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Cours d'Électrostatique et Applications

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Electrostatique : Cours et applications

Presentation · March 2019


DOI: 10.13140/RG.2.2.12366.51525

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1 author:

Jamal Baliti
Université Sultan Moulay Slimane
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Rarefied gases study using Lattice Boltzmann method and DSMC View project

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Université Sultan Moulay Slimane

Faculté Polydisciplinaire - Beni Mellal


Département de Physique

Filière : SVI
Module 12 : Physique II
Electricité :
Electrostatique : Cours et applications

Jamal BALITI
Année universitaire 2018/2019
Compléments mathématiques
[Link]èmes de coordonnées

~ Cartésien : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ⃗⃗⃗⃗⃗⃗

{ , ; : surface et : volume.

~ Cylindrique : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ,

⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , { , .

~ Sphérique : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ,

⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , { ,

[Link]érateurs

~Nabla ⃗⃗ : Représente un opérateur ayant en coordonnées cartésiennes :

⃗ .

~Gradient : Le gradient d’un champ scalaire est le champ de vecteurs ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ :

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ .

Le gradient indique le taux de variation de (norme), et la direction de ‘plus grande


pente’ (dirigé localement vers les valeurs élevées de ). Il est orthogonal aux lignes

i
(surface de niveau).
En coordonnées cylindriques et sphériques :

~Divergence : La divergence d’un champ de vecteurs est le scalaire :

La divergence mesure les ‘sources’ implicites dans la structure du champ.


En coordonnées cylindriques et sphériques :

~Rotationnel : Le rotationnel d’un champ de vecteurs est un autre champ de vecteurs


⃗⃗⃗⃗⃗⃗ :

⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗ ( ) ( ) ( )

Le rotationnel mesure le taux de rotation local du champ de vecteur.


En coordonnées cylindriques et sphériques :

~Laplacien : Le laplacien, , s’applique aux champs scalaire et vectoriels . Il s’écrit en


cartésien sous la forme:

Le laplacien apparait souvent comme la divergence d’un flux dans une équation de
conservation.

ii
~Relations vectorielles

Produit mixte : ⃗ ⃗ ⃗

Double produit vectoriel : ⃗ ⃗ ⃗

~Relations utiles

(⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) , ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) ⃗, ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ .

[Link] des domaines d’intégration : théorèmes fondamentaux

~Théorème du rotationnel (de Stokes) : la circulation d’un vecteur le long d’un contour
est égale au flux de son rotationnel à travers qui s’appuie et entoure le 𝑛⃗ 𝑑𝑆
contour C. Il permet de passer d’une intégrale simple sur le contour à
une intégrale double sur une surface :
(S)
∮ ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗.

L’élément de surface est orienté suivant la règle de tire-bouchon (qui C


tourne dans le sens du contour , ⃗⃗⃗ ), donc ⃗⃗⃗⃗ ⃗ . Avec la
tangente à et ⃗ la normale sortante (figure ci-contre).

~Théorème flux-divergence (d’Ostogradsky) : Soit une surface fermée délimitant un


volume à l’intérieur. Le flux du champ vectoriel sortant de surface fermée S est égal
l’intégral de la divergence sur tout le volume contenu dans .

∬ ∭ .

~Théorème du gradient: l’intégrale d’un scalaire sur est égale à l’intégrale sur
de son gradient.

∬ ∭ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ .

iii
Interactions électrostatiques et Loi de coulomb

1-Introduction

L'électrostatique est une branche de la physique dans laquelle on étudie les interactions
produites entre les charges électriques immobiles.

L'électrostatique joue un rôle majeur dans la vie quotidienne. Diverses applications de


l'électrostatique comprennent les photocopieurs, la pulvérisation de peinture, le
dépoussiéreur électrostatique, etc.

Les périphériques informatiques comprennent un écran à cristaux liquides (LCD), un clavier


et des tablettes tactiles fonctionnant sur le principe de l’électrostatique. L'électrostatique
est utilisée dans des activités agricoles telles que la pulvérisation sur les plantes, le tri des
semences, etc. Les composants électroniques tels que les condensateurs, fonctionnent à
base d'électrostatique.

2-Charge électrique

2.1-Structure atomique

La matière est composée d’atomes, eux-mêmes composés de


particulaires élémentaires (protons, neutrons et électrons). Les
protons sont situés dans le noyau d'un atome et les électrons sont à
l'extérieur du noyau, mais toujours liés à l'atome (Fig.1). Les protons
se repoussent comme les électrons, mais un proton et un électron
s'attirent. On considère que ces forces sont causées par une Fig.1

propriété spéciale, qu’on appelle la charge.

Apparemment, la nature de la charge d’un proton est différente de celle d’un électron et on
appelle la charge d’un proton positive et celle d’un électron négative (par convention).

Une particule est chargée positivement, s’elle a un déficit d’électrons et négativement s’elle
en a un excès. Donc, la charge électrique
d’une particule est une
grandeur scalaire (algébrique) qui
caractérise les actions
électromagnétiques subies ou exercée
par la particule. Deux particules de
Fig.2
même charges se repoussent alors
qu’elles s’attirent s’elles sont de charges opposées (Fig.2).

1
Par analogie avec la gravitation universelle la charge électrique joue dans l’interaction
électrostatique le même rôle que joue la masse (scalaire positif) dans l’interaction
gravitationnelle.

2.2- Unité de charge électrique

L’unité de la charge de la particule est le Coulomb (C) dans le SI. C’est la quantité de charges
transportée par un courant de 1 Ampère pendant 1 seconde 1 C = 6,25.1018e (6,25.1018
charges électriques, avec la charge élémentaire est de 1 e = l,6.10-19 C). Dans la pratique, on
utilise le nC= 10-9 C et le μC= 10-6 C.

