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Dialogue d'Agnès et Arnolphe sur l'Amour et la Médisance

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Dialogue d'Agnès et Arnolphe sur l'Amour et la Médisance

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Agnès

Six chemises, je pense, et six coiffes aussi.


Arnolphe, ayant un peu rêvé.
Le monde, chère Agnès, est une étrange chose.
Voyez la médisance, et comme chacun cause :
Quelques voisins m'ont dit qu'un jeune homme inconnu
Etoit en mon absence à la maison venu,
Que vous aviez souffert sa vue et ses harangues ;
Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues,
Et j'ai voulu gager que c'étoit faussement...

Agnès
Mon Dieu, ne gagez pas : vous perdriez vraiment.

Arnolphe
Quoi ? c'est la vérité qu'un homme... ?

Agnès
Chose sûre.
Il n'a presque bougé de chez nous, je vous jure.

Arnolphe, à part.
Cet aveu qu'elle fait avec sincérité.
Me marque pour le moins son ingénuité.
Mais il me semble, Agnès, si ma mémoire est bonne,
Que j'avois défendu que vous vissiez personne.

Agnès
Oui ; mais quand je l'ai vu, vous ignorez pourquoi ;
Et vous en auriez fait, sans doute, autant que moi.

Arnolphe
Peut−être. Mais enfin contez−moi cette histoire.

Agnès
Elle est fort étonnante, et difficile à croire.
J'étois sur le balcon à travailler au frais,
Lorsque je vis passer sous les arbres d'auprès
Un jeune homme bien fait, qui rencontrant ma vue,
D'une humble révérence aussitôt me salue :
Moi pour ne point manquer à la civilité,
Je fis la révérence aussi de mon côté.
Soudain il me refait une autre révérence :
Moi, j'en refais de même une autre en diligence ;
Et lui d'une troisième aussitôt repartant,
D'une troisième aussi j'y repars à l'instant.
Il passe, vient, repasse, et toujours de plus belle
Me fait à chaque fois révérence nouvelle ;
Et moi, qui tous ces tours fixement regardois,

Nouvelle révérence aussi je lui rendois :


Tant que, si sur ce point la nuit ne fût venue,
Toujours comme cela je me serois tenue,
Ne voulant point céder, et recevoir l'ennui
Qu'il me pût estimer moins civile que lui.
Arnolphe
Fort bien.

Agnès
Le lendemain, étant sur notre porte,
Une vieille m'aborde, en parlant de la sorte :
"Mon enfant, le bon Dieu puisse−t−il vous bénir,
Et dans tous vos attraits longtemps vous maintenir !
Il ne vous a pas faite une belle personne
Afin de mal user des choses qu'il vous donne ;
Et vous devez savoir que vous avez blessé
Un coeur qui de s'en plaindre est aujourd'hui forcé."
Arnolphe, à part.
Ah ! suppôt de Satan ! exécrable damnée !

Agnès
"Moi, j'ai blessé quelqu'un ! fis−je toute étonnée.
− Oui, dit−elle, blessé, mais blessé tout de bon ;
Et c'est l'homme qu'hier vous vîtes du balcon.
− Hélas ! qui pourroit, dis−je, en avoir été cause ?
Sur lui, sans y penser, fis−je choir quelque chose ?
− Non, dit−elle, vos yeux ont fait ce coup fatal,
Et c'est de leurs regards qu'est venu tout son mal.

− Hé ! mon Dieu ! ma surprise est, fis−je, sans seconde :


Mes yeux ont−ils du mal, pour en donner au monde ?
− Oui, fit−elle, vos yeux, pour causer le trépas,
Ma fille, ont un venin que vous ne savez pas.
En un mot, il languit, le pauvre misérable ;
Et s'il faut, poursuivit la vieille charitable,
Que votre cruauté lui refuse un secours,
C'est un homme à porter en terre dans deux jours.
− Mon Dieu ! j'en aurois, dis−je, une douleur bien grande.
Mais pour le secourir qu'est−ce qu'il me demande ?
− Mon enfant, me dit−elle, il ne veut obtenir
Que le bien de vous voir et vous entretenir :
Vos yeux peuvent eux seuls empêcher sa ruine
Et du mal qu'ils ont fait être la médecine.
− Hélas ! volontiers, dis−je ; et puisqu'il est ainsi,
Il peut, tant qu'il voudra, me venir voir ici."

Arnolphe, à part.
Ah ! sorcière maudite, empoisonneuse d'âmes,
Puisse l'enfer payer tes charitables trames !

Agnès
Voilà comme il me vit, et reçut guérison.
Vous−même, à votre avis, n'ai−je pas eu raison ?
Et pouvois−je, après tout, avoir la conscience
De le laisser mourir faute d'une assistance,
Moi qui compatis tant aux gens qu'on fait souffrir
Et ne puis, sans pleurer, voir un poulet mourir ?
Arnolphe, bas.
Tout cela n'est parti que d'une âme innocente ;
Et j'en dois accuser mon absence imprudente,
Qui sans guide a laissé cette bonté de moeurs
Exposée aux aguets des rusés séducteurs.
Je crains que le pendard, dans ses voeux téméraires,
Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires.

Agnès
Qu'avez−vous ? Vous grondez, ce me semble, un petit ?
Est−ce que c'est mal fait ce que je vous ai dit ?

Arnolphe
Non. Mais de cette vue apprenez−moi les suites,
Et comme le jeune homme a passé ses visites.

Agnès
Hélas ! si vous saviez comme il étoit ravi,
Comme il perdit son mal sitôt que je le vi,
Le présent qu'il m'a fait d'une belle cassette,
Et l'argent qu'en ont eu notre Alain et Georgette,
Vous l'aimeriez sans doute et diriez comme nous...

Arnolphe
Oui. Mais que faisoit−il étant seul avec vous ?

Agnès
Il juroit qu'il m'aimoit d'une amour sans seconde,
Et me disoit des mots les plus gentils du monde,
Des choses que jamais rien ne peut égaler,
Et dont, toutes les fois que je l'entends parler,
La douceur me chatouille et là dedans remue
Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue.

