UCAO
IMES
(UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST)
INSTITUT MARISTE D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
MODULE : DROIT INTERNATIONAL PUBLIC
SUJET : Affaire du Lotus 7 septembre 1927
PROFESSEUR : M. Gerome TOUPANE
EXPOSANTS : JEROME JUNIOR FAYE
COUMBA DIAGNE
Année académique 2023 – 2024
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L'Affaire du Lotus découle d'un incident maritime survenu en 1926 en haute mer
entre le navire français Lotus et le navire turc Boz-Kourt, entraînant la mort d'un
officier turc. La France a engagé des poursuites pénales contre le capitaine du navire
turc, affirmant que l'accident relevait de sa compétence juridictionnelle en raison du
lieu de l'incident. Le différend a été porté devant la Cour permanente de justice
internationale (CPJI) par la Turquie, contestant la compétence de la France sur
l'affaire en arguant que l'accident s'est produit en haute mer, échappant ainsi à la
juridiction française. La France a soutenu que sa compétence pénale était justifiée
par le principe de la compétence universelle et la nécessité de prévenir l'impunité
pour des actes préjudiciables à la sécurité en mer. Elle a également fait valoir que la
haute mer n'était pas un espace sans loi et que la juridiction des États pouvait s'y
étendre dans certains cas.
La Turquie a contesté cette compétence, affirmant que la haute mer était un espace
libre où aucun État n'avait le droit d'exercer sa juridiction en l'absence de
conventions internationales spécifiques autorisant une telle compétence.
La CPJI a statué que la France était compétente pour engager des poursuites
pénales dans cette affaire spécifique, reconnaissant ainsi la compétence de l'État du
pavillon en matière de juridiction pénale.
La Cour a établi le principe selon lequel un État est compétent pour exercer sa
juridiction sur son territoire, sauf s'il existe une règle contraire du droit international.
Cela souligne la souveraineté territoriale des États.
La CPJI a affirmé qu'en l'absence d'une règle interdisant à un État d'exercer sa
juridiction en dehors de son territoire, cet État pouvait le faire, à condition que cela ne
viole pas les règles internationales existantes.
L'arrêt de la CPJI dans l'Affaire du Lotus aborde des questions cruciales telles
Quelles sont les compétences extraterritoriales des États, la souveraineté en haute
mer et les limites de la juridiction pénale dans un contexte international ? Cet arrêt a
eu un impact significatif sur le développement du droit international, en clarifiant les
principes régissant la compétence juridictionnelle des États, en particulier dans les
situations impliquant des incidents en haute mer. Il a également contribué à définir
les contours de la responsabilité des États en matière de prévention et de répression
des actes préjudiciables en mer
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Ce commentaire d’arrêt s’articulera en deux grandes parties et deux sous parties
I. .Le conflit du 7 Septembre 1927 entre la France et la Turquie
A. Présentation de l’Affaire du Lotus et de son contexte juridique
B. Annonce des principales décisions rendues par la CPJI
II. Faits et parties en présence
A. Rappel des faits de l’incident maritime entre le Lotus et le Boz-Kourt
B. Identité des parties : la France et la Turquie, leurs prétentions respectives