ACTES D'ETAT CIVIL
TITRE I :
LES ACTES DE MARIAGE
Quelles sont les mentions qui doivent obligatoirement figurer sur un acte
de mariage ?
L’acte de mariage énonce :
les prénoms, noms, professions, âges, dates et lieux de naissance,
domiciles, et résidences des époux,
les prénoms, noms, professions et domiciles des pères et mères,
les consentements ou autorisations donnés en cas de minorité de l’un ou
des deux (2) époux,
les prénoms et nom du précédent conjoint des époux,
la déclaration des contractants de se prendre pour époux et le prononcé
de leur union par l’Officier de l’état civil,
les prénoms, noms, professions, domiciles des témoins et leur qualité de
majeurs,
l’option éventuellement faite par les époux en faveur du régime de la
séparation de biens sur l’interpellation de l’Officier de l’état civil
Article 70 de la loi n° 83-799 du 2 août 1983, portant modification des lois n° 64-
373, n° 64-374 et n° 64-377 du 7 octobre 1964 relatives au nom, à l’état civil, à
la paternité et à la filiation
L’extrait d’acte de naissance d’un époux doit-il mentionner le nom de son
conjoint ?
Oui.
Il est fait mention de la célébration du mariage et du nom du conjoint en marge
de l’acte de naissance de chacun des époux.
Article 70 de la loi n° 83-799 du 2 août 1983, portant modification des lois n° 64-
373, n° 64-374 et n° 64-377 du 7 octobre 1964 relatives au nom, à l’état civil, à
la paternité et à la filiation
L’Officier de l’état civil a-t-il le droit d’effectuer un contrôle avant de
célébrer un mariage ?
Oui.
Avant de procéder à la célébration du mariage, l’officier de l’état civil s’assure
que les conditions de forme et de fond exigées par la loi sont remplies.
S’il constate qu’elles ne le sont pas, il refuse de célébrer le mariage.
Article 71 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Que fait l’Officier de l’état civil lorsqu’une opposition intervient ?
En cas d’opposition au mariage, l’Officier de l’état civil en dresse acte sur le
registre des mariages et renvoie les Parties à se pourvoir devant le Tribunal
compétent.
Il ne peut en aucun cas être supplée par jugement de l’absence d’acte de
mariage, hormis les cas de reconstitution des registres de l’état civil.
Articles 72, 73 et 87 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
TITRE II :
LE NOM PATRONYMIQUE
Le port des nom et prénoms est-il une obligation ?
Oui.
Toute personne doit avoir un nom patronymique et un ou plusieurs prénoms.
Nul ne peut porter de nom ni de prénoms autres que ceux exprimés dans son
acte de naissance.
Articles 1 et 78 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Est-il possible de changer son nom ?
Oui en principe.
Cependant, la personne qui sollicite changer ses nom et prénoms devra justifier
d'un intérêt légitime.
Elle devra s’adresser au Tribunal de Première Instance ou de la section de
Tribunal, afin d’obtenir la modification de son ou ses prénoms ou l’adjonction de
nouveaux prénoms à ceux mentionnés sur son acte de naissance.
Si la demande concerne un mineur, l'action est engagée par son représentant
légal.
Article 11 de la loi n° 83-799 du 2 août 1983, portant modification des lois n° 64-
373, n° 64-374 et
Quel nom prend l'enfant qui vient de naître ?
Il existe deux (2) cas :
l'enfant né dans le mariage. Cet enfant porte le nom de son père mais
en cas de désaveu, il prend le nom de la mère,
l'enfant né hors mariage. Cet enfant porte le nom de celui de ses
parents à l'égard duquel sa filiation est établie :
o lorsque celle-ci est établie simultanément à l'égard des deux (2)
parents, il prend le nom du père,
o lorsque la filiation est établie en second lieu à l'égard du père, le
nom du père est ajouté au nom de la mère. Néanmoins, en ce cas,
sur consentement de la mère, donné oralement lors de la
déclaration de reconnaissance faite par le père ou consentement
donné séparément devant un Notaire ou un Officier de l'état civil,
l'enfant prend soit le nom du père soit le nom du père auquel est
ajouté le nom de la mère.
