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Histoire et principes de la comptabilité

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Professeur : M.

GNICHI

LA NORMALISATION COMPTABLE
*****

1. ORIGINE ET EVOLUTION DE LA COMPTABILITE

Pour comprendre le système comptable actuellement en vigueur en France, et sa différence par


rapport à d'autres systèmes comptables, anglo-saxons notamment, il semble nécessaire de
développer deux thèmes importants :
1- La technique comptable, liée à l'activité économique, a une histoire. Ses concepts se sont formés
progressivement.
2- Pour répondre à la question "Quel est l'objectif de la comptabilité ?", il faut prendre en
considération le poids des cultures.

1.1. La technique comptable a une histoire

La comptabilité est une technique très ancienne, apparue dès qu'il y a eu activité humaine. Les
premiers rudiments apparaissent dès la préhistoire (stock de gibier abattu).
De l'Antiquité au Moyen Age, la comptabilité est l'instrument qui permet d'informer, de
communiquer et de justifier. Il faut "rendre compte" du stock d'or. Ainsi, le stock d'or en fin de
journée s'est accru des entrées ou recettes et a diminué des sorties ou dépenses.
D'où : STOCK DEBUT + RECETTES - DEPENSES = STOCK FIN
Ce système comptable relativement simple s'appelle système en PARTIE SIMPLE, que l'on
retrouve dans les comptabilités de trésorerie.
A partir du XIVème siècle, avec le développement des échanges commerciaux et de la pratique du
crédit, les paiements ne s'effectuaient plus au comptant en raison des distances.
Il fallait tenir compte des CREANCES et des DETTES concernant chaque partenaire. D'où
l'apparition des comptes de TIERS et le principe d'un double enregistrement d'un règlement : dans
un compte de TIERS et aussi dans un compte de TRESORERIE.
Cette méthode, généralisée au XVème siècle en Italie du Nord fut décrite sous le nom de PARTIE
DOUBLE et fut progressivement utilisée dans toute l'Europe.
Cette technique permettait d'effectuer des CONTROLES et entraina la création de nouveaux
comptes dont certains permettaient de refléter la composition du PATRIMOINE de l'entreprise et
d'autres d'exprimer les PROFITS et les PERTES réalisés.
Au XIXème siècle, apparaissaient les documents de synthèse : BILAN et compte de RESULTAT.
A cette époque, apparait une nouvelle préoccupation : le calcul des prix de revient, devenus
récemment coûts de revient.
A la fin de la seconde guerre mondiale, on assiste a une intervention croissante de l'Etat et des
banques dans l'activité économique qui se traduit par certaines obligations pour les entreprises en
matière comptable avec un souci de normalisation.

1.2. L’influence du poids des cultures sur le système d’information comptable

La comptabilité est une modélisation (représentation) de l'entreprise ou de l’entité.


Retenons le principe de deux conceptions :
- l'entreprise est l'affaire de ceux qui y investissent, les associés et les banquiers. La comptabilité
doit donc satisfaire leurs demandes d'informations.

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Professeur : M. GNICHI

- l'entreprise tient une place importante dans la nation en tant que créatrice de richesse et de
revenus. Son activité intéresse aussi l'Etat (la Comptabilité Nationale) pour sa politique
économique, le personnel de l'entreprise, les économistes, tous ses partenaires.
Les documents comptables vont montrer comment se forme la richesse créée, d'où la notion de
VALEUR AJOUTEE.
On sait que la somme des valeurs ajoutées donne le PRODUIT INTERIEUR BRUT (PIB).
On peut donc raccorder ainsi comptabilité d'entreprise et comptabilité nationale.
Par la suite, nous pourrons observer comment se répartit cette richesse sous forme de revenus
destinés aux différents acteurs.
Ainsi, cette VALEUR AJOUTEE se répartit entre :
- Le personnel : salaires, participation aux résultats,
- Les banques et prêteurs : intérêts,
- L'Etat et les collectivités territoriales : impôts et taxes,
- Les actionnaires : dividendes,
- L'entreprise : l'autofinancement.