Arnolphe, à part.
O fâcheux examen d'un mystère fatal,
Où l'examinateur souffre seul tout le mal !
(A Agnès.)
Outre tous ces discours, toutes ces gentillesses.
Ne vous faisoit−il point aussi quelques caresses ?

Agnès
Oh tant ! Il me prenoit et les mains et les bras,
Et de me les baiser il n'étoit jamais las.

Arnolphe
Ne vous a−t−il point pris, Agnès, quelque autre chose ?
(La voyant interdite.)
Ouf !

Agnès
Hé ! il m'a...

Arnolphe
Quoi ?
Agnès
Pris...
Arnolphe
Euh !

Agnès
Le...

Arnolphe
Plaît−il ?

Agnès
Je n'ose,
Et vous vous fâcherez peut−être contre moi.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si fait.

Arnolphe
Mon Dieu, non !

Agnès
Jurez donc votre foi.

Arnolphe
Ma foi, soit.
Agnès
Il m'a pris... Vous serez en colère.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si.

Arnolphe
Non, non, non, non. Diantre, que de mystère !
Qu'est−ce qu'il vous a pris ?

Agnès
Il...

Arnolphe, à part.
Je souffre en damné.

Agnès
Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné.
A vous dire le vrai, je n'ai pu m'en défendre.

Arnolphe, reprenant haleine.


Passe pour le ruban. Mais je voulois apprendre
S'il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.

Agnès
Comment ? est−ce qu'on fait d'autres choses ?
Arnolphe
Non pas.
Mais pour guérir du mal qu'il dit qui le possède,
N'a−t−il point exigé de vous d'autre remède ?

Agnès
Non. Vous pouvez juger, s'il en eût demandé,
Que pour le secourir j'aurois tout accordé.

Arnolphe
Grâce aux bontés du Ciel, j'en suis quitte à bon compte ;
Si j'y retombe plus, je veux bien qu'on m'affronte.
Chut. De votre innocence, Agnès, c'est un effet.
Je ne vous en dis mot : ce qui s'est fait est fait.
Je sais qu'en vous flattant le galant ne desire
Que de vous abuser, et puis après s'en rire.

Agnès
Oh ! point : il me l'a dit plus de vingt fois à moi.

Arnolphe
Ah ! vous ne savez pas ce que c'est que sa foi.
Mais enfin apprenez qu'accepter des cassettes,
Et de ces beaux blondins écouter les sornettes,
Que se laisser par eux, à force de langueur,
Baiser ainsi les mains et chatouiller le coeur,
Est un péché mortel des plus gros qu'il se fasse.
Agnès
Un péché, dites−vous ? Et la raison, de grâce ?

Arnolphe
La raison ? La raison est l'arrêt prononcé
Que par ces actions le Ciel est courroucé.

Agnès
Courroucé ! Mais pourquoi faut−il qu'il s'en courrouce ?
C'est une chose, hélas ! si plaisante et si douce !

J'admire quelle joie on goûte à tout cela,


Et je ne savois point encor ces choses−là.

Arnolphe
Oui, c'est un grand plaisir que toutes ces tendresses,
Ces propos si gentils et ces douces caresses ;
Mais il faut le goûter en toute honnêteté,
Et qu'en se mariant le crime en soit ôté.

Agnès
N'est−ce plus un péché lorsque l'on se marie ?
Arnolphe
Non.
Agnès
Mariez−moi donc promptement, je vous prie.
Arnolphe
Si vous le souhaitez, je le souhaite aussi,
Et pour vous marier on me revoit ici.

Agnès
Est−il possible ?

Arnolphe
Oui.

Agnès
Que vous me ferez aise !

Arnolphe
Oui, je ne doute point que l'hymen ne vous plaise.

Agnès
Vous nous voulez, nous deux...

Arnolphe
Rien de plus assuré.

Agnès
Que, si cela se fait, je vous caresserai !

Arnolphe
Hé ! la chose sera de ma part réciproque.
Agnès
Je ne reconnois point, pour moi, quand on se moque.
Parlez−vous tout de bon ?

Arnolphe
Oui, vous le pourrez voir.

Agnès
Nous serons mariés ?

Arnolphe
Oui.

Agnès
Mais quand ?

Arnolphe
Dès ce soir.

Agnès, riant.
Dès ce soir ?

Arnolphe
Dès ce soir. Cela vous fait donc rire ?
Agnès
Oui.

Arnolphe
Vous voir bien contente est ce que je desire.
Agnès
Hélas ! que je vous ai grande obligation,
Et qu'avec lui j'aurai de satisfaction !

Arnolphe
Avec qui ?

Agnès
Avec..., là.

Arnolphe
Là... : là n'est pas mon compte.
A choisir un mari vous êtes un peu prompte.
C'est un autre, en un mot, que je vous tiens tout prêt,
Et quant au Monsieur, là, je prétends, s'il vous plaît,
Dût le mettre au tombeau le mal dont il vous berce,
Qu'avec lui désormais vous rompiez tout commerce ;
Que, venant au logis, pour votre compliment
Vous lui fermiez au nez la porte honnêtement,
Et lui jetant, s'il heurte, un grès par la fenêtre,
L'obligiez tout de bon à ne plus y paroître.
M'entendez−vous, Agnès ? Moi, caché dans un coin,
De votre procédé je serai le témoin.

Agnès
Las ! il est si bien fait ! C'est...

Arnolphe
Ah ! que de langage !
Agnès
Je n'aurai pas le coeur...

Arnolphe
Point de bruit davantage.
Montez là−haut.

Agnès
Mais quoi ? voulez−vous... ?
Arnolphe
C'est assez.
Je suis maître, je parle : allez, obéissez.