Articles 2 et 3 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Article 3 de la loi n° 83-799 du 2 août 1983, portant modification des lois n° 64-
373, n° 64-374 et n° 64-377 du 7 octobre 1964 relatives au nom, à l’état civil, à
la paternité et à la filiation
Article 23 de la loi n° 64-377 du 7 octobre 1964 relative à la paternité et à la
filiation, modifiée par la loi n° 83-799 du 2 août 1983
Quel nom prend l'enfant adopté ?
La forme d’adoption choisie détermine le nom que prendra l’enfant :
l’adoption simple. L’adoption simple confère le nom de l’adoptant à
l’adopté en l’ajoutant au nom propre de ce dernier. En cas d’adoption par
deux (2) époux, l’adopté ajoute à son nom celui du mari.
Si l’adoptant est une femme mariée, le Tribunal peut, dans le jugement
d’adoption, décider du consentement du mari de l’adoptante, que le nom
de ce dernier soit conféré à l’adopté qui l’ajoutera au sien.
Dans les cas visés ci-dessus, le Tribunal peut décider que l’adopté âgé de
moins de seize (16) ans prendra le nom de l’adoptant. Si l’adoptant et
l’adopté ont le même nom patronymique, aucune modification n’est
apportée au nom de l’adopté. A la demande du ou des adoptants, le
Tribunal peut modifier les prénoms de l’adopté âgé de moins de seize (16)
ans,
l’adoption plénière. Elle confère à l’enfant le nom de l’adoptant et en cas
d’adoption par deux (2) époux, le nom du mari. Si l’adoptant est une
femme mariée, le Tribunal peut dans le jugement d’adoption, décider du
consentement du mari de l’adoptante que le nom de ce dernier soit
conféré à l’adopté. A la demande du ou des adoptants, le Tribunal peut
modifier les prénoms de l’enfant
Article 4 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Article 4 de la loi n° 83-799 du 2 août 1983, portant modification des lois n° 64-
373, n° 64-374 et n° 64-377 du 7 octobre 1964 relatives au nom, à l’état civil, à
la paternité et à la filiation
Quel nom prend l'enfant à l'égard duquel aucune filiation n'est
régulièrement établie ?
L'enfant à l'égard duquel aucune filiation n'est régulièrement établie prend le nom
qui lui est attribué par l'Officier de l'état civil à qui sa naissance ou sa découverte
a été déclarée.
Article 5 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Est-il possible en Côte d’Ivoire qu’un enfant porte à la fois le nom de son
père et celui de sa mère ?
Oui.
Certes, l'enfant né dans le mariage porte le nom du père.
Cependant, sur demande du père, le nom de la mère peut être ajouté à celui du
père.
Article 2 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Peut-on donner n'importe quel prénom à un enfant ?
Non.
Il est interdit aux Officiers de l'état civil de donner des noms ou prénoms et de
recevoir des prénoms autres que ceux figurant dans les différents calendriers ou
consacrés par les usages et la tradition.
Article 6 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Comment peut-on relever le nom d'une famille qui n'a pas laissé de
descendants de sexe masculin ?
Au cas où le dernier représentant mâle d'une famille, dans l'ordre de la
descendance, est mort sans postérité mâle, le droit de relever son nom en
l'ajoutant au leur appartient à tous ceux qui, agissant tant pour eux que pour
leurs enfants nés ou à naître, peuvent se réclamer d'un auteur commun avec le
défunt, ayant porté son nom.
Pour exercer ce droit, le demandeur devra faire une déclaration devant l'officier
de l'état civil du lieu de son domicile, dans les cinq (5) ans du décès, ou s'il est
mineur, dans les cinq (5) ans qui suivront sa majorité si ce droit n’a pas été
revendiqué au cours de sa minorité par ses représentants légaux. La déclaration
est transmise au Tribunal ou à la section de Tribunal dans le ressort duquel elle
a été reçue.
