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15 Nombres réels

INTRODUCTION

L ’ensemble Q des nombres rationnels possède de


nombreuses propriétés qui se prêtent bien aux
calculs courants, mais il s’avère vite insuffisant pour
les besoins de l’analyse et de la géométrie. L’ensemble
des réels possède une propriété supplémentaire qui
joue un rôle fondamental : c’est la propriété de la
borne supérieure. Elle aura des conséquences dans
tous les domaines de l’analyse : convergence des suites,
continuité des fonctions, limites, etc.
Historiquement, le statut précis des nombres réels
dut attendre le XIXe siècle avec les travaux de Dede-
kind (Stetigkeit und irrationale Zahlen, 1872) et de
OBJECTIFS
OBJECTIFS Cantor (1845-1918).
• Rappeler les règles de calcul sur
les nombres réels.
• Étudier la propriété de la borne
supérieure et ses conséquences.
• Définir précisément diverses no-
tions s’appliquant aux nombres
réels : intervalle, valeur absolue,
distance, partie entière, approxi-
mation décimale...

268
15 COURS
Nombres réels

1 Corps des nombres réels


L’ensemble des nombres réels R est supposé connu. Rappelons les principales
règles de calcul dans R.

1.1 • Addition
L’addition des réels possède les propriétés suivantes :
• Commutativité : Pour tous réels x et y : x + y = y + x.
• Associativité : Pour tous réels x, y et z : (x + y) + z = x + (y + z).
• 0 est élément neutre : Pour tout réel x : x + 0 = 0 + x = x.
• Tout réel a un opposé : x + (−x) = (−x) + x = 0.

On résume ces propriétés en disant que (R, +) est un groupe commutatif


(cf. chap. 11 : Structures algébriques usuelles).

1.2 • Multiplication
La multiplication des réels possède les propriétés suivantes :
• Commutativité : Pour tous réels x et y : xy = yx.
• Associativité : Pour tous réels x, y et z : (xy)z = x(yz).
• 1 est élément neutre : Pour tout réel x : x · 1 = 1 · x = x.
1 1
• Tout réel non nul a un inverse : x · = · x = 1.
x x
De plus, les deux opérations sont liées par la propriété suivante :
• Distributivité de la multiplication par rapport à l’addition :
Pour tous réels x, y et z : x(y + z) = xy + xz ; (y + z)x = yx + zx.
On résume toutes ces propriétés en disant que (R, +, ×) est un corps commutatif.
 Hachette Livre – H Prépa / Math – La photocopie non autorisée est un délit

1.3 • Relation d’ordre


La comparaison des réels possède les propriétés suivantes :
• Réflexivité : Pour tout réel x : x x.
• Antisymétrie : Pour tous réels x, y : (x y et y x) ⇒ x = y.
• Transitivité : Pour tous réels x, y et z : (x y et y z) ⇒ x z.
On dit que est une relation d’ordre.
Elle permet de comparer deux réels quelconques : pour tous réels x, y, on a
nécessairement x y ou y x. On dit que l’ordre est total.
De plus, l’ordre est compatible avec :
• l’addition : ∀(x, y, z) ∈ R3 x y ⇒ x+z y+z
• la multiplication par les réels positifs :

∀(x, y) ∈ R2 ∀z ∈ R+ x y ⇒ xz yz

269
COURS 15 Nombres réels

Remarque : Plus généralement, on peut ajouter membre à membre deux inégalités,


mais jamais les soustraire membre à membre ! On peut de même multiplier membre à
membre deux inégalités entre réels positifs.
On résume l’ensemble des propriétés de R en disant que (R, +, ×, ) est un
corps commutatif totalement ordonné.

Pour s’entraîner : ex. 2 et 3

2 Propriété de la borne supérieure


2.1 • Majorant, minorant
Une partie A de R est dite majorée s’il existe un réel M supérieur ou égal à
tous les éléments de A :

∃M ∈ R ∀x ∈ A x M

Tout réel M ayant cette propriété est appelé majorant de A .


3
Exemples : L’intervalle ]0, 1[ est majoré par 1, par , ou plus généralement par
2
tout réel supérieur ou égal à 1.
L’ensemble des entiers naturels N n’est pas majoré : il n’existe aucun réel supérieur
ou égal à tous les entiers.
De même, une partie A de R est dite minorée s’il existe un réel m inférieur ou
égal à tous les éléments de A :

∃m ∈ R ∀x ∈ A m x

Tout réel m ayant cette propriété est appelé minorant de A.