Acte V

Scène III

Agnès, Arnolphe, Horace

Horace
Ne soyez point en peine où je vais vous mener :
C'est un logement sûr que je vous fais donner.
Vous loger avec moi, ce seroit tout détruire :
Entrez dans cette porte et laissez−vous conduire.
(Arnolphe lui prend la main sans qu'elle le reconnoisse.)

Agnès
Pourquoi me quittez−vous ?

Horace
Chère Agnès, il le faut.

Agnès
Songez donc, je vous prie, à revenir bientôt.

Horace
J'en suis assez pressé par ma flamme amoureuse.

Agnès
Quand je ne vous vois point, je ne suis point joyeuse.

Horace
Hors de votre présence, on me voit triste aussi.

Agnès
Hélas ! s'il étoit vrai, vous resteriez ici.

Horace
Quoi ? vous pourriez douter de mon amour extrême !

Agnès
Non, vous ne m'aimez pas autant que je vous aime.
(Arnolphe la tire.)
Ah ! l'on me tire trop.

Horace
C'est qu'il est dangereux,
Chère Agnès, qu'en ce lieu nous soyons vus tous deux ;
Et le parfait ami de qui la main vous presse
Suit le zèle prudent qui pour nous l'intéresse.

Agnès
Mais suivre un inconnu que...

Horace
N'appréhendez rien :
Entre de telles mains vous ne serez que bien.

Agnès
Je me trouverois mieux entre celles d'Horace.
Horace
Et j'aurois...

Agnès, à celui qui la tient.


Attendez.
Horace
Adieu : le jour me chasse.

Agnès
Quand vous verrai−je donc ?

Horace
Bientôt. Assurément.

Agnès
Que je vais m'ennuyer jusques à ce moment !

Horace
Grâce au Ciel, mon bonheur n'est plus en concurrence,
Et je puis maintenant dormir en assurance.

Scène IV

Arnolphe, Agnès

Arnolphe, le nez dans son manteau.


Venez, ce n'est pas là que je vous logerai,
Et votre gîte ailleurs est par moi préparé :
Je prétends en lieu sûr mettre votre personne.
Me connoissez−vous ?

Agnès, le reconnoissant.
Hay !

Arnolphe
Mon visage, friponne,
Dans cette occasion rend vos sens effrayés,
Et c'est à contre−coeur qu'ici vous me voyez.
Je trouble en ses projets l'amour qui vous possède.
(Agnès regarde si elle ne verra point Horace.)
N'appelez point des yeux le galand à votre aide :
Il est trop éloigné pour vous donner secours.
Ah ! ah ! si jeune encor, vous jouez de ces tours !
Votre simplicité, qui semble sans pareille,
Demande si l'on fait les enfants par l'oreille ;
Et vous savez donner des rendez−vous la nuit,
Et pour suivre un galand vous évader sans bruit !
Tudieu ! comme avec lui votre langue cajole !
Il faut qu'on vous ait mise à quelque bonne école.
Qui diantre tout d'un coup vous en a tant appris ?

Vous ne craignez donc plus de trouver des esprits ?


Et ce galand, la nuit, vous a donc enhardie ?
Ah ! coquine, en venir à cette perfidie ?
Malgré tous mes bienfaits former un tel dessein !
Petit serpent que j'ai réchauffé dans mon sein,
Et qui, dès qu'il se sent, par une humeur ingrate,
Cherche à faire du mal à celui qui le flatte !
Agnès
Pourquoi me criez−vous ?

Arnolphe
J'ai grand tort en effet !

Agnès
Je n'entends point de mal dans tout ce que j'ai fait.

Arnolphe
Suivre un galand n'est pas une action infâme ?

Agnès
C'est un homme qui dit qu'il me veut pour sa femme ;
J'ai suivi vos leçons, et vous m'avez prêché
Qu'il se faut marier pour ôter le péché.

Arnolphe
Oui. Mais pour femme, moi je prétendois vous prendre ;
Et je vous l'avois fait, me semble, assez entendre.

Agnès
Oui. Mais, à vous parler franchement entre nous,
Il est plus pour cela selon mon goût que vous.
Chez vous le mariage est fâcheux et pénible,
Et vos discours en font une image terrible ;
Mais, las ! il le fait, lui, si rempli de plaisirs,
Que de se marier il donne des desirs.

Arnolphe
Ah ! c'est que vous l'aimez, traîtresse !

Agnès
Oui, je l'aime.

Arnolphe
Et vous avez le front de le dire à moi−même !

Agnès
Et pourquoi, s'il est vrai, ne le dirois−je pas ?

Arnolphe
Le deviez−vous aimer, impertinente ?

Agnès
Hélas !
Est−ce que j'en puis mais ? Lui seul en est la cause ;
Et je n'y songeois pas lorsque se fit la chose.

Arnolphe
Mais il falloit chasser cet amoureux desir.

Agnès
Le moyen de chasser ce qui fait du plaisir ?
Arnolphe
Et ne saviez−vous pas que c'étoit me déplaire ?

Agnès
Moi ? point du tout. Quel mal cela vous peut−il faire ?

Arnolphe
Il est vrai, j'ai sujet d'en être réjoui.
Vous n'aimez donc pas, à ce compte ?

Agnès
Vous ?

Arnolphe
Oui.

Agnès
Hélas ! non.

Arnolphe
Comment, non !
Agnès
Voulez−vous que je mente ?

Arnolphe
Pourquoi ne m'aimer pas, Madame l'impudente ?

Agnès
Mon Dieu, ce n'est pas moi que vous devez blâmer :
Que ne vous êtes−vous, comme lui, fait aimer ?
Je ne vous en ai pas empêché, que je pense.

Arnolphe
Je me suis efforcé de toute ma puissance ;
Mais les soins que j'ai pris, je les ai perdus tous.

Agnès
Vraiment, il en sait donc là−dessus plus que vous ;
Car à se faire aimer il n'a point eu de peine.

