Cours d'Électrostatique et Applications
Cours d'Électrostatique et Applications
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Jamal Baliti
Université Sultan Moulay Slimane
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Rarefied gases study using Lattice Boltzmann method and DSMC View project
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Filière : SVI
Module 12 : Physique II
Electricité :
Electrostatique : Cours et applications
Jamal BALITI
Année universitaire 2018/2019
Compléments mathématiques
[Link]èmes de coordonnées
{ , ; : surface et : volume.
~ Cylindrique : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ,
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , { , .
~ Sphérique : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ,
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , { ,
[Link]érateurs
⃗ .
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ .
i
(surface de niveau).
En coordonnées cylindriques et sphériques :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗ ( ) ( ) ( )
Le laplacien apparait souvent comme la divergence d’un flux dans une équation de
conservation.
ii
~Relations vectorielles
Produit mixte : ⃗ ⃗ ⃗
~Relations utiles
~Théorème du rotationnel (de Stokes) : la circulation d’un vecteur le long d’un contour
est égale au flux de son rotationnel à travers qui s’appuie et entoure le 𝑛⃗ 𝑑𝑆
contour C. Il permet de passer d’une intégrale simple sur le contour à
une intégrale double sur une surface :
(S)
∮ ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗.
∬ ∭ .
~Théorème du gradient: l’intégrale d’un scalaire sur est égale à l’intégrale sur
de son gradient.
∬ ∭ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ .
iii
Interactions électrostatiques et Loi de coulomb
1-Introduction
L'électrostatique est une branche de la physique dans laquelle on étudie les interactions
produites entre les charges électriques immobiles.
2-Charge électrique
2.1-Structure atomique
Apparemment, la nature de la charge d’un proton est différente de celle d’un électron et on
appelle la charge d’un proton positive et celle d’un électron négative (par convention).
Une particule est chargée positivement, s’elle a un déficit d’électrons et négativement s’elle
en a un excès. Donc, la charge électrique
d’une particule est une
grandeur scalaire (algébrique) qui
caractérise les actions
électromagnétiques subies ou exercée
par la particule. Deux particules de
Fig.2
même charges se repoussent alors
qu’elles s’attirent s’elles sont de charges opposées (Fig.2).
1
Par analogie avec la gravitation universelle la charge électrique joue dans l’interaction
électrostatique le même rôle que joue la masse (scalaire positif) dans l’interaction
gravitationnelle.
L’unité de la charge de la particule est le Coulomb (C) dans le SI. C’est la quantité de charges
transportée par un courant de 1 Ampère pendant 1 seconde 1 C = 6,25.1018e (6,25.1018
charges électriques, avec la charge élémentaire est de 1 e = l,6.10-19 C). Dans la pratique, on
utilise le nC= 10-9 C et le μC= 10-6 C.
La charge des particules est liées au nombre d’électrons gagnés ou perdus, ce qui montre
que la charge électrique varie de façon discontinue, on dit que la charge est quantifiée et sa
valeur est multiple de e ; c’est-à-dire que toute charge électrique ne peut être qu’un
multiple de e.
2.3-Principe de conservation
La charge électrique élémentaire est un invariant, c’est-à-dire que sa valeur reste inchangée
quel que soit le référentiel d’étude. Elle ne peut être ni produite ni détruite, mais seulement
se déplacer d’un corps à un autre. Pour un système fermé, elle reste constante.
On utilise la lettre pour représenter la charge électrique d’une particule et, en général, la
charge nette d’une particule composée à la fois de protons et d'électrons est donnée par :
( )
Charge
Exemples :
-Si une poudre, comme du sucre ou de la farine, glisse dans un tube et se colle aux parois, la
charge de chaque petite particule de la poudre peut atteindre 10-14 à 10-13 C, c'est-à-dire que
100 000 à 1 million d'électrons ont été transférés par particule.
-Si on récupère la poudre glissant dans le tube, nous trouverons souvent une charge
spécifique d’environ 10-7 C kg-1.