2. LE DROIT COMPTABLE

2.1. Les sources du droit comptable

Elles sont très nombreuses :


• Le Plan Comptable Général de 1999 : arrêté ministériel du 22/06/99, modifié le 20/12/99,
le 17/01/01 et le 27/12/02.
• Le Code de Commerce :
o articles L123-12 à L123-28 « obligations comptables applicables à tous les
commerçants ».
o articles L232-1 à L232-23 « obligations comptables applicables aux sociétés
commerciales ».
o articles L241-3 à L247-1 « dispositions pénales».
• Les lois, arrêtés et décrets :
o du 24 juillet 1966 (sociétés) et décret 67-236 du 23 mars 1967.
o du 30 avril 1983 (« loi comptable ») et décret 83-1020 du 29 novembre 1983.
o du 1er mars 1984 et du 10 juin 1994 (prévention des difficultés des entreprises).
o arrêté du 24/12/04 paru au JO du 01/01/05.
• Les avis du Conseil National de la Comptabilité et les règles édictées par le Comité de
Réglementation Comptable.
• Les directives et règlements européens : harmonisation des techniques et principes
comptables (quatrième et septième directives).
• Les normes internationales de l'International Accouting Standards Board (IASB) en
matière d’information financière, applicables pour les comptes consolidés des sociétés
cotées à partir du 01/01/2005.
• Les usages commerciaux, la jurisprudence, les sources d’origine doctrinales : avis,
instructions du CNC, de l’AMF, de la CNCC, de l’OEC, …
• Les Lois de Finances successives votées par le Parlement.
• Le Code Général des Impôts : terminologie, imprimés fiscaux, règles d'évaluation, règles
fiscales.

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2.2. Les principes comptables

2.2.1. Continuité de l'exploitation de l'entreprise

Le Code de Commerce dans l’article L123-20 définit ce principe de la façon suivante « Pour
l’établissement des comptes annuels, le commerçant, personne physique ou morale est présumé
poursuivre ses activités ».
A la fin de chaque exercice comptable, on ne doit pas se placer comme si l’entreprise était en
liquidation mais toujours en poursuite d’activité.

2.2.2. Spécialisation des exercices comptables

L’information comptable est destinée à différents utilisateurs. La vie des entreprises est découpée en
période d’une durée de 1 an ou 12 mois (exercice comptable) sauf dans certains cas particuliers
(création, cessation d’activité, …).
L’inventaire doit être fait chaque année et les associés ou actionnaires doivent se réunir chaque
année en Assemblée Générale pour approuver les comptes annuels.

2.2.3. Autonomie ou indépendance ou spécialisation ou séparation des exercices

Le découpage de l’activité d’une entreprise en périodes comptables et à la détermination d’un


résultat global annuel entraîne l’application de ces principes.
Ils précisent que les charges et les produits sont à rattacher à chaque exercice comptable concerné
effectivement. Ce rattachement est effectué en pratique par l’intermédiaire des comptes de
régularisations.

2.2.4. Nominalisme ou coûts historiques

Il s’agit de respecter la valeur nominale de la monnaie sans tenir compte des variations de son
pouvoir d’achat. Ainsi, les biens acquis ou produits figurent au bilan de l’entreprise pour leur valeur
d’origine soit leur coût d'acquisition ou leur coût de production.
Ce principe de base en droit comptable français est critiqué compte tenu de certaines périodes
inflationnistes et n’existe pas dans certains pays.
L’IASB préconise le concept de « juste valeur » ou « fair value ».

2.2.5. Prudence

La prudence se définit comme l’appréciation raisonnable des faits.


Il oblige la constatation des amortissements, dépréciations et provisions même en l’absence ou
l’insuffisance de bénéfices.
Il interdit la comptabilisation des plus-values latentes.

2.2.6. Image fidèle, régularité et sincérité

« A l’effet de présenter des états reflétant une image fidèle de la situation financière de l’entreprise
et des opérations de l’entreprise la comptabilité doit satisfaire, dans le respect de la règle de
prudence, aux obligations de régularité et de sincérité. ».
Les comptes doivent être présentés en conformité aux règles en vigueur et avec bonne foi afin de
donner une image aussi objective que possible de la réalité de l’entreprise.

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2.2.7. Fixité et permanence des méthodes

Le Code de Commerce le définit ainsi : « A moins qu’un changement exceptionnel n’intervienne


dans la situation du commerçant, personne physique ou morale, la présentation des comptes annuels
comme les méthodes d’évaluation retenues ne peuvent être modifiées d’un exercice à l’autre.
Si des modifications interviennent elles sont décrites et justifiées dans l’annexe.
Ceci est justifié par un souci de cohérence des informations comptables relatives à différents
exercices à des fins de comparabilité. Il s’applique aux méthodes d’évaluation et aux méthodes de
présentation des comptes.

2.2.8. Importance relative

Il s’agit de la possibilité de regrouper dans le bilan certains comptes et postes non significatifs.

