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9 Asthme

Asthme

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Halidou Amadou
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9- ASTHME

I- INTRODUCTION

I.1- Définition: (GINA 2004)


 « L’asthme est une atteinte inflammatoire des voies aériennes impliquant de multiples
cellules notamment les mastocytes, les éosinophiles, les lymphocytes T, les
macrophages et les cellules épithéliales
 Chez les sujets prédisposés, cette inflammation provoque des épisodes récidivants de
sifflements, de dyspnée, de gêne respiratoire, de toux, particulièrement la nuit et/ou au
petit matin
 Ces symptômes sont habituellement associés à une obstruction bronchique étendue,
mais d’intensité variable, qui est au moins en partie réversible soit spontanément soit
sous l’effet d’un traitement
 Cette inflammation provoque aussi une aggravation de la réactivité bronchique en
réponse à une variété de stimuli »

I.2- Intérêt
 Affection très fréquente dans notre pratique quotidienne
 Urgence médicale surtout lors des crises graves pouvant mettre en jeu le PV: asthme
aigu grave
 Etiologies multifactorielles
 Prise en charge pluridisciplinaire

II- SIGNES

II.1- TDD: Asthme intermittent à dyspnée paroxystique du grand enfant


II.1.1- Début

 Brutal, marqué par une dyspnée intense à type de bradypnée expiratoire qui réveille le
malade dans la 2ème moitié de la nuit, il est assis dans son lit en proie à une soif vive d’air
avec un thorax bloqué en inspiration, éprouvant une difficulté à faire rentrer l’air dans sa
cage thoracique avec une sensation de « mort imminente », il est couvert de sueurs
 Parfois précédé de prodromes variés mais stéréotypés chez le même patient
 Céphalées, anxiété
 Prurit (yeux, oreilles, gorge, nez)
 éternuements en salves avec rhinorrhée et toux quinteuse
 L’enfant s’arrête de jouer on dit « qu’il médite sa crise »

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II.1.2- Période d’état: rapidement atteinte

II.1.2.1- Clinique

 Tableau clinique: associe


 Toux initialement quinteuse sèche, puis devient productive avec une expectoration
peu abondante et visqueuse, difficile à évacuer, comme du « Tapioca » cuit ou des
perles grises appelés crachats perlés de Laennec, ne soulageant pas le malade
 Gêne respiratoire:
o Avec une inspiration courte, une expiration active et rapide entrainant une
polypnée à chiffrer
o Le malade lutte à l’expiration et on entend à l’auscultation pulmonaire
 Des râles sibilants: ce sont des râles secs, diffus, entendus aux 2 temps
de la respiration mais plus nets à l’expiration, de timbre aigu réalisant
des sifflements aigus plus ou moins prolongés et ressemblant au
miaulement d’un chat, parfois audible à distance
 Des ronchi
→ CAT en urgence
- β2 mimétiques en inhalation ou en sirop
- Si échec, nébulisation en chambre d’inhalation associée au Terbutaline: ½ ou
1 ampoule en SC
 Examen clinique: après stabilisation du patient
 Interrogatoire: temps fort, il doit être « policier » et précisera
o Âge de début, la fréquence et l’intensité des crises
o Retentissement scolaire, professionnel, familial
o Circonstances de survenue crise
o Recherche du terrain atopique et d’asthme familial
o Recherche d’équivalents d’asthme: rhinite ou rhino-sinusite allergique,
Eczéma, urticaire, œdème de Quincke, trachéo-bronchite spasmodique
o Préciser les traitements antérieurs et leurs effets (échecs, bénéfices)
o Étude psychisme patient pour rassurer et expliquer
 Examen physique
o Normal à distance des crises, on note parfois la persistance de sibilants et de
ronchi
o Faire un examen complet de tous les appareils: dermato et ORL ++

II.1.2.2- Paraclinique

 Biologie
 Hémogramme: leucocytose normale, hyper éosinophilie > 10 %
 On note la présence des éosinophiles dans l’expectoration
 GDS: hypoxie, hypocapnie
 Radiographie thoracique
 Distension thoracique avec horizontalisation des côtes

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 Des coupoles diaphragmatiques aplaties

 Mesure du débitmètre de pointe ou Pick-flow: évaluer le flux expiratoire maximal après


une expiration forcée avec un appareil de mesure
 Exploration fonctionnelle respiratoire (EFR)
 Spirométrie de base normale
 TVO: Réversibilité après inhalation de 2 mimétiques à la spirométrie (faite à
distance de la crise)
 Enquête allergologique:
 Pas avant 2 ans ni après 70 ans, à distance d’une corticothérapie
 Tests cutanés: Prick test, IDR
 Tests de provocation bronchique (bronchomotricité): dangereux, hôpital++
 Dosages sériques: IgE, test d’inhibition des macrophages (TIM), TTL…

II.1.3- Evolution

II.1.3.1- Eléments de surveillance

 Clinique: dyspnée, toux, FR, T°, pouls, auscultation pulmonaire et examen complet
 Paraclinique: EFR, GDS, Rx thorax
II.1.3.2- Modalités évolutives