-Si une personne qui a traversé une moquette au sol reçoit un choc quand elle touche une
poignée de porte, elle aurait normalement une charge d'environ 10-7 C.
2
-Si on frotte une charteque en plastique avec un morceau de fourrure, on trouve
généralement une charge de 10-7 C / feuille.
3.1-Distribution discrète
Cette distribution est constituée de charges ponctuelles. Une charge est dite ponctuelle, si
les dimensions des chargées sont petites par rapport à la distance qui les sépare ou la
distance d’étude ; Ce n’est donc qu’une idéalisation mathématique d’un système physique.
3.2-Distribution continue
a-Distribution volumique
Fig.3
La densité volumique des charges , donnée en (C.m-3), est une fonction de point scalaire
qui peut subir de grandes variations d’un point à l’autre de la distribution. En effet, la charge
est nulle dans l’espace vide entre un noyau et un électron et prend une valeur différente de
zéro en un point situé sur le noyau ou l’électron. En conséquence pourrait avoir des
valeurs très différentes suivant le choix du volume élémentaire . Pour que la définition de
ait un sens, c’est-à-dire qu’elle soit indépendante de la forme exacte de , il faut
considérer un élément de volume qui soit grand par rapport aux dimensions atomiques,
mais très petit par rapport aux dimensions de la distribution de charges. Celle-ci correspond
alors à un système macroscopique et pourra être considéré comme une densité volumique
de charges, moyennée sur le volume . Cette description est valable tant que l’on
s’intéresse à une description macroscopique (en opposition à celle microscopique) du
système de charges.
3
Pour un volume , la charge totale s’obtient à partir de l’intégrale de volume :
∭ ∭
b-Distribution surfacique
Dans ce cas, la charge totale d’une surface s’obtient à partir de l’intégrale de surface :
∬ ∭
c-Distribution linéique
La charge totale du fil est donnée par l’intégrale curviligne sur toute
Fig.5
la longueur du fil:
∫ ∫ .
4
Soient deux particules ponctuelles
de charges et placées dans
le vide de permittivité électrique
à une distance l’une de
l’autre. Pour l’exemple de la figure
6, on choisit arbitrairement de
prendre et de même charge
(elles se repoussent), mais le
raisonnement est identique
lorsque les deux particules sont de
charges opposées (où les deux
Fig.6
particules s’attirent).
La charge exerce sur la charge une force électrostatique (force électrique), notée ⃗ ,
dirigée suivant le vecteur unitaire (vecteur unitaire porté par la ligne d’action de la force
électrostatique dirigée de vers ). Au même instant, la charge exerce sur la charge
une force électrostatique, notée ⃗ , dirigée en sens inverse de ⃗ .
Selon le principe des actions réciproques, Les deux forces ⃗ ⃗ sont égales et
opposées. Généralement, deux charges électriques au repos et s'attirent ou se
repoussent mutuellement avec une force ⃗ :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗
Dans les deux cas, en définissant un vecteur unitaire ⃗⃗ dirigé de vers , on
peut exprimer la force exercée par sur sous la forme vectorielle suivante :
⃗ ⃗⃗,
5
3.2-Validité du principe fondamental de la statique
Avec
⃗ ⃗⃗.
Le rapport entre le module des deux forces (de Coulomb et de gravitation) est de la forme :
On observe donc que les forces d'interaction électrostatiques sont très très largement plus
importantes que les forces gravitationnelles ( ).
4-Principe de superposition
7
Considérons plusieurs charges ponctuelles
immobiles , , , …., et 𝑢
⃗⃗
(Fig.8).
⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ,
⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ .
Alors,
⃗ ∑ ⃗ ∑ ⃗⃗ .
