TRAVAUX DIRIGES D’HISTOIRE DES IDEES POLITIQUES DES
PÉRIODES MODERNE ET CONTEMPORAINE
THÈME 1 : LA MODERNITÉ POLITIQUE : LA NOTION
EXERCICE 1 : CONTRÔLE DE CONNAISSANCE
1. Les temps modernes commencent de 1492 avec la découverte de l’Amérique à 1789au
moment de la révolution française. On note parfois que l’époque moderne débute à la
chute de l'empire Byzantin 1453.
2. Les principales caractéristiques politique des modernes sont l’individualisme,
l’universalisme, le relativisme et le réalisme.
3. On entend par l’homme moderne celui qui met au centre de tout le raisonnement. En
effet pour l’homme moderne la vérité n’est accessible, l’univers n’est intégralement
compréhensible et que le souverain bien, l’harmonie intérieur comme l’harmonie
collective ne dépendent que du raisonnement.
EXERCICE 2 : DISSERTATION
Dégagez une approche conceptuelle de la modernité politique
La modernité politique est loin d’être un concept clair. Pour certains elle naît au XV ème
siècle et au XVIII siècle avec les révolutions française et américaine. Pour d’autres elle est le
fruit d’une rupture avec le monde médiéval consommée à partir de Machiavel. Pour
beaucoup, elle est associée à l’avènement des valeurs démocratiques, et principalement de
l’idée de liberté. Pour quelques autres, elle n’a pu advenir sans la contestation risquée des
traditions intellectuelles soutenant un ordre établi. Au cœur de l’opposition entre
conservateurs et progressistes, et bien sûr anciens et modernes, se trouve souvent une manière
de se définir ou de se penser comme proposant à ses contemporains une modernité nouvelle.
En effet Elle résulte d’un long processus historique qui conduit de l’Etat ancien à l’Etat
moderne devenu. Il existe diverses manières de concevoir la modernité politique, des
manières officielles, et des manières proscrites, si bien que l’histoire de son avènement
progressif si tant est que cette idée elle-même ne soit pas contestable n’est en rien celle d’un
cheminement continu et linéaire sans heurt ni conflit. Mais le concept n’en est alors que plus
imprécis, tant les contenus qu’il peut véhiculer sont variés. Partant de ce constat pourrait on
donner une définition homogène de la modernité politique ? La réponse est évidemment
négatif. Toutefois on peut saisir la notion de modernité politique en plongeant dans
les différents concepts de modernité politique. On en vient à s’interroger sur sa pertinence et à
se demander s’il est vraiment opératoire. Il s’agira donc de revenir sur les conceptions de la
modernité politique pour dégager une approche conceptuelle de la modernité politique.
L’étude de la modernité politique n’a pas seulement un intérêt historique et théorique, mais
aussi pratique. Elle est de nature à éclairer maintes situations contemporaines telle que la
séparation de l’église de l’état en 1905 en France et continue d’inspirer des attitudes et des
pratiques politiques appropriées. Les différentes conceptions de la modernité politique
apparaissent à partir de la naissance de l’Etat au XV siècles. La modernité politique se perçoit
plus aisément par la séparation de la moral de la politique dans l’organisation de la cité ainsi
que dans le jeu politique c’est-à-dire dans la conquête du pouvoir politique. Ainsi dans un
premier temps nous analyserons la séparation de la morale religieuse et de la politique (I).
Puis dans un second temps nous étudierons la nouvelle vision de jeu politique (II).
I- LA SEPARATION DE LA MORALE RELIGIEUSE ET DE LA
POLITIQUE
Les temps modernes sont caractérisés par la rupture entre la morale et la politique.
Pour certains auteurs comme Machiavel la société doit être organisée par des moyens
politiques (A). Aussi elle doit être dirigée par un homme pragmatique (B).
A- L’ORGANISATION DE LA SOCIETE PAR LES MOYENS POLITIQUES
L’organisation de la société a connu d’importantes évolutions depuis le début de la
période moderne. En effet, dans la féodalité les réflexions philosophiques étaient remplies de
contenu religieux, les hommes s’intéressaient aux enseignements de l’évangile qu’ils tentaient
d’appliquer au gouvernement des hommes. Dans les temps modernes l’organisation de la
société est vu autrement. Machiavel père de la modernité politique sépare complètement la
politique de la morale. Pour lui, la société n’est pas un corps harmonieux et naturel parce que
les hommes sont fondamentalement égoïstes, avide de pouvoir et motivé par des intérêts
propres. Or le but de la société c’est d’atteindre le bien commun. Tandis que la religion est
individuelle et donc il faut la dissocier de la politique et favoriser les moyens politiques. La
société doit être organisée par les lois et par la force. Un Etat doit se doter d’une armée
nationale plutôt que compter sur des mercenaires étrangers, car les mercenaires peuvent être
moins loyaux envers leur employeur. Aussi, la société doit être régie par des lois flexibles et
adaptatives.
De même, la société doit être dirigé par un dirigeant pragmatique.
