Curiosité et Science en Évolution
Curiosité et Science en Évolution
INTRODUCTION
Dès sa prime enfance, Thomme est émerveillé, étonné par Texistence du monde et ce qu'il contient. Il
est curieux de savoir, de connaître le pourquoi des choses, d'où viennent-elles ? Par qui ? Où vont-elles ?
D'où sa curiosité la amené d'abord, à la création des mythes cosmogoniques et eschatologiques.
Ainsi se pose-t-il des questions et continue à se les poser. Ce questionnement ne pourra se terminer
que si le dernier pourquoi trouve sa réponse définitive, ce qui n'est pas si évident.
Mais il trouve des réponses provisoires, mais stres pour certains domaines. Ce qui lui permet de vivre
en recherchant davantage, i comprendre et à voir clair.
Voilà pourquoi, futurs chercheurs que vous êtes, vous devez connaître les techniques d'une bonne
recherche
2
Le mot science vient à la fois du verbe latin scire qui signifie savoir, connaitre et du mot latin scientia
qui signifie aussi la connaissance ou le savoir. Il s'agit ici de toutes formes de connaissance : sensible,
empirique, rationnelle et scientifique. D'où la science est l'ensemble des connaissances acquises
historiquement, méthodiquement et systématiquement prouvées par des arguments probants et
convaincants. Les qualités d'une connaissance scientifique sont les suivantes: l'esprit critique, le souci
de méthodes et de systématicité, l'objectivité et-la rigueur, donc un ensemble cohérent et systématique
des connaissances.
En science, tes résultats sont cumulatifs, ils s'additionnent les uns avec les autres. On part toujours
d'un résultat trouvé des recherches, d'un déjà-là. Ce qui prouve la véracité de la science. En science,
nous disons que les connaissances scientifiques sont falsifiables, révisables, d'où la théorie du
faillibilisme en vue du méliorisme. Ce qui ne donne pas à la science le caractère apodictique qu'on lui
attribue souvent. La vraie science n'est pas celle qui est déjà faite, mais plutôt celle qui se fait encore.
Socrate disait déjà que les âmes sont grosses des vérités. Ce n'est pas des questions qu'on parvient à
les faire accoucher. La science est donc l'explication de lois qui régissent des phénomènes, de l'univers.
1.1.2. Recherche
Il existe une dialectique entre la recherche et la découverte, semblable à celte énigmatique entre le
maître et l'esclave, entre l'œuf et la poule. En effet, Platon disait << l'homme ne peut rechercher ni ce
qu'il sait ni ce qu'il ne sait, pas ». Jusqu'au 19 siècle il n'y avait qu'une seule science, la philosophie,
appelée mater studiorum. Et quand on parlait du savant, ce n'était pas un vain mot; c'était
effectivement quelqu'un qui avait un savoir encyclopédique. A partir du 19e siècle il y a eu un
éparpillement du savoir à tel enseigne que personne ne pouvait épuiser la science. Actuellement, on ne
peut pas faire des recherches un domaine quelconque tout en étant seul. Il faut toujours associer les
autres dans les recherches soit travailler en collaboration avec d'autres chercheurs : D'où la notion
d'interdisciplinarité et intradisciplinarité. La recherche scientifique est une démarche intellectuelle et
scientifique dont le but général est de produire une connaissance scientifique.
On a:
Observation
Hypothèse
Vérification
3
1.2.1. L'attitude scientifique n'est pas naturelle à l'homme: elle est une conquête de l'histoire 1° La loi
de trois états de COMTE
Pour parvenir à l'esprit scientifique, il est donc indispensable d'éliminer de la connaissance, les
projections psychologiques, spontanées et inconscientes, d'opérer, comme dit Bachelard, une «
psychanalyse de connaissance »>.
Cette « psychanalyse » est bien difficile, peut être jamais achevée. Elle est en tout cas, l'œuvre du siècle
et nous ne devons jamais oublier que la science est une aventure récente. II y a des hommes sur terre
depuis plusieurs centaines de milliers d'années et la physique scientifique date du XVIIe siècle, la
chimie du XVIIIe siècle, la biologie du XIXe siècle. En effet, la connaissance spontanée du réel est anti
scientifique. C'est une connaissance << non-psychanalyste » où nous projetons nos rêves et nos
passions. C'est ainsi que « la physique » d'Aristote est encore toute mêlée de psychologie. La
cosmologie céleste fait appel à la psychologie de l'âme bienheureuse, la physique céleste d'Aristote
s'éclaire par la psychologie lourde, « grave » et les corps légers. Les corps légers (la fumée) vont
spontanément vers le haut alors que le grave (une pierre) se meuvent eux-mêmes vers le bas. Le haut
et le bas représentent respectivement le « licu naturel » des corps légers et des graves. Les corps
inertes sont donc involontairement assimilés à des hommes qui forcent de retrouver leur «< chez soi ».
4
L'accélération de la pesanteur s'explique par le fait que « la pierre désire le bas » et presse son
mouvement comme les chevaux qui, dit-on vont plus vite lorsqu'ils « sentent l'écurie ». En langage
«home» autrement dit qu'il prête -aux corps inertes, un goût particulier pour leur donner d'élection. «
Il ne faut pas avoir la réalité te' que je suis », dit Paul Eluard, et ce poète s'exprime alors comme savant!
Mais précisément, je vois spontanément le monde comme je suis, et il faut tout un travail pour le voir
comme il est : ce travail est le travail la science. Les savants considèrent « l'élimination de
l'anthropomorphisme» (Planck), des projections subjectives comme la condition même et comme la
mesure de réussite de l'activité scientifique. L'idéal est de parvenir à poser des relations objectives qui
ne soient plus le reflet de mes dispositions subjectives. Pour la science par exemple, le ciel cesse d'être
un sujet grammatical, une substance dont le bleu serait l'attribut: le bleu du ciel n'est que l'égalité de
diffusion des rayons du spectre solaire.
culture scientifique, nous serons tentés de répondre: suffit d'éliminer ce qui vient de nos passions, de
la tradition, de l'imagination. Il faut revenir à une perception originelle des choses, laisser parler les
faits tels qu'ils sont. Mais cette réponse, nous allons le voir, est ambigüe. Car c'est précisément la
perception spontanée, qui est chargée de subjectivité, tandis que la réalité scientifique, objective, doit
être péniblement construite à partir d'un travail fort complexe. Ce qui est immédiatement perçu est
objectivité; Ce qui est objectif est au contraire médiat construit par détours et artifices.
3° De la perception à la science
Qualitatif (l'univers nous est donné comme un enchevêtrement complexe de sens, couleurs, d'odeurs
qui constituent ce qu'on nomme les « qualités sensibles »). Divers et hétérogène (c'est un fouillis
d'événements complexes);
Constitué par des « êtres » distincts et autonomes : trompés par le langage aussi bien que par le sens,
nous imaginons que le monde est composé de « substances >> caractérisées par des « attributs Le
marbre est froid, la laine est chaude, le plomb est lourd. La physique et la chimie primitives ne font que
discours sur ces données immédiates (les alchimistes par exemple voulaient öter au plomb sa «
plombéité» pour communiquer à la « matière première résiduelle » une forme nouvelle et plus
5
précieuse », celle de l'auréité). L'alchimie n'est pas une source anti sociale de la chimie scientifique,
c'est un corps de doctrine très ancien (remontant à la Chine archaïque), qui relevait de la pensée
analogique (liaisons mystérieuses entre la vie des métaux et l'äme universelle) et de la magie
symbolique, nullement d'une pensée positive et rationnelle. De même, la doctrine des quatre éléments
n'est que la systématisation de la perception naïve. N'importe qui distingue immédiatement l'eau, la
terre, l'air, le feu.
Nous sommes tentés de tenir pour essentiel ce qui s'impose directement à la perception. Ce n'est pas
ce chemin-là qui conduit à la science, On peut regarder la flamme pendant des heures sans rien
comprendre à la combustion. Voltaire écrivait au comte de Tessan en 1753: « Vous persistez dans le
goût de la physique... pour moi, j'y ai renoncé et en voici la raison: un jour en soufflant mon feu, je mis à
songer pourquoi du bois faisant de la flamme... Personne ne me l'a pu dire » Bachelard nous l'a bien
montré le spectacle de [a flamme aux formes bizarres, aux couleurs éclatantes ; à la morsure cruelle
sollicite nos rêveries, réveille et nourrit nos désir inconscients, mais n'est pas source de science la
science exige que les apparences soient dépassées « It n'y a pas de science que de ce qui est caché Une
fois découvert, le secret de la combustion, nous pourrons donner l'exemple d'un feu e sans flammes »;
d'une « oxydation discrète », la respiration. Ce qui est immédiatement valorisé par l'observation naïve
est généralement
accessoire. La perception immédiate et vulgaire, loin d'être la clef de la science comme le croient les
empiristes, a fait échec au progrès de la science. L'observation empirique n'est pas la source de la
science mais c'est un obstacle à la connaissance scientifique, C'est ce que Bachelard appelle un «
obstacle épistémologique ».
A la diversité empirique, la science substitue l'unification rationnelle, Pour la chimie, les corps
infiniment divers se ramènent à une centaine de corps simples, susceptibles de se combiner de
diverses manières. Les corps sont composés d'atomes, l'atome lui-même a été analysé : l'électron
apparaît aujourd'hui comme l'élément ultime de la matière. Mais l'ultime auquel parvient le chimiste
ici n'a rien à voir avec la simplification du monde qu'on trouvait dans la théorie de quatre éléments.
Dans la doctrine de quatre éléments, on était dupe d'une simplicité fausse, d'une intuition
immédiatement non critiquée, c'est une pseudo-simplicité qui venait seulement de ce qui n'avait pas
fait d'analyse. Au contraire, la a simplicité de l'élection n'est pas une simplicité initiale, elle est de
l'ordre du résultat, elle est une limite à l'analyse qui est un produit de l'analyse elle-même. L'électron
lui-même n'est pas d'ailleurs à proprement parler, « élément simple ». S'il est comme le voit la science
modeme, un « corpuscule associé à une onde continue », if apparaît lui même comme un ensemble, «
tissu de relations ».
Là où l'observation immédiate voyait des êtres, la science reconnait des rapports. Pas plus que 'e bleu
du ciel n'est attribut d'une substance, la chaleur de la laine ou le froid du marbre ne sont pas les
qualités d'un être. Ces données immédiates dissimulent ici la réalité de relation entre mon corps et les
objets (le marbre n'est pas froid en lui-même » mais très conductibles).
6
Toutes les propriétés apparentes des choses se ramènent en réalité à des relations avec d'autres
choses.
La réalité scientifique n'est donc pas la réalité spontanément et passivement observée. C'est une réalité
construite. Le fait n'a de signification scientifique que lorsqu'il est transposé de façon à pouvoir nous
livrer des caractéristiques objectives mesurables. La construction scientifique du fait consiste
généralement à imaginer une série d'artifices techniques pour transporter l'observation dans le champ
visuel et spatial. Par exemple, la sensation musculaire du poids, subjective et imprécise, est remplacée
par l'appréciation
visuelle de la position de l'aiguille de la balance. La force » est mesurée par l'allongement communiqué
à un ressort. La science d'électricité ne s'est développée que grâce à des techniques qui emploient
l'électricité à produire des effets mesurables dans l'espace (déplacement de l'aiguille de l'ampèremètre,
du galvanomètre, produit de l'électrolyse mesurés au moyen de la balance). La température devient un
fait scientifique lorsqu'elle n'est plus sentie sur la peau mais lue sur le thermomètre. Même à partir
d'un exemple aussi simple, on peut apprécier la distance qui sépare le « vécu » immédiat du connu »
scientifique l'impression du « vécu » de température dépend des récepteurs thermiques à la surface de
notre corps. Mais ces récepteurs font partie d'un organisme qui est lui-même une source de la chaleur.
