Biomecanique Piezo - Barth - Hetru - Ravinel
Biomecanique Piezo - Barth - Hetru - Ravinel
ENSTA 1
Récupération de l’énergie
bio-mécanique par des systèmes
piézoélectriques.
Auteurs :
Vincent BARTH
Laurent HETRU
Baptiste RAVINEL
Mercredi 12 Janvier
1 Introduction 2
2 L’effet pièzoelectrique 3
2.1 Mise en équation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Les principaux matériaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
6 Conclusion 22
Bibliographie 23
1 Introduction
Les nouveaux enjeux énergétiques ont favorisé l’émergence d’un engouement collectif à la
fois pour les énergies renouvelables et pour les moyens de production énergétiques durable. Le
concept de source de production secondaire d’énergie est basé sur la possibilité de récupération
de toute forme d’énergie potentielle afin de la transformer en source d’électricité exploitable.
Cette notion, bien que très récente, est en plein essor. Il est de plus en plus courant de trou-
ver des systèmes permettant de récupérer de l’énergie à partir de chaleurs (refroidissement de
vapeur), de rayonnement (soleil), d’actions mécaniques résiduelles d’un système principal fonc-
tionnant à partir d’une source primaire (réseau électrique ou énergie fossile).
De nombreuses solutions techniques existent d’ors et déjà. A titre d’exemple, nous pourrons
citer les panneaux photovoltaı̈ques, ou encore les matériaux piézoélectriques autorisant la trans-
formation de contraintes mécaniques en potentiel électrique. Ces solutions techniques cumulées
à des concepts d’emploi innovants (valorisation d’énergie à partir de ”rejets” provenant de
2
3
Dans ce document, nous nous intéresserons plus en détail à une solution : ”les piézoélectriques”
dans leur application pour la récupération d’énergie à partir des contraintes mécaniques exercées
par les individus. C’est le Human Energy Harvesting. Comme peut l’illustrer la figure 1, l’être
humain rejette de l’énergie sous différentes formes. Les efforts mécaniques développés comme
le mouvement des bras ou la ”marche” peuvent donc être en partie captés par ces ”matériaux
piézoélectriques”.
Le but est donc de capter et de transformer le travail mécanique développé par le corps humain
en sources électrique exploitables comme sources secondaires d’énergie.
2 L’effet pièzoelectrique
La piézoélectricité est une propriété particulière des matériaux ferroélectriques. Elle s’ob-
serve dans tous les corps possédant une anisotropie cristalline, et se manifeste selon deux effets :
– l’effet direct est la polarisation du matériau sous l’action d’une contrainte mécanique :
C’est le mode générateur ;
– l’effet inverse est l’apparition d’une déformation mécanique sous l’effet d’une polarisation
électrique : c’est le mode actionneur.
De nombreux matériaux présents dans la nature possèdent des propriétés piézoélectriques.
Néanmoins dans la majorité des cas, ces propriétés sont peu prononcées. Seuls quelques céramiques
artificielles ou certains polymères possèdent des propriétés piézoélectriques à un degré suffisant
autorisant une exploitation industrielle.
4 CHAPITRE 2. L’EFFET PIÈZOELECTRIQUE
Une explication moléculaire à ce phénomène peut être donnée. L’effet piézoélectrique est
principalement dû à la polarisation spontanée des atomes dans une molécules ou un cristal.
Sous l’application d’une contrainte les nuages électroniques des atomes se déplacent par rap-
port à leur position naturelle. Cette dissymétrie engendre des ”mini-dipôles” qui à leur tour
créent au sein du cristal des contraintes de positionnement entre les ions chargés (cf figure 2).
Dans le cas du mode générateur le processus est inversé. Néanmoins un traitement préalable des
matériaux (”la polarisation”) est nécessaire afin d’optimiser les effets microscopiques et donc
afin d’obtenir des effets macroscopiques significatifs (cf figure 3).
