Dimensionnement système énergie vagues
Dimensionnement système énergie vagues
présentée
pour obtenir le titre de
Par
Marie RUELLAN
Méthodologie de dimensionnement
d’un système de récupération de
l’énergie des vagues
Remerciements v
Résumé vii
Abstract ix
Notations xi
Introduction 1
1 Etat de l’Art 1
1.1 Les ressources énergétiques renouvelables . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 L’énergie de la houle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Caractéristiques énergétiques de la houle . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Les systèmes existants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.1 Systèmes à déferlement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Systèmes à colonne d’eau oscillante . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.3 Systèmes à corps mus par la houle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 Un système pendulaire 17
2.1 Principe de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Les forces d’excitation de la houle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Modèle hydrodynamique-mécanique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4 Système électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
i
TABLE DES MATIÈRES
ii
TABLE DES MATIÈRES
Bibliographie 151
iii
Remerciements
Merci à Sébastien Hamonic, pour son aide mais également sa bonne humeur.
Je tiens également à présenter ma plus vive sympathie aux collègues : Florence Ra-
zan, Gaël et Marie Robin, Vincent Debusschere, Yaël Thiaux, Bertrand Selva et Julien
Marchalot...
Je remercie tous les membres de l’antenne de Bretagne de l’ENS de CACHAN et plus
particulièrement Solène Dumas pour sa gentillesse, son efficacité et sa bonne humeur.
Enfin je tiens à remercier mon loulou de m’avoir soutenue pendant les coups de blues
et de stress...
Et merci à mes parents pour leur soutien et leur aide dans mes choix durant toutes
mes années d’étude.
v
Résumé
Les travaux consignés dans cette thèse concernent un système pendulaire de récu-
pération de l’énergie des vagues en forte puissance (de l’ordre du MW) (SEAREV). Ils
ont été menées en vue de la conception optimale de la chaîne électrique de récupération.
Dans cet objectif, il a fallu prendre en compte les différents couplages hydrodynamique
- mécanique - électrique - contrôle, ceci dans un contexte de sollicitations fluctuantes.
Grâce à une collaboration avec le LMF de l’école Centrale de Nantes, nous avons pu
disposer des modèles hydrodynamiques adaptés, et ainsi développer une méthodologie de
dimensionnement de la chaîne de récupération sur cycles complexes.
Différents modes de contrôle du système pendulaire ont été étudiés et comparés,
notamment celui à amortissement optimal avec écrêtage de la puissance qui permet un
meilleur dimensionnement de la chaîne électrique.
Ces travaux ont permis de déterminer les profils de couple et vitesse du pendule et
donc de la machine permettant le dimensionnement d’une architecture électromagnétique
à flux radial et à aimants permanents en surface. Les résultats sont principalement pré-
sentés sous forme de front de Pareto : coût des parties actives / pertes énergétiques sur
cycle. Des études de sensibilité de quelques paramètres (machine et ressource) ont été
menées et analysées afin de conserver un regard critique sur les résultats.
vii
Abstract
This thesis works are concerned with a pendular wave energy power take off in high
power (about 1 MW) (SEAREV). They have been conducted for an optimal design of
the energy conversion chain (electromagnetic generator and power electronic converter).
For this purpose, different coupling hydrodynamic - mechanic - electrical- control have to
be taken into account, in a context of fluctuating sollicitations. Thanks to a collaboration
with the LMF from Ecole Centrale de Nantes, we get hydrodynamic models, and thus
we developped a design methodology for the electric conversion chain on complex cycles.
Different control modes of the pendular system have been studied and compared,
especially the optimal damping control with power limiting, which allows a best electrical
chain design.
This work leads to the determination of the pendulum and machine torque and speed
profiles, allowing the design of a radial flux surface mounted permanent magnet electro-
magnetic architecture. The results are mainly presented in the form of Pareto fronts :
active part costs / energetic losses on cycle. Sensitivity studies of some parameters (ma-
chine and resource) have been led and analysed in order to conserve a critical look on
the results.
ix
Notations
Notation Signification
ALef f densité lineïque de courant efficace
BbeT maximum de l’induction résultante due aux champs inducteur et induit
Bf m1 amplitude du fondamental de l’induction dans l’entrefer
BbId maximum de l’induction résultante due aux champs induit (axe d)
BbIq maximum de l’induction résultante due aux champs induit (axe q)
Br aimantation des aimants
Bsat induction de saturation
ByokeRotor induction dans la culasse rotorique
ByokeStator induction dans la culasse statorique
D diamètre extérieur
e entrefer mécanique
henc hauteur des encoches
Hs hauteur significative
hyokeRotor hauteur de la culasse intérieure
hyokeStator hauteur de la culasse extérieure
HCJ champ démagnétisant
Ib inertie du flotteur
Ip inertie du pendule
Jef f densité de courant
Kc coefficient de Carter
KCF coefficient cuivre-fer
Kf coefficient de fuites inter-aimants
KL coefficient des têtes de bobine
kr coefficient de remplissage de cuivre
la hauteur des aimants
Ls longueur active de la machine
mb masse du flotteur
mp masse du pendule
p nombre de paires de pôles
P perméance cyclique
Pj pertes Joule
Pmg pertes magnétiques
Psed perméance superficielle d’entrefer (axe d)
Pseq perméance superficielle d’entrefer (axe q)
xi
Notations
q nombre de phases
r inductance normalisée
Rs rayon d’alésage
RthConv/Ray résistance thermique de convection / rayonnement
Rthculstator résistance thermique
Rthenc résistance thermique
Sth surface d’échange thermique
Tp période pic
Vcuivre volume de cuivre
Vf er volume de fer
Vr cylindrée rotorique
α ouverture angulaire des aimants
τ pas polaire
ψ angle d’autopilotage
αth coefficient d’échange thermique
αp coefficient de pertes par courants de Foucault
ρ résistivité
kH coefficient de pertes par hystérésis
f fréquence électrique
xii
Introduction
Les ressources énergétiques renouvelables sont, à notre échelle du temps, les seules
ressources dispensées continûment par la nature. Sur la Terre elles ont pour origine le
rayonnement solaire, la chaleur du noyau terrestre et les interactions gravitationnelles de
la Lune et du Soleil avec les océans.
Bien que fluctuantes et aléatoires, elles répondent à la fois aux problèmes économiques
et environnementaux. Bien sûr, il faut rester raisonnable en modérant leur exploitation.
En puiser une faible partie permettrait de contribuer de façon significative à l’ensemble
des besoins énergétiques de l’humanité. De plus, afin de ne pas les exploiter dans les lieux
les plus défavorables et de lisser leurs fluctuations, il apparaît indispensable de diversifier
les solutions.
1
Introduction
tique et d’un convertisseur électronique de puissance à deux ponts triphasés dos à dos,
l’un étant connecté au réseau et l’autre à la génératrice.
Ces études sont réalisées à masse et inertie totales constantes. L’influence de la ma-
chine est réduite au couple de récupération exercé par celle-ci sur le système hydro-
mécanique. Ce « découplage » a permis de simplifier le problème d’optimisation. Grâce à
l’obtention des profils de couple et vitesse du pendule et donc de la machine, nous optimi-
sons le dimensionnement d’une architecture électromagnétique à flux radial et à aimants
permanents en surface. Nous avons détaillé le modèle de la machine dans le chapitre
4. Les objectifs contradictoires d’optimisation ont consisté ici à minimiser les pertes to-
tales moyennes sur cycle et le coût des parties actives. Les résultats de dimensionnement
sont principalement présentés sous forme de fronts de Pareto. Des études de sensibilité
de quelques paramètres physiques de la machine (entrefer mécanique, matériaux conduc-
teurs, types d’aimants, etc) mais également des études de sensibilité du dimensionnement
vis à vis de la ressource sont présentées et analysées dans ce dernier chapitre.
Suite aux résultats obtenus avec un contrôle à amortissement optimal avec écrêtage
de la puissance, nous mettons en évidence la nécessité d’un fonctionnement en régime de
défluxage de la machine.
Enfin une autre architecture hydrodynamique du SEAREV est présentée et nous com-
parons les dimensionnements des génératrices pour ces deux formes de flotteur.
2
Chapitre 1
Etat de l’Art
Fig. 1.1 – Sources et répartition quantitative annuelle des ressources énergétiques renou-
velables de la Terre
1
Etat de l’Art
L’énergie reçue à la surface de Terre par rayonnement solaire au sol (au total
annuellement 720.1015 kWh) varie, par m2 , entre 1100 kWh et 2300 kWh/an, soit
une puissance moyenne (répartie sur l’année en tenant compte des alternances jour-
nuit et des périodes nuageuses) de 120 à 260 W par m2 et une puissance crête de
plus de 1 kW/m2 . Une grande partie est captée par les océans et peut être exploitée
sous forme d’énergie thermique des mers soit environ 80.1012 kWh, essentiellement
dans les zones tropicales.
L’ensemble des cycles hydrologiques traite environ 360.1015 kWh annuels. L’éva-
poration de l’eau (principalement des océans) conduit à des précipitations canalisées
ensuite par les rivières et les fleuves. Les vents et la houle résultent également de
ces cycles et constituent également une source d’énergie exploitable.
L’énergie de la houle nette disponible est évaluée de 140 à 700 TWh/an d’après
le World Energy Council (WEC) [Tho04] [Fal00], soit 1 à 5 % de la demande an-
nuelle mondiale en électricité. La puissance moyenne par mètre de front de vague
possède des valeurs comprises entre 10 et 100 kW/m selon les sites.
2
1.2 L’énergie de la houle
– La géothermie
Le noyau terrestre en fusion dégage une énergie annuelle d’environ 300.1012 kWh
(flux géothermique variant de 0,05 à 1 W/m2 , ce qui est très faible par rapport
au rayonnement solaire : plus de 100 fois plus). Les réserves exploitables avec les
technologies actuelles sont d’environ 40.109 kWh en haute énergie (150 à 350˚C,
utilisée pour la production d’électricité) et 300.109 kWh en basse énergie (50 à 90˚C
pour le chauffage).
Notons que ce ne sont pas forcément les sources les plus importantes en quantité
qui sont les plus rentables ou les plus avantageuses. Les meilleures sources renouvelables
dépendent de nombreux paramètres, notamment des particularités du site. Ainsi, toutes
les sources évoquées trouvent des débouchés. Précisons enfin que leur exploitation mas-
sive peut aussi être source de perturbation de l’environnement et/ou subir le refus de la
population. Un trop faible rendement de conversion est parfois opposé aux systèmes de
conversion des ressources renouvelables. Cette critique est généralement sans fondement ;
en effet, lorsque l’on exploite des ressources renouvelables, un faible rendement est souvent
gage d’une moindre perturbation. Il ne faut cependant pas qu’un trop faible rendement
se traduise par un coût, notamment un coût écologique, inacceptable des convertisseurs
fonctionnant à partir des ressources primaires gratuites.
3
Etat de l’Art
Fig. 1.2 – carte des ressources énergétiques mondiales de la houle (en kW/m, puissance
moyenne annuelle)
Fig. 1.3 – carte des ressources énergétiques de la houle en Europe (en kW/m)
4
1.2 L’énergie de la houle
Des mesures permettent de caractériser les sites et d’établir des diagrammes de dis-
tribution (Fig. 1.5). De la même façon, on peut présenter la puissance productible des
houlo-générateurs (Fig. 1.6).
En effet la puissance d’une onde progressive pure de houle (parfaitement sinusoïdale
et unidirectionnelle) peut se calculer dans l’hypothèse d’une profondeur infinie du milieu.
La puissance moyenne peut s’exprimer selon la formule suivante [Cle02a] :
ρg 2 2
PW = H T ≈ 980Hs2 Tp (W/m) (1.1)
32π
5
Etat de l’Art
7
0.035
4 0.02
3 0.015
0.01
2
0.005
1
5 10 15
période pic (s)
Fig. 1.5 – Probabilité d’apparition des houles sur le site de l’île d’Yeu
5
x 10
7
3
Hauteur significative (m)
6
2.5
5
2
4
1.5
3
1
2
0.5
1
3 7 11 15 17
période pic (s)
Fig. 1.6 – Puissance houlomotrice (en W) sur le site de l’île d’Yeu (houle aléatoire)
6
1.3 Les systèmes existants
Nous présentons ici une classification des différents types de systèmes [Cle02b] [Mul06a] :
- les systèmes à déferlement : l’eau de mer déferle sur une rampe puis remplit un réser-
voir, elle est ensuite turbinée. Les premiers systèmes se situaient sur la côte. Aujourd’hui
il existe des systèmes flottants.
- les systèmes à colonne d’eau oscillante : les vagues s’engouffrent dans une cavité
contenant de l’air. L’air piégé au-dessus de la colonne d’eau est compressé et s’échappe
par la partie supérieure de la cavité en actionnant une turbine. Quand la vague se retire,
le phénomène inverse se produit, actionnant une deuxième fois la turbine.
- les systèmes à corps mus par la houle : de très nombreux systèmes à flotteur en
surface ou immergé ont été imaginés.
7
Etat de l’Art
Fig. 1.8 – Vues de dessus et de profil du système flottant Wave Dragon [Soe05]
Fig. 1.9 – Photographie du Wave Dragon à échelle réduite (58 x 33 m), courtesy of
Wave Dragon [Soe05]
Nous donnons quelques détails concernant le Wave Dragon dans le tableau 1.1 [Soe03].
8
1.3 Les systèmes existants
0.4kW/m 36kW/m
Poids des parties utiles (tonnes) 237 33 000
Largeur x Longueur 58x33m 300x170
Hauteur au dessus du niveau de la mer 0.6-1.5m 3-7m
Réservoir (m3 ) 55 8000
Nombre de turbines 7 16-20
Génératrices PMG 1 PMG
Puissance nominale (par unité) 20kW 7MW
Production annuelle /unité (GWh/an) 0.04 20
Profondeur d’eau 6m >25m
Tab. 1.1 – Dimensions du prototype Wave Dragon et des Wave Dragon pour différents
climats
de la société Wavegen, installé sur la côte de l’île d’Islay en Ecosse d’une puissance de
500 kW [Mac04].
Le système LIMPET actuellement installé capte les variations de pression de 3 co-
lonnes d’eau offrant une surface totale de captation de 169 m2 . Le turbogénérateur est
constitué de deux turbines Wells à pas fixe de 2,6 m de diamètre en contre rotation, cha-
cune entraînant directement un générateur asynchrone de 250 kW à double alimentation
fonctionnant à vitesse variable (700 à 1400 tr/mn). La turbine Wells possède l’avantage
d’un couple moteur qui ne change pas de signe avec le sens de circulation du flux d’air.
Le système de l’île de Pico exploite, quant à lui, une turbine Wells à pas variable.
9
Etat de l’Art
PowerBuoy
Le système Power Buoy (Ocean Power Technologies, Inc., USA) [Tay03] est une bouée
immergée, avec une partie fixe, un ancrage tendu et une partie oscillante au rythme de
la houle, le mouvement relatif est amorti pour être converti en électricité. Seule une ba-
lise indique la présence du système sous l’eau pour la navigation. Ce système, dont la
fréquence propre rend ses performances très sensibles à la période de houle, nécessite un
contrôle spécifique pour maximiser l’extraction de l’énergie, incluant notamment un com-
portement prédictif. Le dispositif de conversion comprend une pompe, un accumulateur
et un moteur hydrauliques, ce dernier entraînant une génératrice électrique. Des versions
à générateur électromagnétique linéaire direct sont également étudiées. Un modèle de 40
kW a été testé entre 1997 et 2002 : il fait 9 m de haut et a un diamètre de 1,5 m au niveau
du flotteur, pour une masse de 2140 kg. Des modèles de 150 et 250 kW sont envisagés.
Sur 20 000 m2 , 40 bouées de 250 kW permettraient d’installer une capacité de production
de 10 MW.
10
1.3 Les systèmes existants
11
Etat de l’Art
depuis aucune expérimentation n’a pu être faite sur la version d’essai [Pol05].
12
1.3 Les systèmes existants
Pelamis
Le Pelamis (Ocean Power Delivery, Ecosse, http ://www.oceanpd.com/) [Yem00],
système le plus mature à ce jour, est constitué de quatre cylindres métalliques flottants
reliés entre eux par trois articulations à deux degrés de liberté, et ressemblant à un serpent
de 4,6 m de diamètre et d’une longueur totale de 123 m (700 tonnes, dont 380 tonnes
d’acier).
