Thermographie: Technologies Et Applications
Thermographie: Technologies Et Applications
Technologies et applications
par Dominique PAJANI
Ingénieur de l’École centrale de Lyon
Institut de la Thermographie
et Luc AUDAIRE
Ingénieur-docteur
Microélectronicien au Laboratoire Infrarouge
Département Optronique CEA Grenoble/DTA/LETI
et article fait suite à un premier article qui traite des principes et mesure de
C la thermographie.
Dans ce second article, nous ferons une approche assez large des détecteurs et
des senseurs, en restant dans l’orientation de la thermographie de mesure.
Nous structurerons, dans deux espaces, les caractéristiques de la caméra ther-
mique en y distinguant les deux grandes familles technologiques. Nous survole-
rons l’optique instrumentale, l’électronique analogique d’instrumentation et
l’électronique numérique. La caméra sera enfin placée dans un système de ther-
mographie.
L’article se poursuit par un exposé des applications de la thermographie et des
9 - 2001
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(0)
Principaux symboles
APS Active Pixel Sensor
BLIP Background Limited Infrared Photodectector
BSF Bruit spatial fixe
BT Bruit temporel
CAN Convertisseur analogique numérique
CCD Charge Coupled Device
CMOS Complementary Metal Oxide Semiconductor
CND Contrôle non destructif
CTN Coefficient de température négatif
DTEB Différence de température équivalente au bruit
FEL Fonction d’étalement de ligne
FOV Field Of View
FPA Focal Plane Arrays
FPN Fixed Pattern Noise
FRF Fonction de réponse à une fente
FTM Fonction de transfert de modulation
IFOV Instantaneous Field of View
LW Long Waves
MCT Mercure Cadmium Telluride
MDT Minimum de différence de température détectable
MIS Métal isolant semi-conducteur
MRDT Minimum Resolvable Temperature Difference
MRT Minimum Resolvable Temperature
NEP Noise Equivalent Power
NETD Noise Equivalent Temperature Difference
NUC Non Uniformity Correction
PC Photoconducteur
PEB Puissance équivalente au bruit
pel point élémentaire
PRSL Pouvoir de résolution spatial limite
PRSM Pouvoir de résolution spatial de mesure
PRSO Pouvoir de résolution spatial d’observation
PV Photovoltaïque
PZT Titanate zirconate de plomb
QWIP Quantum Well Infrared Photodetector
RAM Random Access Memory
ROIC Read Out Integrated Circuit
ROM Read Only Memory
RSR Réponse spectrale relative
SPRITE Signal Processing In The Element
SRF Slit Response Function
SW Short Waves
TCR Temperature coefficient ratio
TDI Time Delay and Integration
VSW Very Short Waves
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sont fonction de la température. Les effets pyroélectriques qui en Une première évolution a consisté à élaborer des senseurs en bar-
résultent sont mis à profit depuis une quinzaine d’années. rettes de détecteurs. À chaque prise de vue élémentaire, les élé-
Détecteurs résistifs (bolomètres) ments d’une « ligne » de l’image sont acquis simultanément : on a
substitué une partie du balayage optico-mécanique par un balayage
Au 19e siècle, on utilisait le bolomètre, nom donné par Langley à électronique.
son détecteur destiné à mesurer l’énergie dans les raies du spectre
solaire. Les résistances à coefficient de température négatif (CTN) La démarche s’est poursuivie par le développement d’une géné-
sont utilisées depuis les débuts de l’électronique. La résistivité évo- ration intermédiaire d’imageurs militaires mettant en œuvre des
lue avec la température selon la loi d’Arrhenius. Pour comparer des matrices bidimensionnelles à faible nombre de détecteurs,
matériaux entre eux, on définit leur sensibilité relative TCR (tempe- nécessitant le balayage optico-mécanique.
rature coefficient ratio). D’énormes efforts sont encore à fournir Pour des matrices de dimensions plus importantes (de l’ordre de
pour stabiliser la filière technologique des matrices à bolomètres. 128 × 128), une technique de microbalayage (micro-scan) décale
l’axe optique d’un demi pas de matrice dans une ou deux directions,
1.2.3.3 Composés utilisés lors des prises de vue successives : l’image résultante, de meilleure
résolution spatiale, est générée par réorganisation en mémoire des
En imagerie thermique, ce sont principalement des 2 ou 4 trames successives.
ferroélectriques : le PZT, titanate zirconate de plomb PbZr(1-x)Ti(x)O3
est le plus utilisé. L’élaboration en est très aisée, la technologie est Puis, le deuxième balayage optico-mécanique a été supprimé,
mature et de bas coût. Les imageurs l’employant sous forme de remplacé par une structure matricielle à grand nombre de détec-
matrice sont incapables de mesure absolue (ils ne fournissent un teurs (au-delà de 256 × 256). Ce sont les matrices « fixes » (staring
signal que pour des variations de flux incident). arrays) ou matrices plan focal (Focal Plane Arrays FPA), puisqu’elles
sont placées dans le plan focal de l’objectif pour une visée à l’infini.
En thermographie, essentiellement, pour le bolomètre résistif, on
utilise soit le silicium amorphe Si-α, soit l’oxyde de vanadium V2O5.
Ces détecteurs thermiques sont aptes à la mesure absolue et sont 1.3.1.3 De la cryogénie à la température ordinaire
associés en matrice de micro-bolomètres.
Restait à supprimer la contrainte liée au refroidissement du sen-
seur à la température cryogénique le plus souvent exigée par la
détection quantique. Le principe de cette dernière mutation est
1.3 Senseurs achevé avec les matrices de détecteurs thermiques en pleine émer-
gence.
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nique s’accroît corrélativement ; c’est l’une des raisons qui ont Type de matrice SW (3 à 5 µm) LW (8 à 12 µm)
poussé les technologues à employer des circuits de lecture CMOS
plutôt que les circuits à CCD (§ 1.3.3). Paramètre métallurgique x 0,3 0,2
Dimensions (lignes × colonnes) 256 × 256 256 × 256
Pour une matrice dont les dimensions sont fixées par des consi-
dérations technologiques, la réduction d’un facteur 2 du pas de la Dimension pel (µm) 35 35
matrice (dimension d’un pel) multiplie par 4 la résolution spatiale Fréquence trame (Hz) 70 70
(nombre de détecteurs) mais divise par 4 la puissance reçue par cha-
que détecteur, donc dégraderait par 4 la résolution thermique Fréquence pixel (MHz) 5 5
(DTEB). Tension utile délivrée (tension 2,6 2,6
crête à crête)
Cette dégradation de la résolution thermique peut être
compensée : Bruit (µV efficaces) 340 370
— en doublant le diamètre de la pupille d’entrée (à distance Dynamique (dB) 76,5 75
focale fixée). Le gain en résolution spatiale est alors payé en encom- Sensibilité (V/W) 5,5 × 109 2,7 × 108
brement, poids et coût d’étude et de réalisation de l’optique ;
Détectivité à 70 K, Te = 300 K, f /1 4,5 × 1011 1,1 × 1011
— en réduisant par 4 le bruit de lecture des pels. C’est, pour
l’essentiel, cette démarche qui a été faite pour les détecteurs quan- DTEB (mK) 5,5 13
tiques classiques (InSb et HgCdTe) permettant ainsi d’augmenter la Te : température d’environnement
fréquence-trame bien au-delà des besoins d’imagerie vidéo, pour Source LETI données de 1997
l’imagerie rapide ;
— en multipliant par 4 le temps d’exposition de la matrice, sans
dépasser le temps d’une trame imposé par la résolution temporelle
recherchée ; 1.3.3 Technologies de lecture : CCD et CMOS
— en améliorant le taux de remplissage d’un pel (en technologie
Au début des années 90, les matrices passent de la lecture CCD à
monolithique) ou en renvoyant l’électronique de proximité dans une
la lecture CMOS. Avant cette mutation, la technologie était directe-
matrice de lecture connectée pel par pel à la matrice de détection
ment extrapolée de celle de la prise de vue par matrice à CCD (spec-
(en technologie hybride).
tre visible). Elle s’en démarque alors pour rejoindre l’évolution de la
On peut dès lors développer des matrices sur la base de détec- microélectronique dans son ensemble, en associant, dans le plan
teurs de plus faible qualité : détecteurs quantiques à faible rende- focal (sur la matrice elle-même), les fonctions analogiques de prise
ment (PtSi) ou détecteurs thermiques (à temps de réponse élevé). de vue aux fonctions logiques de commande et de contrôle du sen-
L’augmentation du temps d’exposition et la diminution du nombre seur.
d’ouverture de l’objectif sont les démarches de base conjuguées Le circuit de lecture ROIC (Read Out Integrated Circuit) se pré-
éventuellement avec la division par 2 de la fréquence-trame. sente sous la forme d’un circuit spécifique hybridé au circuit de
détection (technologie hybridée, 3D) ou sous une forme répartie
dans les senseurs monolithiques (2D).
Le tableau ci-après, qui porte sur 20 années d’évolution de
matrice HgCdTe, illustre la course à la densité d’intégration Quelle que soit la technologie de détection, à chaque détecteur de
commune à toute la microélectronique. Pour ces matrices, la la matrice est associée une interface de lecture qui assure trois
fréquence trame de base est de 50 Hz et le DTEB est meilleur fonctions : la polarisation du détecteur, l’adaptation d’impédance et
que 0,1 ˚C à 30 ˚C (pour une ouverture optique f /1). le filtrage temporel du signal du détecteur. Ce filtrage est une simple
intégration (condensateur) du courant de détection : elle correspond
au temps d’exposition en photographie. C’est cette fonction de fil-
(0) trage passe-bas qui améliore sensiblement la résolution thermique
de l’appareil et permet la mise en œuvre de détecteurs de faible qua-
lité.
Surface
pel Lignes × Nombre de Technologie Les charges de tous les condensateurs sont acquises en parallèle
Année puce durant le même temps d’exposition (« instantané » ou snap-shot)
(µm) colonnes de pels de lecture
ou durant un temps d’exposition glissant (rolling frame) commuté
(mm2)
au rythme de la lecture ; le balayage de l’acquisition (lecture) est fait
1982 100 32 × 32 1 000 10 CCD par un multiplexeur implanté dans le senseur qui adresse chacun
des pels.