Figure 3: Changement de l’alignement des dipôles par application d’un champ électrique.
a) polarisation quelconque n’autorisant pas d’effet piézoélectrique macroscopique ; b) dipôles
alignés autorisant un effet piézoélectrique macroscopique
Nous réécrivons l’équation (2.1.1) en retenant une approche énergétique (énergie élastique,
énergie électrique et terme de couplage de premier ordre). Avec la convention des indices répétés
nous obtenons l’équation 2.1.2 :
1 1
G(Tλ , Ei ) = − Tik Ei Ek − sE Tλ T µ − diλ Ei Tλ (2.1.2)
2 2 λµ
∂G
S = −( )E = sE
λµ T µ + diλ Ei
λ
∂Tλ
(2.1.3)
∂G
diλ Tλ + Tik Ei
Di = −(
)T =
∂Ei
λ, µ = 1, ..., 6 indices contractés
i, k = 1, ..., 3 indices électriques correspondant aux trois axes de coordonnées
E
s souplesse à champ électrique constant (matrice de dimension 6x6)
T
permittivité à contrainte constante (matrice de dimension 3x3)
d constante de charge (matrice de dimensions 3x6)
(2.1.4)
E
Sλ sλµ diλ Tµ
= (2.1.5)
Di dλi Tik Ei
6 CHAPITRE 2. L’EFFET PIÈZOELECTRIQUE
Il est important toutefois de préciser que les PZT doivent être polarisées en post-fabrication
afin d’augmenter l’effet piézoélectrique naturel en alignant les dipôles.
Les premiers PZT ont été élaborées dès 1954. Les céramiques PZT sont employées dans le
domaine des micromanipulateurs de précision tels que ceux qui sont employés en optique adap-
tative en astronomie. Il existe aussi bien des céramiques sous des formes massiques, que sous la
forme de film mince ou de gel polymérisé (utilisé dans les MEMS 2 ).
subir de grosses déformations et des forces importantes : certains EAPS peuvent ainsi subir des
déformations de près de 380% (contre quelques pour-cent seulement pour les céramiques).
Il faut toutefois attendre les années soixante pour que des progrès significatifs soient réalisés.
En 1969, Kawai fut capable de démontrer que le fluoride polyvinylidene fluoride (PVDF cf figure
6 et 7) présente un effet piézoélectrique très important, ce qui ouvrit la porte à de nouvelles
recherches de polymères présentant des propriétés similaires et à partir des années 80, de nom-
breux polymères piézoélectrique sont découverts.
Les polymères ont l’avantage d’être plus légers, moins fragiles, souples, insensibles aux
champs magnétiques et à faible consommation énergétique.
Les piézocomposites
Les piézocomposites sont des matériaux composites composés d’une matrice en résine dans
laquelle sont insérées des céramiques piézoélectriques type PZT. Le but est d’allier la flexi-
bilité mécanique de la résine (module de Young faible) avec le bon couplage mécano-électrique
des céramiques PZT (cf. figure 8)
8 CHAPITRE 2. L’EFFET PIÈZOELECTRIQUE
Table récapitulative
D’après la thèse citée en référence ([4]), nous disposons d’information récapitulatives (figure
9) concernant les différents type de matériaux piézoélectriques.
La ligne surlignée en vert représente les densités d’énergie maximum récupérables par unité
1
de volume (Eélec = k 2 Y S 2 ) 3 pour les différents types de piézoélectriques en mode générateur.
2
Les céramiques présentent les plus grandes densités avec 56mJ.cm−3 suivi des piézocomposites
avec 30mJ.cm−3 . Les polymères PVDF ne développent que 0, 6µJ.cm−3 . Néanmoins ces der-
niers possèdent de nombreux autres avantages comme poids largement inférieur aux céramiques
(densité ∼ 1000kg.m−3 ) ainsi qu’une plus grande élasticité mécanique (module d’young faible).
L’électrostriction est une propriété de tous les diélectriques, qu’ils soient amorphes ou cristal-
lins, due à la présence de domaines électriques répartis aléatoirement à l’intérieur du matériau.
Lorsqu’un champ électrique est appliqué, chaque domaine se polarise suivant l’axe de celui-
ci. Les extémités des domaines se chargent de façon opposées, et s’attirent mutuellement en
conséquence provoquant une réduction de leur dimension dans la direction du champ électrique
(et conjointement un allongement de leurs dimensions perpendiculaires au champ, dans les
proportions du coefficient de Poisson). La déformation résultante est proportionnelle au carré
du module du champ électrique : on dit qu’il s’agit d’un effet du second ordre. Il faut donc
distinguer le phénomène d’électrostriction, qui est un phénomène du second ordre de l’effet
piézoélectrique inverse qui est linéaire. En outre, il n’existe pas d’effet électrostrictif inverse,
c’est à dire qu’un matériau électrostrictif ne créera pas de champ électrique quand il est déformé.
