Coursalgbre 1
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Cours Algèbre 1
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Bououden Rabah
Centre universitaire de Mila
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Centre Universitaire
AbdelhAfid boussouf MilA
Institut des Sciences et de la Technologie Département de Mathématiques et Informatique
Algèbre 1
BOUOUDEN RABAH
Introduction 4
1 Notions de logique 5
1.1 Assertions (Propositions) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Les connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Négation, conjonction, disjonction . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Implication, équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Les quantificateurs mathématiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.1 Règles de négation d’une assertion quantifiée . . . . . . . . 11
1.4 Les différents modes de démonstration en mathématiques . . . . . 12
1.4.1 Raisonnement direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.2 Cas par cas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.3 Contraposée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.4 Absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.5 Contre-exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.6 Récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3 Structures algébriques 29
3.1 Loi de composition interne (LCI) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.2 Groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
1
Contents 2
4 Anneaux de polynômes 44
4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.2 Arithmétique des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.1 Polynômes associés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.2 Division . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.3 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2.4 Polynômes irréductibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.2.5 Plus grand diviseur commun . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2.6 Factorisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.3 Fonctions polynomiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
Bibliographie 53
Table des figures
2.1 Diagramme sagittal d’une relation R de graphe GR = {(1, b), (2, a), (3, d), (5, c)} 19
3
Introduction
Nous espérons que ce polycopié réponde aux attentes des étudiants et qu’il les
aidera à réussir.
4
Chapitre 1
Notions de logique
Définition 1.1.
Une assertion est une phrase soit vraie, soit fausse, pas les deux en même temps.
Exemple 1.1.
Si l’assertion est vraie, nous lui attribuons la valeur 1, (ou V ) ; si elle est fausse,
nous lui attribuons la valeur logique 0, (ou F ).
P
1
0
5
Chapter 1. Notions de logique 6
Définition 1.2.
La négation de l’assertion P est l’assertion noté non(P ) (ou parfois P̄ ) qui est vrai
lorsque P est faux, et est faux lorsque P est vrai.
P P̄
1 0
0 1
Exemple 1.2.
Définition 1.3.
Soient P et Q deux prédicats.
1. L’assertion « P et Q », appelé conjonction de P et Q, est une assertion qui
est vrai lorsque P et Q sont vrais simultanément, et faux dans tous les autres
cas. On le note aussi « P ∧ Q ».
2. L’assertion « P ou Q », appelé disjonction de P et Q, est une assertion qui
est vrai lorsque l’un au moins des deux assertions P et Q est vrai, et faux
lorsque les deux sont faux. On le note aussi « P ∨ Q ».
Chapter 1. Notions de logique 7
P Q P ∧Q
1 1 1
0 1 0
1 0 0
0 0 0
P Q P ∨Q
1 1 1
0 1 1
1 0 1
0 0 0
Les tables de vérité des deux connecteurs logiques « et » et « ou » sont définis par
les tableaux (1.3) et (1.4).
Exemple 1.3.
« 10 est divisible par 2 » (c’est une assertion) est vrai. « 10 est divisible par 3 »
(c’est aussi une assertion) est faux. Ainsi, « P et Q » (c’est encore une assertion)
est faux. En revanche, « P ou Q » est vrai.
Définition 1.4.
Soient P et Q deux assertions.
1. L’assertion « P ⇒ Q », appelé implication de P vers Q et on lit « P implique
Q » ou encore « P entraîne Q », est une assertion qui est faux lorsque P est
vrai et Q est faux, et vrai dans tous les autres cas.
2. L’assertion « P ⇔ Q », appelé équivalence de P et de Q et on lit « P équivaut
à Q », est un assertion qui est vrai lorsque P et Q sont simultanément vrais
ou faux, et faux dans tous les autres cas.
P Q P =⇒ Q
1 1 1
1 0 0
0 1 1
0 0 1
P Q P ⇔Q
1 1 1
0 1 0
1 0 0
0 0 1
Observons que l’implication de P vers Q, telle qu’elle est définie ci-dessus, englobe
la notion d’implication du langage courant : « Si P alors Q ». En effet, si P ⇒ Q
est vrai, et si P vrai, alors Q est vrai (ce qui correspond à la première ligne de la
table de vérité de P ⇒ Q.
Remarquons qu’au sens du langage courant, une implication exprime une relation
de cause à effet. Ici, la cause est P et l’effet est Q. Elle signifie que pour avoir
l’effet, il suffit d’avoir la cause, et en ce sens, on dit parfois que P est une condition
suffisante pour Q. Elle signifie aussi que la situation où il y a la cause mais pas
l’effet est impossible (ce qui correspond à la deuxième ligne de la table de vérité de
P ⇒ Q. Bien entendu, s’il n’y a pas la cause, il peut tout de même y avoir l’effet
(on retrouve ici la troisième ligne de la table de vérité de P ⇒ Q. Enfin, il se peut
qu’il n’y ait ni la cause, ni l’effet (ce qui correspond cette fois-ci à la quatrième
ligne de la table de vérité de P ⇒ Q.
Remarque 1.5.
1.2.3 Propriétés
Définition 1.6.
Soient P et Q deux assertions (composés ou non).
1. Si P est vrai lorsque Q est vrai et si P est faux lorsque Q est faux alors
on dit que P et Q ont la même table de vérité ou qu’ils sont logiquement
équivalents, et on note P ⇔ Q.
2. Dans le cas contraire, on note P < Q.
Exemple 1.4.
Soient P , Q, R trois assertions. Alors :
1. P̄¯ ⇔ P .
2. (P ∧ P ) ⇔ P . De même, (P ∨ P ) ⇔ P .
