Température de Surface: Mesure Par Contact
Température de Surface: Mesure Par Contact
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 1
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
Notations et symboles
Symbole Unité Désignation Symbole Unité Désignation
E W.m-2 éclairement énergétique , m dimension
F, F’ .................. facteurs de forme rc, r c¢ K.W-1 résistances thermiques de contact
K, KJ, K J¢ .................. coefficients d’erreur rB K.W-1 résistance thermique de la barre
K (t) .................. erreur relative en régime transitoire rE K.W-1 résistance thermique globale de la
liaison
K (0) .................. erreur relative à t = 0 ri K.W-1 résistance thermique
K (¥) .................. erreur relative en régime permanent rM, rS, r S¢ K.W-1 résistances thermiques de constriction
L m dimension t s temps
Rc K.m2.W -1 résistance thermique de contact par t0, tr s temps de réponse
unité de surface
RS K.m2.W -1 résistance de contact (constriction) x m abscisse
Rf K.m2.W -1 résistance thermique de la couche fluide y m rayon du cercle de contact
interstitielle
S m2 surface apparente de contact yB m rayon de la barre thermométrique
T, T (t) K températures de surface exactes a ................... absorptivité de la surface
TE, T0 K températures extérieures équivalentes dq = T - q K erreur de mesure
Tf K température du fluide de l’enceinte e , ei ................... émissivités
TL K température finale du milieu q, q(t) K températures de surface mesurées
Tp K température perturbée qM K température de l’élément sensible
T p K température intermédiaire entre T et Tp l, lB, lc, W.m-1.K-1 conductivités thermiques du milieu, de
lD, lE la barre, de la couche, du disque, de la
liaison extérieure
TES K température de la source extérieure lJ, l J¢ W.m-1.K-1 conductivités thermiques
thermostatée
Tpe K température de la paroi de l’enceinte l W.m-1.K-1 moyenne harmonique des
conductivités
¢
T pe K température d’un élément de la paroi de lcr , W.s1/2.m-2.K-1 effusivités thermiques du milieu,
l’enceinte de la barre
lB cB rB
Tm K température mesurée par méthode r, rB kg.m-3 masses volumiques du milieu,
semi-intrinsèque de la barre
c, cB [Link]-1.K-1 capacités thermiques massiques s W.m-2.K-4 constante de Stefan
du milieu, de la barre
dS m2 élément de surface j’, jE W.m-2 densités de flux absorbé, dissipé
e, ec, ei, e i¢ m épaisseurs du capteur, de la couche Q, QA, K températures mesurées (conducteurs
interstitielle, des supports isolants QB séparés)
f V, W, W.m-2... grandeur thermométrique F W flux de chaleur total transféré
h, h’, h0 W.m-2.K-1 coefficients globaux de transfert F c , Fr W flux de chaleur transférés par
convection, par rayonnement
hc, hr W.m-2.K-1 coefficients de transfert par convection, FE W flux dissipé
par rayonnement
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 3
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
Ces dernières sont plus sensibles mais peuvent être un peu moins
Température T stables que les premiers. L’ensemble de ces thermomètres permet
d’explorer un domaine de température très étendu (- 200 à
+ 1 000 °C).
T (¥)
X ● Ils concernent ensuite les effets thermoélectriques qui pren-
T (t*) nent naissance dans un circuit électrique constitué de deux conduc-
teurs de type différent lorsque les températures T0 et T de leurs
jonctions sont différentes (couples thermoélectriques métalliques
ou à semi-conducteurs). La force électromotrice e résultante (f.é.m.
Seebeck) dépend, selon une loi non linéaire, de l’écart q = T - T0 et
T (0) de la température T0 de la jonction prise pour référence. On utilise
souvent une loi approchée de la forme :
0 t* Temps t 2
e=aq+bq
Figure 1 – Réponse du système à un échelon de température
Le domaine d’utilisation des différents couples thermoélectriques
couvre une gamme étendue qui va des très basses températures
(quelques kelvins) aux températures élevées (1 500, voire 2 500 °C
définir, on analyse la réponse du système à un échelon de tempéra- avec des métaux réfractaires ou des couples thermoélectriques non
ture (figure 1). métalliques). Leur sensibilité est plus faible que celle des thermomè-
Si T (0), T (t*), T(¥) désignent respectivement les températures tres à résistance, mais ils permettent des mesures plus ponctuelles.
mesurées à l’instant initial où débute l’interaction, à l’instant ● Ils concernent enfin des phénomènes thermosensibles variés
t*(t* = t ou tr) et lorsque l’interaction a atteint son équilibre (t ® ¥), mis en œuvre dans les capteurs de température à fibre optique.
t* est alors défini par la relation : L’élément sensible (microcavité corps noir, miroir bilame, pastille
semi-conductrice, éléments phospholuminescents...) est situé à
T(t*) Ð T(¥) l’extrémité de la fibre et délivre un signal optique qui est conduit le
---------------------------------- = X
long de la fibre jusqu’à l’appareil de mesure.
T(0) Ð T(¥)
● Parmi ces procédés qui nécessitent une liaison matérielle avec
Pour définir la constante de temps (t* = t), la valeur de ce rapport l’extérieur, d’autres procédés moins courants peuvent également
1 être envisagés. C’est le cas, par exemple, du niveau de bruit thermi-
est X = --- (e = 2,718..).
e que d’une résistance métallique pour des mesures à très basse tem-
Pour définir le temps de réponse à k x 10-n près (t* = tr), la valeur pérature, ou de la fréquence de résonance d’un cristal piézo-
de ce rapport est X = k x 10-n. électrique, phénomènes qui varient tous deux avec la température.