Sa forme générale lui permet de supporter des houles très variées et de bien exploiter
leur énergie. Dans chaque articulation (Fig. 1.16), se trouvent quatre vérins hydrauliques
dont deux exploitent et amortissent les mouvements de pilonnement (verticaux) et deux
autres, ceux d’embardée (transversaux). Ces pompes accumulent l’énergie sous forme
d’huile sous pression dans un réservoir (100 à 350 bars). Deux moteurs hydrauliques,
qui tournent régulièrement, entraînent chacun une génératrice asynchrone de 125 kW à
1500 tr/min (vitesse fixe). Ainsi, ce dispositif présente l’avantage de lisser une énergie
13
Etat de l’Art
Structure
Longueur totale 123 m
Diamètre 4.6 m
Déplacement 700 tonnes
Longueur du nez 5m
Système de récupération (SDR) 3 SDR indépendants
Poids total d’acier 380 tonnes
Puissance
Puissance nominale 750 kW
Type de génératrice asynchrone
Caractéristique de la tension triphasée 415/690 VAC, 50-60 Hz
Transformateur 950 kVA
Ancrage
Profondeur > 50 m
Vitesse du courant < 1 noeud
Type d’ancrage ancrage « mou »
Tab. 1.3 – Caractéristiques principales du système Pelamis
14
1.3 Les systèmes existants
SEAREV
Le système SEAREV (Système Électrique Autonome de Récupération de l’Énergie
des Vagues) appartient à la dernière catégorie des systèmes présentés, à savoir les corps
mus par la houle. Le concept du SEAREV a été développé par Alain Clément, ingénieur
de recherche CNRS au laboratoire de mécanique des fluides (LMF) de l’école Centrales
de Nantes. Le LMF est en charge du projet global et plus particulièrement de la partie
hydrodynamique dont il est spécialiste. La partie contrôle est étudiée quant à elle à l’Irc-
cyn de l’école Centrales de Nantes. Enfin la conversion électromécanique d’énergie est
traitée par l’équipe du SATIE dans le cadre de cette thèse.
Il est composé d’un corps flottant, complètement clos, dans lequel est suspendu un
volant rotatif à masse excentrée. Sous l’action de la houle, le flotteur, comme la masse
interne, développent des mouvements qui leur sont propres. Le mouvement relatif entre le
flotteur et la masse mobile est alors mis à profit pour actionner le générateur électromé-
canique (Fig. 1.18). Le volant s’apparente à un pendule. Les équations du mouvement du
flotteur sont également (en négligeant les mouvements de translation) celles du pendule
simple. La dynamique du système complet est donc celle d’un double pendule, c’est à
15
Etat de l’Art
16
Chapitre 2
Un système pendulaire
17
Un système pendulaire
Nous donnons ici quelques définitions concernant les mouvements de la houle (Fig. 2.2) :
– le mouvement de translation selon l’axe x est appelé cavalement ;
– le mouvement de translation selon l’axe y est appelé embardée ;
– le mouvement de translation selon l’axe z est appelé pilonnement ;
– le mouvement de rotation selon l’axe x est appelé le roulis ;
– le mouvement de rotation selon l’axe y est appelé le tangage ;
– le mouvement de rotation selon l’axe x est appelé le lacet.
Dans notre étude, nous supposons que le flotteur est excité par une houle cylindrique
selon son axe principal. Il en résulte que seuls trois degrés seront excités. De même nous
18
2.2 Les forces d’excitation de la houle
19
Un système pendulaire
La fonction « spectre d’énergie » S(f) est définie par l’équation 2.3 [Bab05] :
A − fB4
S(f ) = e (2.3)
f5
5 Hs2 5 1
avec A = 4
et B =
16 Tp 4 Tp4
Les phases initiales ϕi sont obtenues en utilisant un générateur de nombres aléatoires
entre 0 et 2π. L’élévation de surface libre correspondant ainsi à la houle reconstruite est
donnée par :
XN
η(t) = ai cos(2πfi t + ϕi ) (2.4)
i=1
1
Hz (m)
−1
−2
−3
0 200 400 600 800
Temps (s)
20
2.3 Modèle hydrodynamique-mécanique
En utilisant les résultats fréquentiels, puisque nous sommes en théorie linéarisée (hy-
pothèse de petits mouvements pour le flotteur), les efforts élémentaires dus à chaque pul-
sation présente dans la houle peuvent être superposés. L’effort d’excitation peut s’écrire :
N
X
Fex (t) = ai (FI+D (ωi )ei(ωi t+ϕi ) ) (2.5)
i=1
6
x 10
1
F (N)
0
x
−1
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Temps (s)
6
x 10
2
F (N)
0
z
−2
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Temps (s)
6
x 10
5
C (N.m)
0
y
−5
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Temps (s)
Fig. 2.4 – Exemple de forces d’excitation pour un cas particulier de houle (Hs = 2 m ;
Tp = 7 s)
21
Un système pendulaire
Les efforts de pression sont composés des efforts hydrostatiques et des efforts dyna-
miques. Les efforts hydrostatiques correspondent à la pression exercée sur le flotteur dans
le cas où il n’est pas en mouvement. Ces efforts peuvent être ramenés à un effort de rappel
(Archimède).
Les efforts dynamiques sont composés des efforts d’excitation de la houle (cf. para-
graphe 2.2) et des efforts de radiation. Ces derniers correspondent aux efforts de réaction
du flotteur sur la houle. Ce dernier terme est loin d’être négligeable. En effet si le système
capte une partie de l’énergie des vagues, il en réfléchit également.
22
2.3 Modèle hydrodynamique-mécanique
rateur qui maximise la production d’énergie tout en minimisant les coûts de fabrication
et d’exploitation.
Pour cette étude, le site de l’île d’Yeu a été choisi comme site de référence. Le problème
consiste alors à déterminer la forme et les dimensions optimales du pendule interne ainsi
que du flotteur. Les paramètres du pendule sont sa masse, sa longueur, la hauteur à
laquelle il est accroché par rapport au centre de gravité, le décalage de son centre d’inertie
propre par rapport à son centre de rotation ; les paramètres du flotteur sont sa masse,
son inertie et la position de son centre de gravité.
Les optimisations ont permis de déterminer le flotteur et le pendule présentés sur les
figures 2.5 et 2.6 [Bab05].
Le tableau 2.1 présente les caractéristiques du système SEAREV (version DES328).
Flotteur
Longueur 20 m
Largeur 16 m
Tirant d’eau 14.4 m
Masse 277 tonnes
Centre de gravité -2.16 m
Inertie 13000 tonnes.m2
Masse d’eau ajoutée 8900 tonnes.m2
Raideur hydrostatique 24633 kN.m.s
Pendule
Rayon 4.18 m
Masse 272 tonnes
Longueur pendulaire 2.29 m
Position du point d’accroche 1.74 m
Inertie 1700 tonnes.m2
Périodes propres
Pendule 4.5 s
Flotteur 6.5 s
Tab. 2.1 – Dimensions du SEAREV DES328
23
Un système pendulaire
5
x 10
5
<P> (W)
3
0
0 2 4 6 8 10 12 14
Tp (s)
24
2.5 Conclusion
2.5 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté d’abord le principe de fonctionnement du sys-
tème pendulaire SEAREV, puis les différents modèles de l’ensemble du système à savoir
des modèles hydrodynamique, mécanique et électrique.
L’objectif final étant de dimensionner une chaîne de conversion adaptée au système
SEAREV, nous avons présenté une méthodologie spécifique de dimensionnement. La
structure du flotteur ainsi que du pendule étant « pré-optimisées » et fixes, nous agissons
uniquement sur la partie électrique afin de trouver un compromis entre la maximisation de
l’énergie récupérée et la minimisation du coût de la chaîne électrique. Nous présenterons
dans le chapitre suivant les différents modes de contrôle et les résultats obtenus sur les
contraintes électriques (profils de couple, vitesse, puissance).
25
Chapitre 3
En outre comme nous l’avons déjà expliqué précédemment, la houle est un phénomène
complexe et aléatoire. Afin de simplifier l’approche, nous avons considéré des données
déterministes. Cependant des études de sensibilité concernant à la fois la ressource et les
modèles utilisés ont été effectuées. Ces études présentées en deuxième partie de ce chapitre
27
Contrôle et Étude de sensibilité
nous ont permis d’analyser les principales limites des modèles et de cette méthodologie
de dimensionnement.
1.5 1.5
<P> (W)
<P> (W)
1 1
0.5 0.5
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
β (N.m.s/rad) x 10
7 β (N.m.s/rad) x 10
7
Nous avons effectué une étude paramétrique sur les valeurs optimales de κ, λ et β
afin d’analyser leur impact sur l’énergie récupérée. Les résultats obtenus montrent que
la puissance récupérée ne dépend pas de κ (Fig. 3.1(a) et Fig. 3.1(b)) et que la valeur
optimale de λ est égale à 0. Ainsi la forme optimale du couple de récupération est de
type « frottements visqueux ». Quant à la loi d’évolution de β, elle dépend du mode de
contrôle adopté et de l’état de mer. Cette étude a été effectuée avec un état de mer de
caractéristiques Hs = 3 m et Tp = 8 s.
28
3.2 Modes de Contrôle
5
x 10
2
1.5
<P> (W)
1
0.5
0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
β (N.m.s/rad) 7
x 10
6
x 10
2
Fx (N)
−2
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Temps (s)
6
x 10
5
Fz (N)
−5
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Temps (s)
7
x 10
1
Cy (N.m)
−1
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Temps (s)
29
Contrôle et Étude de sensibilité
1.5
<P> (W)
0.5
0
0 1 2 3 4 5 6
β (N.m.s/rad) 6
x 10
30
3.2 Modes de Contrôle
1 10
0.5 5
0 0
−0.5 −5
−1 −10
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.5 – Position angulaire (rad) (a) et vitesse angulaire (tour/min) (b) du pendule
6 6
x 10 x 10
3 2
Couple de récupération (N.m)
2
Puissance instantanée (W)
1.5
1
0 1
−1
0.5
−2
−3 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.6 – Couple de récupération (N.m) (a) et puissance instantanée récupérée (W) (b)
31
Contrôle et Étude de sensibilité
1.5
Pmax (W)
0.5
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0
− <P> (W) 5
x 10
Fig. 3.7 – Front de pareto de l’optimisation multiobjective pour deux types de houle :
(x) : Tp = 8 s Hs = 3 m ; (.) : Tp = 6 s Hs = 1 m
Nous observons que les deux objectifs sont bien contradictoires. Nous avons analysé
les résultats relatifs à la houle de caractéristiques Tp = 8 s et Hs = 3 m. Pour une puis-
sance moyenne récupérée de 100 kW, nous devons admettre une puissance crête de 877
kW pour un β égal à 1.9 MN.m.s/rad. Si l’on cherche à récupérer deux fois plus d’énergie
c’est à dire 192.4 kW, la puissance crête n’est pas multipliée par deux mais par 2.4. Elle
est alors égale à 2 MW pour un coefficient d’amortissement égal à 2.8 MN.m.s/rad. La
puissance moyenne récupérée avec une houle de caractéristiques Tp = 6 s et Hs = 1 m
est beaucoup moins importante, tout simplement car le potentiel énergétique d’une telle
houle est beaucoup plus faible.
32
3.2 Modes de Contrôle
7
x 10
10
β (N.m.s/rad)
6
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0
− <P> (W) 5
x 10
∆
Tp = 6 s Hs = 1 m − < P >opt (W ) -20904 -0,1 -14345
Pbopt (W ) 265120 1,5 124310
β (N.m.s/rad) 3114500 1,3 555560
Nous venons de voir qu’il existe un amortissement optimal βopt pour un état de mer
donné. Dans un cas réaliste, il est nécessaire de considérer une multitude d’états de
mer relatifs à un site donné. A chaque site, on fait correspondre une cartographie (Tp
- Hs ) avec une probabilité d’apparition de chaque état de mer. A partir de ces don-
nées, nous pouvons alors calculer l’énergie récupérée sur une année sur un site donné et
estimer les performances du système. Nous simulons le système pour tous les états de
mer apparaissant sur ce site et optimisons pour chacun de ces états de mer le coefficient
d’amortissement β. Nous présentons ces résultats de puissance moyenne optimale ainsi
que le coefficient de récupération optimal β correspondant sous forme de « scatter dia-
gram » (Fig. 3.9). Le site choisi est l’île d’Yeu. Nous avons présenté son scatter diagram
de probabilité d’apparition des houles sur la figure 1.5. Nous présentons en annexe A les
données Tp , Hs ainsi que les probabilités d’apparition utiles à ce calcul.
L’énergie optimale récupérée annuellement est égale à 78.8 kW pour une puissance
crête de 6.1 MW.
Ce premier mode de contrôle n’est certainement pas l’optimum en terme de récupé-
ration d’énergie ni en terme de qualité d’énergie. Néanmoins il a l’avantage d’avoir une
mise en oeuvre pratique relativement simple et robuste.
33
Contrôle et Étude de sensibilité
5 6
x 10 x 10
7 7
3 3
6 6
2.5 2.5
5 5
2 2
Hs (m)
Hs (m)
4 4
1.5 1.5
3 3
1 1
2 2
0.5 0.5
1 1
4 6 8 10 12 14 16 4 6 8 10 12 14 16
Tp (s) Tp (s)
(a) (b)
Fig. 3.9 – Scatter diagram de la puissance optimale récupérée (a) et son coefficient de
récupération correspondant (b)
34
3.2 Modes de Contrôle
6
x 10
6 P(t) (W)
P(t) (W)
4 P (t)
écrêt
Pmax
2
0
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
7
x 10
2.2
β (t) (N.m.s/rad)
2
1.8
1.6
1.4
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
Il parait donc intéressant de limiter la puissance à 40% de la puissance crête (avant écrê-
tage).
4
x 10
18 0.8
Puissance moyenne récupérée (W)
16
0.7
14
0.6
12
crête
10 0.5
/P
8
moy
0.4
P
6
0.3
4
0.2
2
0 0.1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Taux d’écrêtage Taux d’écrêtage
(a) (b)
Fig. 3.11 – Puissance moyenne récupérée optimale en fonction du taux d’écrêtage (W) (a)
et rapport de la puissance moyenne sur la puissance crête en fonction du taux d’écrêtage
(b)
Afin de comprendre les phénomènes avec ce mode de contrôle, nous présentons les
mouvements, couple et puissance obtenus pour un taux d’écrêtage de 40%. Ces résultats
ont été obtenus pour la même houle qu’auparavant, à savoir la houle dite de référence.
Le contrôle par écrêtage de la puissance modifie les mouvements ainsi que la vitesse du
pendule, ils sont tous les deux amplifiés. Les figures 3.13 et 3.14 présentent les positions et
35
Contrôle et Étude de sensibilité
6
x 10
3.5 1.1
>
1
NonEcretée
2.5
β (N.m.rad/s)
2 0.9
>/<P
1.5 0.8
Ecretée
1
<P
0.7
0.5
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Taux d’écrêtage Taux d’écrêtage
(a) (b)
vitesses angulaires avec écrêtage, que l’on peut comparer avec celles de la figure 3.5 (sans
écrêtage de la puissance). On passe ainsi d’une position maximale de 0,77 rad (44.5˚) à 1.3
rad (75.5˚) et d’une vitesse maximale de 7tr/min à 13 tr/min. Le contrôle par « écrêtage
de la puissance » modifie donc le comportement du pendule mais également, par réaction,
celui du flotteur, ce qui montre l’importance du couplage générateur-pendule-houle. Nous
reviendrons sur cet aspect un peu plus loin.
1.5 1
1
Position angulaire (rad)
0.5
0.5
0 0
−0.5
−0.5
−1
−1.5 −1
0 200 400 600 800 100 120 140 160 180 200 220
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.13 – Position angulaire (rad) du pendule (a) et zoom de la position angulaire (b)
36
3.2 Modes de Contrôle
15 10
10
Vitesse angulaire (tr/min)
0 0
−5
−5
−10
−15 −10
0 200 400 600 800 100 120 140 160 180 200 220
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.14 – Vitesse angulaire (tr/min) (a) et zoom de la vitesse angulaire (b)
6
x 10
1.5
Couple de récupération (N.m)
0.5
−0.5
−1
−1.5
0 200 400 600 800
Temps (s)
de 858 kW, soit un rapport de la puissance moyenne sur la puissance crête d’environ 22%
alors que sans écrêtage ce rapport était de 10%.
37
Contrôle et Étude de sensibilité
5 6
x 10 x 10
3.5
15
3
Puissance instantanée (W)
2.5
β (N.m.rad/s)
10
2
1.5
5 1
0.5
0 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
2.5
β (N.m.rad/s)
10
2
1.5
5 1
0.5
0 0
100 120 140 160 180 200 220 100 120 140 160 180 200 220
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Nous avons tracé l’ensemble des points balayés dans les plans « Vitesse-puissance »
ainsi que « Vitesse-couple » (Fig. 3.18). Nous observons qu’avec ce mode de contrôle au
delà d’une certaine vitesse, la puissance reste effectivement constante [Rue07]. Le rap-
port de la vitesse maximale sur la vitesse à couple minimum (ou maximum) est égal à
2.9. Ce rapport augmente lorsque le taux d’écrêtage diminue. L’optimisation du dimen-
sionnement convertisseur-machine nécessite donc un contrôle du couple du générateur
spécifique avec défluxage afin d’étendre la plage de fonctionnement à puissance maxi-
male constante sans surdimensionnement du convertisseur électronique. Nous verrons ce
dimensionnement et les difficultés rencontrées lors de cette étude dans le chapitre 4.
38
3.2 Modes de Contrôle
(a) (b)
Fig. 3.18 – Ensemble des points dans les plans « Vitesse-Couple » (a) et « Vitesse-
Puissance » (b) pour différents taux d’écrêtage (a : 100 % - b : 80 % - c : 60 % - d : 40
% - e : 20 % - f : 10 %)
Nous avons annoté les figures 3.19, 3.20 et 3.21. Le tableau donne le détail des valeurs
numériques pour les six points ∆, , .
