L E V E R T I G E PA R OX YS T I Q U E
POSITIONNEL BÉNIN
Des réponses à vos questions
Introduction
Qu’est ce qu’un vertige ?
Il s’agit d’une sensation souvent très difficile à décrire faite de tour-
noiement, de flottement, de déséquilibre, de tête lourde ou légère,
avec le sentiment d’une perte de contrôle physique et psychique…
et « d’être à côté de ses baskets ».
Plusieurs systèmes concourent au maintien de l’équilibre : la vision,
la proprioception (la sensibilité profonde du corps) et l’appareil vesti-
bulaire de l’oreille interne. Le rôle de ce dernier est de détecter les
mouvements et la position du corps dans l’espace. Il est constitué
des organes suivants :
les organes qui captent les mouvements linéaires de la tête :
il s’agit de deux structures faites de cils surmontés de lourds cris-
taux qui les rendent sensibles aux forces de gravité, comme des
poids qu’on porte à bout de bras (figure 1) ;
les organes qui captent les mouvements de rotation de la tête :
ce sont trois canaux remplis de liquide dont les mouvements font
plier des structures légères, comme des roseaux sous le vent
(figure 2).
Figure 1 Figure 2
Système Oreille interne
Structure
vestibulaire légère
(équilibre)
Oreille Cils surmontés
moyenne de lourds cristaux
Figure 3
Oreille Tympan Structure légère
externe anormalement alourdie
par les cristaux
provoquant le vertige
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Le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB), aussi appelé
« cupulolithiase » ou « canalolithiase », résulte de la chute de cristaux
sur l’une des structures qui captent les mouvements de rotation de
la tête. La mécanique est alors perturbée et le message envoyé au
cerveau est erroné (figure 3).
Le VPPB est la cause la plus fréquente des vertiges. Il touche deux
fois plus les femmes que les hommes, surtout après 55 ans.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes consistent en des épisodes de vertige :
souvent décrits comme une sensation de rotation
accompagnés de nausées, parfois de vomissements
de courte durée (5 à 50 secondes)
déclenchés par des mouvements de la tête, souvent très spéci-
fiques, avec un petit délai de 1 à 2 secondes après le mouvement
s’atténuant lors de la répétition immédiate du mouvement qui
provoque le vertige.
Sans traitement, les troubles disparaissent en quelques jours ou
semaines. Dans de rares cas, ils persistent pendant des années. Ils
peuvent réapparaître des semaines, des mois, des années ou des
décennies plus tard.
Quelles sont les causes ?
A l’exception des cas survenant après un choc relativement léger sur
la tête (par ex. une banale chute à ski), la cause du vertige est le plus
souvent inconnue.
On a longtemps suspecté une cause virale lorsque le vertige se
manifestait au cours d’un état grippal. Toutefois, cette hypothèse ne
repose sur aucune preuve formelle, et il en existe d’autres comme
celle d’un trouble du métabolisme du calcium.
« Ce matin en me levant, j’ai l’impression de
flotter. Tout ce qui m’entoure bouge, les objets
tournent autour de moi. J’ai dû mal à tenir
debout et je me tiens au mobilier pour ne pas
tomber. J’ai des nausées… Que se passe-t-il ? »
Nadine, 45 ans
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Prise en charge
du vertige
Comment poser le diagnostic ?
Il est basé sur l’histoire du/de la patient·e et sur une manœuvre (dite
de Hallpike) qui déclenche les troubles :
vous êtes assis·e sur le bord d’un divan, les jambes pendantes et
la tête tournée du côté présumé sain
le/la médecin place sur vos yeux des lunettes qui brouillent votre
vision
il/elle vous bascule du côté présumé malade
après 2-3 secondes, il/elle peut observer un mouvement des yeux
(un nystagmus) spécifique de l’affection. Les caractéristiques fines
du nystagmus (horizontal ou rotatoire) indiquent au/à la médecin
dans quel canal les cristaux se sont déposés.
Il n’y a pas d’autres investigations à prévoir.
