Généralités d’une Étude Géotechnique Routière
Introduction
La géotechnique routière est définie comme étant une science qui étudie d’une part,
les sols sur lesquels reposent les chaussées, et d’autre part, les matériaux qui
constituent les différentes couches de ces chaussées sans autant oublier la fiabilité des
ouvrages. Elle joue un rôle crucial dans la conception, la construction et la
maintenance des infrastructures routières. Elle permet de déterminer les
caractéristiques physiques et mécaniques des sols et des roches sur lesquels les routes
sont construites, fournissant ainsi les informations nécessaires pour garantir la
stabilité et la durabilité des ouvrages. Ce chapitre présente les généralités d’une étude
géotechnique routière, couvrant ses objectifs, ses étapes, et les méthodologies
couramment utilisées.
I- Objectifs des Études Géotechniques Routières
Les études géotechniques faites dans un projet routier ont plusieurs objectifs. Nous
pouvons citer :
1- Identifier les conditions du sol et du sous-sol
Les études géotechniques ont pour objectifs d’évaluer la nature, la distribution et les
propriétés des matériaux géologiques présents le long du tracé de la route.
2- Déterminer les propriétés mécaniques
Les études géotechniques permettent de mesurer la résistance, la compressibilité, et la
perméabilité des sols, qui influencent la conception et la performance des structures
routières.
3- Évaluer les risques géologiques
Les études géotechniques nous aident également à identifier les zones susceptibles de
présenter des risques tels que les glissements de terrain, les affaissements, ou les
érosions.
4- Fournir des recommandations de construction
Les études géotechniques permettent également de proposer des méthodes de
construction adaptées aux conditions géotechniques spécifiques rencontrées.
II- Méthodologie d’une Étude Géotechnique Routière
En géotechnique routière, la méthodologie utilisée s'apparente à la démarche
employée pour les routes. Elle se décompose en 3 phases principales décrites dans le
guide Technique du LCPC. Nous avons :
1. Études Préliminaires (Phase 0)
C’est l’étude de faisabilité du projet, destinées à fixer le parti d’aménagement à long
terme d’un itinéraire, ainsi que le principe, des aménagements nécessaires. Elles
comprennent notamment :
a) Données de l’étude
Une fois précisé le parti d’aménagement à long terme d’un itinéraire à partir d’études
technico-économique globales sur l’ensemble du réseau, l’étude d’aménagement
d’axe a pour objectif de fournir les éléments techniques les plus exhaustifs et les plus
objectifs permettant de confirmer le parti d’aménagement à long terme et de préparer
une planification de cet aménagement ; ce type d’étude est mené en deux temps :
diagnostic de la situation actuelle dans une première phase, puis, dans la seconde,
étude des solutions possible apportant remède aux problèmes détectés. Les
propositions déterminent un principe de tracé assorti de profils à travers type.
b) Prise en compte des données géologiques et géotechniques
Dès cette étude, les points durs d’un itinéraire existant doivent être mis en évidence
par différents moyens :
Etude de la carte géologique et de sa notice explicative ;
Photo-interprétation ;
Visite sur le terrain ;
Recherche bibliographique sur les études locales.
Pour les problèmes courants, cette étape correspond au niveau zéro de la note
d’information technique du L.C.P.C. A ce stade, le géologue et le géotechnicien
peuvent déjà indiquer quels sont les points durs, les zones à éviter ainsi que les
problèmes importants, au quel peut déjà proposer un parti d’aménagement tenant
compte des observations.
2. Avant-projet (Phase 1)
a) Elaboration
L’avant-projet comporte deux phases :
1ère phase : comparaison et choix des variantes
2ème phase : analyse de la solution retenue
Pour la première phase, étude préalable, la circulaire définit les études à entreprendre
dans le domaine géologique et géotechnique dans le cadre de la description du site où
peuvent être envisagées plusieurs variantes.
Pour la deuxième phase, étude de la solution retenue, la circulaire définit le contenu
des études nécessaires. Elles comprennent une reconnaissance générale et une étude
spécifique des zones difficiles avec sondages, donc la note sur les conclusions de ces
études précise les éléments pris en compte pour l’élaboration de l’avant-projet.
b) Les études préalables
Les études préalables reprendront les études géologiques élaborées dans l’étude
d’aménagement d’axe lorsque ce dossier existe, et les affineront. Si aucune étude
d’aménagement d’axe n’a été réalisée, l’analyse correspondante doit être intégrée
dans les études géologiques menées dans le cadre des études préalables.
Elles comprennent notamment :
L’étude générale des formations rencontrées et leur aptitude au terrassement ;
La synthèse des données hydrogéologiques ;
La mise en évidence de tous les points durs à savoir :
Zones à difficulté accentuées ;
Zones instables ou à la limite de stabilité
Zones compressibles
Zones inondables….