39
Contrôle et Étude de sensibilité
5
x 10
14
12
10
Pmax (W)
8
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0
− <P> (W) 5
x 10
6
β (W)
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0
− <P> (W) 5
x 10
∆
Tp = 6 s Hs = 1 m − < P >opt (W ) -20846 -0,1 -20179
Pbopt (W ) 348190 0,2 53835
β (N.m.s/rad) 2248800 1,3 2845300
taux d’écrêtage 0,99 0,1 0,15
40
3.2 Modes de Contrôle
0.8
0.4
0.2
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0
<P> (W) 5
x 10
Fig. 3.21 – Nuages de points des valeurs du taux d’écrêtage pour deux types de houle :
(x) : Tp = 8 s Hs = 3 m ; (.) : Tp = 6 s Hs = 1 m
Enfin nous présentons les « scatter diagrams » de la puissance récupérée (pour toutes
les houles apparaissant sur le site de l’île d’Yeu) avec un écrêtage de la puissance à 500 kW.
En effet nous ne raisonnons plus en taux d’écrêtage mais en puissance d’écrêtage, ce qui
correspond mieux aux contraintes réelles. Nous comparons la puissance annuelle récupérée
avec celle obtenue avec le premier mode de contrôle. Les houles étant aléatoirement
générées, ce ne sont pas exactement les mêmes que pour le premier mode de contrôle
mais cela permet de réaliser une première comparaison.
5 6
x 10 x 10
7 7
2.5 5
6 6
5 2 5 4
Hs (m)
Hs (m)
4 1.5 4 3
3 1 3 2
2 2
0.5 1
1 1
4 6 8 10 12 14 16 4 6 8 10 12 14 16
Tp (s) Tp (s)
(a) (b)
Fig. 3.22 – Scatter diagram de la puissance récupérée (W) (a) et du coefficient de récu-
pération (b) avec un écrêtage à 500kW (Calculs effectués sur une année)
Compte tenu des probabilités d’occurence des houles, nous avons calculé l’énergie
récupérée sur une année et nous comparons les résultats pour les deux modes de contrôle,
à savoir amortissement optimal constant sans et avec écrêtage de la puissance (500kW).
Les résultats montrent que les énergies annuelles récupérées sont très proches alors
que la puissance crête est nettement plus atténuée grâce à l’écrêtage de la puissance ce
qui montre clairement l’efficacité de ce mode contrôle.
41
Contrôle et Étude de sensibilité
L’action sur le système est donc binaire : soit le système est retenu ou bien il est en
mouvement amorti (amortissement visqueux). L’équation 3.4 exprime cette commande
du système.
Z
We = β θ̇(t)2 (1 − u(t)).dt (3.4)
42
3.2 Modes de Contrôle
3 30
2 20
1 10
0 0
−1 −10
−2 −20
−3 −30
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.23 – Position (rad) (a) et vitesse (tr/min) (b) du pendule en mode latching
6 6
x 10 x 10
2 5
1.5
Couple de récupération (N.m)
4
1
0.5 3
0
−0.5 2
−1
1
−1.5
−2 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.24 – Couple (N.m) (a) et puissance (W) (b) instantanés du pendule en mode
latching
écrêtage (40%) à un contrôle par latching. Cependant la puissance crête est multipliée
par 6.3 !
Le rapport de la puissance moyenne sur la puissance crête est de seulement 6% avec
le contrôle par latching. Le convertisseur électronique de puissance sera donc surdimen-
sionné et engendrera un surcoût non négligeable de la chaîne de conversion d’énergie,
dont il faut vérifier si le gain de production offert par le latching permettra de l’amortir.
Notons également que la mise en oeuvre pratique en temps réel de ce mode de contrôle
pose encore des problèmes difficiles de robustesse.
43
Contrôle et Étude de sensibilité
Vitesse angulaire (tr/min)
6
20 x 10
5
0
2
2
Fonction latching
1
0
−1 0
120 140 160 180 200 220 120 140 160 180 200 220
Temps (s)
Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.25 – Vitesse (tr/min) (a) et puissance (W) instantanées du pendule en mode
latching (b)
De même que pour les deux premiers modes de contrôle présentés, nous avons réalisé
une optimisation multi-objectifs avec le mode de contrôle par latching. Le paramètre
d’optimisation est le coefficient d’amortissement. Les deux objectifs d’optimisation sont
de maximiser l’énergie récupérée et de minimiser la puissance crête. Nous avons optimisé
sur 150 individus et 20 générations.
6
x 10
4
3
(W)
2
max
P
0
−3 −2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0
− <P> (W) 5
x 10
Fig. 3.26 – Front de Pareto de l’optimisation multiobjective avec un contrôle par latching
pour deux types de houle : (x) : Tp = 8 s Hs = 3 m ; (.) : Tp = 6 s Hs = 1 m
44
3.2 Modes de Contrôle
7
x 10
10
<P> (W)
6
0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
β (N.m.s/rad) 5
x 10
∆
Tp = 6 s Hs = 1 m − < P >opt (W ) -43624 -0,7
Pbopt (W ) 496750 4,2
β (N.m.s/rad) 492540 1,3
Nous avons réalisé un « scatter diagram » de l’énergie récupérée en mode latching sur
le site de l’île d’Yeu. La puissance annuelle optimale récupérée est de 131 kW pour une
puissance crête de 11 693 kW.
45
Contrôle et Étude de sensibilité
5 5
x 10 x 10
7 7
7
5
6 6 6
5 4 5 5
Hs (m)
Hs (m)
4 3 4 4
3 3 3
2
2 2 2
1
1
1 1
4 6 8 10 12 14 16 4 6 8 10 12 14 16
Tp (s) Tp (s)
(a) (b)
Fig. 3.28 – Scatter diagram de la puissance optimale récupérée (a) et son coefficient de
récupération correspondant (b)
Tab. 3.5 – Tableau résumant les résultats des trois modes de contrôle (obtenus sur la
houle de référence
La puissance moyenne récupérée, c’est à dire l’énergie récupérée sur un cycle, est plus
importante avec un contrôle par latching qu’avec les deux autres modes de contrôle. On
a une « perte » de 36 % sur la puissance moyenne avec un écrêtage à 40 % et également
une perte de 36 % avec la première stratégie de contrôle en prenant comme référence
l’énergie récupérée avec un contrôle par latching.
Cependant la mise en oeuvre du latching pose des difficultés. En effet cette technique
nécessite à la fois d’arrêter le système de plusieurs tonnes de façon instantanée et de
connaître la houle quelques secondes avant de le stopper.
De plus la puissance crête est nettement plus importante avec un mode de contrôle
par latching. En effet si l’on compare l’écrêtage avec le latching, on a une diminution
de 78 % de la puissance crête en passant d’un contrôle par latching à un contrôle avec
46
3.3 Etude de sensibilité des « outils »
écrêtage.
L’objectif d’un contrôle avec écrêtage de la puissance est double. Il permet d’amélio-
rer la qualité et de mieux dimensionner le convertisseur électronique de puissance. En
revanche comme nous le verrons dans le chapitre suivant, la génératrice électrique aura
des dimensions relativement semblables avec les trois modes de contrôles.
La solution optimale serait donc une solution incluant le latching et l’écrêtage. Le LMF
a commencé à étudier cette solution ; cependant sa programmation pose des problèmes
mathématiques qui n’ont pas encore été résolus.
47
Contrôle et Étude de sensibilité
5 4
x 10 x 10
5 2.5
4 2
3 1.5
<P> (W)
P(t) (W)
2 1
1 0.5
0 0
0 2000 4000 6000 8000 0 2000 4000 6000 8000
Temps de simulation (s) Temps de simulation (s)
(a) (b)
6 3.5
3
5
P(t) (W)
<P> (W)
2.5
4
2
3
1.5
2 1
1 0.5
0 0
0 2000 4000 6000 8000 0 2000 4000 6000 8000
Temps de simulation (s) Temps de simulation (s)
(a) (b)
plus le temps de simulation doit être long. Les bouffées de puissance sont plus importantes
avec une houle fortement énergétique. Par exemple le temps nécessaire de simulation est
plus important pour un état de mer de hauteur significative 3 m et de période pic 8 s
que pour une mer de hauteur significative 3 m et de période pic 4 s.
Notons que le temps de calcul est de 56 minutes (PC pentium, 1.00 Go de RAM sous
Windows XP) pour un cycle de simulation de 8000 s, et d’environ 5 minutes pour un
cycle de 800 s. Il ne serait pas envisageable de réaliser toutes nos simulations sur des
cycles de 8000 s.
48
3.3 Etude de sensibilité des « outils »
5 5
x 10 x 10
3.5 3.5
3 3
2.5 2.5
(a) (a)
<P> (W)
<P> (W)
2 2
1.5 1.5
(b) (b)
1 1
(c) (c)
0.5 (d) 0.5 (d)
0 0
0 2000 4000 6000 8000 0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Temps de simulation (s) Temps de simulation (s)
(a) (b)
Fig. 3.31 – Puissance moyenne en fonction du temps de simulation pour différentes houles
avec un contrôle à amortissement optimal constant (Tp = 8 s - Hs = 3 m) : (a) ; (Tp = 6
s - Hs = 2 m) : (b) ; (Tp = 4 s Hs = 3 m) : (c) ; (Tp = 6 s - Hs = 1 m) : (d) et zoom de
la figure de gauche (b)
4
(N.m.s/rad)
2
opt
β
0
0 2000 4000 6000 8000
Temps de simulation (s)
49
Contrôle et Étude de sensibilité
6
x 10
5
(N.m.s/rad)
3
opt 2
β
0
0 2000 4000 6000 8000
Temps de simulation (s)
4
(N.m.s/rad)
(d) (b)
3
(a)
2
opt
β
1
(c)
0
0 2000 4000 6000 8000
Temps de simulation (s)
Fig. 3.34 – βopt (N.m.s/rad) en fonction du temps de simulation pour différentes houles
avec un contrôle à amortissement optimal constant (Tp = 6 s - Hs = 2 m) : (b) - (Tp =
6 s - Hs = 1 m) : (d) ; (Tp = 8 s - Hs = 3 m) : (a) ; (Tp = 4 s Hs = 3 m) : (c))
50
3.3 Etude de sensibilité des « outils »
2 0.015
1.5
0.01
Position angulaire (rad)
−2 −0.015
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps(s) Temps(s)
(a) (b)
Fig. 3.35 – Position angulaire du pendule lorsque β est égal à 100 kN.m.s/rad 3.35(a) et
lorsqu’il est égal à 6300 kN.m.s/rad 3.35(b)
3
<P> (W)
2.5
2 Avec efforts de
radiation
1.5
0.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Coefficient d’amortissement (N.m.s/rad) 7
x 10
La puissance moyenne optimale récupérée en tenant compte des efforts de radiation est
de 200 kW et 350 kW lorsqu’on ne tient pas compte de ces efforts (Fig. 3.36). La puissance
maximum atteinte est de 2200 kW avec et 2800 kW sans les efforts de radiation. Nous
51
Contrôle et Étude de sensibilité
présentons sur la figure 3.37 les relevés des puissances instantanées lorsque la récupération
est optimale.
6 6
x 10 x 10
3 3
2.5 2.5
2 2
P(t) (W)
P(t) (W)
1.5 1.5
1 1
0.5 0.5
0 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.37 – Puissance instantanée optimale (W) avec efforts de radiation (a) et sans
efforts de radiation (b)
52
3.3 Etude de sensibilité des « outils »
4
x 10
14
12
10
Pannuelle (W)
8
0
0 0.5 1 1.5 2
β (N.m.s/rad) 7
x 10
l’année, la puissance moyenne récupérée est alors de 124 kW (en mode latching), soit une
perte d’environ 4%. Ce point est signalé par le signe « ∆ » sur la figure 3.38.
53
Contrôle et Étude de sensibilité
5
x 10
6 0.06
0.05
CI
5
) / <P>
0.04
4
<P> (W)
0.03
SCI
3
(<P> − <P>
0.02
2
CI
0.01
1 0
0 −0.01
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
(a) (b)
6 0.08
max CI
) / P
5 0.06
Pmax (W)
4 0.04
maxSCI
3 0.02
−P
max CI
2 0
(P
1 −0.02
0 −0.04
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
(a) (b)
54
3.3 Etude de sensibilité des « outils »
6 6
x 10 x 10
10 2
P(t) (W)
P(t) (W)
5 1
0 0
0 800 1600 2400 1500 1600 1700
Temps (s) Temps (s)
6 6
x 10 x 10
10 2
P(t) (W)
P(t) (W)
5 1
0 0
0 800 1600 2400 1500 1600 1700
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 3.41 – Puissance instantanée (W) avec (bleu) et sans (rouge) enchaînement des
houles (a) et zoom (b)
NX
=300
Fex (t) = ai (FI+D (ωi )ei(ωi t+ϕi ) ) (3.5)
i=1
Le comportement du système sera donc différent. C’est pour cette raison que nous
avons présenté les résultats concernant les trois modes de contrôle avec une seule houle
dite houle de référence afin de bien expliquer la méthodologie.
Il est admis en hydrodynamique que, si l’on souhaite avoir une estimation de l’énergie
récupérable par le système pour un état de mer donnée ou sur une année, il est nécessaire
de renouveler les calculs afin d’avoir un échantillon assez important de simulations et de
faire une moyenne des résultats. Le LMF estime que quatre simulations suffisent pour
obtenir ce résultat [Bab05].
La figure 3.42 présente la puissance moyenne récupérée (a) et la puissance crête (b)
55
Contrôle et Étude de sensibilité
4 5
x 10 x 10
12
15
10
(W)
(W)
8
10
Max Opt
Opt
6
<P>
P
4 5
2
0 0
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
N° du tirage aléatoire N° du tirage aléatoire
(a) (b)
Fig. 3.42 – Valeurs de la puissance moyenne récupérée (a) et de la puissance crête (b)
avec un contrôle à amortissement optimal (Tp = 8 s, Hs = 3 m - 46 simulations)
6
x 10
4
3.5
3
(N.m.s/rad)
2.5
2
1.5
opt
β
1
0.5
0
0 10 20 30 40
N° du tirage aléatoire
56
3.4 Conclusion
1
1
0.8
Opt
0.8
Max
/ Max <P>
/P
0.6
0.6
Max
Max P
0.4
opt
0.4
<P>
0.2 0.2
0 0
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
N° du tirage aléatoire N° du tirage aléatoire
(a) (b)
Fig. 3.44 – Rapport de la puissance moyenne récupérée optimale pour chaque simlation
sur la puissance moyenne récupérée maximale (a) et rapport de la puissance maximale
pour chaque simulation sur la puissance maximale (sur les 46 simulations) (b) avec un
contrôle à amortissement optimal
Il semble donc difficile de conclure sur l’énergie récupérée pour un état de mer donné.
Le modèle de la houle doit sans doute être amélioré et les phases initiales doivent être
mieux prises en compte. Cependant toute la méthodologie d’optimisation et de dimen-
sionnement reste valable.
3.4 Conclusion
Notre objectif est de dimensionner au mieux la chaîne de conversion électrique. Le
système étant relativement complexe, nous avons cherché à simplifier l’approche en trai-
tant séparément l’optimisation du couple de récupération CR (t), du dimensionnement de
la génératrice électromagnétique.
Ainsi afin de dimensionner au mieux, non seulement la génératrice électrique mais
également son convertisseur électronique de puissance, trois modes de contrôle ont été
évalués : le contrôle à amortissement optimal constant sur un état de mer donné, le
contrôle à amortissement optimal avec écrêtage et enfin le contrôle par latching. Ce der-
nier mode récupère une puissance moyenne plus importante qu’avec les deux autres modes
de contrôle (augmentation de 63 % de la puissance moyenne par rapport à un contrôle
optimal constant). Cependant la puissance crête, dimensionnante pour le convertisseur
électronique de puissance, est très élevée relativement à la puissance moyenne (rapport
de la puissance moyenne sur la puissance crête de 60 %).
Un contrôle avec écrêtage de la puissance permet d’améliorer le rapport puissance
moyenne sur puissance crête (25 %) au détriment d’une légère dégradation de la puis-
sance moyenne récupérée (pertes de 4 % par rapport à la puissance moyenne récupérée
avec un amortissement constant). Cependant l’ensemble de la chaîne de conversion est
mieux dimensionné avec ce dernier mode de contrôle car il est assez aisé de trouver un
bon compromis. Un contrôle incluant à la fois le latching et l’écrêtage offrirait certaine-
57
Contrôle et Étude de sensibilité
ment des possibilités très intéressantes en terme de puissance moyenne récupérée tout en
dimensionnant au mieux la chaîne de conversion électrique. Ce travail assez lourd reste
à faire. Notons également que la mise en oeuvre des ces modes de contrôle en temps réel
n’a pas été étudiée, elle fait l’objet de travaux (en cours) à l’École Centrale de Nantes.
Le contrôle à amortissement optimal constant sur cycle semble très robuste, y compris
avec écrêtage.
Enfin plusieurs études de sensibilité relatives aux outils utilisés ont été présentées.
Elles nous ont permis notamment de déterminer le temps de simulation nécessaire et la
sensibilité au coefficient d’amortissement, environ 1000 s soit plus de 10 fois la période
pic de la houle.
Nous avons également pu montrer, dans ce chapitre, le fort couplage hydro-méca-
électrique et la nécessité de sa prise en compte. Une des conséquences est l’influence
majeure du mode de contrôle sur le comportement du système et donc sur le dimension-
nement de la chaîne de conversion électrique, dont les résultats seront présentés dans
le chapitre suivant. Notre approche est de ce point de vue originale puisque, à notre
connaissance les autres travaux de dimensionnement de générateurs électromagnétiques
pour la récupération de l’énergie des vagues sont habituellement effectués en considérant
des mouvements forcés.