Ce calcul démontre une propriété importante de la force électrostatique connue sous le nom
de principe de superposition. Selon ce principe, une force provenant d'un certain nombre de
sources est déterminé en ajoutant les forces individuelles de chaque source. Le principe est
illustré par la figure 8, dans laquelle une force électrostatique provenant de plusieurs
sources est déterminée par la superposition des forces de chacune des sources. Dans ce cas,
la force électrostatique à l'emplacement de est la somme des forces dus à , , ….,
et . Des études de forces électrostatiques sur une gamme de grandeurs
extrêmement large ont établi la validité du principe de superposition. La nature vectorielle
d'une force électrostatique produite par un ensemble de charges introduit une complexité
significative. Spécifier la force à chaque point de l'espace nécessite de donner à la fois le
module et la direction à chaque endroit.
La loi de Coulomb, n'est pas très utile dans les cas pratiques. Cette loi n’est valable que si les
charges impliquées sont des charges dites ponctuelles (et approximativement pour des
distributions continues simples), c’est-à-dire que les charges sont localisées sur des corps de
dimensions réduites par rapport à la distance qui les sépare.
8
Le paramètre le plus pratique pour traiter les phénomènes électriques est le champ
électrostatique (Chapitre suivant).
Fig.9
La loi de Coulomb est un bon choix pour les cas des charges ponctuelles et / ou des
géométries simples et symétriques telles que des distributions linéiques ou sphériques de
charges.
La loi de Coulomb est basée sur les forces entre les paires de charges ponctuelles, où son
application suit les étapes suivantes :
1-Déterminer les forces entre chaque paire de charges.
2-Faire une somme vectorielle pour fusionner toutes les forces en une seule force
résultante.
Pour la situation des distributions continues de charges, on modélise de manière créative la
charge répartie comme un ensemble de points chargés (moins utilisé dans la pratique),
1-Déterminer un représentant une charge infinitésimale dans la région de charge
distribuée.
2-Déterminer la force élémentaire entre la charge ponctuelle et chaque .
3-Faire une intégrale de la force élémentaire, ce qui donne finalement la force résultante.
9
Champ électrostatique et théorème de Gauss
1-Champ électrostatique
1.1-Définition pour une charge ponctuelle
Soit un point P chargé par une charge
ponctuelle . On suppose qu’un point M distant
de r du point P est chargé de même
ponctuellement par (Fig.1). Selon le principe
fondamental de l’électrostatique, la force
appliquée par sur celle au point M est de la
𝑢
⃗⃗
forme :
⃗
⃗ ⃗⃗, avec ⃗⃗ est le vecteur unitaire
dirigé de P vers M.
La force ainsi calculée dépend des deux charges
et . On définit une autre quantité Fig.1
vectorielle qui dépend uniquement de la charge
⃗
et a un effet sur l’espace . Cette quantité désigne le vecteur champ électrostatique (ou
champ électrique), au point M créé par la charge ponctuelle , et définit par :
⃗⃗ ⃗⃗.
Donc, au lieu de considérer la force électrostatique comme une interaction directe de deux
charges électriques distantes l'une de l'autre, une charge est considérée comme la source
d'un champ électrique s'étendant vers l'extérieur dans l'espace environnant, et la force
exercée sur une seconde charge dans cet espace est considéré comme une interaction
directe entre le champ électrique et la seconde charge.
Le champ électrostatique s’exprime en (N.C-1 ou V.m-1). ⃗ et ⃗⃗ sont de même sens si la
charge est positive et de sens opposés pour le cas inverse.
1.2-Propriétés
– Le champ électrostatique est porté par la droite passant par et M, on dit alors que le
champ électrostatique est radial.
–Il est créé par une charge ponctuelle en un point M de l’espace, distant de de la charge,
est inversement proportionnel au carré de la distance entre et M.
– Il n’est pas défini au point où se trouve la charge ponctuelle , par le fait que , si
, ce qui n’est pas physiquement acceptable.
Application : Interaction proton-électron
Quelle est le champ créé par un électron en un point situé à une distance de ?