Sur les justifications qui lui seront apportées, le Tribunal en Chambre du Conseil,
prononcera l'homologation de la déclaration et ordonnera la rectification des
actes de l'état civil qui sera poursuivie à la diligence du ministère Public.
Articles 7, 8 et 9 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Peut-on adjoindre un autre nom à un nom patronymique double ?
Non.
En aucun cas, il ne peut y avoir adjonction d'un nom à un nom patronymique
double et réciproquement.
Article 10 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
Un tiers peut-il porter le nom d’autrui ?
Non.
Le porteur d'un nom ou ses descendants, même s'ils ne portent pas eux-mêmes
ce nom, peuvent s'opposer, sans préjudice de dommages et intérêts, à ce qu'il
soit usurpé ou utilisé par un tiers à titre de nom, surnom ou pseudonyme.
Article 13 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom, modifiée par la
loi n° 83-799 du 2 août 1983
Un surnom ou pseudonyme peut-il être ajouté à un acte rédigé par un
Officier public ?
Oui.
Normalement tout fonctionnaire ou Officier public ou ministériel doit désigner les
personnes, dans les actes, expéditions ou extraits qu’il rédige, par leurs nom et
prénoms réguliers.
Cependant, cette disposition ne fait pas obstacle à ce qu’un surnom ou
pseudonyme, connu du rédacteur de l’acte soit ajouté au nom et prénoms
réguliers.
Article 12 de la loi n° 64-373 du 7 octobre 1964 relative au nom
TITRE III :
LES ACTES DE NAISSANCE
Quel est le temps légal de déclaration des naissances ?
Les naissances doivent être déclarées dans les trois (3) mois suivant
l'accouchement. L’acte de naissance énonce :
l’année, le mois, le jour, l’heure et le lieu de la naissance, le sexe de
l’enfant et les prénoms qui lui sont donnés,
les prénoms, noms, âges, nationalités, professions et domiciles des père
et mère et, s’il y a lieu, ceux du déclarant.
Si les père et mère de l’enfant ne sont pas désignés à l’Officier ou à l’agent de
l’état civil, il n’est fait sur le registre aucune mention à ce sujet.
Article 42 de la loi n° 99-691 du 14 décembre portant modification de la loi n°
64 -374 du 7 octobre 1964 relative à l’état civil
Peut-on établir des actes de naissance dans n'importe quelle mairie ?
Non.
L'établissement des actes de naissance ne peut se faire qu'à la mairie de son
lieu de naissance.
Comment s’effectue une déclaration de naissance d’un enfant ?
Le déclarant doit se rendre à la mairie du lieu de naissance de l’enfant avec le
document que lui aura remis la sage-femme ou le Docteur qui a procédé à
l’accouchement.
Avec un timbre municipal de cinq cent francs (500 F) CFA, l’agent de mairie
chargée des déclarations de naissance procédera à l’établissement de l’extrait
d’acte de naissance.
De qui peuvent émaner les déclarations de naissance ?
Les déclarations de naissance peuvent émaner :
du père,
ou de la mère,
ou de l'un des ascendants ou des plus proches parents,
ou de toute personne ayant assisté à la naissance,
ou alors la personne chez qui la mère a accouchée si elle a accouché
hors de son domicile.
Article 43 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Une mère célibataire peut-elle, sur simple présentation de la pièce
d'identité d'un homme, faire inscrire le nom de ce dernier sur l'acte de
naissance de son enfant ?
Non.
Dans un acte de naissance, lorsque les parents ne sont pas légalement mariés,
la déclaration indiquant le nom du père, ne vaut comme reconnaissance, que si
elle émane du père lui-même ou de son fondé de pouvoir, par procuration
authentique et spéciale.
Article 47 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Sur quel registre se fait la déclaration du nouveau-né sans vie ?
Lorsqu'il est déclaré un enfant sans vie, la déclaration est inscrite à sa date sur
le registre des décès et non sur celui des naissances.
Elle mentionne seulement qu'il a été déclaré un enfant sans vie, sans qu'il en
résulte aucun préjugé sur la question de savoir si l'enfant a eu vie ou non.
