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CM Contrats 17

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TITRE 2 : LES EFFETS DU CONTRAT

CHAPITRE 1 LA FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT

Qu'en est-il à présent lorsque le contrat est régulièrement formé ? La force obligatoire du
contrat est affirmée par l'art. 1103 (anc. 1134 du Code civil) : « Les contrats légalement formés
tiennent lieu de lois à ceux qui les ont faits ».

L’art. 1104 (anc. 1134 al. 2) précise par ailleurs comment celui-ci doit être exécuté :
Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi.
Cette disposition est d'ordre public.

Cette force obligatoire du contrat se manifeste à l'égard des parties, qui doivent respecter
le contrat, mais pas seulement : le juge lui-même doit également respecter le contenu du
contrat.

SECTION 1 - LA FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT A L'EGARD DES PARTIES

§1. Les manifestations de la force obligatoire du contrat

La force obligatoire du contrat se manifeste de deux façons :


- il ne peut pas y être mis fin de façon unilatérale : c'est le principe de
l'irrévocabilité du contrat,
- il ne peut pas non plus être modifié de façon unilatérale : c'est le principe de
l'intangibilité du contrat.

« Art. 1193.-Les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties,
ou pour les causes que la loi autorise.

A. L'IRREVOCABILITE DU CONTRAT

Le principe est le suivant : c'est le consentement des parties qui a donné naissance au
contrat, seul leur consentement peut y mettre fin.

Il faut une convention entre le créancier et le débiteur, il faut un accord des parties. Ce
que le consentement a fait, seul le consentement peut le défaire.
L'irrévocabilité du contrat s'impose en principe dès la rencontre des volontés.

Mais il arrive cependant de façon exceptionnelle que le contrat ne soit irrévocable dès la
rencontre des volontés. En effet, la loi prévoit parfois - c'est le cas notamment en droit de
la consommation - des délais de rétractation : dans ce cas alors, le contrat ne devient
irrévocable qu'à l'expiration de ce délai, durant lequel le contractant peut se rétracter de
façon unilatérale et discrétionnaire. Dans d'autres cas, le report de l'irrévocabilité tient au
contrat lui-même : dans ce cas, ce sont les contractants qui, conventionnellement, vont
prévoir une phase durant laquelle les parties pourront se rétracter : c'est le cas lorsque le
contrat contient une clause de dédit ou une période d'essai.

En outre, le principe de l'irrévocabilité du contrat connaît un certain nombre de


tempéraments.

• tout d'abord, les parties peuvent conventionnellement décider que le contrat


pourra être résilié de façon unilatérale,

• parfois encore, c'est le législateur qui, dans certaines matières, va prévoir une
faculté de révocation unilatérale du contrat : par exemple, en matière de mandat (art.
2003 CCiv.) ou en matière de bail (art. 1736). Mais cette faculté est parfois règlementée.

• de façon générale ensuite, la faculté de révocation unilatérale est admise pour tous
les CDI et à exécution successive, faute de quoi ces contrats dureraient de façon indéfinie,
et aussi pour les contrats conclus intuitu personae.

• enfin, une faculté de révocation unilatérale est admise au profit du contractant


victime de l'inexécution fautive de l'autre. La jurisprudence admet alors que la révocation -
qui prendra la forme d'une résiliation ou d'une résolution - puisse avoir lieu en dehors
d'un quelconque contrôle judiciaire - mais aux risques et périls de celui qui l'oppose à
l'autre.

B. L'INTANGIBILITE DU CONTRAT

En vertu du principe de l'intangibilité, aucune des parties ne peut modifier, ne peut réviser
le contrat de façon unilatérale.

Les parties peuvent néanmoins insérer dans le contrat des clauses qui vont leur permettre
de procéder, à certaines conditions, à une modification ultérieure du contrat.

• il peut s'agir tout d'abord d'une clause d'indexation ou d'échelle mobile. Ces
clauses concernent les obligations de somme d'argent et elles permettent, lors de la
conclusion du contrat, de prévoir que cette obligation évoluera en corrélativement à un
indice de référence qui sera déterminé lors de la conclusion du contrat.

• il peut s'agir ensuite de clause de "hard-ship" : elles permettent à l'une des


parties de demander une modification du contrat dans l'hypothèse où un changement
modifierait le contrat au point que l'une des parties subirait une rigueur (hardship) injuste.
Cette clause, met à la charge de l'autre partie une obligation de renégocier le contrat de
bonne foi et cette obligation, si elle n'aboutit pas, permettra à l'autre d'obtenir la résiliation
du contrat pour inexécution.
La principale difficulté inhérente à ce principe d’intangibilité concerne l'évolution des
circonstances, et notamment l'évolution de l'équilibre économique du contrat en cours
d'exécution : c'est ce que l'on appelle l'imprévision.
Or le principe en droit français, en vertu de la force obligatoire du contrat, était celui de
l'interdiction de la révision du contrat pour imprévision et la jurisprudence était constante
sur cette question depuis l'arrêt Canal de Craponne du 6 mars 1876, qui avait consacré le
rejet de la théorie de la révision du contrat pour imprévision (la Cour de cassation avait
refusé de réévaluer le montant d'une redevance due pour l'entretien d'un canal d'arrosage
qui avait été contractuellement fixée au XVIe siècle).