Mais des essais de laboratoire seront effectués au niveau des points durs rencontrés
afin d’évaluer les difficultés réelles et les solutions envisageables. A ce stade d’où on
va rechercher le meilleur tracé satisfaisant à l’ensemble des contraintes recensées
permettant ainsi d’appréhender au plus près, à ce niveau d’élaboration d’un projet
routier, les éléments influençant le coût et proposer un choix entre les différentes
variantes possibles.
c) Etude de la solution retenue
Les études géologiques et géotechnique doivent être poussées plus avant afin
d’optimiser le tracé et la géométrie en fonction des paramètres cinématique de la
route, et portent sur la solution proposée. A ce stade de l’étude tous les principes :
géométrie, mouvement des terre, drainage, sont définis et arrêtés ; Les études
géologiques et géotechnique seront donc entreprises dans cette optique, sans sombrer
dans l’excès, mais devront entrer dans le détail au niveau des points durs.
Elle comprend notamment :
Les sondages peuvent resserrés sauf aux points particuliers ;
Eventuellement de la géophysique (sismique, électrique…) ;
Des essais de laboratoire (identification et classification des sols).
Les investigations conduites par le géotechnicien mettent en évidence les difficultés
susceptibles d’être rencontrées. Ceci permet d’adapter les techniques aux
caractéristiques des matériaux, à leur stabilité et aux contraintes hydrauliques. Les
études du géotechnicien définissent les mouvements des terres en optimisant leur
utilisation et leur déplacement. Le géotechnicien doit ainsi répondre à un triple défi,
assurer la stabilité à long terme du projet, optimiser la valorisation des matériaux du
site et limiter l’impact sur le milieu naturel et le paysage.
Pour les problèmes courants, cette étape correspond au niveau (1) de la note
d’information technique du L.C.P.C. quelques problèmes spécifiques importants
relevant du niveau (2).
Les résultats de ces études permettent d’indiquer la nature des terrains rencontrés, leur
possibilité de mise en remblais et l’aptitude des déblais à l’extraction, les zones
aquifères particulières. Une collaboration pluridisciplinaire permette de présenter un
avant-projet dont
Toutes les difficultés correspondantes auront été appréhendées et estimées de manière
fiable, permettant ainsi d’élaborer le projet de définition sur des bases sûres.
3. Les études du projet (Phase 2)
a) Le projet de définition
Le projet de définition doit tenir compte des remarques formulées au cours des études
antérieures qui, en générale, n’affectent pas (ou très peu) les grands principes arrêtés à
l’avant-projet quand celui-ci a été bien conduit.
Au niveau du projet de définition, pour vérifier que les hypothèses faites lors de la
phase 1 sont inspecté, on effectuera d’une part des essais de même nature qu’à
l’avant-projet, mais plus nombreux et plus resserrés, liés à la présence de zones
sensible ou de points durs. On réalisera d’autre part des essais complémentaire
permettront de préciser par exemple :
Les zones d’emprunt pour remblais ;
Le mode d’extraction des matériaux ;
Le traitement éventuel des matériaux ;
La portance de la plate- forme ;
Dimensionnement de la chaussée.
Ces essais permettront également d’affiner le profil en long géotechnique par une
meilleure connaissance des données.
Les études entreprises au niveau du projet de définition correspondent au niveau 2 de
la note d’information technique du L.C.P.C
III- ETUDES GEOTECHNIQUES SPECIFICQUES
La géotechnique routière comprendre en générale deux type d’études spécifique
La classification des sols d’extraction et de l’excavation et des terrassements ;
La stabilité des excavations et des terrassements en déblais et en remblais.
1- Classification des sols
Les structures de la chaussée reposent sur la plate-forme constituée du sol naturel
terrassée, elle peut être en déblais ou en remblai.
La géotechnique ou bien la mécanique des sols est l’étude des propriétés des sols et de
leur comportement vis-à-vis d’une sollicitation.
Les problèmes à résoudre peuvent être de différentes natures :
- La force portante d’un sol sous une construction ;
- Utilisation des sols comme matériaux de construction.
La géotechnique routière a pour but de prévoir le comportement des sols sous l’effet des
trafics et les variations saisonnières et de donner à la chaussé l’épaisseur convenable pour
que le sol et la plate-forme ne soit pas soumis à des pressions élevées.
2- La stabilité des excavations
Cette partie sera plus détaillée au chapitre III.
Conclusion.
Les études géotechniques sont fondamentales pour la réussite des projets routiers. En
fournissant une compréhension détaillée des conditions du sol et en permettant une
conception adaptée des infrastructures, elles jouent un rôle essentiel dans la sécurité,
la durabilité et la performance des routes. Ce chapitre a présenté un aperçu complet
des composantes et des méthodes utilisées dans les études géotechniques routières,
soulignant leur importance pour les projets de génie civil.