Sont en outre énoncés, le sexe de l'enfant, les prénoms, noms, âges,
professions et domiciles des père et mère et s'il y a lieu du déclarant, ainsi que
les an, mois, jour et heure d'accouchement.
Article 48 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Toute personne peut-elle être autorisée à demander une copie conforme
d'un extrait d’acte de naissance d'un enfant ?
Non.
Nul, à l'exception des personnes ci-dessous énumérées ne peut obtenir une
copie conforme d'un acte de naissance autre que le sien si ce n'est en vertu
d'une autorisation délivrée, sans frais sur la demande écrite de l'intéressé, par le
Président du Tribunal dans le ressort duquel est comprise la circonscription d'état
civil où l'acte a été reçu :
le Procureur de la République,
l'enfant,
les ascendants et descendants en ligne directe de l’enfant,
le conjoint,
le tuteur ou son représentant légal, s'il est mineur ou en état d'incapacité.
En cas de refus, appel peut être fait. La Cour d’appel statue en Chambre du
Conseil.
Les dépositaires des registres sont tenus de délivrer à tout requérant des extraits
indiquant, sans autres renseignements, l’année, le jour, l’heure et le lieu de
naissance, le sexe, les prénoms et le nom de l’enfant, tels qu’ils résultent des
énonciations de l’acte de naissance ou des mentions contenues en marge de cet
acte et l’indication de la célébration du mariage et du nom du conjoint en marge
de l’acte de naissance de chacun des époux.
Les extraits précisant en outre, les prénoms, noms, professions et domiciles des
père et mère ne peuvent être délivrés que dans les conditions prévues ci-dessus,
à moins que la délivrance n’en soit demandée par les héritiers de l’enfant ou par
une Administration publique.
Lorsque l’enfant a fait l’objet d’une adoption et que les parents d’origine sont tous
deux (2) légalement inconnus, lesdits extraits doivent, sans aucune référence au
jugement, indiquer comme père et mère le ou les adoptants.
Articles 52 et 70 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Comment peut-on suppléer l'absence d'acte de naissance ?
Le défaut d'acte de naissance peut être suppléé par un jugement supplétif d'acte
de naissance.
Le jugement est rendu sur simple requête présentée au Tribunal ou à la section
de Tribunal du lieu où l'acte aurait dû être dressé. L'initiative de l'action peut être
prise par toute personne intéressée et par le ministère public.
Lorsque l'initiative de l'action n'émane pas du ministère Public, la requête doit lui
être communiquée.
Le Tribunal ordonne d'office les mesures d'instruction qu'il juge nécessaires. Il
peut de même ordonner la mise en cause de toute personne y ayant intérêt.
Celle-ci peut également intervenir volontairement.
Article 82 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Peut-on faire appel du jugement rendu par le Tribunal dans le cas de
l’obtention d’un acte de naissance supplétif ?
Oui.
Le jugement de Première Instance est susceptible d'appel, de la part du
ministère Public, de la Partie que l'acte concerne et de toute personne
intéressée.
Le dispositif du jugement de l'Arrêt est transmis par le ministère Public à l'officier
ou l'agent de l'état civil du lieu où s'est produit le fait qu'il constate. La
transcription en est effectuée sur les registres de l'année en cours et mention en
est portée, en marge des registres, à la date du fait.
Articles 83 et 84 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Comment s’effectue la rectification d’un acte de naissance ?
La rectification des actes de l’état civil est ordonnée par le Président du Tribunal
ou le juge de la section de Tribunal dans le ressort duquel l’acte a été dressé ou
transcrit.
La rectification des actes dressés ou transcrits par les agents diplomatiques et
les consuls est ordonnée par le Président du Tribunal de Première Instance
d’Abidjan.
La rectification des jugements déclaratifs ou supplétifs d’actes de l’état civil est
ordonnée par le Tribunal qui a rendu le jugement.