Arnolphe
Voyez comme raisonne et répond la vilaine !
Peste ! une précieuse en diroit−elle plus ?
Ah ! je l'ai mal connue ; ou, ma foi ! là−dessus
Une sotte en sait plus que le plus habile homme.
Puisque en raisonnement votre esprit se consomme,
La belle raisonneuse, est−ce qu'un si long temps
Je vous aurai pour lui nourrie à mes dépens ?
gnès
Non. Il vous rendra tout jusques au dernier double.

Arnolphe
Elle a de certains mots où mon dépit redouble.
Me rendra−t−il, coquine, avec tout son pouvoir,
Les obligations que vous pouvez m'avoir ?
Agnès
Je ne vous en ai pas d'aussi grandes qu'on pense.

Arnolphe
N'est−ce rien que les soins d'élever votre enfance ?

Agnès
Vous avez là dedans bien opéré vraiment,
Et m'avez fait en tout instruire joliment !
Croit−on que je me flatte, et qu'enfin, dans ma tête,
Je ne juge pas bien que je suis une bête ?
Moi−même, j'en ai honte ; et, dans l'âge où je suis,
Je ne veux plus passer pour sotte, si je puis.

Arnolphe
Vous fuyez l'ignorance, et voulez, quoi qu'il coûte,
Apprendre du blondin quelque chose ?

Agnès
Sans doute.
C'est de lui que je sais ce que je puis savoir :
Et beaucoup plus qu'à vous je pense lui devoir.

Arnolphe
Je ne sais qui me tient qu'avec une gourmande
Ma main de ce discours ne venge la bravade.
J'enrage quand je vois sa piquante froideur,
Et quelques coups de poing satisferoient mon coeur.

Agnès
Hélas ! vous le pouvez, si cela peut vous plaire.

Arnolphe
Ce mot et ce regard désarme ma colère,
Et produit un retour de tendresse de coeur,
Qui de son action m'efface la noirceur.
Chose étrange d'aimer, et que pour ces traîtresses
Les hommes soient sujets à de telles foiblesses !
Tout le monde connoît leur imperfection :
Ce n'est qu'extravagance et qu'indiscrétion ;
Leur esprit est méchant, et leur âme fragile ;
Il n'est rien de plus foible et de plus imbécile,
Rien de plus infidèle : et malgré tout cela,
Dans le monde on fait tout pour ces animaux−là.
Hé bien ! faisons la paix. Va, petite traîtresse,
Je te pardonne tout et te rends ma tendresse.
Considère par là l'amour que j'ai pour toi,
Et me voyant si bon, en revanche aime−moi.
Agnès
Du meilleur de mon coeur je voudrois vous complaire :
Que me coûteroit−il, si je le pouvois faire ?

Arnolphe
Mon pauvre petit bec, tu le peux, si tu veux.
(Il fait un soupir.)
Ecoute seulement ce soupir amoureux,
Vois ce regard mourant, contemple ma personne,
Et quitte ce morveux et l'amour qu'il te donne.
C'est quelque sort qu'il faut qu'il ait jeté sur toi,
Et tu seras cent fois plus heureuse avec moi.
Ta forte passion est d'être brave et leste :
Tu le seras toujours, va, je te le proteste,
Sans cesse, nuit et jour, je te caresserai,
Je te bouchonnerai, baiserai, mangerai ;
Tout comme tu voudras, tu pourras te conduire :
Je ne m'explique point, et cela, c'est tout dire.
(A part.)
Jusqu'où la passion peut−elle faire aller !
Enfin à mon amour rien ne peut s'égaler :
Quelle preuve veux−tu que je t'en donne, ingrate ?
Me veux−tu voir pleurer ? Veux−tu que je me batte ?
Veux−tu que je m'arrache un côté de cheveux ?
Veux−tu que je me tue ? Oui, dis si tu le veux :
Je suis tout prêt, cruelle, à te prouver ma flamme.

Agnès
Tenez, tous vos discours ne me touchent point l'âme :
Horace avec deux mots en feroit plus que vous.

Arnolphe
Ah ! c'est trop me braver, trop pousser mon courroux.
Je suivrai mon dessein, bête trop indocile.
Et vous dénicherez à l'instant de la ville.
Vous rebutez mes voeux et me mettez à bout ;
Mais un cul de couvent me vengera de tout.

Scène IX

Agnès, Alain, Georgette, Oronte, Enrique, Arnolphe, Horace, Chrysalde

Arnolphe, à Agnès.
Venez, belle, venez,
Qu'on ne sauroit tenir, et qui vous mutinez.
Voici votre galand, à qui, pour récompense,
Vous pouvez faire une humble et douce révérence.
Adieu. L'événement trompe un peu vos souhaits ;
Mais tous les amoureux ne sont pas satisfaits.

Agnès
Me laissez−vous, Horace, emmener de la sorte ?

Horace
Je ne sais où j'en suis, tant ma douleur est forte.

Arnolphe
Allons, causeuse, allons.

Agnès
Je veux rester ici.
Oronte
Dites−nous ce que c'est que ce mystère−ci.
Nous nous regardons tous, sans le pouvoir comprendre.

Arnolphe
Avec plus de loisir je pourrai vous l'apprendre.
Jusqu'au revoir.

Oronte
Où donc prétendez−vous aller ?
Vous ne nous parlez point comme il nous faut parler.

Arnolphe
Je vous ai conseillé, malgré tout son murmure,
D'achever l'hyménée.

Oronte
Oui. Mais pour le conclure,
Si l'on vous a dit tout, ne vous a−t−on pas dit
Que vous avez chez vous celle dont il s'agit,
La fille qu'autrefois de l'aimable Angélique,
Sous des liens secrets, eut le seigneur Enrique ?
Sur quoi votre discours étoit−il donc fondé ?

Chrysalde
Je m'étonnois aussi de voir son procédé.

Arnolphe
Quoi ? ...

Chrysalde
D'un hymen secret ma soeur eut une fille,
Dont on cacha le sort à toute la famille.
Agnes

Şase tricouri, cred, şi şase, precum şi capace.


