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Rappels DE Thermodynamique

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Thèmes abordés

  • thermodynamique,
  • réversibilité,
  • richesse de l'air,
  • système isolé,
  • énergie potentielle,
  • condition standard,
  • premier principe,
  • calculs thermodynamiques,
  • système fermé,
  • travail polytropique
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Rappels DE Thermodynamique

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  • premier principe,
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  • système fermé,
  • travail polytropique

Cours de Turbomachines -  2017, Jean-Pierre et Catherine DEVAUX THERMO

RAPPELS
DE
THERMODYNAMIQUE

PAR

Jean-Pierre DEVAUX Catherine DEVAUX


Professeur de Turbomachines Professeur de Turbomachines

© 2017, Jean-Pierre et Catherine DEVAUX


Edition au 01/09/2017
Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction,
par tous procédés, y compris la photographie et le microfilm
réservés pour tous pays.

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -1-


Cours de Turbomachines -  2017, Jean-Pierre et Catherine DEVAUX THERMO

PLAN GENERAL DU CHAPITRE

AVANT-PROPOS ET NOTATIONS

1. EQUATION D’ETAT DES GAZ PARFAITS

2. PREMIER PRINCIPE DE LA THERMODYNAMIQUE

3. SECOND PRINCIPE DE LA THERMODYNAMIQUE

4. THERMODYNAMIQUE MONODIMENSIONNELLE

5. ANALYSE DES PERTES INTERNES

6. THEOREME DES QUANTITES DE MOUVEMENT

7. THERMODYNAMIQUE DES MELANGES DE GAZ REELS

8. MODELISATION DE LA COMBUSTION

ANNEXE :

1. BIBLIOGRAPHIE

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -2-


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AVANT-PROPOS
Le but de ce rappel n'est pas de rentrer dans le détail des lois de la thermodynamique, de la chimie
ou de la mécanique rappelées ici, mais de fournir les outils et principes de base des modèles qui
seront utilisés dans l’ensemble du cours.

Les démonstrations sont donc volontairement limitées : pour en avoir les détails, des renvois à des
documents de référence sont fournis.

NOTATIONS
Dans tout le cours, les notations suivantes seront adoptées pour les grandeurs thermodynamiques.
La plupart des unités sont des unités du système international (système SI). L'aéronautique se
distingue toutefois par l'emploi de certaines unités anglo-saxonnes, l'équivalence entre les unités SI
et les unités anglo-saxonnes les plus couramment utilisées étant fournie en annexe 1 du Mémento.
Le degré de précision associé à chacune de ces grandeurs thermodynamiques est récapitulé en
annexe 2 du Mémento.

m: masse d'air (kg)


Da : débit d'air (kg/s)
D: débit de gaz, somme du débit d’air et du débit de carburant (kg/s)
Dc : débit de carburant, produit de la richesse par le débit d’air (kg/s)
Dr : débit réduit
Drs : débit réduit statique
Drc : débit corrigé (kg/s)
P: pression totale, d’arrêt ou d’impact (Pa)
Ps : pression statique (Pa)
T: température totale, d’arrêt ou d’impact (K)
Ts : température statique (K)
V: vitesse (m/s)
M: nombre de Mach
: masse volumique (kg/m3)
: volume (m3)
H: enthalpie massique (J/kg)
Hr : enthalpie massique réduite (K)
S: entropie massique (J/(kg . K))
Dyn : dynalpie (N)
U: énergie interne (J)
E: énergie totale (J)
Q: quantité de chaleur (J)
: travail (J)
W: puissance (W)
: rendement
Cp : capacité calorifique massique à pression constante (J/(kg . K))
Cv : capacité calorifique massique à volume constant (J/(kg . K))
R: constante universelle des gaz parfaits (J/(kg . K))
: rapport Cp/Cv (adimensionnel)
: richesse ou viciation de l'air : débit de carburant rapporté au débit d'air
t: temps (s)
A: section (m²)

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -3-


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1 - EQUATION D’ETAT DES GAZ PARFAITS


C’est la relation qui lie la pression statique (Ps), le volume () et la température statique (Ts) d’un
gaz, R étant la constante universelle des gaz parfaits. Pour l’unité de masse, c’est-à-dire m = 1 kg, la
masse molaire de l’air étant égale à 28,967 g/mol (voir chapitre 8), l’équation d’état des gaz parfaits
s’écrit sous la forme :

Ps
Ps     R  Ts (1)

avec : R = 287,04 J/(kg . K) = 8,3145 J/(mol . K)  2 cal/(mol . K)

Bien que cette relation ne soit valable que pour les gaz parfaits, nous l’appliquerons tout au long de
ce cours au gaz réels tels que l’air.

Nous appellerons condition normale de température et de pression, le point défini par :

Ps = 101325 Pa et : Ts = 273,15 K

Cette condition est la condition de référence en thermodynamique et en chimie. L'aéronautique,


pour des raisons historiques, lui préfère la condition moyenne de température et de pression en
climat tempéré, dite condition standard ou condition ISA (International Standard Atmosphere) :

Ps = 101325 Pa et : Ts = 288,15 K

2 - PREMIER PRINCIPE DE LA THERMODYNAMIQUE


2.1 Enoncé du premier principe
C’est le principe de l’énergie. Il énonce l'équivalence de la chaleur Q et du travail , et précise que
la variation d'énergie d'un système lors d’une transformation ne dépend pas de la nature de cette
transformation, mais des états initial et final associés.

On peut grâce à ce principe, définir une fonction d'état E, énergie totale, qui décrit le niveau
énergétique du système thermodynamique étudié. Ce premier principe ne s'applique qu'à un système
où la masse m est conservée.

Le premier principe transformé en équation donne : dE = Q   (2)

expression dans laquelle dE est une différentielle totale exacte (dE en tant que fonction d’état ne
dépend pas du chemin suivi pour aller de l’état initial 1 à l’état final 2), alors que Q et  ne le sont
pas en général.

D’où : E 2 - E1 = Q12  12

Q12 et 12 étant l’ensemble des quantités de chaleur et de travail échangées entre le système et
l’extérieur pour passer de l’état 1 à l’état 2. Elles dépendent du chemin parcouru.