 L’évolution peut être favorable spontanément ou sous traitement, habituellement en


quelques minutes
 La récidive à court terme est possible
 Des complications sont possibles
 Asthme aigu grave (AAG) ou état de mal asthmatique (EMA)
o Définit par une pérennisation de la crise au-delà de 48h et une résistance aux
traitements habituels
o Il se traduit par une insuffisance respiratoire aiguë avec des signes de gravité
 Clinique:
- Signes respiratoires
Difficultés à parler ou à tousser
Polypnée > 30/mn avec orthopnée
Encombrement bronchique
Contracture des Sterno-cléido-mastoïdiens avec sueurs
Cyanose
Silence auscultatoire
- Signes cardio-vasculaires
Tachycardie > 120/min
Pouls paradoxal > 20/mn (la fréquence cardiaque diminue
à l'inspiration)
- Signes neuropsychiques
Anxiété, agitation

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Obnubilation voire coma
 Paraclinique
- Signes radiologiques: distension extrême, signes IVD (cœur
pulmonaire)
- Biologie: Hypoxémie majeure < 60/mm Hg, normocapnie ou
hypercapnie avec acidose respiratoire (PaC02 > 38/mn Hg)
- DEP < 100 – 150 l/mn ou < 25 % T
- ECG: signes électriques de cœur pulmonaire aigu (IVD)
 CAT en urgence:
- Hospitaliser le malade en réanimation avec une ventilation assistée
- Bronchodilatateurs en IV + corticoïdes
 Surinfection bronchique: elle se traduit par un syndrome infectieux + syndrome de
condensation pulmonaire; ECBC pose le diagnostic
 Pneumothorax spontané: épanchement gazeux; La Rx pose le diagnostic
 Pneumomédiastin: Rx pose le diagnostic
 Emphysème médiastinal

II.2- Formes cliniques


II.2.1- Formes symptomatiques

 Asthme à dyspnée continue


 Il se traduit par une dyspnée permanente associée à des râles sibilants entrecoupés
de crises
 EFR: montre un trouble ventilatoire obstructif
 Toux équivalente d’asthme
 Elle se traduit par une toux spasmodique
 Bronchomotricité test pose le diagnostic
 Forme fébrile: associe une fièvre pouvant égarer le diagnostic
 Forme avec infiltrats pulmonaires et forte éosinophilie
 Aspergillose broncho-pulmonaire
 Larva migrans viscéral
 Asthme d’effort: il existe souvent une atopie associée

II.2.2- Formes évolutives

 Asthme intermittent: notre TDD: 1 à 4 crises dans l’année


 Asthme persistant léger: 1 à 2 crises par mois; DEP ˃ 80%
 Asthme persistant modéré: 1 crise par semaine; 60% ˂ DEP ˂ 80%
 Asthme persistant sévère: symptômes continus; DEP ˂ 60%

II.2.3- Formes selon le terrain

 Asthme du nourrisson: se définit par 3 épisodes de bronchiolite aigue souvent fébrile


 Asthme tardif: survient au-delà de 25 ans

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 Asthme vieilli: début survenant à la ménopause

III- DIAGNOSTIC

III.1- Diagnostic positif


 Clinique: essentiellement++
 Terrain d’atopie, notion d’asthme familiale
 Bradypnée expiratoire sifflante
 Paraclinique: DEP effondré, EFR (TVO réversible), GDS, Rx thorax

III.2- Diagnostic différentiel: devant la dyspnée aiguë, il faut éliminer


 Œdème aigu du poumon
 Orthopnée avec dyspnée inspiratoire
 Toux quinteuse productive avec des crachats mousseux blanchâtre ou rose
saumonée
 Rx: aspect en aile de papillon
 Embolie pulmonaire
 Marquée par: douleur thoracique aigue violente, dyspnée aigue intense et toux
avec crachats hémoptoïques
 Angioscanner pose le diagnostic
 Corps étranger surtout chez l’enfant: interrogatoire retrouve une notion d’inhalation de
corps étranger et la dyspnée est inspiratoire
 Pneumothorax: hyperclarté à la Rx
 Pneumopathies aigues

III.3- Diagnostic étiologique


II.3.1- Facteurs endogènes

 Terrain atopique
 Eczéma allergique, urticaire, œdème de Quincke, rhino-sinusite et conjonctivite
allergiques
 Antécédents familiaux d’asthme
 Unité de temps: caractère saisonnier, période (nuit)
 Unité de lieu: même endroit
 Facteurs endocriniens et psychologiques:
 Possibilité d’amélioration à la puberté, aggravation prémenstruelle, aggravation ou
réapparition à la ménopause
 Crises déclenchées par les émotions fortes, agréables ou non, etc…

II.3.2- Facteurs exogènes

 Pneumallergènes:
 Domestiques: poussière de maisons, poils, salive d’animaux (chat, chien)…