2.2.9. Non-compensation

Selon l’article 130-2- du PCG, « les éléments d'actif et les éléments de passif sont évalués
séparément.
Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes d’actif et de passif du bilan.
Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes de charges et de produits du compte de
résultat. »

2.2.10. Bonne information

Ce principe répond à l’idée de « sincérité objective » de l’information fournie aux utilisateurs qui
doit être loyale, claire, précise et complète.

2.2.11. Intangibilité du bilan d’ouverture

« Le bilan d’ouverture d’un exercice doit correspondre au bilan de clôture de l’exercice précédent »
Le bilan de clôture ne peut pas être modifié : tout fait postérieur à la clôture ou toute erreur devront
être imputés à l’exercice en cours dans un compte de résultat exceptionnel.

2.2.12. Prééminence du fonds sur la forme ou de la réalité sur l’apparence

La réalité financière doit être privilégiée à la règle juridique. La convergence des normes françaises
vers les normes internationales va conduire à l’application de ce principe.

2.3. La preuve en comptabilité

Toute opération enregistrée en comptabilité doit être justifiée par un document de base (facture,
quittance, chèque, effet de commerce, ...) ou « sur un support assurant la fiabilité, la conservation et
la restitution en clair de son contenu ». Cette pièce justificative sert de preuve de l’opération.
La tenue de certains livres comptables constitue une obligation légale et doit répondre à des normes
de forme quant à leur présentation. L'objectif est d'assurer l'irréversibilité des enregistrements
(manuscrits ou magnétiques) afin que la comptabilité puisse servir de preuve en cas de litige, devant
les tribunaux.
Le caractère définitif des enregistrements comptables doit être assuré par une procédure de
validation interdisant toute modification ou suppression.
La durée de conservation des documents commerciaux et comptables est de 10 ans.

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2.4. Liaison droit comptable et droit fiscal

Le droit fiscal français exercice une influence importante sur la tenue de la comptabilité (comptes
spécifiques, règles d'évaluation, ...). L'entreprise joue un rôle de collecteur en matière de TVA et
peut bénéficier par ailleurs de certains avantages fiscaux.
La présentation des documents de synthèse est différente suivant :
• la loi comptable qui admet une présentation en tableaux ou en liste
• la loi fiscale qui exige la présentation en liste.

2.5. Champ d’application de la comptabilité

Le Plan Comptable Général s'applique :


• à toutes les entreprises individuelles industrielles et commerciales,
• aux sociétés civiles ou commerciales,
• aux établissements publics locaux,
• aux collectivités territoriales (communes, départements, régions),
• aux associations, aux comités d’entreprises,
• aux entreprises du secteur agricole,
• aux banques et établissements de crédit,
• aux entreprises d’assurances,
• aux établissements publics et privés de santé,
• aux professions libérales,
• …

2.6. Objectifs de la comptabilité

2.6.1. Information interne et externe

La finalité essentielle de la comptabilité est de fournir une information interne et externe à


l'entreprise.
Ainsi, le système d'information comptable collecte, traite, conserve, diffuse des informations
destinées selon leur nature :
• à l'intérieur de l'entreprise :
o au chef d’entreprise,
o aux dirigeants d’entreprise,
o aux cadres et gestionnaires,
o au personnel et à ses représentants.
• à l'extérieur de l'entreprise :
o à l'Etat et à l'administration fiscale,
o aux banquiers et aux organismes de crédit,
o aux associés et/ou aux actionnaires,
o aux fournisseurs,
o aux clients,
o aux organismes professionnels,
o aux collectivités territoriales, …
L'information comptable est quantifiée en unité monétaire européenne (Euro : €) depuis le 1er
janvier 2002. Elle porte sur le patrimoine de l’entité et sur les activités qu’elle réalise.
La tenue d’une comptabilité est une obligation juridique en matière commerciale. C'est un moyen
de preuve des activités réalisées. Elle répond à une obligation fiscale.

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Toute infraction, omission, dissimulation, constitue un délit répréhensible et conduisant à des peines
d'amendes et d’emprisonnement selon la gravité.

2.6.2. Outil de gestion et de contrôle

C'est un outil de gestion indispensable à la prise de décision. Elle permet :


• de comparer les performances des entreprises,
• et d’effectuer des prévisions pour l’avenir.
C'est un instrument de contrôle de l'efficacité de la gestion.