L'énergie totale E est la somme de l'énergie interne U des particules de gaz (agitation moléculaire) et
de l'énergie cinétique résultant du mouvement d'ensemble du système, soit :

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -4-


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1
E = U+  m  V2 (3)
2

d’où : dE = d U + m  V  dV (4)

Pour une transformation (cycle) fermée et réversible, puisque dE = 0, on a :

  Q = 0 (4b)

2.2 Application du premier principe


Regardons l'application du premier principe au cas de la compression et de la détente adiabatique.

Pour ce faire, il faut considérer en premier


lieu un piston mobile à parois adiabatiques
(voir figure 1) dont le mouvement est lent et Ps
réversible. Compte tenu du fait que l’échange
de chaleur Q est nul, l'expression du travail état 1
 est la suivante, où Ps est la pression dx
interne du gaz : état 2

   Ps  L  dx = - Ps  d Ps
(5)

D'où l'expression finale du travail  : L

2 Figure 1
=-  1
 Ps  d (6)

Pour une turbomachine, il faut considérer un flux d'air et donc intégrer le passage d'un débit (voir
figures 2 et 3). Le raisonnement doit donc se faire par étapes :

. phase aA : aspiration de la masse m de gaz occupant le volume 1 sous la pression Ps1,


les forces extérieures exerçant un travail (Ps1 . 1),
2
. phase AB : compression de Ps1 à Ps2 dans laquelle le fluide reçoit le travail - 1  Ps  d
. phase Bb : refoulement de la masse m pour occuper le volume 2 sous la pression Ps2,
les forces extérieures exerçant un travail résistant - (Ps2 . 2).

DIAGRAMME DE CLAPEYRON
Ps

B
Ps2 t
Ps2
Ps1
Ps1 2 Ps2
1 m A
m Ps1
m

t
b a 
2 1

Figure 2 Figure 3

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t étant le travail fourni par l’arbre d’entraînement, d’où :


2
( Ps1   )  t  ( Ps2   )   1  Ps  d   (7)

2
t qui est le travail avec transvasement, est donc défini par : t  1   dPs

2 dPs
et pour une masse unité (m = 1 kg), on aura : t =  1 
(8)

Le terme ( - t ) est quant à lui défini comme le travail de transvasement.

La notion de travail avec transvasement t est ce qui convient le mieux pour exprimer que le fluide
est transféré d'un lieu 1 à un lieu 2 avec un apport de travail.

La notion de travail reste liée soit au volume, soit à la masse, grandeurs toutes deux délicates à
manier en présence d'un flux d'air. En dérivant par rapport au temps, on obtient d'un coté de
l'équation une puissance, de l'autre coté un débit.

L'équation précédente peut alors s'écrire comme suit :

t 2 dPs
Wt 
t
 D 
1 
(9)

m
où Wt est la puissance avec transvasement et D  .
t

2.3 Capacités calorifiques massiques : évolutions à volume ou pression constante


Evolution à volume constant : définition de la capacité calorifique massique Cv
Pour une évolution à volume constant (1 = 2), le travail est nul ( = 0) et les équations
précédentes permettent d’écrire :
Qv = U2 - U1

Qv étant la chaleur d'évolution à volume constant.

On définit la capacité calorifique massique à volume constant Cv pour U correspondant à l’unité


de masse par :

 Qv   U 
Cv     (10)
 Ts    cste  Ts    cste

Evolution à pression statique constante : définition de la capacité calorifique massique Cp


Pour une évolution à pression statique constante (Ps = Ps), la variation d’énergie interne s’écrit
sous la forme :
U - U = Qp +  = Qp - [Ps . ( - 
Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -6-
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d’où : Qp = [U + (Ps .  - [U + (Ps . 

Qp étant la chaleur d'évolution à pression statique constante.

On définit la capacité calorifique massique à pression statique constante Cp comme suit :

 Qp 
Cp   (11)
 Ts  Ps  cste

L'air étant un gaz complexe non parfait, Cp dépend de la température statique Ts et de la


viciation de l’air  (voir annexe 3 du Mémento).

Propriétés des chaleurs spécifiques Cp et Cv


La relation de Mayer s’applique pour les gaz parfaits et les gaz "semi parfaits" comme l'air :

Cp  Cv  R (12)

Cp  R R
et en posant :   on obtient : Cp  et : Cv  (13)
Cv  1  1

La fonction  dépend comme le Cp de la température statique Ts. Cette fonction étant


couramment utilisée dans les calculs de thermodynamique, l’annexe 4 du Mémento présente son
évolution en fonction de la température, qu’elle soit statique en gaz réel ou totale si l’on veut dans
un premier temps simplifier les calculs, et de la viciation de l’air .

2.4 Définition de l’énergie interne U, de l'enthalpie H et de la température totale T


Evolution à volume constant : définition de l’énergie interne U
Pour une évolution à volume constant, le paragraphe précédent a montré que : Qv = U2 - U1

d’où : dQv = dU = Cv . dTs

et donc l’énergie interne U : U  Cv  Ts pour un gaz parfait,


(14)
Ts
et : U 0 Cv  dTs pour un gaz réel.

Evolution à pression statique constante : définition de l’enthalpie massique statique H(Ts, )


Pour une évolution à pression statique constante, le paragraphe précédent a montré que :

Qp = [U + (Ps .  - [U + (Ps . 

On constate alors que la quantité de chaleur reçue Qp peut s'exprimer à partir d'une fonction d'état
que l’on appellera enthalpie massique statique H(Ts,). Nous ne nous intéresserons dans tout le
cours qu'à des enthalpies massiques. La fonction considérée sera donc définie par :

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -7-


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H (Ts,  )  U  ( Ps  ) (15)

En prenant en compte la loi des gaz parfaits (1), la définition de U et la relation de Mayer, on a :

H(Ts, )  U  Ps    U  R  Ts   Cv  Ts   R  Ts   Cp  Ts

D’où : H (Ts,  )  Cp  Ts pour un gaz parfait,


(16)
Ts
et : H (Ts,  )  0 Cp  dTs pour un gaz réel.