58
Chapitre 4
Dimensionnement de la machine
électromagnétique
Nous avons décrit, dans les chapitres précédents, le principe de fonctionnement du sys-
tème SEAREV ainsi que sa modélisation. Nous avons étudié plusieurs modes de contrôle
en vue de maximiser l’énergie récupérée mais également de minimiser les fluctuations de
la puissance instantanée, ceci afin de pouvoir minimiser le coût du générateur électroma-
gnétique et de son convertisseur électronique de puissance. Il existe une interaction forte
entre le mode de contrôle du système, les profils de couple et vitesse, et donc le dimen-
sionnement du générateur et du convertisseur. Tout ceci, rappelons-le, dans un contexte
de sollicitations complexes. Cette étude est donc délicate et nécessite des simplifications
et des études de sensibilité.
Sur un cycle de houle donné (le cycle de référence utilisé dans le chapitre précédent),
nous présentons les dimensionnements obtenus principalement sous forme de fronts de
Pareto. Des études de sensibilité sont menées, permettant d’analyser l’influence de cer-
tains paramètres tels que certaines propriétés physiques des matériaux, le coût spécifique
des matières actives et la sensibilité du dimensionnement de la génératrice à l’état de mer.
Suite aux résultats obtenus avec un contrôle à amortissement optimal avec écrêtage
de la puissance, nous mettons en évidence la nécessité d’un fonctionnement en régime de
défluxage de la machine.
59
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Les données du problème sont les profils de couple et vitesse ainsi que les caracté-
60
4.2 Application à la machine synchrone à aimants en surface
Tab. 4.1 – Amplitudes de variation des paramètres géométriques imposés dans l’optimi-
sation
61
Dimensionnement de la machine électromagnétique
– fractionnée en différents modules (Fig. 4.2c). Cette dernière solution peut être ap-
pliquée aux deux solutions proposées précédemment. Elle présente l’inconvénient
de nécessiter des aimants sur tout le diamètre de la machine et de n’en utiliser
qu’une partie. Cependant elle permet d’assurer un fonctionnement minimum en
cas de panne de certains modules (principe de redondance) et donc un fonctionne-
ment dégradé. Enfin sa réalisation et son transport sont plus aisés car les modules
sont de faibles dimensions.
Par souci de simplification, nous avons basé notre étude sur une machine synchrone
à aimants en surface (Fig. 4.3). Nous supposons que toutes les grandeurs sont sinusoï-
dales, ce qui revient à ne considérer que le premier harmonique [Ben05] [Kon93]. Nous
faisons également l’hypothèse que nous sommes dans un régime de fonctionnement ma-
gnétique linéaire (contrainte sur l’induction maximale dans le fer), ce qui se traduit par
une perméabilité des parties ferromagnétiques statoriques et rotoriques constante et très
supérieure à celle de l’air. La circulation du champ magnétique et l’énergie stockée dans
le fer sont négligées. L’étude magnétique se confine donc au voisinage de l’entrefer de la
machine.
L’amplitude du fondamental de l’induction dans l’entrefer s’exprime de la façon sui-
vante [Rue05] :
4 Br απ
Bf m1 = sin(p ) Kf (4.1)
π Kc e 2
1+
la
Avec Kc le coefficient de Carter et Kf le coefficient de fuites inter-aimants. Ce dernier
s’exprime en fonction de la géométrie de la machine. Nous détaillons son calcul en Annexe
D. α correspond à la largeur relative des aimants. Nous l’avons considérée constante et
égale à 2/3 (120˚ électrique) afin de filtrer l’harmonique 3 de l’induction.
62
4.2 Application à la machine synchrone à aimants en surface
63
Dimensionnement de la machine électromagnétique
CR (t)
(ALef f )M AX = M AX( ) (4.6)
k
√
Avec k = 2 2Kb Bf m1 Vr cos(ψ) la constante de couple liée au volume du rotor, au
type d’aimants utilisés ainsi qu’au rapport lea .
[
Byoke ≤ Bsat (4.7)
d
H Id ≤ Hk (4.8)
L’induction dans les culasses rotoriques (Eq. 4.9) et statoriques (Eq. 4.10) valent
respectivement :
beT
πRs B
ByokeRotor = (4.9)
2phyokeRotor
beT
πRs B
ByokeStator = (4.10)
2phyokeStator
L’induction maximale dans les dents s’écrit :
beT
B
bdents =
B (4.11)
1 − kCF
Contrainte thermique
La contrainte thermique est exprimée ici en considérant un refroidissement par convec-
tion et rayonnement via la surface externe du stator, et une inertie thermique suffisante
pour lisser les effets des fluctuations de la puissance dissipée instantanée sur la durée des
cycles de référence. Nous supposons également que les transferts de chaleur s’effectuent
radialement et tenons compte de la résistance thermique de l’isolant dans les encoches
Rth enc (cuivre-fer) ainsi que de celle de la culasse statorique Rth CulStator .
< Pj > Rth enc + [< Pj > + < Pmg >] Rth CulStator + Rth Conv/Ray ≤ ∆θmax (4.12)
< Pj > et < Pmg > représentent les pertes Joule et les fer moyennes. Les équations
4.13 et 4.14 détaillent leurs calculs.
64
4.2 Application à la machine synchrone à aimants en surface
Z
1
< Pj >= Pj (t)dt (4.13)
∆T ∆T
Z
1
< Pmg >= Pmg (t)dt (4.14)
∆T ∆T
Nous donnons le détail du modèle thermique en annexe E.
Pertes Joule
Les pertes Joule s’expriment de la façon suivante :
2πRs Ls KL
PJ (t) = ρ(ALef f )2 (4.15)
henc
henc kCF kr (1 + )
2Rs
πRs
Avec KL = 1 + le coefficient des têtes de bobines.
pLs
Pertes magnétiques
L’équation 4.16 nous donne l’expression générale des pertes magnétiques. kH est un
coefficient caractérisant les pertes par hystérésis [Hoa95] et αp un coefficient fonction de la
conductivité et de l’épaisseur des tôles caractérisant les pertes par courants de Foucault.
" 2 #
2 dB
Pmg = kH (2B̂) f + αp Vf er (4.16)
dt ef f
Enfin nous donnons l’expression des pertes moyennes totales sur cycle, qui constitue-
ront l’un des critères d’optimisation :
Z Z
1 1
< Pertes totales sur cycle >= Pj (t) + Pmg (t)dt (4.18)
∆T ∆T ∆T ∆T
Le tableau 4.2 donne les valeurs numériques des données fixes du problème.
65
Dimensionnement de la machine électromagnétique
La machine minimisant les coûts, relativement aux contraintes imposées, est repérée
par un cercle vert (o) et la machine correspondant aux pertes minimales toujours relati-
vement aux contraintes imposées par un carré rouge (). Nous utiliserons par la suite les
termes machines à « coût minimal » et à « pertes minimales ». Cela correspond respec-
tivement à la machine ayant le coût le plus faible sur le front de Pareto et à la machine
ayant les pertes les plus faibles sur le front de Pareto.
66
4.3 Résultats d’optimisation
6 5
x 10 x 10
5 2
Coût des parties actives (euro)
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.5 – Front de Pareto des résultats de dimensionnement avec pour objectifs de
minimiser la masse ainsi que les pertes totales (a) et zoom du front de Pareto (b)
Comme le montre la figure 4.5, les deux objectifs d’optimisation sont contradictoires.
Lorsque l’on cherche à minimiser les pertes, nous obtenons des machines massives et
par conséquent coûteuses. En revanche si les pertes sont importantes, nous obtenons des
machines de faibles dimensions à grand nombre de paires de pôles, ceci afin de diminuer
la hauteur des culasses. Ainsi les pertes ne peuvent être inférieures à 5 kW et le coût
minimal est de 60 ke afin d’assurer le profil couple-vitesse imposé.
Les figures 4.6, 4.7, 4.9 et 4.8 présentent les valeurs des paramètres optimisés en fonc-
tion des pertes totales, correspondant au front de Pareto de la figure 4.5. Les machines
correspondant aux « extrêmes » sont de nouveau annotées sur ces figures.
0.08 5
0.07 4.95
0.06
(m)
4.9
R (m)
0.05
enc
4.85
h
0.04
0.03 4.8
0.02 4.75
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales W 4 Pertes totales W 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.6 – Valeurs « optimales » de la hauteur des encoches et du rayon d’alésage (butées
atteintes pour ce paramètre)
67
Dimensionnement de la machine électromagnétique
500 5
400 4
300 3
L (m)
p
s
200 2
100 1
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales W 4 Pertes totales W 4
x 10 x 10
(a) (b)
0.8 1
0.8
0.6
(m)
(m)
0.6
yokeStator
yokeRotor
0.4
0.4
h
h
0.2
0.2
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales W 4 Pertes totales W 4
x 10 x 10
(a) (b)
6
l (m)
a
3
0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales W 4
x 10
Afin de mieux comprendre les résultats, nous avons tracé les contraintes d’échauffe-
68
4.3 Résultats d’optimisation
ment, de désaimantation, de saturation dans les dents et dans les culasses (Fig. 4.10 et
4.11). En effet certains résultats présentés sur le front de Pareto demandent quelques
explications. Notamment nous observons une augmentation brusque du nombre de paires
de pôles en fonction des pertes totales puis ce paramètre reste constant.
5
150 x 10
2
Echauffement (°C)
(kA/m)
100 1.5
Id
50 1
H
0 0.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.10 – Echauffement (a) et champs maximum RMI dans les aimants (b)
1.5 1.5
(T)
1.45
1
Yoke statorique
(T)
1.4
dT
B
0.5
1.35
B
1.3 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.11 – Induction dans les dents (a) et dans la culasse statorique (b)
Aucune contrainte n’est en butée à la « cassure » (10 kW). Nous ne sommes donc ni
en limite d’échauffement, de désaimantation ou d’induction maximale. Nous avons alors
tracé l’amplitude du fondamental de l’induction dans l’entrefer ainsi que le coefficient de
fuites inter-aimants toujours en fonction des pertes totales(Fig. 4.12). Nous remarquons
(Fig. 4.9) que l’algorithme tend « au début » à augmenter la afin d’augmenter Bf m1 . Alors
le coefficient de fuites inter-aimants (défini en Annexe D) diminue et une grande hauteur
d’aimants n’est donc pas favorable. Afin d’obtenir le couple voulu, l’algorithme doit alors
augmenter la densité de courant ce qui explique l’augmentation des pertes Joule (Fig.
4.13). Cependant si nous fixons le coefficient de fuites inter-aimants à 1 (pas de fuites
69
Dimensionnement de la machine électromagnétique
inter-aimants ; résultats non présentés ici), nous observons les mêmes phénomènes, à sa-
voir une cassure à environ 10 kW de pertes puis une valeur quasi constante du nombre
de paires de pôles.
0.45 1
0.4
0.95
(T)
0.35
f
K
fm1
0.3
B
0.9
0.25
0.2 0.85
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
4
x 10
2.5
2
Pertes (W)
1.5
0.5
0
0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4
x 10
La figure 4.14 présente l’évolution des coûts en fonction des pertes totales. Avant
d’atteindre environ 10 kW de pertes, le coût du fer est nettement supérieur à celui du
cuivre. L’optimisation cherche donc à diminuer le coût du fer et donc à augmenter p ce
qui permet de réduire les volumes des culasses. Au delà, le coût du cuivre devient alors
du même ordre de grandeur que le fer. Le nombre de paires de pôles devient constant,
l’influence de p sur le volume des aimants et du cuivre étant quasi négligeable.
70
4.3 Résultats d’optimisation
6 5
x 10 x 10
5 4
cuivre cuivre
Coût des parties actives (euro)
0 0
0.5 1 1.5 2 2.5 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.14 – Evolution des coûts des parties actives en fonction du nombre de paires de
pôles (a) et zoom (b)
Afin de donner une idée des machines obtenues aux extremums, nous avons réalisé
leurs dessins (Fig. 4.15 et 4.16). La figure située à gauche présente la machine entière, la
figure du milieu présente la longueur utile de la machine et enfin la figure située à droite
est un zoom de la première. Les parties en bleu représentent les parties en fer (culasses
rotorique et statorique, dentures), les parties en jaune les aimants et les parties en rouge
le cuivre.
Ainsi la machine minimisant les pertes et possédant donc le coût maximal sur le front
de Pareto (Fig. 4.15) possède un diamètre extérieur de 11.6 m, 70 paires de pôles pour
une hauteur de culasse statorique d’environ 0.88 m. Le pas polaire est égal à 0.22 m
pour une hauteur d’aimants de 6 mm. Son « coût matières » est de 4875 ke, sa masse de
1441 tonnes et elle dissipe une puissance moyenne sur cycle de 5 kW de pertes totales.
La machine minimisant le coût (Fig. 4.16) possède un diamètre extérieur de 10 m, 333
paires de pôles pour une hauteur de culasse statorique de 8 mm. Le pas polaire est égal
à 50 mm pour une hauteur d’aimants de 3 mm. Son coût est de 69 ke, sa masse de 8
tonnes et elle admet 25 kW de pertes totales. D’autres données sont synthétisées dans le
tableau 4.4.
71
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Nous rappelons également dans le tableau 4.5 les puissances moyenne et crête, couples
efficace et crête ainsi que la vitesse maximale obtenus pour les trois modes de contrôle.
Nous comparons sur la figure 4.20 les résultats d’optimisation obtenus avec toujours,
comme objectifs de minimiser le coût des parties actives et les pertes totales sur cycle et
72
4.3 Résultats d’optimisation
6
x 10
10 3
5
1
0 0
−1
−5
−2
−10 −3
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
6
x 10
15 1.5
Couple de récupération (N.m)
10 1
Vitesse angulaire (tr/min)
5 0.5
0 0
−5 −0.5
−10 −1
−15 −1.5
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
les présentons sous forme de fronts de Pareto (coefficient d’amortissement β constant (.),
73
Dimensionnement de la machine électromagnétique
6
x 10
30 2
1.5
1
10
0.5
0 0
−0.5
−10
−1
−20
−1.5
−30 −2
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
A1 A2 B1 B2 C1 C2
Contrôle à β constant x x
Ecrêtage (40%) x x
Latching x x
« Pertes Mini » x x x
« Coût Mini » x x x
Tab. 4.6 – Tableau expliquant les annotations
La figure 4.21 présente les dessins des machines aux extremums et le tableau 4.7
détaille leurs dimensions.
74
4.3 Résultats d’optimisation
7 5
x 10 x 10
3 3
Coût des parties actives (euro)
1 1
A1
B2 C A
2 2
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.20 – Front de Pareto des résultats de dimensionnement avec pour objectifs de
minimiser le coût ainsi que les pertes totales pour les trois modes de contrôle (coefficient
d’amortissement β constant : (.) - Ecrêtage de la puissance à 40% : (+) - latching : (*))
et zoom de la figure de gauche
Fig. 4.21 – Dimensions des machines aux extremums du front de Pareto pour les trois
modes de contrôle
75
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Nous avons également calculé les pressions tangentielles à partir du couple efficace
pour chacune des machines minimisant le coût ainsi que le couple massique (Tab. 4.8).
Nous obtenons des couples massiques très importants pour les machines A2 , B2 et
C2 . Cependant nous avons des couples efficaces également très importants, entre 400
kN.m et 700 kN.m. D’après les effets d’échelle des architectures annulaires, les ordres de
grandeur des couples massiques obtenus sont tout à fait possibles [Mul06b] [Juf95] [Juf99].
Nous avons comparé les dimensionnements des machines pour les trois modes de
contrôle. Suivant le mode de contrôle, la puissance crête relevée est très différente. En ef-
fet on a une puissance crête de 633 kW avec un écrêtage à 40% pour une puissance crête
d’environ 4 MW avec latching. Celle-ci dimensionnera le convertisseur électronique de
puissance. La solution avec écrêtage n’a pas les mêmes performances en terme d’énergie
récupérée (158 kW au lieu de 267 kW avec latching) et de dimensionnement de machine
(51 ke au lieu de 63ke). Elle a cependant l’avantage de mieux dimensionner la chaîne de
conversion, contrairement au latching qui surdimensionne le convertisseur électronique
de puissance : environ 67.9 ke pour le convertisseur électronique de puissance avec un
conrôle par écrêtage de la puissance et 250 ke avec un contrôle par latching (vf para-
graphe 4.8).
76
4.4 Étude de sensibilité des paramètres propres à la machine
77
Dimensionnement de la machine électromagnétique
et a fortiori de grande précision sur de telles machines. Nous avons donc voulu analyser
la sensibilité du dimensionnement vis à vis de ce paramètre.
Dans le paragraphe précédent, l’entrefer mécanique était donné par la formule sui-
vante : e = D/1000, D étant le diamètre extérieur de la machine. Nous comparons sur
la figure 4.22 les dimensionnements obtenus avec des entrefers fixés à 1 cm (.) et à 5
cm (+) quelque soit le diamètre. Nous présentons les résultats sous forme de fronts de
Pareto, pour ces deux valeurs d’entrefer. Nous avons annoté les machines à mêmes pertes
faibles et égales à environ 7400 W (A1 (o) et B1 (o)) ainsi que les machines ayant le coût
minimum (A2 (∆) et B2 (∆)).