2.6.3. Rôle d'analyse et de diffusion

Elle a certes, un rôle de collecte et de traitement des informations mais aussi un rôle d'analyse et de
diffusion.
Au sein du système d'information comptable il est possible de distinguer selon la taille de
l'entreprise :
• la comptabilité financière à finalité économique, juridique et patrimoniale dotée d’un
caractère règlementaire et obligatoire permet l’établissement des états financiers,
• la comptabilité analytique ou comptabilité de gestion, chargée du calcul et de l’analyse des
coûts de revient et ayant une finalité économique, facultative et non réglementée,
• la gestion prévisionnelle chargée d'élaborer les plans de financement, les budgets et de les
rapprocher des réalisations,
• le contrôle de gestion chargé d’apprécier les résultats réels obtenus par rapport aux objectifs
précédemment définis et de faire apparaître des écarts,
• la comptabilité des sociétés et des groupes,
• la gestion financière ou analyse financière dont le rôle est d’analyser les états financiers et
les documents de synthèse et de proposer des solutions pour améliorer les performances de
l’entreprise.
Des comptabilités spéciales adaptées aux différents secteurs d'activités sont tenues selon des plans
comptables professionnels.
Depuis la mise en place du Plan Comptable Général, les principes généraux et les modalités
techniques sont identiques dans les organismes privés comme dans les organismes publics.

3. LA NORMALISATION COMPTABLE EN FRANCE

L'expérience française de normalisation comptable a anticipé l'évolution des systèmes


d'organisation et de contrôle qui gouvernent les échanges de flux entre les entités, quel que soit leur
statut, leur taille ou leur implantation géographique.
Elle a imposé à tous les agents concernés des règles communes.

3.1. Une politique de normalisation comptable

En 1945, avec la remise en ordre économique, la comptabilité est apparue en tant qu'instrument de
mesure, bien adaptée aux circonstances.
L'objectif essentiel de la politique de normalisation comptable de cette époque consistait à décrire la
réalité économique, sociale et financière de l'entreprise en distinguant trois éléments d'analyse : la
production, la distribution et le financement.

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Les différentes directives européennes ont permis d’harmoniser les comptabilités financières des
entreprises des Etats de l’Union Européenne.
Désormais, les comptabilités financières répondent aux obligations règlementaires, aux normes
comptables internationales et à leur interprétation dans le cadre d’un référentiel comptable.

3.2. Le Conseil National de la Comptabilité (CNC) jusqu’en 2009

La création de cette structure institutionnelle remonte à 1946. Placé sous l’autorité du Ministère de
l’Economie et des Finances, il a été réorganisé par les décrets du 26 août 1996.
C’est un organe consultatif comprenant 58 membres : experts comptables, commissaires aux
comptes, directeurs de comptabilités, représentants des entreprises, des chambres de commerce et
d’industrie, des syndicats de salariés, …
Constitué de membres représentatifs de tous les secteurs de l'économie, publics et privés regroupés
en sections spécialisées, le C N C :
• participe à l’élaboration des normes comptables nationales et communautaires,
• formule des avis préalables sur des projets de dispositions comptables,
• mène des études,
• formule des recommandations, des "règles de bonne conduite",
• joue un rôle de coordination, de synthèse et d'information.
Le CNC a été intégré en 2010 au sein de l’Autorité des Normes Comptables (ANC).

3.3. Le Comité de la Règlementation Comptable (CRC) jusqu’en 2009

Créé par la loi du 6 avril 1998, le CRC est doté d’un pouvoir réglementaire.
Au vu des recommandations ou avis du CNC, il établit les prescriptions comptables générales et
sectorielles qui seront publiées au Journal officiel.
Il est composé de 15 membres dont des représentants des pouvoirs publics et des membres du
CNC : Ministre de l’Economie et des Finances, Garde des Sceaux, Ministre du Budget, membres du
Conseil d’Etat, de la Cour des Comptes, de la Cour de cassation, de représentants des organismes
professionnels de la comptabilité.
Le CRC a été intégré en 2010 au sein de l’Autorité des Normes Comptables (ANC).

3.4. L'Autorité des Normes Comptables (ANC)

Site : [Link]

3.4.1. Missions

« Créée par l’ordonnance n° 2009-79 du 22 janvier 2009 et le décret d’application du 15 janvier


2010, l'Autorité des Normes Comptables (ANC) exerce les missions suivantes :
Elle établit sous forme de règlements les prescriptions comptables générales et sectorielles que
doivent respecter les personnes physiques ou morales soumises à l'obligation légale d'établir des
documents comptables conformes aux normes de la comptabilité privée ;
Elle donne un avis sur toute disposition législative ou réglementaire contenant des mesures de
nature comptable applicables aux personnes visées au 1°, élaborée par les autorités nationales ;
Elle émet, de sa propre initiative ou à la demande du ministre chargé de l'économie, des avis et
prises de position dans le cadre de la procédure d'élaboration des normes comptables
internationales ;

