion des ressources humaines, financières et matérielles, le suivi-
évaluation du projet, l’audit des comptes, la revue à mi-parcours et l’élaboration du rapport
d’achèvement.
La zone du projet s’étend sur une superficie de 4.770 km. Il s’agit d’une vallée très fertile
située le long du fleuve de l’Ouémé, présentant d’importants potentiels hydroagricoles et qui
pourraient constituer un pôle agricole pour l’ensemble du pays voire la sous-région. Le
potentiel des terres agricoles de cette zone s’élève à plus de 70.000 ha dont seulement moins
de 30% sont actuellement exploités malgré la fertilité des sols et les importantes ressources
hydriques constituées du fleuve Ouémé et ses affluents que sont : le Zou et l'Okpara,
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respectivement long de 150 km et 200 km. La zone regorge également de plusieurs aquifères
qui peuvent être mobilisables dans le cadre de ce projet.
Ces efforts concourront à atténuer le problème de chômage et d’exode rural dans la zone. Au
total, le Projet bénéficiera à une population estimée à plus de 420.000 personnes tirant leur
source de revenus des activités agricoles. De façon indirecte, le Projet contribuera au
renforcement de (i) la sécurité alimentaire et nutritionnelle, (ii) chaînes des valeurs, (iii)
l’emploi des jeunes, et (iv) à l’adaptation des populations au changement climatique et
l’atténuation des effets de ce dernier. En favorisant une meilleure maîtrise de l’eau, le
renforcement des infrastructures socioéconomiques et la promotion de trois filières porteuses :
riz, maïs et maraîchage.
En définitive, on assistera à des pratiques agricoles intensives dont le taux variera de 150% à
180% donc le PAIA-VO aura un impact positif majeur sur la sécurité alimentaire, sur la lutte
contre la pauvreté et la vulnérabilité des femmes et des jeunes diplômés, cela sur une base
durable. De ce fait, le projet aura jeté les bases d’un développement socio-économique
durable dans la vallée voire dans le pays d’une manière générale.
Les installations de chantiers seront ainsi à la base de production de divers déchets solides et
liquides pouvant être source de pollution pour les eaux et les sols. En effet, les risques de
pollution des sols et des eaux souterraines et de surface existent si des mesures appropriées de
gestion de déchets ne sont pas prises de manière proactive. Cependant, ces risques sont
mineurs au vue de la taille des chantiers.
Sur le plan des ressources en eau, les besoins en eau des chantiers vont occasionner des
prélèvements au niveau des points d’eau environnants (fleuve Ouémé notamment). Les
prélèvements dans les cours d’eau peuvent altérer la qualité de l’eau en cas des manœuvres
des camions citernes. Toutefois, compte tenu des besoins limités des chantiers, les risques
sont relativement faibles.
- Concernant la végétation, les différents sites étant déjà en exploitation, les activités du projet
à l’étude ne constitueront pas une source de perturbation de l’équilibre de l’écosystème en
place. Sur l’ensemble des sites, le couvert végétal est très faible, il n’y aura que des travaux
mineurs de débroussaillage et dessouchage si nécessaires lors des travaux de construction.
Sur le plan de santé publique, les pollutions peuvent être une menace pour l’hygiène et la
salubrité publique. Aussi, la cohabitation de la population locale et la présence des nouveaux
ouvriers venant d’ailleurs, représente un risque pour la santé des populations. Car, il peut y
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avoir les risques de contamination liée aux maladies sexuellement notamment les IST et le
VIH/SIDA.
L’activité de circulation de véhicules et engins sur les sites et le long des parcours pour la
recherche et le transport des matériaux nécessaires à la réalisation des travaux peut constituer
une source d’accidents pour les populations avoisinantes et le personnel du chantier. Par
ailleurs, il y aura une augmentation de l’émission de bruit et de poussières qui peuvent
affecter les populations riveraines et les milieux biophysiques avoisinants (végétation et
faune).