Les cristaux ou les céramiques présentent à la fois des propriétés électrostrictives et piézo-
électriques. Toutefois, le phénomène d’électrostriction est beaucoup plus faible que le phénomène
piézoélectrique. C’est pour cette raison que l’on a utilisé préférentiellement les céramiques
piézoélectriques jusqu’à récemment malgré des problèmes de vieillissement et une hystérésis
importante.
Un IPMC est formé d’une membrane échangeuse d’ions sur laquelle est déposée une électrode
en métal. Le processus chimique de fixation des ions conduit à l’apparition d’un gradient de
concentration.
Aujourd’hui, on utilise surtout des membranes échangeuses d’ions de type Nafion (anions
fixes, cations mobiles) sur lesquelles sont déposées une électrode en or ou en platine.
polymère. Celle-ci se relâche dans les zones riches en anions et se tend dans les zones
riches en cations, ce qui courbe le matériau ;
– Un modèle hydraulique : la champ électrique provoque la migration des cations qui en-
traine les molécules d’eau, qui engendrent des pressions sur la membrane du polymère et
la courbe.
Le modèle le plus réaliste est un modèle mixant les deux précédemment décrits : c’est le
modèle de Yamagami-Tadokoro.
L’autre réservoir d’énergie est constitué d’éléments actifs fournissant un travail mécanique ou
autre en plus de leur fonction première. Parmi un ensemble de systèmes énergétiques auxiliaires
possible, nous retrouverons ici l’Homme. Comme nous le montre la figure 1, l’être humain rejette
dans son environnement proche de l’énergie sous différentes formes (rayonnement, thermique,
mécanique, vent etc..).
Les auteurs des documents [1], [2], [3], [4] ainsi qu’un laboratoire au MIT 4 [8], ont déjà mené un
très grand nombre d’études visant à récupérer ces sources d’énergies rejetées involontairement
par les individus.
Afin d’être plus précis sur le potentiel énergétique humain, nous trouvons dans le document
[2], quelques calculs simples permettant de donner une première approximation de l’énergie
récupérable dans le cas de divers actions anthropiques.
La chaleur humaine
La chaleur produite par le corps humain pour se maintenir à un température proche de 37◦ C
va se propager dans son environnement. Nous pouvons calculer donc le rendement d’une ma-
chine de CARNOT idéale fonctionnant entre le corps humain (source chaude) et la température
ambiante (source froide). Ce rendement nous est donné par l’équation (4.1.1).
Tcorps − Tamb
η =
Tamb
(4.1.1)
Pour 20◦ C =
3, 3%
Nous obtenons alors une idée de l’énergie idéalement récupérable, par un générateur thermoélectrique
dans la cadre de différentes activités humaines, en multipliant les valeurs du tableau figure 14
par η.
Le souffle
L’air expiré ou inspiré peut être considéré comme un écoulement. Cet écoulement travail
globalement grâce à divers efforts de pression que l’on peut modéliser grossièrement par W =
p∆V .
Une personne moyenne de 70kg respire environ 30 litres d’air par minute. La pression à l’intérieur
du poumon est considérée comme 2% inférieur à la pression atmosphérique. Nous négligerons
les phases d’inspiration qui inclues des efforts supplémentaires. Dans ces conditions la puissance
maximale disponible sera de 1W (cf. calcul dans [2]).
La marche
La marche humaine est un processus complexe mettant en jeux de nombreux mouvements.
Le corps humain doit donc fournir une grande quantité d’énergie afin d’assurer ce mouvement
(cf. figure 15). D’après la figure 1), la puissance moyenne développée par un cycle de marche
complet correspond à 67W .
Ainsi de l’énergie peut être récupérée lors du cycle de marche par trois principales méthodes :
– Récupération d’énergie suite à des contraintes mécaniques sur les éléments fléchissants
(articulations du genou et du talon) ;
– Récupération d’énergie suite à des contraintes de pression (pression du pied sur le sol)
(cf. figure 16) ;
– Energie thermique dégagé par les muscles de posture ou de la jambe (déjà traité ci dessus).