6 5
x 10 x 10
15 15
Coût des parties actives (euro)
A
1
5 5
B B A2
1 2
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.22 – Comparaison des fronts de pareto obtenus avec deux valeurs d’entrefer mé-
canique : 1 cm (.) et 5 cm (+) (a) et son zoom (b)
Les deux fronts de Pareto se croisent pour des pertes totales aux alentours de 8000
W : avant les machines avec un entrefer plus important permettent des coûts moins
importants à mêmes pertes. Au delà, nous observons le phénomène inverse. Le front de
Pareto des machines ayant un entrefer de 1 cm est situé en dessous du front des machines
ayant un entrefer de 5 cm. Nous avons voulu expliquer ce « croisement ». Pour cela nous
avons tracé les pertes magnétiques en fonction des pertes totales (Fig. 4.23) ainsi que le
coût des aimants en fonction des pertes totales, cela pour les deux valeurs d’entrefer.
Avant le croisement les pertes magnétiques obtenues avec des machines dont l’entrefer
est de 1 cm sont nettement supérieures à celles obtenues avec des machines ayant un
entrefer de 5 cm. Les pertes joule évoluant de façon similaire pour les deux valeurs
d’entrefer, elles ne compensent pas les pertes magnétiques. C’est pour cela que nous
observons des machines acceptant des pertes plus faibles avec un plus grand entrefer.
La figure 4.25 présente les dimensions des machines annotées.
Le tableau 4.10 donne le détail des dimensions des deux machines au « coût minimal ».
L’augmentation de l’entrefer mécanique engendre naturellement une augmentation de
la masse des aimants et donc du coût global de la machine.
78
4.4 Étude de sensibilité des paramètres propres à la machine
4
6000 x 10
2
e = 1 cm
e = 5 cm e = 1 cm
Pertes magnétiques (W)
5000 1.5 e = 5 cm
3000 0.5
2000 0
0 1 2 3 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (w) 4 Pertes totales (w) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.23 – Comparaison des pertes magnétiques et des pertes Joule en fonction des
pertes totales pour les deux valeurs d’entrefer mécanique : 1 cm (.) et 5 cm (+)
5
x 10
10
e = 1 cm
8 e = 5 cm
Coût des aimants (euro)
0
0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (w) 4
x 10
Fig. 4.24 – Comparaison des coûts des aimants en fonction des pertes totales pour les
deux valeurs d’entrefer mécanique : 1 cm (.) et 5 cm (+)
A1 B1 A2 B2
Symbole o o ∆ ∆
Mêmes pertes faibles x x
Coût Min x x
Entrefer (m) 0.01 0.05 0.01 0.05
Tab. 4.9 – Explication des symboles utilisés sur les figures 4.22 et 4.25
79
Dimensionnement de la machine électromagnétique
e = 1 cm e = 5 cm
Pertes moyennes (kW) 20,8 16,6
Coût des parties actives (ke) 67 222
Masse totale (tonnes) 7,3 19,8
Masse de cuivre (tonnes) 2,3 5,3
Masse de fer (tonnes) 4,7 13,2
Masse des aimants (tonnes) 0,3 1,3
Nombre de paires de pôles 382 91
Volume total (m3 ) 0,9 2,5
Rayon exterieur (m) 5,0 5,1
Longueur active (m) 0,6 0,5
Rayon d’alésage (m) 4,9 4,9
Hauteur des aimants (m) 0,004 0,017
Pas polaire (m) 0,04 0,17
Entrefer mécanique (mm) 10 50
Tab. 4.10 – Tableau des dimensions des deux machines minimisant le coût et présentées
sur la figure 4.25
80
4.4 Étude de sensibilité des paramètres propres à la machine
Tab. 4.11 – Tableau des données relatives aux type de matériaux utilisés dans les culasses
Nous comparons sur la figure 4.26 les dimensionnements obtenus avec du FeSi3%No
(.) et avec de la poudre de fer (+). Les objectifs d’optimisation sont de minimiser le coût
des parties actives et les pertes totales. Nous avons annoté les extremums pour les deux
types de matériaux.
7
x 10
2.5
Coût des parties actives (euro)
2
B1
1.5
1
A
1
0.5
A B
2 2
0
0 5 10 15
Pertes totales (W) 4
x 10
Fig. 4.26 – Comparaison des fronts de Pareto obtenus avec deux types de matériaux
dans les culasses (.) : FeSi3%No ; (+) : poudre de fer
La figure 4.27 présente les dimensions des machines aux extremums. La machine A1
(o) (resp. B1 (o)) correspond à la machine aux pertes minimales avec du FeSi3%No
(resp. poudre de fer) . La machine A2 (∆) (resp. B2 (∆)) correspond à la machine à coût
minimal avec du FeSi3%No (resp. poudre de fer).
Le tableau 4.12 donne le détail des dimensions des deux machines A2 et B2 présentées
sur la figure 4.27.
81
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Les hauteurs des culasses sont augmentées avec la poudre de fer car l’induction de sa-
turation est plus faible qu’avec le FeSi3%No. C’est pourquoi nous obtenons des machines
plus massives et donc plus coûteuses avec la poudre de fer.
82
4.4 Étude de sensibilité des paramètres propres à la machine
NdFeB ferrites
Aimantation des aimants à 100˚C (T) BR 1 0.3
Champ démagnétisant (kA/m) Hk 760 250
Masse volumique (kg/m3 ) ρ 7600 4900
Coût (e/kg) 120 30
Tab. 4.13 – Tableau des données relatives aux aimants
7 5
x 10 x 10
2 5
Cout des parties actives (euros)
4
1.5
3
1
2
0.5 A
1
1
B B A2
1 2
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.28 – Comparaison des fronts de Pareto obtenus avec deux types d’aimants ((.) :
NdFeB (+) : ferrite) avec comme objectifs de minimiser les pertes totales et le coût des
parties actives (a) et zoom de la figure située à gauche (b)
Nous observons sur la figure 4.28 que la courbe représentant les machines avec des
aimants en NdFeB croise la courbe représentant les machines avec des aimants en ferrite.
En dessous de 10 kW de pertes, les machines avec des aimants en ferrite sont moins
coûteuses à mêmes pertes que celles avec des aimants en NdFeB. En effet les dents saturent
très rapidement lorsqu’on utilise des aimants en NdFeB (Fig. 4.29). Cette saturation
contraint fortement ces machines.
A l’inverse, au delà de 10 kW, lorsqu’on cherche à minimiser le coût, la solution avec
des aimants en NdFeB est préférable à celle avec des aimants en ferrites. En effet, à partir
de cette valeur, la masse de fer nécessaire et donc le coût est plus important pour les
machines en ferrites que pour les machines avec des aimants en NdFeB (Fig. 4.30).
83
Dimensionnement de la machine électromagnétique
1.5
1.3
1.2
NdFeB
1.1 Ferrites
1
0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4
x 10
Fig. 4.29 – Comparaison de l’induction dans les dents pour les deux optimisations
5 5
x 10 x 10
2 2
NdFeB NdFeB
Ferrites Ferrites
Coût du cuivre (euro)
1.5 1.5
Coût du fer (euro)
1 1
0.5 0.5
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.30 – Coût du fer en fonction des pertes pour les deux optimisations
De plus nous avons besoin d’une plus grande quantité de cuivre avec des aimants en
ferrite qu’en NdFeB pour obtenir le même couple, ce qui a pour effet d’augmenter le coût
total de la machine. Ceci peut être vu sur les dessins des deux machines de la figure 4.31
où celles utilisant des aimants en NdFeB sont principalement bleues (proportion impor-
tante de fer dans la machine) et celles utilisant des aimants ferrites sont plutôt rouges
(proportion importante de cuivre dans la machine).
Les dessins des machines sur la figure 4.31 permettent de comparer les dimensions et
structures des machines à mêmes pertes faibles (5100 W) et celles au « coût minimal ».
Le tableau 4.14 donne le détail des dimensions des machines A2 et B2 présentées sur la
figure 4.31.
84
4.4 Étude de sensibilité des paramètres propres à la machine
Fig. 4.31 – Comparaison du dimensionnement des machines annotées sur la figure 4.28
NdFeB ferrites
Pertes moyennes (kW) 24,9 15,4
Coût des parties actives (ke) 69 100
Masse totale (tonnes) 8,1 16,0
Masse de cuivre (tonnes) 2,6 5,6
Masse de fer (tonnes) 5,2 9,1
Masse des aimants (tonnes) 0,3 1,2
Nombre de paires de pôles 333 172
Volume total (m3 ) 1,0 2,1
Rayon exterieur (m) 5,0 4,9
Longueur active (m) 0,6 0,5
Rayon d’alésage (m) 4,9 4,8
Hauteur des aimants (m) 0,003 0,029
Pas polaire (m) 0,046 0,087
Entrefer mécanique (mm) 10 10
Tab. 4.14 – Tableau des dimensions des deux machines « minimisant le coût » présentées
sur la figure 4.31
85
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Cuivre Aluminium
3
Masse volumique (kg/m ) 8920 2700
Coût unitaire (e/kg) 6 2.83
Résistivité (Ω.m) 1.8 108 3 108
Tab. 4.15 – Tableau des caractéristiques du cuivre et de l’aluminium
Nous présentons les résultats d’optimisation sous forme de front de Pareto sur la figure
4.32. Les machines dimensionnées avec un bobinage en cuivre ont un coût inférieur (à
mêmes pertes) à celles dimensionnées avec un bobinage en aluminium.
6 5
x 10 x 10
10 5
B
Coût des parties actives (euro)
6 3
4 2
2 A
1
1
A B
2 2
0 0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.32 – Comparaison des fronts de Pareto (.) : cuivre (+) : aluminium
Nous présentons les machines à mêmes pertes faibles (5700 W) et à coût minimal
sur le front de Pareto (Fig. 4.33) et apportons quelques données concernant les machines
minimisant le coût dans le tableau 4.16.
Avec des pertes plus faibles, nous obtenons une machine ayant le même coût et une
masse plus faible avec un bobinage en cuivre qu’avec un bobinage en aluminium.
Ainsi l’augmentation de la résistivité de l’aluminium par rapport au cuivre prédomine
devant la diminution de la masse volumique et du coût unitaire.
86
4.4 Étude de sensibilité des paramètres propres à la machine
Fig. 4.33 – Comparaison du dimensionnement des machines annotées sur la figure 4.32
cuivre aluminium
Pertes moyennes (kW) 24,9 31,9
Coût des parties actives (ke) 69 68
Masse totale (tonnes) 8,1 9,4
Masse du bobinage (tonnes) 2,6 1,2
Masse de fer (tonnes) 5,2 7.8
Masse des aimants (tonnes) 0,3 0,3
Nombre de paires de pôles 333 335
Volume total (m3 ) 1,0 1,5
Rayon extérieur (m) 5,0 4,6
Longueur active (m) 0,6 0,9
Rayon d’alésage (m) 4,9 4,5
Hauteur des aimants (m) 0,003 0,003
Pas polaire (m) 0,046 0,042
Entrefer mécanique (mm) 10 9
Tab. 4.16 – Tableau des dimensions des deux machines minimisant le coût présentées
sur la figure 4.33
87
Dimensionnement de la machine électromagnétique
6
x 10
12
5
x 10
10 3
Coût des parties actives (euro)
4
1
2
0 0
0 2 4 6 8 10 12 14 0 5 10 15
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.34 – Comparaison des fronts de Pareto obtenus avec deux valeurs du coefficient
de refroidissement (.) : αth = 10 W.m−2 K (+) : αth = 100 W.m−2 K
Les dessins des machines sur la figure 4.35 permettent de comparer les dimensions et
structures des machines à mêmes pertes faibles (6400 W) et celles au « coût minimal ».
88
4.4 Étude de sensibilité des paramètres propres à la machine
Fig. 4.35 – Comparaison du dimensionnement des machines avec deux valeurs du coef-
ficient d’échange thermique
Les machines A2 et B2 , machines aux coût minimal et donc aux pertes maximales sur
le front de Pareto, n’admettent pas les mêmes pertes. La machine admet seulement 25
kW de pertes avec un refroidissement naturel, alors qu’avec un refroidissement forcé, elle
admet 137 kW de pertes ce qui affecterait plus sérieusement le rendement. En multipliant
le coefficient d’échange thermique par 10, les pertes maximum sont multipliées par 5.
Cependant la multiplication par 10 du coefficient d’échange thermique n’a réduit la masse
et le coût minimum de la machine que d’un facteur 2.3 (41 ke au lieu de 69 k e).
La limite d’échauffement est atteinte pour un refroidissement naturel pour quelques
machines minimisant le coût et elle n’est pas atteinte pour un refroidissement forcé. En
revanche la contrainte de saturation dans les dents est très vite atteinte pour les deux
types de refroidissement. Cette contrainte est donc plus forte que celle d’échauffement.
Notons qu’il y a un surcoût dû a refroidissement forcé non négligeable ainsi qu’une
surconsommation, non pris en compte ici.
89
Dimensionnement de la machine électromagnétique
140
120
Echauffement (°C)
100
80
60
40
20
0
0 5 10 15
Pertes totales (W) 4
x 10
Fig. 4.36 – Comparaison de l’échauffement (a) et de l’induction dans les dents (b) en
fonction des pertes totales pour les deux valeurs du coefficient d’échauffement : (.) : αth
= 10 Wm−2 K (+) : αth = 100 Wm−2 K
90
4.5 Sensibilité au coût spécifique des matières premières
6 5
x 10 x 10
5 A
5
1
Coût des parties actives (euro)
3 B 3
1
2 2
1 1
A B2
2
0 0
0.5 1 1.5 2 2.5 3 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.37 – Comparaison des fronts de Pareto suivant le prix des aimants
Fig. 4.38 – Comparaison du dimensionnement des machines suivant le prix des aimants
Les machines les moins coûteuses sont bien sûr obtenues pour le plus faible coût
unitaire. Lorsqu’on compare les dimensions des machines ayant le plus faible coût, le
volume d’aimants est augmenté lorsqu’on diminue le coût des aimants mais la masse
totale est diminuée. La part du coût des aimants dans le coût total est important et
influence sensiblement l’optimisation.
La diminution du coût unitaire des aimants a plus réduit la masse de cuivre et de fer
que celles des aimants car leurs coûts prennent alors relativement au coût des aimants
plus d’importance.
91
Dimensionnement de la machine électromagnétique
6 5
x 10 x 10
8 B
4
1
Coût des parties actives (euro)
6 3
A
1
4 2
2 1
A B
2 2
0 0
0 1 2 3 0 1 2 3
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Le front de Pareto obtenu pour un coût unitaire du cuivre de 6 e/kg est évidemment
situé en dessous de celui obtenu avec un coût unitaire de 12 e/kg.
92
4.5 Sensibilité au coût spécifique des matières premières
6 euro/kg 12 euro/kg
Pertes moyennes (kW) 24,9 24,4
Coût des parties actives (ke) 69 82
Masse totale (tonnes) 8,1 6,8
Masse de cuivre (tonnes) 2,6 1,8
Masse de fer (tonnes) 5,2 4,6
Masse des aimants (tonnes) 0,3 0,4
Nombre de paires de pôles 333 342
Volume total (m3 ) 1,0 0,8
Rayon extérieur (m) 5,0 4,9
Longueur active (m) 0,6 0,7
Rayon d’alésage (m) 4,9 4,9
Hauteur des aimants (m) 0,003 0,004
Pas polaire (m) 0,046 0,045
Entrefer mécanique (mm) 10 10
Tab. 4.20 – Tableau des dimensions des deux machines présentées sur la figure 4.40
son coût unitaire. La structure de la machine est donc peu modifiée. Il faudrait des
coûts unitaires de cuivre et d’aimants similaires pour observer un réel changement de la
structure.
Les pertes totales dans les machines A1 et B1 sont respectivement 5100 W et 4800 W.
93
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Fig. 4.42 – Comparaison du dimensionnement des machines suivant le prix du fer aux
extremums du front de Pareto
Avec un prix équivalent du cuivre et du fer, les répartitions de matière des deux
machines à l’extremum minimisant le coût des parties actives sont très similaires. La
masse totale est légèrement diminuée pour une augmentation sensible du coût total.
94
4.6 Étude de sensibilité du dimensionnement vis à vis de la ressource
3 e/kg 6 e/kg
Pertes moyennes (kW) 24,9 21,6
Coût des parties actives (ke) 69 83
Masse totale (tonnes) 8,1 7,5
Masse de cuivre (tonnes) 2,6 2,4
Masse de fer (tonnes) 5,2 4,8
Masse des aimants (tonnes) 0.3 0.3
Nombre de paires de pôles 333 392
Volume total (m3 ) 1,0 0,9
Rayon extérieur (m) 5,0 4,8
Longueur active (m) 0,6 0,6
Rayon d’alésage (m) 4,9 4,7
Hauteur des aimants (m) 0,003 0,004
Pas polaire (m) 0,046 0,038
Entrefer mécanique (mm) 10 10
Tab. 4.21 – Tableau des dimensions des deux machines « minimisant le coût » présentées
sur la figure 4.42
Cependant la répartition des coûts des matières actives est modifiée. La part de la masse
du fer et celle du cuivre sont égales lorsqu’on a un coût du fer de 3 e/kg alors que la part
du coût du fer représente le double du coût du cuivre. L’augmentation du coût unitaire
du fer à 6 e/kg a également engendré une augmentation du nombre de paires de pôles,
l’algorithme cherchant davantage à minimiser le coût du fer en minimisant la hauteur des
culasses.