3. (P ∧ Q) ⇔ (Q ∧ P ), (P ∨ Q) ⇔ (Q ∨ P ).
4. (P ∧ Q) ∧ R ⇔ P ∧ (Q ∧ R), (P ∨ Q) ∨ R ⇔ P ∨ (Q ∨ R).
5. (P ∧ (Q ∨ P ) ⇔ P .
6. (P ⇔ Q ⇔ (Q ⇔ P ).
7. P ∧ (Q ∨ R) ⇔ (P ∧ Q) ∨ (P ∧ R), P ∨ (Q ∧ R) ⇔ (P ∨ Q) ∧ (P ∨ R).
8. P ∧ Q ⇔ P ∨ Q, P ∨ Q ⇔ P ∧ Q.
9. L’assertion composé ((P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ R)) ⇒ (P ⇒ R) est vrai quelles que
soient les valeurs de vérité de P , Q et R.
10. L’assertion composé ((P ⇔ Q) ∧ (Q ⇔ R)) ⇒ (P ⇔ R) est vrai quelles que
soient les valeurs de vérité de P , Q et R.
11. (P ⇒ Q) ⇔ (P ∨ Q).
12. (P ⇒ Q) ⇔ (P ∧ Q).
13. (P ⇒ Q) ⇔ (Q ⇒ P ).
14. (P ⇔ Q) ⇔ ((P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ P )).
Définition 1.7.
Soit E un ensemble. On appelle prédicat sur E un énoncé contenant des lettres
appelées variables tel que quand on remplace chacune de ces variables par un
élément de E, on obtienne une assertion (proposition).
Chapter 1. Notions de logique 10
Exemple 1.5.
L’énoncé P (n) défini par « n est un multiple de 2 » est un prédicat sur N. Il
devient une assertion quand on donne une valeur entière à n. Par exemple,
1. l’assertion P (10) définie par « 10 est un multiple de 2 » obtenue en rempla-
çant n par 10 est vraie ;
2. l’assertion P (11) définie par « 11 est un multiple de 2 » obtenue en rempla-
çant n par 11 est fausse.
Définition 1.8.
Soit P (x) un prédicat défini sur un ensemble E.
1. Le quantificateur « quel que soit » (appelé aussi « pour tout») noté ∀, permet
de définir l’assertion quantifiée «∀x ∈ E P (x)» qui est vraie lorsque tous
les éléments x de E vérifient P (x).
2. Le quantificateur « il existe », noté : ∃, permet de définir l’assertion quantifiée
«∃x ∈ E P (x)» qui est vraie lorsqu’on peut trouver (au moins) un élément
x appartenant à E vérifiant l’énoncé P (x).
Exemple 1.6.
.
2. La négation de « il existe un élément x de E pour lequel l’énoncé P (x) est
vrai» est « pour tout élément x de E l’énoncé P (x) est faux ».
Exemple 1.7.
1. La négation de (∀x ∈ [0, +∞[ (x2 ≥ 1)) est (∃x ∈ [0, +∞[ (x2 < 1)).
2. La négation de (∃z ∈ C z 2 + z + 1 = 0) est (∀z ∈ C z 2 + z + 1 6= 0).
3. Ce n’est pas plus difficile d’écrire la négation de phrases complexes. Pour
l’assertion :
∀x ∈ R ∃y > 0 (x + y > 10),
sa négation est
∃x ∈ R ∀y > 0 (x + y ≤ 10).
Remarque 1.9.
L’ordre des quantificateurs est très important. Par exemple les deux phrases lo-
giques
Si l’on souhaite vérifier une assertion P(x) pour tous les x dans un ensemble E,
on montre l’assertion pour les x dans une partie A de E, puis pour les x
n’appartenant pas à A. C’est la méthode de disjonction ou du cas par cas.
1.4.3 Contraposée
(P ⇒ Q) ⇔ (Q ⇒ P ). (1.1)
Donc si l’on souhaite montrer l’assertion (P ⇒ Q), on montre en fait que si Q est
vraie alors P est vraie.
1.4.4 Absurde
1.4.5 Contre-exemple
Si l’on veut montrer qu’une assertion du type ∀x ∈ E P (x) est vraie alors pour
chaque x de E il faut montrer que P (x) est vraie. Par contre pour montrer que
cette assertion est fausse alors il suffit de trouver x ∈ E tel que P (x) soit fausse.
(Rappelez-vous la négation de ∀x ∈ E P (x) est ∃x ∈ E P (x)
Trouver un tel x c’est trouver un contre-exemple à l’assertion ∀x ∈ E P (x).
1.4.6 Récurrence
1.5 Exercices
Exercice 1.10.
Soit P , Q et R trois propositions. Démontrer que
1. P ∧ (Q ∨ R) ≡ (P ∧ Q) ∨ (P ∧ R), P ∨ (Q ∧ R) ≡ (P ∨ Q) ∧ (P ∨ R).
2. P ∧ Q ≡ P ∨ Q, P ∨ Q ≡ P ∧ Q.
Chapter 1. Notions de logique 14
3. (P ⇒ Q) ≡ (P ∨ Q).
4. (P ⇒ Q) ≡ (P ∧ Q).
5. (P ⇒ Q) ≡ (Q ⇒ P ).
Exercice 1.11.
Soit f : R −→ R une fonction. Nier les assertions suivantes :
1. ∀x ∈ R, f (x) 6= 0.
2. ∀M > 0, ∃A > 0, ∀x ≥ A, f (x) > M .
3. ∀x ∈ R, f (x) > 0 ⇒ x ≤ 0.
4. ∀ > 0, ∃η > 0, ∀(x, y) ∈ I 2 , (|x − y| ≤ η ⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ).
2.1 Ensembles
Définition 2.1.