1987 70 64 × 64 4 000 20 CCD
■ Lecture par CCD (Charge Coupled Device)
1989 50 128 × 128 16 000 41 CCD
Le fonctionnement du CCD implique un accès série. En effet,
1993 35 256 × 256 65 000 80 CMOS
l’ensemble des charges intégrées dans les interfaces est transféré à
1997 25 640 × 480 300 000 192 CMOS chaque trame dans les registres parallèles. Dans le séquencement
du balayage, à chaque transfert dans les registres parallèles, le
2005 15 1 000 × 1 000 1 000 000 400 CMOS
(extra- registre série est lu pas à pas (pel à pel).
polé) Un problème spécifique de la lecture par CCD tient au fait que la
Source LETI lecture en série par transfert des charges d’un puits de potentiel à
l’autre induit une perte de charges d’autant plus importante que la
vitesse du transfert est grande et que le nombre de transferts est
élevé (selon la position x,y du pel sur la matrice), pertes dépendan-
tes également du nombre de charges à transférer, donc du flux
Le tableau ci-après résume les caractéristiques de deux proto- mesuré. On définit l’efficacité de transfert (transfert efficiency) indi-
types de matrices HgCdTe SW (3 à 5 µm) et LW (8 à 12 µm). quant la perte d’un pel à l’autre pour un temps donné de lecture du
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pel. Ce défaut métrologique est particulièrement prononcé pour les 1.3.4 Technologies d’assemblage des senseurs
CCD dont la fréquence de lecture est élevée (standard vidéo). La
bande passante importante de l’électronique induit également un
À bruit de lecture et à pas de matrice donnés, il convient de maxi-
bruit tel que le rapport signal / bruit reste inférieur à un équivalent
miser la réponse d’un détecteur, donc l’énergie absorbée pour cha-
numérique de 8 à 10 bits. C’est pourquoi, les caméras scientifiques
que pel. Le taux de remplissage (fill factor) est le rapport de la
(photométriques) équipées de matrices à lecture CCD et fonction-
surface du détecteur (surface sensible) à la surface du pel qui com-
nant dans le spectre UV, visible ou proche infrarouge sont des camé-
prend également l’électronique de proximité (lecture, filtrage et
ras lentes (slow scan) (temps d’un seul transfert = 3 µs environ). Les
adressage). Le problème du taux de remplissage (assemblage dans
caméras vidéo classiques ne peuvent donc pas être décemment
un plan – 2D) est résolu par le déplacement de l’électronique de
employées en mesure [31].
proximité dans une matrice sous-jacente à la matrice de détecteurs.
C’est la technologie d’assemblage 3D.
■ Lecture par CMOS (Complementary Metal Oxide Semi-
conductor) 3D hybride : les matrices de détection et de lecture sont fabri-
quées séparément par des procédés métallurgiques différents. Il
Avec la technologie CMOS, on retrouve, dans la structure du sen- convient alors d’assembler les matrices par superposition et d’assu-
seur, le concept de bus de données multiplexé par un bus d’adres- rer les connexions pel à pel (brasure par refonte d’un alliage à point
ses commandé par un décodeur. L’adressage des pels est aléatoire de fusion de l’ordre de 100 ˚C – billes d’indium – ; simple pressage à
au même titre que pour les mémoires RAM (Random Access température ambiante – flip-chip – ; collage des matrices et
Memory) et permet le développement d’imageurs spécifiques à fré- réalisation de traversées de connexion – loophole –). Malgré le han-
quence trame élevée, puisque chaque pel est lu directement et sans dicap de faible productivité et de coût élevé, cette technique
la perte liée aux transferts successifs typique aux CCD. La résolution d’assemblage (hybridation) est largement utilisée : les deux matri-
temporelle de l’imageur n’est alors limitée que par le temps d’expo- ces à assembler sont optimisables indépendamment. Le taux de
sition nécessaire aux besoins en résolutions thermique et spatiale. remplissage d’un pel est idéal, ce qui justifie le recours à l’hybrida-
tion pour des technologies de détection néanmoins compatibles
Par ailleurs, l’électronique d’adressage, éventuellement program- avec la filière silicium (certaines matrices PtSi).
mable, est intégrée dans le plan focal, ce que ne permet pas la tech- 3D monolithique : cette technologie a été développée dans le con-
nologie analogique de lecture CCD. texte des produits de la microélectronique et de la notion de sen-
seurs à faible coût. Le circuit de lecture, réalisé dans la filière
Pour le spectre visible et proche infrarouge, les matrices à lecture
industrielle classique, est complété par les étapes technologiques
CMOS sont arrivées en fin de développement (technologie APS,
propres à l’implantation du circuit de détection.
Active Pixel Sensor, par exemple). Le gain en rapport signal/bruit
par rapport aux matrices à CCD est manifeste aux fréquences trame
élevées.
1.3.5 Intégration de l’électronique dans le plan
■ Cas particuliers : barrettes et TDI focal
Lorsque le senseur est embarqué sur un vecteur en translation Les circuits de multiplexage CMOS sont d’emblée intégrés dans le
(avion, hélicoptère, satellite) ou en rotation (tête de veille panorami- plan focal (sur la matrice de lecture ou dans l’électronique de proxi-
que), ou lorsque l’objet observé se déplace (ligne de production), mité).
une direction de balayage est naturellement réalisée par le déplace-
Mais la tendance à l’intégration de plus en plus poussée fait envi-
ment du vecteur ou de l’objet. La structure du senseur se résume
sager de placer la numérisation même du signal dans le plan focal.
alors à une barrette qui n’implique qu’une seule direction de
Si cette orientation est valable pour les applications d’imagerie, elle
balayage électronique. Ces barrettes peuvent comporter plusieurs
n’est guère acceptable pour les caméras thermiques. Nous rever-
milliers de détecteurs.
rons ce point plus loin (§ 1.6.2).
Or, un seul pel défectueux (aveugle, saturé ou trop bruyant) induit
une bande inutilisable dans l’image. Ce défaut est réduit par la struc-
ture TDI (Time Delay and Integration) qui introduit une redondance 1.3.6 Intégration : refroidissement, diaphragme
dans la prise de vue en utilisant une matrice de L lignes parallèles de froid, stabilisation
N détecteurs (L = 4, N = 1024, par exemple). Les N détecteurs sont
associés à leurs N interfaces et à N mémoires. Du fait du déplace- Afin de permettre une résolution thermique satisfaisant aux
ment du vecteur ou de l’objet, l’image défile sur la matrice ; les besoins d’imagerie (DTEB de l’ordre de 0,1 ˚C à 30 ˚C), les senseurs
signaux élémentaires correspondant au même point image se déca- à détecteurs quantiques SW et LW sont nécessairement refroidis :
lent dans l’espace et dans le temps (time delay) et sont sommés
dans la même mémoire (and integration). Il en résulte une améliora- — à une température dite cryogénique (de l’ordre de − 200 ˚C)
tion du rapport signal/bruit. pour les senseurs LW ou les PtSi et InSb (SW). Cette température est
obtenue par le montage du senseur dans un dewar contenant de
L’utilisation dans l’industrie, forte utilisatrice potentielle de camé- l’azote liquide ou dans un cryostat refroidi par une machine frigori-
ras linéaires (analyseurs-ligne ou line scanner), est fortement limi- fique (compresseur à cycle Stirling) ;
tée par le coût de ces matrices. — à une température intermédiaire (de l’ordre de − 70 ˚C) pour
certains senseurs HgCdTe (SW), température obtenue par des élé-
Le détecteur SPRITE (Signal Processing in The Element), mis en ments thermoélectriques (à effet Peltier).
œuvre dans nombre de caméras thermiques, est un équivalent ana-
Les senseurs à détecteurs quantiques VSW (Si et InAsGa) sont
logique d’un senseur à TDI (mais à faible nombre de détecteurs équi-
éventuellement refroidis (selon les besoins de l’application) mais
valents, de 4 à 20). Il se présente soit sous forme de monodétecteur,
sont nécessairement régulés en température pour assurer la répéta-
soit en barrette de détecteurs. Le SPRITE est composé d’un filament
bilité de la mesure.
semi-conducteur HgCdTe parallèle au déplacement optique de
l’image. Il est polarisé par un champ transversal interne : la polarisa- Les matrices HgCdTe sont constituées de détecteurs photovoltaï-
tion est réglée de sorte que les porteurs générés se déplacent à la ques. En effet, une matrice de détecteurs photoconducteurs, plus
même vitesse que l’image, ce qui accroît le signal lu en bout de fila- performants, serait trop échauffée par les courants de polarisation
ment et améliore corrélativement la résolution thermique. et demanderait un refroidissement plus énergique.
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La température des détecteurs doit être stabilisée puisque la sen- Limites de la correction
sibilité et la longueur d’onde de coupure dépendent de la tempéra- Dans la correction de non-uniformité 2 points, des termes de dis-
ture. La qualité de la régulation est d’autant moins nécessaire que la torsion demeurent qui ne peuvent être traités par le calcul. La cor-
caméra fonctionne à des longueurs d’onde faibles (§ 1.4.3). Pour les rection n’est donc exacte qu’aux deux températures de référence
caméras à matrice se pose en outre le problème de l’uniformité de servant à établir les matrices de correction ; elle diverge quadrati-
température de la matrice et de la stabilité de la non-uniformité, quement entre ces deux températures et on ne sait rien de ce qui se
induisant des disparités de caractéristiques des détecteurs et des passe en dehors de la gamme délimitée par ces températures. En
évolutions temporelles de ces disparités. imagerie, la correction est estimée suffisante lorsque le BSF résiduel
(après correction) est de l’ordre de grandeur du bruit temporel BT.
Les senseurs à détecteurs thermiques (µ-bolomètres) ne En thermographie, il n’est pas acceptable de voir diverger les calculs
nécessitent pas de refroidissement mais une stabilisation thermique de correction en dehors de la gamme limitée par les deux tempéra-
très fine (par élément thermoélectrique Peltier). En effet, un écart de tures servant à la NUC, ni de constater que les matrices de correc-
température de 1 ˚C sur la scène thermique induit un écart de tem- tion ne sont pas temporellement stables (selon les technologies).
pérature de l’ordre de (1/50) ˚C sur la matrice. Les fuites thermiques Les constructeurs sont relativement muets et des laboratoires indé-
évacuent les calories apportées par le flux incident vers le circuit de pendants n’ont pas encore établi de caractérisations, à notre con-
lecture dont la température sert de référence au bolomètre. En naissance.
mesure, le découplage entre la température du senseur et celle de la
caméra est une nécessité technologique absolue. La dérive en fonc- NUC 1 point (cas habituel lors de l’exploitation des appareils)
tion de la température ambiante et de la température de la scène Sur la plupart des appareils et par conception de la caméra, le
observée (aux forts flux) est donc l’un des éléments limitatifs des constructeur ne laisse à l’opérateur que la possibilité de corriger la
caméras de mesure basées sur ce type de senseur ; en outre, ceux- matrice des offsets (NUC 1 point), la matrice des gains étant établie
ci fonctionnant (pour l’instant – en 2001) exclusivement en LW, la en usine. L’activation manuelle ou périodique d’un obturateur
dérive pose un problème plus important sur l’exactitude des mesu- interne (shutter) placé devant la matrice (en un point du chemin
res. optique tel que les non-uniformités de température de cet obtura-
teur n’ont pas d’incidence sur la validité de la NUC) permettra
Nous avons vu que la détectivité d’un détecteur dépend de la tem- d’assurer l’uniformisation de l’image thermique, à la température
pérature de son environnement, donc du boîtier dans lequel il est de l’obturateur, mesurée en interne. L’offset de chaque détecteur est
intégré et de l’angle solide sous lequel ce boîtier est vu par le détec- sujet à davantage de dérive temporelle et thermique que la sensibi-
teur. Si l’on désire optimiser la résolution thermique de la caméra et lité. L’opérateur doit faire confiance à son matériel qui peut déjà évo-
réduire la dérive, les senseurs, au même titre que les monodétec- luer au cours des premières mises en service. En filigrane, les
teurs, doivent être montés dans des enceintes refroidies équipées manuels de certains constructeurs indiquent les défauts résiduels
d’un diaphragme également refroidi (cold shield). La problématique sans pour autant proposer de solution applicable sans qu’un labora-
est identique pour les senseurs non refroidis. toire d’optique n’escorte la caméra lors de son exploitation.