L'impression de la température dépend non seulement du milieu avec lequel notre corps est en contact
mais de notre corps lui-même. Elle est soumise aux variations de l'articulation sanguine. Le pouvoir
d'adaptation de l'organisme interdit d'ailleurs toute appréciation objective, Si je viens d'une salle
surchauffée, la salle de classe me paraitra fraiche alors que je la trouve chaude si je viens de la cour ou
souffle un vent glacé. Ces impressions de « fraicheur de trédeur, de chaleur » sont subjectives et
relatives. Il faut ajouter qu'elles sont imprécises. Des écarts de température qui sont équivalents sur
l'échelle thermométrique ne le sont pas pour notre sens thermique. Autour de 20°, nous sommes
sensibles à une différence de degré. Mais notre sensibilité est beaucoup moins différenciée pour des
températures plus basses ou plus élevées.
L'usage d'un instrument encore aussi élémentaire qu'un banal thermomètre centigrade nous introduit
déjà dans un monde « scientifique ». Ici la relation complexe entre les récepteurs thermiques,
l'organisme et le milieu, d'où résultat l'impression vécue de température, est remplacée par une
mesure fondée sur des relations beaucoup plus simples entre un objet et le milieu: Apprécier une
température, c'est mesurer la dilatation d'une colonne de mercure sur une échelle graduée.
L'observation scientifique suppose donc des instruments, elle requiert une manipulation. L'instrument
suppose lui-même une théorie (par exemple, le thermomètre suppose une théorie de la dilatation)
comme le dit Bachelard: « un instrument, c'est une théorie matérialisée »
7
Au monde perçu, la science substitue un monde construit. Et cette construction est à la fois
conceptuelle et technique. Elle va des techniques opératoires les plus abstraites du mathématicien
jusqu'aux manipulations matérielles de l'expérimentateur. Plus la science progresse, plus le fait
scientifique ne s'éloigne du fait brut, c'est-à-dire du fait tel qu'il est donné à la perception vulgaire.
C'est ainsi par exemple que les images fournies par les télescopes sont enregistrées par des cameras.
Le faible grain de lumière qu'elles recueillent est livré aux techniques sans cesse plus complexes de la
spectrographie. Un wil profane ne comprendrait rien au spectre produit par la décomposition de la
lumière issue des corps sidéraux. « Mais des agrandissements et des
traitements appropriés font apparaitre dans ces taches floues jusqu'à cent mille lignes et bandes qui
disent aux savants la composition chimique des étoiles, leur température, la nature du milieu qui les
sépare du système solaire et jusqu'à la vitesse et au sens déplacement ». La mesure scientifique des
distances n'a pu conquérir le « double infini >> de l'extrême grandeur et de l'extrême vitesse qu'au prix
de perfectionnements technique et de progrès théoriques incessants. Les modestes travaux des
arpenteurs sont la base de ta géodésie. La connaissance des dimensions terrestres permet d'apprécier
de la terre aux planètes par la méthode des parallaxes (on nomme parallaxe l'angle formé par deux
droites menées du centre d'un astre au centre de la terre et aux x pieds de l'observateur), Déjà ces
mesures exigent l'introduction des calculs trigonométriques. La détermination de la distance des
étoiles lointaines fait intervenir là son tour des connaissances photométriques complexes. Comme
l'écrit Dubarle : il y a sans cesse « plus de calcul associé aux actes opératoires de base, supposant
l'intervention toujours plus importante d'un arrière-fond théorique.»
On en dirait autant des mesures portant sur des dimensions minuscules : ce fait qu'est la largeur de
telle frange d'interférence donnée, n'est accessible qu'à partir de tout un capital de savoir et de
technique. L'univers de la science élargit prodigieusement t'univers de la perception. Le diamètre d'un
atome' est de quelque dix millionieme de millimètres tandis que notre galaxie a un diamètre de cent
mille années-lumière (l'année lumière étant la distance que parcourt la lumière' en une année à la
vitesse de trois cent mille kilomètres à ta seconde). Le monde scientifique, le monde objectif est ainsi
un monde transposé et construit à travers tout un réseau de manipulation technique et d'opérations
intellectuelles. C'est presque comme si le fait était fabriqué par le savant LE ROY déclarait en ce sens
(ce qui est excessif mais suggestif) « Les faits sont faits ». Brunschvicg disait dans le même sens :
L'histoire de l'Egypte, c'est f histoire de l'écologie. Sans doute y-a-t-il une réalité donnee, les
constructions scientifiques ne sont pas des interventions arbitraires. Et, en définitive, ji faut bien que le
savant lise un résultat sur un instrument, ce qui quoique indirectement, rattache la
connaissance scientifique à l'expérience sensible. C'est l'organe des sens qui voit l'instrument, si c'est
l'esprit qui interprète cette donnée sensible. D'autre part, les constructions théoriques des savants
sont objectives puisqu'elles se vérifient les unes par les autres et prêtent à des applications pratiques.
Mais précisément, cette objectivité conquise contre des illusions subjectives propres aux données
sensorielles brutes, n'est atteinte que par une médiation, par un détour théorique et technique dont la
complexité s'accroit sans cesse. Si le fait n'est pas « fait » n'est pas créé de toutes pièces, du moins est-il
8
refait comme dit Pradines. Le fait est toujours un résultat, obtenu dans des conditions déterminées,
précises, elles-mêmes instaurées à partir d'un capital de savoir et technique. L'activité scientifique
suppose en tout cas, dans la mesure où elle est
construite et non contemplation, à la fois des théories et des instruments: C'est assez dire tes relations
qui unissent la science et technique.
1° Distinction de principe
En principe, l'activité scientifique et l'activité technique peuvent être distinguées. Tandis que la science
se présente comme la découverte progressive des relations objectives qui existent dans le réel, on peut
entendre par technique, au sens large, un « ensemble de procédés bien définis destinés à produire
certains résultats jugés utiles» (Lalande). La science, dans sa poursuite de l'objet féel, veut éliminer nos
goûts subjectifs, nos préférences individuelles. La technique, au contraire, se met au service de nos
besoins, de nos désirs, de toutes nos aspirations subjectives dont la science précisément s'efforce de
faire abstraction. La technique est « un effort pour produire ce qui doit être ce qu'on souhaite qui soit »
et n'est pas; la science est un effort pour connaître, pour expliquer ce qui est.
Cependant, si la technique veut transformer la nature, veut la soumettre aux exigences d'un vouloir
humain, il semble que ce vouloir ne puisse s'incarner en un pouvoir que par l'intermédiaire d'un
savoir..
La science nous révèle les lois de nature, les relations des phénomènes, la technique utilise la
connaissance de ces lois pour un résultat désiré. Les rapports théoriques de cause à effet paraissent
logiquement transposables en un rapport technique de moyen à fin. La technique, c'est un savoir
appliqué. « Une fois les faits établis et les lois formulées, l'homme cherche à en tirer parti pour
satisfaire ses besoins, ses désirs, voire ses caprices et c'est alors que surgit ce que nous appelons la
technique ou l'art. L'ingénieur utilisant la physique et la chimie, des machines: le médecin utilisant la
physique, la chimie, la biologie, signe une ordonnance; le législateur utilisant la sociologie, promulgue
le décret ». Le grand public confond très souvent science et technique, car la science n'est connue de lui
qu'à partir du moment où elle donne prise sur les choses, où elle entre dans la voie des applications
pratiques. C'est ainsi que beaucoup de gens qui connaissent le nom de Pasteur et de Claude Bernard se
figurent qu'ils étaient tous deux médecins. En réalité, Pasteur était un chimiste, Claude Bernard un
physiologiste. Mais leurs travaux scientifiques ont abouti à des techniques très fécondes
9
Nous avons vu que les formes primitives de l'expression étaient anthropomorphiques : les hommes se
sont d'abord figurés les forces naturelles à leur image, ils les ont considérées comme des âmes
(animisme), ont projeté sur elles les caractéristiques psychologiques humaines. On ne s'étonnera donc
pas que les primitifs aient cherché à agir sur la nature par des moyens psychologiques. Tels sont les
procédés de la magie, « stratégie de l'animisme » qui correspond sur le plan 'de l'action au stade
anthropomorphique et animiste dans l'ordre de l'explication. C'est ainsi que les primitifs tentent d'agir
sur les vents, les pluies, les maladies à coup des formules magiques comme si les forces naturelles se
laissaient, à l'exemple des hommes, conduire les mots
Les Grecs sacrifient Iphigénie pour faire cesser les vents contraires, comme on offre un otage à un
ennemi courroucé. La magie imitative a pour but d'encourager les énergies d'une nature défaillance: le
sorcier, en période de sécheresse, verse quelques gouttes d'eau sacrée sur les champs pour déclencher
une ondée. Nous allumons, magiciens inconscients, des bougies sur l'arbre de Noël pour réveiller le
soleil endormi de décembre. On dirait autant des rites d'envoûtement qui se fonde sur des analogies
subjectives. Le sorcier prétend faire mourir une personne en perçant avec des aiguilles une petite
poupée qui est sensée la représenter. Parfois, on se contente d'un dessin : les murs des certaines
cavernes sont préhistoriques, sont couverts des dessins d'animaux percés de flèches pour que la
chasse soit fructueuse et de dessin de femmes enceintes pour que la tribu ne se dépeuple pas, Pendant
des siècles, se perpétuent des procédées bizarres qui ne doivent leur prestige qu'aux valeurs
psychologiques qu'ils enveloppent. C'est ainsi que Théophile vers les années 1100 qu'on se trouvera
bien do a tremper le fer dans l'usine d'un boue ». i' est clair qu'on trempe » ici le fer comme on a
trempe» un caractère, c'est-à-dire en Je soumettant à une épreuve injurieuse.
Les pirogues s'adaptent parfaitement au flot, t'arc et tes flèches rendent aux chasseurs tous les services
qu'il peut en atteindre. La théorie est ici en retard sur la pratique « Il semble écrit Alain, que toute les
idées positives de ce temps-là soient enfermées dans les outils et que l'on ait point sur les en tirer Si la
technique efficace précède la science positive (loi du décalage de l'action et de la pensée), c'est parce
10
que les premières techniques ne sont qu'un prolongement de l'instinct, de l'adaptation biologique
spontanée et inconsciente.