Si E = {a, b, . . .} est l’ensemble dont les éléments sont a, b, . . . , on dit que E
est défini en extension. Si E = {x, P (x)} est l’ensemble des x qui satisfont la
proposition P , on dit que E est défini en compréhension.
Définition 2.2.
Remarque 2.4.
On a toujours
1. E ⊂ E (réflexivité).
2. Si F ⊂ E et G ⊂ F alors G ⊂ E (transitivité).
3. (E = F ) ⇔ [(E ⊂ F ) et (F ⊂ E)] (antisymétrie)
15
Chapter 2. Ensembles, relations et applications. 16
F c = {x ∈ E, x ∈
/ F }. (2.1)
Proposition 2.6.
On a toujours
1. (F c )c = F .
2. F ⊂ G ⇔ Gc ⊂ F c
Démonstration.
1. évident.
2. Supposons que F ⊂ G.
Soit x ∈ Gc ⇒ x ∈ / F (car F ⊂ G) ⇒ x ∈ F c . Alors Gc ⊂ F c .
/G⇒x∈
Proposition 2.8.
On a toujours
1. E ∩ F = F ∩ E (commutativité).
2. E ∩ (F ∩ G) = (E ∩ F ) ∩ G (associativité).
3. (E ⊂ F ∩ G) ⇔ [(E ⊂ F ) et (E ⊂ G)]
E ∩ F = {x, x ∈ E ou x ∈ F }. (2.3)
Proposition 2.10.
On a toujours
Chapter 2. Ensembles, relations et applications. 17
1. (F ∩ G)c = F c ∪ Gc .
2. (F ∪ G)c = F c ∩ Gc .
Démonstration.
1. Soit x ∈ (F ∩ G)c ⇔ x ∈
/ (F ∩ G) ⇔ x ∈ / G ⇔ x ∈ F c ∨ x ∈ Gc
/ F ∨x ∈
⇔ x ∈ F c ∪ Gc . Alors (F ∩ G)c = F c ∪ Gc .
2. Similaire que (1).
2.2 Relations
Exemple 2.1.
R7,
Ainsi, on a que 1R7, puisque 2 divise −6 = (1 − 7) . Notons que 18@
@
puisque 2 ne divise pas 11 = (18 − 7) .
4. La correspondance R0 qui lie les chiffres aux voyelles utilisées pour écrire le
chiffre en toutes lettres est une relation de l’ensemble {0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9}
vers l’ensemble {a, e, i, 0, u, y}.
On a par exemple 0R0 e, 0R0 0, 0Z
R 0
R
Za, 9Z
0 0 0
Zy, 6R i et 1R u
Exemple 2.2.
Remarque 2.16.
Étant donné deux relations R = (A, B, R) et R0 = (A0 , B 0 , R0 ) , l’affirmation
les relations R et R0 sont égales signifie que A = A0 , B = B 0 et R = R0 : même
source, même but et même graphe.
Nous nous intéressons ici aux principales propriétés que peut posséder ou non une
telle relation binaire.
Définition 2.17.
Soit R, une relation (binaire) sur un ensemble A. On dit que R est
1. réflexive lorsque pour tout a ∈ A, on a a R a ;
2. symétrique lorsque pour tout couple (a, b) ∈ A2 , a R b impliquent b R a ;
3. transitive lorsque pour tout trio d’éléments a, b, c ∈ A, (a R b et b R c)
impliquent (a R c) ;
4. antisymétrique lorsque pour tout (a, b) ∈ A2 si ( a R b et b R a), alors
(a = b).
Exemple 2.3.
Définition 2.18.
Soit R une relation sur un ensemble A.
1. R est dite relation d’équivalence si R est réflexive, symétrique et transitive.
2. Si R est une relation d’équivalence, alors
(a) Pour chaque a ∈ A l’ensemble ȧ = {x ∈ A/xRa} est appelé classe
d’équivalence de a modulo R.
(b) L’ensemble A/R = {ȧ/a ∈ A} est appelé l’ensemble quotient de A
par R.
Définition 2.19.
Soit R une relation sur un ensemble A.
1. R est dite relation d’ordre si R est réflexive, antisymétrique et transitive.
2. (a) Si R est une relation d’ordre, on écrit souvent ≤R au lieu de R.
(b) ≤R est dite relation d’ordre total, si
∀x, y ∈ A : (x ≤R y) ∨ (y ≤R x)
.
(c) ≤R est une relation d’ordre partiel, si
Remarque 2.20.
Deux éléments x et y sont dits comparables par ≤R , si x ≤R y ou y ≤R x.
2.3.1 Fonctions
Définition 2.22.
f: E → F
x 7→ f (x) .
Chapter 2. Ensembles, relations et applications. 23
Définition 2.23.
Soit la fonction f : E → F , A est une partie de E et B est une partie de F .
1. L’image de A par f est
Définition 2.24.
g◦f : E → G
x 7→ g(f (x)) .
2.3.2 Applications
Définition 2.25.
Une fonction f est une application si tout élément de E à (exactement) une image
dans F. On note F(E, F ) l’ensemble de toutes les applications de E dans F.
Une fonction f est une application si et seulement si son domaine de définition est
E tout entier.
Proposition 2.26.
Soit f : E → F une application.
(b) On a toujours
f (A ∪ B) = f (A) ∪ f (B)
Chapter 2. Ensembles, relations et applications. 24
(c) On a toujours
f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B.)
(b) On a toujours
f −1 (A ∪ B) = f −1 (A) ∪ f −1 (B)
(c) On a toujours
f −1 (A ∩ B) = f −1 (A) ∩ f −1 (B) .
3.
Définition 2.27.
Proposition 2.29.