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Elle veille à la coordination et à la synthèse des travaux théoriques et méthodologiques conduits en


matière comptable ; elle propose toute mesure dans ces domaines, notamment sous forme d'études
et de recommandations. »
L’ANC collabore également au processus d’élaboration des normes relatives aux comptes publics
dans le cadre du Conseil de Normalisation des Comptes Publics.
Elle se substitue, par mesure de simplification du dispositif aux deux organismes existants (CNC et
CRC) et vise à doter la France d’une institution capable de mobiliser l’ensemble des compétences
françaises pour peser dans les débats internationaux relatifs aux normes comptables internationales.

3.4.2. Instances

Le directeur général est nommé par arrêté du ministre chargé de l’Economie, des Finances et de
l’Industrie après avis du président de l’ANC.
1°) Le collège : les 16 membres du collège représentent certaines institutions telles que le Conseil
d’Etat, la Cour des Comptes, la Cour de cassation, l’Autorité des Marchés Financiers ou sont
nommés en raison de leurs compétences économiques et comptables.
2°) Le comité consultatif : il comprend 25 membres nommés en raison de leurs compétences par
arrêté du ministre chargé de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
3°) La commission des normes comptables internationales : elle comprend 9 membres désignés par
le collège.
4°) La commission des normes comptables privées : elle comprend 9 membres désignés par le
collège :
5°) Les groupes de travail.

3.4.3. Communication

Les outils au service de la communication de l’ANC sont :


• les règlements, avis, recommandations, prises de position,
• le compte rendu des séances,
• le procès verbal de séance du comité consultatif,
• le point des travaux des commissions spécialisées.

3.4.4. Mandats

La durée des mandats :


• Collège : 3 ans renouvelables,
• Comité consultatif : 3 ans renouvelables.

3.4.5. Objectifs pour les PME

Les objectifs pour les PME sont les suivants :


• Poursuivre l’actualisation du référentiel français,
• Promouvoir au niveau européen un projet de modernisation du référentiel européen :
o pour les PME non cotées : préserver le modèle européen, moderniser les textes sans
introduire les IFRS,
o pour les micro-entreprises : tenue d’une comptabilité « super-simplifiée »,
o pour les PME cotées : obligations comptables allégées,
o Flexibilité de passage entre référentiel international et national.

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3.4.6. Obligations et options comptables en France

Rappels des obligations et options comptables en France

Sociétés Comptes sociaux Comptes consolidés


Sociétés de capitaux non cotées Normes françaises ou normes
Normes françaises obligatoires
ou autres structures IFRS sur option
Sociétés de capitaux non cotées
ou sociétés dont les seuls titres
de créance sont admis aux Normes françaises obligatoires Normes IFRS obligatoires
négociations sur un marché
Réglementé.

3.4.7. Etats financiers des micro-entreprises

Ces états financiers permettent aux « micro-entreprises » d’avoir une vision sur leur activité et leur
patrimoine et de répondre aux besoins d’information internes et externes, tout en diminuant les
coûts administratifs liés à leur élaboration.

Bilan au .. / .. /..
Amort. Net Montants
ACTIF Brut PASSIF
Dépréc. N N
Actif immobilisé Capitaux propres
Stocks et en-cours Dont capital social
Créances clients et autres Provisions pour risques et
créances charges
Disponibilités et VMP Dettes financières
Fournisseurs et autres
dettes
TOTAL GENERAL TOTAL GENERAL

Compte ou Tableau de résultat de l’exercice au .. / .. / ..


CHARGES HT Montants PRODUITS HT Montants
Achats consommés Chiffre d’affaires
Charges de personnel
Dotations aux amortissements, Reprises sur amortissements,
dépréciations et provisions dépréciations et provisions
Autres charges Autres produits
Impôts sur les bénéfices
Bénéfice Perte
Total Total

Annexe / opérations hors bilan (crédit-bail, garanties, …)


Nature de l’engagement Montant de l’engagement à la clôture
Contrat(s) de crédit-bail
Sûretés reçues
Sûretés données
Effets Escomptés Non Echus

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3.5. Le Plan Comptable Général (PCG)

Apparu en 1947, il a été révisé en 1957.


