Table des matières
1 I Notion d’application 2
2 II Image directe et image réciproque 4
3 III Injections, surjections, bijections 7
Chapitre 3: Applications
1 I Notion d’application
Definition I.1.
Si E, F sont deux ensembles, une application f de E vers F est la donnée,
pour tout élément x de E, d’un unique élément y de F , que l’on note f (x).
On note alors l’application f par :
On note F(E, F ) ou F E l’ensemble des applications de E vers F .
Proposition-Définition I.2.
Étant donnnée f ∈ F(E, F ), on définit son graphe comme l’ensemble :
Γ = {(x, y) ∈ E × F | f (x) = y}
Le graphe vérifie l’assertion :
∀x ∈ E, ∃!y ∈ F, (x, y) ∈ Γ
Et tout sous-ensemble de E × F vérifiant cette assertion définit une
unique application de E dans F (autrement dit, une application est entiè-
rement déterminée par son graphe).
Exemple I.3.
On considère l’application f de {A; B; C} sur {a; b; c} définie par : f (A) =
b, f (B) = a et f (C) = b. On peut représenter f par un diagramme sagittaire,
ou par un diagramme cartésien :
Diagramme sagittaire.
Diagramme cartésien.
Définition I.4.
Si f : E → F est une application, et (x, y) ∈ E × F tel que f (x) = y. On
dit que :
1. y est l’image de x par f ;
2. x est un antécédent de x par f
Définition I.5.
Si E, F, G sont trois ensembles, f ∈ F(E, F ) et g ∈ F(F, G), on définit la
composée de g et f , notée g ◦ f , comme l’application de E dans G définie
par :
∀x ∈ E, (g ◦ f )(x) = g(f (x))
Proposition I.6.
La composition est associative : si f ∈ F(E, F ), g ∈ F(F, G) et h ∈
F(G, H), alors : (h ◦ g) ◦ f = h ◦ (g ◦ f ).
2 II Image directe et image réciproque
Définition II.1.
Soit f ∈ F(E, F ), A une partie de E et B une partie de F .
1. On appelle image directe de A l’ensemble :
f (A) = {f (x) | x ∈ A}
2. On appelle image réciproque de B l’ensemble :
f −1 (B) = {x ∈ E | f (x) ∈ B}
Remarque II.2.
Les images directes et réciproques correspondent aux assertions suivantes :
y ∈ f (A) ⇔ ∃x ∈ A, f (x) = y
x ∈ f −1 (B) ⇔ f (x) ∈ B
Définition II.3.
Si f ∈ F(E, F ), on appelle image de f , notée Im(f ), l’image directe de E
par f :
Im(f ) = f (E) = {f (x) | x ∈ E}
Si Im(f ) ⊂ B, pour une partie B de F , on dira que f est à valeurs
dans B.
Définition II.4.
Si f ∈ F(E, F ) et A ⊂ E, on dira que A est stable par f si f (A) ⊂ A.
Proposition II.5.
Soient f ∈ F(E, F ), A, B deux parties de E et C, D deux parties de F .
Alors :
1. A ⊂ B ⇒ f (A) ⊂ f (B) ;
2. f (A ∪ B) = f (A) ∪ f (B) ;
3. f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B) (Attention : on n’a pas égalité en général)
4. C ⊂ D ⇒ f −1 (C) ⊂ f −1 (D)
5. f −1 (C ∪ D) = f −1 (C) ∪ f −1 (D) ;
6. f −1 (C ∩ D) = f −1 (C) ∩ f −1 (D) ;
7. f −1 (C − D) = f −1 (C) − f −1 (D).
Démonstration.
1. Supposons que A ⊂ B :
y ∈ f (A) ⇒ ∃x ∈ A, f (x) = y
⇒ ∃x ∈ B, f (x) = y
⇒ y ∈ f (B)
Donc f (A) ⊂ f (B).
2. Montrons les deux inclusions :
(a) f (A ∪ B) ⊂ f (A) ∪ f (B) :
y ∈ f (A ∪ B) ⇒ ∃x ∈ A ∪ B, f (x) = y
(
∃x ∈ A, f (x) = y
⇒
ou ∃x ∈ B, f (x) = y
y ∈ f (A)
⇒
ou y ∈ f (B)
⇒ y ∈ (f (A) ∪ f (B))
(b) f (A) ∪ f (B) ⊂ f (A ∪ B) : On applique le résultat précédent à A ⊂
(A ∪ B) et B ⊂ (A ∪ B). On a donc : f (A) ⊂ f (A sup B) et f (B) ⊂ f (A ∪ B),
et donc : f (A) ∪ f (B) ⊂ f (A ∪ B).