Démonstration.
2.4 Exercices
Exercice 2.30.
Soit E = {a, b, c} un ensemble. Peut-on écrire :
Chapter 2. Ensembles, relations et applications. 26
1) a ∈ E, 2) a ⊂ E, 3) {a} ⊂ E, 4) ∅ ∈ E, 5) ∅ ⊂ E, 6) {∅} ⊂ E ?
Exercice 2.31.
Soient A =] − ∞, 3], B =] − 2, 7[ et C =] − 5, +∞[ trois parties de R.
Déterminer A ∩ B, A ∪ B, B ∩ C, B ∪ C, Ac , A\B, Ac ∩ B c , (A ∪ B)c , (A ∩
B) ∪ (A ∩ C) et A ∩ (B ∪ C) .
Exercice 2.32.
Écrire l’ensemble des parties de E = a, b, c, d et donné une partition de E.
Exercice 2.33.
A, B et C trois parties d’un ensemble E. Montrer que :
1. A\B = A ∩ B C .
2. A4B = (A ∪ B)\(A ∩ B).
3. A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C).
4. A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C).
Exercice 2.34.
Dire si les relations suivantes sont réflexives, symétriques, antisymétriques, tran-
sitives :
1. E = R et xRy ⇔ x = −y.
2. E = R et xRy ⇔ cos2 (x) + sin2 (y) = 1.
3. E = N et xRy ⇔ ∃p, q ≥ 1, y = pxq (p et q sont des entiers).
Quelles sont parmi les exemples précédents les relations d’ordre et les relations
d’équivalence ?
Exercice 2.35.
Soit R une relation d’équivalence sur un ensemble non vide E. Montrer que
Exercice 2.36.
Soit R3 la relation définie dans Z par : xR3 y ⇔ 3 divise x − y.
1. Montrer que R3 est une relation d’équivalence. Elle est appelée congruence
modulo 3 et on note x ≡ y mod (3) au lieu de xR3 y.
2. Pour tout x ∈ Z, déterminer la classe de x modulo 3.
3. On note Z/3Z l’ensemble quotient de Z par R3 . Quel est son cardinal ?
Exercice 2.37.
On définit sur N∗ la relation R par : xR y si et seulement si x divise y.
Chapter 2. Ensembles, relations et applications. 27
(b) On a toujours
f (A ∪ B) = f (A) ∪ f (B)
(c) On a toujours
f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B.)
(b) On a toujours
f −1 (A ∪ B) = f −1 (A) ∪ f −1 (B)
(c) On a toujours
f −1 (A ∩ B) = f −1 (A) ∩ f −1 (B) .
3.
Exercice 2.39.
Soit f l’application de R dans R définie par f (x) = x2 + x − 2.
1. Donner la définition de f −1 (4). Calculer f −1 (4).
2. L’application f est-elle bijective ?
3. Donner la définition de f ([−1, 1]). Calculer f ([−1, 1]).
4. Donner la définition de f −1 ([−2, 4]). Calculer f −1 ([−2, 4]).
Exercice 2.40.
2x
Soit f : R −→ R définie par f (x) = .
1 + x2
1. f est-elle injective ? surjective ?
Chapter 2. Ensembles, relations et applications. 28
Exercice 2.41.
Soient f une application de E dans F , g une application de F dans G et h = g ◦ f .
1. Montrer que si h est injective, f l’est aussi et que si h est surjective, g l’est
aussi.
2. Montrer que si h est surjective et g injective, alors f est surjective.
3. Montrer que si h est injective et f surjective alors g est injective.
Chapitre 3
Structures algébriques
Définition 3.1.
Soit E un ensemble non vide.
1. On appelle loi de composition interne sur E une application de E × E
dans E. Si T désigne cette application, alors l’image du couple (x, y) ∈ E ×E
par T s’écrit xT y .
2. On appelle ensemble structuré tout couple (E, T ) où E est un ensemble
non vide et T une loi de composition interne sur E.
Exemple 3.1.
Les lois de compositions internes les plus courantes sont :
1. + dans N, N∗ , Z, Q, R, C. et mais pas sur Z∗ , Q∗ , R∗ , C∗
2. − dans Z, Q, R, C.
3. × dans N, N∗ , Z, Q, R, C.
4. / dans Q∗ , R∗ , C∗ .
5. 0 (composition des applications) dans l’ensemble des applications de E dans
E.
6. La loi ⊕ définie sur R2 par (x1 , y1 ) ⊕ (x2 , y2 ) = (x1 + x2 , y1 + y2 ) .
7. La loi T définie sur R par xT y = x + y − xy .
8. Les lois ∪, ∩ (union, intersection) définies sur P (E) (ensemble des parties
d’un ensemble E).
29
Chapter 3. Structures algébriques 30
Exemple 3.2.
L’addition et la multiplication sont associatives et commutatives sur N, Z, Q, R,
C.
∀x ∈ E, xT e = eT x = x.
.
2. Si (E, T ) possède un élément neutre e alors un élément x de E est dit symé-
trisable pour la loi T s’il existe un élément x0 de E tel que :
xT x0 = x0 T x = e
.
L’élément x0 est alors appelé élément symétrique de x pour la loi T .
Proposition 3.4.
Soit (E, T ) un ensemble structuré. Si l’élément neutre de E pour la loi T existe,
alors il est unique.
Proposition 3.5.
Soit (E, T ) un ensemble structuré pour lequel la loi T est associative et admet un
élément neutre.
1. Si x ∈ E est symétrisable, alors son symétrique est unique.
2. Si x ∈ E et y ∈ E sont symétrisables alors xT y est symétrisable et son
symétrique (xT y)0 est donné par (xT y)0 = y 0 T x0 où x0 désigne le symétrique
de x et y 0 celui de y.