L’enthalpie massique H étant couramment utilisée dans les calculs de thermodynamique, l’annexe 5
du Mémento présente son évolution en fonction de la température statique Ts et de la viciation de
l’air , au travers de l’enthalpie massique réduite Hr, enthalpie rapportée à la constante des gaz
parfaits R.

Evolution à pression statique constante : définition de l’enthalpie massique totale H(T,)


Pour les systèmes animés d’une vitesse V, il faut intégrer l'énergie cinétique. L'enthalpie massique
totale est alors définie à partir de l’enthalpie massique statique H(Ts,) de la manière suivante :

V2
H (T,  )  H (Ts,  )  (17)
2

L’enthalpie massique totale H(T,) se calcule de la même manière que l’enthalpie massique
statique H(Ts,), la température de calcul étant alors la température totale T (voir annexe 5
du Mémento).

2.5 Application du premier principe aux écoulements permanents


L'application du premier principe à un écoulement permanent échangeant du travail et de la chaleur
avec l’extérieur donne :

V22 V12
E 2  E1  U 2   U1   Q12  12
2 2

En passant au débit l’équation précédente et l’équation (7), on a :

 V2 V2 
D   U 2  2  U1  1   D  Q    D  Q   W et : WT  W  Ps 2   2   Ps1  1   D
 2 2 

V2
et en utilisant l’équation (17), on a : HT,    U  Ps   
2

d’où : D  HT2 ,  2   HT1 , 1   D  Q   Wt (18)

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -8-


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m
avec : . D  Q   Q = puissance de quantité de chaleur.
t
Appliquons maintenant cette relation aux turbomachines :

- pour les compresseurs et les turbines adiabatiques : Q = 0. Dés lors, l'équation (18) se
résume à :
 
D  H T2 ,  2   HT1 , 1   Wt

Autrement dit, dans un compresseur ou une turbine, il n'y a que des échanges de
travaux entre le fluide et le système extérieur et, dans une turbine, Wt est négatif.

- pour les échangeurs thermiques ou les chambres de combustion, il n'y a aucun travail
 échangé et la variation d'enthalpie se résume à la variation de puissance de chaleur,
d’où :

D  HT2 ,  2   HT1 , 1   D  Q

- pour les tuyères ou les manches d’entrée d’air où il n'y a ni échange de chaleur, ni
échange de travail, la variation d'enthalpie est nulle, d’où :

H T2 ,  2   H T1 , 1

3 - SECOND PRINCIPE DE LA THERMODYNAMIQUE


"Nous distinguons dans l’univers différentes formes d’énergie : potentielle, cinétique, thermique,
massique, etc. On peut les associer aux forces correspondantes : il y a l’énergie nucléaire, l’énergie
gravitationnelle et l’énergie électromagnétique. Les énergies peuvent changer de forme. Une
centrale thermique transforme de l’énergie chimique (le pétrole) en énergie électrique (courants
électriques). Un radiateur change cette énergie électromagnétique en chaleur. La somme des
quantités d’énergies reste constante. Le premier principe de la thermodynamique en assure la
compatibilité.

Ces énergies n’ont pas toutes la même qualité. L’énergie électrique est de meilleure qualité que
l’énergie thermique. On peut transformer entièrement une quantité d’énergie électrique en chaleur :
c’est le cas du chauffage électrique. On ne peut pas changer toute l’énergie thermique en énergie
électrique ; une partie de l’énergie repart en chaleur. Ces modalités de transformation des énergies
sont dictées par le second principe de la thermodynamique.

Au palmarès de la qualité, la première place revient à l’énergie gravitationnelle. Projetée dans une
turbine, l’eau d’un barrage transforme son énergie gravitationnelle en électricité. Plus tard, on en
fera du mouvement dans un moteur électrique, ou de la chaleur dans un radiateur. Tout au long de
ces transformations, l’énergie se dégrade, ou, en d’autres termes, son entropie augmente. " [3]

3.1 Fonction entropie S


Appliquons le premier principe à une transformation réversible sur un piston, transformation
réalisée à volume constant. On obtient l'équation suivante à partir des équations (2) et (5) :

Q +  = dU = Cv . dTs = (Cp - R) . dTs avec :  = -Ps . d = 0 à volume constant.

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 -9-


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On introduit la fonction d'état S(Ts,), appelée entropie, définie par :

T
iso-Ps
Q  Ts  dS(Ts, ) Ts2

et donc :
Ts1
2 Q Q
S(Ts2 ,  2 )  S(Ts1 , 1 )  
1 Ts S
S1 S2

Q
Pour une transformation réversible, la valeur ne dépend que de l'état initial 1 et de l'état final 2.
Ts

dTs dPs
Comme  à volume constant, l’équation Q = (Cp - R) . dTs s’écrit :
Ts Ps
2 Q 2 Cp  dTs 2 dPs
1 Ts
 1 Ts
 R  1 Ps

2 Q 2 Cp  dTs  Ps 
En intégrant, on obtient : 1 Ts
  1 Ts
 R  Ln  2 
 Ps1 

 TsCp 
Dans le cas d'un gaz parfait, cette fonction s'écrit : S(Ts,  )  Ln  R 
 Ps 
(19)
Ts
 dTs 

R
Dans le cas d'un gaz réel, cette fonction s'écrit : S(Ts,  )   Cp    Ln ( Ps )
0  Ts 

3.2 Deuxième principe de la thermodynamique


Le deuxième principe exprime l'irréversibilité des processus thermodynamiques dans un système
fermé. Il indique que dans un système, il existe une fonction d'état appelée entropie (S) qui vérifie
systématiquement :
2 Q
S(Ts2 ,  2 )  S(Ts1 , 1 )   1 Ts
(20)

et on aura : Ts  dS(Ts,  )  Q   (21)

où  est l’énergie dissipée par les irréversibilités : elle est toujours de signe positif.

Dans le cas des gaz et des fluides,  est principalement liée aux pertes d'énergie générées par la
viscosité du gaz ou du fluide.

