SERVICE DE MEDECINE INTERNE
CHU BATNA
Pr ROUABHIA
Cours de première année résidanat médecine interne
2016/2017
Diagnostic des arthrites
Cours préparé par :
Dr Guehimeche.R
Assistante en médecine interne
I) Définition-Généralités :
-Arthropathie caractérisée par une inflammation de la synoviale : Synovite
-On distingue :
Monoarthrite : atteinte d’une seule articulation.
Oligoarthrite : atteinte de deux à trois articulations.
Polyarthrite : atteinte de plus de trois articulations.
- Et selon le mode évolutif, on distingue :
Arthrite aigue : installation brutale, avec signes inflammatoires francs ,
d’évolution de moins de 06 semaines.
Arthrite chronique : d’évolution lente, les signes inflammatoires sont peu
intenses, et peuvent disparaitre laissant en place la seule arthralgie,
d’évolution supérieure à 06 semaines voire plus de 03 mois.
II) Intérêt de la question :
*Fréquence : symptôme très fréquent dans le tableau clinique de plusieurs
affections : rhumatismales, systémiques, infectieuses, et néoplasiques
*Diagnostic positif : L'examen de l'articulation est la pierre angulaire du diagnostic,
Il va passer par :
Affirmer la présence d'un processus inflammatoire intra articulaire par
l'examen de l'articulation et éventuellement la réalisation d'examens
paracliniques simples où domine l'analyse du liquide synovial.
Différencier entre une arthralgie inflammatoire et une arthralgie d’origine
mécanique.
Une douleur articulaire et/ou un gonflement de l'articulation n'est pas
obligatoirement synonyme d'arthrite, il faut savoir éliminer une inflammation
abarticulaire, les affections vasculaires, neurologiques, osseuses,
musculaires, et dégénératives.
*Diagnostic étiologique :
Connaître les principales étiologies d'arthrite en fonction de son mode
évolutif, de la localisation et des éventuels signes d'accompagnement.
Devant une arthrite aigue, il est urgent d’éliminer une arthrite septique du fait
qu’elle met en jeu le pronostic fonctionnel car en l’absence de traitement
adapté, l’évolution se fait vers la destruction ostéo-articulaire.
*Pronostic : toute atteint articulaire inflammatoire doit être explorer et traiter car elle
peut provoquer un handicap majeur : destruction et déformation articulaire. Un
traitement étiologique adapté permet l’amélioration du pronostic fonctionnel et vitale.
III) Diagnostic positif : repose sur :
1- L’examen clinique : l’examen clinique doit être bilatéral et comparatif :
-L’articulation est le siège de :
*Douleur d’horaire inflammatoire, nuit et au repos, limitant le jeu articulaire, vive
(aigue), peu intense (chronique), spontanée et/ou provoquée par la mobilisation et la
pression.
*Un gonflement visible et palpable en rapport avec la tuméfaction synoviale ou
l’épanchement intra-articulaire (hydarthrose) qu’on apprécie par la mobilisation du
liquide dans les culs de sac synoviaux « Choc rotulien ».
*Signes inflammatoires locaux : Une augmentation de la chaleur locale, et une
rougeur cutanée.
-Les signes généraux accompagnateurs sont variables mais on note souvent une
fièvre en cas d’arthrite aigue même en l’absence d’infection.
2-Biologie :
*Syndrome inflammatoire : Vs accélérée, CRP positive, FNS : anémie inflammatoire,
hyperleucocytose, électrophorèse des protéines.
3-Radiologie :
a-Cliché standard : peut être normale ou montrer :
-Epaississement des parties molles.
-Déminéralisation épiphysaire.
-Pincement de l’interligne articulaire et les géodes à un stade avancé.
-Signes d’orientation étiologique : liseré calcique en rapport avec la
chondrocalcinose.
b-Autres examens radiologiques :
-Echographie : elle peut permettre de distinguer une enthésite d’une synovite ou d’un
épanchement non inflammatoire, peut être nécessaire pour explorer la hanche, ou
l’épaule
-L’IRM articulaire permet de mieux évaluer l’atteinte de la synoviale et des tissus
périphériques et de rechercher une éventuelle ostéomyélite d’accompagnement. Elle
est également très performante pour la recherche d’enthésites.