95
Dimensionnement de la machine électromagnétique
de mer.
Tp = 4 s Tp = 6 s Tp = 8 s Tp = 9 s Tp = 15 s Tp = 17 s
Hs = 1 m Hs = 1 m Hs = 3 m Hs = 3 m Hs = 3 m Hs = 4 m
<P>opt (kW) 7 22 238 164 23 25
Pb (kW) 77 261 2306 1583 370 226
θ̂ (rad) 0,3 0,3 0,9 0,8 0,4 0,3
ˆθ̇ (tr/min) 3 3 8 7 4 3
CRef f (kN.m) 63 225 868 687 251 263
CˆR (kN.m) 216 773 2701 2136 1010 789
Tab. 4.22 – Tableau des données relatives aux différents états de mer étudiés
Nous présentons les fronts de Pareto obtenus lorsque l’on prend comme objectifs de
minimiser les pertes totales et le coût des parties actives (Fig. 4.43).
7 5
x 10 x 10
4 4
Coût des partes actives (euro)
3 3
2 2
1 1
0 0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.43 – Comparaison des fronts de pareto obtenus pour différents états de mer (*) :
T p = 4 s - Hs = 1 m) ; (x) : T p = 6 s - Hs = 1 m ; (.) : T p = 8 s - Hs = 3 m ; (o) : T p
= 15 s - Hs = 3 m ; (+) : T p = 17 s - Hs = 4 m ; (∆) : T p = 9 s - Hs = 3 m
Le coût et les dimensions des machines optimisées (à mêmes pertes) sont d’autant
plus importants que l’amplitude des vitesses et couples est importante. Or ces cycles
couple-vitesse varient suivant la sollicitation (flotteur plus ou moins résonance avec la
houle, potentiel énergétique de la houle). On obtient donc des machines avec un coût
plus important pour un état de mer (Tp = 8 s - Hs = 3 m) que (Tp = 4 s - Hs = 1 m).
Cependant on récupère beaucoup plus lorsqu’on a un état de mer de caractéristiques (Tp
= 8 s - Hs = 3 m) que (Tp = 4 s - Hs = 1 m). La figure 4.44 présente les fronts de Pareto
pour ces deux houles.
Les fronts de Pareto nous présentent un grand nombre de possibilités de machines
pour un état de mer donnée. Pour chaque état de mer, c’est ensuite un compromis entre
les performances et le coût de la machine qui doit être réalisé. En effet si l’on accepte des
96
4.6 Étude de sensibilité du dimensionnement vis à vis de la ressource
pertes importantes, la machine aura des dimensions et donc un coût relativement bas et
inversement.
Nous comparons maintenant les dimensions des machines, aux extremums des fronts
de Pareto (Fig. 4.44), pour ces états de mer, à savoir pour un état de caractéristiques
(B : Tp = 8 s Hs = 3 m) et (A : Tp = 4 s Hs = 1 m). L’indice 1 correspond aux machines
à pertes minimales et l’indice 2 aux machines à coût minimal.
7
x 10
2
Coût des parties actives (euro)
B1
1.5
0.5
A B
1
2
A
2
0
0 1 2 3 4
Pertes totales (W) 4
x 10
Fig. 4.44 – Dimensionnements présentés sous forme de fronts de Pareto pour deux états
de mer (Tp = 4 s et Hs = 1 m - Tp = 8 s et Hs = 3 m) obtenus avec un contrôle à
amortissement optimal
97
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Tp = 4s Tp = 8s
Hs = 1m Hs = 3m
Pertes moyennes (kW) 3 22,6
Coût des parties actives (ke) 7 99
Masse totale (tonnes) 0,8 12,6
Masse de cuivre (tonnes) 0,3 3,1
Masse de fer (tonnes) 0,5 9,1
Masse des aimants (tonnes) 0,03 0,4
Nombre de paires de pôles 387 370
Volume total (m3 ) 0,1 1,6
Rayon extérieur (m) 3,6 4,8
Longueur active (m) 0,1 1,0
Rayon d’alésage (m) 3,6 4,8
Hauteur des aimants (m) 0,003 0,003
Pas polaire (m) 0,03 0,04
Entrefer mécanique (mm) 7 10
Tab. 4.23 – Tableau des dimensions des deux machines présentées sur la figure 4.45
98
4.6 Étude de sensibilité du dimensionnement vis à vis de la ressource
État de mer échauffement (˚C) BcuE (T) BcuI (T) BdT (T) Hi kA/m
T4 H1 134,0 1,40 1,38 1,49 173120
T6 H1 1593,1 2,9 2,8 3,0 586490
T8 H3 24174,0 8,4 8,3 9,0 2158400
T9 H3 15087,0 6,9 6,7 7,3 1714040
T15 H3 2005,0 3,7 3,6 3,9 809998
T17 H4 2177,4 3,0 3,0 3,2 627840
Tab. 4.24 – Tableau présentant les contraintes dans la machine dimensionnée sur une
houle de hauteur 1 m et de période pic 4 s minimisant les coûts
La machine a été dimensionnée pour un état de mer donné et est donc en limite
des contraintes pour cet état de mer. Lorsque la machine est soumise à des houles plus
fortes, les contraintes sont alors violées. Cependant nous avons choisi ici une machine
dimensionnée sur un état de mer faiblement énergétique. Si nous prenons maintenant
une machine dimensionnée sur état de mer de caractéristique Tp = 9 s et Hs = 3 m (Tab.
4.25), la machine ne viole les contraintes que pour l’état de mer Tp = 8 s et Hs = 3
m. Et nous savons que l’on peut adapter la commande de la machine de façon à respec-
ter les contraintes. Cela implique plus de pertes. On peut alors passer en mode dégradé.
État de mer échauffement (˚C) BcuE (T) BcuI (T) BdT (T) Hi kA/m)
T4 H1 4,3 0,8 0,7 0,8 20110
T6 H1 15,5 0,9 0,9 1,0 68120
T8 H3 200,8 1,6 1,5 1,7 250680
T9 H3 127,9 1,4 1,3 1,5 199070
T15 H3 18,9 1,0 1,0 1,1 94080
T17 H4 19,6 0,9 0,9 1,0 72920
Tab. 4.25 – Tableau présentant les contraintes dans la machine dimensionnée sur une
houle de hauteur 3 m et de période pic 9 s minimisant les coûts
Ensuite nous avons calculé les pertes dans cette génératrice lorsqu’elle est soumise à
des états de mer différents de l’état de mer pour lequel elle a été dimensionnée et ainsi
déterminé la puissance récupérée en tenant compte des pertes dans la machine : nous
calculons la puissance récupérable sur un état de mer donné à partir des profils couple-
vitesse et soustrayions à cette puissance les pertes dans la machine (ce qui peut amener
à des valeurs négatives). Les cycles couple-vitesse sont obtenus avec un amortissement
optimal constant. Nous avons appliqué cette démarche pour différents états de mer. Ainsi
99
Dimensionnement de la machine électromagnétique
on peut estimer la puissance récupérée dans la machine si l’on choisit une génératrice
dimensionnée sur un état de mer peu énergétique ou bien très énergétique.
Nous récapitulons les résultats de cette étude dans le tableau 4.27. Nous avons donc
tout d’abord dimensionné les machines sur six états de mer puis déterminé les dimensions
des machines aux extremums (pertes minimales et coût minimum) et calculé leur coût.
Le tableau 4.26 présente le coût des machines suivant la houle avec laquelle elles ont été
dimensionnées. Par exemple, la machine dimensionnée sur un état Tp = 8 s Hs = 3 m et
minimisant le coût sur le front de Pareto a un coût d’environ 99 ke.
Ensuite nous avons soumis ces douze machines aux différents états de mer et déter-
miné les pertes dans les machines ainsi que les puissance récupérées. Par exemple une
machine dimensionnée sur une houle de caractéristique Tp = 9 s - Hs = 3 m, ayant le « coût
minimal » sur le front de Pareto, et soumise à une houle de caractéristiques Tp =8 s - Hs =3
m permet de récupérer 199 kW alors qu’une machine dimensionnée sur ce dernier état
de mer et minimisant également le coût permettra de récupérer 203 kW. La différence
de puissance récupérée est assez faible par rapport à la différence de coût entre les deux
machines.
Tp = 4 s Tp = 6 s Tp = 8 s Tp = 9 s Tp = 15 s Tp = 17 s
Hs = 1 m Hs = 1 m Hs = 3 m Hs = 3 m Hs = 3 m Hs = 4 m
7272 23804 99230 69395 29414 25842
Tab. 4.26 – Tableau présentant le coût des machines en e suivant la houle sur laquelle
elle a été dimensionnée pour les machines minimisant le coût
`` `
```soumise àTp = 4 s Tp = 6 s Tp = 8 s Tp = 9 s Tp = 15 s Tp = 17 s
```
dim. s/ : ``` H = 1 m
```s Hs = 1 m Hs = 3 m Hs = 3 m Hs = 3 m Hs = 4 m
Tp =4 s
3645 -13878 -307150 -176790 -22261 -23895
Hs =1 m
Tp =6 s
5848 14984 133210 97839 14097 15698
Hs =1 m
Tp =8 s
5851 19235 202720 140880 19574 21644
Hs =3 m
Tp =9 s
5831 19025 199050 138610 19286 21387
Hs =3 m
Tp =15 s
5897 15745 145740 105570 15084 16726
Hs =3 m
Tp =17 s
5919 16459 155610 111830 15950 17755
Hs =4 m
Tab. 4.27 – Tableau présentant les puissances récupérées (en W) pour des machines
dimensionnées sur différents états de mer « minimisant le coût » lorsqu’elles sont soumises
à différents états de mer (en tenant compte des pertes dans la machine)
100
4.6 Étude de sensibilité du dimensionnement vis à vis de la ressource
pour récupérer au mieux pour cette houle (car c’est l’état de mer dont l’occurrence
d’apparition est la plus grande), on peut supposer qu’il est suffisant de dimensionner la
génératrice électrique pour cette houle.
Cependant cette hypothèse est forte et doit être vérifiée. Il nous faut donc réaliser un
dimensionnnement sur une année. Cette étude fait l’objet du prochain paragraphe.
Nous cherchons à optimiser la géométrie de la machine avec toujours les mêmes ob-
jectifs contradictoires qui sont de minimiser le coût des parties actives ainsi que les pertes
sur toutes les houles apparaissant sur une année sur un site donné. Pour chaque état de
mer k apparaissant dans l’année, nous calculons les pertes totales moyennes sur chaque
cycle de 800 s. Ensuite nous pondérons ces pertes, calculées pour l’état de mer k Pertesk ,
par la probabilité d’apparition de la houle k Probak . En effet le cycle complet est trop long
pour que l’hypothèse d’utilisation des pertes moyennes sur l’ensemble du cycle permette
de calculer l’échauffement, la contrainte d’échauffement est cependant vérifiée sur chaque
cycle.
101
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Nous vérifions le respect des contraintes pour toutes les machines testées lors de l’op-
timisation et ceci pour tous les états de mer k.
Nous présentons les fronts de Pareto obtenus avec pour objectifs de minimiser les
pertes totales et le coût des parties actives pour différents cycles de houle ainsi que sur
une année (Fig. 4.47). Nous avons comparé pour les états de mer suivants : (∆) : Tp = 9
s Hs = 3 m ; (x) : Tp = 15 s Hs = 3 m ; (.) : Tp = 4 s Hs = 1 m et enfin (+) : une année.
7 5
x 10 x 10
4 6
Coût des parties actives (euro)
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.47 – Front de pareto obtenus pour différents cycles de houle (∆) : Tp = 9 s Hs =
3 m ; (x) : Tp = 15 s Hs = 3 m ; (.) : Tp = 4 s Hs = 1 m et enfin (+) : une année
Nous observons que le dimensionnement réalisé sur une année est moins étendu que
pour un cycle de houle particulier. En effet les pertes moyennes totales maximales sont
d’environ 9 kW avec un dimensionnement sur une année alors qu’on atteint 25 kW avec
une houle (Tp = 9 s - Hs = 3 m). De plus la courbe des machines optimisées sur un état
de mer fortement énergétique (Tp = 9 s - Hs = 3 m) est située au dessus de la courbe
des machines dimensionnées sur une année.
Cependant cette étude ne nous permet toujours pas de dire si un dimensionnement sur
une année est nécessaire ou bien si un dimensionnement sur une houle « dimensionnante »
est suffisant. Pour le savoir, il aurait fallu soumettre la machine dimensionnée sur une
houle « dimensionnante » et la soumettre à toutes les houles apparaissant sur une année. Il
aurait également fallu déterminer un mode « dégradé » dans le cas où certaines contraintes
auraient été violées. Ces résultats auraient alors été comparés au dimensionnement sur
une année. Nous n’avons pu traiter ce travail mais il fera certainement l’objet d’une étude
par la suite.
102
4.6 Étude de sensibilité du dimensionnement vis à vis de la ressource
Fig. 4.48 – Dessin des machines minimisant le coût pour les différents états de mer
présentés sur la figure 4.47
Tp = 4s Tp = 15s Tp = 9s 1 année
Hs = 1m Hs = 3m Hs = 3m
Pertes moyennes (kW) 3 7,9 24,9 9
Coût des parties actives (ke) 7 29 69 128
Masse totale (tonnes) 0,8 3,8 8,1 15,8
Masse de cuivre (tonnes) 0,3 1,0 2,6 26,4
Masse de fer (tonnes) 0,5 2,7 5,2 6,1
Masse des aimants (tonnes) 0,03 0,13 0,32 0,58
Nombre de paires de pôles 387 485 333 334
Volume total (m3 ) 0,1 0,5 1,0 2,0
Rayon extérieur (m) 3,6 4,7 5,0 4,2
Longueur active (m) 0,1 0,2 0,6 1,5
Rayon d’alésage (m) 3,6 4,6 4,9 4,2
Hauteur des aimants (m) 0,003 0,004 0,003 0,003
Pas polaire (m) 0,03 0,03 0,05 0,04
Entrefer mécanique (mm) 7 9 10 8
Tab. 4.28 – Tableau présentant les dimensions des machines présentées sur la figure 4.48
Nous avons ensuite appliqué la méthodologie de dimensionnement sur une année pour
les trois modes de contrôle, à savoir un contrôle à amortissement optimal, avec et sans
écrêtage de la puissance (puissance d’écrêtage à 500 kW) et un contrôle par latching. Nous
avons de nouveau vérifié que les contraintes n’étaient pas violées pour chaque état de mer
(calcul des pertes moyennes totales pour tous les états de mer, permettant de vérifier que
la contrainte d’échauffement n’est pas violée) et nous avons de nouveau pondéré les pertes
totales moyennes de chaque état de mer par la probabilité d’apparition de chaque houle.
103
Dimensionnement de la machine électromagnétique
La figure 4.49 présente le dimensionnement sous forme de front de Pareto pour une
année pour les trois modes de contrôle.
La figure 4.50 présente les dimensions des machines aux extrémités du front. Nous
donnons quelques détails concernant ces machines dans le tableau 4.29.
7 5
x 10 x 10
4 10
Coût des parties actives (euro)
Fig. 4.49 – Front de Pareto des dimensionnements sur une année pour les trois modes
de contrôles : ((.) : βopt cnst - (x) : Ecrêtage (500 kW) - (*) : latching)
104
4.6 Étude de sensibilité du dimensionnement vis à vis de la ressource
Nous avons dans le chapitre 3 présenté les résultats concernant les trois modes de
contrôles. Nous avons calculé la puissance moyenne annuelle récupérée optimale sur une
année. A partir de ces cycles optimaux, nous avons réalisé un dimensionnement de géné-
ratrice électromagnétique, présenté dans ce chapitre.
Nous pouvons désormais réaliser un petit bilan du coût de la chaîne électrique pour
les trois modes de contrôles étudiés. Nous choisissons les machines minimisant le coût
sur les trois fronts de Pareto. Nous déterminons le coût de l’électronique de puissance en
fonction de la puissance crête. Les explications de ce calcul sont données au paragraphe
4.8.
Avec un amortissement optimal, nous obtenons une puissance moyenne de 78.8 kW.
Nous fixons la durée de vie à 20 ans, l’énergie produite en 20 ans est donc de 13.8 106
kWh. Le coût de la machine et du convertisseur électronique de puissance est de 456 ke.
Le coût de la partie électrique au kWh est alors de 0,033 e/Wh.
L’ensemble des résultats pour les trois modes de contrôle est présenté dans le tableau
4.30.
La solution avec écrêtage est clairement la solution la moins coûteuse. De plus la
puissance étant écrêtée, les bouffées de puissance seront moins importantes et la qualité
de l’énergie distribuée sur le réseau sera bien meilleure et, le cas échéant, moins difficile
à lisser.
105
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Tab. 4.30 – Bilan des coûts de la chaîne électrique sur une année
LImax
r= (4.19)
φf max
L’inductance normalisée a été déterminée sans connaître le nombre de spires. En
P nImax
effet l’inductance normalisée est définie par r = , avec P = < P sed > Rs Ls et
cf
pφ
cL πRs
A
nIb = . L est la somme de l’inductance propre et de l’inductance de fuites. Nous
pq
détaillons le calcul de l’inductance normalisée en annexe F.
Nous obtenons des valeurs très faibles d’inductance normalisée. Cette machine n’est
donc pas facilement défluxable sans une dégradation du facteur de puissance.