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 - 10 -


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La première conséquence du deuxième principe de la thermodynamique est que l'entropie d'un


système isolé ne peut que croître : elle reste constante en l'absence d'irréversibilités.

3.3 Application du deuxième principe de la thermodynamique


En reprenant les équations (2), (3) et (8) du premier principe appliquées à une transformation
gazeuse réversible se déroulant à vitesse négligeable et en dérivant l’équation (15), on obtient :

dH (Ts,  )  dU  d ( Ps  )  Q    d ( Ps  )
dPs
 Q  ( Ps  d)  ( Ps  d)  (   dPs)  Q 

d’où : dH (Ts,  )  Q  t (22)

Or dans une transformation réversible : Q = Ts . dS(Ts,)

dPs
d’où : dH (Ts,  )  [Ts  dS(Ts,  )]  (23)

Nous obtenons donc la relation :


dPs
d’où : Q  t  [Ts  dS( Ts,  )]  (24)

Appliquons maintenant le deuxième principe à l’équation (24) :


dPs
Q  t  [Ts  dS( Ts,  )]    t  [Ts  dS( Ts, )] 

dPs
d’où : t   

et donc : dPs    (t  ) (25)

Nous constatons alors que :

- l'apport de travail t se traduit nécessairement par une augmentation de la pression :


nous verrons que c'est là le rôle des compresseurs. Par opposition, "prendre" du travail se
traduit par une perte de pression, notamment dans les turbines,

- les irréversibilités  se traduisent par une chute de pression : ce phénomène est


caractérisé par les pertes de charge dans les composants qui s’effectuent sans échange de
travail.

3.4 Diagramme entropique


Pour visualiser un cycle thermodynamique, deux types de représentation peuvent être choisies :

- une représentation volume/pression (diagramme de Clapeyron) qui permet une


visualisation du travail échangé. Cependant, cette représentation est mal adaptée aux

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turbomachines pour lesquelles la notion de volume a un sens limité compte tenu des flux
d'air qui circulent,

- une représentation enthalpie/entropie (diagramme de Mollier) qui permet de visualiser


d'une part le niveau d'énergie, d'autre part les irréversibilités : c'est ce type de schéma qui
sera retenu pour les turbomachines. Dans la pratique, l'enthalpie est remplacée par la
température, cette dernière étant strictement équivalente, compte tenu des relations
mentionnées ci-dessus.

Sur ce diagramme (voir figure 4), plusieurs types de courbe se distinguent :

- les isothermes, courbes à température


constante définies par : T = T0 T

- les isentropes, courbes à entropie


constante définies par : S = S0 iso-P

- les isobares, courbes à pression totale iso-T


constante définies par : P = P0

et dans le diagramme isentropique : iso-S


S
 S  S0 
 
 Cp 
T  T0  e Figure 4

L’application au cycle d’un moteur comprenant un compresseur (P0 à P3 d’où T0 à T3), une chambre
de combustion (T3 à T4) et une turbine (P4 à P5 d’où T4 à T5), est la suivante lorsque le cycle ne
comporte aucune perte (voir figure 5a) :

S3 = S0, P4 = P3 et S5 = S4
T
TChambre = T4 - T3
T4
T
T3 iso-P3

T5
C iso-P5

T0 iso-P0
S
S0 S4
Figure 5a

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Lorsque le cycle comporte des pertes (voir figure 5b), il y a augmentation de l’entropie entre chaque
plan :

cycle sans perte : S3 = S0 et S5 = S4


T cycle avec pertes : S3' > S0 et S5' > S4' > S4

T4 P3’
iso-P3
T3’ P5’
T3
T5 T5’
iso-P5

T0 iso-P0
S
S3 S3' S4 S4' S 5'

Figure 5b

4 - THERMODYNAMIQUE MONODIMENSIONNELLE
Comme on l'a vu au paragraphe 2.4, il existe deux types de grandeurs :

- les grandeurs statiques (Ts, Ps) qui ne prennent en compte que l'énergie interne du fluide,

- les grandeurs totales ou d'arrêt ou d’impact ou isentropiques (T, P) qui intègrent l'énergie
cinétique en plus de l’énergie interne du fluide.

Le passage de l'une à l'autre se fait par une transformation isentropique puisqu'il n'y a ni échange de
travail, ni échange de chaleur.

C'est pourquoi les valeurs dites totales ou d’arrêt ou d’impact, sont également appelées grandeurs
isentropiques.

4.1 Températures statique et totale


Cas des gaz réels
Comme nous l’avons vu avec l’équation (17) :

V2 Ts V2 T
H (T,  )  H (Ts,  ) 
2
 0
(Cp  dTs) 
2
 
0
(Cp  dT)

Notons alors que d’après la premier principe de la thermodynamique, si le système ne reçoit ni


chaleur, ni travail, alors l'enthalpie totale est conservée. On en déduit que H(T,) reste constante.

Rappels de thermodynamique - Edition au 01/09/2017 - 13 -


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En résumé, dans une transformation où ni travail, ni chaleur ne sont échangés, alors la température
totale est conservée, puisque H(T,) ne dépend que de la température et de la viciation.

Cette fonction étant couramment utilisée dans les calculs de thermodynamique, l’annexe 5 du
Mémento présente l’évolution de cette fonction pour différentes valeurs de température et de
richesse.

Cas des gaz parfaits


Dans le cas des gaz parfaits, l’équation (17) s’écrit sous la forme :

V2 V2
H (T, )  H ( Ts,  )   (Cp  Ts)   Cp  T
2 2

 V2 
d’où la formulation de la température totale T définie par : T  Ts   

 2  Cp 

et en utilisant l'équation (13) et la définition du Mach : V  M    R  Ts (26)

on arrive à la relation suivante, fondamentale pour un gaz parfait :

T
 1 
   1  M 2
(27)
Ts 2

Cette fonction étant couramment utilisée dans les calculs de thermodynamique, l’annexe 8 du
Mémento présentent l’évolution de cette fonction pour différentes valeurs de Mach et de .