L'outil prolonge naturellement l'organe (organon en grec signifie outil). Ce bâton prolonge le bras,
l'hameçon imite le doigt recourbé, etc. M. Leroi - Gourhan a très bien montré dans son livre Milieu et
Technique que les tendances humaines qui s'incarnent dans tes techniques prennent suite des forces
qui s'exercent dans la pratique biologique animale. Le savoir-faire précède le savoir. D'autre part,
l'urgence de l'action exige que l'on applique des procédés empiriques, découverts au hasard, bien
avant qu'on ait pu expliquer scientifiquement les raisons de leur efficacité. C'est disait voltaire,« à un
instinct mécanique que nous devons la plupart des arts et non à la saine philosophie Et il ajoutait «s'il
avait fallu que la théorie précédât l'usage des leviers combien des siècles se seraient écoulés avant
qu'on eût pu déranger une grosse pierre pleine! ». De même l'usage du plan incliné a précédé des
plusieurs siècles la théorie. Dés le commencement de l'architecture, pour hisser des masses très
lourdes à une certaine hauteur, on imagina de les pousser le long de terrain en pente et on ne manque
pas de s'apercevoir que l'opération était plus douce. Aujourd'hui encore, bien souvent, notre puissance
dépasse notre science. Les psychiatres améliorent l'état de certains malades mélancoliques par la
technique des électrochocs, mais personne ne sait exactement quelle est encore l'action des
électrochocs sur le cerveau. L'action politique enfin est presque empirique les hommes ne peuvent pas
attendre, pour établir des techniques de gouvernement, qu'une sociologie réellement scientifique soit
constituée !
Historiquement, la pratique précède la théorie, la technique précède la science. C'est la science qui
prend la suite de la technique et à l'origine de toutes les sciences, on trouve des préoccupations
pratiques.
Les premiers mathématiciens furent des arpenteurs égyptiens, ces géomètres ù, littéralement ces
mesureurs de terre, qui, après la décrue du Nil, devaient redistribuer les parcelles de terrain. De même,
l'arithmétique est issue du commerce, de la nécessité des échanges. Les «< calculs » sont d'abord de
petits cailloux avec lesquels les marchands comptaient leurs bœufs ou leurs moutons.
Chez le Grecs, c'est le jaugeage des tonneaux qui a amené la découverte des incommensurables.
De même, au XII c'est la fabrication d'horloges à roue, l'introduction de l'artillerie dans l'art militaire,
'es progrès dans la navigation qui imposent aux mathématiciens d'analyser les notions de temps, de
vitesse, de limite.
Dans certains manuels élémentaires, la machine à vapeur est citée comme exemple d'application des
principes de la thermodynamique. En réalité, la machine à vapeur précède la thermodynamique
scientifique, Carmot était un officier patriote français qui rêvait d'enlever à l'Angleterre, la suprématie
11
des mers qu'elle devait au bon fonctionnement de ses navires à vapeur. C'est pour cela que Carnot se
mit à réfléchir aux moyens d'améliorer le rendement des machines à vapeur; il élabore sa théorie sur
te rapport de la chaleur et du travail et publia en 1824 ses Réflexions sur la puissance motrice du feu
qui fonde la science thermodynamique moderne.
Suivant les circonstances économiques, politiques, le progrès scientifique peut être suscité ou entravé.
Au XIX siècle, par exemple, la recherche scientifique fut parfois découragée par les grands industriels
de la métallurgie. La métallurgie était trustée par une bourgeoisie protectionniste et conservatrice qui
redoutait fort les investissements coûteux que des techniques nouvelles pourraient entrainer. C'est
ainsi que lorsqu'un savant comme Henri Le Chatelier créa sa Revue de Métallurgie, les maîtres de forge
interdirent à leurs ingénieurs de lui prêter leur appui.
Il n'en fut pas de même dans le secteur biochimique. Lá, point de grand trust encore. Distillateurs,
vinaigriers, sériciculteurs demeuraient libres d'ouvrir les portes de leur entreprise à qui ils voulaient.
Ces conditions favorables ont beaucoup servi l'incomparable carrière de Pasteur. Pasteur enseignait à
la Faculté de Lille lorsqu'il reçut la visite d'industriels qui éprouvaient des difficultés dans la
fabrication de la bière. Tel est le point de départ de ses études sur les problèmes des fermentations.
Mais la science est tout autre chose qu'un simple prolongement de la technique préscientifique
spontanée. La science est loin d'être seulement l'explication des procédés d'abord implicites. Sans
doute, la notion scientifique de causes est visiblement à l'origine une notion technique puisque, comme
le remarque justement Pradines, « c'est la notion de ce qui fait » Mais la science et réellement en
rupture avec la pratique instinctive spontanée. Elle prend du recul sur la technique primitive, analyse
rationnellement ses procédés pour les formes, Pradines écrit: « Ce n'est pas en construisant qu'on
devient constructeur; c'est plutôt en détruisant... de cette façon qu'on appelle analyse et qui consiste à
réduire en leurs éléments les choses que la destruction brutale réduit en ruines
; il s'agit de détruire pour chercher dans ce procédé, le secret et le ressort de la construction». L'esprit
technicien subit une mutation brusque en devenant esprit scientifique
En fait, se sont toujours les échecs de la technique qui suscitent l'effort scientifique. Le technicien
rencontre des obstacles qui s'opposent à son activité pratique (les fontainiers de Florence, par exemple,
ne peuvent parvenir à faire monter l'eau dans les pompes vides au-delà de 10,33m). Le savant sur ces
obstacles pratiques, il les constitue en problèmes théoriques. Galilée, Torricelli ne se demandent plus :
« Comment parvenir à faire monter l'eau ? » Mais bien « pourquoi l'eau ne monte-t-elle pas au-delà de
10,33m?» Une activité spontanée qui rencontre le succès s'exerce presque inconsciemment.
Ce sont toujours les échecs, les difficultés qui suscitent la prise de conscience, et en particulier la prise
de conscience d'un problème scientifique. Mais bien vite le savant en tant que savant se pose les
problèmes pour eux-mêmes; il ne pense plus aux difficultés pratiques qui ont suscité ces problèmes. Le
technicien voulait agir, le savant cherche avant tout à comprendre. La science n'est pas seulement la
servante de la technique, elle répond aussi à un besoin de connaître, à une curiosité purement
12
intellectuelle. Elle tend à se développer sur son propre plan qui est celui de la spéculation
désintéressée. Comme le dit Alain,,« la pensée se sépare des métiers et cherche en elle même, dans ses
propres débats intérieurs, le secret des choses
La différence entre l'esprit technicien et l'esprit scientifique est très bien mise en lumière par Alain
lorsqu'il trace un parallèle entre ce technicien en herbe qu'est l'apprenti et ce savant en herbe qu'est
l'écolier. A l'atelier, il n'est pas question de penser, de jouer avec les idées car l'outil blesse le maladroit.
De même, un petit clere ne doit pas faire les fautes sur le papier timbré! L'apprenti apprend surtout à
imiter les techniques éprouvées et il n'est pas question pour lui de chercher et d'inventer, A l'école il ne
va tout autrement : « On efface l'ardoise après le problème » et « les fausses additions ne ruinent
personne » L'erreur compte non par rapport au monde, par rapport au résultat matériel, mais par
rapport à soi-même. Elle est une occasion de réflexion et par-là de progrès. L'activité de l'écolier tient
du jeu autant et plus du travail et ce jeu en dehors de la vie c'est déjà le peu scientifique qui prend du
recul sur l'action et concret.
La science désintéressée va, à son tour, recevoir des applications pratiques fécondes que parfois le
savant lui-même est loin de soupçonner. Lorsque Hertz découvrit les ondes électromagnétiques, il ne
se doutait pas que sa découverte aurait pour conséquences pratiques, les techniques de radiodiffusion.
En fait, l'esprit qui est passé par le détour fécond de la science est apte à aborder les problèmes
pratiques d'une façon rationnelle et beaucoup plus efficace. La technique issue de la science sera bien
differente des routines efficaces qui précèdent la science. Bachelard en donne un exemple très simple
et saisissant jusqu'au XX siècle, nous dit-il, les techniques de l'éclairage en usage dans l'humanité ont
toujours reposé sur le même principe il s'agit pour éclaire de faire brûler une matière! Au XXe siècle,
c'est avec la lampe électrique à fil incandescent une véritable révolution : cette fois, pour éclairer, on
empêche de brûler.
La lampe ne contient en effet qu'un gaz inerte. Mais pour que cet artifice technique soit possible, la
connaissance scientifique du phénomène de la combustion est nécessaire.
13
En réalité, la science la plus pure ne se distingue de la que parce qu'elle ne poursuit pas de visée
utilitaire. Mais l'activité scientifique peut être, en un sens plus étroit, dite technique en ce qu'elle est
opératoire. Déjà la logique formelle est opératoire parce qu'elle construit une conséquence avec un
principe. Les mathématiques qui «< triturent tes formules », transforment des symboles les uns les
autres, sont éminemment opératoires et d'ailleurs peuvent confier certaines de leurs opérations à des
machines à calculer qui sont de merveilles de ta construction technique (qu'on songe aux machines
électroniques modemes avec leurs milliers de tubes, qui s'arrêtent automatiquement dès qu'elles ont
«< commis une erreur »).
Ces sciences de la matière exigent évidement le concours de toutes les techniques expérimentales. Une
définition est ici une manipulation, elle est étroitement liée à l'appareil. La vérification d'une hypothèse
est une question technique, il faut imaginer un dispositif matériel ingénieusement adapté. Le
laboratoire dépend de l'industrie qui fabrique ses appareils.
Ces liaisons étroites entre la science et technique sont puissamment soulignées par le lancement des
satellites artificiels, la haute atmosphère pouvait être déjà explorée grâce à des engins autopropulsés,
mais les appareils dont ils étaient équipés ne peuvent pas prendre leurs observations que pendant un
temps fort court, et seulement à la verticale d'un point donné. La portée des observations scientifiques
était ici par impuissance technique. Les satellites artificiels capables de tourner autour de la terre
pendant plusieurs semaines permettent de triompher de ces difficultés. Munis d'appareils
d'enregistreurs appropriés, ils autoriseront les observations les plus variées et les plus fécondes;
citons entre autres possibilités, entre des masses nuageuses à la surface de la terre, sur de grandes
distances, études du rayonnement électromagnétique par des tubes photo compteurs, analyse des
variations d'intensité du rayonnement cosmique (enregistrées par des compteurs de Geiger).
L'évolution des techniques est même capable de bouleverser les concepts scientifiques établis. La
précision croissante des instruments de mesure-nous permettant d'opérer par exemple dans le
14
domaine de l'infiniment petit introduire un changement d'échelle dans l'observation. C'est la porte
ouverte à l'exploitation de domaines nouveaux qui pourra susciter dans la pensée scientifique des
crises très fructueuses, Ainsi le dispositif expérimental de Michelson et Morley destiné à mettre en
évidence le mouvement de la terre par rapport à l'espace absolu, à l'éther, espace absolu de référence,
est une réalité, un rayon lumineux émis dans le sens de marche de la terre aura une vitesse de 300.000
km/seconde +x (x étant ia vitesse de la terre sur son orbite), un rayon émis en sens inverse une vitesse
de 300.000-x. La technique de Michelson et Morley qui consiste à recueillir dans un interféromètre
deux rayons lumineux qui se sont propagés dans des sens différents a pour but d'accuser cette petite
différence (lisible dans le décalage des franges d'interférence). L'appareil de Michelson et Morley a
reçu de tels perfectionnements techniques qu'il pourrait révéler une vitesse de déplacement de la
Terre dix fois plus petite que celle qu'elle a en réalité. Or jamais l'appareil n'a accusé la moindre
différence de vitesse entre rayons. D'où la nécessité d'éliminer l'hypothèse de l'espace absolu de
référence et de toute la mécanique newtonienne classique. Mais c'est précisément parce que l'appareil
de Michelson et Morley met en œuvre 'une technique suffisamment fine pour apprécier une très petite
différence de vitesse entre les rayons que le résultat négatif de l'expérience pose un problème
scientifique.