La solution de principe est désormais différente puisque l’article 1195 permet désormais,
dans des conditions précises, la révision du contrat pour imprévision :
Si un changement de circonstances imprévisible lors de la conclusion du contrat rend l'exécution
excessivement onéreuse pour une partie qui n'avait pas accepté d'en assumer le risque (contrat
aléatoire), celle-ci peut demander une renégociation du contrat à son cocontractant. Elle continue à
exécuter ses obligations durant la renégociation.
En cas de refus ou d'échec de la renégociation, les parties peuvent convenir de la résolution du contrat, à la
date et aux conditions qu'elles déterminent, ou demander d'un commun accord au juge de procéder à son
adaptation. A défaut d'accord dans un délai raisonnable, le juge peut, à la demande d'une partie, réviser
le contrat ou y mettre fin, à la date et aux conditions qu'il fixe.

Il s’agit là de l’une des innovations les plus marquantes de cette réforme.

§2. Les modalités de l'exécution du contrat

A. LA BONNE FOI CONTRACTUELLE

L'art. 1134 ancien du Code civil imposait aux contractants d'exécuter le contrat de bonne
foi.

Cette exigence est reprise par l’article 1104 qui précise qu’il s’agit d’un devoir d’ordre
public. Il se manifeste de façons diverses.

L'obligation de bonne foi prend parfois la forme d'un devoir de loyauté, qui s'impose aux
contractants. Ce devoir de loyauté impose au contractant d'exécuter sa prestation en bon
père de famille, c'est à dire d'agir raisonnablement.
Ainsi, lorsque l'obligation du contractant n'est qu'une obligation de moyens, sa
responsabilité contractuelle ne sera pas engagée si, alors même qu'il n'est pas parvenu au
résultat escompté, il a agi en bon père de famille. C'est sur ce fondement également que la
jurisprudence sanctionne l'abus dans la fonction du prix, sur le terrain de l'exécution du
contrat, en matière de contrats cadres.
Parfois, l'obligation de bonne foi va mettre à la charge des contractants un devoir de
coopération, de collaboration. La jurisprudence développe ainsi dans certains contrats une
obligation d'information, voire de conseil, alors même qu'elle n'est pas expressément
prévue par les textes.

Plus récemment, l'obligation d'exécuter le contrat de bonne foi s'est manifestée sous un
autre jour, et plus précisément sous la forme d'un devoir de cohérence entre les parties.

B. LA JUSTICE CONTRACTUELLE

Le contrat doit être exécuté conformément à ses dispositions, mais il doit aussi l'être, dit
l'art. 1194, « avec toutes les suites que lui donne l'équité, l'usage ou la loi ».

Concrètement, ce texte permet au juge de découvrir dans le contrat des obligations qui
n'auraient pas été directement exprimées, dès lors qu'elles ont pour effet de rendre le
contrat plus juste, d'où la référence à la "justice" contractuelle.

On peut mentionner à titre d'exemple l'obligation de sécurité que le juge a découvert dans
certains contrats, notamment le contrat de transport.

SECTION 2 - LA FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT A L'EGARD DU JUGE

§1. Le pouvoir d'interprétation du juge

A. QUAND EST-CE QUE LE JUGE PEUT INTERPRETER LE CONTRAT ?

Le contrat n'est pas seulement obligatoire à l'égard des parties, il s'impose aussi au juge
qui doit respecter ce qui a été convenu entre les parties.
Mais la mise en oeuvre du contrat peut se révéler délicate : le contrat n'est pas toujours
clair - il peut contenir des dispositions ambiguës ou contradictoires - ou bien il est
incomplet, parfois aussi il n'y a pas d'écrit (conséquence du principe du consensualisme).

Par ailleurs le juge a désormais, dans certains cas, le pouvoir de modifier le contrat
(réforme).

Le juge n'a pas le pouvoir d'interpréter le contrat clair et précis, sauf si la clause est
abusive.