4.2 Pressions statique et totale


Cas des gaz réels
Pour calculer la pression totale associée à une température totale, il faut considérer la transformation
isentropique entre l'état "statique" et l'état "total". Comme cette transformation est isentropique, on
aura : S(T,) = S(Ts,), ce que l'on peut encore écrire comme suit :

T dT Ts dTs
0
Cp 
T
 Ln( P R )  0
Cp 
Ts
 Ln( PsR )

D'où la formule permettant de calculer la pression totale à partir de la statique :

T dH ( T , )
P
 10 Ts RT
Ps

Cette formule sera utilisée plus simplement sous la forme suivante :

P
 10   ( T, )  ( Ts, )  (28)
Ps

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T dH ( T ,  )
avec : (T ,  )  0 RT

Il convient de noter que dans une transformation où ni travail, ni chaleur ne sont échangés, il n'y a
pas forcément conservation de la pression totale. En effet, comme nous l’avons vu au paragraphe 3,
le second principe de la thermodynamique introduit des pertes. La pression totale reste constante si
et seulement si le processus est isentropique. Ce sujet sera développé dans le paragraphe 5.

Les tables donnant les différentes valeurs de T,  en fonction de la température et de la viciation
de l’air sont données dans l'annexe 6 du Mémento.

Cas des gaz parfaits


En reprenant les équations listées ci-dessus, on en arrive à la formule simplifiée suivante pour ce qui
concerne la pression (voir annexe 8 du Mémento) :

 
P  T    1        1
=   1 +  M2  (29)
Ps  Ts    

4.3 Débit réduit Dr


Partant de la loi des gaz parfaits (1) et de l’équation du Mach (26), le débit peut s’écrire sous la
forme suivante lorsque  et V sont connus ou Ps, Ts et M sont connus :


D    A  V  Ps  A  M  (30)
R  Ts

 D T
Or, en réécrivant le débit sous la forme   , cette grandeur ne dépend que du Mach et de .
 Ps  A 

Drs  M 
 T
  M
 
 1 
   1  M 2 
C’est le débit réduit statique :  (31)
R Ts R  2 

En étendant cette notion aux grandeurs totales et en supposant que  reste sensiblement constant
entre Ts et T, nous arrivons à l'équation suivante :

 1

D T Ps  (Ts) T  (T)   1  2(  1)
Dr   M   M  1   M ² (32)
PA P R Ts R  2 

D T
La grandeur définie par est appelée débit réduit Dr et ne dépend aussi que du Mach et de .
PA
Ces deux fonctions étant couramment utilisées dans les calculs de thermodynamique, l’annexe 7 du
Mémento présente leur évolution pour différentes valeurs de Mach et de .

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L’évolution du débit réduit Dr présentée dans cette annexe, fait ressortir deux propriétés qui seront
particulièrement utiles dans le calcul des cycles :

- Dr passe par un maximum pour un Mach égal à 1. La valeur du maximum ne dépend


alors que de ,

- en théorie, Dr dépend donc de  En pratique, comme le montre la figure en annexe 7 du


Mémento, il y a quasi indépendance pour les Mach subsoniques et faiblement
supersoniques, ce qui permettra de l'utiliser dans le chapitre 2 relatif au "Calcul du cycle
d’adaptation" pour les calculs de cols soniques (turbine, tuyère).

5 - ANALYSE DES PERTES INTERNES


Nous avons vu que le deuxième principe de la thermodynamique introduisait de manière complexe
la notion de pertes : il s'agit de transformer ce principe en une modélisation simplifiée applicable
aux processus thermodynamiques des turbomachines. Nous en profiterons pour :

- examiner l'influence des échanges de chaleur et de travail dans ces processus,

- examiner l'influence des pertes internes sur la pression totale,

- définir les notions de rendements des processus de compression et de détente.

5.1 Variation de la pression totale


En reprenant les équations issues des deux principes de la thermodynamique, on arrive à l'équation
suivante :
dPs  dPs 
dH (Ts,  )  [Ts  dS(Ts, )]   [Ts  dS(Ts,  )]   R  Ts  
  Ps 

avec : Ts  dS(Ts,  )  (Q  )

En utilisant les relations entre grandeurs totale et statique, et sachant que dS(T,) = dS(Ts,), on
arrive à la relation suivante :

 dP 
dH (T,  )  [T  dS(T,  )]   R  T    Q  
 P

dP     Q  1 1     
d'où la relation :          
P R  T  R  Ts T    R  Ts 

dP     Q (   1)    
que l'on peut transformer en :        M2    (33)
P R  T R T 2   R  Ts 

A partir de ces équations, on peut faire les constats suivants :

- l'apport de travail  accroît la pression totale : c'est le rôle du compresseur comme on l'a
vu au paragraphe 3.3 (équation (25)). Dans le cas d'une turbine, la fourniture de travail se
traduit par une perte de pression totale,

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- l'apport de chaleur Q se traduit par une baisse de la pression totale. C'est un phénomène
que nous verrons dans les chambres de combustion où l'allumage de la chambre se traduit
par une augmentation immédiate des pertes de charge,

- les pertes internes  résultant de l'expression du deuxième principe se traduisent


systématiquement par des pertes de charge sur la pression totale. Ces pertes se rajoutent
aux pertes ou gains énoncés précédemment.

D'une manière générale, les variations de pression totale se combinent. Il faut donc essayer de les
modéliser simplement pour faciliter le calcul.

5.2 Compression et détente réelles


Considérons une compression réelle adiabatique qui fait passer l'air d'un état 1 à un état 2. Dans le
diagramme entropique, cette compression est matérialisée par le chemin A-B (voir figure 6).

Le calcul du travail des forces de viscosité  est le suivant :


B
 
A
Ts  dS(Ts,  )

Pour aller de A à B, plusieurs chemins sont


possibles : T QP = Q + Q’ Ps 2idéale
Ps 2
B
1. A à A' : compression isentropique Ts 2
(S constante),
Q’
Ps1
puis, Ts 2is A'

A' à B : augmentation de la tempé- C
rature sur une isobare, Ts 1
Q
A

S
2. A à B : compression réelle. c a b
Figure 6

Le point C est le point sur l'isobare finale Ps2 qui possède la même température Ts1 : il correspond à
un état final du système après échange de chaleur avec l'extérieur.