Le dimensionnement présenté précédemment consiste à déterminer la géométrie de la
machine. Les variables d’optimisation, principalement géométriques, une fois optimisées
ne sont pas dépendantes du temps. Il était alors possible, d’un point de vue facilité de
mise en oeuvre et temps de calcul de réaliser une optimisation sur cycle.
106
4.7 Problème de dimensionnement en mode défluxage
0.12
0.1
Inductance normalisée
0.08
0.06
0.04
0.02
0 0.5 1 1.5 2
Pertes totales (W) 4
x 10
Nous cherchons à réaliser un dimensionnement avec défluxage, cela implique que nous
optimisons l’angle d’autopilotage ψ à chaque pas de temps du cycle. Nous aurons
alors autant de variables d’optimisation que de pas de temps du cycle simulé. Pour un
cycle de 800 s, nous aurons alors 40 000 variables d’optimisation uniquement pour l’angle
d’autopilotage, ce qui n’est pas réalisable.
Nous allons donc à l’intérieur de l’optimisation réalisée précédemment inclure une
boucle qui à chaque pas de temps testera un certain nombre de valeurs pour ψ et dé-
terminera la valeur optimale. Nous appliquons cette méthode à la machine synchrone à
pôles lisses. Cependant nous discrétisons les vecteurs (Vitesse - couple) de façon à réduire
le temps de calcul. Nous n’avons plus 40 000 points mais 4000.
Nous présentons sur la figure 4.53 les fronts de Pareto obtenues sans défluxage (.) et
avec défluxage (+).
Nous comparons les dimensions des machines à l’extremum « minimisant le coût »
obtenus sans (A) et avec défluxage (B) (Fig. 4.54). L’évolution de ψ pour la machine
(A1 ) est présentée sur la figure 4.55.
107
Dimensionnement de la machine électromagnétique
7 6
x 10 x 10
2 2
Coût des parties actives (euro)
1 1
0.5 0.5
0 0
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.53 – Comparaison des fronts de Pareto obtenus avec (.) et sans défluxage (+)
Fig. 4.54 – Comparaison des machines à l’extremum « minimisant les coûts » avec dé-
fluxage et sans défluxage
Les résultats obtenus ne sont pas très satisfaisants (la valeur de ψ reste constante
et égale à 0). Le problème méthodologique d’optimisation en régime de défluxage néces-
site d’introduire le coût du convertisseur, par exemple en le pondérant par la puissance
apparente. Cette étude n’a pas été réalisée simplement par manque de temps.
108
4.8 Optimisation de l’ensemble de la chaîne de conversion
0.5
ψ 0
−0.5
−1
0 200 400 600 800
Temps (s)
Fig. 4.55 – Evolution du paramètre ψ pour la machine (avec défluxage) présentée sur la
figure 4.54
109
Dimensionnement de la machine électromagnétique
110
4.8 Optimisation de l’ensemble de la chaîne de conversion
Tab. 4.31 – Amplitudes de variation des paramètres géométriques imposés dans l’opti-
misation
1000
800
Coût (euro/kVA)
600
400
200
0 3 4 5 6 7
10 10 10 10 10
Pmax (kVA)
Fig. 4.58 – Courbe des coûts d’un convertisseur MLI (AC-DC-AC) en fonction de la
puissance crête (e/kVA)
Nous présentons les résultats sous forme de front de Pareto (Fig. 4.59). Nous avons
annoté trois solutions : les deux solutions extrêmes (<P> Max (O) - Coût Min (∆)) et
une solution particulière ().
La figure 4.60 présente le coût par « Watt moyen » (proportionnelle à l’énergie ré-
cupérée) en fonction de la puissance moyenne récupérée. Il nous manque les coûts du
flotteur ainsi que celui du pendule afin de déterminer l’optimum, qui sera le minimum
obtenu sur la courbe « Coût/<Watt> en fonction de <P> ». De plus, cette étude devra
être réalisée sur une année.
111
Dimensionnement de la machine électromagnétique
6
x 10
électrique (euros)
1.5
0.5
0
−10 −8 −6 −4 −2 0
− <P> (W) 4
x 10
25 5
20 4
euro/<W>
euro/<W>
15 3
10 2
5 1
0 0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
<P> (W) 4 <P> (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.60 – Coût par Watt moyen en fonction de la puissance moyenne récupérée
Les figure 4.63a (< P >M ax ), 4.63b (CoûtM in ) et 4.63 (solution particulière) pré-
sentent les puissances instantanées pour les trois solutions annotées.
Les données relatives à ces trois solutions sont détaillées dans la tableau 4.33. La
solution maximisant la puissance moyenne récupérée et la solution particulière permettent
de récupérer sensiblement la même puissance moyenne (≈ 95 kW). Cependant elles n’ont
pas du tout le même coût.
Notons que les puissances moyennes récupérées semblent faibles (comparées à celle
obtenues dans la chapitre 3 avec une houle de même carcatéristique). Sans considération
d’optimisation des dimensions de la machine et des paramètres de contrôle, nous avons
réalisé une étude paramétrique sur le coefficient de récupération qui confirme que cette
112
4.8 Optimisation de l’ensemble de la chaîne de conversion
6 6
x 10 x 10
5 2.5
4 2
(N.m.s/rad)
(W)
3 1.5
ecrêtage
2 1
opt
P
β
1 0.5
0 0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
<P> (W) 4 <P> (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
10 4000
P(t) (W)
P(t) (W)
3000
5 2000
1000
<P> <P>
0 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 4.62 – Puissance instantanée pour les deux solutions « extrêmes » du front de Pareto
houle générée aléatoirement ne permet pas de récupérer des puissances moyennes aussi
importantes que dans l’étude du chapitre 3.
Nous avons vu dans la paragraphe 4.3.1 que le mode de contrôle influençait peu le
dimensionnement de la machine. Ici la part du coût de la machine devant celui du conver-
tisseur électronique de puissance est très important. Le problème est différent puisque
nous optimisons à la fois les dimensions de la machine et la puissance récupérée à travers
le contrôle. Il est donc difficile d’extrapoler les résultats concernant le contrôle à cette
étude. Afin de savoir si c’est l’écrêtage de la puissance qui permet de réduire à la fois le
coût du convertisseur électronique de puissance et le coût de la génératrice électromagné-
tique, il faudrait réaliser une optimisation sans écrêtage de la puissance.
Notons que la limitation de la puissance permet tout de même de diviser par deux le
coût du convertisseur électronique de puissance en passant de 104 ke à 50.6 ke.
113
Dimensionnement de la machine électromagnétique
5
x 10
5
P
écrêtage
4
P(t) (W)
3
2
<P>
1
0
0 200 400 600 800
Temps (s)
114
4.8 Optimisation de l’ensemble de la chaîne de conversion
115
Dimensionnement de la machine électromagnétique
116
4.9 Une autre architecture hydrodynamique du SEAREV
Flotteur
Longueur 10 m
Largeur 30 m
Tirant d’eau 8.8 m
Masse 1888 tonnes
Centre de gravité -4.585 m
Inertie 25300 tonnes.m2
Masse d’eau ajoutée 540 tonnes.m2
Raideur hydrostatique 23400 kN.m.s
Pendule
Rayon 4.33 m
Masse 293 tonnes
Longueur pendulaire 2.79 m
Position verticale du point d’accroche 0.936 m
Inertie 3176 tonnes.m2
Période propre
Pendule 3.95 s
Tab. 4.34 – Dimensions du SEAREV DES179
1.8
<P> (W)
1.6
1.4
1.2
0.8
1 2 3 4 5 6 7 8
β (N.m.s/rad) 6
x 10
Fig. 4.66 – Puissance moyenne en fonction du coefficient d’amortissement pour les deux
géométries du SEAREV (+) : DES328 - (.) : DES179
117
Dimensionnement de la machine électromagnétique
6
x 10
2.4
2.2
Pmax (W)
1.8
1.6
1.4
1.2
1
1 2 3 4 5 6 7 8
β (N.m.s/rad) 6
x 10
Fig. 4.67 – Puissance crête en fonction du coefficient d’amortissement pour les deux
géométries du SEAREV (+) : DES328 - (.) : DES179
5
x 10
2.2
1.8
<P> (W)
1.6
1.4
1.2
1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Taux d’écrêtage
Fig. 4.68 – Puissance moyenne pour la géométrie DES179 et pour la géométrie DES328
en fonction du taux d’écrêtage
Sur les figures 4.69 et 4.70, nous comparons les mouvements pour la valeur optimale
de β suivant l’architecture du SEAREV retenue. Nous donnons ensuite les puissances
moyennes récupérées, puissances crêtes, couples efficaces, etc correspondants.
On récupère donc environ 30% de puissance moyenne en plus avec l’architecture
DES179 qu’avec l’architecture DES328. Le rapport de la puissance moyenne sur la puis-
sance crête reste le même à savoir d’environ 10%. La figure 4.71 montre les profils de
puissance instantanée. Le couple efficace est augmenté de 46%, le couple crête de 52%
et les vitesses sont quasiment similaires. Cependant la masse du flotteur a été multipliée
par environ sept, on est passé d’un flotteur de 277 tonnes à 1888 tonnes. Les masses des
pendules sont quasiment identiques.
118
4.9 Une autre architecture hydrodynamique du SEAREV
10 10
5 5
dθ/dt (tr/min)
dθ/dt (tr/min)
0 0
−5 −5
−10 −10
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 4.69 – Vitesse angulaire (tr/min) pour l’architecture DES238 (a) et pour l’architec-
ture DES179 (b) avec un contrôle à amortissement optimal constant pour un état de mer
Hs = 3 m et Tp = 9 s
6 6
x 10 x 10
3 3
Couple de récupération (N.m)
2 2
1 1
0 0
−1 −1
−2 −2
−3 −3
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 4.70 – Couple de récupération (N.m) pour l’architecture DES238 (a) et pour l’ar-
chitecture DES179 (b) avec un contrôle à amortissement optimal constant pour un état
de mer Hs = 3 m et Tp = 9 s
119
Dimensionnement de la machine électromagnétique
6 6
x 10 x 10
2 2.5
2
1.5
P(t) (W)
P(t) (W)
1.5
1
1
0.5
0.5
0 0
0 200 400 600 800 0 200 400 600 800
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. 4.71 – Puissance instantanée pour l’architecture DES238 (a) et pour l’architecture
DES179 (b) avec un contrôle à amortissement optimal constant pour un état de mer Hs
= 3 m et Tp = 9 s
120
4.9 Une autre architecture hydrodynamique du SEAREV
Sur la base de ces profils et sans écrêtage de la puissance, nous avons réalisé une étude
de dimensionnement. Nous présentons sur la figure 4.72 les fronts de Pareto avec les deux
architectures du flotteur.
7 5
x 10 x 10
2 10
Coût des parties actives (euro)
6
1
4
0.5
2
A A2 B
2
1
0 0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
Pertes totales (W) 4 Pertes totales (W) 4
x 10 x 10
(a) (b)
Fig. 4.72 – Front de Pareto du dimensionnement pour les deux géométries du SEAREV :
((.) : DES328) - ((+) : DES179)
Le front de Pareto obtenu avec la géométrie DES328 est situé en dessous du front
obtenu avec la géométrie DES179. Cependant lorsqu’on compare les machines à coût
minimal, les dimensions des machines sont très similaires.
Fig. 4.73 – Comparaison du dimensionnement des machines présentées sur la figure 4.72
121
Dimensionnement de la machine électromagnétique
DES328 DES179
Pertes moyennes (kW) 23 37
Coût des parties actives (ke) 67 98
Masse totale (tonnes) 7,6 10,0
Masse de cuivre (tonnes) 2,4 2,8
Masse de fer (tonnes) 4,8 6,8
Masse des aimants (tonnes) 0,3 0,5
Nombre de paires de pôles 357 337
Volume total (m3 ) 0,9 1,2
Rayon extérieur (m) 4,9 4,7
Longueur active (m) 0,6 1,0
Rayon d’alésage (m) 4,9 4,7
Hauteur des aimants (m) 0,004 0,004
Pas polaire (m) 0,04 0,04
Entrefer mécanique (mm) 10 9
Tab. 4.36 – Tableau des dimensions des deux machines A2 et B2 présentées sur la figure
4.73
DES328 DES179
Pression crête tangentielle (N.cm )
−2
11.8 11.1
Couple massique (N.m/kg) 90 98
Tab. 4.37 – Tableau des pressions tangentielles et couples massiques des six machines
présentées sur la figure 4.73
4.10 Conclusion
Nous avons présenté une méthodologie originale de dimensionnement sur cycle de la
génératrice électromagnétique fondée sur une architecture synchrone à aimants perma-
nents en surface et à champ radial à entraînement direct.
Nous avons obtenu des ordres de grandeurs des dimensions, coûts (aux alentours de
70 ke si on choisit la machine ayant le coût minimal sur le front de Pareto), masses
(aux alentours de 7 - 8 tonnes avec le même critère), pertes totales des machines (25 kW
toujours avec le même critère). Les structures obtenues sont généralement annulaires à
grand nombre de paires de pôles (aux alentours de 300 pour des vitesses maximales allant
de 0.7 rad/s à 2.7 rad/s et des fréquences électriques allant de 37 à 132 Hz), particuliè-
rement lorsqu’on cherche à minimiser le coût.
122
4.10 Conclusion
des aimants en NdFeB que des aimants en ferrites, plus performants et moins coûteux
que les aimants en ferrites lorsqu’on compare les machines ayant un coût le plus faible
possible sur le front de Pareto.
Enfin nous avons comparé les dimensionnements obtenus avec une autre architecture
hydrodynamique du système SEAREV. Le problème est économique et doit respecter des
contraintes diverses telles que la mise à l’eau (remorquage du flotteur, la construction du
flotteur). Le LMF continue de chercher des architectures hydrodynamiques, minimisant
le coût du flotteur en modifiant sa forme et en tenant compte des contraintes technolo-
giques. Ainsi la deuxième architecture du SEAREV (DES179) est plus cylindrique et a
un coût de fabrication moins important. Le coût de la machine dimensionnée sur le cycle
couple-vitesse obtenu avec l’architecture DES179 est augmentée de 46 % par rapport
au dimensionnement avec l’architecture DES328 pour une augmentation de la puissance
moyenne de 31 %. Cette nouvelle architecture hydrodynamique ne semble donc pas fa-
vorable pour le dimensionnement de la génératrice.
123
Conclusion et perspectives
Après avoir présenté un bref état de l’art des systèmes existants, nous nous sommes
intéressé plus particulièrement au système SEAREV, développé par le Laboratoire de
Mécanique des Fluides de l’École Centrale de Nantes. Le principe de fonctionnement
pendulaire, les différents modèles ainsi que les outils de dimensionnement tenant compte
des couplages hydro - mécanique - électrique ont été décrits.
L’optimisation de l’ensemble du système s’est révélée très complexe et des hypothèses
spécifiques ont dû être effectuées.
Tout d’abord, afin de s’affranchir d’une optimisation temporelle du couple résistant
exercé par la génératrice sur le système, nous avons opté pour l’optimisation de la forme
paramétrique de ce couple. Les résultats obtenus ont montré qu’un couple de type frot-
tement visqueux pur de la forme : CR (t) = β θ̇ donnait de bons résultats vis à vis de la
puissance moyenne récupérée. En outre l’étude a été effectuée à masse et inertie totales
(flotteur - pendule - génératrice) constantes. Ceci a permis de simplifier l’optimisation
« système » en découplant l’étude du contrôle de celle du dimensionnement de la géné-
ratrice. Enfin toutes les études ont été réalisées sur cycle, en considérant soit un état de
mer de référence, soit un ensemble d’états de mer issus d’une campagne de mesures sur
un site particulier. Dans ces conditions nous avons recherché tout d’abord les modes de
contrôle optimaux vis à vis de deux objectifs contradictoires que sont la maximisation
de la puissance moyenne récupérée sur cycle et la minimisation de la puissance crête,
fortement dimensionnante pour le convertisseur électronique de puissance.
Sur un état de mer particulier, nous avons réalisé cette optimisation et comparé trois
modes de contrôle du système pendulaire : un amortissement optimal constant sur un
état de mer donné, avec et sans écrêtage de la puissance et un contrôle par latching.
Avec ce dernier mode de contrôle, la puissance moyenne récupérée (267 kW) est plus
importante (+ 63 % par rapport au contrôle à amortissement optimal constant), ceci
grâce à l’amplification des mouvements et des vitesses (25 tr/ min au lieu de 7 tr/ min
avec un amortissement optimal constant et 13 tr/min avec un écrêtage de la puissance).
Cependant les puissances crêtes sont également très élevées (4141 kW au lieu de 1583 kW
et 633 kW respectivement).
Le contrôle à amortissement optimal avec écrêtage permet de limiter les fluctuations
et d’améliorer la qualité de l’électricité, notamment à travers l’accroissement du rapport
125
Dimensionnement de la machine électromagnétique
de la puissance moyenne sur la puissance crête (25 % avec écrêtage au lieu de 10 % avec
un contrôle à amortissement optimal et 6 % avec latching). L’énergie récupérée sur cycle
est cependant légèrement diminuée (pertes de 4 %, avec le compromis retenu, par rapport
à la puissance moyenne récupérée avec un amortissement constant).
Des études de sensibilité des outils, des modèles et de la ressource ont été menées.