Aussi, l’exploitation des carrières et des zones d’emprunt pour la satisfaction de besoin des
chantiers en matériaux (sable, gravier, latérite, etc.) participent aussi à la dégradation des sols,
à la dégradation du couvert végétal et à la défiguration du paysage avec les stigmates liés aux
trous creusés pour le prélèvement des matériaux.
Les travaux d’ouverture de carrières et des zones d’emprunt entraîneront l’enlèvement d’une
partie de la végétation en place. L’excavation, les déblais/remblais, etc. vont perturber
l’équilibre du milieu et le transformer. On assistera à une modification de la configuration de
l’espace, et une dégradation de l’harmonie du paysage actuel.
Par aux périmètres de cultures maraîchères, les constructions des forages et puits peuvent
contribuer à la diminution du niveau de la nappe phréatique proportionnellement au degré de
prélèvement qui est effectué pour le besoin des périmètres. Cependant, l’impact sera mineur
compte tenu qu’il ne s’agit que d’un prélèvement d’appoint qui sera apporté afin d’éviter aux
plantes de vivre le stress hydrique au cas où les eaux de pluies ne suffisent pas pour couvrir
leurs besoins.
S’agissant des planches surélevées des Aguégués, les activités de creusement des canaux et
l’aménagement des ouvrages de franchissement peuvent être source de perturbation du milieu
notamment la dégradation de la structure du sol en place ainsi que de la végétation s’y
trouvant. Il faut noter l’ouverture des canaux conduira à des opérations de déblais, si elles sont
mal gérées laisseront d’importantes quantité de gravas qui diminueront l’espace cultivable et
donc un manque à gagner pour les agriculteurs. Aussi, le réseau des canaux qui va être
construit peut occasionner le phénomène d’érosion hydrique en certains endroits des
périmètres en cas de mauvaise conception.
Aussi, une fois érigées, le fonctionnement des planches surélevées peut constituer d’obstacle
pour les écoulements naturels des eaux au niveau des périmètres et leurs environs
particulièrement dans leur partie avale.
Quant aux travaux de construction de digues-pistes qui nécessiteront l’utilisation des engins
lourds dans le cadre des travaux et de transports de matériaux. Les impacts seront plus
ressentis au niveau des sols, de la végétation et des ressources en eau comme souligné plus
haut.
En outre, le stockage dans les magasins des produits mal séchés peut conduire à la perte des
produits par pourrissement. Cette situation sera source de production de déchet et d’autres
ordures avec pour conséquence, la dégradation de l’environnement notamment l’altération du
cadre de vie des populations qui connaîtront de problèmes d’hygiène et d’assainissement.
Ces mesures permettent de s’assurer que les conditions appropriées et favorables à une
meilleure exécution des différents travaux et services sont garanties et concourront au succès
quant à l’atteinte des objectifs et résultats du projet. On peut retenir entre autres mesures :
Mesure 2 : Intégrer dans les Dossiers d’Appel d’Offres (DAO), les clauses
environnementales et sociales, et rendre obligatoire le respect de l’application desdites clauses
ainsi que toute autre dispositions devant concourir à la sauvegarde de l’environnement par
toute entreprise adjudicataire du marché.
Mesure 3 : Attribuer les marchés dans la règle de l’art et favorisant les entreprises et ONG et
Associations qui sont implantées dans la zone d’intervention du projet pour les activités dont
la compétence et la probité sont reconnues.
Mesure 4 : Les entreprises sont tenues de promouvoir le recrutement de la main d’œuvre non
qualifiée parmi les populations locales afin d’éviter des conditions de frustration et de conflits
avec ces dernières. De même, les achats de matériels doivent privilégier les opérateurs
économiques de la zone du projet pour contribuer à la relance de l’économie dans la zone.