Une partie qui est à la fois majorée et minorée est dite bornée.

Exemples : L’intervalle ]0, 1[ est borné. L’ensemble N n’est pas borné.

2.2 • Borne supérieure, borne inférieure


Nous admettrons que toute partie A de R non vide et majorée possède un
majorant plus petit que tous les autres, appelé borne supérieure de A et noté
sup A : on dit que R possède la propriété de la borne supérieure.
Par exemple : sup ]0, 1[= 1 (notons que la borne supérieure d’une partie n’ap-
partient pas nécessairement à cette partie).
De même, toute partie A de R non vide et minorée possède un plus grand
minorant, appelé borne inférieure de A et noté inf A.
Par exemple : inf N = 0.

Pour s’entraîner : ex. 4

270
15 COURS
Nombres réels

APPLICATION 1
Raisonner avec des bornes supérieures

Pour montrer qu’un réel est la borne supérieure d’une 2) Soit M un majorant quelconque de A + B. Pour
partie, il faut montrer : tout (a, b) ∈ A × B :
1) que c’est un majorant de cette partie ;
2) qu’il est inférieur ou égal à n’importe quel majorant a+b M d’où a M −b
de la partie.
Exemple : Soit A et B deux parties non vides majorées Ce qui signifie que M − b majore A : il est par
de R. On pose : conséquent supérieur ou égal à sup A, qui est le plus
petit des majorants de A :
A + B = {c ∈ R , ∃(a, b) ∈ A × B c = a + b}
Montrer que A + B possède une borne supérieure qui est M −b sup A c’est-à-dire b M − sup A
sup A + sup B.
M − sup A majore B, il est donc supérieur ou égal
1) Soit a0 et b0 des éléments de A et B, a0 + b0 ∈ à sup B, qui est le plus petit majorant de B :
A + B, donc A + B est non vide. Par ailleurs, A et B
sont non vides et majorées, elles possèdent donc des
M − sup A sup B d’où M sup A + sup B
bornes supérieures et :
∀c ∈ A + B ∃(a, b) ∈ A × B Ainsi, tout majorant de A + B est supérieur ou égal à
c = a + b sup A + sup B sup A + sup B, qui est donc le plus petit majorant de
Donc sup A + sup B est un majorant de A + B. Cette A + B, c’est-à-dire sa borne supérieure.
partie est donc non vide et majorée, elle possède une
borne supérieure. sup(A + B) = sup A + sup B
 Hachette Livre – H Prépa / Math – La photocopie non autorisée est un délit

Pour s’entraîner : ex. 5 à 7

3 Intervalles de R
3.1 • Définition d’un intervalle
Une partie I de R est un intervalle si, dès qu’elle contient deux réels, elle contient
tous les réels intermédiaires, c’est-à-dire :

∀(c, d) ∈ I 2 ∀x ∈ R c x d ⇒ x∈I

Par exemple, R+ est un intervalle, car tout réel compris entre deux réels positifs
est positif. Mais R∗ n’en est pas un, car il contient 1 et − 1 sans contenir 0.

271
COURS 15 Nombres réels

APPLICATION 2
Intersection d’intervalles
Démontrer que l’intersection d’une famille quelconque éléments de I tels que c < d et x un réel tel que
d’intervalles est un intervalle. c x d. Pour tout j ∈ J , c ∈ Ij et d ∈ Ij ;
comme Ij est un intervalle, on en déduit x ∈ Ij .
Soit (Ij )j∈J une famille d’intervalles et I = Ij Ainsi x appartient à Ij pour tout j ∈ J : x ∈ I.
j∈J
l’intersection de cette famille, c’est-à-dire l’ensemble L’ensemble I vérifie bien la définition d’un intervalle
des réels appartenant à tous les intervalles Ij . Mon- même s’il est vide, voir paragraphe 3.2.
trons que I est un intervalle. Soit c et d deux