Chapter 3. Structures algébriques 31
Démonstration.
D’autre part
3.2 Groupes
Définition 3.6.
Soit (G, T ) un ensemble structuré.
1. On dit que (G, T ) est un groupe si
(a) la loi T est associative sur G,
(b) il existe un élément neutre pour la loi T dans G,
(c) tout élément de G est symétrisable pour la loi T .
On dit aussi que l’ensemble G possède une structure de groupe pour la
loi T .
2. On dit que le groupe (G, T ) est commutatif (ou abélien) si la loi T est
commutative sur G.
Exemple 3.3.
On fournit d’abord des exemples de groupes
1. Z, Q, R, C munis de la somme.
2. Z∗ , Q∗ , R∗ munis du produit.
Exemple 3.4.
Pour diverses raisons (à déterminer), les couples suivants ne sont pas des groupes :
Chapter 3. Structures algébriques 32
Proposition 3.8.
L’ensemble H ⊂ G est un sous-groupe d’un groupe (G, ∗) si et seulement si
1. H 6= ∅,
2. ∀(x, y) ∈ H 2 , x ∗ y ∈ H,
3. ∀x ∈ H, x0 ∈ H.
Exemple 3.5.
Proposition 3.9.
L’ensemble H ⊂ G est un sous-groupe d’un groupe (G, ∗) si et seulement si
1. H 6= ∅,
2. ∀(x, y) ∈ H 2 , x ∗ y 0 ∈ H,
Proposition 3.10.
L’intersection quelconque de sous groupes d’un groupe (G, ∗) est un sous groupe
de (G, ∗).
Démonstration.
T
Soit donc (Hi ) i ∈ I une famille de sous groupes d’un groupe G . Posons K = Hi
i∈I
l’intersection de tous les Hi . L’ensemble K est non-vide, car il contient le neutre
e puisque celui-ci appartient à chacun des sous-groupes Hi . Soient x et y deux
éléments de K. Pour tout i ∈ I, on a x ∗ y 0 ∈ Hi puisque Hi est un sous-groupe.
Donc x ∗ y 0 ∈ K. Ce qui prouve que K est un sous-groupe de G.
Chapter 3. Structures algébriques 33
Remarque 3.11.
L’union quelconque de sous groupes d’un groupe (G, ∗), n’est pas nécessairement
un sous groupe de (G, ∗).
Exemple 3.6.
Soit T la loi de composition intèrne défini sur R2 par
On a (R2 , T ) est un groupe, R × {0} et {0} × R sont deux sous groupes de (R2 , T )
{0} × R ne forme pas un sous-groupe de (R2 , T ).
S
mais R × {0}
Proposition 3.12.
L’union de deux sous-groupes H et K d’un même groupe (G, ∗),est un sous-groupe
(H ∪ K < G) si, et seulement si, H ⊂ K ou K ⊂ H.
Démonstration.
Supposons que H ∪K soit un sous-groupe de G et que H ne soit pas inclus dans K,
c’est-à-dire, qu’il existe h ∈ H tel que h ∈
/ K. Montrons que K ⊂ H. Soit k ∈ K
/ K car sinon h = (h ∗ k) ∗ k 0 ∈ K.
quelconque. On a h ∗ k ∈ H ∩ K. Mais h ∗ k ∈
D’où h ∗ k ∈ H et donc k = h0 ∗ (h ∗ k) ∈ H.
Il est d’abord clair que si n est un entier que l’on peut supposer positif et non
nul, l’ensemble nZ des entiers relatifs de la forme nk, k décrivant Z (ensemble des
multiples de n), est un sous-groupe additif de (Z, +).
Proposition 3.13.
Tout sous-groupe de (Z, +) est de la forme nZ.
•
• •
Z/nZ = {0, 1, ..., n[
− 1}.
• • • • • • • • •
Par exemples : Z/2Z = {0, 1}, Z/3Z = {0, 1, 2}, Z/4Z = {0, 1, 2, 3} et Z/6Z =
• • • • • •
{0, 1, 2, 3, 4, 5}.
•
• • •
∀x, y ∈ Z/nZ x + y = x[
+ y.
•
• • •
∀x, y ∈ Z/nZ x × y = x[
× y.
Proposition 3.14.
•
L’ensemble (Z/nZ, +) est un groupe additif commutatif (groupe quotient de Z par
la relation de congruence).
Définition 3.15.
Soit E un ensemble. Une permutation de E est une bijection de E dans E. On
note SE l’ensemble des permutations de E. Si E = {1, ..., n} on le note simplement
Sn . L’ensemble SE muni de la loi de composition des applications est un groupe
de neutre e = id appelé groupe symétrique sur l’ensemble E.
Chapter 3. Structures algébriques 35
Exemple 3.7.
Supposons E = {1, 2, 3, 4, 5} on notera une permutation σ ∈ S5 de la manière
suivante : !
1 2 3 4 5
σ=
3 5 2 1 4
De plus
1. Si G = H et ∗ = T , on parle d’endomorphisme.
2. Si f est bijective, on parle d’isomorphisme.
3. Si f est un endomorphisme bijectif, on parle d’automorphisme.
Exemple 3.8.
x 7−→ 2x réalise un automorphisme de (R, +).
Exemple 3.9.
L’application f : R → R∗+ qui à tout nombre réel associe son exponentielle est un
morphisme de groupes de R muni de l’addition dans R∗+ muni de la multiplication,
car : exp(x + y) = exp(x). exp(y), pour tous x, y ∈ R.
Démonstration.
D’autre part
f (x)T f (x0 ) = f (x ∗ x0 ) = f (eG ) = eH .