-Le CT scan peut être utile pour la recherche d’une éventuelle ostéomyélite, de tophi
ou de certaines calcifications.
4- La ponction du liquide articulaire : doit se faire en l’absence de troubles de
l’hémostase, en respectant les mesures d’asepsie :
*Le liquide est jaune citrin parfois trouble, taux de protéine supérieure à 40 g/L,
nombre d’éléments cellulaires supérieure à 2000 /mm3, examen bactériologique et
recherche de microcristaux sont nécessaires.
L'analyse de l'acide lactique dans le liquide articulaire à 2.5 mmol/l dans un
liquide mécanique.
Tableau comparatif des liquides articulaires mécanique et inflammatoire :
Liquide mécanique Liquide inflammatoire
Aspect Clair Plus ou moins trouble(en
fonction du nbr de cellules)
Viscosité Forte Faible
Nbr d’élements/ Inférieure à 2000 2000 à 20000 (septique)
mm3
Qualité lymphocytes Polynucléaires
Mucine Pauvre Riche
Cristaux Absence Présents (microcristalline)
Protéines Pauvre Riche
IV) Diagnostic différentiel :
Devant une monoarthrite aigue :
1-Inflammation aigue périarticulaire :
*Tendinite calcifiante
*Tenosynovite aigue infectieuse
*Bursite aigue
*Rupture tendineuse.
2-Lésions osseuses :
Ostéite aigue
Ostéonécrose sous chondrale.
3-arthropathie aigue non inflammatoire : hémarthrose, algoneurodystrophie.
Devant une monoarthrite chronique :
Ostéite microbiènne
Calcifications tendineuses multiples
Devant une polyarthrite chronique :
Arthrose périarticulaire
Maladie des calcificatios tendineuses multiples.
V) Diagnostic étiologique :
1- L’enquête étiologique :
L’interrogatoire : doit rechercher :
-Date de début : le caractère récent (moins de 6 semaines) ou chronique (plus de 6
semaines).
-Antécédents articulaires :
*Personnels d’épisode antérieur et son évolution: le caractère intermittent ou continu,
le caractère migrateur ou fixe ; antécédents de traumatisme.
*Familiaux de rhumatisme inflammatoire : spondylarthropathies, de connectivite,….
-Analyse du contexte clinique, notamment la recherche de :
un syndrome infectieux récent : (angine, urétrite ou infection génitale….)
Présence de signes généraux : fièvre, frisson, amaigrissement.
Présence de signes rachidiens et d’enthésopathies.
Contage tuberculeux, morsure de tique, prise médicammenteuse.
Présence de signes extra-articulaires : diarrhée, myalgies, douleurs
abdominales, xérostomie,…
L’examen clinique: comporte :
-L’analyse de la topographie des arthrites ainsi que le caractère mono, oligo, ou
polyarticulaire :
-Le caractère mono-/oligo-/polyarticulaire est important :
Une arthrite septique bactérienne est presque toujours monoarticulaire ;
Une polyarthrite rhumatoïde est presque toujours polyarticulaire, même si elle
peut débuter de façon mono- ou oligoarticulaire.
une goutte est le plus souvent initialement monoarticulaire, mais peut devenir
oligo- ou polyarticulaire dans les formes sévères.
-La topographie peut être caractéristique :
Une polyarthrite rhumatoïde touche de façon plus ou moins bilatérale et
symétrique les articulations des doigts, des poignets et des orteils, mais en
respectant les interphalangiennes distales ;
Une spondylarthropathie ou un rhumatisme psoriasique se caractérise par une
atteinte asymétrique souvent oligoarticulaire, avec atteinte des
interphalangiennes distales dans le rhumatisme psoriasique.
L’atteinte rhizomyélique : Pseudo polyarthrite rhizomyélique.
-Le caractère aigu d’une arthrite évoque plutôt une arthrite septique ou
microcristalline. Néanmoins, certaines arthrites septiques (tuberculose...) peuvent
être subaiguës, voire chroniques.
-Examen de toutes les articulations et la recherche d’une atteinte axiale : la douleur,
et appréciation de leur mobilité…
- Les signes extra-articulaires physiques :
*Signes cutanés: psoriasis cutané ou du cuir chevelu, éruption lupique du visage,
érythème généralisé au cours de viroses ou la maladie de Still, lésions de
vascularite, nodules rhumatoïdes, plaie, aphtes,….