Figure 16: Force de réaction du sol/pied lors d’un cycle de marche . Force en % du poids de
l’individu
Nous trouverons donc pour chaque domaine des solutions innovantes présentées en partie dans
l’article [1] :
– Les panneaux photovoltaı̈ques : transformation rayonnement solaire en énergie électrique
(rendement : η ∼ 10%) ;
– Les générateurs thermoélectriques (thermocouple) : fonctionnant entre 2 sources de cha-
leurs (cycle de Carnot) (rendement : η ∼ 5%) (cf. figure 17) ;
– Les générateurs électrostatiques, ”Coulomb-damped resonant generators (CDRGs)” : trans-
formation mouvement en énergie électrique (cf. figure 18) ;
– Les systèmes inductifs : transformation mouvement en énergie électrique (cf. figure 19) ;
– Les systèmes piézoélectriques (traité ci dessus) : transformation mouvement en énergie
4.2. LES SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES 15
électrique ;
Figure 19: Un système inductif pour montre. Basé sur le mouvement du poignet.
Nous nous focaliserons pour la suite de ce rapport sur les applications mettant en oeuvre
des technologies piézoélectriques.
16 CHAPITRE 5. APPLICATIONS DIVERSES DANS LE CADRE DE L’HEH
Début 2010, le fabriquant finlandais Nokia a déposé un brevet pour une batterie capable de
récupérer l’énergie du mouvement de son utilisateur. Sa dénomination est Piezoelectric Kinetic
Energy Harvester.
Pour cela il est suggéré de placer les composants les plus lourds du téléphone sur deux paires
de rails autorisant des déplacements verticaux ou horizontaux liés à ceux de l’utilisateur. Les
composants sont placés sur un cadre se déplaçant sur des rails fixés sur un cadre extérieur lié
à la coque du téléphone. A l ‘extrémité des rails, sur le cadre extérieur on trouve des bandes
de cristaux piézoélectriques et lors de l’impact du cadre mobile avec son support un courant
électrique est généré puis stocké dans la batterie via un condensateur.
Le schéma figure 20 et 21 montre les composants fixés sur des rails, ainsi que l’abstract du
brevet déposé sous le numéro US2010/0045241 A1.
Le dépôt de se brevet n’indique bien sûr pas une date de commercialisation prochaine. Ce-
pendant cela montre que la recherche sur ce sujet avance et surtout qu’elle se développe au
delà des simples capteurs piézo-électriques. En raison de l’énergie électrique qui ne peut être
récupérée qu’en faible quantité et de la gourmandise des téléphones mobiles avec toujours plus
de fonctionnalités, il faudra sans doute attendre un peu pour ranger nos chargeurs de por-
table. La première idée serait de développer des modèles de téléphone portable basiques qui
pourraient être utilisés en Afrique notamment. Certaines populations ayant un accès restreint
à l’électricité, il leur serait tout de même possible d’accéder aux moyens de communication, à
condition bien sûr qu’il y ait une infrastructure de télécommunication.
électroniques. Ils sont les premiers à avoir associé du silicone et des nano rubans de Titano-
Zirconate de Plomb (PZT), une céramique piézoélectrique présentée plus haut. Le travaille à
l’échelle nanométrique permet de faire tenir 100 bandes de ce piézoélectrique sur un millimètre.
Il est possible de former des bandes siliconées délivrant le courant nécessaire en jouant sur la
taille de leur assemblage.
Les PZT sont capables de convertir près de 80% de l’énergie mécanique en énergie électrique.
Cela présente un gros avantage car l’énergie mécanique produite par la respiration n’est pas
colossale, d’où la nécessité d’en récupérer un maximum. Il serait donc envisageable de placer ces
bandes de silicone sur les poumons pour alimenter un stimulateur cardiaque grâce à la respira-
tion. Le silicone présente de plus l’avantage d’être déjà utilisé en chirurgie, ce qui permettrait
l’implantation du système en limitant les rejets par le corps. Même si notre sujet s’intéresse à
la récupération d’énergie, on peut noter qu’en alimentant ce dispositif, il se plie. Cela ouvre des
perspectives pour du matériel d’intervention chirurgicale miniaturisé.