3. soit y ∈ f (A ∩ B). Alors il existe x ∈ A ∩ B tel que y = f (x). Mais :
— comme x ∈ A : alors y ∈ f (A)
— comme x ∈ B : alors y ∈ f (B).
Et donc y ∈ f (A) ∩ f (B), ce qui prouve l’inclusion. L’autre inclusion est
fausse en général, comme le montre la remarque qui suit, donc il n’est pas
nécessaire de s’y attarder.
4. Supposons que C ⊂ D :
x ∈ f −1 (C) ⇒ f (x) ∈ C
⇒ f (x) ∈ D
⇒ x ∈ f −1 (D)
Donc f −1 (C) ⊂ f −1 (D).
5. Procédons par équivalences :
x ∈ f −1 (C ∪ D) ⇔ f (x) ∈ C ∪ D
f (x) ∈ C
⇔ ou f (x) ∈ D
x ∈ f −1 (C)
ou x ∈ f −1 (D)
⇔
⇔ x ∈ f −1 (C) ∪ f −1 (D)
6. Procédons par équivalences :
x ∈ f −1 (C ∩ D) ⇔ f (x) ∈ C ∩ D
f (x) ∈ C
⇔ et f (x) ∈ D
x ∈ f −1 (C)
et x ∈ f −1 (D)
⇔
⇔ x ∈ f −1 (C) ∩ f −1 (D)
7. Procédons par équivalences :
x ∈ f −1 (C − D) ⇔ f (x) ∈ C − D
f (x) ∈ C
⇔ et f (x) ∈
/D
x ∈ f −1 (C)
/ f −1 (D)
⇔ et x ∈
⇔ x ∈ f −1 (C) − f −1 (D)
3 III Injections, surjections, bijections
Définition III.1.
Soit f ∈ F(E, F ). On dit que f est :
1. injective si tout élément de F admet au plus un antécédent par f ;
2. surjective si tout élément de F admet au moins un antécédent par
f;
3. bijective si elle est injective et surjective, c’est-à-dire si tout élément
de F admet un unique antécédent par f .
Proposition III.2.
Si f ∈ F(E, F ), on a équivalence entre :
1. f est injective ;
2. ∀x, y ∈ E, x ̸= y ⇒ f (x) ̸= f (y) ;
3. ∀x, y ∈ R, f (x) = f (y) ⇒ x = y.
Proposition III.3.
De même, on a équivalence entre :
1. f est surjective
2. Im(f ) = F ;
3. ∀y ∈ F, ∃x ∈ E, f (x) = y.
Proposition-Définition III.4.
L’application f ∈ F(E, F ) est bijective si, et seulement si, elle vérifie :
∀y ∈ F, ∃!x ∈ E, f (x) = y
On peut alors définir l’application réciproque de f , notée f −1 , qui est
l’unique application définie par :
(
−1 F →E
f :
y 7→ x l’unique antécédent de y par f
Et on a alors : f ◦ f −1 = id F, f −1 ◦ f = id E, et f −1 est bijective avec
−1
f −1 = f.
Proposition III.5
Soient f ∈ F(E, F ) et g ∈ F(E, F ). Alors :
1. si g ◦ f est injective, alors f est injective ;
2. si g ◦ f est surjective, alors g est surjective.
Démonstration.
si x, y ∈ E, alors :
f (x) = f (y) ⇒ g(f (x)) = g(f (y)) ⇒ g ◦ f (x) = g ◦ f (y) ⇒ x = y
donc f est injective
2. soit z ∈ G. Il existe x ∈ E tel que : z = g ◦ f (x) = g(f (x)), donc
y = f (x) ∈ F vérifie g(y) = z. Donc g est surjective.
Proposition III.6.
Soient f ∈ F(E, F ) et g ∈ F(F, G). Alors :
1. si f et g sont injectives, alors g ◦ f est injective ;
2. si f est g sont surjectives, alors g ◦ f est surjective ;
3. si f et g sont bijectives, alors g ◦ f est bijective, et : (g ◦ f )−1 =
f −1 ◦ g −1 .
Démonstration. .
si x, y ∈ E, alors :
g ◦ f (x) = g ◦ f (y) ⇒ g(f (x)) = g(f (y)) ⇒ f (x) = f (y) ⇒ x = y
2. si z ∈ G, il existe y ∈ F tel que g(y) = z. De même, il existe x ∈ E tel
que f (x) = y. Et donc : z = g ◦ f (x).
3. Posons h = f −1 ◦ g −1 . Alors :
−h ◦ (g ◦ f ) = f −1 ◦ g −1 ◦ g ◦ f = f −1 ◦ f = idE ;
−(g ◦ f ) ◦ h = g ◦ f ◦ f −1 ◦ g −1 = g ◦ g −1 = idG
ce qui donne bien le résultat.