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 Atmosphériques: pollinoses, moisissures
 Trophallergènes: aliments (crustacés), colorants (tartrazine), aspirine (syndrome de
Widal ou Asthme aux AINS++)
 NB: la polysensibilisation est la règle, la monosensibilisation est exceptionnelle
 Pollution atmosphérique
 Conditions météorologiques: séjour dans une atmosphère d’air froid et sec ou d’air
chaud et humide avec stagnation de polluants
 RGO: pics d’acidité qui se superposent aux crises
 Asthme symptôme d’une vascularite, d’une périarthrite noueuse…
 Asthme professionnel: sujet atopique ou non
 Hypersensibilisation bronchique lié ou aggravé par la profession
 Amélioration le week-End (syndrome du Lundi) ou plusieurs mois d’éviction
 Trouble respiratoire immédiat au lieu du travail ou retardée le soir après le travail

IV- TRAITEMENT

IV.1- Buts
 Lutter contre le spasme bronchique
 Eduquer le malade et son entourage
 Prévenir et espacer les crises: permettre au patient d’avoir une vie normale

IV.2- Moyens et méthodes


IV.2.1- Moyens non médicamenteux

 Mesures hygiéno-diététiques
 Education thérapeutique+++
 Arrêt tabac et éviction de l’allergène
 Désensibilisation ou hypo-sensibilisation
 RAM: O2, ventilation assistée
 Oxygénothérapie à fort débit jusqu’à 6 à 8l/min
 Kinésithérapie respiratoire

IV.2.2- Moyens médicamenteux

 Bronchodilatateurs: action préférentielle sur le muscle lisse bronchique


 β-2 sympathomimétiques
o De courte durée d’action: 5 à 15 min
 Salbutamol: Ventoline®
- Aérosol-doseur pressurisé de 200 bouffées et 100 µg/bouffée
- Injectable en SC ampoule de 0.5 mg ou 5 mg IV
- Sirop pour enfant
 Terbutaline (Bricanyl®):

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- Aérosol-doseur pressurisé de 200 bouffées et 250 µg/bouffée
- Injectable par voie SC en ampoule de 0,5 mg/ml
- Sirop pour enfants
o De longue durée d’action: 12 heures
 Salmétérol: Sérévent®
 Formétorol: Foradil®: boite de gélules avec un inhalateur
 Associations à doses fixes: Salmétérol-Fluticasone (Sérétide®)
 Anticholinergiques: Ipratropium bromure (Atrovent®), Oxytropium bromure
(Tersigat®), Ipratropium et Salbutamol (Combivent®)…
 Théophylline
 Anti-inflammatoires bronchiques
 Corticoïdes
o En ampoules injectables IV: Bétaméthasone (Célestène®): 4 mg, 8 mg;
Hydrocortisone: 100 mg…
o Per os en comprimés: Prednisone (cortancyl®), Prednisolone (solupred®)…
o Inhalés: Fluticasone en spray de 120 doses (flixotide®, Oxalair®)…
 Antileucotriène: Montelukast (Singulair® 10 mg)
 Antidégranulants mastocytaires: Kétotifène (Zaditen®)
 Autres traitements:
 Antihistaminiques, antibiotiques (traitement des foyers infectieux)
 Omalizumab (Xolair®), immunosuppresseurs
 IPP (traitement d’un RGO)
 Sulfate de magnésium, Oxygénothérapie à fort débit jusqu’à 6 à 8l/min

IV.3- Indications
 Crise d’asthme non compliquée
 β-2 agoniste inhalé d’action courte: 2 bouffées de 100µg répétées 2 à 3 fois à
10min d’intervalle ou injection de 0.5 mg Terbutaline en SC
 Poursuite du traitement par β-2 agoniste inhalée d’action courte (3-4 fois/j)
pendant 24 à 48 h
 Si pas de réponse, nébulisation de β-2 agoniste + corticothérapie systémique à la
dose de 0.5 à 1mg/kg/j pendant 7 jours
 En cas de doute sur la gravité, il est préférable d’indiquer l’hospitalisation
 Asthme aigu grave: urgence+++
 O2 par voie nasale 3-4 l/min
 Nébulisation de 5 mg de salbutamol ou 10 mg de Terbutaline, parfois associé à un
anticholinergique (0.5 mg de bromure d’Ipratropium)
 Corticoïdes systémiques IV: 1-2 mg/kg/j prednisone toutes les 8h pendant les 24
premières heures
 Surveillance +++
 Surinfection: ATB
 Traitement de fond
 Education du malade

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o Eviter l’exposition aux allergènes
o Connaitre les signes de gravité
o Arrêt du tabac
 Psychothérapie de soutien
 Désensibilisation spécifique
 β2-mimétique ou β2 mimétique + corticoïde inhalés

V- CONCLUSION
 L’asthme est une « maladie » de toute la vie, plurifactorielle à physiopathologie
complexe, dominée par l’inflammation
 Imprévisible dans son installation et son évolution, pouvant être grave et mortelle
lorsqu’elle est mal prise en charge

Bibliographie

 Cours DCEM2 Pneumologie Pr A. A. HANE: Asthme


 Cours DCEM2 Pneumologie 2012 et 2013: Asthme
 Cours DCEM4 Thérapeutique: Prise en charge de l’asthme 2012
 Cours personnels d’internes: Dr Modou Ndiaye 2013

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