Jusqu'ici nous avons parlé de la science en général sans distinguer les diverses sciences. Ce point de
vue semble insuffisant bien que de grands philosophes aient insisté sur l'unité fondamentale de la
science. Descartes affirmait par exemple que « toutes les sciences sont tellement liées ensemble et il est
plus facile de les apprendre toutes à la fois que d'isoler une des autres ». Sa position est celle de
l'idéalisme. L'activité scientifique n'est qu'une occasion pour l'esprit d'expliquer les « semences de
vérités » qui dès l'origine reposent en lui. Toutes les sciences « ne sont que la sagesse humaine qui
demeure toujours une et toujours la même, si différents soient les objets auxquels elle s'applique et qui
ne reçoit pas plus de changement de ces objets que la lumière de la variété des choses qu'elle éclaire ».
Il est très intéressant de remarquer que Descartes souligne à côté de l'unité fondamentale de la science,
la diversité extrême des techniques, des arts la nécessité de la spécialisation dans le domaine des
techniques. Tandis que pour lui, l'activité scientifique est purement spirituelle, tout au contraire « les
arts requièrent un certain exercice et une certaine disposition du corps ». Il est clair que « les mêmes
mains ne peuvent pas se faire à la culture des champs et jeu de cithare Mais précisément, nous avons
vu que l'activité scientifique se rapprochait de la technique par son caractère opératoire. Les concepts
scientifiques ne sont pas a priori ils s'élaborent, mûrissent, et se métamorphosent à travers les
opérations que le savant effectue dans telle « région » considérée du réel. La science, dit Bachelard, «
instruit la raison >>).
D'où l'impossibilité de faire abstraction des domaines propres à chaque science, domaines qui
imposent à chacune des sciences-et à l'intérieur d'une science donnée à chaque discipline spécialisée-
la spécialité de sa méthode et de son esprit. L'intérêt que présentent les classifications des sciences est
incontestable, Ces classifications ont à la fois le mérite de distinguer les diverses sciences et d'inviter à
réfléchir sur leurs relations.
15
Des mathématiques à la sociologie, l'ordre est celui du plus simple au plus complexe, du plus abstrait
au plus concret.
Cet ordre correspond à l'ordre historique de l'apparition des sciences positives. Les mathématiques,
qui étaient encore en partie avec les Pythagoriciens une métaphysique et une mystique du nombre, se
constituent cependant dès l'antiquité en
discipline positive. L'astronomie découvre très tôt ses premières lois positives (on a dit à juste titre
que l'éloignement des astres, réduit à des point, en mouvement dans l'espace » facilitait l'abstraction
scientifique). La physique attend le XVI siècle, avec Galilée et Newton, pour devenir une science. Le
tour de la chine vient au XVIII siècle (Lavoisier); la biologie est une discipline position à partir du XIXe
siècle, Comte pense lui-même couronné l'édifice scientifique en créant la « sociologies.
Les sciences plus complexes et (es plus concrètes dépendent des sciences les plus abstraites. D'abord
les objets et les sciences dépendent-dans ce sens les uns des autres. Les êtres vivants sont soumis non
seulement aux lois particulières de la vie, mais aussi aux lois plus générales, physiques et chimiques de
tous les corps (vivants ou inertes), Un être vivant est soumis, comme la matière inerte, aux lois de la
pesanteur. De même, les méthodes d'une science supposent connues ces 5 éléments des sciences qui la
précèdent dans la classification. Il faut être mathématicien pour être physicien. Un biologiste doit
connaître des mathématiques, de la physique et de la chimie.
Cependant, si les sciences les plus complexes dépendent des sciences les plus simple, on ne saurait les
en déduire et les y réduire. Les phénomènes physicochimiques conditionnent les phénomènes
biologiques mais la biologie est tout autre chose que la chimie organique. Comte affirme
énergiquement que chaque étape de la classification introduit un domaine nouveau, irréductible aux
précédents. Il s'oppose au matérialisme qui prétend « expliquer le supérieur par l'inférieur ».
Mais nous insisterons, pour terminer, sur la spécificité de chaque discipline scientifique. Sans doute les
mathématiques tendent-elles aujourd'hui à jouer dans toutes les sciences et même dans les sciences
humaines un rôle de plus en plus important- Il n'en reste pas que chaque science a dü adapter ses
méthodes propres au domaine particulier qu'elle explore. Les mathématiques même se répartissent en
plusieurs disciplines distinctes. Il semble donc difficile de parler avec précision de l'esprit scientifique
en général : c'est-à-dire rester dans le vague.
16
Lorsque Descartes dans son discours de la méthode nous dit que pour être un savant, il faut ne partir
que de principes évidents et sûrs, qu'il faut analyser et réduire en éléments simple toute question à
résoudre, ensuite qu'il faut faire des synthèses en ordonnées en prenant garde de n'oublier aucun
maillon de ces e belles chaînes de raison il reste dans le domaine de principe élémentaires et qui do
moins pour l'homme du XX siècle vont de soi. Les règles de Descartes constituent tout au plus, dit
Bachelard, la « politesse élémentaire de l'esprit scientifique a Essayons donc de parler non plus
seulement de la science et de la méthode, mais des sciences et méthodes.
Un travail scientifique est une publication scientifique. Le but d'une publication scientifique est de
communiquer la connaissance aux autres. Un ouvrage scientifique est caractérisé par le fait que la
connaissance transmise est basée sur une documentation adéquate. Le travail de recherche
scientifique permet d'approfondir les connaissances sur un sujet donné. On distingue plusieurs types
de publications scientifiques d'après le contenu et la forme extérieure.
A) D'après le contenu :
L'ouvrage proprement scientifique est celui qui propose des idées nouvelles prouvées par des
arguments convaincants, concluants, et probants. Il s'adresse à un type des spécialistes et
utilise une terminologie technique appropriée. L'ouvrage de vulgarisation est celui qui
s'adresse à un public non spécialisé mais le degré de vulgarisation dépendra du niveau de
vulgarisation haut ou moyen.
Un manuel est une publication présentée sous forme suivie d'une branche donnée de la science
avec ses demières acquisitions et cela d'une façon systématique et avec des préoccupations
pédagogiques tenant compte des programmes d'études et des circonstances particulières dans
lesquelles se fait l'enseignement. S'il est destiné à l'enseignement supérieur, il sera compété
des preuves scientifiques et d'une bibliographie afin d'orienter des recherches.
Il y a aussi des ouvrages généraux et des ouvrages spécialisés. Les premiers s'occupent du
domaine scientifique pris dans son ensemble tandis que les ouvrages spécialisés s'attèlent à
une section dans ce domaine. On appelle monographie, une étude scientifique approfondie
d'une question particulière.
D'après la forme:
Selon la forme extérieure, les livres paraissent à un lieu, en une date normalement indiquée au
début de l'ouvrage. Exemple: ouvrage publié à Kinshasa en l'an 2000.
Parfois un même ouvrage a plusieurs éditions et comprend plusieurs parties ou tomes.
Il peut être rédigé par un seul auteur ou plusieurs en collaboration. Il paraît par collection ou
bibliothèque.
17
Les périodiques: des imprimés paraissant en fascicules distincts, une ou plusieurs fois par an,
irrégulièrement ou à dates fixes.
Les revues jouent un rôle très important dans l'élaboration de la doctrine et constituent des
moyens d'information pour tout ce qui touche au domaine scientifique. Une revue comprend
normalement des articles, des études critiques, des comptes rendus et parfois un répertoire de
fa vie courante.
1. Le choix du sujet
2. L'heuristique: recherche des sources (documentation)
3. L'herméneutique : interprétation critique du document
4. La composition: rédaction, construction, synthèse.
Ces quatre stades sont pratiquement inséparables. La recherche ne peut commencer avant d'avoir
choisi un sujet. Le choix d'un sujet suppose une connaissance de base de la littérature du domaine dans
lequel on travaille. D'où l'importance d'un guide pour les débutants. On comprendra qu'une procédure
systématique et ordonné soit d'une grande importance pour ne pas perdre son énergie et son temps en
vue d'aboutir à un résultat satisfaisant. Les suggestions suivantes pourront aider à s'assurer cet
objectif:
Le choix d'un sujet ne peut être un thème de pure réflexion philosophique, scientifique, littéraire, etc.,
mais doit toujours comporter un élément de recherche historique ou positive, L'étudiant ne dispose
pas encore de maturité suffisante pour réaliser un travail vraiment original dans le domaine de pure
réflexion. Par conséquent, pour un travail de fin de cycle ou d'études, il est-nécessaire d'apprendre les
méthodes de la recherche positive.
Ainsi, est-il important d'indiquer la méthode utilisée. Le sujet doit être adapté au goût et surtout aux
capacités de l'étudiant, Ce principe permet d'ordinaire de nombreuses éliminations,
En cas d'une monographie, il faut éviter de travailler sur des sociétés dont on ne connaît pas la langue.
L'intérêt qu'on prend au sujet étudié, donnera l'enthousiasme pour surmonter les difficultés
inhérentes au travail scientifique. Les sources et les travaux à exploiter doivent se trouver dans des
bibliothèques dont on a le libre accès.
Le sujet doit être original car il doit constituer une contribution réelle à la recherche scientifique. Il doit
être aussi limité que possible et peut seulement être élargi si la recherche des sources originales et
secondaires l'exige. Il sera dans un titre très
bref qui pourra changer pendant ta rédaction, mais uniquement pour assurer la précision, l'exactitude.
2.2.2. L'heuristique
18
Il est très important de réunir la documentation nécessaire de façon systématique, ce qui implique la
recherche et la découverte de ta documentation (heuristique).
L'analyse systématique des sources bibliographiques et des bibliothèques a le grand avantage qu'elle
peut être interrompue à n'importe quel moment pour une période peu longue. Il sera bien nécessaire
de noter les instruments consultés et dater ses notes. Une première démarche à faire est la
consultation des catalogues de la bibliothèque :
Les fiches bibliographiques: Il s'agit des feuillets isolés sur lesquels on écrit les renseignements
bibliographiques susceptibles de classements divers. Une fiche bibliographique est la carte d'identité
d'une publication, de la page des titres du livre.
b. Conseils pratiques: Il faut un format international (125x75mm). Chaque document devra être
mentionné sur une fiche distincte. On doit mentionner sur un côté de la fiche un signalement complet
de l'ouvrage et laisser une marge convenable.