10
1.3-Principe de superposition
Considérons un point M chargé d’une charge
ponctuelle entouré d’un nombre N de particules
ponctuelles chargées de , , …., et
(Fig.2). D’après le principe de superposition des
forces appliquées sur la charge , on a :
⃗ ∑ ⃗⃗ ,
⃗
et puisque ⃗⃗ , alors ⃗⃗ ∑ ⃗⃗ .
D’où, le champ créé en M est la somme des champs
créés par les différentes charges , ce qui nous
permet d’écrire:
⃗⃗ ∑ ⃗⃗ avec ⃗⃗ ⃗⃗ ,
alors, le vecteur champ électrostatique comme la force électrostatique obéit au principe de
la superposition.
Application : Calculer le champ électrique créé par deux charges ponctuelles en M, comme
indiqué par la figure (Fig.3).
1.3-Calcul du champ pour la distribution continue des charges
a-Distribution linéique
Comme vu dans le chapitre précédent, la charge élémentaire d’un petit
élément du fil chargé ayant une densité linéique est .
Alors, le champ élémentaire créé en un point M de l’espace par cette
charge est :
⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗
Donc, le champ total créé par le fil est de la forme : Fig.3
⃗⃗ ∫ ⃗⃗
⃗⃗ ∬ ⃗⃗
11
Pour le cas d’une distribution volumique des charges d’un volume donné , la charge
élémentaire d’un petit élément du volume est . Ce qui permet d’écrire le
champ créé par le volume en un point M sous la forme:
⃗⃗ ∫ ⃗⃗.
1.4-Lignes du champ
Le tracé des lignes de champ permet d'établir la
topographie du champ électrique dans une région de
l'espace. La ligne de champ donne l'orientation du
Fig.4
champ électrique résultant en un point de l'espace. En
tout point, le champ électrique résultant est tangent à la ligne de champ passant par ce
point (Fig.4).
1.5-Propriétés
-Les lignes de champ sont dans le plan des
charges.
-Les lignes de champ sont produites par les
charges positives divergentes et convergentes
vers les charges négatives (Fig.5).
-Les lignes de champ ne se coupent jamais.
-Les lignes de champ sont toujours tangentes
en chaque point au vecteur ⃗⃗ défini en ce Fig.5
point. Ces courbes sont orientées par convention dans le sens du vecteur ⃗⃗.
Soit M un point d’une ligne de champ et ⃗ le vecteur déplacement élémentaire sur une
ligne de champ. Puisque ⃗⃗ et d ⃗ sont colinéaires, on a :
⃗ ⃗⃗ ⃗⃗.
⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ et ⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗ ,
Ces équations sont les équations des lignes de champ dans le système de coordonnées.
Application : Donner les lignes du champ pour deux charges positive et négative.
2-Symétrie du champ électrostatique
En physique, le principe de symétrie de Curie affirme que : Lorsque certaines causes
produisent certains effets, les éléments de symétrie des causes doivent se retrouver dans les
effets produits. Alors, le champ électrostatique (effet) possède les mêmes éléments de
symétrie que celles de charges électrique (causes).
2.1-Types de symétrie
a-Symétrie par translation
12
Un corps chargé possède une symétrie par translation le long d’un axe (oz). Donc, le champ
produit par ce système ne dépend pas de cette variable z.
Exemple : Le champ créé par un fil infiniment chargé suivant (oz).
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( )⃗ ⃗⃗ ( )⃗ ⃗⃗ ( )⃗ ⃗⃗ ( ).
b-Symétrie par rotation
Un système possède une symétrie par rotation autour d’un axe (oz), s’il reste invariant par
toute rotation autour de cet axe. Le champ créé par ce corps ne dépend de l’angle de
rotation dans le système de coordonnées cylindriques.
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ).
Exemple : Champ créé par un disque uniformément chargé (cercle, cylindre).
c-Symétrie cylindrique
Un système possède la symétrie cylindrique, s’il a une symétrie par rotation autour d’un axe
(oz) et une symétrie par translation suivant ce même axe (oz). Donc, le champ créé par ce
système ne dépend que de dans le système de coordonnées cylindriques.