Cette constante de temps ou ce temps de réponse dépend non ■ Enfin, parmi les procédés moins classiques qui utilisent le dépôt
seulement du capteur et de la chaîne thermométrique, mais de ses sur la surface d’éléments thermosensibles et qui ne nécessitent pas
liaisons thermiques avec la surface et l’environnement. de liaisons matérielles avec l’extérieur, il faut rappeler les phénomè-
nes de base concernant les produits photoluminescents, les cristaux
liquides de type cholestériques, les peintures thermosensibles et,
enfin, les éléments fusibles ou ceux subissant un changement
1.5 Principaux phénomènes d’état.
thermométriques
● Phénomènes de luminescence
On donne (tableau 1) les principaux phénomènes thermométri- Certaines substances telles que des sulfures (ZnS), lorsqu’elles
ques pouvant être utilisés lors de la mesure d’une température de sont excitées par un rayonnement ultraviolet, sont capables d’émet-
surface, par contact ainsi que le domaine de température où ils peu- tre un rayonnement visible. Cette émission s’effectue simultané-
vent être envisagés. ment par fluorescence (émission spontanée) et par phospho-
rescence (émission retardée). Cette dernière subsiste longtemps
Les phénomènes envisageables comprennent tous ceux qui sont après l’excitation et la température a une action importante sur elle :
utilisés pour mesurer des températures au sein du milieu et tous l’émission s’affaiblit lorsque T augmente (phénomène d’extinction
ceux qui peuvent être mis en œuvre en raison de l’accessibilité de la thermique). Les sulfures ont un spectre d’émission qui comprend
surface à une observation directe. Nous ne les décrirons pas de une, deux, voire trois bandes et l’affaiblissement dépend de manière
manière détaillée ici, renvoyant pour une description complète aux très marquée de la longueur d’onde de la lumière émise. On observe
références [38] [39] [40] [41] dans ce traité. une modification de la couleur de la lumière émise avec la tempéra-
ture.
■ Parmi les procédés les plus classiques qui nécessitent une liaison
matérielle avec l’extérieur, il faut rappeler en premier ceux qui utili- Une première méthode, dite méthode de couleur, consiste donc à
sent les phénomènes électriques et qui trouvent leur fondement considérer comme paramètre thermosensible f le rapport des lumi-
dans la physique du solide. Ils sont bien connus. nances spectriques relatives à deux longueurs d’onde fixées l1 et l2.
● Ils concernent d’abord les variations, avec la température, de la Le domaine d’utilisation de cette méthode est compris entre - 240 et
résistivité électrique d’éléments conducteurs de l’électricité, tels + 200 °C. En raison de son principe même (extinction thermique),
que métaux ou semi-conducteurs. Le paramètre thermosensible est elle ne peut être utilisée à haute température.
la résistance électrique. Celle-ci varie selon les lois empiriques (T en Une seconde méthode, dite de phosphorescence, consiste à pro-
kelvins) : voquer une modulation de l’excitation UV du sulfure ; l’émission est
alors modulée, le taux de modulation de celle-ci ou son déphasage
R = R0 + a (T - T0) + b (T - T0)2 par rapport à l’excitation peut être choisi comme paramètre thermo-
sensible. Le nombre de sulfures envisageables est plus grand et le
pour les thermomètres à résistance métallique,
domaine d’application de cette méthode plus large (- 240 à
et R = a exp (b /T ) + 400 °C). On trouvera une documentation détaillée sur cette techni-
pour les thermistances. que de mesure très particulière en [5] [6] [7].
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 5
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
■ Accessibilité de la surface
La surface n’est pas toujours accessible à une observation T2
directe ; la fixation ou l’insertion d’un capteur superficiel n’est pas
toujours envisageable. Le choix de la méthode dépend donc de ces
contraintes. T1
■ Agressivité de l’environnement
Température T
Nous avons déjà indiqué (§ 1.6) les diverses interactions avec le
milieu extérieur. Certaines de celles-ci, d’origine thermique
Figure 3 – Procédés de mesure indirecte
(influence d’un rayonnement extérieur), mécanique (accélération,
vibrations), chimique (corrosion), électrique, peuvent avoir une
influence si néfaste sur certaines méthodes qu’elles conduisent à les
éliminer. éléments thermométriques au sein du milieu et à différentes profon-
deurs de manière à connaître l’évolution du champ de température
Quelle que soit la méthode retenue, il faut savoir qu’elle s’accom-
pagne d’effets parasites qui doivent être bien connus. Les erreurs selon la normale n à la surface. L’extrapolation de ce champ
qui en résultent peuvent être classées en deux catégories : (figure 3) donne en principe la température TS de la surface. Cette
— les unes sont liées directement au phénomène thermométri- extrapolation est délicate. Elle est très sensible aux erreurs sur la
que choisi ; elles correspondent à l’imprécision sur la mesure du position des capteurs et sur la mesure des températures. Elle sup-
paramètre thermosensible et aux effets parasites attachés à ce pose aussi que l’on connaisse localement la forme de la loi théori-
phénomène ; que d’évolution de la température dans la couche sous-jacente ou
— les autres sont liées au fait que l’interaction thermomètre- que l’on sache la déterminer de manière approchée.
surface provoque une perturbation locale du champ de température
que l’on souhaitait mesurer ; la température de la surface n’est plus En régime permanent, cette extrapolation est assez facile, notam-
celle qui y régnait avant la mise en œuvre du thermomètre. ment dans le cas de champs unidirectionnels pour lesquels la loi de
température est linéaire, logarithmique ou hyperbolique selon qu’il
s’agit d’un problème plan, à symétrie cylindrique ou sphérique.
En régime transitoire, cette extrapolation est beaucoup plus déli-
2. Différents types de mesure cate en raison du processus même de conduction de la chaleur, qui
fait qu’un signal thermique se déforme et s’amortit en progressant.
par contact (Les composantes de haute fréquence du spectre de Fourier se pro-
pagent, s’amortissent et se déphasent plus vite que celles de basse
fréquence.) Il en résulte que le sens dans lequel le phénomène ther-
Deux types de procédés peuvent être envisagés selon que cette mique progresse de l’intérieur vers la surface ou de la surface vers
détermination de la température de surface est directe ou indirecte. l’intérieur est très important pour une bonne détermination de la
température de surface. Dans le cas où le phénomène thermique
■ Procédés de mesure directe
progresse de l’intérieur vers la surface, l’extrapolation du champ
Ils consistent à déterminer la température de la surface en appli- interne jusqu’à la surface est relativement sûre.