Il convient d'indiquer.
c. Etude de différents cas: du livre, de l'ouvrage de collaboration; d'un article, des revues ou d'un
journal
1. Cas du livre
Nom, Prénom (post-nom) de l'auteur: Il faut noter d'abord le nom de la famille de l'auteur en petites
capitales ou le souligner deux fois, suivi du (des) prénoms(s) ou post-nom en caractères romains. S'il y
a plusieurs auteurs, on sépare tes noms par une virgule ou un trait et l'on fait autant des fiches qu'il y a
d'auteurs en plaçant chaque fois un des noms en premier lieu. Toutefois, s'il y a plus de trois auteurs,
on peut employer l'abréviation (et al.) (- du latin et alii qui signifie et les autres;). Le nom de l'auteur
est reproduit tel qu'il apparaît sur la page des titres de publication sans aucune correction quand bien
même l'on serait sûr d'une faute commise. L'article ou la préposition fait partie du nom, excepté le von
allemand ou en nos langues maternelles.
a. Titre et sous-titre
Le titre de la publication et sous-titre séparé par un point ou une virgule soulignés une fois, sont repris
tel qu'ils apparaissent à la page des titres (sans correction).
19
Si l'ouvrage a plusieurs volumes (tomes), chaque volume ayant son propre titre, il est nécessaire
d'indiquer si pas te titré propre, mais écrire seulement deux tomes ou trois.
On indique ensuite l'édition si ce n'est pas la première. Pour un ouvrage anonyme, le titre est copié en
petites capitales ou soulignées deux fois et le sous titres en caractères romains soulignés une fois.
Il faut bien noter que tous les renseignements sont repris dans langue de la publication.
Les détails de la publication sont séparés par des virgules et toujours indiqués
par le même ordre : l'endroit de la publication, le nom de la maison éditrice, la date de la
publication.
Si l'on ne peut pas trouver l'un ou l'autre de ces détails, on peut l'indiquer entreparenthèses (...):
s.d., s.1, s.éd.
Lorsque la page des titres mentionne plusieurs villes comme endroits de publication, on
mentionne au moins la première ville.
a. Le nom de l'auteur et le titre de la publication suivent les mêmes directives que pour un livre (cfr
supra: cas du livre). b. On n'indique ni ta maison éditrice ni l'endroit
d. Instruments Heuristique:
Notions
bibliographie ou une monographie sur un sujet quel qu'il soit. Notons encore que si on veut
s'informer sur un auteur éminent récemment décédé, on aurait à consulter in memoriam.
Exhaustive: bibliographie complète et signalant n'importe quelle publication sans tenir compte
de sa valeur.
Sélective: bibliographie choisie. On fait une sélection d'après un certain critère
Sommaire: cette catégorie de bibliographie n'a souvent pas de critères bien définis, mais ne cite
que les travaux utilisés.
2.2.3. L'herméneutique
La recherche documentaire est la plus grande partie du travail. Mais parallèlement à ce travail, il doit
s'accomplir l'étude, l'interprétation ou la critique des documents décryptés. Ainsi, le travail de
l'herméneutique consiste principalement à trier et à apprécier.
Un premier choix des renseignements à recueillir s'est opéré durant la constitution de la bibliographie.
Avant de commencer l'analyse proprement dite, on fera la distinction entre sources premières et
sources secondaires. La source première est le document original de première main, écrite par l'auteur
ou l'information à la source des initiateurs ou fondateurs. La source secondaire est celle qui a déjà
utilisé le document original ou interprété la source première. Exemple: les manuels de classe, les
dictionnaires, encyclopédiques, etc.
Devant la multitude des données, on peut se sentir désemparé. La première réaction des débutants est
de recourir au professeur, mais l'on conseille qu'il est mieux et nécessaire de se lancer seul en faisant
une première appréciation personnelle par la consultation des sources secondaires ou même par la
lecture des comptes rendus.
Il faut bien Eire, mais en prenant des notes intelligibles. Ainsi, le lecteur apprend à exercer son sens
critique surtout dans l'utilisation de ses sources (premières et secondaires). Le premier but de la
critique est de comprendre le sens exact du texte étudié ou la portée réelle des données récoltées. Pour
y arriver, quelques qualités sont requises à savoir:
systématiquement les appréciations portées par d'autres sur le même sujet. Il faut donc
connaître l'état de la question.
Le travail de construction ou de synthèse n'est pas autre chose que la coordination intelligente de ses
diverses catégories de notes en vue de résoudre les problèmes soulevés par le sujet étudié. En effet, il
faudra dresser le plan définitif de la dissertation, du mémoire (TFC, TFE).
Ce plan est souvent très différent du plan primitif car le plan d'exposition ne coincide pas avec le plan
d'invention ou de recherche. Celui-ci a pour but de guider et d'organiser méthodiquement les
recherches tandis que celui d'exposition doit faire connaître le résultat du travail accompli en les
appuyant des démonstrations capables d'entrainer l'assentiment du lecteur. Un bon plan doit être clair,
économique et naturel. à la rédaction, c'est la demière étape mais qui n'est pas aussi facile qu'on le
pense. Pour beaucoup de débutants, elle évoque l'image d'un itinéraire à travers une région hérissé
d'obstacles. Les difficultés de la rédaction peuvent être réduites si l'on observe fidèlement les
directives déjà données et les recommandations suivantes.
Il faut d'abord savoir écrire. Or, peu de personnes sont capables d'écrire. C'est un art difficile lorsqu'il
ne s'appuie pas sur un don naturel. Ainsi, il faut écrire correctement et pour cela, connaître la langue
dans laquelle on écrit. A la moindre hésitation, on se donnera la peine de consulter le dictionnaire ou la
grammaire.
Il est important de savoir avant tout que, dans une dissertation, on réalise un travail de réflexion
personnelle autour d'un sujet bien déterminé ou défini. Ce travail peut bien aboutir en recourant
uniquement à son propre savoir et à ses propres présuppositions favorables ou défavorables, à sa
propre expérience, etc. Mais il convient de noter cependant que le travail aura de valeur s'il fait
mention autant que possible des autres travaux réalisés dans le domaine par les experts. Le
signalement des points de vue des autres constitue des preuves solides à l'argumentation. L'appel aux
travaux des autres est toujours déterminé par la nature du sujet. C'est pour cela qu'il faut des notes
infrapaginales (en bas de page).
Les difficultés de la rédaction peuvent être réduites. Il n'est pas inutile de rappeler les grands principes
du style. Le style est une manière de s'exprimer par le langage. En d'autres termes, c'est la façon dont
une personne use des ressources du langage pour exprimer ses pensées, ses émotions, ses sentiments
et qui est ça marque de son individualité. Le style obéit aux principes suivants il doit être impersonnel
dans le cadre d'un travail de fin d'études ou mémoire et bannir l'emploi de 'je' ou moi. On évitera de
s'adresser au lecteur par les expressions telles que j'attire votre attention... vous trouvez... je vous
22
renvoie... Il est recommandé d'utiliser le pluriel de majesté ou encore d'adopter la troisième personne
du singulier. Il ne faut jamais présenter le texte sous une forme de prédication ou de polémique.
Il faut éviter de inversions, beaucoup de subordonnés, plus de deux 'qui' ou 'que' dans ta même la
phrase, des figures de styles grotesques emberlificotées ou ampoulées. Le style doit réunir les
caractéristiques suivantes: concision, clarte et précision. Les phrases doivent être courtes. Il est
important de savoir construire ses phrases et de les ponctuer. Il faudra exprimer clairement sa pensée,
rédiger une phrase complète et balancée, constituer des paragraphes qui marquent une progression
dans le développement de l'idée. J. E HUMBLET dit que le chercheur doit avoir le souci constant de la
rigueur, de la cohérence et de l'unité. La règle d'or doit demeurer celle d'une idée par paragraphe.
A propos de l'expression, le chercheur doit savoir que l'expression écrite n'est pas l'expression orale. A
ce sujet, il est recommandé de lire les ouvrages appropriés pour plus de détails. Tout au long de la
rédaction, il doit respecter la grammaire et l'orthographe de la langue du travail. Ainsi se servira t-il
d'un bon livre de grammaire et d'un bon dictionnaire. Le chercheur ne recourra aux termes étrangers
que dans la mesure où les équivalents dans la langue sont inexistants. Associée à la présentation,
l'expression constitue l'un des éléments d'appréciation du travail par le lecteur. Sa négligence peut
conduire le lecteur à être rebuté.
Les préliminaires
Le texte et ses parties
La conclusion
La présentation des sources et la bibliographie
Eventuellement, une table des illustrations, des tableaux et des annexes.
Les préliminaires sont constitués de l'ensemble des pages et utiles à fournir des renseignements avant
le texte proprement dit, Les parties concernées portent généralement une pagination romaine, parfois
on fait usage d'une pagination alphabétique ou encore on n'utilise aucun signe de numérotation.
Sont considérés comme préliminaires dans un travail de fin d'études, les éléments ci-après.
La dédicace
La page de titre
L'avant-propos
La préface
23
L'introduction
3.2. La dédicace
L'auteur choisit une ou plusieurs personnes morales ou physiques à laquelle ou auxquelles, il offre son
travail. La dédicace n'est pas indispensable. Si elle est nécessaire, alors en deux ou en trois lignes, au
milieu de la première page après la feuille de garde, et sous forme de vers libres, l'auteur dit à qui
l'ouvrage est dédié. Il faut éviter toute surcharge et toute fantaisie. Il faut beaucoup de clarté et de
concision. Exemple:
Elle a pour rôle de fournir les éléments d'identification du travail ou de l'étude, et habituellement
l'information la plus complète sur le titre, une mention de responsabilité et toute ou partie de l'adresse
bibliographique.
Sur une page au maximum, l'auteur exprime ses sentiments de gratitude à ceux qui, d'une manière ou
d'une autre, ont contribué à sa formation. Par exemple, te doyen (le chef) de la faculté (section), le
corps professoral et 'en particulier, le directeur du travail, le donateur de bourse d'études, son tuteur
ou ses parents. L'auteur peut rappeler les souvenirs qu'il garde de ses collègues, de son institut, de son
université ou sa faculté et exprimer ses souhaits rencontrés dans la réalisation de son travail. L'avant-
propos peut être signé par l'auteur. Il est souhaitable de ne pas allonger la liste de personnes à
remercier et des souvenir à évoquer. Tout de même, tous ceux qui ont contribué d'une manière
Significative à l'élaboration et à la présentation finale du travail méritent un mot de remerciement et
de reconnaissance. Mais pour le travail de fin de cycle ou de mémoire, il faut plutôt parler de
remerciements. L'Avant-propos doit être réservé à un ouvrage. Il s'altelera à présenter les
circonstances qui ont émaillé la rédaction de l'ouvrage. Dans un ouvrage on peut avoir l'Avant-propos
et les remerciements séparés.
3.5. La préface
24
C'est l'exposé que l'on place au début de l'ouvrage pour le présenter et le recommander aux lecteurs. Il
est généralement rédigé par une personne différente de l'auteur, souvent un personnage ayant
autorité de compétence sur la matière traitée. Dans sa présentation, le préfacier donnera aux lecteurs
les explications qu'il juge nécessaires pour faire connaître l'ouvrage dans le milieu d'autres chercheurs
ou spécialistes. Il peut y exposer les raisons pour lesquelles le sujet a été choisi, les moyens et
techniques scientifiques mis en œuvre pour- sa réalisation ou son développement.
3.6. L'introduction
Elle est indispensable et doit être rédigée à la fin du travail. Le chercheur y résume en termes précis et
clairs, l'ensemble de son travail. Il situe le problème, il donne le but poursuivi, sa contribution à in
science et dans son domaine précis de recherche. Ici, l'auteur expose brièvement la démarche suivie et
les méthodes utilisées. Comme dans la conclusion, Tintroduction éviters la multiplication des citations
d'auteurs et ne dépassera guère le 1/5 du volume total de l'ouvrage.