3.2 • Classification des intervalles de R


Nous allons voir que la propriété de la borne supérieure permet de nommer
facilement tous les intervalles de R.
Notons d’abord que l’ensemble vide est un intervalle, car toute proposition qui
commence par ∀x ∈ ∅ est toujours vraie. Un singleton est également un inter-
valle.
Considérons maintenant un intervalle I contenant plus d’un élément.
1) Si I est majoré et minoré, il possède une borne supérieure b et une borne
inférieure a distinctes. Pour tout x ∈ I a x b. Réciproquement, soit x
un réel tel que a < x < b. x n’est ni un minorant ni un majorant de I , ce qui
montre l’existence de deux éléments de I , y et z tels que y < x < z. D’après
la définition d’un intervalle, on en déduit que x ∈ I .
I contient donc tous les éléments strictement compris entre a et b. Suivant que
a et b eux-mêmes appartiennent ou non à I , on peut avoir :

I = {x ∈R, a x b} = [a, b] intervalle fermé borné ou segment


I = {x ∈R, a x < b} = [a, b[ intervalle borné semi-ouvert à droite
I = {x ∈R, a < x b} = ]a, b] intervalle borné semi-ouvert à gauche
I = {x ∈R, a < x < b} = ]a, b[ intervalle borné ouvert

2) Si I est minoré mais non majoré, il a une borne inférieure a. Tous les éléments
de I sont supérieurs ou égaux à a distinctes. Réciproquement, soit x un réel
tel que x > a. x n’est ni un minorant ni un majorant de I , ce qui montre
l’existence de deux éléments de I , y et z tels que y < x < z, ce qui implique
que x ∈ I .
I contient donc tous les éléments strictement supérieurs à a. Suivant que a
lui-même appartient ou non à I , on aura :

I = {x ∈ R , x a} = [a, +∞[ intervalle fermé non majoré


I = {x ∈ R , x > a} = ]a, +∞[ intervalle ouvert non majoré

3) Si I est majoré mais non minoré, on obtient de même :

I = {x ∈ R , x b} = ] − ∞, b] intervalle fermé non minoré


I = {x ∈ R , x < b} = ] − ∞, b[ intervalle ouvert non minoré

272
15 COURS
Nombres réels

4) Si I n’est ni minoré ni majoré, un réel x quelconque n’est ni un minorant ni


un majorant de I , ce qui montre l’existence de deux éléments de I , y et z tels
que y < x < z, ce qui implique que x ∈ I . I est donc égal à R tout entier.
I = R = ] − ∞, +∞[

En définitive, tout intervalle de R est de l’un des onze types étudiés.

ATTENTION 3.3 • Droite numérique achevée


On ne peut pas étendre à R les opé- On appelle droite numérique achevée l’ensemble R = R ∪ {−∞, +∞}, où −∞
rations d’addition et de multiplica-
et +∞ sont deux éléments non réels. On peut étendre à R la relation d’ordre de
tion de R, et des expressions comme
+∞ − ∞ ou 0×∞ n’ont aucun sens.
R par :
∀x ∈ R − ∞ < x < +∞
Ceci permettra par exemple de dire qu’une suite a une limite dans R.

4 Rationnels et irrationnels
4.1 • Corps des rationnels
Un nombre réel est dit rationnel si c’est le quotient de deux entiers, par exemple :
2 3
, − , −2, · · ·
3 4
L’ensemble des nombres rationnels est noté Q. On vérifie qu’il est stable par
addition (la somme de deux rationnels est un rationnel), par multiplication (le
produit de deux rationnels est un rationnel), et que muni de ces opérations c’est
un corps commutatif totalement ordonné, comme R.
En revanche, Q ne possède pas la propriété de la borne supérieure : l’ensemble
des rationnels dont le carré est inférieur ou égal à 2 est non vide, majoré, mais
il n’a pas de borne supérieure dans Q. C’est ce point qui marque la différence
essentielle entre Q et R. Nous verrons que la propriété de la borne supérieure
est à la base de la plupart des théorèmes d’analyse, qui tomberaient en défaut si on
n’utilisait que des nombres rationnels.
 Hachette Livre – H Prépa / Math – La photocopie non autorisée est un délit

APPLICATION 3

Irrationnalité de 2
Jusqu’à Pythagore (550 av. J-C.), les Grecs pensaient Or, dans la décomposition en facteurs premiers de
que deux longueurs quelconques étaient toujours com- p2 , tous les exposants des facteurs premiers sont pairs,
mensurables, c’est-à-dire multiples d’une même petite tandis que dans celle de 2q2 , l’exposant de 2 est
longueur, autrement dit que le quotient de l’une par impair... On aboutit à une contradiction.
l’autre était toujours un nombre rationnel. Les Grecs durent admettre que deux grandeurs quel-
p conques peuvent être incommensurables et ils décla-
Il fallut donc chercher deux entiers p et q tels que
q rèrent irrationnel le quotient de deux telles grandeurs.
représente le rapport de la diagonale d’un carré à son On doit à Eudoxe de Cnide (IVe siècle av. J-C.) la pre-
côté. D’après le théorème de Pythagore, ce nombre mière théorie des nombres incluant les irrationnels.
2
p
doit vérifier = 2, c’est-à-dire p2 = 2q2 .
q