La charge des particules est liées au nombre d’électrons gagnés ou perdus, ce qui montre
que la charge électrique varie de façon discontinue, on dit que la charge est quantifiée et sa
valeur est multiple de e ; c’est-à-dire que toute charge électrique ne peut être qu’un
multiple de e.

2.3-Principe de conservation

La charge électrique élémentaire est un invariant, c’est-à-dire que sa valeur reste inchangée
quel que soit le référentiel d’étude. Elle ne peut être ni produite ni détruite, mais seulement
se déplacer d’un corps à un autre. Pour un système fermé, elle reste constante.

On utilise la lettre pour représenter la charge électrique d’une particule et, en général, la
charge nette d’une particule composée à la fois de protons et d'électrons est donnée par :

( )

où est égal au nombre de protons, est le nombre d'électrons.

particule électron proton neutron

Charge

Exemples :

-Si une poudre, comme du sucre ou de la farine, glisse dans un tube et se colle aux parois, la
charge de chaque petite particule de la poudre peut atteindre 10-14 à 10-13 C, c'est-à-dire que
100 000 à 1 million d'électrons ont été transférés par particule.

-Si on récupère la poudre glissant dans le tube, nous trouverons souvent une charge
spécifique d’environ 10-7 C kg-1.

-Si une personne qui a traversé une moquette au sol reçoit un choc quand elle touche une
poignée de porte, elle aurait normalement une charge d'environ 10-7 C.

2
-Si on frotte une charteque en plastique avec un morceau de fourrure, on trouve
généralement une charge de 10-7 C / feuille.

3-Densité des charges

Même si le comportement de la matière est décrit fondamentalement sous l’aspect


corpusculaire impliquant une distribution discrète de charges (matière constituée d’un
ensemble de charges ponctuelles), on rencontrera souvent des modélisations continues de
la matière chargée. Car, à l’échelle macroscopique, les particules chargées sont très
nombreuses et forment une sorte de «continuum de gaz électrique», ce qui permet
d’introduire la notion de densité des charges.

3.1-Distribution discrète

Cette distribution est constituée de charges ponctuelles. Une charge est dite ponctuelle, si
les dimensions des chargées sont petites par rapport à la distance qui les sépare ou la
distance d’étude ; Ce n’est donc qu’une idéalisation mathématique d’un système physique.

Exemple : Pour un électron à rayon de l’ordre de r=3.10-15m, il suffit alors de se déplacer à


une distance supérieure à d=10-10m pour pouvoir le considérer comme étant ponctuel.

3.2-Distribution continue

a-Distribution volumique

La densité volumique de charges est calculée à partir de


la charge contenue dans un élément de volume entourant le
point M (Fig.3):

Fig.3

La densité volumique des charges , donnée en (C.m-3), est une fonction de point scalaire
qui peut subir de grandes variations d’un point à l’autre de la distribution. En effet, la charge
est nulle dans l’espace vide entre un noyau et un électron et prend une valeur différente de
zéro en un point situé sur le noyau ou l’électron. En conséquence pourrait avoir des
valeurs très différentes suivant le choix du volume élémentaire . Pour que la définition de
ait un sens, c’est-à-dire qu’elle soit indépendante de la forme exacte de , il faut
considérer un élément de volume qui soit grand par rapport aux dimensions atomiques,
mais très petit par rapport aux dimensions de la distribution de charges. Celle-ci correspond
alors à un système macroscopique et pourra être considéré comme une densité volumique
de charges, moyennée sur le volume . Cette description est valable tant que l’on
s’intéresse à une description macroscopique (en opposition à celle microscopique) du
système de charges.

3
Pour un volume , la charge totale s’obtient à partir de l’intégrale de volume :

∭ ∭

Application : Calculer la charge portée par une sphère de rayon R, si et .

b-Distribution surfacique

On définit une densité surfacique de charges , entourant


le point , à partir de la charge portée par un élément
de la surface d’une couche (Fig.4) lorsque les charges
sont réparties sur cette couche ayant une épaisseur très
faible par rapport à ses dimensions: Fig.4

Dans ce cas, la charge totale d’une surface s’obtient à partir de l’intégrale de surface :

∬ ∭

Application : Calculer la charge portée par un cylindre de rayon R et de hauteur h, si


et .

c-Distribution linéique

On définit une densité linéique de charges , à partir de la charge


portée par un élément du fil (si la charge est concentrée sur un
système filiforme), entourant le point (Fig.5):

La charge totale du fil est donnée par l’intégrale curviligne sur toute
Fig.5
la longueur du fil:

∫ ∫ .

Application : Calculer la charge portée par un fil de longueur L, si et .

3-Principe fondamentale de l’électrostatique (Loi de Coulomb)

3.1-Ennoncé de la loi de Coulomb

4
Soient deux particules ponctuelles
de charges et placées dans
le vide de permittivité électrique
à une distance l’une de
l’autre. Pour l’exemple de la figure
6, on choisit arbitrairement de
prendre et de même charge
(elles se repoussent), mais le
raisonnement est identique
lorsque les deux particules sont de
charges opposées (où les deux
Fig.6
particules s’attirent).

La charge exerce sur la charge une force électrostatique (force électrique), notée ⃗ ,
dirigée suivant le vecteur unitaire (vecteur unitaire porté par la ligne d’action de la force
électrostatique dirigée de vers ). Au même instant, la charge exerce sur la charge
une force électrostatique, notée ⃗ , dirigée en sens inverse de ⃗ .

Selon le principe des actions réciproques, Les deux forces ⃗ ⃗ sont égales et
opposées. Généralement, deux charges électriques au repos et s'attirent ou se
repoussent mutuellement avec une force ⃗ :

 proportionnelle à chacune des charges et .

 dirigée suivant la droite joignant les deux charges.

 inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare.

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗
Dans les deux cas, en définissant un vecteur unitaire ⃗⃗ dirigé de vers , on
peut exprimer la force exercée par sur sous la forme vectorielle suivante :

⃗ ⃗⃗,

et par application du 3ème principe de Newton : ⃗ ⃗⃗.