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ).
Exemple : Champ créé par un cylindre infini, infiniment chargé.
d-Symétrie sphérique
Un corps est de symétrie sphérique s’il est invariant par rotation autour d’un point. En
coordonnées sphérique, le champ créé par un tel corps ne peut dépendre de et de .
⃗⃗ ( ) ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ) ⃗ ⃗⃗ ( ).
Exemple : Sphère chargée uniformément ou en
fonction de r.
2.2-Plan de symétrie et d’antisymétrie et direction de
⃗⃗⃗
Contrairement au plan de symétrie (PS) qui découpe le
système en deux parties identiques de même charge,
le plan d’antisymétrie (PAS) partage le corps en deux
parties identiques de charges opposées (Fig.6).
Fig.6
Fig.7
13
Application : Trouver la direction et les variables dont dépend le champ créé par une sphère
uniformément chargée.
{ Fig.8
3-Théorème de Gauss
3.1-Flux du champ
La notion de flux est toujours associée avec une surface S (de façon explicite ou implicite). Le
flux, , d'un champ vectoriel, ⃗, à travers une surface orientée, ⃗⃗ , est par définition :
∬ ⃗ ⃗⃗. C'est-à-dire, le flux d'un champ vectoriel à travers une surface est la mesure
du nombre de lignes du dit champ traversant cette surface.
3.2-Ennoncé du théorème
Le flux du champ électrique à travers une surface fermée quelconque est égal, dans le vide, à
( ) fois la charge électrique ( ) contenue à l'intérieur de cette surface (le vecteur
normale locale de la surface orientée vers l'extérieur).
∯ ⃗⃗ ⃗⃗
Ainsi, le flux total du champ électrostatique créé par une charge ponctuelle est située à
l’intérieur de S:
Cette relation relie le flux à travers une surface fermée ( ) et les échanges à l’intérieur de
cette surface.
3.3-Forme locale : Cas d’un corps chargé en volume
On peut écrire le théorème de Gauss dans le cas où la distribution de charges est continue
et décrite par une densité volumique de charges . La charge totale à l’intérieur de , c’est-
à-dire contenue dans le volume limité par la surface fermée est :
14
où est le volume délimité par la surface ( )
Alors le flux créé par cette distribution sera de la forme :
∯ ⃗⃗ ⃗ ∭
∯ ⃗⃗ ⃗ ∭ ⃗⃗
d’où : ⃗⃗
Application : Trouver l’expression du champ créé par une charge ponctuelle placée à
l’origine en O.
Application : Trouver l’expression du champ créé par une sphère chargée en surface.
15
Potentiel électrostatique
1-Introduction
Chaque point chargé affecte l’espace par la création d’une fonction vectorielle appelée
champ électrostatique avec lequel est associé une grandeur scalaire appelée potentiel
électrostatique V. Le potentiel se rattache physiquement à la notion d’énergie potentielle
électrostatique, d’où son appellation.
2- Potentiel électrostatique
a- Circulation élémentaire
⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗,
⃗⃗ ⃗ ⃗⃗ ⃗
d’où, ( )
La circulation d’un champ électrostatique ⃗⃗ sur un contour fermé (C) est liée à son rotationnel
par le théorème de Stokes :
∮ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⃗
16
Le potentiel électrostatique créé par une charge ponctuelle en un point M distante de est
donné par la relation suivante :
Le potentiel électrostatique est une fonction scalaire définie à une constante près. La
détermination de cette constante est par convention par la prise du potentiel nul à l’infini
( ( ) sous la condition qu’il n’y ait pas de charge à l’infini), d’où :
Le potentiel est donné en Volt (V). Le potentiel n’est pas défini dans le point où se trouve la
charge comme dit pour le champ électrostatique, car lorsque , ce qui n’est pas
physiquement acceptable.