*Cardiaque (essentiellement un souffle cardiaque, signes de péricardite),
*SPM, ADP examen ORL, neurologique (NP périphérique, ou centrale), pleuro-
pulmonaire, ophtalmologique…
Examens complémentaires :
1-Biologie : FNS ( hyperleucocytose, lymphopénie), bilan phosphocalcique, uricémie,
ASLO, hémocultures, sérologies (HIV, HCV, AgHbs), sérodiagnostic de Wright, IDR
à la tuberculine, bilan immunologique, facteur rhumatoïde, AC anti CCP, sérologie de
la maladie de Lyme, HLAB27, étude bactériologique et mise en culture du liquide
articulaire…
2-Radiologies : Rx du thorax, Rx des sacro-iliaques, échographie abdominale (ADP,
SPM), échocardiographie (signes d’endocardite),….
3-La biopsie synoviale : elle n’est pas systématique, indiquée surtout devant un
problème diagnostic d’une mono arthrite chronique.
2-Les étiologies :
A-Arthrites septiques :
a- A pyogènes :
-Evoquée devant l’existence d’une monoarthrite aigue avec signes infectieux (fièvre,
frissons,……), terrain immunodéprimé, diabète, traitement immunosuppresseur.
- C’est la première étiologie à rechercher car en absence de traitement, l’évolution se
fait par la destruction ostéo-articulaire.
- L’atteinte polyarticulaire se voit en cas de septicémie.
- Le début est brutal, la douleur est spontanée et à la mobilisation, l’articulation est
chaude et rouge : on parle alors de fluxion articulaire. L’infection bactérienne peut
passer à la chronicité lorsque le traitement antibiotique est insuffisant, mal adapté et
de durée brève.
-Biologie : syndrome inflammatoire (Vs, CRP), Hyperleucocytose à PNN.
- La ponction articulaire retrouve un liquide franchement trouble, épais, contenant
plus de 50.000 éléments cellulaires/ mm3 (90 % de nature polynucléaires).
- Les hémocultures, l’examen direct du liquide articulaire, ainsi que sa culture
permettent l’isolement de germe.
- La porte d’entrée doit être toujours recherchée : furoncle, abcès dentaire ;
urétrite…..etc
- Les germes le plus souvent responsables sont :
*Gonocoque :souvent polyarticulaire
*Meningocoque, pneumocoque, streptocoque B, staphylocoque doré(Le
staphylocoque doré a un potentiel extrêmement destructeur et peut détruire une
articulation en moins de 48 heures), anaérobies.
b- Tuberculose articulaire :
-Premier diagnostic à évoquer devant toute monoarthrite subaigue ou chronique.
-La recherche de contage tuberculeux, signes d’imprégnation tuberculinique,
antécédents de tuberculose pulmonaire ou extrapulmonaire.
-Le BK peut être isolé à l’examen direct dans le liquide articulaire ou après culture
sur milieu de Lowenstein.
-Diagnostic de certitude repose sur la biopsie synoviale : mise en évidence du
granulome épithélio-gigantocellulaire avec nécrose caséeuse.
-Evolution : en l’absence de traitement l’évolution se fait vers la destruction ostéo-
cartilagineuse responsable d’un handicap important.
c-La brucellose : L’atteinte articulaire peut se voir :
*Dans la phase aigüe septicémique : une polyarthrite associé à une fièvre sudoro-
algique, le serodiagnostic de Wright oriente le diagnostic.
* Dans la forme secondaire de la maladie : il s’agit d’une mono ou polyarthrite des
grosses articulations : fémorale, coude, pieds, associé à une sacro-iliite, ou
spondylodiscite. La ponction articulaire peut montrer la présence d’AC spécifiques de
la maladie, le serodiagnostic de wright, si non la recherche d’Ac par
immunofluorescence indirecte permettent le diagnostic.
d- La maladie de Whipple : infection chronique systémique engendrée par une
bactérie : Tropheryma Whipplei .
- La présentation clinique habituelle est celle d’une oligo- ou d’une polyarthrite
chronique inexpliquée des grosses articulations, séronégative, qui a la particularité
d’être intermittente, au moins au début, bien qu’une polyarthrite chronique
destructrice ou une spondylarthropathie soit aussi possible.
