Microscopie thermique à balayage expliquée
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MICROSCOPIE THERMIQUE À BALAYAGE ___________________________________________________________________________________________________
1. Présentation et intérêt
de la méthode
Le dispositif de mesure par microscopie thermique à balayage bi
ou tridimensionnel a été développé en vue de résoudre le problème
posé par la détermination expérimentale des coefficients de trans-
fert de chaleur locaux au voisinage de surfaces quelconques, en pré-
sence d’écoulements complexes, comme, par exemple, les
écoulements engendrés par une convection naturelle.
Il a aussi été conçu dans le but de caractériser les transferts ther-
miques au voisinage d’une surface rugueuse afin, notamment, d’étu-
dier l’influence locale de macrorugosités sur la répartition des
températures de surface et sur l’intensité des transferts locaux de
chaleur. Sur des installations industrielles telles que les échangeurs
ou tout autre système dans lequel l’isolation thermique ou, au
contraire, l’évacuation des calories, présente un intérêt, cette tech-
nique, complémentaire de la thermographie infrarouge, permet non
seulement de déceler des anomalies thermiques à partir de la car-
tographie des températures de surface, mais aussi d’analyser leurs
causes grâce à l’analyse expérimentale détaillée de l’écoulement
dans la zone proche du « défaut » (tomographie et profilométrie).
Le dispositif, schématisé sur la figure 1, comprend trois éléments :
— un microthermocouple dont le diamètre définit la résolution
latérale ; il doit évidemment être le plus petit possible ;
— un système de déplacement tridimensionnel (normal, latéral
et angulaire) de la sonde, à l’échelle du micromètre ; les dépla-
cements doivent se faire avec une précision et une reproductibilité
meilleures que la résolution à atteindre ; pour cela on utilise trois
moteurs pas à pas à déplacement rectiligne disposés sur un pla-
teau tournant et pilotés par un micro-ordinateur [deux pour le
balayage latéral (X, Y ), un pour le balayage normal (Z )] et un
moteur pour le balayage angulaire (θ ) ;
— un système d’acquisition, de visualisation et de traitement des
données : à chaque hauteur Z correspond une fonction de surface
f (X,Y ) représentée par un enregistrement tridimensionnel des
niveaux de gris ou des fausses couleurs qui correspondent aux tem-
pératures locales mesurées. Une fonction « zoom »permet un gros- Figure 1 – Dispositif expérimental
sissement d’image de l’ordre de 103 à 104. Le système d’acquisition de la microscopie thermique à balayage
et de traitement des données est assuré par le micro-ordinateur ser-
vant au pilotage des moteurs.
un quatrième moteur, permet, lors d’une investigation effectuée
dans une région proche d’une surface, de choisir et de faire varier
la direction de déplacement du thermocouple par rapport à la géo-
métrie de la paroi d’échange : cette fonction offre notamment la pos-
2. Réalisation technique sibilité d’étudier une surface macro-rugueuse.
et acquisition des données Les moteurs sont pilotés par un système comportant une unité
centrale à microprocesseur qui assure la gestion de la commu-
nication avec un ordinateur et la commande de quatre modules
2.1 Obtention d’un profil, d’une cartographie internes reliés aux quatre moteurs. Ce système est muni d’une
et d’une tomographie thermiques liaison normalisée connectée à une interface compatible. Chaque
moteur peut recevoir les commandes suivantes : sens de rotation,
avance par pas, couple de maintien. La précision du déplacement
D’un point de vue fonctionnel, un profil thermique est obtenu par
linéaire (1 µm) et celle du déplacement angulaire (0,005 degré) sont
déplacement du microthermocouple dans une direction à l’aide d’un
largement supérieures à la précision nécessaire qui est, au mieux,
des moteurs pas à pas. Pratiquement, on utilise un déplacement
donnée par le diamètre du microthermocouple.
minimal de l’ordre de grandeur du diamètre du thermocouple utilisé
(10, 25, 50 ou 100 mm). L’analyse d’un plan (cartographie) sera obte-
nue en utilisant un deuxième moteur afin de réaliser une succession
de profils équidistants, avec la même résolution minimale que pré- 2.2 Acquisition des données
cédemment entre chaque profil : la connaissance simultanée de la
température locale et des coordonnées X et Y permet de construire Outre le capteur, la chaîne d’acquisition des données comporte
la loi T = f (X,Y ). Chaque plan est stocké dans un fichier comprenant une conversion analogique/numérique afin de numériser le signal
256 × 256 points et 256 niveaux de gris. Un profil thermique isolé du thermocouple et un adaptateur qui assure la liaison directe avec
comprend un nombre maximal de 4 000 points. le micro-ordinateur. Ce dernier, à l’aide d’un logiciel adapté, inter-
La présence du troisième moteur qui assure un déplacement roge le système de mesure, reçoit la réponse et stocke les données
vertical (normal à la surface) permet d’exécuter une tomographie sur un fichier destiné au traitement. Un affichage simultané et en
thermique et donc l’analyse d’un volume par exécution successive temps réel des températures permet de vérifier le bon fonctionne-
de plans. Enfin, l’utilisation du plateau tournant, mû lui aussi par ment des opérations.