Mesure 5 : Une assistance technique qualifiée et de proximité doit être apportée dans le cadre
de la mise en œuvre du PGES et toute de toutes les activités environnementalistes et
connexes. Cela permettrait d’éviter des contreperformances des mesures proposées. Il s’agit
entre autres : de la gestion des intrants agricoles (engrais et herbicides, fongicides, etc.), le
choix des sites des berges à aménager, la lutte contre les plantes aquatiques envahissantes, etc.
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entre le projet et les populations. Par exemple, ces campagnes peuvent commencer sur le
pourquoi du choix de tel site et non l’autre et les enjeux liés au projet, etc. Ces campagnes
doivent s’inscrire sur toute la durée du projet et de manière proactive, afin de prendre en
compte les nouveaux enjeux du projet qui peuvent émerger selon le moment.
Mesure 8 : Avant toute exploitation des carrières et zones d’emprunt, les entreprises doivent
se référer aux autorités communales qui vont les orientés vers la zone où s’effectuera
l’activité. Ceci d’un commun accord avec les populations exerçant un droit sur le site. Et
avant de commencer toute exploitation, les entreprises doivent entrer en négociation avec les
propriétaires et acquérir à l’avance leur accord. Egalement, les entreprises doivent payer les
droits et taxes prévus à cette circonstance.
Mesure 9 : Mettre en place des comités d’usagers de l’eau et/ou des comités d’irrigants et
leur dispenser des formations de gestion. Ainsi, autour d’un périmètre aménagé, les
exploitants seront encouragés à s’organiser en bloc/parcelle (sous forme de coopérative, pour
gérer les tours d’eau, organiser les travaux collectifs d’entretien des canaux secondaires et
tertiaires, contrôler la qualité des semences et intrants utilisés, assurer le fonctionnement des
installations de pompage, le paiement des redevances d’eau, etc. Les instances de gestions au
niveau des blocs seront constituées en faitières au niveau d’un périmètre ou de plusieurs
périmètres à l’échelle de la vallée. Les maintenances des petits ouvrages seront assurées par
les exploitants selon l’organisation décrite ci-dessus ; tandis que le projet interviendra pour les
grands travaux d’entretien périodique sur les réseaux primaires ou les têtes de prise d’eau. Les
détails sur l’organisation pratique des instances ainsi que leur fonctionnement (statuts et
règlements intérieurs) seront décidés de façon participative en assemblée générale constitutive
des exploitants. Le leadership des femmes et des jeunes sera encouragé en vue de leur
participation active à la gestion des aménagements et infrastructures. Pour ce faire, il est
recommandé à ce que la représentation des femmes à ce comité, soit d’au moins 30% afin que
ces dernières puissent discuter et défendre leurs intérêts et toute préoccupation les concernant.
Mesure 11 : Programmer les périodes des travaux de façon à ne pas perturber les activités
habituelles sur les différents sites. Cette mesure permettra d’éviter aux producteurs des pertes
de production et donc un manque à gagner du fait des travaux à conduire par les entreprises
adjudicatrices des marchés. En cas d’impossibilité, l’entreprise doit entrer en négociation avec
les producteurs afin de trouver d’un commun accord avec ces derniers, les moyens de
compenser les manques à gagner. Les activités HIMO que le projet entend promouvoir, le
recrutement de la main d’œuvre parmi les producteurs qui n’auront la possibilité d’exploiter
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leurs parcelles peut être une solution envisageable. Par conséquent, le projet doit veiller à ce
que les producteurs soient priorisés pour le recrutement comme main d’œuvre non qualifiée.
Mesure 12 : Pour mieux juguler les problèmes de transhumance, il est recommander entre
autres actions : (i) des campagnes de sensibilisation à l’endroit des éleveurs et des
agriculteurs ; (ii) l’identification et le bornage des couloirs de passage. En effet, au niveau
impact social, les conflits entre agriculteurs et éleveurs constituent l’un des premiers
problèmes dans la zone. Ces conflits sociaux proviennent surtout des dégâts causés par les
animaux transhumants aux cultures. C’est pourquoi dans la zone du projet, la gestion de la
transhumance et des conflits entre éleveurs et agriculteurs passe nécessairement par la
création d’un cadre de concertation réunissant l’ensemble des acteurs concernés par la
question (autorités politiques et administratives, élus locaux, populations, etc.).