On a : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗,
⃗⃗ ⃗ ,
d’où, le champ et le potentiel électrostatique sont lié par la relation locale suivante :
⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Cette relation montre que le champ électrostatique ⃗⃗ dérive d’un potentiel scalaire .
A partir de cette relation liant et ⃗⃗ on peut démontrer aisément les relations suivantes :
(⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ ) et ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗( ⃗⃗ ) .
∑ ∑ ∑ .
17
2.5- Potentiel électrostatique créé par une distribution continue de charges
Soit un système linéique de longueur chargé de densité de charges . Le potentiel créé par
cet élément, chargé élémentairement de , en un point M distant de r est donné par :
Soit une surface chargé de densité de charges . Le potentiel créé par cet élément, chargé
élémentairement de , en un point M distant de r est donné par :
Application : Calculer le potentiel créé par une sphère uniformément chargée en volume en
tout point de l’espace.
La circulation sur un contour (C) entre deux points A et B est donné par :
∫ ∫ ( ),
La circulation est égale donc à la différence du potentiel entre les deux points A et B :
∫ ⃗⃗ ⃗
La circulation d’un champ ne dépend pas du chemin suivi, mais dépend seulement de de l’état
initial et final (potentiel en A et potentiel en B).
18
2.6- Surfaces équipotentielles
Sont les surfaces où le potentiel électrostatique est constant . V est constant le long
d'un trajet petit sur une équipotentielle on a d'où, d'après
⃗⃗ ⃗ ,
⃗⃗ est perpendiculaire aux surfaces équipotentielles. Ainsi les lignes de champ et les surfaces
équipotentielles sont toujours orthogonales.
-Le champ électrostatique est dirigé dans la direction de la plus forte décroissance du
potentiel.
On a ⃗⃗ ⃗ , donc .
-Le potentiel est continu pour une distribution volumique et surfacique, tandis qu’il subit une
discontinuité à la traversée d’une distribution linéique.
Application : Calculer le potentiel créé par une sphère creuse chargée en surface en tout point
de l’espace et donner son allure.
3.1-Loi de Poisson
⃗⃗ ,
Ces deux relations permettent d’établir la relation entre le potentiel électrostatique à ses
sources (la densité ):
(⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) ,
3.2-Loi de Laplace
19
Dans une région dépourvue de charges, la densité est donc nulle ( ), alors la relation
précédent devient (Loi de Laplace) :
Cette relation est utilisée dans les régions vides de charges. Elle montre aussi que le potentiel
n’admet pas d’extremum en dehors de l’endroit où sont localisées les charges.
20
Energie électrostatique
1-Définition
L’énergie électrostatique (potentielle ou électrique) d’un système de charges est le travail
qu’il faut fournir pour les amener depuis l’infini jusqu’à leurs positions actuelles.
Soit une particule chargée q placée dans un champ électrostatique ⃗⃗. Si ce déplacement est
fait suffisamment lentement, la particule n'acquiert aucune énergie cinétique (pas
d’accélération ⃗ ⃗⃗). L’opérateur doit fournir une force ⃗ qui s'oppose à la force de
Coulomb ( ⃗ ⃗ ), pour déplacer la particule de l'infini vers un point M.
∑⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗⃗ ⃗ ⃗⃗, donc ⃗ ⃗⃗
Le travail fourni par l'opérateur pour amener une charge de l’infini au point M s’exprime
∫ ⃗ ⃗.
∫ ∫ ⃗ ⃗ ∫ ⃗⃗ ⃗ ∫ ( ) ( ),
d’où, ( ) ( ) ( ), (généralement ( ) )
Remarques :
-A partir de cette relation on remarque qu’une charge placée en un point M où le potentiel est
nul ne possède pas d’énergie potentielle.
Fig.1
21
Pour calculer l’énergie potentielle des deux charges, on décompose le mouvement en petits
déplacements élémentaires ⃗ et ⃗ . Le travail élémentaire fourni par l’opérateur est égal à
l’inverse du travail élémentaire des forces intérieures ⃗ et ⃗ .