NUC N points
Les appareils qui proposent une NUC N points mettent clairement
1.3.7 Problèmes spécifiques des senseurs en évidence le problème, lequel n’a donc pas de solution sérieuse
tant que les matrices mises en œuvre, tout autant que les appareils
qui les intègrent, n’auront pas les qualités instrumentales indispen-
1.3.7.1 Disparité de sensibilité et d’offset des détecteurs sables.
d’une matrice
1.3.7.2 Notions de défauts
La caméra à matrice, comportant un grand nombre de détecteurs,
présente un problème spécifique d’uniformité de réponse dans Les défauts des matrices sont dus à des défauts locaux de compo-
l’image thermique. On caractérise notamment cette non-uniformité sition métallurgique lors de la réalisation des plaques de détection
par le bruit spatial fixe. (wafer) ou lors des assemblages par hybridation. Les sources
d’excès de bruit ou d’atténuation de la réponse sont imputables à
Bruit spatial fixe chacune des étapes entre la détection et la sortie du signal.
On distingue deux types de défauts qui n’ont pas la même inci-
Lors de la prise de vue sur une scène thermique de luminance uni- dence sur la prise de vue :
forme, le thermosignal est entaché d’un bruit invariant d’une image
— les pels dont la réponse est nulle (souvent appelés « pixels
thermique à l’autre. Ce bruit traduit les non-uniformités des conver-
morts ») du fait d’une saturation de l’électronique (circuits ouverts
sions flux / signal dues aux disparités des caractéristiques des
ou courts-circuits) ;
détecteurs ainsi qu’à l’interface électronique associée et au multi-
plexage des tensions de sortie des pels. C’est le bruit spatial fixe, — les pels qui répondent correctement mais leur rapport signal /
bruit est très inférieur à la moyenne relevé sur le senseur.
BSF (ou FPN, pour Fixed Pattern Noise). Les images peuvent être
affectées d’une structure aléatoire, d’une structure de grille ou de Les premiers sont aveugles (PEB infini), les seconds fournissent
lignes. un pixel dégradé (PEB > PEBmoyen). Un taux de défaut (inverse de
l’operability) du premier type inférieur à 0,1 % est actuellement réa-
Correction du bruit spatial fixe – Non Uniformity Correction liste pour des matrices triées à usage militaire.
(NUC), NUC 2 points Il est très peu probable de trouver des matrices « zéro défaut –
0D », dans un lot de fabrication. Une spécification 0D dans le cahier
Dans la mesure où l’appareil est stable et fidèle, ce qui implique des charges d’un senseur implique le rejet d’un grand nombre de
des qualités identiques pour le senseur, le BSF est, en principe, inva- composants et conduit à un coût de fabrication prohibitif.
riant dans le temps et peut être corrigé [15]. Il y a autant de réponses
Vi,j = f (Φ) que de détecteurs i,j. Le relevé des valeurs pour deux Les défauts localisés sont artificiellement masqués par un filtrage
points de fonctionnement (deux corps noirs à températures de 20 ˚C spatial qui consiste à attribuer au pel défectueux un niveau de sortie
et 30 ˚C par exemple) conduit à calculer deux matrices de gains i,j et interpolé de celui des pels adjacents.
d’offsets i,j qui, appliquées ensuite en temps réel ou en différé, per- Les matrices sont donc produites dans diverses qualités (grades)
mettent de corriger la non-uniformité spatiale. Les calculs sont selon les destinataires (constructeurs d’appareils) et selon le prix
nécessairement faits en numérique. qu’il veut bien payer. L’opérateur n’est que rarement averti de la
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qualité de la matrice qui équipe son appareil d’où l’intérêt, pour l’uti- fois, de lister tant les besoins que les critères techniques des appli-
lisateur, de disposer d’un thermosignal non corrigé pour juger de la cations, avant de tenter de faire coïncider ces données objectives
qualité de la matrice. avec les très nombreuses caractéristiques des appareils résultant
(davantage aujourd’hui) de détails technologiques dont nous
1.3.7.3 Dispersions des autres caractéristiques venons de faire un survol rapide.
des détecteurs
Les opérateurs de thermographie se classent désormais en deux
Par ailleurs et très généralement, les caractéristiques d’un détec- grandes catégories, ceux qui veulent savoir ce qu’ils mesurent et
teur sont fonction de sa température. Se pose alors le problème de ceux qui, de par leurs applications, doivent faire confiance à la
la stabilité de la température du senseur et de la répartition de la caméra et à son constructeur. Les premiers représentent un frein à
température sur le senseur, du fait de ses dimensions importantes. l’emploi des caméras à matrice, si les données brutes fournies par
La réponse spectrale relative subit des dispersions d’un détecteur les caméras ne sont pas accessibles et tant qu’ils ne peuvent cali-
à l’autre. C’est pourquoi les constructeurs proposent plutôt des fil- brer, étalonner et caractériser eux-mêmes les appareils. Les seconds
tres gris que des filtres spectraux pour atténuer les rayonnements et constituent le vivier des constructeurs qui peuvent ainsi technologi-
pouvoir adapter la caméra à des gammes de températures élevées ; quement progresser avant de pouvoir présenter des caméras ther-
cela évite les calibrages spectraux des matrices. En cas d’utilisation miques infrarouges à matrice sur le marché des applications
de filtres spectraux, des matrices de sensibilités et d’offsets doivent scientifiques.
être relevées, mémorisées et commutées pour chacun des filtres.
Il y a davantage de détecteurs, sur une seule matrice de caméra
fabriquée par un seul constructeur, qu’il y a de caméras à un seul Résumé sur les caméras intégrant les senseurs à matrice
détecteur fabriquées par ce même constructeur depuis son origine. Compte tenu de la forte évolution des produits disponibles et
On comprend là que l’emploi des caméras à matrice pose un pro- des prototypes en cours de développement, il n’est pas jugé
blème (de fond) de caractérisation pour les usages scientifiques. opportun de présenter un tableau à jour des senseurs actuels,
aptes à la thermographie instrumentale, tant en détection quan-
1.3.7.4 Problème de la compensation de dérive des caméras tique qu’en détection thermique. Le choix se définit selon l’appli-
thermiques infrarouges cation.
Les matrices HgCdTe sont celles qui présentent le plus de dis-
Du fait même de l’absence de balayage optico-mécanique, la persion des caractéristiques. Les matrices InSb sont davantage
caméra à matrice ne bénéficie plus de l’observation périodique (à la uniformes et de détectivité 5 fois supérieure ; ce sont les
fréquence trame ou à la fréquence ligne) de références internes de meilleurs détecteurs en SW. Ces deux types de matrice sont uti-
température servant à la compensation de dérive. Néanmoins, les lisables à fréquence trame élevée.
éléments optiques étant moins nombreux (absence de scanneur), la
variation de température de l’appareil a une incidence moindre sur Les matrices PtSi et QWIP sont les plus uniformes et sont les
le thermosignal, ce qui ne signifie pas l’absence de dérive, bien au candidats naturels des applications au standard vidéo, avec un
contraire, puisque celle-ci est plus complexe à assurer. avantage des QWIP (pour l’instant en LW) pour une résolution
thermique élevée.
L’opération de NUC, dès lors qu’elle prend en compte la tempéra-
Les matrices à µ-bolomètres, non matures, évoluent déjà au
ture de l’obturateur, est mise à profit pour assurer la compensation
cours des premières semaines d’utilisation. Si l’avenir des appli-
de dérive de la caméra. Cette opération de NUC interdit un fonction-
cations industrielles semble devoir passer par les matrices à µ-
nement en temps réel continu.
bolomètres, celles-ci ne sont pas encore en état de répondre à
des besoins exigeants en qualité de mesure et en temps de
réponse, surtout en LW, même si certaines applications peuvent
1.3.8 Conclusions utilement s’en contenter (maintenance, prévention, quelques
applications industrielles à poste fixe).
Alors qu’il était plus aisé de faire un choix entre des caméras de
Les caméras VSW peuvent prétendre aujourd’hui aux qualités
technologie classique, la diversité actuelle des senseurs conduit à
de mesure scientifique, mais en slow scan, du fait de la lecture
une plus grande complexité de compréhension des technologies
par CCD. Leur emploi est idéal dès que le flux est suffisant.
des caméras lorsque l’on cherche à les comparer entre elles pour
des applications données. Voir quelques articles généralistes sur les orientations des
senseurs à matrice en [16] et [17].
Les concepteurs de matrice eux-mêmes disent ne plus utiliser la
notion de détectivité, notion de base servant à la conception des Le tableau ci-après compare qualitativement la complexité et
appareils pour assurer des caractéristiques recherchées de NEP, les performances des imageurs conçus autour des différentes
NETD et dynamique du thermosignal, notion plus aisément applica- architectures de senseurs. On se base sur une image de 640 ×
ble aux monodétecteurs. Désormais, le temps d’intégration est une 480 pixels à 25 Hz. Il rappelle les différents modes de balayage
variable supplémentaire qui permet de niveler les écarts de compé- (OM = optico-mécanique, ELEC = balayage électronique) et com-
tence des technologies disponibles. Cette variable masque les com- pare les différents niveaux de bruit (BT = bruit temporel, BSF =
portements de base des détecteurs et induit une forte difficulté de bruit spatial fixe) ainsi que le poids relatif de l’effort fait en opti-
synthèse chez les opérateurs avant le choix d’un appareillage de que et en électronique. On y a noté un ordre de grandeur de la
thermographie. Il sera donc important, maintenant plus qu’autre- bande passante au niveau du pel.
(0)
Complexité de Complexité de
Senseur Balayage X Balayage Y Bande passante BT BSF
l’optique l’électronique
Monodétecteur OM OM 7,7 MHz +++ 0 +++ +
Barrette (480 pels) OM ELEC 120 kHz ++ ++ ++ ++
TDI (480 × 4) OM ELEC 120 kHz + + ++ +++
Matrice (640 × 480) ELEC ELEC 25 Hz ++ +++ + +++
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
Balayage-ligne
Balayage-trame
∆S
Lentille
Détecteur
∆S
Caméra ∆S
A age
Balay
Caméra
A°
f
e
d D iqu
rm
he
et
èn
Radiomètre Sc
Caméra linéaire
Caméra classique
Miroir Filtre
asphérique commutable
Miroir à
f balayage
ecti Diaphragme
Obj cro vertical commutable
Détecteur
ctif m a
Objengeable
Références de
ntercha
i température
Polygone
de miroirs e
tiqu
tournants Op elais
r
de
Miroir
e
tiqu
Op elais
e r
d
1.4 Caméra thermique spatio-temporelles acceptables, le radiomètre doit donc être très
rapide ; il est à base d’un détecteur quantique refroidi et présente un
temps de réponse de l’ordre de 0,3 à 1 µs.