Elles nous ont permis de déterminer le temps de cycle minimal pour avoir un régime
établi, soit environ 1000s. En outre, sans considération de gestion d’énergie (stockage),
l’hypothèse de conditions initiales nulles des mouvements et positions du pendule est
validée. Ce qui montre la pertinence d’une approche par superposition des états de mer
dans le cas d’un dimensionnement sur site. Enfin à partir d’une étude sur l’influence des
efforts de radiation (effort de réaction du flotteur sur la houle), il a été montré la nécessité
de la prise en compte des couplages inhérents au système.
La méthodologie a été développée sur un cycle de houle particulier pour des raisons de
temps de calcul. Celui-ci ne constitue pas forcément l’état de mer dimensionnant de notre
système. Une analyse des dimensionnements sur l’ensemble des états de mer, apparaissant
sur une année et sur un site donné, a été effectuée. Cependant cette étude ne nous permet
toujours pas de dire si un dimensionnement sur une année est nécessaire ou bien si un
126
4.10 Conclusion
dimensionnement sur une houle « dimensionnante » est suffisant. Pour le savoir, il faudra
soumettre la machine dimensionnée sur une houle « dimensionnante » à toutes les houles
apparaissant sur une année. Un mode « dégradé », dans le cas où certaines contraintes
sont violées, devra être établi. Les dimensionnements pourront alors alors comparés aussi
bien terme de coût que de pertes totales.
Sur le seul critère de minimisation du coût de la machine, des études comparatives
sur une année pour les trois modes de contrôle ont été effectuées. Sur la base d’une durée
de vie de 20 ans, nous avons ainsi montré que la part du coût énergétique due aux parties
actives de la machine avec un contrôle par latching, hors convertisseur électronique de
puissance, était de 4 10−6 e/kWh alors qu’il est de 9.5 10−6 e/kWh avec un écrêtage de
la puissance et de 9.3 10−6 e/kWh avec un contrôle à amortissement optimal constant
sur cycle.
Maintenant si on intègre le coût du convertisseur électronique de puissance, compte
tenu des puissances crêtes obtenues, cette part du coût énergétique est alors plus faible
avec un contrôle avec écrêtage (14 10−6 e/kWh au lieu de 27 10−6 e/kWh avec un
contrôle par latching et 33 10−6 e/kWh avec un contrôle à amortissement optimal).
Afin de confirmer ou d’infirmer cela, nous avons effectué une optimisation minimisant
le coût global de la chaîne de conversion sur un cycle de houle donné. Cette étude nous a
permis de mettre en place une démarche optimisant l’ensemble de la chaîne. En réalisant
cette étude sur une année, et en incluant le coût du flotteur et du système pendulaire,
nous pourrons alors choisir la solution optimale, c’est à dire la solution ayant le plus bas
coût au kWh.
Enfin nous avons présenté les résultats concernant une autre architecture hydrody-
namique du SEAREV et avons comparé les dimensionnements des génératrices avec la
précédente forme du flotteur. La nouvelle architecture hydrodynamique ne semble pas fa-
vorable pour le dimensionnement de la génératrice puisque le coût de la machine est aug-
mentée de 46 % par rapport au dimensionnement avec la première architecture (DES328)
pour une augmentation de la puissance moyenne de 31 %, mais il est clair que c’est sur
le coût global du système qu’il faut porter un jugement.
127
Dimensionnement de la machine électromagnétique
Une maquette de principe a été réalisée afin d’évaluer de nouveaux modes de contrôle.
Nous avons expliqué sa mise en oeuvre (Annexe G). Cependant suite à des problèmes
techniques et un manque de temps, les tests n’ont pu être réalisés.
Enfin l’optimisation de l’ensemble de la chaîne de conversion électrique nécessite l’in-
tégration d’un stockage afin d’améliorer la qualité de l’énergie produite. Il devra faire
l’objet d’études complémentaires et être intégré en terme de coûts à l’ensemble du sys-
tème.
128
Annexe A
Nous présentons dans le tableau A.1 les données statistiques des relevés effectués à
l’île d’Yeu pendant l’année 1999. Ces données ont été fournies par Météo France.
129
Détails des états de mer de l’île d’Yeu (Année 1999)
9 1 0,0279
9 1,5 0,0246
9 2 0,0201
9 2,5 0,0370
9 3 0,0389
9 3,5 0,0335
9 4 0,0126
9 4,5 0,0030
9 5 0,0003
10 0,5 0,0014
10 1 0,0155
10 1,5 0,0166
10 2 0,0168
10 2,5 0,0311
10 3 0,0286
10 3,5 0,0220
10 4 0,0146
10 4,5 0,0049
10 5 0,0023
10 5,5 0,0009
10 6 0,0004
11 0,5 0,0001
11 1 0,0071
11 1,5 0,0142
11 2 0,0074
11 2,5 0,0121
11 3 0,0129
11 3,5 0,0136
11 4 0,0075
11 4,5 0,0069
11 5 0,0039
11 5,5 0,0027
11 6 0,0016
11 6,5 0,0003
12 1 0,0004
12 1,5 0,0098
12 2 0,0071
12 2,5 0,0082
12 3 0,0100
12 3,5 0,0075
12 4 0,0056
12 4,5 0,0025
12 5 0,0017
12 5,5 0,0014
12 6 0,0010
130
12 6,5 0,0009
12 7,5 0,0003
13 1 0,0001
13 1,5 0,0020
13 2 0,0026
13 2,5 0,0049
13 3 0,0066
13 3,5 0,0059
13 4 0,0032
13 4,5 0,0014
13 5 0,0009
13 5,5 0,0007
13 6,5 0,0001
14 1 0,0001
14 1,5 0,0004
14 2 0,0013
14 2,5 0,0013
14 3 0,0036
14 3,5 0,0042
14 4 0,0032
14 4,5 0,0007
14 5 0,0001
14 6 0,0001
15 1,5 0,0003
15 2 0,0007
15 2,5 0,0003
15 3 0,0012
15 3,5 0,0026
15 4 0,0026
15 4,5 0,0006
16 3,5 0,0009
16 4 0,0017
17 3,5 0,0001
17 4 0,0004
17 4,5 0,0001
Tab. A.1: Tableau des états de mer apparaissant durant
l’année 1999 sur le site de l’île d’Yeu ainsi que leur pro-
babilité d’apparition
131
Annexe B
133
Complément d’information sur l’enchaînement des houles
5
x 10
10 0.04
CI
8 0.03
) / <P>
<P> (W)
6 0.02
SCI
(<P> − <P>
4 0.01
CI
2 0
0 −0.01
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
(a) (b)
Fig. B.1 – Comparaison de la puissance moyenne récupérée (contrôle avec Latching) sur
32 cycles de houles avec et sans enchaînement des houles (+ : CI - o : SCI) (a) et écarts
relatifs entre les puissances moyennes récupérées avec et sans enchaînements des houles
(b)
6
x 10
14 0.08
12
max CI
0.06
) / P
10
0.04
(W)
8
maxSCI
0.02
max
6
−P
P
0
max CI
4
−0.02
(P
0 −0.04
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30
(a) (b)
Fig. B.2 – Comparaison de la puissance maximale (contrôle avec Latching) sur 32 cycles
de houles avec et sans enchaînement des houles (+ : CI - o : SCI)
134
B.3 Analyse des mouvements au moment de l’enchaînement
P(t) (W)
5 1
0 0
0 800 1600 2400 1500 1600 1700
Temps (s) Temps (s)
6 6
x 10 x 10
10 2
P(t) (W)
P(t) (W)
5 1
0 0
0 800 1600 2400 1500 1600 1700
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. B.3 – Puissance instantanée (W) avec (bleu) et sans (rouge) prise en compte du
régime transitoire mécanique au moment de l’enchaînement des houles (a) et zoom (b)
6
x 10
5
C (t) (N.m)
6
x 10
5
C (t) (N.m)
0
CI
R
0
CI
−5
R
5
(N.m)
0
SCI
0
SCI
C (t)
C (t)
R
−5 −5
0 800 1600 2400 1500 1600 1700
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. B.4 – Couple instantané (N.m) avec (bleu) et sans (rouge) prise en compte du régime
transitoire mécanique au moment de l’enchaînement des houles (a) et zoom (b)
Nous observons que durant chaque cycle de 800s, l’allure de la vitesse ainsi que celle
du couple comportent très peu de différence. L’écart se fait principalement au moment
de l’enchaînement des houles.
135
Complément d’information sur l’enchaînement des houles
2 1
dθ / dt (rad/s)
dθ / dt (rad/s)
0 0
CI
CI
−2 −1
0 800 1600 2400 1500 1600 1700
Temps (s) Temps (s)
2 1
(rad/s)
(rad/s)
SCI
SCI
0 0
dθ / dt
dθ / dt
−2 −1
0 800 1600 2400 1500 1600 1700
Temps (s) Temps (s)
(a) (b)
Fig. B.5 – Vitesse instantanée (ard/s) avec (bleu) et sans (rouge) prise en compte du
régime transitoire mécanique au moment de l’enchaînement des houles (a) et zoom (b)
136
Annexe C
1.5 3
(W)
(W)
2.5
Max Opt
Opt
1 2
<P>
1.5
P
0.5 1
0.5
0 0
0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50
N° du tirage aléatoire N° du tirage aléatoire
(a) (b)
La figure C.2 présente les valeurs optimales du coefficient d’amortissement pour les
46 simulations et la figure C.3 le rapport de la puissance moyenne récupérée optimale
pour chaque simulation sur la puissance moyenne récupérée maximale (C.3(a)) ainsi que
le rapport de la puissance maximale pour chaque simulation sur la puissance maximale
C.3(b).
Les résultats sont similaires avec un contrôle à amortissement optimal et avec un
contrôle par latching, à savoir les puissances moyennes récupérées et les puissances crêtes
peuvent être très différentes d’une simulation à une autre pour une houle énergétiquement
137
Résultats complémentaires concernant l’aspect aléatoire de la houle
5
x 10
7
βopt
3
0
0 10 20 30 40 50
N° du tirage aléatoire
1
1
0.8
Opt
0.8
Max
/ Max <P>
/P
0.6
0.6
Max
Max P
0.4
opt
0.4
<P>
0.2 0.2
0 0
0 10 20 30 40 50 0 10 20 30 40 50
N° du tirage aléatoire N° du tirage aléatoire
(a) (b)
Fig. C.3 – Rapport de la puissance moyenne récupérée optimale pour chaque simulation
sur la puissance moyenne récupérée maximale (a) et rapport de la puissance maximale
pour chaque simulation sur la puissance maximale (sur les 46 simlations) (b) avec un
contrôle par latching
équivalente. Les phases initiales de la houle devront donc être mieux prises en compte
dans le modèle de la houle.
138
Annexe D
Nous savons que l’induction magnétique dans l’entrefer n’est pas seulement radiale,
mais comporte une composante ortho-radiale, qui traduit le phénomène de fuites magné-
tiques inter-aimants (Fig. D.1). Si nous ne tenons pas compte de ces fuites, l’algorithme
générera des hauteurs d’aimants très importantes, afin d’augmenter le flux dans l’entrefer.
Il était donc nécessaire de tenir compte de ces fuites.
Nous proposons un modèle simplifié, sur la base d’un simple schéma réluctant et en
calculant ses réluctances en considérant des trajets moyens simplifiés pour les lignes de
champ.
On définit les données géométriques :
139
Calcul du coefficient de fuites inter-aimants
Fig. D.2 – Définition des dimensions utiles de la machine (Re : rayon moyen d’entrefer -
Ra : rayon moyen des aimants)
la Kc e
Ra = Rs - Kc e - Re = Rs -
2 2
la 3la
Ra2 = Rs - Kc e- Ra1 = Rs - Kc e -
4 4
3Kc e Kc e
Re1 = Rs - Re2 = Rs -
4 4
140
Le coefficient de fuites Kf est défini par le rapport du flux lorsqu’on considère les
fuites inter-aimants sur le flux lorsqu’on les néglige. Nous avons réalisé une modélisation
de Thévenin et déterminé la f.e.m Eth ainsi que la résistance Rth .
R f ′ ǫa
Eth =
2(Ra′ + Rf ′ )
Ra ′ Rf ′
Rth =
Ra ′ + Rf ′
ǫa
Eth +
φ0 = 2
Re′′ Rf ′′
Rth + Ra′′ + Re′ +
Re′′ + Rf ′′
Rf ′′ φ0
Re2 + Rf 2
Kf = ǫa (D.1)
Ra + Ra + Re′ + Re′′
′ ′′
141
Annexe E
Nous décrivons dans cette annexe le modèle thermique simplifié utilisé dans les pro-
cédures de dimensionnement de la machine ainsi que le calcul des éléments du modèle.
La principale hypothèse consiste à considérer un flux de chaleur totalement radial. Nous
avons pris en compte les effets de convection et de rayonnement, la résistance thermique
d’isolant dans les encoches Rthenc et la résistance thermique cuivre-fer Rthculstator . Le
schéma équivalent de la figure E.1 montre la modélisation retenue.
L’échauffement en régime permanent est alors égal à :
[< Pj > + < Pmg >] Rthculstator + RthConv/Ray + < Pj > Rthenc ≤ ∆θmax (E.1)
143
Modèle thermique en régime permanent
avec λf er = 30 W m−1 K −1
Puis nous calculons la résistance thermique de l’isolant dans une encoche [Mul07] :
Nous considérons une seule encoche par pôle et par phase soit Ne = 2 p q. Nous
calculons alors l’épaisseur équivalente de l’isolant en supposant que l’isolant de masse
et l’isolant d’imprégnation des fils sont concentrés uniformément sur le périmètre de
l’encoche (Fig. E.2).
(a) (b)
Fig. E.2 – .
(1 − kr )henc Lenc
eeq = (E.3)
Lenc + 2henc
henc
2π(Rs + 2
)
avec Lenc = kcf , la largeur d’encoche moyenne.
Ne
Pour les Ne encoches :
1 (1 − kr )henc Lenc
Tthenc = (E.4)
λiso (Lenc + 2henc )2 Ne Ls
144
Annexe F
On calcule ensuite φf .
Z π
+ 2p
φf = Bf 1 (γ)Rs Ls dγ
π
− 2p
Avec
Bf 1 = Bf m1 cos(pγ + pθ)
On obtient donc :
2Bf m1 Rs Ls sin(pθ)
φf =
p
Et finalement :
cf = 2Bf m1 Rs Ls
φ (F.1)
p
Puis nous calculons nImax .
cL πRs
A
nIb =
pq
L’inductance normalisée est donc égale à
cL πRs
r =< Psed > A (F.2)
2qBf m1
145
Annexe G
Une maquette de principe à échelle réduite a été réalisée afin de réaliser des études
expérimentales, vérifier les différents modes de contrôle développés et développer de nou-
velles stratégies de contrôle. Nous expliquons ici sa mise en oeuvre.
Les forces d’excitation générées par les vagues sur le flotteur sont simulées par un
simulateur mécanique mono-directionnel, à axe horizontal. Un pendule modulable a été
conçu et réalisé à l’occasion d’un projet d’élèves ingénieur de l’ENSIETA [Hou05]. Enfin
une génératrice a été choisie.
Tout d’abord nous avons cherché à travailler à échelle réduite afin de travailler à des
fréquences plus élevées. Nous pouvons avec les effets d’échelle approximer l’énergie réelle
récupérée.
(a) (b)
Le générateur de vagues
L’excitateur est constitué d’un moteur linéaire triphasé à aimants Etel LMA 11-050
[ETE]. Sa course est de 500 mm, sa vitesse maximale est de 3 m/s. Son accélération
maximale est de 30 m.s−2 . Il possède une force continue de 1477 N à 130˚C et une force
maximale de 3689 N.
Il est relié à un variateur Etel et est commandé à l’aide du logiciel ComET. Il permet
de simuler des mouvements complexes, tels que des profils de houles.
147
Mise en oeuvre d’une maquette expérimentale monoaxe
Le pendule
La masse pendulaire est en fait un volant avec une masse décentrée et réglable. Les
élèves de l’ENSIETA ont conçu un système permettant de modifier à la fois la masse,
l’excentricité et l’inertie du système pendulaire.
Le volant est constitué d’un disque avec une masse décentrée, percée en différents
endroits. Nous pouvons rajouter des masselottes sur la partie pleine du volant. Ceci
permet de modifier à la fois la masse et l’inertie du système.
De plus une barre reliant le centre du volant à sa périphérie est également percée,
offrant différentes possibilités pour le point d’accroche du pendule. L’excentricité peut
être alors modifiée.
Ainsi nous pouvons tester des masses allant de 2.4 à 15 kg, des inerties allant de 0,072
kg.m2 à 0.67 kg.m2 et une excentricité allant de 0.112 à 0.185 m.
148
(a) (b)
Fig. G.4 – Image réalisées à l’aide du logiciel Catia présentant le volant (a) ainsi que le
système d’accroche des masselottes [Hou05].
La génératrice
Enfin une génératrice brushless, comportant un multiplicateur de vitesse de rapport
50, a été placée de façon à contrôler le mouvement du volant. Elle est contrôlée en courant
à l’aide d’un onduleur triphasé [Ber02].
149
Mise en oeuvre d’une maquette expérimentale monoaxe
Nous avons commencé à identifier le système. Cependant nous avons eu des problèmes
techniques qui nous ont retardés.
150
Bibliographie
151
BIBLIOGRAPHIE
152
BIBLIOGRAPHIE
153