-L’association à une atteinte digestive, neurologique…oriente le diagnostic,
-L’isolement de la bactérie à partir des prélèvements articulaires ponction, biopsie.
e- Autres causes :
* Borréliose : maladie de Lyme (infection à Borrellia burgdorferi) : notion de
promenade dans la forêt, de piqure de tique, Intérêt de la sérologie.
*la syphilis.
e-Arthrites virales : d’évolution souvent aigue polyarticulaire : HIV, HVB, HVC,
parvovirusB19, rubéole,
f-Arthrites mycotiques
B-La polyarthrite de l’endocardite d’Osler :
-L’atteinte est souvent polyarticulaire, touchent les grosses articulations.
-Diagnostic évoqué devant la présence de : purpura, nodosités, SPM, hématurie….,
associé à un souffle cardiaque . Les hémocultures et l’échocardiographie font le
diagnostic.
C- Arthrites microcristallines :
1-La goutte :
-Maladie métabolique caractérisée par une élévation de l’uricémie sup 70 mg/L chez
l’homme et sup à 60 mg/L chez la femme
-On distingue dans ce cas :
L’accès goutteux : qui est un épiphénomène paroxystique lié à la libération de
microcristaux d’urate de sodium au sein de l’articulation.
-L’atteinte est souvent monoarticulaire, de siège métatrso-phalangiènne du gros
orteil, qui est tuméfié, rouge, chaud et impotent, dans 90 % des cas lors du premier
accès, parfois la tibio-tarsiènne, et le genou.
-L’atteinte polyarticulaire est possible témoignant d’une forme avancée et additive.
-Le diagnostic est suspecté devant : l’apparition brutale et nocturne de signes
prodromiques : céphalées, nausées, irritabilité, insomnie, la vivacité de
l’inflammation, avec signes généraux : fièvre sup 39
-Biologie : Vs accélérée ; hyperleucocytose, nombre d’éléments cellulaires supérieur
à 20000 éléments / mm3, hyperuricémie souvent supérieure à 420 micromol/l,
présence de microcristaux d’urate du sodium dans le liquide articulaire (pendant la
crise un dosage normal ou bas n’exclut pas une goutte mais un dosage élevé permet
d’orienter le diagnostic).
-L’Effet spectaculaire de la colchicine, test thérapeutique, sur le cours évolutif a une
valeur diagnostic importante.
L’arthropathie goutteuse :
-Elle survient généralement après plusieurs accès, due à des dépôts uratiques intra-
cartilagineux.
-C’est un véritable rhumatisme chronique destructeur, touchant les pieds, les
chevilles, les genoux, les coudes, peut provoquer des déformations articulaires.
-En plus de l’hyperuricémie, les dépôts uratiques intra-articulaires, la radiographie
articulaire montre : des lésions géodiques intra épiphysaires aux poignets, avec
pincement de l’interligne articulaire.
2-La chondrocalcinose articulaire : arthropathie métabolique caractérisée par des
dépôts intra-articulaires de cristaux de pyrophosphate de calcium di hydraté.
-La monoarthrite aigue est la manifestation la plus fréquente de la CCA, une
polyarthrite est aussi possible. La forme chronique est rare.
-Terrain : préférentiellement une femme d’âge moyen de 70 ans.
-Siège : genoux, cheville, poignet, épaule.
-La radiographie articulaire montre un liseré opaque intracartilagineux et
fibrocartilagineux .
- La certitude diagnostic est portée sur la présence de microcristaux de
pyrophosphate de calcium dans la liquide articulaire : Bâtonnets rectangulaires à
bout effilé, non ou faiblement réfringents à la lumière polarisée, et dessoudent par
l’EDTA.
-Peut être primitive ou secondaire à une hémochromatose, hyperparathyroïdie,
maladie de Wilson.
D) Arthrites rhumatismales :
1-Polyarthrite du rhumatisme articulaire aigue :
-Chez l’adulte, on trouve dans environ 2/3 des cas une angine récente précédent les
signes articulaires d’une semaine à un mois.
- La polyarthrite s’installe en quelques jours, elle est symétrique, touchant
préférentiellement les membres inférieurs, le caractère migrateur est inconstant.
-L’atteinte cardiaque est rare, le taux des ASLO est élevé.