Le Président ou le Tribunal territorialement compétent pour ordonner la
rectification d’un acte ou d’un jugement est également compétent pour prescrire
la rectification de tous les actes, même dressés ou transcrits hors de son ressort,
qui reproduisent l’erreur ou comportent omission originaire.
La requête en rectification peut être présentée par toute personne intéressée ou
par le Procureur de la République. Celui-ci est tenu d’agir d’office quand l’erreur
ou l’omission porte sur une indication essentielle de l’acte ou de la décision qui
en tient lieu. Lorsque la requête n’émane pas du Procureur de la République,
elle doit lui être communiquée.
Le Procureur de la République territorialement compétent peut faire procéder à
la rectification administrative des erreurs et omissions purement matérielles des
actes de l'état civil. A cet effet, il donne directement des instructions utiles aux
dépositaires des registres.
La rectification judiciaire ou administrative d'un acte de naissance relatif à l'état
civil est opposable à tous.
L'Ordonnance du Président du Tribunal ou le jugement statuant sur une requête
en rectification est susceptible d'appel dans le délai d'un (1) mois à compter du
prononcé du jugement, par le ministère Public et par toute personne intéressée.
Lorsque la requête est rejetée, l'appel est formé par requête adressée au
Premier Président de la Cour d'appel et déposée au Secrétariat de celui-ci dans
les quinze (15) jours à compter de la date de l'Ordonnance. Il est instruit et jugé
comme en matière gracieuse.
Le dispositif de l'Ordonnance du jugement est transmis par le ministère Public à
l'Officier de l'état civil ou au dépositaire des registres du lieu où se trouve inscrit
l'acte reformé.
Mention de ce dispositif est aussitôt portée en marge dudit acte. Expédition ne
peut plus en être délivrée qu'avec les rectifications ordonnées.
Articles 78 ,79 et 81 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Article 80 de la loi n° 83-799 du 2 août 1983, portant modification des lois n° 64-
373, n° 64-374 et n° 64-377 du 7 octobre 1964 relatives au nom, à l’état civil,
à la paternité et à la filiation
Article 239 du Code de Procédure civile, commerciale et administrative
Que doit-on faire lorsque l’on découvre un nouveau-né ?
Toute personne qui trouve un enfant nouveau-né est tenue d’en faire la
déclaration à l’Officier ou à l’agent de l’état civil du lieu de la découverte. Si elle
ne consent pas à se charger de l’enfant, elle doit le remettre, ainsi que les
vêtements et autres effets trouvés sur lui, à l’Officier ou à l’agent de l’état civil.
Il est dressé un procès-verbal détaillé qui, outre les mentions que doit contenir un
acte d’état civil, énonce la date, l’heure, le lieu et les circonstances de la
découverte, l’âge apparent et le sexe de l’enfant, toute particularité pouvant
contribuer à son identification, ainsi que l’Autorité ou la personne à laquelle il a
été confié.
Ce procès-verbal est inscrit à sa date sur le registre des naissances.
A la suite et séparément de ce procès-verbal, l’Officier ou l’agent de l’état civil
établit un acte tenant lieu d’acte de naissance.
En plus des énonciations obligatoires, cet acte énonce le sexe de l’enfant ainsi
que les prénoms et nom qui lui sont donnés, il fixe une date de naissance
pouvant correspondre à son âge apparent et désigne comme lieu de naissance
celui où l’enfant a été découvert.
L’Officier de l’état civil peut toujours faire déterminer par un Médecin requis à cet
effet l’âge physiologique de l’enfant.
Si l’acte de naissance de l’enfant vient à être retrouvé ou si sa naissance est
judiciairement déclarée, le procès-verbal de découverte et l’acte provisoire de
naissance sont annulés à la requête du Procureur de la République ou des
Parties intéressées.
Article 46 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Qu’est-ce qui se passe lorsqu’une naissance survient pendant un voyage
maritime ?
En cas de naissance survenue pendant un voyage maritime, sur un bateau de
nationalité Ivoirienne, il en est dressé acte dans les quarante-huit (48)
heures de l’accouchement sur la déclaration de la mère ou du père, s’il est à
bord.