quant directement l’élément thermométrique sur celle-ci
(figure 2 a) ou bien en insérant, lorsque cela est possible, le capteur Par contre, dans le cas contraire, cette extrapolation est à décon-
thermométrique de faible épaisseur dans la couche superficielle seiller car elle devient d’autant plus « scabreuse » que le capteur est
(figure 2 b). Les capteurs peuvent être de formes variées (disque ou éloigné de la surface et que le phénomène transitoire est rapide. En
plaque mince, cylindre, etc.), ou encore être déposés en couche effet, une partie plus ou moins importante du signal a été définitive-
mince sur la surface. Il est nécessaire qu’ils soient en contact le plus ment perdue au cours de sa progression de la surface jusqu’au cap-
intime possible avec le milieu et qu’ils perturbent le moins possible teur le plus proche et il est illusoire de penser pouvoir le
les transferts de chaleur superficiels (cela n’est pas toujours bien reconstituer. De plus, pour déterminer la température à l’instant t,
réalisé). on a besoin de connaître les températures au sein du milieu à des
instants t ’ supérieurs à t. (Le signal met un certain temps avant
■ Les techniques de mise en œuvre seront décrites au d’arriver au droit du capteur.)
paragraphe 5.
Malgré cette restriction, cette technique d’extrapolation, quand
■ Procédés de mesure indirecte. Mesures inverses elle peut être mise en œuvre, présente un avantage considérable sur
● Ces procédés consistent à déterminer la température de surface les mesures directes car les capteurs ainsi implantés ne perturbent
à partir de mesures de températures effectuées au sein du milieu, pas la température superficielle et, si la position de ces capteurs est
dans la couche subsurfacique et le plus près de la surface possible. connue avec une grande précision, elle conduit à une détermination
La technique la plus simple et la plus ancienne consiste à placer des beaucoup plus précise.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 6 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 7
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 8 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
e s F ( T 4 Ð T pe
4 ) d S » h ( T Ð T )d S
r pe
avec h r = 4 e s F T pe
3
T y
T pe est une température intermédiaire entre T et Tpe que nous 0
supposerons constante. On voit que le coefficient de rayonnement
est proportionnel à l’émissivité de la surface.
Le flux de chaleur total transféré de l’élément dS vers l’extérieur
peut alors s’écrire : 10y
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 9
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
lE
lD
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 10 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
¢4 rM rE
j¢ sFT pe d q = K ( T Ð T E ) Ð ----------------------------- F 0
T E = T f + ------ = T f + -------------------- rM + rc + rE
h h
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 11
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
rM rE
K ( T Ð T E ) = ----------------------------- F 0c
rM + rc + rE
rM + rc x
soit F 0c = p y 2 h 0 ( T Ð T 0 ) = ------------------ ( T Ð T E )
rM rE
rM + rc T Ð TE
ou encore pour p y 2 h 0 = ------------------ ----------------
rM rE T Ð T0
Température
■ Pour F0 < F0c, l’erreur est positive et
Tp
pour F0 > F0c, l’erreur est négative. T
q
■ Enfin, lorsque le flux F évacué par le capteur est égal à F0, T - Tp T0
est nul et : TE
TÐT 0 x
h 0 p y 2 ( T Ð T 0 ) = ---------------E-
rc + rE Figure 12 – Cas où l’application du thermomètre réduit les échanges
superficiels
Le champ de température initial n’est pas perturbé par la présence
du capteur, mais il n’en demeure pas moins une erreur de mesure
en raison de la résistance de contact.
F F
x x
Température Température
Température
T T0
TE
q T
T0
Tp Tp Tp
q q
T
TE TE
T0
0 x 0 x 0 x
a TE > T b TE < T
T0 < T T0 > T
Figure 11 – Cas où un flux de chaleur important traverse l’aire Figure 13 – Cas où l’application du thermomètre inverse
de mesure les échanges superficiels
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 12 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Rayonnement
A B A B
Rayonnement
qM
ri
qM
Figure 14 – Échanges le long de la liaison extérieure ri q q
contact
Conductrice direct 5 127 0 127 459 0,223
(l = 100 W.m-1.K-1)
isolée 5 127 2 333 2 460 459 0,843
contact
Isolante direct 5 000 1 270 0 1 270 459 0,932
(l = 0,1 W.m-1.K-1)
isolée 5 000 1 270 2 333 3 603 459 0,949
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 13
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
l rM
A B 1 + ------ -------------------------
lJ rM + ( rc )J 1
avec K J¢ = K J ------------------------------------------ et K J = -----------------------------------
1 + ----- l- ( rE )J
T 1 + ------------------------ -
lJ rM + ( rc )J
Tp
Erreur
Pour chaque conducteur, K J¢ < K , l’égalité ayant lieu lorsque
qA qB Q r M >> ( r c ) J (cas d’un milieu isolant thermique). Le coefficient
d’erreur relatif à la mesure est donc intermédiaire entre, K A¢ et K B¢
q
T pA TpB Exemple : valeurs de K A¢ , K B¢ et de la valeur moyenne
K ¢ = ( K A¢ + K B¢ )/2 pour une sonde à conducteurs séparés assez
classique (tableau 4).
Celle-ci est constituée par deux fils (Ø = 0,5 mm), l’un en chromel
(conducteur A), l’autre en alumel (conducteur B), maintenus dans deux
tubes isolants (Øext = 2 mm ; Øint = 0,8 mm ; conductivité
Figure 16 – Sonde thermoélectrique dite à conducteurs séparés l = 1 W.m-1.K-1). Le coefficient global de transfert superficiel sur ces
-2 -1
tubes est h = 10 W.m .K . La conductivité axiale moyenne de cha-
que élément (fil + gaine) est ú Ð1 .K Ð1 ,
l A¢ = 2,09 W.m
l B¢ = 2, 71W.mú Ð 1 .K Ð 1 . Les résultats concernent trois mesures
4.4.2 Sondes thermoélectriques dites typiques : sur un très bon conducteur, sur un conducteur moyen et sur
à conducteurs séparés (figure 16) un isolant. On suppose que ce dernier a subi une métallisation de sur-
face de très faible épaisseur pour assurer la liaison électrique entre A
Dans ce type de dispositif, assez utilisé, les conducteurs A et B et B.