Arnolphe, cu un vis puţin.
Lume, draga Agnes, este un lucru ciudat.
A se vedea calomnie, şi ca toţi cei implicaţi:
Unii vecini mi-a spus că un bărbat necunoscut tineri
A fost, în absenţa mea să vină acasă,
Pe care le suferise vederea lui şi peroraţii lui;
Dar nu am fost rea credinţă cu privire la aceste limbi,
Şi am vrut să pariez că a fost fals ...

Agnes
Dumnezeul meu, nu pariu, pierzi cu adevărat.

Arnolphe
Ce? Este adevarat ca un om ... ?

Agnes
Sigur lucru.
Acesta a se clinti din greu acasă, jur.
Arnolphe afară.
Această admitere se face cu sinceritate.
M-am inregistrat pentru ingeniozitate mai puţin.
Dar mi se pare, Agnes, dacă îmi amintesc corect,
Te-am interzis să vadă pe nimeni.

Agnes
Da, dar când l-am văzut, nu ştiţi de ce;
Şi ce aţi făcut, fără îndoială, ca mine.

Arnolphe
Poate. Dar spune-mi această poveste.

Agnes
Este foarte surprinzător şi greu de crezut.
Am fost pe balcon, pentru a lucra într-un loc răcoros,
Când am văzut trec sub copaci cu
Un tânăr bine făcut, care îndeplinesc vederea mea,
Dintr-o reverenţă umilă o dată ma salutat:
Mă să nu pierdeţi politeţe
Am facut la prova, de asemenea, pe partea mea.
Dintr-o data am refăcut-un alt arc:
Eu, reface aceeaşi diligenţă în altul;
El şi o treime în curând de plecare,
Într-un terţe ca eu plec chiar acum.
El merge şi vine şi se duce înapoi, şi întotdeauna cu o răzbunare
Sunt în veneraţie de fiecare dată noi;
Şi eu, toate aceste turnuri fix regardois,
Reverenţă noi, ca mi-ar rendois:
Ca şi cum în această noapte nu ar fi venit,
Totuşi aşa cum am ar trebui să aibă loc,
Nu doresc să dea şi să primească plictiseala
Că am putut estima mai puţin civile decât el.
Arnolphe
Ei bine.

Agnes
A doua zi, fiind la uşa noastră
Un abordările vechi mine, vorbesc în acest fel:
"Copilul meu, Dumnezeu să vă binecuvânteze el,
Şi toate farmecele tine mult timp!
Tu nu face din asta o persoană frumoasă
În scopul de a utiliza lucruri rele îţi dă;
Şi tu ştii că eşti rănit
Cu o inimă care este obligat acum să se plângă. "
Arnolphe afară.
Ah! instrument de Satana! al naibii de groaznic!

Agnes
"Eu, am rănit pe cineva! I-am spus toate surprins.
- Da, spune ea, rănit, răniţi, dar în serios;
Şi că omul le-ai văzut ieri de la balcon.
- Vai! care ar putea, spun eu, au fost implicate?
Pe el, fără să mă gândesc, am spus ceva cad?
- Nu, spune ea, ochii dvs. au fost lovitură fatală,
Şi asta e ceea ce a venit la ochii lor toate rele.

- Hei! Dumnezeul meu! surprinderea mea, am spus, fără secunde:


Ochii mei au ei rău, pentru a da lumii?
- Da, a spus ea, ochii tăi, pentru a provoca moartea,
Fiica mea are un venin care nu ştiţi.
Pe scurt, aceasta languishes, nenorocit săraci;
Şi, dacă este necesar, a continuat caritabile vechi,
Cruzime dvs. negat de relief,
El este un om de a purta pământ în două zile.
- Dumnezeule! Eu ar trebui să aibă, spun, durere foarte mare.
Dar să-l ajute ceea ce el solicită?
- Copilul meu, a spus ea, aceasta nu se
Asta bine să te văd şi să vorbesc cu tine:
Ochii tai pot preveni singur ruina sale
Şi rău au făcut la medicina.
- Vai! fericit, spun eu, şi, deoarece este atât de,
Acesta poate, ca el va veni şi mă vezi aici. "

Arnolphe afară.
Ah! vrăjitoare blestemat, otrăvitor de suflete,
Iadul de a plăti ramele de caritate!

Agnes
Acesta este modul în care ma văzut, şi a primit vindecare.
Tu, în opinia dumneavoastră, nu am dreptul?
Şi aş putea, la urma urmei, să fie conştient
Să îl lase să moară din lipsă de asistenţă,
Eu, care atât simpatizează cu oameni care suferă
Şi nu se poate, fără a plans, a se vedea un pui mor?

Arnolphe, de mai jos.


Toate acestea este lăsat ca un suflet nevinovat;
Şi am să dau vina lipsei mele nechibzuite
Fără un ghid care a plecat acest tip de maniere
Expuse in cautare de inselatorii inteligent.
Mă tem haiducul în jurămintele lui nesăbuit,
Un pic mai puternică decât joc a împins de afaceri.

Agnes
Ce este aceasta? Tu certa, cred, un pic?
Este greşit că ţi-am spus?

Arnolphe
Nu. Dar spune-mi această apartamente vedere,
Şi aşa cum tânărul a petrecut vizitele sale.

Agnes
Vai! dacă ai şti cât de fericit a fost,
Aşa cum şi-a pierdut durerea lui, cât mai curând am vi
Acest lucru pentru mine este o bandă de frumos,
Iar banii pe care am avut Alain şi Georgette,
Probabil vreau să spun şi cum am ...

Arnolphe
Da. Faisoit dar el este singur cu tine?

Agnes
El a jurat că mă iubeşte de a iubi fără un al doilea
Şi mi-a spus cele mai frumoase cuvinte din lume,
Lucruri care nu se poate potrivi,
Care, ori de câte ori am auzit vorbesc
Gadila delicat mine acolo şi se amestecă
Unii nu ştiu ce ma emoţionat toate.