3.6.1. Problématique
La recherche doit répondre au préalable à la question "De quoi s'agit-il ?" En d'autres termes, quelle est
la situation pour qu'elle mérite une attention particulie et soutenue ? Si l'on tient au modèle de
causalité unilatérale, alors ici commence Fobservation, l'examen de la situation afin de parvenir à
décanter les différentes variables, à savoir variable indépendante (VI) qui serait la cause de la situation,
la variable dépendante (VD) qui serait l'expression ou la partie observable à étudier et à l'occasion, la
variable intermédiaire (Vi): le corps, le groupe de personnes qui aide à exprimer le comportement
observable. Il s'agit en fait l'état de la question. La problématique est toujours assortie des questions.
Le but, les objectifs et intérêt de la recherche doivent être définis dès le départ. Cela aide à bien
orienter la suite. Le but peut être général, le ou les objectifs a atteindre doivent être spécifiques.
Comme les intérêts, ifs sont soit personnels (promotion individuelle), soit scientifique, (faire avancer la
recherche, trouver les applications pratiques au terme du travail) soit social (ce que la société peut en
tirer).
L'hypothèse est la réponse anticipée à la question que le chercheur se pose au début de son projet.
Bien formulée, l'hypothèse oriente l'ensemble de l'édifice et facilite le choix de dispositif
méthodologique. il faut distinguer l'hypothèse générale de l'hypothèse ou des hypothèses spécifiques.
25
La première donne la configuration générale tandis que la ou les secondes correspondent à chaque
objectif final d'intégration. L'hypothèse tente donc de répondre aux questions posées dans la
problématique. Autant de questions autant d'hypothèses. Voilà pourquoi il ne faut pas multiplier des
questions.
D'une manière générale, tout travail scientifique comprend trois grandes divisions: le cadre conceptuel,
la partie pratique et la conclusion. Sans entrer dans les détails de chaque moment de la composition, le
chercheur présente en termes précis, le contenu chaque partie de son ouvrage Ex ce travail se divise en
trois grandes parties. La première concerne le cadre théorique et comprend les définitions des
concepts de base, les théories et leurs analyses. Elle peut présenter les modes actuels des accidents de
travail etc. bref, elle présente te corps du savoir, les bases théoriques de références sur lesquelles le
travail se construira. La seconde concerne le cadre pratique. Elle est consacrée à la vérification des
hypothèses formulées, à l'analyse et l'interprétation des résultats. Enfin interviennent la conclusion, la
bibliographie et les annexes. Certaines recherches exigent un dispositif expérimental coûteux. Si le
chercheur ne dispose pa3 d'un financement important, il devra s'abstenir de choisir une telle
entreprise car il risque de l'abandonner en cours causant une perte de temps voire une frustration
psychologique,
3.6.5. Méthodologie
Le terme sert à désigner l'ensemble des méthodes à utiliser soit pour rassembler les données, soit pour
traiter les résultats des investigations. A ces deux premiers aspects s'ajoutent les sources qu'il faut
nécessairement définir avant d'entreprendre l'ouvrage. Quelques précisions se posent avant l'examen
de chacun des aspects qui fondent la méthodologie. Nous soulignons le fait que le savoir humain se
distingue en savoir vulgaire et savoir scientifique. La différence entre les deux est d'ordre formel. Le
fait d'être systématique ou non distingue les niveaux de savoirs. L'utilisation des méthodes s'avère
importante dans tout travail scientifique. Une bonne méthode permet de garantir "l'objectivité ou la
vérité du savoir". Ainsi le savoir scientifique doit être :
Différencié dans ses objets et dans ses démonstrations; il faut une méthode appropriée à
chaque matière ou branche;
Exhaustif, il ne s'intéresse pas seulement à ce qui a une utilité immédiate mais également à ce
qui peut étendre le savoir;
Fondé, ceci exige que le travail scientifique soit planifié observations et notations seront
précises, triées, en vue d'atteindre le but envisagé ; donnent naissance à une hypothèse à
vérifier ultérieurement. Exprimé dans une terminologie adéquate.
26
Voyons maintenant comment s'articulent les différents aspects qui concernent la méthodologie
Le chercheur doit définir les caractéristiques de la population (du site) sur laquelle (lequel) portera
son étude puis en isoler un groupe restreint mais représentatif (de l'emplacement reçu où doit
s'exécuter le travail). Ce dernier est souvent désigné sous les vocables échantillon, groupe ou
population d'étude limitée .définie dont on peut même compter les membres (éléments) qui la
composent.
3.6.5.1.1. Echantillonnage
Dans la situation des pays du tiers-monde, il est préférable d'utiliser te terme population d'étude car la
détermination de l'échantillon parait extrêmement difficile et exigeante. J.L LOUBET DEL BAYLE définit
l'échantillon comme l'ensemble d'éléments constituant la partie de l'univers qui sera effectivement
étudiée et qui permettra par extrapolation de connaître la totalité de l'univers. L'échantillon doit être
représentatif. Pour cela, le chercheur veillera à sa taille et aux techniques de sélection. En 1925, le
danois JENSEN avait formulé deux techniques de construction de l'échantillon. La première concerne la
technique de quotas, technique raisonnée ou l'échantillonnage stratifié. Cette technique consiste à
choisir, à trier pour chaque groupe ou strate, un nombre équivalent ou non selon la valeur de chacun
d'eux au sein de la population du sujet, d'objets ou d'éléments servant à étudier les caractéristiques de
cette population.
Le chercheur doit identifier d'abord les différentes couches (strates) qui composent la société. Il les
répartira selon leur provenance éthique, soit en fonction de l'âge, soit par sexe ou encore par le statut
social. Il faudra une représentation significative de chaque groupe dans l'échantillonnage stratifié. C'est
pour cela que dans le cas l'architecture, on doit tenir compte de la culture et du niveau de vie du M.Ö.
pour l'urbanisme, on doit prendre en compte la configuration générale et le milieu d'après le standing
des habitants. Pour l'ingénieur, il faut considérer la classe sociale du client. Il en est autant sociologie,
en politique qui interne ou externe. La seconde porte sur la probabilité ou technique aléatoire fondée
sur le recours au hasard. Ici, Fe chercheur doit tenir compte de la validité et du caractère -exhaustif de
la liste de références utilisées. Il se sert d'un critère objectif préalable. C'est l'échantillon aléatoire.
Trois exigences sont requises ici : déterminer le nombre du grand groupe, affecter à chaque objet un
chiffre,
critère de sélection. Le point de départ doit être choisi au hasard. La table des chiffres au hasard et la
technique de l'ume aident le chercheur. Tout ce qui pourrait affecter le résultat doit être
rigoureusement contrôlé. De même, l'échantillon est aléatoire si des objets sont homogènes, autrement
27
il est réputé occasionnel. Outre les techniques d'échantillonnages que nous avons déjà indiquées
(échantillonnage aléatoire simple, stratifié pondéré ou occasionnel), l'enquête par questionnaire
recourt aussi à d'autres types d'échantillons. C'est notamment :
Quand la population est grande et largement disposée, constituer un échantillon aléatoire simple pose
des problèmes administratifs à résoudre. Dans ce cas, on constitue des ensembles ou des grappes
d'unités voisines plus faciles à atteindre et à interroger. On interrogera tous les individus faisant partie
de la grappe.
2. L'échantillonnage aléatoire
Il est l'extension de l'échantillonnage par grappes. Ici le territoire de l'enquête est divisé en un certain
nombre d'ilots, ensuite on tire ces llots au hasard et on interroge tous les sujets d'ilots correspondant
aux caractéristiques définies de l'enquête. Il faut insister sur le fait qu'on n'interroge pas tous les
individus de Pilot, mais seulement ceux ayant des caractéristiques décrites dans l'enquête.
3. L'échantillonnage dimensionnel
C'est un raffinement de l'échantillonnage par quota. Il implique l'identification des facteurs divers
concemant la population et l'enrölement d'au moins d'un individu dans chaque combinaison de ces
facteurs.
C'est aussi un échantillonnage occasionnel dans la mesure où il implique le choix des individus les plus
proches afin de servir d'enquête. On poursuit le processus jusqu'à l'obtention d'un échantillon désiré.
Pour déterminer l'échantillon, il faut
Ainsi, si l'univers compte 60% d'hommes et 40% de femmes, on devra trouver dans réchantillon 60%
d'hommes et 40% de femmes. Or la plus part du temps, les chercheurs du tiers-monde n'ont aucune
statistique fiable des populations sur lesquelles se font ces recherches. Alors il est plus confortable de
recourir à ta population de l'étude. Car ici, on a la liberté de sélectionner dans la population générale,
un groupe pris au hasard sur le quel vont porter les investigations.
Il faut noter que l'étude des méthodes est un cours qu'on donne soit en G2 soit en L.1. Nous soulignons
ici seulement l'importance des méthodes dans un travail avec l'indication de quelques éléments. On
peut lire l'ouvrage indiqué au nº10 dans la bibliographie (MUKENDJI)
La méthode du grec META-ODOS, signifie l'ensemble des règles et des principes qui conduisent à la
connaissance objective. Elle aide à atteindre un objectif précis et bien déterminé. Son choix obéit au but
à atteindre et surtout à la matière à étudier. Les techniques, elles représentent des procédés limités,
mettent en jeu des éléments pratiques, concrets, adaptés à un but précis et défini, alors que ta méthode
est une démarche intellectuelle générale coordonnant un ensemble d'opérations techniques dans un
but plus large, à savoir: expliquer les phénomènes sociaux. Les techniques apparaissent done comme
des outils de recherche mis en œuvre en fonction d'une générale définie au préalable. Elles viennent
donc à l'appui des méthodes.
La méthode est donc une marche rationnelle de l'esprit pour arriver à la connaissance ou à la
démonstration de la vérité. Elle est l'ensemble des opérations intellectuelles permettant d'analyser, de
comprendre et d'appliquer la réalité étudiée (MUKENDJI MBANDAKULU p93)
Parmi les nombreux procédés pour recueillir les plus utilisés Tobservation, l'interview,
Texpérimentation. l'étude des cas, le test psychologique, Fanalyse historico-critique, l'enquête
psychosociale et les questionnaires. En architecture, on fait la prospection, tes relevés, etc. Souvent,
une pré-enquête est acquise afin de préciser sur une population forte réduite, le contenu e certains
items, les caractéristiques à retenir ainsi que la compréhension du langage ou la terminologie à utiliser
dans l'enquête proprement dite Parmi les plus courants, nous en définissons quatre qui sont:
1. Interview et l'entretien clinique : constitue une stratégie souvent orale mair parfois écrite
visant à recueillir l'information dont on a besoin pour la résolution d'un problème. Comme
dans l'entretien clinique, au cours de l'interview, le tiendra une grille de questionnaire afin
d'orienter son, cheminement et de se perdre dans les digressions. Il tiendra une liste
exhaustive des personnes interviewées en notant l'âge, le lieu et date de l'interview. Le tout
doit être consigné dans une des annexes de l'ouvrage,
2. L'observation est la constatation des faits tels qu'ils se produisent naturellement sans que le
chercheur n'intervienne pour modifier le cours des phénomènes. Cependant, il prendra soins
d'isoler au préalable les éléments de la situation dont il souhaite observer le monde et la
fréquence de manifestation. Le chercheur peut également procéder par observation
participante qui consiste à vivre, à devenir momentanément membre de la population du
groupe dont on souhaite étudier le comportement.