Au contraire, il ne peut interpréter le contrat que lorsque ses clauses sont obscures ou
ambiguës. Il peut également combler les lacunes du contrat. En revanche, il n'est pas lié
par la qualification que les parties lui ont donnée.
Mais ce pouvoir conduit parfois le juge à aller au-delà de la simple interprétation.
Notamment, sur le fondement de l'équité, les juges procèdent parfois à ce que l'on appelle
un "forçage" du contrat. C'est ce qu'a fait le juge en découvrant, dès 1911, une obligation
de sécurité de résultat dans le contrat de transport de personnes puis à l'intégrant à de
nombreux autres contrats mettant en cause la sécurité des personnes. Le développement
de l'obligation d'information et de conseil illustre aussi ce phénomène.

Dans ce cas alors, le juge dépasse le cadre strict de l'interprétation : il ne recherche plus ce
quelle a été la volonté des parties, il ajoute véritablement au contrat.

B. COMMENT LE JUGE DOIT-IL INTERPRETER LE CONTRAT ?

Le Code civil donne un certain nombre de directives au juge qui va interpréter le contrat.

Le texte de référence est désormais l’article 1188 :


Le contrat s'interprète d'après la commune intention des parties plutôt qu'en s'arrêtant au sens littéral de
ses termes.
Lorsque cette intention ne peut être décelée, le contrat s'interprète selon le sens que lui donnerait une
personne raisonnable placée dans la même situation.

Le premier alinéa reprend la solution fixée par les textes anciens.


Le second est relatif à l’hypothèse dans laquelle cette intention ne peut pas être décelée.
Dans ce cas, le contrat doit être interprété selon le sens que lui donnerait une personne
raisonnable placée dans la même situation.

Des directives plus spécifiques sont ensuite données par les textes suivants :

Article 1190
Dans le doute, le contrat de gré à gré s'interprète contre le créancier et en faveur du
débiteur, et le contrat d'adhésion contre celui qui l'a proposé.

Article 1191
Lorsqu'une clause est susceptible de deux sens, celui qui lui confère un effet l'emporte sur
celui qui ne lui en fait produire aucun.

Article 1192
On ne peut interpréter les clauses claires et précises à peine de dénaturation.

De façon plus spécifique, l'art. L. 133-2 du CConso. prévoit que dans les contrats entre
professionnels et consommateurs, les clauses litigieuses s'interprètent « dans le sens le plus
favorable au consommateur ou au non professionnel ».

La question qui se pose ensuite est celle de savoir si la Cour de cassation exerce elle-même
un contrôle sur l'interprétation du contrat par les juges du fond ? Cette question, qui est
une question de fait, relève des pouvoirs d'appréciation souverains des juridictions du
fond, et la Cour de cassation l'admet depuis l'arrêt Lubert de 1808.
Mais ce contrôle n'est cependant pas totalement inexistant et la Cour de cassation
conserve un regard sur l'interprétation des contrats qui se manifeste de trois façons :

- tout d'abord, elle exerce un contrôle en cas de dénaturation : on considère qu'il y


a dénaturation du contrat lorsque les juges vont interpréter des clauses qui étaient en
réalité claire et précises ; il ne s'agit donc plus d'interprétation, les juges refont le contrat,
mais sous couvert d'interprétation.

- la Cour de cassation exerce également un contrôle sur la qualification opérée par


les juges du fond et pour préciser l'étendue des clauses que les juges vont insérer dans les
contrats (par exemple l'obligation de sécurité). Notamment, elle pourra décider si
l'obligation est de moyen ou de résultat.

- enfin, la Cour de cassation peut également jouer son rôle d'unificateur du droit en
contrôlant l'interprétation des clauses contenues dans des contrats-types (par exemple
certains contrats en matière d'assurance).

§2. Le pouvoir de modification du juge

Avant la réforme et sauf les rares cas où la loi l'y autorisait, le juge ne pouvait en aucun
cas modifier le contenu du contrat. Ces exceptions étaient extrêmement rares (par
exemple la révision des loyers commerciaux, dans le décret de 1953).

L'interdiction de la révision pour imprévision privait notamment le juge du pouvoir de


réviser le contrat qui serait devenu déséquilibré en cours d'exécution.

L'imprévision permet désormais – par exception et sous réserve que les conditions en
soient remplies – la révision du contrat par le juge ou sa résiliation.

« Art. 1195.-Si un changement de circonstances imprévisible lors de la conclusion du contrat rend


l'exécution excessivement onéreuse pour une partie qui n'avait pas accepté d'en assumer le risque, celle-ci
peut demander une renégociation du contrat à son cocontractant. Elle continue à exécuter ses obligations
durant la renégociation.
« En cas de refus ou d'échec de la renégociation, les parties peuvent convenir de la résolution du contrat, à
la date et aux conditions qu'elles déterminent, ou demander d'un commun accord au juge de procéder à
son adaptation. A défaut d'accord dans un délai raisonnable, le juge peut, à la demande d'une partie,
réviser le contrat ou y mettre fin, à la date et aux conditions qu'il fixe.

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