constituant les deux éléments du couple sont appliqués séparément On constate que le coefficient K’ est nettement plus petit que K pour
sur la surface. La jonction est effectuée par le milieu (M), lui-même les mesures sur les conducteurs ( r M << r c ) et pratiquement identique
supposé conducteur de l’électricité. Le principe de la mesure est à K pour la mesure sur l’isolant. Cette technique de mesure ne pré-
beaucoup plus séduisant. Il suppose cependant l’égalité des tempé- sente donc pas, dans ce cas, d’avantage particulier.
ratures au niveau des jonctions (A) « (M) et (M) « (B). Cette tempé-
rature commune Q est alors la température mesurée. Mais celle-ci Cette modélisation de l’erreur, que nous avons proposée [15], a
ne coïncide pas avec la température de surface. Chaque élément A fait l’objet d’une étude approfondie de la part de A. Gery et coll. [18].
ou B crée une perturbation locale du champ de température, analo- Ces auteurs utilisent des éléments A et B semi-conducteurs (Bi2Te3
gue à celle déjà décrite (§ 4.3.1). Le contact est encore imparfait et la dopés N ou P). L’accord entre le modèle théorique et l’expérience est
température moyenne du contact Q est située entre les températu- très satisfaisant. A. Gery a étudié aussi l’influence de la couche de
res Tp et q de part et d’autre de l’interface. L’erreur T - Q est plus fai- métallisation déposée sur des surfaces isolantes [19].
ble qu’avec les autres dispositifs, mais elle n’est pas nulle. Pour des
éléments métalliques, on a approximativement :
l (Tp - Q) = lJ (Q - q) 4.4.3 Sondes à compensation de flux (figure 17)
lJ étant la conductivité du conducteur (J º A ou B) et l celle du
milieu. Il en résulte que Q est d’autant plus proche de Tp que lJ/l est Le principe de ces sondes, que nous avons déjà indiqué (§ 4.3.1),
faible. Cependant, lA étant différent de lB, l’égalité des températu- consiste à annuler le flux transféré de la surface vers l’extérieur à
res QA et QB n’est, en général, pas vérifiée, et l’indication du thermo- travers le capteur et à s’affranchir ainsi de la résistance de contact
mètre correspond à une température intermédiaire à ces deux capteur-surface. Pour cela, on substitue à la liaison entre le capteur
valeurs. et l’extérieur une liaison entre le capteur et une source thermostatée
On peut calculer T - QJ pour chaque conducteur (J º A ou B). à TES le plus proche possible de q. Pour un réglage parfait :
On trouve encore :
TES = q = Tp
T Ð Q J = K J¢ ( T Ð T E )
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 14 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
TES L
l
Surface
rES
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 15
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 16 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
alors que, si le contact est imparfait (Rc ¹ 0), K est égal à 100 %, quels
0,60 que soient le milieu et le thermomètre ;
— pour les faibles valeurs de t (figure 21), on a l’expression
asymptotique :
0,40
2 t
III K ( t ) = 1 Ð -----------------------------------------
II
p Rc lB cB rB
I
L’erreur décroît d’autant plus vite dans les premiers instants que
0,20
le contact thermique entre le capteur et la surface est bon et que son
effusivité est petite ;
— pour t ® ¥, on retrouve l’expression de l’erreur obtenue en
0
régime permanent [équation (5), § 4.3.1].
10 – 4 10 –2 1 102 104
Ces résultats font encore apparaître des différences fondamenta-
Temps (s)
les entre les mesures sur un milieu conducteur et sur un milieu
Conducteur I Rc = 0 isolant :
l = 100 W. m–1. K–1 II Rc = 0,25 x 10 –4 K. m2. W –1
c r = 3,1 x 106 J. m–3. K–1 III Rc = 10 –4 K. m2. W –1 — pour un milieu isolant, l’erreur reste très importante, même
lorsque t ® ¥ ; elle dépend peu de la résistance de contact ;
Isolant à forte capacité
thermique volumique — pour un milieu conducteur, l’erreur commise dépend surtout
IV Rc = 0
l = 0,19 W. m–1. K–1 de la valeur de Rc et elle décroît avec t d’autant plus vite et sa valeur
V Rc = 5 x 10– 4 K. m2. W –1 est d’autant plus petite que Rc est faible.
c r = 1,7 x 106 J. m– 3. K–1
Figure 21 – Évolution de l’erreur relative K (t) (brusque mise K(¥) s’identifiant au coefficient d’erreur en régime permanent.
en contact)
Tableau 6 – Temps de réponse tr (en secondes) (capteur mis brusquement en contact avec la surface)
yB Rc/yB =
Nature de la paroi
(m) 0 0,05 K.m.W-1 0,20 K.m.W-1 1 K.m.W-1
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 17
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
Pour une mesure sur un isolant, les temps de réponse sont beau- Cependant, des différences fondamentales apparaissent encore
coup plus grands mais pratiquement indépendants des conditions entre les mesures sur milieux conducteurs et sur milieux isolants :
de contact considérées. — pour un milieu isolant (figure 23 b), l’erreur absolue, qui était
déjà très importante avec un contact parfait, n’augmente que faible-
Tout cela montre que le temps de réponse n’est pas une caracté- ment avec l’imperfection du contact (de 0,69 à 0,73) ; cette erreur
ristique spécifique du capteur mais de l’ensemble milieu - capteur - dépend donc relativement peu de la résistance de contact, mais
environnement. principalement de la convergence des lignes de flux vers le capteur
Par ailleurs, des calculs effectués pour d’autres rayons yB [16] et (macroconstriction) ;
dont certains résultats sont donnés dans le tableau 6, montrent que, — pour un milieu conducteur (figure 23 a), par contre, l’erreur
quels que soient le milieu considéré et la nature du contact, l’erreur commise dépend essentiellement de la résistance thermique de
de mesure et, surtout, le temps de réponse diminuent avec le rayon contact, l’erreur absolue croissant d’autant plus vite que le contact
yB de la barre. est imparfait (de 0,004 à 0,337).
c) Par ailleurs, les calculs effectués pour d’autres rayons yB de la
barre montrent que, quels que soient le corps considéré et la résis-
4.5.2 Capteur préalablement appliqué sur tance de contact, l’erreur absolue de mesure augmente avec le
la surface rayon yB.