3. Le questionnaire et le sondage d'opinions: sont définis comme une suite de propositions ayant
une certaine forma et un certain ordre sur lesquels le chercheur sollicite (avis, le jugement ou
l'évaluation d'un sujet interrogé. Chaque item ou groupe d'items doit correspondre à une
hypothèse spécifique précise. Les items seront toujours rédigés en nombre limité et avec
concision et clarté.
29
Par dépouillement, il faut entendre le fait de trier, de catégoriser et de classifier les données en
provenance de sources énumérées au point 4.2.5. Encore une fois, l'approfondissement de ce
dépouillement sera l'objet du cours précité.
Un travail de fin de cycle comporte normalement plusieurs parties et/ou chapitres. Cette division obéit
à un certain nombre de critiques. Nous le résumons sous formes de principe: la première partie est
généralement consacrée à la présentation des concepts et termes utilisés à cause de l'ambiguïté dans le
sens à leur conférer selon le domaine et la discipline. La deuxième présente la situation de
la recherche (licu, société, site...). Par exemple, la description de la ville de Kinshasa, de la zone, du
quartier qui est indispensable pour une recherche portant sur le milieu kinois. La troisième porte
généralement sur les études anterieures L'auteur résume les principales bases théoriques sur
lesquelles ou à partir desquelles il construit son ouvrage. Par exemple, une recherche sur les érosions
en RDC doit nécessairement rappeler d'abord l'essentiel des recherches significatives déjà entreprises
ici ou ailleurs. C'est ce que nous appelons "faire le point" des recherches antérieures sur la question ou
présenter l'état de la question. La quatrième partie comporte les résultats et tes données rassemblées
et analysées.
Pour une réalisation du texte, le chercheur tiendra compte des remarques suivantes: Veiller à
l'équilibre entre les différentes divisions du travail: une division ne réunira pas le nombre de pages
égal ou supérieur à la somme de deux divisions analogues. Aucune de trois parties d'un mémoire de
cent pages ne comporters moiris de vingt-cinq pages, par exemple. Il faut éviter un morcellement
fantaisiste. Par exemple, des sections d'une page, des chapitres des deux pages, des parties de quatre
pages, etc. une division du travail ne doit pas comporter un énoncé identique au titre du mémoire, elle
devra se présenter en tant qu'élément dont le titre du travail est l'ensemble.
30
Comme l'introduction, la conclusion est indispensable. Elle commence par les leçons tirées et se
termine de manière à susciter un nouveau problème, pont de départ de recherches ultérieures. Elle
sera plus courte que l'introduction. La conclusion peut être générale, théorique et pratique. Elle est
présentée sous forme de suggestion ou de perspectives ou comme des objectifs finaux d'intégration ou
sous formes d'un plan d'actions dépistage de l'orientation prise. On n'écrira la conclusion générale que
s'il est prévu des conclusions partielles.
Le point 4.25 relatif à la présentation des sources, précise les formes et les principes classiques en
cette matière. Toutefois, leur présentation est fonction de l'auteur, du système d'annotation choisi et
préféré. Par "source", on entend toute personne ou tout document susceptible de fournir une
information utile au travail. II peut donc s'agir de livres, de périodiques, de documents, d'archives, de
rapports publiés, d'annales, de comptes rendus, et d'informations recueillies oralement; on
répartit les sources écrites en deux : les sources éditées et inédites. Dans la bibliographie, il s'agit de
présenter les sources des documents utilisés ou simplement consultés dans la réalisation du travail
suivant Fordre alphabétique des noms d'auteurs ou à défaut les titres des ouvrages. La bibliographie
finale peut inclure des ouvrages ou des articles suggérés comme lecture mais ne figurent pas dans le du
travail. corps
Ces auxiliaires souvent indispensables, doivent être placés entre la bibliographie et la table des
matières, dans le cas où cette dernière se place à la fin du travail. Seuls les documents signalés ou tes
graphiques compris dans le corps du texte figurent dans cette rubrique, l'auteur respecte les signes et
symboles conventionnels correspondant à chaque renvoi. Le chercheur veillera à ne pas trop charger
son travail d'annexes, des graphiques, des tableaux fantaisistes.
Elle doit se placer soit au début de référence immédiatement avant l'introduction, soit intervenir à la
fin. C'est cette dernière façon qui est la meilleure.
31
La rédaction ou le développement du travail est apprécié sur deux critères : le fond et la forme. Le fond
concerne le contenu des idées ou de la matière même du travail, de l'étude, la teneur du jugement
personnel, de l'argumentation, la maîtrise du sujet et le choix des méthodes utilisées. Par forme, il faut
entendre ta présentation du travail comme objet physique visible. Cette présentation concerne
notamment le respect dû à toutes les règles grammaticales, syntaxicales et aux dispositions
typographiques; D'une manière générale, les idées doivent être sérieuses, solides, exprimées. Rien ne
sera avancé sans preuve, sans critique, sans interprétation. On évitera le plagiat.
4.1. Fond
D'une façon plus détaillée, dans le fond, il est question de la description des faits et de leur explication,
de la démonstration des idées, de la présentation et de la discussion d'opinions opposées.
Ce travail exige une démarche logique. Chaque paragraphe présentera une idée maîtresse qui sera
appuyée par des idées secondaires, des preuves et des exemples.
Il est indispensable de savoir que les informations décrites et discutées doivent être accompagnées de
leurs sources, d'où la nécessité des références indiquant ces sources. La réalisation d'un travail de
recherche répond à quelques questions dont voici les plus pratiques
Les arguments sont-ils solides et bien appuyés par des preuves et des citations?
Pour mieux identifier te fund complet de son travail, il est recommandé de relire tout son manuscrit
avant de le confier à son dactylographe, son éditeur ou son imprimeur.
4.2. Forme
La présentation d'un travail scientifique, de fin d'études ou d'un mémoire n'est pas forcément originale.
Elle doit s'inspirer des publications connues. Elle devra tenir compte des instructions stipulées par
l'université ou l'institut supérieur.
Ces instructions vont de la couverture à la dernière feuille de garde du travail. Mais tout ne sera pas
décrit ici.
4.2.1. La couverture
32
La couverture d'un travail de fin d'études ou de mémoire doit être simple: une couverture bien
présentée et simple est celle qui ne comporte ni lacune, ni surcharges; En papier dur, de préférence
coloré.
Travail de fin d'études présenté pour l'obtention du diplôme de gradué en ou encore Mémoire
présenté pour l'obtention du grade de Licencier en
ASS. Z (Assistant)
Assesseur; Prof X
La couverture sera suivie de la page de garde qui précède la page de titre portant des mentions
identiques à celles de la couverture. On évitera les surcharges.
4.2.2. La pagination
Il existe plusieurs façons d'opérer la pagination d'un ouvrage. Pour marquer la différence entre
l'introduction et le corps, une double. pagination peut être utilisée en chiffres romains pour
l'introduction et en chiffres arabes pour le corps. On peut paginer de diverses façons: en haut de la
page: à droite, à gauche ou au centre; en bas de la page: à droite, à gauche ou au centre. Les éléments
tels que les gravures, schémas et annexes ne sont paginés. Mais ils portent un chiffre de renvoi ou de
rappel. Les pages portant les têtes de chapitres ne seront pas numérotés.
33
Dans un travail de fin d'études ou mémoire, l'importance, la rigueur, le volume, le poids et la cohérence
des chapitres doivent répondre au souci d'équilibre. Si le premier chapitre peut encore étayer les
concepts de base utilisés pour faciliter la compréhension du contenu de l'exposé, le 2 doit entrer dans
le vif du sujet. Le 3,4 et éventuellement le 5 chapitre retracent respectivement, les parties (théorique,
pratique, méthodologie et expérimentale) du thème développé
La page comportera 30 lignes maximum et 27 lignes minimum de texte en double interligne. Les
séparations en paragraphes seront marquées par un interligne triple. Les lignes pleines comporteront
un maximum de 50 et un minimum de 45 lignes. Les nouveaux paragraphes commenceront à la
sixième ligne de gauche à droite. On laissera suffisamment de place pour la reliure et la marge. On
évitera les ratures. Les abréviations et les sigles doivent être rapidement intelligibles et conformes à
l'usage,
Par abréviation, il faut entendre les formes graphiques abrégées des termes. Exemples M: Monsieur;
Mile Mademoiselle; cf confer; calcium, etc = et cetera etc.
Par sigles, il faut entendre les autres formes d'abréviations composées des lettres (ou des syllabes)
initiales de plusieurs mots et utilisés comme termes abrégés.
Il convient de ne pas employer de sigles pour indiquer des ouvrages, revues, bibliothèques, dépôts
d'archives et collections diverses, Les abréviations sont tolérées lorsqu'il s'agit d'abréviations ou sigles
universellement reconnus, par exemple ef, etc, et al. p., op.cit.
L'expérience a montré qu'au Congo, les étudiants recourent le plus souvent aux sources orales et aux
sources écrites dans la quête des informations relatives à leurs travaux de recherche,
Les informations provenant de sources orales sont obtenues soit par simple entretien, soit par
interview soit encore par un discours populaire verbal. lei l'orateur offre sa voix (parole) comme seul
document matériel (sic).
34
L'objectif poursuivi consiste à donner les identités complètes des informateurs oraux. Ce principe
général de présentation consiste à construire un tableau dans lequel seront repris tous les locuteurs.
Les éléments de base à signaler sont présentés dans l'exemple ci-après de la fiche signalétique.
Nom:MBANDAKULU
4.2.5.1.2. Présentation sous forme de notes infrapaginales ou de bas de pages (Ce qui sera dit ici vaut
aussi et plus pour les sources écrites).
Les références sous forme de notes infrapaginales ou de bas de page assurent au lecteur une
connaissance rapide et précise des sources citées dans le travail. M. MIGNAULT souligne que les
références aident l'auteur à établir une démarcation nette entre ses propres idées et les idées des
autres apportées comme preuves analysées ou réfutées. La présentation d'une information orale en
notes infrapaginales ou en bas de page répond au principe général de présentation: l'uniformité dans
le travail c'est-à-dire adopter une seule forme et la garder jusqu'à la fin du travail. Les mêmes éléments
retenus dans le tableau des informateurs oraux sont repris mais d'une manière indépendante et avec la
ponctuation normale des notes. Ex. MBANDAKULU critique d'art ou architecturologue interviewé à...
le... sur la rue Kimvula n°
La numérotation peut se faire d'une façon continue par page, ou encore par chapitre. Pour éviter qu'on
ne se trompe lors de la saisie, c'est préférable de le faire d'une façon continue. Chaque note référée doit
correspondre à un numéro en chiffre arabe dans le corps du texte.
35
Au lieu des notes infrapaginales, on peut réserver une page des notes de références reprenant tout ce
qui aurait pu être renvoyé en bas des pages Actuellement, on indique le nom de l'auteur et l'année
entre parenthèses en réservant les détails dans la bibliographie.
Qu'il s'agisse des notes infrapaginales ou de ta page des notes de références, il faut éviter la confusion
souvent entretenue avec la bibliographie.