Avec la constante de proportionnalité K est égal à . Sa valeur approchée est de


, ce qui donne la valeur de la permittivité du vide qui est de l’ordre de
– –
.

5
3.2-Validité du principe fondamental de la statique

La loi de Coulomb est valide dans les cas suivants :

 Pour des charges au repos ou à la limite en mouvement relatif lent.


 pour les très grandes distances dans le domaine microscopique (ordre de grandeur
des dimensions du noyau atomique jusqu’à 10 -15 m). Lorsque la distance est
inférieure à cette distance on doit recourir à la mécanique quantique pour l’étude de
l’effet de cette force sur le comportement des particules.
 Lorsque le milieu est le vide. Cette loi reste valable aussi dans les milieux linéaires
homogènes (propriétés du milieu identiques en tout point) et isotropes (propriétés
du milieu identiques dans toutes les directions). Dans ce cas la permittivité du vide
est remplacée par une permittivité appelée la permittivité du milieu
diélectrique, avec est la permittivité diélectrique relative du milieu (quantité sans
dimension).

Le tableau suivant rassemble quelques valeurs de la permittivité diélectrique pour


différentes substances isolantes (à pression et température ambiantes).

Substance vide air sec eau verre nylon huile Plexiglas


Application : Interaction proton-électron :


Quelle est la force s'exerçant entre un proton et un électron situés à une distance de
? Qu’elle sera sa valeur si le milieu entre les deux charges est de l’eau au lieu du
vide ?

3.3-Comparaison des forces d'interaction électriques et gravitationnelles


Dans le champ de gravitation,
deux particules matérielles
ponctuelles A et B de masses
respectives et , situées
l'une de l'autre à la distance ,
s'attirent mutuellement avec une
force d'intensité
⃗ ⃗⃗,

Avec

Si en plus les particules sont


chargées, il y a application d’une
Fig.7
6
force électrostatique donnée par la loi de Coulomb, par :

⃗ ⃗⃗.

Le rapport entre le module des deux forces (de Coulomb et de gravitation) est de la forme :

~Pour le cas des protons ayant la charge , et une masse


, le rapport des deux forces est égal à : .

La force électrostatique est 1036 fois supérieure à la force de gravitation.

~Pour le cas d’un électron et un proton ayants les charges , et les


masse et , le rapport des deux forces est égal à :
.

La force électrostatique est 1039 fois supérieure à la force de gravitation.

~Pour le cas des électrons ayant la charge , et une masse


, le rapport des deux forces est égal à : .

La force électrostatique est 1042 fois supérieure à la force de gravitation.

On observe donc que les forces d'interaction électrostatiques sont très très largement plus
importantes que les forces gravitationnelles ( ).

Dans le cas des interactions à l’intérieur de l’atome il y a d’autres forces ; l’interaction


nucléaire forte qui lie les quarks à l'intérieur des neutrons et des protons mais lie aussi les
protons et les neutrons entre eux pour former les noyaux atomiques. C'est cette force qui
permet d'expliquer la stabilité du noyau atomique malgré l'importante force de répulsion
électrique entre les protons. Elle est extrêmement intense (10 38 fois plus forte que la force
gravitationnelle, 100 fois plus forte que l’interaction électrostatique) mais de très faible
portée qui n’excède pas le rayon atomique (10-14m). Il y a de même L’interaction faible
(force faible) qui est environ un million de fois plus faible que la force nucléaire forte et de
portée environ cent fois plus courte. Elle est 1032 fois plus forte que l’interaction
gravitationnelle. Elle est par exemple responsable de la désintégration radioactive en
changeant un nucléon en un autre.

4-Principe de superposition

7
Considérons plusieurs charges ponctuelles
immobiles , , , …., et 𝑢
⃗⃗
(Fig.8).

La loi de Coulomb permet de calculer la


force ⃗ subie par la charge lorsqu’elle
est uniquement en présence avec . On
peut de la même manière calculer ⃗ ,
force subie par lorsque seule est en
présence avec la charge , et ainsi de suite
pour d’autres jusqu’à le ce calcul de la
force ⃗ subie par de la part toute
seule.
L’expérience montre que la force ⃗ subit
par lorsqu’elle est en présence des Fig.8
charges , , …., et est la somme vectorielle des forces ⃗ , ⃗ , ⃗ …., ⃗ et
⃗ :

⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ,

⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ .
Alors,
⃗ ∑ ⃗ ∑ ⃗⃗ .

Ce calcul démontre une propriété importante de la force électrostatique connue sous le nom
de principe de superposition. Selon ce principe, une force provenant d'un certain nombre de
sources est déterminé en ajoutant les forces individuelles de chaque source. Le principe est
illustré par la figure 8, dans laquelle une force électrostatique provenant de plusieurs
sources est déterminée par la superposition des forces de chacune des sources. Dans ce cas,
la force électrostatique à l'emplacement de est la somme des forces dus à , , ….,
et . Des études de forces électrostatiques sur une gamme de grandeurs
extrêmement large ont établi la validité du principe de superposition. La nature vectorielle
d'une force électrostatique produite par un ensemble de charges introduit une complexité
significative. Spécifier la force à chaque point de l'espace nécessite de donner à la fois le
module et la direction à chaque endroit.

La loi de Coulomb, n'est pas très utile dans les cas pratiques. Cette loi n’est valable que si les
charges impliquées sont des charges dites ponctuelles (et approximativement pour des
distributions continues simples), c’est-à-dire que les charges sont localisées sur des corps de
dimensions réduites par rapport à la distance qui les sépare.

8
Le paramètre le plus pratique pour traiter les phénomènes électriques est le champ
électrostatique (Chapitre suivant).

Application : Calculer la force appliquée par et sur la chrage (Fig.9).