2-Spondylarthrite ankylosante : c’est un rhumatisme axial qui peut réaliser un tableau
d'arthrites chroniques asymétriques touchant plutôt les grosses articulations des MI :
genou, hanche, ou pied.
-Terrain : sujet jeun, une atteinte pelvi spondylienne, l'existence de passée
d'enthésopathie (talalgies..), et surtout les antécédents familiaux de rhumatisme
analogue.
-La radiographie : atteinte axiale : sacroiliite, syndesmophytes.
-Les AINS sont efficaces en moins de 48 heures.
3-Arthrites réactionnelles : Arthropathies stériles par les techniques usuelles, dont la
cause est une infection initiale extra-articulaire principalement génitale.
-Il s’agit d’une oligoarthrite fixe touchant surtout le genou, la cheville.
-Dans la forme complète, elles réalisent la triade: urétro-oculo-synoviale
caractéristique du syndrome de Fiessinger -Leroy-Reiter.
- les germes les plus incriminés sont : chlamydiae, mycoplasmes,salmonella,
yersinia, shigella, campylobacter.
4-Rhumatisme psoriasique :
-Oligoarthrite ou monoarthrite, il touche préférentiellement le genou, les
tibiotarsiennes, les pieds, la hanche, et la main (MCP,IPP, IPD).
-La forme poly articulaire est possible, peut s’accompagner d’une sacroiliite.
-La présence de lésions cutanées permet d’orienter le diagnostic.
-La radiographie articulaire : coexistence sur le même cliché des érosions, de
pincement et d’ankylose.
5-Rhumatismes intermittents :
Le rhumatisme palindromique :
-Pathologie rare qui se manifeste par des inflammations articulaires très vives ;
d’installation brutale, et de très courte durée, elle se reproduit à des intervalles
réguliers de quelques jours à quelques semaines, frappe les articulations des mains,
évolue longtemps sous cet aspect ou peut se transformer en une véritable
polyarthrite rhumatoïde.
Maladie périodique :
-Caractérisée par une atteinte monoarticulaire, surtout la cheville et le genou.
-Souvent fluxionnaire, disparait en quelques jours et se reproduit à des intervalles
réguliers.
-Les signes associés : fièvre, crises de douleurs abdominales aigues, plus rarement
un épanchement pleural.
6- La polyarthrite rhumatoïde :
-C’est un rhumatisme inflammatoire chronique, destructeur, déformant et invalident.
-Survient préférentiellement chez la femme entre 40 et 60 ans
-Le début : le mode de révélation le plus habituel est une oligoarthrite ou polyarthrite
distale d’évolution subaigue à chronique des mains, poignets, et les pieds, rarement
peut débuter par une mono arthrite ou polyarthrite aigue accompagnée généralement
d’une altération de l’état général.
-L’atteinte est souvent distale symétriquesavec raideur matinale, touchant les
métacarpophalangiènnes, métatarsophalangiènnes, interphalangiènnes proximales.
L’atteinte des grosses articulations est aussi possible : coudes, chevilles, hanches,
épaules, genoux.
-L’enquête étiologique doit faire rechercher les signes accompagnateurs : Syndrome
de Gougerot-Sjogren, Atteint pulmonaire….
-Biologie : un syndrome inflammatoire, vs accélérée lors des poussées, le facteur
rhumatoïde est inconstamment positif ; les AC anti CCP ont une spécificité de 90%
pour le diagnostic de la PR.
-La radiographie articulaire normale à la phase de début, mais à un stade plus
avancé elle montre :
Une raréfaction osseuse juxta-articulaire dite en bande et pincement globale
de l’interligne articulaire,
Puis surviennent des érosions osseuses siégeant plus particulièrement au
niveau de la tête du cinquième métatarsien.
7-Arthrite des affections intestinales :
La maladie de crohn et la rectocolite ulcéro-hémmoragique se compliquent d’atteinte
articulaire inflammatoire touchant le genou, cheville, coude, et le poignet, s’associée
souvent à une atteinte axiale, et d’autres manifestations extra-articulaires.
E) La polyarthrite de la maladie lupique :
F) La maladie de Behcet :
G) Autres affections peuvent :
*Sarcoïdose : syndrome de Lofgren
*Syndrome de Gougerot-sjogren, dermatomyosite, PPR ; Horton, PAN ; Purpura
rhumatoide, maladie de still ;
H) L’ostéoarthropathie hypertrophique pneumique :
La maladie de pièrre marie associe une polyarthrite touchant les mains, les poignets,
les épaules, genoux, ou les chevilles, un hippocratisme digital avec déformation des
mains qui sont hypertrophiées. Elle est associée dans la majorité des cas d’un
cancer pulmonaire.