5.2 Chaussures
Les chaussures qui sont soumises à des compressions et des déformations lors de la marche
sont des endroits particulièrement adaptés pour recevoir des capteurs piézoélectriques. On se
souvient également des chaussures à talon lumineux qui fonctionnent sur le même principe.
Les chercheurs du MIT ont été les premiers à développer une chaussure récupérant de
l’énergie. Deux dispositifs sont installés. Dans le talon on trouve des piézoélectriques de type
PZT, la puissance moyenne récupérée est de 10 mW. Dans la semelle, on trouve un capteur de
18 CHAPITRE 5. APPLICATIONS DIVERSES DANS LE CADRE DE L’HEH
type PVDF également présenté plus haut. La puissance moyenne est de 1mW. Ces capteurs
sont contraints par la taille et la forme de la semelle. Le piézoélectrique dans le talon est rigide
alors que celui dans la semelle est souple. L’idée est d’utiliser deux types de capteurs chacun
étant adapté au milieu dans lequel il est implanté. Afin d’optimiser la récupération d’énergie le
premier capteur a été placé dans le talon d’une botte rigide de l’US Navy et le second dans une
basket Nike classique. On stocke ensuite l’énergie dans une capacité au travers d’un convertis-
seur forward. Le rendement est de 17% et la puissance fournie est de 1,3mW.pour une fréquence
de marche de 0,8 Hz. Le stockage et la récupération de l’électricité restent les éléments les plus
importants à améliorer.
Un autre groupe de chercheurs de la Louisiana Tech University ont également développé une
chaussure avec piézoélectriques. Au lieu d’utiliser les habituelles céramiques, ils ont utilisé un
polymère avec des surfaces métalliques. Contrairement à la céramique, le polymère est flexible.
Le courant produit étant cependant très faible, un convertisseur assure une tension fixe et l’ef-
ficacité est de 75%. L’idée finale étant de pouvoir alimenter des GPS de cette manière.
L’entreprise Electric Shoe Company et Texon International ont développé une chaussure
électrique et l’ont testé dans le désert de Namibie, une marche de 100km a permis de charger la
batterie d’un portable pour ensuite émettre un appel en Grande Bretagne. Il semble par ailleurs
que les armées de différents pays travaillent également sur ce type de dispositif. On verra ainsi
peut être fleurir des chaussures chargeant les téléphones portables, plus tôt que prévu.
ger le sol pour l’équiper d’un dispositif piézoélectrique et récupérer l’énergie du passage des gens.
Elizabeth Redmond a présenté un projet Power Leap pour son mémoire de master, afin
de récupérer l’énergie des passants à l’aide de dalles équipées de céramiques piézoélectriques.
L’énergie peut être stockée et utilisée pour de nombreuses applications, principalement sur
place. Par exemple alimenter un ascenseur proche d’une zone de passage. On aurait ainsi des
boucles énergétiques dans certaines maisons, il n’y aurait plus besoin d’utiliser de l’électricité
de l’extérieur puisqu’elle serait produite sur place pour un certain nombre d’appareils. Pour des
systèmes plus vastes on peut imaginer un réinjection sur le réseau électrique. On peut même
imaginer une utilisation à grande échelle. Un avantage serait la production maximale aux heures
de grande activité, souvent l’heure à laquelle l’électricité est la plus chère. A l’heure actuelle les
quelques premières dalles installées suscitent de l’intérêt surtout pour les diodes qui s’allument
lorsqu’on marche dessus. Il ne reste plus qu’un pas à franchir pour équiper de nombreux lieux
avec cette technologie. Il faudra cependant prendre en compte le fait que les lieux de passage
sont aussi ceux où le sol est le plus sollicité et ainsi éviter des pannes dues à une usure précoce.
Power Leap est une entreprise Cleantech créée en 2008, qui est entrain de finir le développement
et les prototypes de ses planchers dynamiques. A l’aide de financements, ils espèrent lancer un
modèle commercial très rapidement.
Des illustrations sur ce type de solution sont présentées figures 25 & 26.
d’accès au métro de Shibuya à Tokyo (cf. figure 27). Le système est similaire au plancher dy-
namique puisque les piézos sont placés dans le sol sous le portillon. Lorsqu’un passager passe
le portillon, une lampe s’allume pour signifier la production d’électricité. Cela permettrait de
fournir une partie de l’électricité requise dans les stations, en particulier pour les plaques tour-
nantes du trafic.