Fig.9

5-Stratégies d'application de la loi de Coulomb

La loi de Coulomb est un bon choix pour les cas des charges ponctuelles et / ou des
géométries simples et symétriques telles que des distributions linéiques ou sphériques de
charges.
La loi de Coulomb est basée sur les forces entre les paires de charges ponctuelles, où son
application suit les étapes suivantes :
1-Déterminer les forces entre chaque paire de charges.
2-Faire une somme vectorielle pour fusionner toutes les forces en une seule force
résultante.
Pour la situation des distributions continues de charges, on modélise de manière créative la
charge répartie comme un ensemble de points chargés (moins utilisé dans la pratique),
1-Déterminer un représentant une charge infinitésimale dans la région de charge
distribuée.
2-Déterminer la force élémentaire entre la charge ponctuelle et chaque .
3-Faire une intégrale de la force élémentaire, ce qui donne finalement la force résultante.

9
Champ électrostatique et théorème de Gauss

1-Champ électrostatique
1.1-Définition pour une charge ponctuelle
Soit un point P chargé par une charge
ponctuelle . On suppose qu’un point M distant
de r du point P est chargé de même
ponctuellement par (Fig.1). Selon le principe
fondamental de l’électrostatique, la force
appliquée par sur celle au point M est de la
𝑢
⃗⃗
forme :

⃗ ⃗⃗, avec ⃗⃗ est le vecteur unitaire
dirigé de P vers M.
La force ainsi calculée dépend des deux charges
et . On définit une autre quantité Fig.1
vectorielle qui dépend uniquement de la charge

et a un effet sur l’espace . Cette quantité désigne le vecteur champ électrostatique (ou
champ électrique), au point M créé par la charge ponctuelle , et définit par :
⃗⃗ ⃗⃗.
Donc, au lieu de considérer la force électrostatique comme une interaction directe de deux
charges électriques distantes l'une de l'autre, une charge est considérée comme la source
d'un champ électrique s'étendant vers l'extérieur dans l'espace environnant, et la force
exercée sur une seconde charge dans cet espace est considéré comme une interaction
directe entre le champ électrique et la seconde charge.
Le champ électrostatique s’exprime en (N.C-1 ou V.m-1). ⃗ et ⃗⃗ sont de même sens si la
charge est positive et de sens opposés pour le cas inverse.

1.2-Propriétés
– Le champ électrostatique est porté par la droite passant par et M, on dit alors que le
champ électrostatique est radial.
–Il est créé par une charge ponctuelle en un point M de l’espace, distant de de la charge,
est inversement proportionnel au carré de la distance entre et M.
– Il n’est pas défini au point où se trouve la charge ponctuelle , par le fait que , si
, ce qui n’est pas physiquement acceptable.
Application : Interaction proton-électron
Quelle est le champ créé par un électron en un point situé à une distance de ?

10
1.3-Principe de superposition
Considérons un point M chargé d’une charge
ponctuelle entouré d’un nombre N de particules
ponctuelles chargées de , , …., et
(Fig.2). D’après le principe de superposition des
forces appliquées sur la charge , on a :
⃗ ∑ ⃗⃗ ,

et puisque ⃗⃗ , alors ⃗⃗ ∑ ⃗⃗ .
D’où, le champ créé en M est la somme des champs
créés par les différentes charges , ce qui nous
permet d’écrire:

⃗⃗ ∑ ⃗⃗ avec ⃗⃗ ⃗⃗ ,
alors, le vecteur champ électrostatique comme la force électrostatique obéit au principe de
la superposition.
Application : Calculer le champ électrique créé par deux charges ponctuelles en M, comme
indiqué par la figure (Fig.3).
1.3-Calcul du champ pour la distribution continue des charges
a-Distribution linéique
Comme vu dans le chapitre précédent, la charge élémentaire d’un petit
élément du fil chargé ayant une densité linéique est .
Alors, le champ élémentaire créé en un point M de l’espace par cette
charge est :
⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗
Donc, le champ total créé par le fil est de la forme : Fig.3

⃗⃗ ∫ ⃗⃗

Application : Calculer le champ électrostatique créé par un anneau uniformément chargé en


un point M appartenant à son axe de révolution.
b-Distribution surfacique
De même pour une surface chargée ayant une densité des charges surfacique , la charge
élémentaire créée par un élément de surface en un point M de l’espace est : .
Le champ créé par toute la surface chargée en un point de l’espace sera comme suit :

⃗⃗ ∬ ⃗⃗

Application : Calculer le champ électrostatique créé par un disque uniformément chargé en


un point M appartenant à son axe de révolution.
c-Distribution volumique

11
Pour le cas d’une distribution volumique des charges d’un volume donné , la charge
élémentaire d’un petit élément du volume est . Ce qui permet d’écrire le
champ créé par le volume en un point M sous la forme:
⃗⃗ ∫ ⃗⃗.
1.4-Lignes du champ
Le tracé des lignes de champ permet d'établir la
topographie du champ électrique dans une région de
l'espace. La ligne de champ donne l'orientation du
Fig.4
champ électrique résultant en un point de l'espace. En
tout point, le champ électrique résultant est tangent à la ligne de champ passant par ce
point (Fig.4).
1.5-Propriétés
-Les lignes de champ sont dans le plan des
charges.
-Les lignes de champ sont produites par les
charges positives divergentes et convergentes
vers les charges négatives (Fig.5).
-Les lignes de champ ne se coupent jamais.
-Les lignes de champ sont toujours tangentes
en chaque point au vecteur ⃗⃗ défini en ce Fig.5

point. Ces courbes sont orientées par convention dans le sens du vecteur ⃗⃗.
Soit M un point d’une ligne de champ et ⃗ le vecteur déplacement élémentaire sur une
ligne de champ. Puisque ⃗⃗ et d ⃗ sont colinéaires, on a :
⃗ ⃗⃗ ⃗⃗.