Mesure 13 : Clarifier les statuts fonciers des sites qui vont être aménagés. Avant le
démarrage des travaux sur les sites, le projet sollicitera les services d’un consultant pour
conduire une étude sociale au niveau des différents sites afin de clarifier leurs statuts fonciers
notamment identifier les propriétaires et les exploitants. En plus de cette étude, deux autres
types d’activités complémentaires seront menés : i) l’appui aux Communes à l’élaboration de
Plans Fonciers Ruraux (PFR) dans les terroirs concernés par les aménagements hydro
agricoles et ii) l’appui aux communes dans des mécanismes de négociation favorisant
l’établissement de conventions de mise en exploitation sécurisée des terres des périmètres
aménagés. La signature des conventions entre le projet d’une part et les Communes et les
exploitants d’autre part permettra de créer les conditions d’équité, de transparence et de
sécurisation des exploitants des périmètres. Ces conventions incluront notamment un
mécanisme de règlement des conflits. L’enjeu est la sécurisation foncière des producteurs
(femmes, jeunes) sur les aménagements hydro-agricoles, sans discrimination d’appartenance
ou non à la collectivité propriétaire terriens du site. Des expériences intéressantes ont été
observées pendant la mission, qui confirment qu’il est possible dans le contexte du projet, de
conclure avec les propriétaires terriens des accords écrits sous forme d’attestation
reconnaissant le droit d’usage à des groupements d’exploitants ou aux mairies.
Mesure 14 : La basse et moyenne Ouémé étant classée site Ramsar, les activités du projet
PAIA-VO ne doivent pas tendre vers des activités qui sont en porta faut avec la gestion
durable des zones humides. Ainsi, le projet PAIA-VO doit conformer ses activités aux
dispositions de la Loi n° 2010-44, portant gestion de l’eau en République du Bénin. Cette Loi,
définie en son Article 4, les conditions de réalisations de tout ouvrage ou activités dans les
eaux intérieures, y compris les eaux de transition, par toute personne physique ou morale,
publique ou privée. Selon cet article, sont soumis aux dispositions de la Loi sus visée, les
aménagements, les ouvrages, les installations et les activités réalisés dans les eaux intérieures,
y compris les eaux de transition, et entraînant selon le cas : (i) des prélèvements, restitués ou
non ; (ii) une modification des écoulements ; (iii) une occupation temporaire ou permanente
du domaine public de l’eau ou son exploitation à des fins économiques ; (iv) des
déversements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non
polluants ; (v) des risques liés à la présence ou à la proximité de l’eau et susceptibles
d’affecter les personnes ou les biens.
Mesure 15 : Le diagnostic des différents sites et activités a fait ressortir plusieurs impacts.
Ainsi, la mise en œuvre des mesures suivantes permettrait d’atténuer ces impacts : (i) bien
choisir l’emplacement où seront réaliser les ouvrages en évitant au mieux les zones sensibles ;
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(ii) bien dimensionner les différents éléments de l’ouvrage ; (iii) Intégrer les clauses
environnementales dans les cahiers de charge des entreprises adjudicatrices ; (iv) Planifier les
travaux en tenant compte de la saison des pluies.
Mesure 16 : Les déchets solides de chantier doivent être collectés et régulièrement enlevés.
Les déchets ordinaires seront collectés et évacués conformément aux normes de protection de
l’environnement.
Mesure 17 : Les déchets ne doivent pas être enterrés ou brûlés sur place. L’Entrepreneur peut
toutefois être autorisé à brûler certains déchets combustibles à condition de respecter toutes
les conditions de sécurité et d'éviter le dégagement de fumées toxiques. Seuls les papiers et
emballages carton non pollués, ainsi que les feuilles mortes et branchages secs, peuvent être
brûlés.
