INITIATIVE MONDIALE
DE RÉDUCTION DES PERTES
ET GASPILLAGES ALIMENTAIRES
Consommation
Distribution
LA FAO ŒUVRE DEPUIS PLUS
Transformation DE 40 ANS DANS LE BUT DE RÉDUIRE
Après récolte LES PERTES ALIMENTAIRES
Production primaire
La FAO reconnait depuis longtemps qu’il est impor-
tant que soit menée une action concertée dans le but
de réduire les pertes alimentaires. Son engagement
Fruits et légumes systématique en faveur de la réduction de ces pertes
date de la fin des années 60, avec la Campagne Mon-
diale contre la Faim. En 1978, suite à la première
conférence mondiale des Nations Unies de l’alimen-
tation tenue à Rome en 1974, la FAO a mis en place
le Programme d’action pour la prévention des pertes
Racines et tubercules de produits alimentaires qui s’est poursuivi jusqu’au
début des années 1990. Ce programme avait pour
but d’aider les pays en développement à œuvrer, au
niveau national, pour la réduction des pertes alimen-
taires en développant des actions directes. Grâce à
lui, plus de 250 projets ont pu voir le jour dans le
Poissons et fruits de mer monde entier.
Le gaspillage alimentaire est une
préoccupation croissante dans le cadre
Céréales des pertes alimentaires
Les pertes alimentaires correspondent à la diminu-
tion de la masse alimentaire comestible disponible
pour la consommation humaine à travers les diffé-
rents niveaux de la chaîne d’approvisionnement. En
Oléagineux et protéagineux plus des pertes quantitatives, les produits alimen-
taires peuvent également subir une détérioration de
leur qualité, conduisant à une perte de leurs valeurs
nutritive et économique. Le gaspillage alimentaire se
réfère à des pertes alimentaires résultant de la déci-
sion de jeter la nourriture qui est encore comestible.
Viande Le gaspillage alimentaire est le plus souvent associé
avec le comportement des distributeurs, du secteur
de la restauration et des ménages, mais les pertes et
gaspillages alimentaires ont lieu tout au long des fi-
lières alimentaires.
Les estimations précises de l’ampleur des pertes et
Produits laitiers gaspillages alimentaires sont encore insuffisantes, en
particulier dans les pays en développement. Néan-
moins, il ne fait aucun doute que les niveaux de
pertes et du gaspillage de nourriture restent beau-
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%
coup trop élevés. Des études récentes commanditées
par la FAO ont estimé la quantité des pertes et gas-
Part de la production initiale mondiale pillages alimentaires annuels au niveau mondial à en-
perdue ou gaspillée, aux différents niveaux viron 30% par an pour les céréales; 40-50% pour les
de la chaîne alimentaire, par produits
(FAO, 2011. Pertes et gaspillages tubercules, les fruits et légumes; 20% pour les oléa-
alimentaires dans le monde. gineux, la viande et les produits laitiers et 30% pour
Ampleur, causes et prévention. Rome)
les poissons.
L’IMPACT DES PERTES ET GASPILLAGES ALIMENTAIRES
PRÉSENTE DE MULTIPLES ASPECTS
Les pertes et gaspillages alimentaires ont des répercussions sur la
réduction de la pauvreté et de la faim, sur la nutrition, sur la gé-
nération de revenus et sur la croissance économique. Les pertes
alimentaires sont révélatrices du dysfonctionnement et du mau-
vais rendement des filières alimentaires et elles constituent, par
conséquent, une perte économique pour les opérateurs interve-
nant dans ces filières. Dans le cas où un produit alimentaire est
consommé directement par le producteur, les pertes participent
à une diminution de la quantité de nourriture disponible et aug-
mentent la situation d’insécurité alimentaire. Les filières alimen-
taires sont aujourd’hui de plus en plus mondialisées. Certaines
denrées alimentaires sont produites, transformées et consom-
mées dans de nombreuses régions du monde. La commerciali-
sation sur les marchés internationaux et le gaspillage dans cer-
taines régions du monde de denrées alimentaires peuvent avoir
des conséquences sur la disponibilité et le prix d’autres denrées
dans d’autres régions du monde. Des pertes qualitatives peuvent
entraîner une baisse des propriétés nutritives et des denrées ali-
mentaires de qualité médiocre peuvent, à leur tour, entraîner des
effets malsains et négatifs sur la santé, le bien-être et la producti-
vité du consommateur.