■ Évolution de l’erreur relative (figure 23 c et d )
Le modèle est semblable à celui décrit (§ 4.2) avec les différences
Elle est très différente. On constate qu’elle décroît rapidement au
suivantes (figure 22) :
cours du temps. Pour Rc ¹ 0, sa valeur initiale est de 100 %, alors
— le milieu dont on veut mesurer la température est une paroi que, pour Rc = 0, sa valeur initiale est [relation (7)] :
plane, d’épaisseur L ;
— les répartitions initiales de température dans le milieu et le lB cB rB
capteur sont identiques et égales à la température équivalente de K ( 0 ) = --------------------------------------------
-
l’environnement TE ;
l B c B r B + lcr
— les échanges superficiels sont supposés négligeables sur la
face x = 0 sur laquelle est appliqué le capteur ; [Link] Validité, en régime transitoire, du schéma simple
établi pour le calcul de l’erreur en régime permanent
— enfin, à l’instant initial, l’autre face x = - L est portée à la tem-
pérature TL constante. Les courbes donnant l’évolution de l’erreur relative K(t) (figure 23
Un phénomène transitoire se développe dans la plaque de la face c et d) montrent que celle-ci varie énormément dans les tout pre-
x = - L vers la face x = 0. Au bout d’un temps suffisamment long, on miers instants, mais que, rapidement, elle devient constante, alors
atteint un nouveau régime permanent. La température dans la pla- que les températures exactes mesurées et l’erreur absolue conti-
que est uniforme et égale à TL, sauf au voisinage du capteur où le nuent à évoluer pendant un temps beaucoup plus long. Par ailleurs,
champ est perturbé. la valeur constante de cette erreur relative est égale à celle trouvée
en régime permanent. Cela montre que le schéma simple établi en
La température de la face x = 0 qu’il s’agit de mesurer évolue de régime permanent peut être utilisé en régime transitoire. Pour chif-
TE à TL. On désigne par T(t) cette température qui est, en fait, celle frer ce résultat, on introduit un temps de réponse tr défini par [rela-
qu’il y aurait à l’instant t sur la face x = 0 en l’absence du capteur tion (8)] :
thermométrique. On désigne encore par q (t) la température mesu-
rée par le capteur. K ( tr ) Ð K ( ¥ )
--------------------------------- = 0,05
L’erreur absolue de mesure est alors : K(0) Ð K(¥)
d q (t) = T (t) - q (t) K (¥) s’identifiant au coefficient d’erreur en régime permanent.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 18 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
K (t ) K (t )
4.6 Évaluation du coefficient d’erreur K
1 1
I Nous avons vu [relations (5), § 4.3.1] que le coefficient d’erreur K
0,9 s’exprime par les relations suivantes :
10 –1 II
TÐq 1
K = ---------------- = ----------------------------
0,8 T Ð TE rE
1 + ----------------- -
10 –2
I rc + rM
III 0,7 II
Il y a donc deux façons d’évaluer K :
— soit à l’aide de la première relation, par mesure des températu-
10 –3 0,6 res sur un montage annexe (mesure directe) ;
0 100 200 0 1 000 2 000 — soit à l’aide de la seconde relation, en estimant les différentes
Temps (s) Temps (s) résistances rE, rM et rc.
c d
a c conducteur b d isolant
4.6.1 Évaluation sur un montage annexe :
I R c /y B = 1 II Rc /y B = 0,2 III Rc /y B = 0
mesure directe de K
Figure 23 – Évolution des erreurs absolue d q (t) et relative K (t)
(capteur préalablement appliqué sur la surface) Chaque fois que cela est possible, il faut utiliser cette méthode.
En effet, l’évaluation se fait directement par des mesures, sans
modélisation ni approximation des diverses caractéristiques. Pour
Le tableau 7 donne les différentes valeurs de ces temps de cela, il suffit d’utiliser une paroi étalon de même nature que la sur-
réponse pour les deux exemples considérés. On constate d’abord face étudiée, et de fixer le capteur de surface qui sera employé de la
que, pour un même corps, le temps de réponse tr est d’autant plus même manière que sur le montage principal. La température vraie
grand que la résistance de contact par unité de surface Rc est grande de la surface T est alors donnée par extrapolation du champ de tem-
et que le rayon de la barre yB est grand. De plus, ce temps de pérature dans la paroi étalon. Ce champ de température est obtenu
réponse croît très rapidement avec Rc dans le cas d’un conducteur, au moyen de capteurs implantés dans la paroi étalon. La tempéra-
alors qu’il varie très peu pour l’isolant. Cela montre encore ture de surface mesurée q est donnée directement par le capteur de
l’influence prédominante, dans le cas de milieux isolants, de l’effet surface. Enfin, la température équivalente TE est égale à la tempéra-
de convergence des lignes de flux (macroconstriction) sur l’effet de ture ambiante Tf s’il n’y a pas de sources de chaleur à haute tempé-
résistance de contact. Par contre, pour des milieux conducteurs, le rature. On en déduit alors la valeur du coefficient d’erreur K.
temps de réponse dépend essentiellement de la résistance de con-
tact Rc.
4.6.2 Évaluation de K par calcul des résistances rE,
rM et rc
Tableau 7 – Temps de réponse tr (en secondes)
(capteur préalablement appliqué sur la surface) Si l’on ne peut mesurer K directement, il faut estimer les différen-
tes résistances rE, rM et rc qui interviennent dans son expression.