1.4.1 Balayage spatial Balayage spatial électronique
La caméra thermique est un radiomètre à balayage spatial. Nous La caméra à matrice fixe dispose d’un très grand nombre de
ne nous étendrons pas sur la technologie de ce balayage. détecteurs rangés en lignes et en colonnes (environ 100 × 100 à plus
Nous avons introduit une distinction de fond entre les concepts de 800 × 600). Chacun des détecteurs est le conjugué d’une seule
de balayage spatial et d’analyse spatiale. Cette distinction sépare surface élémentaire discrète ∆S de la scène thermique et reçoit en
nettement la géométrie pure (balayage) de la convolution par la permanence le flux de cette surface. L’analyse de la scène thermique
fonction d’appareil (analyse). Autrefois source de polémiques, ce est réalisée par un balayage électronique qui vient « consulter »
sujet est désormais traité dans [24]. périodiquement chacun des pels : c’est la « lecture » de la matrice
(figure 4). Le temps séparant chaque lecture de la matrice est mis à
Balayage spatial optico-mécanique profit pour intégrer le signal de chaque détecteur, améliorant ainsi le
Les caméras classiques sont conceptuellement une extension de rapport signal sur bruit. Le compromis de conception permet alors
la radiométrie à monodétecteur par l’adjonction d’un balayage spa- de diminuer la surface des détecteurs et d’améliorer la résolution
tial optico-mécanique (figure 2 et exemple en figure 3). Le balayage spatiale de la caméra. L’absence de scanneur mécanique affranchit
conjugue le détecteur avec une surface élémentaire ∆S en déplace- la caméra d’une fréquence d’analyse figée et propre à chaque
ment continu sur la scène thermique. L’analyse de la scène thermi- constructeur ; le standard vidéo est le standard pratique. Le temps
que est périodique et a lieu séquentiellement par lignes et par de réponse du détecteur élémentaire devient secondaire et les
trames : c’est le même détecteur qui détecte les divers flux en pro- caméras à matrice non refroidie de détecteurs thermiques sont
venance de la scène observée. Pour une caméra à caractéristiques désormais disponibles.
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
Adaptation
Filtrage Vers l'adressage
d'impédance
Détecteur
Adresses lignes
Balayage électronique
Balayage électronique
Balayage optique
Adresses
Signal lignes
MRTD
Résolution 25 Hz
temporelle
Fréquences
trame et ligne 280 x 280
Résolution spatiale
IFOV et FOV
PRSO et PRSL
FEL et FTM
Nombre de détecteurs
Figure 5 – Espace de l’imagerie ou espace
des résolutions
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
(0)
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
y M
δ (y – y0 , z – z0)
z0
z O
2h
A
y'
z 'i N
z' O'
y 'i 0
x Espace
Mi FTM 100 %
FTM N
Thermographie
1 Atténuation de 2 %
0 Espace
N = niveau thermique
A = amplitude de la variation (scène thermique)
1 2 B = amplitude de la variation (image thermique) restituée par l'appareil
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
RSR
λ
λpic
Axe temporel
Aptitude au mesurage
en dynamique
Temps réel continu Axe spatial
Temps de réponse FRF, PRSM
Temps d'intégration Uniformité de réponse
Rémanence
RSR 1 RSR
1
0,75
0,75
0,5
0,5
0,25
0,25
0 0
0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1 1,1 0,8 0,9 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 1,8
Longueur d'onde (µm) Longueur d'onde (µm)
a TOSCANE b InAsGa
RSR 1 RSR 1
0,75 0,75
0,5 0,5
0,25 0,25
0 0
0 1 2 3 4 5 6 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Longueur d'onde (µm) Longueur d'onde (µm)
c THERMOVISION 880 SWB d THERMOVISION 880 LWB
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
50,350
Il faut une surface élémentaire ∆S couverte par 4×4 à 6×6 détec-
130,500
teurs pour faire une mesure correcte.
On prend 10 UA comme limite basse mesurable. On constate que L’uniformité de réponse dans l’image thermique est une caracté-
les calibres se recouvrent largement, ce qui assure la souplesse
(adaptabilité de la caméra aux diverses situations de mesure), alors ristique importante à considérer sur les caméras à matrice. Les
même que les ouvertures sont dans des rapports successifs d'environ méthodes d’uniformisation (d’une ou de deux caractéristiques seu-
5 : les flux mesurés sont dans un rapport d'environ 5 en passant d'un lement) ne sont valables qu’en première approximation, bien que le
diaphragme à l'autre. Les calibres sont ici obtenus par commutation résultat soit suffisant dans l’espace de l’imagerie.
d'un diaphragme d'ouverture.
En conclusion, chaque technologie a ses compétences propres. À
Figure 11 – Courbes d’étalonnage sur trois diaphragmes ce jour néanmoins (2001), les caméras classiques, si elles pèchent
d’une caméra SW classique (AGEMA THERMOVISION 870), sans filtre (en principe seulement) par leurs résolutions thermique et spatiale
et calibres correspondants moins bonnes – mais, le plus souvent et jusqu’ici, considérées
comme suffisantes –, les caméras à matrice présentent des problè-
mes spécifiques d’une caractérisation lourde et délicate, de moin-
dres qualité et souplesse de mesure (dérive, calibres) et, selon
Caméras à matrice refroidie (sans filtre) : SW l’évolution des scènes observées, d’une inaptitude éventuelle au
65 mesurage en dynamique et au temps réel continu.
120
– 10 280 THERMACAM x 90
15
100
80 250 450
150 THERMOVISION 550 1.4.3 Choix de la bande spectrale de la caméra
– 20 250
30
100
■ Limites spectrales selon la température apparente minimale à
Caméras à matrice non refroidie (sans filtre) : LW observer
– 40 90
180 THERMACAM 395 Le tableau ci-après donne les valeurs approximatives des limites
500
– 20 spectrales en fonction de la température apparente à observer. Les
20
120 THERMOVISION 570 valeurs (impliquant les technologies de réception) sont fort éloi-
500
– 20 gnées des valeurs déduites de la loi de déplacement de Wien (loi
80 120 THERMACAM 595 d’émission).
500
– 40
80 (0)
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
Surface ∆S dr dr
élémentaire
en
déplacement Ruban à T1
continu
FRF
1 Ligne de balayage
5% d
α95
Fond à T0 Fond à T0
0,75 FRF
non définie
Corps noir
Φ1 Φ1
Flux émis
(image thermique) (scène thermique)
Fente
0,5 α
Φ0 Φ0 Φ0 Φ0
A
0
0 5 10 15 α (mrad) L0 L0 L0 L' L0
d d dim 1d < dim <2d
Temps, espace Temps, espace
dr > d dr < d
FRF = (V ' – V0) / (V1 – V0) = (L'–L0) (L1–L0)
α = angle sous lequel la caméra voit la fente.
A = angle de vue de la caméra = FOV = 20° = 350 mrad
Exemple : α95 = 11 mrad et α50 = 1,7 mrad
d'où, si l'on prend FRF = 0,95 pour la mesure : PRSM95 = A/α95 32 éléments de mesure / ligne et, pour l'imagerie, PRSO50 = A/α50 200 éléments
observables / ligne
Figure 13 – Fonction de réponse à une fente FRF pour une caméra classique (en tireté, exemple pour une caméra à matrice)
■ Choix de la bande spectrale en fonction de la technologie cipe est exposée dans [28] : plus la bande spectrale est située dans
de détection des longueurs d’onde élevées et plus large est le calibre de l’appa-
Le choix est assez évident pour les caméras classiques. Il prend en reil, au détriment de la sensibilité et donc de l’exactitude de mesure.
compte la compétence des détecteurs disponibles dans les bandes Voir aussi [29].
spectrales respectives. Par exemple, tout étant égal par ailleurs Le rayonnement émis aux longueurs d’onde plus faibles croît plus
(nombre d’ouverture, résolutions spatiale, thermique et tempo- rapidement avec la température que le rayonnement émis aux lon-
relle...), la détectivité d’un détecteur InSb (caméra SW) est environ gueurs d’onde élevées (loi de Planck). Il s’ensuit que la mesure des
cinq fois supérieure à celle d’un détecteur HgCdTe (caméra LW) ; la rayonnements visant à la mesure des températures aura tout intérêt
réception est donc cinq fois meilleure, ce que l’on peut ramener à à utiliser les longueurs d’onde les plus faibles possible, afin de
l’émission : tout se passe comme si l’émission en SW était 5 fois bénéficier d’une sensibilité supérieure, donc de mieux discriminer
supérieure à l’émission en LW. Les simples raisonnements sur des températures de valeurs proches. Pour une caméra supposée
l’émission sont incapables d’éclairer un choix tant que l’on ne prend sans dérive, l’exactitude de la mesure en sera corrélativement plus
pas en compte le comportement spécifique à la réception, au moyen élevée. Cela se retrouve, en particulier, dans l’expression de l’incer-
de détecteurs effectivement disponibles. Dans la gamme de tempé- titude relative sur la température (en K) ∆T / T en fonction de l’incer-
ratures de 20 ˚C à 70 ˚C environ, les caméras SW et LW sont alors titude relative sur l’émissivité ∆ε / ε (lorsque λT < 3 000 µm · K) :
sensiblement équivalentes. Au-dessous de 20 ˚C, les caméras LW
peuvent s’imposer. Au-dessus de 70 ˚C, ce sont les SW qui devien- ∆T / T = λT / [c2(∆ε / ε)]
nent préférables. avec c2 constante de rayonnement (cf. [R 2 740, § 2.1.3]).
Pour les caméras à matrice, le choix d’un appareil en fonction de
la technologie de détection est devenu une gageure, du fait du nivel- ■ Choix de la bande spectrale : autres considérations intervenant
lement par le temps d’intégration. Il convient dès lors d’observer dans le choix
toutes les caractéristiques des caméras selon les besoins et selon D’autres considérations interviennent dans ce choix comme la
les critères techniques des applications. valeur de l’émissivité spectrale et, plus rarement, le facteur de trans-
mission du milieu intermédiaire (atmosphère ou hublot). La mesure
■ Choix de la bande spectrale selon le calibre et l’exactitude sur des objets fortement sélectifs (l’émissivité spectrale varie forte-
de mesure ment avec la longueur d’onde), comme les verres et les plastiques
La thermographie ne se contente pas de mesurer une seule tem- de faible épaisseur, nécessite de sélectionner la bande spectrale
pérature (comme le fait le radiothermomètre), mais une répartition adéquate pour laquelle l’objet est quasiment opaque.
spatio-temporelle de diverses températures : c’est de la multither-
mométrie. Il convient alors d’analyser, selon la bande spectrale uti- ■ Choix de la bande spectrale : conclusion
lisée, quel est le calibre qui peut être couvert et de conclure Le problème relatif au choix tient au coût des caméras thermi-
également sur l’exactitude à attendre des mesures. L’étude de prin- ques. Par exemple, les constructeurs proposent des caméras LW qui
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
peuvent mesurer de − 20 ˚C à + 2 000 ˚C, il suffit pour cela de les ren- 1.6.1.1 Cadrage thermique par le LEVEL et le RANGE
dre « aveugle » (filtre ou diaphragme) : ces caméras sont les moins analogiques
sensibles et ont donc des calibres très étendus ; elles sont corrélati-
Le but de ces étages de traitement analogique est de ne numéri-
vement moins exactes que les autres caméras. L’opérateur en con-
ser que la partie utile du thermosignal (contenu du RANGE autour
clut qu’il n’a pas besoin de plusieurs caméras, ce qui diminue ses
du LEVEL – figure 14), puisque, dans une majorité d’applications,
investissements au détriment de la qualité de ses mesures. On
seule une partie du thermosignal est utile et que la dynamique du
revient donc ici sur le caractère insatisfaisant des spécifications
thermosignal est usuellement supérieure à la dynamique de l’image
d’incertitude annoncées par les constructeurs.
thermique. Ces fonctions, lorsqu’elles peuvent être appliquées aux
Pour le spectre ultraviolet, le visible et le proche infrarouge, con- caméras à matrice, permettent de réduire le nombre de configura-
sulter [28] [29] [30] et [31]. tions de la caméra (nombre de temps d’exposition différents), de
diminuer ainsi le nombre d’étalonnages et de sélectionner un temps
d’exposition adapté à l’événement à observer). Par ailleurs, certai-
nes applications nécessitent des traitements spécifiques (moyen-
nage, démodulation, déconvolution...) qui demandent d’avoir accès
1.5 Optique instrumentale au signal noyé dans le bruit, de supprimer le bruit ou de ne pas être
limité par le bruit ou le quantum de numérisation. Avec la qualité
des composants électroniques actuels d’instrumentation, l’exacti-
Les caméras classiques disposent d’un scanner dont la concep- tude de la mesure n’est pas affectée par les étages de décalage
tion n’est pas simple ; son coût est élevé. Il a longtemps constitué la (LEVEL) et les gains calibrés (RANGE) : les bons instrumentalistes
spécificité technologique des constructeurs de caméras thermiques. savent atteindre une exactitude de 0,05 %, ce qui est largement au-
En comparaison, l’optique des caméras à matrice est plus évidente dessus de l’exactitude de la caméra et ne nécessite donc pas d’éta-
à concevoir. Néanmoins, et cela constitue une différence fondamen- lonnage spécifique de la caméra incluant ces étages de traitement
tale avec l’imageur thermique, l’optique d’une caméra de mesure se analogique [23].
doit d’être une optique de qualité instrumentale.