Effets sur l’environnement et sur le climat
L’énergie, la biodiversité, les gaz à effet de serre, l’eau, les terres
et toutes les autres ressources impliquées dans la production de
denrées alimentaires que personne ne consomme font que les
pertes et gaspillages alimentaires ont un impact négatif sur l’en-
vironnement. Plus la transformation et le raffinage des denrées
alimentaires sont importants et la teneur calorique est élevée et
plus les pertes et gaspillages alimentaires se produisent en bout
de chaîne alimentaire, plus ces impacts sont importants.
Une meilleure efficacité des filières alimentaires qui entraînerait
une limitation des pertes ou des gaspillages alimentaires rédui-
rait probablement l’émission de gaz à effet de serre. Les effets
constatés seraient d’une part directs, puisque le gaspillage génère
habituellement des émissions de méthane durant la manipulation
des produits alimentaires et d’autre part indirects puisque la ré-
duction du gaspillage peut entraîner une réorganisation consé-
quente des filières alimentaires et des modèles de distribution
dont le résultat serait une moindre consommation d’énergie tout
au long de la chaîne alimentaire et, par conséquent, une moindre
émission de gaz à effet de serre. Moins gaspiller conduit générale-
ment à une meilleure efficacité, à un recyclage réellement efficace
des ressources et à moins de besoins d’entreposage et de trans-
port sur longues distances. Toutefois, les solutions envisagées dans
le but de réduire les pertes alimentaires entraînent souvent une
augmentation de la consommation énergétique, plus particulière-
ment en vue de la conservation des produits. Il est évident que les
coûts environnementaux de la réduction des pertes alimentaires
devront être inférieurs aux bénéfices retirés.
LES CAUSES DES PERTES ET GASPILLAGES ALIMENTAIRES
RELÈVENT DE SITUATIONS PARTICULIÈRES
Les pertes et gaspillages alimentaires sont fortement liés à la situation
particulière observée dans un pays donné et à la situation locale de ce der-
nier. De façon générale, les pertes et gaspillages alimentaires sont influen-
cés par les choix de production et de transformation, les modèles adoptés
et les technologies, les capacités développées et les infrastructures, les
filières de commercialisation et les circuits de distribution, les habitudes
d’achat des consommateurs et les pratiques alimentaires.
Les pertes et les gaspillages alimentaires dans les pays à revenu faible
sont générés par de très importantes limitations techniques et de ges-
tion au niveau des opérations de récolte, d’entreposage, de transport, de
transformation, de la chaîne du froid (dans le cas de conditions clima-
tiques difficiles), des infrastructures, du conditionnement et des systèmes
de commercialisation. La production et la transformation agricoles et des
produits de la pêche à petite et moyenne échelle sont les principaux sec-
teurs problématiques. Les opérateurs de ces secteurs doivent également
faire face au problème des débouchés commerciaux pour leurs produits.
Dans les cas où les marchés n’offrent pas de débouchés ou les prix sont
trop bas, les agriculteurs et les pêcheurs peuvent laisser de bons produits
être gaspillés.
Dans les pays à revenu moyen ou élevé, les pertes et les gaspillages ali-
mentaires sont dus principalement au comportement des consommateurs
et aux réglementations ou aux politiques mises en place pour définir les
priorités sectorielles. Par exemple, des subventions ou des aides agricoles
peuvent entraîner des surplus de production agricole dont une partie est
perdue ou gaspillée. Des réglementations relatives aux denrées alimen-
taires pourront avoir pour résultat que certains produits encore propres
à la consommation humaine soient rejetés du marché. Concernant les
consommateurs, une gestion insuffisante des achats et des dates de pé-
remption entraîne aussi un gaspillage alimentaire inutile.
STRATÉGIES POUR RÉDUIRE LES PERTES ET GASPILLAGES ALIMENTAIRES
De nouvelles stratégies et interventions sont des agriculteurs et des pêcheurs jusqu’aux
nécessaires afin de réduire les pertes et les multinationales. Ces partenariats sont également
gaspillages alimentaires. En raison de nombreux importants afin de mobiliser les ressources
facteurs, tels que le rôle croissant de grosses nécessaires aux actions à mener.
entreprises du secteur privé, l’intégration Modèle économique durable. Des mesures
sur le marché mondial, l’urbanisation, le en faveur de la réduction des pertes et des
développement du commerce Sud-Sud des gaspillages alimentaires ne peuvent être
denrées alimentaires et des chaînes alimentaires mises en place par les acteurs de la chaîne
relativement «plus longues». alimentaire que si elles présentent un bon
Au regard de tous les changements rapport coût/efficacité et que si elles sont
mentionnés précédemment, la FAO et ses rentables. En plus du coût économique, il est
partenaires ont réévalué leurs stratégies également important de limiter les coûts relatifs
d’intervention afin de se concentrer sur à l’environnement, la sécurité alimentaire et
l’amélioration systémique de l’efficacité la nutrition. Les impacts positifs des actions
et de la durabilité des filières alimentaires. menées en faveur de la réduction des pertes
Cette nouvelle approche s’intègre dans un alimentaires constatés sur les bénéfices,
concept plus large de promotion de systèmes l’environnement, la sécurité alimentaire et la
alimentaires durables comprenant, d’une part, nutrition doivent être supérieurs aux impacts
une production durable de denrées alimentaires négatifs.