- La radiographie articulaire : une périostose engainante le long des os
I) Arthrites médicamenteuses :
* Fluoroquinolones (rare)
•*Oméprazole (rare)
* Bêtabloquants (rare)
*Autres (IPPs, ranitidine, statines, isoniazide, mycophenolate, prograf, IFNs, IL-2, G-
CSF, GMCSF, tamoxifène, antiprotéases, inhibiteurs de l’aromatase, miansérine,
mirtazapine, néfazodone ( rare).
J) Arthrites métaboliques : Hémochromatose (rare) ; Hyperlipidémies type II et IV
(rare).
K) La poussée inflammatoire arthrosique : est un diagnostic possible au niveau
de toutes les articulations.
Il s’agit d’une aggravation rapide d'une impotence fonctionnelle ancienne jusque-là
contenue.
- Le syndrome inflammatoire est très modéré, mais les signes locaux pourront être
assez marqués comme dans les poussées inflammatoires d'arthrose digitale. La
ponction articulaire pourra ramener un liquide mécanique avec des éléments en
faveur d'une arthrite (comme l'augmentation des leucocytes).
VI) Prise en charge des arthérites septiques :
-L’élément premier de la prise en charge d’une arthrite septique est la ponction
articulaire qui doit précéder l’antibiothérapie.
-L’antibiothérapie, probabiliste, doit être débutée après que les prélèvements
bactériologiques ont été faits : deux hémocultures au moins et la ponction articulaire.
-Le choix des antibiotiques est guidé au départ par le contexte de survenue de
l’arthrite, puis est adapté aux résultats bactériologiques. Classiquement, elle repose
sur une association anti-staphylococcique de :
– Cloxacilline (ou Oxacilline) (100 mg/kg/24 h) en 4 à 6 injections voire en perfusion.
Associé à la Gentamicine (4 mg/kg sur 30 mn, une fois/jour, sous réserve d’une
fonction rénale normale).
-Dans les situations où l’arthrite complique une chirurgie articulaire récente, il faut
tenir compte du risque de résistance à la méticilline :
– Vancomycine (30 mg/kg/jour en perfusion continue précédée d’une dose de charge
d’1 gramme administrée sur 30 minutes) au lieu d’une bêtalactamine, également
associée à la Gentamicine.
-Dans les cas où l’arthrite complique un traumatisme, et/ou est contiguë à une plaie,
il faut tenir compte de la présence possible de streptocoques, de bacilles à
Gram négatif, voire d’anaérobies, et on propose en première intention :
– Amoxicilline + Acide clavulanique (conditionnement 2 grammes, 6 à 8
grammes/jour en 3 à 4 injections), également associée à la Gentamicine.
-Le traitement médical sera adapté sur les résultats bactériologiques, en particulier la
culture du liquide articulaire. L’aminoside ne sera pas poursuivi plus de 2 à
5 jours. Dès réception de l’antibiogramme, un relais par voie orale pourra être
proposé au patient, sous réserve que la sensibilité de la bactérie identifiée et l’état
clinique du patient le permette. On proposera alors une association de deux
antibiotiques dont la biodisponibilité orale est satisfaisante (éviter Oxacilline et
Cloxacilline per os), à bonne diffusion articulaire, et efficace selon l’antibiogramme,
pour une durée de 4 à 6 semaines (en fonction du stade évolutif de l’arthrite et de la
nécessité d’un traitement chirurgical).
-Un traitement antalgique est systématiquement associé, les anti-inflammatoire non
stéroïdiens sont formellement contre-indiqués en raison du risque d’aggravation de
l’arthrite septique.
-La place de l’immobilisation dans les arthrites septiques reste débattue, son objectif
premier est antalgique. L’immobilisation ne doit pas empêcher une surveillance
permanente de l’articulation infectée, et ne doit pas empêcher la mobilisation passive
de l’articulation, qui doit être précoce.
-Le traitement chirurgical de l’infection permet le lavage complet de l’articulation, le
drainage du pus, l’excision des tissus nécrotiques.