Arnolphe afară.
O nefericită în vedere o fatală misterios
În cazul în care examinatorul suferă cel rău!
(A Agnes.)
În plus faţă de toate aceste discursuri, toate aceste fineţe.
Nu faisoit nu-l de asemenea, o mangaie câteva?

Agnes
Oh atât de mult! Am prenoit şi mâinile şi braţele,
Sărută-mă şi el niciodată obosit n'étoit.

Arnolphe
Nu el a făcut un punct, Agnes, altceva?
(Văzând interzise.)
Uau!

Agnes
Hei! el mi-a spus ...

Arnolphe
Ce?
Agnes
Luate ...
Arnolphe
Uh!

Agnes
...

Arnolphe
Da?

Agnes
Eu nu îndrăznesc,
Şi este posibil să fi supărat împotriva mea.

Arnolphe
Nu.

Agnes
Dacă făcut.

Arnolphe
Doamne, nu!

Agnes
Jur credinţa ta.

Arnolphe
Credinţa mea este.
Agnes
Mi-a luat ... Vei fi furios.

Arnolphe
Nu.

Agnes
Si

Arnolphe
Nu, nu, nu, nu. Deuce, că misterul!
Ce ai luat?

Agnes
Acesta ...

Arnolphe afară.
Sufar naibii.

Agnes
El a luat caseta pe care mi-ai dat.
Pentru a-ţi spun adevărul, aş putea să mă apăr.

Arnolphe, ţinând respiraţie.


Treci panglică. Dar am vrut să înveţe
Dacă nimic din ce ai sarut mainile.
Agnes
Cum? Este ceea ce facem alte lucruri?
Arnolphe
Nu.
Dar pentru a vindeca răul pe care a spus că,
Nu el a cerut de tine alta cale de atac?

Agnes
Nu. Puteţi judeca dacă ar fi întrebat,
Ca sa-l ajute mi-ar fi dat totul.

Arnolphe
Vă mulţumim pentru amabilitatea de cer, am plecat cu el;
Dacă aş cădea înapoi, nu mă deranjează faţă mine.
Hush. Nevinovăţie dvs., Agnes, este un efect.
Nu voi spune cuvântul: ceea ce sa facut se face.
Ştiu că nu doresc măgulitor galante
Indiferent dacă abuzeze de ea, şi apoi după ce râde.

Agnes
Oh! punct: mi-a spus mai mult de douăzeci de ori la mine.

Arnolphe
Ah! nu ştii ce este credinţa lui.
Dar să înveţe să accepte benzi,
Şi de a asculta aceste prostii frumoase macarale,
Ceea ce este lăsat de către aceştia, în virtutea de slăbiciune,
Şi sărut mâinile lor şi stârni inima,
Este un păcat de moarte din cele mai mari să se întâmple.
Agnes
Un păcat, ai spus? Şi de ce, ne rugăm?

Arnolphe
Motivul? Motivul este hotărârea
Faptul că aceste acţiuni Cerul este supărat.

Agnes
Supărat! Dar de ce este că el furios?
Este un lucru, vai! atât de plăcut şi atât de dulce!

Admir ce bucurie am gust toţi,


Şi totuşi, eu nu cunosc aceste lucruri.

Arnolphe
Da, eu sunt foarte mulţumit că toate aceste afectiuni,
Aceste cuvinte atât de prietenos si mangaieri dulci;
Dar noi trebuie să încercăm să fim sinceri,
Şi că, în căsătoria criminalităţii este eliminat.

Agnes
Este păcat atunci când te căsătoreşti?
Arnolphe

Nu.
Agnes
Casatoreste-te cu mine repede, vă rog.
Arnolphe
Dacă doriţi, aş dori, de asemenea,
Şi să se căsătorească Eu sunt revizuirea aici.

Agnes
Este posibil?

Arnolphe
Da.

Agnes
Ma faci sa ma simt confortabil!

Arnolphe
Da, am nicio îndoială că himenul nu te rog.

Agnes
Vrei atât de noi ...

Arnolphe
Nimic nu este mai sigur.

Agnes
Că, dacă se face acest lucru, te-am dezmierdare!

Arnolphe
Hei! lucru este pe reciprocă partea mea.
Agnes
Eu fac reconnois punct, pentru mine, atunci când râd.
Ai vorbi orice bun?

Arnolphe
Da, puteţi vedea.

Agnes
Suntem căsătoriţi?

Arnolphe
Da.

Agnes
Dar când?

Arnolphe
În seara asta.

Agnes, râzând.
In seara asta?

Arnolphe
În seara asta. Deci, te face să râzi?

Agnes
Da.

Arnolphe
Mă bucur să te vezi este ceea ce doresc.
Agnes
Vai! Am mare obligaţie,
Şi cu el voi avea satisfacţie!

Arnolphe
Cine?

Agnes
Cu ... acolo.

Arnolphe
Acolo ... : Aceasta nu este contul meu.
Pentru a alege un soţ esti un pic rapid.
Acesta este un alt într-un cuvânt, vreau ca tu gata,
Şi, ca şi pentru Sir, eu pretind, vă rugăm să
A trebuit să pună în mormânt răul de care te-a lulls,
Cu el acum te rupe orice comerciale;
Că, venind acasă, pentru compliment dvs.
Aţi închis uşa în faţa lui cinstit
Şi aruncându-l în cazul în care el conduce, o gresie a ferestrei
Necesită nici nu e bun să apară acolo.
Mă auzi, Agnes? Me, ascuns într-un colţ
Procesul de dvs. Eu voi fi martor.

Agnes
Las! este atat de bine facut! Este ...

Arnolphe
Ah! faptul că limba!
Agnes
Eu nu va avea inima ...

Arnolphe
Nr zgomot în continuare.
Urca acolo.

Agnes
Dar ce? nu tu ... ?
Arnolphe
Destul.
Sunt maestru, eu spun: Du-te si asculta.