et, d’autre part, une alimentation et une Interventions requises de la part des
consommation durables (par exemple, grâce à acteurs des filières alimentaires en
une réduction du gaspillage alimentaire). faveur de la réduction des pertes et des
Partenariats. La FAO reconnaît le besoin gaspillages alimentaires:
d’entreprendre une action en partenariat améliorer la planification de la production, en
avec d’autres organisations régionales et phase avec les marchés;
internationales et avec tous les acteurs des
filières alimentaires, en partant des éleveurs, promouvoir de bonnes pratiques de
production et de transformation économes
en ressources;
améliorer les techniques de conservation et
de conditionnement des produits;
améliorer la gestion logistique et les
transports.
Actions requises de la part du secteur
public pour soutenir les interventions dans
les filières alimentaires:
créer une politique et un environnement
institutionnel favorables;
favoriser une prise de conscience et la
promotion des actions;
créer des partenariats et des alliances;
favoriser les innovations sur les produits et les
procédés;
développer les capacités des petites et
moyennes entreprises des filières alimentaires;
développer et renforcer les capacités des
organisations régionales, des responsables
politiques et des agences de développement.
UN EXEMPLE DE NOUVELLE STRATÉGIE:
LE STOCKAGE DES PRODUITS ALIMENTAIRES
Les différents éléments des programmes de réduction des pertes alimen-
taires sont étroitement liés entre eux. Par exemple, n’investir que dans les
infrastructures de stockage ou de refroidissement est insuffisant. Il faudrait
en même temps améliorer les infrastructures routières, de transport, de
fourniture d’énergie électrique, de communication tout comme améliorer
les opérations après récolte, de séchage, de nettoyage, de calibrage, d’em-
ballage ou de tout autre conditionnement des produits à entreposer. Les
investissements dans les infrastructures de stockage devraient également
être accompagnés de conseils et de formations en gestion, faisabilité et
propriété de ces infrastructures. De plus, un renforcement des capacités de-
vrait être mis en place pour les agriculteurs, les commerçants et les autres
parties prenantes des filières alimentaires concernées, afin de développer
de bonnes connaissances professionnelles et une bonne compréhension des
techniques influant sur la sécurité sanitaire, la qualité et la valeur des pro-
duits alimentaires stockés ainsi que sur leur commercialisation. Le stockage
des produits alimentaires doit être effectué sur des bases commerciales. Un
environnement politique et un cadre institutionnel favorables pourraient
donc conduire à développer et soutenir le stockage des produits alimen-
taires avec, par exemple, des mesures prises concernant le régime fiscal, les
critères de qualité, des aides, des lieux et des groupes ciblés en matière de
stockage des produits alimentaires.
LA FAO MÈNE L’INITIATIVE MONDIALE POUR LA RÉDUCTION
DES PERTES ET GASPILLAGES ALIMENTAIRES
La FAO collabore avec des donateurs, des décideurs politiques et les chercheurs) avec
agences bilatérales et multilatérales et des l’objectif d’élaborer des solutions pour réduire
institutions financières (ONUDI, Banque Africaine les pertes et gaspillages alimentaires dans les
de Développement, Banque mondiale, IFAD, chaînes alimentaires. Un moment important
UE) et des partenaires du secteur privé (industrie de cette campagne est une campagne
de l’emballage alimentaire) pour développer médiatique menée au niveau mondial qui vise
et mettre en œuvre le Programme SAVE FOOD à accroître la prise de conscience des pertes
sur la réduction des pertes et des gaspillages et des gaspillages alimentaires au niveau
alimentaires. Le plan de lancement de cette mondial.
initiative au niveau mondial repose sur quatre 3. Politique d’information et soutien aux
points principaux: investissements. Un ensemble d’études sur
1. Collaboration entre les agences des Nations le terrain seront menées au niveau régional
Unies basées à Rome et des partenaires clés. qui associera évaluation des pertes dans
Cela concerne la mobilisation de ressources une chaîne alimentaire et analyses de type
ainsi que la conception et la mise en place coût/bénéfices qui permettra de définir les
d’activités relatives à l’initiative. interventions en faveur de la réduction des
2. La campagne SAVE FOOD qui vise à pertes alimentaires qui proposent le meilleur
promouvoir la création d’un réseau entre les retour sur investissement. Le programme
parties prenantes de l’industrie alimentaire se concentrera sur les principales filières
(y compris les industriels de l’emballage, les pour lesquelles le problème des pertes est
considéré comme sérieux: céréales/blé, fruits
et légumes, racines et tubercules, lait, viande
et poissons. Les études menées sur le terrain
seront suivies de programmes et de projets
d’investissement visant à mettre en œuvre des
actions de réduction des pertes alimentaires.