Définition 3.18.
Soit f un Homomorphisme de G dans H.
1. Le noyau de f , noté Ker(f ) est l’ensemble des antécédents par f de eH :
Remarque 3.19.
D’après les deux derniers points de la proposition (3.17), le noyau et l’image de f
sont des sous-groupes respectifs de G et H.
Proposition 3.20.
Soit f un Homomorphisme de (G, ∗) dans (H, T ).
1. f est surjective si et seulement si Im(f ) = H.
2. f est injectif si et seulement si Ker(f ) = {eG }.
Démonstration.
Le point (1) est immédiat par définition même de la surjectivité. Pour montrer le
(2), supposons d’abord que f est injective. Soit x ∈ Ker(f ). On a f (x) = eH , et
puisque f (eG ) = eH comme on déduit que f (x) = f (e), qui implique x = eG par
injectivité de f . On conclut que Ker(f ) = {eG }. Réciproquement, supposons que
Ker(f ) = {eG } et montrons que f est injective. Pour cela , considérons x, y ∈ G
tels que f (x) = f (y). On a alors f (x)T f (y)0 = eH , donc f (x ∗ y 0 ) = eH , c’est-à-
dire x ∗ y 0 ∈ Ker(f ). L’hypothèse Ker(f ) = {eG } implique alors x ∗ y 0 = eG , d’où
x = y. L’injectivité de f est ainsi montrée, ce qui achève la preuve.
Définition 3.21.
Un anneau est un ensemble muni de deux LCI (A, ∗, T ) tels que :
1. (A, ∗) est un groupe commutatif d’élément neutre noté 0A .
2. La loi T est une LCI sur A associative et distributive à gauche et à droite
par rapport à ∗ :
∀x, y, z ∈ A, xT (y ∗ z) = xT y ∗ xT z et (x ∗ y)T z = xT z ∗ yT z.
Exemple 3.10.
(Z, +, ×), (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont des anneaux bien connus.
Remarque 3.22.
Définition 3.23.
Exemple 3.11.
1. (Z, +, ×) des entiers relatifs est intègre : il ne possède aucun diviseur de zéro.
2. L’anneau Z/6Z des classes résiduelles modulo 6 n’est pas intègre puisque
• • • • • •
2 × 3 = 6, donc 2 × 3 = 0. De même Z/4Z.
Proposition 3.24.
Soit (A, +, ×) un anneau. Les règles de calcul dans les anneaux sont les suivantes :
1. x × 0A = 0A × x = 0A . L’élément 0A est alors dit absorbant pour la loi ×).
2. ∀(x, y) ∈ A2 , (−x) × y = x × (−y) = −(x × y).
3. ∀x ∈ A, (−1A ) × x = −x.
4. ∀(x, y) ∈ A2 , (−x) × (−y) = x × y.
5. ∀(x, y, z) ∈ A3 , x × (y − z) = x × y − x × z et (y − z) × x = y × x − z × x.
Démonstration.
4. Laisser au lecteur.
5. Laisser au lecteur.
Notations et conventions
Soit (A, ∗, T ) un anneau. Soient n un entier naturel non nul et x un élément de A.
1. On note nx l’élément de A qui est égal à la composition par la première loi
∗ de n termes égaux à x. Autrement dit, pour tous n ∈ N∗ et x ∈ A,
| ∗ x {z
nx = x ∗ ... ∗ x} .
n termes
3.3.1 Sous-anneaux
Définition 3.25.
Soit (A, ∗, T ) un anneau. Une partie non vide A1 de A est un sous-anneau de A
lorsque :
1. 1A ∈ A1 ;
2. les lois ∗ et T induisent des LCI sur A1 , et, muni de ces lois, (A1 , ∗, T ) est
un anneau.
Proposition 3.26.
Une partie A1 de A est un sous-anneau si et seulement si
1. (A1 , ∗) est un sous-groupe de (A, ∗) ;
2. 1A ∈ A1 ;
Chapter 3. Structures algébriques 40
Exemple 3.12.
(Z, ∗, T ) est un sous anneau de (Q, ∗, T ) qui est un sous anneau de (R, ∗, T )
qui est un sous anneau de (C, ∗, T )
Définition 3.27.
Soient (A, +A , ×A ) et (B, +B , ×B ) deux anneaux. Un homomorphisme d’anneaux
de A vers B est une application de A vers B telle que :
1. f (1A ) = 1B ;
2. pour tout x, y ∈ A, f (x+A y) = f (x)+B f (y) et f (x×A y) = f (x)×B f (y).
Proposition 3.29.
Une partie I de A est un idéal d’un anneau (A, +, ×) ssi
1. I contient l’élément zéro 0A ,
2. pour tous x, y ∈ I : x − y ∈ I,
3. ∀a ∈ A, ∀x ∈ I : ax ∈ I.
Exemple 3.13.
1. Tout anneau non trivial a au moins deux idéaux, l’idéal trivial {0} et A
lui-même. Les idéaux de A distincts de A sont dits propres.
2. Tout élément x de A permet de définir un idéal principal :
C’est le plus petit idéal qui contient a, on dit qu’il est engendré par a. Si a
est inversible (et seulement dans ce cas), aA = A.
Chapter 3. Structures algébriques 41
1. Un corps est un anneau commutatif dans lequel tout élément non nul est
inversible.
2. Si, de plus, la seconde loi × est commutative sur K alors on dit que le corps
(K, +, ×) est commutatif.
Exemple 3.14.
(Q, +, ×) et (R, +, ×) sont des corps commutatif.
Exemple 3.15.
(Q, +, ×) et un sous corps de(R, +, ×).
Proposition 3.32.