yB Rc/yB =
Nature ■ La résistance de macroconstriction rM est donnée, selon que le
de la paroi contact entre le capteur et la surface se fait suivant un cercle ou un
(m) 0 0,20 K.m.W-1 1 K.m.W-1
rectangle, pour un milieu de conductivité thermique l, par les
5 x 10-5 1,2 4,7 9,2 formules :
Conductrice (1) 1
5 x 10-4 9,2 46 98 — pour un cercle : r M = ---------------
4 y l
Isolante à 5 x 10-5 106 110 116 avec y (m) rayon du cercle de contact ;
forte capacité
thermique (2) 5 x 10-4 377 381 384 1 4L
— pour un rectangle : r M = ---------- In -------
p lL ,
(1) l = 100 W.m-1.K-1 ; cr = 3,1 x 106 J.m-3.K-1
(2) l = 0,19 W.m-1.K-1 ; cr = 1,7 x 106 J.m-3.K-1 avec L (m), , (m) longueur et largeur du rectangle de contact.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 19
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
4.7 Méthode thermoélectrique ■ Effet de convergence des lignes de flux au sein du milieu M vers
la zone de contact P
semi-intrinsèque
C’est l’effet de macroconstriction. La température superficielle Tp
de la surface au droit du fil A est perturbée et diffère de la tempéra-
Cette méthode, dont le principe est assez ancien, mais dont les ture vraie T de la surface (Tp ¹ T ). En régime permanent, on a la
avantages n’ont été précisés que par deux études récentes [21] [22], relation :
utilise le matériau M lui-même, dont on veut mesurer la température
de surface, comme l’un des éléments d’un couple thermoélectrique T - Tp = rM j
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 20 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Conductivité lA
rM rc r c -------------------- rE
de la paroi lM Type de sonde K.102
(K.W-1) (K.W-1) lA + lM (K.W-1)
W.m-1.K-1 (K.W-1)
Semi-intrinsèque 50 2 080 353 13 850 2,5
100
Couple thermoélectrique 25 846 - 6 244 11,9
Semi-intrinsèque 250 3 462 1 730 13 850 11,3
20
Couple thermoélectrique 125 1 692 - 6 244 20,3
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 21
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
1
Ce cas concerne principalement les parois d’un bâtiment (verre
ou matériaux plastiques) en présence d’un rayonnement solaire. Il
concerne aussi d’autres domaines d’application, tels que le contrôle hc = 2 x 105
et la régulation de procédés d’élaboration et de mise en forme de 0,8
matières plastiques, le séchage de dépôts semi-transparents, le con- q+
trôle de traitement de surface.
0,6 hc = 105
Aux difficultés liées aux mesures par contact sur parois opaques
s’ajoutent des difficultés nouvelles, liées à la semi-transparence du T m+
milieu : échauffement du capteur par absorption du rayonnement
transmis à travers la paroi ou modification de l’absorption volumi- 0,4 hc = 2 x 105
hc = 105 W. m–2. K–1
que par l’effet d’ombre portée.
Des études ont été conduites récemment au sein de plusieurs 0,2
laboratoires dans le cadre d’une Action de Recherche Coordonnée
PIRSEM/AFME [24].
10–3 0,01 0,1 1 10 t (s)
Plusieurs thèses ou publications ont été faites sur ce sujet. Parmi 0
celles-ci, on peut citer la thèse d’E. Werling [25] qui a étudié en détail 0,1 104
1 10 102 103 t+
les erreurs de mesure par capteurs collés. Ce travail, sur le plan
théorique, reprend, en l’adaptant, le modèle d’erreur présenté pour
une paroi opaque au paragraphe 4.3. Il donne, sur le plan expéri-
lM = 25 W . m– 1 . K–1 Grandeurs sans dimension :
mental, des résultats comparatifs intéressants concernant divers
modes de fixation et de protection. Le tableau 9, extrait de ce travail, lA = 25 W . m– 1 . K–1 T m – TE
T +m =
illustre l’influence de ces fixations ou protections. On voit que h = 50 W . m– 2 . K–1 T – TE
l’erreur de mesure augmente avec l’éclairement solaire E et qu’elle y = 10 – 4 m q – TE
diffère selon la situation, estivale (Ti < TE) ou hivernale (Ti > TE) Ti et q +=
T – TE
TE étant les températures des ambiances intérieure et extérieure à la
aMt
paroi semi-transparente. t+=
y2
Une étude plus récente et qui prolonge le travail d’E. Werling con-
cerne une généralisation du modèle d’erreur présenté au
b cas d'un milieu moins conducteur
paragraphe 4.3 dans le cas où les fils qui relient le capteur à l’instru-
ment de mesure, au lieu d’être perpendiculaires, suivent un par-
cours très proche et parallèle à la paroi semi-transparente [26]. Le Figure 25 – Comparaison, en régime transitoire, entre dispositif
modèle d’erreur intègre les transferts entre ces fils et la paroi d’une semi-intrinsèque (Tm) et couple thermoélectrique classique (q) pour
part et l’environnement d’autre part. différentes conductances de contact hc.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 22 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Tableau 9 – Mesures sur une paroi semi-transparente. Influence du revêtement du ruban adhésif de fixation
et du type de protection au rayonnement courte longueur d’onde sur l’erreur de mesure [25] (1)
Revêtement Erreur de mesure DT (°C)
Essai no de surface
extérieure E (W/m2) 0 108 156 210
Absorbant Cas estival + 0,28 + 0,87 + 0,92 + 1,14
1 aCLO » 0,9
eGLO » 0,95 Cas hivernal - 0,25 + 0,08 + 0,21 + 0,58
Aluminium Cas estival + 0,06 + 0,06 + 0,06 + 0,08
2 aCLO » 0,05
eGLO » 0,05 Cas hivernal - 0,20 - 0,19 - 0,18 - 0,18
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 23
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
F F
F F F F
R
S Fc
S D S
D
a b c a b
F G Su V So F
So
F F
F F
D Su Ra
c d
cela n’est pas toujours possible s’il existe des gradients superficiels.
[Link] Couple thermoélectrique monté sur la surface
Les fils peuvent être croisés et soudés ponctuellement à leur croise-
Suivant l’accessibilité de la surface, on a deux possibilités d’instal- ment entre eux et à la surface (figure 27 a). On peut aussi utiliser
lation, pour les fils du couple thermoélectrique : des conducteurs thermoélectriques en forme de ruban reliés par un
— fils perpendiculaires à la surface si l’accessibilité est court ruban de cuivre (figure 27 b) [36]. Sur la figure 27 c, les deux
mauvaise ; mais les risques d’erreur sont importants ; fils sont soudés en surface et ils sont isolés par une gaine ou un ver-
nis. Les deux couples peuvent aussi être soudés dans une rainure
— fils parallèles à la surface si l’accessibilité est bonne ; les mesu-
(figure 27 d ) [34]. Comme dans le cas des fils perpendiculaires à la
res sont plus sûres.