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3. Visualisation et analyse
quantitative des données
L’exploitation des données numériques fournies par la mesure
est assurée par un logiciel qui comporte deux fonctions principales
(la visualisation et l’analyse locale d’un plan-image) doté de plu-
sieurs modules de traitement.
∂T 2 ∂T 2
T′ = 1 + --------- + --------
∂X ∂Y
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4. Contrôle et optimisation
des fonctions du microscope
thermique
Comme pour tout dispositif expérimental, un certain nombre de
précautions sont à prendre afin d’obtenir des mesures qualitatives
et quantitatives correctes. Il faut, en particulier :
— assurer un positionnement précis du thermocouple car ce posi-
tionnement servira de référence à tout déplacement ultérieur : on Figure 3 – Exemple de vérification de la perturbation induite
peut l’effectuer par approches successives et contrôle visuel à l’aide par le capteur
d’un microscope stéréographique. Pour des surfaces non planes, ce
positionnement peut être obtenu à partir de plusieurs points de réfé-
rence qui sont localisés par rugosimétrie tridimensionnelle de la aussi, dans le cas de forts gradients de température, estimer
paroi [2]. Ces points peuvent être, par exemple, les sommets du relief l’influence du rayonnement entre la sonde et la paroi. Toute solution
de la zone étudiée ; technique visant à réduire ou éliminer cet échange radiatif contri-
— vérifier l’établissement du régime permanent des échanges buera à améliorer la précision de la mesure. Notons que souvent
thermiques : on peut l’obtenir par thermographie infrarouge numé- une analyse simplifiée du comportement thermique de la sonde en
rique et dynamique [3] qui permet d’observer, à partir d’un logiciel fonction de sa sollicitation permet d’obtenir les estimations
spécifique, l’évolution et donc la stabilisation spatiale et temporelle recherchées [4].
des températures de surface pour une région déterminée de la paroi
(par exemple une ligne) : il est naturellement judicieux de choisir
une zone où la variation temporelle des températures en fonction
d’une sollicitation thermique donnée est importante. Ce choix
dépend du phénomène étudié ;
5. Quelques exemples
— évaluer le rôle perturbateur du microcapteur, notamment pour
les mesures qui ont lieu dans des zones très proches de la surface :
d’application
un exemple de vérification est donné sur la figure 3 qui représente
le thermogramme d’une portion de surface (2 mm sur 2 mm) d’une Nous donnons, ci-après, des exemples de problèmes auxquels
sphère chauffée en rotation à proximité de laquelle un thermocouple nous avons appliqué la technique de microscopie thermique à
a été placé. La distance thermocouple-paroi est inférieure à 10 µm balayage. Pour ces exemples, plusieurs relevés profilométriques
et on ne constate, en aval du thermocouple, aucune perturbation ou tridimensionnels illustrent les performances et l’intérêt de cette
observable sur les diverses lignes sélectionnées ; technique.
— déterminer soigneusement le temps de réponse du micro-
thermocouple afin d’obtenir une mesure précise et d’optimiser le
pas de temps du pilotage des moteurs. En effet, ce temps de 5.1 Convection naturelle au-dessus
réponse est fonction de la sollicitation thermique. Des essais préa-
lables seront donc toujours nécessaires afin de s’affranchir de ce d’une plaque plane verticale
problème.
Par ailleurs, comme pour toute mesure expérimentale, et en Les figures 4 et 5 concernent les profils de température obtenus
connexion avec le problème précédent, il faut avoir une estimation par microscopie thermique à balayage dans la couche limite qui se
de l’erreur commise. Il convient notamment de prendre garde aux développe au-dessus d’une plaque plane soumise à un flux de
erreurs pouvant être induites par conduction dans la sonde lorsque densité constante : les profils tridimensionnels obtenus pour quatre
celle-ci est placée dans un milieu où existent de forts gradients de hauteurs différentes (à 10, 20, 30 et 40 cm du point d’arrêt) montrent
température. C’est le cas, par exemple, dans la couche limite qui se une répartition des températures homogène suivant la direction Y,
développe sur une paroi dont la température diffère fortement de ce qui prouve que les effets de bord n’influent pas (ceci illustre
celle du fluide ambiant : afin d’éviter ce problème, on placera si pos- l’aspect qualitatif de la méthode). Par ailleurs, du point de vue quan-
sible le thermocouple dans le même plan isotherme que le point titatif, les profils de température obtenus dans la direction X, nor-
mesuré, c’est-à-dire approximativement parallèle à la surface. Il faut male à la paroi, pour l’abscisse Y correspondant au milieu de la
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