Pour s’entraîner : ex. 10 à 14

273
COURS 15 Nombres réels

4.2 • Densité des rationnels et des irrationnels


Au sein de R , les rationnels et les irrationnels sont intimement mêlés, comme le
montre le théorème suivant :

Théorème 1
Tout intervalle non vide et non réduit à un singleton contient au moins un
rationnel et un irrationnel.
On dit que Q et R\Q sont denses dans R.

Démonstration
Soit I un intervalle non vide et non réduit à un singleton, et (a, b) ∈ I 2 tel que
1
a < b. Soit q un entier strictement supérieur à , et soit p le plus petit
b−a
entier strictement supérieur à aq.
On a donc :
p−1 aq < p

comme q > 0 :
p 1 p
− a<
q q q
d’où :
p 1
a< a+ <b
q q
c’est-à-dire :
p p
∈ ]a, b[, et par conséquent : ∈ I.
q q
I contient donc un rationnel.
a b
De même, l’intervalle √ , √ contient un rationnel r.
2 2

a b √
√ <r< √ ⇒ a<r 2<b
2 2

I contient donc le réel r 2, qui est irrationnel si r = 0.
a a b
Si r = 0, l’intervalle √ , 0 , qui est inclus dans √ , √ , contient un
2 √ 2 2
rationnel r1 non nul ; dans ce cas, r1 2 est irrationnel et appartient à I .
Dans tous les cas, I contient un irrationnel.

Remarque : En fait, tout intervalle I non vide et non réduit à un singleton contient
une infinité de rationnels et d’irrationnels ; en effet, si I ne contenait qu’un nombre
fini de rationnels, on pourrait les classer par ordre croissant : r1 < r2 < · · · rn ;
l’intervalle ]r1 , r2 [ ne contiendrait aucun rationnel, ce qui contredirait le théorème
précédent. On peut raisonner de même pour les irrationnels.

Pour s’entraîner : ex. 15

274
15 COURS
Nombres réels

5 Approximation d’un réel


5.1 • Valeur absolue d’un réel
Pour tout réel x, on appelle valeur absolue de x le réel :

x si x 0
|x| = max{x, −x} =
−x si x 0

Propriétés
• ∀(x, y) ∈ R2 |xy| = |x||y|
x |x|
• ∀(x, y) ∈ R2 | |= (y = 0)
y |y|
Sur la calculatrice TI-92/Voyage 200, la fonction valeur • ∀(x, y) ∈ R2 |x + y| |x| + |y|
absolue s’appelle abs. 2
• ∀(x, y) ∈ R |x − y| |x| + |y|
2
• ∀(x, y) ∈ R |x| − |y| |x + y| |x| + |y|

Pour s’entraîner : ex. 16

5.2 • Distance dans R


On appelle distance de deux réels x et y le réel |x − y|.
Elle vérifie l’inégalité triangulaire :

∀(x, y, z) ∈ R3 |x − z| |x − y| + |y − z|

Cette notion de distance joue un très grand rôle en analyse, car elle permet de
caractériser la plus ou moins grande proximité des réels. L’ensemble des réels dont
la distance à a est inférieure à ε est l’intervalle ]a − ε, a + ε[:
 Hachette Livre – H Prépa / Math – La photocopie non autorisée est un délit

∀x ∈ R |x − a| < ε ⇐⇒ x ∈ ]a − ε, a + ε[

On dit dans ce cas que x est une valeur approchée de a à ε près.