Lorsque le faisceau aboutissant aux détecteurs est partiellement 1.6.1.2 Numérisation du thermosignal
masqué le long du trajet optique (par la monture des lentilles par Le thermosignal est converti de son état analogique en une suite
exemple), cela provoque une non-uniformité non acceptable en de valeurs numériques par un convertisseur analogique numérique
mesure radiométrique. Il s’agit du vignettage. La correction du (CAN) à des fins de traitements informatiques ou de conversion de
vignettage par traitement du signal n’est pas techniquement vala- format. Pour les caméras thermiques, le CAN doit être un compo-
ble. sant d’instrumentation et non un convertisseur vidéo destiné aux
Les objectifs à diaphragmes à iris sont à proscrire ainsi que leurs imageurs thermiques.
automatismes, et ce d’autant plus que les longueurs d’onde sont La résolution de numérisation est adaptée à la dynamique du
grandes, puisque l’incertitude sur la mesure des températures, qui thermosignal par le nombre de bits du CAN. On souhaite, en règle
résulte d’une moindre reproductibilité du diamètre de l’iris, est plus générale et en imagerie, que le quantum de numérisation soit de
importante. Les diaphragmes calibrés sur tourelle assurent la répé- l’ordre de grandeur du bruit temporel qui noie l’information radio-
tabilité des mesures. métrique. Si l’amplitude de sortie du senseur est de 3 V et que le
bruit temporel moyen est de l’ordre de 0,760 mV efficaces, la résolu-
Les filtres spectraux doivent être insérés dans un faisceau tion de numérisation souhaitée est de 3/0,760 · 10−3 = 3 950 < 4 096 :
collimaté : ils ne peuvent donc être placés en amont de l’objectif ou un convertisseur 12 bits numérise correctement le signal à des fins
directement devant le détecteur ou la matrice, comme c’est le cas d’imagerie pure. En thermographie, cette démarche est générale-
pour les caméras d’entrée de gamme. ment insatisfaisante (voir § 1.6.1.1).
L’uniformisation de la matrice d’une caméra à matrice (NUC) ne Ainsi, on constate que les caméras de nouvelle technologie numé-
peut se faire sur le cache de l’objectif placé temporairement devant risent le thermosignal directement en sortie du senseur sur 12 ou
l’objectif. La caméra n’en connaît pas la température (éventuelle- 14 bits, en supprimant les étages analogiques de LEVEL et RANGE,
ment non uniforme). La correction résultante induit la suppression ce qui induit une perte d’informations et une diminution des calibres
partielle de défauts optiques qu’il est illicite de corriger par ce biais. de la caméra. Pour les caméras d’entrée de gamme, cette solution
simplifiée se révèle très pratique.
Un diaphragme de champ, délimitant la surface réceptrice du
détecteur ou de la matrice, permet, par une optique intermédiaire Numériser le contenu du RANGE assure une meilleure adaptation
(optique de relais), d’éviter une grande partie des réflexions internes de la numérisation à la partie utile du thermosignal. Cette solution
parasites dans l’objectif. Cette conception, plus onéreuse, est une est mise en œuvre par les thermographes avertis qui modifient la
nécessité pour la mesure et une meilleure insensibilité aux sources caméra pour en extraire le thermosignal analogique et le traiter à
placées hors du champ de vue. leur guise. Cette amélioration n’est plus possible avec les caméras à
matrice où la correction de non-uniformité se fait nécessairement en
Nota : consulter [18] [19] [20] [21] et [26] pour des éléments de conception des appa- numérique.
reillages d’imagerie thermique.
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
Luminance
Luminance
Luminance
LEVEL
RANGE
Détecteur +
– Thermosignal
Amplificateur V+ RANGE Amplificateur au gabarit
LEVEL
a schéma de principe
500
Unités arbitraires de rayonnement
500
400
200 RANGE
100
300 50
20 10 5 2 LEVEL
200
100
0
0 50 100 150
Température (°C)
– 20 124 176
Calibre
b exemple pour des caméras classiques (THERMOVISION 400, 800 et 900 analogique
et avec LEVEL = 250 UA) Figure 14 – Traitement analogique
du thermosignal par LEVEL et RANGE
plesse procurée par un thermosignal analogique disparaîtra au de l’optique, non-uniformité ou non-stabilité de température de la
profit de la simplicité des appareils et de leur standardisation. matrice, etc...).
Nous préconisons toujours une grande prudence vis-à-vis des
caméras où le traitement du signal n’est pas soit transparent, soit
1.6.2 Électronique numérique et informatique totalement explicité avec les méthodologies de vérification.
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
À ce jour, les caméras à matrice ne peuvent prétendre rivaliser nissent l’architecture des systèmes orientés vers les applications
avec leurs aînées en mesure thermographique ; inversement, certai- des laboratoires scientifiques ou industriels ;
nes caractéristiques des appareils à matrice permettent de conforter
ou d’étendre le champ des applications déjà abordées par les appa- — les systèmes, que par opposition, on appellera fermés, ne lais-
reils classiques. Les développements en cours témoignent d’une sant aux développeurs la possibilité d’intervenir qu’au stade du trai-
volonté des constructeurs à résoudre les problèmes spécifiques à tement informatique des fichiers-images stockés. Ces systèmes,
cette nouvelle génération. nécessairement limités, couvrent partiellement les besoins des
Les caméras à matrice non refroidie ouvrent le vaste domaine des laboratoires industriels.
applications industrielles à poste fixe ; c’est l’avenir de la thermo-
graphie..., dès lors que les caméras à senseur non refroidi (mais est- On pourrait distinguer également les systèmes homogènes et les
ce vraiment nécessaire dans ce domaine ?) seront en SW et auront systèmes cohérents. Les premiers sont plutôt orientés vers les
un coût acceptable. Reste le problème de fond de ces caméras : un applications de recherche et proposent une homogénéité depuis le
temps d’exposition trop long pour les événements rapidement évo-
capteur (caméra) jusqu’au stockage, sans aucune limitation par un
lutifs.
maillon plus faible. Les seconds peuvent souffrir de faiblesse dans la
Une caméra scientifique de thermographie se définit comme pos- chaîne de mesure (stockage d’une seule image parmi N, en particu-
sédant toutes les bonnes caractéristiques de mesure, sur les axes
lier), sans pour autant que l’application en soit dégradée (appareilla-
thermique, spatial et temporel.
ges destinés à la maintenance) ; ils sont cohérents avec une
L’opérateur scientifique doit avoir accès à l’information brute application déterminée.
mesurée, avant tout traitement tels que la NUC ou la linéarisation de
détecteurs non linéaires.
Sur la figure 15, on fait la distinction de base entre l’enregistre-
Il souhaite pouvoir calibrer par lui-même et étalonner son appa- ment des données brutes (images thermiques ou cartes de luminan-
reil dans les conditions spécifiques des mesures à mener. Les camé- ces) et l’enregistrement des données transcrites (thermogrammes).
ras à matrice nécessitent un laboratoire d’optique afin d’assurer des
Les laboratoires opteront nécessairement pour le premier mode,
scènes thermiques de luminance uniforme, ce qui est hors de portée
ou hors des axes de recherche des laboratoires habituels. On ne procurant ainsi toute la souplesse nécessaire à la modification des
pourra caractériser extensivement une caméra à matrice aussi grandeurs d’influence, à l’uniformisation des caractéristiques des
« aisément » (la tâche est déjà ardue) qu’une caméra à monodétec- détecteurs des caméras à matrice et au post-étalonnage de l’appa-
teur. reil. L’enregistrement analogique, de faible qualité, appartient à
La caméra scientifique doit être caractérisable par l’opérateur, l’histoire ancienne.
tant en thermique, spectral, spatial que temporel. En particulier, il
est fortement souhaité que cette caméra fonctionne en temps réel Noter que la chaîne de mesure ne comprend pas d’unité de visua-
continu, sans coupure de l’image durant des phases de compensa- lisation, terminal nécessaire mais n’influençant aucunement la
tion de dérive. mesure. En contrôle de procédés, on peut même s’en passer. En
Enfin la caméra scientifique est interfaçable : elle est donc auto- simple imagerie, cette unité de visualisation (moniteur) est l’abou-
nome et peut être alors complétée par l’indispensable station tissement indispensable de l’appareillage.
d’acquisition et de traitement qui évoluera ou sera échangée au
rythme rapide de l’informatique. Si la caméra est intégralement Les traitements « en direct » ne sont utiles que pour des événe-
pilotée par un ordinateur externe, obsolète en quelques 2 à 3 ans
ments à variation lente, qui autorisent des suivis temporels à
tout autant que le système d’exploitation associé, l’opérateur court
le risque de devoir renouveler l’ensemble complet au même rythme l’échelle de ce qu’un opérateur peut suivre sur un écran.
ou tout du moins d’être définitivement lié au même fournisseur. Néanmoins, l’apparition de caméras pour les usages industriels à
poste fixe, conduira à l’exploitation directe de données par des auto-
mates de contrôle de produits ou de contrôle / régulation des procé-
dés.
1.8 Système de mesure thermographique
Les traitements « en différé » s’appliquent soit aux systèmes inté-
grés (ils traitent alors une seule image acquise au vol), soit aux sys-
Le système de mesure (NF X 07-001) thermographique est un tèmes de laboratoire où l’enregistrement en temps réel (défini par
ensemble complet d’équipements assemblés pour exécuter des les fréquences de la caméra) est primordial et conduit à l’application
mesurages de flux ou de températures. Il se présente soit sous
ultérieure de fonctions de calculs plus ou moins spécifiques.
forme intégrée, soit sous forme d’unités distinctes. Les construc-
teurs proposent ainsi une gamme de produits.
