0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
52 vues3 pages

Fiche 2 DDFC

Transféré par

kard.hachemeli
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
52 vues3 pages

Fiche 2 DDFC

Transféré par

kard.hachemeli
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Fiche 2 : Les 6 articles

Olympe de Gouges, née en 1748, a marqué l'histoire en tant qu'écrivaine,


dramaturge, et figure politique engagée contre la tyrannie, l'esclavage, et pour
les droits des femmes. Considérée comme une pionnière du féminisme
français, elle a été guillotinée en 1793 pour ses prises de position. Sa <<
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne >> est une réponse
critique à la << Déclaration des droits de l'homme et du citoyen >>, dénonçant
l'exclusion des femmes de la sphère politique. Ce texte est précédé par une
lettre à la Reine, où elle appelle à défendre les femmes pour obtenir leur juste
place dans la société. Son œuvre, << Les droits de la femme >>, confronte ceux
qui détiennent le pouvoir, mettant en lumière l'oubli de la moitié de la
population dans la quête de l'égalité. Sa stratégie argumentative réfute l'idée
d'une inégalité naturelle entre les sexes, prétendument voulue par Dieu.
Nous allons étudier ici les six premiers articles de cette Déclaration des droits
de la femme.
Mon projet de lecture consiste à montrer comment cette réécriture féministe
de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen promeut-elle l’égalité
entre les hommes et les femmes ?
Pour mener à terme ce projet de lecture, l’analyse se subdivise en trois
mouvements allant de cette liberté naturelle entre les sexes soulignée par
Olympe de Gouges aux fondements de la nation qui ne peut exclure la femme.
Enfin, nous verrons que la Constitution promeut la justice et la liberté pour les
deux sexes.
Le premier article affirme que « la femme naît libre et demeure égale à
l’homme en droits », utilisant le présent de l’indicatif pour exprimer une vérité
générale et l'urgence des changements nécessaires. Olympe de Gouges
considère l’égalité entre les sexes comme naturelle, mais altérée par les lois
humaines, et elle appelle à ce que ces lois reconnaissent et protègent cette
égalité. Les noms singuliers introduits par des articles définis à valeur générale
comme « la femme » et « l’homme » montrent l'objectif universaliste du texte.
Olympe de Gouges détourne cet article pour en faire un combat féministe, où
la femme lutte pour obtenir les mêmes droits que les hommes, réduisant ainsi
le substantif « homme » de la DDHC de 1789 au genre masculin. Elle place la
femme au centre en disant : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme
en droits ». Elle reprend la suite de l'article 1 de la DDHC, qui reconnaît les
distinctions sociales basées sur « l’utilité commune », indiquant qu'une société
peut rester égalitaire malgré des inégalités sociales si elles servent le bien
commun. Ce premier article est donc une réécriture audacieuse de l'article
premier de la DDHC de 1789, intégrant la femme et montrant que le terme «
homme » invisibilise les femmes. Le deuxième article réécrit également l'article
2 de la DDHC de 1789, en ajoutant la femme (« de la femme et de l’homme »),
soulignant le combat des femmes pour la reconnaissance. Olympe de Gouges
fonde la société sur la défense « des droits naturels et imprescriptibles de la
femme et de l’homme », mettant en avant la nature de ces droits. Elle énumère
les droits concernés : « la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance
à l’oppression ». En incluant le droit des femmes à résister à l'oppression, elle
légitime leur lutte pour l'égalité entre les sexes.
L’article 3, reprenant celui de la DDHC de 1789, affirme que « Le principe de
toute souveraineté réside essentiellement en la nation ». Le pouvoir appartient
désormais à l'ensemble des individus formant la Nation, et non plus à un
souverain ou à des groupes spécifiques. La souveraineté est donc détenue par
la communauté entière, sans distinction de groupes (« nul corps ») ou
d'individus (« nul individu ») défendant leurs intérêts personnels. La phrase « la
nation, qui n’est que la réunion de la femme et de l’homme » précise que la
nation inclut à la fois les femmes et les hommes. Olympe de Gouges rappelle
ainsi que les femmes doivent être incluses dans la définition de la nation. La
conjonction « et » exprime l'égalité entre les sexes, tandis que la négation
restrictive « ne… que » exclut toute définition de la Nation qui exclurait les
femmes.
L'article 4, intitulé « La liberté et la justice », déclare que la liberté des femmes
est limitée par la tyrannie des hommes. Cette formulation est une réécriture
ironique de l'article 4 de la DDHC de 1789, qui stipulait que la liberté des uns
s'arrête là où commence celle des autres. Olympe de Gouges utilise une
hyperbole, « tyrannie perpétuelle », pour dénoncer l'oppression masculine et
souligner que la Constitution doit rendre aux femmes leur liberté naturelle. Elle
soutient que cette liberté est intrinsèque et que la loi doit la restaurer, fondant
son argumentation sur les « lois de la nature » et celles de la « raison », des
principes incontestables selon elle.
L'article 5 précise que les lois doivent interdire les actions nuisibles à la société.
Olympe de Gouges décrit ces lois comme « sages et divines », indiquant que
leur autorité découle de leur alignement avec la nature et la raison, et non de
la royauté. Elle ne mentionne pas spécifiquement les femmes dans cet article,
indiquant que son plaidoyer s'étend à tous les membres de la société. Elle
insiste sur le fait que ces lois, en interdisant les comportements nuisibles,
garantissent également une grande liberté : « nul peut être contraint à faire ce
qu’elles n’ordonnent pas ». L'article 6 affirme que « La loi doit être l’expression
de la volonté générale », une modification subtile de l'article 6 de la DDHC de
1789. Olympe de Gouges critique la Constitution de 1789 pour son exclusion
des femmes, ajoutant que « toutes les citoyennes et tous les citoyens ont droit
de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation ». En
plaçant les femmes en premier, elle exprime la nécessité de leur inclusion et
leur participation active dans le processus législatif. Olympe de Gouges
conserve le principe fondamental d’égalité devant la loi, en insistant sur
l'égalité des « citoyennes » et des « citoyens » et leur admissibilité à toutes les
dignités, places et emplois publics selon leurs capacités et mérites. Elle milite
pour une société où les distinctions de mérite priment sur celles de naissance
ou de sexe, prônant la mobilité sociale pour les femmes aussi bien que pour les
hommes. Sa vision est celle d’une société juste et équitable, où la liberté et
l'égalité sont véritablement respectées pour tous.
Ainsi nous avons montré que cette réécriture féministe de la Déclaration des
droits de l’homme et du citoyen promeut l’égalité entre hommes et femmes.
Olympe de Gouges effectue des modifications subtiles mais significatives, qui
contestent les prétentions égalitaristes de la Déclaration de 1789. Elle reproche
à la Constitution d'avoir occulté les femmes et les place au cœur de sa
réécriture. En procédant ainsi, les principes révolutionnaires sont pleinement
réalisés, incluant tous les individus sans exception. Ces articles révèlent
l’enthousiasme d’une révolutionnaire maîtrisant le langage juridique et
désireuse de prolonger la Révolution. Le postambule s’adresse aux femmes
pour les encourager à défendre cette nouvelle constitution qui favorise leurs
intérêts.

Vous aimerez peut-être aussi