5.3 • Partie entière d’un réel


Soit x un réel. On appelle partie entière de x le plus grand
entier inférieur ou égal à x. On le note E(x). On a :

E(x) ∈ Z et E(x) x < E(x) + 1

d’où
x − 1 < E(x) x
De plus :
Sur la calculatrice TI-92/Voyage 200, la fonction partie
entière s’appelle int ou floor. Ne pas confondre avec la ∀n ∈ Z , n x ⇒ n E(x)
fonction ipart qui coïncide avec la partie entière pour les
nombres positifs, mais pas pour les nombres négatifs.
Pour s’entraîner : ex. 17 à 19

275
Nombres réels

5.4 • Approximation décimale à 10−p près


Soit x un réel et p un entier naturel. On a :

E(x10p ) x10p < E(x10p ) + 1

d’où :
E(x10p )10−p x < E(x10p )10−p + 10−p

E(x10p )10−p est un nombre décimal approchant x à 10−p


près par défaut, et E(x10p )10−p + 10−p un nombre décimal
approchant x à 10−p près par excès.
Sur la calculatrice TI-92/Voyage 200, la fonction
round(x,n) permet d’obtenir une valeur approchée de x
à 10−n près.
Remarque : Un nombre décimal est un rationnel de la forme
p
où p ∈ Z et q ∈ N∗ .
10q
On peut donc approcher un réel quelconque d’aussi près que l’on veut par des nombres
décimaux. L’écriture décimale illimitée de x récapitule toutes ces approximations :
π = 3, 14159265... signifie :

3 π < 4
3, 1 π < 3, 2
3, 14 π < 3, 15
3, 141 π < 3, 142
3, 1415 π < 3, 1416
etc...
Pour s’entraîner : ex. 20

............................................................................................................
MÉTHODE
Pour montrer qu’un réel x est rationnel, on peut :
• chercher un entier q tel que qx ∈ Z ;
• montrer que x est la somme, le produit ou le quotient de nombres rationnels ;
• montrer que x vérifie une équation dont les solutions sont rationnelles.

Pour montrer qu’un réel x est irrationnel, on peut :


• montrer que c’est la somme ou le produit d’un rationnel et d’un irrationnel ;
p
• on raisonne par l’absurde : on suppose qu’il existe deux entiers p et q tels que x = et on cherche une
q
contradiction.

Pour montrer qu’un réel x est la borne supérieure d’une partie A de R, on peut :
• montrer que x est un majorant de A, et que tout autre majorant de A lui est supérieur ;
• montrer que x est un majorant de A, et que pour tout ε > 0 il existe un élément de A compris entre
x − ε et x.

276
Nombres réels

Pour démontrer une inégalité faisant intervenir des valeurs absolues :


• on peut utiliser l’inégalité triangulaire : la valeur absolue d’une somme est inférieure ou égale à la somme des
valeurs absolues ;
• on peut éventuellement distinguer plusieurs cas suivant le signe du contenu des valeurs absolues.

Pour démontrer une relation faisant intervenir des parties entières :


• on utilise le fait que E(x) ∈ Z et les inégalités E(x) x < E(x) + 1 ; x − 1 < E(x) x.
...................................................................................................................................................................................................

Exercice résolu
POINT FIXE D’UNE APPLICATION CROISSANTE DE [0,1] DANS LUI-MÊME
Soit f une application croissante de [0, 1] dans lui-même. On considère l’ensemble E = {x ∈ [0, 1] f (x) x}.
1 Montrer que E possède une borne supérieure b.
2 Montrer que f (b) = b.

Conseils Solution
1) L’ensemble E est non vide (0 ∈ E) , et majoré par 1 ; il possède donc
une borne supérieure b, qui appartient à [0, 1].
Montrer que les cas f (b) < b et f (b) > b 2) Raisonnons par l’absurde.
conduisent à des contradictions. Atten- • Supposons f (b) < b. Comme b est le plus petit des majorants de
tion à une erreur fréquente : un réel in- E, f (b) n’en est pas un ; il existe donc un élément c de E tel que
férieur à la borne supérieure de E n’est f (b) < c b. f étant croissante, f (c) f (b), d’où f (c) < c en
pas nécessairement élément de E ! contradiction avec l’appartenance de c à l’ensemble E.
• Supposons que f (b) > b. f étant croissante, f (f (b)) b donc
f (b) ∈ E, ce qui est impossible puisque f (b) est strictement supérieur
à la borne supérieure de E.
Conclusion : f (b) = b.