Soit (K, +, ×). Un sous partie K1 de K est un sous corps si et seulement si
1. (K1 , +) soit un sous-groupe de K,
2. pour tous x et y de K1 , x × y ∈ K1 (stabilité de K1 pour la loi ×),
3. K1 contient l’élément unité de K et l’inverse de tout x de K1 dans (K, ×)
est élément de K1 .
Chapter 3. Structures algébriques 42
3.5 Exercices
Exercice 3.33.
On considère sur R la loi de composition ∗ définie par x ∗ y = x + y − xy. Cette
loi est-elle associative, commutative ? Admet-elle un élément neutre ? Un réel x
admet-il un inverse pour cette loi ? Donner une formule pour la puissance n − ime
d’un élément x pour cette loi.
Exercice 3.34.
Soit ∗ la loi définie sur R par x ∗ y = x × y + (x2 − 1) × (y 2 − 1). avec + et × les
opérations usuelles sur R.
1. La loi ∗ est-elle associative sur R ? Commutative sur R ? Vérifier que R
possède un élément neutre pour la loi ∗. Cette loi confère-t-elle à R. une
structure de groupe ?
2. Calculer le(s) symétrique(s) du réel 2 pour la loi ∗.
3. Résoudre les équations suivantes : 2 ∗ x = 2, 2 ∗ x = 5.
Exercice 3.35.
Soit G un ensemble muni d’une loi de composition interne ∗ associative, qui pos-
sède un élément neutre à droite e (i.e. ∀x ∈ E, x ∗ e = x)) et tel que tout élément
x possède un inverse à droite x0 (ie x ∗ x0 = e).
Montrer que G est un groupe.
Exercice 3.36.
Exercice 3.37.
Soit (G, .) un groupe non commutatif d’élément neutre e. Pour a ∈ G, on définit
une application fa par
fa : G → G
x 7→ fa (x) = a ∗ x ∗ a−1
Chapter 3. Structures algébriques 43
Exercice 3.38.
1. Donner les six éléments de S3 . Faire une table pour la loi de groupe de S3 .
2. Quel est l’inverse de !
1 2 3
σ=
2 1 3
.
3. Déterminer le sous-groupe engendré par
!
1 2 3
σ=
2 1 3
.
4. Déterminer tous les sous-groupes de S3 .
Chapitre 4
Anneaux de polynômes
4.1 Définitions
Définition 4.1.
Soit (A, +, .) un anneau unitaire et commutatif.
On appelle polynôme P à une indéterminée X et à coefficients dans A toutes
écriture algébrique de la forme
a0 + a1 X + a2 X 2 + ... + an Xn + ...
Définition 4.2.
On appelle polynôme à une indéterminée x à coefficients dans A toute suite P =
(an )n∈N d’éléments de A tous nul à partir d’un certain rang.
Les polynômes sont munis des opérations usuelles d’addition, de produit de poly-
nômes et de multiplication par un scalaire λ ∈ A : soient P = (an )n∈N , Q = (bn )n∈N
deux polynômes à une indéterminée à coefficients dans A. On a alors :
1. P + Q = (an + bn )n∈N ,
X
2. P Q = (cn )n∈N avec cn = ak bn−k ,
0≤k≤n
3. λP = (λan )n∈N .
Définition 4.3.
L’ensemble A[X] des polynômes à une indéterminée à coefficients dans A muni de
l’addition et de la multiplication définies ci-dessus est un anneau commutatif.
Proposition 4.4.
Si A est intègre alors pour tout P, Q ∈ A[X] on a
1. deg(P Q) = deg(P ) + deg(Q).
2. deg(P + Q) ≤ max(deg(P ), deg(Q)).
Démonstration.
Proposition 4.5.
Si A est intègre, alors les éléments inversibles de A[X] sont les polynômes constants
P = a où a ∈ U(A).
Chapter 4. Anneaux de polynômes 46
Démonstration.
Soit P inversible dans A[X]. Il existe Q ∈ A[X] tel que P Q = 1. On a alors
deg(P ) + deg(Q) = 0 et deg(P ) = deg(Q) = 0. Ainsi P et Q sont des constantes
inversibles
Définition 4.6.
Deux polynômes P et Q de A[X] sont dits associés s’il existe a ∈ U(A) tel que
P = aQ.
Exemple 4.1.
L’ensembles des polynômes associés à X 2 + 1 dans Z[X] est
{X 2 + 1, −(X 2 + 1)}
Proposition 4.7.
4.2.2 Division
Définition 4.8.
Soient P, Q ∈ A[X]. On dit que P divise Q et on note P |Q s’il existe R ∈ A[X]
tel que Q = P R.
Exemple 4.2.
Proposition 4.9.
Soient P, Q, R, S ∈ A[X].
1. Si P |Q et Q|R alors P |R.
2. Si P |Q et P |R alors P |Q + R.
3. Si P |Q et Q 6= 0 alors deg(P ) ≤ deg(Q).
4. Si P |Q et R|S alors P R|QS.
5. Si P |Q alors P n |Qn pour tout n ≥ 1.
Proposition 4.10.
Soient P, Q, R, S ∈ A[X].
1. Si P |Q et Q|P alors P et Q sont associés.
2. Si P est associé à R et Q est associé à S alors P |Q ⇔ R|S.
Exemple 4.3.
Soit A = x3 + x + 1 et B = x + 1. On a alors A = B.(x2 − x + 2) − 1.
On rappelle qu’un sous ensemble I d’un anneau A est un idéal si les deux conditions
suivantes sont vérifiées :
1. (I, +) est un sous-groupes de (A, +),
2. Pour tout a ∈ A, on a aI ⊂ I. En d’autres termes ∀a ∈ A, ∀x ∈ I, ax ∈ I.
Théorème 4.12.