Si l’on considère le cycle ABCA parcouru par la machine réelle et si on lui applique le premier
principe, on aura :

AB + QAB + BC + QBC + CA + QCA = 0

On aura par ailleurs :

B
- QAB  
A
Ts  dS  AIRE ( aABb)   ( sur la figure 6)
- BC = 0 (travail avec transvasement isobare),
C
- QBC   
B
Ts  dS   AIRE ( bBCc) ( + QP sur la figure 6)

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- CA + QCA = 0, car la transformation est isotherme donc : dH(T,) = 0

On a donc finalement : AB = AIRE (bBCc) - AIRE (aABb) = AIRE (aABCc) = p

Ce travail est appelé travail polytropique p. C'est le travail reçu par la machine parfaite évoluant
entre A et B et recevant la quantité de chaleur représentée par l'aire (aABb) qui est la quantité de
chaleur équivalente aux pertes mises en jeu dans la transformation réelle. La figure 6 montre
clairement que ce travail polytropique est supérieur au travail isentropique correspondant à l’aire
(aA’Cc).
B
Si l'on considère maintenant le travail réel, on a :  
C
Ts  dS  AIRE ( cCBb)

ce qui permet d'écrire :  = p + 

Dans le cas d'une compression, le travail polytropique est donc inférieur au travail réel.

Pour une détente (voir figure 7), le


raisonnement est identique ce qui conduit à : T
 = AIRE (aABb) Ps1
A
p = AIRE (cCABb) Ts1
Ps2
 = AIRE (cCAa) C
Ts
2 C' B
Ts A'
et donc : 2is

is =  + AIRE (aA'Bb) S


c' c a b
p =  + 
Figure 7

Dans le cas d'une détente, le travail polytropique est donc supérieur au travail réel, contrairement au
cas de la compression. L'ensemble (, is, ) permet seul de réaliser un bilan énergétique correct.

5.3 Définition des rendements isentropique et polytropique


Compte tenu de l'analyse précédente, il apparaît que le travail réel peut être comparé à deux types de
travaux : le travail polytropique et le travail isentropique. En conséquence, deux types de rendement
peuvent être définis :

- l'un qui compare le travail réel au travail isentropique que nous appellerons rendement
isentropique,

- l'autre qui compare le travail polytropique au travail réel et que nous appellerons
rendement polytropique.

Comparaison entre les rendements statique et total


Pour le moment, nous n'avons pas fait intervenir de différence entre les grandeurs statique et totale
pour ce qui concerne les rendements.

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Le rendement traduit une perte lors d'une transformation d'énergie et non lors des apports d'énergie.
Les transformations d'énergie se repèrent sur les grandeurs statiques qui sont les seules
significatives de l'état réel du gaz. En toute rigueur, il serait donc plus correct de travailler
systématiquement pour les calculs pression-température avec les valeurs statiques.

Cependant à l'intérieur d'une turbomachine, les échanges d'énergie (apports ou extractions de travail
ou de chaleur) font intervenir les enthalpies et les températures totales par l'intermédiaire du premier
principe.

Il faut donc avoir une idée de ce qui distingue les rendements dans les deux cas. En supposant le
rendement suffisamment constant dans la plage de température considérée et en adoptant les mêmes
formules de définition (remplacement des grandeurs statiques H(Ts,), Ts et Ps par les grandeurs
totales équivalentes), on arrive, en développant les diverses relations données ci-après dans les
paragraphes 5.3 et 5.4, à la relation suivante :

  1 
1 2  M 22 
Cpol  s Cpol  log10  TT2   1  s Cpol   log10 

2
1  1


(34)
 1   1  M 12 
 1 

On constate qu'il n'y a égalité entre les deux rendements que si le deux Mach d’entrée et de sortie du
compresseur considéré sont strictement égaux.

En pratique, nous n'utiliserons que les rendements en valeur totale, seuls accessibles
rapidement dans les calculs de cycle, l’accès aux grandeurs statiques nécessitant la connaissance de
la géométrie de la turbomachine, ce qui nous le verrons n'est pas immédiat dans les calculs de cycle.

Rendement isentropique
Pour une compression, nous le définirons comme le rapport de l'énergie nécessaire à l'atteinte de la
pression par une transformation isentropique à l'énergie réellement utilisée, soit en gaz réels :

H(Ts 2is ,  2 )  H(Ts1 , 1 ) H(T2is ,  2 )  H(T1 , 1 )


s Cis =   Cis (35)
H(Ts 2 ,  2 )  H(Ts1 , 1 ) H(T2 ,  2 )  H(T1 , 1 )

Pour une détente dans une turbine, compte tenu des résultats du paragraphe précédent, cette
comparaison doit se faire en sens inverse, d'où la définition en gaz réels :

H(Ts 2 ,  2 )  H(Ts1 , 1 ) H(T2 ,  2 )  H(T1 , 1 )


s Tis =   Tis (36)
H(Ts 2is ,  2 )  H(Ts1 , 1 ) H(T2is ,  2 )  H(T1 , 1 )

Dans la pratique, les rendements isentropiques sont très utilisés en raison de la simplicité de leur
définition. Ils sont rapidement calculables puisqu'en première approximation, si l'on considère que
les Cp sont très faiblement variables (hypothèse gaz parfaits), on aura :

T  T1 T2  T1
Cis  2is et : Tis  (37) et (38)
T2  T1 T2is  T1

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Par contre, le rendement isentropique présente l'inconvénient de ne pas reposer sur un bilan
énergétique correct. En effet, si l'on prend le cas d'une compression :
 AIRE(cCA' a )
s Cis  is 
 AIRE(cCBb)

Or la différence [AIRE (cCBb) - AIRE (cCA'a)] représente la somme [ + AIRE (AA'B)]. Il y a


donc bien un manque énergétique figuré par cette aire AIRE (AA'B) : ce défaut s’accroît avec les
forts rapports de pression (ou les forts taux de détente dans le cas des turbines).