En projetant les deux vecteurs champ et déplacement en utilisant les coordonnées


cartésiennes on aura:

⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ et ⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ,

alors le produit vectoriel conduit à : .

Ces équations sont les équations des lignes de champ dans le système de coordonnées.
Application : Donner les lignes du champ pour deux charges positive et négative.
2-Symétrie du champ électrostatique
En physique, le principe de symétrie de Curie affirme que : Lorsque certaines causes
produisent certains effets, les éléments de symétrie des causes doivent se retrouver dans les
effets produits. Alors, le champ électrostatique (effet) possède les mêmes éléments de
symétrie que celles de charges électrique (causes).
2.1-Types de symétrie
a-Symétrie par translation

12
Un corps chargé possède une symétrie par translation le long d’un axe (oz). Donc, le champ
produit par ce système ne dépend pas de cette variable z.
Exemple : Le champ créé par un fil infiniment chargé suivant (oz).
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( )⃗ ⃗⃗ ( )⃗ ⃗⃗ ( )⃗ ⃗⃗ ( ).
b-Symétrie par rotation
Un système possède une symétrie par rotation autour d’un axe (oz), s’il reste invariant par
toute rotation autour de cet axe. Le champ créé par ce corps ne dépend de l’angle de
rotation dans le système de coordonnées cylindriques.
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ).
Exemple : Champ créé par un disque uniformément chargé (cercle, cylindre).
c-Symétrie cylindrique
Un système possède la symétrie cylindrique, s’il a une symétrie par rotation autour d’un axe
(oz) et une symétrie par translation suivant ce même axe (oz). Donc, le champ créé par ce
système ne dépend que de dans le système de coordonnées cylindriques.
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ).
Exemple : Champ créé par un cylindre infini, infiniment chargé.
d-Symétrie sphérique
Un corps est de symétrie sphérique s’il est invariant par rotation autour d’un point. En
coordonnées sphérique, le champ créé par un tel corps ne peut dépendre de et de .
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ).
Exemple : Sphère chargée uniformément ou en
fonction de r.
2.2-Plan de symétrie et d’antisymétrie et direction de
⃗⃗⃗
Contrairement au plan de symétrie (PS) qui découpe le
système en deux parties identiques de même charge,
le plan d’antisymétrie (PAS) partage le corps en deux
parties identiques de charges opposées (Fig.6).
Fig.6

a-Direction du champ en un point appartenant au plan de


symétrie
Toutes les paires de charges ( et ) créeront en M un
champ ⃗⃗ au plan de symétrie (disposées comme dans la
fig.7). Le champ total ⃗⃗ appartient au plan de symétrie.

Fig.7
13
Application : Trouver la direction et les variables dont dépend le champ créé par une sphère
uniformément chargée.

b-Direction du champ en un point appartenant au


plan d’antisymétrie
La paire de charges ( et ) créent en M un
champ ⃗⃗ perpendiculaire au plan d’antisymétrie. Il en
est de même pour toutes les autres paires constituants
le corps. Le champ total ⃗⃗ est perpendiculaire au
plan d’antisymétrie (Fig.8).

Exemple : Un fil infini chargé de densité :

{ Fig.8

3-Théorème de Gauss
3.1-Flux du champ
La notion de flux est toujours associée avec une surface S (de façon explicite ou implicite). Le
flux, , d'un champ vectoriel, ⃗, à travers une surface orientée, ⃗⃗ , est par définition :
∬ ⃗ ⃗⃗. C'est-à-dire, le flux d'un champ vectoriel à travers une surface est la mesure
du nombre de lignes du dit champ traversant cette surface.
3.2-Ennoncé du théorème
Le flux du champ électrique à travers une surface fermée quelconque est égal, dans le vide, à
( ) fois la charge électrique ( ) contenue à l'intérieur de cette surface (le vecteur
normale locale de la surface orientée vers l'extérieur).
∯ ⃗⃗ ⃗⃗
Ainsi, le flux total du champ électrostatique créé par une charge ponctuelle est située à
l’intérieur de S:

Cette relation relie le flux à travers une surface fermée ( ) et les échanges à l’intérieur de
cette surface.
3.3-Forme locale : Cas d’un corps chargé en volume
On peut écrire le théorème de Gauss dans le cas où la distribution de charges est continue
et décrite par une densité volumique de charges . La charge totale à l’intérieur de , c’est-
à-dire contenue dans le volume limité par la surface fermée est :

14
où est le volume délimité par la surface ( )
Alors le flux créé par cette distribution sera de la forme :

∯ ⃗⃗ ⃗ ∭

En appliquant le théorème d’Ostogradsky pour le flux, on aura :

∯ ⃗⃗ ⃗ ∭ ⃗⃗

d’où : ⃗⃗

3.4-Démarche à suivre pour appliquer le théorème de Gauss


Le théorème de Gauss permet de calculer le champ dans le corps possédant soit une
symétrie sphérique ou cylindrique :
1-Etudier la symétrie du corps chargé, chercher la direction de ⃗⃗ .
2-Choisir une surface fermée à travers laquelle on calculera le flux et qui a la même symétrie
que le corps étudié.
3-Calculer indépendamment la charge totale contenue dans cette surface (en fonction de ⃗⃗ ).
4-Appliquer le théorème de Gauss

Application : Trouver l’expression du champ créé par une charge ponctuelle placée à
l’origine en O.

Application : Trouver l’expression du champ créé par une sphère chargée en surface.

15
Potentiel électrostatique

1-Introduction
Chaque point chargé affecte l’espace par la création d’une fonction vectorielle appelée
champ électrostatique avec lequel est associé une grandeur scalaire appelée potentiel
électrostatique V. Le potentiel se rattache physiquement à la notion d’énergie potentielle
électrostatique, d’où son appellation.

