Lecture Linéaire Olympe de Gouges
« Homme es-tu capable ? {…} Préambule (l1-14)
Intro : Olympe de Gouges est une femme de lettre
appartenant au mouvement des Lumières comme ses
œuvres progressistes en faveur de l’égalité le démontrent.
Après avoir participé activement à la Révolution française,
elle écrit en 1793 la DDFC, véritable réécriture de la
DDHC, écrite en 1789. Elle y affirme l’égalité entre les
sexes apportant ainsi une dimension différente de
l’originale en questionnant ses lecteurs et destinataires sur
la place de la femme dans la société ainsi que ses droits. Cet
extrait fait suite à la lettre adressée à la Reine et questionne les
hommes sur leur légitimité à exercer une domination sur les
femmes puis expose les motifs de la demande d’Olympe de
Gouges et introduit les articles qui vont suivre.
~Lecture~
Nous nous questionnerons donc, à travers l’analyse linéaire de
cet extrait, comment Olympe de Gouges parvient-elle à rendre
compte des inégalités entre les deux sexes ?
2 temps de réflexion de l’autrice :
-1er texte (Homme es-tu capable ?) sur un registre polémique
qui conteste la supériorité des hommes
-2e texte (préambule) défend l’égalité entre les hommes et les
femmes pour le bien de la nation
1er texte : écrit polémique sur les hommes : « Homme, es-tu capable d’être
juste ? […] pour ne rien dire de plus »
Texte polémique et provocateur, interpellation directe aux hommes
- « Homme, es-tu capable d’être juste ? » : Prop interrogative direct total +
question rhétorique oratoire + apostrophe les hommes par le singulier +
tutoiement -> interpellation direct de tous les hommes ; posture d’égal à
égal ; remet en cause les actions injustes de l’homme
- « C’est une femme qui t’en fait la question » : ton emphatique + article
indéfini -> symbole de toutes les femmes souhaitant accéder à leurs droits
- « tu ne lui ôteras pas du moins ce droit » : négation syntaxique ->
accentue la faible quantités de droits des femmes de l’époque
- « Dis-moi ? […] tes talents ? » : accumulation de questions rétho +
hyperbole « souverain empire » + lexique du pouvoir (opprimer ; force ;
souverain empire) -> rép à la première question, l’homme est tyrannique et
ne souhaite pas partager son pouvoir
- « Observe le créateur dans sa sagesse » : impératif -> appelle l’homme à
adopter une attitude rationnelle/scientifique >< à ses actions illégitimes
allant à l’encontre des fondamentaux de la nature
- « parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir de
rapprocher » : impératif, + prop sub relative -> induit une certaine
omniscience d’ODG et accentue l’éloge de la nature par termes mélio
(toute sa grandeur)
- « si tu l’oses » : prop sub circonstancielle de condition -> remet en
question la capacités de hommes à légitimer leur domination
- « empire tyrannique » : chiasme / « souverain empire » -> critique envers
tout un système et pas seulement les hommes
- « Remonte aux animaux […] l’administration de la nature » :
énumération, impératifs, champs lexical de la nature -> processus
scientifique des lumières, remet en cause l’ordre établi par l’examen
complet de la nature pour montrer le caractère irréel de l’oppression des
femmes
- « Partout tu les trouveras confondus […] ce chef d’œuvre de la nature » :
future = certitude + comparaison nature/chef-d’œuvre immortel -> éloge
total de la nature, organisation modèle à appliquer dans la soc française
- « L’homme seul s’est fagoté un principe de cette exception » : phrase
courte après acinète (très longue phrase) -> effet percutant ; épithète seul -
> traduit l’isolement de l’homme quant à sa tyrannie
- « Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de
lumière et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse » : énumération
termes péjo ; gradation ; hyperboles (aveugle/ dégénéré) -> insiste sur le
manque de connaissances des hommes & son manque de clairvoyance.
Marque de temps par réf au siècle des Lumières.