Les fonctionnalités de base des stations d’acquisition et de traite-
Les systèmes intégrés sont développés à des fins de portabilité et
ment ne seront pas listées ici.
sont préférentiellement destinés aux applications de maintenance
et de prévention. Les applications à poste fixe (contrôle de produits
et de procédés) disposent déjà de caméras thermiques (mais en LW Les fonctionnalités spécifiques, démontrant l’ouverture du sys-
seulement), intégrant l’intelligence que des opérateurs chevronnés tème, comprennent, par exemple, la restauration des images ther-
leur auront transférée lors de l’étude de l’installation. miques (déconvolution), les transcriptions personnalisées en
Les systèmes en unités distinctes présentent classiquement des températures, les analyses d’objets tournants, les modules de calcul
performances et des possibilités plus larges : ils sont orientés vers de valeurs de grandeurs diverses déduites des flux mesurés (ther-
les applications de laboratoire de recherche et de développement. mique, aérodynamique, etc.).
Parmi ces derniers, on distinguera [22] :
— les systèmes ouverts, basés sur des caméras conçues comme Dans le contexte d’évolution galopante de l’informatique et dans
des capteurs autonomes (et caractérisés comme tels), interfaçables l’attente de futures caméras à matrice de qualité instrumentale, des-
à volonté par les concepteurs d’électronique instrumentale et tinées aux scientifiques, les possesseurs de caméras doivent faire
d’informatique, sur instructions des thermographes, lesquels défi- évoluer leur système sur la base des caméras qu’ils possèdent [23].
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
Caméra thermique
=
capteur autonome
Station d'acquisition
et de traitement
Conversion
Caméra Transcription Manipulations
analogique
thermique en températures et analyses
numérique
Enregistrement
Enregistrement Enregistrement Édition
des images
analogique des des
thermiques Figure 15 – Schéma global et synoptique
thermogrammes thermogrammes
de principe d’un système de thermographie
2. Thermographie La thermographie s’impose par ses qualités dès lors que d’autres
techniques sont inapplicables, trop complexes ou intrusives comme
et utilisation des caméras dans les cas :
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
a
Im
Nous retiendrons cinq segments d’application de la thermogra- NM
phie ou de l’imagerie thermique, selon la figure 16.
BN
La recherche et développement est subdivisée en haut niveau HN Médecine
(laboratoires scientifiques), moyen niveau MN (R & D industriel) et CND Médecine
bas niveau BN (électroménager...). vétérinaire
e
ses et bien spécifiques.
ur
es
M
La maintenance et la prévention sont actuellement des applica-
Maintenance
tions majeures. Contrôle de produit Prévention
Le contrôle de produits et le contrôle de procédés comprennent Contrôle de procédé
tant les actions ponctuelles par un opérateur que les installations à
poste fixe. Le contrôle non destructif (CND) est un cas particulier, Figure 16 – Topologie des applications
situé principalement en imagerie thermique.
La surveillance de site, les applications paramilitaires ou de con-
duite nocturne, ne sont pas de la thermographie et ne sont Le but de l’étude de la signature spectrale est de déterminer la
évoquées ici que pour les exclure du propos. vulnérabilité en particulier lors de l’agression par un missile autodi-
recteur équipé d’une détection servant au guidage sur la cible.
Historiquement, trois grandes vagues d’applications ont eu lieu,
en attente de la quatrième en gestation : les applications médicales, Entrent dans cette application les études des leurres infrarouges
puis scientifiques, puis en maintenance (vague actuelle). La pro- destinés à tromper le missile agresseur, les études de camouflage
chaine (contrôles de produits et de procédés) débutera vraiment par fumées, les études de masquage des sources conduisant à dimi-
quand le prix des appareils sera à un niveau plus accessible et que nuer la vulnérabilité des engins dans certaines directions de
des capteurs SW seront disponibles. l’espace, les études dites « actives » consistant à éclairer les engins
par des sources et à analyser des rayonnements réfléchis, les con-
■ Utilisation ou application ? tre-mesures et les études des armes et moyens capables de con-
Il convient de distinguer « utilisation » et « application ». tourner toutes ces défenses.
Dans le premier cas (utilisation), la caméra thermique est considé- Dans ces applications de signature spectrale, l’utilisateur établit la
rée comme un simple moyen pour résoudre un problème : on ne se carte des luminances ou des intensités. Le thermogramme est clas-
préoccupe guère d’expliquer pourquoi et comment la technique siquement sans objet et n’a de sens qu’en températures de luminan-
thermographique est adaptée, apporte la solution ou est un avan- ces.
tage décisif : ce n’est pas le sujet ; le menuisier utilise une machine Les caméras utilisées dans ce type d’applications seront
à bois de tel type, mais son métier est la menuiserie et le résultat de (principalement) :
son travail est une table, une étagère, etc.
— adaptées à la bande spectrale étudiée : il faut donc plusieurs
Dans le deuxième cas (application), il s’agit de thermographie caméras ou des caméras multispectrales ;
appliquée : on décrit alors les caractéristiques de la situation de — caractérisées en réponse spectrale relative RSR ;
mesure, la façon de la maîtriser, les choix ou les définitions des — de grande dynamique de thermosignal (avec une numérisa-
matériels adaptés, etc. L’expert en machine à bois décrira le fonc- tion assurant l’homogénéité du système).
tionnement de la machine et son adéquation à réaliser telle mor-
taise, telle moulure (pour la réalisation de la table ou de l’étagère, L’étude de la signature spectrale par caméra thermique est cou-
résultat accessoire, ce n’est pas le sujet). C’est cette seconde démar- ramment associée à une étude simultanée par spectroradiométrie
che qui présente un intérêt dans le cadre de cet article ou au cours de l’émission des corps ou gaz observés.
d’échanges techniques traitant de thermographie.
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
2.3.3 Thermique et en détectabilité de défauts dans les matériaux divers ainsi que la
mécanique du solide (contrainte, fatigue, rupture) [35] [36].
La thermique est une science aux applications très vastes qui cou- La structure à étudier subit une sollicitation mécanique. Les ima-
vre pratiquement tous les secteurs d’activité : comportement ther- ges thermiques sont traitées en démodulation ou détection syn-
mique, échanges thermiques par conduction, convection et chrone à la fréquence d’excitation des structures. Pour les
rayonnement. Le principe même de la thermographie est une illus- excitations à haute fréquence, les imageurs à matrice présentent
tration des échanges par rayonnement. Ce domaine est par excel- l’intérêt de synchroniser la prise d’image à une phase du cycle
lence le champ principal d’application de la thermographie d’excitation (imageur déclenchable). On met ainsi en évidence des
instrumentale [32]. écarts de température de quelques dizaines de microkelvins, à relier
aux valeurs de la grandeur recherchée (contraintes ou défauts).
Cette discipline est étroitement liée à la caractérisation thermique
des matériaux : propriétés thermophysiques (conductivité, diffusi- On classera dans ce domaine la tribologie (étude des frotte-
vité, etc...) [33], propriétés radiatives (émissivité spectrale direction- ments).
nelle, facteur de réflexion...) et propriétés optiques.
Si l’équation de la chaleur utilisée par les thermiciens fait interve-
nir les températures et non les luminances, ces thermiciens se gar- 2.3.5 Électrotechnique et électronique
dent de croire a priori aux températures indiquées sur les écrans des
ordinateurs. Un thermicien se doit aujourd’hui d’être un spécialiste En électrotechnique, on réalise des composants destinés à véhi-
des échanges radiatifs : il lui revient donc de vérifier la validité de la culer, transformer ou commuter de l’énergie électrique. On rencon-
chaîne de mesure de température, donc la validité, pour son appli- tre tous les cas de figure : courants forts sous haute tension
cation, des équations de transcription en température. jusqu’aux courants faibles sous basse tension. Les problèmes sont
En thermique, on recourt aux modélisations (calculs par éléments relatifs aux comportements thermiques de ces composants et aux
finis, etc...). Le calcul s’accompagne d’une vérification expérimen- résistances de contact. Seuls persistent les problèmes de mesure de
tale de la validité des modèles utilisés. La caméra thermique est température des contacts en métal de faible émissivité.
l’instrument privilégié de cette vérification en un ou plusieurs Dans les cas évolutifs comme pour l’étude des machines tournan-
points, ou en une surface du matériau, au cours du temps. Elle per- tes (moteurs, alternateurs, turbines), l’utilisation de caméra classi-
met donc le recalage des modèles par la mesure physique des que en mode de balayage ligne (caméra linéaire), aptes à la mesure
valeurs aux limites [34]. en dynamique, est devenue aisée par le stockage en temps réel des
profils thermiques (NF A 09-400) fournis par la caméra.
Dans ces études, le fait de disposer du thermosignal brut et ana-
logique en sortie de caméra est indispensable. La numérisation est Dans les domaines de l’électronique, les usages de la thermogra-
effectuée selon les impératifs spécifiques de la recherche en cours. phie sont multiples, de la puce de silicium à la carte électronique
De même, la transcription en température pour les surfaces et struc- équipée : comportements thermiques évolutifs, mesure des impé-
tures de forme complexe ne peut être incluse dans les systèmes de dances thermiques, validation des techniques de report (soudure,
thermographie proposés aux catalogues des constructeurs. L’étude collage, visserie), dimensionnement et comportement des compo-
des radiosités et des facteurs de forme est un préalable à la trans- sants de puissance et des radiateurs, efficacité des caloducs, etc...
cription en températures. Les problèmes principaux rencontrés en électronique sont :
Ainsi, le chercheur et l’ingénieur de thermique préféreront une — la forte dispersion des émissivités ;
caméra autonome, la plus exacte possible en mesure radiométrique — la faible taille de certains composants à étudier et la faible con-
et présentant la plus faible dérive. Ils lui adjoindront une station ductivité thermique interdisant les thermocouples.
haut de gamme assurant l’homogénéité du système et l’enregistre-
ment de données brutes à traiter spécifiquement par des logiciels
qu’ils écriront et modifieront à loisirs. On peut être amené à appli-
quer les techniques de déconvolution.
2.3.6 Industrie automobile et des transports
Un autre centre d’intérêt devenant majeur est l’usinage à grande L’industrie automobile et l’industrie des transports ainsi que celle
vitesse. des équipements pour l’automobile est une grande utilisatrice de
D’autres recherches en rayonnement et en thermique bénéficient caméras thermiques.
de l’apport de la thermographie : Les sujets d’études sont les moteurs électriques, les paraboles de
— la tenue des matériaux aux températures élevées comme les phares, l’isolation et les fuites des habitacles, les moules de fonde-
aubes de turbine (ces études nécessitent des algorithmes de correc- rie, les sièges chauffants, les collages de pièces mécaniques, les cir-
tions qui tiennent compte des influences des environnements), cuits d’échappement ou de dégivrage, les pièces d’échauffement
matériaux ablables soumis à des plasmas de gaz ; (radiateurs, climatisation), les pièces de frottement et les pneumati-
— les études de combustion et de certaines réactions chimiques, ques...
la pyrotechnie ; L’étude des phénomènes physico-chimiques intervenant sur les
— les études d’absorption des rayonnements et de réflexion des disques de freins lors du freinage est destinée à améliorer la con-
rayonnements électromagnétiques : par exemple, les études de naissance et la maîtrise de ce freinage selon les constituants des
cuisson par micro-ondes, les études de panneaux de cellules plaquettes de frein. Ces études sont menées sur des bancs d’essais
solaires ; et sont d’interprétations complexes (thermique, métallurgie, tribolo-
— les recherches sur les matériaux du bâtiment, sur les maté- gie...). La caméra classique en analyseur ligne observe alors le dis-
riaux métallurgiques à haute température ; que suivant un rayon choisi avant ou après le passage sous la
— le fonctionnement des moteurs thermiques pour l’industrie mâchoire de frein.
aéronautique ou automobile.