2- Potentiel électrostatique

2.1- Circulation d’un champ électrostatique

a- Circulation élémentaire

Le champ créé par une charge q en un point M est


de la forme (Fig.1) :

⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗,

Sa circulation élémentaire, de ⃗⃗ correspondant


Fig.1
à un déplacement élémentaire ⃗ du point M sur la
courbe AB est :

⃗⃗ ⃗ ⃗⃗ ⃗

Or, ⃗⃗ ⃗ ⃗⃗ ( ⃗⃗) ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ (⃗⃗ ) ,

d’où, ( )

Avec, est le potentiel électrostatique créé par en .

b- Circulation sur un contour fermé

La circulation d’un champ électrostatique ⃗⃗ sur un contour fermé (C) est liée à son rotationnel
par le théorème de Stokes :

∮ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⃗

où, la surface (S) quelconque s’appuie sur le contour (C).

2.2- Potentiel électrostatique créé par une charge ponctuelle

16
Le potentiel électrostatique créé par une charge ponctuelle en un point M distante de est
donné par la relation suivante :

Le potentiel électrostatique est une fonction scalaire définie à une constante près. La
détermination de cette constante est par convention par la prise du potentiel nul à l’infini
( ( ) sous la condition qu’il n’y ait pas de charge à l’infini), d’où :

Le potentiel est donné en Volt (V). Le potentiel n’est pas défini dans le point où se trouve la
charge comme dit pour le champ électrostatique, car lorsque , ce qui n’est pas
physiquement acceptable.

2.3- Relation entre le potentiel et le champ électrostatique

On a : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗,

et à partir de la circulation élémentaire du champ électrostatique :

⃗⃗ ⃗ ,

d’où, le champ et le potentiel électrostatique sont lié par la relation locale suivante :

⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗

Cette relation montre que le champ électrostatique ⃗⃗ dérive d’un potentiel scalaire .

A partir de cette relation liant et ⃗⃗ on peut démontrer aisément les relations suivantes :

(⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ ) et ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗( ⃗⃗ ) .

2.4- Potentiel électrostatique créé par un ensemble de charges ponctuelles

Le potentiel électrostatique obéit à la loi de superposition, où le potentiel électrostatique créé


en un point M par un nombre N de particules ponctuelles placées en et distantes de de
, est égal à la somme des potentiels créés par chaque charge :

∑ ∑ ∑ .

Application : Calculer le potentiel créé par deux charges et distante de en un


point M appartenant à leur axe d’antisymétrie.

17
2.5- Potentiel électrostatique créé par une distribution continue de charges

a-Densité linéique de charges

Soit un système linéique de longueur chargé de densité de charges . Le potentiel créé par
cet élément, chargé élémentairement de , en un point M distant de r est donné par :

Application : Calculer le potentiel créé par un cercle uniformément chargé en déduire le


champ électrostatique.

b-Densité surfacique de charges

Soit une surface chargé de densité de charges . Le potentiel créé par cet élément, chargé
élémentairement de , en un point M distant de r est donné par :

Application : Calculer le potentiel créé par un disque uniformément chargé en déduire le


champ électrostatique.

a-Densité surfacique de charges

Le potentiel créé par un volume chargé, de densité volumique de charges , en un point M


distant de r est donné par :

Application : Calculer le potentiel créé par une sphère uniformément chargée en volume en
tout point de l’espace.

2.6- Différence du potentiel

La circulation sur un contour (C) entre deux points A et B est donné par :

∫ ∫ ( ),

La circulation est égale donc à la différence du potentiel entre les deux points A et B :

∫ ⃗⃗ ⃗

La circulation d’un champ ne dépend pas du chemin suivi, mais dépend seulement de de l’état
initial et final (potentiel en A et potentiel en B).

18
2.6- Surfaces équipotentielles

Sont les surfaces où le potentiel électrostatique est constant . V est constant le long
d'un trajet petit sur une équipotentielle on a d'où, d'après

⃗⃗ ⃗ ,

⃗⃗ est perpendiculaire aux surfaces équipotentielles. Ainsi les lignes de champ et les surfaces
équipotentielles sont toujours orthogonales.

Application : Déterminer les surfaces équipotentielles pour une charge ponctuelles.

2.7- Caractéristiques du potentiel électrostatique

-Le champ électrostatique est dirigé dans la direction de la plus forte décroissance du
potentiel.

On a ⃗⃗ ⃗ , donc .

-Le potentiel est continu pour une distribution volumique et surfacique, tandis qu’il subit une
discontinuité à la traversée d’une distribution linéique.

Application : Calculer le potentiel créé par une sphère creuse chargée en surface en tout point
de l’espace et donner son allure.

3-Loi de Poisson et loi de Laplace

3.1-Loi de Poisson

Le théorème de Gauss se traduit sous sa forme locale par la relation suivante :

⃗⃗ ,

Or, le champ électrostatique est donné par : ⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ .

Ces deux relations permettent d’établir la relation entre le potentiel électrostatique à ses
sources (la densité ):

(⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) ,

Ce qui donne la loi de Poisson :

Cette relation est écrite dans les coordonnées cartésiennes : ( )

Application : Trouver l’expression du potentiel ( ) dans une région où la densité


volumique de charges est constante.

3.2-Loi de Laplace
19
Dans une région dépourvue de charges, la densité est donc nulle ( ), alors la relation
précédent devient (Loi de Laplace) :

Cette relation est utilisée dans les régions vides de charges. Elle montre aussi que le potentiel
n’admet pas d’extremum en dehors de l’endroit où sont localisées les charges.

Application : Trouver l’expression du potentiel ( ) dans l’espace compris entre deux


plaques portées aux potentiels et .

20
Energie électrostatique

1-Définition
L’énergie électrostatique (potentielle ou électrique) d’un système de charges est le travail
qu’il faut fournir pour les amener depuis l’infini jusqu’à leurs positions actuelles.