Mesure 18 : Afin d’éviter une mauvaise gestion et élimination des déchets de chantier mais
également un éparpillement ou un enfouissement de ces déchets avec les risques de pollution
des sols, des eaux et du paysage, il conviendra de respecter les mesures environnementales
suivantes : Le nettoyage des véhicules, le nettoyage du chantier pendant et après la fin des
travaux et la limitation au maximum de dépôt des matériaux qui ne font pas l’objet d’un usage
immédiat.
Mesure 20 : Les entretiens des véhicules et leur lavage doivent être opérer à une distance
d’au moins 50 m d’un cours d’eau et sur des surface suffisamment étanches munies de
réceptacle permettant de collecter les eaux usées et les autres produits de vidange qui seront
traiter pour répondre aux normes de rejet avant leur déversement dans la nature. Les véhicules
et autres engins, doivent être en bon étant de fonctionnement et les visites techniques
régulièrement assurées.
Mesure 22 : Dans les zones d’emprunt et de carrières, la terre végétale superficielle sera
décapée et mise en réserve avant extraction des matériaux utilisables. Les zones d’emprunt et
les carrières doivent être réaménagées après exploitation pour restituer le plus possible la
morphologie du milieu naturel en comblant les excavations et en restituant la terre végétale en
réserve.
Mesure 25 : Les engins et véhicules de chantier devront le plus possible utiliser les pistes
existantes pour accéder au chantier et éviter de couper à travers les terres avoisinantes. Ils
respecteront les arbres situés en dehors de la zone d’emprise et des bandes de circulation.
Mesure 26 : Les coupes d'arbres requièrent des autorisations préalables auprès des services
décentralisés de l’environnement. Le bois coupé sera valorisé. En compensation, des
plantations seront effectués dans l'emprise ou ailleurs selon le choix de la population (après
achèvement). Le projet a prévu des actions d’aménagement des berges et la promotion de
l’agroforesterie.
Mesure 27 : Maintenir autant que possible la couverture végétale existante. Cela constituerait
un habitat pour la petite faune, et permettrait de réduire l'érosion des couches supérieures du
sol et a ainsi un impact positif. Il est interdit ou minimiser la réalisation des travaux dans les
aires de reproduction durant la période de reproduction.
Mesure 29 : Les travailleurs de chantier doivent être dotés de tous les équipements de sécurité
nécessaires aux travaux de génie civil (masques, gants, chaussures adaptées aux travaux, etc.).
Cette mesure doit être renforcée par l’organisation de campagnes de sensibilisation sur la
sécurité routière et sur la sécurité sur les chantiers ; mais aussi par l’élaboration d’un Plan
d’Hygiène, de Sécurité et de Santé que l’entreprise devra soumettre au maître d’Ouvrage pour
validation. Il mettra en place des boites à Pharmacie avec les médicaments de base nécessaires
aux soins d’urgence. Et en cas d’accident, l’entrepreneur prendra en charge le travailleur
(ouvrier et cadre) conformément à la réglementation nationale.
Mesure 31 : Pour éviter d’éventuelles tensions sociales entre les travailleurs résidents et les
étrangers, l’entreprise doit instaurer dans son règlement interne le respect des us et coutumes
des populations et des relations humaines d'une manière générale. Des séances d'information
et de sensibilisation seront à tenir régulièrement.
Mesure 32 : Les camions transportant les matériaux doivent être recouverts de bâche afin de
limiter l’envol des matériaux sous forme de poussières et le déversement d’une partie de leur
chargement en cours de route. L’entreprise devra utiliser des engins en bon état de
fonctionnement : elle devra proposer au bureau de contrôle, avant le démarrage des travaux,
un calendrier d’entretien du parc roulant.