Un pan important des études de matériaux et des structures se L’industrie de la métallurgie en est à ses essais de thermographie
distingue depuis 1985 : la recherche en contrôle non destructif (CND) dans le domaine de la recherche. L’état métallurgique d’un métal et
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
la qualité du produit final dépendent fortement des procédés de 2.3.10 Agronomie, géologie et pollution
fabrication et des cycles de température auxquels sont soumis les
matériaux (laminage à chaud ou à froid, trempe, hyper trempe,
recuit, traitements thermiques classiques ou par laser, nitruration Nous regroupons ici les usages de la thermographie qui ont lieu
ionique, etc.). dans des conditions similaires : faibles écarts de température à tem-
pérature basse et mesures à longue distance. On classe ces applica-
Les études de l’action des lasers CO2 sur la matière, comme les tions en télédétection. C’est un secteur privilégié pour la caméra
traitements de surface (métallurgie fine), la découpe et la soudure LW. L’émissivité des végétations ou des sols avoisine 0,98 dans cette
des matériaux conduisent préférentiellement à utiliser des caméras bande spectrale.
SW ou visible insensibles aux rayonnements du laser. La découpe et La recherche agronomique se base sur les cartes de luminances
la soudure en continu peuvent être étudiées par un analyseur ligne établies dans plusieurs bandes spectrales. Les cartographies (dans
(caméra thermique linéaire) procurant des profils thermiques. la bande de 8 à 14 µm) sont obtenues au sol, en vol ou par satellite.
Cependant, l’image thermique complète que fournit une caméra Elles renseignent sur l’état de santé des plantes, sur les inerties ther-
procure une information spatiale autrement plus intéressante et miques comparées des végétaux ou des sols, sur l’humidité des sols
exploitable : perception immédiate des zones perturbées par les et sur les drainages...
éclairements parasites provenant de la fusion, détermination des
masquages de ces éclairements avant mesure des températures En géologie, certaines études se basent sur les écarts de tempéra-
atteintes par les matériaux. Les analyseurs ligne seront donc rése- ture des sols et des roches lors d’un cycle journalier. On en déduit
rvés aux contrôles de procédés et non à l’étude ou à la mise au point les résistances thermiques des couches géologiques de surface,
de ces contrôles. donc les qualités de leurs ancrages sur les couches plus profondes
(ancrage des barrages).
La recherche de pollution sur les nappes d’eau (océans et lacs) est
2.3.8 Industrie du verre facilitée par l’emploi des imageurs thermiques. Les études des
mélanges d’effluents des centrales thermiques, avec les eaux d’un
fleuve ou les eaux de mer, sont faites d’un avion.
L’industrie du verre est une forte consommatrice d’énergie que
l’on cherche à économiser. Les utilisations des caméras thermiques
se rencontrent dans toutes les branches de cette industrie : verre
plat (verre à vitre), verre creux (bouteilles, flacons...), fibres isolantes 2.3.11 Papier, textile et plastique
(fibre de verre pour laine de verre), fibre de verre textile, verre auto-
mobile ou d’avion, autres produits (tube cathodique de téléviseur, Les caméras sont surtout utilisées en contrôle de procédés. On
ustensiles ménagers, ampoules d’éclairage...). notera cependant les études des revêtements textiles ou vêtements
isolants, les études d’amélioration de procédés dans l’industrie du
Les problèmes de mesure sont divers :
plastique, le relevé de l’uniformité de séchage du papier.
— mesure de température du verre, à haute température ;
— mesure dans des ambiances et environnements difficiles et à
température élevée ; 2.3.12 Illustration partielle
— mesure sur des événements rapides (ouverture de moules,
chute de la paraison...). Le tableau ci-contre illustre quelques exemples d’utilisation des
On sélectionne la bande spectrale de la caméra pour mesurer les caméras ou imageurs à l’ONERA de Châtillon (source du document).
températures de surface ou les températures plus à cœur du maté- On y mesure essentiellement des écarts de thermosignal V ou de
riau. température T.
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_____________________________________________________________________________________________________________________ THERMOGRAPHIE
(0)
Grandeur
Application Sous-classe Excitation Méthode de relevé
mesurée
Mécanique des fluides : mesure méthode passive Frottement aérodynamique ∆T Analyse temporelle
des coefficients convectifs
méthode active Frottement aérodynamique ∆V Analyse temporelle
+ Impulsion de rayonnement
Thermique : mesure des propriétés Source thermique ∆V Analyse temporelle
thermophysiques Démodulation
Mécanique des solides Thermo-élasticimétrie force ∆T Démodulation
à la fréquence f
Loi de dissipation force ∆T Démodulation à 2f
Caractérisation force ∆T Analyse temporelle
des instabilités
Recherche en CND Défectométrie pression ∆V Démodulation
Vibrothermographie
Défectométrie source thermique ∆V Analyse temporelle
« Thermographie » stimulée Démodulation
Défectométrie EMIR source micro-onde ∆V Démodulation
Électromagnétisme Caractérisation des champs source micro-onde ∆V Démodulation
EM
2.5 Maintenance et prévention immeuble d’administration, en passant par les réseaux de transport
d’énergie sous haute tension inspectés régulièrement par hélicop-
tère. On inspecte les transformateurs, les têtes de disjoncteurs, les
La maintenance et la prévention bénéficient depuis longtemps de sectionneurs, les raccords et cosses de toutes natures, les contac-
l’emploi des caméras thermiques ; mais la croissance des applica- teurs, les portes fusibles, borniers de connexions et de répartition...
tions a été propulsée par l’arrivée des caméras portables à matrice, Ce secteur bénéficie désormais d’une Qualification des opéra-
petits systèmes intégrés à l’ergonomie souvent attractive. Leurs teurs régie par le Document D 19 [37].
qualités instrumentales sont assez délimitées mais restent suffisan-
tes pour ces applications.
Les gains financiers générés par la thermographie sont très 2.5.2 Isolants, calorifuges, réfractaires, joints
importants, voire inestimables, quand une seule intervention de
quelques heures évite des incendies, des arrêts de production ou
et fuites
des bris de machines.
L’avantage décisif de la thermographie en maintenance est de Ce type d’inspection relève davantage de l’imagerie thermique
permettre l’estimation de la qualité d’un équipement ou d’une ins- lorsqu’il concerne les enveloppes métalliques polies des calorifuges
tallation en exploitation normale, sans arrêt des machines et bien de circuits vapeur, circuit sodium des centrales nucléaires, des rése-
avant la défaillance effective. Une dégradation conduit le plus sou- rvoirs de produits froids, wagons-citernes calorifugés.
vent à une évolution des répartitions de températures. Dans les cas de gaines à réfractaires, circuits de vents chauds en
On distingue l’inspection et la surveillance (bien que ce terme sidérurgie, cheminées industrielles, les observations par thermogra-
porte désormais à confusion avec l’imagerie thermique). La pre- phie sont aisées. Mais l’inspection devient délicate quand des calo-
mière est une action ponctuelle destinée à vérifier la progression rifuges extérieurs masquent les écarts de température dus aux
lente d’une dégradation éventuelle ou inéluctable. Cette inspection dégradations des réfractaires.
est exécutée périodiquement par un opérateur qui intervient sur le
site avec un matériel approprié. La seconde est une inspection per- La caméra ou l’imageur met en évidence les fuites aux joints qui
manente destinée à éviter les conséquences d’événements aléatoi- plaquent mal ou qui se dégradent au cours du temps, les fuites de
res pouvant se produire à tout instant. L’appareil de mesure est alors canalisations enterrées (chauffage industriel ou urbain), les infiltra-
installé à poste fixe et équipé d’une électronique de seuillage et tions d’eau saine dans les circuits d’assainissement, fuites aux fissu-
d’alarme. res et porosités des ouvrages en béton (barrages, digues, canaux...),
etc.
Les opérations de réception en fonctionnement des installations
industrielles (en présence des maîtres d’ouvrage et maîtres On détecte les encrassements d’échangeurs thermiques, le dépôt
d’œuvre, tels que sociétés de conception, de réalisation, bureaux de poussières et les agrégats le long de tuyauteries, le cokage de
d’études, etc.), ainsi que les examens thermographiques d’expertise tubes de fours de pétrochimie.
(avant ou en cours de contrat ou d’intervention des compagnies
d’assurance) relèvent de ces applications. L’inspection des bâtiments (isolation thermique) entre dans cette
catégorie. Le diagnostic thermographique peut se faire en complé-
ment du diagnostic thermique traditionnel : il est exécuté de l’inté-
2.5.1 Maintenance électrique rieur de l’habitation ou de l’extérieur. On peut localiser des
infiltrations d’air froid ou des fuites importantes, des ponts thermi-
ques, des affaissements ou dégradations des isolants... (NF EN
La maintenance électrique est actuellement la plus importante 13187). Une application plus classique que l’isolation thermique des
application de la thermographie en maintenance. bâtiments est la détection des défauts ou des malfaçons dans les
L’inspection va du centre de production d’énergie électrique planchers chauffants (à l’électricité ou à eau chaude) ou dans les
jusqu’au moindre tableau de distribution dans les étages d’un corps de chauffe (encrassement, blocage de vannes).
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THERMOGRAPHIE ______________________________________________________________________________________________________________________
Dans le même ordre d’idée, nous classerons ici l’entretien et la Ces contrôles sont assurés par des opérateurs de terrain ou, pour
restauration des monuments à caractère historique, qui utilisent la certains d’entre eux, par des appareillages à poste fixe.
thermographie pour déterminer les zones humides, les structures
internes des constructions ou la qualité d’accrochage des enduits Une installation de contrôle résulte d’une étude de faisabilité
recouverts de fresques. antérieure. Le concepteur du système automatisé incluant un cap-
teur (analyseur ligne ou caméra) est un spécialiste de la thermogra-
Enfin, la dégradation lente des fours des industries lourdes (méta- phie. Il prévoit les variations possibles des grandeurs d’influence et
llurgie, industrie verrière...) ou des bacs d’électrolyse (aluminium), retiendra des caméras autonomes et fiables. C’est un secteur futur,
les poches de coulée, les wagons-cigares sont suivis par thermogra- potentiellement très vaste.
phie. On arrive ainsi à économiser quelques mois sur la réfection
des réfractaires ou à colmater certains défauts qui apparaissent trop
tôt dans la vie de l’équipement. 2.6.1 Contrôle de produits en ligne
■ Vérification de procédé
Le contrôle de produits se préoccupe de la qualité des produits
fabriqués, tandis que le contrôle de procédé vise à aider le pilotage La vérification de procédé met en œuvre les caméras en tant
du procédé (manuel ou automatisé) au moyen de l’information de qu’instrument de mesure destiné à informer sur la stabilité ou l’évo-
température prélevée sur les produits élaborés au cours de ce pro- lution favorable du procédé.
cédé.