- « il veut commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés
intellectuelles pour ; il prétend jouir de la révolution et réclamer ses droits
à l'égalité, pour ne rien dire de plus. » : lexique de la Révolution (despote ;
révolution ; égalité) -> relève la contradiction des hommes révolutionnaires
militant pour l’égalité sans pour autant l’accorder aux femmes
2e texte pour l’égalité H-F à l’assemblée : « Les mères […] au bonheur de
tous »
Ton différend, plus solennel et académique car destiné à
l’Assemblée nationale
- « Les mères, les filles, les sœurs » : énumération + champ lexical de la
famille -> effet d’unification pour toutes les femmes autour d’ODG
- « Considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la
femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des
gouvernements » : gradation -> l’argumentation d’ODG ne lutte pas qu’en
faveur des femmes mais de toute la soc
- Parataxe l3/6 : « ignorance ; oubli ; mépris » (termes péjo) >< «droits
naturels, inaliénables et sacrés » (énumération) -> ODG réaffirme son
statut de défenseur des femmes
- « afin que les actes du pouvoir des femmes et ceux du pouvoir des
hommes » : parallélisme de construction -> inscrit l’égalité H-F dans le
texte qui suit
- Répétition locution conjonctive : « afin que » -> méthode & exhaustivité
d’ODG tout au long de son argumentation
- « la constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de tous » : hyperbole -
> l'enjeu est donc de favoriser la paix et la mise en place d'un
gouvernement vertueux.
Conclusion : Ainsi, ODG parvient dans sa réécriture de la DDFC,
avant d’en introduire les articles principaux, à rendre compte des
inégalités criantes entre les 2 sexes. Premièrement en dénonçant avec
virulence la tyrannie du sexe masculin mais aussi en militant dans un
2nd temps pour une égalité H-F qui serait bénéfique à toute la société.
Elle se positionne dès lors en tant que véritable révolutionnaire
agissant tout d'abord pour le bien de la société et l'égalité des citoyens.
Ouverture : Tous les citoyens ntm esclaves comme dans Zamore et
Mirza
Lecture Linéaire Postambule Olympe de Gouges
«Femme, réveille-toi {…}vous n’avez qu’à le vouloir »
Intro : Olympe de Gouges est une femme de lettre
appartenant au mouvement des Lumières comme ses
œuvres progressistes en faveur de l’égalité le démontrent.
Après avoir participé activement à la Révolution française,
elle écrit en 1793 la DDFC, véritable réécriture de la
DDHC, écrite en 1789. Elle y affirme l’égalité entre les
sexes apportant ainsi une dimension différente de
l’originale en questionnant ses lecteurs et destinataires sur
la place de la femme dans la société ainsi que ses droits. Cet
extrait se situe dans le postambule de la déclaration, où elle
s’adresse directement aux femmes pour les inciter à rejoindre
son combat. Elle entend ainsi les convaincre d’obtenir des
droits réels.
~Lecture~
Nous nous questionnerons donc, à travers l’analyse linéaire de
cet extrait, quelles stratégies Olympe de Gouges emploie-t-elle
pour appeler les femmes à une pensée et une action libre ?