4. Congrès régionaux SAVE FOOD. Les pertes
et gaspillages alimentaires seront étudiés au
niveau régional. Des solution appropriées
seront présentées et discutées au cours
de congrès régionaux qui impliqueront
de nombreuses parties prenantes, avec
pour objectif de susciter l’intérêt et de
mobiliser des fonds pour la mise en place de
programmes de réduction des pertes et des
gaspillages alimentaires.
La FAO invite tous les éventuels partenaires – du
secteur privé ou public – à rejoindre et à soutenir
le Programme SAVE FOOD.
Pour de plus amples informations, consulter:
www.save-food.org
INITIATIVES RÉCENTES AVEC LES PARTENAIRES DE LA FAO
En mai 2011 le Département de l’Agriculture et de la Protection des Consommateurs
de la FAO et Interpack ont organisé le congrès international «Save Food».
Interpack est la plus importante foire mondiale consacrée à l’emballage industriel;
les plus importantes associations d’emballage alimentaire comptent parmi ses
membres. Le congrès Save Food s’est tenu pendant Interpack 2011 au Palais des
Expositions de Düsseldorf (Messe Düsseldorf) en Allemagne. Save Food a permis
d’attirer l’attention sur l’ampleur et les causes des pertes alimentaires au niveau
mondial, en permettant de partager expériences et points de vue et en soulignant
le rôle joué par un emballage de meilleure qualité dans la lutte contre le grave
problème des pertes et gaspillages alimentaires à grande échelle.
Collaboration avec la Banque Africaine de Développement pour un projet de réduction
des pertes après récolte en Afrique, 2009-2011. La collaboration s’est articulée
autour de deux points: i) examiner le portefeuille agricole de la Banque Africaine de
Développement afin de déterminer des possibilités d’activités de réduction des pertes
après récolte dans des actions actuelles et planifiées; et ii) préparation d’un document
cadre de programme de réduction des pertes après récoltes en Afrique afin de guider
les décisions d’investissement de la Banque Africaine de Développement.
Atelier FAO/Banque Mondiale sur la réduction des pertes après récolte dans les filières
céréalières en Afrique, Rome, mars 2009. Cet événement a rassemblé de nombreux
experts afin de discuter de l’importance des pertes après récolte, des expériences
passées concernant leur réduction et de futures actions en Afrique sub-saharienne.
Séminaire sur les pertes et gaspillages alimentaires et sur l’emballage des produits
alimentaires avec ANDINA-PACK, Colombie, novembre 2011. ANDINA-PACK est le plus
grand marché pour les techniques d’emballage dans la région des Andes, en Amérique
Centrale et dans les Caraïbes.
Formation sur la gestion des filières horticoles afin de réduire les pertes, New Dehli,
août 2011. En partenariat avec l’Organisation asiatique de productivité, 24 formateurs
venant de 13 pays asiatiques ont bénéficié de cette formation.
FAO/PNUE – programme de systèmes alimentaires durables. Le programme est mis
en place en partenariat avec d’autres programmes et agences des Nations Unies,
gouvernements, organisations de la société civile et secteur privé par le biais
du Groupe de travail sur l’agro-alimentaire dans le cadre du Programme de
consommation et production durable. Il vise à promouvoir et développer une
production et une consommation durables y compris par la réduction des pertes
et gaspillages alimentaires.
Pour toute information complémentaire, veuillez contacter:
Divine Nije
Division des infrastructures rurales et des agro industries
Organisation des Nations Unies pour l ’ alimentation et l ’ agriculture
www.fao.org/ag/ags | [email protected]
© FAO 2012
Photo de couverture: ©A. Termignone
Autres photos:
Produits destinés à être compostés – ©J. Bloom
Epis de maïs – ©FAO/S. Goodbody
Vendeurs de tomates – ©FAO/G. Napolitano;
Silos de blé – flickr/B. Emery
Petite ferme manufacturière – ©FAO/R. Faidutti
Pomme de terre – flickr/Dr Craig