277
Exercices

1 Vrai ou faux ? 3) A ∩ B est majorée. Peut-on déterminer sup(A ∩ B) ?


a) Toute partie majorée de R possède une borne supérieure.
b) Si une partie A de R possède une borne supérieure M , 7 Soit A et B deux parties non vides de R telles que :
tout réel inférieur à M appartient à A. ∀(a, b) ∈ A × B a b
c) La somme de deux irrationnels est un irrationnel.
Montrer que sup A et inf B existent et que
d) La somme d’un rationnel et d’un irrationnel est un irra-
tionnel. sup A inf B.
e) L’ensemble des irrationnels est un intervalle de R. A-t-on égalité ?
f) Entre deux rationnels distincts, il existe toujours un irra-
tionnel. 8 Soit A une partie non vide bornée de R. Montrer que
g) La fonction partie entière est croissante. l’ensemble des distances entre deux éléments quelconques
h) Tout réel possède des approximations rationnelles à de A possède une borne supérieure. On appelle ce nombre
10−p près, quel que soit l’entier p. diamètre de A et on le note d(A). Montrer que :
d(A) sup A − inf A et que :
Inégalités dans R
∀ε > 0 ∃(x, y) ∈ A2 |x − y| > sup A − inf A − 2ε
2 Soit (a, b, c) ∈ R3+ .
Montrer que l’un au moins des Conclure.
trois réels a(1 − b), b(1 − c), c(1 − a) est inférieur ou
1
égal à .
4 9 Soit (xn ) et (yn ) deux suites réelles bornées. Montrer
que :
| sup xn − sup yn | sup |xn − yn |
3 Soit x1 , x2 , · · · , xn n réels strictement positifs.
Montrer que :
(x1 + x2 + · · · + xn )(x1−1 + x2−1 + · · · + xn−1 ) n2 Nombres rationnels et irrationnels
√ √
10 Soit x et y deux rationnels
√ tels

que x et y sont
Borne supérieure ou inférieure irrationnels. Démontrer que x + y est irrationnel.

4 Déterminer les bornes supérieure et inférieure des en-


11 Soit (m, n) ∈ N∗ 2 . Montrer que si

n
m est ration-
sembles suivants, si elles existent :
nel, alors il est entier.
1 1
a) , n ∈ N∗ ; b) (−1)n (1 − ) , n ∈ N∗ ;
n n
12 Montrer que les nombres suivants sont rationnels :
1 1 √ √
c) − , (n, p) ∈ N∗ 2 . 3 3
a = 20 + 14 2 + 20 − 14 2
n p
√ 4 √ √ 4 √
b= 2 7+4 3− 2 7−4 3
5 Soit a et b deux réels. Montrer que :
( ∀ε > 0 a b+ε) ⇒ a b √ √ √
13
√ Montrer
√ √ que les nombres 6 − 2 − 3 et
2 + 3 + 5 sont irrationnels.
6 Soit A et B deux parties non vides majorées de R. ∗
Montrer que : 14 Montrer que pour tout n ∈ N, il existe p ∈ N∗ tel
1) A ⊂ B ⇒ sup A sup B. que : √ √
2) A ∪ B est majorée. Déterminer sup(A ∪ B). (1 + 2)n = p + p − 1

278
Nombres réels

EXERCICES
15

15 On convient que le dénominateur d’un rationnel est le 17 Montrer que :


dénominateur de la fraction irréductible qui le représente ;
∀(x, y) ∈ R2 E(x) + E(x + y) + E(y) E(2x) + E(2y)
il peut toujours être choisi positif.

1) Démontrer que tout intervalle non vide et non réduit à


un singleton contient une infinité de rationnels de dénomi- 18 Montrer que ∀n ∈ N∗ ∀x ∈ R
nateur supérieur à 106 . E(nx)
n−1
k
E = E(x) et E x+ = E(nx)
2) Soit x un irrationnel. Démontrer qu’il existe ε ∈ R∗+ tel n n
k=0
que l’intervalle [x − ε, x + ε] ne contienne aucun rationnel
de dénominateur inférieur à 106 .
19 √Soit n ∈ N∗ . Montrer que la partie entière de
n
(2 + 3) est un entier impair.
Valeurs absolues-parties entières
m + 2n
16 Démontrer que pour tous réels x et y :
20 Soit (m, n) ∈ N∗ 2 . Démontrer que
m+n
est plus
√ m √
proche de 2 que et que 2 est compris entre ces
1) |x| + |y| |x + y| + |x − y| n
deux rationnels.
√ En déduire une valeur approchée ration-
2) 1 + |xy − 1| (1 + |x − 1|)(1 + |y − 1|) nelle de 2 à 10−4 près.

279

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