1er Mvt : L’appel au sursaut et à la révolte (l91-98)
2e Mvt : Le constat d’une inégalité marquée (l98-109)
3e Mvt : Des revendications placées sous le signe de la raison
(l109-117)
1er mvt L’appel au sursaut et à la révolte : « Femme réveille-toi ! […]
il est devenu injuste envers sa compagne »
- « Femme réveille-toi ! » : apostrophe + impératif -> singularité et
vivacité du texte, ordre à l’action
- « tocsin » : métaphore de la raison -> souligne ce moment comme
essentiel, tournant dans le texte
- « n’est plus environné de préjugé » : négation syntaxique -> rupture
dans le postambule, ODG insiste sue l’opportunité du moment par
passé composé : « a dissipé »
- « puissant empire de la nature ; flambeau de la vérité » : métaphore -
> référence à l’esprit des lumières opposé à :
- voc de l’obscurantisme : « préjugés ; fanatisme ; superstition ;
mensonge ; sottise ; usurpation » + lexique de l’esclavage
/domination : « esclaves ; fers » -> ODG insiste sur la tyrannie des
auteurs de la DDFC
- « Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne » :
parallélisme de construction -> ODG appuie sa critique de l’homme
révolutionnaire
Transition : après une présentation générale affligeante de la
situation, ODG souhaite désormais exhorter les femmes à agir en
conséquence
2e Mvt : Le constat d’une inégalité marquée : « Ô femme […] tout,
auriez-vous à répondre »
- « Ô femmes ! femmes » : apostrophe emphatique au pluriel +
répétition -> l’adresse aux femmes devient concrète
- « Quand cesseriez-vous d’être aveugles ? » : question rhétorique +
terme péjoratif -> provoque, ODG rend coupables les femmes de leur
condition (appel au changement)
Mise en place d’un dialogue fictif entre elle et les autres femmes :
- « Avantage » >< « Mépris » : antithèse
- « Empire détruit ; faiblesse » : lexique du pouvoir illégitime des
hommes
- « Que vous reste-t-il donc ? » : nouvelle question rhétorique -> avec
réponse attendue décevante (rien)
- « Le bon mot du législateur des noces de Cana ? » : réponse ironique
-> femme apparait = au rang inférieur
- « Craignez vous que nos législateurs français […] qu’y a-t-il de
commun entre vous et nous ? » : métaphore arbre/politique -> regrette
le caractère biblique de la FR
- « Tout auriez-vous à répondre » : conditionnel -> incite à la réponse
des femmes pour clore ce mouvement
Transition : Après un appel sollicitant clairement la volonté des
femmes, ODG effectue désormais un appel à la raison
3e Mvt : Des revendications placées sous le signe de la raison : « S’ils
s’obstinaient dans leur faiblesse […] vous n’avez qu’à le vouloir »
- « S’ils s’obstinaient dans leur faiblesse » : Prop. sub circonstancielle
de cause -> prévoit et anticipe les arguments des hommes >< femmes
voulant s’émanciper
- « opposez courageusement ; réunissez-vous ; déployez toute
l’énergie » : succession d’impératif -> exhortation des femmes à lutter
face à des hommes injustes
- « faiblesse ; inconscience ; courageusement ; force » : alternance
entre un lexique mélio pour les femmes et péjo pour les hommes ->
met en valeur les qualités des femmes à faire valoir dans leur combat
- « principe ; raisons ; philosophie ; caractères » : lexique de la pensée
-> appel à la lutte par l’intelligence
- « il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n'avez qu'à le
vouloir » : négation restrictive -> c’est aux femmes de mener le
combat qui leur est accessible
Conclusion : La réécriture de la DDFC permet à ODG de mettre en
avant le rôle majeur des femmes au sein de la société. C'est à elle que
cet extrait s'adresse avant tout. Il vise en effet à les amener à réfléchir
sur leurs conditions pour agir avec raison et revendiquer leurs droits
naturels par un ton très combatif et fédérateur. Ouverture : Passage
du discours sur la servitude volontaire par La Boétie -> tout comme
les femmes ici, l’esclave est certes victime mais aussi coupable de son
inaction (mise en relation par ODG de pouvoir/vouloir)
Lecture Linéaire Contrat social Olympe de Gouges
«Il était bien nécessaire {…}qui deviennent chaque jour plus
effroyable ! »
Intro : Olympe de Gouges est une femme de lettre
appartenant au mouvement des Lumières comme ses
œuvres progressistes en faveur de l’égalité le démontrent.
Après avoir participé activement à la Révolution française,
elle écrit en 1793 la DDFC, véritable réécriture de la
DDHC, écrite en 1789. Elle y affirme l’égalité entre les
sexes apportant ainsi une dimension différente de
l’originale en questionnant ses lecteurs et destinataires sur
la place de la femme dans la société ainsi que ses droits. Cet
extrait, situé dans la Forme du contrat social de l’homme et de
la femme comporte la dénonciation par OG de l’esclavage
après son plaidoyer sur le mariage.
~Lecture~
Nous nous questionnerons donc, à travers l’analyse linéaire de
cet extrait, en quoi ce texte est-il une dénonciations des colons
esclavagistes ?