Puisque l’on peut récupérer de l’énergie au sol pourquoi se limiter aux piétons. L’entreprise
israélienne Innowattech a décidé de récupérer l’énergie produite par le passage des voitures
(cf. figure 28). A Haı̈fa est actuellement en test le premier tronçon de route piézoélectrique.
Cette initiative est menée en collaboration avec l’université de Techion. Ils prévoient qu’un km
de route puisse produire 500 kWh à condition d’avoir le passage d’au moins 600 véhicules.
L’électricité ainsi récupérée peut ensuite être réinjectée dans le réseau. L’image 29 ci-dessous
présente les trois types de circulations pour lesquelles la technologie pourrait être déclinée : la
route, le rail et les piétons. Ils estiment un amortissement en 2 ans et une production poten-
tielle de 250 MWh pour Israël. Le système pourrait être perfectionné en ajoutant des capteurs
pour déterminer le poids, la fréquence de passage des véhicules et la distance entre les véhicules.
5.6 Autres
A côté de la récupération d’énergie humaine, il existe une multitude d’autres manières
de récupérer de l’énergie avec des piézos. Ainsi certains récupèrent de l’énergie sur des ma-
chines, d’autres ont inventé un arbre piézoélectrique avec des feuilles en métal qui récupérèrent
l’énergie du vent. La DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) finance et cherche
à développer la récupération d’énergie humaine par des piézoélectriques. Ses objectifs sont prin-
cipalement militaires, mais cela accélèrera sans doute le développement de la technologie, qui
22 CHAPITRE 6. CONCLUSION
Actuellement les deux principales technologies présentées sont des pièces mobiles ou piézos
miniatures pour récupérer l’énergie directement sur le corps afin d’alimenter des petits appareils,
ainsi que des dalles en céramique piézoélectrique qui récupère l’énergie du passage des gens. On
peut imaginer la technologie se développant partout avec des appareils mobiles autonomes, des
combinaisons pour récupérer l’énergie de nos moindres mouvements, ainsi que des sols entier
récupérant l’énergie.
Il ne faut cependant pas oublier les principales limitations de cette technologie. Tout d’abord
elle produit de l’électricité en très faible quantité. Ensuite se pose des problématiques de stockage
de l’électricité. Si la technologie se développe autant que l’on peut l’espérer, il faudra savoir
choisir les endroits ou l’investissement est intéressant tout en tenant compte des contraintes
liées à l’entretien et à l’usure des zones équipées.
6 Conclusion
S’inscrivant dans une conception plus large du futur énergétique, l’Energy Harvesting” n’est
qu’un élément parmi un kyrielle de concept originaux ayant pour but d’améliorer la consomma-
tion des énergies produites et d’optimiser l’utilisation des ressources énergétiques. Nous citerons
en plus de l’Energy Harvesting, les concepts d’énergie renouvelables (naturellement), mais aussi
les ”Smart Grid”, où encore l’effacement de consommation etc...
En fonctionnant en synergie, ces nouveaux concepts énergétiques peuvent constituer une solu-
tion ”durable” à l’optimisation de la consommation électrique.
Plus généralement, il parait évident que les nouveaux enjeux énergétiques passent certes par
l’augmentation de la production d’énergie mais aussi par une consommation contrôlée et plus
responsable.
BIBLIOGRAPHIE 23
Bibliographie
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Published by the IEEE CS and IEEE ComSoc (2005)
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[3] Sylvie TURRI, Guylaine POULIN . Dispositifs exploitant l’énergie des mouvements hu-
mains, Journée Club EEA Énergie Portable , (2002)
[4] Claire Jean-Mistral. Récupération d’énergie mécanique par polymères électroactifs pour
microsystèmes autonomes communicants, Thèse Grenoble (2008)
[5] Eric Frederick Prechtl. Development of a Piezoelectric Servo-Flap Actuator for Helicopter
Rotor Control, Thèse MIT (1994).
[6] Cours piézo-électrique Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Pilzolectricit
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[8] Responsive Environments Group, MIT, http://www.media.mit.edu/resenv/projects.
html.