B- LE PRAGMATISME DU GOUVERNANT
L’art de gouverner étant orienté prioritairement vers le bien commun, l’homme d’Etat
ne doit pas être bon. Pour Machiavel, le bon gouvernant appelé aussi le bon prince doit être
pragmatique c’est-à-dire réaliste, habile, rusé, indifférent etc. en effet, le monde des affaires
politiques est régi non pas par des vertus morales et religieuses mais par des rapports de
forces. Le Prince doit être un simple observateur de la réalité, Ce qui est réel lui semble bien
plus important que ce qui est juste. Assurer la puissance et la continuité de l’État donne tous
les moyens aux gouvernants. « Qui veut la fin veut les moyens » , cette formule, même si elle
n’est pas de Machiavel, résume son message quand elle s’applique au comportement des
hommes d’État. Ce qui est interdit au commun des mortels est admis quand l’État est en
cause : meurtre, poison, prison, manipulation, intrigues, mensonges. Il est normal, voire
recommandé, de masquer ces comportements en présentant au peuple naïf un visage qui
inspire confiance et flatte les pensées dominantes. Un Prince nouveau doit instaurer un ordre
nouveau au prix d’un nouveau type d’action la terreur. Car la politique est une affaire
d’homme devant être réglée seulement entre les hommes et par eux. La stabilité et la
puissance de l'État sont essentielles pour garantir l'ordre et la sécurité de la société. Il faut
donc valoriser la force militaire et la capacité de l'État à se défendre contre les menaces
extérieures et intérieures .Pour Machiavel, un dirigeant politique devait être efficace dans ses
actions et ses décisions. Il faut à la cité un dirigeant compétent, prudent et ingénieur dans la
gouvernance.
La modernité politique se caractérise par ailleurs, par la nouvelle vision du jeu politique.
II- LA NOUVELLE VISION DU JEU POLITIQUE
Le jeu politique est appréhendé comme un champs de bataille, comme à la guerre
prédomine la logique de la force. La politique est désormais le lieu où s’affrontent les désirs
d’acquisition de pouvoir (A) et de maintien au pouvoir (B).
A- LES MOYENS D’ACQUISITIONS DU POUVOIR
Pour Machiavel le moyen d’acquisition pour un dirigeant politique se manifeste par
différent chemin que peut emprunter le prince pour accéder au pouvoir. En effet, machiavel
soutient que pour acquérir le pouvoir le soutient populaire est nécessaire. Autrement dit, un
prince peut conquérir le cœur du peuple en gageant son soutient et sa loyauté. Il souligne
l’importance de gagner l’affection du peuple en menant des politiques populaires et en évitant
d’être détesté par la population. En outre, il considère que la manipulation, la ruse et la
dissimulation peuvent être utilisées par un prince pour atteindre ses objectifs politiques. Cela
peut impliquer la feinte d’amitié envers ses ennemis ou l’utilisation de fausses promesses pour
obtenir des avantages. Enfin, Machiavel préconise l’utilisation de la force militaire pour assoir
le pouvoir. Un prince doit être prêt à utiliser la force pour se défendre contre ses ennemis
internes et externes.
Pour Machiavel la conquête du pouvoir n’était qu’une première étape dans l’exercice de
gouvernance. Une fois au pouvoir, un dirigeant devrait faire face à de nouveau défi pour
consolider sa position et conserver son autorité. Après avoir analysé les moyens d’acquisitions
du pouvoir selon Machiavel, il est essentiel d’aborder la question du maintien du pouvoir.
B- LE MAINTIEN DU POUVOIR
Machiavel croyait que pour maintenir le pouvoir, un dirigeant devait assoir sa légitimité.
Cette légitimité pouvait être fondé sur la tradition, l’hérédité, la religion ou la volonté du
peuple. Un dirigeant devait veiller à maintenir cette légitimité pour éviter toute remise en
question de son autorité. Ainsi, le maintien du pouvoir exige une prudence constante de la part
du dirigeant ; de plus, il devait anticiper les défis, identifier les menaces potentielles et
prendre des mesures préventives pour préserver la stabilité de l’Etat. En outre, maintenir le
pouvoir implique également de savoir gérer l’opinion publique. Le dirigeant devait cultiver
une image de force, de leadership et de légitimité aux yeux du peuple pour éviter la
désaffection et le mécontentement. Enfin, selon Machiavel les alliances politiques étaient
essentielles pour le maintien du pouvoir. Machiavel recommandait aux dirigeants de forger
des alliances stratégiques avec d’autres Etats ou acteurs politiques pour renforcer leur position
et dissuader les adversaires potentiels. En somme, pour Machiavel, le maintien du pouvoir
exigeait autant d’effort et de stratégie que son acquisition.
En conclusion, la modernité politique, est une vision novatrice de la politique qui rompt avec
les conceptions morales traditionnelles au détriment de la ruse . Avec l’apparition de l’Etat
les réflexions philosophique reposent désormais sur l’idée que la politique doit être envisagée
de manière réaliste et efficace . L’acquisition et le maintien du pouvoir sont les nouveaux
objectifs de la gouvernance. Cette nouvelle organisation sociale demeure jusqu’à aujourd’hui,
on a même l’impression qu’elle ne sera point dépassé. Toutefois elle a été critiqué et continu
de l’être du fait des inégalités qui subsistent et de nombreux conflits qui caractérisent les
rapports entre les États.