⃗ ⃗ ⃗ ⃗,
⃗⃗
( )
( ⃗ ⃗ ).
d’autre part on a
Alors, . Fig.2
D’où, ( )
( ) ( ( ) ( )),
22
( ) ∑ ( ).
Puisque, ( ) ∑ , alors
( ) ∑ (∑ ) ∑ ∑ ∑ ∑ ( ),
d’où, ( ) ∑ ∑ ( ).
4.1-Distribution volumique
∑ () ∭ ( ) ( ),
d’où, ∭ ( ) ( ) ∭ ,
avec, la densité volumique d’énergie, qui se définit comme énergie par unité du volume.
4.2-Distribution surfacique
Par la même procédure pour une surface S chargée par une densité surfacique , chaque
élément de surface est chargé de . L’énergie potentielle s’écrit :
∭ ( ) ( ) .
4.3-Distribution linéique
∭ ( ) ( ) .
23
Conducteurs en équilibre électrostatique
1.2-Conducteurs
Sont des matériaux dans lesquel les charges se déplacent librement lorsqu’une force
électrostatique leur est appliquée.
1.3-Semi-conducteurs
Ce sont des matériaux situés entre les deux premiers types. Ils peuvent selon des conditions
(de température, électriques …) se comporter comme bons conducteurs ou mauvais
conducteurs.
2- Equilibre électrostatique
2.1- Définition
2.1- Caractéristiques
-Le champ électrostatique est toujours nul dans un conducteur ; les charges à l’intérieur du
conducteur ne bougent plus donc ⃗⃗ , donc ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗.
24
la surface du conducteur et orienté vers l’extérieur. Donc Le champ électrique est discontinu à
la traversée d'un conducteur, puisque il est nul à l'intérieur et vaut à l'extérieur.
-Dans un conducteur chargé en équilibre. Chaque élément dS de sa surface S porte une charge
et subie l’action d’une force ⃗ ⃗⃗ due aux autres charges du conducteur.
⃗
Cette force est analogue à une force de pression; et la quantité : ⃗⃗ est appelée
pression électrostatique du conducteur.
4-Condensateurs
4.1-Définition
Soit un condensateur plat (Fig.2), dont on suppose que la charge Q est uniformément répartie
sur chaque armature avec la densité superficielle .
A partir de la relation de la circulation électrostatique ⃗⃗ ⃗
25
Le champ électrostatique uniforme entre les armatures et donné par le théorème de Coulomb :
⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗, donc
∬ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗ ⃗ ∬ ⃗⃗ ⃗
∬ ⃗⃗ ⃗ ,
Et puisque , donc ⃗⃗ ⃗.
A partir de la relation ⃗⃗ ⃗
Fig.3
, on aura
∫ ( ). Alors .
( )
Remarque : Si , donc ( ) ( ) ( ) et .
Alors C= , avec .
∬ ⃗⃗ ⃗ ,
Et puisque , donc ⃗⃗ ⃗.
Fig.4
∫ ( ) . Alors .
26
( )
Remarque : Si , donc et .
Alors C= , avec .
a-Groupement en série
Soient trois condensateurs initialement
déchargées. Lorsqu’on applique une
différence du potentiel entre les
bornes A et B, les armateurs des
condensateurs seront chargées et portent des
Fig.5
quantités d'électricité opposées ( ou – ),
avec l’armature liée à A est chargée de et celle liée à B est chargée . Ces mêmes
quantités d'électricité ( ou – comme indiqué par la Fig.5) sont portées par les trois
condensateurs.
( ), ( ) et ( ).
Alors, ( ) ( ) ( ) .
D’où, .
a-Groupement en parallèle
( ), ( ) et Fig.6
( ).
27
le condensateur équivalent est soumis à la même différence du potentiel, et son armature liée
à A est chargée de et sa capacité est donnée par ( ).
Alors, on aura ( ) ( ) ( ) ( )
D’où,
Fig.7
Puisque :
Donc :
28