Le Plan Comptable Général actuel résulte d’un arrêté du 27 avril 1982 et rendu obligatoire pour
toutes les entreprises depuis le 1er janvier 1984. Il a été modifié par un arrêté du 9 décembre 1986.
Cette deuxième révision tient compte :
• de la mise en conformité des techniques aux directives de la Communauté Européenne,
• de l'évolution du rôle de la comptabilité dans la gestion des entreprises,
• des nouveaux moyens de traitement de l'information.
Des adaptations de ce Plan Comptable Général ont été progressivement réalisées dans différents
secteurs d'activité : agriculture, hôtellerie, banques, assurances, mutuelles, ... qui disposent d'un plan
comptable professionnel spécialisé.
Par arrêté ministériel du 22 juin 1999, le Plan Comptable général a été restructuré, actualisé et
codifié à plusieurs reprises. Ces modifications témoignent d’une volonté de réaliser un droit
comptable cohérent et évolutif.
Le Plan Comptable Général a été modifié par le règlement du CRC n° 2004-06 du 23 novembre
2004 et l’arrêté du 24 décembre 2004 publié au Journal Officiel du 1er janvier 2005.

3.6. Les organismes professionnels en France

3.6.1. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF)

Créée dans le cadre de la loi de sécurité financière du 01/08/2003, elle remplace la Commission des
Opérations de Bourse. Ses missions sont les suivantes :
• protéger l’épargne investie en produits financiers à savoir la protection des épargnants,
• veiller au bon fonctionnement des marchés financiers,
• contrôler le respect des obligations professionnelles et sanctionner les manquements, …

3.6.2. L’Ordre des Experts Comptables (OEC)

Il précise à destination de ses membres, les principes comptables à respecter.


L’OEC est ainsi structuré : Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables (CSOEC), Les 22
Conseils Régionaux de l’Ordre des Experts Comptables (CROEC),
Il fixe les règles d'application de ces principes et diffuse auprès de ses membres des
recommandations.
L’Expert-Comptable est responsable de la tenue de la comptabilité de l’entité et de la production
des états financiers dans le respect de normes strictes garantissant la qualité des travaux.
Sa devise : « Science – Conscience – Indépendance ».
Ses missions :
• produire, analyser attester les comptes annuels des entités,
• informatisation de l’entreprise,
• gestion : projets d’investissements, rentabilité, financement,
• législation : social, fiscale, commerciale,
• conseils.
Site : [Link]

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3.6.3. La Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC)

Elle formule auprès de ses membres, des recommandations et des conseils en matière de
vérification de la régularité, de la sincérité et du respect du principe de l'image fidèle des comptes.
Le Commissaire aux Comptes est chargé de contrôler la tenue des comptes effectuée par l’Expert
Comptable. Les deux missions sont distinctes et incompatibles pour la même entité. Sa mission est
de conduire un audit légal des comptes afin de certifier la fiabilité et la transparence des
informations comptables.
La profession est organisée au niveau des régions.

3.6.4. Le Haut Conseil du Commissariat aux Comptes (H3C)

Il est chargé de la surveillance de la profession de Commissaires aux Comptes.


Il est placé sous la tutelle du ministère de la justice.

3.7. Les formations et diplômes de la comptabilité et de la gestion

• Brevet d’Etudes Professionnelles « Métiers de la Comptabilité »,


• Baccalauréat Professionnel Bureautique (BP) option Comptabilité,
• Baccalauréat Sciences et Technologies de Gestion (STG) option Comptabilité et Finance
d’Entreprise (CFE),
• Brevet de Technicien Supérieur Comptabilité et Gestion des Organisations (BTS CGO) –
niveau Bac + 2-,
• Diplôme Universitaire de Technologie Gestion des Entreprises et des Administrations (DUT
GEA : option Petites et Moyennes Organisations (PMO), Finances Comptabilité (FC) et
Ressources Humaines (RH)- niveau Bac + 2-
• Licence en Sciences de Gestion et Licence d’Economie et Gestion – Option Finance
Comptabilité ou Gestion - niveau Bac + 3,
• Licences Professionnelles (LP) « Métiers de la gestion », « Finance-Comptabilité »,
« Gestion de trésorerie », « Banque, finance, assurance », … - niveau Bac + 3-,
• Diplôme de Comptabilité et gestion (DCG) - Bac + 3- 14 épreuves avec des dispenses selon
les options de DUT,
• Diplôme Supérieur de Comptabilité et Gestion (DSCG) - niveau Bac + 5 – 8 épreuves -,
• Master Professionnel en Sciences de Gestion (MSG)- niveau Bac + 5 –,
• Master Professionnel Sciences et Techniques Comptables et Financières (MSTCF) ou
Master « Comptabilité, Contrôle, Audit » (CCAS) Spécialités « Expertise comptable »,
« Audit comptable et financier», « Contrôle de gestion », … - niveau Bac + 5 –,
• Master Professionnel d’Institut Universitaire Professionnalisé « Management et Gestion des
entreprises » - Bac + 5,
• Doctorat de Gestion – niveau Bac + 8 –,
• Diplôme d’Expert-Comptable (DEC) – niveau Bac + 8 – 3 épreuves -,
Certains diplômes peuvent être obtenus par différentes voies de formation :
• formation initiale en lycée et/ou à l’université,
• formation continue,
• alternance ou apprentissage,
• Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), …
Il existe de très nombreuses possibilités d’équivalence entre les différents diplômes de la
comptabilité et de la gestion.