Rendement polytropique
Le rendement polytropique sera défini sur des transformations élémentaires ou globales comme
définies ci-après :

p
- pour une compression : s Cpol  (39)



- pour une détente : s Tpol  (40)
p

Le calcul de la relation (Ps-Ts) est plus délicat à traiter qu'avec le rendement isentropique. En effet :

dPs Cp dTs  dTs


- pour une compression :  s Cpol    s Cpol   (41)
Ps R Ts   1 Ts

dPs 1 Cp dTs 1  dTs


- pour une détente :       (42)
Ps s Tpol R Ts s Tpol   1 Ts

ce qui nécessite comme on le verra plus loin des calculs complexes par intégration, plus difficiles
d’accès sur les calculateurs temps réel.

L'expression des pertes internes est :

- pour une compression :   (1  s Cpol )  Cp  dTs (43)

 1 
- pour une détente :     1  Cp  dTs (44)
 s Tpol 

5.4 Calcul des compressions et des détentes réelles


Cas de la compression réelle
Pour un rendement isentropique, les formules suivantes sont utilisées pour calculer la température
et la pression à l’issue de la compression (rendement en valeur statique) :

H(Ts 2is ,  2 )  s Cis  H(Ts 2 ,  2 )  (1  s Cis )  H(Ts1 , 1 ) d'où Ts2is (45)

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 10  (Ts 2is ,  2 )   (Ts 1 , 1 ) 


Ps 2
d’où : (46)
Ps1

Compte tenu de la remarque faite au début du paragraphe 5.3 (comparaison entre les rendements en
valeur statique et totale), à savoir que seul le rendement en valeur totale sera considéré dans ce
cours, les deux équations précédentes s’écrivent alors sous la forme suivante :

H(T2is ,  2 )  Cis  H(T2 ,  2 )  (1  Cis )  H(T1 , 1 ) d'où T2is (47)

 10 (T2is ,  2 )   (T1 , 1 ) 


P2
d’où : (48)
P1

Pour un rendement polytropique (rendement en valeur statique), la pression est directement


calculée par intégration de l'équation (41) :

Ts
 Ps 2  2
dH(Ts, )

log10  
  s Cpol  
 Ps1  R  Ts
Ts 1

d’où :
Ps 2
 10
 (Ts 2 ,  2 )   (Ts1 , 1 ) s Cpol  (49)
Ps1

De même, le rendement en valeur totale étant considéré, l’équation précédente s’écrit sous la forme
suivante :

P2
 10
 (T2 ,  2 )   (T1 , 1 ) Cpol  (50)
P1

Cas de la détente réelle


Pour un rendement isentropique, les formules suivantes sont utilisées pour calculer la température
et la pression à l’issue de la détente (rendement en valeur statique) :

 1   1  
H(Ts 2is ,  2 )    H(Ts 2 ,  2 )  1    H(Ts1 , 1 ) d'où Ts2is (51)
 s Tis   s Tis  

la pression statique Ps2 étant déduite de la relation (46).

Le rendement en valeur totale étant considéré, l’équation précédente s’écrit sous la forme suivante :

 1   1  
H(T2is ,  2 )    H(T2 ,  2 )  1    H(T1 , 1 ) d'où T2is (52)
 Tis   Tis  

la pression totale P2 étant déduite de la relation (48).

Pour un rendement polytropique (rendement en valeur statique), la pression est directement


calculée par intégration de l'équation (42) :

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  (Ts 2 ,  2 )   (Ts 1 ,  1 ) 
Ts 2  
 Ps  1 dH(Ts, ) Ps 2  s Tpol 
log10  2     d’où :  10 (53)
 Ps1  s Tpol Ts1 R  Ts Ps1

soit pour un rendement en valeur totale :

  (T2 ,  2 )   (T1 ,  1 ) 
 
P2   Tpol 
 10 (54)
P1

Formules simplifiées en gaz parfaits


En considérant que Cp et  sont faiblement variables, les formules simplifiées suivantes peuvent être
utilisées, les rendements étant considérés en valeur totale :

- pour une compression avec rendement isentropique :

 C 1
P  C
T1   2   T1 C

 P1  P2  T  T1   C 1
Cis  d’où :  1  Cis  2  (55)
T2  T1 P1  T1 

- pour une compression avec rendement polytropique :

 C Cpol
P2  T2  (  C 1)
  (56)
P1  T1 

- pour une détente avec rendement isentropique :

 T 1
 P  T
T1   2   T1 T
1  P1  P2  1 T2  T1  T 1

 d’où :  1    (57)
Tis T2  T1 P1  Tis T1 

- pour une détente avec rendement polytropique :

T
P2  T2  (  T 1)Tpol
  (58)
P1  T1 

5.5 Comparaison des différents rendements


Comparaison entre rendements isentropique et polytropique
Ts Ts2  Ts1
Supposons que  soit suffisamment faible.
Ts1 Ts1

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Alors en reprenant les formules simplifiées (55) et (56), les rendements étant ici considérés en
valeur statique, on obtient pour une compression :

 C 1
s Cpol
 Ps 2  C  Ts   Ts 
   1   s Cis    1  
 Ps1   Ts 1   Ts 1 

et en utilisant un développement limité au second ordre :

  1  s Cpol   Ts 2  Ts1 
s Cis  s Cpol  1   
  Ts
 (59)
  2   1 

et par un raisonnement équivalent, on trouve pour les turbines :

1 1   1  s Tpol   Ts  Ts 
  1    2 1 
(60)
s Tis s Tpol   2  s Tpol   Ts1 
  
 

On constate les points suivants :


Ts
- si est très faible, les deux rendements sont équivalents,
Ts1

- lorsque Ts augmente le rendement isentropique est inférieur au rendement polytropique


pour une compression et supérieur pour une détente.

6 - THEOREME DES QUANTITES DE MOUVEMENT


En appliquant le théorème des quantités de mouvement à un écoulement permanent (voir figure 8),
la somme des efforts exercés par l'extérieur sur une surface de contrôle  fermée est égale au flux de
quantité de mouvement sortant de .