2-Energie électrique d’une charge ponctuelle

Soit une particule chargée q placée dans un champ électrostatique ⃗⃗. Si ce déplacement est
fait suffisamment lentement, la particule n'acquiert aucune énergie cinétique (pas
d’accélération ⃗ ⃗⃗). L’opérateur doit fournir une force ⃗ qui s'oppose à la force de
Coulomb ( ⃗ ⃗ ), pour déplacer la particule de l'infini vers un point M.

∑⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗⃗ ⃗ ⃗⃗, donc ⃗ ⃗⃗

Le travail fourni par l'opérateur pour amener une charge de l’infini au point M s’exprime

∫ ⃗ ⃗.

Alors l’énergie potentielle électrostatique sera

∫ ∫ ⃗ ⃗ ∫ ⃗⃗ ⃗ ∫ ( ) ( ),

d’où, ( ) ( ) ( ), (généralement ( ) )

Remarques :

-A partir de cette relation on remarque qu’une charge placée en un point M où le potentiel est
nul ne possède pas d’énergie potentielle.

-L'énergie électrostatique est une mesure (à un facteur q près) de la circulation du champ


électrostatique, donc l'énergie est indépendante du chemin suivi.

Application : Vérifier que la force électrostatique ⃗ dérive de l’énergie potentielle


électrostatique.

3-Energie électrique d’un système de charges

3.1-Energie potentielle de deux charges

L’énergie que possède deux charges et


placées en A et B est le travail fourni pour les
amener, chacune à part, de l’infini jusqu’à leurs
positions actuelles (Fig.1).

Fig.1

21
Pour calculer l’énergie potentielle des deux charges, on décompose le mouvement en petits
déplacements élémentaires ⃗ et ⃗ . Le travail élémentaire fourni par l’opérateur est égal à
l’inverse du travail élémentaire des forces intérieures ⃗ et ⃗ .

⃗ ⃗ ⃗ ⃗,

car subit ⃗ durant son déplacement ⃗ , et de même déplacée de ⃗ par effet de ⃗ .


⃗⃗ ⃗⃗
( ( )
⃗ ( )
⃗)

⃗⃗
( )
( ⃗ ⃗ ).

d’autre part on a

⃗ ⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗


⃗ ⃗⃗ ,

Ce qui donne finalement


⃗⃗
( )
⃗⃗ ( )
.

Alors, . Fig.2

D’où, ( )

Application : Calculer l’énergie électrique d’un proton et un électron distants de .

3.2-Expression de l’énergie potentielle en fonction du potentiel

L’expression précédente de l’énergie peut s’écrire aussi

( ) ( ), avec ( ) le potentiel en A créé par .

( ) ( ), avec ( ) le potentiel en B créé par .

Des deux expressions précédentes découle

( ) ( ( ) ( )),

Chaque charge est multipliée par le potentiel électrostatique au point où se trouve.

3.3-Energie potentielle de N charges

Pour un système de charges , …. et , l’expression de l’énergie potentielle par


généralisation peut s’écrire

22
( ) ∑ ( ).

Puisque, ( ) ∑ , alors

( ) ∑ (∑ ) ∑ ∑ ∑ ∑ ( ),

d’où, ( ) ∑ ∑ ( ).

Application : Calculer l’énergie potentielle de la molécule CO2 de deux façons différentes.

4-Energie potentielle d’une distribution continue

4.1-Distribution volumique

Le volume chargé, de densité volumique de charges , est subdivisé en éléments de volume


portant les charges , qui seront considérées comme un grand nombre de charges
ponctuelles juxtaposées. Ainsi l’énergie potentielle s’écrit :

∑ () ∭ ( ) ( ),

d’où, ∭ ( ) ( ) ∭ ,

avec, la densité volumique d’énergie, qui se définit comme énergie par unité du volume.

Application : Calculer l’énergie potentielle d’une sphère chargée uniformément en volume.

4.2-Distribution surfacique

Par la même procédure pour une surface S chargée par une densité surfacique , chaque
élément de surface est chargé de . L’énergie potentielle s’écrit :

∭ ( ) ( ) .

4.3-Distribution linéique

Pour un élément linéique de charges , l’énergie potentielle s’écrit :

∭ ( ) ( ) .

23
Conducteurs en équilibre électrostatique

1-Classification des matériaux


1.1-Isolants
Ce genre de matériaux ne conduit pas l’électricité. Les porteurs de charges (e-) sont liés et ne
peuvent pas se déplacer librement.

Exemple : Plastique, verre, bois.

1.2-Conducteurs
Sont des matériaux dans lesquel les charges se déplacent librement lorsqu’une force
électrostatique leur est appliquée.

Exemple : métaux, solutions électrolytiques.

1.3-Semi-conducteurs

Ce sont des matériaux situés entre les deux premiers types. Ils peuvent selon des conditions
(de température, électriques …) se comporter comme bons conducteurs ou mauvais
conducteurs.

Exemple : Ge, Si, AsGa.

2- Equilibre électrostatique

2.1- Définition

Un conducteur est en équilibre électrostatique lorsqu'aucune charge électrique ne se déplace à


l'intérieur du conducteur. La répartition des charges est constante dans le temps.

2.1- Caractéristiques

-Le champ électrostatique est toujours nul dans un conducteur ; les charges à l’intérieur du
conducteur ne bougent plus donc ⃗⃗ , donc ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗.

- Le potentiel électrostatique est constant à l’intérieur d’un conducteur en équilibre. Puisque


le champ est nul, et ⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ( ) donc à l’intérieur du conducteur. La surface
d’un conducteur est donc une surface équipotentielle. Les lignes de champ sont donc
normales à cette surface.

- La densité totale de charges est donc nulle à l’intérieur du conducteur . Puisque


l’intérieur d’un conducteur ne peut pas être chargé, la répartition des charges est uniquement
superficielle et nous la représenterons souvent par une densité superficielle .