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3.8. Les métiers de la comptabilité et de la gestion

3.8.1. Secteurs et domaines d’activités

Les métiers peuvent être exercés dans de très nombreux secteurs d’activités : cabinets d’expertise
comptable, centres de gestion (Chambres des métiers, Centre de Gestion Agricole, Chambres de
Commerce et d’Industrie, …), services comptables et financiers d’entreprises commerciales,
entreprises industrielles, prestataires de services, banques, assurances, enseignement technique,
enseignement professionnel, collectivités territoriales, associations, établissements et services
publics : hôpitaux, …
Certains métiers peuvent être exercés en qualité de salariés ou en qualité de professions libérales.
Les domaines d’activités sont nombreux et variés : comptabilité financière, comptabilité de
gestion, gestion budgétaire, gestion comptable, gestion fiscale, gestion sociale, gestion
commerciale, gestion financière, contrôle de gestion, formation aux métiers de la gestion, banques,
assurances, …

3.8.2. Niveaux de formation

Les différents niveaux de formation se situent par référence au baccalauréat :


• bac,
• bac+1,
• bac+2,
• bac+3 (Licence),
• bac+4,
• bac+5 (Master),
• bac +8 (Doctorat).

3.8.3. Modalités de recrutement

Les modalités de recrutement divergent selon les métiers, en pratique, le plus souvent :
• dossiers de candidature (lettre de motivation, curriculum vitae, …),
• tests (psychotechniques, culture générale, tests professionnels,…),
• entretiens,
• concours (accès à la fonction publique),
• suite à un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation,
• à l’issue de stages en milieu professionnel,
• suite à un Contrat à Durée Déterminée,
• après période d’essai ou intérim,
• Contrat à Durée Indéterminée,
• expérience professionnelle acquise, mobilité géographique, …

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3.8.4. Exemples de métiers

Liste non exhaustive, selon compétences et expériences validées ou concours


Niveau Bac Niveau L (bac + 3)
• Employé administratif • Chef de groupe
• Assistant(e) de comptabilité • Collaborateur comptable
• Secrétaire comptable • Professeur certifié d’Economie et
• … Gestion
• Contrôleur des impôts
• Contrôleur du Trésor
• Conseiller en gestion
• Responsable « paye »
• Conseiller fiscal
• Conseiller financier
• Conseiller en assurance
• Conseiller de clientèle
• …
Niveau M (bac + 5) Niveau D (bac + 8)
• Directeur de service comptable • Expert comptable (dont 3 ans de stage)
• Chef comptable • Commissaire aux Comptes (dont 3 ans
• Directeur financier de stage)
• Contrôleur de gestion • Notaire (dont 3 ans de stage)
• Gestionnaire de trésorerie • Maître de Conférence
• Auditeur • Professeur d’Université
• Analyste financier • …
• Professeur agrégé d’Economie et
Gestion
• Inspecteur des impôts
• Cadre bancaire
• …

3.9. Bibliographie professionnelle

Cette bibliographie est disponible au Service Commun de Documentation. Voici quelques


références :
Groupe Revue Fiduciaire Editions Lefèbvre Editions spécialisées
• Revue Fiduciaire • Mémento Pratique • Dunod
Comptable Lefèbvre Comptable • Foucher
• Revue Fiduciaire Fiscale • Mémento Pratique • Nathan
• Revue Fiduciaire Sociale Lefèbvre Fiscal • Eska
• Revue Fiduciaire Paye • Mémento Pratique • Hachette Technique
• … Lefèbvre Social • Corroy
• Mémento Pratique
Lefèbvre Sociétés
Commerciales
• Editions Dalloz
• Lamy
• Code de Commerce
• Code des Sociétés
• Code Général des Impôts
• …

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3.10. Traitements des comptabilités et transmission des données