1er mvt : Dénonciation des responsables (l56-63)
2ème mvt : Attaque frontale (l63-74)
3e mvt : Affirmation du juste pouvoir (l74-91)
1er mvt : Dénonciation des responsables : « Il était bien nécessaire […]
le feu qui doit embrasser l’Amérique »
- « Il était bien nécessaire que je dise » : présent d’énonciation +
modalité de nécessité -> réaction d’ODG à l’actualité de son époque
(décret de Mai 1791 abolissant l’esclavage et de la colère qui nait chez
les colons)
- « dit-on » : pronom indéfini -> ODG s’appuie sur des récits =/=
témoin ; texte très proche du contexte d’écriture (rumeurs etc)
- « nos îles » : déterminant possessif « nos » -> implique le lecteur qui
ne doit pas rester indifférent face à l’horreur commise sur son
territoire
- « [Répétition] C’est là où » : anaphore ; « la nature frémit
d’horreur » : personnification + registre pathétique l.59 -> dramatise
les propos d’ODG et la situation qui la bouleverse + indignation
devant le refus des esclavagistes
- « nature ; raison ; humanité » : allégorie et idées abstraites +
antithèse : « division et la discorde » -> ODG soulève les 2
oppositions de l’époque entre abolitionistes et esclavagistes
- « Il n’est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations
incendiaires » : litote « il n’est pas difficile » + tournure impersonnel -
> prise de distance d’ODG envers l’inaction générale face à ces actes
barbares
- Métaphore filée de l’incendie -> permet à ODG de ne pas nommer
directement les responsables
- « Il n’est pas difficile ; il y’en a » : tournures impersonnelles met en
relief les prises de positions dévastatrices de l’époque
2e mvt : Attaque frontale : « Les colons prétendent […] les calamités
vers l’Amérique »
- « Les colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils
sont les pères et les frères » : intro du mvt par prop sub relative ->
nomme désormais directement les coupables ; champ lexical de la
famille -> souligne le caractère contre-nature de ces hommes
- « Colons ; despotes ; inhumains ; cupidité » : accumulation de
termes péjoratifs -> aggravent le portrait qu’en fait ODG
- « méconnaissant ; poursuivent ; étouffe ; contraindre avec
violence » : verbes d’action -> échos directs aux actes et pensées des
colons dans les colonies
- répétition : « sang » / métonymie -> dénonce les persécutions par des
images tragiques
- « sourd aux cris du sang » : métaphore du corps / personnification du
sang + « étouffe les charmes » -> appel au sens auditif ; met en valeur
les positions tragiques des esclaves ne pouvant dvlpp leurs qualités
humaines
- « Que peut on espérer de la résistance qu’on lui oppose » : question
rhétorique + accumulation subordonnées + parallélisme de
construction -> condamnent la peur et la destruction
3e mvt : Affirmation du juste pouvoir : «Une main divine […] chaque
jour plus effroyables ! »
- « Une main divine » : cadence (phrase qui s’amplifie avant
l’annonce des arguments rhétoriques) ; synecdoque -> ODG souligne
une origine divine à la liberté ; voc juridique // religieux -> nécessité
de la loi qui encadre la liberté
- «Loi ; liberté ; licence ; décret ; justice » : vocabulaire juridique ->
ODG en appelle à la loi par verbe de nécessité « doit » ; elle sait que
l’accession à la liberté ne peut être garantie que par le contrôle
juridique
- « Puissent-t-elle […] effroyables ! » : phrase exclamative -> traduit
l’espoir d’ODG envers l’Assemblée Nationale
- « de même ; comme ; aussi » : adverbes -> qui marquent l’égalité,
ODG affirme toute sa volonté de croire en la loi et dans le pouvoir que
peut faire la justice tant dans les colonies qu’en France Métropolitaine.
Conclusion : ODG s’attaque clairement aux colons esclavagistes dont
elle dénonce les actions violentes mais également l’esclavage qui
consiste à assujettir les esclaves pour les maintenir sous leur
domination. On a vu qu’ODG est en faveur de l’action législative
qu’elle juge nécessaire pour le progrès. C’est donc une femme des
Lumières, combattante et révolutionnaire mais aussi une militante
pour l’égalité H-F et son autre combat courageux contre l’esclavage.
Ouverture : Zamore et Mirza >< esclavage.