Si la mère, se trouvant seule à bord, est dans l’impossibilité de déclarer la
naissance, l’acte est établi d’office. Les mentions concernant les prénoms, noms,
âges, professions et domiciles des père et mère sont indiqués dans la mesure
où les documents du bord le permettent.
Le cas échéant, il est donné un nom et prénoms à l’enfant ainsi qu’il est prévu
lorsqu’il s’agit d’un enfant trouvé.
Si la naissance a lieu pendant un arrêt dans un port, l’acte est dressé dans les
mêmes conditions s’il y a impossibilité de communiquer avec la terre ou s’il
n’existe pas, dans le port, si l’on est à l’étranger, d’agent diplomatique ou
consulaire Ivoirien.
L’acte est rédigé par le commandant ou celui qui en remplit les fonctions.
Il y est fait mention de celles des circonstances ci-dessus prévues dans
lesquelles l’acte a été dressé.
L’acte est inscrit à la suite du rôle d’équipage.
Au premier port où le bâtiment aborde pour toute autre cause que celle de son
désarmement, l’officier instrumentaire est tenu de déposer deux (2) expéditions
de chacun des actes de naissance dressés à bord. Ce dépôt est fait :
si le port est Ivoirien, au bureau des armements pour les bâtiments de
l’Etat, au bureau de l’inscription maritime pour les autres bâtiments,
si le port est étranger, entre les mains du Consul de Côte d’Ivoire. Au cas
où il ne se trouverait pas dans ce port, de bureau des armements, de
bureau de l’inscription maritime ou de Consul, le dépôt serait ajourné au
plus prochain port d’escale ou de relâche.
L’une des expéditions déposées est adressée au Ministre compétent qui la
transmet à l’Officier de l’état civil du dernier domicile du père de l’enfant ou de la
mère si le père est inconnu, afin qu’elle soit transcrite sur les registres. Si ce
dernier domicile ne peut être trouvé ou s’il est hors de Côte d’Ivoire, la
transcription est faite à la mairie d’Abidjan.
L’autre expédition reste déposée aux archives du consulat ou du bureau de
l’inscription maritime.
Mention des envois et dépôts effectués conformément aux prescriptions de la
présente disposition est portée en marge des actes originaux par les
Commissaires de l’inscription maritime ou par les consuls.
A l’arrivée du bâtiment dans le port de désarmement, l’officier instrumentaire est
tenu de déposer en même temps que le rôle d’équipage, une expédition de
chacun des actes de naissance dressés à bord, dont copie n’aurait point été déjà
déposés conformément aux prescriptions de la disposition précédente.
Ce dépôt est fait, pour les bâtiments de l’Etat, au bureau des armements et, pour
les autres bâtiments, au bureau de l’inscription maritime, conformément aux
prescriptions de la disposition précédente.
Articles 49, 50 et 51 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
TITRE IV :
LES ACTES DE DECES
Quel est le temps légal de déclaration du décès d’un proche ?
Les décès doivent être déclarés dans les quinze (15) jours suivant la date à
laquelle ils se sont produits. L’acte de décès énonce :
l’année, le mois, le jour, l’heure et le lieu du décès,
les prénoms, nom, date et lieu de naissance, profession et domicile de la
personne décédée,
les prénoms, noms, professions et domiciles de ses père et mère,
les prénoms et nom de l’autre époux si la personne décédée était mariée,
veuve ou divorcée,
les prénoms, nom, âge, profession et domicile du déclarant et, s’il y a lieu,
son degré de parenté avec la personne décédée.
Le tout autant qu’on peut le savoir.
Il est fait mention du décès en marge de l’acte de naissance de la personne
décédée.
Articles 53 et 54 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
De qui peuvent émaner la déclaration de décès ?
L’acte de décès est dressé sur la déclaration :
d'un des parents du défunt,
ou de toute personne possédant sur son état civil les renseignements
nécessaires à la déclaration.
Article 55 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Dans quel cas peut-on déclarer judiciairement le décès d’un individu ?