Actul V
Scena III

Agnes Arnolphe, Horace

Horace
Nu fi nerăbdător atunci când am de gând să luaţi:
Este un seif pe care eu dau.
Stai cu mine, ea ar distruge totul:
Introduceţi această uşă, apoi permiteţi-vă conduce.
(Arnolphe ia mîna fără recunoştinţa ei.)

Agnes
De ce nu mă lăsaţi?

Horace
Buna Agnes, trebuie sa.

Agnes
Gândiţi-vă, vă rog, reveniţi în curând.

Horace
Sunt destul de apăsat pentru dragostea mea.

Agnes
Când văd când indicaţi, eu nu sunt fericit.

Horace
Departe de tine, ma vad trist.
Agnes
Vai! dacă ar fi adevărat, vă va rămâne aici.

Horace
Ce? s-ar putea îndoi de iubirea mea extremă!

Agnes
Nu, tu nu ma iubesti la fel de mult cum te iubesc.
(Arnolphe Taffy.)
Ah! ma nevoie de prea.

Horace
Este faptul că este periculos
Buna Agnes, în acest loc ne sunt văzute atât;
Şi prietenul perfect care-ti mainile apăsaţi
Urmăreşte zel prudent pentru noi interesate.

Agnes
Dar, după un străin ...

Horace
Reţinerea nimic:
În mâinile astfel că nu va fi bun.

Agnes
Am trouverois mai bună între cele de Horace.
Horace
Şi mi-ar fi ...

Agnes, cel care îl deţine.


Aşteaptă.

Horace
Adio: ziua în care am Hunt.
Agnes
Când voi vedeţi atunci?

Horace
În curând. Desigur.

Agnes
Eu va fi dor de până acum!

Horace
Mulţumesc cerului, fericirea mea este mai mare concurenţă,
Şi eu pot dormi acum în asigurări.

Scena IV

Arnolphe, Agnes

Arnolphe, nasul în mantia lui.


Hai, acest lucru nu este în cazul în care voi rămâne,
Şi cabana dvs. este, de asemenea, pregătită de mine:
Eu susţin într-un loc sigur pentru tine.
Tu mă cunoşti?

Agnes, recunoscător.
Hay!

Arnolphe
Fata mea, jad,
Cu această ocazie face simturile speriat
Şi aceasta este împotriva inima m-ai vedea aici.
Am supărat planurile ei în dragostea pe care le-aţi.
(Agnes a vedea dacă acesta nu va vedea Horace.)
Nu apela ochiul galand de ajutorul dumneavoastră:
Este prea departe pentru a vă oferi ajutor.
Ah! ah! încă atât de tineri, te joci astfel de trucuri!
Dvs. de simplitate, care pare a fi unic,
Întreb dacă fac copii de către ureche;
Şi tu ştii cum să dea numiri pe timp de noapte
Şi să urmeze o galand scapa fără un sunet!
Fir-ar să fie! ca-l ademeneasca cu limba dvs.!
Acesta trebuie să fie că ai fost a face o şcoală bună.
Deuce că toate dintr-o dată le-aţi învăţat atât de mult?

Tu nu agita peste constatare minţile?


Şi Galand, pe timp de noapte, astfel încât să încurajat?
Ah! obraznic, vin la acest perfidiei?
În ciuda tuturor meu de beneficii sub forma un astfel de plan!
Sarpe mic pe care am încălzit în sânul meu,
Şi de îndată ce se simte, pentru o stare de spirit nerecunoscatoare,
Încearcă să facă rău să-l care măgulit!

Agnes
De ce nu te plânge?

Arnolphe
Am foarte greşit, într-adevăr!

Agnes
Nu vreau nici un rău în ceea ce am facut.

Arnolphe
Urmează o acţiune galant nu este infam?

Agnes
El este un om care spune că mă vrea pentru soţia sa;
Am urmat lecţii ta, şi aţi predicat
El trebuie să se căsătorească pentru a lua păcatul.

Arnolphe
Da. Dar femeia, eu vă voi prétendois;
Şi am faptul vecine, cred, destul de auzit.

Agnes
Da. Dar pentru a fi sincer cu tine ne
Nu este mai pe gustul meu pentru ea decat tine.
În căsătoria ta este enervant şi dureros,
Şi discursul dumneavoastră face o imagine teribil;
Dar, vai! el face, el, atât de plină de plăcere,
Decât se căsătorească dă dorinţele.

Arnolphe
Ah! este faptul că vă place, trădător!

Agnes
Da, îmi place.

Arnolphe
Şi aveţi faţă să-mi spună!

Agnes
Şi de ce, dacă este adevărat, nu ar trebui să spun?

Arnolphe
Trebuie să te iubesc, sassy?

Agnes
Vai!
Nu, dar pot? El singur este cauza;
Şi atunci când nu songeois a devenit lucru.

Arnolphe
Dar a fost necesar pentru a conduce iubitorii de dorinta.

Agnes
Modul de a conduce ceea ce este distractiv?

Arnolphe
Şi nu ştiţi că a fost mă plac?

Agnes
Mine? la toate. Ce rău poate face?

Arnolphe
Este adevărat, am motive să fie bucuros.
Nu-ti place, în acest cont?

Agnes
Tu?

Arnolphe
Da.

Agnes
Vai! nu.

Arnolphe
De ce, nu!
Agnes
Vrei să mint?

Arnolphe
De ce nu mă iubeşti, Doamnă obraznic?

Agnes
Dumnezeule, nu-mi să vă ar trebui să vină:
Ce ai facut ca el este dragostea?
Eu nu v-am împiedicat, cred.

Arnolphe
Am încercat cu toate puterile mele;
Dar de îngrijire am luat, am pierdut-le pe toate.

Agnes
Într-adevăr, aşa că ştie despre el mai mult decât tine;
Pentru a fi iubit, deoarece el nu a avut nici un necaz.