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Mesure 33 : Promouvoir l’entretien régulier des canaux d’irrigation et de drainage,
désherbage, lutte contre les adventices et autres plantes envahissantes, maîtrise de la
divagation des animaux. Cette mesure permettra de garantir les conditions d’un
fonctionnement optimal des ouvrages ;
Mesure 34 : Assurer des meilleures pratiques en matière d’irrigation pour éviter des pertes
d’eau par infiltration ou par d’autres cas de gaspillage ;
Mesure 37 : Afin de garantir une gestion transparente et équitable des tours d’eau et sécuriser
les femmes des éventuels vols de leurs tours d’eau, il est recommandé de ne pas grouper les
femmes dans un même quartier mais plutôt de les répartir de manière homogène dans
l’ensemble du périmètre. Cet impératif doit être accompagné du respect scrupuleux des
calendriers d'approvisionnement en eau des parcelles.
Mesure 39 : Le respect strict des limites des zones à déboiser et à débroussailler (emprise des
périmètres, des digues et des routes d’accès), des zones éventuelles d’emprunts et de carrières,
des pistes et déviations ;
Mesure 41 : Interdire formellement de brûler les résidus végétaux issus des activités de
déboisement et de débroussaillage ;
Mesure 42 : procéder à l’arrosage des aires de travaux et de piste de circulation des engins
jusqu’à évitement d’envols de poussières partout où cela est nécessaire ;
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Mesure 45 : Suspendre les travaux lorsque surviennent toute découverte de sites historiques,
archéologiques et culturels et informer les autorités compétentes pour qu’elles prennent les
dispositions utiles de protection des sites
Mesure 46 : Prendre les dispositions pour interdire l’accès aux sites afin d’éviter le pillage
et/ou la dégradation des objets. Dans le cas où un site est inévitable, il fera l’objet d’une
fouille de conservation en rapport avec les communautés concernées.
Mesures d’atténuation des impacts liés à l’utilisation des engrais, herbicides et fongicides
Mesure 47 : Assurer le suivi de la qualité des eaux en procédant à des analyses périodiques de
la qualité des eaux d’irrigation et des eaux du fleuve (Convention avec l’INRAB).
Mesure 48 : Assurer le suivi de la qualité des sols en procédant à des analyses périodiques de
la qualité des sols des périmètres exploités (Convention avec l’INRAB).
Mesure 49 : Former et encadrer les producteurs sur les bonnes pratiques en matière
d’utilisation des produits agrochimiques (conventions DICAF, DAGRI, PV)
Mesure 50 : Assurer les suivis piézométriques des puits et forages pour relever le niveau de
variation de la nappe souterraine afin de ne pas provoquer une situation de déficit pour les
populations de la zone.
Mesure 51 : N’entreprendre les travaux de fonçage des puits et forages qu’après les résultats
des études géotechniques concluantes et procéder aussi à un bon choix des sites
d’implantation des puits et forages afin d’éviter des investissements non durables.
Mesures spécifiques relatives aux aménagements intégrés sur planches surélevées des
Aguégués (sites de Houinta, Fétô, Hounsa, Massa, Ké et Wéko)
Mesure 52 : Assurer une pleine implication des populations du terroir dans la conduite des
travaux. Effet, ces dernières détiennent un savoir-faire et une maitrise de la technique en la
matière.
Mesure 53 : Ne pas concevoir des ouvrages qui constitueront d’obstacles majeurs aux
écoulements naturels qui nuiront à la suivie de l’équilibre des écosystèmes à aval des sites.
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Mesures spécifiques relatives à la construction des débarcadères
Mesure 56 : Éviter des opérations de dragages qui conduiront à des perturbations irréversibles
du milieu et surtout ne pas entreprendre les travaux pendant les périodes de reproductions des
poissons. Surtout privilégier l’implantation des ouvrages sur les lieux de passages habituels des populations car
ces zones sont généralement pauvres du point de vue écologique.
Mesure 57 : Inclure dans les TDR études techniques des débarcadères, l’élaboration d’un un
plan de gestion des déchets et autres ordures afin de prévenir la pollution des eaux et des sols.