La caméra thermique permettra :
Un procédé mal réglé provoque systématiquement une mauvaise
qualité du produit. Un procédé bien réglé n’élimine pas les écarts — de vérifier que les températures nécessaires au procédé sont
aléatoires de qualité de fabrication : paramètre non totalement maî- effectivement atteintes et maintenues ;
trisé, manque de matière, corps étrangers, rupture, fissure, etc. — d’améliorer la qualité des produits ;
Alors que le contrôle de procédé se satisfait d’une analyse lente, — de diminuer les périodes de réglages et d’ajustages en
le contrôle de produit demande une analyse exhaustive de la réduisant ainsi les quantités rebutées ;
répartition des températures de surface de ce produit et donc une — d’économiser l’énergie en maîtrisant les consommations et en
analyse spatiotemporelle généralement plus rapide. appliquant les actions correctives adéquates, à chacune des phases
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du procédé, pour diminuer les coûts de fabrication, d’exploitation et armatures multicouches de fibres de verre, etc. Le contrôle contri-
d’entretien. bue à la mise en évidence des défauts de collage ou des délaminages ;
Exemple : On peut citer : — CND de métaux – Le laminage des métaux en barres (billettes)
— l’enrobage de déchets radioactifs par du bitume ou du verre en provoque parfois des plis et autres défauts du produit (fissures). Ces
fusion ; défauts peuvent être mis en évidence par un chauffage par induc-
— le couchage de plastique sur carton ; tion HF (les défauts présentent une résistance électrique plus
— le calandrage de papier ; élevée : l’effet Joule y est plus fort et la température augmente loca-
— le soudage ; lement) puis par une détection, par imageur thermique, immédiate-
— le réchauffage de rives en sidérurgie. ment après le passage dans l’inducteur. Une légère humidification
de la surface augmente l’émissivité de la pièce ;
■ Commande de procédé
— CND divers – On utilise également les caméras thermiques
Elle s’effectue à l’aide de caméras thermiques à poste fixe dans
pour vérifier la qualité des soudures des ensembles mécano-
les boucles de régulation (aucun bouclage n’est effectué à ce jour, à
soudés : les transferts thermiques ont lieu de façon régulière pour
notre connaissance). Le thermosignal sert à la conduite du procédé,
des pièces correctement soudées. Quelques essais ont été menés
en l’absence d’intervenant.
dans la détection de corrosion ou d’oxydation. La localisation des
armatures de ferrailles dans le béton armé, à des fins de réparation
ou de modification d’ouvrages d’art, se base sur l’échauffement du
2.6.3 Cas particulier : contrôle non destructif métal provoqué par une induction HF. La bonne qualité de l’expan-
sion des mousses injectées isolantes est vérifiable par imagerie
Nous ne donnons pas à l’expression « contrôle non destructif » thermique. Les bulles importantes (absence de matière) ou les insuf-
(expression à la mode mais étonnamment non normalisée) le sens fisances d’expansion sont rapidement visualisées dans la période
communément admis mais ne tenant pas à une analyse du refroidissement des structures, suite à la réaction exothermique
élémentaire : on confond « contrôle non destructif » et « mesure à du mélange des produits. Les manques de matière, ou les cavités se
distance » (sans contact ou non intrusive). De là, l’assimilation formant au cours du temps peuvent parfois être mises en évidence
excessive, dans le CND, de tous les modes de contrôle et de mesure sur les ouvrages d’art (voûtes de tunnels, revêtement routier).
quels qu’ils soient, dès lors qu’ils ne touchent pas ou n’endomma-
gent pas la pièce contrôlée ou l’objet mesuré. Il résulte de notre
position que très peu d’applications de la thermographie relèvent
du CND, lequel n’est, dans la grande majorité des cas, qu’une sim-
ple utilisation d’imageur thermique. 2.7 Conclusion
En CND, la phase de définition de la méthodologie de contrôle est
très importante, celle-ci dépend des propriétés thermophysiques
des matériaux et structures. L’emploi de l’imagerie thermique est Nous n’avons pas pu être exhaustifs. Il existe bon nombre
banal, c’est l’interprétation et l’expérience de l’opérateur qui comp- d’autres applications non évoquées dans ce chapitre.
tent, tout comme en thermographie appliquée au diagnostic médi-
cal. On réalise des défauts « tests » de référence qui conduisent à la Beaucoup de techniques de mesures adaptées à nombre de situa-
validation de la méthode et à la définition des limites des défauts tions particulières ont été développées. Il est inutile de les recréer :
détectables et admissibles. afin d’éviter que les laboratoires ne perdent leur temps en mise au
point de techniques déjà évaluées et validées par d’autres, il est
■ Excitations appliquées aux structures et matériaux conseillé à chacun, les nouveaux et les anciens, de participer active-
S’agissant d’identifier la « fonction de transfert » d’une structure, ment aux échanges nationaux et internationaux sur la thermogra-
toute forme d’excitation est en principe applicable : impulsionnelle, phie et ses applications, et sur l’utilisation des caméras ou imageurs
en créneau, en échelon, harmonique ou multifréquentielle (bruit thermiques.
blanc). Les tenants de l’une ou l’autre forme d’excitation
s’emploient à valider leur choix en fonction des matériaux et des
résultats escomptés pour une durée assignée au contrôle. Sous l’angle principal de la mesure radiométrique, que nous
Néanmoins, les industriels se contentent de méthodes empiriques avons considéré tout au long de cet article, la thermographie est
et rapides, déclarées suffisantes pour la tenue mécanique des struc- une technique complexe d’instrumentation. Les caractéristi-
tures contrôlées. Le but est annoncé : supprimer les contrôles (sauf ques sont nombreuses et interdépendantes : elles définissent
dans les cas de produits hautement techniques ou onéreux pour les- des limites d’exploitation.
quels le contrôle unitaire s’impose). La thermographie est une technique pluridisciplinaire. L’opé-
rateur joue un rôle primordial avec ses propres limites. Bien
Il existe deux types principaux d’excitations : thermique et maîtriser la technique demande plus de deux années de prati-
mécanique. Le matériel de chauffage peut être une rampe infra- que à temps plein, et avec les capacités de base suffisantes.
rouge, une lampe à décharge, un laser, un inducteur HF, une convec- La thermographie est une technique aux applications
tion forcée d’air, une conduction par liquide, etc. Les excitations multiples : elle est ainsi entre les mains d’opérateurs très diffé-
mécaniques peuvent être des vibreurs, des machines d’essais rents, dont les besoins et les compétences représentent une
mécaniques, etc. palette très variée.
■ Exemples de contrôle non destructif par imagerie thermique Le lecteur consultera avec intérêt les ouvrages français d’ima-
— CND de matériaux composites, carbone-époxy, fine peau de gerie thermique [26] et [27] ainsi que les ouvrages de mesure
métal collée sur une structure en nid d’abeilles, résine époxyde avec thermographique [24] et [25].
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 2 741 − 27
P
O
U
Thermographie R
E
par Dominique PAJANI
N
Ingénieur de l’École centrale de Lyon
Institut de la Thermographie
et Luc AUDAIRE
Ingénieur-docteur S
Microélectronicien au Laboratoire Infrarouge
Département Optronique CEA Grenoble/DTA/LETI A
La profession de la thermographie V
La « profession » de la thermographie regroupe les opérateurs, les intégra- compatibilité électromagnétique, l’acoustique, les calculateurs et la program-
teurs-développeurs d’applications, les constructeurs (fabricants et reven-
deurs), les conseillers-consultants, les formateurs, les laboratoires de
mation orientées vers le traitement des images thermiques, les alimentations,
etc...
O
caractérisation, les prestataires de service, les institutionnels (auteurs,
congrès, presse, normalisation...).
Le site http://www.institut-thermographie.com fournit un ensemble de liens
DBVIB TECHNOLOGIES www.dbvib.com
DIMELCO http://www.dimelco.com
I
utiles permettant d’accéder à de nombreuses catégories de la profession. Les
adresses ci-dessous ne sont pas exhaustives. FLIR Systems http://www.flir.com R
Opérateurs, Développeurs d’applications, Conseillers HGH http://www.hgh-infrarouge.fr
L’opérateur est un maillon indispensable du système de mesure thermogra- IRCON http://www.ircon.com
phique. Son intervention dans l’appréciation et la maîtrise de la situation de
mesure, dans le choix et la connaissance fine des matériels, dans la validation
des mesures par sa maîtrise de la thermographie, est la base même de l’action
de mesure.
Land infrarouge http://www.landinst.com
MB Électronique
L
thermographie. L’intégrateur sait prévoir les variations possibles des gran-
deurs d’influence pour que les machines qu’il installe, programmées pour les
prendre en compte, puissent mesurer en toute validité. Les conseillers-consul-
BFI OPTILAS http://www.optilas.com U
tants connaissent l’ensemble des applications et des marchés, tant fournis-
seur qu’opérateurs. S’ils sont indépendants des constructeurs, ils sont une
aide précieuse lors du choix, d’une architecture d’installation, en cas de doute
SSII CEDIP http://www.cedip-infrared.com
Formateurs
S
sur un système acquis ou pour les nouveaux choix pertinents. Il est à noter que Bien peu nombreux sont les formateurs pertinents, aptes à enseigner un
les organismes les plus gros utilisateurs de thermographie sont également vrai savoir-faire. La vaste expérience appliquée de quelques personnes des
ceux qui consultent le plus les experts en la matière (CEA, EDF, grands presta- centres de formation est un atout pour faire passer le message pratique de
taires...). base, la compréhension des images thermiques, avant toute tentative de les
transcrire en thermogrammes, but habituel de la technique. Toute formation
Constructeurs vise à l’élaboration de solides fondations sur lesquelles viendra se construire
Les compétences nécessaires à la conception et à la réalisation d’une la compétence, par l’expérience et la modestie.
caméra thermique pour une ou des applications sont très vastes.
Institut de la Thermographie http://www.institut-thermographie.com
Au-delà de l’habilité indispensable en marketing (marché-fournisseurs et
marché-utilisateurs) et en applications, les concepteurs se doivent de connaî- Laboratoire National d’Essais http://www.lne.fr
tre, de mettre en œuvre et de maîtriser :
— la thermographie instrumentale ; CAST-INSA de Lyon http://www.insa-lyon.fr/cast.html
— la mesure des grandeurs physiques ;
— les rayonnements ; Laboratoires de caractérisation
— l’optique ; Il existe un seul laboratoire civil en France pour assurer la caractérisation
— l’optico-mécanique ; des appareils de thermographie, le Laboratoire National d’Essais.
— la mécanique ;
— la thermique ; Plusieurs laboratoires se sont impliqués dans l’élaboration de banc de
— les détecteurs ; mesures des propriétés radiatives des matériaux.
— la cryogénie ;
Laboratoire National d’Essais http://www.lne.fr
— l’électronique analogique instrumentale ;
— l’électronique numérique ; Prestataires de service
— le traitement analogique et numérique du thermosignal ;
— le traitement numérique de l’image thermique ; Ils sont devenus légions depuis l’avènement des caméras à matrice. Les
— le vidéosignal ; organismes de contrôle se regroupent, les sociétés de maintenance s’équi-
— la conception et le développement industriels, liés à l’ergonomie des pent et les artisans-thermographes se développent.
appareillages et des interfaces-opérateur.
Certains se forment. Ils auront tous avantages à être qualifiés.
On peut rajouter d’autres domaines, trop considérés comme secondaires :
les systèmes asservis multivariables (pour la compensation de dérive), la Consulter http://www.institut-thermographie.com
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