L’anneau K[X] est principal.
Chapter 4. Anneaux de polynômes 48
Démonstration.
Démonstration. Soit I un idéal de K[X] contenant un polynôme non nul. On veut
montrer que I est principal, c’est-à-dire qu’il existe un polynôme P tel que I
soit exactement l’ensemble des multiples de P . Soit D = deg(S), S ∈ I, S 6= 0.
Il s’agit d’une partie non vide de N donc elle admet un minimum n. Soit P un
polynôme de degré n dans I. Comme I est un idéal, tous les multiples de P sont
dans I. Réciproquement, nous voulons montrer que tous les éléments de I sont des
multiples de P . Soit donc A ∈ I. On sait qu’il existe Q, R tels que A = P Q + R
avec deg(R) < n. Or −P Q ∈ I donc R = A − P Q ∈ I. Comme deg(R) < n
donc, d’après la définition de n, on a R = 0, c’est-à-dire A = P Q et A est bien un
multiple de P .
On rappelle que les polynômes inversibles de A[X] sont les polynômes constants
P = a ∈ U(A). Ainsi, comme tous les éléments non-nuls d’un corps sont inversibles,
les polynômes inversibles de K[X] sont les polynômes constants non-nuls.
Définition 4.13.
Un polynôme P ∈ K[X] est dit irréductible s’il n’est pas inversible et si l’égalité
P = QR implique que Q ou R est inversible.
Exemple 4.4.
1. Le polynôme P (X) = 3 est inversible dans Q[X]. Il n’est donc pas irréduc-
tible.
2. Le polynôme P (X) = X 2 + 1 est irréductible si nous le considérons comme
un élément de R[X] mais il est réductible si nous le considérons comme un
élément de C[X] car X 2 + 1 = (X − i)(X + i).
Proposition 4.14.
Démonstration.
Voir TD.
P U + QV = pgcd(P, Q).
Définition 4.16.
Soit P, Q ∈ K[X]. On dit que P et Q sont premiers entre eux lorsque pgcd(P, Q) =
1.
En d’autres termes, si pgcd(P, Q) = 1 alors seules les constantes non nulles divisent
à la fois P et Q.
4.2.6 Factorisation
Théorème 4.17.
Soit P ∈ K[X] un polynôme non nul. Alors P se décompose de manière unique à
l’ordre des facteurs près sous la forme :
Exemple 4.5.
On considère le polynôme P = x2 + 1. Alors P est à la fois dans R[X] et C[X].
Mais, attention, sa factorisation n’est pas la même dans ces deux anneaux :
1. P se factorise sous la forme (X − i)∆(X + i) dans C[X].
2. P est irréductible dans R[X].
Proposition 4.18.
Soit P et Q deux polynômes non nuls. Soit P = aP1α1 P2α2 ...Pnαn et Q = bP1β1 P2β2 ...Pnβn
leurs décompositions en facteurs irréductibles où αi , βi ≥ 0 pour tout i ∈ {1, ..., n}.
Alors
P/Q ⇔ αj ≤ βj
pour tout 1 ≤ j ≤ n.
Proposition 4.20.
Soit P ∈ K[X] et α ∈ K. Alors α est racine de P si et seulement si le polynôme
(x − α)/P .
Définition 4.21.
Soit P ∈ K[X] et soit α une racine de P . On dit que α est de multiplicité k si et
seulement si (x − α)k divise P et (x − α)k+1 ne divise pas P .
Exemple 4.6.
Pour déterminer la multiplicité d’une racine, on peut donc effectuer des divisions
euclidiennes successives. Soit P = x3 − 3x2 + 4. On vérifie facilement que 2 est
racine de P . De plus, on trouve P (x) = (x − 2)2 Q(x) avec Q(x) = x + 1 et
Q(2) 6= 0.
Chapter 4. Anneaux de polynômes 51
Théorème 4.22.
Soit P ∈ K[X] et α1 , ..., αr des racines distinctes deux à deux de multiplicité
respective k1 , ..., kr . Alors, il existe Q ∈ K[X] tel que
4.4 Exercices
Exercice 4.23.
Trouver le polynôme P de degré inférieur ou égal à 3 tel que : P (0) = 1, P (1) = 0,
P (−1) = −2 et P (2) = 4.
Exercice 4.24.
Effectuer la division euclidienne de A par B :
1. A = 3X 5 + 4X 2 + 1 et B = X 2 + 2X + 3.
2. A = 3X 5 + 2X 4 − X 2 + 1 et B = X 3 + X + 2.
3. A = X 4 − X 3 + X − 2 et B = X 2 − 2X + 4.
Exercice 4.25.
Soient P, Q, R, S ∈ A[X].
1. Si P |Q et Q|R alors P |R.
2. Si P |Q et P |R alors P |Q + R.
3. Si P |Q et Q 6= 0 alors deg(P ) ≤ deg(Q).
4. Si P |Q et R|S alors P R|QS.
5. Si P |Q alors P n |Qn pour tout n ≥ 1.
Exercice 4.26.
Soient P, Q, R, S ∈ A[X].
1. Si P |Q et Q|P alors P et Q sont associés.
2. Si P est associé à R et Q est associé à S alors P |Q ⇔ R|S.
Exercice 4.27.
Déterminer les pgcd des polynômes suivants :
1. X 3 − X 2 − X − 2 et X 5 − 2X 4 + X 2 − X − 2.
Chapter 4. Anneaux de polynômes 52
2. X 4 + X 3 − 2X + 1 et X 3 + X + 1.
Exercice 4.28.
[1] M. Mignotte et J. Nervi, Algèbre : licences sciences 1ère année, Ellipses, Paris,
2004.
53