- Théorème de Coulomb : Le champ électrique ⃗⃗ au voisinage du conducteur est


perpendiculaire à sa surface et vaut ⃗⃗ ⃗⃗⃗ Avec, ⃗⃗ le vecteur unitaire est perpendiculaire à

24
la surface du conducteur et orienté vers l’extérieur. Donc Le champ électrique est discontinu à
la traversée d'un conducteur, puisque il est nul à l'intérieur et vaut à l'extérieur.
-Dans un conducteur chargé en équilibre. Chaque élément dS de sa surface S porte une charge
et subie l’action d’une force ⃗ ⃗⃗ due aux autres charges du conducteur.

Cette force est analogue à une force de pression; et la quantité : ⃗⃗ est appelée
pression électrostatique du conducteur.

3- Ensemble de conducteurs en équilibre électrostatique

Deux conducteurs l’un à proximité de l’autre,


l’un chargé (Q1 > 0) et l’autre non (Q2 = 0).
Le conducteur influence sur le deuxième de
telle sorte que les charges dans le conducteur
neutre vont se déplacer pour annuler le champ à
l’intérieur de ce conducteur (Fig.1).

Dans cette exemple deux conducteurs


s’influencent mais certaines lignes de champ
Fig.1
partent de l’un des conducteurs à l’infini. On dit
qu’on a influence partielle. Alors que lorsqu’un conducteur entoure complètement l’autre, on
a le phénomène dit d’influence totale.

4-Condensateurs

4.1-Définition

Un condensateur est un ensemble de deux conducteurs en influence totale, alors Q = Q1 prise


comme la charge du condensateur. L’espace entre les deux armatures (les deux conducteurs)
peut être du vide ou tout autre milieu non conducteur (diélectrique).

4.1- Capacité du condensateur

Soit un condensateur à l'équilibre, constitué de de deux


armatures A et B séparées d’une distance e, dont il est
appliqué une différence de potentielle ∆V=VA-VB>0 (VA et
VB étant respectivement les potentiels des armatures A et B
il apparaît sur la surface de l'armature A une charge
positive QA et sur la surface de l'armature B une charge QB
= –QA =Q). La capacité électrostatique de ce condensateur
est définie par :
. Fig.2

a-Capacité d’un condensateur plat

Soit un condensateur plat (Fig.2), dont on suppose que la charge Q est uniformément répartie
sur chaque armature avec la densité superficielle .
A partir de la relation de la circulation électrostatique ⃗⃗ ⃗

25
Le champ électrostatique uniforme entre les armatures et donné par le théorème de Coulomb :
⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗, donc

b-Capacité d’un condensateur cylindrique

Soient deux cylindres coaxiaux chargés


uniformément (interne de et externe de – ) de
rayons et et séparées de (Fig.3).

Par application du théorème de Gauss à un cylindre


de rayon , situé entre les deux cylindres, on aura :

∬ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗ ⃗

∬ ⃗⃗ ⃗ ,

Et puisque , donc ⃗⃗ ⃗.

A partir de la relation ⃗⃗ ⃗
Fig.3
, on aura

∫ ( ). Alors .
( )

Remarque : Si , donc ( ) ( ) ( ) et .

Alors C= , avec .

c-Capacité d’un condensateur sphérique

Soient deux sphères coaxiales chargées uniformément


(interne de et externe de – ) de rayons et et
séparées de (Fig.4).

Par application du théorème de Gauss à une sphère de


rayon , située entre les deux sphères, on aura :

∬ ⃗⃗ ⃗ ,

Et puisque , donc ⃗⃗ ⃗.
Fig.4

A partir de la relation ⃗⃗ ⃗ , on aura

∫ ( ) . Alors .

26
( )
Remarque : Si , donc et .

Alors C= , avec .

4.2- Association des condensateurs

a-Groupement en série
Soient trois condensateurs initialement
déchargées. Lorsqu’on applique une
différence du potentiel entre les
bornes A et B, les armateurs des
condensateurs seront chargées et portent des
Fig.5
quantités d'électricité opposées ( ou – ),
avec l’armature liée à A est chargée de et celle liée à B est chargée . Ces mêmes
quantités d'électricité ( ou – comme indiqué par la Fig.5) sont portées par les trois
condensateurs.

Les capacités de ces trois condensateurs sont telles que :

( ), ( ) et ( ).

De même pour le condensateur équivalent, et sa capacité est telle que ( ).

Alors, ( ) ( ) ( ) .

D’où, .

D'une manière générale, si condensateurs de capacités , sont montés en série,


le condensateur équivalent a la capacité telle que :

a-Groupement en parallèle

Soient trois condensateurs montés en parallèle entre deux


bornes A et B. Une différence du potentiel est appliqué
entre ces deux bornes avec . Alors les
armatures liées à A sont chargées et , et celles
liées à B sont chargées et (Fig.6).

Un calcul similaire au précédent donne les capacités de


ces trois condensateurs comme suit :

( ), ( ) et Fig.6
( ).

27
le condensateur équivalent est soumis à la même différence du potentiel, et son armature liée
à A est chargée de et sa capacité est donnée par ( ).

Alors, on aura ( ) ( ) ( ) ( )

D’où,

D'une manière générale, la capacité du condensateur équivalent à N condensateurs montés


en parallèle, de capacité et est :

Application : Calculer la capacité équivalente de ce montage des condensateurs (Fig.7).


Quelle sera sa valeur si les capacités sont égales à

Fig.7

4-3-Energie électrique emmagasinée dans un condensateur


Pour l’armature A :
Pour l’armature B :

Donc l’énergie totale de ce condensateur est : Fig.8


( )

Puisque :

Donc :

Application : Calculer l’énergie potentielle électrostatique emmagasinée par le montage


précédent sachant que U= =10V (Fig.7).

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