En effet, La bibliographie représentant la carte de-l'identité des ouvrages soient spécialisés soit
généraux selon l'ordre alphabétique des auteurs avec indication du nombre des pages, les notes
infrapaginales commencent avec les prénoms des auteurs en indiquant outre l'identité, la page à
laquelle on s'est référé
Directe ou celle qui reprend textuellement la pensée ou les écrits d'un autre (cfr notre livre sur
l'expression orale et écrite). Quand elle est de moins de 3 lignes, elle est mise entre guillemets dans le
même texte. Quand elle a plus, elle est mise en retrait et s'écrit à interligne simple sans guillemets.
Toutefois, il faut terminer par le numéro. Indirecte ou celle qui reprend les idées de l'auteur d'une
manière résumée. C'est en quelque sorte une reproduction en termes personnels de la pensée d'autrui.
L'honnêteté scientifique exige le signalement exact de 'la source. Le non respect de ce principe est
d'office « faire du plagiat
Si l'on ne parvient plus à tout citer dans le premier cas et qu'on coupe, il faut mettre la partie laissée
entre parenthèses,
Comme on l'a déjà souligné s'agissant des abréviations, il y a lieu de préciser les abréviations
communément utilisées dans les notes infrapaginales (...)
op. cit (opus citatum) renvoie à un ouvrage déjà cité. Lorsqu'il ne s'agit pas des citations qui se suivent
et qu'il n'y ait qu'un seul ouvrage de l'auteur.
id. (idem) quand il s'agit d'un renvoi à un même auteur dans le cas des citations qui se suivent mais
aux ouvrages différents.
ibid (ibidem). Il s'agit d'un même auteur et même ouvrages dans le cas des citations qui se suivent
immédiatement. Si la page est la même, on ne la marque pas, si elle est différente, on l'indique.
Loc. cit (locus citatum) renvoie à un chapitre, à un cours, un passage déjà cité. 11 faut noter que le
cours et les travaux de dissertation non publiés ou édités ne sont pas soulignés.
Sic pour marquer qu'il y a une suite ou qu'on cite textuellement ou même pour attirer l'attention sur
une étrangeté.
Les sources écrites se présentent sous diverses formes qui rendent parfois leur intégration au texte
très complexe et par là très difficile. Sont concernés par ces sources, tous les documents textuels
correspondant à l'acte de lire. Le texte en question peut être soit écrit à la main (manuscrit), soit tapé à
la machine (dactylographier), soit en original, photocopié ou imprimé. Les documents concernés
peuvent être publiés séparément ou en série, non publiés ou semi publiés, paraissant en forme de
volume, tomes, fascicules et autres voir le point
37
5.1. Généralités
C'est le moment où le candidat, face au jury et à un public souvent hétérogène présente publiquement
la synthèse des résultats auxquels sa recherche aura abouti. Cette épreuve finale s'effectue en quatre
principales séquences.
Le Directeur du mémoire ou du travail de fin de cycle qui, en général, est le président du jury, présente
brièvement le candidat: son nom, post-nom et l'établissement. Il peut également donner quelques
indications relatives à la genése du sujet de la dissertation.
5.3.1. Présentation
Le candidat dans un langage concis et clair, énonce l'essentiel de sa recherche. Sa présentation porte
obligatoirement sur les points suivants.
Motivation
But
Hypothèses
Methodologie
Différents parties du travail, bref résumé de chaque chapitre (organigramme) Résultat et suggestion
5.3.2. Discussion
Aprés l'exposé du candidat, le président du jury ouvre lla discussion en accordant la parole tour à tour
aux autres membres du jury. Lui-même intervient généralement le dernier.
Le président du jury prendra soin de demander au candidat s'il veut d'abord recevoir toutes les
remarques, observations et questions du jury avant de répondre ou s'il préfère répondre directement à
chaque question posée à la fois. Le candidat est libre de choisir l'une ou l'autre de ces deux formes.
Il est souvent conseillé au candidat d'inscrire toutes les observations de chaque intervenant pour y
répondre en une fois. C'est pourquoi, le candidat se munira d'un bloc de papier et d'un stylo. Le
président du jury peut élargir les
interventions vers le public et demander à ceux dont le grade correspond au moins à celui que brigue
le candidat, de poser une ou deux questions.
38
Mais il y a des jurys où le candidat est tenu de rester debout et de répondre immédiatement aux
questions de chaque membre du jury.
En général, le jury de défense se retire pour délibérer et prendre la ou les décisions à communiquer
publiquement au candidat. Apprécie le travail sur trois plans: fond, forme et soutenance publique. Tout
dépend des filières des études. 15 en donne une cote synthétique et chiffrée. Chaque membre du jury
remet sa fiche au secrétaire du jury qui établit la moyenne des notes et dresse le procès-verbal. Devant
le public généralement debout, te président du jury prononce la sentence suivante la formule
consacrée.
Aprés délibération à huis-clos, il a pris la décision suivante : le travail du candidat est reçu/ajourné ou
refusé
5.4. Remarques
Le candidat prend au préalable contact avec son directeur de préférence deux ou trois jour avant la
défense pour lui soumettre le texte résumé, synthèse qui contient l'essentiel de ce qu'il dira lors de la
soutenance publique. Il prendra souvent la forme d'un simple plan des idées à développer.
Lors de la défense, le candidat se présentera dans une tenue décente. Il sera bien coiffé et propre.
Il doit dormir dans la ville afin d'arriver dans la salle fraiche et dispos. Un candidat tendu a d'avance
raté son épreuve car il va s'énerver devant le jury. Aussi, celui-ci ne tardera-t-il pas à traiter le candidat
de non respectueux. Ce qui est un signe de manque de préparation, de maturité et de courtoisie. Le
candidat risque d'être disqualifié.
Le candidat reste dans ta salle en attendant que le jury rentre de la délibération à huis-clos. Il est
cependant libre de causer avec ses amis et les membres de sa famille.
Le candidat préviendra ses amis et les membres de sa famille non-initiés du fait que le débat peut
prendre des allures houleuses mais qu'il ne signifie en rien rejet et agression porté sur la personne du
candidat.
39
Certains membres du jury prennent la liberté d'interroger le candidat sur des matières hors du sujet :
le candidat saura répondre ou refuser ces questions sans heurter le jury après la proclamation, quel
que soit son sort, le candidat saluera avec reconnaissance chaque membre du jury,
Il est libre de convier l'un ou l'autre membre ou tout le jury à poser pour une photo souvenir ou à
prendre une collation sur place, mais tout doit se passer dans le respect et dans l'ordre.
Le directeur d'un travail de fin de cycle n'en est pas nécessairement le promoteur. Cependant, il
représente toujours une mine pour l'étudiant et un collaborateur mieux avisé.
Le rapport entre eux sera marqué par une sincère collaboration, un respect et une confiance mutuels.
L'étudiant veillera à tout moment à ce que le directeur :
Lorsque le manuscrit est près pour la dactylographie, l'étudiant sollicitera auprès de son directeur, une
note l'autorisant à procéder à la dactylographie. Seul le directeur du mémoire ou de travail de fin
d'études pourra autoriser par une note écrite et signée par lui ou son mandataire, le dépôt du travail de
fin cycle à l'autorité chargée de l'évaluation finale ou de l'organisation du jury.
40
Commentaire : la page à 20
lignes en 4 paragraphes 1,2,3,4
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
1§ mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmm
Commentaire : l’espace
entre paraphes et triple.
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
2§ mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
Commentaire : l’espace
entre paraphes et triple.
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
3§ mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmm Commentaire : l’espace
entre paraphes et triple.
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
4§ mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmm
41
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmm
Voici une citation de
moins de droit ligne. Elle
est mise directement
dans le texte. Elle est
entre guillemets
Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmm : « si l’homme peut empêcher de parler en s’imposant le silence, il
1
ne peut cependant pas s’interdire de penser ».
mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm
Le Congo que nous héritons de l’histoire est un espace de vie ou l’homme semble être devenu « surperflu ».
loin de la grandeur et de l’orgeuil caracterisant l’homme de raison, le Congolais s’est installé des décennies
sous vertige de la liberté des indépendances et de la dérive de la raison dans un système aux valeurs qui lui
sont propres en rupture des valeurs communes aux hommes c’est la déraison2.
Indications pratiques concernant les citations sous forme de note infrapaginales ou de bas de
pages
Exemple: (1) Julien MUTOMBO NGOMGA, Sensations démocratique et animalité politique an Congo,
Eugemonia, Kinshasa, 2006, p25
On marque:
III. Quand les citations du même auteur se suivent mais des ouvrages différents :
IV. Quand on cite un auteur qu'au seul ouvrage déjà cité après une ou plusieurs citations d'autres
auteurs:
43
La Bibliographie
Placée en fin de travail, c'est la liste alphabétique ordonnée des ouvrages consultés et/ou cités dans le
travail.
NB: On classe les documents par secteur et les documents sont placés dans l'ordre alphabétique.
Exemple:
1. Ouvrages
2. Les documents officiels
3. Les revues
Exemple:
1. Ouvrages
KAMBAYI BWATSHIA, L'illusion tragique du pouvoir au Conno Zaire de 1965 a 1997, Harmattan, Paris,
2007, 400p.
On marque:
44
Exemple:
2. Article
3. Pour la consultation à l'internet, les indications seront données en recourant aux spécialistes.
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
1. BOUCHER R., et MIGNALT M., Les étapes de la rédaction d'un travail en bibliothèque. 9 édition,
société du stage en bibliothéconomie, Paris, 1978.
2. Code du bon usage en matière de publication scientifique, document UNESCO/NS177/1962.
3. Equipe de l'ISP/Gombe, Travailler et réussir: initiation aux méthodes d'études dans
L'enseignement supérieur et universitaire, Sciences de Pédagogie Universitaire, Kinshasa, 1982
4. HUMBLET, Comment se documenter, Nathan, Paris, 1980
5. LANDSHEERE G., Introduction à la recherche en éducation, A., Colin, Paris, 1970
6. LOUBET DEL BAYLE JL. Introduction aux méthodes des sciences sociales. Privot, Toulouse,
1978.
7. MASIALA ma SCIO et GOMA NDAMBA, Rédaction et présentation d'un travail scientifique, guide
du chercheur en sciences humaines, Enfance et Paix, UCPGL, 1993.
8. MAYAKA ma KANDA et NSONSA VINDA, Rédaction d'un mémoire, centre de recherche
pédagogie, Kinshasa, 1984.
9. MUKENDJI MBANDAKULU, Prolégomènes à la recherche et aux methodes scientifiques en
sciences sociales. Feu Torrent, Kinshasa, 2015.
10. MULAMBA M., TAMBANI M., MIKENDJI M. Guide morphologique et sémantique de la
présentation d'un rapport de stage en Architecture, in Les Annales de l'IBTP nº3, 2003, 199-
218
11. PINTO R. et GRAWITZ M. Méthodes de Recherche en sciences sociales, Paris, 1993. ed. Dalloz
12. SHAVENELL R.H., Recherche et thèse. Les Ed. de l'université d'Ottawa, Ottawa
13. TABARO B, MUKENDII M. Esquisse d'une méthodologie scientifique. 1" éd. Kinshasa, 2000,
14. On peut lire également
KUYUNSA et SHOMBA
MULUMA MUNANGA
BAENDE etc.