Peut être judiciairement déclaré, à la requête du Procureur de la République ou
des Parties intéressées, le décès de tout Ivoirien, disparu en Côte d'Ivoire ou
hors de Côte d'Ivoire, dans des circonstances de nature à mettre sa vie en
danger, lorsque son corps n’a pu être retrouvé.
Peut, dans les mêmes conditions, être judiciairement déclaré, le décès de tout
étranger ou apatride disparu, soit sur le territoire de la Côte d’Ivoire, soit à bord
d’un bâtiment ou aéronef Ivoirien, soit même à l’étranger, s’il avait son domicile
ou sa résidence habituelle en Côte d’Ivoire.
La procédure de déclaration judiciaire de décès est également applicable lorsque
le décès est certain mais que le corps n’a pu être retrouvé.
La requête est présentée :
au Tribunal ou à la section de Tribunal du lieu de la mort ou de la
disparition si celle-ci s'est produite sur le territoire de la Côte d'Ivoire,
sinon au Tribunal ou à la section de Tribunal du domicile ou de la dernière
résidence du défunt ou du disparu,
ou à défaut, au Tribunal ou à la section de Tribunal du lieu du port
d'attache de l'aéronef ou du bâtiment qui le transportait,
à défaut de tout autre, le Tribunal d'Abidjan est compétent
Si plusieurs personnes ont disparu au cours du même événement, une requête
collective peut être présentée au Tribunal ou à la section de Tribunal du lieu de
disparition ou du port d’attache du bâtiment ou de l’aéronef ou, à défaut, au
Tribunal d’Abidjan.
Lorsque la requête n'émane pas du Procureur de la République, la requête est
transmise par son intermédiaire au Tribunal. L'affaire est instruite et jugée en
Chambre du conseil. Tous les actes de la procédure, ainsi que les expéditions et
extraits desdits actes, sont dispensés de timbre et enregistrés gratis.
Si le Tribunal estime que le décès n'est pas suffisamment établi, il peut ordonner
toute mesure d'information complémentaire et requérir notamment une enquête
administrative sur les circonstances de la disparition.
Si le décès est déclaré, sa date doit être fixée en tenant compte des
présomptions tirées des circonstances de la cause et, à défaut, au jour de la
disparition. Cette date ne doit jamais être indéterminée.
Le dispositif du jugement déclaratif de décès est transcrit sur les registres de
l’état civil du lieu réel ou présumé du décès et, le cas échéant, sur ceux du lieu
du dernier domicile du défunt.
Mention de la transcription est faite en marge des registres à la date du décès.
En cas de jugement collectif, des extraits individuels du dispositif sont transmis
aux Officiers de l’état civil du dernier domicile de chacun des disparus, en vue de
la transcription.
Les jugements déclaratifs de décès tiennent lieu d’actes de décès et sont
opposables aux tiers, qui peuvent seulement en obtenir la rectification
conformément aux présentes dispositions.
Articles 64, 65, 66, 67 et 68 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à
l’état civil
Que se passe-t-il lorsque la personne judiciairement déclarée décédée
réparait ?
Lorsque celui dont le décès a été judiciairement déclaré reparaît postérieurement
au jugement déclaratif, le Procureur de la République ou tout intéressé peut
poursuivre l'annulation du jugement, conformément aux présentes dispositions.
La personne intéressée présentera une requête au Président du Tribunal ou le
juge de section de Tribunal dans le ressort duquel l'acte a été dressé ou transcrit.
Le disparu qui reparaît recouvre ses biens dans l'état où ils se trouvent, ainsi que
le prix de ceux qui ont été aliénés et les biens acquis en emploi des capitaux ou
des revenus échus à son profit.
Le régime matrimonial auquel le jugement de déclaration de décès avait mis fin
reprend son cours.
S'il a été procédé à une liquidation des droits des époux, devenue définitive, les
biens dévolus en partage à chacun d'eux leur restent propres.
Le rétablissement du régime matrimonial ne porte pas atteinte aux droits acquis,
sur le fondement de la situation apparente, par des personnes autres que les
héritiers, légataires ou titulaires quelconques de droits dont l'acquisition était
subordonnée au décès du disparu.