• Logiciels d’application utilisés en comptabilité et gestion (gestion commerciale et stocks,


comptabilité, gestion des immobilisations, paye, …) : CIEL, SAGE, COALA, CCMX
EXPERT, WINNER, EBP, CEGID, UNIVERS, … (une centaine de logiciels sur le
marché).
• Evolution vers des solutions informatiques intégrant la production et la gestion du cabinet
d’expertise comptable.
• Utilisation progressive de Progiciel de Gestion Intégré.
• Transmissions des données : télétransmission avec INTERNET dans le cadre :
o des Echanges de Données Informatisées (EDI),
o et le TRANSFERT DES DONNEES FISCALES COMPTABLES ET SOCIALES
(TDFCS) à partir des postes informatiques des entreprises et des cabinets d’expertise
(télé déclaration pour la TVA, les impôts, liasse fiscale, les charges sociales,
imprimés administratifs, …) avec dématérialisation progressive.

4. LES NORMES INTERNATIONALES

L’information financière évolue vers un langage commun international, d’où l’apparition de normes
internationales destinées à en améliorer la fiabilité, le contrôle, la sécurité, la transparence.

4.1. International Accounting Standards Board (IASB)

Cet organisme privé à but non lucratif, international, non gouvernemental fondé en 1973 a pour
objectif d’établir et de publier une normalisation des règlements et des procédures comptables pour
l'ensemble des pays.
Les membres de l’IASB représentent 120 organismes d’une centaine de pays : représentants de la
Banque Mondiale, des fédérations de banquiers, de professionnels de la comptabilité, de juristes, de
syndicats, de chambres de commerce, des bourses, …
Son rôle est grandissant dans la définition de normes comptables au niveau mondial.

4.2. International Financial Reporting Standards (IFRS) ou Normes Internationales


d’Information Financière (NIIF)

Pour les exercices comptables ouverts à partir du 01/01/2005, ces nouvelles normes comptables
internationales concernent essentiellement les grandes sociétés multinationales cotées en bourse.
Elles doivent être appliquées, avec des nuances selon la taille des entreprises, dans les Etats
membres qui restent cependant maîtres de leur fiscalité.
Ces normes sont :
• reconnues par l’ensemble de la communauté internationale comptable : bourses, producteurs
de comptabilités, analystes financiers, organismes professionnels, …
• réactualisées en permanence selon le contexte économique,
• mises au service d’un objectif de comparabilité des comptes.
Proposé par la Commission Européenne, amendé par le Conseil des ministres des finances
européens, le règlement rendant obligatoires ces normes, a été adopté par le Parlement Européen
puis le Conseil de l’Union Européenne et publié au Journal Officiel de la Communauté
Européenne.

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Professeur : M. GNICHI

4.3. Application en France

Les normes internationales concernent les éléments actifs du bilan et vont entraîner des
changements en particulier pour l’évaluation des immobilisations lors de leur entrée dans le
patrimoine de l’entreprise, leur dépréciation, leur amortissement, …
Elles vont concerner tout d’abord les sociétés multinationales dans le cadre des consolidations et
progressivement toutes les entreprises.
Ces différents points seront abordés progressivement lors de l’étude des activités courantes réalisées
par les entreprises puis lors des travaux comptables de fin d’exercice.

5. LES ORGANISMES COMPTABLES INTERNATIONAUX

5.1. International Accounting Standards Committee Foundation (IASCF)

Cette fondation est une entité à but non lucratif, indépendante et d’envergure internationale.
Sa mission est de développer et d’adopter des normes comptables internationales.
Elle inclut :
• un Conseil (le Board) de 14 membres chargés de préparer et de voter les nouvelles normes
comptables internationales. Il s’agit donc de l’IASB : International Accounting Standards
Board .
• des administrateurs (trustees), au nombre de 19.
• l’International Financial Reporting Interprétations Committe (IFRIC) composé de 12
membres a pour rôles de commenter, d’interpréter, de normaliser l’application des normes
comptables.
• le Standards Advisory Council (SAC) : comité consultatif de normalisation d’une trentaine de
membres il joue le rôle de conseiller du Board. Il émet des points de vue d’organismes
professionnels.

5.2. Accounting Regulatory Committee (ARC) ou Conseil Européen de Règlementation


Comptable (CERC)

Au sein de la Commission Européenne, c’est le conseil de surveillance qui valide les normes sur le
plan juridique.
Il homologue et publie les normes au Journal Officiel de l’Union Européenne.

5.3. Européan Financial Reporting Advisory Group (EFRAG)

Sa mission consiste à analyser et commenter les projets de nouvelles normes.


Il comprend un conseil de surveillance (24 membres) et un comité technique (11 membres).

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