Étape 1 Étape 2
La manœuvre diagnostique pratiquée ci-dessus montre une atteinte de l’oreille gauche.
Une hospitalisation est-elle nécessaire ?
Généralement non. Toutefois le début des troubles est parfois si
étrange qu’une courte hospitalisation de « sécurité » est nécessaire
jusqu’à ce qu’un diagnostic soit posé avec certitude.
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Le traitement
Les manœuvres thérapeutiques
Une fois le diagnostic posé ainsi que le côté et le canal atteints
déterminés, le/la médecin pratique une ou plusieurs « manœuvres »
thérapeutiques.
La manœuvre de Toupet-Semont
Elle consiste à compléter la manœuvre diagnostique en vous faisant
basculer de 180º, la tête toujours tournée du côté sain. Vous restez
étendu·e dans cette position 5 à 10 minutes.
Étape 1 Étape 2
Étape 3
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La manœuvre d’Epley
Vous pouvez réaliser cette manœuvre vous-même à domicile, environ
1 fois par semaine :
installez-vous sur un lit, allongé·e sur le dos, avec la tête dans le
vide tournée du côté malade (étape 1). Il en résulte un vertige.
quand le vertige a disparu, effectuez une rotation lente d’un demi-
tour (180º) en plusieurs étapes (étapes 2 et 3) et en vous arrêtant
3 à 5 minutes à chaque étape.
une fois la rotation terminée, asseyez-vous au bord du lit, la tête
encore tournée vers le côté sain (étape 4).
Étape 1 Étape 2
Allongez-vous sur le dos, la tête dans Tournez la tête de 90º vers le côté
le vide tournée du côté atteint et sain et restez ainsi 3-5 minutes
restez ainsi 3-5 minutes
Étape 3 Étape 4
Tournez la tête et le corps de 90º et Asseyez-vous, la tête toujours tournée vers
restez ainsi 3-5 minutes le côté sain. Restez ainsi 3-5 minutes. Puis,
remettez votre tête droite.
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Le traitement chirurgical
Dans de rares cas (environ 1 sur 1’000), les troubles peuvent persister
des mois ou des années, malgré toutes les manœuvres thérapeu-
tiques. Un traitement chirurgical est alors envisageable.
Vous êtes d’abord convoqué·e à une consultation ambulatoire avec
un·e anesthésiste. Vous êtes opéré·e le jour même de votre admis-
sion à l’hôpital.
L’intervention ne nécessite pas d’anesthésie générale : elle se déroule
sous anesthésie locale, avec une sédation. Elle est réalisée à travers
le conduit auditif externe et ne laisse pas de cicatrice visible. Elle
consiste à sectionner la branche du nerf vestibulaire qui innerve la
structure responsable des troubles, pour l’empêcher d’envoyer des
signaux erronés au cerveau. Au moment de la section du nerf, vous
ressentez une sensation étrange d’envol ou de mouvement vers le
haut, qui régresse en quelques heures. En fin d’intervention, un pan-
sement est posé pour obstruer le conduit auditif externe.
Vous quittez l’hôpital le lendemain de l’intervention et revenez 5 à 10
jours plus tard pour retirer le pansement.
Les bénéfices de l’intervention
Le traitement chirurgical permet de mettre définitivement fin aux
vertiges dans 97% des cas. Toutefois, il existe un risque de déficit
auditif partiel ou complet dans 3% des cas.
INFO
Un arrêt de travail d’environ
10 jours est prévu en cas
d’intervention chirurgicale.
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Informations
D-NEUCLI • Vertige paroxystique bénin • Octobre 2019 • Dessins : Simon Tschopp
pratiques
Vos questions au/à la médecin
Service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale
Unité d’oto-neurologie
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4
1205 Genève
Bâtiment Jean-Louis Prévost, 3e étage
ORL@[Link]
[Link]/orl-chirurgie-cervico-faciale/unite-oto-neurologie
Cette brochure a été élaborée par le Service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale
avec la collaboration du Groupe d’information pour patient·e·s et proches (GIPP)
des HUG.
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