Mention de l'annulation du jugement de déclaration de décès est faite en marge
de sa transcription.
Articles 69 et 78 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil
Peut-on inhumer une personne dont la dépouille présente des signes et
indices de mort violente ?
Non.
Lorsqu’il y a des signes ou indices de mort violente, ou d’autres circonstances
qui donnent lieu de soupçonner, on ne peut faire l’inhumation qu’après qu’un
Officier de Police judiciaire, assisté d’un médecin ou d’un chirurgien, a dressé
procès-verbal de l’état du cadavre et des circonstances y relatives, ainsi que des
renseignements qu’il a pu recueillir sur les prénoms, nom, âge, profession, lieu
de naissance et domicile de la personne décédée.
L’Officier de Police judiciaire est tenu de transmettre de suite à l’Officier de l’état
civil du lieu où la personne est décédée, tous les renseignements énoncés dans
son procès-verbal, d’après lesquels l’acte de décès a été rédigé.
Articles 57 et 58 de la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l’état civil,
modifiée par la loi n° 83-799 du août 1983 modifié par le décret 75-200 du 26
mars 1970
Quelles sont les démarches à entreprendre en cas de décès d’un proche ?
Les documents à se procurer diffèrent selon qu'il s'agisse de décès dans un
Centre hospitalier ou à domicile :
le décès dans un Centre hospitalier. Il est délivré en cas de décès dans
un Centre hospitalier :
1. un "certificat de décès ou de mortalité",
2. un "certificat de non contagion".
La délivrance des deux (2) documents indiqués ci-dessus permettra d’obtenir :
1. le "permis d'inhumer". Il est délivré, par l'Officier de l'état civil de la mairie
du lieu de décès,
2. "l'autorisation de transfert des restes mortels". Ce document est délivré
par la Préfecture du lieu de décès lorsque le corps de la personne
décédée doit être transféré dans une autre localité.
le décès à domicile. Le décès à domicile nécessitera le déplacement
d’un Docteur au lieu de décès pour le constat. Il sera délivré :
1. un "procès verbal de constatation de décès" délivré par un
Médecin légiste présent en ce lieu,
2. un "certificat de décès ou de mortalité",
3. un "certificat de non contagion".
Pour l’enlèvement du corps de la maison à la morgue, une Autorité judiciaire
aura à se déplacer pour attester le décès à domicile. Ce document sera signé du
Commissaire et il est dénommé un "De par la loi".
En possession de tous ces documents, il pourra être délivré :
1. le "permis d'inhumer",
2. "l'autorisation de transfert des restes mortels". Elle est délivrée par la
Préfecture du lieu de décès dans le cas où le corps est transporté hors du
lieu de décès.
Que faire lorsque le corps de son proche est transféré dans une morgue ?
Le corps transféré dans une morgue est traité et entretenu par le personnel des
Pompes funèbres moyennant rémunération facturée par jour.
Il est conseillé de se rapprocher de ce personnel une ou deux (2) fois par
semaine pour s'enquérir des soins accordés au corps.
A combien peuvent s'élever les frais de conservation d'un corps ?
Le coût de conservation dépend de la Structure.
La facturation se fait par jour et, les prestations des morgues privées coûtent
chers par rapport aux prix pratiqués dans les morgues publics.
Ainsi, nous avons :
lorsque le décès est survenu dans un CHU, le mode de facturation se
fera comme suit en CFA :
o les trois (3) premiers jours : gratuits,
o du 4ème jour au 7ème jour : un forfait de 7 700 F,
o au delà du 7ème jour : 7700 F /jour,
o le formol : 37 760 F,
o les soins du corps : 10 620 F.
lorsque le décès est survenu hors du CHU et le corps transféré à la
morgue de ce CHU, nous aurons :
o les trois (3) premiers jours : 7 700 F,
o à compter du 4ème jour : 7 700 F/jour,
o le formol : 37 760 F,
les soins du corps : 10 620 F.