Les dispositions de bonnes pratiques à prendre en matière de gestion des déchets
consisteraient en la collecte et valorisation de ces derniers afin d’éviter la pollution des eaux et
des sols.
Mesure 58 : Dans le cas où la construction des débarcadères requiert un espace appartenant à des
privés, ces derniers seront indemnisés conformément à la réglementation béninoise, à la
satisfaction de la Banque. Ces coûts seront intégrés au coût du projet à la charge du
gouvernement du Bénin.
Mesure 60 : Assurer l’équité et la transparence dans l’octroi des places au niveau des
hangars, magasins et aires de séchage afin de garantir à l’accès à tous et prévenir les conflits
avec des franges de populations qui se sentirait lésée.
Le PGES constitue un outil précieux dans la contribution du succès de la mise en œuvre d’un
Projet particulièrement concernant les dispositions que renferment les mesures d’atténuation
que requièrent les impacts négatifs identifiés. Car c’est ainsi qu’il permet d’évaluer la
conformité aux politiques et aux normes environnementales et sociales nationales, ainsi
qu’aux politiques et directives de la Banque.
Les différents acteurs clés ayant en charge la mise en œuvre du PGES particulièrement les
bureaux de contrôle, sont tenus de documenter l’ensemble des constats et observations par la
production de rapports concernant tout problème environnemental et social particulier
occasionné par la mise en œuvre du projet. Il en de même pour tout manquement constaté de
la part de l’entreprise des travaux.
En plus du travail des bureaux de contrôle, la mise en œuvre du PGES dans le cadre de ce
Projet impliquera la participation des représentants des structures suivantes : l’ABE et la
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Cellule Environnementale du MEAP. Ces acteurs viennent renforcer le dispositif de contrôle,
le premier concernant le suivi externe et le second celui interne.
S’agissant des travaux de suivi de la qualité des eaux et des sols ainsi que la caractérisation
des formations végétales riveraines des AHA, ils seront confiés à des institutions disposant de
l’expertise avérée. Le cas de la DGE au pour les questions de l’eau, la DAGRI et la DPV,
respectivement pour les sols et les produits phytosanitaires, etc.
Les initiatives complémentaires prises dans le cadre de ce projet permettent de créer un cadre
qui optimise les conditions de succès pour le projet. Elles concernent notamment la
clarification des rôles respectifs des différents acteurs et le respect des prescriptions
environnementales et sociales.
Le dispositif de mise en œuvre et de suivi du PGES est très capital dans la recherche de
l’efficacité de l’atteinte des meilleurs résultats pour un Projet comme le PAIA-VO. Pour
améliorer cette efficacité, des actions devront être prises pour renforcer les capacités
organisationnelles des administrations qui ont été identifiées pour supporter le Projet et en
assurer la pérennité au-delà de la période contractuelle de cinq ans.
À l’échelle du Projet, le MAEP se dotera d’une Unité de Gestion de Projet (UGP) qui
disposera, en principe, des ressources et des compétences nécessaires pour assurer le suivi
administratif, ainsi que d’une Unité de Gestion environnementale et sociale (UGES) pour tout
ce qui concerne ces aspects. Les autres aspects techniques et d’encadrement sont tributaires du
renforcement des équipes de terrain (les CeRPA notamment).
Aussi la Cellule Environnementale logée au sein du MAEP et l’ABE, ont pour missions, dans
le cadre de la politique générale du Gouvernement, la prise en compte de la protection de
l'environnement dans les programmes, plans et projets en faveur d'un développement durable
au Bénin, en regard des dispositions du décret N° 2001‐235 du 12 juillet 2001.
En outre et au besoin, l’UGP fera appelle à toute expertise qu’elle jugera nécessaire sa
contribution, et ce, selon les domaines que requièrent les conseils recherchés. C’est le cas par
exemple de la DGEau pour la qualité des eaux, la DPV pour les produits phytosanitaires.