surface, une autre version consiste à utiliser les deux fils de couples
■ Fils perpendiculaires à la surface thermoélectriques séparément (conducteurs séparés). On réduit
ainsi encore considérablement l’erreur de mesure pour les conduc-
L’arrangement le plus simple [32] consiste en un couple thermo- teurs. Pour des mesures sur des isolants, il est nécessaire de prévoir
électrique dont les deux fils sont soudés et qui est attaché sur la sur- une métallisation de la surface ou d’utiliser une barrette conduc-
face par soudage, collage ou simple pression (figure 26 a). Les trice.
erreurs de mesure sont alors très importantes (§ 4). Ce dispositif ne
peut être envisagé que pour des mesures de contrôle ou de compa- ■ Enfin nous allons examiner le cas des couples thermoélectriques
raison à condition que les caractéristiques du contact restent sta- timbres.
bles. Pour des mesures plus précises, on est conduit à utiliser un
disque conducteur pour accroître la surface de contact (figure 26 b), ■ On désigne par cette appellation des sondes similaires aux jau-
afin de réduire les résistances rc et rM (§ 4). La fixation du disque ges de contrainte, leurs dimensions allant de 1 à 20 mm de côté
avec la surface peut se faire soit par soudage (c’est la meilleure solu- environ. Ces couples thermoélectriques timbres sont constitués [34]
tion), soit par collage au moyen de ciments, de résines, soit au de deux rubans extra-plats, de nature différente (chromel, alumel,
moyen d’un ressort. Enfin, pour réduire encore les erreurs, les fils fer, constantan, cuivre, etc.), soudés entre eux et pris en sandwich
doivent suivre un trajet isotherme sur une longueur égale à 50 à entre un support mince (résine époxy, Kapton, etc.) collé sur la sur-
100 fois le diamètre des fils (figure 26 c). face et une couche protectrice extérieure (figure 28). La fixation de
Une autre version consiste à utiliser les deux fils de couple ther- la sonde sur le support se fait très souvent avec du ciment spécial au
moélectrique séparément (conducteurs séparés, figure 26 d). Cela silicone ou de la résine époxyde. Ce type de capteur, du fait de sa
peut être utilisé dans le cas d’une surface métallique, le circuit élec- très faible épaisseur, perturbe peu les échanges thermoconvectifs.
trique se fermant à travers le corps à mesurer. La température mesu- Par contre, il peut modifier notablement les échanges radiatifs entre
rée est alors une température moyenne qui est beaucoup plus la surface et le milieu environnant si les émissivités du capteur et de
proche de la température vraie de la surface que dans l’installation la surface sont différentes, et ce d’autant plus que l’aire de la sonde
de la figure 26 a (§ 4). Il est recommandé de souder les fils à la sur- est importante. Les mesures peuvent être altérées s’il y a une source
face, de manière à assurer un bon contact électrique. Pour des de rayonnement à haute température vue sous un angle solide
mesures sur les isolants, une métallisation de la surface est néces- important (cf sonde timbre, § 4.4). On peut alors tenter d’y remédier
saire pour assurer la liaison électrique. Sinon, on est conduit à utili- par adjonction d’une couche superficielle dont les propriétés émissi-
ser un disque conducteur [33] sur lequel sont brasés les deux fils de ves sont aussi voisines que possible de celle de la surface testée. Le
couple thermoélectrique (figure 26 e). Par ailleurs, on peut utiliser coefficient d’erreur et le temps de réponse de ces couples thermo-
des éléments semi-conducteurs dopés N et P pour réaliser ce type électriques timbres sont nettement plus faibles que pour les couples
de couple thermoélectrique [18]. thermoélectriques ordinaires (rapport 100 environ).
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 24 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Jonction Fils
1er métal
Jonction
2e métal
Figure 28 – Couple thermoélectrique timbre
Figure 30 – Couple thermoélectrique en film ou en couche mince
Paroi
Fil
résistant
Relais
Fils
Fils
a b
b
a Figure 31 – Sondes résistances
Vernis isolant Soudure
Rainure
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 25
TEMPÉRATURE DE SURFACE _____________________________________________________________________________________________________________
5.2 Systèmes amovibles et appliqués Le domaine d’utilisation de ces sondes s’étend de 200 à 800 K
environ.
par simple pression
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
R 2 730 - 26 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle
_____________________________________________________________________________________________________________ TEMPÉRATURE DE SURFACE
Isolant
5.3 Conclusion
Surface
ordinaires
Impératifs
Sondes Sondes Sondes
montés sur montés sous aiguilles à compen-
la surface la surface timbres films ordinaires films simples ruban sées
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 730 - 27
P
O
U
Température de surface R
Mesure par contact E
par Jean-Pierre BARDON
N
Professeur à l’Institut des sciences de l’ingénieur en thermique, énergétique et matériaux
(ISITEM)
Université de Nantes
et Bernard CASSAGNE S
Docteur ès sciences
Maître de conférence à la faculté des sciences et des techniques, université de Nantes A
V
Références bibliographiques
O
moélectriques spécifiques. Entropie no 135,
[1] La mesure des températures de surface.
Cahier de la Thermique, Série A no 3 mars
1973 Publ. SFT - IFCE.
[13] CHEVALIER (J.P.), PONTEZIÈRE (J.) et BETRE-
MIEUX (A.). – Note Technique ONERA no 159
1970. [24]
p. 33-39, 1987.
Température superficielle de paroi semi-
I
[2] La mesure des températures de surface.
Compte Rendu de la Rencontre Annuelle de
la Société Française des Thermiciens La
[14] LEROUX (J.P.). – Forme vectorielle des lois
relatives aux circuits thermoélectriques
métalliques. Application à la mesure des
transparente, ARC Métrologie thermique du
bâtiment, Rapport d’activité final, déc. 89,
CNRS-PIRSEM.
R
Baule 5-6-7 mai 1975 205 p. températures. Rev. Gén. Termique (F) no 77
mai 1968 p. 527-40. [25] WERLING (E.). – Contribution aux mesures
[3] Mesures des températures (1996) Revue par contact de température de surface de
[15] BARDON (J.P.). – La mesure des températu- parois semi-transparentes. Modélisation,
[4]
Générale de Thermique, vol. 34, H595.