La quantité de mouvement sortant de l'élément de


surface dA est égale à ( V  D ) avec : 

D    ( V  n )  dA n

d
V
d'où le flux de quantité de mouvement sortant de 
:

   V  ( V  n)  dA
 Figure 8

Soit F l'effort exercé sur dA par le flux intérieur sur l'extérieur.

F comprend les forces de pression FP et les forces de viscosité FV, avec : FP  Ps  n  dA

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La somme des efforts exercés par l’extérieur sur  est égal à   F  dA .



Le théorème des quantités de mouvement s’écrit donc :




F  dA 


  V  ( V  n)  dA

d’où :


F  dA 


  V  ( V  n)  dA  0

D'où finalement en introduisant la fonction dynalpie Dyn, les forces de viscosité étant nulles:


 Dyn  dA   F  (  V  ( V  n))  dA   (Ps  n)  (  V  ( V  n))  dA (61)
  

nous arrivons au principe suivant, fort utile pour calculer la poussée : le flux de dynalpie sortant par
une surface de contrôle fermée est nul.

En aérodynamique monodimensionnelle, la dynalpie sera définie par les relations suivantes :

Dyn  A  ( Ps    V2 )  Ps  A  (1    M 2 )  ( D  V )  ( Ps  A ) (62)

7 - THERMODYNAMIQUE DES MELANGES DE GAZ REELS


Les mélanges gazeux que nous aurons à considérer sont de différentes natures, par exemple :

- mélange de deux gaz non viciés dans le cas, par exemple, d’un prélèvement d’air réalisé
dans le compresseur haute pression (HP) et réintroduit dans le flux d’air secondaire (by-
pass),

- mélange de deux gaz, l'un vicié et l'autre non, en sortie de la chambre de combustion. Les
gaz viciés issus de la combustion se mélangent à l’air pur prélevé dans le compresseur et
réintroduit au niveau de la turbine après avoir refroidi les aubes de turbine.

Les calculs de mélange (gaz 1 et 2 donnant un nouveau gaz T) ne sont valables que lorsqu’ils
sont réalisés à iso-section (A) et à iso-débit (D), soit :

- iso-section : AT = A1 + A2
- iso-débit d‘air : DaT = Da1 + Da2
- iso-débit de carburant : DcT = Dc1 + Dc2
- iso-débit de gaz : DT = D1 + D2

7.1 Enthalpie totale d'un mélange gazeux : calcul de la température totale du mélange
Le mélange de deux gaz 1 et 2 donne un nouveau gaz T dont l'enthalpie totale est définie à partir de
l'application du premier principe de la thermodynamique :

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- enthalpie totale du gaz 1 : D1 . H(T1, 1)

- enthalpie totale du gaz 2 : D2 . H(T2, 2)

- enthalpie totale du mélange T : DT . H(TT, T) = (D1 + D2) . H(TT, T)

avec :
(D1  H(T1 , 1 )) + (D 2  H(T2 ,  2 ))
H(TT ) = (63)
DT

Cette équation permet le calcul de la température totale TT d'un mélange gazeux en gaz réels.

Pour information, en gaz parfaits, l’équation devient :

(D1  Cp1  T1 ) + (D 2  Cp 2  T2 )
TT = (64)
DT  Cp T

7.2 Dynalpie d'un mélange gazeux : calcul de la pression totale du mélange


Considérons un mélange gazeux qui se passe de telle manière que les forces de pression sur la
surface extérieure au flux d'air soient toujours perpendiculaires au flux d'air.

On démontre qu'alors :

Dyn T = Dyn 1 + Dyn 2 (65)

Nous verrons plus loin que cette équation permet le calcul des pressions statiques et totales du
mélange gazeux.

7.3 Condition de Kutta


Cette condition impose d’avoir, à la confluence de deux flux, égalité des pressions statiques Ps de
part et d’autre de la tôle de confluence, soit :

Ps1 = Ps 2 (66)

Nota : la valeur de la pression statique du mélange PsT peut être proche de la valeur de la pression
statique amont (Ps1 = Ps2) mais n’est généralement pas égale à cette valeur sauf cas très particulier.

7.4 Entropie d'un mélange gazeux


Il n'y a pas de formule simple pour calculer l'entropie d'un mélange de gaz et contrairement à
l’enthalpie et à la dynalpie d’un mélange gazeux, il n'y a pas de conservation de l'entropie au
cours d'un mélange gazeux.

Nous verrons que cette propriété est fondamentale pour expliquer les irréversibilités de combustion.

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8 - MODELISATION DE LA COMBUSTION
La modélisation de la combustion résulte de l’analyse détaillée des équations chimiques et des
équilibres associés. Cette modélisation complexe sera détaillée dans le chapitre 8.

La modélisation simplifiée utilisée dans cette première partie du cours, est la suivante :

(énergie fossile x rendement de combustion) = variation de l’enthalpie du fluide

soit :
E F  Comb  HT2 ,  2  - HT1 ,  1  (67)

l’énergie fossile EF étant calculée à partir du Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) du carburant,
exprimé en Joule par kilogramme (J/kg) et de la richesse injectée  :

EF = PCI .  (68)

avec : . PCI = PCI0 - PCI

. PCI0 = 43054 .103 J/kg pour du carburant de type kérosène (JP-8 ou TR0 ou JET A),
injecté à une température carburant de 15°C (288 K),

. PCI =  461273  (1285  TC )  (115102


,  TC2 )  (1,75792  TC3 )

le PCI ne s’appliquant que lorsque la température du carburant injecté est différente de 288 K.

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ANNEXE 1

BIBLIOGRAPHIE

[1] Aérodynamique des turbomachines - Thermodynamique des cycles - Tome 1


Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace, édition 1974
J. DECOUFLET

[2] Initiation à la thermopropulsion


Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace, édition 1982
S. BOUDIGUES

[3] Dernières nouvelles du cosmos : vers la première seconde


Edition du seuil
H. REEVES

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