Bien que ces structures disposent déjà de compétences et de capacités avérées, il serait
nécessaires de renforcer leurs capacités à travers notamment des appuis en logistiques et en
formations dans le domaine du suivi environnemental et la création d’un cadre d’échange et
de partage d’informations qui permettra de capitaliser et d’internaliser les expériences
acquises (sous forme d’atelier par exemple).
Dans le cadre de la conduite de cette étude, les parties prenantes concernées ont été consultées
afin de donner à ces groupes l’occasion d’exprimer leurs points de vue et leurs
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préoccupations. Il a fallu, dans le cadre du processus, communiquer préalablement aux parties
prenantes, les informations pertinentes et suffisantes sur le projet.
Les séances participatives organisées dans les différents villages ont connu une participation
massive des populations de la zone d’intervention du projet. Les élus locaux, les autorités
administratives et les populations, y compris les jeunes et les femmes ont été consultés ce qui
a permis une meilleure identification des enjeux environnementaux et sociaux et prise en
compte dans le cadre de ce projet comme énuméré plus haut.
Pendant chacune des rencontres organisées, le projet a été présenté aux groupes consultés. Les
avis et les attentes ont été essentiellement axés concernant les populations et les élus locaux,
sur i) la concrétisation du projet dans sa forme initiale ; ii) la création d’emploi ; iii) le souhait
des populations à être appuyées par le projet en intrants et services ; iv) la réalisation des
AHA qui répondent aux besoins des populations ; v) la sécurisation des AHA des dégâts liés à
la divagation des animaux transhumants ; vi) le règlement de l’épineux problème de la
transhumance dans les Communes concernées par cette question ; vii) la juste redistribution
des terres aménagées. Quant à l’ABE, elle a souhaité l’élaboration d’un Cadre de Gestion
Environnementale et Sociale au lieu d’un PGES. Tandis qu’à la Direction Générale des Forêts
et des Ressources Naturelles, le Directeur a souhaité voir les forêts galeries et les terres
dégradées des berges bénéficier une attention toute particulière dans le cadre de ce projet.
Aussi des dispositions ont été prises afin que la démarche participative et le processus de
consultation de la population continuent pendant toutes les différentes phases du cycle de vie
du projet. Ces consultations vont permettre de garantir le succès du projet ainsi que la réussite
de la mise en œuvre des mesures préconisées dans le Plan de Gestion Environnementale et
Sociale (PGES).
Les tableaux ci-dessous donnent les estimations des coûts des différentes composantes du
PGES dont le montant total s’élève à 630,000,000 FCFA répartis comme suit :
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Mesures de Responsabilité de mise en œuvre Période de mise en œuvre Coûts (FCFA)
mitigation
Mesure 6 MAEP, Projet PAIA-VO, BAD Pendant la durée du projet PM
Mesure 7 MAEP, Projet PAIA-VO Pendant la durée du projet PM
Mesure 8 Entreprise des travaux Pendant la phase construction PM
Mesure 9 MAEP, Projet PAIA-VO, BAD Pendant la durée du projet PM
Mesure 10 MAEP, Projet PAIA-VO, BAD Pendant la durée du projet PM
Mesure 11 Projet PAIA-VO, Entreprise des Pendant la durée du projet PM
travaux, bureau de contrôle
Mesure 12 Projet PAIA-VO, MAEP Pendant toute la durée du projet 75 000 000
Communes
Mesure 13 Projet PAIA-VO, MAEP Avant le démarrage des travaux PM
Communes
Mesure 14 MAEP, Projet PAIA-VO, DGF/RN Pendant toute la durée du projet PM
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Activités proposées Années
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Mise en place du dispositif
institutionnel de mise en œuvre du
PGES
Atelier d’information et bilan du PGES
Consultations publiques
Réalisation travaux et des mesures
environnementales et sociales
Surveillance et suivi environnemental
Elaboration des rapports sur la mise en
œuvre du PGES
Evaluation de la mise en œuvre du
PGES
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