BRUHAT (G.). – Thermodynamique. Cours de
Physique Générale 822 p. 1962 Masson.
res de surface par contact. Erreurs liées aux
tranferts de chaleur parasites. Rev. Gén.
Thermique (F) no 170 févr. 1976 p. 121-35.
expérimentation. Thèse de Doctorat, INSA
Lyon, janvier 1988.
P
[5] LEROUX (J.P.), BLANC (G.), DELISEE (M.),
TABOUE (R.) et COPPOLANI (P.). – L’utilisa-
[16] CASSAGNE (B.), KIRSCH (G.) et BARDON
(J.P.). – Analyse théorique des erreurs liées
[26] JAVELAS (R.), MOREAU (J.A.), TROMBE (A.)
et BARDON (J.P.). – Mesure des températures
de surface de milieux semi-transparents.
L
aux transferts de chaleur parasites lors de la
tion de produits photoluminescents pour la
détermination des températures de surface.
Cahier de la Thermique Série A no 3 mars
mesure d’une température de surface par
contact. Int. J. Heat Mass Transfer, vol 23,
Modèle correctif. Actes du colloque de Ther-
mique SFT 90, Vol. 2, p. 261-264, 16-17 mai
1990, Éditeur : SFT et ISITEM (Nantes).
U
p. 1207-17, sept. 1980.
[6]
1973 p. IV-1 - IV-55 Publ. SFT - IFCE.
LEROUX (J.P.) et TABOUE (R.). – Possibilités
actuelles des méthodes mettant en œuvre la
[17] CARSLAW (H.S.) et JAEGER (J.C.). – Conduc-
tion of heat in solids. 2e éd. 1959 Oxford Univ.
[27] GERY (A.), DEGIOVANNI (A.), PETIT (D.) et
DARD (J.). – Mesure des températures de
surface par contacts séparés. Revue de Phys.
S
Press p. 215-16.
photoluminescence des soludes du type ZnS Appl., vol. 17, no 4, p. 163-175, avril 1982.
(photovoltmétrie). Compte Rendu de la Ren- [18] GERY (A.), LAURENT (M.), SINICKI (G.) et
DEGIOVANNI (A.). – Mesure de température [28] KELTNER (N.R.) et BECK (J.V.). – Surface tem-
contre Annuelle de la Société Française des
de surface, en régime permanent, à l’aide de perature measurement errors. J. of Heat
Thermiciens La Baule, 5-6-7 mai 1975 p. 105-
détecteurs à contacts séparés. Entropie (F) Transfer, vol. 105, p. 312-318, mai 1983.
116.
no 70 1976 p. 31-4. [29] KELTNER (N.R.), BAINBRIDGE (B.L.) et BECK
[7] LEROUX (J.P.). – Mesure de température par
[19] GERY (A.). – Contribution à l’étude des mesu- (J.V.). – Transient temperature measurement
revêtements photoluminescents. Techniques
res de températures de surface par contacts errors. ASME Publication 83-HT-86, p. 1-7,
de l’Ingénieur Paris R 2 790 (1989).
séparés, en régimes permanent et transi- 1983.
[8] PONTEZIÈRE (J.). – Utilisation des peintures toire. Thèse de Doctorat d’État, Lyon, avr. [30] CASSAGNE (B.). – Contribution à la mesure
thermosensibles pour la détermination des 1980. des températures de surface par contact.
températures de surface. Cahier de la Ther- [20] ROHSENOW (W.M.) et HARTNETT (J.P.). – Thèse de Doctorat d’État, nov. 1985, Univer-
mique Série A no 3 mars 1973 Publ. SFT - Handbook of heat transfer. McGraw Hill 1973 sité de Nantes.
IFCE. p. 3-120.
[31] GRENIER (H.). – Contribution à l’étude du
[9] BECK (J.V.), BLACWELL (B.) et ST CLAIR [21] CASSAGNE (B.), BARDON (J.P.) et BECK comportement thermique de matériaux
(C.R.). – Inverse heat conduction problem. (J.V.). – Theoretical and experimental analy- semi-transparents soumis à un ensoleille-
J Wiley and sons 1985. sis of two surface thermocouples. Proc. of the ment naturel. Thèse de Doctorat, INSA de
Eighth Int. Heat Transfer Conf., vol. 2, p. 483- Toulouse, 1987, Université de Toulouse.
[10] HENSEL (E.I.). – Inverse theory and applica-
488, 1986, Hemisphere Publishing Corp.
tions for engineers. Prentice Hall New Jersey [32] JAKOB (M.). – Heat transfer. 1957 John Willey
1991. [22] BOUVIER (A.). – Mesure des températures vol. 2 p. 151-2.
par des méthodes thermoélectriques intrin-
[11] ALIFANON (O.M.), ARTYUKHIN (E.) et NENA- sèques et semi-intrinsèques. Application à [33] WATSON (G.G.). – Techniques for measuring
ROKOMOV (A.). – Extreme methods for sol- l’analyse d’une opération de micro-soudure. surface temperature. Part. 2. Instrument
ving ill-posed problems and their Thèse de Doctorat de 3e cycle, juin 1986, Uni- Practice (GB), avr. 1966 p. 335-341.
applications to inverse heat transfer pro- versité de Nantes. [34] BRANSIER (J.). – Instruments mettant en
blems. Begell House, New York 1995.
[23] BOUVIER (A.), CASSAGNE (B.) et BARDON œuvre les méthodes de mesure par contact.
[12] École de Printemps. – « Metrologie thermi- (J.P.). – Mesure in situ des températures de Compte rendu de la Rencontre Annuelle de la
que et techniques inverses ». Metti éd. GVT soudure des connexions sur un micro-com- Société Française des thermiciens La Baule
Paris 1995. posant électronique par des méthodes ther- 5-6-7 mai 1975 p. 23-41.
[36] OTTER (A.J.). – Thermocouples and surface [42] DELISÉE (M.). – Détermination des tempéra-
[39] BONNIER (G.) et RONSIN (H.). – Thermistan- tures superficielles par cristaux liquides.
temperature measurement. AECL-3062 ces CTN et autres Thermomètres à semi-con- R 2 640 (1996). Traité Mesures et Contrôle,
E [37]
march 1968 18 p. Atomic Energy Canada Ltd.
S Constructeurs. Fournisseurs