Arnolphe
A se vedea modul în care motivele urâtă şi răspunsuri!
Ciuma! un valoros ea ar spune mai multe?
Ah! Nu am cunoscut bine sau, cuvântul meu! pe ea
Un nebun ştie mai multe decât cel mai inteligent om.
Întrucât raţionamentul din mintea ta se consumă,
Un motiv fine, este că, atât timp
Eu te-l hrănit pe cheltuiala mea?
nate
Nu. Acesta va face toate pana la ultima dubla.

Arnolphe
Ea are unele cuvinte care, în ciuda camere duble mea.
Fă-mă acolo, obraznic, cu toată puterea,
Obligaţiuni pe care le puteţi mine?

Agnes
Eu nu-l au în astfel de mare crezi.
Arnolphe
Este nimic din ceea ce se ocupe de creşterea unui copil?

Agnes
Ai acolo foarte bine făcut,
Şi să mă înveţe toate frumos facut!
Credeţi că mă mai plat, şi în cele din urmă, în capul meu
Nu mi se pare că eu sunt o fiară?
Eu însumi, mi-e ruşine, şi în epoca în care sunt eu,
Nu vreau să-şi petreacă prost, dacă aş putea.

Arnolphe
Să evitaţi ignoranta si doresc, ce costuri,
Învăţarea de la ceva de transport pe cablu?

Agnes
Fără îndoială.
De la el stiu ce pot gasi:
Şi mult mai mult decât cred că-l datorezi.

Arnolphe
Nu ştiu că mă simt cu un gurmand
Mâna mea această răzbunare bravadă discurs.
Ma înfurie atunci când văd o rece la cald,
Şi o pumni câteva satisferoient inima mea.

Agnes
Vai! Aveţi posibilitatea, în cazul în care vă rog.

Arnolphe
Acest cuvânt şi acest aspect dezarmeze furia mea
Şi a produs un profit de sensibilitate a inimii,
Că acţiunea sa şteargă mine întuneric.
Lucru ciudat de a iubi, şi că pentru aceste trădător
Bărbaţii sunt predispuse la astfel de puncte slabe!
Toată lumea ştie că imperfecţiunea lor:
Acest lucru este extravaganţă şi indiscrete;
Spiritul lor este rău, iar nucleul lor delicata;
Nimic nu este mai slab şi mai prost,
Mai infidelă şi în ciuda tuturor acest nimic,
În lumea totul este făcut pentru aceste animale.
Ei bine! face pace. Du-te, trădător puţin,
Eu vă ierte tot ceea ce si da inapoi dragostea mea.
Considerat de dragoste am pentru tine,
Si vazand-mă atât de bine, ca mine cu toate acestea.
Agnes
Cele mai bune din inima mea pe care doriţi vă rugăm să:
Mă că ar costa dacă am pouvois fac?

Arnolphe
Cioc bietul meu, puteţi, dacă doriţi.
(Este un suspin.)
Ascultă doar ceea ce iubitorii de suspin,
A se vedea acest aspect moarte contempla persoana mea,
Şi a lăsat brat si dragostea pe care ţi-o dă.
Este o soarta pe care el trebuie să fi aruncat pe tine,
Şi veţi fi de sute de ori mai fericit cu mine.
Pasiunea puternică este să fie curajos şi agil:
Tu vei mereu vor, am protestat,
Şi întotdeauna, zi şi noapte, voi vă dezmierdare,
Voi freca, sarut, mâncaţi;
Aşa cum doriţi, aveţi posibilitatea să vă conduce:
Nu pot să înţeleg ideea, şi că este totul.
(O parte.)
Cat de mult pasiunea poate face du-te!
În cele din urmă la dragostea mea nimic nu poate fi egal cu:
Ce dovadă vrei să-ţi dau, nerecunoscător?
Vrei sa vezi plangand? Vrei să lupte?
Vrei am rupt o parte din păr?
Nu vrei să mă omori? Da, spun că dacă vrei:
Eu sunt gata, crude, pentru a dovedi dragostea mea pentru tine.

Agnes
Aici, toate discursurile, nu mă atinge sufletul:
Horace cu două cuvinte ar fi mai mult decât tine.

Arnolphe
Ah! mine este prea curajos, împinge prea mânia mea.
Eu va urma planul meu, bestie prea greu de stapanit.
Şi tu eşti acolo la data de oraş.
Vă urez oprit şi ma pus în cele din urmă;
Dar o mănăstire fundul mă răzbune de tot.

Scena IX

Agnes, Alain, Georgette, Orontes, Enrique, Arnolphe, Horace, Chrysalde

Arnolphe, la Agnes.
Haide, frumos, vin,
Sauroit facem deţin, şi te revoltă.
Aici e galant tău, care, de recompensa,
Puteţi face o reverenţă smeriţi şi blânzi.
La revedere. Evenimentul va face unele erori, dorinţele dumneavoastră;
Dar iubitorii nu sunt îndeplinite.

Agnes
Tu lasa-ma, Horace, ia asta?

Horace
Nu ştiu unde sunt eu, cum durerea mea este puternică.

Arnolphe
Haide, iubire scaun, merge.

Agnes
Vreau să rămân aici.

Orontes
Spune-ne ce e ca un mister.
Ne uităm la toate, fără puterea de a înţelege.
Arnolphe
Cu mai mult timp liber pot să vă spun.
Până ne vom întâlni din nou.

Orontes
În cazul în care nu ai de cerere?
Tu nu vorbesc cu noi ca avem nevoie să vorbim.

Arnolphe
Te-am sfătuit, în ciuda tuturor sale murmur,
Pentru a finaliza căsătorie.

Orontes
Da. Dar, pentru a încheia,
Dacă v-am spus tot, faci, nu spui
Aveţi acasă în cauză,
Fiica de tipul anterior Angelica
Sub link-uri secrete, Enrique a fost Domnul?
Care a fost discursul dumneavoastră, apoi, pe baza?

Chrysalde
M'étonnois văd, de asemenea, procesul său.

Arnolphe
Ce? ...

Chrysalde
Dintr-o căsătorie secretă sora mea a avut o fiică,
, Care a ascuns-te de întreaga familie.
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